jeudi 21 février 2019

ESCAPE GAME



Épouvante-horreur/Thriller/Horrible et fun, un film sympa pour les amateurs du genre

Réalisé par Adam Robitel
Avec Taylor Russell McKenzie, Logan Miller, Deborah Ann Woll, Jay Ellis, Tyler Labine, Nik Dodani, Yorick Van Wageningen...

Long-métrage Américain/Sud-Africain
Titre original : Escape Room  
Durée : 01h39mn
Année de production : 2019
Distributeur : Sony Pictures Releasing France 

Avertissement : des scènes, des propos ou des images peuvent heurter la sensibilité des spectateurs

Date de sortie sur les écrans américains : 4 janvier 2019
Date de sortie sur nos écrans : 27 février 2019


Résumé : six personnes se retrouvent dans une situation incontrôlable ou seule leur intelligence leur permettra de survivre.

Bande annonce (VOSTFR)



Ce que j'en ai penséESCAPE GAME profite de la notoriété et du succès de ces jeux éponymes qui se pratiquent en groupe et qui consistent à résoudre des énigmes pour tenter de s'échapper d'un endroit dans un temps imparti. Le réalisateur Adam Robitel nous propose ici une version horrifique fort sympathique. On y retrouve tous les éléments propres aux escape games. 

Les décors sont soignés et permettent de ressentir l'immersion et le sentiment d'être pris au piège, ainsi que la peur qui s'instille graduellement au cœur de l'action. Il y a de l'inventivité dans les énigmes et les effets sont tout à fait convaincants. Certes, le scénario suit point par point la construction classique des longs-métrages du même genre, il est donc sans surprise par rapport à son déroulement, mais il explique le contexte et le sens des événements. Il se bâtit habilement sur les forces et faiblesses des protagonistes. L'histoire est fluide et le rythme enlevé tout en étant constant. 



On ne s'ennuie pas du tout avec les personnages qui sont attachants parce qu'ils ont un passé, des failles et des qualités. Les acteurs sont très bons. Taylor Russell McKenzie interprète Zoey, une jeune fille ultra intelligente traumatisée par un événement horrible.


Logan Miller interprète Ben, un jeune homme dont la vie s'est arrêtée suite à un drame et qui n'arrive plus à faire des projets. Deborah Ann Woll interprète Amanda, une femme battante qui sait vite analyser les situations. 


Jay Ellis interprète Jason, un talentueux business man ambitieux qui ne quitte pas des yeux ses objectifs. 


Tyler Labine interprète Mike, un homme sympathique dont l'humour et la bonne humeur apporte une légèreté bienvenue. Nik Dodani interprète Danny, un ado spécialiste des jeux en groupe et qui en connaît toutes les règles. Chaque personnage a un intérêt et apporte un plus pour faire fonctionner la dynamique et les échanges. 

Copyright photos @ Sony Pictures Releasing France 

ESCAPE GAME nous fait rentrer de plein fouet dans les rouages d'un jeu pervers. Le réalisateur nous tient en haleine tout en nous passant un message sur les risques des dérives liées à l'argent et à l'ennui. Ce film est à la fois monstrueux et fun, c'est un divertissement très cool pour les amateurs du genre.


NOTES DE PRODUCTION
(À ne lire qu'après avoir vu le film pour éviter les spoilers !)

Vous vous retrouvez dans une pièce aveugle, munie d'une seule porte fermée à clé. Le fou qui vous y a enfermé a mis en place une série d’énigmes astucieuses d’une complexité redoutable, qui doivent être résolues dans le bon ordre pour vous permettre d’atteindre la clé et vous en sortir indemne. Pour ajouter encore à la difficulté, il y a un compte à rebours : vous avez une heure pour surmonter les épreuves et vous échapper… ou bien il faudra en assumer les conséquences.

