mercredi 17 avril 2019

LA MALÉDICTION DE LA DAME BLANCHE


Épouvante-horreur/Malgré des défauts, un film de frayeur sympathique

Réalisé par Michael Chaves
Avec Linda Cardellini, Raymond Cruz, Tony Amendola, Jaynee-Lynne Kinchen, Roman Christou, Patricia Velasquez, Sean Patrick Thomas, Madeleine McGraw...

Long-métrage Américain
Titre original : The Curse of La Llorona 
Durée: 01h33mn
Année de production: 2019
Distributeur: Warner Bros. France 

Date de sortie sur les écrans américains : 19 avril 2019
Date de sortie sur nos écrans : 17 avril 2019


Résumé : La Dame Blanche. Spectre terrifiant, pris en étau entre le paradis et l'enfer, piégé par un terrible destin dont elle est elle-même l'artisan. La seule évocation de son nom sème la terreur dans le monde depuis des siècles. Quand elle était en vie, elle a noyé ses enfants dans un accès de folle jalousie, puis, dévastée par le chagrin, elle s'est jetée dans le fleuve déchaîné.

Désormais, ses larmes sont devenues éternelles. Elles sont même mortelles et tous ceux qui entendent ses appels sinistres la nuit sont maudits. Tapie dans l'ombre, la Dame Blanche s'attaque aux enfants, cherchant désespérément à remplacer les siens. Au fil des siècles, elle est devenue de plus en plus prédatrice… et ses méthodes de plus en plus terrifiantes.

Los Angeles, années 1970. La Dame Blanche hante la nuit… et les enfants.

Ignorant les avertissements d'une mère soupçonnée de violence sur mineurs, une assistante sociale et ses enfants sont projetés dans un monde surnaturel des plus effrayants. Pour espérer survivre à la fureur mortelle de la Dame Blanche, leur seul recours est un prêtre désabusé et ses pratiques mystiques destinées à repousser les forces du mal… à la frontière où la peur et la foi se rencontrent…

Méfiez-vous de ses pleurs glaçants… Elle est prête à tout pour vous entraîner vers les ténèbres. Car sa douleur ne connaît pas de répit – son âme tourmentée n'a pas droit au repos. Et il n'existe aucun moyen d'échapper à la malédiction de la Dame Blanche.

Bande annonce (VOSTFR)


Ce que j'en ai pensé l’action de LA MALÉDICTION DE LA DAME BLANCHE se déroule en 1973, alors que les événements concernant ANNABELLE et CONJURING se sont déjà produits. Cette histoire s'intéresse cette fois à un spectre féminin qui tue les enfants des autres. La légende mexicaine de la Llorona (« la pleureuse ») passe du mythe au réel sous les traits de l’actrice Marisol Ramirez, qui fait un bon travail pour nous faire croire à la malfaisance surnaturelle de ce protagoniste. Ce fantôme maléfique, qui s'en prend aux petits, doit de ce fait affronter un adversaire qui ne manque pas de ressources : les mères. La maternité est donc au centre de l'intrigue qui reste sur une corde narrative simple, mais solide. 

Pourtant, au départ, l'inquiétude peine un peu à se mettre en place. En effet, le réalisateur, Michael Chaves, nous montre des faits, mais sans nous expliquer pourquoi ils surviennent à ce moment et à cet endroit. Puis au fur et à mesure que les explications viennent combler en partie les incompréhensions et que certaines pièces du puzzle s’imbriquent, on se retrouve soucieux du devenir de la famille prise pour cible. 

Le réalisateur joue bien avec la non-croyance et l'époque des années 70 pour mettre en place un contexte qui emprisonne ses victimes. Sa mise en scène met en place les mécanismes du sursaut avec efficacité. Il utilise des rouages déjà vus maintes fois, mais comme il reste concentré sur son sujet en y apportant les éléments qu’on attend, finalement, ils fonctionnent bien. Les effets spéciaux sont convaincants et il réussit à nous proposer quelques idées novatrices pour rendre sa Dame Blanche inquiétante et impressionnante. Les changements d’ambiance transmettent les impacts de la présence maligne.


Si on passe sur les quelques incohérences qui surgissent dans le déroulement du scénario, on se laisse entraîner sans déplaisir dans cette aventure surnaturelle qui ménage des clins d’œil (l’extrait de Scoubidou fait sourire par rapport à l’actrice principale et les références à ANNABELLE ne sont jamais loin), de l'humour (il y en a peu, mais il fait mouche) et des moments d’angoisse qui sont visuellement bien amenés.

Linda Cardellini est impeccable dans le rôle d’Anna Tate-Garcia, une veuve et mère rationnelle, aimante et débordée. 


Roman Christou et Jaynee-Lynne Kinchen qui interprètent respectivement Chris et Samantha, les enfants d’Anna, sont très bons pour passer de l’innocence à la peur. Ils forment une fratrie crédible. 


Raymond Cruz renforce, dans le rôle de Rafael Olvera, le caractère mystique et dangereux de la situation tout en amenant un peu de légèreté à l’ensemble.

