mercredi 27 mars 2019

SHAZAM!



Action/Fantastique/Un divertissement très cool qui fait habilement rimer mignon et action !

Réalisé par David F. Sandberg
Avec Zachary Levi, Asher Angel, Mark Strong, Djimon Hounsou, Jack Dylan Grazer, Grace Fulton, Jovan Armand, Ian Chen...

Long-métrage Américain
Durée : 02h12mn

Année de production : 2019
Distributeur : Warner Bros. France

Date de sortie sur les écrans américains : 5 avril 2019
Date de sortie sur nos écrans : 3 avril 2019


Résumé : On a tous un super-héros qui sommeille au fond de soi… il faut juste un peu de magie pour le réveiller. Pour Billy Batson, gamin débrouillard de 14 ans placé dans une famille d'accueil, il suffit de crier "Shazam !" pour se transformer en super-héros.

Ado dans un corps d'adulte sculpté à la perfection, Shazam s'éclate avec ses tout nouveaux superpouvoirs. Est-il capable de voler ? De voir à travers n'importe quel type de matière ? De faire jaillir la foudre de ses mains ? Et de sauter son examen de sciences sociales ? Shazam repousse les limites de ses facultés avec l'insouciance d'un enfant. Mais il lui faudra maîtriser rapidement ses pouvoirs pour combattre les forces des ténèbres du Dr Thaddeus Sivana…

Bande annonce (VOSTFR)



Featurette Officielle (VOSTFR) - Zachary Levi / Asher Angel



Ce que j'en ai pensé : hier soir, le 26 mars 2019, a eu lieu la belle avant-première du film SHAZAM! au cinéma le Grand Rex.






Le réalisateur David F. Sandberg a su ménager la part d'enfance qui fait la substantifique moelle de ce super-héros DC Comics attachant. Conscient qu’il est difficile de ne pas penser au film BIG de Penny Marshall (1988) dans l’esprit, il lui rend hommage et s’amuse avec l’idée de l’adolescent qui devient homme (physiquement seulement) par enchantement. 

Le réalisateur ne surcharge pas son propos avec trop d’effets spéciaux. Il les utilise pour mettre en avant l’humour et pour faire avancer son intrigue qui se concentre surtout autour de la définition de la famille et de ce qu’elle doit représenter pour une personne. Le contexte est clair et l’évolution de l’action est régulière. Il gère des moments un peu sombres, qui seront potentiellement effrayant pour des enfants très jeunes, mais en même temps, il les rend inquiétants sans tomber dans l’horreur en suggérant plus qu’il ne montre vraiment. Il est habile pour mettre en scène différentes ambiances et donner à son long-métrage tour à tour un visage de comédie familiale, de film d’action, d’histoire fantastique… 

Le scénario scinde le film en deux parties. Dans la première l’esprit est léger et rigolo, les blagues font mouche et la revue au goût chewing-gum du mythe du super-héros est non seulement très mignonne mais aussi originale. La seconde partie rentre plus dans les critères habituels du film de super-héros et coche les cases du bien contre le mal avec, cependant, ce petit truc en plus qui garde une cohérence de ton et d’intention qui est bienvenue. Il y a une forme de naïveté qui émane de l’ensemble et qui est rafraîchissante.

Les acteurs sont très attachants et participent à rendre toute cette aventure touchante. Le duo Billy Batson, interprété par Asher Angel, et Shazam, interprété par Zachary Levi, fonctionne à merveille. Il est constant et crédible. Zachary Levi assure physiquement et joue impeccablement l’homme enfant. Son Shazam est super ! Jack Dylan Grazer vient compléter le duo avec son adorable frimousse et son air malin. Il interprète Freddy Freeman, un gamin à l’esprit vif qui ne laisse pas les épreuves l’abattre.



Les autres enfants - Grace Fulton, qui interprète Mary, Jovan Armand, qui interprète Pedro, Ian Chen qui interprète Eugene et Faithe Herman qui interprète la petite Darla - forment un ensemble de personnalités très sympas et justes qui se complètent.

Quant à Mark Strong, il sait s’imposer et rendre tous les aspects néfastes qui composent son personnage du Dr. Thaddeus Sivana convaincants.

Copyright photos © 2019 WARNER BROS. ENTERTAINMENT INC.
Photo Credit: Courtesy of Warner Bros.

SHAZAM! réussit à faire résonner son cœur d’enfant et il le fait bien. C’est un divertissement enlevé qui fait adroitement rimer son côté mignon et l'action. Il joue avec les codes, inclus des références, créé un univers large en se basant sur la cellule familiale. On en sort le sourire aux lèvres et avec l’envie de dire le mot magique pour voir si le charme se prolonge au-delà de l’écran.

Note : Pensez à rester jusqu'à la dernière image du générique de fin pour profiter des deux petites scènes supplémentaires !

NOTES DE PRODUCTION
(À ne lire qu'après avoir vu le film pour éviter les spoilers !)

Si tu veux sauver le monde, prononce le mot magique !

Tous les enfants rêvent de devenir des super-héros”, déclare le réalisateur de SHAZAM ! David F. Sandberg. “Notre histoire se passe dans un monde où Batman et Superman existent vraiment, et Billy Batson est un jeune garçon qui voit tout simplement ce rêve se réaliser”. Mais pour Billy, cela va encore plus loin : non seulement il obtient des superpouvoirs, mais il va même jusqu’à devenir un adulte – du moins en apparence – avec un nom synonyme de pouvoir. Car SHAZAM, c’est à la fois Salomon, Hercule, Atlas, Zeus, Achille et Mercure !

En réalité, le super-héros Shazam est d’abord un jeune garçon cynique placé en famille d’accueil : il ne parvient pas à trouver sa place dans le monde, ne connaît rien aux super-héros, et n’a jamais eu l’idée qu’il pouvait en être un lui-même. David F. Sandberg reconnaît que c’est une caractéristique propre au personnage et ajoute : “C'est grâce à la magie qu'il obtient son pouvoir. Il n’est qu’un enfant, mais c’est parce qu’il est doté d’un cœur pur et d’un grand courage qu’il est l’élu. C’est lui le champion. C’est cela qui m’a intéressé”.

