dimanche 14 octobre 2018

YÉTI & COMPAGNIE


Animation/Aventure/Un film d'animation réussi, avec des personnages attachants, qui traite adroitement des sujets intéressants

Réalisé par Karey Kirkpatrick & Jason A. Reisig
Avec les voix, en version originale, de Channing Tatum, James Corden, Zendaya, Common, LeBron James, Danny DeVito, Gina Rodriguez, Yara Shahidi...
Avec les voix, en version française, de Julien Doré, Amel Bent, Oxmo Puccino...

Long-métrage Américain
Titre original : Smallfoot 
Durée : 01h37mn
Année de production : 2018
Distributeur : Warner Bros. France

Date de sortie sur les écrans américains : 28 septembre 2018
Date de sortie sur nos écrans : 17 octobre 2018


Résumé : Vivant dans un petit village reculé, un jeune et intrépide yéti découvre une créature étrange qui, pensait-il jusque-là, n'existait que dans les contes : un humain ! Si c'est pour lui l'occasion de connaître la célébrité – et de conquérir la fille de ses rêves –, cette nouvelle sème le trouble dans la communauté yéti. Car qui sait les surprises que leur réserve encore le vaste monde ?

Bande annonce (VF)


Extrait (VF)


Ce que j'en ai pensé : les réalisateurs Karey Kirkpatrick et Jason A. Reisig veillent à ce que la narration de leur YÉTI & COMPAGNIE soit claire, cohérente et traite les thématiques de façon constante. Ce film d'animation surprend d'ailleurs par le nombre de sujets qu'il traite et par leur intérêt. Il adresse aussi bien l'esprit critique, que le mensonge généralisé pour le 'bien' de tous ou encore le fait que les espèces que nous croisons nous sont aussi inconnues a priori que nous le sommes pour elles. Ce fond travaillé lui donne un attrait supplémentaire. De fait, il ne prend pas les enfants, qu'ils ciblent, pour des idiots et leur propose des pistes de réflexions et de questionnements qu'ils pourront explorer avec leurs parents. 

Sur la forme, l'animation est fort sympathique. Elle est particulièrement soignée sur certains détails comme la fourrure des Yétis par exemple. Elle inclut de la créativité dans les décors et de l'humour dans l'action. On rit de bon cœur à plusieurs reprises. 



Les scènes chantées sont très réussies. Les chansons sont tout de suite entraînantes et les paroles alignées avec l'histoire. Les personnages sont bien distincts et attachants que ce soit côté humains ou côté yétis. 







Le rythme perd un peu de son intensité sur certaines scènes qui lient les avancements de l'intrigue et la fin fait dans l'optimisme naïf, mais dans l'ensemble ce YÉTI & COMPAGNIE est une très bonne surprise. Les parents auront beaucoup de plaisir à découvrir cette aventure qui ne se contente pas de raconter ou d'être mignonne, mais qui soulève de vrais sujets tout en explorant des points de vue opposés. Les enfants, pour leur part, seront ravis, amusés et certainement très attachés à Migo, le gentil yéti maladroit, courageux et aux bonnes intentions, et à sa troupe d'amis.

Copyright photos @ Warner Bros. France

NOTES DE PRODUCTION
(À ne lire qu'après avoir vu le film pour éviter les spoilers !)

Il y a eu un énorme malentendu 

Que feriez-vous si une créature que vous pensiez mythologique pensait que vous n’existiez pas non plus ? 

Et si les gigantesques yétis de nos légendes étaient réels et que les mythes qu’on raconte sur eux – sur leurs longs poils drus, leur rugissement de bête et leurs énormes pieds –, ils se les racontent aussi sur nous… mais à leur façon ? Pour eux, nous sommes de petites bêtes sans poil à la voix de crécelle et aux pieds terriblement petits. Et nous n’existons pas ! Jusqu’à ce qu’un yéti en voie un de ses propres yeux pour enfin croire en l’impossible. 

C’est là tout le sujet de « Yéti & Compagnie », une aventure joyeuse et familiale qui vous fera mourir de rire et qui se passe dans un monde enneigé au-dessus des nuages. Tout commence avec un homme nommé Percy qui se retrouve nez à nez – ou nez à genou – avec Migo le yéti. Cette rencontre fortuite les embarque alors dans un voyage inattendu où chaque découverte ouvrira leur esprit et leur cœur tout en remettant en question leurs anciens paradigmes et en leur donnant accès à un monde qu’ils n’imaginaient pas. 

« Pour un conteur, tout est dans le prologue », déclare le réalisateur Karey Kirkpatrick, co-auteur du scénario en collaboration avec Clare Sera. « Bouleverser un mythe en s’amusant avec une histoire traditionnelle est irrésistible. Nous avons tous entendu des histoires sur des créatures mystérieuses aux habitudes étranges. Mais qu’en est-il de nos propres habitudes étranges ? Admettons-le, nous sommes des créatures étranges à bien des égards. Et il est amusant d’y injecter une bonne dose d’humour et un point de vue différent… à savoir la perspective d’un yéti. » 

Au premier abord choqués puis effrayés, Migo et Percy sont bientôt ravis de s’être trouvés. Pour Migo, capturer un « petit pied » est la chose la plus belle et la plus importante qu’il ait jamais faite. Il n’a alors qu’une hâte : en faire part aux habitants de son village. Si seulement il pouvait ramener son petit pied à la maison en un seul morceau. Pour Percy, animateur d’une émission télévisée sur les animaux qui traverse une mauvaise passe, la preuve vidéo de l’existence d’un yéti pourrait le propulser au rang de vedette dont il rêve tant. Il est donc déterminé à tirer parti de ce coup de chance. Même si c’est la dernière chose qu’il accomplit. 

Autrefois homme de valeurs, Percy a récemment fait des choix discutables. Peut-être at-il besoin de suivre les pas du yéti pour redéfinir ses priorités ? Quant à Migo, un yéti qui croit désormais en l’existence des petits pieds – contrairement à ce qu’on lui a toujours dit –, il est temps pour lui de penser par lui-même. 

Mais avant cela, les deux pionniers accidentels doivent arpenter le terrain accidenté de l’Himalaya et explorer leurs propres peurs. En tentant de trouver des moyens de communiquer malgré une barrière linguistique colossale et hilarante, ils doivent comprendre l’importance de l’amitié et de la loyauté et la nécessité d’être fidèle à soi-même. 

« Yéti & Compagnie » suit Migo et Percy dans un univers riche d’imagination, d’amour, d’humour et de bonne humeur. Des personnages uniques prennent alors vie grâce à une animation de pointe chaleureuse dans les climats les plus froids et grâce à une distribution riche issue du cinéma, de la télévision, du sport et de la musique : Channing Tatum, James Corden, Zendaya, Common, LeBron James, Danny DeVito, Gina Rodriguez, Yara Shahidi, Ely Henry et Jimmy Tatro. 

