lundi 13 juin 2016

AVANT TOI


Drame/Romance/Un joli film sur la vie éclairé par deux charmants acteurs

Réalisé par Thea Sharrock
Avec Emilia Clarke, Sam Claflin, Janet McTeer, Charles Dance, Brendan Coyle, Jenna Coleman, Matthew Lewis, Vanessa Kirby...

Long-métrage Américain
Titre original : Me Before You
Durée: 01h50mn
Année de production: 2016
Distributeur: Warner Bros. France 

Date de sortie sur les écrans américains : 3 juin 2016
Date de sortie sur nos écrans : 22 juin 2016 


Résumé : Une charmante petite ville de l'Angleterre rurale. Si elle est originale et artiste dans l'âme, Louisa "Lou" Clark, 26 ans, n'a aucune ambition particulière. Elle se contente d'enchaîner les boulots pour permettre à ses proches de joindre les deux bouts.

Jeune et riche banquier, Will Traynor était un garçon plein d'audace et d'optimisme jusqu'à ce qu'il se retrouve paralysé, suite à un accident survenu deux ans plus tôt. Devenu cynique, il a renoncé à tout et n'est plus que l'ombre de lui-même.

Autant dire que ces deux-là auraient pu ne jamais se rencontrer. Mais lorsque Lou accepte de travailler comme aide-soignante auprès de Will, elle est bien décidée à lui redonner goût à la vie. Et peu à peu, les deux jeunes gens s'éprennent passionnément l'un de l'autre. La force de leur amour pourra-t-elle survivre à leur destin qui semble inexorable ?

Bande annonce (VOSTFR)


Ce que j'en ai pensé : AVANT TOI est l'adaptation du roman éponyme écrit par Jojo Moyes.


Et c'est une bonne surprise. La réalisatrice, Thea Sharrock, réussit à aborder aussi bien les aspects légers que les aspects dramatiques de façon à rendre son film fluide et agréable à regarder. Sa mise en scène autour des couleurs chatoyantes est une jolie métaphore de l'optimisme de Louisa, l’héroïne. J'ai trouvé sa réalisation très claire. Elle respecte ses personnages et nous fait comprendre les environnements dans lesquels ils vivent rapidement et intelligemment. Certains moments sont très intenses émotionnellement, mais la philosophie de ce long-métrage tend heureusement vers la célébration de la vie, ce qui est bien agréable.
Je me suis immédiatement attachée au personnage de Louisa Clark, interprétée avec une formidable fraîcheur et humilité par Emilia Clarke. A partir de là, comme je me suis souciée de ce qui pouvait lui arriver, l'histoire prend tout son sens et j'ai suivi le film avec beaucoup de plaisir. J'ai été très touchée par la rencontre des deux héros car leur relation leur permet d'évoluer dans le bon sens.
Certes le scénario n'est pas hyper original et ne sort pas réellement des sentiers battus sur ce genre de thème. Cependant la construction de la relation entre les deux personnages principaux et surtout la très difficile thématique sur le choix de vivre ou mourir sont abordées avec élégance.
J'ai beaucoup apprécié les deux jeunes acteurs principaux. Emilia Clarke, dans le rôle de Louisa, éclaire le film de ses sourires et de ses sentiments toujours à fleur de peau.




Face à elle, Sam Claflin est attachant dans le rôle de William Traynor. Il nous fait comprendre la souffrance de son protagoniste et sait donner plus d'une dimension à William.




AVANT TOI est un joli film, tout simple mais très bien fait, sur la vie. Il met les larmes aux yeux et donne du baume au cœur. La romance comme le drame sont éclairés par les deux très bons acteurs principaux. AVANT TOI répond parfaitement à ce qu'on en attend et c'est pourquoi je vous le conseille. 


NOTES DE PRODUCTION 
(A ne lire qu'après avoir vu le film pour éviter les spoilers !)