Ce qui pourrait ressembler à un film d’horreur est en fait un divertissement qui connaît un essor spectaculaire à travers le monde : le phénomène de l’“escape game”. Avec pour seule arme leur esprit – et les compétences diverses des autres personnes se trouvant dans la pièce –, les joueurs doivent déchiffrer des codes, résoudre des énigmes et ouvrir des cachettes secrètes aussi vite que possible. Chaque pièce repose sur une intrigue mystérieuse que les joueurs tentent de décrypter au cours d’une expérience amusante en équipe. Depuis l’apparition du concept en 2010, les escape game se sont multipliées à une vitesse phénoménale à travers la planète, répondant ainsi à un désir bien humain de s’amuser et de fuir la réalité.

Quand le producteur Ori Marmur s’est lancé dans un escape game avec sa famille, il y a tout de suite perçu un potentiel cinématographique. Et comme le concept a été adopté partout dans le monde, le thème du film pouvait avoir une portée internationale. “J’ai trouvé que c’était très immersif et extrêmement drôle, un peu comme un jeu de société grandeur nature”, raconte Ori Marmur. Le projet semblait s’accorder naturellement avec le dispositif classique du mystère à huis clos. Ori Marmur a donc initié le projet avec le producteur Neal H. Moritz. Très rapidement, ils ont trouvé un moyen de mettre la barre plus haut et de créer l’escape game par excellence : une pièce extrêmement complexe et dangereuse qui, une fois le temps écoulé, destine les joueurs à une mort certaine.

“Quand on est là-dedans, il faut vraiment faire marcher son cerveau, parce que les personnes qui ont créé ces pièces veulent tuer leurs occupants les uns après les autres”, avertit Jay Ellis. “On est sans cesse en train d’essayer de deviner ce qui ne va pas, de chercher où on peut poser le pied et de distinguer l'issue vers la sortie des pièges”.

Adam Robitel, qui a précédemment réalisé le film d’horreur à succès INSIDIOUS : LA DERNIÈRE CLÉ, s'est vu confier ce nouveau projet. “Les escape games réussis ont un vrai potentiel cinématographique : quand on va dans un bunker de la guerre froide, on fouille dans les dossiers de la CIA et là on appuie sur un bouton et d’un coup un projecteur caché s’allume diffusant une lumière bleue et révèle une carte”, raconte Adam Robitel. “Ces pièces ont été bien pensées sur le plan artistique, et j’ai compris qu’il y avait de quoi faire un film qui soit séduisant visuellement”.

Selon Ori Marmur, les auteurs ont vu là un moyen de réaliser un film qui jouerait avec les conventions du genre, et tiendrait à la fois du thriller psychologique et du cinéma d’horreur. “C’était l’occasion de tenter une expérience amusante. C’est un genre dans lequel en général tout se passe la nuit, et la qualité visuelle n’est pas toujours convaincante. Ça laisse beaucoup de place à l’imagination”, reconnaît-il. “On a pris le contrepied de ce dispositif habituel : le film présente des décors incroyables et des images saisissantes. L’expérience que propose l’histoire est très proche de celle d’un véritable escape game. Le public a l’impression d’être en immersion dans le film et de devoir résoudre les énigmes et les mystères avec les acteurs”.

LES PERSONNAGES

Dans le film, tous les personnages ont choisi de participer à l’expérience de l’escape game et sont amenés à découvrir qu'un mystère les lie les uns aux autres. “Ils ont tous décidé d’être là, ils n’ont pas été kidnappés ou forcés à venir”, insiste Ori Marmur. Cependant, rien ne va pas se passer comme ils l’avaient prévu. “Ils arrivent avec certaines attentes, mais ils vont vivre une expérience radicalement différente”.

Au fur et à mesure qu’ils résolvent les énigmes et décryptent les intrigues de chacune des pièces, ils commencent à s’apercevoir qu’il existe un mystère beaucoup plus important à percer : pourquoi ont-ils choisi de venir ici ? On comprend alors qu’ils ont tous quelque chose en commun. “J’aimais beaucoup l’idée que des personnes qui ne se connaissent pas soient réunies et plongées dans cet univers pour des raisons mystérieuses, et qu’elles se retrouvent à devoir travailler ensemble”, explique Adam Robitel.

