mercredi 19 décembre 2018

AQUAMAN


Action/Aventure/Fantastique/Un impressionnant spectacle visuel, non dénué de défauts, mais qui assume très bien son statut de blockbuster sympathique

Réalisé par James Wan
Avec Jason Momoa, Amber Heard, Willem Dafoe, Patrick Wilson, Nicole Kidman, Dolph Lundgren, Yahya Abdul-Mateen II, Temuera Morrison...

Long-métrage Américain
Durée : 02h24mn
Année de production : 2018
Distributeur : Warner Bros. France

Date de sortie sur les écrans américains : 21 décembre 2018
Date de sortie sur nos écrans : 19 décembre 2018


Résumé : Les origines d’un héros malgré lui, dont le destin est d’unir deux mondes opposés, la terre et la mer. Cette histoire épique est celle d’un homme ordinaire destiné à devenir le roi des Sept Mers.

Bande annonce (VOSTFR)



Extended Video (VOSTFR) - Jason Momoa / Amber Heard



Featurette (VOSTFR)


Ce que j'en ai pensé : avec AQUAMAN, le réalisateur James Wan se fait plaisir. Il insère des dizaines de références à la pop culture dans son film. Il insuffle un côté épique à cette histoire grâce à des scènes visuellement spectaculaires qui proposent une dynamique et des points de vue différents les rendant très cools. Il est parfois victime de son intention de faire dans le super fun et le trop-plein d'effets visuels joue alors en la défaveur du rythme. De même, il n'évite pas quelques incohérences. Cependant, il équilibre assez bien les moments d'action pure et les moments de connexion entre les personnages. 

Le scénario explore des thématiques qui ne cache pas leurs messages écologique et humaniste, ce qui est très bien, même si ce n'est pas très original. Les intrigues familiales et sentimentales sont assez convenues, mais l'ensemble se tient, est cohérent et la narration se suit sans peine, le réalisateur ne perd jamais le spectateur. 

Les acteurs sont convaincants, notamment Jason Momoa qui allie une présence physique forte doublée d'une personnalité sympathique qui navigue entre je m'en foutisme et intérêt basé sur de bonnes intentions le tout emballé dans une bonne dose d'auto-dérision et d'humour. 



Autour de lui Amber Heard, qui interprète Mera, Nicole Kidman ,qui interprète Atlanna, Temuera Morrison, qui interprète Tom Curry, Willem Dafoe, qui interprète Vulko, ou encore Patrick Wilson, qui interprète le roi Orm, sont des seconds rôles solides qui aident à construire un cadre narratif et nous permettent de nous intéresser au sort des protagonistes. Il y a aussi une histoire parallèle autour de l'ennemi juré d'Aquaman qui forme un lien direct avec les bandes dessinées DC Comics.

Copyright photos @ Warner Bros. France

AQUAMAN impressionne par sa volonté d'être un blockbuster bourré d'effets spéciaux et ultra divertissant, ce qu'il est de façon assumée et si on aime ça, le résultat est fort sympathique. Il y a quelques scènes qui se distinguent et donnent à ce long-métrage un petit supplément d'âme. Bien que sur le fond, le scénario ne soit pas novateur, sur la forme, le réalisateur assure un vrai spectacle qui nous entraîne dans le récit d'origine de ce super-héros. D'ailleurs, au moment du générique de fin, ne partez pas tout de suite puisque le film se prolonge un tout petit peu.

NOTES DE PRODUCTION
(À ne lire qu'après avoir vu le film pour éviter les spoilers !)

LE DESTIN DE DEUX MONDES REPOSE ENTRE LES MAINS D’UN SEUL HÉROS

Dans AQUAMAN, la quête d’Arthur Curry pour unifier deux mondes commence par un défi qui met à l’épreuve son courage et la force de ses convictions : retrouver le Trident Perdu d’Atlan. Seul le véritable roi de l’Atlantide peut le manier, mais pour le trouver, il doit d’abord faire équipe avec Mera, Princesse du royaume sous-marin de Xebel, pour un périple semé d’embûches entre terre et mer.

Le premier problème d'Arthur, c’est qu’il n’a aucune envie d’être la solution aux problèmes des autres – qu’ils soient Atlantes ou humains. Jusque-là, il était heureux de vivre comme une sorte de loup solitaire surpuissant : il choisissait ses propres batailles aquatiques, et évitait de se mêler à la moindre guerre civile à l’échelle planétaire. Le réalisateur visionnaire James Wan était enchanté d’entreprendre le premier long-métrage consacré intégralement à ce personnage complexe. “Aquaman est extrêmement puissant, et avec lui l’action prend une dimension quasi-divine. Mais ce qui me plaît le plus chez lui, c’est que c’est sa dimension humaine qui le fait avancer”, déclaret- il. “Ce qui m’importe avant tout, c’est l’histoire que je raconte, et le fait que le public s’attache aux personnages et ait envie de les suivre dans leurs aventures”.

Le producteur Peter Safran, qui a souvent collaboré avec James Wan, explique : “James savait quelle histoire il voulait raconter, sur quel ton et avec quel rendu visuel, et il ne s'est jamais écarté de son projet de départ”.

L'acteur incarnant le rôle-titre, Jason Momoa, compose un personnage auquel on peut s’identifier, en masquant les faiblesses d’Arthur et en accentuant son côté dur à cuire et sarcastique. Il apporte ainsi à ce nouveau super-héros DC Comics son style d’humour tout à fait singulier. “Le scénario retrace un magnifique récit de ses origines : on s'attache au jeune enfant qui découvre ses pouvoirs, puis à l’homme qui se lance dans une aventure pour devenir roi. Mais le personnage a aussi un côté plus joyeux qu’on retrouve tout au long du film, même quand il se bat pour sa survie au cours de la guerre sous-marine intergalactique que James Wan met en scène avec brio”, raconte Jason Momoa. ”Les super-héros et les méchants sont l’incarnation de nos plus belles qualités et de nos pires défauts”, ajoute Amber Heard, qui campe Mera. “Cette dualité parle à tout le monde, en particulier aux enfants qui sont encore plus réceptifs que les adultes à ces questions”. Bien qu’on trouve jusqu’à présent davantage de héros de cinéma masculins, l’actrice a été enchantée de découvrir une telle parité dans le scénario d’AQUAMAN. “Il forment une équipe dès le début, et malgré leurs personnalités très combatives, ils aiment aussi se taquiner avec humour et se conservent toujours un respect mutuel. Il n’y a pas de doute sur le fait qu’ils vont devoir travailler tous les deux main dans la main pour qu’Arthur puisse accomplir son destin”.

Les lecteurs de BD ont découvert Aquaman pour la première fois en 1941, mais l’histoire racontée par James Wan et son producteur exécutif Geoff Johns est largement inspirée par l'album de Geoff Johns “Aquaman” issue de “Renaissance DC”, une série lancée par DC Comics en 2011 pour faire renaître toute sa galerie de super-héros. “Geoff a une connaissance fouillée de l’histoire d’Aquaman et des super-héros DC”, reconnaît Peter Safran. “Il était partant pour collaborer avec James et raconter notre propre version de l’histoire d’Arthur”.

Geoff Johns remarque : “Arthur a grandi sur la terre ferme et n’a eu connaissance de son héritage que des années plus tard, quand il a découvert l’Atlantide et sa fascinante société sous-marine, les mystères de l’océan et de ses créatures merveilleuses, qui peuplent notre planète mais semblent aussi étranges que si elles arrivaient tout droit de l’espace. James y a été sensible et s’est rendu compte qu’Aquaman – dont l’histoire est aussi celle d'un individu qui cherche à retrouver ses origines et accepter son héritage – est inséparable de son environnement. C’est le cas de tous les héros de DC Comics : le parcours de chacun de ces personnages emblématiques se déroule sur une vaste toile de fond. James avait une idée précise de ce que pouvait donner le monde fantastique d’Aquaman à l’écran”.

Les scénaristes David Leslie Johnson-McGoldrick et Will Beall ont écrit cette histoire hors du commun : “James voulait avant tout que le film raconte l’histoire passionnante d’une quête à travers le monde”, affirme David Leslie Johnson-McGoldrick.

Ceci étant dit, la famille est un des principaux sujets du film. Aquaman hérite des pouvoirs de sa mère et de l’humanité de son père, deux personnes qui viennent de mondes totalement opposés et qui sont tombés amoureux contre toute attente. Il est le fruit de cet amour sacrifié : comment peut-il trouver sa place ?

Les parents d’Arthur ont vécu une histoire d’amour interdite. Arthur le vit comme un affront personnel et en a gardé toute sa vie l’impression d’être un étranger. La mère d’Arthur, la reine Atlanna, a abandonné sa famille après une violente attaque contre leur foyer, au cours de laquelle elle a pris conscience qu’elle représentait un danger pour son fils aîné. Arthur ne se rendra compte que plus tard qu’elle lui a transmis des dons inestimables. Grâce son ADN atlante, Arthur découvre au cours de son enfance qu’il possède de nombreux pouvoirs surhumains : il peut respirer sous l’eau, nager à une vitesse phénoménale, supporter la pression des profondeurs abyssales – ce qui le rend quasi invulnérable – et "parler aux poissons", autrement dit communiquer par télépathie avec des espèces sous-marines.

Outre ces prouesses aquatiques, il possède des facultés surhumaines sur la terre ferme : une force extraordinaire, des sens ultra aiguisés et une peau impénétrable. Tandis que le conflit entre la terre et la mer s’envenime jusqu’au point de non retour, Arthur doit mobiliser toutes ses ressources pour défendre la terre et les océans… au risque de les voir l’un et l’autre détruits.

L’univers sous-marin d’AQUAMAN constitue un aspect primordial du film, et c’est pourquoi James Wan et son équipe avaient à coeur de créer une Atlantide et des royaumes différents des environnements aquatiques qui avaient été montrés au cinéma jusqu’ici : “C’est un peu comme l’espace : un monde totalement différent qui n’a pour limite que notre imagination", explique James Wan. "On n’a aucune idée de ce que les matières donneraient sous l’eau, et de la manière dont les cheveux flotteraient. L’eau est aux Atlantes ce que l’air est pour nous. C’est l’environnement dans lequel ils ont grandi. Il fallait donc l’aborder de leur point de vue à eux”.

