vendredi 31 janvier 2020

THE GENTLEMEN


Policier/Action/Comédie/Un scénario soigné, une réalisation maîtrisée et un casting extra

Réalisé par Guy Ritchie
Avec Matthew McConaughey, Charlie Hunnam, Michelle Dockery, Jeremy Strong, Colin Farrell, Henry Golding, Hugh Grant, Lyne Renée...

Long-métrage Américain
Durée : 01h53mn
Année de production : 2020
Distributeur : SND

Avertissement : des scènes, des propos ou des images peuvent heurter la sensibilité des spectateurs

Date de sortie sur les écrans américains : 24 janvier 2020
Date de sortie sur nos écrans : 5 février 2020


Résumé : quand Mickey Pearson, baron de la drogue à Londres, laisse entendre qu’il pourrait se retirer du marché, il déclenche une guerre explosive : la capitale anglaise devient le théâtre de tous les chantages, complots, trahisons, corruptions et enlèvements… Dans cette jungle où l’on ne distingue plus ses alliés de ses ennemis, il n’y a de la place que pour un seul roi !

Bande-annonce (VOSTFR)


Extrait - Get Out (VOSTFR)


Extrait - Lion and Dragon (VOSTFR)


Ce que j'en ai pensé : le réalisateur Guy Ritchie nous propose une histoire sur une bande d'enfoirés, contrairement à la direction vers laquelle le titre du film THE GENTLEMEN semble pointer. 

Il a écrit le scénario avec Marn Davies et Ivan Atkinson. L'intrigue est bien menée et le travail approfondi sur les personnages est très appréciable. Guy Ritchie est super à l'aise pour offrir une construction originale à ce récit. Il s'amuse à mettre en scène une histoire dans l'histoire en faisant au passage un clin d'œil au cinéma en général. Dès le début, il pique notre curiosité au vif et nous entraîne dans une série de rebondissements qu'il ordonne de façon à toujours créé la surprise, tout en nous révélant que ce qu'il veut au moment où il veut. À l'image de son protagoniste central, c'est lui le boss et c'est à nous de suivre ce qu'il nous raconte. Il fait cela très bien. 

Les dialogues recèlent une belle dynamique et beaucoup d'humour. Il faut être attentif aux échanges entre les personnages. Ils sont souvent drôles par les métaphores qu'ils inclus et par leur volonté affichée de mettre en place un concours de testostérone. Il y a bien quelques affrontements physiques, mais c'est bien dans les duels verbaux que les enjeux se jouent. 

Le réalisateur manie tour à tour être la légèreté ou la montée en tension. Il sait très habilement nous mener par le bout du nez. Sa mise en scène est soignée, elle sert toujours le récit et quand il fait des divergences de style, c'est pour mieux mettre en avant les différences de personnalité de ses protagonistes. Il faut dire que ces derniers sont interprétés par d'excellents acteurs qu'on a un vrai plaisir à voir jouer.

Matthew McConaughey interprète Michael Pearson, un criminel expérimenté, qui n'est pas prêt à se laisser manger par ses concurrents. 


Le bras droit de Michael, Ray, est interprété par Charlie Hunnam, qui lui apporte une vraie individualité et on sent que, derrière la façade calme, se cache une efficacité qui lui fait mériter sa place.


Michelle Dockery interprète Rosalind, la femme de Michael et une vraie partenaire pour lui.



Jeremy Strong interprète Matthew, un gros bonnet qui voudrait faire affaire avec Michael. L'acteur est très convaincant dans ce rôle.



Colin Farrell interprète Coach. Il réussit à être à la fois amusant, humble et crédible dans ce rôle qu'il rend attachant.



Henry Golding interprète Dry Eye. Il représente une jeunesse ambitieuse.

Hugh Grant interprète Fletcher. Il est extra dans ce rôle de fouine drôle et décalé. L'acteur apporte vraiment la dimension qu'il fallait à ce protagoniste.


Quant à Eddie Marsan qui interprète Big Dave, il n'a pas son pareil pour jouer les pourritures pathétiques. Il est encore une fois parfait.


THE GENTLEMEN est à la fois intrigant et divertissant. Son scénario solide, la réalisation maîtrisée de Guy Ritchie et un casting aux petits oignons, en font un moment de cinéma bien agréable pour les spectateurs.