Quant à l’acteur principal, Zachary Levi, c’est le mélange des différentes facettes de l’histoire qui l'a convaincu. “Bien sûr, le film raconte comment Billy Batson devient le protecteur – et le mortel – le plus puissant de la planète, juste à temps pour affronter des forces du mal surnaturelles contre lesquelles il va devoir apprendre à se battre, mais c’est surtout une très belle histoire sur le passage à l’âge adulte. C'est une chronique familiale doublée d'un film d'action”.

En jouant dans SHAZAM !, qui raconte comment un vœu extravagant peut être exaucé, Zachary Levi a vraiment eu le sentiment que la vie imitait l’art… à moins que ce ne soit l’inverse. Difficile de dire si ce sont les rêves de Shazam ou les siens qui se sont réalisés. “La plupart du temps, on a un personnage qui se retrouve projeté plus ou moins malgré lui dans une histoire de super-héros. Tout à coup, il a plein de pouvoirs et tout le monde a besoin de lui, si bien qu'il se dit ‘Ah super, c’est encore à moi de sauver le monde ?’”, explique Zachary Levi. “Mais Billy Batson est enchanté, ce qui fait de Shazam un des rares personnages de super-héros de l’univers de la bande-dessinée qui est franchement heureux de son statut. Je savais que ça rendrait mon travail d’acteur infiniment plus facile, car je n’aurais pas à cacher mon propre enthousiasme à l’idée d'incarner Shazam”.

SHAZAM est la deuxième incursion du producteur Peter Safran dans le genre du film de super-héros, après le succès phénoménal d’AQUAMAN l’année dernière. Peter Safran reconnaît qu’il existe des similitudes entre ces deux personnages qui tentent de trouver leur place dans leurs mondes respectifs, mais il précise “Chaque personnage de DC Comics peut et doit avoir une tonalité différente. Chacun vit dans un monde différent, et avec Shazam, on était emballés à l’idée de produire un film d’action spectaculaire dans lequel allait évoluer un personnage extrêmement drôle.. Personnellement, ce qui m’a toujours plu avec SHAZAM !, c’est le fait que les personnages voient leurs vœux exaucés – l’idée que tout le monde peut devenir un super-héros. Pas besoin d’avoir un père milliardaire ou de venir de la planète Krypton. C’est donc ça qui m’a plu dans ce projet, ainsi que la chronique familiale qui a toujours été indissociable du destin de Billy Batson / Shazam”.

Peter Safran était également ravi de travailler avec David F. Sandberg, autre spécialiste du cinéma d’horreur qui découvre l’univers DC. “David s'est très rapidement taillé une réputation grâce à l’horreur”, rappelle Peter Safran. “DANS LE NOIR et ANNABELLE 2 : LA CRÉATION DU MAL sont deux films qui ont été très bien accueillis par la critique et ont connu en même temps un grand succès commercial. Avec SHAZAM ! , les gens vont découvrir qu’il est également excellent dans le registre comique”.

Henry Gayden a écrit ce scénario à la fois drôle et riche en action à partir d’une histoire qu’il a adaptée de la bande-dessinée en collaboration avec Darren Lemke. “J’ai lu la BD 'New 52' de Geoff Johns”, se souvient Henry Gayden. “Puis, j’ai lu 'Le Pouvoir de Shazam !' de Jerry Ordway écrit dans les années 1990, et quelques autres livres plus anciens. J’y ai tout de suite décelé le potentiel de l’histoire et des personnages, et j’ai retrouvé dans un seul et même récit énormément de thèmes qui m'inspirent. J'ai adoré écrire l’histoire du point de vue d’un enfant, et me glisser dans la logique d’un ado de quatorze ans qui se retrouve soudain avec tous ces pouvoirs et qui ne se dit pas ‘Comment je vais sauver le monde ?’ mais ‘Qu’est-ce que je peux faire de marrant ?’

Zachary Levi confie qu'en découvrant le scénario de SHAZAM !, il n’a pas réussi à le lâcher : “Je le lisais, je tournais les pages en me disant c'est top, vraiment top et ça ne faiblit jamais ! Il y a à la fois le parcours du héros, celui du jeune garçon et la chronique familiale … et tout cela empreint d’humour et d'émotions”.

Outre Zachary Levi, les auteurs ont engagé un groupe d’acteurs formidables – à la fois adultes et enfants – pour jouer les rôles principaux. On trouve des comédiens expérimentés et reconnus comme Mark Strong qui incarne le redoutable Dr Thaddeus et Djimon Hounsou sous les traits du Sorcier qui attribue les pouvoirs. On reconnaît également des visages familiers comme Asher Angel dans le rôle de Billy Batson et Jack Dylan Grazer en Freddy Freeman, ainsi que Faithe Herman, Grace Fulton, Ian Chen et Jovan Armand qui viennent compléter la ribambelle d’enfants en famille d’accueil.

David F. Sandberg a tourné presque exclusivement à Toronto, en intérieurs comme en extérieurs dans l’hiver canadien glacial. Pour y parvenir, il s’est entouré d’une équipe d’exception avec qui il a l’habitude de travailler, comme le directeur de la photographie Maxime Alexandre, la chef-décoratrice Jennifer Spence, et la chef-costumière Leah Butler. David F. Sandberg raconte : “On a eu la chance de réunir une équipe exceptionnelle, comprenant à la fois des personnes vivant à Toronto, des cascadeurs d’AQUAMAN qui sont venus directement d’Australie, et un 1er assistant réalisateur qui a tourné de nombreux films à gros budget… On était vraiment entouré des meilleurs”.

Billy Batson, je te choisis comme Champion !”

LES ACTEURS

David F. Sandberg estime que la passion et l’esprit juvénile de Zachary Levi ont été essentiels pour le casting. “C’était important de trouver quelqu’un qui pouvait se sentir comme un enfant dans le corps d’un adulte. À mon avis, l’erreur que commettent la plupart des adultes qui essaient de jouer un enfant, c’est qu’ils se contentent de faire les idiots. Mais les enfants ne sont pas plus bêtes, ils sont juste plus inexpérimentés et enthousiastes face à la vie. Ils n’ont pas le filtre qu’ont la plupart des adultes. C’est ça qu’on cherchait et qu’on a vraiment trouvé chez Zachary Levi”.