Afin de traduire à l’écran ce qu’il avait imaginé, James Wan a sollicité le directeur de la photographie Don Burgess pour saisir l’univers à couper le souffle qu’il a conçu avec le chef décorateur Bill Brzeski, et il a confié à la costumière Kym Barrett le soin de donner vie aux personnages. Mais le plus grand défi a dû être relevé par le superviseur effets visuels Kelvin Mcllwain et son équipe, en charge de créer tous les éléments surnaturels : une mégapole subaquatique, des monstres marins en guerre, des chevelures en mouvement, et plus encore.

Le producteur Rob Cowan remarque : “Depuis que je connais James, il rêve de réaliser un film d’action, et il l’a fait avec FAST AND FURIOUS 7. Mais avec AQUAMAN, il s’agissait de créer un monde tout entier, et c’est ça qui lui a plu. Et parce que c’est James, les scènes d’action ont emprunté au cinéma d’horreur, à l'histoire et à la mythologie de l’Atlantide… Il s’inspire des fondements de la légende, mais il réussit en même temps à être résolument original”.

Will Beall fait le rapprochement entre cet univers sous-marin et “Rome si celle-ci n’avait pas connu sa décadence et puis sa chute. On y trouve à la fois des technologies modernes et d’anciennes coutumes, comme les arènes de gladiateurs. C’est comme ça que j’imagine l’Atlantide : insoumise et isolée, très avancée mais chargée du poids des lois et des coutumes ancestrales”.

Pour accomplir sa mission et mettre fin à une guerre imminente qui menace l'avenir des mondes terrestre et aquatique, Arthur doit affronter son propre demi-frère, le redoutable Orm (Patrick Wilson), et un Black Manta assoiffé de vengeance (Yahya Abdul- Mateen II). Mais le combat le plus redoutable est celui qu’Arthur mène avec son propre passé, en particulier sa haine des Atlantes qui ont exécuté Atlanna (Nicole Kidman), après l’avoir forcée à quitter son père, un gardien de phare du nom de Tom Curry (Temuera Morrison). Le seul lien qu’il a conservé avec le monde de sa mère est incarné par l'arme qu'elle a abandonnée et à travers les rares visites de Vulko (Willem Dafoe), conseiller du trône de l’Atlantide qui regagnait la surface pendant l’enfance d’Arthur pour lui apprendre à se servir des pouvoirs qu’il tenait de sa mère.

À bien des égards, le film parle de l'ambition de réaliser ses rêves, et faire ce film était aussi une façon pour moi d'accomplir mon propre rêve – autrement dit de mettre en oeuvre un projet qui entreprenne de bâtir tout un univers”, sourit James Wan. “On a élaboré toutes les images, les personnages, les costumes, les créatures… tout. C’est vraiment un rêve devenu réalité. J’ai eu la chance d’être accompagné par une équipe artistique en coulisse et des acteurs talentueux qui ont accepté de se lancer dans l’aventure avec moi”.

SUPER-HEROS ET SUPER-HEROÏNES

Mi-homme mi-Atlante, Aquaman est un guerrier redoutable qui se découvre l’héritier légitime du royaume de l’Atlantide, mais il fait aussi le choix de rester un paria sous la surface de l’eau et sur la terre ferme. Il vit sous l’identité d’Arthur Curry et a été élevé par son père Tom, habitant de la surface terrestre, bien qu’il soit le fils aîné de la Reine Atlanna. Son existence même constitue un lien possible entre les habitants de la mer et ceux de la Terre, et ce sera à lui de les réunifier à l'avenir.
Dans AQUAMAN, ce jour-là est arrivé.

Ensemble, James Wan et Jason Momoa ont tout mis en oeuvre pour créer une version cinématographique du super-héros incontournable de DC Comics qui soit à la hauteur du personnage de la BD, mais qui soit en même temps une réinvention adaptée aux spectateurs d’aujourd’hui.

Comme l’indique le réalisateur, ils ont partagé d'emblée la même conception du dilemme d’Arthur : “Je pense que si Jason s’est senti si proche de son personnage, c’est parce qu’il vient lui-même de deux mondes”, déclare James Wan qui a lui aussi grandi entre deux cultures. “Jason est Hawaïen et a grandi en Amérique. Il ne s’est jamais senti complètement à sa place dans aucun de ces deux univers. C’est quelque chose que je comprends très bien moi aussi : je suis un asiatique né en Malaisie et qui a grandi en Australie. J’ai été élevé dans la culture australienne, mais j’ai aussi gardé un héritage chinois et malais très important”.

Si Arthur Curry était prédestiné à régner sur le royaume sous-marin de l’Atlantide, Jason Momoa semblait également voué à endosser ce rôle. Outre ses doubles origines, Jason Momoa a longtemps vécu sur des îles, ce qui lui a permis de se sentir encore plus proche de son personnage. “Comme Arthur, je suis le fruit d’un métissage, partagé entre l'Iowa et Hawaï, si bien que j’ai vraiment pu m’identifier à cette double culture. Et les Philippines, Hawaï, Tahiti, les Fidji… beaucoup d’îles célèbrent leurs dieux des mers. Ça m’a tout de suite parlé”, se souvient-il.

Et ce n’est pas tout : “J’ai étudié l’océanographie quand je vivais dans l’Iowa”, ajoute Jason Momoa, faisant ainsi une nouvelle comparaison avec son personnage. “Aussi surprenant que cela puisse paraître, ils ont un campus au plein coeur de Des Moines consacré au monde sous-marin : les requins, les anguilles etc. En tant qu’insulaire, j’adore l’océan. C’est quelque chose qui m’effraie et qui m’attire en même temps. L’océan est apaisant, il évolue constamment, il est sans cesse en mouvement. On peut passer des heures à l’observer, comme le feu. L’esprit est fasciné par cette vision et peut s’y perdre”. Jason Momoa, qui ne s’est pas privé de surfer sur les vagues de l’océan Pacifique, devant la maison qu’il louait sur la Gold Coast australienne pendant le tournage, ajoute : “En Polynésie, le requin est le protecteur de la famille. On l’appelle le mana, le pouvoir surnaturel. J’ai rêvé que je surfais et je voyais un énorme requin. Je lui disais ‘Salut frère, je suis un des tiens !’. J’aimerais pouvoir parler aux poissons en vrai. D’ailleurs maintenant que je suis Aquaman…”, plaisante-t-il.

Amber Heard, qui joue aux côtés de Jason Momoa, remarque : “Les auteurs du film ont laissé une grande liberté à Jason pour façonner l'Aquaman du film et réinventer le personnage. Je trouve que c’est une version d’Aquaman vraiment nouvelle, à la fois novatrice, moderne et cool, qui va au-delà ce qu’on pouvait attendre d’une adaptation de la BD, mais qui en même temps lui reste fidèle”.

Poursuivant son analyse de la nature double d’Arthur, Jason Momoa déclare : “Il fanfaronne beaucoup, mais il ressent aussi de la compassion et même de la peur. Ce qui fait de lui un homme extraordinaire, c’est qu’il est le seul à pouvoir réunir ces deux mondes, parce que c’est un Atlante et qu’il est l’élu. Mais ce qui le rend humain et même humble malgré son allure arrogante, c’est qu’il a conscience qu’il n’est pas prêt”. Malheureusement pour Arthur, le temps n’est pas son allié. Son demi-frère Orm y a veillé, et son plan destiné à provoquer une guerre a été l’occasion pour la production de sensibiliser le public sur l'état de notre planète.

Orm a décidé d’unir tous les royaumes de l’océan pour attaquer le monde de la surface, principalement parce que les terriens font tout pour polluer les océans”, explique Jason Momoa. “Arthur se moque d’être le roi, il veut juste empêcher Orm d'infliger des souffrances au monde de la surface. Orm n’a qu’une idée en tête : unir les sept royaumes et envahir l’ensemble du monde. Arthur comprend enfin qu’il doit l’arrêter et pour y parvenir, il n’a pas d’autre choix que de se lancer dans une immense croisade, un voyage spectaculaire. C’est la partie la plus cool de cette aventure, avec un côté À LA POURSUITE DU DIAMANT VERT que j’adore”.

Mera, fille du roi Nereus et princesse du royaume subaquatique de Xebel, a pris la tête de cette croisade. Outre son statut royal – qui lui vaut d’être promise à Orm – elle a le don d’hydrokinésie, un pouvoir qui lui permet de manier l’eau avec une puissance extraordinaire.

Ce que j’aime dans le film, c’est que personne, que ce soit James, les auteurs ou les producteurs, ne voulait faire de Mera une énième demoiselle en détresse”, déclare Amber Heard en évoquant son impétueuse héroïne. “Je leur suis vraiment reconnaissante d’avoir abordé ce personnage féminin sous cet angle. Mera est une héroïne en soi, elle est dynamique et agit comme un moteur de l’action. Je pense que le public a envie de voir des femmes dans des rôles forts, et en l’occurrence, elle est vraiment l’égale d’Aquaman et il lui arrive de le sauver tout comme il peut aussi la sauver”.

Mera se révèle en effet être une héroïne impressionnante et devient la partenaire d’Arthur dans leur volonté de sauver le monde. “Elle sort de l’eau en plein milieu de la nuit pour tenter, en dernier recours, de rallier un Arthur réticent, qui se plait à rester négligé, ivre et mélancolique. Elle le prend par la peau du cou, le sort de son petit cocon où il se complaît dans l'ignorance et l’entraîne dans sa mission pour empêcher le roi Orm de conquérir le monde”, poursuit Amber Heard. “Elle est la seule à pouvoir convaincre Arthur de se rendre au royaume de l’Atlantide et de sauver le monde”.

Dans l’univers de la BD, Mera est en réalité plus puissante qu’Arthur”, souligne James Wan. “Elle possède des pouvoirs que même Arthur ne maitrise pas, ce qui selon moi est très intéressant. Je sais que c’est pour cette raison qu’Amber a été séduite par le personnage. Cependant, elle joue aussi de sa fragilité, ce qui est indispensable pour le rôle. Dans le film, Mera essaie de trouver sa place dans le monde. Nos deux personnages principaux s'engagent dans une aventure délirante, proche d'un rite initiatique, qui leur permet à tous deux d’apprendre qui ils sont et ce qu’ils sont censés devenir”.