Copyright affiches et photos @ SND

NOTES DE PRODUCTION
(À ne lire qu'après avoir vu le film pour éviter les spoilers !)

Avec THE GENTLEMEN, Guy Ritchie signe une comédie d'action particulièrement sophistiquée, interprétée par une pléiade de stars.

D'après Matthew McConaughey, un film de Guy Ritchie est un mélange de "dialogues bien sentis, de dynamisme, d'humour, de dextérité, d'énergie positive, et de défis constamment relevés. Chacun des personnages de ses films possède sa propre identité qu'on n'est pas près d'oublier. On a envie de les accompagner dans leurs aventures tout le temps du film et ils sont toujours captivants".

"Personne ne brosse l'atmosphère propre aux gangsters – cocktail de charme et de psychologie – mieux que Guy", ajoute le producteur Ivan Atkinson, également coauteur du scénario aux côtés de Ritchie et Marn Davies. "Ses personnages sont inoubliables et c'est formidable de vivre ce mélange d'action, d'humour et de délire !"

"Guy avait envie de revenir à ses origines pour ce projet et il a su réunir un casting extraordinaire", s'enthousiasme le producteur Bill Block. "J'ai envisagé ce film comme un hommage à ses débuts, même si les thèmes sont très actuels et que les personnages ont forcément évolué en vingt ans".

Ritchie a eu l'idée du film il y a près de dix ans. Si Atkinson et lui ont, à un moment donné, envisagé d'en faire une série, le réalisateur a fini par revenir à son projet initial : tourner un long métrage ambitieux. Il revient sur la genèse du film – intitulé au départ TOFF GUYS ("Les Rupins", NdT) qui, en argot britannique, désigne une personne issue d'un milieu aristocratique affichant un air de supériorité – et évoque les thèmes qui l'intéressaient : "J'avais envie d'orchestrer le télescopage entre le mode de vie de mes personnages et leur business. Ils sont parvenus à un âge où ils sont spontanément attirés par les belles choses et où ils se sont embourgeoisés, malgré leur activité qui les oblige à avoir les mains dans le cambouis. Au fond, ce sont des durs à cuire qui, à leur façon, ont su gravir les échelons de leur 'hiérarchie'. Désormais, ils sont pris en tenaille entre deux mondes, dont l'un est riche d'ambitions. Et le mode de vie qu'ils apprécient est à présent en total décalage avec le milieu qu'ils fréquentent".

Le titre THE GENTLEMEN fait allusion à leurs aspirations, mais comme le reconnaît Ritchie luimême : "Il n'y a pas beaucoup de gentlemen parmi eux".

LES COMÉDIENS

Réunir un casting de haut vol faisait partie intégrante du projet. Même après avoir bouclé le film, Ritchie n'en revient toujours pas : "Quand on termine un tournage, on a tendance à passer au suivant, mais lorsque j'ai découvert la bande-annonce de THE GENTLEMEN, je me suis souvenu qu'on avait un casting impressionnant et que c'était un heureux hasard si tous ces acteurs-là avaient pu être réunis", dit-il.

Pour que le projet soit le plus abouti possible, Ritchie a souhaité confier à la plupart de ses acteurs des rôles à contre-emploi. "À aucun moment, on ne se dit en voyant ces stars à l'écran qu'on les retrouve dans leur registre habituel", signale Block. "Ce qui ajoute à l'originalité de l'ensemble et aux rebondissements inattendus de l'intrigue. Les personnages de Guy sont marqués par leur univers et dans le monde du crime, il faut être vif, réactif et résistant – sans que cela se remarque".

Protagoniste du film, Mickey a pris goût à son mode de vie bourgeois si bien qu'il souhaite renoncer à son statut de baron de la drogue. Si le rôle était au départ conçu pour un acteur anglais, les auteurs se sont dit que le personnage serait plus riche et plus imprévisible s'il était américain. "Du coup, il s'agit d'un film se déroulant dans le milieu des gangsters anglais autour d'un Américain vivant à Londres qui tente de revendre son empire à un autre Américain, Matthew (Jeremy Strong)", précise Atkinson.

