mercredi 6 novembre 2019

MIDWAY


Action/Historique/Guerre/Une fresque maîtrisée sur le fond et la forme avec des scènes de batailles vraiment spectaculaires

Réalisé par Roland Emmerich
Avec Luke Evans, Patrick Wilson, Nick Jonas, Woody Harrelson, Dennis Quaid, Mandy Moore, Ed Skrein, Aaron Eckhart, Etsushi Toyokawa, Keean Johnson, Tadanobu Asano...

Long-métrage Américain
Durée: 02h18mn
Année de production: 2019
Distributeur: Metropolitan FilmExport 

Date de sortie sur les écrans américains : 8 novembre 2019
Date de sortie sur nos écrans : 6 novembre 2019


Résumé : après la débâcle de Pearl Harbor qui a laissé la flotte américaine dévastée, la marine impériale japonaise prépare une nouvelle attaque qui devrait éliminer définitivement les forces aéronavales restantes de son adversaire. La campagne du Pacifique va se jouer dans un petit atoll isolé du Pacifique nord : Midway.

L’amiral Nimitz, à la tête de la flotte américaine, voit cette bataille comme l’ultime chance de renverser la supériorité japonaise. Une course contre la montre s’engage alors pour Edwin Layton qui doit percer les codes secrets de la flotte japonaise et, grâce aux renseignements, permettre aux pilotes de l’aviation américaine de faire face à la plus grande offensive jamais menée pendant ce conflit

Bande-annonce (VOSTFR)



Featurette "Grand spectacle" (VOSTFR)



Featurette "Real Wings" (VOSTFR)


Ce que j'en ai penséavec MIDWAY, le réalisateur Roland Emmerich passe à la loupe cette bataille, qui a été un tournant, et les événements qui l’ont déclenché. Au milieu de la tempête de la Seconde Guerre mondiale, deux pays s’affrontent dans le Pacifique : les Etats-Unis et le Japon. 

Alors oui, les scènes de batailles sont extrêmement spectaculaires. Le réalisateur nous plonge complètement dans l’action. Si vous avez d’ailleurs l’occasion de découvrir le film dans une salle équipée de la technologie 4DX, vous verrez que les mouvements des fauteuils vous donnent vraiment la sensation de suivre les avions dans leurs piqués. L’intensité des magnifiques et terribles scènes de batailles est amplifiée. Le réalisateur réussit à nous faire suivre des éléments précis au sein de scènes explosives et de grande ampleur.






Mais il ne faut pas limiter MIDWAY à ces excellents moments de retransmission visuelle de l’horreur et de l’héroïsme dingue de la guerre. Roland Emmerich met en scène une partie d’échecs d’une grande intensité parce qu’elle se joue avec la vie des hommes. Il nous montre les joueurs (le commandement) et les pions (les marins et les aviateurs). Il explique par des allers-retours entre les différents partis des deux camps comment les événements se sont enchaînés. Il prend le temps de poser la stratégie, il y a donc beaucoup de scènes de discussion. Il est fort appréciable qu’une vraie place soit donnée aux équipes du renseignement. Il faut être attentif pour suivre tous les éléments mis en place.

Roland Emmerich garde un ton et des codes couleurs constants dans son long-métrage. Il situe vraiment l’époque et tout paraît authentique. Les décors et les costumes renforcent l’impression de voir la réalité du passé se dérouler sous nos yeux. 

Les acteurs sont investis et très crédibles dans leurs rôles. On s’attache au devenir des protagonistes et il est très émouvant de penser que les faits sont réels.
Ed Skrein interprète Dick Best, un pilote hors pair et une tête brûlée totalement dédiée à sa tâche.



Patrick Wilson interprète Edwin Layton, un agent des renseignements à l’instinct aiguisé.



Woody Harrelson interprète l’Amiral Chester W. Nimitz, un militaire expérimenté qui connaît ses chances et sait qu’il doit compter sur la tactique pour tenter l’impossible.