Quand j’ai fait la connaissance d'Amber, j’ai été d’abord frappé par son charisme et son charme. Les jeunes filles peuvent prendre pour modèle Mera, qui fait aussi preuve d’une grande intelligence et d'une force hallucinante”.

Amber est formidable”, confie Jason Momoa. “Il y avait un lien fort entre nous, on s’entendait à merveille. Au cours de cette quête, on passe beaucoup de temps tous les deux à courir dans tous les sens, et c’était génial. Nos deux personnages déchirent ! Grâce à sa maîtrise de l’eau, Mera pourrait très bien tuer Arthur. Ses pouvoirs sont immenses”.

Tous les pouvoirs qu’Arthur possède en tant qu’Aquaman lui viennent de sa mère, Atlanna, qui fut également une source d’inspiration pour la jeune Mera. James Wan commence l’histoire en nous présentant un gardien de phare de la Nouvelle-Angleterre du nom de Tom Curry, qui sauve la vie d’une créature aquatique humanoïde. Elle s’est échouée sur la plage de galets au pied de son phare au cours d’un violent ouragan. Tandis qu’il la soigne, il découvre qu’elle n’est autre que la reine de l’Atlantide, Atlanna, qui a choisi de fuir son royaume après avoir été fiancée de force à son détestable roi. Ils s’éprennent l’un de l’autre et de cet amour nait un fils nommé Arthur, d’après le légendaire roi de Camelot.

Nicole Kidman incarne cette Atlante de sang royal dont le combat pour la liberté est le catalyseur de l’histoire. “Elle est reine mais elle est aussi une mère qui doit renoncer à vivre aux côtés de son fils pour le sauver”, analyse Nicole Kidman. “C’est un thème récurrent du film : le sacrifice, ce qu’il en coûte à quelqu’un, les conséquences pour une famille. J’aime la force de ce personnage. James m’a toujours dit qu’Atlanna est le cœur battant de l’histoire, et je trouve ça très beau”.

Quand on a entamé le casting pour le rôle d’Atlanna, on savait qu’il nous fallait une actrice de légende”, raconte Peter Safran. “Il nous fallait quelqu’un qui apporterait un supplément d'âme, et qui donnerait au rôle une certaine densité. On avait entendu dire que Nicole Kidman avait envie de tourner avec James, et quand on l’a contactée, il s’est trouvé que c’était bien le cas et qu’elle était en plus à la recherche d’un bon film de superhéros car c'est un registre qu'elle n'avait pas encore exploré”.

L’actrice était très attirée par le genre : “Je venais d'achever le tournage de deux drames très âpres, si bien que c’était vraiment une chance de me plonger dans cet univers. James m’a montré quelques story-boards et m’a dit ‘Voilà la preuve que je pensais à toi depuis le début‘, car il m’avait dessinée. Comment dire non à ça ? Je l’adore, j’aime son énergie, son enthousiasme, j’aime ses créations. C’est un auteur à part entière, et il s’adonne à son art avec beaucoup de passion et d’érudition. Sans compter que c’est quelqu’un d’adorable, et le choix était donc vite fait. Et quand il m’a dit qu’on allait tourner en Australie, je n’avais plus qu’à dire ‘Oui, avec grand plaisir !’

On ne pouvait pas envisager une autre actrice que Nicole dans le rôle d’Atlanna”, confirme Rob Cowan. “Il y a toujours des moments pendant le casting où on n’est pas sûr que les personnes seront disponibles. Il faut élargir son spectre et on se dit ‘Et si ça ne marchait pas ? On va devoir chercher ailleurs’. On n’a jamais pu trouver une autre comédienne pour Atlanna, et heureusement nous n’avons pas eu à le faire”.

Quand Arthur n’est encore qu’un bébé, des circonstances inéluctables obligent Atlanna à regagner l’Altantide à contrecoeur. Une fois de retour, elle épouse Orvax comme prévu, et donne naissance à un second fils.

SUPER-MECHANTS

C’est sur la terre ferme que Mera retrouve Arthur et lui annonce que son demi-frère cadet Orm, le fils de sang atlante de la Reine Atlanna et du Roi Orvax, s’est approprié le trône et a l’intention d’appeler les sept royaumes de la mer à conquérir le monde de la surface pour se venger de la pollution de la planète provoquée par l’espèce humaine. Orm a pour but ultime de régner sur tous les royaumes de la mer et s’autoproclamer ainsi Maître des Océans. Il déteste son demi-frère "bâtard" et compte bien lui barrer l’accès au trône qui lui revient de droit. James Wan a proposé à Patrick Wilson, avec qui il travaille fréquemment, de camper ce monarque fou.

Patrick Wilson est vraiment l’un des meilleurs acteurs avec qui j’ai eu la chance de travailler”, reconnaît James Wan. “Pour moi, c’est un acteur de genre incroyable enfermé dans le corps d’un jeune premier, et ce que j’admire chez Patrick, c’est sa capacité à se fondre dans ses personnages. Tout au long de l'écriture, je me disais sans arrêt que Patrick serait parfait pour le rôle d'Orm, si bien que j’ai commencé à écrire le personnage pour lui, en espérant qu’au bout du compte je pourrais convaincre les décideurs qu’il était le bon acteur pour le rôle. J’étais certain que Patrick allait s'engager dans le projet et tout déchirer”.

C’est mon cinquième film avec James, et c’est comme un cadeau dont les bienfaits ne s’arrêtent jamais”, déclare Patrick Wilson, retournant ainsi le compliment. “Quand il a commencé à réfléchir au film, James m’a glissé ‘Je veux que tu campes le Maître des Océans’. Je l’ai pris avec beaucoup de respect et un sentiment de responsabilité… mais je mentirais si je disais que je suis allé m’acheter une pile de BD le lendemain pour réviser, au cas où. Mais c’est tout James : il tient sa parole, il reste fidèle à sa vision des choses, à notre amitié et à nos rapports professionnels”.

L’histoire a également beaucoup plu à Patrick Wilson : “Ce que j’ai adoré en lisant le scénario, c’est qu’il s’intéresse à notre fascination ancestrale pour l’océan et se demande ce qui se passerait s’il se retournait contre nous. Bien sûr, c’est facile d’attribuer à Orm l’étiquette de super-méchant, car il a toujours été considéré ainsi dans l’univers de la BD, mais il change beaucoup au fil des épisodes. Ce que James a voulu faire, et parvient à faire dans le film, c’est donner au combat d’Orm un vrai fondement. Il le dit très clairement : ‘Pendant des siècles, le monde de la surface a pollué les océans et anéanti mon univers. Sa folie est fondée. Il mène un combat écologique, et il est persuadé que le seul moyen de vaincre le monde de la surface, c’est de rassembler derrière lui tous les autres royaumes de la mer. S’il y arrive, il devient le Maitre des Océans”.

J’adore quand les méchants – qui sont toujours les héros de leur propre histoire – ne pensent pas être mauvais”, confie David Leslie Johnson-McGoldrick au sujet du personnage d’Orm. “Il pense qu’il ne cherche pas à tirer profit de la situation, il trouve que ses actions sont justifiées. Orm estime que ses motivations sont légitimes, mais il a un parti pris très radical. Il en a assez de la façon dont les humains traitent les océans, alors pourquoi ne pas les éradiquer ?

Peter Safran reconnaît que “Orm n’est pas un méchant de base, dans le sens où nombre des arguments qu’il utilise pour attaquer le monde de la surface sont légitimes. Il envisage cela comme la seule solution pour sauver et préserver son peuple. Arthur est le fils aîné d’Atlanna, si bien qu'Orm sait qu’il pourrait prétendre au trône de l’Atlantide. Il craint d’être détrôné, ce qui mettrait fin à la guerre qu’il mène contre la surface”. “Ce qui rend l’histoire d’autant plus intéressante, c’est que contrairement à ce que craint Orm, Arthur ne cherche pas à monter sur le trône”, poursuit Patrick Wilson. “Mais Orm ne veut pas prendre le risque qu’il change d’avis si bien qu'il doit neutraliser Arthur par tous les moyens”.

Je suis fan de lui”, note Jason Momoa en évoquant Patrick Wilson. “J’ai eu beaucoup de scènes formidables avec lui et c’est la partie du tournage que j’ai préférée. Faire des cascades me vient naturellement, c’est marrant de faire le gamin et de jouer à se battre. Mais quand on se retrouve face à Patrick Wilson, on comprend que son plus grand atout est d’être un acteur fantastique”.

Sous sa forme humaine, Arthur se donne pour mission d’aider les personnes en danger. Dans une scène d’ouverture riche en action, il réussit à détourner un sous-marin russe retenu en otage par une bande de pirates ayant pris les commandes du vaisseau, puis à s’introduire à bord. Au cours de la bataille qui suit, Arthur sauve la vie d’un jeune homme, David Kane, mais ne parvient pas à sauver son père, qui périt dans la chambre des torpilles du sous-marin. C’est un moment décisif pour David Kane qui cherchera à venger la mort de son père et deviendra l’ennemi juré d’Arthur en endossant le costume du redoutable Black Manta. Armé d’une épée, d’un fusil à harpon monté sur son poignet et de capteurs optiques surpuissants fabriqués à partir de plasma atlante, Black Manta, ivre de vengeance, pourrait se révéler fatal pour Aquaman.

J’ai toujours voulu tourner un film d’action, être un grand gamin dans la meilleure cour de récré du monde, et je l’ai fait !”, s’exclame l’acteur Yahya Abdul-Mateen II qui interprète Black Manta. “J’adore ce film parce que tout le monde y trouve son compte : ceux qui aiment la mythologie, les belles histoires d’amour, la science fiction, les scènes de combat, même les geeks passionnés par les technologies qui voudront voir le rendu de l’univers aquatique. Il y en a pour tous les goûts. Et surtout, il y a l’histoire très forte d’un homme qui détient les clés d’un royaume, mais ne veut pas devenir roi. C’est énorme !”.

