Action/Une suite fidèle en qualité à la saga des John Wick qui a du mordant et une belle mise en scène
Réalisé par Chad Stahelski
Avec Keanu Reeves, Halle Berry, Anjelica Huston, Asia Kate Dillon, Mark Dacascos, Jason Mantzoukas, Ian McShane, Common, Laurence Fishburne, Lance Reddick...
Long-métrage Américain
Titre original : John Wick: Chapter 3 - Parabellum
Durée : 02h12mn
Année de production : 2019
Distributeur : Metropolitan FilmExport
Date de sortie sur les écrans américains : 17 mai 2019
Date de sortie sur nos écrans : 22 mai 2019
Résumé : John Wick a transgressé une règle fondamentale : il a tué à l’intérieur même de l’Hôtel Continental.
« Excommunié », tous les services liés au Continental lui sont fermés et sa tête mise à prix.
John se retrouve sans soutien, traqué par tous les plus dangereux tueurs du monde.
« Excommunié », tous les services liés au Continental lui sont fermés et sa tête mise à prix.
John se retrouve sans soutien, traqué par tous les plus dangereux tueurs du monde.
Bande-annonce (VOSTFR)
Featurette "L'Hôtel Continental" (VOSTFR)
Keanu Reeves vous présente JOHN WICK en 60 secondes (VOSTFR)
Ce que j'en ai pensé : l'avantage avec la série des John Wick est qu'on a l'impression d'enfiler une bonne vieille paire de chaussons confortables et bien connus, mais branchés à une centrale électrique. On retrouve la réalisation soignée et maîtrisée de Chad Stahelski qui prend un malin plaisir à empêtrer son héros dans les ennuis afin de mieux nous exposer sa multitude de dons liés à la tuerie efficace. Sa façon de filmer New-York et les atmosphères aux néons qui s'en dégagent en fond un personnage à part entière de ce film. Cet opus nous fait voyager, mais cette ville bouillonnante demeure un lieu particulier dans la mythologie Wickienne.
Le réalisateur multiplie les scènes de combat offrant un contexte propre à chacune, multipliant les effets en passant du close-combat au massacre en règle à l'arme à feu. Dire que ça castagne à mort est un doux euphémisme tant la violence fait partie de l'ADN de ce héros que rien ne semble pouvoir arrêter. La superbe mise en scène de Chad Stahelski la magnifie pour nous laisser apprécier les effets, les chorégraphies et l'inventivité des bagarres ainsi que pour nous faire serrer les dents à certains moments. La rage des coups donnés est parfois drôle tellement on s'imagine la douleur qui peut en découler. Le réalisateur nous offre des scènes enthousiasmantes, notamment dans les moments où la situation est compliquée et où il semble que les actions soient bordéliques alors qu'elles sont en fait hyper maîtrisées. La lecture des enchaînements est toujours claire et on est plongés au cœur de l'action. En plus, les musiques composées par Tyler Bates et Joel J. Richard accompagnent le déroulement des événements sans aucune fausse note.
On en apprend un peu plus sur les règles qui régissent l'hôtel Continental comme prévu. Cependant, c'est moins pour son intrigue que pour sa volonté acérée de nous entraîner dans un déchaînement de chaos qu'on appréciera cet opus. On veut de la baston et on en a à foison, sous toutes les formes et avec un engouement qui laisse pantois.
Keanu Reeves revêt le costume de John Wick exactement comme il l'a laissé à la fin de JOHN WICK 2. Toujours avec le même degré d'auto-dérision, de force déterminée, de combativité crédible et de performance physique impeccable. Il réussit sans peine à nous faire croire au héros surhumain qui en a marre de tout ce bazar, mais qui ira jusqu'au bout juste parce qu'il n'aime pas qu'on le gonfle. Sous l'hyper-violence, se cache un cœur tendre, ce qui rend le personnage attachant malgré ses actes.
John Wick est entouré de ses soutiens habituels tels que Winston, le manager de l'hôtel Continental interprété par Ian McShane ou encore le concierge interprété par Lance Reddick.
Il y a aussi toute une brochette de nouveaux personnages plus durs à cuire les uns que les autres et qu'on a plaisir à découvrir, que ce soit Sofia interprétée par Halle Berry, la directrice interprétée par Anjelica Huston, l'adjudicatrice interprétée par Asia Kate Dillon ou encore interprété par Mark Dacascos. Chacun apporte une pierre à l'édifice que John Wick s'apprête à défoncer.
Copyright photos @ Metropolitan FilmExport
JOHN WICK PARABELLUM fait honneur à son titre. Il est à la fois parfaitement aligné avec les deux premiers opus et en même temps, il sait frapper fort et créé encore la surprise. Il nous donne ce qu'on vient y chercher avec ce petit supplément d'arme qui en fait définitivement une saga à part qui a du chien.
Affiches personnages
Copyright affiches @ Metropolitan FilmExport
NOTES DE PRODUCTION
(À ne lire qu'après avoir vu le film pour éviter les spoilers !)
Source et copyright des textes des notes de production @ Metropolitan FilmExport
NOTES DE PRODUCTION
(À ne lire qu'après avoir vu le film pour éviter les spoilers !)
“Si vis pacem, para bellum (Si tu
veux la paix, prépare la guerre).”
Dès les premières minutes trépidantes
de JOHN WICK PARABELLUM, c'est la course contre la montre pour le
tueur sorti de sa retraite. L'intrigue reprend là où le deuxième
opus s'était arrêté : John Wick est sur le point d'être
"excommunié", autrement dit privé des services de
protection que lui assure la Grande Table, l'association secrète des
plus grandes organisations criminelles de la planète qui fait
appliquer la loi des assassins. Alors que sa tête est mise à prix
pour la somme coquette de 14 millions de dollars, John Wick prend
conscience qu'il n'a jamais dû affronter autant de tueurs déterminés
à l'éliminer. Les ennemis sont partout et Wick n'hésitera pas à
aller à l'autre bout du monde car il lui faut régler des comptes –
d'ordre personnel.
Il y a cinq ans, le premier chapitre de
JOHN WICK a repoussé les limites du cinéma d'action. Grâce à cet
univers musclé de tueurs à gages, les spectateurs du monde entier
ont ressenti l'adrénaline d'affrontements d'anthologie, réglés
comme des ballets frénétiques et filmés sans effets numériques.
Aujourd'hui, le troisième volet enrichit encore l'univers de John
Wick. On découvre ainsi les activités secrètes de la Grande Table
et de nouveaux personnages, plus fascinants les uns que les autres.
On retrouve néanmoins Keanu Reeves
sous les traits du rôle-titre, Laurence Fishburne dans le rôle du
puissant Bowery King, Ian McShane dans celui du patron charismatique
de l'hôtel Continental, Winston, Lance Reddick dans celui de Charon,
concierge serviable du Continental et Tobias Segal dans celui d'Earl,
informateur de Bowery.
À leurs côtés, Halle Berry campe
Sofia, Anjelica Huston, la Directrice, Asia Kate Dillon, l'Arbitre,
Mark Dacascos, Zero, Jerome Flynn, Berrada, Jason Mantzoukas,
"l'homme Tic-Tac", Saïd Taghmaoui, l'Ancien, et Boban
Marjanovic, Ernest.
