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samedi 29 juin 2019

YESTERDAY



Musical/Drame/Comédie/Un film très sympathique qui met de bonne humeur

Réalisé par Danny Boyle
Avec Himesh Patel, Lily James, Ed Sheeran, Kate McKinnon, Joel Fry, Alexander Arnold, Lamorne Morris, James Corden...

Long-métrage Britannique
Durée: 01h56mn
Année de production: 2019
Distributeur: Universal Pictures International France

Date de sortie sur les écrans britanniques : 28 juin 2019
Date de sortie sur nos écrans : 3 juillet 2019


Résumé : Un musicien anglais cherchant à percer et qui, pour des raisons inconnues, est le seul à se souvenir des Beatles.

Bande annonce (VOSTFR)


Ce que j'en ai penséYESTERDAY est une comédie romantique aux ressorts assez classiques, mais son scénario a la bonne idée de la placer dans une réalité alternative, ce qui vient ajouter une petite touche de fantastique à cette histoire fraîche et lumineuse. 

Le réalisateur, Danny Boyle, sait aussi bien mettre en scène une atmosphère confortable de petite ville de bord de mer, que des ambiances de festival de musique ou encore une sensation d’étrangeté. 


Il aime ses personnages et leur fait traverser toute une palette d’émotions. Il est très à l’aise pour leur créer un passif et exprimer l'amitié ainsi que la complicité. La musique tient une place très importante dans ce long-métrage. Elle est au centre de l’intrigue. L’humour vient en partie des références musicales, aussi, il est mieux de connaître le registre des Beatles et de voir le film en version originale pour profiter des bons mots et des clins d’œil aux paroles ainsi qu’aux rimes. Les fans du groupe anglais auront beaucoup de plaisir à suivre la piste de l’exploration d’un passé, présent à l’esprit du personnage principal, n’ayant jamais existé. Le réalisateur utilise les chansons des Beatles comme un fil rouge qui se transforme en un vibrant hommage au fur et à mesure que les événements se déroulent.

Les acteurs sont supers pour nous faire vivre cette aventure parsemée bons sentiments de façon vraiment agréable. Himesh Patel interprète Jack Malik, un jeune homme pour qui la musique est une respiration et une inspiration. Il est plein de bonne volonté, cependant le succès est un monstre qui ne se laisse pas facilement approcher. L’acteur sait être attachant, talentueux avec une touche de naïveté tout en étant crédible quant au manque de charisme de son personnage qui rend les circonstances peu probables dans notre réalité et donc souligne l’incroyable destinée, sous forme de nouvelle chance, de son protagoniste. 




Lily James est adorable dans de le rôle d’Ellie, une amie formidable. 



Il est marrant de voir Ed Sheeran jouer son propre rôle de star dans ce contexte particulier. 


Kate McKinnon interprète Debra, une manager délicieusement brutale avec sa franchise sans filtre. 

Copyright photos © 2019 Universal Studios

Joel Fry est drôle dans le rôle de Rocky, un ami toujours en galère, complètement immature, mais qui sait parfois dire ce qui doit être dit.

YESTERDAY met de bonne humeur. Il nous donne envie de fredonner les formidables et célébrissimes airs des Beatles. Son réalisateur lui construit un beau capital sympathie qui touche les spectateurs droit au cœur et en fait un joli moment de cinéma.

NOTES DE PRODUCTION 
(À ne lire qu'après avoir vu le film pour éviter les spoilers !)

CURTIS ET BOYLE - UN DUO DYNAMIQUE

RICHARD CURTIS

Il était tout naturel que Working Title, qui est devenu synonyme de la fine fleur du cinéma britannique, fasse appel au scénariste Richard Curtis avec qui ils travaillent depuis plus de 30 ans, pour que ce nouveau projet puisse voir le jour. De COUP DE FOUDRE À NOTTING HILL (Roger Mitchell, 1999) au JOURNAL DE BRIDGET JONES (Sharon McGuire, 2008) en passant par LOVE ACTUALLY (Richard Curtis, 2003), le célèbre scénariste/réalisateur écrit pour ou a été produit depuis le début par la société de Tim Bevan et Eric Fellner.

Il nous raconte : « un des producteurs de Working Title est venu me voir pour me parler de l’idée de Jack Barth à propos d’un musicien qui serait le seul à se souvenir des Beatles dans un monde où le célèbre groupe a disparu. J’ai trouvé cette idée brillante et j’ai préféré ne pas lire le script pour pouvoir l’écrire moi-même. Cette idée de base était géniale et tout le reste en a découlé. C’est un film très personnel que je n’aurais pas pu réaliser moi-même, même si je ne l’ai pas écrit pour un réalisateur en particulier. Mais à la fin de l’écriture, Danny Boyle s’est imposé immédiatement à mon esprit ».

Les deux hommes se connaissaient déjà puisqu’ils avaient travaillé sur l’ouverture des jeux Olympiques de 2012 que Danny Boyle mettait en scène à l’époque. Richard Curtis avait été chargé de faire une parodie DES CHARIOTS DE FEU (Hugh Hudson, 1981) pour Rowan Atkinson, l’interprète de Mr Bean. Cette intervention n’avait rien de conventionnelle et correspondait parfaitement au caractère subversif et néanmoins très exigeant de Danny Boyle. Il nous raconte : « Danny voulait quelque chose de drôle en plein milieu de la cérémonie pour créer un effet de surprise. Pour nous convaincre il passait son temps à expliquer comment Jürgen Klopp dirigeait l’équipe de Liverpool : quelque chose appelé le "Gegenpressing" qui consiste à tout faire rentrer dans l’attaque, ce qui correspondait à sa propre manière de travailler ».

Six ans après le triomphe de l’ouverture des jeux Olympiques à Londres, il lui envoyait une première version de YESTERDAY sans pour autant être trop optimiste quant à sa réaction. Il développe : « j’ai pensé qu’il y avait peu de chances qu’il accepte en raison de son emploi du temps et du ton du film qui se voulait résolument romantique. 4 MARIAGES ET UN ENTERREMENT c’est l’opposé de TRAINSPOTTING, les deux sont ce qu’on peut trouver de plus anglais dans le cinéma, mais dans des sens totalement opposés, même s’ils partagent une vision résolument euphorique et optimiste ! ».

DANNY BOYLE

Le réalisateur du film se confie : « on ne m’avait rien dit à part "pas ton genre a priori". J’ai lu le script d'une traite et j’ai immédiatement répondu à Richard par une phrase de Coleridge à propos de Wordsworth, que j’affectionne particulièrement : “Il n’y avait que toi pour avoir ce trait de génie”. Ce à quoi Richard ma répondu "en fait non. C’est une histoire qui a déjà été écrite et que je réécris". De toute façon cette idée que tout le monde ait oublié les Beatles sauf un musicien du Suffolk en galère m’avait séduite ».

Mais pour être sûr d’avoir carte blanche il a demandé à être reçu pour pitcher le film, afin que tout le monde soit bien d’accord sur la direction qu'il prendrait.

Il a ensuite demandé à Richard Curtis de changer environ un quart du scénario, et comme c’était un travail en évolution ce dernier n’a eu aucun problème ni scrupule à le faire afin de rendre le film plus visuel et plus percutant. Le réalisateur développe : « Richard est pour moi le spécialiste britannique de la comédie romantique anglaise. J'admire la manière dont il mêle les deux genres. À mes débuts, après TRANSPOTTING en 1986, je me souviens que tout le monde venait me voir en me demandant ce que j’allais faire ensuite. J’ai enchaîné avec UNE VIE MOINS ORDINAIRE en 1997, un film qui pour moi était une comédie romantique et dont je suis très fier. Mais nous n’avions pas fini le montage quand j’ai eu entre les mains le script de NOTTING HILL et je suis resté scotché. Je me rappelle m’être dit : "Ça c’est de la vraie comédie romantique !" ». C’est pourquoi aujourd’hui je suis ravi que nous collaborions ensemble sur un de ses scripts qui va donner une comédie sentimentale qui a foi en l’amour. Croire en les Beatles c’est croire à l’Amour. Et c’est tout Richard ! »

TIM BEVAN

Pour le créateur de Working Titles et ami de longue date de Richard Curtis, il y avait une évidence quelque part dans la collaboration de ces deux artistes en apparence si différents. Il explique : « Richard et Danny ont percé à la même époque, leurs films étaient fondamentalement anglais, et malgré leur succès international, ils ont décidé de continuer en Angleterre au lieu de foncer à Hollywood. Ils ont compris que leur succès tenait à la justesse de leur vision de la société anglaise, et qu’ils avaient tout intérêt à exploiter cette fibre pour en faire profiter le monde entier. Et c’est ce qu’ils ont fait, avec le succès et les chiffres qu’on leur connaît. Il était logique qu’ils finiraient à un moment ou un autre par travailler ensemble et évidemment sur un film qui parlerait de musique tant ils sont fans tous les deux de Pop anglaise. Tous les ingrédients ici sont 100% emblématiques de l’Angleterre : le scénariste et le réalisateur, la société de production et le groupe musical ! ».

Selon le producteur, Danny Boyle est un réalisateur impressionnant dans la mesure où il est le genre de personne à dire sans détour : « si n’importe qui peut réaliser le film, il n’y a aucune raison que je le fasse ». Il continue : « Danny est très terre à terre et entouré de gens comme lui, notamment son producteur BERNARD BELLEW. Ce sont des gens qui aiment ce qu’ils font et qui ont confiance en Danny. C’est très sain et en même temps rafraîchissant, car c’est rarement le cas malheureusement. Ils ont une communication très fluide et tout se passe dans le respect et l’amour de cinéma ».

UNIVERSAL

Le studio qui allait accepter un film sans stars vraiment connues en haut de l’affiche, ce qui est un énorme risque à ce niveau, allait devoir faire preuve d’instinct et de courage.

Si certains sourcils se sont levés quand Richard Curtis et Tim Bevan ont pitché le film à la direction d’Universal, le fait que Danny Boyle ait été aux commandes de la réalisation les a tout de suite conforté dans l’idée qu’il serait capable de gérer tous les problèmes.

Danny Boyle de son côté a été infiniment rassuré quand il a appris que Working Title ferait équipe avec Universal, il explique : « le partenariat Working Title / Universal est pratiquement le seul appareil de grosse production que nous ayons en Grande Bretagne. Avec les Américains, on sait qu’on ne risque rien, que le film sera financé et qu’il se fera comme on l’a décidé ».

LES BEATLES

Il était primordial pour toute l’équipe que la justesse de la sensibilité de la musique du groupe mythique puisse transparaître à travers une histoire d’amour à la hauteur de la conception qu’ils en avaient et qu’ils ont répandue à travers le monde avec leurs chansons.

Danny Boyle rappelle qu’un jour quelqu’un s’était amusé à compter combien de fois le mot "amour" était prononcé dans les chansons des Beatles en comparaison de la Bible. Et évidemment ce sont les Beatles qui l’emportent haut la main. Il continue : « J’espère que c’est ce que les gens retriendront de ce film : une vraie histoire d’amour. Qui de mieux que les Beatles pour chanter l’amour ? C’est à double niveau : l’amour que nous avons pour leurs chansons, qui est universel, vient ici illustrer une histoire d’amour qui va en faire voir de toutes les couleurs au public ». C’est également un film qui repousse les limites de ce qu’on croit possible dans la mesure où, même quand quelque chose semble perdu, on peut toujours le récupérer.

