jeudi 7 février 2019

ALITA : BATTLE ANGEL


Science fiction/Action/Une réalisation plus efficace dans l'action que dans le traitement des scènes intimes, une héroïne attachante et enthousiasmante

Réalisé par Robert Rodriguez
Avec Rosa Salazar, Christoph Waltz, Jennifer Connelly, Mahershala Ali, Ed Skrein, Jackie Earle Haley, Keean Johnson, Eiza Gonzalez, Jorge Lendeborg Jr., Lana Condor, Leonard Wu, Michelle Rodriguez, Casper Van Dien...

Long-métrage Américain/Argentin/Canadien
Durée: 02h01mn
Année de production: 2018
Distributeur: Twentieth Century Fox France 

Date de sortie sur nos écrans : 13 février 2019


Résumé : Lorsqu’Alita se réveille sans aucun souvenir de qui elle est, dans un futur qu’elle ne reconnaît pas, elle est accueillie par Ido, un médecin qui comprend que derrière ce corps de cyborg abandonné, se cache une jeune femme au passé extraordinaire. Ce n’est que lorsque les forces dangereuses et corrompues qui gèrent la ville d’Iron City se lancent à sa poursuite qu’Alita découvre la clé de son passé - elle a des capacités de combat uniques, que ceux qui détiennent le pouvoir veulent absolument maîtriser. Si elle réussit à leur échapper, elle pourrait sauver ses amis, sa famille, et le monde qu’elle a appris à aimer.

Bande annonce (VOSTFR)


Ce que j'en ai penséadapté du manga​ ​​“Gunnm”​ de l'auteur Yukito Kishiro, ​ALITA: BATTLE ANGEL est un film de science-fiction sur une jeune femme cyborg qui évolue dans une dystopie. 

L'action se passe principalement à Iron City, une ville régit par des lois qui servent les intérêts d'une autorité supérieure. Ce contexte est intéressant, car il pousse les personnages à la faute et à la reconquête de leur estime de soi. Le réalisateur Robert Rodriguez a créé en partie les décors d'Iron City pour le tournage. On sent qu'il y a apporté un soin particulier et que cette ville est non seulement un protagoniste qui détermine l'atmosphère du film, mais aussi le point de départ de cette aventure qui pourrait bien se prolonger sur plusieurs volets (du moins, si le public accroche).


Le scénario coche les cases liées à chacune des thématiques qui sont abordées : l'amour et ses liens indéfectibles, les injustices d'une société qui exploite les hommes, la relation père/fille. Les corps augmentés, la bio technologie, l'existence de l'âme en dehors du corps sont des éléments de fond, héritage direct du manga. 


En ce qui concerne les sujets intimes, la mise en scène est un peu convenue, elle donne l'impression que Robert Rodriguez passe par ces moments parce qu'ils font avancer des arches narratifs imposés par l'histoire, par contre, dès qu'on rentre dans l'action ou dans le traitement autour d'Alita en tant que cyborg, la réalisation prend un envol fort sympathique et monte en puissance. Les effets spéciaux sont alors très maîtrisés et on les oublie pour se laisser entraîner dans l'instant et se laisser surprendre par les enchaînements qui sont toujours très lisibles et enthousiasmants.


En dehors d'Alita, les personnages ont principalement un rôle secondaire et sont dans l'ensemble assez convaincants que ce soit Christoph Waltz qui interprète le Docteur Dyson Ido, Jennifer Connelly qui interprète Chiren, Mahershala Ali qui interprète Vector, Ed Skrein qui interprète Zapan ou encore Keean Johnson qui interprète Hugo. Ils donnent au réalisateur l'opportunité de poser les jalons de l'intrigue et permettent aux spectateurs de découvrir les différentes couches narratives de façon organisée. 






La protagoniste centrale est la plus réussie. En effet, Alita est une héroïne attachante et qui a du mordant. L'actrice Rosa Salazar nous transmet les sentiments de son personnage par ses expressions qui nous font complètement oublier les effets spéciaux qui soulignent les particularités physiques d'Alita. 



Copyright photos @ Twentieth Century Fox France

ALITA: BATTLE ANGEL est un film de science-fiction efficace dans l'action avec un personnage central qui donne envie de continuer l'aventure. On veut en découvrir plus sur ses impressionnantes capacités qui promettent de faire quelques dégâts dans les rangs ennemis pour notre plus grand plaisir.



NOTES DE PRODUCTION
(À ne regarder/lire qu'après avoir vu le film pour éviter les spoilers !)

Le 28 janvier 2019 à Paris, nous avons eu la chance d'assister à la projection du film ALITA: BATTLE ANGEL qui a été suivie dans la foulée d’une session de questions / réponses avec le réalisateur Robert Rodriguez, les acteurs Rosa Salazar et Christoph Waltz et le producteur du film Jon Landau. Retrouvez les vidéos de cette rencontre ci-dessous :




Notes de production

Basée sur les mangas de Yukito Kishiro, ALITA : BATTLE ANGEL est une formidable aventure et une magnifique histoire d’espoir et d’affirmation de soi née de l’imagination de deux cinéastes visionnaires, James Cameron (AVATAR) et Robert Rodriguez (SIN CITY).

LE COMBAT D’ALITA COMMENCE

Au 23e siècle, la Terre a connu « la Chute », une guerre dévastatrice qui a stoppé tout progrès technologique et laissé derrière elle une société où chaque outil technologique est réutilisé et reformaté, et où seuls les plus forts survivent. Trois cents ans plus tard, le coeur de la vie sur Terre bat à Iron City, une oasis de survivants, véritable melting-pot où les gens ordinaires et les humains cybernétiquement optimisés cohabitent dans l’ombre de Zalem, la dernière des grandes Cités du ciel. Si Iron City est une ville industrielle opprimée qui travaille pour les élites invisibles qui les surplombent, elle a sa propre identité, son énergie, ses envies et ses aspirations. La ville est sur le point de se découvrir un héros improbable ; une adolescente cyborg qui s’éveille au milieu d’une décharge et part à la recherche de son identité, et qui va devenir la flamme de l’espoir pour le monde entier.

ALITA : BATTLE ANGEL nous plonge en immersion sensorielle totale dans un monde à l’imagination débridée, bouillonnant d’action à couper le souffle et d’émotion viscérale. Deux des plus grands noms du cinéma actuel, James Cameron et Robert Rodriguez, ont combiné leur passion pour les mondes imaginaires révolutionnaires et les héroïnes féminines, et ont repoussé les limites de l’art de raconter visuellement une histoire. Avec ce film, ils invitent le public à pénétrer au coeur d’une métropole futuriste en pleine effervescence et à suivre la mission haletante et sincère d’Alita pour réaliser pleinement son potentiel humain, grâce à un mélange harmonieux de performances d’acteurs extraordinaires, de créativité visuelle, de technologie de pointe en matière de performance capture, de synthèse d’image, d’effets visuels et de tournage en 3D native.

Cette aventure fascinante commence lorsque le Dr Dyson Ido, un cybermédecin, fait une découverte dans une décharge qui changera à jamais sa vie et le destin d’Iron City : les restes d’une fille-cyborg dont le corps est brisé, mais dont le cerveau humain fonctionne encore. Ido ne peut se résoudre à l’abandonner. Il se lance dans la restauration de ce mystérieux cyborg et y découvre une seconde chance de devenir père, en la voyant apprendre, grandir et goûter pour la première fois aux plaisirs merveilleux de la vie. Mais la fillette douce et curieuse qu’Ido baptise Alita cache de lourds secrets. Lorsqu’elle révèle par inadvertance qu’elle possède des aptitudes au combat depuis longtemps oubliées, il devient clair qu’elle doit se forger sa propre destinée. Car même si l’art de la guerre est depuis toujours ancré en elle, Alita doit découvrir au plus profond d’elle-même les raisons de se battre. Inspiré de la série de romans graphiques de Yukito Kishiro, ALITA : BATTLE ANGEL offre une vision totalement repensée de ce monde post-apocalyptique mythique, celle d’une ville d’un réalisme frappant où se côtoient cyborgs géants, courses sportives enragées, bas-fonds grouillants où s’exerce une sinistre justice, mais qui abonde aussi d’histoires humaines absolument passionnantes. Pour les cinéastes et la distribution – constituée d’acteurs confirmés dont Rosa Salazar, Christoph Waltz, Jennifer Connelly, Mahershala Ali, Ed Skrein, Jackie Earle Haley et du nouveau venu Keean Johnson – donner vie à cette histoire a été une expérience enivrante.