Zachary Levi était enchanté d’avoir l’occasion de retrouver l’ado de quatorze ans qui sommeillait en lui. “Je ne dirais pas que je suis un homme-enfant”, s’amuse-t-il. “Mais il se trouve que je suis quelqu’un d’enthousiaste, optimiste et plein d’énergie. Du coup, quand il a fallu arriver sur le plateau et jouer le personnage de Shazam, voler et se battre contre des méchants, j’étais complètement partant ! J’étais hyper impatient de tourner chacune des scènes du film et d’incarner un super-héros qui non seulement déchire, mais est aussi sensible, drôle et attachant”.

L’acteur admet que le fait d’avoir passé son enfance à lire des bandes-dessinées et jouer aux jeux vidéo l’a sans doute aidé, mais pour autant il déclare : “Dans la scène où le Sorcier transforme Billy en Shazam, il entend sa voix pour la première fois, et en fait là c’est ma voix qu’on entend ! J'attendais cette scène avec impatience, je savais que ça allait être génial”. Son expérience lui a aussi permis de jouer certains passages : “Je pense au moment où il voit son reflet pour la première fois, ou encore à celui où il apprend quels sont ses pouvoir…”, énumère Zachary Levi. Donc tout, en somme.

Zachary Levi affirme que jouer un garçon dans le corps d’un homme revenait finalement à réunir deux facettes de sa personnalité. “Les enfants ne se laissent pas dépasser par les événements comme le font les adultes. Ils n’ont pas de plan épargne et d’emprunts. Ils vont juste à l’école en se disant : ‘J’ai pas du tout envie d’aller en cours de maths’. Ils n’ont pas encore accumulé suffisamment d’expériences et n'ont pas encore la sagesse des adultes pour décrypter la complexité du monde”.

Mais même en tant qu’adulte, et surtout en tant qu’acteur”, poursuit-il, “j’ai toujours essayé de garder un appétit pour la vie, un enthousiasme, une sincérité, qui sont, selon moi, des qualités que la plupart des enfants dégagent naturellement. Ils ont un cœur pur dans une certaine mesure, et je pense que c’est pour ça que cette histoire est géniale et que Billy en particulier est hors du commun. Il a un grand cœur et c’est pour cela que le Sorcier le dote de ce pouvoir. C’est un pari risqué que de donner à ce garçon de quatorze ans le pouvoir des dieux”.

Outre la sagesse de Salomon, la force d’Hercule, l’endurance d’Atlas, le pouvoir de Zeus, les qualités de guerrier d’Achille et la vitesse de Mercure, “il maîtrise la foudre, ce qui est assez raccord avec sa 'Zeussitude', si je peux m’exprimer ainsi. Je viens d’inventer ce mot”, signale Zachary Levi.

Sur le plateau, l’acteur s’est amusé autant que son personnage à découvrir les pouvoirs de Shazam. “J'ai particulièrement apprécié la scène où il interrompt un cambriolage et se rend compte qu’il est résistant aux balles. Au début, il se met carrément à rigoler parce que les balles le chatouillent”. Zachary Levi avoue que, bien avant le début du tournage, en lisant la scène, “J’ai craqué, je me suis mis à rire tout haut, à me poiler tout seul dans mon salon. C'est un moment très joyeux. On ne voit pas Batman ou Superman se faire chatouiller par leurs pouvoirs. Ce sont des personnages qui portent un lourd poids sur leurs épaules depuis longtemps, tandis que Billy est tout nouveau dans ce monde. On ressent son enthousiasme et j’ai vraiment adoré ça”.

Évoquant les caractéristiques des autres super-héros, David F. Sandbgerg déclare : “L’identité secrète de Shazam est la plus efficace de toutes. Il devient quelqu’un de complètement différent, un jeune garçon. S’il a besoin de faire profil bas ou de s’échapper, il a juste à dire ‘Shazam !’ et il se transforme en Billy, un jeune garçon tout ce qu'il y a de normal”.

Ce garçon "normal" n’est autre que Billy Batson, un adolescent originaire de Philadelphie qui, bien avant de se voir attribuer des super-pouvoirs et une super-identité, a fugué de familles d’accueil aux quatre coins du pays, convaincu qu’il n’a besoin de personne d’autre que sa vraie mère. Il est à sa recherche depuis qu’ils ont été séparés dans un carnaval surpeuplé quelques années auparavant. Il n'a d'autre but – et de vœu le plus cher – que de retrouver celle qui est sa seule famille.

Peter Safran raconte : “Billy Batson est un garçon dont la mère a disparu quand il avait trois ans. Il a grandi en famille d’accueil, passant d'un foyer à l'autre. À chaque fois, il s’enfuit et part à la recherche de sa mère. Quand notre histoire commence, il est finalement placé dans la famille Vasquez, avec les autres enfants qu’ils accueillent chez eux”.

Le jeune Billy au caractère farouchement indépendant est joué par Asher Angel, qui n’avait jamais entendu parler du personnage ni de son alter-ego avant de lire le scénario. Mais le jeune adolescent s’est empressé de se mettre au travail : “Dès que j’ai décroché le rôle, j’ai couru chez le libraire avec mes parents, j’ai lu plein de bandes-dessinées et à chaque fois je me rendais compte à quel point ce personnage était génial. Je me disais ‘C’est dingue, je vais être dans le film et faire partie de la grande famille DC maintenant’. C’est incroyable, surtout pour mon premier film !

S'il admire le héros que son personnage allait devenir, Asher Angel a ressenti beaucoup d’affection pour Billy. “Billy n’a pas eu la vie facile, mais c’est un garçon intelligent et débrouillard. Et oui, il est un peu sournois mais il n’a pas eu le choix. Il ne pouvait compter que sur lui-même car il n’a personne d'autre à ses côtés. C’est aussi un peu un choix qu’il a fait parce qu’il veut retrouver sa maman. Il a dû tout faire tout seul pour rester en vie et la chercher”.

Étant donné qu’ils sont les deux facettes d’un même personnage, Asher Angel et Zachary Levi n’apparaissent jamais en même temps à l’écran. En revanche, ils ont passé quelques moments ensemble à écouter David F. Sandberg imaginer des attitudes qu’ils pourraient utiliser dans leurs jeux respectifs.