Dès qu'il a lu le scénario, Matthew McConaughey s'est engagé dans le projet et forgé une certaine idée de son personnage : "Mickey est un Américain qui vend l'Angleterre aux Anglais", remarque avec humour l'acteur oscarisé. "On le sait bien : parfois, on a besoin d'avoir le point de vue romantique d'une personne extérieure pour redécouvrir notre environnement familier – et c'est exactement la démarche de Mickey. Il s'est installé à Londres il y a vingt ans, il a fait ses études à Oxford et fraye désormais dans les milieux huppés – parmi la haute. Il a commencé à mettre en place des fermes à cannabis en partant du principe qu'il existe des milliers de propriétés au Royaume-Uni et qu'il pourrait les louer pour un million de Livres par an – et qu'il pourrait les utiliser comme couvertures pour ses fermes à cannabis. Les associés aristos de Mickey n'avaient rien à faire : il avait juste besoin de leurs terres et, de leur côté, ils n'avaient même pas à se préoccuper de ce qui se passait. L'activité de Mickey a prospéré et a fini par devenir un véritable empire".

"C'est vrai : parfois, les Anglais eux-mêmes ne distinguent plus les subtilités de la culture anglaise", remarque Atkinson. "Du coup, quand un Américain débarque dans cet univers avec un œil neuf, c'est un avantage non négligeable".

Mais la réussite de Mickey le pousse à envisager un mode de vie plus avantageux encore : la retraite ! "Il est prêt à revendre son empire pour 400 millions de dollars", poursuit McConaughey. "Il veut en finir avec cette vie-là pour plusieurs raisons, mais surtout parce qu'il en a gagné le droit. Mickey a envie de fonder une famille avec sa femme et de faire de longues balades dans la campagne. Son prix de vente est raisonnable mais ça ne va pas être simple pour lui de raccrocher".

L'industrie du cannabis fascine Ritchie. "C'est sans doute le nouvel eldorado", signale-t-il. "C'est un produit reconnu pour être relativement inoffensif".

D'après Atkinson, l'idée que deux Américains – Mickey et Matthew – dirigent un empire du cannabis au Royaume-Uni est née de l'ambiguïté de la législation américaine à l'égard de cette substance. "On peut en consommer légalement dans certains États, mais la loi fédérale le proscrit", explique-t-il. "En s'installant au Royaume-Uni, nos protagonistes n'ont plus à se soucier de cet imbroglio juridique ou à craindre de se faire avoir par le puissant lobby pharmaceutique. Ils savent exactement à quoi s'en tenir et n'ont pas besoin de se cacher".

Alors qu'il met au point sa stratégie de départ à la "retraite", Mickey s'appuie sur son fidèle conseiller, Ray (Charlie Hunnam), qui connaît parfaitement la loi de la rue. "Ray est un peu comme Alfred, le majordome de Batman – à ceci près qu'il est nerveux, bourré de TOC, et qu'il souffre parfois de troubles psychotiques", déclare le comédien qui a déjà tourné pour Ritchie dans LE ROI ARTHUR : LA LÉGENDE D’EXCALIBUR. "Ray n'est pas un banal gangster : il est obsédé par les détails et très investi dans la réussite de Mickey. Il a beaucoup de mal à accepter l'idée que son patron veuille renoncer à cet empire qu'il a contribué à bâtir pendant si longtemps. Mais il respecte la hiérarchie – et c'est son patron qui décide".

Hunnam revient sur les qualités peu communes de Ray : "Avec Guy, on voulait que Ray ait quelques manies, ou qu'il souffre de certains troubles – des TOC, par exemple – qu'il n'a jamais réglés. Il est obnubilé par l'organisation et l'ordre".

Son goût pour l'ordre lui est fort utile dans ses rapports avec Fletcher, détective privé sans scrupules engagé par un journal à scandales. En effet, Mickey a autrefois snobé le rédacteur en chef du tabloïd Big Dave (Eddie Marsan), particulièrement offensif, et celui-ci entend se venger en déterrant une affaire susceptible de ternir la réputation du magnat de la drogue. En possession d'une information, pense-t-il, extrêmement compromettante pour Mickey, Fletcher débarque chez Ray et lui balance une histoire sur un ton tonitruant qui semble lui donner un véritable ascendant sur le roi du cannabis et son acolyte. "Les échanges entre Ray et Fletcher se poursuivent tout au long du film et c'est un dispositif que Guy utilise avec beaucoup d'efficacité", commente Hunnam. "Il entrecoupe nos dialogues avec l'intrigue qui se déroule en temps réel".

