mardi 12 juin 2018

OCEAN'S 8


Comédie/Policier/Un film fun et enlevé, une bonne surprise

Réalisé par Gary Ross
Avec Sandra Bullock, Cate Blanchett, Anne Hathaway, Mindy Kaling, Awkwafina, Sarah Paulson, Rihanna, Helena Bonham Carter, James Corden, Richard Armitage, Elliott Gould, Dakota Fanning...

Long-métrage Américain
Durée : 01h50mn
Année de production : 2018
Distributeur : Warner Bros. France 

Date de sortie sur les écrans américains : 8 juin 2018
Date de sortie sur nos écrans : 13 juin 2018


Résumé : Cinq ans, huit mois, 12 jours… et le compteur tourne toujours ! C'est le temps qu'il aura fallu à Debbie Ocean (Sandra Bullock) pour échafauder le plus gros braquage de sa vie.

Elle sait désormais ce qu'il lui faut : recruter une équipe de choc. À commencer par son
"associée" Lou Miller (Cate Blanchett). Ensemble, elles engagent une petite bande d'expertes : Amita (Mindy Kaling), la bijoutière, Constance (Awkwafina), l'arnaqueuse, Tammy, la receleuse (Sarah Paulson), Nine Ball, la hackeuse (Rihanna) et Rose (Helena Bonham Carter), la styliste de mode.

Le butin convoité est une rivière de diamants d'une valeur de 150 millions de dollars. Le
somptueux bijou sera autour du cou de la célèbre star Daphne Kluger (Anne Hathaway) qui devrait être l'objet de toutes les attentions au cours du Met Gala, l'événement de l'année.

C'est donc un plan en béton armé. À condition que tout s'enchaîne sans la moindre erreur de parcours. Enfin, si les filles comptent repartir de la soirée avec les diamants sans être
inquiétées…

Bande annonce (VOSTFR)


Ce que j'en ai penséL'OCEAN'S 8 du réalisateur, Gary Ross, est une vraie bonne surprise. Certes, la structure du scénario est très classique, mais la narration est fluide et le film est vraiment agréable à suivre, sans ennui. L'histoire est bien travaillée, elle contient tous les ingrédients du genre et les assemble intelligemment. La mise en scène du réalisateur fait dans la classe. Pourtant, ses personnages sont amoraux (ce sont des voleuses), mais il leur offre un écrin qui leur permet de pratiquer leur activité avec grâce et élégance. Les décors sont variés et travaillés, proposant une atmosphère différente à chaque partie de ce casse, tout en gardant un ensemble cohérent. Il y a aussi un très beau travail sur les vêtements qui servent à appuyer les personnalités différentes et bien dessinées de ces femmes intelligentes et très fortes dans leur spécialité. 

Et puis, il y a les actrices qui sont super(be)s. 


Sandra Bullock mène la danse dans le rôle de Debbie Ocean et Cate Blanchett est à ses côtés dans le rôle de Lou Miller, toujours impeccable. C'est un plaisir de découvrir cette aventure avec ces deux actrices. 



Helena Bonham Carter apporte humour et originalité à sa protagoniste Rose Weil. Mindy Kaling, qui interprète Amita, et Sarah Paulson, qui interprète Tammy, sont elles aussi très sympathiques.



Rihanna fait dans la coolitude dans le rôle de Nine Ball. 


Awkwafina interprète Constance avec caractère, elle est marrante. 


Anne Hathaway est excellente dans le rôle de Daphne Kluger. 


OCEAN'S 8 est un film enlevé et fun. C'est un divertissement qui s'apprécie autant pour l'histoire qu'il raconte, que pour sa mise en scène ou encore pour le talent de ses actrices. N'hésitez pas à aller passer un bon moment en compagnie de cette équipe de chapardeuses de haut vol ! 

Crédit photos @ BARRY WETCHER
Copyright © 2018 WARNER BROS. ENTERTAINMENT INC.

NOTES DE PRODUCTION
(Á ne lire qu'après avoir vu le film pour éviter les spoilers !)
Dans 3 semaines et demi, le Met organisera son bal annuel. Et on va le braquer.

Plus de dix ans se sont écoulés depuis qu’une équipe menée par un certain Ocean a dérobé un butin de plusieurs millions de dollars. Or, un nouveau gang est en train de se former afin de mener à bien le casse du siècle. Mais cette fois, c’est Debbie Ocean qui fomente ce plan audacieux, et elle n’aura besoin que de huit femmes au talent exceptionnel pour l’exécuter.

Le réalisateur et scénariste Gary Ross raconte : «La figure du hors-la-loi est au cœur du cinéma américain depuis ses débuts, mais à de rares exceptions près, ces 'hors-la-loi' sont toujours des hommes. Je me disais qu'il pourrait être intéressant qu’un groupe de femmes dures à cuire puissent s’imposer dans ce genre qui leur avait jusqu’ici semblé interdit. Et puis, j’ai toujours aimé les films de braquage».

Sandra Bullock souligne : «C’est un film de braquage, et ce genre est toujours divertissant. On se demande comment les personnages vont s’en sortir, et quels rebondissements ils vont connaître. Mais c’est surtout un film qui parle de ces huit femmes merveilleusement complexes, intelligentes et drôles, qui embarquent le spectateur avec elles dans leurs aventures».

Sandra Bullock incarne Debbie Ocean, qui vient de passer un peu plus de cinq ans à échafauder un plan minutieux afin de s'emparer du collier Jeanne Toussaint, exceptionnelle rivière de diamants signée Cartier, d'une valeur de 150 millions de dollars. Elle a l’intention de le mettre à exécution au cours de l’un des événements les plus médiatisés de l’année : le Met Gala.

Gary Ross avait au départ imaginé ce nouvel opus pour la saga OCEAN’S il y a cinq ans, et l’avait soumis au réalisateur de la trilogie, Steven Soderbergh.

«Steven est un bon ami à moi et nous avons collaboré de manière non officielle sur un certain nombre de projets», confie Gary Ross. «S’il n’avait pas participé au projet je ne pense pas que je m'y serais attelé. C’était vraiment génial de travailler ensemble».

Steven Soderbergh révèle qu’il a tout de suite été emballé par le postulat de départ, ainsi que par le choix de l’actrice principale. «Gary est venu me voir en me disant : ‘qu’est-ce que tu penses de Sandra dans le rôle de la sœur de Danny ?’ Je me suis dit que c’était une idée tout à fait intéressante, et du coup, je lui ai répondu : ‘Proposons l’idée à Jerry [Weintraub]’. Et Jerry a trouvé que c’était une idée géniale».

D’ailleurs, c’est Jerry Weintraub qui a d’abord contacté Sandra Bullock. «Il n’y avait même pas encore de scénario, mais l’énergie de Jerry, son enthousiasme et sa passion pour cette saga étaient vraiment communicatifs», se souvient l’actrice.

