lundi 31 octobre 2016

OUIJA : LES ORIGINES


Epouvante-horreur/Un film de saison qui fait son petit effet

Réalisé par Mike Flanagan
Avec Annalise Basso, Elizabeth Reaser, Lulu Wilson, Henry Thomas, Parker Mack, Halle Charlton, Alexis G. Zall, Doug Jones...

Long-métrage Américain
Titre original : Ouija: Origin of Evil 
Durée: 01h30mn
Année de production: 2016
Distributeur: Universal Pictures International France 

Date de sortie sur les écrans américains : 21 octobre 2016
Date de sortie sur nos écrans : 2 novembre 2016


Résumé : À Los Angeles en 1965, une veuve et ses deux filles montent une nouvelle arnaque pour pimenter leur commerce de séances de spiritisme bidon. Chemin faisant, elles font involontairement entrer chez elles un esprit maléfique bien réel. Lorsque la fille cadette est possédée par la créature impitoyable, la petite famille doit surmonter une terreur dévastatrice pour la sauver et renvoyer l'esprit de l'autre côté…

La suite du film d'épouvante "Ouija".

Bande annonce (VOSTFR)



Featurette - Always (VOSTFR)

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Extrait - Doris parle avec Mikey (VOSTFR)

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Extrait - Doris règle ses comptes dans la cour de récré (VOSTFR)

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Ce que j'en ai pensé : J'ai eu la chance d'être conviée à une soirée Halloween dans les locaux d'Universal à Paris. Nous avons été bien reçus ! L'ambiance et la décoration étaient au top.



Niveau cocktail, nous avons été super gâtés.





Tout en dégustant nos petits mets, nous pouvions jouer à la planche Ouija, mais attention il faut respecter quelques règles afin de ne pas énerver les esprits convoqués...





Il y avait également à disposition des lunettes de réalité virtuelle pour nous permettre de vivre sur place l'expérience ci-dessous :

Expérience réalité virtuelle 360°



Après cet interlude thématique fort réussi, nous nous sommes rendus dans la salle de projection pour découvrir le film.

OUIJA : LES ORIGINES est un préquel (Définition :  œuvre littéraire, théâtrale, filmique ou vidéoludique dont l'histoire précède celle d'une œuvre antérieurement créée , en se concentrant sur les événements se déroulant avant le récit original. [source Wikipédia]) de OUIJA (2015). 

En cette période d'Halloween, il est de saison, et même s'il ne révolutionne pas le genre, il fait son petit effet. J'ai bien aimé son style rétro bien travaillé. En effet, l'action se situe dans les années 60. Les décors, l'ambiance, les vêtements et les attitudes sont bien retranscris. Cela participe à créer un environnement inquiétant crédible, car les personnages n'ont pas accès à la technologie d'aujourd'hui, ils sont donc moins facilement susceptibles d'avoir des outils appropriés pour les aider face aux phénomènes auxquels ils doivent faire face. C'est donc à l'ancienne (à coup de hurlements, d'incompréhension et de courage bercé de naïveté) qu'ils vont gérer les phénomènes paranormaux provoqués par l'utilisation incontrôlée d'une planche de Ouija.

Le réalisateur, Mike Flanagan, gère bien la montée en puissance des événements. Il nous fait sursauter plus d'une fois et nous maintiens dans l'inquiétude sans pour autant en faire des tonnes. Sa façon de filmer certains moments en contre-plan est maline, cela fait monter l'angoisse d'un cran. Il insuffle aussi un petit côté décalé qui est assez rigolo dans les scènes de possession avec quelques effets à l'ancienne. 

Mike Flanagan, le réalisateur
Elizabeth Reaser interprète Alice Zander, une mère de famille qui refuse de voir la réalité en face et se laisse bercer par des illusions.



Annalise Basso interprète Paulina Zander, l'aînée des deux sœurs. Elle a les pieds sur terre et n'hésite pas à affronter la situation.



Lulu Wilson interprète la petite Doris Zander. Elle a une bouille adorable et sait bien la transformer pour la rendre très inquiétante.