Le producteur Jon Landau, qui avait déjà collaboré avec James Cameron sur TITANIC et AVATAR et s’est chargé de la production d’ALITA : BATTLE ANGEL dès le début du projet, déclare : « Nous espérons offrir au public une expérience radicalement nouvelle, une expérience qui lui permettra de revivre l’émotion du cinéma encore et encore. »

Richard Hollander, l’un des superviseurs des effets visuels, fait partie d’une immense équipe incroyablement inventive constituée de designers, d’artistes et de créateurs numériques qui ont consacré d’innombrables heures de travail à construire l’ossature de l’univers du film. Il explique : « Dans ALITA : BATTLE ANGEL, le personnage se retrouve dans un environnement assez unique dans l’histoire du cinéma. Vous ne verrez pas uniquement Alita comme un être humain, vous aurez réellement l’impression de prendre part à ses aventures au sein du monde nouveau et extrêmement riche que constitue Iron City. »

L’objectif principal de James Cameron a toujours été de plonger le public au coeur des expériences qu’Alita fait de la beauté et du chaos suite à sa renaissance à la clinique d’Ido. Cette idée est restée le fil conducteur lorsque Robert Rodriguez a pris les rênes de la réalisation avec l’incroyable énergie qui le caractérise, secondé par une équipe de choc issue de leurs deux sociétés – ainsi que de Weta Digital, lauréat de nombreux prix, qui place la barre de la technologie de performance capture utilisée sur AVATAR encore plus haut avec ce film.

Robert Rodriguez souligne que ce que le public voit à l’écran dans ALITA : BATTLE ANGEL est le résultat de la mise en commun d’un grand nombre d’imaginaires oeuvrant dans la même direction, mais qu’il s’agit avant tout de la vision qu’a Alita d’Iron City. Le réalisateur explique : « Vous découvrez cette histoire à travers les yeux d’Alita, un regard innocent qui voit de la beauté en toute chose. Nous avons cherché à créer quelque chose de très tactile, d’immersif et d’inattendu – tout ce que l’on attend d’un film de James Cameron. Ce qui est étonnant, c’est que James travaille sur ALITA : BATTLE ANGEL depuis 1999, mais que même maintenant, personne n’a jamais rien fait qui s’en approche. Si le projet se concrétise enfin, c’est grâce à un processus collaboratif vraiment extraordinaire. »

La ferveur, le goût du risque et la fusion entre l’esprit et la machine qui ont conduit à la création du personnage d’Alita font écho à ce qu’elle découvre : lorsqu’elle entreprend quelque chose, elle met tout en œuvre et donne son maximum pour y arriver. Comme le résume Robert Rodriguez : « Au fond, c’est l’histoire d’une jeune fille qui se voit offrir une seconde chance dans la vie et qui décide cette fois-ci de suivre son cœur. »

TOMBÉE DU CIEL

James Cameron est tombé sous le charme de la mystérieuse Alita il y a près de vingt ans, bien avant qu’il ne réalise AVATAR, la superproduction révolutionnaire en 3D combinant science-fiction et aventure qui est devenue à sa sortie en 2009 un phénomène mondial et une référence en matière de construction d’univers cinématographiques. À la fin des années 90, Guillermo Del Toro, réalisateur et fin connaisseur du cinéma mondial, a recommandé à James Cameron un court-métrage d’animation fondé sur Gunnm, un manga cyberpunk en neuf volumes de Yukito Kishiro. Guillermo Del Toro trouvait que ce projet correspondait parfaitement à l’imaginaire de James Cameron.

En effet, le brassage d’une nouvelle vision de l’avenir mêlée à des scènes d’action époustouflantes et aux thèmes de l’exploration, la curiosité, la découverte de soi et la soif de liberté a fait naître une flamme chez James Cameron. Le cinéaste a vu dans l’histoire d’une jeune cyborg amnésique un conte universel sur la découverte, l’identité et ce qui compte vraiment. L’attrait du projet résidait davantage dans l’humanité de l’histoire que dans son décor du 26e siècle. James Cameron raconte : « J’ai été profondément touché par le projet. J’y ai réagi d’autant plus fortement que ma fille aînée était jeune à l’époque et que j’y ai vu une belle histoire d’affirmation de soi, celle d’une femme qui conquiert son autonomie. J’ai donc commencé à étudier les livres et j’ai réalisé que Kishiro avait créé un monde incroyablement riche et détaillé, un monde doté d’un potentiel cinématographique énorme. »


James Cameron pensait que la complexité d’Iron City, cette technopole déchue, pouvait être le creuset ultime de l’imaginaire, le lieu parfait pour jouer avec les idées cinématographiques qu’il espérait explorer depuis longtemps en mélangeant la crème des outils numériques avec l’art subtil de raconter une histoire pleine d’humanité. Il a commencé à écrire un scénario en fusionnant des éléments de l’histoire des quatre premiers tomes du manga et en faisant appel à Laeta Kalogridis (SHUTTER ISLAND) pour l’épauler. En plus du scénario, James Cameron a rédigé 600 pages de notes détaillées sur les habitants, la vie quotidienne et même la réalité physique d’Iron City. Il a commencé à travailler avec une équipe d’illustrateurs et de concept artists pour produire les premières esquisses, devenues légendaires pour leur aspect plus vrai que nature, qui allaient mettre à l’épreuve les limites de l’imagerie assistée par ordinateur.

Comme l’explique James Cameron, l’histoire d’Iron City, et la présence étincelante de la paradisiaque Zalem qui plane au-dessus, si proche et pourtant inaccessible, était riche en métaphores : « L’histoire se déroule 300 ans après qu’une énorme guerre a dévasté la planète. Une arme biologique n’a laissé qu’un tout petit nombre de survivants, dont la plupart se sont regroupés dans la seule Cité du ciel restante, Zalem, symbole de l’apogée de la civilisation de l’époque. Concrètement, Iron City est un camp de réfugiés géant. La ville est pleine de tous ces gens qui essaient d’accéder à Zalem, d’entrer dans ce pays plein d’opportunités et de rêves, un pays qu’ils peuvent voir mais qui reste hors d’atteinte. »

La vie quotidienne d’Iron City – ce monde où des parties de corps cybernétiques sont régulièrement fusionnées avec un corps et un cerveau humains pour créer des cyborgs de toutes formes et de toutes tailles aux multiples capacités – intriguait également énormément James Cameron. Les cyborgs ne sont pas des robots ; ce sont des êtres humains améliorés par des composants biotechnologiques intégrés à leur corps. Aujourd’hui, la recherche de pointe dans le domaine de la médecine prothétique ouvre la voie à de nouvelles façons pour le cerveau humain de contrôler et détecter directement les membres artificiels. Mais que se passerait-il si la fusion de l’esprit et de la machine faisait un tel bond en avant qu’elle puisse offrir à l’homme la promesse non seulement d’une réparation corporelle, mais d’une réinvention totale ?

James Cameron explique : « Tout a commencé parce que les gens ont dû remplacer des membres perdus lors de l’épidémie de peste qui a ravagé l’ensemble de la planète. Il est alors devenu normal pour les survivants d’avoir des parties entières du corps qui ne sont plus humaines. Il n’y a pas de mauvaise connotation à être un cyborg, on peut même le voir comme un signe de richesse. Les cyborgs les plus haut de gamme sont ce que l’on appelle les TR ou Total Replacements. Vous êtes un TR lorsqu’il ne vous reste plus qu’un cerveau humain et que tout le reste de votre corps a été remplacé par des membres et organes plus puissants, plus rapides, ou plus aptes à ce que vous désirez faire. »

À l’époque où il a créé son manga, Yukito Kishiro croyait fermement que nous vivions déjà les prémices d’une société d’organismes cybernétiques tributaire des machines. Il explique : « Même avant Internet, nous ne pouvions pas vivre sans électricité ni technologie, ce qui nous rapproche des cyborgs. Nous l’acceptons et essayons de vivre notre vie, tout comme le font les cyborgs d’Iron City. Je pense que cela ne fait que mettre l’accent sur la façon dont on peut être encore plus humains. » Même lorsque le corps d’un cyborg a été endommagé au point d’être irréparable, le cerveau humain qui y réside peut survivre et être relié à un nouveau corps. C’est pourquoi le Dr Ido parvient à sauver Alita. Mais le fait que la jeune femme n’a aucune idée de qui elle est, d’où elle vient ou de sa vie passée, a stimulé l’imagination de James Cameron.