Les chansons du film sont également des créations originales écrites par les frères Wayne Kirkpatrick et Karey Kirkpatrick, et interprétées par Channing Tatum, Zendaya et Common, ainsi qu’une jeune artiste montante CYN ; on compte aussi un numéro de karaoké savoureux réécrit et interprété par Corden, que tout le monde reconnaîtra. La superstar de la musique, Niall Horan, apporte également sa patte avec une chanson inédite « Finally Free ». « Mes quatre derniers films étaient des comédies musicales et je crois que lorsque vous filmez des scènes spectaculaires ou des pivots dramatiques, le faire en chantant est non seulement plus divertissant et émouvant, mais cela donne plus de sens à votre histoire et à vos personnages », explique la productrice Bonne Radford. « Les chansons de « Yéti & Compagnie » ne sont ni vraiment inspirées de Broadway ni réellement pop. Elles puisent dans différents genres et références et ont leur propre style, totalement inédit pour ce film. » 

Pour ce quatrième long métrage avec Karey Kirkpatrick, Bonne Radford, se souvient qu’au début du projet, « Karey est d’abord arrivé comme auteur pour finalement endosser la casquette de réalisateur, puis d’auteur-compositeur, car il a tous ces talents et cette expérience. Nous ne pouvions pas être plus heureux qu’il ait pris en charge ces différents rôles. Sa vision créative a permis de donner vie à ce film. » 

L’action, quant à elle, déborde d’un humour inspiré des célèbres Looney Tunes. Rochers qui défient la gravité, chutes libres de hauteurs impossibles… Karey Kirkpatrick et ses collègues rendent hommage à ces grands classiques de l’humour intemporel tout au long du film. 

« Ce que j’ai préféré dans ce film, c’est ce retour aux grands classiques », explique Channing Tatum, la voix de Migo. « Il y a beaucoup d’humour physique. Ces yétis sont tellement énormes, ils sont indestructibles, ils sont pourtant vulnérables pour de petites choses amusantes. Comme lorsque Migo se pique l’orteil, qu’une goutte de sang coule et qu’il réagit comme s’il venait de perdre un bras. Et il y a une chèvre qui crie. Elle ne fait que crier quoi qu’il arrive et ne change jamais d’expression faciale : un visage à la fois paniqué et impassible. Je vais en rire toute ma vie. » 

En abordant avec sincérité les aspects émotionnels de l’histoire, les cinéastes ont pu jouir d’une grande marge de manœuvre pour jouer avec les aspects physiques. Karey Kirkpatrick a même indiqué à ce propos : « En ayant opté pour ce ton, nous avons pu en profiter et tirer pleinement avantage de ce que l’animation peut offrir. Et vous y adhérez parce que vous passez un excellent moment. Croyez-moi, en rendant hommage aux pionniers de l’animation que sont Chuck Jones et Friz Freleng, nos créateurs de story-boards et nos animateurs avaient l’impression d’être comme des enfants dans un magasin de jouets. Jusqu’où pouvons-nous aller ? J’ai répondu : « Foncez ! Je vous pouvoir dire que vous êtes allés trop loin ». Et c’est à ce moment-là que nous avons créé les scènes les plus drôles. » 

Il y a aussi, reconnaît-il, des clins d’œil aux grandes références du cinéma qui vont ravir les fans avertis. « Étant cinéphile, des tonnes d’images se bousculent dans ma tête. Il y a une séquence avec Migo qui court d’un avion qui sort tout droit de « La mort aux trousses » et une autre qui est un hommage à un de mes films favoris : « Docteur Folamour ». C’est surtout pour les parents, mais certains enfants le comprendront aussi. Les enfants sont beaucoup plus intelligents et cultivés qu’on imagine. » 

À ce stade, les jeunes cinéphiles s’empresseront d’adopter l’un des thèmes centraux de l’histoire qui célèbre ce qu’ils sont : des êtres curieux et enclins à poser des questions. Mais « Yéti & Compagnie » va encore plus loin, comme l’illustre le personnage de Meechee. C’est une vraie chercheuse et l’une des rares yétis à espérer secrètement que les petits pieds existent bel et bien. « Il ne s’agit pas seulement de poser des questions, mais de trouver ses propres réponses et de découvrir la vérité par soi-même », explique Zendaya, la voix de Meechee. « Vous ne pouvez pas toujours vous satisfaire de ce qui vous a été donné ou transmis. Parfois, il est important de sortir de ce modèle. Je pense que ce qui est cool avec ce film, c’est qu’il encourage à se mettre à la place de l’autre et à faire preuve d’empathie et de compassion pour quelqu’un qui a une vision complètement différente. » 

Au début du film, la philosophie de Meechee est parfaitement résumée avec l’inspirante chanson « Wonderful Life », dans laquelle Zendaya chante « une vie pleine d’émerveillement est une vie merveilleuse ». 

Le problème, c’est que tous les membres de la communauté de yétis ne sont pas convaincus par cette ouverture d’esprit et cette bienveillance. En réalité, les lois qu’ils ont érigées sont littéralement gravées dans la pierre et conservées par le père de Meechee, Stonekeeper. Interprété par Common, il consacre son temps à maintenir le statu quo en réfrénant un trop-plein de curiosité. Une philosophie qu’il exprime très clairement dans une autre chanson, « Let it Lie ». 

Malgré les preuves apportées par Migo, Common explique : « qu’il est déterminé à prouver que les petits pieds n’existent pas parce que c’est écrit dans les pierres. Si le village se rendait compte qu’une pierre contient une erreur, cela remettrait en cause tout le système de croyances. Ça ébranlerait leur confiance dans un système ancien qui leur permet de rester en sécurité. » 

Par conséquent, note la scénariste Clare Sera, « ils ont bâti un quotidien tellement régi par de nombreuses règles qu’il n’est même pas possible de les remettre en question. La devise de toute la communauté : « L’ignorance est garante du bonheur ». 

L’aversion de Stonekeeper pour le changement rend les choses particulièrement difficiles pour Migo, Meechee et Percy. Il mettra d’ailleurs à l’épreuve, et comme jamais auparavant, le courage et l’engagement de Migo. Se pose alors la question de savoir s’il va finalement être un obstacle à la mission de ce jeune yéti. Parce que « Yéti & Compagnie » est par nature une aventure. 

L’icône de la NBA, James LeBron, qui incarne Gwangi, l’ami de Migo et Meechee, le résume très bien avec un souvenir de son enfance : « Dans mon quartier, lorsque vous entendiez des enfants jouer à l’extérieur, vous aviez juste envie de les rejoindre. L’air doux de l’été, la camaraderie, la simple joie d’être un enfant. J’avais toujours envie de savoir ce qu’il se passait dans l’immeuble ou la maison d’à côté. Plus tard, je me suis demandé ce qu’il se passait dans le quartier d’à côté, la ville d’à côté, l’État d’à côté… Et maintenant, je me demande : « Que se passe-t-il dans le reste du monde ? ». C’est important d’être ouvert et prêt à l’aventure pour découvrir toutes les merveilles du monde. » 

« Yéti & Compagnie » puise son inspiration dans un concept exploré par Sergio Pablos, un des producteurs exécutifs du film et lui-même animateur aguerri. Une idée qu’il partage avec ses partenaires de production Glenn Ficarra et John Requa, qui ont également coécrit le récit. « L’idée c’était qu’un yéti rencontre un humain et interagisse avec lui. Le concept était parfait pour un film », explique John Requa. « Alors Glenn a suggéré d’aller encore plus loin : et si les yétis pensaient que les humains étaient un mythe ? C’est devenu la genèse de notre histoire. » Ainsi, le public est en mesure d’assister à la rencontre des deux points de vue, offrant ce que John Requa appelle « une opportunité de voir que ce qui nous divise et qui se résume souvent à notre réticence à nous mettre à la place de l’autre et à ne pas voir les autres comme ils sont réellement. » 