Chacun des personnages a une trajectoire personnelle et indépendante des autres dans le récit. C’est pourquoi les auteurs tenaient absolument à engager un groupe d’acteurs d'horizons très différents. “On voulait réunir des personnalités fortes et distinctes avec des physiques, des parcours et des points de vue différents”, affirme la productrice exécutive Rebecca Rivo.

Il y a d’abord Zoey, jouée par Taylor Russell. Étudiante en sciences, Zoey est une jeune fille timide, introvertie et solitaire. Elle a survécu à un crash d’avion dans lequel sa mère a trouvé la mort. Taylor Russell, que l’on connaît pour PERDUS DANS L’ESPACE sur Netflix et dans les séries télévisées STRANGE EMPIRE et FALLING SKIES, était enchantée de s'embarquer dans l'aventure. “Zoey est extrêmement intelligente mais elle est très angoissée. Elle essaie de mener sa barque par elle-même”, raconte Taylor Russell. “Adam est un mordu de cinéma d'horreur, c’est son genre de prédilection et ça lui réussit super bien. Il a insufflé une vraie passion dans le travail qui vient de son amour pour ce genre et c’était un vrai plaisir”.

“C’était important que Zoey apparaisse comme quelqu’un de vulnérable, mais qu’elle puisse aussi s’affirmer et se révéler”, précise Adam Robitel. “Taylor Russell a fait un travail sensationnel. Elle avait tout ce que je recherchais : elle pouvait incarner un personnage sans défense tout en faisant ressortir son intelligence hors du commun”.

Ben (Logan Miller) est un jeune homme paumé qui a adopté un mode de vie autodestructeur pour surmonter le traumatisme d’avoir été le seul rescapé d’un accident de voiture épouvantable.

“Ben est un personnage qui a les pieds sur terre”, estime Logan Miller. “Il a vécu un événement tragique et à présent il a beaucoup de mal à accepter ce qui s’est passé. Ses amis sont morts, il n’a plus rien et adopte une attitude complètement je-m’en-foutiste. Le fait qu’il tente d'affronter son traumatisme fait de lui un héro improbable”.

Pour se préparer à ce rôle très physique, Logan Miller explique qu’il s’est entrainé pendant six mois, mais il aurait pu en partie s’épargner cet effort. “Avec mon entraineur, on sautait sur des toits, on courait partout, on poursuivait des voitures, on allait dans des espaces confinés, on se donnait des coups, on faisait du kung-fu… J’étais dans une forme olympique et les producteurs m’ont dit : ‘En fait Logan, il va falloir perdre un peu de muscle parce que tu joues un personnage complètement à bout’. Du coup j’ai arrêté l’entraînement et j’ai décidé d’aller me reposer à Cape Town”.

Amanda (Deborah Ann Woll) est une soldate dans l’infanterie. Elle a été blessée sur le terrain par un engin explosif improvisé et vit maintenant au quotidien avec ce traumatisme. Pour incarner cette femme vétéran, Deborah Ann Woll a mené des recherches sur des forums afin de discuter des troubles du stress post-traumatique et de la culpabilité du survivant. “C’était une mine d'informations très utile pour moi”, déclare-telle.

Adam Robitel affirme que, tout comme Amanda, les autres personnages subissent aussi les conséquences durables des expériences qu’ils ont vécues. “D’après mes recherches, la plupart du temps les personnes victimes du stress post-traumatique n’arrivent pas à tourner la page après l’incident”, explique le réalisateur. “Ils se rejouent la scène et cela affecte leur vie. En soumettant ces personnages à l’épreuve du feu, au sens presque littéral, ils passent de l’autre côté du miroir pour ainsi dire et deviennent finalement plus forts”.

