Drame/Un film sur un sujet difficile, bien traité avec de très belles interprétations
Réalisé par Felix Van Groeningen
Avec Steve Carell, Timothée Chalamet, Maura Tierney, Kaitlyn Dever, Timothy Hutton, Andre Royo, Amy Ryan, Jack Dylan Grazer...
Long-métrage Américain
Titre original : Beautiful Boy
Durée : 01h52mn
Année de production : 2018
Distributeur : Metropolitan FilmExport
Date de sortie sur les écrans américains : 12 octobre 2018
Date de sortie sur nos écrans : 6 février 2019
Résumé : pour David Sheff, la vie de son fils, Nicolas, un jeune homme brillant, sportif, à l’esprit vif et cultivé, était déjà toute tracée : à ses 18 ans, Nic était promis à une prestigieuse carrière universitaire.
Mais le monde de David s’effondre lorsqu’il réalise que Nic a commencé à toucher à la drogue en secret dès ses 12 ans. De consommateur occasionnel, Nic est devenu accro à la méthamphétamine et plus rien ne semble possible pour le sortir de sa dépendance.
Réalisant que son fils et devenu avec le temps un parfait étranger, David décide de tout faire pour le sauver. Se confrontant à ses propres limites mais aussi celles de sa famille.
Tiré du best-seller éponyme du journaliste David Sheff et du propre récit de son fils Nic,
MY BEAUTIFUL BOY dresse un portrait unique de la manière dont l’addiction peut détruire et bouleverser les vies des utilisateurs mais aussi de leurs proches… Et comment ces familles peuvent trouver la force et le courage pour se reconstruire.
Mais le monde de David s’effondre lorsqu’il réalise que Nic a commencé à toucher à la drogue en secret dès ses 12 ans. De consommateur occasionnel, Nic est devenu accro à la méthamphétamine et plus rien ne semble possible pour le sortir de sa dépendance.
Réalisant que son fils et devenu avec le temps un parfait étranger, David décide de tout faire pour le sauver. Se confrontant à ses propres limites mais aussi celles de sa famille.
Tiré du best-seller éponyme du journaliste David Sheff et du propre récit de son fils Nic,
MY BEAUTIFUL BOY dresse un portrait unique de la manière dont l’addiction peut détruire et bouleverser les vies des utilisateurs mais aussi de leurs proches… Et comment ces familles peuvent trouver la force et le courage pour se reconstruire.
Bande annonce (VOSTFR)
Extrait - "Je suis moi, tel que tu me vois" (VOSTFR)
Ce que j'en ai pensé : adapté des mémoires Beautiful Boy : A Father's Journey Through His Son's Addiction de David Sheff et Tweak: Growing Up On Methamphetamines de Nic Sheff, MY BEAUTIFUL BOY raconte la descente aux enfers d'un jeune homme qui a tout pour lui et la douleur de son père qui voudrait l'aider à traverser cette épreuve, comme il l'a toujours fait quand son enfant avait un problème, mais pour qui, cette fois, la tâche est insurmontable.
L'addiction n'est pas ici traitée sous le prisme du misérabilisme. Le film souligne d'ailleurs habilement qu'il n'y a ni cause, ni raison, juste une opportunité et une recherche d'un soi-disant bien-être qui se perd à jamais dans les volutes de la toxicité.
Le réalisateur Felix Van Groeningen raconte une histoire spécifique, il reste centré sur ce père et sur son fils, sans chercher à justifier ou à juger. Il montre les combats et il le fait avec sensibilité. Il utilise le parallèle entre passé et présent pour enraciner cette relation père/fils précieuse qui pourtant ne suffit pas à endiguer un mal qui pourrit tout. Il y a des scènes difficiles à supporter. On ne sait pas toujours si la souffrance du père est plus terrible que celle du fils, c'est douloureux.
Le scénario est pédagogique pour enfoncer le clou sur l'abominable inutilité de la toxicomanie et sur la destruction systématique de tout lien social et affectif que la drogue s'entête à déconstruire minutieusement. Aimer devient un ennemi face à une maladie qui annihile la personne tant qu'elle l'empoisonne. Il n'y a que des victimes. Sans chercher à faire dans le spectaculaire ou le voyeurisme, le réalisateur aborde tout cela de façon factuelle, directe et efficace.
Steve Carell est très juste et touchant dans le rôle de David Sheff, le père de Nic, interprété par Timothée Chalamet qui, de son côté, fait vibrer les cordes de la culpabilité, de l'impuissance et de la fragilité pour produire un portrait déchirant pour les spectateurs, ce qui amplifie la compréhension de la détresse du père de Nic.
MY BEAUTIFUL BOY dépeint un drame humain et il le fait très bien.
L'addiction n'est pas ici traitée sous le prisme du misérabilisme. Le film souligne d'ailleurs habilement qu'il n'y a ni cause, ni raison, juste une opportunité et une recherche d'un soi-disant bien-être qui se perd à jamais dans les volutes de la toxicité.
Le réalisateur Felix Van Groeningen raconte une histoire spécifique, il reste centré sur ce père et sur son fils, sans chercher à justifier ou à juger. Il montre les combats et il le fait avec sensibilité. Il utilise le parallèle entre passé et présent pour enraciner cette relation père/fils précieuse qui pourtant ne suffit pas à endiguer un mal qui pourrit tout. Il y a des scènes difficiles à supporter. On ne sait pas toujours si la souffrance du père est plus terrible que celle du fils, c'est douloureux.
Le scénario est pédagogique pour enfoncer le clou sur l'abominable inutilité de la toxicomanie et sur la destruction systématique de tout lien social et affectif que la drogue s'entête à déconstruire minutieusement. Aimer devient un ennemi face à une maladie qui annihile la personne tant qu'elle l'empoisonne. Il n'y a que des victimes. Sans chercher à faire dans le spectaculaire ou le voyeurisme, le réalisateur aborde tout cela de façon factuelle, directe et efficace.
Steve Carell est très juste et touchant dans le rôle de David Sheff, le père de Nic, interprété par Timothée Chalamet qui, de son côté, fait vibrer les cordes de la culpabilité, de l'impuissance et de la fragilité pour produire un portrait déchirant pour les spectateurs, ce qui amplifie la compréhension de la détresse du père de Nic.
Copyright photos @ Metropolitan FilmExport
MY BEAUTIFUL BOY dépeint un drame humain et il le fait très bien.
NOTES DE PRODUCTION
(À ne lire qu'après avoir vu le film pour éviter les spoilers !)
Quelques mots sur MY BEAUTIFUL BOY par
Felix van Groeningen
« J’ai été profondément ému par
les récits autobiographiques de David et Nic Sheff lorsque je les ai
lus en 2014. Le père et le fils y livrent leurs points de vue
respectifs sur le difficile combat qu’ils ont mené contre
l’addiction de Nic, mais également leurs moments de joie,
d’innocence et d’amour. S’ils croient initialement posséder
les armes pour remporter cette bataille et « remédier » au
problème, on découvre rapidement que ce n’est pas le cas. Petit à
petit, ils parviennent cependant à tirer des enseignements de leurs
erreurs, même s’il arrive de les sentir complètement dépassés
par les évènements tandis qu’ils prennent conscience des
conséquences de la dépendance dans tous les aspects de leurs vies.