OUIJA : LES ORIGINES est un sympathique thriller surnaturel qui est assez efficace dans son genre. C'est un bon choix pour se faire une soirée d'angoisse marrante entre copains en ce début de période hivernale.


NOTES DE PRODUCTION 
(A ne lire qu'après avoir vu le film pour éviter les spoilers !)

AUX SOURCES DU OUIJA : Une histoire très riche

L’histoire de la planche Ouija est aussi mystérieuse que le jeu lui-même… Différents instruments ont été mis au point au milieu du XIXe siècle pour communiquer avec les morts. Tirant parti de cette nouvelle mode, l’entrepreneur Charles Kennard et l’avocat Elijah Bond ont créé la « Kennard Novelty Company » pour fabriquer et vendre des « planches parlantes ».

La légende raconte que les fondateurs eux-mêmes ont consulté la planche pour savoir comment la baptiser et qu’elle a répondu « O-UI- J-A » en épelant chaque lettre. Quand ils lui ont demandé ce que cela signifiait, la réponse a été « B-O-N-N-E-C-H-A-N-C-E ».

Kennard et Bond ont quitté l’entreprise au début du XXe siècle et William Fuld, l’un des tout premiers employés et actionnaires, a pris la suite et continué à produire des planches Ouija. Le jeu est devenu de plus en plus populaire si bien qu’en 1921 le célèbre artiste Norman Rockwell a dessiné un couple avec une planche de Ouija sur leurs genoux pour la couverture du Saturday Evening Post.

Après la mort de Fuld en 1927, ses enfants ont poursuivi la production du jeu jusqu’en 1966 : c’est alors que la famille Fuld a cédé le capital à la société des « Frères Parker » qui a alors lancé la fabrication du jeu tel qu’on le connaît aujourd’hui. En 1991, Hasbro a racheté l’entreprise et continue depuis de proposer le jeu aux nouvelles générations avides de découvrir le mystère de la « planche parlante».

UN UNIVERS ENRICHI : Les débuts du tournage

Jason Blum, de Blumhouse, et Michael Bay, Brad Form et Andrew Fuller, de Platinum Dunes, étaient ravis à l’idée de collaborer avec les Studios Hasbro pour donner une nouvelle dimension à l’univers mystérieux de l’étrange planche Ouija. Pour OUIJA : LES ORIGINES, nouveau chapitre terrifiant autour des racines du mal, ils souhaitaient en confier la réalisation à un metteur en scène connu pour son travail aussi innovant que palpitant. La production a contacté le réalisateur visionnaire Mike Flanagan, auteur de THE MIRROR (2014) produit par Blumhouse et du thriller haletant HUSH, sorti cette année. La perspective de signer un nouveau chapitre de la légende de la célèbre planche et d’y apposer son cachet a bien évidemment piqué sa curiosité.

Pour Flanagan, la culture de la superstition de la fin des années 1960 semblait le cadre idéal pour cet épisode de l’histoire des Ouija : il avait le sentiment que l’intrigue pouvait s’attacher à la découverte de secrets profondément enfouis sous la maison d’une famille … lesquels pouvaient être révélés grâce à la fameuse planche. Le maître de l’horreur et scénariste Jeff Howard a donc imaginé l’histoire de Doris et Lina Zander qui basculent peu à peu dans la terreur en découvrant le passé de la maison où elles habitent avec leur mère Alice. Blum raconte que lorsqu’Alice commence à utiliser la planche Ouija pendant ses séances de spiritisme, elle estime qu’il s’agit d’un dispositif efficace et lucratif : « Au départ, Alice ne découvre rien de maléfique et la planche semble très utile. Elle trouve qu’elle peut rendre un service immense si elle peut s’en servir pour mettre en contact les gens avec leurs êtres chers récemment disparus. Grâce à Doris, il est possible de parler aux défunts, ce qui semble être une bonne chose non seulement pour les affaires mais aussi pour les gens », dit-il.