Deborah Ann Woll, fan inconditionnelle d’énigmes et de mots croisés et adepte de Donjons et Dragons, déclare qu’elle a été intriguée par la relation entre les deux femmes du groupe : “Dans beaucoup de films de genre, les femmes s’affrontent entre elles, deviennent malveillantes et rivales, particulièrement s’il s’agit de garçons. J’ai beaucoup aimé le fait que dans cette histoire, les femmes sont des alliées : elles se donnent du courage mutuellement, elles ont une vraie personnalité et sont hors du commun”.

Jason (Jay Ellis) est cadre dans la finance, il est à la fois charismatique, compétitif et egocentrique. Il s’adonne aux plaisirs de la vie les plus raffinés pour oublier son passé. Jay Ellis décrit son personnage comme étant à la fois un loup de la finance bourré de charme qui mène une vie de rêve et un assassin cruel.

Mike (Tyler Labine) est un simple conducteur de camion originaire de Virginie Occidentale, et il est le plus âgé du groupe. En tant qu’ancien mineur de charbon, on pourrait s’attendre à ce qu’il soit habitué aux espaces confinés, mais c’est loin d’être le cas.

Pour se préparer à son rôle et aux différents traumatismes auxquels son personnage est confronté dans chacune des pièces, Tyler Labine a exploré Internet en quête de “véritables témoignages de personnes qui ont connu ce qu’on doit faire semblant de vivre dans le film. Qu’est ce qui se passe quand on est en hypothermie, quand on se fait électrocuter, quand on est soumis à une chaleur intense ?”

Danny (Nik Dodani) est un jeune geek amateur d’escape games. L’équipe devra s’appuyer sur ses compétences et son expertise pour survivre.

Nik Dodani explique que le personnage lui a semblé très familier. “Je pouvais m’inspirer d’un certain nombre d’expériences personnelles. J’emmène beaucoup d’amis participer à des escape games et sur mon dernier projet, j’ai proposé à tout le groupe d’en faire un pour resserrer les liens au sein de l’équipe. Dès l’instant où j’ai lu le scénario, j’ai tout de suite su qui était ce personnage : c’est moi ! Je ne peux même plus compter dans combien d’escape games je suis allé. Malheureusement, je n’ai jamais gagné, mais un jour j’y arriverai”, dit-il.

L’acteur expérimenté Yorick van Wageningen campe WooTan Yu, le “Maître du Jeu” qui travaille pour la redoutable Maze Corporation. “Il est le maître du jeu et il contrôle tout”, raconte Yorick van Wageningen. “Il contrôle tout ce qui se passe dans chacune des pièces. Il fait le lien entre tous ceux qui regardent et il intervient quand ça tourne mal”.

“Je ne voulais pas que ce personnage soit le cliché du méchant au rire diabolique”, déclare Adam Robitel. “Yorick disait son texte avec élégance et fluidité. Le résultat donne la chair de poule sans excès”.

LES PIÈCES

Pour créer les inventions du Maître du Jeu, Adam Robitel a travaillé avec le chef décorateur Edward Thomas et les autres chefs de poste. Le superviseur des effets spéciaux Max Poolman raconte que tous ses collègues ont eu la même réaction en lisant le scénario : “Comment est-ce qu’on va réussir à faire tout ça ?” Mais comme dans tous les challenges, les solutions sont apparues d’elles-mêmes petit à petit.

“Pour chacune de ces pièces, nous avions besoin de la contribution de chacun dès le début, et on a vécu une expérience incomparable pendant la préparation du film”, explique la productrice exécutive Rebecca Rivo. “On a organisé une série de réunions au sommet avant que les décors ne soient créés : on a réuni autour de la table le réalisateur, le directeur de la photographie, le chef décorateur, les superviseurs des effets spéciaux et des effets visuels, et on a pris le scénario ligne par ligne pour concevoir le décor en équipe”.