Copyright photos @ Warner Bros. France

LA MALÉDICTION DE LA DAME BLANCHE n’est pas exempt de défauts. Cependant, il répond aux attentes d’un film qui met l’angoisse à l’honneur avec quelques surprises inattendues et des acteurs qui nous embringue avec eux dans un univers paranormal. Il est sympa pour se faire une petite frayeur au cinéma.



  Copyright photos @ Epixod

NOTES DE PRODUCTION
(À ne lire qu'après avoir vu le film pour éviter les spoilers !)

Avant la naissance du cinéma, les hommes jouaient à se faire peur en se racontant les légendes du folklore. Et si les mythes les plus forts subsistent à travers les âges, rares sont ceux qui sont aussi terrifiants que celui de la Dame Blanche.

Une mère, une femme méprisée, une tueuse, une légende… elle est aussi la Dame Blanche qui hante les fleuves et les rivières, attendant dans l'ombre pour vous entraîner vers les ténèbres si vous vous comportez mal ou si vous vous attardez le soir… Et la dernière chose que vous entendrez alors est son cri glaçant : ¡Ay, mis hijos! (Ah, mes enfants !).

Figure emblématique du folklore latino-américain, la Dame Blanche a noyé ses propres enfants quand elle était en vie et traque désormais inlassablement ceux des autres pour les remplacer. Autant dire qu'elle a hanté les cauchemars de plusieurs générations de bambins et marqué le continent américain d'une empreinte indélébile. Tandis que la Dame Blanche a nourri d'innombrables récits à travers les siècles, son histoire n'a cessé de s'enrichir. Et même si celle-ci varie en fonction des époques et des traditions locales, une constante demeure : elle terrorise tous ceux qui entendent sa voix !

"La première fois que je suis arrivé aux États-Unis, on n'arrêtait pas de me parler de la légende de la Dame Blanche", remarque le producteur James Wan. "Quand on voit mes films, on se doute que j'adore les histoires de fantômes – ce qui est vrai – mais la Dame Blanche dépasse largement ce registre. Elle vous glace les sangs et réveille des peurs en vous que vous ne soupçonniez même pas. On comprend pourquoi elle fait à ce point partie de la vie de ceux qui connaissent son existence. Son histoire m'a obsédé et je me suis dit qu'elle pourrait être un formidable personnage de film d'horreur".

Tout comme Wan, le producteur Emile Gladstone est fasciné par le mythe de la Dame Blanche depuis qu'il l'a découvert il y a longtemps. "J'étais surtout sidéré par la richesse de sa légende, qui est aussi très émouvante, et je trouvais qu'elle constituait un personnage captivant", confie-t-il. "Quand on est producteur, on ne peut qu'être enthousiaste à l'idée de porter une telle histoire à l'écran – d'autant qu'au cinéma, on cherche à faire ressentir des émotions au spectateur et que cette légende est profondément émouvante".

Plusieurs générations de parents ont raconté le mythe de la Dame Blanche à leurs enfants – et c'est la force de ce folklore qui a guidé le réalisateur Michael Chaves. "Pendant la prépa, j'ai tenu à m'entretenir avec le plus grand nombre de gens ayant été confrontés à son histoire dans leur enfance, et même avec leurs grands-mères qui leur avaient raconté sa légende", dit-il. "Ce qui m'a fasciné, c'est que cette histoire n'est jamais racontée deux fois de la même façon. Plus on rencontrait de gens, plus on découvrait de variantes et de nuances d'une version à l'autre, mais chacune d'entre elle comportait sa part de mystère et de terreur. J'ai été extrêmement sensible à leur volonté de me faire part de leur histoire et j'ai tenu à restituer fidèlement leur expérience dans le film".

La comédienne Patricia Velasquez, elle, s'est inspirée de sa propre enfance. "J'ai grandi entre le Mexique et le Venezuela et l'histoire de cette femme qui pleure ses enfants disparus a bercé mon enfance", se souvient-elle. "Quand on était petits, on nous répétait sans cesse qu'il fallait être sage car, sinon, la Dame Blanche viendrait nous chercher. Du coup, on était très sages et on y croyait dur comme fer".

"Et croyez-moi", ajoute-t-elle avec un sourire énigmatique, "même aujourd'hui, tous ceux à qui on a raconté cette histoire quand ils étaient gamins s'en souviennent".

Elle n'est pas la seule, loin de là. "Le plus terrifiant dans cette histoire, c'est qu'on a le sentiment qu'elle pourrait se passer dans la réalité", ajoute l'acteur Raymond Cruz. "On peut s'en servir pour terroriser ses amis ou obliger ses enfants à rester tranquilles, mais des gamins ont vraiment disparu… Comme le dit Shakespeare, il y a plus de choses dans le ciel et sur la terre que l'esprit humain peut l'imaginer".

Linda Cardellini, sa partenaire, reprend : "Qu'on y croie ou pas, il y a quelque chose dans cette histoire qui ne peut vous laisser indifférent, qui que l'on soit et quel que soit l'âge auquel on y est confronté. Car, au fond, on a tous une mère, on a tous été enfants et certains d'entre nous ont leurs propres enfants".