« On a beaucoup discuté de l’opportunité de faire une suite directe au premier film et de partir de là pour imaginer une nouvelle intrigue », explique Form, « mais ça semblait un peu trop évident. Quand on s’est mis au travail, on s’est rendu compte que l’histoire était là sous nos yeux. Qui était réellement ‘DZ’ qui hantait nos personnages dans le premier film ? Qu’est-ce qui lui était arrivé il y a longtemps pour qu’elle devienne cet esprit tourmenté qui cherche à se venger de quiconque vient habiter dans sa maison ?»

Fuller, associé à Bay et Form au sein de Platinum Dunes, révèle toutefois que les thèmes dramatiques du film, grâce à leur portée universelle, séduiront un large éventail de spectateur. Il était donc essentiel que OUIJA : LES ORIGINES parle d’une famille déchirée, et ne se résume pas seulement à une histoire de fantômes. « Si on gomme les éléments surnaturels, il s’agit d’une famille qui vit des événements tragiques et particulièrement terrifiants », commente-t-il. « Même un public qui n’est pas forcément attiré par les films d’horreur sera touché par cette histoire qui repose avant tout sur les personnages ».

Au cours de l’écriture du scénario, Howard et Flanagan ont voulu lier certains aspects de l’univers Ouija à leur propre intrigue. « On a repris des éléments narratifs qui avaient plu au public dans le premier épisode et on les a développés », raconte Flanagan. « Le défi a consisté à trouver un équilibre entre la nécessité d’imaginer une histoire totalement inédite et d’instaurer une continuité entre les films ».

Dans cette optique, producteurs et auteurs se sont intéressés aux origines du mal du premier film : « J’adorerais voir un film sur Samara avant qu’elle ne devienne une créature maléfique qui se faufile hors du puits dans LE CERCLE-THE RING », déclare Flanagan. « Pour moi, ce qui se passe avant la transformation des personnages est fascinant et rarement exploré dans le cinéma d’horreur ». Le thème de la planche Ouija semblait donc le point de départ idéal pour un film du genre dans lequel le spectateur pourrait se projeter : « Ce qui nous a intéressés, c’était de développer une histoire autour du désir profond qu’ont les gens de communiquer avec leurs chers disparus – et il se trouve que les planches Ouija sont conçues pour ça », dit-il. « Même ceux qui ne croient pas aux esprits sont très sensibles à ce jeu. Il a le pouvoir de convaincre les incrédules même si ce n’est que temporaire ».

Blum, comme toute l’équipe, estime que Flanagan était le réalisateur idéal pour piloter un tel projet, qui correspondait parfaitement au modèle de films à tout petits budgets développés chez Blumhouse. « Mike est à la fois capable d’avoir un point de vue et une vision très précise de ce qu’il veut faire tout en sachant modifier les choses en cours de route : je ne connais pas grand monde qui y parvienne aussi bien que lui. Quand on travaille sur des personnages aussi forts, il faut avoir totalement confiance en celui qui tient la barre car la ligne de démarcation est ténue entre ce qui est effrayant et risible. Grâce à Mike, on est certain d’être plongé dans la terreur absolue et de découvrir une histoire d’une grande richesse et tout en nuances ».

Pour concocter un thriller donnant la part belle aux personnages, Flanagan et Howard ont tout d’abord envisagé le scénario comme un drame d’époque sur une mère célibataire et ses filles. « Les 45 premières minutes de L’EXORCISTE n’ont rien de surnaturel, c’est un drame. Le film permet d’apprendre à connaître les personnages et de plonger dans leur vie – et quand l’horreur survient, elle vous prend vraiment à la gorge », explique le réalisateur. « J’étais enthousiaste à l’idée de raconter l’histoire d’une famille dont la vie et les moyens de subsistance reposent sur la communication avec les morts. J’ai trouvé ça fascinant ».

Le tandem a néanmoins joué sur les rythmes plus prévisibles du genre pour satisfaire les fans avérés de films d’horreur : « Si le public remarque trois secondes de silence à la fin d’une réplique, ils savent déjà que quelque chose va les faire sursauter d’effroi », reprend Flanagan. « Comme ils s’attendent à certains enchaînements, il est important de les surprendre. Dans le film, la peur surgit de manière plus spontanée, un peu comme des rythmes de jazz ».