Luke Evans interprète le Lieutenant Wade McClusky, un aviateur et leader courageux.


Aaron Eckhart interprète le Lieutenant Colonel Jimmy Doolittle, un brillant pilote de bombardier.


La présence d’acteurs jeunes tels que Keean Johnson ou Nick Jonas rappelle que des adolescents, tout juste des adultes, ont participé à la Guerre.




Dennis Quaid interprète le Vice-amiral William 'Bull' Halsey, un militaire engagé et fiable.



Etsushi Toyokawa interprète l’Amiral Yamamoto, un homme sage et conscient des faits.


Tadanobu Asano interprète le Contre-amiral Tamon Yamaguchi, un militaire qui sait ce que le devoir implique.


MIDWAY est une fresque qui rend hommage aux hommes qui se sont sacrifiés pour la liberté. Ce long-métrage rend compte de la lourde perte humaine. Il dépeint le courage et la peur qui viennent se mélanger dans la folie d’affrontements spectaculaires. C’est un beau film à la fois sur le fond et sur la forme.



Copyright photos et affiches @ Metropolitan FilmExport

NOTES DE PRODUCTION
(À ne lire qu'après avoir vu le film pour éviter les spoilers !)
"Vous pourriez vous demander comment j'ai fait pour piloter mon avion malgré toutes ces embûches, en sachant que je ne reviendrais sans doute pas. Mais ces hommes étaient mes frères. J'aurais volé avec eux jusqu'en enfer".
Dick Best

Le dernier film de Roland Emmerich raconte la bataille de Midway, affrontement entre la flotte américaine et la marine impériale japonaise qui a marqué un tournant dans le Pacifique pendant la Seconde Guerre mondiale. Le film, qui s’inspire d’événements réels, revient sur l’épopée extraordinaire de ces dirigeants et de ces soldats qui, au cours de la guerre, ont témoigné d’une intuition, d’une force de caractère et d’un courage sans faille. Il s’agit là d’une histoire vraie de camaraderie, de fraternité, de bravoure et de sacrifice mettant en scène de véritables héros déterminés à assurer une victoire aux Alliés.

Six mois seulement après avoir été décimée lors de l’attaque de Pearl Harbor, la marine américaine manque d'hommes et de munitions lorsqu’elle se lance dans la bataille de Midway. Mais l’armée américaine se raccroche encore à son principal atout : la puissance de ses services de renseignement et son endurance sont totalement sous-estimées par l’ennemi. MIDWAY entraîne le spectateur dans les rouages complexes du processus de décision du haut commandement américain. Puis, le spectateur est précipité dans le cockpit d’un avion bombardier pour une expérience cinématographique au plus près de la réalité de l’une des batailles les plus importantes de l’histoire militaire des États-Unis.

Roland Emmerich est l’un des maîtres incontestés du cinéma à grand spectacle. Sa carrière légendaire est en effet jalonnée de blockbusters de science-fiction comme INDEPENDENCE DAY et des fresques historiques comme LE PATRIOTE, LE CHEMIN DE LA LIBERTÉ. Au-delà de leur style grandiose caractéristique, les films du réalisateur s'appuient toujours sur des thèmes auxquels le spectateur peut s’identifier, des personnages complexes et une palette d’émotions où perce l’espoir. MIDWAY s’inscrit résolument dans cette tradition et ce projet qui tenait à cœur à Emmerich est le fruit de près de vingt ans de travail. "Je suis vraiment fier qu’on ait eu l'occasion de raconter cette histoire car les jeunes de nos jours ne connaissent pas toujours les récits de ceux qui ont combattu pour leur liberté", dit-il. "Je pense que sans cette génération qui s’est battue au cours de la Seconde Guerre mondiale, notre monde serait bien différent. Il s’agissait d’une lutte réelle contre le fascisme. Aujourd’hui, on oublie parfois ces événements mais les films doivent perpétuer leur mémoire. On voulait rendre hommage à cette bataille et à ceux qui ont tant donné à cette époque".