Gary Ross, qui n’avait plus écrit à quatre mains depuis son premier scénario, BIG, était conscient que ce projet serait différent. Il a fait appel à Olivia Milch afin de lui proposer d'écrire le script à ses côtés. «Au final, on a formé une super équipe», estime-t-il. «Gary a compris à quel point il était important qu’une voix féminine se fasse entendre dans ce projet», note Olivia Milch. «J’étais absolument ravie d’y prendre part. D’ailleurs, côte à côte devant le clavier, on a trouvé cette même aisance spontanée qui caractérise les relations entre les personnages, cette même façon de se chambrer gentiment».

Steven Soderbergh ajoute : «Je crois que Gary et Olivia ont trouvé le bon équilibre entre fidélité aux codes de la saga et parfaite originalité».

Malheureusement, le célèbre producteur Jerry Weintraub est décédé avant de voir le résultat. «C’était difficile d’imaginer qu’un film de la saga OCEAN puisse être tourné sans Jerry aux manettes en tant que producteur», remarque Steven Soderbergh. «Il n’était pas que producteur, c’était une grande figure du septième art». Susan Ekins, fidèle collaboratrice de Jerry Weintraub, et productrice associée des précédents opus de la saga, est productrice du film.

Steven Soderbergh raconte : «Gary et moi sommes allés la voir en lui disant : ‘tu faisais partie des têtes pensantes à l'origine des trois premiers épisodes, si bien qu'on aimerait beaucoup que tu joues un rôle encore plus central cette fois».

Susan Ekins était ravie de reprendre du service pour cette saga qui représente une part importante de sa vie et de sa carrière, entamée il y a bientôt deux décennies. «Depuis OCEAN’S ELEVEN en 2001, en passant par OCEAN’S TWELVE et OCEAN’S THIRTEEN, j’ai eu le plaisir de travailler avec Jerry Weintraub et Steven Soderbergh, deux brillantes personnalités du cinéma. J’ai maintenant l’occasion de perpétuer la tradition aux côtés de Steven et de Gary. Je crois que ce qui intéresse le grand public dans ces films, c’est l’idée que les personnages s’en sortent en toute impunité, et qu’ils y prennent beaucoup de plaisir».

Suivant la tradition des films de la saga, chaque membre de l’équipe a une spécialité. Les sept actrices qui viennent compléter l’équipe de Sandra Bullock sont Cate Blanchett, Anne Hathaway, Mindy Kaling, Sarah Paulson, Awkwafina, Rihanna et Helena Bonham Carter.

Gary Ross raconte : «Il ne s’agissait pas de choisir des actrices séparément, mais plutôt de monter une équipe qui devait fonctionner parfaitement ensemble. C’était très stimulant dès le départ».

C’est l’occasion unique de travailler avec toutes les autres qui a convaincu chaque actrice de s'engager dans le projet. Cate Blanchett confirme que : «Lorsque Gary et Steven ont commencé à parler des actrices qu’ils étaient en train de contacter, j’ai tout de suite été convaincue d’accepter le rôle. C’est vraiment un groupe de femmes fantastiques avec qui j’ai adoré travailler».

Anne Hathaway renchérit : «Faire un film ensemble, c’est vraiment vivre une expérience collective unique, mais travailler en plus avec sept autres femmes, c’est formidable parce qu’on partage beaucoup de choses dès le départ. Ça nous a beaucoup facilité la tâche, et on s'est amusées comme des folles».

«Cet esprit d'équipe a prévalu sur l'ensemble du tournage», note Gary Ross. «Sur le plateau, une véritable alchimie s'est installée entre ces huit femmes extrêmement créatives. Parfois, je me faisais un peu oublier et je les regardais improviser».

«Certains réalisateurs n’aiment pas trop l’improvisation, mais Gary, au contraire, encourageait nos propositions», témoigne Anne Hathaway. «En tant que metteur en scène, il voulait qu’on ait toutes l’impression de donner le meilleur de nous-mêmes. Je trouve qu’il a fait un travail remarquable».

«Gary a insufflé au projet sa sensibilité d'auteur, et Olivia Milch a parfaitement réussi à s’y adapter», note Cate Blanchett. «Ils changeaient des choses en permanence, ce qui rendait l’ambiance encore plus joyeuse sur le plateau. Ce qui rapproche ce film des précédents opus, c’est qu’un rebondissement en cache toujours un autre. Mais c’est amené de façon tellement fine que l’on ne s’y attend pas du tout».

OCEAN’S 8, qui bouscule nos habitudes, sort des casinos de Las Vegas pour s’installer à New York, au cœur de l’événement le plus select de toute la ville : le dîner de charité de l’Institut du Costume du Metropolitan Museum, plus connu sous le nom de Met Gala. La production a réussi à obtenir un accès sans précédent au musée, où elle a tourné pendant dix jours – un record. Gary Ross déclare : «Si on n’avait pas tourné au Met, je pense qu’il aurait été presque impossible de faire ce film. Ça a été un véritable avantage que d’obtenir cette autorisation».

Cartier s’est également révélé être un partenaire inestimable : la maison a spécialement créé une réplique de l’éblouissante rivière de diamants Jeanne Toussaint, qui joue un rôle central dans le film puisqu’il s’agit du butin. «C’est l’un des colliers les plus imposants de toute leur collection, et il trône dans leur coffre-fort», révèle la productrice exécutive Diana Alvarez. «Il était très important qu’il ait l’ait vrai, et même qu’il le soit. La maison Cartier nous a fourni des consultants absolument irréprochables, et leur expertise s’est avérée d’une grande aide pour nous. Ils nous ont même autorisés à filmer dans leur célèbre boutique new-yorkaise. C’était vraiment exceptionnel de pouvoir pénétrer dans leur univers et d'y tourner pour les besoins du film».

OCEAN’S 8 a été entièrement tourné en décors naturels à New York, et, selon Steven Soderbergh : «Gary est parvenu à saisir l’atmosphère de la ville avec brio. Je ne crois pas qu’on aurait pu trouver un meilleur endroit pour ce film. Je pense que c’est le meilleur choix qu’on ait pu faire, parmi toutes les villes du monde. Et puis, il y a surtout ces huit femmes exceptionnelles, toutes à l’écran au même moment… D’emblée, ça en fait un film vraiment enthousiasmant».

LE CASTING

Durant plus de cinq ans, Debbie Ocean n’a eu que du temps à tuer. Et elle l’a mis à profit. Sandra Bullock explique : «Elle a eu tout le temps de réfléchir à son plan et de le peaufiner, et elle sort de prison prête à le mettre à exécution».