« Mais le cœur de l’histoire, c’est l’amitié qui se forme entre les deux personnages », ajoute Glenn Ficarra. « Au-delà de la comédie burlesque et de l’humour, c’est leur amitié qui guide la ligne directrice émotionnelle du film. » 

« Les histoires que nous aimons le plus ont plusieurs niveaux », explique Karey Kirkpatrick. « Bien plus qu’une série d’’événements amusants, ce sont plusieurs idées qui se cachent derrière et qui donnent plus de substance à l’histoire. Dans ce film, nous parlons de vérité et de mensonges, de questions et de curiosité, et de l’importance de tout cela pour notre propre évolution. C’est assez facile de vous enfermer dans votre petite tribu et de dire : « C’est notre monde et c’est tout ce qui existe, il n’y a rien d’autre », comme les yétis qui pensent que rien d’autre n’existe en dessous de montagne où ils vivent. Donc, être impliqué dans une histoire qui a pour but de s’ouvrir à la vie et aux autres était une perspective excitante. Et quel meilleur moyen de le faire qu’avec un yéti de plus de 5 mètres et ses amis ? 

CASTING ET PERSONNAGES 

Yéti ou pas, ils arrivent ! 

Karey Kirkpatrick est catégorique : « Nos yétis sont sympas. ». « Ils ont de grands cœurs, de grands pieds et beaucoup de personnalité. Le plus important, c’est Migo, dont l’histoire est racontée ici. C’est un jeune yéti heureux, en paix avec lui-même et son petit monde, qui au départ n’a pas d’autre ambition que de prendre un jour la suite de son père comme sonneur de gong. 

Les cinéastes ont choisi Channing Tatum pour plusieurs raisons que Karey Kirkpatrick explique en ces mots : « Channing est une personne à laquelle il est facile de s’identifier. Il a insufflé à Migo beaucoup de charme et d’exubérance bon enfant. Quand il ouvre la bouche, vous l’aimez instantanément. C’est exactement ce que nous voulions pour le personnage et il était prêt à tout. Lorsque nous lui avons dit qu’il allait devoir chanter une chanson, sa première réaction a été : « Quoi ? » Mais il s’est très vite prêté au jeu et il est formidable ! 

« Je pense que chacun de nous peut s’identifier à Migo », poursuit le réalisateur. « Il est plus facile d’accepter ce que l’on vous dit et de vivre votre vie. » 

Mais tout change lorsque le yéti voit un avion au loin et choisit de le poursuivre. Pour Channing Tatum, « les yétis mènent leur vie selon une série de lois qui les régissent depuis toujours. Alors que l’un d’entre eux déclare que les petits pieds n’existent pas, Migo raconte à tout le monde l’épisode de l’avion et du petit pied rencontré. Les autres affirment que c’est impossible. » 

Pourtant, c’est possible. Ce qui confronte Migo à un dilemme qui change sa vie puisqu’il est tiraillé entre la vérité et ce qu’on attend de lui. Deux options s’offrent alors à lui : renoncer à son récit, nier l’existence du petit pied et continuer sa vie paisible ou risquer le ridicule, voire l’ostracisme. Pourtant, nier son histoire revient à mentir et Migo ne mentirait jamais. Il n’a pas d’autre choix que de tenter de retrouver l’insaisissable petit pied et de le ramener au village pour prouver aux autres qu’il existe bel et bien. 

Ce que Migo ne comprend pas encore, c’est que cela ne résoudra pas son problème. Au contraire, il apportera son lot de problèmes et de questions. « Migo était heureux de suivre les règles et ne s’en plaignait pas », explique Channing Tatum. « Son intention n’était pas de causer de problèmes. Mais il est poussé hors du nid malgré lui et il découvre alors toute la beauté de la découverte et de l’apprentissage. À partir de là, il est impossible de revenir en arrière. » 

Percy, qui est interprété par James Corden, ne sait rien de la rencontre fatidique qui se profile. Il arrive dans l’Himalaya pour filmer une séquence de son émission consacrée à la nature, autrefois populaire, mais aujourd’hui en déclin. Il fomente en réalité une découverte de yéti dans le but de stimuler les audiences. 

Construire ce personnage a été un réel plaisir pour les cinéastes dans la mesure où il leur a permis de se moquer de quelques-unes des pires qualités et faiblesses de l’humanité, par l’intermédiaire d’un homme qui fait une des découvertes les plus étonnantes de l’histoire, mais ne pense qu’à l’appât du gain. « Nous vivons dans un monde où pour exister il faut être présent sur les réseaux sociaux. C’est un piège dans lequel les gens peuvent tomber. En effet, se démarquer, gagner des likes et du public permet en quelque sorte de gagner en estime de soi, jusqu’à ce que la perception que vous vous faites de votre image publique se transforme en terrain glissant », explique Karey Kirkpatrick. « Percy est à l’origine un homme intègre qui est tombé dans le jeu de la renommée pour finalement perdre son âme. » 

Peut-être pas exactement perdue. Juste égarée. Et au réalisateur d’ajouter : « Lorsque vous rencontrez Percy, c’est un goujat qui fait des choses assez méprisables. Nous avons donc dû choisir une personne à même d’incarner ce personnage pour le rendre aimable et lui pardonner ses faiblesses. James Corden était notre homme. Il est si charmant, discret et si naturellement drôle. » 

James Corden a appréhendé le rôle avec beaucoup de psychologie : « Lorsque vous n’avez pas de cadre familial et d’amis, vous pouvez perdre de vue ce qui compte. Percy ne se connaît pas bien du tout. Il est dans un tel état de panique, qu’il est prêt à faire n’importe quoi. » 

Lorsqu’il rencontre Migo, cet homme, nouvellement baptisé petit pied, voit cette opportunité comme l’aubaine qu’il espérait tant. Il ne saisit pourtant pas tout. Comme le souligne Clare Sera, « il pense qu’il a besoin de Migo pour obtenir une renommée rapide, mais en réalité il a besoin de Migo pour changer sa vie. » 

Leur premier problème : se comprendre mutuellement. Les cris et les babillages de Percy résonnent à l’oreille de Migo comme les supplications d’une souris nerveuse ; tandis que le discours amical de Migo est perçu par Percy comme des rugissements féroces de bête sauvage. 

« Quand on y pense, les gens communiquent tout le temps avec des animaux », explique James Corden, qui va encore plus loin en appliquant la comparaison à ses propres enfants. « J’ai un bébé et quand je lui parle, elle me regarde comme si j’étais fou. On trouve quand même des moyens de communiquer et cette situation n’est pas différente. La rencontre de Percy avec le yéti n’est pas différente de celle où on a mis le pied, pour la première fois de l’histoire, en terre inconnue. Qu’il s’agisse d’humains ou d’animaux, on trouve toujours un moyen. » 

En vérité, même si Percy pense que ce yéti pourrait bien ne faire qu’une bouchée de lui, il est prêt à prendre le risque. Ayant déjà lancé l’enregistrement de la séquence sur son téléphone, il ne lui reste plus qu’à survivre assez longtemps pour envoyer la vidéo. Imaginez alors son bonheur lorsque Migo l’emmène chez lui pour rencontrer le clan ! La seule chose qui pourrait attirer encore plus l’attention qu’un seul yéti, ce sont des dizaines de yétis ! 