Le fait que ce projet soit tombé à point nommé du rôle n’a pas laissé Yahya Abdul- Mateen II indifférent : “J’étais en plein tournage dans le rôle de Black Manta en septembre 2017, quand le personnage de la BD a fêté ses 50 ans, et j’étais très heureux de l’apprendre”, se souvient l’acteur. “Le personnage passait le cap du demi-siècle et dans le même temps je le portais à l’écran pour la première fois, c’était formidable”.

Black Manta est un des personnages de la BD les plus plébiscités par les fans, si bien qu'on savait que l’acteur qu’on allait choisir devait être à la hauteur des attentes”, explique Peter Safran. “Yahya était l’homme qu’il nous fallait. À mon avis, la qualité d’un film de super-héros se mesure à l’aune des méchants que les super-héros affrontent. On voulait être sûr d’être au niveau sur ce point”.

C’est un mercenaire, qu’on connaît pour son caractère colérique et sans pitié, et dans toute la mythologie de la BD, il nourrit une rancune toute particulière envers Aquaman”, relate Yahya Abdul-Mateen II. “Il existe plusieurs histoires, mais dans celle qu’on raconte, il cherche à venger la mort de son père. Il a perdu un parent, il est seul et en colère, et c’est aussi ce qui le rend humain. Pour lui, sa vie redémarre à zéro au moment où il perd son père, et il devient obsédé par l’idée d’atteindre son but, ce qui le rend dangereux et imprévisible. Je pense que ce personnage saura tenir les spectateurs en haleine”.

Un autre méchant que les fans auront découvert dans des épisodes plus récents est le Capitaine Murk, un membre du commando d’élite des Atlantes, la garde rapprochée du Roi Orm. Murk reste fidèle à Orm et à sa conception de l’Atlantide comme étant le royaume des mers qui détient le pouvoir.

Ludi Lin, qui s’est vu attribuer le rôle, se rappelle : “J’étais à Pékin quand James m’a parlé pour la première fois de sa vision du film”. L’acteur né en Chine, qui passe l'essentiel de son temps dans la capitale du pays, déclare : “J’ai trouvé ça très pertinent car la terre est faite principalement d’eau, et l’océan peut être un milieu très hostile. Sous l’eau, ce sont d’autres lois physiques, d’autres règles qui s’appliquent, les créatures sont différentes… Cela laisse le champ libre à l’imagination et démarque AQUAMAN des autres films de super-héros”.

Dans la BD, Murk a déjà un physique très remarquable, mais la production l’a poussé à l’extrême avec la complicité de Ludi Lin. “Il a un style bien à lui, très différent du mien”, s’amuse Ludi Lin. “Dans les albums, Murk est un type blond, entre 40 et 50 ans, mais James a voulu lui ajouter des cicatrices, des veines apparentes, des cheveux décolorés et des yeux de couleur étrange, ce qui le rend encore plus mystérieux”.

FIGURES PATERNELLES

Le gardien de phare Thomas Curry est le grand amour de la Reine Atlanna, et le père de leur enfant, Arthur. Quand Atlanna doit les quitter pour retourner dans le royaume de l’Atlantide, Tom élève seul son fils : il lui apprend à avoir de la compassion pour les humains, mais également à respecter et aimer l’océan et ses merveilles. La production a choisi l’acteur néo-zélandais Temuera Morrison pour le rôle.

Cowan déclare : “L'alchimie a tout de suite fonctionné avec Temuera Morrison. Comme pour Nicole : nous n’avions envisagé personne d’autre que lui pour jouer ce rôle”. “La relation père-fils était très sympa parce que j’avais une super complicité avec Jason”, sourit Morrison, tout en se remémorant la grande spiritualité qui se dégageait de Momoa pendant le tournage. “Tout au long de ce film, Jason a dégagé une belle énergie, comme on a pu l’observer. Plusieurs groupes maoris lui ont rendu visite sur le plateau pour lui souhaiter un bon anniversaire, et ils se sont mis à danser le haka. Moi aussi, j’adore le haka, cette danse du feu néo-zélandaise, et Jason s’est également imprégné de cette énergie transmise sur le plateau. Et quoi de mieux que de célébrer Aquaman, le film comme l’acteur, par une danse du feu !

Morrison a beaucoup apprécié ses scènes aux côtés de Nicole Kidman. Comme il le dit, “Nicole a un tempérament merveilleux, elle est très ouverte et très douce. James voulait qu’il y ait des passages émouvants, notamment quand elle part et nous abandonne, son fils et moi, à un certain moment de l’histoire, et je suis heureux que Nicole et moi ayons été aussi complices”.

C’était vraiment très agréable de travailler avec Temuera”, renchérit Nicole Kidman. “Il est Néo-Zélandais, et moi je suis Australienne, si bien qu'on partage une forme de culture commune, une certaine chaleur, et c’était très amusant”.

Aux antipodes de l’humble Thomas Curry, on découvre Nereus, le père de Mera, Roi de Xebel, l’une des autres tribus de l’Atlantide. Dolph Lundgren incarne cette figure royale qui croit, à l’instar d’Orm, que la violence des habitants de la surface les conduira à leur perte. Il n’est cependant pas convaincu qu'Orm puisse être le dirigeant qui unira les royaumes sous-marins contre les humains, notamment depuis les rumeurs concernant un héritier inconnu.

Le film dépeint un jeu politique, une stratégie de conquête du pouvoir”, raconte Lundgren. “L’un des participants à ce jeu, le Roi Orm, est un type assez puissant. Le Roi Nereus préférerait le maintenir à distance autant que possible. Même s’il condamne les actions des habitants de la surface, cela ne l’empêche pas de voir clair dans le jeu de Orm, qui le pousse à rejoindre son alliance contre les humains : pour Nereus, cela n’est ni plus ni moins qu’une façon pour Orm de prendre les rênes et de devenir le Maître de l’Océan”. “Nereus, lui, défend la position inverse : il faut éviter d’entrer tout de suite en guerre", poursuit-il. "Mais il doit aussi garder à l’esprit que sa fille, Mera, a été promise au Roi Orm quand elle était encore très jeune, si bien que c’est un schéma médiéval classique, où les familles se marient entre elles pour maintenir la paix… Mais à présent Orm est en train de remettre en question les termes de cet accord”.

Même si leurs préoccupations concernant l’avenir de leurs familles respectives finiront par les rassembler, l’enfance et l’éducation d’Arthur sont diamétralement opposées à celles de Mera, jeune princesse qui fait l’apprentissage des coutumes du monde sous-marin. C’est durant son enfance au sein de la ville d'Amnesty Bay, en Nouvelle Angleterre – plus précisément au cours d’une sortie scolaire à l’aquarium de la ville – qu'Arthur a un premier aperçu de son don lui permettant de communiquer avec la faune marine.

À mesure que l’histoire progresse, Arthur se remémore souvent des moments précis de son enfance : galvanisé par l’espoir de retrouver sa mère sans connaître la vérité sur ce qui lui est réellement arrivé, il avait suivi l’enseignement de Nuidis Vulko. Quand Arthur était plus jeune, Vulko a été son seul lien avec son côté atlante : il lui a montré les merveilleux dons qui accompagnent cet héritage familial, et lui a appris à respirer sous l’eau, à nager, et à se battre.

Conseiller du trône depuis le règne du grand-père d’Arthur, et désormais conseiller du Roi Orm, Vulko favorise une approche diplomatique entre l’Atlantide et les autres royaumes sous-marins. Mais Vulko est tout de même conscient qu'Orm ne se montrera jamais raisonnable, et que seul le Trident perdu du Roi Atlan peut détrôner ce monarque mégalo est. Il suggère en secret à Mera d’aller trouver Arthur, et les entraîne tous les deux dans une quête du Trident d’Atlan, pour éviter qu'Orm ne mette son plan en œuvre.

Pour ce personnage à la fois mentor, diplomate et intrigant politique, Wan a engagé Willem Dafoe. “C’était fantastique de pouvoir compter sur la présence d’un acteur aussi respecté que Willem dans le film”, déclare Wan. “Il apporte tellement de profondeur, tellement d’authenticité. Et par-dessus le marché, c’est quelqu’un de très cool, qui voulait vraiment se donner à fond et tourner plein de scènes d’action ! C’est d’ailleurs pour ça qu’il a voulu jouer dans le film en premier lieu, pour pouvoir jouer les Obi Wan Kenobi ou les vieux samouraïs avec Arthur ! J’ai donc ajouté cette dimension-là au personnage”.

Dafoe raconte : “Vulko est à la fois un mentor et un homme d’État. Il joue le rôle de passerelle entre tradition et modernité au sein de l’Atlantide. Il est très loyal envers le trône, c’est-à-dire le Roi Orm à ce moment de l’histoire, mais il se sent moralement tiraillé. À l’instar d’un héros shakespearien, il essaie de ramener les deux extrêmes vers le milieu. Et il a également appris à Arthur à se battre et à se servir d’un trident ; il lui a inculqué une vraie discipline. Arthur a pris beaucoup de reflexes de la ‘surface’, si bien que Vulko est parfois un peu sévère avec lui, mais il est également très bienveillant”.

L'acteur a également beaucoup apprécié le message écologiste de l’histoire. “Ce n’est pas très explicite ni caricatural”, observe Dafoe, “mais cela soulève de grandes questions et fait écho aux débats actuels, notamment concernant le monde sous-marin et la façon dont il entre en conflit avec les habitants de la surface en raison des dommages qu’ils ont infligés à l’océan”.

Safran ajoute : “On a eu beaucoup de chance que Willem participe à notre film. C’est un rôle très important et Willem y a apporté une profondeur magnifique”.

Plusieurs acteurs complètent la distribution : Randall Park dans le rôle du Dr. Stephen Shin, l’un des seuls humains à croire à l’existence de métahumains (tout particulièrement Aquaman) et à les croire à l’origine de la montée des marées ; Graham McTavish, dans le rôle du Roi Atlan, détenteur du moyen occulte de récupérer le Trident perdu ; Michael Beach, dans celui du père de David Kane, Jesse ; John Rhys-Davies et Djimon Hounsou assurent respectivement les voix de Brine King et du Roi Ricou (aussi connu sous le nom de Roi Pêcheur) ; enfin, la légendaire Julie Andrews prête sa voix à Karathen.

