mardi 27 septembre 2016

LES 7 MERCENAIRES


Western/Action/Aventure/Cette version revue et améliorée est une bonne surprise

Réalisé par Antoine Fuqua
Avec Denzel Washington, Chris Pratt, Ethan Hawke, Vincent D'Onofrio, Byung-Hun Lee, Manuel Garcia-Rulfo, Martin Sensmeier, Haley Bennett, Peter Sarsgaard, Matt Bomer, Sean Bridgers, David Kallaway, Sean Boyd, Cam Gigandet, Luke Grimes...

Long-métrage Américain
Titre original : The Magnificent Seven 
Durée: 02h13mn
Année de production: 2016
Distributeur: Sony Pictures Releasing France 

Date de sortie sur les écrans américains : 23 septembre 2016
Date de sortie sur nos écrans : 28 septembre 2016


Résumé : L’industriel Bartholomew Bogue règne en maître sur la petite ville de Rose Creek. Pour mettre fin au despotisme de l’homme d’affaires, les habitants, désespérés, engagent sept hors-la-loi, chasseurs de primes, joueurs et tueurs à gages – Sam Chisolm, Josh Farraday, Goodnight Robicheaux, Jack Horne, Billy Rocks, Vasquez, et Red Harvest. Alors qu’ils se préparent pour ce qui s’annonce comme une confrontation sans pitié, ces sept mercenaires prennent conscience qu’ils se battent pour bien autre chose que l’argent…

Bande annonce (VOSTFR)


Ce que j'en ai pensé : le lundi 26 septembre 2016, j'ai été conviée par @SonyPicturesFr à une soirée "double projection" des films LES 7 MERCENAIRES et DON'T BREATHE. Nous avons été invités à nous rendre au cinéma Studio 28 dans le 18ème arrondissement de Paris. La décoration du cinéma avait été un peu adaptée pour faire honneur aux deux films.



Juste après la projection du film LES 7 MERCENAIRES, nous avons pu partager un cocktail dînatoire sur le thème de l'Amérique avec salades caesar et coleslaw, mini burgers, hot dogs, potatoes, onion rings, cheese cakes, milkshakes, cookies... Nous nous sommes régalés dans un décor très western.





La soirée a continué, mais je vous en parlerai avec le second film dans un autre post.

LES 7 MERCENAIRES a été une très bonne surprise. Antoine Fuqua, le réalisateur, a repris l'idée du film de John Sturges (1960), mais il s'en inspire seulement, car il nous propose une version plus spectaculaire, plus rythmée avec des changements assez nombreux qui permettront même aux fans du premier film d'avoir quelques surprises. Il fait bien sûr des allusions aux 7 mercenaires de Sturges en conservant quelques lignes de dialogue identiques, le situant dans la même époque puisqu'il s'agit toujours d'un western, en offrant des profils, non pas identiques, mais similaires à plusieurs des mercenaires, ou encore en réutilisant le célèbre et excellent thème musical. Il modernise dans le sens où le méchant est vraiment un vil personnage sans âme, puis les moyens de destruction et de bataille sont beaucoup plus impressionnants. Il est cependant fidèle à l'esprit d'origine et le résultat est très convaincant. 

Antoine Fuqua, le réalisateur du film
Les mercenaires restent des hommes un peu mystérieux, chacun avec son profil et son histoire. Dans les non-dits, on comprend que, pour eux, cette mission est un moyen de trouver un sens à leur vie.
Denzel Washington, qui interprète Sam Chisolm, a tout à fait la carrure du meneur.



Le rôle de Josh Farraday va comme un gant à Chris Pratt, entre nonchalance mensongère et humour, son personnage est attachant.



Ethan Hawke sait donner du relief à l'étincelle de folie qui accompagne son personnage, Goodnight Robicheaux.



Le caractère ours de Jack Horne est très bien personnifié par Vincent D'Onofrio.

Byung-Hun Lee est super dans le rôle de Billy Rocks. Il assure physiquement et il a beaucoup de présence.



Manuel Garcia-Rulfo est très sympa dans le rôle de Vasquez.

Martin Sensmeier est parfait dans le rôle de Red Harvest, qui n'est pas le plus facile, mais il évite la caricature et est tout à fait crédible.

J'ai beaucoup aimé l'interprétation de Peter Sarsgaard. Son Bartholomew Bogue est un beau salopard. J'ai d'ailleurs trouvé la scène d'introduction très percutante puisqu'on comprend tout de suite à quel genre de type on a à faire.


LES 7 MERCENAIRES est un western entraînant et divertissant. La réalisation est soignée, les acteurs impeccables. Je vous le conseille, car j'ai vraiment passé un très bon moment  en compagnie de cette équipe de cowboys au grand cœur.



NOTES DE PRODUCTION 
(A ne lire qu'après avoir vu le film pour éviter les spoilers !)

Avec LES SEPT MERCENAIRES, le réalisateur Antoine Fuqua livre une version survitaminée et revisitée du western culte éponyme de 1960 réalisé par John Sturges. Il fait à nouveau équipe avec Denzel Washington, qu’il dirigeait dans deux précédents films, EQUALIZER et TRAINING DAY, pour raconter l’histoire de sept hors-la-loi, as de la gâchette, joueurs et chasseurs de primes qui s’associent pour venir au secours d’une ville opprimée.

         Le réalisateur explique : « J’ai été très enthousiaste à l’idée de faire un western quand MGM me l’a proposé parce que j’ai grandi en dévorant des westerns. J’ai toujours éprouvé une affinité particulière avec ce genre – enfant, j’en regardais avec ma grand-mère ! Je me suis demandé pourquoi faire un western maintenant, si cela avait du sens. La réponse, c’est le thème de la tyrannie, bien présente dans le monde d’aujourd’hui. Voilà ce qui rendait le film pertinent. Il faut un groupe de gens très particuliers pour faire front ensemble contre le pouvoir d’un despote. »

Le producteur Roger Birnbaum explique : « On retrouve ici le thème de l’altruisme et du sacrifice personnel – ces hommes, tous des hors-la-loi, agissent de manière désintéressée pour aider la communauté alors qu’ils n’y gagneront rien, à part aider leur prochain. Ils se retroussent les manches et puisent au fond d’eux-mêmes pour combattre une force extérieure alors qu’ils n’ont aucune chance, ou presque... Sept hommes face à une armée... Ils savent que des gens vont mourir et ils y vont pour la bonne et simple raison que c’est une juste cause. »

