jeudi 26 septembre 2019

THE LIGHTHOUSE


Épouvante-horreur/Thriller/Un film spécial, fort de son originalité avec d'excellentes interprétations

Réalisé par Robert Eggers
Avec Willem Dafoe et Robert Pattinson

Long-métrage Américain/Canadien
Durée: 01h50mn
Année de production: 2019
Distributeur: Universal Pictures International France

Date de sortie sur les écrans américains : 18 octobre 2019
Date de sortie sur nos écrans : 18 décembre 2019


Résumé : le film se passe dans une ile lointaine et mystérieuse de Nouvelle Angleterre à la fin du XIXe siècle, et met en scène une " histoire hypnotique et hallucinatoire " de deux gardiens de phare.

Bande annonce (VOSTFR)


Ce que j'en ai pensé : THE LIGHTHOUSE était présenté en compétition lors du 45ème Festival du film américain de Deauville. Il y a obtenu le Prix du Jury.

Le réalisateur Robert Eggers nous propose une expérience de cinéma d'horreur particulière. Son film est au format 4:3, qui était le format historique des films muets. Il renforce ainsi l'aspect photographique de ses images. Il a opté pour le noir et blanc qui sert une ambiance inquiétante, accentuée par ce biais, qu'il maîtrise avec une grande précision. Avec ces éléments, il donne un côté volontairement désuet à son long-métrage. On peut le sentir aussi au grain de l'image. Le travail sur les ombres et la lumière est superbe. 


La musique et les sons qui évoquent des bruits de sonars sont forts, envahissants et participent à l'inconfort qui assaille le spectateur. Ils sont importants, car ils disparaissent parfois, pour laisser place à un silence qui semble être un corps étranger dans cet endroit maudit et qui ne calme en rien le délitement de la raison des personnages. 

Le scénario qu'il a co-écrit avec son frère, Max Eggers, nous raconte une histoire de descente vers une folie ravageuse. Ils ont choisi d'écrire des dialogues pour nous permettre de comprendre un peu mieux les personnages, leur passé et pourquoi cette aventure est vouée à ne pas se dérouler sans heurts, mais il y aurait aussi très bien pu n'y avoir aucune parole prononcée. Le réalisateur nous dépeint alors un tableau lugubre, portrait d'une solitude extrême qui pousse à une introspection insupportable menant au tréfonds d'âmes abîmées. 

Il y a un côté très esthétique à ce film qui est complètement contre-balancé par la crasse, les excréments, les fantasmes sexuels hallucinatoires, les obsessions empruntes de terreur... qui accompagnent la déchéance de ses deux hommes et de leur phare. Car il y a bien trois personnages dans ce long-métrage qui passent par les mêmes phases de décrépitude. Les deux gardiens interprétés sans faille par Willem Dafoe et Robert Pattinson. Ils sont remarquables pour nous entraîner avec eux dans leur relation toxique et perverse. Les regards, les intonations, les tensions corporelles, tout sonne juste dans leurs prestations qui font l'essence nauséeuse de ce récit. 




Quant au phare, avec son enfer fait de feu à son pied, son paradis de lumière à sa tête, ses mécanismes entêtants, ses rejets liquides puants, ses rochers, ses goélands criards et sa mer à perte de vue, il s'impose comme un monstre qui dévore la santé mentale de ses occupants jusqu'à la lie.

Copyright photos @ Universal Pictures International France

THE LIGHTHOUSE est une étrange proposition de cinéma, qui n'est pas grand public, mais qui surprend, intrigue et bien qu'on se doute du dénouement, on est curieux de voir jusqu'où ce cauchemar va étendre ses tentacules.

  
#TheLighthouse

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