Hugh Grant campe cet enquêteur véreux qui, remarque-t-il, "est prêt à travailler pour n'importe qui, mais en l'espèce, il travaille pour le patron d'un tabloïd totalement trash. Il est engagé par le rédacteur en chef pour dégoter une affaire pouvant salir cet important baron de la drogue interprété par Matthew McConaughey. Et Fletcher, qui est une sacrée canaille, n'hésite pas à doubler les uns et les autres".

"Dans son domaine, il s'y prend plutôt bien", poursuit Grant. "Fletcher fouille les poubelles de Mickey, le prend en filature, met ses téléphones sur écoute et réunit tout un dossier sur lui. C'est alors que Fletcher se dit qu'il pourrait se faire encore plus d'argent en revendant ces infos à ces gangsters qui, de leur côté, s'éviteraient un scandale dans la presse".

Malheureusement pour lui, ceux qu'il tente de faire chanter ne se laissent pas facilement intimider…

Moins raffiné, mais plus intègre, Coach est entraîneur de boxe et s'occupe de jeunes gens issus d'un milieu défavorisé. "C'est un dur à cuire qui a pris ses distances avec les milieux les plus violents de la pègre et qui cherche désormais à venir en aide à ceux qui ont vécu la même enfance que lui", indique le réalisateur. "Coach sait valoriser les efforts des jeunes qui cherchent à échapper aux sirènes de ce monde. C'est un type charismatique qui tend la main à des garçons en difficulté et qui leur montre qu'il existe un mode de vie plus enviable et plus stable".

"Son but est de permettre aux jeunes du quartier d'apprendre à se discipliner et à acquérir une certaine rigueur", ajoute Colin Farrell qui campe le rôle.

Mais il est difficile de forcer sa nature et les garçons dont s'occupe Coach s'attirent les pires ennuis en décidant de voler l'une des fermes à cannabis de Mickey. Pire encore : ils filment leur larcin et postent la vidéo sur les réseaux sociaux. "C'est un vol lucratif qu'ils n'auraient jamais dû commettre", reprend Farrell. "Ils ne sont pas très malins de le poster sur le web".

Coach décide de s'accuser à leur place : il va voir Ray et lui propose de le dédommager pour le vol des garçons. "Il est prêt à faire tout ce qu'il faut jusqu'à ce que cette dette soit entièrement effacée", ajoute le comédien.

Mais la proposition de Coach a ses limites. "Après avoir bossé pour Ray, Coach lui dit qu'il n'est pas non plus une vache à lait", note Farrell. "À un moment donné, il faut que ça s'arrête".

"Ce n'est pas une chose évidente à dire à Ray car dès lors qu'un gangster vous a dans le collimateur, c'est très difficile de s'en dépêtrer", signale Atkinson.

Dépourvu de toute valeur morale, Dry Eye est un ambitieux caïd asiatique, interprété par Henry Golding. "C'est un jeune chef de gang, particulièrement agressif, qui cherche à faire ses preuves en voulant s'emparer de l'empire de Mickey à un prix ridicule", indique Golding. "En raison de son jeune âge et de son inexpérience, Dry Eye est imprévisible et ne réfléchit pas comme il le devrait. Il a des crises d'agressivité et il tyrannise les gens dans son propre milieu, mais quand il se retrouve dans la cour des grands, il est conscient qu'il lui manque quelque chose qu'il tente de surcompenser par ailleurs".

Membre important de cette "cour des grands", Matthew est un caïd américain interprété par Jeremy Strong (SUCCESSION). Matthew s'intéresse à l'empire de Mickey et les deux hommes sont à deux doigts de parvenir à un accord – lorsqu'on apprend que le premier cherche secrètement à manipuler le second et donc à faire capoter leur accord.

"Matthew est un milliardaire érudit et cultivé et le digne adversaire de Mickey", poursuit-il. "Le plus grand défi artistique pour moi a consisté à imaginer un personnage qui corresponde au style cinématographique de Guy Ritchie et qui soit aussi inoubliable que toutes les canailles peuplant ses films. Il fallait qu'il soit redoutablement rusé. Matthew et lui sont deux adversaires, même si mon personnage se présente au départ comme un ami. Il n'a pas l'intention de payer le prix que réclame Mickey, si bien qu'il manigance pour faire baisser le prix et cherche à tendre un piège à son rival en nouant quelques alliances inattendues".