»
« J’avais déjà envisagé de faire
un film en anglais par le passé, mais aucune histoire ne m’avait
ému comme celle des Sheff. Les relations familiales, l’illusion de
contrôle et le passage du temps sont des thèmes que j’avais déjà
explorés dans mes précédents films. J’avais également évoqué
le sujet de la drogue, mais l’intensité brute, bouleversante, de
l’histoire des Sheff – tout comme la manière dont ils la
racontaient –, m’a secoué. David, Nic et leur famille éprouvent
un amour inconditionnel les uns pour les autres, mais ils ont dû
accepter le fait qu’il n’existe pas de remède miracle contre
l’addiction et qu’il s’agit d’un combat parfaitement
irrationnel. J’étais assez intimidé à l’idée de raconter leur
histoire, mais cela me semblait impératif et nécessaire, et avec le
soutien de Plan B, il m’a paru logique de consacrer plusieurs
années de ma vie à ce projet. Je n’imaginais pas un instant
l’incroyable aventure que cela allait être. »
« Les Sheff m’ont accueilli dans
leur vie et se sont montrés incroyablement ouverts avec moi tout au
long du projet. Ils ont fait preuve d’une remarquable sincérité,
ils n’ont pas hésité à partager avec moi leurs plus grandes
peurs ainsi que leur sentiment de honte. Observer la manière dont
ils vivent et la proximité qu’ils partagent a été incroyable.
Bien que leur histoire se déroule loin de là où j’ai grandi,
j’ai trouvé la manière dont David et Nic décrivaient leur vie
très familière. J’ai grandi dans une famille très différente de
la leur, mais l’amour qu’ils se portent a trouvé écho en moi.
L’essence même de leur superbe famille, qui a été
douloureusement éprouvée, et le soutien qu’ils s’apportent
mutuellement m’ont énormément touché. »
« Je réalise des films parce qu’ils
m’obligent à digérer mes propres expériences et à me confronter
à des sujets difficiles. J’apprends de mes films en revisitant mon
passé ou en évoquant la question du deuil, par exemple. Ils
m’aident à faire face à la vie, et par là à l’apprécier
d’autant plus. J’ai perdu mon père alors que je n’avais que 26
ans, mais à bien des égards il continue à vivre en moi à travers
mes films. C’est également la raison pour laquelle je suis attiré
par les histoires père-fils. Je cherche à célébrer la vie à
travers mes films. J’essaie de me mettre à la place de tous mes
personnages et j’espère que l’empathie que j’ai pour eux est
palpable de l’autre côté de l’écran. »
« Les récits de David et Nic m’ont
fait prendre conscience que ma famille et moi-même entretenions
certains préjugés concernant les toxicomanes. Nous ne connaissions
pas toutes les manières de faire face au problème de l’addiction
et de venir en aide à ceux qui en ont besoin. Leur histoire nous a
inspirés à faire un film dont nous espérons modestement qu’il
fera entendre la voix de ceux qui se battent contre la dépendance et
qu’il présentera avec simplicité et honnêteté toute la
complexité de cette maladie. »
« Lorsque je suis rentré en Belgique
après avoir terminé le film, je suis moimême devenu père pour la
première fois. J’ai aujourd’hui un fils. J’ignorais que l’on
pouvait aimer quelqu’un à ce point, et combien cela vous rend
heureux. J’espère que MY BEAUTIFUL BOY aidera les spectateurs à
mieux comprendre les différents points de vue sur le sujet et qu’il
ouvrira le cœur et l’esprit de ceux qui le verront comme
l’histoire des Sheff l’a fait pour moi. »
NOTES DE PRODUCTION
MY BEAUTIFUL BOY
dresse le portait profondément
émouvant de l’amour d’une famille et de l’engagement de ses
membres les uns envers les autres pour faire face à la dépendance
de leur fils et l’accompagner dans ses efforts de guérison. Tiré
de deux livres, l’un écrit par le père du garçon, le journaliste
David Sheff, et l’autre par Nicolas lui-même, le film raconte ses
rechutes successives et la dure réalité : l’addiction peut
frapper n’importe qui, n’importe quand, n’importe où.
UN TÉMOIGNAGE PERCUTANT
En 2005, David Sheff, un journaliste
réputé, a écrit un article intitulé « My Addicted Son » pour le
New York Times Magazine. Il y racontait avec une sincérité
poignante le combat de son fils, Nic Sheff, contre l’addiction aux
drogues comme la méthamphétamine, et ses propres efforts pour
tenter de sauver sa famille – également composée de sa deuxième
femme, Karen, et de leurs deux jeunes enfants. Un calvaire qui a duré
près de dix ans.
Deux ans plus tard, le producteur
Jeremy Kleiner, de Plan B Entertainment, a découvert que David Sheff
avait écrit un livre sur les dix années de combat de son fils
intitulé Beautiful Boy, tandis que Nic racontait ces mêmes années
dans sa propre autobiographie, Tweak. Publiés simultanément, ces
deux récits dressent le portrait émouvant et complexe d’une
famille dans la tourmente. Après les avoir partagés avec ses
partenaires au sein de Plan B, les producteurs Dede Gardner et Brad
Pitt, Jeremy Kleiner leur a soumis une idée singulière : associer
ces ouvrages aussi poignants qu’inestimables en un film encore plus
éloquent. Toute la question était de savoir s’ils seraient
capables de créer une trame narrative cohérente à partir de ces
deux récits. Dede Gardner déclare : « Nous avons été
époustouflés par les textes de David et Nic et avons pensé que
témoigner de deux points de vue sur une même série d’évènements
serait encore plus captivant que s’ils étaient exposés
séparément. »
Pour écrire cette histoire et aborder
le sujet sensible de la toxicomanie, les producteurs savaient qu’il
leur faudrait faire appel à un scénariste et réalisateur atypique
capable de les aider à traduire le point de vue du père autant que
celui du fils. Jeremy Kleiner explique : « Nous étions conscients
que ce film serait unique du fait qu’il est adapté de deux
mémoires qui retracent plus de dix ans de la vie d’une famille. Il
était en outre crucial qu’il se dégage de ces longues années de
lutte contre la maladie de Nic un sentiment de souffrance mais
également d’espoir et d’optimisme. »
Jeremy Kleiner et Dede Gardner avaient
vu un film en flamand réalisé par le cinéaste belge Felix van
Groeningen et avaient été intrigués par son style. Le producteur
raconte : « ALABAMA MONROE m’a transporté dans un univers qui
ressemblait à celui que j’imaginais pour MY BEAUTIFUL BOY. Notre
film raconte une histoire épique mais aussi extraordinairement
intime. Il souligne le caractère indissociable des joies et des
épreuves de la vie qui font partie intégrante de l’expérience
humaine. Le film de Felix reposait en outre sur une structure
innovante, presque indescriptible, qui s’affranchissait des règles
cinématographiques pour se rapprocher au plus près de la vie. »
Dede Gardner ajoute : « ALABAMA MONROE racontait une histoire
profondément tragique avec une délicatesse rare ; il accompagnait
littéralement le spectateur en lui faisant sentir que l’épreuve
n’était pas facile mais qu’il serait guidé vers son issue, et
c’était exactement ce que nous recherchions pour MY BEAUTIFUL BOY.
»
Felix van Groeningen est l’auteur de
cinq longs métrages en flamand, dont BELGICA qui lui a valu le Prix
du meilleur réalisateur dans la catégorie film dramatique
international au Festival du film de Sundance 2016, et LA MERDITUDE
DES CHOSES, sélection officielle de la Belgique pour l’Oscar du
meilleur film étranger 2010. Au moment où son quatrième opus, le
poignant drame familial sur fond de bluegrass ALABAMA MONROE, a été
nommé à l’Oscar du meilleur film étranger 2014, Felix van
Groeningen était devenu un réalisateur de renommée internationale
et un habitué des festivals.