Chad Stahelski évoque l'intrigue :
"Dans ce nouveau chapitre, John Wick fait la guerre au monde
entier. C'est ce qui nous permet de découvrir de nouveaux lieux, de
mieux cerner son parcours personnel et de développer celui d'autres
personnages. Pour ce film, on tenait vraiment à ce que chacune des
scènes d'action ait une tonalité distincte – et que chacune nous
éclaire sur la personnalité du protagoniste et sur sa trajectoire".
Les enjeux émotionnels du film
s'intensifient à chaque nouvelle épreuve physique. Car Wick est
obligé de régler ses dettes en acceptant des cadeaux mortels dont
il aimerait pourtant se défaire. "Il cherche encore
l'absolution, mais d'ici là tout le monde – ou presque – tente
de le tuer, si bien qu'il doit redevenir celui qu'il ne veut plus
être pour sauver sa peau", poursuit le réalisateur.
Si le troisième opus remonte aux
origines de John Wick, le protagoniste doit faire preuve de
compétences techniques des plus sophistiquées. Pour Reeves, il
s'agit du plus grand défi physique de sa carrière. "Le film
était d'une telle ambition que j'ai dû m'entraîner sérieusement
quatre mois avant le tournage", dit-il. "Il y a énormément
de registres d'action différents, qui mêlent divers styles d'arts
martiaux et de maniements d'armes à feu, mais aussi la présence de
motos, de chevaux et de chiens. Du coup, on a suivi un entraînement
intensif. Mais pour être honnête, j'adore ça. J'adore ce
personnage et l'univers de John Wick qu'on a créé".
Pour Halle Berry, qui campe le
personnage de Sofia, ce tournage s'est révélé incomparable. "J'ai
déjà tourné des films d'action, mais jamais aussi intenses",
confie-t-elle. "Je ne me suis jamais entraînée aussi dur ! Je
n'avais jamais travaillé comme le font Chad et Keanu et je ne
m'étais jamais retrouvée avec une douzaine de types surgissant de
partout pour me tomber dessus ! C'était éprouvant, c'était
exaltant, et ce qui m'a plu chez Sofia, c'est qu'elle insuffle de
l'émotion et de la densité à ce récit. En effet, elle incarne une
femme appartenant au passé de John, consciente que le prix à payer
pour faire le boulot qu'il fait est très élevé".
UN UNIVERS EN PLEINE ÉVOLUTION
Dès le départ, l'univers de John Wick
était un rêve éveillé pour le scénariste Derek Kolstad. Celui-ci
souhaitait rendre hommage au cinéma d'action le plus pur en se
réappropriant les codes du film noir et en mettant en valeur des
séquences de suspense sans concession. Sans se fixer la moindre
limite, Kolstad a imaginé un parcours complexe semé d'innombrables
embûches et un univers dynamique où les dangers guettent de toutes
parts.
La suite a tout changé pour le
scénariste : la force du script a séduit Keanu Reeves et on aurait
pu croire à un coup du destin ! L'acteur a proposé le scénario aux
deux meilleurs cascadeurs qu'il connaissait – Chad Stahelski et
David Leitch – et ils ont eux-mêmes saisi l'opportunité de tenter
une expérience nouvelle : revenir aux combats les plus âpres et les
plus vivants du grand cinéma d'action. En peu de temps, John Wick
était devenu une icône en chair et en os, adoptée par un public de
fans avide d'en savoir plus sur leur idole et son univers stylisé
des plus séduisants.
Dans ce troisième opus, l'équipe
souhaitait enrichir encore cet univers. Alors que John Wick est
contraint de prendre des mesures extrêmes pour échapper à la
traque dont il est la proie, on découvre la toile tentaculaire et
inquiétante que la Grande Table est prête à tisser. "Dans ce
chapitre, on plonge plus avant dans cet univers aussi réaliste que
mythologique, composé d'hôtels secrets, de repaires mystérieux et
d'hommes et de femmes doués de facultés délirantes", précise
le réalisateur.
On en apprend davantage sur la Grande
Table qui non seulement engage des tueurs à gages dans le monde
entier, mais tient lieu de système judiciaire souterrain. À la
manière d'une relecture contemporaine des Chevaliers de la Table
Ronde, les hommes de main appartenant aux diverses organisations
criminelles respectent un strict code d'honneur et une élite
puissante capable de les punir si nécessaire. Ce nouveau chapitre
nous permet aussi d'en savoir plus sur la manière dont John Wick est
devenu "Baba Yaga".
"La Directrice est responsable
d'une école de théâtre très particulière où les enfants sont
formés pour devenir de grands artistes ou pour acquérir des
facultés physiques hors normes", note Stahelski.
Visuellement, le film est ponctué de
clins d'œil cinématographiques, de l'œuvre d'Andreï Tarkovski à
LAWRENCE D'ARABIE. Pour le réalisateur, rien n'est plus enivrant que
le combat insensé d'un homme pour rester en vie malgré les
terribles attaques dont il est l'objet.
"Pourquoi est-ce que les gens
aiment les films de kung-fu, les westerns spaghetti, les scènes de
courses-poursuites avec Steve McQueen, celles où Charles Bronson
brandit sa hache et le cinéma d'action des années 80 façon DIE
HARD ?", s'interroge Stahelski. "Je crois que c'est parce
que les cascades y sont à la fois réalistes et exaltantes, tout en
étant inédites. Les spectateurs sont sensibles à l'action qui
permet de faire avancer l'intrigue, et c'est ce mot d'ordre que nous
avons gardé en tête pour ce troisième opus".
Les producteurs Basil Iwanyk et Erica
Lee, qui ont participé à la trilogie JOHN WICK dès le départ, ont
pris beaucoup de plaisir à voir Strahelski donner une ampleur
planétaire à la saga. "À chaque nouveau chapitre, on se pose
la question de savoir ce qu'on peut offrir d'inédit au spectateur",
déclare Erica Lee. "Et on y arrive parce que Chad cherche à se
dépasser en permanence, bien plus que quiconque avec qui j'ai
travaillé. C'est un perfectionniste absolu, et c'est ce qui explique
que chaque nouvel opus est non seulement plus enthousiasmant et plus
riche en scènes d'action que le précédent, mais aussi plus beau
visuellement. Cette fois, on découvre le monde de John Wick comme
jamais".
Iwanyk ajoute : "La volonté de
Chad de repousser les limites en matière de scènes d'action ne
faiblit jamais. C'est stupéfiant de voir à quel point il se
renouvelle sans cesse. Il a mis au point tellement de styles de
combat différents qu'on pourrait craindre qu'il ne se répète –
mais dans ce troisième volet, on découvrira des combats absolument
hallucinants ! C'est notamment parce que Chad sait ce qu'aiment les
spectateurs et ce qui fonctionne bien à l'image".