Le projet est né lorsque Gladstone a engagé les scénaristes Mikki Daughtry et Tobias Iaconis pour commencer à réfléchir à une intrigue. Puis, il a reçu un appel téléphonique décisif. "Il m'a suffi d'entendre au bout du fil 'James' : je lui ai dit 'oui' avant même qu'il ne me donne son nom", se souvient, amusé, Gladstone. "S'il y a bien un partenaire qu'on rêve d'avoir sur un projet pareil – et qui peut lui donner une envergure inimaginable –, c'est bien James. C'est non seulement un incontestable maître du genre, mais c'est aussi un type formidable qui ne dégage que des ondes positives. Je me suis donc senti privilégié qu'il s'associe à ce film".

Quant à Wan, ce projet était l'occasion d'aller bien au-delà de sa fascination pour le mythe. "La Dame Blanche est un phénomène culturel, prisé par de nombreux grands fans d'horreur dans le monde", souligne-t-il. "Du coup, quand le projet s'est présenté, j'ai eu très envie de l'accompagner pour qu'il se concrétise et que le grand public redécouvre cette histoire sur grand écran".

Une fois que Gary Dauberman s'est engagé dans l'aventure, l'équipe de production était au complet. Restait à trouver le réalisateur. Mais quand ils ont découvert un court métrage novateur et particulièrement glaçant, intitulé THE MAIDEN, diffusé sur Internet, les producteurs ont compris qu'ils tenaient leur metteur en scène. "Il nous a littéralement stupéfaits", indique Dauberman. "Il y avait là une vraie maîtrise : avec une seule caméra et quelques subtils effets physiques, le film était terrifiant. À en juger par le style, on s'est dit qu'il avait été réalisé par quelqu'un qui aimait le même cinéma que nous – et on avait raison".

Michael Chaves était non seulement cinéphile, mais plusieurs de ses films préférés étaient signés par Wan. Du coup, se retrouver face à l'un de ses cinéastes-cultes était presque irréel. "Du début à la fin, cette aventure est l'une des expériences les plus délirantes de ma vie – et j'ai été très chanceux", signale Chaves. "James est un réalisateur extraordinaire et il m'a beaucoup soutenu. À chaque étape, il me faisait part d'idées permettant de trouver le ton juste et susceptibles de plaire au spectateur. Emile est, lui aussi, formidable : d'entrée de jeu, il s'est révélé un allié hors pair et il a joué un rôle décisif dans la concrétisation du projet. Quant à Gary, il a un sens inné de la dramaturgie et c'est un type épatant".

Le producteur exécutif Richard Brener est heureux d'accompagner le projet. "Cette légende horrifique, à la fois atemporelle et universelle, s'inscrit dans la tradition propre à New Line de produire des films d'horreur qui font appel à nos peurs les plus enfouies. Des films aux budgets divers, abordant toute une gamme de thèmes, mais qui poursuivent le même objectif : terroriser les spectateurs du monde entier", explique-t-il.
Pour le jeune cinéaste, c'était davantage qu'un rêve éveillé. "Je suis éternellement reconnaissant d'avoir pu réaliser mon premier long métrage avec une pareille équipe à mes côtés", affirme-t-il. "J'ai aussi dirigé des comédiens merveilleux, à commencer par Linda, Raymond et Patricia. C'est grâce à leur jeu que le film est aussi éprouvant et terrifiant".

DES BOUGIES DANS LES TÉNÈBRES

Au lieu de revenir sur les origines du mythe, LA MALÉDICTION DE LA DAME BLANCHE raconte une histoire inédite qui nous plonge dans le Los Angeles de 1973 : on y fait la connaissance d'Anna Tate Garcia, assistante sociale et mère célibataire, qui n'a jamais été confrontée à la créature légendaire menaçant désormais sa famille.

Sollicitée pour le rôle, Linda Cardellini a immédiatement été séduite par cette héroïne d'une grande complexité. "Ce qui m'a plu dans le scénario, c'est qu'il ne s'agissait pas de jouer l'épouse ou la soeur du protagoniste", dit-elle. "Il s'agit d'une femme qui se bat de toutes ses forces pour préserver sa famille et qui est prête à aller très loin pour protéger ses enfants. J'ai été sensible au fait qu'on vive cette histoire à travers son regard. Et j'avoue que la perspective de tourner dans un pur film d'horreur m'emballait".

Grand admirateur de la comédienne, Wan était enchanté de savoir qu'elle avait donné son accord. "Linda a un immense talent et une présence folle à l'écran, et pourtant, quand je la vois au cinéma, j'oublie toujours que c'est elle car elle se fond totalement dans ses personnages", témoigne-t-il. "C'était donc une grande chance qu'elle ait accepté de tourner dans notre film".