Sans surprise, le cinéaste primé et
encensé par la critique était sollicité de toutes parts pour
réaliser son premier film en anglais. Enthousiaste à l’idée de
travailler avec des stars internationales qu’il admirait depuis
longtemps et à la perspective de s’adresser à un plus large
public, il a cependant pris son temps pour choisir le projet avec
lequel il ferait ses premiers pas à Hollywood. Il se souvient : «
J’ai lu de très bons scénarios mais je n’ai jamais eu la
sensation d’être le réalisateur idéal pour les mettre en scène.
J’ai eu du mal à trouver un projet qui me parle vraiment…
jusqu’à MY BEAUTIFUL BOY. Le fait que le film soit porté par Plan
B a évidemment pesé dans ma décision, mais c’est avant tout
parce qu’il me semblait taillé sur mesure pour moi que j’ai
accepté de le réaliser. »
L’existence confortable que mènent
les Sheff dans le comté de Marin, sur la côte californienne, était
très éloignée de celle de Felix van Groeningen, tant sur le plan
géographique que culturel. L’amour que se portent les membres de
la famille a cependant trouvé un profond écho chez le réalisateur,
qui déclare : « Les Sheff forment une famille soudée dans laquelle
chacun tient à être présent pour les autres. Le désir de ce genre
de vie de famille affleurait déjà dans mes précédents films.
C’est donc quelque chose qui m’a profondément touché. »
Jeremy Kleiner et Dede Gardner ont
rencontré Felix van Groeningen pour la première fois en 2014. Au
cours de leur discussion sur MY BEAUTIFUL BOY, le réalisateur a vu
émerger plusieurs thèmes qu’il avait explorés dans ses
précédents films, comme les conflits familiaux, la perte de
contrôle et le passage du temps – des thèmes à forte résonance
émotionnelle qu’il a plaisir à explorer sous forme de narration
visuelle. Dede Gardner déclare : « Dans son travail, Felix fait
passer l’honnêteté avant tout le reste ; il ne supporte pas les
artifices, ce qui fait de lui un réalisateur extrêmement
bienveillant et patient, que ce soit avec ses acteurs, avec le
scénario ou avec la structure temporelle de la trame narrative. Ses
films sont empreints d’une intensité sourde qui tient au profond
respect qu’il porte à l’histoire qu’il raconte. »
Pour le cinéaste, les livres des
Sheff, avec leur foule de détails évocateurs, se prêtaient
particulièrement bien à une adaptation sur grand écran. Il
explique : « Les récits de David et Nic sont très visuels. C’est
sans doute dû au fait qu’ils sont passionnés de cinéma et que
lorsqu’ils écrivent, ils peignent des images ou des situations
intrinsèquement cinématographiques. C’est notamment le cas du
moment où ils vont surfer : soudain le brouillard s’abat sur eux
et David perd son fils de vue. Il s’agit d’une merveilleuse
métaphore. C’est le caractère mythique et universel de l’histoire
qui m’a convaincu qu’elle valait la peine que j’y consacre
trois ou quatre ans de ma vie. »
Ce qui rend également ces livres
uniques aux yeux de Felix van Groeningen, c’est le lien inaltérable
qui unit Nic et son père. Il commente : « Leur relation est assez
incroyable. J’étais très impatient de raconter leur lien
privilégié, ce qu’ils partagent et ce qu’ils risquent de
perdre. C’est d’autant plus bouleversant qu’il s’agit d’une
famille aimante au sein de laquelle personne ne parvient vraiment à
comprendre ce qui leur arrive. »
Le réalisateur poursuit : « En outre,
ce n’est pas l’histoire d’une seule personne ; Nic et David
jouent un rôle aussi important l’un que l’autre dans le déroulé
des évènements. Les films qui traitent de l’addiction racontent
souvent l’histoire de toxicomanes qui sortent de cure de
désintoxication et tentent de reconstruire leur vie, ou bien de leur
combat jalonné de hauts et de bas. Mais je n’avais encore jamais
vu un film dans lequel une famille tout entière est confrontée à
cette épreuve. C’est un sujet très difficile auquel les
personnages opposent cependant un profond amour de la vie qui leur
procure aussi de grandes joies. »
MY BEAUTIFUL BOY détrône le mythe
selon lequel l’addiction serait corrélée à la pauvreté et à la
précarité. Dede Gardner commente : « Il s’agit d’un phénomène
qui touche tout le monde sans distinction de revenus, et sans lien
avec l’amour que l’on reçoit ou notre niveau d’éducation. Je
ne connais personne qui ne soit pas affecté de près ou de loin par
le sujet. La raison pour laquelle il nous est si difficile de voir
tomber dans la drogue ce jeune homme issu d’une famille aisée et
pour qui ses proches sont prêts à tout, c’est que cela va à
l’encontre de nos idées toutes faites sur l’addiction. Ça a été
notre point de départ. »
Au lieu d’essayer de pointer du doigt
d’éventuels responsables de l’addiction de Nic, MY BEAUTIFUL BOY
pose un regard intime et lucide sur le combat de sa famille face à
un phénomène ravageur et croissant. Felix van Groeningen commente :
« Dans le passé – et parfois encore aujourd’hui – l’addiction
était considérée comme une faiblesse de caractère ou la
conséquence d’abus et de maltraitance. Les toxicomanes étaient
mis à l’écart. Nous avons cependant désormais pris conscience
que c’est quelque chose qui peut toucher n’importe qui, n’importe
où. »
DEUX BEST-SELLERS POUR UN FILM
David Sheff confie qu’il n’avait
pas prévu de publier Beautiful Boy. L’écriture était
initialement pour lui un moyen de faire face au chaos et à
l’incertitude auxquels il était confronté à cette période de sa
vie. Il se souvient : « Lorsque je n’arrivais pas à trouver le
sommeil, je me levais et j’écrivais. Quand je relisais par la
suite les notes que j’avais couchées sur le papier en plein milieu
de la nuit, la douleur insoutenable qui m’avait poussé à écrire
me revenait de plein fouet. »
Nic a quant à lui entamé l’écriture
de ses mémoires suite à une énième rechute. Après avoir été
prié de quitter un centre de désintoxication du Nouveau-Mexique, le
jeune homme a disparu sans donner de nouvelles à sa famille pendant
près de 18 mois. Il raconte : « Pendant longtemps, mon père et moi
ne nous sommes pas parlé. Je ne l’ai pas contacté par peur de le
décevoir une fois de plus. Mais après six mois de sobriété, j’ai
repris contact. Il se trouve qu’il avait lui aussi écrit durant
cette période. Il m’a demandé de lui envoyer mon livre et il m’a
fait parvenir le sien. »
David Sheff a été stupéfait par ce
qu’il a lu. Il confie : « J’en ai pleuré toutes les larmes de
mon corps. Je pensais savoir ce qu’il avait traversé, mais c’était
encore pire que tout ce que j’avais pu imaginer. »
Nic a lui aussi été abasourdi par le
point de vue de son père sur les événements, inconscient du chaos
qu’il avait provoqué au sein de sa propre famille. Il déclare : «
Pour la première fois, j’ai compris l’enfer que je lui avais
fait vivre, ainsi qu’aux miens. J’avais jusqu’alors toujours
pensé que si je mourais d’une overdose, ça me regardait et que
cela ne l’affecterait pas outre mesure, alors qu’en réalité mon
addiction avait des conséquences sur tous les aspects de sa vie. Il
souffrait constamment, et je l’ignorais. De son côté, il pensait
que je passais mon temps à faire la fête, mais il a découvert que
ce n’était pas le cas. Je souffrais aussi atrocement. »
Les deux hommes n’en sont pas revenus
de l’accueil élogieux qui a été réservé à leurs ouvrages et
du succès des ventes. Beautiful Boy et Tweak sont rapidement devenus
des best-sellers. David Sheff déclare : « Nous n’étions pas du
tout préparés à ça. Les gens ont été bouleversés par nos
livres parce qu’ils racontaient une histoire que personne n’avait
encore jamais racontée. Il n’existait jusqu’alors aucun récit
autobiographique sur l’addiction fait par un garçon de l’âge de
Nic. C’était puissant et inédit. Quant à ma version, elle
racontait le drame secret que vivent les familles. »
C’est l’idée d’adapter leurs
deux récits ensemble qui a convaincu les Sheff de céder les droits
de leurs ouvrages à Plan B. David Sheff commente : « Je savais que
faire fusionner nos deux livres serait compliqué. S’ils avaient
choisi de raconter l’histoire d’un seul point de vue, ça aurait
été beaucoup plus évident, mais j’ai tout de suite été séduit
à l’idée de cette narration en miroir qui reflète parfaitement
la nature de l’histoire, car il s’agit de deux visions très
différentes des mêmes événements. »
Le journaliste et écrivain rappelle
que l’addiction est encore largement incomprise, qu’il s’agit
d’une maladie souvent honteuse qui empêche les victimes de parler
de ce qu’elles vivent. Il espère donc que MY BEAUTIFUL BOY
contribuera à amorcer un dialogue plus que nécessaire sur le sujet.