Selon le réalisateur : « les Beatles sont apparus au moment où le monde se relevait d’un demi-siècle de guerre. L’amour, l’art et la poésie ont su insuffler la force de la reconstruction, et la Pop celle du mouvement incarné par les jeunes générations et leur nouvelle sensibilité. Les gens ont eu envie de vivre. Et tout ça grâce à ces quatre garçons ».

LES PERSONNAGES

Jack Malik - Himesh Patel

Pour incarner Jack, ce héros malgré lui, il fallait un comédien capable de chanter, danser, jouer de la guitare et du piano et surtout il fallait que ce soit un parfait inconnu !

GAIL STEVENS la directrice de casting et son assistante REBECCA FARHALL se sont empressées de présenter le jeune comédien de la série Eastenders (J. Smith et T. Holland, 1985-) à Danny Boyle qui ne suivait ce Soap que par intermittence et ne se rappelait absolument pas du jeune homme. En revanche il n’a pas réalisé sur le moment qu’il l’avait vu et apprécié dans le court-métrage 2 Dosas sélectionné au festival du film Shuffle dans le East End où il vit et qui est dirigé par une de ses filles. Dès qu’il s’est mis à jouer Back Into The USSR à la guitare, il y a eu comme une évidence.

Danny Boyle raconte : « j’avais auditionné d’autres acteurs que je voyais mieux dans le rôle, mais c’est quand il s’est mis à chanter que j’ai su que je tenais le bon. C’est comme si c’était la première fois que j’entendais cette chanson que pourtant je connaissais et que j'adorais. Il se l’était complètement approprié. Il était à la fois humble avec la chanson des Beatles et s’en était en même temps complètement affranchi. On était loin d’une version karaoké améliorée, il en avait fait quelque chose de très personnel, comme si la chanson était de lui ».

Caster un inconnu dans un tel rôle pouvait sembler risqué, mais le fait de catapulter un nouveau talent sous le feu des projecteurs faisait écho à l’histoire des Beatles. John, Paul, Ringo et George étaient des gamins de Liverpool qui ont créé quelque chose d’incroyable, et cela a eu un impact d’autant plus incroyable sur le monde.

Selon Richard Curtis : « Il était charmant et intelligent, on l’a tout de suite adoré avec Danny. Il possède quelque chose de très lumineux avec la même simplicité et la même évidence qui se dégage des chansons des Beatles. Et puis nous aimions le fait qu’on allait le faire découvrir au grand public… en tout cas pour ceux qui n’avaient jamais vu le Soap EastEnders qui est tout de même un incontournable du genre ici en Angleterre ».

La série diffusée depuis 1985 sur la BBC est devenue culte, une véritable institution, au sein de laquelle le jeune homme est mieux connu, sous le nom de son personnage_ : Tamwar Massoud, depuis 9 ans maintenant. C’est dans cette série qu’il a fait ses classes, en tournant près d’une trentaine de scènes pour 8 à 12 épisodes par semaine.

Malgré cette expérience notable le jeune homme avoue avoir eu le trac pour ce qui allait être son premier film : « tout était nouveau pour moi, j’ai été un peu impressionné par la manière dont tout s’est mis en place. Mais c’était un rôle qui me parlait. Jack est un musicien qui galère depuis un petit bout de temps et au début du film il joue devant des salles vides, des gens qui ne l’écoutent même pas, ce qui finit par entamer sa confiance en lui et le pousse à se demander s’il ne devrait pas recommencer à enseigner. Et tout à coup, il est le seul à se souvenir des chansons des Beatles, que personne ne semble connaître, un mystère qu’il ne comprend pas bien. Il finit par saisir cette opportunité de devenir célèbre en chantant leurs chansons qu’il fait siennes, ce qui lui vaut l’attention d’Ed Sheeran, avec qui il part en tournée. Alors qu’il touche la gloire du doigt et obtient tout ce qu’il a toujours voulu, il doit faire face à un nouveau monde de responsabilités. Si j’avais bien compris l’histoire du film, je n’avais en revanche pas réalisé à quel point ce serait un véritable pèlerinage au cœur de l’œuvre des Beatles, que j’allais en plus devoir me réapproprier.

Nous avons pris les chansons qui ont un rapport avec l’histoire. Toutes ne figurent pas dans le film, simplement parce que Jack ne les a pas toutes en tête ! Par exemple ce n’est qu’à la fin qu’il se souvient de All You Need Is Love, et pendant tout le film il court après les paroles d’Eleanor Rigby. Avant son accident il notait ses idées de chanson sur des post-it… quand il comprend que les gens ne connaissent pas les Beatles, il commence à noter les titres de leurs chansons de la même façon. Pendant que je me préparais pour le rôle, j’ai essayé de me rappeler tout seul des paroles pour comprendre l’état d’esprit de Jack. C’était un véritable casse-tête, car on connait toutes leurs chansons sans se souvenir précisément des paroles ».

Ellie - Lily James

À la fois professeure d’école, manager de Jack et surtout sa plus vieille amie, la jeune fille va l’accompagner dans ce monde parallèle tout droit sorti de l’imaginaire de Danny Boyle et Richard Curtis. La jeune comédienne avait commencé avec le rôle de Lady Rose McClare dans la série Downton Abbey (Julian Fellowes, 2010-2015), avant de passer au cinéma avec LE CHOC DES TITANS (Louis Leterrier, 2010). Sa carrière décolle et elle a enchaîné les succès comme MAMA MIA 2 (Ol Parker, 2018) ou LES HEURES SOMBRES (Joe Wright, 2017). Danny Boyle n’a pas hésité une seconde : « elle illuminerait le ciel ! C’est la première fois que je travaillais avec elle et nous avons répété les scènes ensemble, ce que j’adore faire avec les acteurs, et une chose est sûre : c’est une excellente actrice.

Ellie est l’amie de Jack et son manager, dans la mesure où elle le pousse et lui trouve des plans. Elle est tellement différente de l’autre manager, Debra, et même si toutes les deux sont très drôles à leur manière, Ellie possède la grâce innée de sa comédienne ».

Richard Curtis nous raconte : « pour cette fille adorablement mal coiffée et mal fagotée, nous n’avons pas hésité une seconde à choisir Lily. Elle est l’âme et la lumière de ce film. Sur le plateau elle a beaucoup aidé Himesh et ensemble ils ont réussi à porter le film ».

Le cœur du film c’est l’histoire de ces deux-là, qui ont grandi ensemble et qui sont unis par un lien très fort mais qui va se transformer quand leurs vies basculent. C’est une histoire d’amitié, d’amour, de famille, de gloire et de musique qui résonne, de ce que signifient des notions comme la réussite et le bonheur.

La comédienne nous confie : « Ellie adore sa vie dans le Suffolk, qui est riche et très active. Entre son travail à l’école et la carrière de Jack elle n’a pas une seconde. Ils sont inséparables, et s’ils sont amis depuis toujours, elle est surtout très amoureuse de lui. Alors quand Jack devient obsédé par sa musique, elle est reléguée au second plan. Pour le rôle je suis allée dans une école à Lowestoft où j’ai observé les professeurs pendant une journée. Ils sont incroyables et s’occupent tellement bien des enfants ».

Himesh Patel développe : « Ellie est la pierre angulaire du bonheur de Jack, même s’il met un peu trop longtemps à le réaliser. C’est un roc, elle croit en lui depuis le début, depuis le jour où elle l’a entendu chanter Wonderwall à l’école. Elle a tout de suite vu qu’il était spécial, en tant qu’artiste mais aussi en tant que personne. Mais il ne s’est jamais aperçu que ses sentiments étaient plus profonds. Elle pense que si elle reste là à le soutenir il finira par ouvrir les yeux et comprendre qu’ils sont faits l’un pour l’autre. Elle est l’antithèse du monde de la musique ou d’Hollywood. C’est une modeste maîtresse d’école dans une bourgade paisible et cela lui convient très bien parce que l’amour qu’elle a pour Jack est tout ce dont elle a besoin ».

La jeune comédienne enchaîne : « Himesh chantait tellement bien ! Sa voix ressemble à celle des Beatles, surtout au début de leur carrière. Il est naturel et il a su gérer la scène comme un pro, surtout à partir du moment où il devient une star dans le film.

Danny a su le filmer à la perfection. C’est un réalisateur qui a su saisir l’esprit du début des Beatles. Il a su immortaliser cette étincelle que la musique de ce groupe incroyable a réveillée chez tout le monde. C’est un vrai fan, donc on savait tous que cette histoire était dans les meilleures mains possibles. Entre lui et CHRIS ROSS derrière la caméra, j’avais l’impression de voir des magiciens à l’œuvre. Et si Richard Curtis ne pouvait pas être tous les jours sur le plateau en raison de son implication pour les œuvres caritatives de Red Nose, quand il y était c’était très rassurant pour les comédiens. Ses histoires sont tellement sincères et drôles, elles me font fondre à chaque fois. Il sait saisir ce qui est beau et plein d’espoir dans la vie. J’ai grandi avec ses films, je connais chaque réplique de LOVE ACTUALLY par cœur et NOTTING HILL est mon film préféré. Alors travailler avec lui, c’est un rêve, sans compter son charisme et sa bonne humeur contagieuse ».

Ed Sheeran - Lui-même (ou presque)

Comme l’art imite toujours la vie, Richard Curtis s’est inspiré de l’histoire d’Ed Sheeran, qui est un ami, pour développer cette histoire d’un inconnu qui est propulsé en un rien de temps au rang de star. Et il était évident que l’artiste qui allait remarquer Jack sur la chaîne de télé locale et lui offrir de faire sa première partie sur sa tournée mondiale ne pouvait être que le célèbre chanteur. Même si le premier choix de la production s’était porté sur Chris Martin de Coldplay, ce dernier a refusé et pour la plus grande joie de Richard Curtis, le choix s’est tout de suite reporté sur Ed Sheeran qui a accepté immédiatement. Sur le tournage, il n’a d’ailleurs pas manqué une occasion de taquiner Richard en lui faisant remarquer qu’il n’était qu’un second choix.

Richard Curtis nous confie : « Ed est le fils que je n’ai jamais eu. Jeune j’étais roux, comme lui, et je me suis suis largement inspiré de ce qui lui est arrivé, dans la mesure où il vient du Suffolk, fiancé à une fille avec qui il était à l’école. Il y avait tellement de détails dans ma tête que j’ai emprunté à sa vie pour créer l’histoire de Jack ! Il faut dire qu’on se connaît depuis tellement longtemps ! Un soir où nous dînions dans le Suffolk, Ed nous a rejoint et c’est Danny Boyle qui a suggéré qu’il devrait interpréter la célébrité qui déniche la perle rare et le coache sur les marches du succès ».

Danny Boyle nous raconte : « on avait organisé un dîner comme on en fait beaucoup à Hollywood, sauf que c’était dans le Suffolk où Richard vit comme Ed et à côté de Cambridge où Himesh a été élevé. J’ai adoré le côté anonyme de cette réunion entre « voisins ». En plus je pense que Ed ne savait pas qui j’étais, je l’ai vu me Googler pendant le dîner, Dieu merci je suis encore présent sur le net ! »

Le réalisateur trouvait que l’histoire du chanteur résonnait avec le propos du film, mais il savait aussi qu’il était très occupé avec sa carrière et que son temps était précieux. Néanmoins Ed Sheeran a assisté aux répétitions comme tout le monde, il s’est impliqué, a pris des notes. Le public sait quel grand professionnel et quel talent il a, donc le fait qu’il soit subjugué par la rapidité de création de Jack n’en est que plus crédible dans le film. De la même manière, il sait ce que c’est de devenir une superstar d’un coup, les choix auxquels il faut faire face, la précarité de l’équilibre entre la vie professionnelle et la vie privée.