COMMENT SE GLISSER DANS LA PEAU DU PERSONNAGE

Pour la chef costumière chevronnée qu’est Kym Barrett, la conception des différents costumes des héros d’AQUAMAN nécessitait une solide interprétation de la vision de James Wan mais aussi une bonne vue d’ensemble de la "patte" propre aux dessinateurs de BD et illustrateurs vétérans des studios DC comme Paul Norris (Aquaman), Nick Cardy (Mera, Orm, Black Manta) et Ramona Fradon (Atlanna), afin de créer des costumes qui feraient rêver les fans.

James tenait vraiment à ce qu’on conserve l’esthétique bande-dessinée”, explique Kym Barret, qui devait aussi avoir en tête l’environnement sous-marin de cette histoire, puisqu’il allait modifier les tissus et matières qui seraient utilisés pour les quelques 2500 tenues à créer. “Quand on cherchait l’identité visuelle du film, Bill Brzeski [le chef décorateur] et moi avons longtemps parlé des règles de l’Atlantide. Tout le monde flotte, nage ou se bat sous l’eau, et nos acteurs sont suspendus à des câbles et des harnais pour donner l’impression qu’ils flottent. Bien sûr, les effets visuels nous ont aidés, mais il fallait quand même qu’on prenne en compte ces contraintes pendant qu’on concevait les costumes. On a également beaucoup réfléchi au fait que les acteurs étaient suspendus, et qu’il fallait que les vêtements aient l’air de ne rien peser. Du coup, pour cette mission d'envergure, il fallait envisager encore plus de problèmes et mener encore plus de recherches”.

Barrett et son équipe se sont également interrogés sur la véritable histoire de l’Atlantide. “Au début, les Atlantes étaient des créatures de la surface, puis elles sont parties sous l’océan il y a plusieurs milliers d’années. Elles ont évolué et leur espèce s’est adaptée à leur environnement. Par exemple, on pouvait se demander s'ils ont développé des pieds palmés ? On s’est dit que c’était sans doute le cas pour certains d’entre eux”.

Dans mon esprit”, poursuit-elle, “leurs textures, leurs formes et leurs couleurs — tout particulièrement en ce qui concerne les armures — ont été altérées par le corail, les poissons et les algues qui les entourent. Utiliser de vrais métaux pour les armures n’aurait pas été pratique pour nous, car ça aurait été bien trop lourd à porter pour les acteurs, qui étaient toujours en suspension, au cours des scènes d'action. En revanche, on a créé des matières n’ayant de métallique que l’aspect”.

Kym Barrett évoque le rôle-titre : “Arthur passe du monde de la surface au monde de l’Atlantide, et on constate cette progression à travers ses costumes. C’est un héros malgré lui, tiraillé entre deux mondes, celui de la terre et celui de l’eau, et il doit faire face à l’adversité et traverser des périodes de doute pour devenir le roi qu’il mérite d’être. C’est le parcours classique de tout héros de roman d’aventures, mais il ne s’est pas contenté de gagner une bataille : il a aussi appris la compassion. J’aime à penser que nos costumes lui ont permis de se défaire de son attitude de garçon sombre et taciturne pour endosser le rôle d’un réunificateur entre les Atlantes et l’humanité”.

À la fin du film, il arbore une armure qui venait du royaume de l’Atlantide”, ajoute-t-elle.

Il doit se sentir comme un roi, et la nature même de cette armure doit illustrer sa nature héroïque. Notre travail consistait à faire en sorte que l’armure reflète à la fois Jason et Aquaman, le héros de bande dessinée, pour qu’on n’ait pas l’impression qu’Arthur a enfilé un costume, mais bien qu’il a endossé son nouveau statut. Pour ce passage de l’histoire, nous avons à la fois tâché de garder la palette de couleurs de la bande dessinée, tout en y ajoutant des inflexions plus modernes, plus nuancées”.

Pour Momoa, cette combinaison de héros était incroyable. “La première fois que je l’ai enfilée, je voulais la montrer à mes enfants, et donc j’ai pris une photo et je la leur ai envoyée”, se souvient-il. “Ils étaient bouche bée, fascinés, ça les a rendus heureux. C’était très cool d’être un papa costumé comme ça. Et je dois dire que j’étais assez fan moi aussi. C’était vraiment génial”.

Si le résultat est spectaculaire, la conception fut tout aussi compliquée. Kym Barrett a donc collaboré avec Jose Fernandez d'Ironhead Studio et Justin Raleigh des studios Fractured FX pour confectionner le costume phare d’Aquaman. “C’était un costume hyper compliqué”, se rappelle-t-il. “On a participé un peu aux premières conceptions, mais c’était plus pratique que Kym, Jose Fernandez et moi se rassemblent pour fabriquer cette combinaison à temps”, raconte Raleigh. “Du coup, notre équipe au sein des studios Fractured FX a fini par s’occuper de toute la partie supérieure de l’armure, qui était dorée ; l’équipe de Ironhead s’est chargée des gants, des bottes et des éléments de la ceinture, et tout le reste a été conçu par Kym et son équipe, qui ont piloté toute cette procédure de confection de l’armure depuis l’Australie”.

L’équipe de Raleigh a commencé par effectuer un scan du corps de Jason Momoa, qui avait suivi un entraînement pour gagner de la masse musculaire au niveau des épaules et du dos, et affiner sa taille. “James avait une idée très précise de l'allure du costume”, poursuit Raleigh, tout en notant que le plastron doré a été réalisé par ordinateur, puis imprimé sur imprimante 3D pour obtenir une symétrie parfaite. Le costume était composé de cinq parties différentes, mais il fallait qu’elles s’assemblent sans que les coutures ne soient perceptibles. “Le plastron recouvre la taille et les bras, et masque les coutures du haut du bras et celles de la poitrine”, ajoute-t-il. “Puis, il y a une armature dorsale qui va jusqu’en bas et qui masque les coutures du dos, la fermeture éclair et toutes les autres fermetures. Au final, ça a donné cet habit immaculé, magnifique. Jason avait l’air très content de la liberté de mouvement et d’action que le costume lui permettait d’obtenir, et pour les scènes d’action particulièrement intenses, l’équipe des effets visuels a enrichi l’image également”.

Arborés tout au long du film, y compris dès la première apparition d’Arthur, ses tatouages tribaux sont inspirés des vrais tatouages de Momoa. Ils ont dû être appliqués par le département maquillage plus de 100 fois tout au long du tournage.

Pour les habitants de l’Atlantide, Kym Barrett et son équipe ont développé un thème précis. “Avec tous ces costumes, ceux de Mera et d’Orm, mais également tous ceux des autres tribus sous-marines, nous avons décidé de créer une structure cellulaire modulable”, décrit Kym Barrett. “Les ‘écailles’, comme je les ai appelées, étaient de petites tuiles hexagonales que nous avons fabriquées, puis peintes, avant de les insérer au moment de l’impression du tissu. C’est comme ça que nous avons pu créer cet effet”.

Pour le costume de Mera, nous avons ajusté la couleur pour flatter le teint et les yeux d'Amber Heard”, explique Kym Barrett. “Il y avait très certainement un côté rebelle dans sa tenue. On n’a aucun mal à imaginer que c’est une guerrière, mais elle n’est pas encombrée par une armure de soldat. L’armure qu’on a imaginée pour elle, c’est une armure que les Atlantes auraient sans doute mise au point naturellement comme faisant partie de l’habillement de leur monde. On s’est donc concentré sur des verts froids, et on a fait en sorte qu’elle et Aquaman soient assortis. Je crois que cette scène où Mera sort de l’eau aux abords de la taverne rend vraiment très bien. C’était la nuit, il pleuvait, la lumière était parfaite, et Amber est sortie de l’eau, et on avait l’impression qu’elle était une créature surnaturelle”.

“Kym Barrett est une femme brillante et imaginative, qui travaille très dur, et qui a accompli un travail incroyable pour concevoir les abris dans lesquels vivent les Atlantes”, déclare Amber Heard sur un ton élogieux. “Elle n’a intégré que des éléments marins, et c’est ce qui a servi de base pour tous nos costumes. Elle a vraiment fait un travail extraordinaire”.

Amber Heard reconnaît avoir une relation assez passionnelle avec le costume de Mera : “C’était beaucoup plus complexe que ça n’en a l’air, et Kym et son équipe ont très bien réussi à lui donner un aspect naturel et extraordinaire. Mais en vérité, comme j’étais toujours harnachée et corsetée, dans des structures et des mécanismes complexes, j’étais tirée, écrasée, et je rentrais chez moi le soir avec plein de bleus sortis de nulle part… Du coup, j’ai une relation assez étrange avec ce costume !”

Quant à Orm, incarné par Patrick Wilson, Kym Barrett a conçu deux silhouettes distinctes : un costume doré inspiré de celui des gladiateurs pour sa confrontation avec son demi-frère Arthur, et son armure et son masque argentés de roi, qu’il porte dès qu’il s’autoproclame Roi des sept royaumes. “James souhaitait que le costume d'Orm fasse écho à celui de la BD, qui est assez excessive, si bien que j’ai l’impression que nous avons bien réussi à mêler l’énergie de la bande dessinée avec la réalité d’un personnage”, déclare Kym Barrett. “Pour le costume de Patrick, je me suis inspirée des reflets de la lumière, de même que de l’océan et de la vie aquatique, et on a donc mis au point un aspect irisé qui évoque des écailles. Au final, je trouve ce costume assez léger et céleste”. Tout en riant, Wilson raconte : “Il y avait des moments du tournage où je rêvais de porter ces espèces de pyjamas gris dont on se sert pour tourner les scènes d’effets visuels, parce que ce n’était pas rien comme costume ! Mais bon, je ne crois pas que le mien ait été aussi lourd que celui de Jason. Je pouvais très bien bouger dedans, il était très léger, et c’était très facile de combattre et de me déplacer”.

D’après Wilson, son jeu a réellement évolué lorsqu’il a pu porter le masque de Orm. “Quand j’ai enfilé ce masque baroque complètement fou du Maître des Océans, je me suis senti vraiment différent des moments où je portais simplement un casque. C’était un élément crucial pour ce personnage”.