Todd Black, producteur du film aux côtés de Roger Birnbaum, déclare : « La vieille génération connaît peut-être le film de 1960, mais ce n’est pas le cas de celle d’aujourd’hui, c’est pourquoi une nouvelle adaptation semblait justifiée. La réalisation viscérale et intense d’Antoine apporte une touche très contemporaine et élégante à cette histoire classique, celle d’une bande de compagnons, de frères. Fondamentalement, c’est une histoire très simple : des hommes qui font ce qu’ils estiment juste – c’est ce que je recherche dans tous les films que je fais. »

L’idée est née quand Roger Birnbaum, autrefois coprésident-directeur général de la Metro-Goldwyn-Mayer, est arrivé à la tête du studio aux côtés de son ancien partenaire Gary Barber en 2010. Birnbaum confie : « À cette époque, il y avait peu de films en développement, donc on a dû partir de rien. On parcourait le superbe catalogue de la MGM et soudain, je suis tombé sur LES SEPT MERCENAIRES, un film que j’avais adoré étant petit, et aussi plus tard pendant mes études de cinéma lorsque j’avais appris l’histoire de l’adaptation à partir du film LES SEPT SAMOURAÏS. C’est un classique, et je me suis dit que cela valait le coup de le réadapter. »

Plus tard, quand Roger Birnbaum a quitté le studio pour produire ses propres films, LES SEPT MERCENAIRES est devenu son premier projet. Columbia Pictures s’est alors associée à la Metro-Goldwyn-Mayer sur ce projet.
Cette nouvelle version des SEPT MERCENAIRES devait être contemporaine, et le réalisateur se l’est appropriée de différentes manières – notamment à travers le choix des acteurs principaux. Il précise : « Je voulais faire quelque chose de neuf, proposer une vision encore jamais portée à l’écran dans un western. C’est alors que j’ai dit : ‘Pourquoi pas Denzel Washington ?’ Et tout le monde s’est tu dans la pièce – puis ça s’est ranimé d’un coup. ‘Ça serait super ! Tu penses qu’il accepterait ?’ Tout le monde adorait l’idée. »

Antoine Fuqua et Denzel Washington entretiennent d’excellentes relations. « Avec Antoine, on a connu de très grands succès, raconte l’acteur. On a remporté notre Oscar pour TRAINING DAY, et EQUALIZER a été un gros succès financier. C’est un grand réalisateur – il sait ce qu’il fait et me laisse faire ce que je fais de mieux. On forme une bonne équipe. »

Todd Black explique : « Denzel Washington a été attiré par le projet pour plusieurs raisons. La première, c’est qu’il n’avait jamais fait de western. Il participe rarement à des films choraux et je pense qu’il s’est dit que ça pourrait être sympa. Pour lui, c’était une manière différente de faire un film d’action. Il a une relation forte avec Antoine. Mais surtout, c’était quelque chose d’atypique et il recherche toujours ce qui sort de l’ordinaire. »

Bien sûr, Denzel Washington a aussi été attiré par l’opportunité de jouer Chisolm, le leader des sept. « Certains sont sur Terre pour protéger les innocents, explique l’acteur. Pour cette ville, il est l’homme de la situation. »

Après Denzel Washington, les créateurs du film ont contacté Chris Pratt pour incarner le joueur invétéré Josh Faraday, bras droit de Chisolm et premier à le rejoindre. Pratt a sauté sur l’occasion, attiré comme la plupart de ses partenaires par la chance de jouer en vrai aux cowboys et aux Indiens. Il confie : « Ce n’était un secret pour personne, je voulais faire un western, et après avoir lu l’histoire et découvert l’idée générale du film, j’ai été très enthousiaste. Je mourais d’envie de tourner un western, de m’entraîner à monter à cheval et au tir. C’est génial d’avoir passé du temps avec Bobby qui était en charge des chevaux et tous les autres vrais cowboys. J’ai adoré jouer avec de vrais Colt Peacemaker, tirer avec des cartouches .45 Long Colt, faire des moulinets... On s’est amusés comme des gamins. »

Au final, les acteurs sont devenus une vraie bande de potes, formant des amitiés proches de celles des personnages du film. Roger Birnbaum raconte : « Les gars étaient pleins d’entrain. Non seulement ils ont été des acteurs on ne peut plus talentueux et dévoués, mais ils ont aussi été des êtres humains et des collaborateurs formidables qui ont fait de chaque jour de tournage une expérience vraiment très agréable. »

Une fois Denzel Washington et Chris Pratt choisis, les créateurs du film ont commencé à réfléchir aux acteurs qui allaient les accompagner. Antoine Fuqua se souvient : « Denzel et moi en avons longuement discuté. On a commencé à lire des livres sur l’Ouest et sur la diversité présente à l’époque. Il y avait des gens venant de partout dans le monde – du Mexique, d’Irlande, de Russie. Je me suis dit que c’était cet Ouest-là que je voulais voir. »

Le réalisateur poursuit : « En plus de décrire une réalité rarement vue à l’écran, cela correspond à notre monde d’aujourd’hui. C’est vraiment cool d’avoir ces acteurs incroyables qu’on ne voit pas souvent dans ce genre cinématographique. C’est réellement unique et très actuel. J’ai beaucoup aimé cette idée de faire un film contemporain tout en restant proche de la tradition. »

C’est avec cette approche en tête que les créateurs du film et les scénaristes, Nic Pizzolatto et Richard Wenk, ont créé de nouveaux personnages, joués par un groupe varié de jeunes acteurs : Ethan Hawke pour Goodnight Robicheaux, Vincent D’Onofrio pour Jack Horne, la star sud-coréenne Byung-Hun Lee pour Billy Rocks, l’acteur américano-mexicain Manuel Garcia-Rulfo pour Vasquez et l’acteur amérindien Martin Sensmeier pour Red Harvest.