Vivez intensément

"On n'a qu'une vie. Notre devoir est de la vivre le plus intensément possible", lance Will Traynor dans AVANT TOI. Son conseil s’adresse à l’exubérante Louisa "Lou" Clark, son aide-soignante de 26 ans qui semble avoir pris ses marques au travail et qui déclare être heureuse dans la petite ville d’Angleterre au charme désuet où ils ont grandi tous les deux. Mais Will, qui n’a que 31 ans, sait de quoi il parle… et peut-être même mieux que quiconque.
"Pour le dire simplement, il s'agit d'une histoire sur la puissance de l’amour et sa capacité à vous transformer", résume la réalisatrice Thea Sharrock. "Tout sépare les deux protagonistes : ils viennent de deux milieux très différents et n’auraient jamais dû se rencontrer. Et c’est ainsi que le conte de fées commence".
Jojo Moyes, auteur du best-seller dont est tirée cette histoire d'amour exemplaire, a adapté son roman pour le grand écran. "C’est une histoire à la fois simple et complexe", poursuit la réalisatrice. "Dans le scénario et dans le livre, Jojo réussit à rendre accessibles les situations les plus denses et chargées en émotion, alors que les deux personnages apprennent à se connaître et s'engagent dans un périple qui les transformera à jamais".
"Voir cette histoire passer du livre à l’écran est un peu comme un rêve qui se réalise", avance Jojo Moyes. "Grâce au jeu des comédiens et à la magnifique direction d'acteurs de Théa, je peux vous dire que les gens qui verront ce film retrouveront la même intrigue et les mêmes personnages, mais qu'ils en retireront aussi quelque chose d'autre, d'un peu différent. Les spectateurs projettent leur propre vécu, leurs espoirs et leurs craintes, et à mon avis, ils seront transportés dans l'univers de Lou et de Will".
"Cela fait longtemps que Jojo porte en elle ces personnages, et notamment Lou. Je tenais donc vraiment à ce que nous trouvions le ton juste", ajoute Thea Sharrock.
"Les mises en scène de théâtre ont fait de Thea une artiste très respectée au Royaume-Uni et j’avais également vu son travail pour la télévision dans la plus pure tradition britannique. Du coup, quand je l’ai rencontrée, je m’attendais à une femme qui ait l'air vraiment 'British' ", se souvient la productrice Karen Rosenfelt, avec un sourire. "Au lieu de ça, elle s’est enfoncée dans un gros fauteuil rembourré, les jambes par-dessus l'accoudoir, et on a passé plus d’une heure à aborder toutes sortes de sujets, le cinéma, en passant par le théâtre et la littérature. Puis, on a parlé du projet et les choses ont suivi leur cours. J’ai aimé son humanité et son raffinement non dénué de simplicité, et surtout elle correspondait parfaitement à mes attentes pour cette histoire".
Autrefois, l’univers de Will était sans limites : il n'aspirait qu'aux sensations fortes et cela fait désormais deux ans qu’il vit en reclus. Depuis que son corps l'a lâché à cause d’une blessure à la moelle épinière, il habite – l'usage du mot "vivre" lui étant insupportable – dans la maison de campagne de ses parents. De son côté, Lou n’a presque jamais quitté sa petite ville de province et le simple fait de se rendre sur le vaste domaine des Traynor – le "château", comme le surnomment les habitants du coin – est en soi une aventure. Et pourtant les deux jeunes gens se rencontrent, par un coup de chance ou un coup du sort...
Emilia Clarke incarne Lou, jeune fille attachante et curieuse de tout. "Ce qui m’a intéressée dans ce projet, c'est l’écriture de Jojo Moyes, d’abord dans le livre, puis dans le scénario", raconte l’actrice. "Dès la première page, j’ai été captivée, si bien que j’étais totalement emballée à l’idée de jouer un personnage aussi charmant et sincère, anglais jusqu’au bout des ongles, dont le parcours est extrêmement séduisant".
À ses côtés, Sam Claflin, dans le rôle de Will, avoue avoir lui aussi été attiré par la plume de l’auteur. "L’écriture elle-même était magnifique et le thème qui accompagne ce personnage extrêmement complexe était parfaitement amené : ça m’a beaucoup fait réfléchir. Et c’est un argument qui a largement pesé dans ma décision".
"Le roman de Jojo m’a émue grâce à la tonalité originale des personnages et la sincérité des émotions qu'il décrit", intervient Karen Rosenfelt. "J’ai adoré sa façon de soulever les questions les plus complexes et les plus personnelles, et j'ai été sensible à sa foie en la vie. J'ai été totalement happée par le livre et je l'ai lu d’une traite, en visualisant immédiatement le film dans mon esprit, ce qui se produit rarement".
Comme elle, la productrice Alison Owen s’intéressait à cette histoire depuis longtemps. "J’ai lu le livre quand il est sorti et je l’ai adoré. Jojo sait créer des personnages formidables et possède une connaissance intime de la vie et de l’âme humaine. Elle écrit en faisant preuve d’une empathie incroyable pour ses protagonistes", précise-t-elle. "Du coup, quand Karen m’a contactée pour me demander de m'engager dans le projet, j’ai été très heureuse d’accepter, parce que tout me plaisait : l’histoire, Thea, Emilia et Sam. Ça a été une décision rapide".
"Quand on tombe amoureux de quelqu’un au point de voir sa vie totalement bouleversée – quand rien n'est plus jamais comme avant mais qu'on prend conscience, dans un moment de lucidité, qu'on n'aura peut-être pas d’avenir avec l'être aimé –, les émotions sont à leur comble", avance Thea Sharrock "En tant que réalisatrice, je me sens privilégiée de pouvoir entraîner vers ces sentiments extrêmes des acteurs désireux de me suivre. Nous nous sommes tous consacrés corps et âme à ce film, comédiens et techniciens, et nous nous sommes embarqués dans ce projet tous ensemble, entre rires et larmes. Cette expérience s’est révélée foncièrement libératrice".