Anna a perdu son mari, inspecteur de police du LAPD, au cours d'une mission. Elle élève désormais seule ses deux enfants en bas âge, Chris (Roman Christou) et Samantha (Jaynee-Lynne Kinchen). Bien qu'elle soit très investie dans son travail, elle fait tout son possible pour être présente auprès de ses enfants et, grâce au soutien de Cooper (Sean Patrick Thomas), partenaire de son mari défunt, elle tente de combler le vide laissé par leur père.

Assistante sociale travaillant pour les services sociaux de la ville, Anna est souvent envoyée dans des familles en difficulté afin de veiller au bien-être des enfants maltraités et d'assurer leur sécurité. Et même si elle est suffisamment aguerrie pour s'attendre aux situations les plus catastrophiques, rien n'aurait pu la préparer à ce qu'elle s'apprête à découvrir chez Patricia Alvarez.

Patricia redoute la Dame Blanche depuis toujours et elle sait que si elle veut mettre la main sur vos enfants, elle ne reculera devant rien pour y parvenir. "Dans notre film, la Dame Blanche est présente pendant trois jours et trois nuits", indique Patricia Velasquez qui porte le même prénom que son personnage. "Elle est de plus en plus redoutable à chaque nuit qui passe – et c'est à présent la toute dernière nuit de Patricia".

Si le cauchemar d'Anna ne fait que commencer, Patricia Alvarez nage en pleine horreur. Gladstone s'explique : "Les enfants de Patricia ont été repérés par la Dame Blanche, si bien que leur mère les cache dans un placard. Bien entendu, lorsqu'Anna découvre les garçons enfermés dans le placard, elle réagit comme toute personne dans sa situation le ferait : elle les emmène avec elle et les place dans un foyer… et les conséquences sont catastrophiques".

"On dit que l'enfer est pavé de bonnes intentions", intervient Linda Cardellini. "Je crois qu'Anna est bien intentionnée quand elle se rend chez Patricia. Mais, chemin faisant, elle condamne sa famille et elle se condamne elle-même. C'est une situation franchement terrifiante pour n'importe qui".

Voir les deux comédiennes s'affronter a été l'une des grandes révélations du film pour le réalisateur. "Linda et Patricia sont mères dans la vraie vie – et il s'agit de deux rôles éprouvants pour une mère", remarque Chaves, "mais elles ont toutes les deux joué le jeu à fond ! Elles puisent dans des émotions à la fois profondément humaines et instinctives, si bien que c'est tout simplement fascinant à voir".

"Linda est une comédienne époustouflante, elle était totalement naturelle avec les enfants sur le plateau, on sent que son instinct maternel vient de ses tripes – et c'est très fort", poursuit le réalisateur. "Le personnage de Patricia fait écho à celui de Linda, sauf que l'une est au début du voyage et l'autre à la fin… Il s'agit d'une femme qui va perdre ses enfants, et Patricia a puisé au plus profond d'elle-même en creusant sa part d'ombre et en faisant ressortir son désespoir. Et au moment où on dit 'Coupez !', elle redevient la charmante et lucide jeune femme qu'elle est. Son jeu est tout bonnement extraordinaire".

Patricia Velasquez reconnaît que la trajectoire de son personnage l'a poussée dans ses ultimes retranchements. "Même si c'est un film d'horreur et que les situations ne sont pas toutes réalistes, pour nous, en tant qu'acteurs, les scènes que l'on joue ont l'air très réel. Tourner avec des enfants vous rend très vulnérable. D'une certaine façon, c'est positif car cela vous facilite le travail. Mais, d'un autre côté, cela peut s'avérer terrifiant. C'est formidable de tourner sous la direction d'un réalisateur avec qui on noue une relation de confiance. Michael est très jeune, ce qui ne l'empêche pas de savoir exactement ce qu'il veut et comment y parvenir – et il n'hésite pas à vous pousser dans vos retranchements. En tant qu'actrice, j'aime ne pas avoir à être dans la retenue".

Linda Cardellini ajoute : "Il y a des passages du film qui, en tant que mère, sont difficiles à regarder. Michael a un grand sens de la mise en scène et il est tellement ouvert aux propositions qu'on fait un vrai travail d'équipe. Il souhaitait cerner la vérité de cette histoire, et donner à sentir ce qu'on pouvait éprouver en vivant ces terribles événements. Du coup, on prenait un grand plaisir à jouer ces scènes particulièrement éprouvantes".
Suite à la tragédie qui a frappé Patricia, les ténèbres s'abattent sur sa maison et plus elle cherche à obtenir des réponses à ses questions, plus elle bascule dans la sphère terrifiante de la légende. "On pourrait croire que c'est du folklore", intervient Chaves, "ou de la superstition, mais il s'avère rapidement que la Dame Blanche est très, très réelle… et qu'elle vient désormais chercher les enfants d'Anna".

Mais elle ne les obtiendra pas sans se battre. "Même si elle a beaucoup de mal à l'accepter", souligne Linda Cardellini, "Anna ne peut plus nier qu'une présence fantomatique poursuit ses enfants – et elle va devoir l'affronter, seule, pour les protéger. L'Église ne peut pas lui venir en aide et elle sait que la police ne la croira pas. Face à ce redoutable danger, elle doit trouver les ressources en elle et prouver qu'elle est plus forte qu'elle ne l'imaginait. Sinon, elle risque de perdre ses enfants à jamais".
Ce qu'elle ignore cependant, c'est qu'elle peut compter sur un allié inattendu pour mener ce combat. Un allié doté d'une vraie stratégie.