Ethan Hawke explique : « Chacun de ces personnages rejoint le groupe pour des raisons qui lui sont propres. L’un à cause d’un rêve, un autre parce qu’il a perdu sa famille, un autre encore à cause d’un ami. L’un d’eux est là à cause d’un secret qu’il garde pour lui. Et le dernier n’est là que parce qu’il ne sait pas quoi faire d’autre. Aucun d’entre eux n’est là pour des raisons éthiques, mais ils se retrouvent par hasard à faire le bien et ils finissent par aimer ça. C’est ce qui les motive. »

De fait, les thèmes que l’on retrouve dans LES SEPT MERCENAIRES sont tellement forts qu’ils nous parlent à travers les cultures et les générations – comme le prouve le fait que le film original était lui-même déjà un remake. Antoine Fuqua explique : « L’influence de Kurosawa sur le cinéma américain est bien plus importante que les gens peuvent le penser, et LES SEPT SAMOURAÏS a façonné notre film dans ses moindres aspects. C’est l’ADN, la mère de ces films. C’est LES SEPT SAMOURAÏS qui m’a donné envie de devenir réalisateur. Kurosawa l’a tourné avec une grande profondeur de champ, des premiers plans forts, d’amples panoramiques, et il a joué dans l’ombre avec les samouraïs, qu’ils soient bons ou maléfiques. Les personnages de Kurosawa sont des rônins pouvant être dangereux et violents mais ce sont également des hommes de devoir – c’est la signification du mot samouraï. Tout cela a bien entendu influencé le film de John Sturges, mais encore plus celui-ci. »

Poursuivant sa description des différences entre le film de 1960 et sa version, Antoine Fuqua observe : « Le film de Sturges est extraordinaire, tourné à une époque où l’Amérique avait une certaine image d’elle-même. Le héros de western se devait alors d’avoir une vertu assez manichéenne. Mais cette figure évolue avec le temps et sa représentation dans le monde change. Plus tard, il est devenu plus sombre, plus complexe, un peu plus dangereux. Le John Wayne de LA CHEVAUCHÉE FANTASTIQUE est devenu le John Wayne de LA PRISONNIÈRE DU DÉSERT ; après la guerre du Vietnam, il y a eu des films comme LA HORDE SAUVAGE avec des méchants dont on tombe amoureux. Les gens pouvaient s’identifier à un personnage plus complexe, moins vertueux. »

« Aujourd’hui, remarque le réalisateur, tant que sa morale est intacte, on peut créer un héros plus sombre, le rendre plus complexe. On peut le façonner à l’image du monde d’aujourd’hui. Denzel Washington n’aurait jamais pu jouer le rôle principal dans un western à l’époque parce que les Américains ne se sont jamais imaginés de cette manière – mais aujourd’hui le western doit ressembler au monde dans lequel nous vivons. Pourtant, comme toujours, les gentils sont des gentils et les méchants sont des méchants ; quand on préparait ce film, je regardais à nouveau LES SEPT SAMOURAÏS pour m’assurer que l’ADN de ce film était toujours présent : peu importe qui on est ou ce qu’on fait, il faut venir en aide aux gens qui en ont besoin. »

Pour Antoine Fuqua, le film devait être tourné de manière très classique, en évitant les effets visuels au maximum et en choisissant à la place de travailler avec les meilleurs professionnels du monde afin de réaliser des cascades réalistes permettant de capturer l’action en temps réel, directement à la prise de vues. Chris Pratt a été impressionné : « J’ai fait beaucoup de grosses productions de cette envergure, avec des plateaux de tournage gigantesques, mais la plupart, que ce soit LES GARDIENS DE LA GALAXIE ou JURASSIC WORLD, dépendaient énormément des effets visuels. Pour ce film, on a réalisé toutes les cascades. Pour chaque chute de cheval à l’écran – et il y en a des centaines – c’est un cascadeur qui tombe pour de vrai d’un cheval lancé au grand galop. »

SEPT ACTEURS POUR SEPT MERCENAIRES

Denzel Washington, lauréat de deux Oscars, incarne le personnage principal, Chisolm. C’est l’un des rares membres des sept qui agit avec l’accord plus ou moins tacite des forces de l’ordre. Denzel Washington développe : « Chisolm raconte qu’il est un adjudant dûment habilité de Wichita au Kansas et un officier de justice assermenté dans l’Arkansas, en Territoire indien, au Nebraska et dans sept autres États. C’est un Noir, à la frontière, dans une position de pouvoir, il a donc besoin de montrer aux gens qu’il fait son travail sous l’autorité du gouvernement. C’est un solitaire, il n’a peur de rien. Il maîtrise parfaitement son arme, mais ce n’est pas un vantard, c’est un homme respectable, courageux, pas vraiment habitué à côtoyer ses semblables. »

Antoin Fuqua raconte : « Nous avons fait beaucoup de recherches sur les types dans ce genre – des hommes noirs libres, originaires de l’Ouest et qui faisaient ce genre de choses pour vivre. On s’est basés là-dessus et on a développé ce thème. Quand on rencontre Chisolm pour la première fois, il pourchasse des malfrats et les ramène au juge ou les tue – peu importe. Il vit une existence très froide et sombre où il n’y a rien d’autre que ce boulot, jusqu’à ce que le personnage joué par Haley Bennett lui annonce qu’un type en ville tue des hommes, des femmes et des enfants : c’est sa réaction qui va mettre fin à cette période. »

Denzel Washington reprend : « Dans cette ville, cet homme particulièrement mauvais brise des gens, physiquement et moralement. Je pense que cela touche chacun des sept de manière différente, mais tous sont déterminés à agir. Chisolm vient faire son boulot – quelqu’un a pris le contrôle de cette ville – et il cherche également à venger sa famille. C’est parce qu’il n’a pas pu faire justice dans son propre cas, pour sa propre famille, qu’il désire réparer les injustices, jeter les méchants en prison, les faire payer pour leurs crimes. »

Denzel Washington ne s’est pas inquiété des versions précédentes de cette histoire et n’a pas été influencé par les interprétations de Takashi Shimura et Yul Brynner, même si elles sont devenues légendaires. « Je n’avais jamais vu LES SEPT MERCENAIRES et je n’approche jamais un personnage en me basant sur les films précédents, dit-il. Je ne sais pas comment jouer de façon ‘mythique’ – j’ignore même ce que cela veut dire... Je lis juste le script, ce qu’on y dit du personnage et des circonstances. »

Chris Pratt incarne Faraday, un joueur invétéré, beau parleur et serein quand il a un revolver en main. La star des GARDIENS DE LA GALAXIE et de JURASSIC WORLD explique : « Faraday est un peu un renard, un escroc. Il est toujours de bonne humeur. Joueur, il boit, fume le cigare, il aime les femmes – mais il est implacable. Il garde son sang-froid jusque dans les situations les plus dangereuses. Il est très cool – il se déplace tout en douceur, tout en souplesse, et puis il surgit. Il tue de manière efficace car il sait garder la tête froide. »

