lundi 4 novembre 2019

MON RETOUR SUR LES UTOPIALES 2019


Il faut vivre un festival UTOPIALES pour mesurer le plaisir de se plonger pendant plusieurs jours dans un bouillonnant bain culturel et d'aller butiner des connaissances ici et là au gré de ses envies. Pour sa 20ème édition, les Utopiales nous ont permis de coder / décoder différents sujets, d'explorer des expositions, de voir des longs-métrages de croiser des cosplayers... Comme tous les ans, on en revient fatigué, mais exalté et heureux de cette expérience riche en rencontres et en découvertes.


Les tables rondes sur la littérature, les sciences & la bd ont battu leur plein pendant les cinq jours du festival. 

Pour vous donner une idée des échanges pendant ces événements, retrouvez ci-dessous le résumé de la table ronde Call me Cthulhu du vendredi 1er novembre à 9h.

Call me Cthulhu

Du néologisme à la toponymie en science-fiction et en fantasy : Cthulhu, Trantor, tous ces noms éclatent dans les livres comme des coups de cymbales. Comment les auteurs et les autrices créent-ils l’environnement linguistique de leur livre ? (Source : Les Utopiales)

Table ronde modérée par Claude Ecken.
Les intervenants Ariane Gélinas, Laura Fernandez, Johanna Sinisalo, Philippe Tessier sont tous des auteurs.



La discussion :

Le modérateur, Claude Ecken, a introduit cette table ronde internationale où on a entendu parler français, anglais et espagnol. Après avoir présenté ses invités, tous auteurs - Ariane Gélinas, québécoise francophone, Laura Fernandez, journaliste culturelle espagnole, Johanna Sinisalo qui a participé au scénario d'Ironsky et Philippe Tessier, traducteur de Poker et de jeux de rôles (retrouvez leur bio en bas sous le résumé de la table ronde) – il nous a parlé du nom, de la toponymie et du mot inventé qui fait fonctionner l'imaginaire grâce un vocabulaire adapté.

Il a ouvert la discussion avec les questions : comment les auteurs créent-ils l'univers linguistique de leurs œuvres ? De quoi peut être porteur le terme inventé ? S'agit-il d'un dress code linguistique ?

Philippe Tessier a expliqué que Le Horla (nouvelle fantastique de Guy de Maupassant) ou Malpertuis (roman fantastique de l'écrivain Jean Ray) ont une puissance évocatrice monstrueuse. Pour son roman Sélénie des Terres mortes, Sélénie représentait une lumière dans l'obscurité, donc en effet le nom doit être un indicateur de l'univers décrit.

Pour Laura Fernandez , c'est être libre. Elle a une écriture basée dans sa réalité. Il n'y a pas de limites avec des histoires qui s'imbriquent les unes dans les autres et avec des bâtiments qui marchent par exemple. Pour elle, chaque œuvre est un monument de références des auteurs qui l'ont marqué. Tous ses personnages sont fictifs, mais il existe dans sa réalité à elle. Ses mondes existent. Dans son roman Connerland, son personnage, Winona, est une référence à l'actrice Winona Rider.

Le modérateur a confirmé qu'en effet elle a toujours des noms référencés. Il lui a demandé s'il y a toujours un rapport avec le personnage ?

Laura a expliqué que quand elle créée des personnages dans ses livres, elle écrit dans des endroits avec des livres. Parfois, il y a 170 protagonistes dans ses romans, alors elle ouvre un livre au hasard et choisit un nom. Elle sait toujours exactement où elle a choisi le nom de ses personnages. Par exemple, pour une des planètes dans un de ces romans, le nom est inspiré d'un personnage d'un auteur qu'elle aime.

Sur ce point, Ariane Gélinas a pris la suite en expliquant que, pour sa part, elle s'inspire du folklore du Québec ou de génériques de films. Pour les lieux, elle va visiter des endroits comme Tête-à-la-Baleine, un village québécois du Golfe-du-Saint-Laurent qui est sur une île en forme de baleine, et des endroits comme celui-ci, qui ont aussi leurs légendes, lui inspire la toponymie des lieux. Elle vit dans la Mauricie où il y a une population locale, donc le vocabulaire est inspiré par cette communauté.