On devait trouver un terrain d’entente pour donner une orientation commune à notre interprétation. Billy a un côté sarcastique et on a tous les deux exploité ce trait de caractère”, remarque Zachary Levi.

C’était important pour nous de déchiffrer nos attitudes respectives et de jouer certaines choses de la même façon, pour que le public comprenne que c’est la même personne à l’écran”, acquiesce Asher Angel. Les deux acteurs se sont rencontrés à l'avant-première d’un autre film et Asher Angel raconte : “Zac m'a juste dit ‘Salut Billy’. Il était super drôle et dynamique, il m’a tout de suite semblé être quelqu’un de gentil et modeste”.

Billy est tellement obnubilé par l’idée de retrouver sa mère qu’il ne voit pas qu’une autre famille est prête à l’aimer en débarquant chez les Vasquez. Pour lui, ce n’est qu’une étape: il cherchera à s’échapper dès qu’il en aura l’occasion. Mais d'ici là, il se retrouve transporté, non pas dans une nouvelle maison, mais dans une nouvelle dimension.

Asher Angel explique : “Billy était dans le métro quand, en une seconde, il se retrouve dans un endroit délirant qui s’appelle le Rocher de l’Éternité. Il rencontre un Sorcier qui décèle quelque chose chez Billy. Il estime que Billy Batson est l’élu et lui demande juste de prononcer son nom”.

Billy ne comprend rien à ce qui se passe, mais face au ton insistant du Sorcier – et non parce qu’il a envie de suivre les élucubrations d’un vieux magicien fou –, il s’exécute …
SHAZAM !

Effrayé par ce qui vient de se passer et par ce qu’il est devenu, Billy ne sait pas quoi faire. Il sait en revanche qui saura quoi faire: le garçon avec qui il partage sa chambre dans sa famille d’accueil, Freddy.

Ne sachant pas où aller, il fonce chez les Vasquez pour demander un coup de main à Freddy, car si quelqu’un est en mesure de l’aider à démêler cette affaire de super-héros, c’est bien Freddy, le super-geek des super-héros. David F. Sandberg considère que l’humour du film vient en bonne partie du fait que notre super-héros est accompagné d’un fan absolu. “Freddy est l’expert dont Shazam a besoin”, dit-il.

Jack Dylan Grazercampe Freddy Freeman, garçon qui a clairement vécu une enfance difficile mais n’a pas perdu son sens de l’humour… ou sa malice. Il témoigne : “Freddy vit en famille d’accueil et il a un handicap qui affecte sa jambe, sa colonne vertébrale et son pied, et c’est pour ça qu’il marche avec une béquille. Il se fait harceler en raison de ce handicap, mais il arrive à prendre de la distance. Il laisse couler et plutôt que de se lamenter sur son sort, il en rit et fait preuve d'autodérision. Il a une grande confiance en lui et c’est quelque chose que j’admire”.

Freddy parvient remarquablement bien à donner le change mais il n’est pas invincible… même s’il le cache bien. Ce qu’il n’essaie pas de dissimuler en revanche, c’est sa collection d’objets en lien avec les super-héros. Autrement dit, selon Jack Dylan Grazer : “Il est fanatique des super-héros à un point démentiel. Il sait tout. Du coup, quand il découvre que Billy est un super-héros, il n’en revient pas. C’est un rêve devenu réalité. Au début, je pense qu’il ne se dit même pas une seconde ‘Je voudrais être à sa place’. Je pense qu’il est tout à son bonheur d’être en présence d’un vrai super-héros. Et il sait exactement ce qu’il doit faire”.

Freddy sert un peu de mode d’emploi à Shazam”, remarque David F. Sandberg. “Il sait tout de suite ce qu’il faut tester: force surhumaine, invisibilité, vitesse etc. On les voit s’amuser tous les deux et découvrir les véritables pouvoirs de Shazam. Et bien sûr, comme ce sont des jeunes, ils filment tout et mettent les vidéos sur YouTube”.

Pour Jack Dylan Grazer, l’histoire dégage un sentiment d’émancipation : “D’habitude, ce sont des super-héros adultes qui combattent le crime ou les méchants. Mais cette fois, c’est un enfant – en tous cas,au fond de lui, c’est toujours un enfant. Il a peur mais il a quand même envie de sauver le monde. Et Freddy est un autre enfant qui, simplement parce qu'il est ami avec Billy, l’aide à sa façon”.

Si Zachary Levi n’a pas eu l’occasion de jouer avec Asher Angel, il a en revanche passé l'essentiel du tournage en compagnie de Jack Dylan Grazer. “Jack était génial, et la complicité fonctionnait très bien”, déclare-t-il. “Et du point de vue de l'intrigue, je pense que leur amitié renforce vraiment l’idée qu’il y a un enfant chez cet adulte. Sans la présence de ce jeune garçon avec qui il a tous ces échanges, on aurait juste un adulte qui fait semblant d’être un enfant tout seul dans son coin. Ces discussions sont essentielles pour qu'on y croie”.

Quand Freddy n’est pas en train de former ou de conseiller Shazam, il est souvent avec Billy qui incarne la vraie personnalité du super-héros. La relation entre ces personnages, bien qu’un peu tendue au départ, est aussi d’une grande importance dans l’histoire. Comme avec Zachary Levi, les deux jeunes acteurs se sont tout de suite bien entendus. “Jack était exactement comme j’imaginais Freddy”, affirme Asher Angel. “Il est génial et il adore ce qu’il fait. Je savais qu’il serait parfait et qu’on s’amuserait bien”.

Les fans de super-héros chez les spectateurs s'identifieront à Freddy”, affirme David F. Sandberg. “Et l’incarnation qu’en propose Jack – un garçon marrant qui parle à toute allure et marche avec une béquille, c’est-à-dire tout ce qu’il y a de plus éloigné d’un super-héros – prouve bien ce qui me plait dans ce film : tout le monde peut être un héros”.