L’acteur poursuit : « C’est la relation entre Chisolm et Faraday, et avec les autres personnages, qui est le moteur du film. Ce sont des hommes qui, au cours de leur vie, ont tous été des tueurs d’une façon ou d’une autre. Faraday a tué beaucoup d’hommes, mais il ne s’est jamais senti coupable. Il part du principe qu’il est mauvais. Et c’est en partie pour cette raison qu’il veut aider les habitants de cette ville : s’il y parvient, alors peut-être qu’il a tort, peut-être qu’il y a un peu de bon en lui, peut-être qu’il n’est pas si mauvais après tout. C’est quelque chose qui jusqu’alors lui était inconnu, un sentiment positif né du fait d’avoir aidé d’autres gens, de se rendre compte de l’existence de quelque chose de plus grand que sa propre personne et de vouloir se battre pour cela. »

Antoine Fuqua confie : « Chris Pratt est l’homme le plus gentil du monde. Il est exactement comme on peut l’imaginer. Typiquement américain, drôle, toujours charmant, toujours positif, toujours là pour aider autrui. »

Dans le film original, il existait entre les personnages de Steve McQueen et Yul Brynner une certaine rivalité – et bien que Faraday soit un rôle différent, Antoine Fuqua recherchait le même type de dynamique séduisante. « Chris a le charisme et le charme de Steve McQueen. On s’est dit : on cherche quelqu’un de cool, qui a du charme, une vraie star de cinéma. Et Chris a tout ça. »

Pour le rôle du tireur d’élite Goodnight Robicheaux, les créateurs du film ont choisi Ethan Hawke, qui avait déjà joué face à Denzel Washington dans le film de Fuqua TRAINING DAYfilm qui avait rapporté un Oscar à ce dernier. Cette histoire commune a compté. Le réalisateur se souvient : « On était à une projection IMAX de EQUALIZER et Ethan m’a poussé dans un coin, il m’a pris par la veste – il avait lu quelque part que j’allais faire LES SEPT MERCENAIRES, et il m’a dit : « Si tu fais ce film, moi aussi. Peu importe le rôle, je suis partant ». Ethan voulait faire le film avant même que je parle avec Denzel. »

Ethan Hawke explique : « Mon personnage, Goodnight, est un peu une âme en peine. C’est un gars qui n’est probablement pas rentré à la maison après la guerre de Sécession, il a continué à errer dans l’Ouest. On ne peut pas vraiment parler de stress post-traumatique, mais il souffre d’un vrai traumatisme, il n’accorde pas beaucoup d’importance à la vie – il a un mépris absolu de la vie et de la mort. Je vois Goodnight comme quelqu’un de hanté. Il n’a aucun repère, et cette mission lui donne une raison d’être. »

Todd Black raconte : « Ethan a vraiment façonné un personnage qui n’était pas décrit tel quel à l’origine. Il a longuement discuté avec nous et avec les scénaristes et a voulu ajouter au scénario une problématique contemporaine, telle que le trouble de stress-post traumatique. Il nous a fait comprendre que, sans en avoir le nom, cela existait déjà à l’époque. Toute l’idée vient de lui. »

À propos des raisons qui poussent son personnage à rejoindre les sept, Ethan Hawke affirme que « Goodnight respecte énormément Chisolm – il lui rappelle ce qu’il a de bon en lui. Il sent qu’il se doit d’honorer cette amitié, comme si, pour une raison ou une autre, il lui devait quelque chose. »

L’acteur chevronné Vincent D’Onofrio incarne Jack Horne, un homme des montagnes qui a survécu seul dans la nature et s’avère extrêmement coriace – il utilise toutes les armes à portée de main dans cette lutte pour sauver la ville. Vincent D’Onofrio raconte : « J’ai dû faire un sacré travail physique. Tomahawks, couteaux, carabine – ce n’était pas seulement ‘dégaine et tire’, je devais courir partout et briser des nuques, ou attaquer les gens à la hache… »

Au cours de sa carrière longue et variée, Vincent D’Onofrio a acquis une réputation d’acteur de grande classe, un professionnel accompli qui sur un tournage, offre non seulement une excellente interprétation mais fait également en sorte d’aider discrètement afin que le tournage se déroule bien. Sur LES SEPT MERCENAIRES, cela voulait dire devenir un leader sur le tournage, une sorte de mentor pour les acteurs les plus jeunes.

Antoine Fuqua déclare : « Vincent est un homme et un acteur percutant. Denzel et lui ont créé une belle dynamique parce que ce sont deux grands d’entre les grands, avec une sacrée personnalité. Denzel aime soutenir les gens discrètement et diriger dans l’ombre – je pense qu’il a emprunté cela à Mandela. Vincent prenait les choses en main, il se montrait paternel avec les autres gars. Quand on ne filmait pas, Vincent et les plus jeunes acteurs passaient tous du bon temps ensemble, comme une bande. »

Roger Birnbaum commente : « En plus d’être un très, très bon acteur, il dégage beaucoup de force et de confiance. Les plus jeunes se tournaient vers lui pour la bonne raison qu’il affichait clairement le message : ‘Je suis là pour ça’. »

La star coréenne Byung-Hun Lee incarne Billy Rocks, l’ami et le confident de Goodnight. Antoine Fuqua déclare : « Je suivais la carrière de Lee depuis des années avant que le hasard ne nous réunisse. Je suis fan depuis son film A BITTERSWEET LIFE. Je l’ai vu il y a quelques années et je voulais d’ailleurs en faire un remake. Le temps a passé et quand il est entré dans mon bureau avant le casting, je n’ai pas réalisé que c’était la même personne. Quand il m’a dit qu’il avait joué dans ce film, j’ai été très enthousiaste, je lui ai dit que j’avais adoré ! »

Todd Black raconte : « Mary Vernieu, notre directrice du casting, nous a parlé de Byung-Hun, il est venu auditionner et il a époustouflé tout le monde. Sa présence discrète, son beau visage et bien évidemment son art du maniement des couteaux… Il nous a beaucoup impressionnés. »

L’acteur d’origine mexicaine Manuel Garcia-Rulfo a rejoint les sept pour incarner Vasquez, un hors-la-loi en cavale, fuyant les chasseurs de primes comme Chisolm. Manuel Garcia-Rulfo déclare : « Vasquez est en cavale depuis plusieurs mois à cause d’un crime qu’il a commis. C’est un bandit et un voleur depuis toujours, un vrai criminel, mais cette fois, il a commis un crime grave : il a tué quelqu’un d’important. Il fuit depuis plusieurs mois mais Chisolm, le chasseur de primes, sait tout de lui et demande à Emma de l’aider à le recruter. »