Emmerich voulait raconter cette bataille emblématique en y portant un regard original et en se focalisant sur des personnages très soudés. "Le film s'attache à trois intrigues, en adoptant trois points de vue différents sur la bataille", poursuit-il. "La première intrigue concerne les pilotes à bord du porte-avions USS Enterprise, et notamment Dick Best, Clarence Dickinson et Bruno Gaido qui sont des figures marquantes. La deuxième relate le travail crucial de l’officier des renseignements de la marine Edwin Layton, d’un casseur de codes, Joseph Rochefort et de l’amiral Chester W. Nimitz à Pearl Harbor. La troisième se concentre sur les forces japonaises, l’amiral Isoroku Yamamoto et les officiers Tamon Yamaguchi, Kaku Tomeo and Chūichi Nagumo, qui sont eux aussi des figures historiques".

"La bataille de Midway est l’une des plus fascinantes histoires de la Seconde Guerre mondiale", raconte le producteur Harald Kloser, qui travaille avec Emmerich depuis plus de quinze ans. "Midway est l’événement qui a transformé la nature de la guerre dans le Pacifique, permettant de préserver la démocratie et la liberté dans le monde. C’est le jour où la liberté a été conquise".

Le scénariste Wes Tooke s’est tout d’abord entretenu du projet avec Emmerich alors qu'ils travaillaient sur un autre film. "Roland a mentionné qu’il avait toujours été fasciné par la bataille de Midway, ce qui m’a intrigué car mon grand-père avait été dans la marine", raconte Tooke. "Dès qu’il a dit ça, j’ai voulu participer au projet. Je suis passionné depuis l’enfance par l’histoire militaire, en particulier par la Seconde Guerre mondiale et le front du Pacifique. Son ampleur et le retournement de situation qui s’y est produit au cours des six mois qui séparent Pearl Harbor de Midway sont parmi les événements les plus extraordinaires de l’histoire. Je savais que Roland raconterait cette épopée de façon totalement inédite".

Le courage des jeunes hommes face au combat a réellement impressionné les producteurs. "Ce qui m’a vraiment touché, c’est la volonté et l’esprit de ceux qui ont essuyé l’attaque de Pearl Harbor. Cette bataille a inspiré nombre de récits, en particulier dans le domaine de la science-fiction pour lequel Roland est reconnu. On peut même voir dans ce film des allusions à INDEPENDENCE DAY. Mais il s’agit avant tout d’une lutte contre une idéologie qui était sur le point d'anéantir le monde", explique Shepherd.

Dennis Quaid, qui incarne l’amiral William "Bull" Halsey, était convaincu qu’Emmerich, qui l’avait dirigé dans LE JOUR D’APRÈS, était l'homme de la situation. "Roland montre au public ce qu’il n’a jamais vu auparavant et d’une manière complètement crédible", souligne-t-il. "Je savais qu’il apporterait la même magie cinématographique, son style et sa technique inimitables à ce projet qui raconte une histoire extraordinaire".

Loin d’un film de science-fiction, MIDWAY s’ancre fermement dans la réalité historique. Pour Tooke, raconter cette histoire sous un angle nouveau s'est révélé passionnant car c'était l'occasion de mieux cerner la réalité de cette bataille.

"Il y a des pans entiers de l’histoire militaire japonaise qui n’ont jamais été dévoilés aux États-Unis. Quand j’ai commencé à travailler sur ce projet, j’ai été fasciné en découvrant tout un ensemble de récents travaux de recherches qui mettaient enfin en avant les événements d’un point de vue japonais sous un angle totalement inédit – et, de surcroît, en langue anglaise", explique-t-il.