Mais ces manœuvres finissent par provoquer des événements que même Matthew n'aurait pu prévoir. "Ni Matthew, ni ses nouveaux complices ne se retrouvent là où ils pensaient échouer – mais c'est en tout cas ce qu'ils méritent", précise Atkinson.

Ritchie et Atkinson savaient que Strong s'imposait dans le rôle : "On avait vu Jeremy dans THE BIG SHORT – LE CASSE DU SIÈCLE et avions été impressionnés par l'assurance et la détermination qu'il affichait – et on s'est dit que ces traits de caractère correspondaient bien à Matthew", ajoute le producteur.

Marqué par la méthode de l'Actors Studio, Strong est resté habité par son personnage tout au long du tournage, mais lorsque, en de très rares occasions, il redevenait lui-même, il surprenait même ceux qui travaillaient avec lui depuis un bon moment. "Pendant quatre semaines, Jeremy était en permanence dans la peau de Matthew jusqu'à ce qu'un jour, il vienne voir Guy dans sa caravane … sous sa propre identité. Ce n'était plus du tout la même personne que celle à laquelle on s'était habitués … et on a failli le virer de là parce que, au départ, on ne l'a pas reconnu !", se remémore Atkinson.

Si, dans THE GENTLEMEN, les caïds et les voyous sont légion, il s'agit avant tout, comme le précise le réalisateur, "d'une histoire d'amour. La femme de Mickey, Rosalind (Michelle Dockery), est la matriarche de l'empire de son mari. Et la matriarche prend certainement l'avantage sur le patriarche. Si Mickey est une sorte de César yankee, Rosalind est une Cléopâtre des quartiers populaires de Londres. C'est une battante qui se révèle tout à fait charmante. Elle conseille intelligemment Mickey. On peut sans doute affirmer que c'est grâce à elle que l'activité de Mickey se porte aussi bien".

Atkinson acquiesce, remarquant au passage que si l'on est particulièrement attentif, on constate que Rosalind est "aussi coriace que les mecs. Elle ne recule devant rien. On comprend que Rosalind est aux commandes et que c'est elle, en réalité, qui mène la danse".

Bien que le personnage joue un rôle déterminant dans le déroulement de l'intrigue et ses rebondissements, la production n'avait pas encore déniché l'actrice deux semaines avant le début du tournage. Par chance, Ritchie était un grand admirateur de DOWNTON ABBEY et s'est dit que Michelle Dockery, alias Lady Mary dans la série, serait formidable dans le rôle de Rosalind. Mais, comme le note Atkinson, les producteurs craignaient que la comédienne soit trop BCBG pour ce personnage de dure à cuire. Il signale : "Guy a rencontré Michelle quelques jours avant la première scène avec Rosalind et on a tout de suite compris qu'elle n'était pas BCGB du tout ! Michelle correspondait exactement à ce qu'on recherchait".

Comme on peut s'en douter, Rosalind est assez indépendante. Elle gère sa propre entreprise – un garage – qui marche bien. "Elle vient d'une famille fortunée même si ses parents sont autodidactes", remarque la comédienne. "À l'adolescence, Rosalind était habituée à vivre dans le confort et à porter de jolies fringues. Elle n'hésite pas à le faire savoir".

McConaughey estime que Rosalind, tout comme Ray, sert de conseillère à Mickey. "Elle a une vision d'ensemble des choses et elle repère les obstacles qui l'attendent", dit-il. "Rosalind a bien réussi et dirige sa propre boîte, si bien que leurs rapports sont assez rock n'roll. Elle est la première – et la dernière – personne avec qui il fait le point régulièrement".

Michelle Dockery était heureuse de camper un rôle inédit pour elle. "C'est un personnage plus proche de moi", ajoute-t-elle. "J'ai souvent joué des femmes de la très bonne société qui s'expriment bien, à l'image de Lady Mary. Du coup, quand on m'a proposé ce rôle, j'étais enchantée".

L'UNIVERS DE GUY RITCHIE

Si les comédiens étaient séduits par le projet, c'était notamment parce qu'ils avaient envie d'intégrer l'univers de Guy Ritchie, réputé pour son imagination et son point de vue poétique sur les dialogues et les scènes d'action frénétiques.