LE GUÉRISSEUR

Prêtre défroqué, Rafael Olvera a quitté l'Église pour se mettre au service de ses fidèles en leur prodiguant un soutien spirituel : il est devenu guérisseur. Dès l'instant où Anna et ses enfants pénètrent dans sa boutique, Rafael comprend, rien qu'à leur regard traumatisé, qu'ils sont aux abois.

"Anna est dans l'oeil du cyclone et Rafael est là pour calmer la tempête", précise Raymond Cruz qui campe Olvera. "Cette femme est face à un terrible danger. Ses enfants sont menacés et son foyer est en état de siège. Pour combattre cette force maléfique, elle a besoin de quelqu'un à même de lui donner des clés sur cette présence terrifiante – et qui y croit".

Pour incarner cet homme qui se décrit comme un "renégat de Dieu", Chaves avait Raymond Cruz en tête depuis le début. "Je voulais qu'on ait le sentiment que Rafael peut se révéler dangereux, ou qu'il ne soit pas digne de confiance, car au fond Anna doit prendre sur elle pour accepter de croire à un mythe auquel elle refusait de croire jusque-là", reprend le réalisateur. "Ce qui est formidable chez Raymond, c'est que c'est un type bienveillant et décontracté dont on ne peut soupçonner la part de folie et de perversité. Mais il s'est emparé du rôle et a été brillant".

Cruz a été très sensible à l'enthousiasme de Chaves. "On tournait des scènes complexes et tout se passait bien", se souvient-il. "Et puis, on entendait Michael derrière le combo qui s'enthousiasmait tout haut sur la scène au moment même où on était en train de la tourner. C'est grâce à cet enthousiasme qu'on a vraiment vécu ce tournage comme une expérience magnifique".

Si Rafael doute autant des motivations d'Anna que celle-ci des méthodes du premier, la perspective du combat lui semble irrésistible. "Rafael traque la Dame Blanche depuis toujours", signale le réalisateur. "Il ne s'est jamais retrouvé face à elle, mais il se prépare à l'affronter depuis longtemps".

"Ils partent en guerre pour sauver les enfants", reprend Cruz, "non seulement physiquement, mentalement et émotionnellement, mais aussi spirituellement : c'est un combat pour sauver leur âme. Et leur unique chance de terrasser les forces des ténèbres, c'est de fonctionner en équipe".

C'est la troisième nuit pour La Dame Blanche – et une deuxième chance ne se représentera plus.

PURIFICATION SPIRITUELLE

Pour respecter les traditions qui ont inspiré le film – et afin d'éviter de prendre le moindre risque –, la production, en amont du tournage, a fait venir un prêtre et un guérisseur pour garantir à l'équipe la plus grande protection spirituelle.

Après la bénédiction du prêtre, le guérisseur a organisé une cérémonie de purification spirituelle, en se servant de la fumée dégagée par de la sauge en train de brûler afin de débarrasser le plateau – et de tous ceux y travaillant – des énergies négatives. "C'était ma première cérémonie de purification", reconnaît Chaves, "et ça a été une leçon d'humilité. On a tous senti une grande force qui émanait de ce rituel. C'est devenu un moment de grande méditation qui nous a tous touchés".

"C'était bien que ces gens viennent bénir le plateau avant d'entamer le tournage", reprend Linda Cardellini. "Il y a toutes sortes d'événements qui se produisent sur un plateau, et des gens qui tombent malades, et on se demande toujours si ce type d'incident peut avoir des répercussions sur le tournage. C'est un film très sombre et c'était réconfortant d'y apporter un peu de lumière avant de s'engager dans cette aventure".

LA MALÉDICTION DE LA DAME BLANCHE a été entièrement tourné en décors réels, à Los Angeles et dans ses environs. La maison d'Anna, notamment, a été dénichée dans le quartier de West Adams. Plusieurs décors intérieurs et extérieurs ont été construits dans un espace polyvalent à proximité.

Pour évoquer l'atmosphère empreinte de nostalgie de 1973, Chaves s'est entouré du directeur de la photo Michael Burgess, de la chef-décoratrice Melanie Jones et de la chef-costumière Megan Spatz. "Un film est le fruit d'un vrai travail d'équipe, si bien que je tenais à donner à chacun de mes chefs de poste autant de liberté artistique que possible", relate le réalisateur. "Je me disais que plus on leur laissait de marge de manoeuvre, meilleur était le résultat. Et ils se sont tous surpassés".