Ed Sheeran lui-même nous confie : « il m’a fallu huit ans avant de pouvoir concilier les deux et c’est ce à quoi Jack doit faire face dans le film. Himesh le joue à la perfection. Je pense que personne n’aurait pu incarner Jack mieux que lui, j’ai eu la chair de poule quand je l’ai entendu chanter The Long And Winding Road. Il a une voix magnifique. Je ne sais pas quels sont ses plans pour le futur, mais il devrait vraiment songer à faire un album ». L’intéressé réplique : « Ed est un comédien incroyable, chaque prise que nous avons faite ensemble était différente ».

Même si le chanteur avait déjà joué la comédie, notamment dans BRIDGET JONES BABY (Sharon McGuire, 2017) et dans un épisode de Games Of Thrones (D. Benioff & D.B.Weiss, 2011-2019) ce n’étaient que des apparitions et il ne s’était jamais aperçu à quel point les films sont plus longs à mettre en chantier que les chansons. Bien évidemment la production ne pouvait pas passer à côté de l’opportunité de lui demander d’écrire un titre pour le final du film. Mais ça a failli ne jamais se faire et il a fallu deux tentatives espacées de quelques années pour que cela se fasse.

Quand on lui a demandé il a accepté immédiatement et est revenu deux jours plus tard avec une ballade romantique How Would You Feel. Mais la chanson était tellement belle que le label d’Ed a décidé de la faire figurer sur son album Divide au grand dam de la production de YESTERDAY. Mais deux ans plus tard pendant le tournage du film, Ed Sheeran a écrit une nouvelle chanson pour le final, mais comme tout change toujours dans le cinéma, finalement ils ont choisi One, un des titres du chanteur qui correspondait le mieux au dénouement du film.

Debra - Kate McKinnon

L’agent américaine de Jack est peut-être la plus excentique de tous. Elle est l’antithèse d’Ellie. Elle n’a ni patience ni loyauté, et représente peut-être ce qu’il y a de pire dans le métier. Le contraste qu’elles représentent toutes les deux est très intéressant. La comédienne qui avait adoré le script avoue qu’elle avait toujours rêvé de jouer un agent, métier qu’elle trouve fascinant et infernal. Kate McKinnon nous explique : « elle représente le cauchemar d’Hollywood. Alors que Jack essaie de garder les pieds sur terre, elle balaie tout sur son passage et prend le contrôle de sa vie en y semant tout le chaos qu’elle pense nécessaire à la création artistique. Quand elle l’écoute jouer, c’est le bruit du tiroir-caisse qu’elle entend en fait, et elle est bien décidée à le tondre comme un mouton. Elle est terrifiante, c’est un monstre et c’est hilarant à jouer ».

Richard Curtis développe : « c’est le stéréotype de la blonde ambitieuse, elle est diabolique. Je n’ai pas l’habitude de mettre des personnages négatifs dans mes films, mais je l’avais fait sur La Vipère Noire (R. Curtis, R. Atkinson, 1983- 2002) et je me suis dit que je pourrais bien remettre le couvert avec YESTERDAY. C’est le genre de personnage odieux, de bout en bout, qui grillent tout ce qu’ils touchent ».

Danny Boyle renchérit : « Kate est une comédienne de stand-up incroyable. Et la preuve vivante qu’ils excellent dans de vrais rôles. Audelà de son potentiel comique, elle est capable d’improviser et d’aller tellement plus loin que ce que nous avions écrit. Elle est capable de se lâcher complètement, tout en gardant la ligne directrice sincère et cohérente de son personnage que lui a apparemment inspiré son propre agent. C’est une comédienne très professionnelle, elle travaille beaucoup en amont pour pouvoir être au maximum de ce qu’elle a à offrir devant la caméra ».

La comédienne nous confie : « j’étais très bien entourée. Danny Boyle a su trouver une grammaire cinématographique, et ses choix de prises ou d’angles de vue étaient très audacieux et amènent le film à un niveau supérieur. Quant à Richard Curtis, quel bonheur de travailler sur un de ses scripts, c’est tellement bien écrit et généreux, plein de romantisme et de bienveillance. Ses histoires représentent la joie de vivre et d’être ensemble. Et puis… les Beatles, je suis une grande fan ! Petite avec mon père j’ai appris à faire du piano avec leurs chansons. In My Life était ma préférée et elle l’est encore aujourd’hui. Je pense vraiment que sans leur musique, le monde ne serait pas tel qu’il est. Ce serait imaginer un monde sans perroquets ni arcs en ciels. Bien sûr on survivrait, mais ce serait sûrement inodore et sans saveur ».

Rocky - Joel Fry

Le meilleur chanteur du monde n’est rien sans son roadie, et il n’y a pas meilleur roadie que Rocky. Enfin, si… même beaucoup… mais aucun n’est aussi attachant. Richard Curtis nous gâte ici avec un des personnages dont il a le secret, dans la lignée de Spike dans COUP DE FOUDRE À NOTTING HILL (Rhys Ifans), Scarlett dans 4 MARIAGES ET UN ENTERREMENT (Charlotte Coleman), Joe dans LOVE ACTUALLY (Gregor Fisher).

C’est maintenant le tour de Rocky d’illuminer YESTERDAY de sa nonchalance et de son laxisme hillarant. Jack n’a aucun contact dans la musique et quand Ed Sheeran l’approche, il n’a personne pour l’accompagner, dans la mesure où tous ses amis gagnent leur vie. C’est alors qu’il se tourne vers le choix le plus catastrophique que la Terre ait jamais porté : son ami, toxicomane en phase de sevrage au chômage, joué avec un brio et une désinvolture sans égal par Joel Fry. Ce dernier avait été pressenti pour jouer le rôle de Jack mais il était très malade lors des auditions. Musicien hors pair, le directeur de casting avait insisté pour que la production le voie tout de même, même s’il ne serait pas pris pour le rôle de Jack, il serait parfait dans celui de Rocky. Il est arrivé à l’article de la mort, a fait ce qu’il pouvait et a fini par emporter le rôle.

Ce genre de personnage est un vrai cadeau dans un film, ou à jouer dans une carrière de comédien. Ils ont une certaine forme de sagesse. C’est un épicurien, il pense qu’il vaut mieux voir grand, que de se prendre la tête sur des détails. Il n’est absolument pas sujet au stress, ce qui devrait en faire un modèle pour beaucoup, mais comme Richard Curtis le décrit : « c’est un personnage dangereusement détaché ».

James Corden – Lui-même (ou presque)

Un des moments cruciaux qui vient renforcer le sentiment de culpabilité que Jack éprouve à se servir de manière éhontée des chansons des Beatles, est le cauchemar qu’il fait juste avant son passage au Late Late Show de James Corden.

L’animateur est un ami de Danny Boyle et ils s’étaient rencontrés bien avant qu'il ne parte aux États-Unis faire carrière. Ils attendaient tous les deux dans les coulisses à une remise des prix théâtraux pour ‘‘Frankenstein’’ la pièce que Danny Boyle avait mise en scène au Royal National Theatre, tandis que James Corden attendait pour la récompense de son spectacle "One Man Two Gouvernors".

Si ce n’est pas la première fois que James Corden apparaît dans un film de Richard Curtis, c’est en revanche la première qu’il n’y est pas coupé au montage. Richard Curtis avait prévenu Danny Boyle : « il faut à tout prix que tu le gardes au montage, sinon il ne m’adressera plus jamais la parole ! » Ils ont tourné sur le plateau de son émission, ce qui était parfait car construire un décor de cette envergure aurait coûté beaucoup trop cher à la production. Ils ont fait l’aller-retour à Los Angeles pour la scène qui était la première du film. Danny Boyle confirme les talents d’acteurs et le professionnalisme de l’animateur : « il vous demande ce que vous voulez et vous le donne immédiatement. En plus il nous a caché qu’il préparait un tour en voiture avec Paul McCartney dans Liverpool et surtout le KARAOKÉ live pour son émission. Il ne nous a rien dit. Quand je l’ai vu plus tard je n’ai pas pu m’empêcher de me dire ‘‘quel cachottier il savait déjà qu’il le ferait quand on a tourné avec lui !’’ ».

LES DROITS ET LES TITRES DE YESTERDAY

Il est évident qu’aussi fan que Danny Boyle et Richard Curtis aient été des Beatles, rien ne se serait fait sans la bénédiction des membres survivants du groupe mythique, Paul McCartney et Ringo Starr, ainsi que les héritiers de George Harrison et John Lennon. Avec leur aval ils ont choisi les titres qui figureraient dans le film et qui seraient interprétés par Himesh Patel. Ce qui n’a pas été une mince affaire, dans la mesure où il est très compliqué de privilégier certains titres dans une oeuvre aussi complète. Mais pire encore comment en laisser de côté ? Une fois cette tâche douloureuse effectuée, il a fallu mettre les chansons dans l’ordre qui suivrait la narration.

YESTERDAY

Selon Paul McCartney cette chanson tient du génie et du miracle tout à la fois. Elle était tellement parfaite qu’immédiatement après l’avoir écrite il a pensé qu’il avait dû la rêver ou l’avoir volée. C’est le premier titre que Jack joue après l’accident et la réaction de ses amis est la première chose qui lui dit que quelque chose ne tourne pas rond. Il fallait une chanson pure et sincère qui laisse tout le monde sans voix.

IN MY LIFE

C’est la chanson que Jack interprète sur la chaîne locale, où Ed Sheeran le repère. Il se trouve que c’est cette même chanson que le célèbre chanteur avait interprétée pour Paul et Ringo peu de temps auparavant. Un clin d’oeil astucieux et en même temps l’occasion pour Ellie de penser que c’est un message et une déclaration… ce qui n’est pas le cas.

BACK INTO THE USSR

C’est le titre que Jack décide d’interpréter pour capter l’attention du public en Russie qui vient pour Ed Sheeran et ne lui prête aucune attention. C’était un choix assez évident pour une tournée en Russie.

THE LONG AND WINDING ROAD

C’est le fruit du challenge que lance Ed Sheeran à Jack pour voir qui a le plus de créativité et écrit le plus vite. Pour cette séquence il fallait un titre évident et mélodieux, ce qu’illustre parfaitement cette chanson.

PENNY LANE, ELEANOR RIGBY et STRAWBERRY FIELDS FOR EVER

Ce sont des classiques, mais ce sont aussi les chansons dont Jack a le plus de mal à se souvenir, car il ne peut plus se fier qu’à sa mémoire. Si nous connaissons les airs ou les refrains, il est beaucoup plus dur de se souvenir des paroles complètes de chansons, surtout à une époque où on ne retient plus rien et vérifie en permanence sur les portables. Richard Curtis avoue avoir essayé de se rappeler de tête d’Eleanor Rigby et d’avoir échoué 5 fois.

HERE COMES THE SUN, WHILE MY GUITAR GENTLY WHEEPS et HEY JUDE

Ce sont toutes les chansons que Jack enregistre à Los Angeles avec l’aide d’Ed Sheeran, dans l’optique d’un potentiel futur album. Il fallait qu’elles aient plus de maturité, c’est pour cela que nous avons choisi deux chansons de George Harrison et pour, bien sûr, la blague du film sur Hey Jude, que Sheeran essaie de transformer en Hey Dude. C’est aussi le moment où Jack glisse entre ces trois titres une de ses propres chansons, et c’est un échec cuisant qui le ramène à sa réalité de piètre auteur.