Sandra Bullock raconte que, comme son frère Danny, «Debbie est un vrai cerveau. Elle sait déceler le talent et constituer la meilleure équipe possible avant de laisser chacun faire son travail. C’est dans ses gènes : c’est une voleuse qui a grandi dans une famille de voleurs. C’est tout ce qu’elle aime, et c’est là qu’elle excelle. Pour Debbie, l’important c’est surtout les frissons que lui procure l'aventure, en attendant de voir si elle se fait attraper ou pas. Cette fois, elle a l’intention de voler dans un lieu des plus publics, sous le nez de centaines de personnes, et devant les caméras. On se demande pourquoi elle se lance dans cette opération alors qu’elle vient tout juste de sortir de prison. C’est comme si elle cherchait à se faire à nouveau incarcérer».

«Sandra est naturellement cool», note Gary Ross. «Mais surtout, c’est une excellente comédienne, forte d’une véritable somme de connaissances et d’expériences».

Olivia Milch partage son avis : «Elle a une très forte présence, et elle a une grande assurance. Elle est sûre d’elle, ce qui était absolument parfait pour le personnage».

La première personne avec qui Debbie entre en contact est son ancienne complice, Lou. «Debbie doit user de son charme pour convaincre Lou de reprendre du service», révèle Sandra Bullock. «Elle ne perd pas de temps et va droit au but, en tentant de convaincre Lou que le plan qu’elle a échafaudé est assez solide pour qu’elle risque la vie qu’elle s’est construite pendant que Debbie était en prison».

Cate Blanchett, qui campe Lou, explique : «Debbie a besoin d’une alliée de confiance, sur qui elle puisse vraiment compter. Or, elles se connaissent depuis très longtemps. Lou s’est bâti une vie – plus ou moins – rangée en devenant propriétaire d’une boîte de nuit. Elle s’en sort plutôt pas mal, mais son existence n’a rien de très exaltant. Je pense que c’est la raison pour laquelle elle décide d’accepter l’offre de Debbie : pour retrouver ce rush d’adrénaline que seul le danger peut susciter. Elle mène une vie sympa, mais pas très folichonne et ses complices lui manquent».

Steven Soderbergh analyse : «Il n’y a rien qui résiste à Cate, et elle dispose d'un registre de jeu hallucinant. Elle en dit bien plus d'un simple regard qu’en plusieurs lignes de texte, ce qui était parfait pour le personnage de Lou».

«Cate est vraiment unique en son genre», renchérit Gary Ross. «On la voit élaborer un personnage petit à petit, en s’appuyant sur de petits détails qu’elle repère et dont elle fait ensuite une personne à part entière. C’est un vrai plaisir d’assister à sa démarche».

La cible de leur opération n'est autre que le Met Gala, mais il ne s’agit pas de dérober de l’argent. Ce qu’elles veulent en réalité, c’est mettre la main sur le collier Jeanne Toussaint, la rivière de diamants si inestimable que la maison Cartier la garde en sécurité dans son coffre-fort impénétrable. Il faut donc convaincre le vénérable joailler de l’en sortir. Et pour y parvenir, suggérer de la passer au cou de la présidente du Gala, la jeune femme la plus en vue du moment, Daphne Kluger.

Anne Hathaway, qui incarne la jeune femme, raconte comment elle a entendu parler du film de manière inattendue : «C’est un maître d’hôtel dans un restaurant qui m’a raconté que Sandra Bullock allait jouer dans un nouvel opus de la saga OCEAN’S avec un casting exclusivement féminin, et je me suis dit : ‘Ça a l’air absolument génial ‘, parce que j’avais adoré les premiers films de la saga. Puis, Gary m’a appelée et m’a dit : ‘j’ai un rôle de diva à te proposer’».

«C’était vraiment sympa de me transformer en une personne qui évolue dans un univers que je connais très bien, mais qui, j’espère, ne me ressemble pas trop», dit-elle en riant.

«Daphne est un peu excentrique, un peu extrême… et beaucoup plus intelligente que les gens ne l’imaginent».

«Anne s’est glissée dans la peau de son personnage avec énormément de force et d’enthousiasme et a livré une prestation vraiment audacieuse en termes d’investissement personnel», reprend Gary Ross. «C’est une femme formidable, et une actrice de très grand talent. On s’est beaucoup amusés».

Anne Hathaway confie : «Ça fait longtemps que Gary et moi souhaitions travailler ensemble, et ça a été vraiment génial de construire ce personnage avec lui». Afin d'obtenir que Daphne porte le collier, Debbie et Lou vont devoir faire appel aux services d’une célèbre créatrice de mode, avant de manipuler la starlette afin qu’elle la choisisse pour dessiner sa robe de gala.

C’est Helena Bonham Carter qui tient le rôle de Rose Weil. Elle qui était jadis sollicitée par les plus grandes célébrités semble être tombée en disgrâce. Lorsqu'on fait sa connaissance, «Rose est en pleine crise», raconte l’actrice. «Son entreprise s’est complètement cassée la figure et elle est endettée à hauteur de plusieurs millions de dollars. Elle a cruellement besoin d’argent, et le reste de l’équipe a besoin d’une créatrice de mode, si bien qu'elles peuvent peut-être se rendre service mutuellement».

L’actrice explique que le scénario l'a intéressée parce que «j’essaye toujours de tenter des expériences inédites pour moi, et un film de braquage, c’est une première. Et puis, je n’avais jamais partagé l’affiche avec sept autres femmes, et il était grand temps que ça change. Je pense qu'un projet où on attribue à des femmes des rôles traditionnellement masculins est vraiment une étape importante. C’était la cerise sur le gâteau, et je me suis dit que ce serait amusant».

«Helena est une vraie déesse», déclare Sandra Bullock avec la plus grande admiration. «Je n’ai jamais rencontré une personne aussi singulière et aussi gentille. On ne sait jamais dans quelle direction elle va partir dans une scène ; parfois, la scène est écrite d’une certaine manière, et Helena y apporte sa touche personnelle. Elle nous a obligées à ne jamais nous reposer sur nos lauriers».

Par exemple, Helena Bonham Carter a décidé que le personnage de Rose aurait un accent irlandais, même si, comme elle le reconnaît, «il n’y a rien dans l’intrigue qui l’exige. Mais je me suis dit que ça accentuerait son côté un peu dans la lune – comme si j’avais besoin d’aide en la matière !», plaisante-t-elle.

Il y avait pourtant un domaine dans lequel l’actrice en avait effectivement besoin : la maîtrise d’un fil et d’une aiguille. Elle a passé des jours entiers avec l’équipe des costumes, à prendre des cours de couture et à comprendre comment draper un tissu correctement. «Bien que Rose ne soit plus au sommet de son art, c’est quand même une créatrice de talent», note-telle, «si bien que je voulais avoir l’air de savoir ce que je faisais. C’est ça qui est génial dans ce métier : on observe le monde à travers les yeux d’une autre personne. Cette fois, c’était à travers les yeux de Rose, une créatrice de mode, ce qui s’est avéré être une expérience tout à fait nouvelle pour moi».