LE RETOUR DE KEANU REEVES
Quand Keanu Reeves a campé John Wick
pour la première fois, on a été frappé de constater à quel point
la personnalité de l'acteur imprégnait son rôle. La gravité et le
visage taciturne du comédien mettent en valeur la détermination à
tuer du personnage, son charme et son humour à froid, son physique
de redoutable athlète et sa grâce féline. Il a aussi fait bouger
les lignes : il a prouvé qu'il avait la capacité à effectuer ses
propres combats, éliminant ainsi le dernier intermédiaire – la
doublure – pour rendre l'action plus immersive. C'est ce qui a
ensuite nourri chez le spectateur une fascination pour ce tueur
discret, qui souhaite simplement vivre en paix avec son chien après
avoir perdu sa femme Helen, qu'il aimait passionnément.
Dans PARABELLUM, la situation a changé,
même si l'espoir de John Wick de reprendre son souffle, sans parler
de retrouver la paix, n'a jamais semblé autant s'éloigner. Ce
personnage qui cherchait autrefois à se venger coûte que coûte est
désormais une proie, vivant uniquement dans le souvenir d'Helen.
Dans ce chapitre, Reeves considère que
son personnage se bat autant contre luimême que contre le reste du
monde. "Il est plus conscient de mener un combat bien
particulier dans ce film – un combat entre deux facettes de sa
personnalité que j'appelle John d'un côté, et John Wick de
l'autre", précise Reeves. "John est celui qui veut qu'on
lui fiche la paix, qui cherche à mener une vie tranquille pour
pouvoir vivre dans ses souvenirs avec sa femme. Pour y parvenir, il
doit mobiliser l'autre facette de sa personnalité – John Wick –
qui sait se battre et n'a pas peur de tuer. John Wick est le seul
capable de permettre à John de s'en sortir".
Reeves s'est taillé une place à part
dans l'univers du film d'action. Après avoir campé l'agent fédéral
Johnny Utah dans POINT BREAK EXTRÊME LIMITE, il s'est fait connaître
grâce à la saga SPEED, puis a repoussé les limites de la
science-fiction avec le personnage marquant de Neo dans MATRIX. Au
moment où il a endossé le rôle de John Wick, il avait mis au point
sa propre manière d'aborder les héros de films d'action, conservant
une part de mystère et d'humanité chez un homme comparable à une
mécanique de précision lorsqu'il est agressé.
"À mes yeux, l'action n'a de sens
que s'il y a un lien qui se noue entre le public et le personnage",
explique Reeves. "Si ce lien est bien là, l'action a un impact
émotionnel et on en ressent les enjeux".
Bien entendu, Reeves est conscient qu'à
chaque fois qu'il endosse le costume élégant de John Wick, il doit
se soumettre à une phase de préparation de plus en plus intensive
et éprouvante. Il continue à repousser ses propres limites sur un
plan physique et mental. À son âge, il reconnaît que
l'entraînement est de plus en plus difficile, mais sa détermination
à mettre en valeur Wick reste entière. "Parfois, je me disais
que j'avais du mal à m'entraîner à cause de mon âge, mais je me
suis rendu compte que j'aurais eu du mal même si je n'avais pas 54
ans parce qu'il y a énormément d'action dans PARABELLUM",
ajoute-t-il en riant. "C'est exigeant mais c'est ce que j'aime".
Il indique qu'une question lui donne à
chaque fois envie d'endosser le rôle : "Comment faire pour
continuer à rester fidèle à l'esprit de JOHN WICK tout en étant
de plus en plus audacieux ?"
La production salue Reeves pour sa
volonté de s'être dépassé et de ne se fixer aucune limite : "On
l'a toujours poussé dans ses retranchements, mais cette fois il
fallait qu'il aille encore plus loin", sourit Stahelski. "Keanu
a versé ses larmes, son sang et sa sueur ! Comme d'habitude, il a
été un collaborateur artistique extraordinaire et nous a fait part
de propositions formidables".
Pour Basil Iwanyk, si Reeves est aussi
convaincant sous les traits de Wick, ce n'est pas seulement en raison
de ses prouesses physiques, mais aussi de sa capacité à cerner
l'intimité du personnage : "Keanu vous fait ressentir la
vulnérabilité de John Wick sans donner le sentiment d'être faible
ou de se forcer", témoigne-t-il. "Il fait preuve
d'autodérision car on sent bien qu'il est conscient que ce qu'il
fait est délirant et absurde, tout en apportant une vraie gravité
au personnage. Du coup, on arrive à croire qu'il prend son rôle
très au sérieux".
"Keanu est le comédien le plus
impliqué dans ce qu'il fait avec qui j'aie travaillé", déclare
Erica Lee. "Il force la sympathie si bien qu'au lieu d'être un
tueur sans pitié, il se révèle assez sensible. Tout le monde ne
peut pas faire d'un tueur un type aussi attachant".
Reeves a joué un rôle déterminant
dans la réalisation du film, précise Iwanyk. "Les gens ne se
rendent pas forcément compte que Keanu est coauteur de cet univers",
dit-il. "Il a eu énormément d'idées. Il ne se contente pas de
venir tourner ses scènes et de repartir du plateau. Il a imprégné
la trilogie de son ADN".
SOFIA
Tandis que John Wick sollicite l'aide
de ceux qui lui ont rendu des services autrefois, conscient que tous
les tueurs du monde sont à ses trousses, il se rend au Maroc. Dans
le désert étouffant du Sahara, John sait qu'il retrouvera une femme
qu'il a connue il y a longtemps – une tueuse qui lui est redevable
– et qui n'est pas franchement ravie de le revoir. Il s'agit de
Sofia, campée par Halle Berry, comédienne oscarisée qui a aussi
bien tourné dans des drames intimistes que des films de super-héros.
Halle Berry a d'abord été une fan de
JOHN WICK : "J'avais été bluffée par le réalisme des scènes
d'action du premier opus", constate-t-elle. "J'avais hâte
de découvrir le deuxième volet dès que j'ai vu le premier. Lorsque
mon agent m'a dit que Chad recherchait une tueuse qui soit l'égale
de John Wick, j'ai su qu'il fallait que je décroche le rôle. Quand
j'ai fait la connaissance de Chad, il n'avait encore pas totalement
mis au point mon personnage, mais cela m'était égal. Je lui ai dit
'engage-moi ! Je veux jouer ce rôle'".
Le réalisateur a expliqué à la
comédienne que c'était une aventure délirante. "Je lui ai
raconté qu'il fallait plusieurs mois d'entraînement dur et
intensif, et elle m'a répondu 'j'ai compris mais je veux quand même
faire le film", se rappelle-t-il. "Elle n'a jamais hésité
une seconde. Et elle a incarné Sofia avec beaucoup de sincérité.
On ressent vraiment sa force et le drame douloureux qu'elle a vécu".
Halle Berry reconnaît que le
réalisateur n'a rien exagéré : "Il est clair que je n'avais
jamais travaillé aussi dur pour un rôle", dit-elle. "J'ai
dû continuer à m'entraîner tout en m'étant fait mal, mais je n'ai
rien lâché parce qu'il n'était pas question d'abandonner.
Désormais, j'adore ça et j'ai juste envie de continuer".
Elle est également fière d'avoir
renversé quelques stéréotypes. "Je tenais absolument à
prouver qu'une femme de mon âge était capable de faire ce que fait
mon personnage", ajoute-t-elle. "Ce n'est pas l'âge qui
fait de nous ce que nous sommes".