"Roland tenait à ce que tous les aspects du film soient le plus fidèles à l'histoire possible", reprend Tooke. "Tout ce qui se déroule à l’écran, sur le plan historique, s’est produit et s'avère chronologiquement exact. Ça commence en décembre 1941 à Pearl Harbor et s'achève en juin de l’année suivante à la bataille de Midway. Ce sont les six mois les plus terribles de cette guerre".

Le projet a débuté en novembre 2016. "Tout est parti d'un fantasme de Roland qui racontait des anecdotes et parlait de ce film qu’il aimerait faire", confie le décorateur Kirk M. Petruccelli, collaborateur fidèle d’Emmerich. "Je me suis rendu à Montréal avec lui au cours de différentes phases de préparation du projet pour discuter avec des chercheurs, avec le département artistique, ou encore avec mes équipes de décorateurs afin d’évaluer les moyens nécessaires à mettre en œuvre. Puis Roland a mis le turbo et a déclaré : 'On va faire ce film'. En deux mois et demi environ, on avait réuni toute la documentation dont on avait besoin et les décorateurs s'étaient mis au boulot".

Petruccelli a également visité les archives de la marine et les archives nationales à Washington pour enrichir ses sources, notamment en matière de données cartographiques, de modélisation et d'iconographie. "C’est comme ça que mes équipes se sont mises à rechercher comment construire un navire de combat et un porte-avions aussi authentiques que possible", dit-il.

Autre source inestimable : le gouvernement américain lui-même. "Si on s'attelle à un film qui implique l’armée, la première chose à faire est de prendre contact avec le service de presse du ministère de la Défense", poursuit le producteur Harald Kloser. "Ils ont aimé notre scénario parce qu’il raconte l’histoire fascinante d’une bataille historique. Ils nous ont soutenus et on a été autorisés à tourner sur des sites normalement inaccessibles, comme le sous-marin USS Bowfin ou les installations sur Ford Island et Pearl Harbor. On leur en est très reconnaissant".

"On a eu la chance de tourner à Hickam, une base aérienne de Hawaï, dans une maison abandonnée qu’on a pu reconstruire, ainsi qu’à Ford Island", confirme Mandy Moore. "On aurait dit qu’on vivait à nouveau au début des années 1940. Filmer dans ces lieux historiques, où de vraies familles ont vécu durant la Seconde Guerre mondiale apporte beaucoup d’authenticité au film. Ça permet de se sentir ancré dans la réalité et de se glisser dans la peau de son personnage".

Pour des raisons logistiques, l'équipe ne pouvait tourner intégralement en décors naturels à Hawaï mais a veillé à ce que les lieux de tournage à Montréal, en studio et décors naturels, soient aussi réalistes que possible. "Si on tourne un film historique, il faut trouver des lieux des sites d’époque ou les construire", explique Kloser. "On a dû fabriquer pas mal de décors parce qu’ils n’existent plus ou qu’ils sont trop éloignés géographiquement pour qu’on puisse y acheminer toute l'équipe".

"Tous ces décors sont des reconstitutions exactes de ce qui existait. Les cabines du mess sur le Hornet, l’Enterprise et le Yorktown sont vraiment reproduites à l’identique, dimensions comprises. Le pont d’envol est une reproduction exacte mais on a dû réduire un tout petit peu sa taille car on ne pouvait pas le faire tenir sur le plateau mais les avions et le porte-avions sont eux à échelle réelle", ajoute Petruccelli.

Deux types différents d’avions de guerre ont également été reconstitués pour le film : le SBD Dauntless et le TBD Devastator. "Le TBD n’existe plus nulle part, on a actuellement l’unique modèle au monde et il se trouve juste à l'extérieur de Truk Lagoon", déclare Petruccelli. "On a fini par écluser des blogs, examiner des modèles, passer en revue tous les livres qu’on pouvait trouver pour apprendre comment cet avion était construit. On a déniché des plans de sa structure et on l’a construit à l’identique. C’est un honneur de l’avoir et il est digne de figurer dans un musée".