HELP

C’est la chanson qui lance l’album de Jack, interprétée en live du haut du toit d’un pub en surplomb d’une foule hurlante et déchaînée. La chanson illustre la crise existentielle de Jack pour qui tout part à vau l’eau. En dépit du ton joyeux de la chanson, c’est un véritable appel à l’aide. C’est une chanson que John Lennon qualifiait : "dans le genre de Bob Dylan". Certaines étaient des cris de désespoir et d’autres des odes à la vie.

ALL YOU NEED IS LOVE

C’est le titre qui illustre la prise de conscience de Jack. C’est le message de ce qu’il a oublié en chemin et qui est le cœur de cette histoire. C’est après avoir interprété cette chanson qu’il fait part à Ellie de ses sentiments et qu’il regrette ses choix qui ont tous été mauvais jusque-là.

REVISITER DES TITRES DE LÉGENDES - UN PRIVILÈGE DE TAILLE

ADAM ILHAN et DANIEL PEMBERTON se sont associés pour redonner vie à ces morceaux mythiques. Daniel Pemberton avait déjà travaillé avec Danny Boyle et avait adoré ça, mais pour YESTERDAY, il ne se sentait pas de tout assumer dans la mesure où lui-même n’avait pas connu la galère créative dont il est question dans le film. C’est alors qu’Adam Ilhan est entré en jeu. Cet auteur-compositeur bassiste du groupe Fridge, fait partie du duo Silver Columns et a sorti un album solo. Ils ont formé une véritable équipe pour que les comédiens puissent s’intégrer et trouver leurs marques musicales. Ils ont repris toutes les chansons selon le point de vue de Jack pour leur donner une tonalité un peu différente.

En plus des chansons des Beatles, il fallait créer l’univers musical de Jack. Il leur a fallu écrire des chansons beaucoup moins belles. Évidemment il aurait été très difficile d’écrire des chansons meilleures que celles de Beatles… L’enjeu ici était de se rappeler des chansons des Beatles dans un monde privé de l’apport culturel qu’elles ont pu représenter. Et surtout il fallait se les rappeler de la manière dont Jack pouvait le faire, avec sa sensibilité et son bagage musical, il fallait qu’il y ait des erreurs, des approximations. Dans Back Into The USSR Jack entonne des "who ho ho ho" qui sont très approximatifs mais qui lui permettent de gagner la foule et de lui faire répéter en choeur le couplet d’une chanson qu’elle entend pour la première fois.

Il faut comprendre également que Jack interprète les Beatles avec sa sensibilité et qu’il y intègre un peu de ses propres compositions, de ses goûts musicaux personnels.

La dernière chose était d’essayer de retrouver la fraîcheur de la surprise et du plaisir que la découverte des chansons des Beatles peut provoquer. Il ne fallait pas les traiter comme des classiques, mais comme des chansons nouvelles.

La collaboration avec Ed Sheeran également avait ses enjeux. Le fait de travailler avec un des plus célèbres artistes britanniques pouvait sublimer la puissance de la musique. Daniel Pemberton conclue : « la musique relie les âmes, elle peut changer le monde. C’est quelque chose qu’il était important de rappeler dans le monde hypermatérialiste où les Selfies et Instagram sont devenus les rois. Se reconnecter à l’âme de la musique est un privilège de taille ».

LES ENREGISTREMENTS LIVE ET LES ARRANGEMENTS SONORES

Pour Danny Boyle, il était primordial de rendre justice à la musique des Beatles, et de l’enregistrer en live et non en studio. Le travail de doublage est souvent nécessaire, car le live demande trop de contraintes techniques et tant de choses peuvent tourner mal que c’est pratiquement impossible. Mais quand Danny Boyle a vu Himesh Patel chanter pour lui Back Into The USSR, il a compris que le film était là devant lui.

En pré-enregistrement le film serait devenu un karaoké géant. Selon Danny Boyle : « ce qui compte c’est la performance, et si on la mime on passe à côté de l’expérience ».

SIMON HAYES qui avait gagné un Oscar sur LES MISÉRABLES (Tom Hooper, 2012) a été chargé de s’occuper des prises sonores. Résumer sa fonction à ingénieur du son ne serait pas lui rendre justice tant son savoirfaire et son expérience sont pointus. C’est un ingénieur hors pair capable de jouer avec la plasticité physique des sonorités et il a réussi à faire de la prise de sons en live une réalité adaptable au tournage d’une fiction. Il devait s’assurer que chaque prise était parfaite de bout en bout car il est impossible de passer de l’une à l’autre, chaque prise est unique.

Danny Boyle explique : « tout était basé sur le travail de Simon Hayes, que Daniel Pemberton traitait ensuite en studio. Ils ont réussi à laisser à Himesh toute la liberté qu’il lui fallait pour interpréter au mieux les chansons des Beatles. Ils ont laissé la musique le traverser et se sont servis de leur incroyable technique et savoir-faire pour la capter sans l’emprisonner ». Simon Hayes conclue : « nous avons dû faire face à bien des défis et difficultés, mais en définitive nous avons réussi à capter ce que nous cherchions : l’énergie ».

HIMESH PATEL DEVIENT UN DES BEATLES

En plus de travailler son personnage Himesh Patel a dû étudier les chansons des Beatles non seulement pour les interpréter, mais aussi pour pouvoir les jouer en concert live devant des milliers de personnes. Il nous raconte : « j’ai appris la guitare tout seul et je travaille dans mon coin pour le plaisir depuis 10 ans, ça vaut ce que ça vaut mais on est loin d’un niveau professionnel ! »

Daniel Pemberton et Adam Ilhan l’ont aidé à se préparer, à répéter pendant des mois et à trouver la confiance qu’il fallait pour pouvoir jouer devant des foules entières, ce qui ne s’improvise pas. Adam Ilhan nous raconte : « en fait ça a été assez facile car Himesh avait un bon potentiel de base, sa voix est claire, forte, il sait jouer de la guitare… il ne restait plus qu’à affiner le tout et lui donner des réflexes de professionnel. Mais l’essentiel était là. Il y a une grande différence entre chanter un morceau et se produire en concert, surtout sur un tournage où on doit le faire plusieurs fois de suite. Il faut que la voix suive, et être capable de jouer en même temps que chanter et se déplacer sur scène. Himesh a beaucoup travaillé et si le résultat à l’écran a l’air naturel alors c’est qu’on a gagné ! Mais nous ne devions pas oublier que ce n’est pas Himesh qu’il fallait que le public voie, mais son personnage : Jack. On aurait pu le rendre infiniment plus pro, plus puissant, plus juste, mais nous aurions tué la fragilité et la vibration qui émanait de lui et qui servait ce personnage un peu maladroit. Jack n’est pas quelqu’un qui a quelque chose, mais quelqu’un à qui il manque quelque chose, et ce quelque chose ce sont les bonnes chansons ».

Pour Himesh Patel le défi était de taille et dès les premiers jours de tournage il fallait qu’il commence avec les performances live. Très tendu, il a dû recommencer un grand nombre de fois. Il avoue avoir raté quelques notes au piano pendant Let It Be, ce qui au final n’était pas très grave car cela allait de pair avec son personnage. Et si tout ce travail de préparation en amont pouvait être stressant, il ne l’a jamais laissé transparaître. Du moins pas trop. Il a tellement travaillé pour les chansons que le fait de les interpréter le soulageait et il était du coup beaucoup plus disponible et ouvert pour les parties jouées.

Le comédien considère que c’est un honneur de pouvoir transmettre ces chansons aux jeunes générations. Il explique : « la chanson préférée de ma mère c’est Imagine. Elle est tombée amoureuse de cette chanson en arrivant en Angleterre et c’est par elle que j’ai été initié à la musique des Beatles tout petit. Beaucoup de jeunes ne connaissent pas ces chansons, quelle meilleure occasion que ce film pour leur faire découvrir ces titres extraordinaires ? Je pense que c’est une histoire qui plaira à tous : les fans et les novices et ce pour différentes raisons, mais tous se retrouveront dans la magie que la musique de Beatles dégage ».

LE TOURNAGE

LE SUFFOLK - LA VILLE DE JACK

L’autre star du film, c’est évidemment le Suffolk et ses côtes. C’est là où l’histoire commence et finit et c’est là où est le coeur de Jack littéralement et métaphoriquement. Si ce n’est pas la première fois que Richard Curtis plante le décor de ses histoires dans le Suffolk, c’est la première fois qu’il arrive à y tourner.

Il nous explique : « j’ai écrit IL ÉTAIT TEMPS (Richard Curtis, 2013) dont une partie était censée se passer dans le Suffolk, mais n’ayant pas trouvé la bonne maison nous avons dû aller tourner en Cornouailles. Mais cette fois, pas de soucis ! C’est un endroit que nous connaissions tous bien. J’écris depuis une chambre qui donne sur la crique, la plage et la mer. Beaucoup de choses sont inspirées d’Ed Sheeran qui est également du coin. Tous les deux nous adorons cet endroit, les noms, les accents… et ce n’est pas l’endroit où l’on imagine vivre une star telle que Ed, même si maintenant tout le monde le sait… Quand Danny est arrivé, il nous a dit qu’il fallait vraiment qu’on arrive à dénicher nos coins les plus intimes pour pouvoir recréer la familiarité d’un endroit où le personnage est supposé avoir grandi ».

Le film remonte la côte Est de l’Angleterre de Clacton jusqu’à Gorleston, et même si c’est Richard Curtis qui a promené Danny Boyle pour lui faire découvrir, à l’écran c’est la version plus âpre du réalisateur qui se dégage et pas le côté cocon que Richard lui prête.

Danny Boyle nous explique : « la plupart du film s’y passe, avec des références évidentes à Ed Sheeran. S’il y avait des plages magnifiques dont la beauté ne se résumait pas à des paysages de carte postale, j’étais plus intéressé par les villes comme Lowestoft ou Gorleston dans le Norfolk ancien lieu de villégiature privilégié à la belle époque comme Brighton, et pourtant tombé en désuétude. Il y a une temporalité différente dans le Suffolk, ainsi qu’un sens communautaire puissant ».

ED Sheeran nous confie : « c’est un endroit que j’adore, et si d’un côté j’adorerais le garder juste pour moi, je suis aussi très fier de le faire découvrir au monde ».

CAMILLA STEPHENSON a été chargée de trouver les endroits où le réalisme que cherchait Danny Boyle était le plus présent. Elle nous raconte : « il a été très clair : "je ne veux rien qui ressemble de près ou de loin à une boutique de bonbons". C’est pour cela que nous sommes allés sur la côte Est qui est plus abrupte et où on trouve des usines, des docks etc… Il voulait capturer la beauté de cet endroit, mais pas le côté mignon. C’est pour cela que Gorelston avec ses docks, toujours en effervescence, était parfait. Authentique, beau mais rien de déprimant, surtout pas ».

C’est là qu’ils ont tourné deux scènes clefs du film, celle où Jack au début du film doit jouer sur la jetée mais quand il arrive avec Ellie ils s’aperçoivent que l’endroit est fermé depuis 3 ans, et un an plus tard quand il revient, celle où il joue sur le toit de son hôtel devant 5 000 personnes.

C’est là qu’il chante Help ! un véritable appel au secours, un vrai cri de détresse dans une version très punk. Tout a été filmé à l’hôtel de la jetée avec le port et son activité en arrière-plan qui donnaient un côté industriel et prolétaire à la chanson, clin d’oeil à ces quatre garçons qui à l’époque venaient de Liverpool ville portuaire marquée par la pauvreté. Himesh Patel explique : « c’est une scène clef car c’est là que Jack réalise qu’il a perdu Ellie, qu’il vit dans un mensonge et part complètement à la dérive. Quand il se met à chanter sur ce toit il hurle son désespoir à la face du monde ».