Pour dérober un bijou, il faut aussi une bijoutière dans l’équipe, et Debbie sait exactement qui contacter. Mindy Kaling joue le rôle d’Amita, qui, raconte-t-elle, «vit toujours avec sa mère mais est sur le point de se rebeller. Elle a déjà trempé dans des affaires louches avec Debbie, si bien que quand elle vient lui rendre visite, Amita s’imagine que c’est encore pour un petit délit. Mais en réalité, le plan est cette fois d’une tout autre envergure. Je pense qu’Amita rêve de devenir une véritable hors-la-loi. Elle a toujours mené une vie rangée, et elle a hâte de pouvoir dévoiler sa part d'ombre».

«Je suis fan de Mindy Kaling depuis ses débuts», révèle Gary Ross. «Si vous avez vu sa série, vous savez à quel point c’est une artiste accomplie. Elle déniche de tout petits détails dont on ne s'aperçoit pas à quel point ils sont ingénieux avant le montage».

Cette admiration est partagée. Mindy Kaling déclare : «Ce qui est génial pour moi dans le fait de travailler avec Gary, c’est qu’il a écrit plusieurs de mes films préférés, comme BIG, PRÉSIDENT D’UN JOUR, et PUR SANG : LA LÉGENDE DE SEABISCUIT, qu’il a bien sûr également réalisé. Moi qui ai aussi plusieurs casquettes, je trouve ça super qu’il soit à la fois scénariste et réalisateur. Je me sens personnellement toujours scénariste avant tout, et donc le fait qu’il ait écrit le scénario et que ce soit lui qui porte son idée à l’écran m’a semblé particulièrement motivant».

Pour écouler des diamants et en récolter de bons gros billets verts, il faut l'expertise d’une receleuse professionnelle. C’est ainsi que Debbie se rend dans une banlieue pavillonnaire, sur les traces de Tammy, une ancienne camarade qui semble avoir délaissé le marché noir au profit du supermarché. Aux yeux de tous, elle est une épouse et une mère comme les autres… Sauf si on prend la peine de jeter un œil à son garage, qui déborde de marchandises volées.

Sarah Paulson, choisie pour le rôle, détaille son personnage : “Tammy a raccroché… ou presque. Et voilà que sa vieille amie Debbie Ocean vient la voir et la supplie de reprendre du service, en lui promettant que ce sera leur plus gros coup. Je trouve que le fait que Tammy soit une mère qui mène une double vie a un côté très palpitant. Et elle est juste trop contente de pouvoir sortir de chez elle”.

“Le registre de jeu de Sarah Paulson est d'une extraordinaire diversité”, remarque Ross. “Chaque prise est différente, amène quelque chose de totalement nouveau, et offre une interprétation différente… Du coup, si vous ne faites pas attention, vous pouvez chambouler tout l’emploi du temps de la journée parce que vous ne voulez pas vous arrêter de varier les plaisirs avec elle. Mon directeur artistique me regardait, l’air de dire ‘Je sais que tu t’éclates avec Sarah, mais il faudrait songer à avancer !’”, rit-il.

C’est Lou qui débusque les deux derniers membres de l’équipe, à commencer par “l’une des meilleures hackeuses de la côte Est” – et leur seul espoir de pirater le système de sécurité ultrasophistiqué du Met. C’est la chanteuse Rihanna, superstar internationale, qui campe ce génie de l’informatique aux dreadlocks en bataille, surnommée ‘Nine Ball’.

“J’ai rencontré Rihanna un soir, après un concert en Suède, et on a commencé à parler du potentiel de ce personnage : c’est là qu’on s’est demandé d’où elle venait et qu’on a décidé d’en faire une vraie Barbadienne”, révèle Ross. “On s’est tous les deux dit que c’était une super idée. J’ai adoré chaque minute passée avec elle sur le plateau. C’est quelqu’un d’incroyablement gentil, adorable et enthousiaste, et elle est géniale dans le film. Elle rayonne vraiment dès qu’elle est à l’écran. On s’est franchement éclatés”.

Lou emmène Debbie dans le Queens, pour qu’elle voie de ses propres yeux le talent à l'œuvre de Constance, jeune arnaqueuse de rue. Cette pickpocket habile dont les mains sont d’une rapidité hallucinante est interprétée par Awkwafina, jeune star montante dont le vrai nom est Nora Lum.

Olivia Milch, scénariste du film, connaissait déjà bien la jeune actrice qui avait joué dans son premier film, LES POTES. Ross se rappelle : “J’ai vu le film d’Olivia, et j'ai trouvé Awkwafina extraordinaire. J’ai tout de suite su que je la voulais pour OCEAN’S 8 et elle est d'ailleurs géniale dans le film”.

Comme le remarque Awkwafina elle-même, “elles dénichent Constance à Elmhurst, un quartier tout près de là où j’ai grandi. Elle est en train de jouer au bonneteau, une arnaque typiquement new-yorkaise. C’est une New-Yorkaise pur jus, comme moi. C’est pour ça que je me sens particulièrement proche d’elle – Constance, c’est moi… Bon sans toutes ces histoires de pickpocket et de vol ! Mais c’est vraiment quelqu’un qui me ressemble”.

Pour se préparer au rôle, elle explique : “J’ai appris à faire des tours de prestidigitation, et c’était vraiment génial. Mais je crois que l’expérience la plus merveilleuse, ç’a été de travailler aux côtés de toutes ces actrices incroyables que j’ai toujours admirées… Je me sens vraiment très chanceuse”.

Et elle n’est pas la seule à le penser. Comme l’explique Sandra Bullock, “Nous étions huit, et nous étions toutes absolument différentes les unes des autres. Mais le fait que nous soyons si différentes n’a pas été un problème, puisque nous avions un même objectif : se soutenir et s’assurer que nous avions tout ce dont nous avions besoin. J’ai beaucoup apprécié cet esprit d'équipe”.

“Ce n’est pas facile à expliquer”, ajoute Cate Blanchett. “On riait beaucoup. Et c’est tellement bien d’être dans une pièce remplie de femmes qui sont capables de faire preuve d’autodérision”.

Parmi toutes ces actrices, on retrouve deux célèbres comédiens, dont les personnages représentent chacun une sorte de faire-valoir des huit femmes.

Richard Armitage incarne Claude Becker, conservateur dans une galerie d’art qui finit par jouer un rôle dans le braquage bien malgré lui. En vérité, “Debbie et Claude ont eu une histoire par le passé”, révèle Armitage. “Du coup, quand elle arrive à sa galerie un jour, il est sous le choc, comme si le sol s’ouvrait sous ses pieds. Debbie est intimement liée à une part de son passé qui s’est mal terminée. Mais il ne peut pas s’empêcher d’avoir le souffle coupé quand il la voit… comme un coup au cœur”.