Un masque s’est également avéré crucial pour un autre personnage, celui de Black Manta. Kym Barrett raconte que plusieurs membres de son équipe étaient particulièrement impatients de travailler sur le design et la construction du costume de ce personnage. “Avant de devenir Black Manta, David Kane est une sorte de pirate informatique très rude. Il construit lui-même son propre costume, comme dans la bande dessinée. On a tâché d’y rester le plus fidèle possible, et James s’est beaucoup impliqué dans la conception. On a encore une fois pu bénéficier de l’aide précieuse de la formidable équipe d'Ironhead Studio pour fabriquer ce costume”.

Barrett explique que cet travail collectif a été primordial afin d'allier les besoins et la vision de Wan en matière de costumes et la dimension purement pragmatique de la confection et de l’assemblage d’un costume qui doit ensuite être porté par un acteur. “Il fallait qu’on soit sûrs que Yahya puisse suffisamment se mouvoir pour pouvoir jouer”, remarque-t-elle. “Le costume de base a été confectionné avec des matières étanches et résistantes à l’eau, ce qui nous permettait également de l’utiliser pour des scènes au sec, et même des scènes d’action. Jose et son équipe ont sculpté tous les éléments en dur, y compris le casque, qui devait faire écho de très près aux illustrations de la bande dessinée et à la maquette conçue par l’équipe de Justin. On a ensuite moulé ces sculptures, on en a fait des plâtres, qu’il a fallu ensuite peaufiner, assembler, peindre et intégrer à ce costume de base”.

"Le véritable casque du héros était en fait un peu lourd et encombrant pour les cascades, si bien qu'on a réalisé un modèle plus léger en mousse tout en conservant sa taille et son envergure, ce qui a permis à la doublure de Yahya d'effectuer les cascades sans risque inutile", observe le superviseur effets visuels Kelvin McIlwain.

"Le casque de Manta lance des faisceaux d’énergie qui ressemblent à des lasers et ça m’a vraiment plu", explique Abdul-Mateen en évoquant le maniement de l’armure noire du méchant. "Ils jaillissent du casque mais il faut le recharger. Ce n’est pas simplement une source d’énergie illimitée et ça complique d’autant la situation pour lui".

La création de Kym Barrett pour Vulko a non seulement pris en compte les critères de la BD mais également les goûts personnels de Dafoe. "J’ai aimé mon costume", confirme l’acteur, "et ma perruque aussi, vraiment. Ça me donnait un petit côté samouraï et comme les films de samouraïs ont bercé mon enfance, j’ai été sous le charme. James et moi en avions parlé, et je sais donc que Kym et lui ont voulu me faire plaisir".

Pour Atlanna, le personnage de Nicole Kidman, "c’est un prolongement de ce qu’on a fait avec Mera et les autres personnages, mais je voulais qu’elle rappelle la Vénus de Botticelli", souligne Barrett. "Elle porte donc une combinaison nacrée et irisée qui réfléchit la lumière. Ça la rend totalement hors du commun".

La lumière a joué un rôle primordial pour les uniformes des soldats d’Atlantide. Reprenant l’idée des producteurs selon laquelle les profondeurs de l’océan baigneraient dans la bioluminescence, la société de Raleigh a intégré des LED sur la partie pectorale des armures des membres du commando – sans oublier de petits filtres incorporés et légèrement colorés, de façon à refléter le halo bleu sur les visages des acteurs. La partie arrière contient un disque programmé comprenant 200 lumières différentes contrôlables à distance.

"Tout était télécommandé, même leurs armes", déclare Raleigh. "Une fois que tous les acteurs étaient sur le plateau, il n’y avait qu’à actionner un bouton pour que chaque tenue s’allume, avec parfois jusqu’à 14 costumes éclairés en même temps. Et au fur et à mesure que l’un d’eux mourait, on l’éteignait. Les commandos rouge font penser à des homards, avec des nuances de bleu et un petit motif tacheté jaune et marron pour compléter l’aspect un peu organique de l'ensemble".

"Kym a été exceptionnelle dans l’équipe", ajoute Peter Safran. "Elle est extrêmement créative et a accompli un travail remarquable avec James mais aussi avec les studios extérieurs pour créer les costumes de tout cet univers. C’est ce qui a rendu ce projet si captivant. Il a fallu imaginer ex nihilo un monde totalement inédit. Il a fallu construire sept royaumes et elle a participé à chacun des aspects de la conception des créatures des royaumes de Brine et Trench, les Atlantes, et aussi les tenues des habitants vivant sur la terre ferme. Quand les spectateurs vont découvrir l’extraordinaire richesse des costumes du film, ils devraient être époustouflés".

Bien entendu, chaque combat a nécessité une arme spécifique et les producteurs ont sollicité le chef accessoiriste chevronné Richie Dehne et son collaborateur spécialisé dans les armes Richard Mansfield pour leur fournir les nombreux accessoires faisant partie intégrante de la panoplie d’un super-héros.

S’inspirant de la BD et des éléments propres au scénario, l’AQUAMAN de Wan réunit les accessoires emblématiques du genre tels que pistolets laser et autres armes dignes d’un arsenal ultramoderne, tout en s’appuyant fortement sur les légendaires tridents des personnages d’Atlantide pour les combats rapprochés.

Pendant la phase préparatoire, Dehne et Mansfield ont été soulagés de découvrir que le film serait tourné en “dry for wet" [technique qui permet de donner l’illusion qu’un personnage est sous l’eau, NdT.]. "Sans ça, le tournage aurait été un petit peu trop complexe, car on a créé pour les soldats des armes dans lesquelles on a placé des dispositifs électroniques hi-tech afin qu’elles puissent effectivement s’éclairer sur le plateau", affirme Mansfield. "Elles étaient reliées à un tableau d’éclairage, ce qui est assez inhabituel, et c’est d'ailleurs la première fois que j’ai fait ça. Normalement, une arme se suffit à elle-même pour s’éclairer. Mais elles communiquaient, grâce à une technologie sans fil, avec l'opérateur éclairagiste qui les contrôlait. Ça n’aurait pas marché sous l’eau".

Outre les armements ornés de LED des soldats d’Atlantide, les plus grandes réalisations de Dehne et Mansfield pour ce film ont été les tridents des différents personnages de l’histoire. "Le premier trident a été celui d’Atlanna qui devient ensuite celui d’Arthur", souligne Dehne. "On en a hérité du film précédent et cela nous a motivé pour la création des autres, car c’est un merveilleux objet. Il a en fait cinq dents mais on s’est permis cette petite liberté".

L’équipe a aussi été chargée de concevoir les tridents d’Orm, Nereus et du roi Ricou. "On a pris quelques libertés tout en essayant de rester fidèles à la BD d'origine", poursuit Mansfield.

Mais leur réalisation la plus significative concerne le trident du roi Atlan. "C’est notre Excalibur, notre Graal", reconnaît Dehne. "Tout au long du film, Arthur et Mera sont en quête de cet objet et ça a été amusant à inventer. L’une des choses les plus importantes pour James, c’était de le graver d’inscriptions. À quoi ressemblerait un texte en langue atlante ? Alors nous voilà partis au British Museum pour consulter la collection de textes anciens qui nous a inspirés".

Pour la couleur du trident, Dehne a voulu s’assurer que son reflet doré, réfléchi sous l’eau, "devienne un ton doré parfait à l’écran. On a bien dû tester une vingtaine de teintes dorées avant de choisir celui qui nous convenait. Ça a l’air simple, comme un coup de pinceau, mais un tel processus peut parfois prendre des mois avant d’aboutir".

LA PRÉPARATION AU COMBAT

"Au bout de 4 mois et demi d’entraînement pour les cascades 6 jours par semaine, on a l’impression d’être un super-héros", déclare Amber Heard en évoquant l’intense préparation physique qu’elle a suivie, ainsi que ses partenaires, pour être en superforme physique en vue du tournage.

Momoa, qui est arrivé sur le plateau en parfaite condition physique, a poursuivi son entraînement habituel et a passé pas mal de temps sur le mur d’escalade qu’il avait fait installer.

Pour être crédible face à lui, Wilson a suivi un entraînement très rude : "Dans la BD, Orm est un gars costaud et même si j’étais en forme, je voulais être plus baraqué", confie l’acteur. "C’est l’histoire, le film et l’aventure d’Arthur mais je voulais lui offrir, avec Orm, un adversaire de taille. La morphologie de mon corps a pas mal changé, j’ai pris 7 kilos, ma musculature a évolué, et j’ai cessé de ressembler à un type maigrichon portant une combinaison de muscles".

"Quand Patrick a été engagé pour le rôle, sachant qu’il allait devoir se mesurer à Jason Momoa, il a déclaré 'Je vais commencer à m’entraîner immédiatement' ", se souvient Safran. "Et il était très strict en la matière. Il s’entraînait déjà tous les jours en Asie avant son arrivée en Australie et quand il est arrivé sur le tournage, il était littéralement métamorphosé. Lorsqu'il s’est retrouvé à côté de Jason, on n’aurait pas su dire lequel des deux allait remporter la bataille !"

Abdul-Mateen II révèle qu’il avait lui aussi hâte de tourner avec Momoa : "J’ai suivi les consignes de Jason en matière de combats, parce que je suis assez néophyte dans ce domaine", dit-il. "Jason est un pro et un expert des scènes de combat rapproché. Je me suis contenté d'insuffler beaucoup d’énergie à ces séquences. Jason et moi, on se ressemble car on est tous deux comme deux grands gamins".

Même si son personnage relève plus de l’homme d’État que du combattant, Dafoe a apprécié d'exécuter les différentes cascades propres à l’intrigue : "Il ne s’agit pas de bouger de façon normale. On vole assez haut, on plonge et on fait des tonneaux et des acrobaties du genre, et y arriver de façon élégante est complexe mais très amusant", confie-t-il. "J’ai même chevauché à plusieurs reprises un gros cube bleu surnommé Muriel qui est devenu plus tard, grâce aux effets visuels, un requin marteau" !