Max Poolman explique : “Chaque département devait mettre sa pièce dans le puzzle qu’est l’histoire pour que tout fonctionne sans accroc. Avant qu’on commence à construire les décors, on soumettait donc nos maquettes 3D à Adam, à Ed le chef décorateur, au directeur de la photographie Marc Spicer et à Grant Hulley en charge des cascades”.

Les décors deviennent des personnages du film à part entière, selon Edward Thomas. “Toutes les pièces s’inspirent des personnages qui ont chacun leur passé, et chaque pièce est dotée d’un pouvoir de destruction unique”, poursuit-il. “Par exemple, la Salle de billard est la pièce d’Amanda, la Chambre froide est celle de Danny, la Pièce carrelée est celle de Mike. Ce qui m’a attiré dans le projet, c’était la possibilité de créer un film dans lequel chaque décor a sa propre personnalité et devient presque l'antagoniste principal du film”.

“Les décors ont été conçus avec un tel talent que quand on est arrivé sur place, on était tous bouche bée, y compris les techniciens”, raconte Taylor Russell. “En tant qu’acteur, on passe de nombreuses heures dans ces pièces, si bien qu'on apprend à connaître intimement l’espace et les éléments qui le composent. Ils ont vraiment une vie qui leur est propre”.

Adam Robitel ajoute : “Il n’y a pour moi aucun autre film dans lequel les décors jouent un rôle aussi vital. L’idée, c’était que chaque pièce constitue un nouveau film en soi”.

“Certains films qu’Adam a réalisés par le passé sont vraiment effrayants. Il sait créer des atmosphères angoissantes et claustrophobes à l’intérieur même des pièces”, reconnaît Edward Thomas. “Le film a plusieurs niveaux de lecture, on a fait beaucoup de recherches pour enrichir les décors eux-mêmes : la Salle de billard est inspirée d’un club de billard des années 1950, et la salle du Maître du Jeu vient d’une bibliothèque de l’ère victorienne. Une des pièces essaie de vous écraser, une autre de vous brûler vif, une autre encore de vous noyer… Les pièces ont chacune leur vie propre. On les a conçues en fonction de la manière dont elles pourraient tuer les participants, pour insister sur l’idée que ces pièces finissent vraiment par s'animer”.

Le périple des personnages commence dans la Salle d’attente. Encore persuadés qu’ils ne font que participer à un jeu innocent, ce groupe d’étrangers qui partagent tous un point commun se retrouvent dans cette première salle. Ils sont loin de se douter qu'en pénétrant dans cette pièce, le jeu a déjà commencé pour eux.

Adam Robitel a travaillé en étroite collaboration avec le chef décorateur Edward Thomas mais aussi avec le directeur de la photographie Marc Spicer pour faire monter la tension dès le départ. “Au début, la lumière est tamisée, puis peu à peu les panneaux du plafond s’allument, les colonnes s’allument, la calandre s’allume, les fenêtres se ferment et enfin les ventilateurs se déclenchent, de sorte que tout se métamorphose sous les yeux des spectateurs en l’espace de sept minutes”, décrit-il. “Les personnages comme les spectateurs sont immédiatement sous pression ”.

Une fois que la Salle d’attente est dévorée par les flammes, le groupe s’échappe en rampant dans un conduit d’aération et arrive par la cheminée dans le Chalet, un endroit confortable et chaleureux. “Par ce biais, le Maître du Jeu leur procure un sentiment de sécurité trompeur, avant qu’ils ne pénètrent dans la Chambre froide, qui est bien sûr une chambre froide mortelle”, rappelle Edward Thomas.

La Chambre froide, qui a été conçue pour ressembler à un réfrigérateur géant, s’est révélée être un défi de taille pour toute l’équipe, y compris les acteurs, les producteurs et les techniciens.

“En quittant le Chalet où ils étaient bien au chaud, le groupe se retrouve au cœur du pôle Nord, sur la glace. Le brouillard est traitre et empêche de voir à plus de trois mètres. C’est alors que le pire se produit : la glace commence à céder”, poursuit Edward Thomas.