Celui-ci raconte : « Quand Ido la reconstruit, Alita a totalement perdu la mémoire. Elle est ouverte à tout et curieuse de découvrir ce monde qui est nouveau pour elle. Mais, à mesure qu’elle en apprend davantage sur elle-même, elle devient un être plus complexe ; désormais elle ne cherche plus seulement à découvrir qui elle était, elle doit aussi décider qui elle veut devenir. »

L’intrépidité innée d’Alita, programmée lors de sa conception sur une colonie spatiale humaine sur Mars, est devenue un catalyseur pour approfondir son personnage. James Cameron explique : « Alita ne craint pas pour sa vie. Peu importe la taille ou la gravité de la menace que représente un adversaire, elle l’affronte sans se poser de questions. Il était difficile de créer ce personnage parce qu’il fallait lui trouver une faiblesse. J’ai réalisé que sa véritable vulnérabilité résidait dans son amour pour ceux qui l’entoure. Si elle n’a pas peur pour elle-même, elle s’inquiète du destin de ceux qu’elle aime. L’histoire s’est donc peu à peu tournée vers les liens qu’Alita entretient, les trahisons qu’elle subit et tout ce qu’elle apprend sur la nature humaine. »

Jon Landau se souvient de la lecture de la première version du scénario de James Cameron comme d’une expérience très émouvante : « Le coeur de l’histoire tourne autour de deux histoires d’amour : la première entre Alita et Ido, la figure paternelle qui l’a reconstruite, et la seconde entre Alita et Hugo, un enfant des rues spécialisé dans le vol de pièces détachées de cyborgs qui n’aurait jamais pensé tomber amoureux de l’un d’entre eux. »

Cela faisait des années que les fans de la première heure attendaient que James Cameron s’attaque au manga, mais au milieu des années 2000, ce dernier a dû faire un choix extrêmement difficile : travailler sur ALITA : BATTLE ANGEL ou sur AVATAR. Il va sans dire que la balance a penché pour le second, car le cinéaste sentait que la technologie était prête à être utilisée à son maximum. Mais le bond technologique exponentiel qui a suivi la sortie du film n’a fait que concrétiser la réalisation d’ALITA : BATTLE ANGEL.

James Cameron n’a jamais cessé de rêver de donner vie à Alita. Pourtant, l’appétit mondial pour les suites d’AVATAR l’a poussé à travailler sur celles-ci, ne laissant que peu de place pour le projet d’ALITA : BATTLE ANGEL. Cependant, un jour, en parlant avec son ami Robert Rodriguez, Cameron a réalisé qu’il pouvait placer ce projet entre de bonnes mains… et qu’il était prêt à le faire. James Cameron et Robert Rodriguez avaient souvent discuté de techniques cinématographiques, mais ce jour-là, James Cameron a fait le choix d’aller plus loin et d’inviter son ami à être son partenaire créatif sur ce projet qui lui tenait tant à cœur.

Il raconte : « C’est arrivé en une fraction de seconde. Je me suis dit que j’étais prêt à lâcher ALITA pour le confier à Robert. Il a l’énergie et la créativité, il a énormément travaillé avec les effets spéciaux et il est doué pour les films d’action qui en jettent ! Je sentais aussi qu’il était capable de puiser dans cette extraordinaire sensibilité dont le film avait aussi besoin. »

James Cameron a donc envoyé son scénario à Robert Rodriguez avec le sentiment de passer le flambeau. Il se souvient : « Robert m’a appelé quelques jours plus tard et il m’a dit qu’il voulait absolument faire le film... »

QUAND LIGHTSTORM RENCONTRE TROUBLEMAKER

Alors que James Cameron est connu pour ses grands films d’action qui comptent parmi les plus marquants de l’histoire du cinéma, de TERMINATOR à TITANIC en passant par AVATAR, Robert Rodriguez a, lui, fait ses armes dans le cinéma indépendant en signant des thrillers d’action très inventifs et extrêmement vivants avec des budgets très serrés, dont il était souvent à la fois scénariste, réalisateur, cadreur et directeur de la photo. Après avoir rencontré le succès pour son film à micro-budget EL MARIACHI à l’âge de 23 ans, il a continué à cultiver sa liberté de création et son style énergique avec des succès tels que DESPERADO, DESPERADO 2 – IL ÉTAIT UNE FOIS AU MEXIQUE, SIN CITY, MACHETE et PLANÈTE TERREUR, tout en devenant l’un des pionniers de la 3D au cinéma avec la saga familiale SPY KIDS.

Peu de doutes planaient quant à sa capacité à s’engager pleinement dans la vision de James Cameron, mais ALITA : BATTLE ANGEL allait pousser Robert Rodriguez vers une production d’une tout autre échelle. Le film le mènerait aussi vers quelque chose qu’il apprécie énormément : il allait se retrouver bien au-delà de sa zone de confort pourtant déjà très vaste.

En fan de longue date des œuvres de Kishiro, Robert Rodriguez déclare qu’il avait hâte de voir James Cameron réaliser les films. Il se souvient : « J’en rêvais, et j’attendais ça avec impatience. » Pourtant, lorsque James Cameron lui a demandé de prendre sa place et de réaliser ce rêve en son nom, Robert Rodriguez n’a pas pu résister. Comme il l’explique, il a adoré la façon dont le scénario initial reprenait le monde créé par Kishiro et, tout en restant fidèle à son esprit, le transformait en un récit d’amour et d’aventure à la sauce Cameron. Il précise : « Je me suis identifié à Alita. Je me suis identifié à Hugo. Je me suis identifié à tous les personnages, et c’est pour cela que James est extraordinaire. »

Le travail méticuleux que James Cameron et son équipe avaient déjà accompli a fourni à Robert Rodriguez un socle solide à partir duquel il s’est lancé à corps perdu dans le projet. Il commente : « James s’assure que même les éléments les plus ‘science-fiction’ fonctionnent de façon crédible. Il avait déjà établi comment chaque partie d’Iron City s’articule du point de vue technique et technologique. Donc depuis le début, rien ne paraissait imaginaire. Le film était prêt à prendre vie. »

Chaque esquisse et illustration présentée à Robert Rodriguez, des rues colorées d’Iron City écrasées par le soleil aux cyborgs dont les corps mécaniques reflètent des qualités humaines telles que le charme, l’humour et l’orgueil, trouvait un écho en lui. La possibilité de travailler avec toutes les technologies que James Cameron, Lightstorm et Weta avaient inventées pour AVATAR – le système de performance capture faciale, le système Simulcam qui superpose en temps réel des personnages numériques aux acteurs physiques, et le système de caméra 3D Fusion entre autres – a également agi comme un puissant aimant sur le réalisateur.

Innovateur ludique qui aime repousser les frontières conventionnelles, Robert Rodriguez avait déjà été un pionnier de la 3D – à sa sortie en 2003, son film SPY KIDS 3D a été le premier film entièrement numérique. Pour ALITA : BATTLE ANGEL, il était comme un enfant lâché dans le plus merveilleux magasin de bonbons cinématographiques du monde... Il raconte : « La technologie a toujours joué un rôle important dans ce que je fais, mais avec ce film, je savais que j’aurais une chance d’aller beaucoup plus loin encore, parce que James a déjà innové avec énormément de technologies différentes pour visualiser, prévisualiser et créer des films 3D. J’ai pris ça comme une véritable opportunité d’apprendre. Je savais que ce serait un défi et je trouvais ça fantastique. »

Robert Rodriguez explique qu’il a tenté de s’inspirer au maximum de James Cameron tout au long du processus créatif : « Je me suis efforcé d’ancrer l’histoire dans la réalité comme il sait le faire. J’ai essayé d’honorer son style parce que c’est ce que j’ai toujours voulu : voir ALITA : BATTLE ANGEL, le film de James Cameron. » Au fur et à mesure du développement du projet, les deux hommes ont constamment partagé leurs idées et leurs connaissances, chacun forçant l’autre à placer la barre encore plus haut en termes de créativité.

Il en a été de même pour la fusion spirituelle entre les Troublemaker Studios de Robert Rodriguez à Austin et ceux de Lightstorm Entertainment de James Cameron à Manhattan Beach. Jon Landau note que ce regard croisé a inspiré tout le monde : « Nous avons appris de Troublemaker, tandis que Robert apprenait de l’équipe d’artistes qui avaient travaillé sur AVATAR et que nous avions depuis longtemps chez Lightstorm Entertainment. On a tout simplement assisté à une incroyable symbiose créative entre nos deux groupes. »

La vie a imité l’art et réciproquement, car ce film sur les interfaces homme-machine a poussé des centaines d’artistes à brouiller les frontières entre l’action en prises de vues réelles et le cinéma numérique afin de créer une esthétique unique. James Cameron était heureux de voir Robert Rodriguez s’attaquer au projet avec tout l’enthousiasme et le courage qu’il lui connaissait. « C’était passionnant à regarder parce que je voyais bien que Robert adorait le processus, la technologie, l’esthétique, et qu’il était ouvert à toutes les idées issues de notre collaboration. Il était très respectueux de l’univers de Kishiro et de ce que j’avais écrit mais n’avait pas peur de se l’approprier. Je voulais lui donner autant de latitude qu’il voulait au niveau créatif et j’ai insisté là-dessus dès le début. »