La maison dans laquelle Billy s’installe est occupée par cinq autres enfants. Mary Bromfield, l'aînée du groupe campée par Grace Fulton, tente d’entrer à l’université quand on fait sa connaissance. La plus jeune, Darla Dudley, est jouée par Faithe Herman. Darla est enchantée qu’un nouvel arrivant rejoigne la famille, un peu trop au goût de Billy, à en juger par sa réaction quand elle se jette dans ses bras dès qu’il a passé la porte. Son enthousiasme est contrebalancé par l’indifférence d’Eugene Choi et le grognement à peine audible de Pedro Peña (interprétés respectivement par Ian Chen et Jovan Armand) quand ils atteignent l’escalier.

Les jeunes acteurs se sont bien entendus et ont passé du temps ensemble hors plateau, ce qui a contribué à créer une vraie connivence familiale à l’écran, complétée par la présence du couple parental Victor et Rosa Vasquez (Cooper Andrews et Marta Milans).

Le réalisateur explique : “Victor et Rosa sont eux-mêmes issus de familles d’accueil, si bien qu'ils savent ce que c’est et veulent mettre en place le meilleur cadre possible pour ces enfants. Ils acceptent tous les enfants, même ceux dont personne ne veut. Ils se retrouvent donc avec une troupe hétéroclite composée de personnalités très variées, qui tentent de cohabiter sous le même toit. Et ils y arrivent. C’est un foyer assez chaotique mais débordant d’amour dans lequel arrive Billy”.

Bien que leur rencontre soit brève, l’adulte qui a peut-être le plus d’impact sur Billy est le vieux Sorcier. Ce personnage magique – le dernier de sa lignée – vit dans un lieu éthéré appelé le Rocher de l’Éternité, où il règne sur les Sept Péchés Capitaux : des êtres dépravés et sans âme qui sont retenus prisonniers dans la pierre et cherchent à échapper à leur captivité.

Djimon Hounsou joue cet être venu d’un autre monde avec un mélange de sérieux et de lassitude qui fait écho à sa situation de plus en plus précaire. “Le Sorcier représente des attributs profondément humain : il est le gardien de tout ce qui est bon en ce monde”, explique Djimon Hounsou. L’acteur remarque que son personnage est le dernier survivant de sept sorciers, et bien qu’il soit faible, “il doit tenir jusqu’à ce qu’il trouve le seul vrai champion. Le Sorcier est persuadé qu’il existe quelque part : il a foi en l’idée qu’un enfant aux talents multiples arrivera un jour, même si d’autres ne peuvent pas être détournés de la tentation des Péchés”.

Mais le Sorcier décèle en Billy Batson quelque chose qui lui laisse penser que ce garçon pourrait être le héros qu’il recherche. “Mon personnage l’évalue et se dit ‘Wahou, c’est lui mon champion. Il est l’élu’”, précise Djimon Hounsou.

Il était temps. Le nouvel ennemi juré de Shazam, le Dr Thaddeus Sivana, vient de faire son entrée en scène. Peter Safran remarque : “On fait d’abord connaissance avec le Sorcier du point de vue d’un jeune Thaddeus Sivana, qui n’est encore qu’un garçon de huit ans. Quand on retrouve le Sorcier, qui a combattu le mal pendant des milliers d’années, il cherche désespérément un successeur maintenant qu’il est affaibli et souhaite passer la main”.

Thaddeus Sivana, interprété par Mark Strong avec une arrogance bien dosée, voit les choses différemment de… tout le monde en fait. “C’est une sorte de missile balistique à tête chercheuse absolument redoutable”, insiste Mark Strong. “La valeur d’un héros se mesure à celle du méchant qu’il affronte : si le méchant n’est pas terrifiant, les enjeux ne sont pas assez élevés. Il faut qu’il soit effrayant”.

Mark Strong et David F. Sandberg ont tout de suite discuté des choix d’interprétation de Thaddeus Sivana. “Le Dr Sivana est un méchant très intéressant”, estime David F. Sandberg. “On peut ressentir de la compassion pour lui parce qu’il a failli devenir un super-héros mais qu'il a échoué”.

Mark Strong est également convaincu qu’un méchant est plus crédible si on le comprend, bien qu'on ne l’aime pas pour autant. “On nous raconte souvent la jeunesse des super-héros, pour qu’on comprenne d’où ils viennent”, remarque-t-il. “Dans ce film, on nous montre un jeune Thaddeus qui se fait harceler par son frère, qui est mis à l’écart et incompris par sa famille”.

L’absence d’une famille aimante a joué un rôle important dans le développement de Thaddeus Sivana, comme pour celui de Billy. Cependant, le sentiment de rejet qui a poussé le jeune Thaddeus à bout continue à le poursuivre, s'enkyste et devient une obsession. Mark Strong conclut : “Quand une nouvelle occasion se présente à lui, il a déjà eu toute une vie pour réfléchir à la façon dont il a été rabaissé, et par conséquent il choisit d'aller vers sa part d'ombre”.

Le jouet préféré de Thaddeus Sivana quand il était enfant, une boule magique numéro 8, est là pour rappeler son attirance pour la magie, qui lui a glissé entre les doigts. “Il garde cet objet avec lui tout au long du film”, note David F. Sandberg. “Dès le début, son frère s’en sert pour l’embêter mais cela reste un talisman important pour lui”.

La vraie perfidie de Thaddeus Sivana se niche également dans les Sept Péchés Capitaux : Avarice, Paresse, Colère, Luxure, Gourmandise, Orgueil et Envie. Des alliés rêvés pour un homme qui a passé des décennies à se persuader que tout ce qui ne tourne pas rond dans sa vie est dû aux défauts des autres et non à ses propres imperfections.

Les péchés peuvent être des forces hallucinantes, des phénomènes très puissants qu’il faut prendre en compte”, affirme Mark Strong. “Et bien que Thaddeus Sivana affirme les contrôler, on pourrait plutôt penser que ce sont les péchés qui le dominent”.

David F. Sandberg ajoute : “Il les a maintenus à l’écart pendant des années, mais à présent… Disons simplement que Shazam et le Dr Sivana peuvent plus ou moins résister à tout ce qui existe sur Terre, à l’exception de la magie, ce qui veut dire que seul l’un d’entre eux peut l’emporter”.

Les Héros peuvent voler !