Brandissant triomphalement son petit pied, Migo retourne dans son village où la vue de cette anomalie électrise la population. Sous le coup de l’excitation, du choc et de la peur – mais aussi de l’émerveillement –, ils abandonnent leur activité pour se rassembler autour de l’humain et y jeter un œil. « C’est une grande nouvelle, mais est-ce une bonne nouvelle ? », se demande Karey Kirkpatrick, qui pose alors la question cruciale du film à un moment où tout s’accélère. 

C’est plutôt une bonne nouvelle pour Meechee dont le béguin pour Migo est un secret de Polichinelle et qui est la plus excitée à l’idée de voir ce spécimen. Intelligente, indépendante et profondément curieuse, Meechee a longtemps soupçonné l’existence des petits pieds et de bien d’autres choses encore. En tant que fille de Stonekeeper, elle n’a pas le doit de poser de questions. Mais cela ne l’empêche pas pour autant d’en avoir et de créer son organisation clandestine, la S.E.S. ou Smallfoot Evidentiary Society (SPEPP, la Société pour la Preuve de l’Existence des Petits Pieds). Meechee et ses trois camarades se rencontrent pour examiner et interpréter contre toute logique les rares « preuves » qui sont en leur possession – un bâton de ski cassé, une doudoune et un rouleau de papier toilette –, tout en rêvant de cette journée glorieuse. 

« J’aime Meechee parce qu’elle est tellement différente », explique Zendaya à propos de son personnage. « C’est la dernière personne que vous imaginez prendre part à quelque chose qui sort du cadre établi, car elle est censée suivre les traces de son père et défendre les valeurs de sa société. Mais elle n’a qu’une idée en tête : tout remettre en question. Elle n’accepte pas la croyance selon laquelle le village de yétis flotte sur un nuage et qu’il n’y a rien en dessous. Elle veut savoir comment tout cela fonctionne. » 

Et elle veut découvrir comment marche ce petit pied, d’où il vient, ce qu’il fait et s’il y en a d’autres comme lui. En même temps, note Zendaya, il n’y a rien d’érudit dans on approche. « Une fois que ses pensées se mettent en branle, elle ne peut plus les arrêter. Il y a tant de choses qui traversent son cerveau, alors ne la lancez pas sur le sujet sinon elle ne s’arrête plus : « bla bla bla ». C’était amusant de chercher la pointe d’humour dans ce trait de caractère et dans sa maladresse occasionnelle. » 

Pour Karey Kirkpatrick « Zendaya a insufflé beaucoup de gaieté et de joie en Meechee, tout en la rendant accessible. Elle a aussi su donner vie à ces moments où elle révèle la force de ses convictions. Nous voulions une femme de caractère pour une Meechee qui, dès le début, est un personnage truffé de principes. Elle aime son père et ne veut pas s’opposer à lui tant qu’elle n’a pas de preuve. » 

Dès le premier aveu de Migo concernant son étrange rencontre sur les falaises de glace – avant même qu’il ne rencontre Percy –, c’est Meechee, dans le cadre de la S.E.S., qui soutient sa quête. Maintenant, ils l’accueillent avec fierté et Meechee peut enfin entamer une vraie conversation à ce sujet avec son père. Bien sûr, la soif de connaissance de Meechee était connue de son père ; c’était d’ailleurs une cause de préoccupation croissante pour le vénérable Stonekeeper. Pourtant, jusqu’à ce que ce morveux de Migo n’attise le feu, il n’avait pas conscience de l’ampleur de son engagement. Maintenant, cela le place au pied du mur, il est dans une impasse. 

« Cela renvoie à la peur que chaque parent nourrit à l’égard de ses enfants », indique Karey Kirkpatrick. « Vous savez qu’ils doivent aller explorer le monde à un moment donné et ne pouvez pas les protéger indéfiniment. » 

Stonekeeper n’est nullement un méchant dans le sens habituel du terme, bien qu’il agisse de façon discutable lorsqu’il privilégie le mensonge et expulse Migo de la communauté. 

Mais peut-être fait-il de mauvaises choses pour de bonnes raisons ? C’est une situation complexe et Karey Kirkpatrick se félicite de l’interprétation de Common qui a su donner vie à cette complexité : « Sa performance apporte différentes dimensions au rôle, non seulement une âme, mais également une sorte de quiétude et de flegme qui nous empêche de le voir comme un de ces méchants moustachus. » 

« Nous voulions que Stonekeeper évolue pour que le public ne le déteste pas et ne pense pas que ce type est méchant », explique Common. « Parce que les gens sont faits comme cela : vous pourriez mal agir tout en étant une bonne personne au fond de vous. Karey et moi avons travaillé ensemble sur la voix de Stonekeeper pour trouver cet équilibre entre le côté obscur et la chaleur humaine ». 

Mais que pourrait-il y avoir de mal à reconnaître l’existence d’un petit pied ? Surtout quand l’un d’eux vous regarde droit dans les yeux ? Pour Common, « Ce n’est pas seulement le père de Meechee, c’est le père de tout le village. C’est un leader et c’est difficile d’être un leader. Le rôle de Stonekeeper implique beaucoup de sagesse et d’autorité. Il est déterminé à prouver que les petits pieds n’existent pas, car les yétis vivent dans un petit monde qui leur convient. Tout va bien. Les choses sont parfaites et il veut les maintenir ainsi. » 

En réalité, Stonekeeper est si déterminé à empêcher l’arrivée du petit pied et de ses conséquences inévitables qu’il pourrait décider faire disparaître Percy pour la sécurité de tous. 

Cette éventualité n’échappe pas à Gwangi, membre de la S.E.S. et interprété par LeBron James. Gwangi a toujours adoré les histoires de complot. Yéti robuste, aux cheveux hirsutes, aussi large que grand, Gwangi est convaincu qu’il y a des secrets partout. Il est même certain que quelque chose de louche se trame dans le village, sans savoir exactement de quoi il s’agit. C’est un personnage attachant sur lequel on peut compter et un ami fidèle. Seule ombre au tableau : il déteste qu’on le traite de fou. 

« Ce qui rend Gwangi indispensable dans le groupe, c’est son caractère flamboyant, à plus d’un titre. Il est généreux, charismatique et drôle. Il est aussi grand et sympathique et tout le monde a tendance à graviter autour de ce type de personne. » 

Le Bron James a abordé le rôle de manière très naturelle : « Faire le clown est quelque chose que je fais au quotidien parce que j’ai trois enfants et des amis avec qui j’ai rigolé toute ma vie. S’il y a bien une chose que j’ai apprise dans la vie : c’est de ne jamais se prendre au sérieux. Si tu ne sais pas rire, tu vas avoir des problèmes. Une fois que je me suis imaginé dans la peau de Gwangi, ça a été facile pour moi de me plonger dans le personnage et d’adopter un comportement amusant et ludique. » 

Les réalisateurs se sont rapprochés de Le Bron James après avoir conçu le personnage. Après l’avoir vu dans « Crazy Amy », Karey Kirkpatrick s’est dit : « ce mec est vraiment drôle. » Il a une manière de parler très directe qui fonctionne parfaitement avec son personnage. LeBron James est non seulement le plus grand basketteur au monde, mais c’est aussi un acteur formidable, c’est vraiment pas juste », ajoute-t-il un brin facétieux. 