Le modérateur a ensuite indiqué que Johanna Sinisalo fait des trekkings pour connaître les termes techniques qui sont utilisés dans cette activité et qu'elle utilise des glossaires dans ses romans. Johanna a indiqué qu'il y a ce qu'elle appelle des portes secrètes. Quand vous poussez par exemple la porte d'un commissariat, il y a tout ce que le public voit, mais quand vous poussez les portes où seules les personnes du commissariat vont, alors vous vous rendez compte que les gens ont leur propre vocabulaire, leurs codes à eux. C'est pareil pour les trekkers. Pour elle, écrire, c'est ouvrir ces portes secrètes.

Le modérateur a alors évoqué l'origine étymologique des termes qui sont nommés à partir d'une signification.

Pour Ariane Gélinas, avec le terme cambion, par exemple, qu'elle utilise dans un roman, il n'est pas obligatoire de faire une recherche pour savoir que c'est un enfant diable, mais cela peut enrichir et ajouter un niveau de signification. Elle a un rapport aux prénoms qui est lié à la musicalité des mots ce qui joue sur le choix aussi.

Philippe Tessier, quant à lui, prend parfois des termes anglais comme grawl pour désigner des hommes loups. La sonorité des mots est évocatrice, ils suffisent à faire comprendre ce que sont les personnages.

Pour le modérateur, il y a parfois des utilisations linguistiques comme, par exemple, avec l'histoire de nazis sur la lune de Johanna où beaucoup de noms sont allemands.

Johanna Sinisalo a expliqué qu'elle a appris l'allemand à l'école. Son livre est une satire et elle se moque des longs mots de la langue et de comment les personnages sont pompeux avec leurs procédures et leur vision de certaines choses quotidiennes.

Pour Laura Fernandez, l'écriture est un jeu, c'est ludique. Elle est nerd, elle lit beaucoup de science-fiction et surtout des auteurs américains des années 60. Elle a créé des noms composés de deux prénoms des chroniques martiennes, donc dans ses romans, on peut chercher les pistes des livres qui l'ont inspiré. Par rapport au langage, elle joue sur la traduction espagnole des livres anglais et pour les moyens de transports, par exemple, elle s'inspire de cette langue des traducteurs.

Philippe Tessier a ajouté que dans son roman Morts, il prend le prénom et juste la première lettre du nom, ce qui est une autre façon de jouer avec les noms.

Le modérateur a indiqué que Johanna fait une utilisation des mots-valises, que c'est un travail d'évocation. Chez Ariane, un terme métaphorique évoque la mort et il y a aussi des noms détournés chez Laura.

Laura Fernandez a appelé le lycée Robert Mitchum son roman Chica Zombie. Elle a expliqué qu'en réalité, il s'appelait Copernic, mais elle trouvait ça fade. Elle chasse les noms. Van Conner (dans son roman Connerland) vient d'un écrivain Suédois. Les noms sont aléatoires, mais elle aime donner des noms d'hommes aux femmes et inversement pour ne pas qu'on devine tout de suite le genre du personnage grâce à son nom. Il faut le découvrir pour savoir s'il s'agit d'une femme ou d'un homme.

Le modérateur a ensuite parlé de poésie, de termes techniques et d'ambiance installée par le nom.

Johanna Sinisalo utilise des marques de chaussures de trekking qui sont un indicateur de la façon dont le personnage veut se positionner, car certaines marques sont chères et cela va les représenter.

Philippe Tessier a poursuivi en disant que dans un univers sous-marin les styles des noms évoquent la rouille et l'eau. Le style d'écriture et les noms doivent être cohérents avec l'univers.

Ariane Gélinas lit ses phrases à voix haute pour en tester la musicalité. Elle fait des hommages cachés dans ses romans. Par exemple, le nom Séverine Proux vient du fait que la communauté de l'imaginaire du Québec se réunissait en été dans un endroit avec un nom similaire et suite à un décès d'un des membres de cette communauté, elle a décidé de faire cet hommage indirect.

Chez Laura Fernandez, les noms évoquent parfois des choses quelle ne connaît pas puisqu'elle n'a jamais vu un film avec Robert Mitchum !

Pour le modérateur, les noms rappellent parfois la fonction du personnage et les onomatopées sont aussi une invention verbale qui les accompagnent.

Laura Fernandez utilise beaucoup d’onomatopées toujours inspirées des auteurs américains des années 60. Comme elle créée énormément de personnages, on lui reproche parfois que c'est trop fouillis, alors elle donne des particularités un peu ridicules aux protagonistes pour bien les repérer. Elle veut aussi qu'on puisse rire de nous-même au travers de ses personnages.