"Il reste cinq SBD dans le monde mais en utiliser un vrai posait d’énormes difficultés. On est allé à Vancouver pour rencontrer des artistes fantastiques qui ont construit à la fois le bombardier SBD et le TBD Devastator", ajoute-t-il. "On voulait que l’avion soit mobile, facile à utiliser, démontable et qu’il comprenne des armes fonctionnelles, un moteur et un système d’échappement. Il devait être hyper réaliste. Ça leur a pris environ neuf semaines pour les fabriquer, ils les ont envoyés en pièces détachées à travers le pays et nous avons réalisé les finitions intérieures ainsi que les peintures extérieures à Montréal".

Filmer des scènes qui se déroulent sur le USS Enterprise, navire le plus décoré de la Seconde Guerre mondiale ayant participé aux plus grandes batailles du Pacifique, a également constitué un formidable défi. Le bateau a en effet été mis à la casse dans les années 1950 et il n’en reste que la cloche.

"Au début, on pensait tourner sur un vrai porte-avions mais on a compris que ce n’était pas faisable pour plusieurs raisons", confie Emmerich en expliquant que l’éclairage n’était pas réaliste et qu’il était impossible d'éliminer les éléments modernes. Les producteurs ont donc décidé de revenir à leur idée initiale : filmer sur un plateau entouré de fonds bleus.

"On a passé en revue une liste d’effets qui nous tenaient à cœur à Roland et moi", explique le superviseur des effets spéciaux Guillaume Murray. "Roland voulait voir des armes faire feu. Créer des vents puissants sur les ponts de décollage pour rendre l’effet des bourrasques du Pacifique comptait également à ses yeux, tout comme la saleté et la virulence des éléments déchaînés, les armes, les bateaux, la pluie et le brouillard – tout ce qui rendait difficile la vie à bord de ces navires à l’époque".

Pour ajouter au réalisme et aux embûches, Emmerich souhaitait que les acteurs exécutent leurs propres cascades. "Roland ne voulait pas de doublures cascades", déclare le chef-cascadeur Patrick Kerton. "Il voulait être certain que je pourrais satisfaire ses demandes. Au final, je n’ai eu que 20 cascadeurs avec moi et les acteurs ont tous été capables de réaliser leurs propres cascades - tout ce que je leur ai demandé en fait".

"On se serait vraiment cru à bord d'un porte-avions et les machines qui simulent le vent créaient une véritable tempête", précise Skrein. "On devait crier et s’époumoner pour se faire entendre même quand les autres étaient tout près. En plus, il y avait le son de l’artillerie lourde - l’ambiance était incroyable. On n’a pas eu à faire trop d'efforts d'imagination. On pouvait vraiment sentir la puissance de tir des armes nous résonner dans la poitrine".

La plupart des armes nécessaires pour le tournage n’existent plus. "Toute l’artillerie anti-aérienne a été jetée des bateaux en 1942", explique Murray. "Il a fallu reconstituer ces armes et pour y parvenir, on a scanné des éléments provenant de pièces de musées, on les a construites en dur, puis pour les faire tirer on s'est servi de gaz qui reproduisent les effets de tir lors de l’explosion et du recul. On a trouvé des éléments d’un canon antiaérien en Caroline du Nord, et on s’est rendu sur place pour scanner l’arme – ou plutôt ce qu’il en reste – puis on a trouvé dans le même bateau les plans d’origine du canon. Ça nous a fourni les dimensions, les formes et les mesures pour reconstituer l’arme en utilisant différentes techniques".

Les tirs devaient être réalistes tout en garantissant la sécurité de l'équipe : "C’est un mélange d’oxygène et de propane programmé pour détonner à l’aide d’une étincelle à un moment précis", poursuit-il. "Ça crée une explosion qui sort de la chambre de combustion et simule le coup de feu d’un gros calibre tel qu’il y en avait dans l’artillerie anti-aérienne".