James Corden incarne John Frazier, qui enquête pour le compte de son entreprise, une compagnie d’assurances, et qui connaît particulièrement bien les Ocean… “Il a tout un passif avec la famille Ocean, qu’il considère comme une véritable épine dans le pied qu’il n’arrive pas à enlever”, explique Corden. “Il sait que ce collier a été la cible d’un vol lors d’un événement où Debbie était présente, et il ne lui faut pas longtemps pour faire le rapprochement. Mais en réalité, tout ceci n’est pour lui qu’une affaire de chiffres. Au fond, il n’est pas policier ; il s’en fiche que ce soit un délit. Il veut juste s’assurer que son entreprise n’aura pas de frais…”

Quand on lui demande comment il a été choisi pour le film, Corden répond avec l’humour qui le caractérise : “Eh bien, les studios ont appelé pour dire qu’ils étaient en train de préparer ce projet, mais qu’ils avaient peur parce que le film n’avait pas trouvé sa star. Ils avaient besoin d’un acteur célèbre donc… Non, je rigole ! Je suis un grand fan de la série des OCEAN. Quand j’ai lu le scénario et que j’ai compris qui était le réalisateur, je me suis dit que ce serait génial d’en faire partie. J’étais déjà très content à l’idée de graviter autour de toutes ces actrices, pour lesquelles j’ai une immense admiration et un grand respect”.

LA CIBLE : LE JEANNE TOUSSAINT

La cible du casse d'OCEAN’S 8 est le Jeanne Toussaint, rivière de diamants créée par Cartier. C’est pourquoi les auteurs du film se sont rendus directement dans l’atelier du joaillier parisien afin de créer un collier extraordinaire, et digne d’un braquage que Debbie Ocean a mis plus de cinq ans à échafauder. La maison Cartier a tout de suite accepté.

Cela fait des générations que Cartier crée des bijoux dont l’élégance n’a d’égale que la convoitise qu’ils inspirent. La maison a également une relation de longue date avec le monde du cinéma, notamment à travers des films comme LES HOMMES PRÉFÈRENT LES BLONDES, CERTAINS L’AIMENT CHAUD, BOULEVARD DU CRÉPUSCULE, ou encore HAUTE SOCIÉTÉ.

Pierre Rainero, directeur de l'image et du style chez Cartier, explique que les auteurs avaient formulé une double exigence concernant la rivière de diamants. “Il fallait que ce soit un collier d’une grande valeur au niveau des carats, mais qu’il ait également une valeur historique significative. On a alors immédiatement pensé à l’une des rivières de diamants les plus marquantes de l’histoire de notre maison”.

L’originale avait été dessinée en 1931 par Jacques Cartier pour le Maharajah de Nawanagar, et était décrite à l’époque comme “la rivière de diamants colorés la plus raffinée au monde”. Les bijoux n’existent malheureusement plus. Cependant, Cartier a préservé dans les archives de la maison un croquis gouaché ainsi que plusieurs photos de cette pièce unique. Le gouaché a été utilisé comme référence première pour la réalisation du collier qui apparaît dans le film, le Jeanne Toussaint, nommé ainsi en hommage à Jeanne Toussaint, directrice artistique chez Cartier de 1933 à 1970. Susan Ekins remarque : “Jeanne a vraiment laissé sa marque sur la conception et le style de bijoux de cette époque. C’était apparemment une femme très forte et très respectée, et je pense que le ‘Toussaint’ de OCEAN’S 8 est à son image”.

Plutôt que de recréer une copie exacte en tout point, Cartier s’est servi de ce chefd’œuvre art déco comme d’une inspiration. Pour cette commande très spécifique, Cartier a mobilisé les ressources de ses ateliers de Haute Joaillerie situés rue de la Paix, à Paris. Les joailliers ont accompli l’exploit de réaliser ce bijou d’envergure en un temps record, afin de ne pas perturber le plan de tournage. “Normalement, pour une commande de cet ordre, il nous faut au minimum huit mois”, affirme Rainero. “Mais on a réalisé ce collier en huit semaines”.

Pour le film – où le Jeanne Toussaint est censé être composé de diamants d'une pureté absolue et taillés à la perfection –, les joailliers ont utilisé des oxydes de zirconium, sertis sur de l’or blanc. Ils ont porté une attention toute particulière aux finitions, puisque les gros plans, tout comme les critères plus qu’exigeants de Cartier, ne laissent place à aucune imperfection. Même s’il ne s’agit que d’une reproduction, le Jeanne Toussaint remplit les conditions de Haute Joaillerie définies par la maison Cartier en termes d’artisanat d’excellence.

Afin qu'Anne Hathaway, qui incarne Daphne Kluger, puisse porter le collier, ce dernier a été réduit de 20% environ, puisque l’original avait été créé pour un homme. Quand l’actrice l’a mis pour la première fois à New York, le Toussaint lui allait comme un gant. “Ils ont fait un travail fantastique”, déclare Anne Hathaway. “Pour être tout à fait honnête, je ne me suis pas trop rendu compte que ce collier était si hors normes, jusqu’à ce que je regarde une prise où je suis en train de monter les escaliers et que je voie à quel point il scintillait. J’ai tout de suite compris qu’il s’agissait d’un collier extraordinaire, et c’est un peu ça, la magie du cinéma !”

LA GROSSE POMME

Le tournage de OCEAN’S 8 s’est entièrement déroulé à New York, où Gary Ross et son chef opérateur, Eigil Bryld, ont tenté de tirer le plus profit de la ville qui ne dort jamais.

“Si vous faites un film sur New York, il faut venir tourner à New York”, affirme Sandra Bullock. “New York dégage une énergie très particulière ; ça fait vibrer quelque chose en vous, quelque chose qui vous maintient tout le temps en alerte. Nous connaissions tous plutôt bien la ville – pour ma part, j’y ai vécu longtemps, si bien que j’ai l’impression de retrouver une vieille amie, mais cette ville est toujours en mutation, toujours pleine de surprises. Et la ville ne va pas s’arrêter parce que vous êtes en train de tourner un film. C’est au tournage de s’adapter”.

Grâce au partenariat entre Cartier et la production, quelques scènes ont pu être tournées dans un lieu très important : le Manoir Cartier. Pendant deux jours, le magasin phare de la 52ème rue est resté fermé au public pour que l’équipe puisse y tourner, notamment une scène cruciale dans laquelle Rose Weil et Amita, son “assistante”, insistent pour voir à tout prix l’inestimable Jeanne Toussaint. La fermeture de la boutique a été d’autant plus remarquée qu’elle s’est produite en plein mois de Décembre, lors de la frénésie d’achats qui précède Noël. Le chef décorateur Alex DiGerlando explique, “Ils nous ont donné les clés du royaume. Tous les bijoux que vous voyez dans ces scènes sont les vrais. Il n’y a aucun accessoire”.