Sofia, tout comme John Wick, est une
solitaire évoluant dans ce sombre univers de tueurs, et elle
apparaît toujours mystérieuse aux yeux de ceux qui croisent sa
route. "Elle ne se résume pas qu'à cela", plaisante
l'actrice. "Ce qu'on sait, c'est qu'elle a été formée par la
même personne qui a entraîné John Wick et que leurs styles de
combat sont très proches. Ils se sont connus autrefois et on apprend
que John a sauvé la fille de Sofia et que celle-ci a coupé les
ponts avec elle pour qu'elle soit en sécurité".
"C'est ce qui distingue Sofia dans
cet univers mystérieux", poursuit-elle. "Il y a dans le
monde un être qu'elle aime profondément et pour qui elle se bat".
Étant donné le lien très fort qui
unit les deux personnages, Halle Berry s'est donné beaucoup de mal
pour se rapprocher du style de combat de Keanu Reeves, tout en
apportant sa touche personnelle à la maîtrise des arts martiaux de
Sofia. "Je voulais apprendre à me battre comme Keanu pour qu'on
ait l'impression qu'ils ont la même gestuelle", dit-elle. "Je
souhaitais aussi montrer que Sofia et John Wick sont suffisamment
différents pour se compléter".
Reeves intervient : "Elle s'est
donnée à 100%. Elle s'est non seulement initiée pendant des mois
aux arts martiaux et au maniement des armes, mais elle a aussi appris
à dresser des chiens [pour les deux Malinois de Sofia]. À tel point
que notre dresseur m'a dit 'ils considèrent désormais Halle comme
leur dresseuse'. C'est stupéfiant. Elle était investie dans tout ce
qu'elle faisait. C'était un vrai plaisir d'avoir ces rapports
affectifs entre nos personnages et de trouver en elle une partenaire
aussi puissante dans les scènes d'action".
De son côté, la comédienne s'est
dite impressionnée non seulement par le perfectionnisme de Keanu
Reeves sur le plateau, mais aussi par sa capacité à incarner John
Wick. "John Wick est un taiseux et Keanu l'interprète à la
perfection parce qu'il arrive à exprimer précisément ce que
ressent son personnage sans avoir à beaucoup parler", dit-elle.
Pour Erica Lee, c'est l'équilibre
entre Sofia et John Wick qui apporte une vraie fraîcheur à
PARABELLUM. "Halle insuffle une énergie et un côté glamour et
sexy à cet univers qui, en général, est masculin et fonctionne à
la testostérone", dit-elle.
LA GRANDE TABLE ENTRE EN GUERRE
Dès lors que les règles ont été
enfreintes et que John Wick est en cavale, le pouvoir de la Grande
Table est ébranlé et l'organisation doit prendre des mesures pour
reprendre le contrôle de la situation. Cependant, certains ne
semblent pas avoir clairement choisi leur camp. C'est notamment le
cas de Winston, le patron sournois de l'hôtel Continental de New
York. Une sorte de zone franche pour tueurs qu'il a longtemps réussi
à préserver du chaos. Mais à présent Winston envisage de faire ce
que très peu oseraient faire : déclarer la guerre à la Grande
Table.
Ian McShane, lauréat d'un Golden
Globe, endosse de nouveau le rôle de Winston. L'acteur est réputé
pour savoir camper des antihéros sombres et fuyants. Erica Lee
évoque le personnage : "Ian fait tellement partie intégrante
de la trilogie qu'on s'est dit qu'il était temps d'évoquer le
conflit intérieur que vit Winston en dirigeant le Continental. Que
cherche-t-il ? Quel est son but ultime ? C'est un vrai plaisir de
voir Ian camper ce personnage animé par des intentions
contradictoires".
Iwanyk intervient : "Le public
adore la relation particulière entre Winston et John Wick – cette
étrange loyauté qui les anime l'un vis-à-vis de l'autre dans un
monde où les rapports humains authentiques, en dehors des règles du
milieu, n'existent guère. À bien des égards, Winston est la seule
famille qui reste à John Wick".
McShane était enchanté en lisant le
nouveau scénario : "Il est d'une plus grande ampleur encore que
le précédent", dit-il. "Il plonge davantage au cœur de
cet univers énigmatique qu'a imaginé Chad. On en apprend davantage
sur Winston, ainsi que sur Charon et le Bowery King, mais aussi sur
le fonctionnement du Continental. Dans le même temps, le mot d'ordre
reste le même : ne vous foutez pas de la gueule de John Wick".
Pour Reeves, McShane est un partenaire
épatant : "C'est un comédien charismatique, brillant et
profond", s'enthousiasme-t-il. "Il dégage une vraie bonne
humeur sur le plateau et fait bénéficier de son talent au film".
Le King est également de retour dans
ce troisième opus, sous les traits de Laurence Fishburne. L'acteur a
créé le rôle du chef de la mafia qui se sert du Bowery, quartier
mal famé de New York, comme couverture. Ce personnage peu orthodoxe
a aussitôt séduit le comédien : "Ce qui me plaît, c'est
qu'il est le chef de la pègre infiltrée dans la pègre",
précise Fishburne. "Dans ce film, on découvre les liens très
forts qui unissent le Bowery, le Continental et la Grande Table".
L'acteur évoque les raisons pour
lesquelles le spectateur est aussi attaché à John Wick comme héros
de films d'action contemporain : "Quelles que soient les
circonstances, il est toujours très courtois et sa colère est
constamment justifiée", poursuit-il. "Les décors, la
langue employée par les personnages, l'humour à froid et l'ironie
de l'ensemble dégagent une atmosphère très contemporaine et
drôle".
Comme le King a été sauvé par John
Wick dans le deuxième opus, les rôles sont désormais inversés.
"Le Bowery King est désormais redevable envers John Wick",
ajoute Fishburne. "Comme tous ceux qu'il fréquente, c'est aussi
un criminel, mais il respecte la loi du milieu".
Pour Reeves, donner la réplique à
Fishburne est toujours un temps fort des tournages de la trilogie.
"C'est l'un des meilleurs acteurs au monde, si bien que c'était
formidable pour nous qu'il incarne le Bowery King",
déclare-t-il.
Lance Reddick endosse de nouveau le
rôle de Charon, concierge du Continental aux multiples talents et
bras droit ingénieux de Winston. Connu pour ses rôles dramatiques,
de SUR ÉCOUTE à FRINGE, Reddick a été séduit par le personnage
dès le départ parce que "c'était un rôle très différent de
ce qu'on me propose d'habitude. J'ai toujours considéré que Charon
était à John Wick ce qu'Alfred est à Batman, autrement dit le type
discret qui, en coulisses, fait en sorte que tout soit réglé comme
du papier à musique".
Dans ce film, Charon tient son plus
grand rôle depuis le début de la saga, car il est devenu une pièce
maîtresse dans la guerre que livre le Continental contre la Grande
Table. "Charon est beaucoup plus présent dans cet opus",
note Riddick. "Il occupe des responsabilités largement plus
importantes".
LA GRANDE TABLE PREND UNE NOUVELLE
ENVERGURE
Tandis que JOHN WICK PARABELLUM nous
plonge dans les arcanes souterrains de la Grande Table, on fait la
connaissance de nouveaux personnages. Pour Stahelski, c'était aussi
la perspective d'élargir le casting et de continuer à engager des
acteurs très éloignés du cinéma d'action.