Le modérateur a demandé à quel moment est choisi les noms des personnages et s'il leur arrive de les changer en cours de route.

Ariane Gélinas passe par toutes sortes de phases. Les relecteurs sont des fois mécontents des changements permanents de noms. Elle hésite parfois longtemps sur les titres, mais c'est aussi peut-être dû au fait qu'elle réécrit ses livres 8 ou 12 fois.

Avec Philippe Tessier, les noms sont là au début avant même la structure de l'histoire. Il lui arrive de changer un nom au milieu de l'histoire, mais c'est vraiment ça n'allait pas du tout.

Johanna Sinisalo choisit les noms au départ et ne change pas. Elle fait des recherches sur les prénoms utilisés à l'époque et se demande qui étaient les parents qui ont choisis ce prénom.

Pour Laura Fernandez, le roman respire, donc elle choisit les noms au fur et à mesure. Quand elle écrit, si elle a un personnage en tête, il faut qu'il ait un nom pour qu'elle puisse avancer dans son histoire.

À la fin de la table ronde, il restait un peu de temps pour quelques questions.

Qu'est-ce qui fait qu'un nom accroche ? Et comment gérer la traduction des noms ?

Pour Philippe Tessier, il n'y a pas d'explications vraiment, c'est la sonorité qui joue un rôle. Pour la traduction, il y a des consignes. Il faut essayer de trouver un nom qui garde l'esprit de l'auteur original tout en respectant les règles imposées.

Avez-vous été bloqué par un nom ?

Laura Fernandez a répondu que non, elle ne se bloque pas sur un nom. Elle va toujours trouver dans les livres ou grâce à la musique, car, par exemple, sur les CD, il y a des remerciements et, là, elle trouve des noms aussi.

Est-il possible de toujours remonter à l'origine de l'étymologie des noms ?

Le modérateur est intervenu pour dire qu'il n'est pas sûr qu'on puisse toujours le faire sur des noms inventés.

Quelques définitions :

Néologisme : mot nouveau ou détourné de sa langue d'origine. Modernise un concept en le redéfinissant.

Toponymie : branche des mathématiques qui étudie la géométrie de situation, les propriétés de l'espace.

Les invités de cette table ronde :

Ariane Gélinas

Copyright photo © Démie Lecompte

Ariane Gélinas a publié une soixantaine de nouvelles dans différents périodiques. Elle est la directrice littéraire de la revue Le Sabord ainsi que la coéditrice de Brins d’éternité. Elle rédige des critiques et des chroniques sur les littératures de l’imaginaire dans Lettres québécoises et Les libraires. Elle est l’auteure de la trilogie Les villages assoupis (prix Arts Excellence, Jacques-Brossard et Aurora/Boréal) et du recueil de nouvelles Le sabbat des éphémères. Ses romans Les cendres de Sedna (prix Arts Excellence et Aurora/Boréal) et Quelques battements d’ailes avant la nuit sont parus respectivement en 2016 et en 2019 chez Alire. (Source : Les Utopiales)

Laura Fernandez 

Copyright photo © Noemí Elias

Laura Fernández, née en 1981, a écrit quatre romans ardemment pynchoniens avant Connerland, dont La Chica zombie, publié par Denoël en 2014. Également journaliste et critique littéraire et musicale à El País, elle a deux enfants et tous les livres de Philip K. Dick. (Source : Les Utopiales)

Johanna Sinisalo

Copyright photo © Katri Kallio

Née en 1958 en Laponie finlandaise, Johanna Sinisalo s’est imposée sur la scène littéraire avec Jamais avant le coucher du soleil (Actes Sud, 2003 ; Babel n°679) pour lequel elle s’est vu décerner le prestigieux Finlandia Prize. Elle a également écrit deux autres romans, des livres pour la jeunesse, des pièces radiophoniques ou télévisuelles, ainsi que des bandes dessinées. (Source : Les Utopiales)

Bibliographie
  • Le Reich de la lune, Actes Sud, 2018
  • Avec joie et docilité, Actes Sud, 2016
  • Le Sang des fleurs, Actes Sud, 2013
  • Oiseau de malheur, Actes Sud, 2011
  • Jamais avant le coucher du soleil, Actes Sud, 2003 / Babel, 2005
Philippe Tessier