C'est la première fois que Burgess est chef-opérateur sur un long métrage. Cadreur aguerri, il venait de participer au tournage d'AQUAMAN quand Wan l'a recommandé auprès de Chaves. "Mike est un très bon ami et un fidèle collaborateur", témoigne le réalisateur. "Ce film est une production modeste dont le plan de tournage était très serré, et il a réussi à lui donner une véritable ampleur visuelle. Il a un don instinctif lui permettant de tourner des images reflétant l'identité même d'un lieu ou d'un décor".

Burgess précise : "C'était une expérience formidable et j'ai été enchanté qu'on m'offre pareille opportunité. Mike favorise le travail d'équipe, si bien qu'avec lui, on ne s'ennuie jamais ! Au cours de la prépa, on avait l'habitude de passer toutes les scènes en revue, et on avait des idées de plans et d'éclairage. Il a un grand sens de l'image, il connaît la grammaire cinématographique et il sait faire en sorte d'instaurer un climat fantastique où tout a l'air normal, mais où rien ne semble l'être vraiment. Et ça a continué comme ça tout au long du tournage. On se demandait tous les jours comment on allait bien pouvoir terroriser le spectateur !"

Parmi les trouvailles visuelles les plus inquiétantes imaginées par Chaves et Burgess, le mouvement et l'absence de lumière dans le décor principal du film – la maison d'Anna et de ses enfants – étaient déterminants. Il s'agissait donc de dénicher le bon décor en priorité.

Par chance, Melanie Jones avait repéré une maison victorienne de deux étages dans le quartier de West Adams qui correspondait aux critères de la production. Malgré la présence d'étudiants qui occupaient le premier étage tout au long du tournage, "le plan de la maison était parfait et elle a beaucoup plu aux deux Michael (le réalisateur et le chef-opérateur)", indique Melanie Jones. "Elle avait un cachet incomparable. Par rapport à la plupart des maisons victoriennes ornées de boiseries très sombres, celle-ci était dans des tons de chêne clair. On s'y sentait bien et on avait le sentiment qu'on y avait vécu, si bien qu'on pouvait donner sans mal l'impression qu'une famille habitait les lieux depuis vingt ans".

Pour chaque élément de décor, Melanie Jones et son équipe se sont plongées dans les magazines et les photos de l'époque et ont visionné d'innombrables films situés dans le Los Angeles du début des années 70. "On campait le cadre dans lequel Anna et ses enfants ont vécu", explique Melanie Jones. "Et, comme dans n'importe quelle famille, on y trouve quantité d'objets accumulés par les enfants au fil des années et des affaires du mari d'Anna – comme si plusieurs années de vie s'étaient sédimentées dans cet espace. Melanie avait une idée très précise du rendu visuel et la palette de tons chaleureux qu'elle nous a proposés correspondait bien à la période et à ce que j'aime. Il fallait qu'il y ait des imperfections et qu'on sente la présence de matières – et elle a su transposer cette réalité à merveille".

Mais la maison devait aussi susciter la terreur. "À la nuit tombée, il fallait qu'un sentiment d'épouvante gagne le spectateur : les portes grincent, les parquets craquent, les fenêtres mal isolées laissent passer les courants d'air, et cette maison réunissait toutes ces caractéristiques".

Comme l'indique Dauberman, les talents conjugués de Burgess et Melanie Jones ont achevé d'obtenir l'effet recherché. "Michael Burgess a signé une très belle photo", note-t-il, "et Melanie et son équipe lui ont offert le cadre idéal pour susciter l'épouvante avec ce qu'on ne voit pas. En pénétrant sur ce plateau, on avait vraiment le sentiment d'entrer chez quelqu'un. Mais quand les lumières s'éteignent, on se demande qui donc se tapit dans l'ombre, prêt à vous sauter dessus. Il fallait que la maison contribue à raconter l'histoire et, grâce à l'équipe, on a franchement le sentiment qu'elle est habitée, qu'on y est en sécurité… mais aussi en danger".

Une impression sans doute renforcée par la sensation que la maison était hantée. "Le propriétaire pensait qu'il y avait là une présence et, vers la fin du tournage, toute l'équipe ou presque en était convaincue", raconte le réalisateur. "Il s'est en effet passé d'étranges incidents : certains ont entendu des chuchotements, d'autres ont vu des objets bouger. Et même si j'étais le plus incrédule, j'ai fini par reconnaître, moi aussi, qu'il y avait sans doute une force dans l'ombre !".

Par une chaude journée d'été, le fantôme de la propriété s'est manifesté. "On tournait dans la cuisine et on étouffait", reprend Chaves. "Tout à coup, on a ressenti un froid polaire parcourir la maison – et ce n'était pas une petite brise, c'était un vent glacial. On a tous totalement flippé. Il régnait un calme mortel. Et quelqu'un s'est tourné vers moi et m'a dit : 'on n'est pas seuls'. Donc, oui, je dirais que ces lieux étaient hantés".