Manuel Garcia-Rulfo commente : « Malgré sa violence, Vasquez a toujours les yeux qui pétillent. Il adore les fusillades. Il est très bon là-dedans ! Il rigole carrément quand il se bat, il adore ça. »

Pour Roger Birnbaum, cet enthousiasme est très naturel pour l’acteur : « Manuel est l’un des types les plus sympas du monde. Il était fou de joie de faire ce film et il le montrait tous les jours. On le voit dans ses yeux – ils scintillent à l’écran mais aussi dans la vraie vie. Il a apporté une touche personnelle aux sept qui aide l’ensemble à sonner juste. »

Red Harvest est un indien Comanche qui rejoint la bande et complète les sept. C’est Martin Sensmeier qui tient le rôle, un acteur aux origines indiennes : Koyukon-Athabascan et Tlingit. Celui-ci explique : « Antoine a été très attentif à la culture amérindienne et voulait faire les choses correctement. En tant qu’autochtone, je pense que c’est très important. Il a fait tout ce qu’il a pu pour s’assurer que les Amérindiens soient décrits de manière respectueuse. Il a travaillé en profondeur, il a fait des recherches poussées et il savait ce qu’il voulait. »

Cette sensibilité n’a pas toujours été présente dans les films hollywoodiens, c’est le moins que l’on puisse dire. Martin Sensmeier développe : « Dans tous les vieux films, ce sont des Italiens qui incarnent les Indiens et leur façon de jouer m’a toujours semblé ridicule, donc je ne me suis jamais retrouvé dans ces personnages. Je me disais : ‘Pourquoi font-ils ça ? Pourquoi est-ce qu’ils crient comme ça ? Pourquoi sont-ils habillés comme ça ?’ Donc quand on jouait aux cowboys et aux Indiens, je voulais toujours être un cowboy. En vieillissant, on réalise l’image qu’Hollywood a donnée des Amérindiens. Mais je continue à adorer les westerns, c’était un véritable honneur de jouer dans celui-ci. Je joue un Comanche, et notre conseiller en culture comanche a confirmé que le réalisateur et les producteurs ont été extrêmement attentifs à l’aspect culturel. »

De manière tout aussi importante, Martin Sensmeier s’est identifié au personnage particulier de Red Harvest. « C’est un Comanche, mais il n’a pas de tribu. Moi-même quand je tournais le film, j’étais séparé de ma tribu qui vit en Alaska. »

Todd Black se souvient : « L’interprète de Red Harvest a été difficile à choisir. Bien entendu, il était nécessaire de prendre un acteur amérindien, mais il nous fallait quelqu’un qui convienne au rôle et qui puisse s’exprimer sans avoir beaucoup de dialogues. Beaucoup d’acteurs ayant passé les auditions ne possédaient pas ces qualités. Martin avait ce calme tout en étant très expressif. »

Roger Birnbaum confirme : « Martin est l’incarnation du Zen et de la paix. Dans la vie de tous les jours, c’est quelqu’un d’extrêmement discipliné. Il a apporté à l’écran tout ce qu’il est dans la vraie vie. »

Emma Cullen

Dans le film, quand les hommes de Bogue tuent Matthew Cullen (Matt Bomer), c’est sa femme Emma qui prend les choses en main, trouve Chisolm et le convainc de défendre la ville. Pour le rôle d’Emma Cullen, les créateurs du film ont choisi Haley Bennett, qui avait déjà travaillé avec Antoine Fuqua, Todd Black et Denzel Washington sur EQUALIZER.

De son personnage, Haley Bennett dit : « Emma a perdu quelqu’un qui comptait énormément pour elle et elle va tout faire pour s’assurer que ce Bartholomew Bogue arrête de persécuter sa ville. Elle va à l’encontre de tous les stéréotypes – elle n’est pas traitée comme un objet, elle n’est ni soumise ni victime. Le film a lieu à une époque où les femmes n’avaient pas les mêmes droits que les hommes, donc c’est intéressant d’incarner un personnage complexe, quelqu’un qui peut faire changer les choses. En cela aussi, cette version de l’histoire est différente. »

Roger Birnbaum affirme : « Haley joue un vrai personnage de l’époque. Pour partir dans l’Ouest et commencer une nouvelle vie, que vous soyez homme ou femme, vous deviez être particulièrement solide. Ce n’est pas que toutes les femmes et tous les hommes étaient forts, mais je pense que pour tenir le coup et réellement réussir, ils devaient l’être. On voit Emma et Matthew lutter pour démarrer une nouvelle vie ensemble et construire cette ville au beau milieu d’une région sauvage. Quand Matthew se fait tuer, elle reste forte – elle puise en elle et s’appuie sur cette force pour tout surmonter. »

Bartholomew Bogue

Pour incarner Bartholomew Bogue, le méchant, les créateurs ont choisi Peter Sarsgaard. L’acteur explique : « Bogue est l’instigateur de ces règles dures qui rendent la ville inhabitable. C’est son sens de la justice expéditive qui terrorise la communauté. Ce qui m’a attiré dans le rôle, c’est notamment son sentiment de sa propre grandeur, cette conviction d’être quelqu’un d’hors du commun. Il possède une sorte de narcissisme assumé que j’ai trouvé très intéressant. »

Pour savoir comment Antoine Fuqua travaillait, Peter Sarsgaard s’est tourné vers sa famille puisque son beau-frère n’est autre que Jake Gyllenhaal, qui avait joué sous la direction de Fuqua dans LA RAGE AU VENTRE. Peter Sarsgaard explique : « Antoine donne à ses acteurs toute la liberté dont ils ont besoin – et ensuite, il réalise sur place comment tourner et intégrer cela dans l’histoire. On m’avait expliqué cela avant le tournage puisque mon beau-frère a tourné avec lui. En gardant cela en tête, on peut tout s’approprier, même si l’on joue exactement ce qui est prévu par le script et que l’on dit les répliques telles qu’elles sont écrites. »

COMMENT DEVENIR UN MERCENAIRE
L’ENTRAÎNEMENT, L’ACTION ET LES CASCADES

Antoine Fuqua raconte : « Avant le début du tournage, les acteurs se sont entraînés à monter à cheval, à tirer et ont appris à faire tournoyer leurs revolvers. Ils ont tiré avec de vraies armes pour se rendre compte de ce qui se produit réellement quand on fait feu. Ils portaient leurs holsters en permanence pour s’habituer à leur poids. Ils ont porté leurs bottes pendant des mois – est-ce que vous vous rendez bien compte de ce que c’est pour des gars de la ville de marcher dans des bottes de cowboy tous les jours ? »