Un autre membre de la S.E.S se prénomme Kolka. Elle est interprétée par Gina Rodriguez. Kolka, l’intello qui s’attache les cheveux en queue de cheval, est la gardienne des artefacts de l’association. Elle n’a qu’un espoir : pouvoir ajouter de nouveaux objets de petits pieds et pourquoi pas même y ajouter un spécimen de la créature mythique elle-même. 

« Gina est tellement polyvalente et intéressante », déclare Karey Kirkpatrick. « Elle a réussi à concilier les qualités étranges et fantasques de Kolka à son extrême détermination qui saura toucher le public sans aucun doute. » 

Kolka est totalement dévouée à Meechee et à la cause, et comme le laisse entendre Gina Rodriguez : « Elles finissent par devenir héroïques. Nous connaissons tous ces personnages : ce sont les enfants un peu nazes de l’école qui finissent par devenir des adultes plutôt cool dans la vie. Kolka croit profondément en ce qui n’est pas visible, comme les boules de cristal, le vent et l’intuition. Ce qui est amusant à propos de la S.E.S., c’est qu’elle nous rappelle d’être curieux, d’avoir la foi et de penser au-delà du cadre. Ce qui devient plus difficile à mesure que nous vieillissons et perdons une partie de notre joie et de notre imagination. » 

Enfin, le dernier de la bande, Fleem, la grande gueule, interprétée par Ely Henry. « Il est étrange, égoïste et bruyant », explique Ely Henry. « Fleem se soucie presque exclusivement de lui-même et il fera tout pour défendre ses propres intérêts. Pourtant, il est étrangement loyal, ce qui est étonnant. Si vous êtes son ami, il sera là, que ça vous plaise ou non. Il y a un Fleem dans chaque groupe. Si vous n’y croyez pas, c’est sûrement que vous êtes me Fleem de votre bande d’amis. » 

« Karey et moi avons beaucoup travaillé pour que Fleem ait juste ce qu’il faut d’agaçant ; nous l’avons ensuite perfectionné et sommes partis dans cette direction », raconte l’acteur. « S’il était trop agaçant, personne ne l’aimerait. S’il était trop aimable, on n’aurait pas pu faire les mêmes blagues à ses dépens. » 

De l’autre côté du spectre, et plus représentatif de la communauté dans son ensemble, on retrouve Dorgle, le père de Migo, interprété par Danny DeVito. Karey Kirkpatrick déclare à son propos : « À la minute où nous avons vu Dorgle pour la première fois et avons imaginé sa voix, je me suis dit Danny DeVito serait parfait. J’espère qu’il dira oui ! On n’acceptera aucun refus de toute façon. » 

« Dorgle ne se soucie guère des petits pieds ou de ce qu’il se passe en dehors du village », explique Danny DeVito. « Il ne s’intéresse qu’à deux choses : être un bon père et se frapper la tête contre le mur – en fait, se frapper la tête contre un gong géant puisque c’est son travail. C’est un travail important et il en est fier. » 

Tous les matins, le fidèle yéti se catapulte la tête la première dans un énorme gong en pierre pour réveiller le grand escargot lumineux qui traverse le ciel pour éclairer le village. Bien que cela ne soit pas sans conséquences physiques – stature rabougrie, tête aplatie et acouphènes perpétuels –, c’est un honneur qui a été transmis de génération en génération par la famille à tête plate de Dorgle et dont héritera Migo aussi. 

Pourtant, Dorgle en sait peut-être bien plus. « Le seul conseil qu’il donne à son fils est le suivant : « Vise juste », explique Danny DeVito. Il parle de frapper le gong, mais au fil de l’histoire, cela prend une plus grande signification ». 

Pendant ce temps, même si l’arrivée de Percy bouleverse le paysage jusque-là paisible des yétis – en défiant les pierres et en mettant la population au contact de l’inimaginable –, le petit pied ne se détourne pas de son seul objectif : envoyer sa vidéo à sa productrice, Brenda, pour qu’elle la mette en ligne. 

Le personnage de Brenda permet à Yara Shahidi et Karey Kirkpatrick de se retrouver pour la première fois depuis la réalisation de son premier film avec Eddie Murphy, « Dans ses rêves ». Yara n’avait alors que six ans. « Je l’ai observée de loin avec fierté et j’ai admiré les choses qu’elle a réalisées dans sa vie », dit-il. « Lorsque j’ai commencé à penser au personnage de Brenda, une femme qui défend l’intégrité, elle s’est imposée comme le choix parfait. En fait, je voulais juste retravailler avec elle. Elle est super talentueuse. » 

Percy et Brenda ne se sont pas adressé la parole depuis que Brenda a pris ses distances quand il lui a proposé de porter un costume de yéti et de la filmer pour faire le buzz. Elle se dit qu’un peu de temps seul - où que ce soit - pourrait faire du bien à Percy et lui rappeler l’homme qu’il était : un homme qui voulait que les gens comprennent la nature et se soucient d’elle et des animaux autant que lui. 

« Brenda est la conscience de Percy », explique Clare Sera. 

« C’est certainement la voix de la raison », admet Yara Shahidi. « Elle s’est lancée dans la zoologie parce qu’elle voulait tout apprendre de la planète et souhaitait partager la beauté du monde et de ses créatures. Donc, lorsque Percy a recours à la supercherie pour séduire son public, elle le rappelle à l’ordre : « Non, on ne peut pas faire ça. On ne va pas se déguiser pour tromper les gens. » Mais finalement, la situation s’inverse puisque les yétis existent bel et bien ! 

La perception de Brenda change au moment où elle prend conscience qu’elle ne sait pas tout. », poursuit Yara Shahidi. « Cela se passe en parallèle de l’aventure de Migo et des yétis puisqu’on leur a dit certaines vérités et affirmé que rien d’autre n’existe. Pour Brenda aussi, le moment est arrivé de découvrir quelque chose dont elle ne soupçonnait pas l’existence. » 

Autre personnage, Thorp le malchanceux, incarné par Jimmy Tatro. Jimmy Tatro et Ely Henry ont tous deux été engagés pour des tests au début du processus d’animation, alors que les personnages de l’histoire étaient encore en cours de développement. Compte tenu de la nature de leur contrat, ils ne devaient pas intégrer le casting final. Karey Kirkpatrick a pourtant décidé de les garder : « Ely et Jimmy ont de belles et uniques voix ET sont drôles et aiment travailler en équipe. « Ils ont tellement fait du bon travail que nous nous sommes tous dit qu’on ne pouvait pas les remplacer ; ils incarnaient leurs personnages à la perfection. » 

Bien qu’il soit le fils de Stonekeeper et le frère de Meechee, Thorp n’a ni le sérieux de son père, ni l’esprit agile de sa sœur. Grand suiveur, il vit pour servir les pierres et gagner l’approbation de son père. Il mettrait sa main à couper que la Terre est plate et que le petit pied est un yak sans poil si son père l’affirmait. Un peu bêta et de nature inoffensive, il a néanmoins le don de débarquer là où on l’attend le moins – comme au milieu d’une opération de la S.E.S. Meechee et ses amis essaient donc de l’éviter autant que possible. « Il y a beaucoup d’insécurité dans la personnalité de Thorp, probablement parce que son père est le mâle Alpha ultime et qu’il est difficile de vivre avec cette pression », observe Jimmy Tatro. « Je pense que Thorp sait qu’il n’atteindra jamais le niveau de son père, mais il essaie tout de même d’affirmer indirectement son autorité dans le village. Ce qui est hilarant dans la mesure où personne ne prête vraiment attention à lui. » 

Patricia Heaton quant à elle joue le rôle de Mama Bear, une grincheuse qui n’apprécie guère que Migo et Percy se faufilent dans sa grotte, juste après avoir mis son bébé au lit. Il y a aussi Justin Roiland, qui prête sa voix à l’excellent Garry, un yéti dont les réactions extrêmes à toutes les situations peuvent faire peur. 