Copyright photo © DR

Tombé dans la marmite de l’imaginaire dès son plus jeune âge, Philippe Tessier a principalement exercé en tant que traducteur dans des domaines aussi variés que les jeux vidéo, les jeux de rôle et le poker. Taraudé par l’envie de créer, il s’est lancé dans l’écriture du jeu Polaris et de ses multiples suppléments mais aussi dans la rédaction de romans liés à ce monde sous-marin futuriste (La trilogie des Foudres de l’abîme, Rédemption, Domination 1 et 2) ou à d’autres univers comme Les anges foudroyés et Sélénie des Terres Mortes. Plus récemment, Philippe Tessier est l’auteur du diptyque Les Chroniques Hérétiques et du roman Morts, publiés chez les Éditions Leha. (Source : Les Utopiales)




Avec le mythique Le voyage dans la Lune de Georges Méliès, Dancing on the moon de David Fleischer, Felix the cat in Astronomeows de Pat Sullivan, Boo Moon de Seymour Kneitel et La Luna de Enrico Casarosa, cette séance était composée de cinq adorables courts-métrages ayant pour personnage principal la Lune. 

(Source : Les Utopiales)

La science-fiction est un genre populaire largement répandu. Les Utopiales ont pour vocation de faire connaître toutes ses formes d’expression et le cinéma en fait partie intégrante.

Ainsi, le festival nous a offert comme chaque année une programmation cinéma riche d’environ 90 longs et courts-métrages.


La compétition internationale de longs-métrages rassemble chaque année environ 9 films internationaux, une sélection des meilleures productions du moment, inédites ou en avant-première. Elle comporte deux prix : le Grand Prix du Jury et le Prix du Public en partenariat avec Canal+.

Le Prix du Jury est remis chaque année par un jury de professionnels du cinéma et de l’audiovisuel.


Le Prix du Public, en partenariat avec Canal+, est décerné par le public des Utopiales.


LE PROGRAMME DE LA COMPÉTITION


À Caracas, un homme sous l'influence d'un médicament appelé Krokodil est infecté par le virus de la rage et déclenche une épidémie qui transforme les êtres humains en créatures agressives et cannibales. Au milieu de la panique, le Dr. Adam Vargas, obsédé par la nécessité de sauver son fils de la contamination, s’embarque dans un voyage hostile à travers un Venezuela dévasté.

Après des études de cinéma à New-York puis la réalisation de quelques courts-métrages, clips ou spots publicitaires, le réalisateur Flavio Pedota propose avec ce premier long-métrage un film d’horreur très nerveux et le premier film de zombies vénézuélien. Une métaphore non dissimulée sur la situation dramatique de son propre pays aujourd’hui.


Métamorphosée en femme, Blanca, démon du Serpent blanc, devient amnésique. Avec l’aide de Xuan, par ailleurs chasseur de serpents, elle va tenter de retrouver la mémoire. Mais l’aventure se complique quand Blanca et Xuan tombent peu à peu amoureux l’un de l’autre... 

Une nouvelle adaptation de la légende du serpent blanc, un des mythes les plus célèbres de la culture asiatique. Parmi les plus fameuses, citons notamment Le Serpent blanc (1958), film d’animation japonais de Taiji Yabushita, Madam White Snake (1962) produit par la Shaw Brothers, Le Sorcier et le Serpent blanc de Ching Siu-tung (2011) avec Jet Li et bien évidemment le somptueux Green Snake (1993) de Tsui Hark. Ici, c’est le studio d’animation chinois Light Chaser Animation qui vient nous offrir sa version, immense succès en Chine.  


Saviez-vous que les plantes réagissent aux bonnes ondes ? Alice, une phytogénéticienne, a mis au point une fleur qui en retour rendrait son propriétaire heureux et serein. Avant même les derniers tests, elle décide d’en offrir une à son fils Joe. Mais la plante, baptisée Little Joe, se révèle moins inoffensive qu’elle n’en a l’air... 

En marchant sur les traces de Haneke, pour qui elle fut scripte sur Funny games, et Yórgos Lánthimos (Mise à Mort du Cerf Sacré), Jessica Hausner nous offre un film dissonant et déstabilisant, à l’humour froid, et qui rappelle par certains aspects Paradis pour tous d’Alain Jessua. Little Joe a remporté le Prix d'interprétation féminine pour Emily Beecham au dernier festival de Cannes.  