Il déclare : « Nous condamnons les mauvais choix des toxicomanes,
nous jugeons leurs familles, nous nous jugeons nous-mêmes, si bien
que nous avons stigmatisé l’addiction. Le jugement est tellement
sévère que nous nous cachons, et ce faisant, nous avons le
sentiment d’être seuls. Tout le monde préfère se dire que c’est
quelque chose qui n’arrive qu’aux autres, mais il est en réalité
difficile de trouver une famille qui n’a pas été confrontée au
problème de l’addiction. »
UN ÉQUILIBRE DÉLICAT
Cela n’a pas empêché Nic et David
Sheff de ressentir une certaine appréhension lorsque MY BEAUTIFUL
BOY est entré en développement. Ils confiaient après tout le
combat le plus difficile et le plus personnel de leur vie à des gens
qu’ils venaient à peine de rencontrer. Nic Sheff confie : « Nous
ne voulions pas que ce que nous avions traversé soit banalisé ou
traduit sans authenticité. Tant de familles sont confrontées à ce
problème qu’il était essentiel pour nous que les thèmes de
l’accoutumance et de la guérison soient abordés avec subtilité,
complexité et réalisme. Mais en discutant avec Jeremy et Dede, nous
nous sommes sentis compris, nous savions qu’ils nous protégeraient
sans pour autant s’éloigner de la réalité. Ils tenaient à
raconter notre histoire correctement, sans aucun sensationnalisme. »
Son père ajoute : « Il était évident que nous étions entre les
mains de gens dignes de confiance qui traiteraient le sujet, nos
écrits et notre famille avec le plus grand respect. »
Après avoir envoyé ALABAMA MONROE à
la famille Sheff, les producteurs leur ont présenté Felix van
Groeningen afin qu’ils apprennent à connaître l’homme qui
allait raconter leur histoire. Et très vite, le cinéaste a obtenu
leur aval. Il se souvient : « Nous nous sommes immédiatement bien
entendus. Ils m’ont tout de suite accordé leur confiance, en
partie parce qu’ils avaient vu mes précédents films et qu’ils
pensaient que j’étais le candidat idéal pour raconter leur
histoire. Mais avec le temps, nous avons également noué de solides
liens personnels. »
Les précédents films de Felix van
Groeningen ont convaincu David Sheff qu’ils avaient affaire à un
grand artiste. Ce dernier déclare : « Nous étions très honorés
que Felix ait envie de faire ce film. » Les Sheff ont alors invité
le réalisateur chez eux à Inverness, en Californie, pour qu’il
puisse se faire une idée de leur vie. David Sheff se souvient : «
Il a passé des heures et des heures en notre compagnie, il a même
dormi dans notre cabanon. Nous nous sommes baladés sur la plage,
nous avons partagé de succulents repas, mais nous avons surtout
énormément parlé. Nous lui avons montré nos albums et nos films
de famille, et il nous a posé des millions de questions. »
Le journaliste et écrivain a très
vite su que le réalisateur ferait un film qui raconterait leur
expérience collective de manière authentique. Il commente : « La
volonté de Felix de raconter une histoire fidèle à la réalité
était palpable. Ce que j’ai tout de suite apprécié chez lui,
c’est sa détermination à montrer l’addiction dans toute sa
complexité. »
Tout ce temps passé auprès de la
famille Sheff a permis à Felix van Groeningen de comprendre encore
mieux la relation qui unissait le père et le fils, mais également
de tisser des liens durables avec les deux hommes. Il raconte : «
David et Nic ont tous les deux été incroyablement ouverts. Ils ont
fait preuve d’une remarquable sincérité, ils m’ont confié
leurs plus grandes terreurs et leur sentiment de honte. Nous n’avions
pas prévu de devenir amis, mais c’est ce qui s’est produit. Nous
sommes restés en contact après le tournage. Et lorsque je me suis
installé à Los Angeles l’année suivante, c’est Nic qui m’a
appris à surfer. »
Bien que Felix van Groeningen soit
l’auteur des scénarios très personnels et habilement construits
de la plupart de ses films, son emploi du temps très chargé ne lui
permettait pas d’écrire MY BEAUTIFUL BOY dans les délais
souhaités par la production. Dede Gardner déclare : « Je pense
qu’il ne pouvait pas imaginer mettre en scène un film qu’il
n’aurait pas également écrit, c’est pourquoi nous lui avons
demandé s’il était envisageable pour lui que nous fassions appel
à un scénariste avec lequel il pourrait ensuite collaborer pour
façonner le film à son image, comme le font tous les réalisateurs.
»
Luke Davies, nommé aux Oscars pour le
scénario de LION, a rencontré les producteurs de MY BEAUTIFUL BOY
en 2014 afin de leur exposer sa vision de l’adaptation des livres
de David et Nic Sheff. Après avoir lui-même survécu à près de
dix ans de consommation d’héroïne, il a écrit Candy, un roman
qui raconte l’intense histoire d’amour de deux toxicomanes, qu’il
a ensuite adapté pour le cinéma avec le coscénariste et
réalisateur Neil Armfield en 2006 pour les acteurs Heath Ledger et
Abbie Cornish.