Les équipes des effets spéciaux et des cascades ont collaboré pour que leurs efforts conjugués produisent un maximum d’effets, comme par exemple dans la scène héroïque qui montre une torpille en mouvement. "Slim Townsend, qui a vraiment existé, arrête une torpille qui s’est détachée d’un des avions sur le USS Enterprise", constate Kerton. "J’ai trouvé un cascadeur, Tyler Hall, du même âge que Tim à l’époque. Monter sur une torpille est très dangereux parce que c’est imposant, ça se déplace à toute allure et qu’il n’y a rien à quoi vraiment s’agripper".

Mais le moment clé, pour Gaido, survient quand il tire sur un pilote kamikaze depuis l’un des avions stationnés sur le pont de l’Enterprise. "Dans cette scène d'action, Nick court sur le pont, saute sur l’aile puis dans l’avion et sort cette mitrailleuse Gatlin et tire sur cet avion qui essaie de bombarder le porte-avions", commente Kerton.

"Quand Bruno abat le kamikaze se dirigeant sur l’Enterprise, on a dû couper l’avion en deux", explique Murray. "On l’a démonté et on l’a mis sur la queue : ça nous a permis de donner l’impression que l’avion dans lequel Bruno est assis et qu’il utilise pour tirer est coupé en deux par l’avion japonais qui s’écrase. Bruno saute dans l’avion, abat le kamikaze mais l’avion japonais fend la queue de l’avion de Bruno en deux et la projette au loin. On a procédé en plusieurs étapes et ça a vraiment bien fonctionné".

"On a également utilisé des images de synthèse plutôt que de simplement placer des accessoires aux endroits où devait se poser le regard des acteurs", ajoute Schulz. "Comme on est sur un porte-avions, on a besoin de voir un appareil décoller, atterrir ou s’écraser. Ces images de synthèse ont dû être programmées et les acteurs ont dû apprendre à quel moment elles interviendraient dans le film pour pouvoir réagir en fonction".

Une plate-forme à trois axes a permis à l'équipe de créer des mouvements simulant le vol des avions. "On a construit une structure métallique permettant de faire tourner la totalité de l'appareil sur lui-même, sur les côtés et de le faire piquer", commente Murray. "Ces axes sont contrôlés par des moteurs hydrauliques et des rampes d’accès eux-mêmes manipulés par ordinateur. Ça permet des mouvements précis qu’on peut répéter à volonté".

Les experts ont aussi veillé à ce que les acteurs sachent comment se comporter dans le cockpit : "On a bénéficié de l’aide d’un pilote technicien qui connait vraiment ces engins et les acteurs ont pu apprendre comment bouger et réagir par rapport à la force de gravité en fonction des manœuvres de l’appareil", précise Kerton.

"Dans les SPD, on avait des cadrans, des manettes et des émetteurs radio. On avait des casques pour se parler et des micros, détails que les spectateurs ne vont peutêtre pas remarquer mais qui sont très importants pour nous. Pouvoir commencer une scène en actionnant boutons et manettes sur un tableau de bord et avoir l’impression qu’on démarre vraiment cet engin au lieu de le simuler est très précieux", confie Keean Johnson.

Les recherches minutieuses du département artistique ont permis de fournir les vis et écrous des éléments construits pour le film, contribuant d’autant plus au réalisme. "Les outils qu’on utilise de nos jours n’étaient pas utilisés à l'époque : tous les écrous, les vis et autres outils étaient différents et ont été difficiles à dénicher. On a construit des torpilles, des avions et des pistolets avec des écrous à tête plate qui n’existent plus. Tout a été élaboré ainsi pour avoir l’air vrai à l’écran et fidèles à l’époque. Ça a été un véritable défi mais le département artistique a entrepris des recherches extraordinaires", déclare Murray.