COSTUMES ET ENTRAÎNEMENT

Afin de mettre au point le style de Shazam pour le public d'aujourd'hui, David F. Sandberg a sollicité une de ses fidèles collaboratrices, Leah Butler. Selon elle, “pour élaborer un costume de super-héros, on commence par se documenter et faire des croquis. On a d’abord mené des recherches sur toutes les déclinaisons de la bande-dessinée 'Shazam !' depuis les années 1940, puis on s'est mis à travailler sur les illustrations de la version cinématographique. Une fois que l’acteur a été engagé, on a peaufiné les détails pour rendre les illustrations compatibles avec les caractéristiques de l’acteur. On lui a fait passer un scanner intégral, ce qui nous a permis de lancer le développement en nous appuyant sur son physique. Chaque muscle est intégré à un programme informatique pour que l’information soit numérisée. Pour ce film, on a travaillé avec Film Illusions qui a pris toutes les mesures de Zac, et nous avons réalisé un moulage à partir de sa silhouette”.

Leah Butler a travaillé avec David F. Sandberg et s’est bien entendu servie des références à la BD pour concevoir le costume du héros. Peter Safran raconte : “On est parti sur un look classique : le costume rouge, la cape blanche, les bottes et l’éclair sur la poitrine. Mais David avait des idées assez précises pour le moderniser, grâce à la coupe, aux motifs et aux matières utilisées. Je pense que les fans retrouveront tous leurs éléments préférés de la combinaison classique de Shazam, mais qu'ils sentiront aussi qu’on a fait en sorte de créer un style d'aujourd'hui”.

L’éclair représentait le défi le plus important pour Leah Butler et son équipe. “On voulait un véritable dispositif d’éclairage et pas juste un effet visuel, pour qu’on puisse voir des reflets sur le corps, les muscles et le visage. C’est aussi important pour le directeur de la photographie, qui s’en sert également”.

C’est un costume génial”, s’enthousiasme David F. Sandberg. “C’est formidable que Leah ait réussi à créer un éclair qui s’allume vraiment, parce qu'il symbolise ses pouvoirs magiques. Et lorsqu’il utilise ses pouvoirs, par exemple quand il lance des éclairs avec ses mains, il brille encore plus intensément”.

Comme c’est souvent le cas avec les effets "réels", il a fallu déployer beaucoup d’efforts pour faire fonctionner l’éclair correctement. Le réalisateur estime néanmoins que “quand on obtient ces images magnifiques où Shazam émerge de la fumée et que la première chose qu’on aperçoit, c’est l’éclair qui brille au loin, on se dit que ça valait vraiment le coup de se donner autant de mal”.

Bien évidemment, la super-combinaison s’accompagne de superpouvoirs. Et il est tout aussi essentiel de pouvoir les décrypter. Freddy permet à Shazam de découvrir ses pouvoirs en mettant en œuvre une série de tests qui n'ont rien de scientifique, avec des résultats à mourir de rire. En outre, comme ce sont des adolescents, ils ne peuvent pas s’empêcher d’en faire des tonnes ! Comme le rappelle David F. Sandberg : “Ce sont des gamins si bien qu'ils tournent des vidéos hilarantes qui sont en quelque sorte des versions musclées de ‘Jackass’”.

Le superviseur des effets spéciaux, Cameron Waldbauer raconte qu’avec David F. Sandberg, ils ont parlé "des gags du film, en particulier quand Freddy et Shazam imaginent tous ces tests délirants", et qu'ils cherché à "les rendre hyper drôles et déjantés. L’idée était aussi d’ajouter un gag supplémentaire ici et là pour faire avancer l’histoire tout en se marrant un bon coup”.

Étant donné que les super-héros sont capables de voler – comme Shazam et Freddy s’en rendront bientôt compte – la production a eu recours au meilleur moyen pour produire cet effet : une sorte de grue en forme de diapason. Le chef-cascadeur Kyle Gardiner, qui a rejoint l’équipe directement après AQUAMAN, déclare : “L’avantage pour l’acteur, c’est d’avoir plus d’accessibilité, plus de contrôle et la capacité à réaliser certains mouvements de façon plus convaincante, d’autant plus que grâce à notre système relié au sol, on peut souvent se passer de câbles. Ça nous a permis entre autres de faire voler Zac dans un vrai centre commercial, où il n’y pas d’infrastructures pour le câblage”.

Kyle Gardiner explique que travailler avec Zachary Levi était un bonheur. “Notre but, c’est de tout mettre en œuvre pour que l’acteur, une fois sur le plateau, n'ait qu'à penser à son jeu, et Zac a collaboré avec nous de manière ultra professionnelle dès le premier jour. Il était suffisamment à l’aise pour effectuer toutes les acrobaties les plus périlleuses tout en conservant la dimension comique du personnage”.

Voler – en particulier à l’aide d’un "diapason" – nécessite beaucoup de force physique. Comme Leah Butler le remarque, Zachary Levi a fait preuve d’implication dès la seconde où il a obtenu le rôle. Il a fait appel à Grant Roberts au Granite Gym de Los Angeles pour atteindre une forme olympique.

Zachary Levi a commencé avec des poids d’environ 90 kilos, ce qui lui a permis de gagner dix kilos de muscles, notamment en soulevant de la fonte cinq à six fois par semaine, souvent deux fois par jour. Grant Robert l’a également soumis à un régime strict : pendant cinq jours chaque semaine, il consommait entre 3000 et 4000 calories par jour. Les deux autres jours de la semaine, Zachary Levi avait le droit de faire le plein de glucides et de recharger les batteries pour les cinq jours suivants et continuer à gagner régulièrement en musculature.

Beaucoup d’acteurs auraient considéré un tel régime comme une punition, et auraient vu chez l’entraîneur un bourreau, mais ce n’était pas le cas de Zachary Levi. “Grant Robert était formidable”, témoigne-t-il. “C’est un ancien bodybuilder et un mec vraiment adorable. Cinq jours par semaine, je soulevais autant de fonte que je pouvais le supporter et je consommais une quantité insensée de calories. De mon point de vue, c’était aussi l’opportunité d’atteindre la meilleure forme physique de toute ma vie. Bien sûr, je l’ai aussi fait pour les fans : je voulais qu’ils découvrent le Shazam qu’ils attendaient”.