Dès le départ, Robert Rodriguez a décidé qu’il construirait de A à Z dans les studios de Troublemaker le coeur d’Iron City – qui se verrait plus tard agrandi numériquement pour devenir la gigantesque métropole du film. La fabrication de ce décor a été, de loin, la plus ambitieuse de sa carrière. Il explique : « Je voulais construire le premier niveau de la ville, les bases de son ossature pour ensuite passer le relais à Weta qui développerait le reste. J’ai adoré sortir de mon bureau et me retrouver à Iron City. »

Lorsque Yukito Kishiro a visité le plateau, il n’arrivait pas à croire que le manga qu’il avait dessiné à la main était devenu ce qu’il avait sous les yeux. En marchant dans les rues enchanteresses qui n’existaient à l’origine que dans son esprit, il a vécu un moment surréaliste et véritablement hors du commun. Il confie : « C’était vraiment comme dans un rêve. Je suis extraordinairement honoré par ce que James et Robert ont créé. »

INCARNER LES PERSONNAGES

Lorsqu’elle se réveille à Iron City, Alita traverse une série de transformations intenses. Au début, elle n’est qu’une ardoise vierge totalement amnésique, de sorte que même l’amertume d’une peau d’orange électrise ses récepteurs de goût. Privée de toute identité, elle se demande si elle n’est pas simplement une « fille insignifiante » qui n’a pas de véritable but, pas de vraie famille, même si elle commence à tisser des liens. Mais lorsqu’elle découvre le corps qui devait être le sien – le Berserker, le corps de guerrier qui possède des facultés comme Iron City n’en a jamais vu – Alita doit faire face à une vision totalement différente de son destin. En fin de compte, elle réalise qu’elle ne sera certainement pas une fille insignifiante et elle refuse de devenir la simple arme de destruction pour laquelle son corps a été créé. Au lieu de cela, elle se transforme en une justicière passionnée.

Une recherche intense a donc débuté pour trouver l’actrice capable d’incarner tout cela – un personnage à la fois fragile et incroyablement puissant qui peut virevolter dans les airs et faire preuve d’un esprit brillant et ouvert. Alita n’avait pas de caractéristiques pré-requises particulières. Comme l’explique Kishiro dans le manga, Iron City n’est pas tant une nation que le dernier avant-poste de l’humanité, et Alita elle-même est née dans une colonie humaine implantée sur Mars. L’élément le plus important était la crédibilité du personnage. La frêle Alita doit combattre d’impitoyables cyborgs de quatre mètres de haut ; le public devait donc croire non seulement en sa virtuosité au combat mais aussi en sa confiance en elle et sa détermination grandissante pour comprendre l’immensité de son pouvoir et la façon de l’utiliser à bon escient.

Après un casting interminable, c’est finalement Rosa Salazar, une Cubano- Américaine née au Canada découverte dans les sagas DIVERGENTE et LE LABYRINTHE et présente au casting du thriller BIRD BOX qui a été choisie pour incarner Alita. L’ensemble du film allait reposer sur ses épaules, mais tout le monde était confiant dans sa capacité à relever le défi. James Cameron se souvient : « Il est presque impossible de quantifier l’ampleur de l’effet que Rosa nous a fait, à Robert et moi. Elle a mis tout son coeur et toute son énergie dans chaque scène. Je n’ai jamais rien vu de tel. »

Robert Rodriguez ajoute : « C’est vraiment extraordinaire lorsque quelqu’un passe la porte et que se produit ce que vous recherchiez sans même pouvoir le décrire. C’est ce qui s’est passé avec Rosa. C’était tout simplement magique. »

Comme l’explique Jon Landau, les recherches ont immédiatement cessé : « Une fois que nous avions vu Rosa, il était clair que plus personne ne pouvait jouer le rôle mieux qu’elle. Elle a apporté une telle pureté et une telle joie de vivre à son interprétation ! Même lorsqu’elle parvient à rendre l’incroyable puissance du Berserker crédible, Rosa ne perd jamais de vue la compassion qui fait d’Alita un être unique. »

Rosa Salazar savait que ce rôle la ferait marcher sur la corde raide, mais elle a pu s’épanouir grâce au filet de sécurité fourni par James Cameron et Robert Rodriguez. L’actrice raconte : « James m’a expliqué tous les rouages d’Alita. Il a une telle tendresse envers elle qu’il a su me faire comprendre tout ce qu’elle englobait. Et avec Robert, j’ai immédiatement senti un lien artistique et humain. Il est tout le temps extrêmement énergique et créatif tout en restant très calme. Quand il vous écoute, il vous entend vraiment. J’ai toujours senti qu’il prenait en compte ce que je disais. »

Plusieurs mois avant le début du tournage, Rosa Salazar s’est lancée dans un entraînement intensif, étudiant les arts exigeants du Wushu, du Muay Thai et du Kung Fu tout en perfectionnant sa maîtrise du roller en ligne. Elle déclare : « J’ai bien cru que cet entraînement allait me tuer ! J’ai dû m’endurcir, acquérir beaucoup de force et apprendre à penser comme un véritable guerrier. Il s’agissait en grande partie d’apprendre les mouvements, de maîtriser l’énergie et le rythme. »

Même si Rosa Salazar a effectué elle-même certaines de ses cascades, la complexité hors du commun du tournage a nécessité jusqu’à neuf doublures cascades différentes, dont des gymnastes et des contorsionnistes de renommée mondiale, pour le seul rôle d’Alita. Rosa Salazar déclare : « Alita met des raclées à beaucoup de monde, en particulier à de colossaux cyborgs cybernétiquement augmentés. Ce que j’aime dans sa férocité, c’est qu’elle donne aux filles le droit de se dire qu’on peut être à la fois douce et courageuse, qu’on peut exprimer ses émotions tout en étant déterminée à ne pas laisser le mal triompher. »

Les choses s’accélèrent encore lorsque Alita découvre son corps de guerrière – un chef d’oeuvre de biomécanique lisse et irisé doté d’un réseau complexe de connexions neuronales relié à son subconscient. Rosa Salazar explique : « Le changement corporel d’Alita est une sorte de métaphore. Au début du film, c’est une adolescente maladroite, mais grâce au corps de Berserker, elle devient une jeune femme forte et extrêmement puissante. Quand elle en prend possession, c’est comme si elle découvrait son véritable corps pour la première fois. »

Alita se sent profondément reconnaissante envers le Dr Ido, le brillant cybermédecin qui utilise sa formation médicale pour aider les nécessiteux d’Iron City le jour et combat le crime la nuit. C’est Ido qui, en essayant de soulager sa propre douleur d’avoir perdu sa fille, offre à Alita un foyer chaleureux et aimant où elle est libre d’explorer sa vraie nature. Lui-même père, Robert Rodriguez se reconnaissait en Ido : « Je me suis identifié à Ido en essayant à la fois de la contrôler, d’apprendre à lui faire confiance et à la laisser partir, avec l’espoir qu’elle ferait les bons choix. »

Robert Rodriguez n’avait qu’un acteur en tête pour ce rôle poignant : Christoph Waltz. Bien que l’acteur deux fois oscarisé soit passé maître dans l’art d’incarner des personnages sinistres, celui qu’il campe ici est guidé par la bonté et la droiture. Comme il le raconte, Robert Rodriguez aimait l’idée d’associer Christoph Waltz à un personnage scientifique : « Quand Christoph dit quelque chose de très technique, vous écoutez chaque mot, et soudain ça ne sonne plus du tout technique. C’est pour cette raison que je le voulais absolument dans ce rôle. Pour moi, personne d’autre ne pouvait jouer Ido. Nous avons eu beaucoup de chance qu’il accepte. »

Jon Landau ajoute : « Christoph peut dire mille chose avec une simple expression du visage. Il apporte à Ido un mélange de compassion et d’intelligence qui va plaire au public du monde entier. »

C’est en discutant avec James Cameron que Christoph Waltz a accepté le rôle. James Cameron raconte : « Nous avons beaucoup parlé de l’histoire d’un père qui accepte l’indépendance de sa fille car il réalise qu’il ne peut pas la protéger pour toujours, et je pense que c’est ce qui a le plus intéressé Christoph dans ce rôle. »

C’est également Iron City qui a séduit Christoph Waltz : il y voyait en effet une sorte de signal d’alarme. « J’ai trouvé que c’était une observation attentive d’une société où il n’y a pas de place pour le savoir-vivre et le respect d’autrui, où tout le monde pense à sa petite personne. »
Selon l’acteur, le fait qu’ALITA : BATTLE ANGEL soit à l’opposé du genre de films qui l’attire habituellement a également joué un rôle dans sa décision. Il explique : « J’aime l’approche de Robert en matière de réalisation de films parce qu’elle se situe à l’autre bout du spectre par rapport à moi, qui suis plutôt traditionaliste. C’est un véritable maître du cinéma numérique, un genre qui m’était totalement inconnu. Mais j’ai réalisé que c’était simplement une forme d’art complètement différente en soi. »