Pour cette scène, Edward Thomas a dû construire un décor gigantesque de près de 10 mètres de haut, composé de panneaux réfrigérants. “Je voulais donner l’impression que la Maze Corporation avait construit une sorte de frigo pour que la pièce reste froide”, explique Edward Thomas. “Puis, Marc Spicer a eu une idée brillante : éclairer la scène du dessus, comme un éclairage de frigo. De cette façon, le brouillard était illuminé et devenait d’autant plus dense, c’était très astucieux”.

Il va sans dire que les acteurs ne risquaient pas l’hypothermie pendant le tournage, mais il fallait qu’ils aient l’air transis de froid. Avant le tournage, Adam Robitel est allé nager avec de Grands requins blancs dans une eau glaciale pour expérimenter par lui-même les réactions de son corps soumis à des températures polaires. “Quand on est en hypothermie, le corps se met à irradier, à convulser et à se tendre”, témoigne-t-il. “Il fallait que les acteurs aient des réactions physiques très intenses”.

Pour y parvenir, ils étaient un peu aidés : “On passait au minimum deux heures dans ce congélateur géant. La température chute très vite, et l’air froid nous soufflait dessus”, se souvient Jay Ellis.

Pour créer le sol de glace, les auteurs ont eu recours une fois de plus à la magie du cinéma : “Toute l’équipe devait fouler ce sol, si bien qu'il ne pouvait pas être glissant. En revanche, il fallait qu’il ait l’air glissant… il fallait donc qu’on entraine les acteurs à se déplacer comme s’ils étaient sur la glace”, explique le chef-cascadeur Grant Hulley.

“Le sol était en bois, et donc en réalité c’était très facile de se déplacer”, confie Nik Dodani. “Pour mieux ressentir les sensations physiques, on nous a mis un cuir enduit d’huile sous nos semelles de chaussures, pour qu’on puisse glisser plus facilement. C’était un vrai défi de déraper sur le sol dans un brouillard aveuglant, mais ça rendait la scène très convaincante. J’avais l’impression d’avoir été transporté dans les Alpes, on était entourés de vrais sapins – on pouvait même les sentir”. Pour donner au film cette touche d'authenticité, Edward Thomas et son équipe se sont procurés des sapins dans un vignoble à proximité de Cape Town.

Le sol de glace devait finir par céder et exploser, et cette mission incombait au superviseur des effets spéciaux Max Poolman. “J’ai eu la chance d’avoir Jonathan Barrass dans mon équipe : il a travaillé pendant des années sur HARRY POTTER et GAME OF THRONES, ce qui fait de lui un expert de la glace”, reconnaît Max Poolman. Avec son équipe, ils ont construit un sol en résine qui a été recouvert de neige par l’équipe artistique.

Après la Chambre froide, le groupe se retrouve dans la Salle de billard, inspirée du Palm Springs des années 1950. Le Maître du Jeu a renversé la pièce et a placé le groupe sur le plafond, avec les tables, les chaises, le bar et la table de billard. L’une après l’autre, les dalles du sol tombent et laissent entrevoir une cage d’ascenseur vertigineuse qui plonge sur 15 étages. Le seul moyen de sortir pour les personnages consiste à escalader ces perchoirs improvisés en s’accrochant à ce qu’ils peuvent.

C’est cette pièce qui a nécessité le plus grand nombre de jours de tournage. “L’équipe de construction et l’équipe artistique sont allés dans un niveau de détail délirant pour donner l’impression que cette pièce est à l’envers”, déclare Jay Ellis. “Tout était à l’envers, jusqu’aux verres, au jukebox, aux guitares et tout ce qui était accroché aux murs”.

“C’était un défi sur le plan logistique et en plus dès qu’un acteur est à un mètre au-dessus du sol, il faut l’attacher, ce qui nécessite qu'on efface les câbles et qu'on ait recours aux effets numériques pour que le résultat à l'écran soit impeccable ”, précise Adam Robitel.