Sarah est une astronaute française qui s'apprête à quitter la Terre pour une mission d'un an sur l’ISS. Alors qu'elle suit l'entraînement rigoureux imposé aux astronautes, seule femme au milieu d'hommes, elle se prépare surtout à la séparation d'avec sa fille de huit ans. 

Rarement le thème de la conquête spatiale n’avait été traité de la sorte au cinéma. Après le formidable Space Cowboys de Clint Eastwood et ses « papys de l’espace », la Française Alice Winocour apporte avec son troisième longmétrage un regard frais et délicat sur un genre pourtant stéréotypé. Prix spécial du jury au festival de San Sebastian en 2019.  


Un groupe d’élèves du secondaire succombe au sort hypnotique d’un enseignant qui punit des comportements tels que le retard dans les cours ou l’utilisation du téléphone portable en les faisant se suicider. La seule façon de survivre à son incantation est de savoir exactement ce qui ne peut être fait. Les étudiants peuvent-ils rester ensemble assez longtemps pour trouver un moyen de rompre le sort ou la folie va-t-elle les retourner tous les uns contre les autres ? 

La voici donc cette adaptation tant attendue du manga éponyme de Miyatsuki Arata et Kondô Shigure sorti en France chez Delcourt. Et le moins que l’on puisse dire c’est que la réalisatrice Lisa Takeba s’empare remarquablement de l’univers effroyable du manga pour nous proposer rien de moins que l’un des films les plus secs et sans concessions depuis le Battle Royale de Kinji Fukasaku il y a vingt ans. Tout le monde en classe. Ça va saigner !  


Mehmet, chargé de surveiller les appartements d’une cité en décrépitude, assiste au décès d’un technicien qui fait une chute vertigineuse alors qu'il est venu installer une antenne censée capter un nouveau programme. Rapidement, il découvre que la cause du décès pourrait être plus inattendue que l’on ne pourrait le penser. 

Né en 1987, Orçun Behram retourne en Turquie après des études cinématographiques à l’Université de Chicago. Auteur de quatre courtsmétrages et de deux documentaires, ce passionné de photographie a fondé la société Gizli Kapı Production & Film, et nous propose un premier long-métrage aussi audacieux que politique.  


Kate et Matt, un couple de trentenaires, emménagent dans une grande maison à la campagne. Lors des travaux, ils découvrent une pièce particulière qui semble exaucer leurs vœux. Mais ce qui semble un cadeau et une chance pourrait bien entraîner le couple dans une spirale cauchemardesque. 

Sorti en 2006, Renaissance, le premier long-métrage de Christian Volckman, fut rapidement salué et distribué partout dans le monde, et s’imposa comme l’un des meilleurs films d’animation français. Après quelques expériences artistiques, il est de retour avec The Room, qui en dépit d’une économie de moyens, est certainement l’un des films les plus inspirés de l’année. Une leçon !  


Jeune lycéen, Hodaka fuit son île pour rejoindre Tokyo. Sans argent ni emploi, il tente de survivre dans la jungle urbaine et trouve un poste dans une revue dédiée au paranormal. Un phénomène météorologique extrême touche alors le Japon, exposé à de constantes pluies. Hodaka est dépêché pour enquêter sur l'existence de prêtresses du temps. Peu convaincu par cette légende, il change soudainement d'avis lorsqu'il croise la jeune Hina...

Trois mois après sa sortie au Japon, Weathering with You est déjà acté comme l’un des cinq plus gros succès du cinéma d’animation de tous les temps au pays du soleil-levant. Ce nouveau chefd’œuvre du « successeur de Miyazaki », comme le considèrent certains, fait suite à 5cm par seconde, Voyage vers Agartha, The Garden of Words et Your Name, tous présentés aux Utopiales. Il nous entraîne dans une histoire féérique entre deux adolescents qui doivent faire face à des éléments surnaturels. D’une inventivité graphique incroyable, ce sixième long-métrage de l’un des maîtres de l’animation mondiale alarme autant sur la situation climatique du Japon que sur l’état du monde laissé aux futures générations. Une pure merveille !

LES PRIX





  
La compétition internationale de courts-métrages est composée chaque année de 28 à 35 films, répartis dans 4 à 5 sessions, et sélectionnés parmi les meilleures productions internationales du moment, inédites ou en avant-première. Elle compte trois prix : le Prix du Jury, le Prix Canal+ et le Prix du public.

Le Prix du Jury est remis par des personnalités, professionnels du cinéma, de l’audiovisuel.