Les cinéastes ne pouvaient pas être plus satisfaits de la richesse et du talent des acteurs réunis pour « Yéti & Compagnie », tout comme leur passion et leurs personnalités uniques. « Notre casting est si diversifié et talentueux. Chacun permet à son personnage de rayonner et tire l’ensemble du film vers le haut. Ils n’ont pas seulement exécuté ce qui était écrit, nous avons eu l’opportunité d’écrire pour eux », explique Glenn Ficarra. 

« En tant que réalisateur d’un long-métrage d’animation, vous abordez le casting presque comme si vous montiez un orchestre », déclare Karey Kirkpatrick. « Il vous faut des voix différentes, des textures différentes, des sons différents. On ne peut pas se contenter de violons. » 

Une approche que Requa vient confirmer : « Vous espérez toujours que le casting final dépasse de loin l’ébauche de départ. Une fois que vous commencez à enregistrer, le vrai personnage commence à émerger et cela inspire les artistes de story-board et les auteurs. » 

La plus grande partie des dialogues de « Yéti & Compagnie » a été enregistrée de manière traditionnelle : les sessions individuelles ont été réservées au fil des mois, alors que les personnages évoluaient et en fonction des disponibilités de chacun. Cependant, les cinéastes ont essayé de réunir les acteurs deux par deux lorsque c’était possible. Channing Tatum et Zendaya se sont retrouvés pour l’une de leurs scènes clés ; tout comme Gina Rodriguez et Ely Henry. Ce dernier s’est même rendu à Cleveland pour enregistrer avec LeBron James, lorsque LeBron était trop occupé à dominer les terrains de basket pour se rendre à Los Angeles. 

« LeBron voulait venir en studio, mais il ne faisait que gagner des matchs. C’était ennuyeux », plaisante Karey Kirkpatrick. Le réalisateur avait donc prévu de se rendre à Cleveland pour faire d’une pierre deux coups : assister à un match puis enregistrer la scène avec lui. Il a pourtant été arrêté par son propre calendrier de production. Ely Henry s’est donc déplacé pour jouer leur scène. « À son arrivée, il a reçu des billets VIP », poursuit Karey Kirkpatrick, « ce qui est un peu entré en conflit avec ses convictions personnelles, puisque les Cavaliers jouaient contre les Raptors de Toronto. Or, il est de Toronto. Comme il était l’invité VIP des Cavaliers, il espérait qu’aucun Torontois ne le repère. » 

Souvent, les acteurs pouvaient s’échauffer dans la cabine d’enregistrement avec Karey Kirkpatrick et parfois Clare Sera. Ils se sont rencontrés il y a plusieurs années dans un groupe d’improvisation. 

Pour Karey Kirkpatrick, c’est une question de confiance – plus encore dans cette industrie qu’ailleurs. « Pour les acteurs qui n’ont encore jamais fait d’animation, c’est un processus étrange », reconnaît-il. « Quand on joue, on se sent incroyablement vulnérable. On doit se mettre à nu, faire des choix audacieux et faire confiance au réalisateur pour qu’il révèle le meilleur en nous. C’est un peu plus facile en direct, lorsque vous travaillez avec un autre acteur, en costume sur un plateau. Dans le cas de l’animation, c’est un studio d’enregistrement. Il y a un pupitre avec un script, un micro et peut-être quelques story-boards. Il faut donc lui faire 10 fois plus confiance. » 

« J’ai fait de l’animation pendant quelques années. C’est exceptionnel de travailler avec Karey. », raconte Gina Rodriguez. « Il est dans la cabine avec vous. Il joue les autres personnages, vous donne de la profondeur, vous lance des idées, puis vous laisse vous exprimer. Ce qui est beau dans l’animation », ajoute-t-elle, « En plus de libérer votre imagination, c’est un espace où la couleur de peau et le sexe n’ont aucune importance. Vous venez simplement en tant que conteur, ce qui est très appréciable. » 

Et Common d’ajouter : « Karey fait ressortir l’enfant qui sommeille en vous. Il est créatif et collaboratif, et apprécie réellement la musique et le cinéma. Il utilise toutes ces connaissances pour révéler votre meilleure performance. » 

ANIMATION 

De sacrés effets ! 

Deux des éléments les plus difficiles à animer sont la fourrure et les cheveux, ainsi que l’eau sous toutes ses formes, aussi bien la glace que la neige. Et « Yéti & Compagnie » n’en manque pas ! Karey Kirkpatrick doit bien l’admettre : « C’est impossible de raconter une histoire de yétis dans l’Himalaya sans poils, neige et glace. Migo à lui seul est recouvert de plus de 3 millions de poils et vit dans un monde de roches, de neige et de glace. » 

Dans la version finale, Migo est recouvert de 3,2 millions de poils, alors que ses camarades Meechee et Fleem tournent plutôt autour de 2,5 millions. Kolka en a 5 millions, Stonekeeper 1,3 million et le gigantesque Gwangi 9 millions. 

Dans un domaine qui ne cesse de se perfectionner et d’innover pour répondre aux exigences créatives du moment, « Yéti & Compagnie » a poussé les animateurs à aller au-delà des limites actuelles. « Il y a eu beaucoup de R&D », indique Karey Kirkpatrick. « Rien que pour imiter les poils et leur mouvement, il nous aurait fallu 200 heures de travail par image, il fallait donc trouver un moyen de réduire cette durée. Nous avions aussi trois densités de neige, parce qu’à chaque fois qu’un yéti marche dans la neige, il laisse des traces de pas. Beaucoup de choses s’ajoutent, mais c’est le propre des effets spéciaux. » 

Tout au long de la production, Karey Kirkpatrick a travaillé en étroite collaboration avec les membres clés de l’équipe créative : Karl Edward Herbst, superviseur des effets visuels de Sony Pictures Imageworks et Skye Lyons, producteur principal de du film. Il co-réalise ce film avec Jason Reisig, avec lequel il a précédemment travaillé sur « Nos voisins, les hommes » et qu’il décrit comme « l’un des meilleurs animateurs du monde ». Il s’est occupé des aspects techniques et artistiques, laissant à Karey le soin de se concentrer sur l’histoire et les performances d’acteurs. 