RETOUR À LIVERPOOL - LA VILLE DES BEATLES

Le film ne pouvait pas ne pas passer par Liverpool, la ville des Beatles. C’est là que Jack se retrouve, la veille de la sortie de son album, fuyant Los Angeles pour essayer de reconnecter à l’esprit du groupe qu’il est en train de consciencieusement piller. D’un autre côté il se dit qu’ainsi leurs chansons ne tomberont pas dans l’oubli et qu’il leur rend hommage. Si la ville était une évidence, en revanche le tournage a été compliqué parce que tout le monde là-bas est très fier qu’elle ait abrité et vu grandir ces quatre garçons qui sont devenus le plus grand groupe du monde, et il a fallu effacer numériquement nombre de références trop visibles.

Ils avaient décidé d’y tourner Strawberry Fields, mais cet endroit pourtant immortalisé par le clip avait pratiquement disparu. Danny Boyle commente : « c’est tellement dommage, il y a des endroits comme ça que seuls les afficionados reconnaîtront, comme le Tunnel de Mersey de Hello Goodbye. Peut-être que seuls les habitants de Liverpool comprendront mes références, mais j’en serai très fier. Certains détails ne parleront peut-être pas au grand public mais leur valeur symbolique est liée à ces références et n’existe que par rapport à cette ville et je me devais de leur rendre hommage ».

WEMBLEY, LATITUDE ET L.A

Le tournage s’est aussi déplacé à Wembley, au Latitude Festival et à Los Angeles bien entendu, où Jack découvre un monde opposé au sien.

En arrivant là-bas, toute l’équipe a été saisie par la chaleur, il faisait 40 degrés dans la ville californienne et ils ont passé la journée à tourner avec un Russian Arm, une caméra montée sur une voiture qui peut être en avant, en arrière ou sur le côté du véhicule, donc en gros enfermés toute la journée dans son habitacle au milieu d’une vague de chaleur écrasante. Ils sont restés une semaine là-bas pour filmer dans les locaux de l’agence WME et au W. Hotel. L’équipe s’est vite rendue compte que si la ville est associée à l’industrie du cinéma, elle est aussi un vrai pôle musical. C’est là qu’est le QG de Debra, où Jack va vendre son âme.

PATRICK ROLFE, le responsable de la création des décors, nous explique comment il a voulu opposer les petites cabanes de la plage dans le Suffolk du début du film, avec ces maisons incroyables sur pilotis à Malibu pour illustrer la manière dont la vie de Jack se retrouve sens dessus dessous. La scène de la réunion marketing dans une salle de conférence gigantesque est une des plus marquantes du film. Elle a été filmée à l’agence WME, grâce aux contacts qu’y entretient Danny Boyle, où son propre agent Robert Newman a des parts. Danny Boyle explique : « Robert nous a introduit dans le saint des saints, là où se discutent les trajectoires des stars de demain, qui influenceront les sociétés à venir Nous n’avons eu qu’une journée et grâce au talent de Lamorne Morris, nous avons été d’une efficacité redoutable. Quand nous avons projeté la scène aux dirigeants d’Universal ils ont adoré et nous ont confié que leurs réunions se déroulaient vraiment ainsi. Ils étaient morts de rire et c’était très amusant de les regarder réagir ainsi. La scène est très bien écrite et superbement interprétée ».

Pour Himesh Patel ce passage à Los Angeles, avait le goût du souvenir. Il y était venu petit avec sa mère mais il n’avait pas pu aller voir le célèbre panneau Hollywood. Il nous raconte : « bien des années plus tard, me voilà en train de tourner une scène en haut des fameuses lettres ! J’ai immédiatement envoyé un message à ma mère en lui disant : "finalement j’ai fini par y arriver" ».

LES DÉCORS - LE XXIe SIÈCLE EN MODE SIXTIES

Tout le film s’inspire des années 60, l’époque où les Beatles ont explosé et changé le cours de l’histoire de la musique. À Gorleston Sur Mer, le parc d’attractions est éclairé dans les tons rouge et orange, comme dans les photographies de John Hinde et Martin Parr. Le but était de faire ressortir l’ambiance de cette époque à travers des petits détails comme raviver les couleurs du Dr Pepper, sans que ce soit pour autant trop voyant, en jouant sur les couleurs de coussins ou de rideaux. Le but était de donner au Suffolk un petit ton surannée, comme une ville balnéaire qui a connu autrefois son heure de gloire et dont le charme s’est émoussé. Ce décor contraste violemment avec celui de Los Angeles, qui est résolument moderne et froid, ce qui va de pair avec l’évolution de l’assurance de Jack.

Les références aux Beatles sont constantes dans le film, comme pendant la conférence de presse où le fond est une référence à leur voyage au Japon.

L’album de Jack lui-même emprunte son design à ceux des Beatles : la photo à l’intérieur est une référence directe à un autoportrait célèbre que Paul McCartney avait pris dans un miroir.

LES COSTUMES - L’ÉVOLUTION DES TENUES DE JACK

Ce genre de référence est également disséminé dans les affaires de Jack, qui deviennent de plus en plus sophistiquées à mesure que le film progresse et qu’il passe du garçon mal fagoté, à la star élégante et stylée qui est en train d’éclore.

LISA BRACEY, qui s’est occupé des costumes, s’en est donné à coeur joie pour que le changement soit visible. Jack au début du film porte des chemises informes sur des T-shirts mal assortis pour, petit à petit, s’approprier le look des Beatles et surtout de Paul Mc McCartney. Mais pour être honnête Paul Mc McCartney n’avait pas un look précis en fait.

Au fur et à mesure que les années passaient cette icône de la Pop a constamment changé de genres et de looks. Le but était alors de prendre des bouts d’un peu tout, de-ci de-là, pour donner à Jack une touche McCartney ostensible.

TITRES

“SUMMER SONG”
Écrit par Richard Curtis, Adem Ilhan & Daniel Pemberton

“ROCK THIS ROAD”
Écrit par Richard Curtis, Adem Ilhan & Daniel Pemberton

“DAFT”
Écrit par Pier Danio Forni, Tommaso Medica,
Pietro Garrone & Henry Counsell
Interprété par Husky Loops
Avec l’aimable autorisation de Husky Loops Ltd

“LOVE & HATE”
Écrit par Brian Burton, Dean Josiah Cover
& Michael Kiwanuka
Interprété par Michael Kiwanuka
Michael Kiwanuka appears
Avec l’aimable autorisation de Polydor Record

“WHEN I’M SIXTY-FOUR”
Écrit par John Lennon & Paul McCartney

“YESTERDAY”
Écrit par John Lennon & Paul McCartney

SHAPE OF YOU”
Écrit par Kevin Briggs, Kandi Burruss, Tameka Cottle,
Steve Mac, John McDaid & Ed Sheeran
Interprété par Ed Sheeran
Avec l’aimable autorisation de Warner Music U.K. Ltd

“THE LONG AND WINDING ROAD”
Écrit par John Lennon & Paul McCartney

“HERE COMES THE SUN”
Écrit par George Harrison

“SOMETHING”
Écrit par George Harrison

“WHILE MY GUITAR GENTLY WEEPS”
Écrit par George Harrison

“CARRY THAT WEIGHT”
Écrit par John Lennon & Paul McCartney

“STRAWBERRY FIELDS FOREVER”
Écrit par John Lennon & Paul McCartney

“WONDERWALL”
Écrit par Noel Gallagher

“HELP!”
Écrit par John Lennon & Paul McCartney

“ELEANOR RIGBY”
Écrit par John Lennon & Paul McCartney

“MAXWELL’S SILVER HAMMER”
Écrit par John Lennon & Paul McCartney

“NOWHERE MAN”
Écrit par John Lennon & Paul McCartney

“A DAY IN THE LIFE”
Écrit par John Lennon & Paul McCartney

“LET IT BE”
Écrit par John Lennon & Paul McCartney

“I WANT TO HOLD YOUR HAND”
Écrit par John Lennon & Paul McCartney

“SHE LOVES YOU”
Écrit par John Lennon & Paul McCartney

“I SAW HER STANDING THERE”
Écrit par John Lennon & Paul McCartney

“IN MY LIFE”
Écrit par John Lennon & Paul McCartney

YELLOW SUBMARINE”
Écrit par John Lennon & Paul McCartney

“YOU NEED ME, I DON’T NEED YOU”
Écrit par Ed Sheeran
Interprété par Ed Sheeran
Avec l’aimable autorisation de Warner music UK Ltd

“ALL YOU NEED IS LOVE”
Écrit par John Lennon & Paul McCartney

“ONE LIFE”
Écrit par Steve Mac, John McDaid & Ed Sheeran
Interprété par Ed Sheeran
Avec l’aimable autorisation de Warner Music UK Ltd

“OB-LA-DI, OB-LA-DA”
Écrit par John Lennon & Paul McCartney

“HEY JUDE”
Écrit par John Lennon & Paul McCartney
Interprété par les Beatles
Avec l’aimable autorisation de
Calderstone Productions Limited
Sous contrat avec Universal Music Operations Ltd

“HELLO, GOODBYE”
Écrit par John Lennon & Paul McCartney

© 2019 Universal Studios. www.yesterdaymovie.com

Source et copyright des textes des notes de production 

Universal Pictures International France

  
#Yesterday

mardi 12 juin 2018

OCEAN'S 8


Comédie/Policier/Un film fun et enlevé, une bonne surprise

Réalisé par Gary Ross
Avec Sandra Bullock, Cate Blanchett, Anne Hathaway, Mindy Kaling, Awkwafina, Sarah Paulson, Rihanna, Helena Bonham Carter, James Corden, Richard Armitage, Elliott Gould, Dakota Fanning...

Long-métrage Américain
Durée : 01h50mn
Année de production : 2018
Distributeur : Warner Bros. France 

Date de sortie sur les écrans américains : 8 juin 2018
Date de sortie sur nos écrans : 13 juin 2018


Résumé : Cinq ans, huit mois, 12 jours… et le compteur tourne toujours ! C'est le temps qu'il aura fallu à Debbie Ocean (Sandra Bullock) pour échafauder le plus gros braquage de sa vie.

Elle sait désormais ce qu'il lui faut : recruter une équipe de choc. À commencer par son
"associée" Lou Miller (Cate Blanchett). Ensemble, elles engagent une petite bande d'expertes : Amita (Mindy Kaling), la bijoutière, Constance (Awkwafina), l'arnaqueuse, Tammy, la receleuse (Sarah Paulson), Nine Ball, la hackeuse (Rihanna) et Rose (Helena Bonham Carter), la styliste de mode.

Le butin convoité est une rivière de diamants d'une valeur de 150 millions de dollars. Le
somptueux bijou sera autour du cou de la célèbre star Daphne Kluger (Anne Hathaway) qui devrait être l'objet de toutes les attentions au cours du Met Gala, l'événement de l'année.