Le Prix Canal+ est décerné par la chaîne audiovisuelle, qui fera l’acquisition du court-métrage récompensé.


Le Prix du public est décerné par les spectateurs du festival, qui élisent leur court-métrage préféré.


LES PRIX






Les séances spéciales proposent chaque année de découvrir les longs-métrages incontournables du moment qui n’auraient pas été sélectionnés en compétition internationale. Cette année, la sélection était enthousiasmante avec, entre autres, MILLENIUM ACTRESS, LE VOLEUR D'ARC-EN-CIEL et SELFIE.


Les Utopiales offrent une sélection des meilleurs documentaires, récents ou plus anciens, sur le thème de la science-fiction et le thème de l’édition en cours des Utopiales.

Dans cette édition, les festivaliers ont pu notamment découvrir les très bons LE BLOB : UN GÉNIE SANS CERVEAU et CHESLEY BONNESTELL : UN PINCEAU D'AVENIR.




Composée de 20 à 25 films choisis pour leurs qualités et leur rapport avec le thème de l’édition en cours des Utopiales, la rétrospective est toujours le moment de découvrir mais surtout de redécouvrir des classiques du genre dont le très bon SCANNERS (1981) de David Cronenberg.


Inaugurée en 2018, en partenariat avec Canal+, la nuit blanche cinéma propose chaque année un programme spécialement conçu, composé de courts-métrages et de longs-métrages sélectionnés avec soin.

Cette année, nous avons eu droit à un programme pour cinévores nocturnes un peu fous et c'était tant mieux ! Blood Machines, Cobra Space Adventure et Les Aventures De Buckaroo Banzaï ont accompagné les plus tenaces jusqu'au bout de la nuit !

(Source des textes : Les Utopiales)


Mathieu Bablet est autant influencé par les comics, le manga, les jeux vidéo et le cinéma. Nourri de culture pop, et après le choc de la découverte de Mutafukaz, il envoie le dossier de présentation de sa première bande dessinée à Ankama Éditions. Son one-shot post-apocalyptique, La Belle Mort, est alors immédiatement repéré par Run en 2011, qui lui propose de le publier sous son label 619. S’en suit en 2013 la fable mythologique Adrastée, puis en 2016 arrive le phénomène de sciencefiction Shangri-La, sélectionné en 2017 pour le Prix Utopiales BD et au festival d’Angoulême. En 2018, friand d’un projet collectif, Mathieu Bablet lance en maître d’œuvre la série fantastique Midnight Tales, recueil multi-forme dans un univers d'ésotérisme et d'épouvante. 

En 2020 est prévu son nouveau one-shot : Carbone & Silicium. Il nous proposera de suivre le destin de deux androïdes, Carbone et Silicium, sur les cent cinquante prochaines années de notre humanité, au moment où la technologie, qui voit l’avènement des intelligences artificielles et du transhumanisme, entre en confrontation avec les crises écologiques, économiques et migratoires. 

Les Utopiales ont eu le plaisir de présenter une partie de cet album en avant-première dans cette magnifique exposition dédiée à Mathieu Bablet. Réalisateur de l’affiche du festival, nul doute que Mathieu Bablet va marquer la bande dessinée et le graphisme pour de nombreuses années !  






















































Copyright photos @ Epixod


« Par Horus, demeure ! » Le souvenir de La Grande Pyramide hante à nouveau Mortimer. Ses cauchemars commencent le jour où il étudie d’étranges radiations qui s’échappent du Palais de Justice de Bruxelles : un puissant champ magnétique provoque des aurores boréales et des cauchemars chez ceux qui y sont exposés. Pour Blake et Mortimer, malgré́ leurs vieilles querelles, malgré́ leur âge, il va s’agir de repartir à l’aventure vers les mystères de La Grande Pyramide.

Une courte note d’intention inédite d’Edgar P. Jacobs que Daniel Couvreur, journaliste au quotidien bruxellois Le Soir, montre à François Schuiten et voici Le Dernier Pharaon qui prend corps dans l’esprit du dessinateur des Citées obscures qui fait immédiatement le lien entre son travail et l’œuvre de Jacobs. François Schuiten réunit les talents du cinéaste Jaco Van Dormael, du romancier Thomas Gunzig et de l’artiste graphique Laurent Durieux dont nous avons eu le plaisir renouvelé de présenter ici le travail, après sa superbe affiche des Utopiales et son exposition personnelle en 2017.