Pour créer l’expérience psychologique de la Pièce carrelée, Max Poolman avait pour ambition de “créer un décor qui puisse se transformer en un espace confiné. On a choisi une chambre d’Ames, une pièce biscornue dont les proportions changent selon l’endroit où on se trouve. On l’a ensuite modifiée avec des moteurs électriques et des régulateurs de vitesse placés sous le décor. L’effet est perturbant d'emblée : du sol au plafond en passant par le mobilier, toute la décoration de la pièce est composée d’empreintes digitales en noir et blanc. L’éclairage principal vient d’une ampoule qui tourne au-dessus du plateau hors caméra, tandis que le sol tourne dans la direction inverse”.

Adam Robitel explique que dans la Chambre d’hôpital, “on découvre que la Maze Corporation a mené des recherches approfondies sur ces personnes. Cette pièce est la plus 'psychologique' de toutes : chacun de ses recoins est conçu spécialement pour un personnage. On retrouve l’uniforme brûlé et abîmé d’Amanda, l’étrange peinture abstraite de Jason qui représente son bateau, le bilan de dioxyde de carbone de Danny, les objets vietnamiens de Zoey. Chaque pièce a été conçue en fonction de leur passé. Ils comprennent alors qu’ils ne sont pas arrivés jusque-là par hasard.

LES CASCADES

Pour se préparer à leurs nombreuses cascades, les acteurs ont dû participer au camp d’entraînement du chef-cascadeur Grant Hulley pendant la prépa. Étant donné que les décors n’avaient pas encore été construits, l’équipe artistique a construit des formes simples représentant les décors sur lesquels les acteurs allaient devoir grimper pendant le tournage. L’entraînement et les essais se déroulaient dans l’entrepôt des Pyranha Stunts.

“Pendant que les acteurs s’entraînaient à grimper sur des étagères, il fallait construire les décors et définir les trajectoires et les étapes de chaque déplacement pour pouvoir les leur expliquer pendant l’entraînement : “Le jour du tournage, tu monteras ici, tu mettras ta main là et ta jambe là, tout en donnant l’impression que c’est spontané”, explique Adam Robitel. “Cela représente une difficulté technique : comment faire quelque chose qu’on a déjà fait trente fois en donnant l’illusion qu’on le fait pour la première fois ?”. Étant donné le sentiment de claustrophobie, l’espace confiné et le style de tournage des scènes se déroulant dans la Salle de billard, il fallait que ce soient les acteurs eux-mêmes, et pas leurs doublures, qui exécutent la plupart des cascades et le travail au filin. “Quand on voit Deborah suspendue à cinq mètres du sol qui saute de l’étagère à la table de billard, c’est bien elle qui fait tout ça”, affirme Grant Hulley.

Deborah Ann Woll reconnaît que cette cascade était le point culminant du tournage pour elle : “J’étais là en train de sauter au-dessus d’un vide de deux mètres et de me rattraper à quelque chose à mains nues”, se rappelle-t-elle. “Bien sûr, j’étais attachée et si j’avais raté le bord, j’aurais été rattrapée. Mais j’avais quand même les mains moites et la bouche sèche, j’ai pris une grande respiration et je me suis jetée à l'eau. Finalement, c’est un passage très convaincant”.

Logan Miller a vécu d’autres expériences de cascades : “On me balance dans un compacteur de déchets depuis le plafond de la bibliothèque du Maître du Jeu, je tombe dans un trou de glace dans la Chambre froide, et dans la Salle de billard, on devait s’agripper aux murs”.

Pour préparer sa plus grosse cascade, Nik Dodani s’est entrainé avec l’équipe de natation des Frog Squad dans la piscine d’une base militaire. “J’ai appris à faire de la plongée, je me suis entraîné à me noyer, à hurler, à respirer sous l’eau”. La scène a entièrement été tournée dans un vaste réservoir d’eau du studio, sans recours aux effets numériques.

Source et copyright des textes des notes de production @ Sony Pictures Releasing France

  
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