Raymond Cruz a utilisé plusieurs accessoires personnels pour camper le guérisseur, à l'instar d'un bracelet en tourmaline noire qu'il avait acheté pour se protéger contre les esprits maléfiques. Et il se trouve qu'il en a eu besoin. "On tournait le premier affrontement de Rafael avec la Dame Blanche, quand on découvre son allure spectaculaire", se remémore le comédien. "Tout à coup, le bracelet a volé en éclats. Il y avait des perles partout. Que se passait-il donc ? On s'est tous précipités pour ramasser les perles et… trois d'entre elles avaient été coupées en deux. Il s'agissait d'un bracelet de bonne qualité et les perles étaient très dures. Je ne l'avais pas touché et il ne s'était pas accroché à mes vêtements. Ç'avait été provoqué par la force présente dans la maison".

Pour mettre en scène les rituels de Rafael, la production s'est abondamment documentée sur l'art des guérisseurs – le "curanderismo" – qui joue un rôle décisif dans la bataille. Selon le réalisateur, originaire de Los Angeles, les nombreux guérisseurs qui lui ont ouvert leurs portes lui ont révélé un pan essentiel de la culture de ses ancêtres qu'il ne soupçonnait pas. "Quand on vit à Los Angeles, on est entouré de 'curanderos' – de guérisseurs", dit-il. "Tous ceux avec qui on s'est entretenu ont été très généreux et nous ont parlé de leurs origines, de leurs croyances et de ce qu'ils avaient vécu. On leur a même demandé comment ils s'y prendraient, eux, face à la Dame Blanche. Ils ont inspiré Raymond dans son jeu et lui ont permis de mieux cerner le personnage de Rafael".

Cruz, qui s'est immergé dans ce monde, n'a pas eu le sentiment de perdre son temps. "Je manie énormément d'accessoires dans le film et chacun d'entre eux a une fonction bien particulière, et il faut savoir l'utiliser, qu'il s'agisse de la Bible, du crucifix, du chapelet, de la sauge, du 'palo santo', des oeufs, des graines de flamboyant. On tenait à ce que le spectateur ait le sentiment que ce combat a vraiment lieu. Ces objets font partie de l'arsenal personnel de Rafael lui permettant d'affronter cette présence maléfique, si bien que chacun d'entre eux devait être authentique".

DE L'INTERPRÉTATION À LA CRÉATION DE LA DAME BLANCHE

Le personnage sans doute le plus important du film est aussi celui qui a donné le plus de fil à retordre à la production. "Comme le dit James, la force d'un film tient beaucoup au monstre", relève Gladstone. "On pouvait réunir les plus grands comédiens de tous les temps – mais si notre Dame Blanche n'était pas à la hauteur de ce mythe ancestral, le film ne tiendrait pas la route".

Or, ce qu'ignorait la production, c'est que l'interprète se dissimulait dans les enregistrements des auditions déjà en sa possession. Marisol Ramirez avait fait une lecture pour le rôle finalement campé par Patricia Velasquez, mais, après un deuxième visionnage, il était évident qu'elle était faite pour un autre personnage. "Il y avait une folie dans son jeu qui nous a bluffés", se souvient Chaves. "Elle avait passé une audition pour Patricia, mais la férocité bestiale et la noirceur qu'elle insufflait à son jeu correspondaient totalement à ce qu'on cherchait pour la Dame Blanche".

Malgré les séances de trois heures de maquillage et de coiffure, à raison de deux fois par jour, Marisol Ramirez était enchantée par cette expérience. "J'ai toujours rêvé de jouer le monstre dans un film d'horreur", avoue-t-elle. "Mais la possibilité d'incarner cette créature légendaire qui a accompagné notre enfance dépassait toutes mes espérances".

La Dame Blanche est née du jeu de Marisol Ramirez, mais aussi du travail des différents chefs de poste, à commencer par le maquilleur effets spéciaux Gage Munster.

Pour le réalisateur, qui avait envisagé de devenir maquilleur, sa collaboration avec Munster et Wan pour mettre au point l'allure du monstre a été l'un des temps forts du tournage. "J'étais une vraie midinette !", reconnaît-il. "Gage est un artiste à part entière, James est un créateur de monstres mythique, et on a travaillé avec une équipe de coiffeurs et maquilleurs hors pair. Je buvais leurs paroles et j'apprenais…".

Mais le respect pour le symbole que représente cette créature aux yeux de nombreuses personnes a été prépondérant. "C'est une histoire sacrée", poursuit le réalisateur. "Ceux qui connaissent la Dame Blanche depuis l'enfance se figurent à quoi elle doit ressembler. Et pour ceux qui ne la connaissent pas, nous avons mis au point une toute nouvelle créature monstrueuse qui vient enrichir le panthéon du cinéma d'horreur. Personne n'a pris ce travail à la légère – et nous espérons que notre réinterprétation de la Dame Blanche témoigne de notre respect pour ses origines, tout en étant digne d'un monstre du XXIème siècle".

Le jeu de Marisol Ramirez a, bien entendu, été essentiel dans la création du monstre. Le rituel, d'une durée de trois heures, consistant à appliquer – puis à retirer – le maquillage, les fausses dents, les mains, les extensions capillaires, le gel, l'eau et les lentilles de contact était "intense, excitant et formidablement évocateur", selon elle. "Michael est un type merveilleux et bienveillant, et il vous soutient. De même, tous mes partenaires ont été épatants. Les séances de maquillage et de coiffure étaient parfois éprouvantes, mais ont profondément contribué à ma métamorphose. En tout dernier, je mettais les lentilles de contact, et dès que c'était fait, j'avais vraiment la sensation de plonger dans un tout autre monde".