Dès ses premiers pas dans le rôle, Christoph Waltz a établi un lien très puissant avec Rosa Salazar, un lien qui est devenu le pilier de l’ensemble du tournage. L’actrice déclare : « Ce que vivent Ido et Alita devait être réel. Ils vivent tous les moments qu’un père et sa fille partagent : le conflit, l’amour, le moment où l’oiseau quitte le nid, etc., et tout devait être fondé sur l’amour, comme dans toute vraie relation père-fille. C’est quelque chose de vraiment beau : Alita remplace un morceau du coeur brisé d’Ido et, en retour, celui-ci lui donne la vie. J’ai eu énormément de chance de partager cela avec Christoph, qui a cette capacité innée à incarner des personnages. Nous avons eu des conversations incroyables et il m’a inspirée pendant tout le tournage. »

L’évolution d’Alita dépend tout autant d’un autre personnage, Hugo, son premier amour qui, contrairement à la jeune fille, est très bien adapté à la vie d’Iron City en tant qu’être humain ordinaire, non optimisé. Il est devenu tellement indépendant que c’est une véritable révélation pour lui d’apprendre à vivre pour quelqu’un d’autre. Choisir le bon acteur pour Hugo était donc un autre défi crucial pour la production. Les candidats se succédaient audition après audition sans parvenir à convaincre les cinéastes, jusqu’au moment où Keean Johnson, un nouveau venu au cinéma, est parvenu à leur offrir l’essence même du personnage. Jon Landau déclare : « Keean a trouvé le juste équilibre entre la vulnérabilité et la dureté qui permet à Hugo de survivre. Voir ce jeune homme se changer en véritable acteur au cours du tournage était vraiment excitant et il a énormément apporté à l’atmosphère du film. »

Robert Rodriguez ajoute : « Il était difficile de trouver quelqu’un capable d’égaler l’intensité et l’engagement de Rosa. Keean ressemblait beaucoup au gamin du manga : un grand rêveur cool et mystérieux mais qui sait aussi écouter ses émotions. En plus, il a véritablement apporté quelque chose à Rosa et elle a également fait ressortir quelque chose en lui. Il existait une réelle alchimie entre eux. »

D’emblée, Keean Johnson s’est senti proche de la ténacité d’Hugo, qui ne perd jamais de vue ses rêves, aussi fous et impossibles soient-ils. Il explique : « Hugo est devenu une sorte de voyou pour survivre dans un monde qui est dur, très dur. Il aurait pu suivre l’exemple de son père qui travaillait à l’usine, mais il est motivé par l’espoir d’arriver à Zalem, et ce désir l’a poussé à faire des choses dont il n’est pas fier. Malgré tout, il y a beaucoup de bon chez Hugo. Il est passionné, ouvert d’esprit et incroyablement déterminé. »

Il s’avère qu’Hugo est aussi un voleur, un hors-la-loi d’Iron City qui dérobe des pièces détachées de corps cybernétiques par la force – une sombre vérité qu’il tente de cacher à Alita. Keean Johnson raconte : « Hugo croit que le vol à main armée lui permettra d’atteindre Zalem, mais lorsqu’il tombe amoureux d’Alita, il n’est plus sûr que cela en vaille la peine. »

Hugo ne s’attend certainement pas à tomber amoureux d’un cyborg, mais l’insatiable curiosité d’Alita pour le monde le contamine. Quand il lui apprend à jouer à la version des rues du Motorball et qu’elle finit par y exceller au-delà de ses fantasmes les plus fous, son coeur s’emballe. L’acteur explique : « Hugo joue lui aussi au Motorball, alors quand il découvre l’incroyable talent d’Alita, il est ébloui. Mais pour lui, Alita a également autre chose, quelque chose de différent : une âme extrêmement pure. »

Keean Johnson pense que sa relation avec Rosa Salazar s’est créée naturellement dès le premier jour de tournage : « Avec Rosa, on se sentait vraiment bien. Notre amitié est née au début du tournage et nous avons eu des conversations incroyables qui ont renforcé nos liens. »

Si Hugo n’est pas doté d’un corps de cyborg optimisé, il a d’autres atouts et possède ses propres compétences. Il connaît toutes les ruelles secrètes et tous les raccourcis d’Iron City et c’est un extraordinaire pilote de gyromoto, une version améliorée et renforcée de moto à une roue. Keean Johnson se confie : « Quand je l’ai vue pour la première fois, je me suis dit que c’était le truc le plus cool du monde.

Je pensais que je tournerais sur un écran vert mais lorsqu’ils m’ont installé sur un support télécommandé qui pouvait se déplacer dans n’importe quelle direction, le rôle est devenu beaucoup plus amusant. L’ensemble de la production a été conçu pour immerger les acteurs aussi totalement que possible dans ce monde. » Plus Alita découvre sa véritable identité, plus ses ennemis se multiplient à Iron City. L’une des premières à la rejeter est Chiren, l’ex-femme du Dr Ido, également cybermédecin, mais qui a transformé son deuil en quête d’argent et de pouvoir dans le monde du Motorball. Chiren est consternée de voir que le corps qu’Ido a offert à Alita pour lui donner une seconde vie est celui qu’ils avaient conçu pour leur fille décédée.

C’est l’actrice oscarisée Jennifer Connelly qui joue le rôle de cette femme torturée qui fuit la douleur et cherche un moyen de rentrer chez elle. Jennifer Connelly voit Chiren comme une femme qui aspire à retrouver le chemin du bonheur. Elle déclare : « Elle est née à Zalem et voit donc un éventuel retour là-bas comme une sorte de baume magique, un médicament pour annihiler sa douleur et un moyen d’échapper aux souvenirs de chagrin et de deuil liés à Iron City. Elle veut absolument rentrer chez elle et n’a pas la moindre intention d’accepter son existence à Iron City.

Son incroyable volonté témoigne de son désespoir et de son amertume. » Lors de l’instant inoubliable où elle aperçoit Alita pour la première fois, le coeur glacé de Chiren manque de voler en éclats. Jennifer Connelly explique : « Elle voit ce magnifique corps cyborg qu’Ido avait créé pour leur fille... mais il n’est pas habité par elle. Chiren perçoit immédiatement Alita comme une menace parce qu’elle lui rappelle toute la douleur qu’elle ne veut pas affronter. Et elle commence à réaliser qu’Alita va perturber Iron City et défier toutes ses institutions. »

Comme l’explique Jennifer Connelly, Chiren ne peut cependant pas refouler totalement les sentiments qu’Alita lui inspire : « Il y a des émotions qu’elle ne peut plus nier. Quelque chose cède en elle lorsqu’elle réalise qu’elle tente de tuer une adolescente qui ressemble à la fille qu’elle a perdue. Elle comprend alors qu’elle est devenue tout ce qu’elle déteste, et les choses prennent une autre tournure. »

Chiren s’est alliée à l’une des forces les plus sombres d’Iron City : Vector, qui, en tant que premier courtier de la ville dans le domaine des éléments pour cyborgs, a acquis une grande influence. Mahershala Ali, qui vient d’être nommé à l’Oscar du meilleur acteur dans un second rôle pour GREEN BOOK : SUR LES ROUTES DU SUD, a été choisi pour incarner Vector avant même d’avoir remporté la statuette dans cette même catégorie en 2016 pour MOONLIGHT. Robert Rodriguez déclare : « J’ai toujours pensé que nous avions besoin de quelqu’un de très charismatique parce que tous les enfants des rues admirent Vector. J’avais déjà été impressionné par Mahershala dans PREDATORS en 2010, et nous l’avons vu prendre de plus en plus d’ampleur et de force. »

Vector, qui est à 100 % humain, se considère comme membre d’une élite et regarde avec mépris les masses qui luttent pour survivre à Iron City. Mahershala Ali explique : « Vector a parfaitement compris que s’attaquer aux plus faibles est la seule façon de gagner à Iron City. Il préfère être roi en enfer qu’au bas de l’échelle au paradis. »

Son désir de rester au sommet fait immédiatement d’Alita une adversaire. L’acteur déclare : « Vector fera tout ce qui est en son pouvoir pour ne pas perdre son statut. Il a soif de contrôle, et Alita est un électron bien trop libre à ses yeux. » Pourtant, si Vector vit mieux que la plupart des habitants d’Iron City, ce n’est pas sans contrepartie. Il a en effet renoncé à sa liberté au profit du mystérieux Nova, une entité de Zalem capable d’investir le corps de Vector. Mahershala Ali précise : « Oui, Vector est un méchant, mais il s’avère qu’il ne fait qu’obéir aux ordres. Tous ses plans sont dictés par Nova, dont il n’est malheureusement que le pion. »

Alita comprend rapidement qu’elle n’est pas la seule cyborg à Iron City. En réalité, une grande partie des habitants de la cité le sont en partie. Des chiens cyborgs errent même dans les rues. Ce qu’elle ne sait pas, en revanche, c’est qu’elle deviendra la cible des cyborgs les plus craints de la ville, dont le colossal Grewishka. Star déchue des jeux de Motorball, Grewishka a grandi dans les égouts d’Iron City et n’a jamais rien connu d’autre que les ténèbres et le combat, ce qui, avec son corps incroyablement optimisé, en fait l’homme de main ultime pour Vector. Il existe plusieurs versions de son corps, qui grandit à chaque fois qu’il doit être reconstruit. Grewishka devient finalement une énorme gargouille de métal qui conserve un visage synthétique pour rappeler l’humain qui l’habite.