Luke Davies déclare : « Je n’avais
pas très envie de me repencher sur le sujet de l’addiction, mais
j’ai pris conscience que je n’avais jamais vraiment réfléchi à
la manière dont mes problèmes avaient affecté mon père. À
certains égards, ce projet m’a permis de me rapprocher de lui et
de mieux comprendre ce qu’il avait dû ressentir durant toutes ces
années. Et cela a complètement modifié mon attitude. »
Le scénariste et le réalisateur se
sont rencontrés pour la première fois en Australie, le pays natal
de Luke Davies, pour discuter des récits de David et Nic Sheff. Plus
tard, entre des sessions de travail à Paris, ils ont rejoint Plan B
à Los Angeles afin de fusionner les points de vue du père et du
fils – un processus long et difficile. Luke Davies se souvient : «
Les livres sont complémentaires dans le sens où ils nous permettent
de voir ce qui se passe dans l’esprit délirant de Nic tandis que
David traverse des moments très durs. Toute la difficulté a
consisté à harmoniser leurs expériences sur le plan émotionnel,
car nous ne voulions pas donner l’impression d’avoir affaire à
deux films différents en passant constamment d’un point de vue à
l’autre. »
Associer les points de vue de David et
Nic Sheff n’a rien eu d’évident, mais ça a aussi été l’un
des aspects les plus intéressants du projet pour Felix van
Groeningen. Il explique : « Par moments, nous avons choisi de faire
disparaître l’un des deux personnages de manière à pouvoir nous
immerger complètement dans la vie de l’autre. Le fait de n’en
suivre qu’un permet de mieux le comprendre. On découvre par
exemple comment et pourquoi Nic replonge, et forts de cette
information, on retrouve David pour voir comment cela l’affecte, et
ainsi de suite. »
Chaque cycle de désintoxication et de
rechute modifie la perception que David et Nic ont d’eux-mêmes,
mais également l’un de l’autre. Le réalisateur poursuit : « Il
était important que les personnages du film suivent leur propre arc
dramatique. Dans son livre, David raconte les évènements avec du
recul alors que le film se doit de raconter ce qui se passe au moment
où cela se produit. Trouver l’équilibre entre ces deux éléments
et les juxtaposer était crucial. »
Felix van Groeningen et Luke Davies
sont parvenus à écrire un scénario qui raconte l’expérience
profondément émouvante qu’ont vécue le père et le fils sans
émettre le moindre jugement à l’encontre de l’un ou de l’autre.
Le scénariste commente : « Écrire avec Felix a été à la fois
chaotique et merveilleux. À chaque fois que quelque chose ne
fonctionnait pas, nous revenions à la chronologie et recommencions
au début. Une fois la structure de l’histoire définie, Felix a
mis la dernière main au scénario en lui imposant sa patte. »
L’épreuve traversée par les Sheff
est loin d’être isolée dans l’Amérique d’aujourd’hui, mais
Luke Davies est convaincu que leur histoire trouvera également écho
chez tous les parents, quand bien même n’ont-ils pas été
confrontés à l’addiction. Il déclare : « Élever un enfant est
un élément fondamental de l’expérience humaine. Lorsqu’il
atteint l’âge adulte, ses parents doivent lâcher prise et le
laisser se débrouiller seul. À cet égard, cette histoire est
remplie de joies et de peines communes à tous les parents. »
MY BEAUTIFUL BOY amplifie cependant
certaines de ces peines, comme l’explique le scénariste : « Cette
épreuve oblige David à s’interroger sur ses qualités de père et
sur sa capacité à protéger son fils contre les monstres que sont
ces forces addictives qui tiraillent Nic. Quelque part, il s’agit
donc du combat d’un père et de son fils contre un ennemi
apparemment invincible. »
UN PÈRE ET SON FILS
Dès la phase de développement du
projet, les cinéastes ont pris conscience que l’un des plus grands
défis consisterait à trouver des acteurs dotés d’une intensité
équivalente pour interpréter les rôles principaux du film. Ils ont
donc fait appel à un duo d’acteurs nommés aux Oscars qui ont
tracé leur propre chemin pour s’imposer parmi les artistes les
plus polyvalents d’Hollywood.
Timothée Chalamet, qui incarne Nic,
s’est affranchi des rôles de fils, de frère ou de petit ami
conventionnels lorsqu’il a pris part à CALL ME BY YOUR NAME de
Luca Guadagnino, dans lequel il livrait une performance inoubliable.
Il confère à son personnage une sensibilité, une intelligence et
une audace teintée d’insouciance qui n’aliènent jamais les
spectateurs.
David Sheff est quant à lui incarné
par Steve Carell, qui livre une interprétation empreinte de gravité
autant que de désespoir et de fureur. L’acteur, qui s’est fait
connaître grâce à ses talents comiques dans les populaires 40 ANS,
TOUJOURS PUCEAU et « The Office », s’est récemment distingué
dans les rôles principaux de prestigieux drames tels que FOXCATCHER
et THE BIG SHORT : LE CASSE DU SIÈCLE.
Lorsqu’il a fallu attribuer les rôles
du film, Felix van Groeningen a demandé à Dede Gardner et Jeremy
Kleiner, qui avaient travaillé avec Steve Carell sur THE BIG SHORT :
LE CASSE DU SIÈCLE, s’ils pensaient pouvoir convaincre l’acteur
d’interpréter David. Un choix qu’ils ont immédiatement validé,
comme l’explique Jeremy Kleiner : « Le personnage était taillé
sur mesure pour Steve. David est un homme dévoué à sa famille et
Steve est l’incarnation même de la figure paternelle. Il est tout
simplement grandiose dans le film. Il est capable d’exprimer toute
la gamme des émotions humaines avec très peu de dialogue. »
L’acteur confie avoir hésité avant
d’accepter le rôle. Il explique : « Ma plus grande peur était
que le film aborde le thème de l’addiction de manière très
hollywoodienne et qu’il ne raconte pas vraiment les faits avec
sincérité. Mais le scénario de MY BEAUTIFUL BOY m’a fait l’effet
d’une claque : il n’y avait ni héros ni méchant, simplement la
vie telle que nous la connaissons. »
Steve Carell appréhendait un peu sa
rencontre avec David Sheff en amont du tournage, craignant qu’une
gêne ne s’installe entre eux. L’acteur explique : « Je ne
voulais pas lui donner l’impression qu’il était une sorte de
projet scientifique en le bombardant de questions, mais en même
temps je tenais à comprendre qui il était et ce qu’il avait
traversé. De l’extérieur, les Sheff semblaient être une famille
qui, sans être parfaite, était cependant très heureuse et dont
tous les membres étaient bien intentionnés, y compris Nic. »
David Sheff a pour sa part été
quelque peu désorienté par le tournage de ce film basé sur sa vie,
et voir Steve Carell l’interpréter à l’écran a rendu la
situation encore plus étrange. Il commente : « Steve est un comique
de génie qui a aussi été récemment salué pour ses rôles dans
des drames tels que FOXCATCHER et THE BIG SHORT : LE CASSE DU SIÈCLE,
que j’ai adoré. J’étais donc très honoré qu’il souhaite
prendre part au film. »
Felix van Groeningen déclare : «
Steve sait ce qu’il veut mais c’est aussi un collaborateur rêvé
pour tout cinéaste. C’était la première fois que je dirigeais un
film dans une langue différente de la mienne et interprété par une
célèbre star de cinéma. C’était intimidant, mais Steve s’est
montré très ouvert. »
L’acteur avait entendu dire que Felix
van Groeningen possédait une très grande intelligence émotionnelle,
ce que leur première rencontre a confirmé. Il confie : « Felix a
de la douceur et de la force en lui. Comme moi, il ne voulait pas
suivre la voie de la facilité. Il avait une vision très claire de
ce qu’il désirait faire, en particulier avec les personnages de
David et Nic. Tout ce qu’il fait est marqué par l’honnêteté. »
Sur le tournage, Steve Carell a été
émerveillé par les images qu’il a découvertes en regardant les
rushs. Il explique : « Felix possède un talent indéniable pour
raconter des histoires sur le plan visuel. Il a imaginé de
magnifiques plans tout en jouant avec les notions de métaphore et
d’ironie dans sa manière de filmer. Il ne se contente jamais de
placer la caméra et d’enregistrer des dialogues, il cherche
toujours à donner davantage d’épaisseur à une scène, que ce
soit en termes de cadrage ou d’éclairage. »
L’acteur poursuit : « MY BEAUTIFUL
BOY soulève beaucoup de questions importantes, sans pour autant
essayer de répondre à chacune d’entre elles. Il s’agit avant
tout de l’histoire ultra réaliste d’un père et de son fils
confrontés à une terrible épreuve qu’ils tentent de surmonter
ensemble, une histoire qui raconte l’urgence presque viscérale
ressentie par David en raison de l’amour sans bornes qu’il porte
à sa famille. Il ne demande pas mieux que de prendre soin de ses
proches. Et la vulnérabilité physique et émotionnelle de Timothée
m’a été d’une aide précieuse pour parvenir à exprimer cette
urgence. »
Steve Carell a rencontré son jeune
partenaire pour la première fois lors de leur lecture commune avec
Felix van Groeningen. Il se souvient : « Lorsqu’il a quitté la
pièce, nous nous sommes tous regardés en hochant la tête. J’ai
immédiatement senti que le courant passait entre nous. Timothée est
un garçon adorable et très ouvert, tout comme son personnage. Même
au plus bas, quand il est totalement perdu et intoxiqué, le
merveilleux petit garçon qu’était Nic continue à transparaître.