Le film a tout de même nécessité un personnage incontournable : un prêtre. « Roger Ebert a écrit que si on est face à un être possédé par un esprit démoniaque, il faut faire appel à un prêtre catholique, car aucune autre religion ne semble pouvoir convenir », poursuit-il.

Les scénaristes ont donné un tour inattendu à cette figure familière en faisant du père Tom un homme charmant et séduisant afin qu’Alice puisse être attirée par lui. « Dans l’une de mes scènes préférées, Alice et le père Tom sortent dîner tandis que Lina et Mickey (Parker Mack), pour qui elle a un petit faible, sont dans la chambre. On passe d’un baiser entre deux ados à un coup de foudre entre deux adultes qui se sont engagés dans des voies opposées », déclare Blum. « On met en parallèle la possibilité d’un amour de jeunesse avec une relation entre adultes qui doit tenir compte des réalités de la vie ».

Le personnage du père Tom est d’ailleurs inspiré d’un prêtre que Flanagan a connu lorsqu’il était enfant de chœur à l’âge de 12 ans : « Le père Stack était animé par un réel amour de son prochain et, à mon avis, ce n’est possible que si on a eu une vie très riche avant d’entrer dans les ordres. J’ai appris par la suite qu’il avait été fiancé et qu’il s’était toujours posé des questions sur la tournure que sa vie avait prise »

Comme l’art imite la vie, on apprend que la femme du père Tom est morte il y a longtemps et que cette perte tragique l’a poussé à devenir prêtre. Ne croyant pas vraiment aux « dons » de Doris, il lui demande de contacter son épouse disparue grâce à la planche de Ouija et découvre alors le tour maléfique que les esprits jouent à la famille Zander.

Pour convaincre Alice de la supercherie, il cite Jean, chapitre 4, premier verset : « Bien-aimés, ne croyez pas tout esprit, mais éprouvez les esprits pour voir s’ils sont de Dieu, car beaucoup de faux prophètes sont sortis dans le monde ». Mais quand Alice se rend compte que le Mal a pris possession de sa fille, il est peut-être trop tard...

NE JAMAIS JOUER SEUL : Le casting

Pour le casting de OUIJA : LES ORIGINES, Flanagan et ses producteurs ont cherché des acteurs susceptibles d’apporter une vraie densité au drame familial tout en ancrant les éléments de terreur dans la réalité.

Tout d’abord, les producteurs ont souhaité confier à Elizabeth Reaser, connue dans le monde entier pour la saga TWILIGHT, le rôle d’Alice Zander, la mère intelligente et ingénieuse de cette famille en crise. Flanagan raconte qu’il suit son travail depuis longtemps : « Je l’ai tout d’abord remarquée dans SWEET LAND, un très bon film qui a été présenté à plusieurs festivals il y a quelques années en même temps que l’un de mes courts-métrages. Je l’avais trouvée radieuse : elle apporte empathie et chaleur humaine à tous ses rôles. Mais ce qui me fascine le plus chez elle, c’est que ses yeux laissent entrevoir tout ce qu’elle pense et ressent. C’est l’une des actrices les plus expressives et ouvertes que je connaisse ». De son côté, Elizabeth Reaser s’est aussitôt préparée à relever les défis d’un tel rôle : « Ce qui m’a plu dans ce film, c’est qu’il aborde le thème du deuil et ce profond désir de parler ou de voir un proche qu’on a perdu même si ce n’est qu’une seule fois », dit-elle. « À bien des égards, ce film dépasse le cadre d’un simple film d’horreur et c’est ce qui le rend encore plus effrayant. Ces personnages ne savent pas ce qui leur arrive car ils doivent déjà affronter un deuil ravageur. À tel point qu’ils ne peuvent concevoir que la vie puisse devenir encore plus terrible ».