C'est donc un plan en béton armé. À condition que tout s'enchaîne sans la moindre erreur de parcours. Enfin, si les filles comptent repartir de la soirée avec les diamants sans être
inquiétées…

Bande annonce (VOSTFR)


Ce que j'en ai penséL'OCEAN'S 8 du réalisateur, Gary Ross, est une vraie bonne surprise. Certes, la structure du scénario est très classique, mais la narration est fluide et le film est vraiment agréable à suivre, sans ennui. L'histoire est bien travaillée, elle contient tous les ingrédients du genre et les assemble intelligemment. La mise en scène du réalisateur fait dans la classe. Pourtant, ses personnages sont amoraux (ce sont des voleuses), mais il leur offre un écrin qui leur permet de pratiquer leur activité avec grâce et élégance. Les décors sont variés et travaillés, proposant une atmosphère différente à chaque partie de ce casse, tout en gardant un ensemble cohérent. Il y a aussi un très beau travail sur les vêtements qui servent à appuyer les personnalités différentes et bien dessinées de ces femmes intelligentes et très fortes dans leur spécialité. 

Et puis, il y a les actrices qui sont super(be)s. 


Sandra Bullock mène la danse dans le rôle de Debbie Ocean et Cate Blanchett est à ses côtés dans le rôle de Lou Miller, toujours impeccable. C'est un plaisir de découvrir cette aventure avec ces deux actrices. 



Helena Bonham Carter apporte humour et originalité à sa protagoniste Rose Weil. Mindy Kaling, qui interprète Amita, et Sarah Paulson, qui interprète Tammy, sont elles aussi très sympathiques.



Rihanna fait dans la coolitude dans le rôle de Nine Ball. 


Awkwafina interprète Constance avec caractère, elle est marrante. 


Anne Hathaway est excellente dans le rôle de Daphne Kluger. 


OCEAN'S 8 est un film enlevé et fun. C'est un divertissement qui s'apprécie autant pour l'histoire qu'il raconte, que pour sa mise en scène ou encore pour le talent de ses actrices. N'hésitez pas à aller passer un bon moment en compagnie de cette équipe de chapardeuses de haut vol ! 

Crédit photos @ BARRY WETCHER
Copyright © 2018 WARNER BROS. ENTERTAINMENT INC.

NOTES DE PRODUCTION
(Á ne lire qu'après avoir vu le film pour éviter les spoilers !)
Dans 3 semaines et demi, le Met organisera son bal annuel. Et on va le braquer.

Plus de dix ans se sont écoulés depuis qu’une équipe menée par un certain Ocean a dérobé un butin de plusieurs millions de dollars. Or, un nouveau gang est en train de se former afin de mener à bien le casse du siècle. Mais cette fois, c’est Debbie Ocean qui fomente ce plan audacieux, et elle n’aura besoin que de huit femmes au talent exceptionnel pour l’exécuter.

Le réalisateur et scénariste Gary Ross raconte : «La figure du hors-la-loi est au cœur du cinéma américain depuis ses débuts, mais à de rares exceptions près, ces 'hors-la-loi' sont toujours des hommes. Je me disais qu'il pourrait être intéressant qu’un groupe de femmes dures à cuire puissent s’imposer dans ce genre qui leur avait jusqu’ici semblé interdit. Et puis, j’ai toujours aimé les films de braquage».

Sandra Bullock souligne : «C’est un film de braquage, et ce genre est toujours divertissant. On se demande comment les personnages vont s’en sortir, et quels rebondissements ils vont connaître. Mais c’est surtout un film qui parle de ces huit femmes merveilleusement complexes, intelligentes et drôles, qui embarquent le spectateur avec elles dans leurs aventures».

Sandra Bullock incarne Debbie Ocean, qui vient de passer un peu plus de cinq ans à échafauder un plan minutieux afin de s'emparer du collier Jeanne Toussaint, exceptionnelle rivière de diamants signée Cartier, d'une valeur de 150 millions de dollars. Elle a l’intention de le mettre à exécution au cours de l’un des événements les plus médiatisés de l’année : le Met Gala.

Gary Ross avait au départ imaginé ce nouvel opus pour la saga OCEAN’S il y a cinq ans, et l’avait soumis au réalisateur de la trilogie, Steven Soderbergh.

«Steven est un bon ami à moi et nous avons collaboré de manière non officielle sur un certain nombre de projets», confie Gary Ross. «S’il n’avait pas participé au projet je ne pense pas que je m'y serais attelé. C’était vraiment génial de travailler ensemble».

Steven Soderbergh révèle qu’il a tout de suite été emballé par le postulat de départ, ainsi que par le choix de l’actrice principale. «Gary est venu me voir en me disant : ‘qu’est-ce que tu penses de Sandra dans le rôle de la sœur de Danny ?’ Je me suis dit que c’était une idée tout à fait intéressante, et du coup, je lui ai répondu : ‘Proposons l’idée à Jerry [Weintraub]’. Et Jerry a trouvé que c’était une idée géniale».

D’ailleurs, c’est Jerry Weintraub qui a d’abord contacté Sandra Bullock. «Il n’y avait même pas encore de scénario, mais l’énergie de Jerry, son enthousiasme et sa passion pour cette saga étaient vraiment communicatifs», se souvient l’actrice.

Gary Ross, qui n’avait plus écrit à quatre mains depuis son premier scénario, BIG, était conscient que ce projet serait différent. Il a fait appel à Olivia Milch afin de lui proposer d'écrire le script à ses côtés. «Au final, on a formé une super équipe», estime-t-il. «Gary a compris à quel point il était important qu’une voix féminine se fasse entendre dans ce projet», note Olivia Milch. «J’étais absolument ravie d’y prendre part. D’ailleurs, côte à côte devant le clavier, on a trouvé cette même aisance spontanée qui caractérise les relations entre les personnages, cette même façon de se chambrer gentiment».

Steven Soderbergh ajoute : «Je crois que Gary et Olivia ont trouvé le bon équilibre entre fidélité aux codes de la saga et parfaite originalité».

Malheureusement, le célèbre producteur Jerry Weintraub est décédé avant de voir le résultat. «C’était difficile d’imaginer qu’un film de la saga OCEAN puisse être tourné sans Jerry aux manettes en tant que producteur», remarque Steven Soderbergh. «Il n’était pas que producteur, c’était une grande figure du septième art». Susan Ekins, fidèle collaboratrice de Jerry Weintraub, et productrice associée des précédents opus de la saga, est productrice du film.

Steven Soderbergh raconte : «Gary et moi sommes allés la voir en lui disant : ‘tu faisais partie des têtes pensantes à l'origine des trois premiers épisodes, si bien qu'on aimerait beaucoup que tu joues un rôle encore plus central cette fois».

Susan Ekins était ravie de reprendre du service pour cette saga qui représente une part importante de sa vie et de sa carrière, entamée il y a bientôt deux décennies. «Depuis OCEAN’S ELEVEN en 2001, en passant par OCEAN’S TWELVE et OCEAN’S THIRTEEN, j’ai eu le plaisir de travailler avec Jerry Weintraub et Steven Soderbergh, deux brillantes personnalités du cinéma. J’ai maintenant l’occasion de perpétuer la tradition aux côtés de Steven et de Gary. Je crois que ce qui intéresse le grand public dans ces films, c’est l’idée que les personnages s’en sortent en toute impunité, et qu’ils y prennent beaucoup de plaisir».

Suivant la tradition des films de la saga, chaque membre de l’équipe a une spécialité. Les sept actrices qui viennent compléter l’équipe de Sandra Bullock sont Cate Blanchett, Anne Hathaway, Mindy Kaling, Sarah Paulson, Awkwafina, Rihanna et Helena Bonham Carter.

Gary Ross raconte : «Il ne s’agissait pas de choisir des actrices séparément, mais plutôt de monter une équipe qui devait fonctionner parfaitement ensemble. C’était très stimulant dès le départ».

C’est l’occasion unique de travailler avec toutes les autres qui a convaincu chaque actrice de s'engager dans le projet. Cate Blanchett confirme que : «Lorsque Gary et Steven ont commencé à parler des actrices qu’ils étaient en train de contacter, j’ai tout de suite été convaincue d’accepter le rôle. C’est vraiment un groupe de femmes fantastiques avec qui j’ai adoré travailler».

Anne Hathaway renchérit : «Faire un film ensemble, c’est vraiment vivre une expérience collective unique, mais travailler en plus avec sept autres femmes, c’est formidable parce qu’on partage beaucoup de choses dès le départ. Ça nous a beaucoup facilité la tâche, et on s'est amusées comme des folles».

«Cet esprit d'équipe a prévalu sur l'ensemble du tournage», note Gary Ross. «Sur le plateau, une véritable alchimie s'est installée entre ces huit femmes extrêmement créatives. Parfois, je me faisais un peu oublier et je les regardais improviser».

«Certains réalisateurs n’aiment pas trop l’improvisation, mais Gary, au contraire, encourageait nos propositions», témoigne Anne Hathaway. «En tant que metteur en scène, il voulait qu’on ait toutes l’impression de donner le meilleur de nous-mêmes. Je trouve qu’il a fait un travail remarquable».

«Gary a insufflé au projet sa sensibilité d'auteur, et Olivia Milch a parfaitement réussi à s’y adapter», note Cate Blanchett. «Ils changeaient des choses en permanence, ce qui rendait l’ambiance encore plus joyeuse sur le plateau. Ce qui rapproche ce film des précédents opus, c’est qu’un rebondissement en cache toujours un autre. Mais c’est amené de façon tellement fine que l’on ne s’y attend pas du tout».

OCEAN’S 8, qui bouscule nos habitudes, sort des casinos de Las Vegas pour s’installer à New York, au cœur de l’événement le plus select de toute la ville : le dîner de charité de l’Institut du Costume du Metropolitan Museum, plus connu sous le nom de Met Gala. La production a réussi à obtenir un accès sans précédent au musée, où elle a tourné pendant dix jours – un record. Gary Ross déclare : «Si on n’avait pas tourné au Met, je pense qu’il aurait été presque impossible de faire ce film. Ça a été un véritable avantage que d’obtenir cette autorisation».

Cartier s’est également révélé être un partenaire inestimable : la maison a spécialement créé une réplique de l’éblouissante rivière de diamants Jeanne Toussaint, qui joue un rôle central dans le film puisqu’il s’agit du butin. «C’est l’un des colliers les plus imposants de toute leur collection, et il trône dans leur coffre-fort», révèle la productrice exécutive Diana Alvarez. «Il était très important qu’il ait l’ait vrai, et même qu’il le soit. La maison Cartier nous a fourni des consultants absolument irréprochables, et leur expertise s’est avérée d’une grande aide pour nous. Ils nous ont même autorisés à filmer dans leur célèbre boutique new-yorkaise. C’était vraiment exceptionnel de pouvoir pénétrer dans leur univers et d'y tourner pour les besoins du film».

OCEAN’S 8 a été entièrement tourné en décors naturels à New York, et, selon Steven Soderbergh : «Gary est parvenu à saisir l’atmosphère de la ville avec brio. Je ne crois pas qu’on aurait pu trouver un meilleur endroit pour ce film. Je pense que c’est le meilleur choix qu’on ait pu faire, parmi toutes les villes du monde. Et puis, il y a surtout ces huit femmes exceptionnelles, toutes à l’écran au même moment… D’emblée, ça en fait un film vraiment enthousiasmant».

LE CASTING

Durant plus de cinq ans, Debbie Ocean n’a eu que du temps à tuer. Et elle l’a mis à profit. Sandra Bullock explique : «Elle a eu tout le temps de réfléchir à son plan et de le peaufiner, et elle sort de prison prête à le mettre à exécution».