Timothée a su entretenir cette petite flamme en lui, c’est un
acteur lumineux. »
Timothée Chalamet a retenu l’attention
de Dede Gardner lorsqu’elle l’a vu jouer sur scène à New York.
À seulement 22 ans, il est déjà l’un des acteurs phares de sa
génération grâce à ses rôles dans des films tels que LADY BIRD,
INTERSTELLAR et le remake des QUATRE FILLES DU DOCTEUR MARCH, aux
côtés de Meryl Streep, dont la sortie est prévue en 2020. La
productrice déclare : « Timothée est un jeune homme extraordinaire
et incroyablement talentueux. C’est également une vieille âme, il
a vécu beaucoup de choses malgré son jeune âge. Et je pense que
c’est aussi vrai de Nic. »
C’est Dede Gardner qui a suggéré à
ses partenaires d’auditionner le jeune homme pour le rôle de Nic.
Felix van Groeningen se souvient : « Face à Steve, Timothée a été
d’une justesse absolue. Lorsqu’ils ont eu fini leur lecture, il
ne subsistait pas l’ombre d’un doute dans mon esprit : il avait
la capacité d’incarner cet adorable adolescent proche de son père,
mais également son double diabolique sous l’emprise de la drogue.
Sur le plan émotionnel, on lit en Timothée comme dans un livre
ouvert. Il se met à nu et il est tellement présent et vrai qu’il
est impossible de ne pas s’attacher à lui. »
À l’image de Nic, le jeune acteur
parvient à être tout à la fois cet adorable garçon que David aime
tant et veut protéger, et un jeune homme hors de contrôle, le tout
sans perdre la sympathie des spectateurs. Le réalisateur commente :
« Timothée a saisi l’essence de Nic. Il a fait du personnage
quelqu’un que l’on aime tellement qu’on ne peut s’empêcher
d’avoir peur pour lui. Ce qui rend sa descente aux enfers
particulièrement triste et douloureuse à regarder, c’est qu’il
est suffisamment lucide pour savoir ce qu’il fait. Il est
prisonnier des drogues et de la situation dans laquelle il se
retrouve. Dans son livre, Nic décrit très bien le cycle de la honte
qui se met en place : on rechute, on se sent coupable donc on
consomme plus de drogue ; on arrive à court d’argent alors on vole
; et on prend encore plus de drogue pour oublier toutes ces choses
horribles qu’on a faites. Timothée a compris cela dès le début.
»
L’acteur confie s’être référé à
Tweak tout au long du tournage. Il déclare : « Le livre dresse un
portrait à la première personne déchirant, incisif et instantané.
Phrase par phrase, page par page, il livre une description très
détaillée de ce que Nic a traversé et des affres de la dépendance.
Ce que j’en ai compris, c’est que dans ces cas-là, on n’est
plus vraiment soi-même. C’est un peu comme s’il y avait deux
Nic. »
Timothée Chalamet évoque avec une
pointe d’humour les « super-pouvoirs » de Felix van Groeningen,
capable de comprendre les moindres nuances du comportement humain
comme personne. Il observe : « Il a tout simplement un don pour ce
genre de choses. Ses remarques pendant le tournage étaient toujours
d’une pertinence extraordinaire, elles témoignaient
systématiquement d’une profonde réflexion et d’une
compréhension parfaite de la complexité des mécanismes émotionnels
à l’œuvre dans MY BEAUTIFUL BOY. »
Nic Sheff se souvient de sa rencontre
avec l’acteur avant le début du tournage. « Timothée était doux
et sensible mais également anxieux lors de notre première
rencontre. Il s’est montré très respectueux et tenait à raconter
l’histoire de la manière la plus juste et sincère possible. Il
m’a posé plein de questions judicieuses, en particulier concernant
la consommation de drogue. »
L’acteur confie que sa plus grande
peur était que les Sheff voient le film et ne le trouvent pas à la
hauteur. Mais à en croire David Sheff, c’est tout le contraire qui
s’est produit : « C’est très étrange de le voir dans le rôle
tant son apparence et sa manière de se déplacer rappellent celles
de Nic à cette période. Au lieu de s’asseoir normalement dans le
canapé, il sautait par-dessus le dossier exactement comme Nic avait
l’habitude de le faire. »
La comparaison des versions de
l’histoire exposées dans les livres de David et Nic Sheff a été
particulièrement révélatrice pour Timothée Chalamet, qui déclare
: « Ce que Nic raconte dans Tweak a en réalité très peu à voir
avec la souffrance familiale décrite par David dans Beautiful Boy.
Il raconte ses propres expériences. Il ne pense qu’à ce qui se
trouve sous ses yeux et à sa prochaine dose. C’est un récit ancré
dans le présent et très intime qui ne prend pas en compte l’effet
dévastateur de son addiction sur ses proches. »
L’AMOUR DE DEUX MÈRES
Dede Gardner déclare : « Puisqu’il
s’agit principalement de l’histoire de David et Nic, il aurait
été facile de réduire la mère et la belle-mère du jeune homme à
des clichés, avec d’un côté la femme d’affaires et de l’autre
l’artiste. Mais ce sont en réalité toutes les deux de très
bonnes mères, quoique différentes, et leur rôle est essentiel dans
l’histoire. »
Dans le rôle de Karen Barbour, la
belle-mère de Nic et l’épouse de David, Maura Tierney exprime une
force discrète mais indéniable, ainsi qu’une profonde affection
pour Nic. Jeremy Kleiner confie : « Maura livre une magnifique
interprétation de Karen. Le lien profond qui l’unit à Nic est
évident. Mais lorsque le comportement de ce dernier dépasse les
bornes, elle se sent bafouée et cherche à protéger ses propres
enfants, les petits Jasper et Daisy. »
L’actrice, lauréate d’un Golden
Globe pour le rôle d’Helen Solloway dans « The Affair », a
particulièrement aimé la manière dont le scénario aborde un sujet
grave par le biais d’une histoire universellement accessible. Elle
explique : « Je pense que l’addiction est liée au sentiment
d’être jugé ou de se sentir invisible. Les gens consomment de la
drogue pour ne plus avoir à se soucier de ce que pensent les autres.