La comédienne a été particulièrement sensible à l’évolution de ce personnage d’épouse et de mère de famille conservatrice devenue un médium prétendant entrer en contact avec les morts. « Quand un enfant fréquente l’école catholique et que sa mère affiche un panneau devant la maison indiquant "Médium – Entrez si vous êtes intéressé", c’est tout aussi embarrassant qu’étrange, surtout dans une petite ville traditionnelle des années 1960 », poursuit l’actrice. « J’admire son courage et sa détermination à lutter contre les conventions sociales de son époque afin de trouver un moyen de subsistance pour sa famille ». Quand Alice trompe les gens pour pouvoir gagner sa vie, elle pense sincèrement qu’elle leur procure le même réconfort qui lui fait défaut. Elle espère secrètement qu’un jour elle pourra entrer en contact avec son mari. Autant dire qu’elle est une proie idéale pour des esprits aux noirs desseins. « Elle est tellement aveuglée par son chagrin qu’elle devient suffisamment vulnérable pour être dupée par les esprits », poursuit-elle. « Le plus tragique, c’est que ces événements horribles se produisent parce qu’Alice veut désespérément croire en ce qu’elle fait. Le deuil, le chagrin, l’amour, les relations familiales – tout ce qui nous touche peut altérer notre discernement et cela me parle vraiment ».

Alice est attirée par le père Tom : « Je voulais que le film comporte ce personnage familier du prêtre mais qu’il ne corresponde pas à nos attentes », précise Flanagan. « Alice et lui éprouvent une attirance mutuelle qui leur est interdite, à l’un comme à l’autre. C’est un sentiment qu’ils ne pourront jamais partager car leurs vies ont pris des directions opposées ».

Quant à Tom, il doute dès le départ des pouvoirs de Doris et son inquiétude pour Alice et sa famille le mène, spirituellement parlant, sur une voie dangereuse. Pour le rôle, les producteurs ont fait appel à Henry Thomas, deux fois nommé au Golden Globe, qui a démarré sa carrière dans E.T. L’EXTRATERRESTRE et joué notamment dans GANGS OF NEW YORK. « Je suis fan de son travail depuis aussi longtemps que je me souvienne », raconte Flanagan. « Quand son nom a été évoqué, je ne pouvais plus envisager quiconque d’autre pour Tom ».

Thomas a apprécié le fait que l’histoire de la famille Zander aille à l’encontre des stéréotypes. « Au cours de mon tout premier rendez-vous avec Mike, il m’a dit que selon les codes du genre, tous les personnages étaient censés être tués », se souvient-il. « Mais il voulait d’abord être certain que le public était complètement plongé dans l’histoire ».

Dans les deux premiers actes de OUIJA : LES ORIGINES DU MAL, on découvre les personnages et leurs relations complexes. « Tout le monde sait ce qui va se passer à un moment donné », explique Thomas. « Mon objectif en tant qu’acteur est de suspendre cet instant et d’en jouer, à tel point que le public en oublie la conclusion, courue d’avance, du troisième acte, qui relève principalement de la destruction pure et simple ».

Thomas explique que grâce à sa double casquette de réalisateur et de monteur, Flanagan était d’une grande efficacité sur le plateau : « Les meilleurs réalisateurs avec lesquels j’ai travaillé savent exactement ce dont ils ont besoin en matière de cadrages et de direction d’acteur. Mike sait expliquer ce qu’il veut de façon très simple et élégante. En plus, il sait de quelles images il a besoin au montage, ce qui offre aux acteurs une grande liberté créatrice sans rien de superflu ». Les producteurs se sont ensuite mis en quête du personnage de Doris qui inquiète particulièrement le père Tom. Ils étaient conscients que ce rôle serait le plus difficile à attribuer. « C’est un personnage très complexe malgré son jeune âge et on a auditionné énormément d’actrices », déclare Flanagan.

Lulu Wilson, déjà habituée à l’univers du cinéma d’horreur, a fait ses premières armes dans DÉLIVRENOUS DU MAL. Elle a parfaitement su trouver le juste équilibre entre innocence et cruauté pour jouer Doris. Le réalisateur se souvient : « Elle avait préparé un monologue du film où elle raconte en détail ce que ça fait d’être étranglée à mort et j’ai failli en tomber de ma chaise. C’est la seule actrice qui n’ait pas récité ce monologue de façon effrayante. Au contraire, elle l’a prononcé sur un ton décontracté et insouciant, tout en souriant, ce qui était vraiment malin de sa part ».