"Je suis devenue quelqu’un de complètement différent grâce à toi". – Lou

Sans ambition particulière, originale et artiste dans l'âme, Lou travaille dur comme serveuse dans un petit café pour aider sa famille à joindre les deux bouts. "Louisa Clark est une jeune fille insouciante et satisfaite de sa vie", signale Emilia Clarke. "La première fois qu’on la découvre à l’écran, elle travaille au Buttered Bun Café, servant du thé et des scones. C’est une très bonne serveuse, elle apprécie les clients et c’est visiblement une fille douce et attentionnée qui a à coeur de bien faire son boulot".
Mais les temps sont durs et Lou perd son travail. Consciente que son salaire est vital pour sa famille, mais que ses compétences sont limitées, elle annonce à son conseiller Pôle Emploi qu’elle serait prête à accepter n’importe quel boulot. Son naturel enjoué est toutefois mis à l’épreuve quand elle doit affronter un nouveau défi dans sa vie professionnelle, en devenant l’aide-soignante et la demoiselle de compagnie de Will Traynor. Autrefois sportif, le jeune homme est désormais entièrement dépendant des autres suite à un accident survenu deux ans plus tôt, qui a radicalement bouleversé sa vie.
"Lou vit chez ses parents avec sa soeur, son grand-père et son neveu dans une toute petite maison d'une toute petite ville", reprend la réalisatrice. "Mais sa mère est sans emploi, et son grand-père et son père aussi. Son maigre salaire est donc leur planche de salut. Cela n’entame pas pour autant sa nature optimiste".
Pour trouver une actrice capable d'exprimer ce tempérament enjoué malgré la pression, les productrices ont fait un large casting. "On a vu des centaines de filles et j’ai communiqué par Skype avec Emilia pour ce rôle. Mais, sincèrement, quand elle est arrivée pour l’audition et qu’elle a joué la première scène pour son bout d’essai, on a eu l’impression que Lou Clark venait d’entrer dans la pièce", se rappelle Thea Sharrock. "Je me souviens d'avoir secrètement envoyé un message à Karen Rosenfeld qui disait simplement, 'On l’a trouvée'. On n'a pas hésité une seconde. Elle dégageait la même énergie que Lou, elle était tout simplement une bouffée d’air frais".
Emilia Clarke s’est bien entendue avec la réalisatrice, dont c’est ici le premier long métrage. "Thea est la meilleure, je l’adore. On n'aurait jamais pu deviner que c’était là son premier film", souligne l’actrice. "Elle nous a donné l'impression que travailler avec elle sur ce projet, avec un sujet aussi délicat, était facile et c'est bien la preuve de son intelligence, de son intégrité et de son éthique professionnelle. Elle donne énormément d’elle-même, elle a toujours le sourire et elle est constamment de bonne humeur pour nous mettre à l’aise – et c’était contagieux. Je n’ai jamais eu l’impression de travailler".
Quand Lou et Will se rencontrent, la jeune femme comprend rapidement qu’il n’est plus l’accro aux sensations fortes d’autrefois, qu’elles soient physiques ou mentales. "Will est un homme qui semble avoir été partout, avoir tout vu et tout connu, et Lou est son exact contraire", fait remarquer l’actrice. "Quand ils font connaissance, elle est naïve et franche, et elle a un regard sur le monde qui lui est étranger. Elle est d’une maladresse éhontée et décomplexée, et elle le fait rire. Grâce à elle, il est amené à prendre conscience que la vie peut être belle et pleine d'espoir".
Bien que Will ait renoncé à tout, Lou est déterminée à lui montrer que la vie vaut la peine d’être vécue. Mais cet ancien "maître du monde", comme le décrit Jojo Moyes, va donner du fil à retordre à la jeune femme, pourtant indéfectiblement optimiste. "Ils partent du mauvais pied", explique l’auteur. "Will était le genre de type à sauter d’un avion et à escalader des montagnes, déterminé à profiter de la vie au maximum. Mais en raison d’un accident totalement fortuit, il dépend désormais des autres et il estime qu'il ne peut plus continuer ainsi, étant donné tout ce qu'il perdu".
Sam Claflin confie qu’il a eu envie de jouer ce personnage principalement à cause des difficultés physiques auxquelles Will est confronté. "Au départ, j’en savais très peu sur l’univers dans lequel Will gravite ou sur le genre d'histoire qu'on allait raconter", note l’acteur. "Mais le parcours du personnage est forgé par ce qu'il a vécu. Ça m’a ouvert les yeux".
Pour incarner Will, l’acteur n’a eu le droit de bouger que la tête, un doigt et un pouce – le résultat de deux ans de kinésithérapie intense. "Il a reçu les meilleurs soins, le meilleur suivi médical et la meilleure assistance possible", reprend l’acteur. "Mais il ne veut plus recevoir d’aide. Il a pris sa décision".
Jusqu'à sa rencontre avec Lou.