C'est ainsi qu'il a été
particulièrement heureux de recruter Anjelica Huston, comédienne
oscarisée, dans le rôle de la Directrice, à cheval entre le milieu
du crime et l'obsession pour la perfection artistique. Keanu Reeves
évoque sa partenaire : "C'était génial d'avoir la chance de
tourner avec Anjelica pour la première fois. Les scènes où je lui
donne la réplique sont parmi les plus impressionnantes : elles
appartiennent au passé de John Wick, mais les enjeux actuels y sont
présents. Anjelica apporte la densité nécessaire au personnage".
Anjelica Huston s'intéressait à la
filmographie de Keanu Reeves. "Je ne crois pas qu'on se soit
rencontrés, mais j'étais fan de son travail depuis la saga MATRIX,
et je trouvais qu'il y avait une véritable chorégraphie dans la
trilogie JOHN WICK", dit-elle. "Les films sont élégants
et très bien construits – et j'ai été bluffée par les scènes
d'action. Keanu est aussi à l'aise dans les moments de silence que
les scènes de combat. Il se donne physiquement à 100%".
Étant donné le lyrisme digne d'un
ballet des séquences de combat de John Wick, il était parfaitement
logique que la toute première mentor du protagoniste soit une prof
de danse, quoique capable d'un pas de deux meurtrier. "La
Directrice dirige une école de tueurs", explique Anjelica
Huston. "À mes yeux, elle a autrefois été une tueuse pour la
Grande Table, mais cela fait bien longtemps qu'elle est montée dans
la hiérarchie de la pègre et désormais elle s'occupe de la
formation. Elle est entourée de ravissantes jeunes danseuses qui
s'avéreront de redoutables espionnes et d'expertes en arts martiaux,
doublées d'apprenties tueuses".
Anjelica Huston a été constamment
portée par la ténacité et l'imagination de Stahelski. "J'aime
beaucoup Chad comme réalisateur", dit-elle. "Il est
attentif aux autres sans être mou, si bien qu'on a le sentiment
qu'il va toujours obtenir ce qu'il cherche, quoi qu'il en soit",
reprend-elle. "C'est la marque d'un bon metteur en scène… et
j'ai aussi été frappée par la beauté des décors et des choix
artistiques de Chad. J'ai adoré le Théâtre Tarkovski avec les
tableaux du Caravage aux murs. Chad est un homme ambitieux dont la
mise en scène est puissante".
Autre personnage à faire son
apparition : l'Arbitre, figure autoritaire qui fait appliquer les
lois de la Grande Table avec une efficacité de fer. "Avec
Derek, on adorait l'idée de faire intervenir un personnage qui se
distingue totalement des tueurs et des juges de cet univers
profondément immoral, tout en revendiquant leur allégeance à la
Grande Table. On a pris un plaisir fou à inventer ce nouveau
personnage", indique le réalisateur.
Connu (e) pour son interprétation de
Brandy Epps dans ORANGE IS THE NEW BLACK et de Taylor Mason dans
BILLIONS, Asia Kate Dillon (qui se définit comme "nonbinaire")
campe l'Arbitre. Chacun, sur le plateau, a été sensible à son
énergie incomparable. "On a toujours tenu à faire exister des
personnages nouveaux, déconcertants et peu orthodoxes dans l'univers
de JOHN WICK", précise Iwanyk. "L'Arbitre est semblable à
un enquêteur d'assurances qui, d'une manière froide, clinique et
détachée, cherche à comprendre quelles sont les lois qui ont été
enfreintes, qui les a enfreintes et quelle peine doit être
prononcée".
Erica Lee ajoute : "C'est Keanu
qui a eu l'idée de l'Arbitre et on savait que le plus important
consisterait à dénicher le bon interprète. On voulait quelqu'un
qui soit charismatique tout en étant un rien excentrique. Étant
fans de BILLIONS, on adorait le jeu d'Asia et on se disait qu'il/elle
apporterait une formidable énergie au film".
Asia Kate Dillon a impressionné toute
l'équipe – et c'était justement l'effet recherché. Mark
Dacascos, qui a quelques conflits avec l'Arbitre, le résume ainsi :
"Asia Kate Dillon : redoutablement intelligent(e), passionné(e),
svelte, charmeur(se) et dangereux(se), point barre".
Asia Kate Dillon explique que le
scénario sortait du lot. "Je n'avais jamais lu un script où
les scènes d'action étaient aussi détaillées, si bien qu'on
pouvait se les représenter mentalement", dit-il/elle. "Je
crois bien que j'ai applaudi à un moment donné car je me
réjouissais à l'avance de voir cet univers de durs à cuire en
action !"
La perspective de faire intervenir un
nouveau personnage aussi puissant et dangereux était des plus
séduisantes. "L'Arbitre ne fait pas de sentiment", précise
l'interprète. "Au début de l'intrigue, l'Arbitre est là pour
prononcer la peine que devra purger Winston pour avoir enfreint les
lois du Continental. On découvre que chacun doit payer pour ses
fautes aux yeux de la Grande Table, d'une manière ou d'une autre. Si
les lois sont enfreintes dans ce monde, cela entraînera des
conséquences – et la personne qui est à la fois juge et juré
dans ces affaires n'est autre que l'Arbitre".
Pour Asia Kate Dillon, l'un des temps
forts du film a été l'affrontement épique avec Ian McShane.
"C'était génial", dit-il/elle. "Après les deux
premiers volets, on pourrait penser que personne n'oserait provoquer
John Wick ou Winston, mais voilà que débarque ce personnage
imposant qui détient un pouvoir qu'eux n'ont pas. Je pense que le
spectateur y sera sensible".
L'interprète est particulièrement
reconnaissant(e) envers le chef-costumier Luca Mosca qui a conçu ses
tenues à partir de vêtements signées par le styliste avantgardiste
Thierry Mugler. "Luca est un être merveilleux dont la
conception du personnage correspondait parfaitement à la mienne",
signale Asia Kate Dillon. "C'est un style très haute couture,
avec pas mal de formes géométriques et de cols en V. Ce qui me
plaît chez l'Arbitre, c'est que même s'il/elle porte des vêtements
qui découvrent un peu la peau, il/elle n'en est pas moins
puissant(e). Quand je voulais comprendre les intentions émotionnelles
du personnage, le costume était la dernière pièce du puzzle me
permettant de mieux le cerner".
L'Arbitre sollicite Zero, considéré
comme le tueur le plus terrible de la Grande Table, pour exécuter la
peine de mort prononcée contre John Wick. Pour camper ce personnage
qui, ironie du sort, est fasciné par le style de combat de Wick, la
production a engagé un expert des arts martiaux sachant jouer la
comédie. Leur choix s'est donc porté sur Mark Dacascos, champion de
karaté et de kung-fu aperçu dans LE PACTE DES LOUPS, DRIVE ou
encore IRON CHEF AMERICA et IRON CHEF AUSTRALIA.
