samedi 4 août 2018

UNDER THE SILVER LAKE


Thriller/Comédie/Une réalisation très maîtrisée, mais trop de longueurs et une histoire qui manque d'intérêt

Réalisé par David Robert Mitchell 
Avec Andrew Garfield, Riley Keough, Topher Grace, Callie Hernandez, Don McManus, Jeremy Bobb, Riki Lindhome, Zosia Mamet, Patrick Fischler, Jimmi Simpson...

Long-métrage Américain 
Durée : 02h19mn
Année de production : 2018
Distributeur : Le Pacte 

Date de sortie sur les écrans américains : 7 décembre 2018
Date de sortie sur nos écrans : 8 août 2018


Résumé : À Los Angeles, Sam, 33 ans, sans emploi, rêve de célébrité. Lorsque Sarah, une jeune et énigmatique voisine, se volatilise brusquement, Sam se lance à sa recherche et entreprend alors une enquête obsessionnelle surréaliste à travers la ville. Elle le fera plonger jusque dans les profondeurs les plus ténébreuses de la Cité des Anges, où il devra élucider disparitions et meurtres mystérieux sur fond de scandales et de conspirations.

Bande annonce (VOSTFR)


Ce que j'en ai pensé : j'ai été conviée à découvrir UNDER THE SILVER LAKE lors d'une avant-première organisée par Sens Critique. Après son super IT FOLLOWS, j'attendais avec impatience que le réalisateur, David Robert Mitchell, m'entraîne à nouveau dans son univers. Malheureusement, en ce qui me concerne, ça n'a pas fonctionné. Il ne s'agit pas cette fois d'un film d'horreur et un changement de genre est intéressant lorsqu'on suit un réalisateur. Il a eu la gentillesse de venir répondre aux questions des spectateurs à la fin de l'avant-première et, selon ses dires, il s'agit d'un L.A. noir. C'est un genre pessimiste par essence qui se centre sur un personnage qui endosse un rôle de détective par la force des choses, car il se retrouve face à des événements qu'il n'a pas provoqués. Effectivement, UNDER THE SILVER LAKE correspond à cette définition. David Robert Mitchell maîtrise sa réalisation. Il donne à son film une vibration propre à la folie et aux extravagances de Los Angeles. Il choisit ses décors et sait vraiment créer des atmosphères spécifiques. Il travaille sa mise en scène de façon impressionnante autant dans les détails, les lumières, les clins d’œil... 


Les acteurs sont supers, notamment Andrew Garfield, qui interprète Sam, un jeune homme dont on ne sait rien, qui paraît déconnecté de la société, paranoïaque, d'un calme instable. Toujours sur le fil, l'acteur sait jouer toutes les nuances de son personnage. 





Mais malgré tous ces bons éléments, la narration déçoit. C'est le gros problème de ce film à mes yeux. Le réalisateur cherche à mettre un mystère dans un mystère entouré d'un mystère qui a un déroulement mystérieux sur fond de complotisme. À force de trop en faire, il finit par nous faire lâcher le fil du récit et par nous faire attendre fermement un quelconque type de résolution. S'en suivent des longueurs pour y parvenir, du moins sur un des points d'interrogation principaux et là on se dit 'tout ça pour ça' et on reste en plan pour ce qui est des autres aspects ouverts. C'est d'autant plus dommage et frustrant, qu'il y a des éléments qui nous interpellent autour de la culture pop et que les hommages aux films du passé ne nous laisse pas indifférents. Cependant, on sent que le réalisateur s'est fait plaisir, mais qu'il nous a oublié quelque part sur sa route. Il nous a dit, après la projection, qu'il ne pouvait nous donner toutes les clefs de son film, qu'il fallait le voir plusieurs fois pour en saisir tous les aspects et qu'on pouvait même débattre de certaines solutions. Encore faut-il avoir envie de visionner à nouveau son long-métrage. Je dois avouer que dans mon cas, ma motivation à fondue comme neige au soleil au fur et à mesure que grandissait mon impatience de voir le mot fin sur l'écran.

Il est certain qu'UNDER THE SILVER LAKE à sa cible et, même si je n'en fais pas partie, il a des qualités indéniables. Mais son défaut majeur gâche un peu le tout. Il s'adresse probablement plus à des cinéphiles pointus ou à des personnes qui aiment cogiter sur chaque plan d'un film (et de son affiche) pour y découvrir tous les indices, les recouper et obtenir des réponses. Je préfère passer pour cette fois.

Copyright photos @ Le Pacte

NOTES DE PRODUCTION
(Á ne lire qu'après avoir vu le film pour éviter les spoilers !)

UNDER THE SILVER LAKE traite du sens caché que recèlent les choses qui nous sont chères – les films, la musique et les magazines qui façonnent notre culture. La «pop culture » est désormais la seule culture : un lac dans lequel nous baignons tous. Mais certaines choses se passent à notre insu, sous la surface de l’eau.

Le film raconte l’histoire d’un jeune homme insatisfait qui retient son souffle pour aller nager dans ces eaux sombres.

Sam, 33 ans, vivant à Los Angeles, aspire à une vie plus significative – de celles sur lesquelles on écrit ou dont on parle à la télévision. Sam est à l’image de chacun de nous. Il croit avoir en lui une grandeur et en veut au monde de ne pas remarquer ce qu’il a de spécial.

Sam est suffisamment intelligent pour travailler et bien gagner sa vie, mais il n’en a pas l’envie. Il est sans emploi. Sa voiture a été saisie et il est sur le point de se faire expulser de son appartement.

Comme beaucoup de jeunes gens, il se pense spécial et important – même si le monde est incapable de s’en apercevoir. Plutôt qu’un vulgaire emploi routinier, il choisit de tout laisser tomber – il préfère encore regarder la vie se consumer que de périr d’une mort lente et banale. Il appartient à une nouvelle génération qui a compris que les opportunités qui lui étaient promises n’existaient pas forcément. Tout le monde ne peut pas devenir président. Tout le monde n’est pas important.

L’action du film se déroule vers la fin du déclin de Sam. Il découvre un mystère – qui l’intrigue davantage que la monotonie de son quotidien. Il perçoit l’aventure, le danger et l’appel du «sens». Il se lance à la recherche d’une femme disparue, du nom de Sarah – pas par amour (il ne l’aime pas), mais parce que la quête le stimule. Il veut croire en un monde rempli de mystères, de codes et de sens cachés – bien qu’il ait peur de ce qu’il risque de trouver.

UNDER THE SILVER LAKE est ma vision personnelle de l’histoire de Los Angeles – une histoire qui, selon moi, se prête à être contée au prisme du genre policier : piscines ensoleillées, ombres obscures, passages secrets, jeunes filles de bonnes familles, meurtres mystérieux…l’imagerie iconique d’une ville bâtie sur des rêves et des images animées. 

David Robert Mitchell  


  
#UnderTheSilverLake

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