"Elle est totalement différente des filles qu’il a connues", fait remarquer Alison Owen. "Il a toujours fréquenté des gens très privilégiés, élégants et appartenant à l'élite, que ce soient ses petites amies ou ses collègues de travail, alors que Lou a du tempérament, et qu'elle est vive et excentrique. Il n’a jamais rencontré quelqu’un comme elle auparavant".
"C’est la première fois que quelqu’un dit [à Will] ce qu’il pense", ajoute Claflin. "Elle n’a pas de mal à le contredire et je crois qu’il apprécie sa franchise et qu'il l’admire. Grâce à elle, il change. Elle lui ouvre en quelque sorte les yeux et lui permet de voir le monde différemment. Et lui aussi, il lui ouvre les yeux sur le monde au-delà du petit village où elle vit. Il veut qu’elle se sente libre et qu'elle profite de la vie".
La réalisatrice admire la capacité de Claflin à interpréter les différentes facettes du personnage. "Will peut se montrer totalement odieux et désobligeant, il n’y a pas de doute à ce sujet", dit-elle en riant. "Je voulais un acteur qui dégage une chaleur innée, du charisme et une formidable gentillesse pour que la métamorphose de Will soit crédible. Et Sam y est parvenu sans difficulté".
Pour le rôle, Claflin a notamment dû perdre du poids – "presque une vingtaine de kilos" en tout, précise-t-il –, parce qu’au bout de deux ans d’immobilité, il est logique que la masse musculaire [de Will] ait fondu. Mais malgré sa tétraplégie, il a toujours l’esprit aussi vif.
"Il fallait que je sois raccord avec les capacités intellectuelles de Will, parce que son esprit fonctionne toujours aussi bien qu’avant, et que c’est un homme très intelligent", poursuit l’acteur. "Sous cette carapace, c’est aussi une âme sensible, même si, au début, c’est loin d’être évident".
Surtout pour Lou, qui fait les frais de l’humour tranchant et pince-sans-rire de Will dès leur première rencontre.
Comme dans tous les films romantiques, l’un des points les plus importants était l’alchimie qui devait se produire entre les deux acteurs principaux. "Une fois qu’on a sélectionné nos comédiens, on a réuni les heureux élus pour une lecture", indique Thea Sharrock. "C’est là que tout allait se jouer. Dès que Sam et Emilia se sont rencontrés, la directrice du casting et moi nous sommes regardées, sachant qu’on avait trouvé le couple idéal".
Pendant les répétitions, "plus on parlait de ces personnages et de leur nature profonde, plus on apprenait à vraiment se connaître tous les trois", reprend Thea Sharrock. "Et au cours du tournage, Sam n’a jamais hésité à prendre le temps d’aider Emilia à se préparer pour ses scènes [sans lui], car elle est presque tout le temps à l’écran".
"Emilia et moi avons failli jouer ensemble à quelques reprises déjà, mais ça ne s’est jamais fait pour diverses raisons, emploi du temps ou autre", nous apprend Claflin. "Ça semblait être le timing parfait et le projet idéal, sans compter qu’elle est la partenaire parfaite [pour ce film]".
"Sam est un homme hyper attirant", raconte l’actrice. "C’était génial de lui donner la réplique. Ça n’a jamais été aussi facile de jouer avec quelqu’un : il se donne énormément et c’est tout simplement merveilleux".
Lou n’est bien sûr pas la seule à devoir affronter Will et ses choix de vie. Sa mère, Camilla Traynor, fait de son mieux pour réprimer ses inquiétudes toutes maternelles avec un sang-froid très anglais, même si elle n’a toujours pas surmonté l'accident dont son fils a été victime. Comme tout parent, le père, Stephen Traynor, désire surtout que son fils soit heureux. Mais, mieux que sa femme, il comprend tout simplement que Will a peut-être atteint ses limites. Pour camper ce couple, la production a choisi Janet McTeer, grande actrice sur les planches et à l’écran, et Charles Dance, acteur et cinéaste de renom.
"J’apprécie cette histoire parce qu’elle a plusieurs facettes", intervient Janet McTeer. "Il ne s’agit pas d’une simple histoire d’amour entre ces deux-là [Lou et Will] mais d'une réflexion sur ce qui donne du sens à l'existence. Cette notion de classe sociale, et les préjugés qui en découlent, sont aussi très anglais ".
"Camilla, mon personnage, est incroyablement snob", relève l’actrice. "Et ce serait très facile de la juger là-dessus, mais ce qui m'a vraiment séduite dans ce film, c’est qu'au fil de l’histoire on perce la carapace des personnages pour les découvrir tels qu’ils sont. En fin de compte, Camilla, effrayante au premier abord, est tout simplement une mère, mais une mère qui souffre atrocement et sa seule façon de gérer la situation est de se montrer adulte et plutôt distante".
Quand Lou débarque dans la vie des Traynor, avec sa joie de vivre et son effet positif sur Will, l’attitude de Camilla s’adoucit, comme celle de son fils.