Zachary Levy n’était pas le seul à se remettre en forme. De son côté, Mark Strong a aussi travaillé dur pour faire en sorte d’être prêt à se battre. Kyle Gardiner se souvient : “Quand Mark est arrivé sur le plateau, il était déjà prêt. Il avait fait tout ce qu’on lui avait demandé avec son entraîneur en Angleterre et il avait des abdos à peine croyables. Il s'est installé dans le 'diapason' et au bout d’une heure il maîtrisait complètement l’exercice, ce qui nous a beaucoup simplifié la vie. Il a retenu la chorégraphie très rapidement, il est très sportif et professionnel”.

Non seulement Mark Strong voulait être capable de relever les défis physiques du rôle, mais il avait même hâte de le faire. “Tous les méchants réussis ont un beau costume, non ? Si la combinaison de Shazam est l'incarnation du super-héros dans l’esprit d’un garçon de quatorze ans – plus éclatant et voyant que ce qu’un adulte aurait imaginé – alors on peut supposer qu’en tant que scientifique, Thaddeus Sivana imagine sa propre version de ce qu’un super-scientifique devrait être”.

Mark a une silhouette imposante et sculpturale et dégage une véritable élégance”, remarque Leah Butler. “On a choisi des matières qui rappellent la royauté – des tons froids, un très beau mauve et un bleu royal foncé, avec du velours et des empiècements en cuir. Il a aussi une chemise en soie or pâle et bien sûr un long manteau en cuir”.

Il nous faut une planque!”

LIEUX & DÉCORS

Bien que l’histoire se déroule principalement à Philadelphie, en Pennsylvanie, plusieurs scènes de SHAZAM ! ont été tournées en extérieurs ou en studios à Toronto. La chef-décoratrice Jennifer Spence remarque : “On a travaillé ensemble à plusieurs reprises, David Sandberg et moi, si bien que le passage à ce nouveau projet s’est fait très facilement. On a fait son premier film, DANS LE NOIR, ensemble, ainsi qu'ANNABELLE 2 : LA CRÉATION DU MAL, et maintenant SHAZAM ! C’est super parce qu’on se connaît très bien. C’est quelqu’un de très ouvert, et je comprends parfaitement ce qui inspire sa créativité”.

Le choix de Jennifer Spence s'imposait naturellement à ce film : non seulement Sandberg et elle se connaissent déjà très bien, mais elle entretient également un rapport personnel avec certains éléments de l'intrigue. “L’histoire de tous ces gamins placés en familles d’accueil m’a beaucoup touchée, parce qu’avant de travailler dans le cinéma, j’ai travaillé dans des foyers et centres d’hébergement. Du coup, construire et imaginer la maison d’une famille d’accueil avait un sens tout particulier pour moi”.

Quand je pensais à cette famille d’accueil et à leur maison”, poursuit-elle, “non seulement je pensais à l’histoire de Shazam, à la façon dont Billy Batson s’intégrerait dans l’histoire, mais je pensais aussi à Freddy, aux autres enfants, aux parents et à l’allure qu’ils devaient avoir. Leurs personnages ont beaucoup joué dans la conception du décor. Rosa est une mère latino-américaine, et Victor est originaire de Hawaï : je voulais qu’on sente que c’était un foyer multiculturel, avec une histoire personnelle riche. Leur histoire, en tant qu’individus mais aussi en tant que couple, se retrouve dans la maison. Ces éléments sont très importants pour les parents. Je crois que la raison pour laquelle les enfants s’en sortent bien quand ils passent par cette famille, c’est grâce à la complicité qu’ils nouent avec les parents : malheureusement, ça n’arrive que très rarement. Pour beaucoup d’enfants, les familles d’accueil sont juste un endroit où dormir. Je crois que quand Billy arrive dans cette famille, il commence à sentir qu'une atmosphère différente se dégage de la maison, des parents et des enfants, quelque chose qu’il n’a jamais ressenti dans aucune de ses précédentes familles d’accueil”.

Jennifer Spence a conçu la maison des Vasquez, où se déroule une bonne partie de l’intrigue, comme un lieu “très coloré, avec beaucoup d’espaces ouverts”. Il lui a également fallu imaginer un décor qui permette de partager le plateau avec un autre décor d’envergure, le Rocher de l'Éternité : elle a ainsi conçu la maison de façon verticale, plutôt qu’horizontale. “La seule manière d'envisager cette maison à deux étages était de la construire sur deux étages, ce qui se fait rarement. Elle était plus grande qu’une maison normale pour qu’on ait assez de place pour loger toute l’équipe à l’intérieur. Finalement, le rendu a été très satisfaisant : quand la caméra se déplace dans la maison, on peut voir toutes les pièces de différents points de vue, et ça ajoute une touche d’authenticité à l’histoire”.

En choisissant sa palette de couleurs, son papier peint et ses meubles, Jennifer Spence s’est efforcée de souligner le parcours des Vasquez. “Tous les meubles ne sont pas parfaitement assortis. Ce ne sont pas des meubles d’une époque en particulier, au contraire : les styles sont hétéroclites, parce que j’ai imaginé qu’ils ont sans doute amassé tout un tas de meubles en faisant des vide-greniers par exemple. Ils ne sont pas riches et ils accueillent six enfants. Mais ils ont réussi à créer un lieu chaleureux. Tout ce qu'on voit à l’écran a été créé par une équipe d’artistes incroyablement talentueux – trop nombreux pour que je puisse tous les nommer – qui se sont efforcés de m’aider à mettre au point le style et l’atmosphère convenant au film. Je n’aurais pas pu y arriver sans leur apport créatif, et c’est à ce travail d’équipe que le film fait écho”.

Jennifer Spence et son équipe ont également cherché à retranscrire la personnalité de chaque enfant, surtout dans le cas de Freddy, dont la chambre évoque sa passion pour les super-héros. D’ailleurs, la première chose que Billy remarque quand il entre dans la chambre, c’est le Batarang que possède Freddy. Ce dernier s’empresse alors de lui montrer sa balle Superman de collection.