"Elle avait toujours le sourire", souligne Chaves. "Dès qu'elle était débarrassée de ce maquillage, elle était adorable, drôle et chaleureuse. Mais sur le plateau, elle nous glaçait les sangs !"

La comédienne a vécu l'un des moments les plus marquants du tournage au cours de sa première journée. "On tournait dans un quartier majoritairement latino de Los Angeles et des jeunes passaient d'une maison à l'autre pour se faire offrir des bonbons à l'occasion d'Halloween", se souvient-elle. "Je suis sortie de ma caravane, maquillée et habillée, au moment même où un petit garçon a échappé à la vigilance de sa mère et a commencé à traverser la rue. Comme il y avait des voitures qui arrivaient, je me suis précipitée et l'ai attrapé avant qu'il ne se fasse renverser. On en a tous eu le souffle coupé et on était comme pétrifiés. Certains jeunes hurlaient et le gamin que j'avais attrapé s'est mis à crier : 'La Dame Blanche !'".

La robe de la Dame Blanche devait, lui aussi, produire son effet. "C'est, comme son nom l'indique, une dame tout de blanc vêtue", précise Chaves. "Sa robe fait partie intégrante de l'iconographie du mythe et Megan Spatz a été visionnaire en restituant l'impression d'une présence fugace, tout en créant un monstre palpable et marquant".

Megan Spatz a apprécié la confiance et la liberté que Chavez lui a accordées, ainsi que la collaboration généreuse de l'équipe. "On voulait tous que la Dame Blanche soit atemporelle, si bien qu'il était primordial de comprendre l'effet qu'elle produit sur les gens", indique la chef-costumière. "Je me suis largement inspirée de la culture, de l'art et du graphisme latino et, du coup, la robe est une sorte de composite de références diverses".

Pour donner le sentiment que "la boue du fleuve" s'accroche à la robe, et que celle-ci est "vieille de plusieurs siècles", Megan Spatz s'est inspirée des installations sous-marines de Jason deCaires Taylor. "Il a créé des sculptures d'êtres humains qu'il a ensuite plongées au fin fond de l'océan", explique-t-elle, "et a laissé la vie sous-marine prendre le relais. Résultat : ces magnifiques structures décrépites, couvertes d'algues et de coraux, qui donnent l'impression qu'elles ont toujours été là".

Au final, "le rendu est à la fois simple et traditionnel, mais il y a là comme une sourde menace indiquant que cette femme est redoutable".

Marisol Ramirez était enchantée de participer à la création du personnage. Comme pour des millions d'autres qu'elle, la Dame Blanche continue de nourrir son imagination. "Je suis très fière d'avoir participé à un film qui raconte une histoire – importante pour beaucoup d'entre nous – destinée aux spectateurs du monde entier", déclare-t-elle. "J'espère que ceux qui connaissent sa légende auront le sentiment de la retrouver à l'image".

"La Dame Blanche est ancrée dans notre culture", poursuit la comédienne. "À nos yeux, elle est très réelle et elle est tapie dans l'obscurité. Ce qui m'a plu dans ce film, c'est qu'il permet de découvrir une figure mythique, bien à l'abri dans la salle de cinéma".

"Mais si vous allez voir ce film, ne prenez pas que du pop-corn et des bonbons", avertit Raymond Cruz. "Prenez un crucifix, de l'eau bénite, et si vous disposez d'un bracelet en tourmaline noire, emportez-le aussi avec vous. La Dame Blanche nous flanque la trouille depuis toujours. Maintenant, c'est à votre tour. Préparez-vous !".

Pour Linda Cardellini, la montée d'adrénaline en vaut la peine. "Si vous aimez avoir peur, je crois bien que vous allez vous éclater, car dès l'instant où le film commence à distiller son angoisse, il ne vous lâche plus – jusqu'à la dernière image".

C'était le but recherché, indique Michael Chaves. LA MALÉDICTION DE LA DAME BLANCHE était l'occasion de réaliser le genre de film qu'il aimait quand il était petit – et qu'il aime toujours aujourd'hui. "Quand on voit un film d'horreur, on réagit soit par le combat, soit par la fuite", analyse-t-il. "Tout le monde est sur ses gardes, mais on vit une phase de tension qui s'étire, encore et encore. À un moment donné, il faut baisser la garde. C'est alors que le film vous emporte en vous terrorisant sans relâche".

"C'est exactement ce que je voulais faire ressentir au spectateur – qu'il soit cramponné à son siège, puis qu'il sorte de la projection, heureux et le sourire aux lèvres", conclut-il. "C'est pour cette raison qu'on va voir ce genre de films et c'est ce qui les rend aussi exaltants".

Source et copyright des textes des notes de production @ Warner Bros. France

  
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