"Mark est non seulement un
formidable experts en arts martiaux, mais un artiste capable de
signer une chorégraphie parfaitement synchrone", souligne
Iwanyk. "Il a aussi un extraordinaire sens de la comédie qui en
fait un salaud tout à fait troublant".
Reeves était impressionné lui aussi.
"Mark a incarné Zero avec un côté dur à cuire digne des
films noirs et un humour très second degré", dit-il. "C'était
très précieux de pouvoir m'entraîner à ses côtés car c'est un
tel maître du combat qu'il m'a permis de progresser".
Dacascos avait nourri une vraie passion
pour la trilogie avant même d'obtenir le rôle. "Venant des
arts martiaux, j'avais été très sensible à la magnifique
chorégraphie à l'œuvre dans cette saga et ce qui m'avait plu,
c'est qu'on voit vraiment des acteurs exécuter eux-mêmes les
acrobaties et faire les bons gestes", témoigne-t-il. "Étant
donné que Chad est lui-même un spécialiste d'arts martiaux doué
et discipliné, il est conscient de ce qu'implique un véritable
combat. Et il sait comment saisir ces combats à l'image".
Si Zero est parfaitement déterminé à
abattre John Wick pour remporter la prime, il ne peut s'empêcher de
vénérer ce tueur invincible. "Zero aime tout chez John Wick :
son style, son élégance, sa classe, son efficacité et sa capacité
à se montrer brutal tout en restant un gentleman", affirme
Dacascos. "C'est le fan n°1 de John Wick, et il aspire à être
à égalité avec lui. C'est aussi un shinobi – un guerrier Ninja –
si bien qu'il a des disciples qu'il aime comme ses propres enfants. À
mon avis, il est conscient qu'en exerçant son métier, il ne vivra
pas très vieux, mais il savoure chaque instant pleinement".
Quand on sait qu'il a participé à
IRON CHEF, on se doute que Dacascos a particulièrement apprécié la
profession "officielle" de Zero : un chef sushi qui manie
ses couteaux dans un but bien plus… délectable ! Quant à son
style de combat, Dacascos précise : "Zero est, pour le moins,
un rien psychopathe, et je voulais donc intégrer ce trait de
caractère à son style de combat. Son rythme est saccadé, et il
peut sembler fluide à un moment, puis frénétique à un autre. Chad
a très bien compris la direction que je voulais emprunter. C'est
formidable quand on peut faire vivre un personnage à travers sa
gestuelle".
Alors qu'il est au Maroc, John Wick
prend tous les risques pour solliciter les conseils avisés de l'un
des membres les plus vénérés de la Grande Table. Cet homme, qui se
fait rare, est surnommé simplement l'Aîné. C'est Saïd Taghmaoui,
acteur francoaméricain d'origine marocaine et ancien champion de
boxe, qui tient le rôle. On l'a vu récemment sous les traits du
charmant Samir dans WONDER WOMAN de Patty Jenkins.
"On s'est dit que dans ce monde où
chacun est un tueur ou une proie potentielle, ce serait formidable
d'avoir une sorte de conseiller spirituel qui veille à l'équilibre
éthique de ses membres", commente le réalisateur. "L'Aîné
est un guide pour les assassins et Saïd insuffle au personnage tout
le charisme et la profondeur requis".
L'acteur anglais Jerome Flynn, qui
s'est fait connaître sous les traits de Bronn dans GAME OF THRONES,
joue lui aussi un rôle décisif dans la partie marocaine du film. Il
campe le redoutable Berrada, membre italien de la Grande Table.
"Berrada s'occupe de la fonderie où l'on fabrique les pièces
en or", intervient Flynn. "Il est assez proche de Bronn à
certains égards car c'est, lui aussi, un type qui revient de loin et
qui, malgré son côté violent et ténébreux, témoigne d'un vrai
sens de l'humour".
Jason Mantzoukas, acteur comique connu
pour la série THE LEAGUE et THE DICTATOR de Sacha Baron Cohen, campe
Monsieur Tic-Tac qui surveille le temps qui passe – et qui est
presque totalement écoulé pour John Wick – pour le compte de
Bowery King.
Comme tant d'autres, Jason Mantzoukas
était fan de la saga et se réjouissait à l'idée de tourner avec
Keanu Reeves. Il n'a pas été déçu. "Non seulement Keanu a
été un formidable partenaire, mais c'était un garçon adorable",
dit-il. "Ce qui m'a stupéfait, c'est qu'il ne cesse de se faire
taper dessus, mais qu'il reste charmant, accueillant et généreux".
Deux autres nouveaux visages, étrangers
au monde du cinéma et des arts martiaux, font leur apparition dans
cet opus : la star de la NBA, Boban Marjanovic, 2,24m, pivot au sein
du Philadelphia 76ers, sous les traits du tueur Ernest ; et la
soliste du New York City Ballet Unity Phelan qui campe une danseuse
dans l'école de la Directrice.
Unity Phelan explique qu'elle a puisé
dans sa propre expérience pour la scène où son personnage est
contraint de tourner sur elle-même jusqu'à tomber. "Je peux
vous dire que c'est franchement épuisant d'effectuer ce type de
mouvement de manière répétée", dit-elle. "C'est comme
ça qu'un prof vous casse pour vous inculquer sa méthode et c'est ce
qui se joue dans le rapport entre la Directrice et mon personnage".
Elle a apprécié de pouvoir introduire
la danse dans l'univers de John Wick : "Je suis tout
particulièrement ravie que le ballet soit évoqué comme une forme
d'expression aussi puissante que les arts martiaux. La danse n'est
pas seulement physique, mais aussi mentale, et du coup c'est vraiment
génial qu'elle puisse faire partie intégrante de l'histoire de John
Wick", dit-elle.
PLUS DE CASCADES, PLUS D'ACTION
À une époque dominée par les effets
numériques, la production de JOHN WICK a choisi une tout autre voie.
Dans l'univers de la trilogie, les acrobaties sont réelles et les
combats sont tournés sans raccord de montage. Plutôt que de zoomer
pour créer un effet factice, la caméra cadre en plan large pour
mieux montrer au spectateur chaque détail de la séquence.
La grande question qui se posait pour
ce troisième opus était de savoir comment dépasser les scènes
d'action mythiques des deux premiers chapitres. Pour Strahelski, la
réponse était simple : toujours plus. Il a aussi été convenu de
réunir le plus grand nombre de séquences d'anthologie de la
trilogie.
Si la plupart des combats des deux
premiers volets opposaient deux adversaires, PARABELLUM s'attache à
des affrontements de groupe qui mettent en valeur la chorégraphie de
l'ensemble. Étant donné l'importance de la prime, Wick doit
affronter de bien plus nombreux ennemis, enchaînant les styles
d'arts martiaux, du kung-fu au wushu et au silat indonésien.
Après avoir collaboré aux deux
premiers opus de la trilogie, le chorégraphe combats et
chef-cascadeur Jonathan Eusebio a imaginé les cascades de BLACK
PANTHER. "Dans ce film, on souhaitait montrer que le style de
combat de John Wick emprunte au judo, au jujitsu et à
l'aikijujutsu", dit-il. "Il s'y confronte en un laps de
temps très court".