Sandra Bullock raconte que, comme son frère Danny, «Debbie est un vrai cerveau. Elle sait déceler le talent et constituer la meilleure équipe possible avant de laisser chacun faire son travail. C’est dans ses gènes : c’est une voleuse qui a grandi dans une famille de voleurs. C’est tout ce qu’elle aime, et c’est là qu’elle excelle. Pour Debbie, l’important c’est surtout les frissons que lui procure l'aventure, en attendant de voir si elle se fait attraper ou pas. Cette fois, elle a l’intention de voler dans un lieu des plus publics, sous le nez de centaines de personnes, et devant les caméras. On se demande pourquoi elle se lance dans cette opération alors qu’elle vient tout juste de sortir de prison. C’est comme si elle cherchait à se faire à nouveau incarcérer».

«Sandra est naturellement cool», note Gary Ross. «Mais surtout, c’est une excellente comédienne, forte d’une véritable somme de connaissances et d’expériences».

Olivia Milch partage son avis : «Elle a une très forte présence, et elle a une grande assurance. Elle est sûre d’elle, ce qui était absolument parfait pour le personnage».

La première personne avec qui Debbie entre en contact est son ancienne complice, Lou. «Debbie doit user de son charme pour convaincre Lou de reprendre du service», révèle Sandra Bullock. «Elle ne perd pas de temps et va droit au but, en tentant de convaincre Lou que le plan qu’elle a échafaudé est assez solide pour qu’elle risque la vie qu’elle s’est construite pendant que Debbie était en prison».

Cate Blanchett, qui campe Lou, explique : «Debbie a besoin d’une alliée de confiance, sur qui elle puisse vraiment compter. Or, elles se connaissent depuis très longtemps. Lou s’est bâti une vie – plus ou moins – rangée en devenant propriétaire d’une boîte de nuit. Elle s’en sort plutôt pas mal, mais son existence n’a rien de très exaltant. Je pense que c’est la raison pour laquelle elle décide d’accepter l’offre de Debbie : pour retrouver ce rush d’adrénaline que seul le danger peut susciter. Elle mène une vie sympa, mais pas très folichonne et ses complices lui manquent».

Steven Soderbergh analyse : «Il n’y a rien qui résiste à Cate, et elle dispose d'un registre de jeu hallucinant. Elle en dit bien plus d'un simple regard qu’en plusieurs lignes de texte, ce qui était parfait pour le personnage de Lou».

«Cate est vraiment unique en son genre», renchérit Gary Ross. «On la voit élaborer un personnage petit à petit, en s’appuyant sur de petits détails qu’elle repère et dont elle fait ensuite une personne à part entière. C’est un vrai plaisir d’assister à sa démarche».

La cible de leur opération n'est autre que le Met Gala, mais il ne s’agit pas de dérober de l’argent. Ce qu’elles veulent en réalité, c’est mettre la main sur le collier Jeanne Toussaint, la rivière de diamants si inestimable que la maison Cartier la garde en sécurité dans son coffre-fort impénétrable. Il faut donc convaincre le vénérable joailler de l’en sortir. Et pour y parvenir, suggérer de la passer au cou de la présidente du Gala, la jeune femme la plus en vue du moment, Daphne Kluger.

Anne Hathaway, qui incarne la jeune femme, raconte comment elle a entendu parler du film de manière inattendue : «C’est un maître d’hôtel dans un restaurant qui m’a raconté que Sandra Bullock allait jouer dans un nouvel opus de la saga OCEAN’S avec un casting exclusivement féminin, et je me suis dit : ‘Ça a l’air absolument génial ‘, parce que j’avais adoré les premiers films de la saga. Puis, Gary m’a appelée et m’a dit : ‘j’ai un rôle de diva à te proposer’».

«C’était vraiment sympa de me transformer en une personne qui évolue dans un univers que je connais très bien, mais qui, j’espère, ne me ressemble pas trop», dit-elle en riant.

«Daphne est un peu excentrique, un peu extrême… et beaucoup plus intelligente que les gens ne l’imaginent».

«Anne s’est glissée dans la peau de son personnage avec énormément de force et d’enthousiasme et a livré une prestation vraiment audacieuse en termes d’investissement personnel», reprend Gary Ross. «C’est une femme formidable, et une actrice de très grand talent. On s’est beaucoup amusés».

Anne Hathaway confie : «Ça fait longtemps que Gary et moi souhaitions travailler ensemble, et ça a été vraiment génial de construire ce personnage avec lui». Afin d'obtenir que Daphne porte le collier, Debbie et Lou vont devoir faire appel aux services d’une célèbre créatrice de mode, avant de manipuler la starlette afin qu’elle la choisisse pour dessiner sa robe de gala.

C’est Helena Bonham Carter qui tient le rôle de Rose Weil. Elle qui était jadis sollicitée par les plus grandes célébrités semble être tombée en disgrâce. Lorsqu'on fait sa connaissance, «Rose est en pleine crise», raconte l’actrice. «Son entreprise s’est complètement cassée la figure et elle est endettée à hauteur de plusieurs millions de dollars. Elle a cruellement besoin d’argent, et le reste de l’équipe a besoin d’une créatrice de mode, si bien qu'elles peuvent peut-être se rendre service mutuellement».

L’actrice explique que le scénario l'a intéressée parce que «j’essaye toujours de tenter des expériences inédites pour moi, et un film de braquage, c’est une première. Et puis, je n’avais jamais partagé l’affiche avec sept autres femmes, et il était grand temps que ça change. Je pense qu'un projet où on attribue à des femmes des rôles traditionnellement masculins est vraiment une étape importante. C’était la cerise sur le gâteau, et je me suis dit que ce serait amusant».

«Helena est une vraie déesse», déclare Sandra Bullock avec la plus grande admiration. «Je n’ai jamais rencontré une personne aussi singulière et aussi gentille. On ne sait jamais dans quelle direction elle va partir dans une scène ; parfois, la scène est écrite d’une certaine manière, et Helena y apporte sa touche personnelle. Elle nous a obligées à ne jamais nous reposer sur nos lauriers».

Par exemple, Helena Bonham Carter a décidé que le personnage de Rose aurait un accent irlandais, même si, comme elle le reconnaît, «il n’y a rien dans l’intrigue qui l’exige. Mais je me suis dit que ça accentuerait son côté un peu dans la lune – comme si j’avais besoin d’aide en la matière !», plaisante-t-elle.

Il y avait pourtant un domaine dans lequel l’actrice en avait effectivement besoin : la maîtrise d’un fil et d’une aiguille. Elle a passé des jours entiers avec l’équipe des costumes, à prendre des cours de couture et à comprendre comment draper un tissu correctement. «Bien que Rose ne soit plus au sommet de son art, c’est quand même une créatrice de talent», note-telle, «si bien que je voulais avoir l’air de savoir ce que je faisais. C’est ça qui est génial dans ce métier : on observe le monde à travers les yeux d’une autre personne. Cette fois, c’était à travers les yeux de Rose, une créatrice de mode, ce qui s’est avéré être une expérience tout à fait nouvelle pour moi».

Pour dérober un bijou, il faut aussi une bijoutière dans l’équipe, et Debbie sait exactement qui contacter. Mindy Kaling joue le rôle d’Amita, qui, raconte-t-elle, «vit toujours avec sa mère mais est sur le point de se rebeller. Elle a déjà trempé dans des affaires louches avec Debbie, si bien que quand elle vient lui rendre visite, Amita s’imagine que c’est encore pour un petit délit. Mais en réalité, le plan est cette fois d’une tout autre envergure. Je pense qu’Amita rêve de devenir une véritable hors-la-loi. Elle a toujours mené une vie rangée, et elle a hâte de pouvoir dévoiler sa part d'ombre».

«Je suis fan de Mindy Kaling depuis ses débuts», révèle Gary Ross. «Si vous avez vu sa série, vous savez à quel point c’est une artiste accomplie. Elle déniche de tout petits détails dont on ne s'aperçoit pas à quel point ils sont ingénieux avant le montage».

Cette admiration est partagée. Mindy Kaling déclare : «Ce qui est génial pour moi dans le fait de travailler avec Gary, c’est qu’il a écrit plusieurs de mes films préférés, comme BIG, PRÉSIDENT D’UN JOUR, et PUR SANG : LA LÉGENDE DE SEABISCUIT, qu’il a bien sûr également réalisé. Moi qui ai aussi plusieurs casquettes, je trouve ça super qu’il soit à la fois scénariste et réalisateur. Je me sens personnellement toujours scénariste avant tout, et donc le fait qu’il ait écrit le scénario et que ce soit lui qui porte son idée à l’écran m’a semblé particulièrement motivant».

Pour écouler des diamants et en récolter de bons gros billets verts, il faut l'expertise d’une receleuse professionnelle. C’est ainsi que Debbie se rend dans une banlieue pavillonnaire, sur les traces de Tammy, une ancienne camarade qui semble avoir délaissé le marché noir au profit du supermarché. Aux yeux de tous, elle est une épouse et une mère comme les autres… Sauf si on prend la peine de jeter un œil à son garage, qui déborde de marchandises volées.

Sarah Paulson, choisie pour le rôle, détaille son personnage : “Tammy a raccroché… ou presque. Et voilà que sa vieille amie Debbie Ocean vient la voir et la supplie de reprendre du service, en lui promettant que ce sera leur plus gros coup. Je trouve que le fait que Tammy soit une mère qui mène une double vie a un côté très palpitant. Et elle est juste trop contente de pouvoir sortir de chez elle”.

“Le registre de jeu de Sarah Paulson est d'une extraordinaire diversité”, remarque Ross. “Chaque prise est différente, amène quelque chose de totalement nouveau, et offre une interprétation différente… Du coup, si vous ne faites pas attention, vous pouvez chambouler tout l’emploi du temps de la journée parce que vous ne voulez pas vous arrêter de varier les plaisirs avec elle. Mon directeur artistique me regardait, l’air de dire ‘Je sais que tu t’éclates avec Sarah, mais il faudrait songer à avancer !’”, rit-il.

C’est Lou qui débusque les deux derniers membres de l’équipe, à commencer par “l’une des meilleures hackeuses de la côte Est” – et leur seul espoir de pirater le système de sécurité ultrasophistiqué du Met. C’est la chanteuse Rihanna, superstar internationale, qui campe ce génie de l’informatique aux dreadlocks en bataille, surnommée ‘Nine Ball’.

“J’ai rencontré Rihanna un soir, après un concert en Suède, et on a commencé à parler du potentiel de ce personnage : c’est là qu’on s’est demandé d’où elle venait et qu’on a décidé d’en faire une vraie Barbadienne”, révèle Ross. “On s’est tous les deux dit que c’était une super idée. J’ai adoré chaque minute passée avec elle sur le plateau. C’est quelqu’un d’incroyablement gentil, adorable et enthousiaste, et elle est géniale dans le film. Elle rayonne vraiment dès qu’elle est à l’écran. On s’est franchement éclatés”.

Lou emmène Debbie dans le Queens, pour qu’elle voie de ses propres yeux le talent à l'œuvre de Constance, jeune arnaqueuse de rue. Cette pickpocket habile dont les mains sont d’une rapidité hallucinante est interprétée par Awkwafina, jeune star montante dont le vrai nom est Nora Lum.

Olivia Milch, scénariste du film, connaissait déjà bien la jeune actrice qui avait joué dans son premier film, LES POTES. Ross se rappelle : “J’ai vu le film d’Olivia, et j'ai trouvé Awkwafina extraordinaire. J’ai tout de suite su que je la voulais pour OCEAN’S 8 et elle est d'ailleurs géniale dans le film”.

Comme le remarque Awkwafina elle-même, “elles dénichent Constance à Elmhurst, un quartier tout près de là où j’ai grandi. Elle est en train de jouer au bonneteau, une arnaque typiquement new-yorkaise. C’est une New-Yorkaise pur jus, comme moi. C’est pour ça que je me sens particulièrement proche d’elle – Constance, c’est moi… Bon sans toutes ces histoires de pickpocket et de vol ! Mais c’est vraiment quelqu’un qui me ressemble”.