La décoratrice s’est elle-même plongée dans les bandes-dessinées pour pouvoir imaginer l’immense décor du Rocher de l'Éternité. “Ça, c’était très compliqué”, révèle-t-elle. “Dans la BD, les sept statues représentant les sept péchés capitaux sont situées à gauche, le long du sol. Il n’y avait pas cet équilibre que les décorateurs cherchent en permanence à trouver. On a beaucoup discuté pour savoir si on allait les changer de place, si on allait en mettre trois d’un côté, ou alors si on allait opter pour un espace arrondi… Et puis finalement, David a insisté pour qu’on garde l’espace exactement comme dans la BD, si bien qu'on a retravaillé les plans, les dimensions, la taille de chaque statue, etc. Il voulait que les statues soient très imposantes pour que le spectateur ait tout de suite conscience de l’immensité de cet espace”.

Ses décors se sont appuyés sur des recherches autour de grottes partout dans le monde. “L’une de mes préférées était au Vietnam, une autre en Nouvelle-Zélande, et il y a beaucoup de très belles formations rocheuses en Arizona. J’ai travaillé sur des parties distinctes de chaque grotte pour que cet espace ressemble à un décor naturel que l’on pourrait trouver sur Terre : même si c’est une histoire tirée d’une bande-dessinée, elle se déroule dans une vraie ville, à Philadelphie. Je voulais que ce lieu magique soit lui aussi ancré dans un certain réalisme. On s’est également inspiré de l’art égyptien pour souligner l’aspect antique de cet endroit”.

Jennifer Spence a travaillé avec le concepteur de créatures Neville Page, afin de mettre au point le style des Péchés et leurs fonctionnalités. Sandberg explique : “Le Rocher de l'Éternité est un lieu desservant plusieurs pièces et pourvu de portes qui s’ouvrent sur d’autres dimensions… C’est un lieu enchanté. J’avais longtemps imaginé entrer dans cette grotte et me retrouver nez à nez avec les statues… Et c’était aussi génial que ce que j’imaginais !”

Comme dans la bande-dessinée “New 52” qui a inspiré l’adaptation des scénaristes, l’histoire se déroule durant les fêtes de fin d’année. “J’aimais beaucoup l’idée d’un film qui se passe à Noël”, explique Safran. “C’est la fête la plus familiale qui soit, et si on n’apas de famille, c’est sans doute le moment de l’année où on en est particulièrement conscient. Pour Billy Batson, être accueilli par une famille juste avant Noël fait écho à la fois à son désir de se débrouiller seul et à l’opportunité qui lui est offerte d’avoir un vrai foyer”.

Noël, c’est une fête de famille : on rentre chez ses parents ou dans sa famille, on passe du temps ensemble… Du coup, cela nous paraissait très cohérent par rapport à l’histoire, tout en offrant des éléments visuels intéressants”, remarque Sandberg.

Parmi ces éléments visuels, on peut citer l’immense foire de Noël, qui marque le point de départ de la trajectoire personnelle de Billy et le lieu où il retourne, des années plus tard, sous les traits de Shazam, pour affronter le Dr Sivana. Jennifer Spence confirme : “C’était une vraie foire, avec des manèges en état de marche. Nous avons même loué les manèges et les kiosques, sauf la Grande Roue, dénichée par mon assistant décorateur Shane Vieau, qu’il a fallu acheter : pour une scène, il fallait qu’on la lâche et qu’elle soit complètement détruite. À partir du moment où on la cassait, il fallait la payer !

Pour saisir toute l’action, le chef opérateur Maxime Alexandre, également collaborateur de longue date de Sandberg, a utilisé un éventail de lumières et d’objectifs. “Il y avait un énorme contraste entre, par exemple, le Rocher de l'Éternité, et les décors ancrés dans le monde réel”, explique-t-il. “En matière d’objectifs, j’ai opté pour un Master Prime. On a également beaucoup travaillé la lumière, en utilisant des LED de la marque ARRI : on pouvait contrôler chacune des ampoules. Et pour que la luminosité soit plus diffuse, on a trouvé des lumières très douces, parfaites pour éclairer une distance de 5, 15 ou 20 mètres avec une source unique d'éclairage. On l’a surnommée la Shazam”.

Sandberg explique : “C’est un film adapté d’une bande dessinée, c’est une comédie, mais aussi un film de monstres, avec les Statues des Sept Péchés. Mais il y a également des scènes plus émouvantes, et je crois que les décors de Jen et le travail de Maxime sur la lumière ont vraiment su jouer sur ce contraste entre fantastique et monde réel, pour les réunir ensuite”.

Pour la musique, dernier élément du film, Sandberg a de nouveau sollicité le compositeur Benjamin Wallfisch. “Ben est le seul musicien avec lequel j’ai travaillé jusqu’à présent, et c’est un artiste formidable”, raconte Sandberg. “On a beaucoup discuté de la bande-originale : je souhaitais vraiment qu’elle fasse écho aux bande-son des films de super-héros classiques, parce que Shazam sort tout droit de l’âge d’or des super-héros, et je voulais rendre hommage à cette dimension classique”.

David, ainsi que les acteurs et l’équipe technique, ont réussi à raconter une belle histoire, très optimiste, à travers l'humour et l'action”, note Safran, “et je crois que les fans absolus des BD de DC vont être servis, et les spectateurs vont en prendre plein les yeux et vivre une véritable expérience de cinéma”.

Levi renchérit : “C’est un film qui correspond à 100% à un public familial, mais aussi à un public de fans, et même à des spectateurs qui ne sont ni l’un, ni l’autre. Toute la famille peut y aller et apprécier le film, et moi qui suis un fan (mais aussi parfois un adulte), je pense que les fans, filles et garçons, mais aussi les adultes en général, vont se régaler en découvrant un excellent film de super-héros !

Sandberg conclut : “On commence par raconter l’histoire de Billy Batson—montre bien que la famille n’est pas toujours liée par le sang, mais par des liens d'affection ; qu'on peut trouver un foyer dans des lieux inattendus. Et comme il devient Shazam, on a la possibilité de vivre à travers l’humour, l’action et la magie le rêve de tout gamin : devenir un super-héros”.


Source et copyright des textes des notes de production @ Warner Bros. France

 
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