Le choix de l’interprète de Grewishka peut sembler inattendu car c’est l’acteur nommé aux Oscars Jackie Earle Haley, loin d’être un colosse, qui a obtenu le rôle. C’est sa capacité à faire de Grewishka un personnage crédible qui a intéressé Robert Rodriguez. Le réalisateur explique : « Grewishka pourrait n’être qu’une grosse brute stupide, mais Jackie lui donne beaucoup de profondeur et de douleur. De prime abord, on pourrait avoir du mal à croire que ce monstre gigantesque soit Jackie, et pourtant, on retrouve toutes les nuances qui le caractérisent. »

Jackie Earle Haley a rapidement ressenti de l’empathie pour Grewishka. Il observe : « Il a eu une vie horrible et torturée. Pour lui, la seule façon d’être heureux est d’avoir ce corps énorme et extraordinairement puissant, et la seule façon de retrouver l’estime de soi, c’est d’abuser des autres. Cette façon de penser est profondément ancrée en lui. »

Le cyborg Zapan, doté d’un corps élancé et high-tech recouvert de peau synthétique, représente également un grave danger pour Alita. C’est Ed Skrein, connu pour les rôles de Daario Naharis dans « Game of Thrones » et d’Ajax dans DEADPOOL, qui l’incarne. Robert Rodriguez déclare : « Ed a tellement d’assurance et d’arrogance ! À chaque fois qu’il voulait tenter quelque chose, je lui disais d’aller encore plus loin et c’était absolument génial. Zapan est aussi l’un de mes personnages préférés du point de vue de l’apparence, on dirait une Porsche ! Il est extrêmement profilé et détaillé. »

Si son esprit est aiguisé, Zapan est surtout connu pour sa lame de Damas, une épée ancienne fabriquée sur la colonie humaine sur Mars qui peut trancher les armures aussi aisément que du beurre. Ed Skrein était fasciné par la vanité de ce chasseur de primes : « Zapan est quelqu’un d’ostentatoire, presque de théâtral. La plupart des chasseurs de primes sont sales et rouillés ; Zapan, lui, est fier de son corps richement décoré. C’est un mélange extrêmement dangereux d’orgueil et de manque d’assurance. »

WETA DIGITAL ET LES LIMITES DU VISAGE HUMAIN

Aucune discussion n’a été nécessaire pour que Weta Digital rejoigne l’aventure ALITA : BATTLE ANGEL : c’était une évidence. Des merveilles luxuriantes de Pandora dans AVATAR au personnage de Gollum dans LE SEIGNEUR DES ANNEAUX, en passant par les primates sensibles de LA PLANÈTE DES SINGES, Weta Digital est à l’origine de presque toutes les avancées dans l’évolution de la performance capture au cours de ces vingt dernières années. Largement stimulé par les aspirations de James Cameron pour AVATAR, Weta a révolutionné la capture numérique du visage humain en temps réel, en permettant à l’expression naturelle de l’acteur d’être entièrement cartographiée et traduite en images de synthèse animées, ce qui conserve intactes les émotions brutes. Le studio demeure le chef de file dans ce domaine.

James Cameron observe : « Weta reste le leader en matière d’animation faciale : ils créent la plus humaine, la plus vivante et la plus riche en émotions qui soit. Beaucoup d’autres studios tentent de les rattraper mais Weta reste en tête. Je savais que je voulais qu’ils s’occupent d’Alita parce qu’elle doit être crédible même dans les gros plans les plus serrés. »

Depuis AVATAR, Weta n’a cessé d’évoluer. Tous les aspects de leur processus distinctif ont progressé, des flux de travail plus efficaces à l’éclairage numérique plus polyvalent, en passant par une meilleure capacité à simuler les muscles et la peau. Tout cela était vital pour intégrer la performance de Rosa Salazar au corps d’Alita généré par ordinateur et pour mêler harmonieusement l’action et les émotions, qui devaient paraître tout aussi réels au niveau des graphismes.

Joe Letteri, superviseur senior des effets visuels chez Weta, commente : « Ce que James a fait de si clairvoyant sur AVATAR, c’est de briser la barrière entre la prise de vues réelles et le numérique en montrant qu’ils pouvaient s’intégrer l’un à l’autre d’une façon à laquelle personne n’avait jamais cru auparavant. Ici, nous allons encore plus loin dans cette intégration parce qu’on se trouve dans un monde réel et concret auquel sont intégrés des personnages numériques. »

La connaissance de Weta et sa maîtrise du visage humain se sont également renforcées à chaque nouvelle production, pour atteindre une nouvelle apogée avec Alita. Mike Cozens, superviseur de l’animation qui a également travaillé sur AVATAR, explique : « J’ai travaillé avec des visages numériques sur bien des films, mais c’est la première fois que j’en vois de cette qualité. »

Sur ALITA : BATTLE ANGEL, Weta a imaginé un tout nouveau niveau de sophistication pour les visages générés par ordinateur. Eric Saindon, superviseur des effets visuels chez Weta et doublement nommé aux Oscars pour la saga LE HOBBIT, déclare : « Nous sommes maintenant capables de travailler au niveau de la musculature faciale, il ne s’agit donc plus seulement de déplacer la peau en surface, mais aussi les muscles qui se trouvent en dessous. Vous pouvez le voir dans les mouvements du visage d’Alita, qui reproduisent quasiment à l’identique ceux de Rosa. Nous avons passé des centaines d’heures rien que sur la bouche d’Alita parce que la clé pour qu’une scène fonctionne, même s’il s’agit d’une grosse scène d’action, ce sont les expressions humaines – et Rosa a un visage très expressif. »

Il poursuit : « Nous travaillons aussi constamment sur le système de performance capture pour obtenir la meilleure fidélité possible. Il y a donc beaucoup de petites subtilités dans ALITA : BATTLE ANGEL que vous ne trouverez pas dans AVATAR ou LA PLANÈTE DES SINGES. Ce sont des petits détails naturels qui rapprochent encore un peu plus le personnage de la vie. »

Il ne faisait également aucun doute quant au fait que le film serait tourné en 3D native. James Cameron déclare : « La meilleure 3D est la 3D native, impossible à convertir plus tard. Heureusement, Robert avait déjà tourné avec cette technologie, il connaissait parfaitement le matériel et son fonctionnement. »

Si Robert Rodriguez connaissait effectivement les bases de cette technique, il a été époustouflé par son évolution. Le réalisateur explique : « Les progrès ont été incroyables ces dernières années. Sur le tournage d’ALITA : BATTLE ANGEL, j’oubliais même parfois que nous tournions avec des caméras 3D parce qu’elles ne ralentissent plus du tout le processus. »

James Cameron et Robert Rodriguez pensent tous deux que la 3D n’est qu’un instrument de plus dans la boîte à outils du cinéaste – un outil immersif puissant mais que l’on doit toujours utiliser pour servir la narration. Le chef monteur Stephen Rivkin, nommé aux Oscars pour AVATAR, confie d’ailleurs : « James a toujours dit que la 3D ne devait être qu’un élément de l’histoire, et non sa star. »

BÂTIR IRON CITY

Dès les premières phases de la création d’ALITA : BATTLE ANGEL, James Cameron a souhaité propulser le public dans le tumulte d’Iron City, une ville du 26e siècle dévastée par une guerre il y a de cela 300 ans et cependant bouillonnante de vie. Il a toujours imaginé un endroit présentant plusieurs strates et riche en contrastes, une sorte de Far West du futur plein de cyborgs où le crime règne en maître et où les chasseurs de prime sont légion, mais aussi un lieu où Alita expérimente le frisson de la découverte, l’amour, l’exaltation, la vie dans la rue et trouve l’inspiration qui la poussera à tenter de changer la ville pour le mieux. Même si les temps sont durs à Iron City, les goûts bien humains pour le plaisir, l’art, la réussite et le bonheur sont toujours présents.