À Brooklyn, l’annexe de l’Église Méthodiste Unie de Bushwick est devenue le loft de Lou, qui finit par devenir le QG de la bande, où elles planifient les moindres détails de leur casse. Ce bâtiment d’architecture néo-romane datant du début du siècle dernier dispose d’un intérieur en duplex, avec un balcon et de petites alcôves à l’étage : le lieu idéal. DiGerlando explique : “Quand on réfléchissait à l’esprit du loft, il nous fallait un lieu qui soit visuellement très intéressant, mais qui nous révèle également des informations sur la personnalité de Lou. Elle est assez matérialiste, très à la mode, et on l’a donc décoré avec des babioles qu’elle aurait collectionnées au cours de ses nombreux voyages au fil des ans”.

Pour l’extérieur du loft et l’intérieur de la boîte de nuit de Lou, c’est un entrepôt situé au bord de l’eau dans le quartier de Red Hook à Brooklyn qui a été utilisé. Dans le même quartier, une scène a été filmée chez Junior’s Deli, dont le fameux cheesecake a fait sa renommée internationale.

De retour à Manhattan, l’équipe de tournage a collaboré avec Vogue : la production a tourné toute une journée dans les bureaux du magazine au World Trade Center, notamment la scène où Tammy tente de se faire embaucher pour un emploi intérimaire à l’occasion du Gala.

Parmi les autres lieux de tournage à Manhattan, en dehors du Met, on retrouve l’Hôtel Plaza ; le magasin Christie’s sur la Rockefeller Plaza ; l’Hôtel Pierre ; le Casa Lever, un restaurant situé dans la célèbre Lever House sur Park Avenue ; le grand magasin Bergdorf Goodman, et la tour de 51 étages du New York Times. L’un des lieux les plus reconnaissables du film est le bâtiment conçu par Eero Saarinen à l’aéroport JFK : l’ancienne tour Trans World Airlines, aujourd’hui désaffectée. Ce lieu a été utilisé pour le retour tant attendu de Rose Weil sur le devant de la scène et des défilés de mode.

Pour mettre en scène le défilé de Rose, l’équipe du film a fait appel à Alexandre de Betak, très connu pour ses mises en scène de défilés inventives et mémorables. Avant le tournage, de Betak a emmené Gary Ross assister à trois défilés. Pour cette même séquence, Vogue a fait venir plusieurs figurants, tous de vrais habitués de la Fashion Week new-yorkaise, pour occuper les premières rangées.

La nouvelle collection de Rose a été créée par la chef costumière Sarah Edwards, qui a conçu plus de 50 silhouettes différentes dans les tons bleu et gris, en référence à l’esprit très années 1950 du bâtiment, mais également aux uniformes des hôtesses de l’air de l’époque. “Gary avait le sentiment que si on faisait une collection en rapport avec l’époque du bâtiment, ça pourrait être très beau, mais avec un style assez démodé”, explique Sarah Edwards. “On voulait que son défilé ait l’air à côté de la plaque, pas qu’il soit nul. On ne voulait pas que les vêtements soient hideux, mais juste qu’ils ne soient pas en phase avec la clientèle actuelle”.

Sarah Edwards revient sur la conception de la garde-robe quotidienne des personnages principaux : “On a vraiment pris le temps de s’assurer que les costumes reflétaient leur individualité et qu’ils étaient à l’image des femmes qu’elles sont vraiment. Avec huit personnages principaux, il était primordial qu’elles se cantonnent à leur style propre, ce qui n’était vraiment pas chose facile, même si c’était très marrant !”

Sarah Edwards remarque par exemple que la garde-robe de Sandra Bullock a été conçue pour évoquer “un personnage détaché, toujours impeccable. Tous ses vêtements ont un côté très minimaliste – des coupes longues, droites, épurées. Debbie Ocean doit pouvoir se déplacer furtivement : la simplicité des coupes et les couleurs sombres ont permis de rendre cette impression”.

La costumière poursuit en expliquant que Lou, le personnage de Cate Blanchett, porte plus facilement des motifs et des couleurs. “On voulait qu’elle ait l’air d’avoir acquis tous ses vêtements au fil du temps et on a donc délibérément mélangé des pièces ‘vintage’ avec des tenues plus modernes, des textures différentes, des motifs animaliers et du cuir par-ci, par-là. Lou est patronne de boîte de nuit, et elle est très chic. Cate a elle-même beaucoup de goût et elle a vraiment apporté beaucoup d’idées”.

“Sarah Edwards est un vrai génie”, s’exclame l'actrice. “La vraie créativité émerge souvent quand vous travaillez sous pression, et on n’a pas idée de toute la pression qu’elle a dû surmonter. Elle était toujours ouverte à toutes les choses qu’on lui proposait, et les essayages avec elle étaient vraiment trop drôles, un peu comme si Speedy Gonzalez vous faisait essayer des vêtements !”

Parmi les autres stars du film, s’il y en a une que l’on connaît pour son sens du style, c’est bien Rihanna. Pourtant, dans le rôle de Nine Ball, elle arbore un style complètement atypique : salopettes en jean, sweat-shirts trop grands, et bottes militaires. Comme le remarque Sarah Edwards, le contraste est total avec “Daphne Kluger, qui est une vraie starlette hollywoodienne, la célébrité du moment. Anna Hathaway voulait la doter d’une aura à la Elizabeth Taylor… mais avec un petit côté Barbie”, sourit-elle.

LE MET

Le gala du Met n’est pas une fête comme les autres : c’est un gala de bienfaisance pour lever des fonds en faveur de l’Institut du Costume du Metropolitan Museum of Art et il marque l’ouverture de son exposition du printemps. En raison des contraintes d’espace et de temps, l’exposition que l’on voit dans le film n’a pas pu être montée sur le site même du Met mais elle a été reconstituée sur le plateau des Gold Coast Studios, à Long Island.

DiGerlando et son équipe ont passé neuf mois à concevoir et à construire le décor complexe de l’exposition de costumes du film, intitulée “Le Sceptre et l’Orbe : Cinq siècles de tenues royales”. Ce nom a été choisi par le rédacteur international freelance de Vogue, Hamish Bowles, qui a par le passé organisé plusieurs expositions de mode remarquées, et c’est Anna Wintour qui a suggéré son nom pour diriger celle de OCEAN’S 8. “Plutôt que de s’intéresser aux costumes d’époque, on a agencé l’exposition autour de l’idée de l’habit royal et de son influence constante sur les créateurs de mode”, indique Bowles.