"C’est une histoire émouvante qui parle de choses graves, mais qui est aussi très drôle", affirme Dance. "Lorsque Louisa arrive dans cette famille au fonctionnement compliqué, elle apporte avec elle un peu d’excentricité, car elle est un rien farfelue. Mais elle donne l’espoir à Camilla de voir Will changer d’avis, alors que mon personnage a dépassé ce cap et a accepté la décision de son fils, et même s’il ne supporte pas cette perspective, il l’aidera à y parvenir".
Dance a été heureux d’accepter le rôle pour pouvoir travailler à la fois avec Thea Sharrock et Janet McTeer. "Thea possède une réputation impressionnante en tant que metteur en scène et je voulais travailler avec elle", souligne l’acteur. "Quant à Janet McTeer, je l’adore et j’ai toujours souhaité jouer avec elle sans jamais pouvoir le faire. C’est tout simplement une grande dame de théâtre, d’une intelligence fulgurante et redoutable, et une merveilleuse actrice".
"Charles et moi nous sommes croisés pendant des années sans jamais travailler ensemble, en fait. C’est sans doute l’un des rares acteurs à être plus grand que moi, pour commencer", déclare Janet McTeer en riant, "et on s’est vraiment bien entendus. C’est un homme absolument charmant".
La réalisatrice ne cache pas que le jeu des deux acteurs "est incroyablement émouvant. Ils ont réussi à restituer la douleur que les Traynor éprouvent face à l'adversité – quand un parent prend conscience que ce qu’il ou elle souhaite n’est pas forcément ce qu’il y a de mieux pour ses enfants. Il faut parfois les laisser libres de faire ce qu’eux seuls pensent être le mieux".
Alors qu’à une époque Will avait visiblement beaucoup d’amis, Nathan, son infirmier ergothérapeute, est à présent son seul point d'ancrage, en dehors de ses parents. Stephen Peacocke tient ce rôle, rare Australien parmi une distribution essentiellement britannique.
"Nathan sert d’aide-soignant à Will, d’ergothérapeute ou, si l'on préfère, d’infirmier", explique Peacocke. "Mais tout bien considéré, c’est peut-être le seul à le côtoyer vraiment depuis son accident et ils partagent aussi une certaine complicité. En fin de compte, Nathan est le pote à qui Will peut tout dire".
Afin de permettre à Peacocke et Claflin de se préparer pour leurs scènes, l’acteur australien précise qu'ils ont "reçu l’aide de deux charmants ergothérapeutes, Ruth Peachment et Gaynor Willmoth. Quand on est dans la situation de Will, on ne peut absolument rien faire tout seul. Tous ces petits gestes auxquels on ne prête plus attention – comme se gratter le nez, s’étirer, s’asseoir, se lever d’une chaise –, Nathan doit les faire pour Will. Une grande confiance règne donc entre ces deux garçons. Dès que c’est possible, il y a un peu d’humour dans leurs échanges et c’est l’une des grandes qualités du scénario. Ils peuvent plaisanter entre eux et Will a l’esprit plutôt vif, si bien qu'à mon avis, je Nathan apprécie cette connivence".
Tandis que Lou commence à percer la carapace de Will, ils se mettent à sortir à l’instigation de la jeune femme qui veut lui montrer qu’il existe une vie en-dehors des murs où il s’enferme. D’une promenade autour du château des Traynor à une course de chevaux en passant par un concert de musique classique, leur amitié se développe à chaque sortie. Will finit même par accepter d’assister au dîner d’anniversaire de Lou avec sa famille, dans leur modeste maison : il y rencontre Patrick, la seule personne à ne pas sembler apprécier la complicité évidente qui existe entre Lou et Will.
"Patrick est le petit-ami de Lou depuis environ sept ans et c’est une situation confortable qui lui convient, si vous voyez ce que je veux dire", annonce Matthew Lewis, qui campe le rôle. "C’est aussi un coach privé obsédé par la forme physique. Il a monté sa boîte et a remporté le titre régional de meilleur entrepreneur deux années de suite, ce qui le pousse à devenir de plus en plus sportif. Désormais, il envisage de passer ses vacances à participer au triathlon Viking en Norvège en compagnie de Lou. Dans son esprit, et peut-être dans celui de Lou à un moment donné, ils vont passer le reste de leur vie dans cette ville, se marier, avoir des enfants et tout ira pour le mieux".
"L’arrivée de Will dans sa vie", poursuit-il, "ouvre brusquement les yeux de Lou aux possibilités et aux opportunités que le monde a à offrir en-dehors de cette ville… et loin de Patrick".
Dans l'entourage de Lou, on trouve également Bernard, le père de Lou, incarné par Brendan Coyle, sa mère Josie, campée par Samantha Spiro, sa soeur et meilleure amie Katrina (surnommée Treena) interprétée par Jenna Coleman, et le grand-père que joue Alan Breck.
Parmi les anciennes fréquentations de Will, on rencontre Alicia, son ex-petite-amie (Vanessa Kirby), et Rupert, un ancien collègue et ami (Ben Lloyd-Hughes). Quant aux fans de comédie britannique, ils pourront apprécier une brève apparition de Joanna Lumley, vedette d’ABSOLUTELY FABULOUS, qui incarne une convive particulièrement peu discrète au mariage auquel assistent Lou et Will.