Les yétis de « Yéti & Compagnie » devaient transmettre de la chaleur et de l’humour en dépit de proportions impressionnantes. « Nous nous sommes éloignés des figures de singes ou d’ours, puisque c’est ce que les gens imaginent traditionnellement pour un yéti ou Big Foot », explique Bonne Radford. Nous les avons équipés de longues jambes, ce qui leur a permis de sauter. Nous nous sommes également libérés des lois de la physique pour exagérer l’effet comique. Dans l’ensemble, l’apparence des personnages est attachante. Ils ont l’air doux et chaleureux. On a envie de les prendre dans nos bras. » 

Le corps du yéti est composé d’ovales, du torse à l’œil, et les cinéastes ont opté pour des visages en forme de poire qu’ils trouvaient plus attrayants. Karl Edward et Skye Lyons ont mis au point un nouveau logiciel pour les yeux, dont Skye Lyons parle avec enthousiasme : « Cela nous a permis d’écraser, étaler et étirer la tête et les yeux à l’envi, tout en gardant la forme de l’iris et des pupilles. » 

Dans le même ordre d’idée, ils ont créé un système d’ombres appliqué aux poils d’animaux, plutôt qu’aux cheveux humains, qui leur a permis de passer de touffes de cheveux à des cheveux individuels. Une technique qui a augmenté la qualité du rendu, faisant deviner les textures et l’impression de douceur. C’était particulièrement utile pour empêcher un effet saccadé dans le tombé du cheveu pendant les scènes d’action et pour s’adapter à la vitesse du vent sur les poils du yéti lorsqu’il descend d’une montagne ou se jette d’une falaise. 

Pour accentuer les détails, Jason Reisig explique : « Après avoir réalisé les animations, nous avons fait des simulations pour chaque personnage afin de capturer la dynamique naturelle des cheveux, fourrures ou tissus. Meechee, par exemple, était la plus complexe. Elle a de longs cheveux, qui créent une sorte de robe et une autre couche qui ressemble à un châle et une tresse. Tous ces éléments se chevauchent et interagissent les uns avec les autres, de sorte que chaque fois que le personnage change, ces éléments doivent changer avec. » 

Aussi, faire ressortir la chevelure blanche des yétis sur leur environnement fait de neige et de glace était un autre défi, que nous avons relevé grâce à la lumière. Skye Lyons explique à ce propos : « Nous avons soit rehaussé la couleur de la neige, en la rendant plus dorée par exemple, soit joué avec la couleur du personnage à l’aide de lumières de contour pour créer une rupture visuelle entre lui et la neige. De manière générale, nous avons pris soin de foncer la neige d’un ton par rapport aux yétis, pour que ces derniers soient toujours les éléments les plus clairs de la scène. » L’éclairage est aussi un élément qui a été largement utilisé pour donner au film un aspect plus naturel et moins numérique. 

Les yétis vivent dans un environnement naturel magnifique où le ciel bleu rencontre les cimes des montagnes nimbées de nuages généreux. Tout est propre, frais et visuellement attrayant – un véritable paradis de glace et un terrain de jeux sur mesure pour l’intrigue de « Yéti & Compagnie ». Pour l’équipe d’animation, toute cette neige a représenté un véritable défi : qu’elle tombe, qu’elle recouvre le sol ou qu’elle soit soulevée par des pieds. Il a donc fallu que l’équipe de Skye Lyons, fasse preuve de beaucoup de créativité. Elle a donc créé Katyusha. 

Katyusha fait référence à un lance-roquettes de la Seconde Guerre mondiale utilisé sur le front. Le logiciel a permis d’augmenter de manière très efficace la résolution de la neige granuleuse. « L’idée est de diviser pour mieux régner », explique Skye Lyons. « Tirez un maximum de petites fusées – dans ce cas, de la neige – à la fois au lieu d’une seule grosse fusée ». Un autre système pour densifier la neige a également été testé pour la première fois pour « Yéti & Compagnie » : les animateurs ont ainsi pu lâcher automatiquement et sans heurt de larges bandes de neige sur n’importe quel environnement. Ils se sont fondés sur des variables programmées telles que la direction du vent, la quantité de neige qui tombe et la relative « adhérence » des objets à recouvrir. 

Enfin, d’autres effets ont apporté leurs lots de difficultés, notamment la vapeur et les nuages, le feu et les feux d’artifice, ainsi que la robe de pierre de Stonekeeper, particulièrement complexe dans la mesure où elle est composée de deux couches indépendantes, mais interconnectées sur le personnage. 

LE DIRE EN CHANSON 

« Une seule chose est plus forte que la peur, c’est la curiosité » 

La chanson principale de la bande originale du film « Yéti & Compagnie », « Finally Free », est interprétée par le chanteur irlandais Niall Horan. Jouée au moment de la séquence finale, « elle aborde les thèmes du début de l’histoire et représente une bonne façon de mettre un point final au film », explique Karey Kirkpatrick. 

Le réalisateur et son frère, Wayne Kirkpatrick, ont récemment collaboré sur la comédie musicale à succès « Something Rotten ! » à Broadway. Un travail qui leur a valu d’être nommés dans la catégorie Meilleure bande originale pour les Tony, Drama Desk et Outer Critics Circle en 2015, et pour les Grammy dans la catégorie Meilleur Album de comédie musicale. Ensemble, ils ont apporté leur talent de compositeurs à « Yéti & Compagnie » avec cinq morceaux originaux. 

Le morceau d’ouverture plein d’entrain « Perfection », interprété par Channing Tatum, présente Migo et sa vie au public. Un moment espiègle puisqu’on s’aperçoit très vite que ce qu’il chante ne correspond pas exactement aux faits. « Au lieu d’une scène classique qui explique l’histoire, », note John Requa, « il y a ce type qui traverse son village, qui chante que vous devriez refouler toutes vos questions au plus profond de vous et que c’est parfait comme ça. Et là vous vous dites que c’est n’importe quoi ! Et là, le public le comprend immédiatement et c’est ce qui rend la scène comique. » 

Pour Karey Kirkpatrick, « la règle générale est de se demander, pourquoi chantent-ils ? Parce que la scène vous amène à un point où la meilleure chose à faire c’est chanter. Le chant accroît l’émotion, magnifie la comédie, vous permet de pénétrer dans un lieu surréaliste et surnaturel et vous emmène vers de nouveaux sommets. » 

La chanson « Wonderful Life», interprétée par Zendaya, puis « Wonderful Questions », interprétée par le duo Zendaya-Channing Tatum, offrent une autre perspective en soulignant avec force et exaltation l’importance de la curiosité et des idées nouvelles pour donner du sens à la vie. 

Les choses prennent alors une autre tournure avec le morceau à double sens « Let it Lie », rappé par Common et dans lequel Stonekeeper prend Migo à part pour lui révéler des vérités inquiétantes sur l’histoire de leur communauté. 

Le film inclut aussi une version karaoké du succès des années 1980 de Queen et David Bowie, « Under Pressure », interprété ici par James Corden. Les paroles ont été intelligemment adaptées pour que Percy puisse persuader son producteur de voir les choses à sa manière. Pour finir, la chanson « Moment of Truth » de Karey Kirkpatricks, interprétée par la chanteuse pop CYN, résume le tout en un morceau final à la fois entraînant et enjoué. 