Au début, Nic semble seulement avoir fait fausse route et David et
Karen prennent immédiatement le problème à bras-le-corps. Mais les
choses ne sont pas toujours ce qu’on aimerait qu’elles soient. »
Sa rencontre avec la vraie Karen
Barbour a permis à Maura Tierney de voir en son personnage davantage
que la simple figure de la belle-mère. Elle commente : « Elle
entretient une relation spéciale avec Nic. Karen est une artiste
reconnue et ensemble, ils aimaient peindre et dessiner, mais aussi
parler français et faire des jeux de mots. Elle avait, et a
toujours, des liens affectifs très forts avec lui. »
L’actrice a pris beaucoup de plaisir
à travailler avec Felix van Groeningen. Elle déclare : « J’ai
toute confiance en Felix. Je n’ai eu aucun problème à suivre ses
directions de jeu, ce qui n’est pas toujours le cas. Je pense que
cela tient au fait qu’il a une vision très particulière qui
laisse toute sa place à l’inattendu et à l’imprévu. »
Vicki, la première femme de David et
la mère biologique de Nic, est interprétée par Amy Ryan. Vicki
s’est remariée et vit à Los Angeles, où Nic passait toutes ses
vacances quand il était petit. Lorsqu’elle apprend que son fils a
un sérieux problème avec la drogue, Vicki tombe des nues. Jeremy
Kleiner déclare : « À l’instar de Karen, elle est un roc pour
Nic. C’est elle qui prend le relais lorsque David est incapable de
continuer. »
Amy Ryan a tout de suite compris le
dilemme auquel sont confrontés Vicki, David et Karen : sont-ils
responsables de l’addiction de Nic ? Et comment peuvent-ils l’aider
? L’actrice, nommée à l’Oscar et au Golden Globe du meilleur
second rôle pour GONE BABY GONE, commente : « En tant que parent,
on s’interroge forcément pour savoir si on n’aurait pas pu faire
différemment. Chacun des trois parents se pose cette question. Il
leur arrive de ne pas être d’accord sur ce qui sera le mieux pour
Nic, mais le plus important c’est qu’ils sont là pour lui. »
Comme ses partenaires, Amy Ryan confie
avoir le plus grand respect pour Felix van Groeningen. Elle explique
: « Il sait généralement exactement ce qu’il veut et dans les
rares occasions où il hésite, on voit son mécanisme de réflexion
à l’œuvre. Les autres réalisateurs pensent être obligés
d’avoir réponse à tout et se cachent derrière une façade faite
de fausse assurance et d’autorité alors qu’avec Felix, il s’agit
d’un processus collectif qui bénéficie à tous, on a envie de
trouver des solutions avec lui. »
Elle poursuit : « Felix est un auteur,
un vrai ; il fait des films magnifiques et remplis de poésie. La
manière dont il tourne, les tableaux qu’il peint et la manière
dont es personnages évoluent dans leur univers diffèrent des autres
œuvres cinématographiques. Et puis tous ses films délivrent un
message d’espoir. »
L’actrice était également très
enthousiaste à l’idée de retravailler avec Steve Carell, avec qui
elle a formé un couple dans « The Office ». Leur première scène
commune dans MY BEAUTIFUL BOY intervient assez tard dans le film. Nic
a fait une overdose et ses parents retombent immédiatement dans des
schémas douloureusement familiers. Amy Ryan raconte : « Il s’agit
d’une scène poignante mais lorsqu’on s’est vus, Steve et moi
n’avons pas pu nous retenir de rire. Je pense que Felix n’a pas
bien compris ce qui nous prenait ! »
LA MUSIQUE
Les pages de Beautiful Boy sont
jalonnées de références au lien profond qui unit Nic et David à
travers la musique, qu’il s’agisse de rock classique, de punk ou
de grunge. Felix van Groeningen s’est donc attelé à la création
d’une bande originale éclectique et personnelle. Il a d’abord
pensé faire appel à un compositeur pour écrire la musique
originale du film, avant d’opter pour une approche moins
conventionnelle. À la suggestion du monteur Nico Leunen, le
réalisateur a en effet décidé de créer une bande originale
entièrement composée de morceaux existants, y compris les chansons
qui revêtent une signification particulière pour les Sheff.
Le cinéaste déclare : « J’avais
évidemment prévu d’inclure certains des titres mentionnés par
Nic et David dans leurs livres. Le titre du film, MY BEAUTIFUL BOY,
est d’ailleurs celui d’une chanson de John Lennon qui revêt une
importance singulière aux yeux de David parce qu’il a interviewé
le chanteur au début de sa carrière. »
David Sheff admet être « quelque peu
obsédé » par la musique, en particulier celle du film. Il confie :
« La musique choisie par Felix est extraordinaire. Il a utilisé la
chanson de John Lennon de manière très subtile : Steve, qui joue
mon personnage, est en train de la chanter à son fils, et petit à
petit John Lennon prend le relais. C’est tout simplement magnifique
et très touchant. »
Parmi les souvenirs musicaux préférés
de David Sheff figure le moment où Nic et lui étaient en voiture et
que « Territorial Pissing » de Nirvana est passé à la radio. Il
se souvient : « Nic a grandi avec Nirvana, et c’était la première
fois qu’il m’apprenait quelque chose en matière de musique. Dans
le film, Timothée secoue la tête dans tous les sens tandis que
Steve le regarde avec affection en profitant de ce moment. C’est
très beau à voir, et puis cette chanson est très éloquente, elle
en dit long sur la colère et la violence que Nic ressentait à cette
époque. »
Le réalisateur confie que trouver les
bonnes chansons, obtenir l’autorisation de les utiliser, les monter
sur la bonne durée et les intégrer à la trame narrative a demandé
beaucoup de travail, mais qu’il ne peut imaginer le film sans
elles. « Certains de ces titres font partie de ceux que David ne
peut plus écouter aujourd’hui. Dans son livre, il conseille
d’ailleurs aux parents de toxicomanes de faire attention à ces
morceaux parce qu’ils ne manqueront pas de les faire pleurer. »
La bande originale de MY BEAUTIFUL BOY
réunit des légendes du rock telles que John Lennon et Neil Young
ainsi que des artistes alternatifs comme le groupe de rock
d'avant-garde islandais Sigur Rós. Felix van Groeningen commente : «
J’aime l’éclectisme des chansons que nous avons sélectionnées
parce qu’il reflète les goûts variés de David et Nic. «
Svefn-g-englar » de Sigur Rós, avec ses sonorités indie pop et son
ambiance mystique et planante, fonctionne à merveille dans le film.
Le titre atteint son paroxysme au moment où Nic se shoote, on
réalise alors qu’il vient de rechuter massivement, ce qui est
exactement l’inverse de ce à quoi l’on s’attendait. La musique
ne nous prépare pas du tout à ça, ce qui rend ce moment encore
plus bouleversant. »
UN TRIO D’EXPÉRIENCE
Pour l’aider à réaliser son premier
film en anglais, Felix van Groeningen a fait appel à deux de ses
collaborateurs de longue date : le directeur de la photographie Ruben
Impens, qui a pris part à ses cinq précédents longs métrages,
dont les films primés ALABAMA MONROE et BELGICA ; et le chef monteur
Nico Leunen, qui collabore lui aussi pour la cinquième fois avec le
réalisateur.