Pour Jeremy Strong, l'esprit d'équipe du cinéaste était un autre atout. "La langue de Guy est poétique", dit-il. "Elle possède la musicalité et la précision d'une pièce de théâtre. J'avais le sentiment de jouer du Oscar Wilde ou du Noël Coward. Cette langue a quelque chose de sophistiqué et de théâtral. Dès qu'on découvre cette tonalité, c'est libérateur et jubilatoire. On a passé tous les jours une heure ou deux à réécrire les dialogues, ce qui fait partie de la technique de Guy. Il m'a encouragé à aller vers la théâtralité et une certaine forme d'excentricité par rapport au texte. C'était une franche découverte".

"Guy est un auteur dans le sens où chaque élément de la mise en scène doit passer par son filtre – et il a un point de vue très spécifique", relate Hunnam. "Son regard est à la fois pur, singulier et précis. On ne peut que s'y abandonner".

Farrell ajoute : "Ses films possèdent une musicalité qui me fait penser au jazz. Les échanges entre les personnages évoquent une partie de ping-pong qui fait retentir plusieurs notes en même temps".

"Il y a pas mal de longs monologues dans le film et j'ai passé plusieurs mois à mémoriser ceux de Fletcher", se souvient Grant. "Je suis parti au ski avec mes enfants, mais je n'ai pas skié parce que j'ai passé toutes mes journées à marcher en apprenant mon texte. Les dialogues de Guy sont consistants et courageux. Le plus difficile, c'était de rendre le texte vivant et de me l'approprier – et j'ai adoré ça".

Ritchie n'a jamais cessé de retravailler le scénario, réécrivant souvent une scène le jour de son tournage. Une démarche qu'il adopte sur tous ses films. McConaughey a été impressionné par l'exigence de justesse du cinéaste et par le cheminement qu'elle supposait. "Je n'ai jamais eu autant d'échanges avec un réalisateur", dit-il. "Il s'anime et s'enflamme en retravaillant sans cesse le script. Ses dialogues sont merveilleux et ne ressemblent à aucun autre projet sur lequel j'ai travaillé".

"On est prêt à affronter chaque journée de tournage, mais tout peut changer si bien qu'il faut s'y préparer et c'est extrêmement gratifiant", remarque Michelle Dockery. "C'est un vrai travail d'équipe. Guy est très favorable aux propositions et décèle toujours l'humour partout. Son cinéma dégage une énergie, un mordant et même une poésie incroyables. Le rythme de son écriture est assez musical".

D'après Hunnam, le réalisateur et lui se sont rendus dans une boutique de vêtements pour hommes à Londres où "ils ont passé trois ou quatre heures à dévaliser les rayons. J'ai trouvé dans ce magasin toutes les tenues de Ray". Il ajoute : "Guy a un vrai regard pour les costumes et il sait parfaitement ce que chacun doit porter dans ses films".

Golding acquiesce : "Guy a une idée très précise du style vestimentaire de ces personnages. Il a un goût formidable. Mickey porte de splendides tweeds sombres. Quant à Ray, on dirait qu'il sort d'une séance de photo pour GQ".

Par ailleurs, Ritchie organise des répétitions selon une méthode qu'il qualifie de "boîte noire". Évitant les traditionnelles séances de lecture où les comédiens lisent leur texte autour d'une grande table, le cinéaste et ses comédiens tournent l'ensemble des scènes du scénario, à la manière d'un reportage brut, sur une période de douze heures. "Ça nous permet d'avoir une idée très claire du film en réduisant trois mois de tournage à un après-midi !", indique Atkinson. "On a le film fini avant même de l'avoir tourné !"

"C'est comme une pièce en un acte", reprend McConaughey. "Guy recueille beaucoup d'informations importantes en filmant les acteurs en train de répéter. Ça lui permet de mieux cerner la dynamique du film".

Block précise : "Dès le départ, nous avions une confiance totale en Guy pour réaliser un film captivant qui témoigne d'un regard incomparable sur la comédie policière. Désormais, nous avons hâte que le public découvre le résultat".

Pour le cinéaste, ce projet était l'occasion de se pencher sur les rapports de classe au Royaume-Uni comme aux États-Unis, de réunir un casting extraordinaire et de revenir à son style si particulier – tout en ménageant des rebondissements ! "Je pense que les spectateurs vont vivre une aventure déjantée et captivante", conclut-il. "J'ai aussi pris du plaisir à faire se croiser les différents milieux sociaux – de la haute bourgeoisie aux voyous – et j'espère que le public y sera sensible, lui aussi".

Source et copyright des textes des notes de production @ SND

  
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