S’agissant des cascades chorégraphiées par le talentueux Mark Rayner, elle s’est montrée intrépide et d’une grande maturité : « Dans une scène, Doris escalade un mur et on voulait que ce soit Lulu qui le fasse, plutôt que de filmer une de ses doublures avec une perruque », se souvient Flanagan. « Elle n’a pas du tout hésité et, lors de la première prise, je l’ai vue sur le mur où elle affichait un large sourire : c’était vraiment incroyable ».

« C’était dingue – j’étais un peu nerveuse mais pas trop », reconnaît l’actrice qui témoigne son admiration pour ses doublures cascades Emily Brobst et Juliana Potter.

Même si les films d’horreur sont interdits aux moins de dix ans, elle espère que ses parents feront une exception pour OUIJA : LES ORIGINES. « Je ne vais pas les laisser m’empêcher de le voir », affirme-t-elle, sûre d’elle.

En écrivant le rôle de Lina, la grande soeur de Doris intelligente et déterminée, Flanagan avait déjà Annalise Basso en tête : « J’ai travaillé avec elle pour la première fois quand elle avait 13 ans et je me suis dit que c’était l’une des meilleures actrices que j’aie jamais rencontrées », dit-il. « Je savais qu’elle serait parfaite pour ce rôle ».

La comédienne était elle aussi ravie de retrouver le réalisateur de THE MIRROR. Il donne aux acteurs sa vision précise du film tout en leur laissant la possibilité de se l’approprier librement.

Il nous demande toujours si on veut faire une prise supplémentaire. Il est bienveillant et tout à fait conscient de ce dont un acteur a besoin sur le plateau », déclare-t-elle.

Le personnage tout en nuances de Lina a plu à la jeune actrice de 16 ans. « On a presque le même âge si bien que je me reconnais dans sa quête d’identité », note encore Annalise Basso. « Lina est téméraire et j’aime ça chez elle. J’admire aussi la force de caractère qu’elle s’est forgée après la mort de son père, et sa façon de mettre à profit ces deux qualités pour s’opposer à sa mère et aux esprits puissants qui ont envahi leur maison ».

Annalise Basso a aussi apprécié l’histoire d’amour entre Lina et Mickey, étudiant plus âgé qu’elle : « Leur relation est belle et pure, et on en voit rarement dans le cinéma d’horreur. Ils vivent une histoire très tendre mais compliquée. Elle commence à sentir les premiers émois de l’amour tout en éprouvant les effets du deuil d’un proche ». Enfin, les producteurs ont engagé Doug Jones, acteur connu pour ses interprétations de créatures fantastiques. Acrobate réputé, Jones a campé de fascinants personnages comme Abe Sapiens ou l’ange de la mort dans HELLBOY ou encore Pan ou l’homme pâle dans LE LABYRINTHE DE PAN de Guillermo del Toro. L’artiste était emballé à l’idée de travailler avec Flanagan. « Mike excelle à rendre compte des relations et des dynamiques familiales : on en sort grandi quand on regarde ses films. Guillermo fait un peu la même chose : il raconte des histoires sinistres qui ont du sens et de la profondeur », déclare-t-il. Flanagan raconte que tous deux se connaissent bien : « J’ai eu le privilège de travailler avec Doug en 2010 sur un petit film indépendant que je tournais dans mon appartement, ABSENTIA. Les apparitions de la créature dans ce film sont si rares et brèves qu’on avait besoin d’un acteur qui puisse créer un maximum d’effet. Le public n’apercevra peut-être Doug que quelques secondes à l’écran mais ne sera pas capable de l’oublier de sitôt».