"Partons quelque part, n’importe où, rien que toi et moi".
– Lou

L'histoire d'AVANT TOI se déroule presque entièrement en Angleterre et l'essentiel du film y a d'ailleurs été tourné. Les collaborateurs de Thea Sharrock, comme le directeur de la photographie Remi Adefarasin et le chef-décorateur Andrew McAlpine, ont travaillé avec la réalisatrice pour traduire à l'écran les lieux minutieusement détaillés qui figurent dans le livre et le scénario de Jojo Moyes. Ils ont fidèlement reconstitué, pour les besoins du film, l'environnement dans lequel évoluent Lou et Will, que les fans du livre ont eu le plaisir d'imaginer depuis la publication du roman en 2012.
Pembroke, au Pays de Galles, a servi de cadre à la petite ville que surplombe le manoir des Traynor, et où les Clark vivent dans une petite maison nettement moins spectaculaire. Les scènes du Buttered Bun Café ont également été tournées sur place, ainsi que les extérieurs de la maison de Will, filmés à Pembroke Castle lui-même, demeure de légende qui a vu naître le roi Henry VII et dont les fondations remontent à 1093.
"J'avais entendu parler de Pembroke Castle au nord-ouest du Pays de Galles", confie McAlpine. "C'est un endroit assez unique car il s'agit du château idéal, même s'il se trouve à proximité d'un village animé. J'avais ainsi à portée de main tout ce dont j'avais besoin pour représenter les extérieurs de la demeure des Traynor, et le parfait contraste avec les propriétés voisines".
L'abbaye de Whytham, résidence privée située dans le comté de l'Oxfordshire au sud-est de l'Angleterre, a campé Grantchester House, demeure des Traynor dans l'enceinte du château. Tous les plans extérieurs des abords immédiats de la maison et ceux représentant l'intérieur de sa partie principale y ont été tournés et McAlpine y a reconstitué l'atmosphère convenant à cette famille aisée mais discrète.
"Camilla est une femme intelligente, bien que profondément triste, elle a bon goût et elle a les pieds sur terre", résume-t-il. "Sa capacité à allier bon goût et sens pratique se reflète dans la manière géniale dont elle a transformé les écuries en annexe pour Will, et où elle espère qu'il va pouvoir vivre confortablement".
Même si les intérieurs de la propriété ont été tournés à l'abbaye de Whytham, l'intérieur de l'annexe a été construit aux studios Pinewood et filmé de sorte qu'on puisse le croire directement relié au bâtiment principal. Pour représenter subtilement les bouleversements subis par cette famille jusque dans ses murs, le décorateur a utilisé les mêmes tons dans la maison que dans l'annexe : "une palette de gris-vert, comme une vague rugissante pendant l'orage", détaille le décorateur.
L'annexe constitue dorénavant l'univers de Will et c'est là qu'il rencontre Lou pour la première fois. "Dans l'annexe surgit ce papillon appelé Lou, habillée de façon originale et très colorée", reprend McAlpine. "J'ai donc recouvert les murs d'une teinte sombre assez douce qui souligne la beauté de la pièce de façon élégante. Je me suis volontairement freiné afin qu'à chaque fois que Lou pénètre dans la pièce, ce soit une explosion de couleurs".