Chef-cascadeur réputé pour la saga
JASON BOURNE, Scott Rogers collabore à JOHN WICK pour la première
fois. Il déclare : "Jonathan et Chad s'attachent à donner à
chaque combat un style différent. Chacun d'entre eux est filmé
différemment, dans des décors différents, et met en jeu des
facultés différentes".
Pour Rogers, la capacité de Reeves à
exécuter ses propres cascades est un avantage inestimable, même si
les combats se complexifient au fil du temps. "Keanu a tellement
travaillé son style qu'il n'a même plus à jouer pour donner le
sentiment d'être un vrai combattant et, du coup, il enrichit
davantage encore son personnage", dit-il. "Je n'ai jamais
vu quiconque déployer autant d'efforts".
Loin de se contenter de séquences
spectaculaires d'arts martiaux, PARABELLUM offre au spectateur une
poursuite effrénée à cheval à travers New York et l'escalade de
dunes de sable dans le Sahara. Pour Eusebio, le plus grand défi à
orchestrer était la bataille homérique où Zero et ses guerriers
Ninja affrontent John Wick dans une galerie de verre incroyablement
fragile. "On s'est beaucoup plu à jouer avec les reflets et les
réfractions pour dissimuler les adversaires ou les mettre en
valeur", ditil. "Par moments, on est victime d'une illusion
d'optique. On a aussi fait appel à de formidables experts d'arts
martiaux pour cette scène comme Yayan Ruhian et Cecep Arif Rahman
(THE RAID)".
Pour Rogers, le combat dans la galerie
de verre était l'un des temps forts du film. "C'est difficile
de donner une plus grande envergure aux combats à chaque étape de
cette trilogie, mais ce chapitre y parvient", dit-il.
Dacascos s'est dit ébloui par le
plateau et il adoré le résultat à l'écran : "Quelques
personnes se sont vraiment cognées aux parois en verre",
reconnaît-il. "Côté combats, un décor en verre est effrayant
car on ne peut rien cacher. Il faut être d'une précision absolue,
mais le défi était séduisant et le résultat final est
formidable".
Pour se préparer à certaines scènes
de combat et de courses-poursuites épuisantes, Reeves a travaillé
avec Jackson Spidell, qui est à la fois l'un de ses entraîneurs et
sa doublure en cas d'absolue nécessité. Spidell remarque que
l'acteur effectue tous ses combats – il n'intervient que si la
scène est d'une technicité redoutable ou qu'elle comporte une
cascade périlleuse comme, par exemple, lorsque John Wick est heurté
de plein fouet par une voiture (ce qui n'est pas si rare dans sa vie
!).
Spidell a vu Reeves évoluer avec le
personnage. "À chaque nouvel opus, l'action s'est intensifiée,
mais Keanu a progressé", dit-il. "Avec Chad, il a créé
une langue à part entière au sein du cinéma d'action".
Halle Berry avait aussi une
entraîneuse, Heidi Moneymaker, cascadeuse constamment sollicitée.
Celle-ci remarque que la comédienne était en grande forme physique
d'entrée de jeu, ce qui lui a permis de lui inculquer des gestes
techniques. "Halle est très sportive, elle travaille dur et
elle comprend ce qu'on lui explique très vite", note
l'entraîneuse.
Elles ont élaboré un style qui se
révèle être une variation sur l'approche du judo de John Wick.
"Sofia et John ont recours à des techniques similaires, mais le
style de Sofia a un côté un peu plus féminin", explique Heidi
Moneymaker. "On s'est demandé comment, de manière réaliste,
une femme tout en finesse peut mettre au tapis des types baraqués de
plus d'1,95 m".
Halle Berry est ravie que son
entraîneuse l'ait poussée à se dépasser. "Je crois qu'Heidi
a joué un rôle décisif dans mon entraînement", dit-elle.
"C'était merveilleux d'être entraîné par une femme car elles
n'ont pas la même sensibilité et que nos corps ne réagissent pas
tout à fait de la même façon. En plus, Heidi est une vraie dure à
cuire si bien qu'elle m'a inspirée !"
Sur le plateau, il se trouve que
l'endurance était un facteur déterminant, comme l'a constaté la
comédienne. "Comme Chad tourne en plans-séquences, il est
essentiel d'avoir un bon rythme cardiovasculaire pour pouvoir
effectuer plusieurs mouvements en même temps, et les répéter
encore et encore", témoigne-t-elle. "Je voulais aussi
prouver que j'étais à la hauteur de Keanu, ce qui n'est pas
évident".
Heidi Moneymaker raconte que voir le
personnage de Sofia s'incarner sous ses yeux, avec son mélange de
rudesse et de grâce, méritait les longs mois qu'elle avait
consacrés à la préparation. "On a déjà vu des personnages
féminins forts dans les précédents chapitres de la saga",
dit-elle. "Cette fois, je trouve que le personnage est encore
plus exaltant car Sofia est très proche de John Wick : elle est
aussi coriace que lui".
L'entraînement ne s'est pas limité
aux êtres humains. Le dressage des deux Malinois de Sofia a ainsi
duré plusieurs mois. Ces chiens belges très racés, souvent
utilisés par les forces de police, sont habitués aux entraînements
les plus complexes. Pour autant, on n'avait encore jamais fait
effectuer autant de cascades façon JOHN WICK à un canidé ! C'est
pourquoi Stahelski a engagé Andrew Simpson, dresseur animalier
réputé qui a notamment entraîné les grands loups de GAME OF
THRONES. Simpson a travaillé pendant plusieurs mois – dans le
souci du bien-être des animaux – avec cinq jeunes Malinois,
choisis chacun pour leur intelligence, leur agilité et leur plaisir
d'apprendre. L'objectif : leur inculquer une forme de "jujitsu
canin" mis au point par Simpson et Stahelski.
"Chad a accordé autant
d'importance au dressage des chiens qu'à l'entraînement des
acteurs", s'amuse Rogers. "Ce sont des chiens d'excellence,
très musclés, capables d'une grande concentration et de voler à
travers les airs. À poids égal, leur force est extraordinaire".
Halle Berry s'est réjouie de passer
des moments aussi intenses avec ces incroyables canidés, afin qu'ils
soient aussi à l'aise avec elle qu'avec Simpson. "Quatre jours
par semaine, à raison de trois heures par jour, je répétais avec
les chiens pour nouer une relation très forte avec eux",
dit-elle. "Les Malinois sont très malins et redoutablement
fidèles mais, dans le même temps, ils adorent jouer et, du coup, on
s'amusait bien. J'adore les animaux et j'ai moi-même deux chiens, si
bien que ce que j'ai préféré dans tout mon entraînement, c'était
d'être avec les chiens".
Au-delà des combats et des
courses-poursuites, les scènes de ballet nécessitaient une autre
forme de chorégraphie. Le réalisateur a eu la chance d'engager la
danseuse étoile Tiler Peck, du New York City Ballet. Connaissant
déjà l'univers de JOHN WICK, elle n'a pas hésité à mêler la
danse à la trilogie d'action. "Étant donné que les combats de
la saga ont toujours été très chorégraphiés, je savais que Chad
était attentif à la puissance de cette forme d'expression
artistique", dit-elle. "J'ai apprécié qu'il veuille
quelque chose de radicalement différent qui mette en valeur la
dimension physique et sportive du ballet. Le morceau que nous avons
mis au point est nerveux, intense et spectaculaire – dans la droite
ligne de JOHN WICK".