Ces sessions d’entraînement n’étaient pas qu’une partie de plaisir ; le réalisateur surveillait tout de près car les scènes d’action spécifiques à chaque personnage, leur comportement et leur façon de se battre, allaient être façonnées par les personnalités des acteurs, leur adresse naturelle et ce qu’ils faisaient de mieux. Le réalisateur commente : « On essaye toujours d’inventer des scènes d’action qui vont de pair avec la personnalité du personnage, pour que chaque phase d’action ait une identité forte dictée par les protagonistes. C’est toujours une découverte et j’ai réellement commencé à construire mes scènes d’action pendant la phase d’’entraînement cowboy’ – je voulais voir de quoi ces gars étaient capables. »

Le réalisateur poursuit : « Par exemple, pour les scènes d’action de Denzel Washington, nous nous sommes basés sur ses qualités de boxeur. Quand on a un acteur de cette puissance, tout doit faire partie du personnage ; on ne peut pas élaborer une scène d’action et ensuite seulement réfléchir à la manière dont il va s’intégrer dedans. J’ai remarqué la façon qu’a Denzel de dégainer rapidement – je pense que c’est dû au fait qu’il sache boxer ; il utilise des petits muscles qui se contractent vite. On a donc décidé qu’il n’aurait qu’un seul revolver et non deux – Chisolm est tellement précis qu’il n’a besoin que d’une seule arme. Arme qu’il laisse pendre sur le côté, ce qui n’est pas la manière la plus traditionnelle de tenir un revolver au cours d’une fusillade. C’est quelque chose qu’il a développé lui-même pour son personnage. »

Ce parti pris n’a pas affecté seulement Denzel Washington : chacun des sept a bénéficié de scènes d’action uniques conçues par le réalisateur, comme il l’explique lui-même : « Les scènes de Chris fonctionnent sur l’audace de son personnage – il n’a pas peur de se faire tirer dessus, donc généralement, il marche tout droit, il tire et il fait le malin. Il sait que c’est lui le meilleur tireur, il n’a pas besoin d’être rapide, juste d’être précis. Tout cela trouve aussi son origine dans les répétitions – pendant les entraînements, Chris était comme un soldat de commando, très direct, donc j’ai commencé à élaborer les scènes d’action en me basant là-dessus. Vincent a été incroyable – un vrai ours. Il croyait dur comme fer à son personnage et ses scènes d’action sont très agressives ; il fait ressortir cette bête, encore et encore, quoi que fasse son adversaire, il ne s’arrêtera pas. Byung-Hun ressemble à un danseur de ballet, il est très athlétique, élégant et majestueux – donc on s’est dit qu’il serait meilleur avec les couteaux ; il s’y connaissait et j’ai voulu tirer parti de son habileté. Pendant les entraînements, Manuel s’est naturellement mis à dégainer et à faire tournoyer ses pistolets, c’est donc devenu son truc : il est bon avec deux armes et tout s’est développé autour de cette idée. Quant à Martin, il était meilleur à l’arc parce qu’il savait déjà le manier. »

Pour s’entraîner à faire tournoyer leurs revolvers, les sept ont travaillé avec Thell Reed – expert en la matière dès son plus jeune âge et passé maître dans l’art de dégainer, il a tourné avec le show de Gene Autry « Wild West » et a ensuite mis son expertise et ses talents au service du tournage de la série western « Gunsmoke » et d’un grand nombre de westerns.

Chris Pratt confie : « Ce gars, c’est du sérieux ! Il a plus de 70 ans, mais à 14 ans déjà, il était champion du monde de la gâchette, il a participé à l’émission d’Ed Sullivan – et depuis, il a travaillé sur tous les westerns. Les Colt Peacemaker sont des revolvers simple action, pas des semi-automatiques – c’est difficile de tirer avec, difficile de les recharger, mais ils sont très fiables. On comprend pourquoi le revolver Colt est l’arme qui a conquis l’Ouest. »

Mais comme le précisent les acteurs, la rapidité avec laquelle on dégaine ne dépend pas seulement de la vitesse avec laquelle on extrait l’arme de son étui. Denzel Washington s’explique : « Comme le dit toujours Thell Reed : ‘Rapidité rime avec fluidité’. Mes mains sont rapides, je fais de la boxe depuis des années et je suis vraiment très vif. Mais il n’arrêtait pas de me dire : ‘Ralentis, ralentis. Le secret de la rapidité, c’est la fluidité.’ »

Tous les acteurs ont suivi un entraînement poussé au tir et à l’équitation, mais Martin Sensmeier s’est également exercé à monter à cru et à tirer à l’arc. « J’ai passé six semaines en Louisiane avant le tournage, sans parler de l’entraînement de deux semaines que j’ai suivi à Los Angeles avant cela, rappelle-t-il. J’ai monté à cheval tous les jours aux côtés de Scotty Augere, un Indien Pied-Noir du Montana, et de ma doublure Danny Edmo – j’ai beaucoup appris à leur contact mais aussi avec les meilleurs cavaliers de là-bas. Monter à cru est bien plus difficile qu’avec une selle, on utilise bien plus les jambes. Je suis tombé plusieurs fois mais j’ai fini par comprendre le truc et maintenant j’adore ça. À vrai dire, je préfère monter à cru – je ressens un lien plus fort avec le cheval, et cela semble plus naturel. »

Martin Sensmeier ajoute : « On s’est également entraînés au tir à l’arc, au tir à la carabine et au pistolet parce que Red Harvest fait un peu de tout – il tire à l’arc et au revolver, il utilise des tomahawks, des couteaux... En fait, je tirais déjà à l’arc et j’ai été heureux de pouvoir en utiliser un pendant le tournage. J’allais aussi à la salle de sport deux fois par jour et je mangeais très sain – j’étais déjà un fana de musculation donc j’ai juste fait évoluer mes exercices pour atteindre la meilleure forme possible. »

Pour Manuel Garcia-Rulfo, toute cette phase d’entraînement a été l’occasion de redevenir un enfant. « J’ai grandi dans un ranch au Mexique, donc je savais monter à cheval, mais participer à un western… difficile de rêver mieux ! Les balles sifflaient autour de moi, il y avait des explosions, du feu, de la fumée, je tirais avec deux revolvers – j’étais très excité et très heureux. Gagner sa vie en reproduisant les trucs que tu faisais quand tu étais gamin ? C’est tout simplement génial. »