Ce dernier a réussi à convaincre de grandes maisons de couture d'autoriser la production à avoir accès à leurs archives. Des robes de créateurs amoureusement préservées ont été sélectionnées et envoyées au studio, où des conservateurs de musées les ont soigneusement mises sur des mannequins tout spécialement créés pour l'occasion. Ceux-ci ont ensuite été installés sur le plateau suivant les indications de Bowles et de DiGerlando.

Dans le hall d’entrée inspiré de l’époque des Tudor, l’influence de la monarchie britannique est palpable dans les créations de Sarah Burton pour Alexander McQueen et de Maria Grazia Chiuri et Pierpaolo Piccoli pour Valentino. Le style de la Cour de Louis XIV se retrouve dans les robes de Dolce & Gabbana, Zac Posen, Jean Paul Gaultier et John Galliano pour Christian Dior, Vivienne Westwood, Valentino et Alexander McQueen.

Tous les costumes sont ornés de parures de bijoux royaux chatoyants qui ont en fait été entièrement confectionnés à la main pour les besoins du film par le chef accessoiriste Michael Jortner, qui a collaboré avec un joailler.

Outre la splendeur vestimentaire, l’élément de décor le plus frappant est sans doute la piscine réfléchissante qui occupe tout l’espace. En effet, les costumes ont l’air de flotter audessus de l'eau. Pour l'essentiel, ce décor est bien réel mais l’eau qui se trouve directement sous les robes n’est cependant qu’une illusion numérique afin de préserver les tenues de l’humidité.

Aucun détail du décor n’a été épargné. Les cartouches descriptifs ont eux aussi été rédigés par Bowles et son équipe, et on y trouve l’information de fond précise liée à chaque robe et à sa référence historique, bien que ce ne soit pas lisible à l’écran. “On a tout fait dans les règles, comme on l’aurait fait pour une véritable exposition”, confirme Bowles.

Parmi les autres décors construits sur le plateau de Gold Coast, on compte le hall qui mène aux toilettes pour dames du musée et les W.-C eux-mêmes. Il y a aussi une extension du Temple d’Isis de l’aile Sackler du Met, avec des sculptures égyptiennes rappelant celles du musée. “Le plateau était en fait un assemblage de décors”, admet DiGerlando. “On les a construits de manière à ce qu'ils communiquent entre eux pour pouvoir facilement s'y déplacer”, continue DiGerlando.

Tous les rebondissements d’OCEAN’S 8 aboutissent à un évènement central : le Gala du Met, “où la mode, l’art et la gloire se rencontrent. C’est le summum de l'élégance et de l’art de faire la fête propres à New York, et aussi indubitablement la soirée la plus en vue de l’année”, rappelle Olivia Milch.

Même entourée de célébrités en habits de haute couture et parées de bijoux étincelants, l’époustouflant Jeanne Toussaint capte l’attention de toute l’assistance, notamment celle de Debbie Ocean et de son équipe. “On voulait que ce soit un vol de bijoux plus spectaculaire que le braquage d’un coffre-fort ou le vol d’une boîte à bijoux”, raconte Ross. “Le Gala offre un arrière-plan extrêmement brillant et prestigieux. Ça en faisait le cadre idéal où entraîner les spectateurs”.

Les acteurs et les auteurs de OCEAN’S 8 ont eu l’immense privilège de tourner les scènes du Gala à l’intérieur du Metropolitan Museum of Art. Les producteurs avaient d’abord envisagé de filmer le bal en studio. Cependant, Ross a rencontré le directeur et PDG du Met Daniel H. Weiss, qui leur a permis de tourner à l’intérieur de l'établissement pendant deux semaines, une première pour un film.

“Le plaisir de tourner à New York est indescriptible et la ville n'offre pas seulement un décor saisissant mais est également très accueillante. Avoir accès à un lieu aussi emblématique que le Met a été un honneur tout particulier pour chacun de nous”, confie Susan Ekins.

Situé sur la 5e Avenue, en bordure de Central Park, la façade style Beaux-Arts du Met s’étend sur quatre pâtés de maison, faisant du musée le plus grand des États-Unis. C’est aussi l’un des plus fréquentés. Le seul moment possible pour y tourner a donc été de nuit. Dès que les portent se fermaient au public, à 17h30, le tournage se mettait en place pour s’arrêter chaque matin, quelques heures avant la réouverture du musée, lequel devait s’accorder un peu de temps pour préparer le retour des visiteurs pour la journée.

La nature du lieu a également constitué un autre défi assez inédit pour les producteurs, car des centaines d’acteurs, de figurants et de techniciens – sans compter l’éclairage, les caméras et le reste du matériel – étaient entourés d’œuvres d’art uniques d’une valeur inestimable.

“J’ai tenu des réunions sur la sécurité des œuvres d’art comme on le ferait avant une importante cascade. C’est un fait, un faux mouvement aurait coûté davantage que le budget du film”, lance Ross, en plaisantant à moitié. “Il fallait donc que l’on fasse vraiment très attention. On a eu de longues réunions avec le Met sur ce que l’on comptait faire, afin qu’ils aient connaissance du moindre de nos mouvements : on leur a détaillé la manière dont on allait décharger le matériel puis tout remballer, les endroits où les caméras pouvaient, ou non, se trouver. Et on a élaboré les prises de vue en fonction. On a tous été extrêmement attentifs quand on était sur place et on s’en est sortis sans encombres”, dit-il en souriant.

Malgré ces contraintes, chacun a apprécié cette occasion rare de voir les chefs d’œuvre du musée tout au long du tournage. “Entre les prises, on pouvait se promener dans le musée et le découvrir d'un œil totalement nouveau, on pouvait s’arrêter pour regarder une œuvre, attentivement, en étudier les détails. Pendant deux semaines, on a pu savourer tout ça, si bien que tourner au Met a bien été un cadeau à plusieurs égards”, affirme Sandra Bullock.

Chaque année, le Gala du Met est organisé autour d’une thématique liée à l’exposition de costumes, qui démarre avec la soirée. Le thème se retrouve à la fois dans les tenues des invités et dans le décor de la fête. Pour OCEAN’S 8, le thème choisi a été la monarchie européenne.

"On a choisi Versailles comme source d'inspiration pour imaginer le majestueux décor", détaille DiGerlando. "Le Grand Hall a été élaboré comme l’un des jardins de Versailles dans lequel on peut se promener avant de déboucher au pied de l’escalier digne d’un grand palais".

L’équipe de DiGerlando a installé des topiaires et des sculptures dignes d’un jardin royal à l'entrée du musée, complété par un jardin extravagant qui camoufle le bureau d’information. Dans le Temple d’Isis du musée, là où se tient le dîner du Gala, le temple de l’Ancienne Égypte était ceint d’un mur de Versailles virtuel projeté dans l’espace.

Sur l’escalier monumental qui mène du Grand Hall aux galeries du premier étage, des figurants portaient des tenues de valets montant la garde. “L’idée nous est venue de poster cinquante valets de pied tout au long de l’escalier avec des chandeliers, de part et d’autre de ce magnifique tapis peint à la main habillant les marches”, décrit DiGerlando. “Leur costume est devenu un élément du décor”.