Le Dernier Pharaon est un morceau de bravoure graphique magnifié par une mise en couleurs d’exception. C’était un plaisir immense de présenter cette collaboration artistique exceptionnelle dans une mise en scène originale. Les deux artistes François Schuiten et Laurent Durieux étaient présents sur le festival.























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L’origine de ce projet hors-norme remonte à 2003, avec une idée encore floue mais qui hante Fabien Vehlmann : celle d’un robot géant rouillé, abandonné dans une décharge et semblant n’attendre que l’occasion de pouvoir un jour se redresser. Mais il faudra attendre 2010 pour que ce récit ressorte des cartons, avec la complicité de Gwen de Bonneval au co-scénario, et d’Hervé Tanquerelle pour les character-designs de personnages qui devaient à l’époque être dessinés en turbo-média par une équipe d’animateurs, en vue d’une parution mensuelle dans la revue numérique Professeur Cyclope. Hélas, trop ambitieux, le projet rate son décollage… et devra désormais attendre quelques années pour renaitre chez Dupuis en 2018, cette fois avec succès et sous sa forme définitive : trois gros volumes de 200 pages, pour lesquels fut lancé un appel à deux membres d’équipages supplémentaires, Fred Blanchard pour les designs et pour une aide au story-board, et Laurence Croix pour les couleurs. La saga peut dès lors commencer, dans un univers uchronique proche du nôtre, mais où le Général De Gaulle a lancé un vaste programme de construction de robots géants fonctionnant au nucléaire, où la guerre d’Algérie a pu être retardée d’une quinzaine d’année, et où un lieutenant de la mafia nantaise, Ismaël Tayeb, va se battre pour réaliser un rêve d’enfant… Piloter le dernier Atlas ! Le festival des Utopiales est heureux d’accueillir l’équipage du dernier Atlas au travers d’une exposition présentant le travail fourni pour un fort beau premier tome et des inédits du second !






























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Depuis les années 70, grâce à plus de vingt albums traduits à travers le monde, Jean-Claude Mézières nous fait voyager sur les pages blanches de Valérian et Laureline, posant les bases d’un patrimoine mondiale de la science-fiction en bande dessinée, source d’inspiration de nombreux créateurs. 

En 2002, Jean-Claude Mézières nous a fait le plaisir d’un atterrissage en douceur aux Utopiales en réalisant l’affiche du festival. Il est revenu, plus inspirant que jamais avec une grande exposition dévoilant les incontournables et les trésors cachés de sa production. 

Le grand vaisseau sombre flotte lentement sur un ciel étoilé plus sombre encore. Il est grand comme s’il contenait toute l’humanité. Rempli de mondes foisonnants et truculents, les hublots éclairés par une lumière dorée, un seul homme à bord, penché sur sa planche à dessin, artisan rigoureux et exigeant, solitaire quand pourtant des milliers d’univers se côtoient en lui. La pénombre noire comme l’encre de Chine de sa plume laisse apparaître les milliers de couleurs de son pinceau. Il s’approche. Il a rendez-vous avec vous. Bienvenue à nouveau cher Jean-Claude Mézières.  

























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La flotte en briques LEGO® des Utopiales a pris son essor en 2015. En 2017, les festivaliers ont découvert et légonisé la planète « Equatoria ». En 2019, les voyageurs des Utopiales ont rejoint la Matrice des Mondes.

À la fois station, ambassade, exposition universelle, bibliothèque, c’est une accrétion pangalactique à équidistance spatiale, temporelle et dimensionnelle des grandes et petites civilisations de l’univers, où elles se donnent rendez-vous.

La mission : inventer et construire les différentes civilisations, leurs infrastructures de survie dans l’espace, les habitats des multiples formes de vie, les moyens de transport et de communication.

Une création collective et participative en direct et en briques LEGO®, proposée par DaBrick, gleech, Matthieu Lebot, avec le soutien de l'association Brickouest.






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La Bibliothèque municipale, le Chronographe, le Labo des Savoirs, le Musée Jules Verne, le Muséum d’Histoire Naturelle et le Planétarium se sont retrouvés au sein d'un laboratoire futuriste imaginé et mis en scène par les élèves de l’École d'architecture de Nantes. 

Vous y avez trouvé des créatures issues de modifications de l’ADN. Vous avez décryptez des langages codés et découvert des écritures inventées pour dialoguer avec les extraterrestres. 