Haley Bennett a elle aussi suivi des entraînements de tir et d’équitation pour coller à son personnage. « C’est une image forte que cette femme qui prend le taureau par les cornes, explique-t-elle. Les pionnières étaient très solides, dures à la tâche, des femmes de caractère – c’était une nécessité car les hommes étaient absents pendant de longues périodes et les femmes devaient donc être capables de protéger leur vie et leur foyer. »

Quand les cascades étaient trop difficiles ou trop dangereuses pour les acteurs principaux, les créateurs du film ont pu compter sur un groupe de cascadeurs d’élite qui avaient une grande expérience dans le domaine des chutes – du dos d’un cheval ou depuis des bâtiments. Antoine Fuqua déclare : « Jeff Dashnaw, le coordinateur des cascades, et son équipe ont été géniaux. On a travaillé avec des gars qui ont fait des films avec John Wayne et John Ford à la grande époque, et ils étaient là sur ce film, tombant de cheval et se faisant tirer dessus. Impossible de compter combien de gars se sont fait faucher en plein galop ou sont passés à travers les fenêtres ! »

Todd Black commente : « Antoine ne voulait pas faire un film plein d’effets visuels ou d’effets spéciaux, donc on a essayé de réaliser un maximum de cascades sur le tournage et c’est ce qui l’a rendu si compliqué. On avait les meilleurs cascadeurs de l’industrie du cinéma, ceux de Clint Eastwood – tout simplement le meilleur coordinateur des cascades et les meilleurs éléments possibles. C’est très dangereux de faire des cascades à cheval, de faire chuter des gens des bâtiments, mais on doit rendre tout cela réel. »

Les membres de l’équipe de Jeff Dashnaw ont grandi en montant à cheval et ont utilisé cette expérience pour travailler comme cowboys de rodéo, par exemple. La plupart des cascadeurs meurent plusieurs fois dans le film. Les chutes des cascadeurs tombant des toits étaient amorties par huit centimètres de mousse, peinte pour ressembler à du bois, et une protection de vingt centimètres enterrée sous la poussière.

REBÂTIR L’OUEST
LES DÉCORS ET LES COSTUMES

Le chef décorateur Derek Hill a construit la ville de Rose Creek à une heure de Baton Rouge en Louisiane. Il ne s’est pas contenté d’une seule rue et de quelques façades : il a conçu une ville entière, plusieurs rues, en construisant réellement les bâtiments et en décorant les intérieurs.

Antoine Fuqua a choisi Derek Hill après leur précédente collaboration sur LA CHUTE DE LA MAISON-BLANCHE. Le réalisateur se souvient : « Sur ce film, Derek et moi nous étions promenés sur un pré à vaches et par la suite, il y avait construit Washington et la Maison-Blanche. Cette fois, on a trouvé un terrain où on pourrait créer une ville entière et tourner toutes les scènes dont nous aurions besoin. »

« Quand il m’a montré les croquis, j’ai dit à Derek : ‘Tu vas construire tout ça ?’ et comme il me connaît, il a répondu : ‘Il faut bien que j’y aille à fond, que j’exagère même, parce que tu vas vouloir tourner dans tous les coins’. Quand les gens verront le film, ils vont être stupéfaits par la taille de la ville que nous avons créée. »

Au total, Derek Hill a créé 25 bâtiments, une église et une écurie grandeur nature.

Peter Sarsgaard note : « Tout existait bel et bien, et tout fonctionnait. On pouvait ouvrir un placard et être sûr de trouver une tasse. On aurait vraiment dit que c’était habité. Antoine tourne comme ça – il a fallu qu’il prépare tout parce qu’au final, peut-être qu’on aurait eu besoin de telle porte ou de telle pièce. »

La chef costumière Sharen Davis, nommée deux fois aux Oscars pour son travail sur RAY et DREAMGIRLS, a apporté cette même touche d’authenticité aux costumes. « J’ai voulu mélanger les westerns spaghetti et un style plus réaliste – pas comme un documentaire, mais en me rapprochant des vêtements typiques de l’Ouest. J’ai essayé de trouver un équilibre entre toutes ces influences. »

Les costumes de Sharen Davis ont découlé de l’accessoire le plus important des personnages : leur revolver, avec sa ceinture et son holster. « Leur choix de holster et de revolver m’a permis de cerner chaque personnage, explique-t-elle. L’équipe des accessoires m’a envoyé des photos des armes et des ceintures et cartouchières de tout le monde et cela m’a beaucoup inspirée. »

Partant de ce choix, la chef costumière a commencé à créer le style de chaque personnage. Elle se souvient : « Denzel avait fait beaucoup de recherches sur cette période et il a trouvé quelqu’un à qui il voulait ressembler. Cela a été notre point de départ. Contrairement à cet homme, Denzel porte du noir, mais cette source nous a inspirés pour les textures et les superpositions. »

Sharen Davis poursuit : « Nous avons décidé que le personnage de Chris serait mieux avec un style moins compliqué, mais ses vêtements sont parfaitement adaptés à son corps. Il n’a pas un style recherché mais on voulait tout de même qu’il soit sexy. On a démarré avec plus de couleurs et au final on en a retiré pour se concentrer davantage sur les textures. Chris a eu de très bonnes idées, il a été très réactif et enthousiaste. »

« Le personnage d’Ethan Hawke a été à la fois facile et très enrichissant, créativement parlant. En fait, j’ai commencé à dessiner et le look est directement passé du papier à Ethan. Il a beaucoup d’allure – je trouve vraiment que ce personnage se démarque des autres. »

« Travailler sur le personnage de Jack Horne a également été très amusant, continue la costumière. J’ai passé plus d’une heure avec Vincent D’Onofrio. C’est un personnage qui vit dans les montagnes en solitaire, donc on est partis sur une idée avec beaucoup de peaux et de fourrures. Il a tout enfilé et d’un coup, c’était Horne. »

Pour le personnage de Manuel Garcia-Rulfo, Sharen Davis raconte : « Je voulais montrer que Vasquez venait de quelque part au Mexique mais également qu’il avait voyagé à travers les États-Unis. On a donc mélangé – un peu de western et un peu de mexicain. »