LES DÉCORS
La production a pris un grand plaisir à
enrichir l'univers de JOHN WICK et à se lancer de nouveaux défis en
matière de décors. Le réalisateur a réuni la même équipe qui
l'avait accompagné sur le deuxième opus. Citons notamment le
chef-opérateur Dan Laustsen, le chef-décorateur Kevin Kavanaugh et
le chef-costumier Luca Mosca, qui ont élaboré le style
immédiatement reconnaissable de Wick dès le premier chapitre. Evan
Schiff, également à l'affiche de JOHN WICK 2, signe de nouveau un
montage fluide qui imprime un rythme frénétique au film.
"On a de nouveau sollicité Dan,
Evan, Kevin et Luca parce qu'ils adorent leur boulot et qu'ils
mettent tout en œuvre pour que le moindre plan soit encore plus beau
que ce qu'ils avaient imaginé", résume Stahelski.
D'entrée de jeu, JOHN WICK a imposé
sa propre esthétique : un univers sombre de film noir contemporain,
zébré d'éclairages au néon et marqué par la détermination et
l'humour à froid de ses personnages. "On voulait donner le
sentiment qu'il s'agit de la transposition d'un roman graphique",
remarque Iwanyk, "et que cela se ressente dans les cadrages, les
couleurs, l'atmosphère et l'énergie – alors même que le film ne
s'inspire pas d'un roman graphique".
"Tout, dans cet univers, est
hyperréaliste, sensuel, spectaculaire", résume Erica Lee.
Salué pour plans larges à la fois
minimalistes et élégants, Lausten était ravi d'aller plus loin
encore sur ce film. (Il a ensuite été cité à l'Oscar pour LA
FORME DE L'EAU – THE SHAPE OF WATER de Guillermo del Toro) Il a eu
recours à plusieurs Dollys, grues et Steadicams pour créer une
impression de mouvement permanent. "Après avoir mis en place
cet univers aux couleurs fortes, aux mouvements d'appareil amples et
aux images contrastées, on a pu, dans ce nouvel opus, jouer avec nos
propres codes", explique-t-il. "Ce film est encore plus
marqué sur le plan chromatique, les contrastes y sont plus
saisissants et les scènes d'actions sont encore plus délirantes".
Lausten a apprécié de pouvoir tourner
à Marrakech et dans le Sahara, saturés de soleil, mais c'est encore
la scène de Grand Central à New York qu'il préfère. "On en
parle depuis des années avec Chad", remarque le directeur de la
photo, "et là, on a enfin pu réaliser notre rêve. C'est
tellement emblématique de New York. On voulait éclairer le décor
en jouant sur les ombres, et c'est difficile à faire parce que les
conditions de tournage y sont très difficiles. On ne dispose que de
très peu de temps pour tourner. On n'y est parvenu que parce qu'on
disposait d'éclairagistes et de machinistes formidables à New
York".
Les décors de Kavanaugh ont aussi été
une source d'inspiration pour l'équipe. Si le film se déroule aux
quatre coins de la planète, Iwanyk souligne que Kavanaugh a
privilégié un style d'allure menaçante. Il précise : "Kevin
a conservé la dimension réaliste et sans concession de l'univers de
JOHN WICK tout en l'ouvrant au reste du monde".
À New York, l'équipe a tourné, à
Grand Central bien sûr, mais aussi à la New York Public Library,
ajoutant ainsi à la sombre élégance de la trilogie. L'Hôtel
Continental (campé par le tristement célèbre One Hanson Place de
Brooklyn) a également été agrandi. "Au départ, le
Continental se résumait à un hall d'accueil et une chambre",
s'amuse Erica Lee. "Aujourd'hui, on plonge dans les arcanes de
l'hôtel".
Lorsque John Wick débarque au Maroc,
pays qui a longtemps stimulé l'imaginaire des cinéastes et des
cinéphiles, la production y a vu l'occasion de révéler une
nouvelle version du Continental. Il s'agit, à ses yeux, d'un hommage
à CASABLANCA de Michael Curtiz. "On s'est dit que ce serait
formidable d'envoyer John Wick à Casablanca", affirme le
réalisateur. "Dans le film de Michael Curtiz, c'est au café
'Rick's' que tous les personnages se retrouvent pour se livrer à
toutes sortes de trafics plus ou moins légaux – et c'est comme ça
qu'est né le Continental et qu'on a eu l'idée que les tueurs du
monde entier y trouveraient refuge quand ils sont en danger".
Tourner au Maroc offrait aussi la
possibilité de transposer l'univers de JOHN WICK dans un espace
inondé de soleil. "On aimait le contraste entre l'univers
pluvieux, gris et texturé de New York et celui du Maroc dominé par
la chaleur, le sable, les couleurs et les dunes. C'est un sacré
changement de rythme !", précise Iwanyk.
Reeves a été frappé par l'horizon
infini du Sahara. "Je n'étais jamais allé dans le Sahara
auparavant, et c'est un lieu franchement magique et fascinant",
dit-il. "Pour moi, c'était certes difficile d'arpenter les
dunes de sable en portant le costume de John Wick, mais le résultat
est épatant à l'image".
De retour à New York, Kavanaugh a mis
au point son décor ultime : la galerie de verre au sein du
Continental, où John Wick doit livrer un combat apocalyptique. "On
tenait vraiment à tourner la scène sans effets numériques",
raconte le réalisateur. "On a eu recours à la chorégraphie,
aux éclairages et aux mouvements d'appareil, ce qui nécessitait
d'avoir des décors parfaitement raccords avec l'action".
"Kevin a même fait appel à des
ingénieurs parce que ce décor en verre posait beaucoup de
difficultés", ajoute Erica Lee. "C'était un cauchemar
logistique mais il s'en est sorti à merveille et le résultat est
magnifique".
À bien des égards, ce décor de verre
chatoyant qui se brise résume tous les contrastes qui rendent JOHN
WICK aussi envoûtant : l'alternance entre la violence et la beauté,
le réalisme et la magie, les décors les plus complexes et la
narration la plus épurée.
"À chaque nouvel opus de la saga,
Chad tente de repousser les limites sur le plan artistique,
émotionnel, psychologique et visuel", note Iwanyk. "Chaque
élément de la mise en scène est soigneusement élaboré et mis en
œuvre".
Une fois encore, ce chapitre se clôt
sur un vrai suspense, suggérant de nouvelles révélations à venir.
"John Wick aura encore des choses à vivre… jusqu'à ce qu'il
soit temps pour lui de prendre sa retraite", ajoute Erica Lee.
Pour Reeves, un bonheur surpasse tous
les autres concernant la saga : celui que prend le spectateur à le
voir surmonter chaque attaque. "C'est formidable de pouvoir
ajouter un nouveau chapitre à cette histoire grâce à la vision de
Chad et au dévouement de toute l'équipe", conclut l'acteur.
"On espère que le public prendra autant de plaisir à voir le
film qu'on en a eu à le faire".
Source et copyright des textes des notes de production @ Metropolitan FilmExport
#JohnWick3

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