Dans l'annexe, tout a été aménagé pour faciliter la vie de Will. "Les dimensions de l'annexe ont été dictées par les besoins d'un homme en fauteuil roulant. J'ai également conçu son lit afin qu'il ait l'air le plus confortable possible, le genre de lit que Camilla aurait pu faire faire sur mesure à Londres par les meilleurs fabricants de literie. Et les grandes baies vitrées ont été conçues pour Will, afin qu'il se sente dans le même cadre que celui de son enfance", poursuit-il.
Les décors de la propriété des Clark ont aussi été créés aux studios Pinewood. "Quand on voit où vit Lou, on se rend compte qu'il s'agit d'un endroit où l'affection qui y règne permet de surmonter les difficultés du quotidien : c'est la maison d'une famille anglaise de milieu modeste, fière de sa place dans le monde", ajoute-t-il.
C'est à Harrow, dans la banlieue nord-ouest de Londres, que les extérieurs de la maison et de la rue des Clark ont été tournés. Une maison privée à Esher dans le Surrey a été utilisée pour représenter l'établissement Dignitas en Suisse et l'hippodrome historique de Sandown Park a servi de décor à deux séquences : l'une située dans un hippodrome et une autre dans la zone d'enregistrement d'un aéroport. Sandown Park, qui accueille toujours des courses hippiques de nos jours, a ouvert ses portes en 1875 et a été l’un des premiers champs de courses en Angleterre à faire payer un droit d'entrée à tous ses visiteurs.
Chenies Manor House, manoir du XIIe siècle situé dans le Buckinghamshire, a servi de cadre à la cérémonie de mariage et à la réception à laquelle Lou assiste en compagnie de Will. Les auteurs du film ont exploité sa splendeur bien particulière, en filmant notamment en plan large le cocktail suivant la cérémonie, afin de mettre en avant les 22 cheminées en brique toutes décorées de façon différente et les magnifiques jardins environnants.
En dépit des joyaux que recèle la campagne anglaise, c'est lorsque Lou et Will partent en vacances ensemble que les paysages deviennent franchement exotiques. Une partie de l'île de Majorque aux Baléares a représenté l'île Maurice, évoquée dans le film, et plusieurs séquences ont été tournées au Barceló Formentor Hotel ainsi que sur la plage avoisinante.
"C'est un endroit magnifique, d'une grande sérénité", commente McAlpine. "On y trouve une baie assez similaire à certaines de l'île Maurice". La flore y est néanmoins différente, ce qui a représenté un vrai défi pour le décorateur : "Il y a à Maurice une sorte de pin très particulier si bien qu'on a dû en planter presque 600 autour de l'hôtel et ajouter des pelouses supplémentaires pour rendre la végétation un peu plus luxuriante et authentique".

"Quand j’étais petite, ma mère m’a acheté une paire de petites bottes
brillantes en caoutchouc et je ne voulais plus les enlever.
J’adorais porter mes petites bottines et mes super collants abeille,
à rayures jaunes et noires". – Lou