Cette attention aux détails se retrouve aussi dans les scènes qui se déroulent au Japon. "J’ai pu voir qu’ils avaient fait des recherches sur l’art et la culture japonais", déclare Etsushi Toyokawa. La décoratrice de plateau Carolyn Louckes explique que ce respect pour la culture nippone démarque MIDWAY d'autres films du genre. "On débute le film du point de vue japonais. Ça permet d’introduire un monde de culture, de loyauté et d’honneur. Pour les scènes avec les personnages américains, l’esthétique est plus industrielle alors que l’ambiance est plus traditionnelle pour le Japon où l’on peut admirer la richesse des couleurs de leurs bateaux".

"Les Japonais naviguaient encore à bord de bateaux datant de la Première Guerre mondiale", poursuit-elle. "Ils comprenaient pas mal d’éléments en bois. Même sur le pont, il y avait de la vraie marqueterie, du cuivre et de l’ébène, ce qui donne un côté chaleureux sans compter les gants blancs portés par les officiers. Ils souhaitaient avant tout mettre en avant la beauté de leurs navires. Les Américains n'envisageaient pas leurs bateaux en ces termes".

Les décors sont également déterminants pour montrer les conditions de travail des casseurs de code. "Ils étaient au sous-sol utilisant la meilleure technologie de l’époque, l’IBM. Ils fumaient à la chaîne, se couchaient tard pour essayer de percer rapports et messages radio obscurs provenant de bases comme le nord d’Oahu à la fin de la journée", explique la décoratrice. "Il y faisait très froid parce qu’ils essayaient de protéger les machines de la chaleur hawaïenne. Il y avait de l’air conditionné qui ne marchait pas très bien et on les voit porter des pulls. On voit aussi les cendriers se remplir et les tasses à café sales s’accumuler".

Le chef-costumier Mario Davignon s'est inspiré de photographies d’époque et a également travaillé en étroite collaboration avec plusieurs consultants comme Harlan Glenn qui a écrit cinq ouvrages historiques sur l’armée et ses uniformes.

"On a passé plusieurs mois à étudier tous les personnages à fond, ce qu’ls faisaient et ce qu’ils portaient", précise Glenn. "On assiste à un vrai défilé de mode navale. Quand on se trouve à Washington, on utilise des uniformes bleus de la marine mais lors d’une remise de décoration à bord de l’Enterprise, on voit avant tout des uniformes de travail kaki. C’est l’Amiral Halsey qui disait que si quelqu’un se présentait au rapport en blanc ça lui indiquait qu’il n’était pas prêt à travailler mais s’il portait son treillis, il savait qu’il était prêt. On voit beaucoup d’uniformes classiques de la marine de l’époque de la Seconde Guerre mondiale, chemises, salopettes, le style d’alors".

Davignon explique que l’attention aux détails a été d’une importance cruciale : "Dans l’armée, les vêtements changent régulièrement et on a travaillé avec les règlements de la marine de 1941 parce que tel ou tel vêtement ne fait son apparition en réalité que six mois plus tard. Il fallait montrer qu’il s’agit du début de la guerre et on a l’impression qu’on est encore dans les années 1930", confie Davignon

"Ce sont des vêtements fonctionnels. Le tissu est un peu plus épais. Les chapeaux qu’ils portent en vol rappellent des bonnets de natation. Les poches de leur combinaison de vol sont sur les genoux pour être facilement accessibles pendant le vol. Ce degré de précision est vraiment génial", poursuit Kleintank.

"Nous portions un gilet de sauvetage, un blouson d’aviateur en cuir vraiment cool et une paire de gants", ajoute Skrein, "mais aussi une chemise kaki, un holster, un couteau et des munitions, un casque et des lunettes d’aviateur, ainsi qu’un émetteur radio. Sans les systèmes de ventilation installés sur le plateau, j’aurais vraiment eu très chaud !"