« La musique est extrêmement importante dans cette histoire dans la mesure où elle révèle de manière puissante l’intrigue comme les personnages. Beaucoup de mises en situation doivent avoir lieu », explique Glenn Ficarra. 

Tout au long du film, les frères Kirkpatricks ont travaillé en étroite collaboration avec le compositeur de « Yéti & Compagnie », Heitor Pereira, un homme aux multiples talents dont la carrière a commencé comme guitariste du groupe Simply Red. Le processus était synergique, Heitor Pereira influençait les chansons tandis que les frères Kirkpatrick se sont concentrés sur la musique. « Le style de Meechee est porté par Wonderful Life, celui de Migo par Perfection et enfin celui de Stonekeeper par Let it Lie », explique Karey Kirkpatrick. « Wayne se rendait au studio de Heitor pendant que nous travaillions sur nos chansons, et ils passaient en revue la démo ensemble. En abordant les morceaux avec un regard de compositeur, l’orchestration en tête, il nous a poussés à aller toujours plus loin. Il nous pousse à aller toujours plus loin. » 

« Pour des films comme celui-ci, des films d’animation familiaux, la musique révèle l’âme des personnages », indique Heitor Pereira. « C’est très agréable de travailler avec des musiciens qui comprennent le pouvoir de la mélodie et apprécient que vous apportiez votre patte pour créer cette mosaïque de contre-chants. Il y a un style narratif pour chaque personnage, ce sont des histoires dans l’histoire. Et la mélodie avec laquelle on commence sera amenée à évoluer. Il devra y en avoir une joyeuse et comique, une triste et une autre pleine d’espoir. » 

C’est avant tout amusant. « J’espère que le public appréciera cette immersion dans un monde amusant, animé et original », conclut Karey Kirkpatrick. « C’est une histoire si charmante. Nous avons eu la chance de travailler avec un casting et une équipe incroyable qui a repoussé les limites de l’animation numérique pour monter ce film. Je pense que les gens vont tomber amoureux de ces personnages attachants autant que nous. »


LE SAVIEZ-VOUS ? 

Les yétis du film mesurent entre 4,5 m et 6 m. 

Selon le réalisateur de YÉTI & COMPAGNIE Karey Kirkpatrick, les gags burlesques du film s'inspirent des dessins animés "Looney Tunes" de la Warner mettant en scène les personnages de Bugs Bunny, Daffy Duck, Bip Bip et Coyote. 

La production a mobilisé plus d'une centaine d'animateurs personnages. 

Si le champion de basket-ball LeBron a accepté de prêter sa voix à Gwangi, c'est parce qu'il est lui-même grand fan de films d'animation. 

Pendant ses séances d'enregistrement à Los Angeles et Cleveland, LeBron James a donné la réplique à Ely Henry, qui double Fleem. 

Ely Henry et Jimmy Tatro, qui prête sa voix à Thorp, ont d'abord été engagés pour faire un essai voix, mais la production a été tellement frappée par leur prestation qu'elle leur a confié un rôle dans le film. 

Yara Shahidi, qui prête sa voix à Brenda, a fait ses débuts au cinéma à l'âge de 6 ans avec DANS SES RÊVES de Karey Kirkpatrick, aux côtés d'Eddie Murphy. 

Justin Roiland, qui prête sa voix à la série d'animation RICK ET MORTY, campe un petit rôle dans le film sous les traits de Gary, un yéti nerveux. 

Patricia Heaton, à l'affiche des séries TOUT LE MONDE AIME RAYMOND et THE MIDDLE, campe lui aussi un petit rôle, celui d'un ours poussant des hurlements. 

YÉTI & COMPAGNIE, qui comprend six chansons, n'a pas été conçu au départ comme une comédie musicale. 

C'est après avoir vu à Broadway "Something Rotten", comédie musicale signée Wayne Kirkpatrick et Karey Kirkpatrick, que les décideurs de la Warner ont eu l'idée d'intégrer des chansons au film. 

Six mois après avoir été engagé comme réalisateur et coscénariste de YÉTI & COMPAGNIE, Karey Kirkpatrick s'est attelé à l'écriture des chansons du film en collaboration avec son frère Wayne. 

Le compositeur brésilien Heitor Pereira a été engagé très en amont pour qu'il puisse intégrer les mélodies des chansons à ses propres thèmes musicaux. 

C'est le grand compositeur de musique de film Hans Zimmer qui a présenté Pereira à Karey Kirkpatrick et Wayne Kirkpatrick. 

Arrangeur et producteur lauréat d'un Grammy, Pereira a été guitariste pour le groupe anglais de pop-soul Simply Red. 

La chanson "Percy's Pressure" interprétée par James Corden s'inspire d'"Under Pressure", immortalisé par Queen et David Bowie. Wayne Kirkpatrick et Karey Kirkpatrick en ont réécrit les paroles. 

Karey a écrit une lettre aux membres de Queen encore en vie et à la fondation David Bowie pour leur demander l'autorisation de réécrire les paroles d'"Under Pressure". 

C'est la productrice Bonne Radford qui a suggéré que "Let it Lie" soit interprété comme une chanson de rap par Common, lauréat d'un Oscar et d'un Grammy, qui prête sa voix au Gardien des Pierres. Wayne et Karey, qui ne connaissaient rien au rap, ont sollicité les conseils de Common. La chanson a tellement plu à celui-ci qu'il n'a fait aucune modification et a interprété "Let it Lie" telle qu'elle avait été écrite. 

La chanson "Moment of Truth", qui souligne l'un des temps forts émotionnels du film, est interprétée par Cyn, jeune chanteuse découverte par Katie Perry. 

L'auteur et chanteur Niall Horan, du groupe One Direction, interprète la chanson originale "Finally Free", qui est devenue le premier single de la BO. 

La production a réalisé des millions de poils pour les protagonistes : 

Migo : 3,2 millions de touffes de poils 
Meechee : 2,5 millions 
Gardien des Pierres : 1,3 million de poils quand il porte son costume, et 2,4 millions quand il ne le porte PAS 
Gwangi : 9 millions 
Fleem : 2,5 millions 
Kolka : 5 millions 
Thorp : 2 millions 

Pour les personnages secondaires ("génériques"), la production a utilisé un système lui permettant de mélanger et d'harmoniser des éléments pour les humains et les yétis, créant ainsi des centaines de variations pour les personnages. 

Pour les yétis génériques, la production a mis au point un système exploitant des poils standards pour ensuite créer des variations, comme des frisottis et des poils ondoyants. La montage des yétis comporte 75 530 éléments géométriques : il s'agit du "squelette" infographique à partir duquel la montagne en tant que telle a été conçue. 

La ville des petits-pieds comprend 341 389 éléments géométriques, 30 000 sources lumineuses, et 11,3 millions de flocons de neige générée par ordinateur. 

La production a mis au point un nouveau système de création de neige baptisé "Katyusha", d'après un célèbre lance-roquettes soviétique datant de la Seconde Guerre mondiale. Ce dispositif offrait à la production un rendu d'une très haute résolution pour la neige, sans pour autant surcharger la mémoire des ordinateurs ou forcer leur vitesse d'exécution. 

La production a également mis au point un système de remplissage de neige inédit permettant de larguer d'importantes quantités de neige dans n'importe quel décor. 

Source et copyright des textes des notes de production @ Warner Bros. France

  
#YétiEtCompagnie

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