Ruben Impens et Nico Leunen se sont
rendus aux États-Unis avant le début du tournage afin d’assister
aux deux semaines de répétitions avec le réalisateur et les
acteurs. Felix van Groeningen confie : « Je sais qu’il n’entre
pas dans les habitudes de répéter aux États-Unis, mais c’est
très important pour moi. Je veux avoir le temps d’explorer
plusieurs options avec les acteurs pendant que nous apprenons à nous
connaître. J’aime essayer différentes choses mais une fois sur le
tournage, le temps nous est compté et c’est plus difficile. Il est
donc crucial de s’accorder ce temps en amont. »
La présence du directeur de la
photographie a également permis au cinéaste de commencer à définir
les mouvements des acteurs et de la caméra avant le tournage. Il est
même arrivé que Ruben Impens filme les répétitions, de manière à
ce que le réalisateur puisse évaluer une scène avant de la
finaliser. Felix van Groeningen déclare : « Ruben a joué un rôle
essentiel sur tous les films que nous avons tournés ensemble. Nous
nous connaissons tellement bien que nous n’avons même pas besoin
de nous parler pour nous comprendre. Il n’est pas seulement
question du cadrage pour nous, nous prenons en compte l’histoire,
les personnages, l’atmosphère et les décors. »
Il ajoute : « Ce qui fonctionne pour
Ruben et moi, c’est de conserver une certaine souplesse. Quand on
commence un nouveau film, on aspire toujours à faire quelque chose
de différent. On essaie simplement de ne pas prendre toutes les
décisions dès le début. Petit à petit, on se met d’accord sur
un format d’image, sur la caméra avec laquelle nous allons tourner
et sur la manière dont on va la manier. Rien n’est jamais gravé
dans la pierre. »
Dans ses films, Felix van Groeningen
prend depuis longtemps plaisir à jouer sur la notion de temps. Mais
si MY BEAUTIFUL BOY comprend de nombreux flashbacks qui mettent en
scène une période heureuse de la vie de Nic, avant qu’il ne tombe
dans la drogue, l’histoire est racontée de manière relativement
linéaire en comparaison de certains de ses précédents films. Le
réalisateur explique : « Nous jouons sur la notion de temps au
début du film de manière à capter l’attention des spectateurs
avant de plonger dans le vif du sujet. Les flashbacks, quant à eux,
sont là pour nous montrer ce que la famille Sheff a perdu ou est sur
le point de perdre. »
Nico Leunen considère la non-linéarité
temporelle comme une constante de l’œuvre de Felix van Groeningen.
Il déclare : « Felix et moi avons pour habitude de décomposer
l’histoire et de la recomposer comme si les images n’étaient que
de simples ingrédients bruts. Nous travaillons de cette manière
depuis notre premier film. Je me fie toujours à ma conviction que ça
finira forcément par avoir du sens ! »
La structure narrative de MY BEAUTIFUL
BOY est inspirée de la manière dont fonctionne la mémoire. Le chef
monteur explique : « À chaque tournant de notre vie, nous nous
demandons comment nous en sommes arrivés là. C’est une réaction
tout ce qu’il y a de plus naturelle, et c’est la raison pour
laquelle les spectateurs répondent si bien à ce genre de structure
narrative. Mais pour que cela fonctionne, il y a un secret : ces
va-et-vient temporels doivent suivre une logique émotionnelle. Toute
la difficulté ici a été de trouver l’équilibre entre les
personnages de David et Nic, c’était très important car il s’agit
de leur histoire à tous les deux. »
La collaboration de Felix van
Groeningen, Ruben Impens et Nico Leunen a été une révélation pour
la productrice Dede Gardner, qui explique : « Ils se connaissent
parfaitement et savent comment travailler ensemble pour créer
quelque chose d’unique, c’est une force qui vient de leur
histoire commune. »
UN MESSAGE D’ESPOIR
À eux deux, Beautiful Boy et Tweak
couvrent une période d’environ huit ans au cours de laquelle Nic
Sheff a été admis dans 7 centres de désintoxication et a fait 13
rechutes. Tandis que ces livres posent un regard lucide sur
l’incertitude et la souffrance endurées par les familles comme
celle des Sheff, ils dressent également un portrait bienveillant et
optimiste d’un père et de son fils unis par un amour
inconditionnel qui transcende les obstacles s’élevant sur leur
chemin. Et l’équipe de MY BEAUTIFUL BOY a délibérément choisi
de se concentrer sur ce dernier aspect.
Jeremy Kleiner commente : «
L’addiction est le sujet central du film, mais au-delà de cela, on
est captivé par la relation, certes conflictuelle, mais pleine
d’amour entre un père et son fils. L’histoire est aussi
poignante qu’elle est porteuse d’espoir et source d’inspiration.
Elle définit un idéal parental qui consiste à ne jamais baisser
les bras face à l’adversité. Dans le rôle de David, Steve Carell
incarne le genre de père que nous rêverions tous d’être, car il
est facile d’aimer quand tout va bien, mais ça l’est beaucoup
moins quand votre enfant succombe à l’addiction. »
Nic Sheff, qui continue à écrire et
apporte son soutien aux familles confrontées à l’addiction,
confie que malgré le fait que MY BEAUTIFUL BOY soit fidèle à son
récit et à celui de son père, il lui a permis de poser un regard
nouveau sur sa propre expérience. Il explique : « Le film m’a
permis de revivre mon passé et de découvrir certains événements
sous un jour inédit. Plan B, Amazon et Felix nous ont permis, à ma
famille et à moi, de mesurer le chemin parcouru. Au-delà de son
caractère artistique, il m’a rappelé combien j’avais de la
chance d’être en vie et en bonne santé. »
Il ajoute : « J’ai été surpris par
la justesse et le réalisme du film. Il ne met pas en scène des gens
qui veulent se droguer parce que c’est ‘fun’. C’est un acte
engendré par la souffrance et je pense que c’est important de le
montrer. J’espère que les spectateurs comprendront les mécanismes
qui m’ont amené, moi et beaucoup d’autres, à consommer de la
drogue. J’espère aussi que les toxicomanes prendront conscience
qu’ils ne sont pas seuls et qu’on peut s’en sortir. »
David Sheff milite lui aussi auprès de
groupes et de particuliers qu’il informe sur la maladie qu’est
l’addiction, les traitements qui existent et la possibilité d’en
guérir. Il déclare : « Jusqu’à 150 personnes meurent chaque
jour d’une overdose. La seule manière de remédier à ce problème
est de reconnaître l’addiction comme une maladie. Beaucoup de gens
pensent encore qu’il s’agit d’un choix, mais personne ne
choisit de devenir dépendant. »
À l’occasion de ses interventions
dans des écoles, des centres communautaires ou des hôpitaux, David
Sheff rencontre de très nombreuses familles dont les enfants ne s’en
sont pas sortis. Il raconte : « C’est souvent la même histoire :
après s’être vu prescrire de puissants analgésiques type Vicodin
ou OxyContin suite à une fracture de la jambe par exemple, ces
jeunes se sont mis à consommer de l’héroïne et ont fait une
overdose dont ils sont morts. J’ai conscience de la chance qui est
la mienne d’avoir encore mon fils à mes côtés. »
Textes des notes de production @ Pascale & Gilles Legardinier
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