Ce n'est cependant ni la maison de maître ni l'île paradisiaque qui marqueront les esprits, mais le personnage de Lou lui-même. Pour la costumière Jill Taylor, elle est "un peu extravagante sans tomber dans le ridicule. Une fille singulière qui aime les vêtements et les couleurs et qui apprécie d'assortir les tenues entre elles".
À un moment du film, Lou raconte même à Will que lorsqu'elle porte une paire de chaussures bien particulière, son petit ami dit qu'elle ressemble à un "lutin drag queen". Pour Jill Taylor : "Certains vêtements ont pour elle la même valeur qu'un objet d'art – et c'est quelque chose qu'elle apprécie".
La costumière s’est d’abord mise à travailler le personnage de Lou tout simplement en observant les jeunes autour d'elle : "J'ai commencé à faire attention à la façon dont les jeunes filles s'habillent dans les rues de Londres. Ce qu'on trouve dans les magasins est assez osé et j'y ai puisé beaucoup d'inspiration", raconte-t-elle.
Tout s'est fait très naturellement, ajoute Jill Taylor : "J'ai rencontré Emilia, nous avons discuté et sommes parties faire les magasins, ça a été aussi simple que ça ! Nous avons pris des tonnes de vêtements à essayer et, heureusement, elle a bien voulu jouer le jeu !"
Tandis que Lou privilégie en général les imprimés bariolés et les textures duveteuses, de ses pulls en maille à ses chaussures à fleurs, deux robes ont été spécialement créées par Jill Taylor pour les scènes où les circonstances obligent Lou à s'habiller un peu différemment.
"Pour la séquence où elle emmène Will à un concert de Mozart, la robe rouge était très importance", commente la costumière. "J'ai dessiné quelques croquis, j'ai fait faire la robe et celle-ci tombait parfaitement sur Emilia. C'est la première fois que le personnage de Lou a l'air raffiné".
Mais ce n'est pas la dernière : "Nous avons aussi confectionné une robe pour la scène du mariage. Elle a une coupe similaire à la robe rouge mais a été taillée dans un tissu complètement différent". Et dans un imprimé coloré bien entendu.
Les costumes élaborés pour le personnage de Will étaient beaucoup plus simples : "Pour lui, on savait que les vêtements devaient avoir l'air de coûter cher tout en étant très simples, élégants et luxueux dans leur minimalisme. Au début du film, avant son accident, Will arbore un costume Armani. Mais ensuite, il porte beaucoup de cachemire, des cotons très doux, des vêtements faciles à enfiler et à enlever, ce qui est très important pour lui", commente Jill Taylor.
Il porte néanmoins un smoking lors de la séquence du concert, seul moment où l'on entend de la musique classique.
Le reste de la bande-originale d'AVANT TOI se conjugue soigneusement à la partition signée Craig Amstrong afin d'évoquer les sensibilités et les élans du coeur décrits dans le film. Des chansons connues rythment le film, telles "Thinking Out Loud" et "Photograph" d'Ed Sheeran, "Unsteady (Erich Lee Gravity Remix)" de X Ambassadors, "Till The End" de Jessie Ware, et "Not Today" d'Imagine Dragons.
"La musique de Craig et les chansons que nous avons choisies ont une importance capitale dans le film", analyse la réalisatrice. "Elles se font l'écho de ce qui se joue entre Lou et Will, à chaque étape et revirement de leur relation".
"Qu'il s'agisse de Lou et Will, ou d'AVANT TOI, pour moi ça signifie littéralement 'qui j'étais avant de te rencontrer' ", révèle Jojo Moyes. "Cela renvoie à la manière dont chacun est transformé par l'autre. Lou est intimidée par cette propriété et par le statut social de ces gens avec qui elle doit travailler. Elle est profondément mal à l'aise. Quant à Will, il ne veut pas d'elle et il fait de son mieux pour se montrer vraiment pénible et ne pas lui céder de terrain. Ces deux-là n'auraient jamais dû se rencontrer mais plus ils apprennent à se connaître, plus ils apprécient les forces de l'autre. Il se rend compte que, d'une certaine manière, elle est aussi prisonnière que lui, en raison de ses propres attentes et de sa propre histoire. Finalement, c'est Will qui la pousse à être plus ambitieuse, à vouloir plus de la vie, mais il ne peut le faire qu'après qu'elle-même lui a ouvert les yeux, et son coeur".
Emilia Clarke espère que le film touchera les spectateurs comme le roman avait ému ses nombreux lecteurs : "Pour le dire simplement, je voudrais que les gens gardent de ce film un peu de la joie qu'on peut trouver dans la vie et dans l'amour. C'est une histoire qui touche les gens quand ils la lisent, qui nous a tous touchés en tournant ce film, et j'espère donc qu'elle touchera tout autant les spectateurs du film".
"Le film pose de nombreuses questions, surtout en ce qui concerne mon personnage", raconte Sam Claflin. "J'espère que les gens vont en parler et voudront peut-être en savoir plus. Il y a beaucoup d'histoires vraies tout aussi tragiques et dignes de susciter l'admiration que celle de Will et Lou : je pense que le film aborde ces deux aspects et souligne aussi le côté exaltant de cette aventure".

C'est à Thea Sharrock que revient le mot de la fin. "Il y a en Lou une certaine légèreté et un humour qu'il est très facile d'apprécier. On est également témoins de moments tendres et assez inattendus entre Lou et Will quand ils font vraiment ressortir le meilleur chez l'autre. Si on va au cinéma pour voir une histoire d'amour toute simple, je pense que l'objectif est atteint : le spectateur sera satisfait, il rira au cours du film et peut-être même versera-t-il une larme à la fin… Et avec un peu de chance, si nous avons été à la hauteur du livre de Jojo et de ses nombreux fans, on peut espérer que cette aventure ne sera pas oubliée de sitôt".

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