Vous avez écouté des émissions de radio traitant de ces thématiques.



























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(Source : Utopiales)



CONCOURS DE COSPLAY

Le dimanche du festival, Les Utopiales organisent chaque année, en collaboration avec l’association Brigade SOS Francophone ainsi que l’association Forum Thalie, un après-midi dédié à la culture asiatique, avec notamment un concours de Cosplay. 

Le Cosplay, contraction de l’anglais costume playing, consiste à se costumer en personnage de manga, dessin animé ou jeu vidéo à l’occasion de manifestations dédiées à la bande dessinée, à la culture asiatique ou à la science-fiction. Il s’agit non seulement de créer un costume le plus fidèle possible à l’original, mais également de se glisser dans la peau du personnage en lui donnant vie lors d’un passage sur scène. 

Cette pratique connaît un succès phénoménal au Japon, qui organise même un concours mondial chaque été, le World Cosplay Summit. (Source : Utopiales)

Cette année encore le défilé de Cosplay a bien eu lieu sur la grande scène Shayol du Palais des Congrès de Nantes.

Les participants nous ont encore impressionné par leurs interventions et la qualité de leurs costumes.






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LE BILAN ET L’ENSEMBLE DES PRIX
(Source : Utopiales)

La 20ème édition des Utopiales a rencontré un immense succès avec 100 000 visiteurs.
Le public, tous les intervenants et les équipes qui œuvrent pour le festival ont en effet vécu une édition exceptionnelle et inattendue. C’est avant tout une excellente nouvelle pour la science-fiction qui s’affirme aujourd’hui comme un genre populaire.
Depuis plusieurs années, face au succès grandissant de la manifestation, nous réfléchissons constamment à toutes les améliorations possibles pour le confort des festivaliers. C’est notamment grâce à l’écoute des visiteurs via nos enquêtes de satisfaction de l’édition précédente que nous avons cette année :
— Agrandi une salle de conférence et ouvert une deuxième. Cette évolution correspond à 7400 places supplémentaires
— Mis en place des espaces de repos ainsi qu’un vestiaire
— Repenser l’espace de la billetterie pour la rendre plus fluide

Nous avons de fait constaté que l’accès à certaines salles a été problématique cette année. Nous mettrons tout en œuvre pour apporter plus de fluidité et gagner encore en confort.

L’essence de la science-fiction n’est-elle pas de se réinventer sans cesse ?
Sous la houlette de l’astrophysicien Roland Lehoucq, son Président, et de Jeanne-A Debats, sa Déléguée artistique et de toutes les équipes de programmation Les Utopiales, Festival International de Science-Fiction de Nantes, ont abordé cette année le thème « coder / décoder » en faisant, comme toujours, se marier toutes les dimensions de l’imaginaire.

Les visiteurs ont ainsi profité des 171 rendez-vous littéraires, scientifiques et artistiques, 70 films longs et courts, 10 expositions, du pôle ludique et du pôle jeux vidéo sans oublier la journée Manga Tan.

Cette année encore la pluridisciplinarité a été au cœur de la programmation, portée par plus de 230 invités : écrivains, scénaristes et dessinateurs de BD, plasticiens, cinéastes, philosophes et chercheurs… parmi lesquels, Alain Damasio, Ada Palmer, Brandon Sanderson, Gilles Dowek, Philippe Bihouix, Agnès Florin, Virginie Raisson-Victor, Jean-Claude Mezières, Mathieu Bablet, Seth Ickerman et beaucoup d’autres.

Les temps forts se sont succédés. Ainsi, plus de 1000 personnes ont pu assister à un moment rare, la lecture d’Alain Damasio, près d’un millier d’enfants se sont initiés à la science-fiction avec les cours du professeur Zutop tandis que des spectateurs ont pu admirer les magnifiques expositions de Mathieu Bablet ou de Schuiten et Durieux ou s’enfermer dans les salles obscures pour assister à l’avant-première de Weathering with you de Makoto Shinkai ou redécouvrir Le voleur d’arc-en-ciel en présence d’Alejandro Jodorowsky, Prix Extraordinaire des Utopiales 2019.

Nous vous donnons rendez-vous du 29 octobre au 2 novembre 2020 pour la 21e édition des

Utopiales, avec le même enthousiasme et le même bonheur ! Le festival fêtera alors ses 20 ans.



   
#Utopiales2019

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