James Cameron explique : « Iron City est le lieu où des gens venus du monde entier se sont réunis pour trouver un refuge. C’est donc une sorte de bidonville qui s’est édifié sur les restes high-tech de ce qui existait avant la guerre. C’est une ville dangereuse mais qui a aussi une pulsation de vie incroyable et chaotique. » Comme l’explique James Cameron, Iron City évoque également tout un passé d’évolution et de régression, avec des restes de technologie sophistiquée que l’on retrouve un peu partout. « On peut sentir la disparité entre la technologie qui a été créée avant la guerre mais qui est encore utilisée, et les conditions de vie que les gens endurent aujourd’hui. »

Pour des raisons techniques en rapport avec la capacité « magique » de Zalem à planer dans le ciel au-dessus de cette Iron City grouillante de vie et avec l’ascenseur spatial qui la reliait autrefois au sol, James Cameron a choisi de représenter Iron City comme une ville équatoriale située quelque part en Amérique du Sud, tout en lui donnant l’apparence d’un melting-pot de nationalités. Le concept a immédiatement fait mouche dans l’esprit de Robert Rodriguez : « Kishiro n’a pas installé Alita en Asie, il avait le Kansas en tête. Mais, il y a des années, James s’est rendu compte que pour des raisons d’ordre scientifique et technique, il serait plus réaliste qu’Iron City se situe plus près de l’équateur. J’ai adoré ça parce que cette zone géographique offre instantanément plus de couleurs et de richesse que ce que l’on trouve habituellement dans une histoire de science-fiction. Iron City n’est pas terne ni grise, elle est accueillante, vibrante de vie et pleine de diversité. »

La construction d’Iron City a commencé sur le papier, avec une masse considérable d’illustrations et de visuels préparatoires dont la réalisation a commencé il y a dix ans. Ben Procter et Dylan Cole, co-chefs décorateurs des suites d’AVATAR, ont relevé le défi de superviser la conception visuelle d’ALITA : BATTLE ANGEL. Ben Procter déclare : « Pour Iron City, notre mission consistait à faire ressortir l’énergie, l’intensité et l’atmosphère de la rue tout en imaginant une architecture classique et intemporelle qui incorporerait des éléments high-tech du monde d’avant la Chute. »

Dylan Cole précise : « Il était important pour nous qu’Iron City ait une culture futuriste jamais vue auparavant. Il y a énormément de films de science-fiction où une ville est éclairée par des néons et balayée par une pluie battante, mais le fait est qu’il est impossible de rivaliser avec BLADE RUNNER dans ce domaine. Nous voulions donc donner un ton complètement différent. Nous avons créé une Iron City écrasée de soleil et poussiéreuse qui suggère que la vie continue malgré l’oppression dans laquelle vivent les gens. »

Les concept arts ont fait rêver tous ceux qui ont eu la chance de les voir, mais transformer ces dessins préliminaires audacieux et lyriques en décors réels sur le backlot des studios Troublemaker allait se révéler extrêmement complexe. Robert Rodriguez a donc fait appel à un duo qui n’a jamais reculé devant une mission créative : le chef décorateur Steve Joyner et sa collègue Caylah Eddleblute, qui travaillent avec le réalisateur depuis UNE NUIT EN ENFER. Robert Rodriguez raconte : « Steve et Caylah ont trouvé comment transformer le backlot de Troublemaker en une ville texturée et vivante à part entière. Ils ont utilisé des astuces secrètes pour créer un monde entier à partir de huit rues. Cela m’a aidé à tout mettre en place et à ancrer ALITA : BATTLE ANGEL dans cette réalité palpable dont nous avions absolument besoin. »

Le fait que le duo connaissait déjà Robert Rodriguez était un avantage certain. Steve Joyner déclare : « En nous lançant dans ce projet, nous savions que Robert est un homme qui aime la profondeur et qu’il voudrait une ville qui puisse durer éternellement. Nous étions donc conscients d’avoir à créer un réseau complexe de rues, d’allées et de passages interconnectés. En fin de compte, les décors étaient si complexes qu’il y avait des coins et des recoins que même Caylah et moi ignorions ! »

Les décors exigeaient de respecter toutes sortes de paramètres logistiques car chaque espace devait être construit pour s’adapter au processus particulier de la performance capture. Cependant, l’accent a été mis sur autre chose : il fallait créer un environnement suffisamment viscéral pour transporter les acteurs vers une nouvelle réalité.

L’approche de Steve Joyner et Caylah Eddleblute pour ce monde du futur se résume en une phrase : « À quoi ressemble le futur ? Au passé auquel on superpose l’avenir. » Caylah Eddleblute développe : « Les temps changent, mais beaucoup de choses restent les mêmes. Le film se déroule à des centaines d’années dans le futur, mais si vous examinez la vie 400 ans avant notre époque, les gens s’asseyaient déjà sur une chaise pour prendre leur petit-déjeuner le matin, tout comme nous. Nous avons donc beaucoup réfléchi à l’utilisation d’objets du quotidien pour rendre le monde d’Alita reconnaissable et familier à nos yeux. »

Steve Joyner et Caylah Eddleblute ont commencé à imaginer ce royaume de fiction en faisant des recherches au Panama et à Cuba, en s’imprégnant de l’architecture coloniale, de leur ambiance cosmopolite, des quartiers typiques et du mélange entre modernité et histoire. Ils ont ensuite imaginé ce qui se passerait si une ville d’Amérique du Sud était soudainement envahie de gens venus des quatre coins du globe. Steve Joyner déclare : « Étant donné qu’énormément de gens sont venus d’un peu partout trouver refuge à Iron City après la guerre, la ville devait ressembler à un amalgame de cultures qui fusionnent les unes avec les autres. » Quand est venu le temps de bâtir concrètement la ville, ils ont engagé plus de 200 charpentiers, peintres, plâtriers et artisans et leur ont demandé de les rejoindre à Austin pour débuter une aventure sans précédent. Steve Joyner déclare : « Ce genre de chantier n’arrive qu’une fois dans une carrière, et c’était un cadeau incroyable à partager. »

Jon Landau se souvient de la première visite du créateur d’Alita, Kishiro, sur le plateau : « Kishiro est un homme qui parle peu, mais lorsqu’il a découvert le plateau de tournage d’Iron City, le grand sourire que l’on voyait sur son visage en disait bien plus long que des mots ! »

La décharge où le Dr Ido tombe sur les vestiges abandonnés d’Alita est l’un des premiers endroits que les spectateurs découvrent dans ALITA : BATTLE ANGEL. Étant donné qu’il s’agissait du lieu de naissance de toute l’histoire, il fallait lui conférer quelque chose de mythique. Steve Joyner et Caylah Eddleblute ont donc soigneusement construit cette casse en utilisant des pièces de métal et des déchets mécaniques provenant d’un chantier militaire de San Antonio. Caylah Eddleblute raconte : « Nous avons fait venir d’énormes caisses pleines de morceaux de ferraille de différentes tailles, de grosses pièces de métal brut jusqu’aux pièces les plus fines et légères qui pouvaient littéralement tomber comme des gouttes de pluie. » La clinique et le laboratoire d’Ido sont un fatras hétéroclite d’appareils lowtech. Steve Joyner commente : « C’est un espace ouvert qui était autrefois un hall d’hôtel ou de banque. Désormais, cette pièce unique contient toute la vie d’Ido : sa chambre, son bureau, sa cuisine et sa salle d’opérations. C’est quelque chose de très typique en Amérique centrale, et cela offre à Robert ce qu’il aime le plus : de la richesse et de la profondeur ! »

Le laboratoire de Chiren contraste fortement avec celui d’Ido, soulignant la rupture de leurs philosophies : il a décidé d’utiliser son chagrin pour aider les autres alors qu’elle s’est concentrée sur sa quête du pouvoir et l’abandon définitif d’Iron City. Caylah Eddleblute explique : « La clinique d’Ido est encombrée et délabrée ; celle de Chiren, en revanche, est dotée de la meilleure technologie qui soit. Elle vit avec Vector dans un penthouse extraordinairement haut de gamme pour Iron City, mais également terriblement froid. C’est un environnement sans amour, tout y est donc dur et sévère. »

N’oublions pas le Kansas Bar... le bar préféré des chasseurs de primes sorti tout droit du manga (il tient son nom du groupe rock progressif emblématique des années 70), qui a été repensé pour accueillir un incroyable combat de cyborgs. Steve Joyner souligne : « Notre version du Kansas Bar est très fidèle à celle des livres. L’unique différence, c’est que dans le manga, le bar est situé en sous-sol ; nous avons décidé de modifier cette partie. Nous nous sommes inspirés d’un dessin original qui plaçait le Kansas Bar dans les ruines d’un ancien monastère. C’était encore une autre opportunité d’allier l’ancien au moderne. »