Par ailleurs, les acteurs devaient avoir l’air d’évoluer réellement dans l’eau avec aisance et naturel, comme si la natation était une faculté innée. Les producteurs ont mené des recherches et découvert des techniques récentes pouvant être adaptées pour créer de nouveaux équipements – comme des plates-formes – encore plus efficaces.

Étant donné que des environnements différents exigent des mouvements différents, les plates-formes dans lesquelles les acteurs évoluaient devaient être spécialisées : c’est en multipliant les tentatives et en sollicitant l’aide des chefs-cascadeurs R. A. Rondell et Kyle Gardiner que l’équipe de Cox a fini par savoir comment procéder. "On a vite compris que les acteurs n’avaient pas l’air naturel en étant 'sous l’eau', et que ça ne fonctionnait pas. Ça nous a pris pas mal de temps pour y remédier en utilisant des balançoires et des pieds de caméra de studios de télé et ça a fini par marcher. Les acteurs étaient suspendus par des systèmes de plates-formes modernisées appelées 'diapason' pour leur permettre d'effectuer des mouvements fluides et amples", explique Cox.

"J’ai fait partie de l’équipe de MATRIX et les diapasons viennent de là au départ", poursuit Rondell. "Ce qu’on a utilisé pour AQUAMAN est une déclinaison de ce système". "Les diapasons ressemblent à une fourchette fixée à un poteau d’acier géant", souligne Gardiner. "On avait tout un ensemble d’attaches différentes auxquelles les acteurs étaient suspendus par les hanches. Ces harnais spéciaux offraient aux acteurs et cascadeurs trois ou quatre axes différents, en fonction de l’attache utilisée. Ces diapasons pouvaient aussi être fixés au plafond, ou des versions plus petites pouvaient être arrimées à un support qu’on pouvait déplacer à volonté".

"Les 'mambos', comme on a baptisé nos plates-formes, sont un dispositif qu’on a mis au point", ajoute Rondell. "Chaque personnage doit bouger d’une certaine manière et on a exploré de nombreuses façons de donner à chacun une gestuelle différente". "En se fiant à notre expérience, nous avons conçu plusieurs manières de simuler l'état de flottement", détaille Gardiner, "mais nous devions trouver une méthode rapide et efficace pour faciliter les dialogues et le mouvement sous l’eau pendant que les caméras filmaient. Les producteurs ont eu l’idée d’utiliser un système de trépieds pour caméra de télévision afin de stabiliser les diapasons et on a construit des systèmes de contrepoids et flotteurs pour simuler un mouvement de flux et reflux. On est aussi soumis à la gravité sous l’eau et les acteurs devaient se tenir debout, marcher, flotter ou nager : pour relever ces défis, on a travaillé avec tous les comédiens pour leur permettre de maîtriser ces enjeux physiques, et voir comment ils souhaitaient bouger une fois harnachés à nos plateformes".

En raison des contraintes liées aux suspensions de câbles et aux manipulations des plateformes elles-mêmes, les cascadeurs se sont comportés comme des marionnettistes, tirant des câbles et se déplaçant sur le plateau tandis que les acteurs bougeaient sur les plateformes. Rondell décrit ce processus "comme un ballet entre acteurs et cascadeurs, travaillant de concert pour réagir et bouger afin que l'ensemble ait l’air authentique".

"Le film offre de nombreuses scènes de bataille. Pensez aux séquences de combat d'arts martiaux qu’on a pu voir dans d’autres films, et imaginez maintenant à quoi ça pourrait ressembler sous l’eau", déclare Wan. "Pour couronner le tout, il s'agit de créatures surhumaines qui ont le pouvoir extraordinaire de se déplacer sous la surface de l’océan. C'est le genre de problématiques auxquelles on devait réfléchir avec nos cascadeurs".

UN NOUVEAU MONDE

AQUAMAN a été, pour l'essentiel, tourné en Australie, sur la Gold Coast du Queensland, au sud de Brisbane. Les producteurs ont utilisé les neuf plateaux des studios Village Roadshow, dont le plus récent, le plateau 9. Parmi la cinquantaine de décors créés pour les besoins du film, celui-ci a abrité les plus imposants d'entre eux, dont la salle du trône et le Colisée d’Atlantis, le navire de guerre du roi Orm et le magnifique "trône du roi mort".

Malgré ces gigantesques espaces, le plus grand défi d’un tournage représentant un monde sous-marin est sans aucun doute… l’eau elle-même. "Quand c'est possible, je donne toujours la priorité aux effets réels, car j’aime pouvoir les voir et les toucher", dit Wan. "Je tenais à en faire le plus possible en conditions réelles si bien qu'on a beaucoup tourné en 'dry for wet', autrement dit dans des conditions 'sèches' pour simuler l’eau. On s’est aussi servi de pas mal de fonds bleus mais on a aussi souvent eu recours aux éléments réels des décors qu'on immergeait dans le réservoir d’eau. En ce qui me concerne, il y a toujours des scènes qu’on a besoin de filmer pour de vrai, et d’autres qui nécessitent l'apport du numérique. Bien évidemment, on s’en est également beaucoup servi, car c’était un tournage exigeant qui a mobilisé des effets tant réels que numériques".

Pour le décorateur Bill Brzeski : "Créer un film de super-héros est toujours un immense défi, alors si on y ajoute la simulation d'un tournage sous-marin et la prise en compte des contraintes physiques propres au monde aquatique... On a vite compris qu’on ne pouvait pas travailler sous l’eau et comme au moins deux tiers de l’histoire s’y déroulent, c’était très complexe".

"Atlantis est le fruit d’une civilisation qui a poursuivi son évolution sous l’eau et s'est subdivisée en sept différents royaumes : Atlantide, Brine, Fisherman, Xebel, Trench, Deserter et le Lost. La plupart de leurs habitants ne savent pas ce qui se trouve à la surface, car ils n’y vont pas. Il s’agit donc de deux univers qui coexistent sur la même planète mais n’ont jamais été en contact, du moins pas jusqu’à notre histoire", ajoute-t-il.

En créant les décors réels d’Atlantide, Brzeski a imaginé "une civilisation néoclassique qui pourrait être issue de la Méditerranée, peut-être des précurseurs des Grecs, de la période hellénistique, sans doute même pré-égyptienne. Mais ce qui les distingue, c’est qu’il s’agit d’une culture en passe d'accéder à l'ère du numérique".

Comme il l’a fait avec Kym Barrett pour les costumes, Wan a longuement parlé avec Brzeski "des matériaux de construction du monde terrestre comme la brique, le bois, le métal et les différents types de tissu qu’on porte. Des matériaux que les Atlantes n’auraient peut-être pas dans l’océan", déclare le réalisateur. "On a donc cherché à s’inspirer en grande partie du monde nautique et marin. On s’est dit que leur habitat pourrait être très naturel, peut-être en corail. Vivent-ils dans un espace vivant ? Et qu’est-ce qui les éclaire dans ce monde ? Ils vivent à de telles profondeurs que la lumière naturelle ne peut y pénétrer, du coup, qu’est-ce qui remplace la lumière du soleil ? Le cycle solaire règle notre horloge interne, notre biorythme, n’est-ce pas ? Si on n’a pas de soleil, qu’est-ce qui le remplace ? De quelle source lumineuse se servent-ils ?"

"C’était un défi de taille", détaille Brzesli. "Et on a fini par penser à la logique de la bioluminescence et au corail luminescent. Des créatures issues des profondeurs marines produisent leur propre lumière grâce à la bioluminescence et on a donc pensé que les Atlantes n’étaient pas une culture primitive partie vivre sous l’eau mais qu’au contraire ils étaient particulièrement évolués".

Pour imaginer cette civilisation à l’écran, Wan a collaboré avec le directeur de la photographie Don Burgess qui a suggéré quelques techniques d’éclairage particulières adaptées à l’eau."C’est l’un des plus anciens trucages : des plateaux remplis d’eau audessus de la scène, situés juste sous les projecteurs du plafond. On règle ensuite ces lumières informatiquement en un faisceau lumineux qui donne le sentiment de se trouver sous l’eau, avec un effet d’écho créé par l’utilisation de cordes faisant briller l’eau sur les plateaux", révèle-t-il.

"J’ai tourné pas mal de films sur et sous l’eau", confie Burgess. "Le défi de ce film a consisté à créer un environnement sous-marin sur la terre ferme. On a donc mis au point des techniques, des procédés que j’avais pu tester dans le passé mais jamais à cette échelle. On a repoussé les limites de ce dispositif et j’adore me lancer des défis pour innover".

"Dans ce film, on a utilisé pas mal d’éclairages réglés par ordinateur et on a beaucoup de mouvements de caméra pour simuler la sensation de se trouver sous l’eau. La lumière voyage d’une certaine façon en milieu aquatique. On a étudié ces propriétés avant d’essayer de le reproduire dans certains des décors qu’on a construits. On a aussi utilisé des vitesses d’obturation, des angles de caméras et des longueurs de focales diverses pour manipuler les images, et donner au public l’impression d’être dans les profondeurs marines", ajoute-t-il.

Même si la plus grande partie d’Atlantide a été conçue en infographie pendant la postproduction, deux des éléments de décors réels de Brzeski représentant Atlantide sont le cercle de feu "dojo" – qu’il décrit comme "notre version d’un colisée de gladiateurs" – et "la salle d’armures où les gladiateurs se préparent. C’est un espace dont les colonnes sont ornées de costumes de gladiateurs et qui baigne dans l’aura de ces armures vieilles de plusieurs millénaires".

L'un des décors sous-marins les plus impressionnants a occupé l'intégralité du plateau 8 des studios : une épave de galion disparaissant sous les algues et les coquillages. "C’était un décor extraordinaire", s'enthousiasme Safran. "C’est là que Vulko inaugure la quête de Mera et Arthur et il s’y produit une grande scène d’action quand les commandos atlantes attaquent Arthur. On ne pouvait en croire nos yeux, tant chaque mollusque et morceau de corail a l’air d’avoir toujours été là. Bill a vraiment assuré avec ce décor".