« Billy Rocks, joué par Byung-Hun Lee, a un chapeau génial qu’on a créé ensemble. Il a aussi une ceinture hors du commun, donc j’ai dû travailler sur ce qui entoure sa taille. Par exemple, à cause de cette ceinture, il ne pouvait pas porter de veste. On a donc choisi des choses très moulantes, beaucoup de relief, peu de couleur et beaucoup de métal. »

« Quant à Red Harvest, on a cherché la discrétion. Les vêtements ne sont pas voyants et on a laissé le maquillage faire le travail. Je suis allé vers le traditionnel avec lui, une ligne très fuselée, en laissant les bijoux indiquer sa tribu. »

Bartholomew Bogue, le méchant, est l’autre personnage principal dont les costumes sortent de l’ordinaire. Sharen Davis développe : « Son style a évolué au cours de la préparation du film. Au début, j’ai voulu miser sur une apparence de parvenu, mais plus tard, on a décidé qu’il serait plus du type famille fortunée, à la Rockefeller. Il est très élégant – ses vêtements sont un peu usés, comme s’ils étaient très chers mais qu’il les avait gardés longtemps. Il porte toujours une cravate et un foulard noué, c’est un homme d’argent. »

Ce sont les chapeaux et les bottes qui ont été les plus difficiles à trouver pour les costumes : la chef costumière précise que chaque acteur a dû essayer entre 15 et 20 de chaque avant de trouver les bons.

LA MUSIQUE

Le travail sur la musique du film a représenté un défi considérable car certains morceaux du film original sont extrêmement célèbres. Antoine Fuqua observe : « La bande originale du premier film est devenue aussi célèbre que le film lui-même. Difficile de rivaliser… »

Mais le film avait besoin de musique et cela a donné une collaboration à la fois belle et teintée de tristesse.

Après leur expérience commune sur LA RAGE AU VENTRE, Antoine Fuqua est devenu proche du compositeur oscarisé James Horner. En vérité, c’est Horner qui avait convaincu Fuqua de s’intéresser au film LES SEPT MERCENAIRES.

Malheureusement, James Horner est décédé l’été dernier dans un accident d’avion. Ce n’est que plus tard que Fuqua a réalisé que le compositeur lui avait légué un cadeau. Il se souvient : « Pendant le tournage, j’ai reçu un appel. On m’a dit que James m’avait laissé un cadeau. J’ignorais ce que cela pouvait être. Je me suis dit qu’il m’avait peut-être acheté quelque chose en rapport avec LA RAGE AU VENTRE. C’est Simon Franglen, un collaborateur d’Horner, qui est venu me l’apporter sur le tournage. Il m’a expliqué que James avait écrit sept chansons pour LES SEPT MERCENAIRES. Il les a écrites en se basant sur le script – c’est plutôt rare ! Ce film aurait pu ne jamais exister, mais il avait écrit des chansons, du matériel brut, des musiques orchestrales. Et encore d’autres choses, c’était merveilleux. Ça m’a sidéré. »

Simon Franglen a donc terminé la musique originale en se basant sur les chansons qu’Horner avait esquissées. Il confie : « James était un de mes amis les plus proches, je lui avais parlé la veille de sa mort. Ce projet lui tenait beaucoup à cœur, il avait hâte de travailler dessus. Après son décès, on s’est dit que se baser sur sa vision de la bande originale serait une sorte d’hommage. Ce film était très important pour lui et j’espère que les gens verront cela comme un hommage à l’étendue extraordinaire du travail de James. »

Quand Simon Franglen a rejoint le projet, il était conscient de marcher dans les pas de deux grands noms de la musique de film : James Horner bien sûr, mais aussi Elmer Bernstein, dont la bande originale du premier SEPT MERCENAIRES est l’une des musiques de film les plus célèbres jamais écrites. Simon Franglen a voulu faire quelque chose de complètement neuf, comme il l’explique : « Elmer Bernstein était l’un des plus grands et le thème des SEPT MERCENAIRES est l’un des meilleurs de l’histoire du cinéma. Le réinterpréter ou le transformer en quelque chose de différent aurait constitué un sacrilège. Néanmoins, nous avons essayé d’aller de l’avant avec le reste de la musique tout en gardant la saveur de la bande originale d’Elmer – pour conserver l’héritage du film original LES SEPT MERCENAIRES tout en créant quelque chose de nouveau. »

Simon Franglen a donc choisi une approche fidèle au genre, mais il a également intégré des éléments musicaux contemporains pour obtenir quelque chose de singulier et d’inédit. Il détaille : « Antoine a fait un film qui reprend toutes les traditions des grands films de cowboys mais en les revisitant de façon contemporaine ; il y a un côté brut et nerveux qu’on ne trouvait pas à l’époque. La bande originale rend hommage à la musique traditionnelle des films de cowboys – il en existe de superbes et cela nous a donné des indications – mais nous avons aussi cherché à faire quelque chose de contemporain, une version au goût du 21e siècle. Ça devait être impressionnant et osé. On a utilisé beaucoup de cuivres – une caractéristique très western que l’on retrouve dès les années 1920 avec Aaron Copeland et qui a évolué dans ce genre musical jusqu’à nos jours. On a utilisé beaucoup de sons de gens frappant dans leurs mains tout au long de la bande originale. Mais on a également utilisé des instruments à cordes frottées, des vieux banjos, des violoncelles qui donnent des sons inattendus. Comme c’est un film d’action, on a également dû ajouter une certaine vigueur pour signaler les moments forts mais on a surtout essayé de créer une identité thématique globale qui reste dramatique. »

LES SEPT MERCENAIRES représente une étape majeure dans la carrière de Simon Franglen : c’est la première fois qu’il est crédité – aux côtés de James Horner – comme compositeur d’une musique originale de film. Il déclare : « C’était un vrai plaisir de travailler sur ce film – tous les matins, j’allais au studio avec le sourire. La musique de cowboys, on l’a tous dans le sang, ce style si particulier, c’est notre enfance à tous. On reconnaît un film de cowboys avant tout à sa musique. »


Une fois la musique originale composée, Antoine Fuqua et Simon Franglen ont prévu un petit plaisir pour la fin du film. Le réalisateur conclut : « Cette bande originale que James a commencée et que Simon a terminée leur est vraiment personnelle ; son ampleur et son caractère sont très contemporains mais elle reste fidèle au genre. Pour la fin du film, on a repris le thème principal d’origine avec un orchestre de 87 musiciens. J’ai eu l’impression d’avoir à nouveau 12 ans, de voir ce film pour la première fois et de me dire : ‘Je veux être l’un de ces gars-là !’ »

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