LE MOTORBALL, SPORT D’ACTION DU 26e SIÈCLE

S’il est une obsession que partagent tous les habitants d’Iron City, c’est bien le Motorball : un sport de gladiateurs glamour et brutal à la fois, dont les champions sont les héros d’une ville par ailleurs désespérée. Le jeu se pratique sur des patins propulsés par des fusées ; et d’immenses cyborgs armés de chaînes, de pics, de lames et d’armures s’affrontent à 150 km/h sur une piste pleine de pièges et de virages en épingle conçue pour les détruire. Les vainqueurs du Motorball n’atteignent pas seulement le statut de rock star à Iron City, ils obtiennent aussi une chance de monter vivre à Zalem pour toujours. Jon Landau décrit le Motorball comme « un croisement entre une course de stock-car, un match de catch et un combat de MMA entre des concurrents dopés aux stéroïdes. »

À Iron City, tout le monde regarde le Motorball. Les enfants jouent même à leur propre version qui se déroule dans la rue ; c’est d’ailleurs comme cela qu’Alita découvre ce sport et y débute. Plus tard, dotée de son corps de guerrière, Alita s’essaie à la 2nde Ligue – la 2e division du championnat de Motorball d’Iron City. Rosa Salazar déclare : « C’est quelque chose de nouveau pour Alita, mais elle finit par devenir la star du Motorball et ça, j’adore ! Entre les cyborgs, c’est à celui qui sera le plus impressionnant, le mieux armé et tout le tralala, et elle, pendant ce temps, les bat tous les uns après les autres. »
Pour les scènes du Motorball de rue, la production a recruté un quatuor de patineurs de classe mondiale pour exécuter les mouvements de parkour. En revanche, la plupart des personnages de la version professionnelle du Motorball ont dû être presque entièrement créés par ordinateur parce qu’il n’existe tout simplement pas d’analogue humain à la façon dont ils se déplacent. Richard Hollander, superviseur des effets visuels, souligne : « Certains de nos personnages ne fonctionnent tout simplement pas comme les humains, il était donc impossible d’utiliser la technique de capture de mouvements réels. »

Le directeur artistique Todd Holland est devenu l’expert maison du studio pour ce sport de fiction. Il s’est inspiré du manga pour en élaborer les règles et les scores. Il détaille : « Le Motorball n’a rien à voir avec marquer un but ou un panier, tout est une question de possession de balle. Plus longtemps vous gardez la balle, plus vous marquez de points. Ce sport se joue par équipes de sept, mais il y a une version encore plus impitoyable où c’est chacun pour soi. C’est ce qu’Alita expérimente lors des épreuves de sélection. »

Ce qu’Alita croit n’être qu’une audition lambda se transforme en une course pour sa vie. Robert Rodriguez a demandé à toute l’équipe de regarder des films de course automobile pour s’en inspirer et donner un coup de fouet au travail de caméra sur ces scènes, mais une fois le tournage commencé, tout le monde a réalisé qu’il n’existait aucun précédent à ce genre d’action.

Le réalisateur raconte : « La chasse du Motorball est l’une de mes séquences préférées. L’action est déjà palpitante quand le Motorball n’est qu’un jeu, mais le jeu se transforme ensuite en une séquence de chasse mortelle lorsque les cyborgs tentent de tuer Alita. »
L’action pure, qui va du Panzer Kunst, un art martial d’origine martienne conçu pour des affrontements à gravité zéro, aux combats à mort du Motorball, en passant par les séquences haletantes dans les rues, est typique de l’univers d’ALITA : BATTLE ANGEL. C’est Garrett Warren, le coordinateur des cascades qui avait déjà collaboré avec James Cameron et Robert Rodriguez, qui s’en est chargé.

Robert Rodriguez déclare : « Garrett vous demande ce que vous désirez, vous écoute attentivement, et en fait quatre fois plus ! C’est exactement ce qu’il nous fallait. »

Garrett Warren place toujours l’authenticité au coeur de son travail, c’est la raison pour laquelle presque tout ce que l’on voit à l’écran s’appuie sur de véritables mouvements et non sur des mouvements créés numériquement par la suite. Il explique : « Même si Alita et les autres cyborgs ont des corps animés par ordinateur, nous avons tout réalisé en vrai, parce que c’est très différent d’avoir quelqu’un qui donne concrètement des coups de pied, saute dans les airs ou est vraiment projeté par terre. Combiner de véritables cascades avec la technologie de performance capture permet d’offrir aux spectateurs quelque chose qu’ils n’ont jamais vu auparavant dans des scènes d’action. Réaliser les films de cette façon, c’est ouvrir la boîte de Pandore de l’imagination. »

Garrett Warren a travaillé en tandem avec Steve Brown, un chorégraphe spécialisé dans les scènes de combat connu notamment pour son travail sur WONDER WOMAN. En termes d’action, Steve Brown a été forcé de sortir des sentiers battus. Il a notamment dû relever le défi d’entraîner un cascadeur de plus de 2 mètres à se battre sur des échasses afin de capturer numériquement les mouvements de Grewishka.

C’était aussi l’occasion pour lui de créer un style de combat original et très dynamique pour Alita, en gardant à l’esprit que ce style a été mis au point sur une autre planète et ne devait donc pas spécialement tenir compte de la gravité de la Terre. Il explique : « L’idée est la suivante : lorsque Alita se bat, l’ensemble de son corps se transforme en arme. Il ne s’agit jamais d’un mouvement réduit à sa main ou son pied. Tout son corps fonctionne comme un membre unique. Lorsqu’elle rebondit sur ses cibles, cela lui donne l’élan nécessaire pour asséner des frappes toujours plus puissantes. »

Le style et les capacités de combat d’Alita progressent également tout au long de l’histoire, au fur et à mesure qu’elle affirme son identité. Le chorégraphe des combats déclare : « Elle prend de l’assurance, elle a de plus en plus confiance dans son style de combat et ses capacités. Et quand elle reçoit son corps de Berserker, c’est comme si tout s’imbriquait de façon logique ; il n’y a presque plus aucune limite. »

FAIRE GRANDIR L’ÉMOTION

L’une des dernières étapes dans la création du film a été la musique, qui comprend le tout nouveau single « Swan Song », coécrit et interprété par Dua Lipa, double nominée aux Grammy Awards. Dua Lipa confie que le personnage d’Alita l’a inspirée pour cette chanson : « Je me retrouve en elle, à la fois dans son esprit de dure à cuire et dans notre coupe de cheveux ! Alita, c’est la conquête de l’autonomie et le combat pour s’affirmer, deux choses qui résonnent vraiment en moi. »

Le film est également illustré par la musique originale de Tom Holkenborg, alias Junkie XL, producteur né aux Pays-Bas devenu un proche collaborateur de Hans Zimmer et l’un des fers de lance des scènes d’action extrême. Robert Rodriguez a décidé qu’il voulait travailler avec lui en entendant la partition emblématique que le musicien avait composée pour MAD MAX : FURY ROAD, le film haletant de George Miller. Le réalisateur explique : « Junkie XL, c’est de la musique propulsive. Sa musique peut donner le ton à une énorme séquence d’action mais aussi vous faire entrer dans l’âme d’un personnage. J’étais persuadé qu’il parviendrait à apporter toutes les nuances nécessaires à Alita, à la fois ange et guerrière. »

ALITA : BATTLE ANGEL est en effet une histoire où abondent les contrastes – entre l’ange et la guerrière, le réel et le virtuel, mais aussi entre les styles de Robert Rodriguez et James Cameron. Pour Jennifer Connelly, le film final représente l’union de la sensibilité des deux cinéastes : « Vous avez le côté épique et fantastique que nous associons tous à James, mais aussi l’espièglerie, le sens de l’humour et le côté un peu subversif et sombre de Robert. »

Alors que Robert Rodriguez apportait la touche finale à un film dont la naissance remontait au rêve qu’en avait eu James Cameron il y a près de vingt ans, tout le monde attendait le résultat final avec impatience. Après la visualisation, les illustrations, la conception, le rendu, l’interprétation des acteurs, la capture de mouvements, la finalisation et le montage, tout le monde était prêt à présenter ALITA : BATTLE ANGEL au monde entier.

Le souhait le plus cher de Robert Rodriguez est que le public sorte des salles avec le sentiment d’avoir noué un lien émotionnel avec Alita et le film en général, plutôt que de se demander comment le monde de fiction de ce film plus vrai que nature a été créé. Il conclut : « Le coeur du film reste le voyage intérieur purement humain d’Alita, mais aussi ce qu’elle réalise. Elle a beau avoir perdu la mémoire, elle a découvert son humanité, et c’est ce qui compte vraiment. »

Copyright des textes des notes de production @ Pascale & Gilles Legardinier
Copyright des notes de production @ Twentieth Century Fox France

   
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