Dans l’histoire, le galion renferme un sas d’air à l’intérieur de la coque, et l’équipe technique a donc construit un dispositif de cascade assez connu appelé un "flot laminaire", sorte de mur d’eau dans lequel Arthur et Mera nagent depuis les profondeurs marines jusqu'à une anfractuosité à l’intérieur du bateau. Le système a été complexe à mettre en place puisque cette surface d’eau ne restait immobile que pendant un court laps de temps avant que la vitesse extrême ne la brise. Malgré ces difficultés, l’effet est saisissant : ces "flots laminaires" ont même été triplés et recréés pour une séquence ultérieure dans laquelle Arthur traverse une cascade dans son costume d’Aquaman, sa combinaison de héros verte et dorée.

Brzeski confie que son décor préféré reste celui du "temple du roi mort". Il s'agit d'une structure pyramidale érigée dans un coin du plateau 9 sur laquelle le roi Atlan siège sur son trône, ses mains froides et sans vie serrées autour de son trident sacré. "Le temple est une structure caverneuse en forme de dôme, un énorme creux sous la surface terrestre", dit-il en décrivant ce décor essentiel, qui a été construit contre des rideaux de fonds bleus de 10 mètres de haut, lesquels allaient permettre au département Effets visuels de créer cet arrière-plan vertigineux. "C’est un lieu magique dans l’histoire, un 'voyage au centre de la Terre' version océanique, un peu comme si on plongeait au coeur des cavernes Carlsbad [parc national au Nouveau-Mexique comprenant des centaines de grottes souterraines, NDT.] mais en beaucoup, beaucoup plus grand".

Un autre décor à l’atmosphère radicalement différente n'est autre que le sousmarin russe commandé par des pirates du fond des mers : une partie de ce décor, la salle des torpilles, a été construite au-dessus d’un réservoir intérieur et submergé pendant la séquence de bataille entre Arthur et David Kane. Cette scène d’action a été l’oeuvre du superviseur effets spéciaux Brian Cox, grâce à l’un de ses nombreux cardans mécanisés, construits pour les éléments mobiles des décors.

Parmi les décors supplémentaires, on peut citer le sous-marin Black Manta en forme de raie et son atelier, l’intérieur de la gueule d’une baleine où Arthur et Mera se réfugient ou encore la demeure accueillante de Tom Curry dans le phare. La maison de Curry se situe dans la ville fictive d’Amnesty Bay en Nouvelle- Angleterre : des vues aériennes du Newfoundland ont été utilisées pour simuler le village. Brzeski et le directeur artistique Bill Booth ont conçu le décor, un phare intégralement construit face au Pacifique Sud à Hastings Point, en Nouvelle-Galles du Sud. "On a cherché des paysages rappelant le Maine mais l’Australie ne lui ressemble pas du tout : les rochers sont très différents, tout comme la flore et la faune. Hasting Point a été une grande découverte de Bill : il s'agit d'une magnifique pointe où les rochers émergent de l’eau parmi les vagues venant s'y briser, tandis qu’on distingue au loin des baleines sauter hors de l’eau. C’était un endroit merveilleux où ériger notre phare et faire en sorte qu’il ait l’air d’être en Nouvelle-Angleterre.

Construit dans un entrepôt à plusieurs dizaines de kilomètres de là, l’extérieur du décor a été transporté en pièces détachées et assemblé sur place comme un gigantesque puzzle. "Ce lieu est situé dans un parc national et on ne voulait en aucun cas perturber la nature ou dégrader le paysage", explique Brzeski. Comme tout paysage de bord de mer, Amnesty Bay a un bar prisé par ses habitués : pour Tom et Arthur il s’agit de "Terry’s Sunken Galleon Bar" (le "galion-bar englouti de Terry"), bâti sur "The Spit" : il s'agit d'une dune de sable qui sépare les eaux situées entre les deux rivages de celles du Pacifique Sud, dans le quartier de Main Beach sur la Gold Coast, à environ une demi-heure des studios. L’endroit n'a pas tardé à être apprécié par la production.

Les acteurs et les techniciens n’étaient pas les seuls à se sentir chez eux dans le bar de Terry. "Les habitués faisaient la queue une fois qu’on a installé les panneaux, nous disant qu’ils ignoraient l’existence de ce bar", raconte la décoratrice de plateau Bev Dunn. "La touche finale de ce décor réel, c’est qu’on sentait l’odeur de l’océan juste à l’extérieur des fenêtres. On n’aurait jamais pu obtenir ça sur un plateau de cinéma". Un autre site idéal pour l’une des scènes les plus dramatiques du film a été déniché dans un paysage aux allures de paradis un peu désuet, à North Stradbroke Island, tout près de Brisbane, la capitale du Queensland. Une gorge à l’abri des regards sur la côte nord de l’île, appelée Lookout Point, a été utilisée pour simuler la partie extérieure de "l’île du roi mort".

Outre ces trouvailles et les divers décors conçus pour les besoins du tournage, les producteurs ont aussi utilisé le vaste plateau extérieur des studios, sur lequel Brzeski a construit une superbe place à l’italienne, y reproduisant Erice, un village sicilien situé sur une colline, pour une impressionnante scène de course-poursuite. Enfin, des extérieurs de toute beauté ont également été tournés en Italie et au Maroc.

LES TOUCHES FINALES

Tout au long du tournage, le superviseur effets visuels Mcllwain et son équipe ont été très sollicités : "J’ai déjà collaboré avec James si bien que nous fonctionnons en totale confiance. Quand on s’est rencontrés pour la première fois pour parler de ce film, il avait déjà travaillé sur tout un ensemble de concepts et de références visuelles pour le projet. J’ai été époustouflé. Au cours du film, on explore sept royaumes sous-marins, dont certains comprennent des milliers de créatures presque entièrement conçues en images de synthèse, comme le Roi de Brine et Trench. La seule manière dont on pouvait placer les acteurs dans la plupart de ces environnements était de les filmer en 'dry for wet', ce qui est très complexe. Ce n’est pas comme être dans l’espace, sans gravité : la gravité et les lois de la physique sont à prendre en compte", confie-t-il.

"L’un des premiers aspects à envisager, c’était les cheveux car la chevelure, comme les vêtements et le reste, réagit différemment quand on est sous l’eau. Et comme on a filmé les acteurs sur la terre ferme, on a dû restituer numériquement les cheveux de l'ensemble des acteurs. On a constamment joué avec les divers cadrages, les différentes plates-formes à déplacer autour des acteurs pour leur donner une qualité de mouvement aquatique. L’environnement aquatique qu’on a créé est assez inédit, et je ne crois pas qu’on ait déjà vu ça au cinéma".

Il ne faut pas oublier non plus le nombre impressionnant de prises de vue qu'il a fallu concevoir : "D'autres films ont déjà utilisé le procédé 'dry-for-wet' pour simuler l’eau, mais uniquement pendant de courtes séquences", souligne McIlwain. "On a réalisé tout un univers sous-marin et chaque royaume a l’air différent des autres. Le défi réside dans l’extrême complexité du projet lui-même. Tout a dû être filmé devant un fond bleu. Ç’aurait été un cauchemar de devoir tourner sous l’eau. D'ailleurs, je ne sais pas comment on aurait pu s'y prendre – c’est impossible".

La production a mobilisé les technologies les plus récentes : "il y a seulement dix ans, j’aurais estimé que mettre en oeuvre un film pareil était extrêmement difficile ", déclare-t-il encore. "On a utilisé les technologies dernier-cri, comme des caméras 'MoCap' de capture de mouvement et le procédé de 'production visuelle' (Virtual Production), ce qui nous a permis de regarder dans la caméra et de cadrer les plans. L’acteur est là, peutêtre assis sur une plate-forme mobile pour simuler la créature sous-marine qu’il chevauche. On peut ensuite regarder à travers la caméra et voir ce qu’il chevauche et l’environnement dans lequel il se trouve".

Safran note : "La 'production virtuelle' a été un outil essentiel parce qu’on a ainsi pu travailler avec la dimension des environnements et positionner précisément les acteurs au sein de cette cartographie. Ces derniers pouvaient aussi comprendre comment entrer en contact avec les individus et créatures numériques qui allaient être conçus par la suite". "C’est un outil assez récent, qui date d’il y a cinq ans environ", explique le superviseur prévisualisation Eric Carney. "James semblait aimer travailler avec cette technologie : il l’a constamment utilisée pour affiner les interprétations des acteurs, les réglages des caméras, et pour se faire une idée de ce à quoi s’attendre une fois que les effets visuels allaient être conçus en postproduction".

Pour accompagner musicalement les thèmes du film, Wan a sollicité le compositeur franchement Gregson-Williams : "Composer de la musique pour des personnages si variés a été extraordinaire. Arthur a un tempérament tellement fort – c'est une vraie rock-star – que j'ai pensé qu'il méritait un thème orchestral puissant. Dans certaines scènes marquantes, il se lâche carrément ! Orm est un Atlante et la partition que j'ai écrite pour Atlantis tranche de manière spectaculaire avec celle du monde de la surface, plus lyrique et emphatique. Black Manta m’a inspiré une sonorité plus industrielle et électronique. Et, bien sûr, il y a de l’amour – il y a deux histoires d’amour en réalité. Atantis et le monde que James a créé sont époustouflants et m'ont donné l'occasion de laisser libre cours à mon imaginaire".

"L’univers imaginé par James n’est pas seulement beau, il est aussi terrifiant et totalement inconnu", signale Momoa en faisant allusion au monde inexploré qu’on découvre dans AQUAMAN. "Je n’ai pas fait beaucoup de films que les enfants puissent regarder et je suis assez enthousiaste à l'idée de pouvoir voir celui-ci avec les miens. Ça va être une sacrée expérience. C’était super d’en faire partie… Et oui, les rêves parfois se réalisent".

C’est à Wan que revient le mot de la fin : "Je pense que c’est une histoire d'une grande actualité, qui évoque des thématiques qui nous parlent et qui reflètent une réalité du monde contemporain. Selon moi, toute histoire de super-héros doit être divertissante et nous transporter dans une aventure extraordinaire. Mais elle doit aussi nous donner un éclairage sur ces personnages et nous faire comprendre qu’en fin de compte, tout le monde a la possibilité de faire le bien. Et qu’on n'a pas nécessairement besoin d’une cape pour y parvenir !"

Source et copyright des textes des notes de production @ Warner Bros. France

  
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