L’HORREUR DANS LA MAISON : Décors, lieux de tournage et costumes

Les producteurs savaient que pour donner à ce thriller surnaturel une ambiance authentique des années 60, les costumes, les lieux de tournage et les décors étaient d’une importance cruciale. Ces éléments étaient susceptibles de créer une atmosphère crédible, indispensable pour river les spectateurs à leur siège.

Les décors 

Des papiers peints de la demeure des Zander à ses chandeliers, le chef décorateur Patricio Farrell a fait en sorte que tous les éléments de décor soient de la bonne époque : « Il a prêté une attention extrême aux détails », déclare Flanagan admiratif. Farrell a mené des recherches approfondies pour s’immerger dans l’univers du scénario : sur le plateau, au lieu de se contenter de quelques objets qui auraient semblé flambant neufs en 1967, il a choisi d’adopter un style antérieur, plus spécifiquement le style Art nouveau afin de donner une identité visuelle à la famille Zander et à l’histoire maléfique de la maison.

« En utilisant ce style en arrière-plan, on a pu définir l’esthétique de cet univers et réserver des touches de couleurs et des traces de l’esprit rebelle des années 60 à des endroits précis, ce qui permet de faire avancer l’histoire », confie Farrell, qui a déjà collaboré avec Flanagan sur le film BEFORE I WAKE. « Le fait de ne pas se limiter aux années 60 nous a aussi facilité la tâche côté budget et disponibilités. Du coup, on a pu donner au film une esthétique plus riche et nuancée qui nous ramène à une époque plus idyllique où on était davantage en sécurité ».

Farrell et Flanagan souhaitaient que la maison des Zander soit chaleureuse et suscite le sentiment qu’elle était « habitée », afin que les événements terrifiants qui s’y produisent se remarquent d’autant plus. « Je voulais que les décors du film soient le plus beau possible », commente le décorateur. « On ne s’y attend pas et c’est encore plus perturbant de voir un phénomène inexplicable et terrifiant survenir dans un environnement familier. C’est d’autant plus difficile d’oublier le moment où l’horreur surgit. Mais réussir une scène effrayante ou pleine de suspense dans un beau décor demande avant tout une excellente intrigue. C’est la dimension qu’apporte Mike à ses films ».

Les lieux de tournage

C’est dans la demeure de Los Angeles, datant du XIXe siècle, où l’essentiel du film a été tourné qu’ont eu lieu les cascades. Une contrainte qui a posé de gros problèmes de logistique : « On avait des personnages qui voltigeaient dans les airs, en haut et en bas des escaliers, ou qui se balançaient dans l’entrée et on a dû faire tout ça entre les murs de la maison », raconte Flanagan. « La mise en place des équipements de sécurité complexes que nécessite ce type de cascades, puis le tournage dynamique des acrobaties ont été très difficiles à réaliser. Si un acteur ou un cascadeur ratait un marqueur de quelques centimètres seulement, toute la scène était à refaire ».

Pour coller au souci d’authenticité de la production, Annalise Basso et Lulu Wilson ont elles aussi contribué aux cascades. « Les jeunes acteurs s’amusent beaucoup en faisant les cascades et on tenait à donner à Annalise et à Lulu la possibilité de les réaliser elles-mêmes, dans la mesure du possible bien sûr », déclare Flanagan. « Les regarder grimper aux murs et se balancer dans le vestibule de la maison était assez éprouvant mais elles s’en sont sorties comme des pros ». Si certaines pièces de la maison ont nécessité beaucoup d’ingéniosité pour pouvoir y tourner, la demeure centenaire, avec ses espaces ouverts, ses larges portes et cages d’escalier spacieuses, a permis au directeur de la photographie Michael Fimognari de réaliser un travail exceptionnel.

« Cette maison a une longue histoire et elle est composée de matières très riches, et comme on y passe beaucoup de temps dans le film, elle devient un personnage à part entière », souligne Form. « Les pièces sombres en enfilade sont très belles et suscitent un sentiment étrange qui est bien restitué à l’écran. Les gens ont naturellement peur des vieilles maisons et de l’histoire qu’elles recèlent. Comme Mickey le dit lui-même, «cette maison a des os solides» ».

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