Plusieurs protagonistes ont aussi eu accès à des accessoires supplémentaires en rapport avec le caractère de leur personnage. "On a donné un peu de style au lieutenant commandant Lindsey, une écharpe qui lui prête un peu de panache", souligne Criss. "Comme les hommes à bord le surnommaient Errol Flynn, ça paraissait évident".

"J’ai eu énormément de chance de me voir attribuer de vraies Ailes [broche militaire en forme d’ailes, NdT.] de la Seconde Guerre mondiale, c’était vraiment extraordinaire", ajoute Evans. "J’avais conscience qu’elles avaient été portées par un autre homme avant moi. Ça m’a touché et rappelé quelle responsabilité m’incombait de jouer et d’incarner un grand homme".

Tout cela renvoie aux thèmes du film : loyauté, fraternité, sacrifice et courage, valeurs qui transcendent les générations. Si Roland Emmerich est connu pour ses films à grand spectacle, il sait également raconter des histoires chargées d’émotions. "Roland cerne à la fois la formidable envergure de ces batailles, la désolation et les massacres dont elles ont été responsables et révèle les trajectoires individuelles derrière les faits", commente Tooke. "MIDWAY est une véritable fresque cinématographique racontée avec une ampleur qu’on trouve habituellement dans des films de super-héros et de science-fiction", note-t-il. "Ce film utilise ces ressorts d’une façon qui n'est plus si habituelle".

"Il faut voir ce film au cinéma avec les images et la bande-son phénoménales, ressentir l’énergie des spectateurs", confirme Eckhart. "Tout a été conçu pour être vécu sur grand écran".

"MIDWAY se déploie sur l'écran d’une façon totalement inédite grâce au brillant chef d'orchestre aux commandes du projet : notre réalisateur, Roland", explique Jonas avec enthousiasme. "Je suis aussi impatient qu’un fan d’aller au cinéma et d’être complètement emporté par le film".

"Ce film vient à point nommé et compte beaucoup car on raconte les histoires vraies de vrais héros, d’hommes dont les destins héroïques ont souvent été oubliés", déclare Mandy Moore. "J’aime l’idée qu’en faisant partie de ce film nous rendons hommage à la 'génération grandiose' [appellation du journaliste Tom Brokaw qualifiant la génération née entre 1910 et 1925, celle qui a combattu pendant la Seconde Guerre mondiale, NdT.] et qu’on transmet ce morceau de l’histoire aux nouvelles générations. MIDWAY va transporter le public dans le passé".

Quaid estime également que ce récit reste d'une grande modernité car il aborde la notion de sacrifice de quelques-uns pour le bien de tous. "Les gens dans ce pays et aux quatre coins du monde ont beaucoup donné", fait-il remarquer. "Impossible, à cette époque, de trouver un pneu pour un vélo ou d’acheter de l’essence parce que tout était sacrifié pour l’effort de guerre. Chacun s'est engagé en faveur d'une cause qui le dépassait. C’est une leçon pour chacun de nous : on peut s’unir malgré nos différences".

Plus de 75 ans après ces événements historiques, Emmerich réaffirme leur importance à l’époque contemporaine. "Le film montre une Amérique qui n’était pas une super puissance et qui sortait tout juste de la Grande Dépression. Le pays a au départ essayé de rester en dehors de la guerre mais Pearl Harbor a changé la donne. C’était une époque différente : la vie était plus simple mais on devait aussi risquer sa vie pour des idéaux".

"Ce film rend hommage non seulement à l'engagement des combattants de la Seconde Guerre mondiale mais également à ceux qui continuent de mettre leur vie en péril pour nous défendre", rappelle Tooke. "Il revient sur une époque où s’exprimait un sens du patriotisme et d’unité nationale, une compréhension de nos valeurs communes, de leur singularité et où les gens avaient conscience des exploits remarquables que l’unité peut accomplir face à l’adversité".
Source et copyright des textes des notes de production @ Metropolitan FilmExport

  
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