L'ÉCLATE !

Le Gala du Met est axé sur la mode et la chef costumière Sarah Edwards a travaillé avec certains des plus grands couturiers au monde pour habiller les huit protagonistes féminins du film en vue de la séquence du bal. Elle a commencé par s'entretenir avec chacune d’entre elles pour savoir quel créateur de mode s’apparentait à leur personnage respectif. Pour les actrices, les robes représentaient toutefois bien plus que de savoir quel couturier avait conçu leur tenue.

“Tout est question de repousser les limites de la couture. Il s’agit d’exprimer sa personnalité par le biais des matières et de la structure des vêtements d’une façon qui sort de l’ordinaire”, fait remarquer Sandra Bullock. “Et chacune de nous a pu porter des robes plutôt étonnantes à l’occasion du Gala”.

“Alberta Ferretti a créé ma robe, ce qui reflète le travail fabuleux investi dans sa confection”, poursuit Sandra Bullock. “Je ne sais pas si c’est voulu mais le nom de famille de mon personnage est Ocean et quand j’ai regardé le bas de la robe avec la traîne, j’y ai vu des étoiles de mer, des coquillages et des vagues, le tout tissé d’or et d’argent sur une mer de tissu noir. C’est une véritable œuvre d’art”.

La robe d’Helena Bonham Carter rappelait elle aussi le nom de son personnage. “[Les créateurs] m’ont associée à Dolce & Gabbana, ce qui me convient parfaitement et qui sied aussi à mon personnage”, explique l’actrice. “Je me suis rendue dans leur studio où j’ai aperçu cette tenue dans un coin, une sorte de petite robe des années 1950, blanche recouverte de roses, et j’ai lancé ‘C’est Rose’. Et pour rendre l’effet encore plus saisissant, des roses ont été peintes à la main pour rehausser leur éclat et leur donner du relief. Je ressemblais à un jardin de roses en mouvement”.

Mindy Kaling s’est sentie une proximité particulière avec la robe d’Amita. “Ma tenue a été conçue par Naeem Khan, que j’admire depuis longtemps. Il est indien, ce qui compte tout spécialement à mes yeux”, ajoute-t-elle. Cette création scintillante associe plusieurs nuances de doré grâce aux paillettes et aux bijoux cousus main. “Pour moi qui adore la mode, ça a été un rêve devenu réalité”.

Awkwafina a vécu ce que Sarah Edwards appelle “un moment Cendrillon” sous les traits de Constance, dans sa robe imaginée par Jonathan Simkhai, et l’actrice le reconnaît. “Elle était tellement sublime, c’est la plus belle chose qu’il m’ait été donné de porter dans la vie”. Cependant, elle a eu un problème en portant de la “haute” couture. “J’ai eu du mal à marcher en talons, j’avais l’impression que j’allais trébucher. J’ai donc dû m’entraîner à marcher avec car ce ne sont pas des Uggs”, dit-t-elle en riant.

Tammy, le personnage campé par Sarah Paulson, était apprêtée d’une robe de velours Prada bleu nuit. “C’est tout ce dont j’ai jamais rêvé”, déclare l’actrice. “J’ai déjà eu la chance d’assister au Gala du Met et c’est une soirée incroyablement glamour. Je crois que chacun, du département artistique aux équipes des costumes, de la coiffure et du maquillage, a vraiment réussi à en cerner l’essentiel. C’était merveilleux”.

Au lieu d’une robe traditionnelle, Givenchy a créé une tenue très peu conventionnelle pour Cate Blanchett, dans le rôle de Lou. “C’était une combinaison merveilleuse, ornée d’émeraudes, au look très rock’n’roll, presque à la Bowie”, affirme la chef costumière. “C’était parfait pour son personnage”.

Sous les traits de Nine Ball, Rihanna portait une robe exquise élaborée par Zac Posen. “La ligne simple et la couleur lui allaient admirablement”, reprend Sarah Edwards.

Dans le rôle de la star du bal, Daphne Kluger est resplendissante dans une “création de Rose Well”, qui était en réalité une robe Valentino – une pièce rose vif agrémentée d’une cape de huit mètres de long qui lui prête une allure royale en accord avec le thème du Gala. “J’ai depuis longtemps l’habitude des créations Valentino, si bien que je savais que leur réalisation serait parfaite. Et j’adore les vieux films dans lesquels Grace Kelly ou Audrey Hepburn ont leur garde-robe conçue par un célèbre créateur. Le fait que je puisse vivre la même chose était vraiment extraordinaire”, reconnaît Anne Hathaway.

La robe d’Anne Hathaway possédait un détail unique. “C’était important de mettre le collier en valeur”, précise Sarah Edwards. “La robe est donc volontairement simple avec son bustier aux lignes épurées. Et la couleur était absolument magique en contraste avec les diamants. Tout a été méticuleusement pris en considération”.

La chef costumière a sincèrement apprécié le travail des créateurs, qui ont tous joué le jeu des délais serrés de la production pour mettre au point les robes du film. “On leur a demandé de faire ces robes en un temps record”, confirme-t-elle. “Dans le cinéma, on a l’habitude de tels délais mais pas les maisons de haute couture. Ils ont tous accompli un travail remarquable pour faire ces robes, taillées aux mensurations exactes des actrices, et je les en remercie. C’était un travail herculéen”.

En outre, un certain nombre de maisons de créateurs ont prêté, pour le tournage, des centaines de robes et costumes pour hommes en plus pour les figurants présents au bal. “Il a fallu une armée de petites mains pour habiller les invités du Gala du Met. On a eu de la chance d’avoir une équipe fantastique”, déclare Sarah Edwards.

Soderbergh se souvient d'avoir été époustouflé par le résultat. “On venait juste de terminer une scène et on se préparait à passer sur une autre partie du plateau et je me suis mis à regarder les acteurs et les quelques 300 figurants défiler sous mes yeux. Une vision à perte de vue où toutes les tenues étaient extraordinaires”.

Une fois le tournage achevé, Gary Ross est retourné à Los Angeles pour la postproduction, travaillant étroitement avec la chef monteuse Juliet Welfling et le compositeur Daniel Pemberton. Ce dernier a composé une musique qui restitue parfaitement les différentes tonalités du film.

“Ce film allie beaucoup d’éléments”, réfléchit Ross. “C’est drôle mais ce n’est pas non plus une comédie à 100 %. C’est un film de braquage mais pas un drame. C’est enjoué, léger, et par-dessus tout cool. Et je pense que les spectateurs vont vraiment passer un excellent moment”.

Crédit des textes des notes de production © 2018 WARNER BROS. ENTERTAINMENT INC.

  
#Oceans8

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