Pour se préparer au rôle, elle explique : “J’ai appris à faire des tours de prestidigitation, et c’était vraiment génial. Mais je crois que l’expérience la plus merveilleuse, ç’a été de travailler aux côtés de toutes ces actrices incroyables que j’ai toujours admirées… Je me sens vraiment très chanceuse”.

Et elle n’est pas la seule à le penser. Comme l’explique Sandra Bullock, “Nous étions huit, et nous étions toutes absolument différentes les unes des autres. Mais le fait que nous soyons si différentes n’a pas été un problème, puisque nous avions un même objectif : se soutenir et s’assurer que nous avions tout ce dont nous avions besoin. J’ai beaucoup apprécié cet esprit d'équipe”.

“Ce n’est pas facile à expliquer”, ajoute Cate Blanchett. “On riait beaucoup. Et c’est tellement bien d’être dans une pièce remplie de femmes qui sont capables de faire preuve d’autodérision”.

Parmi toutes ces actrices, on retrouve deux célèbres comédiens, dont les personnages représentent chacun une sorte de faire-valoir des huit femmes.

Richard Armitage incarne Claude Becker, conservateur dans une galerie d’art qui finit par jouer un rôle dans le braquage bien malgré lui. En vérité, “Debbie et Claude ont eu une histoire par le passé”, révèle Armitage. “Du coup, quand elle arrive à sa galerie un jour, il est sous le choc, comme si le sol s’ouvrait sous ses pieds. Debbie est intimement liée à une part de son passé qui s’est mal terminée. Mais il ne peut pas s’empêcher d’avoir le souffle coupé quand il la voit… comme un coup au cœur”.

James Corden incarne John Frazier, qui enquête pour le compte de son entreprise, une compagnie d’assurances, et qui connaît particulièrement bien les Ocean… “Il a tout un passif avec la famille Ocean, qu’il considère comme une véritable épine dans le pied qu’il n’arrive pas à enlever”, explique Corden. “Il sait que ce collier a été la cible d’un vol lors d’un événement où Debbie était présente, et il ne lui faut pas longtemps pour faire le rapprochement. Mais en réalité, tout ceci n’est pour lui qu’une affaire de chiffres. Au fond, il n’est pas policier ; il s’en fiche que ce soit un délit. Il veut juste s’assurer que son entreprise n’aura pas de frais…”

Quand on lui demande comment il a été choisi pour le film, Corden répond avec l’humour qui le caractérise : “Eh bien, les studios ont appelé pour dire qu’ils étaient en train de préparer ce projet, mais qu’ils avaient peur parce que le film n’avait pas trouvé sa star. Ils avaient besoin d’un acteur célèbre donc… Non, je rigole ! Je suis un grand fan de la série des OCEAN. Quand j’ai lu le scénario et que j’ai compris qui était le réalisateur, je me suis dit que ce serait génial d’en faire partie. J’étais déjà très content à l’idée de graviter autour de toutes ces actrices, pour lesquelles j’ai une immense admiration et un grand respect”.

LA CIBLE : LE JEANNE TOUSSAINT

La cible du casse d'OCEAN’S 8 est le Jeanne Toussaint, rivière de diamants créée par Cartier. C’est pourquoi les auteurs du film se sont rendus directement dans l’atelier du joaillier parisien afin de créer un collier extraordinaire, et digne d’un braquage que Debbie Ocean a mis plus de cinq ans à échafauder. La maison Cartier a tout de suite accepté.

Cela fait des générations que Cartier crée des bijoux dont l’élégance n’a d’égale que la convoitise qu’ils inspirent. La maison a également une relation de longue date avec le monde du cinéma, notamment à travers des films comme LES HOMMES PRÉFÈRENT LES BLONDES, CERTAINS L’AIMENT CHAUD, BOULEVARD DU CRÉPUSCULE, ou encore HAUTE SOCIÉTÉ.

Pierre Rainero, directeur de l'image et du style chez Cartier, explique que les auteurs avaient formulé une double exigence concernant la rivière de diamants. “Il fallait que ce soit un collier d’une grande valeur au niveau des carats, mais qu’il ait également une valeur historique significative. On a alors immédiatement pensé à l’une des rivières de diamants les plus marquantes de l’histoire de notre maison”.

L’originale avait été dessinée en 1931 par Jacques Cartier pour le Maharajah de Nawanagar, et était décrite à l’époque comme “la rivière de diamants colorés la plus raffinée au monde”. Les bijoux n’existent malheureusement plus. Cependant, Cartier a préservé dans les archives de la maison un croquis gouaché ainsi que plusieurs photos de cette pièce unique. Le gouaché a été utilisé comme référence première pour la réalisation du collier qui apparaît dans le film, le Jeanne Toussaint, nommé ainsi en hommage à Jeanne Toussaint, directrice artistique chez Cartier de 1933 à 1970. Susan Ekins remarque : “Jeanne a vraiment laissé sa marque sur la conception et le style de bijoux de cette époque. C’était apparemment une femme très forte et très respectée, et je pense que le ‘Toussaint’ de OCEAN’S 8 est à son image”.

Plutôt que de recréer une copie exacte en tout point, Cartier s’est servi de ce chefd’œuvre art déco comme d’une inspiration. Pour cette commande très spécifique, Cartier a mobilisé les ressources de ses ateliers de Haute Joaillerie situés rue de la Paix, à Paris. Les joailliers ont accompli l’exploit de réaliser ce bijou d’envergure en un temps record, afin de ne pas perturber le plan de tournage. “Normalement, pour une commande de cet ordre, il nous faut au minimum huit mois”, affirme Rainero. “Mais on a réalisé ce collier en huit semaines”.

Pour le film – où le Jeanne Toussaint est censé être composé de diamants d'une pureté absolue et taillés à la perfection –, les joailliers ont utilisé des oxydes de zirconium, sertis sur de l’or blanc. Ils ont porté une attention toute particulière aux finitions, puisque les gros plans, tout comme les critères plus qu’exigeants de Cartier, ne laissent place à aucune imperfection. Même s’il ne s’agit que d’une reproduction, le Jeanne Toussaint remplit les conditions de Haute Joaillerie définies par la maison Cartier en termes d’artisanat d’excellence.

Afin qu'Anne Hathaway, qui incarne Daphne Kluger, puisse porter le collier, ce dernier a été réduit de 20% environ, puisque l’original avait été créé pour un homme. Quand l’actrice l’a mis pour la première fois à New York, le Toussaint lui allait comme un gant. “Ils ont fait un travail fantastique”, déclare Anne Hathaway. “Pour être tout à fait honnête, je ne me suis pas trop rendu compte que ce collier était si hors normes, jusqu’à ce que je regarde une prise où je suis en train de monter les escaliers et que je voie à quel point il scintillait. J’ai tout de suite compris qu’il s’agissait d’un collier extraordinaire, et c’est un peu ça, la magie du cinéma !”

LA GROSSE POMME

Le tournage de OCEAN’S 8 s’est entièrement déroulé à New York, où Gary Ross et son chef opérateur, Eigil Bryld, ont tenté de tirer le plus profit de la ville qui ne dort jamais.

“Si vous faites un film sur New York, il faut venir tourner à New York”, affirme Sandra Bullock. “New York dégage une énergie très particulière ; ça fait vibrer quelque chose en vous, quelque chose qui vous maintient tout le temps en alerte. Nous connaissions tous plutôt bien la ville – pour ma part, j’y ai vécu longtemps, si bien que j’ai l’impression de retrouver une vieille amie, mais cette ville est toujours en mutation, toujours pleine de surprises. Et la ville ne va pas s’arrêter parce que vous êtes en train de tourner un film. C’est au tournage de s’adapter”.

Grâce au partenariat entre Cartier et la production, quelques scènes ont pu être tournées dans un lieu très important : le Manoir Cartier. Pendant deux jours, le magasin phare de la 52ème rue est resté fermé au public pour que l’équipe puisse y tourner, notamment une scène cruciale dans laquelle Rose Weil et Amita, son “assistante”, insistent pour voir à tout prix l’inestimable Jeanne Toussaint. La fermeture de la boutique a été d’autant plus remarquée qu’elle s’est produite en plein mois de Décembre, lors de la frénésie d’achats qui précède Noël. Le chef décorateur Alex DiGerlando explique, “Ils nous ont donné les clés du royaume. Tous les bijoux que vous voyez dans ces scènes sont les vrais. Il n’y a aucun accessoire”.

À Brooklyn, l’annexe de l’Église Méthodiste Unie de Bushwick est devenue le loft de Lou, qui finit par devenir le QG de la bande, où elles planifient les moindres détails de leur casse. Ce bâtiment d’architecture néo-romane datant du début du siècle dernier dispose d’un intérieur en duplex, avec un balcon et de petites alcôves à l’étage : le lieu idéal. DiGerlando explique : “Quand on réfléchissait à l’esprit du loft, il nous fallait un lieu qui soit visuellement très intéressant, mais qui nous révèle également des informations sur la personnalité de Lou. Elle est assez matérialiste, très à la mode, et on l’a donc décoré avec des babioles qu’elle aurait collectionnées au cours de ses nombreux voyages au fil des ans”.

Pour l’extérieur du loft et l’intérieur de la boîte de nuit de Lou, c’est un entrepôt situé au bord de l’eau dans le quartier de Red Hook à Brooklyn qui a été utilisé. Dans le même quartier, une scène a été filmée chez Junior’s Deli, dont le fameux cheesecake a fait sa renommée internationale.

De retour à Manhattan, l’équipe de tournage a collaboré avec Vogue : la production a tourné toute une journée dans les bureaux du magazine au World Trade Center, notamment la scène où Tammy tente de se faire embaucher pour un emploi intérimaire à l’occasion du Gala.

Parmi les autres lieux de tournage à Manhattan, en dehors du Met, on retrouve l’Hôtel Plaza ; le magasin Christie’s sur la Rockefeller Plaza ; l’Hôtel Pierre ; le Casa Lever, un restaurant situé dans la célèbre Lever House sur Park Avenue ; le grand magasin Bergdorf Goodman, et la tour de 51 étages du New York Times. L’un des lieux les plus reconnaissables du film est le bâtiment conçu par Eero Saarinen à l’aéroport JFK : l’ancienne tour Trans World Airlines, aujourd’hui désaffectée. Ce lieu a été utilisé pour le retour tant attendu de Rose Weil sur le devant de la scène et des défilés de mode.

Pour mettre en scène le défilé de Rose, l’équipe du film a fait appel à Alexandre de Betak, très connu pour ses mises en scène de défilés inventives et mémorables. Avant le tournage, de Betak a emmené Gary Ross assister à trois défilés. Pour cette même séquence, Vogue a fait venir plusieurs figurants, tous de vrais habitués de la Fashion Week new-yorkaise, pour occuper les premières rangées.

La nouvelle collection de Rose a été créée par la chef costumière Sarah Edwards, qui a conçu plus de 50 silhouettes différentes dans les tons bleu et gris, en référence à l’esprit très années 1950 du bâtiment, mais également aux uniformes des hôtesses de l’air de l’époque. “Gary avait le sentiment que si on faisait une collection en rapport avec l’époque du bâtiment, ça pourrait être très beau, mais avec un style assez démodé”, explique Sarah Edwards. “On voulait que son défilé ait l’air à côté de la plaque, pas qu’il soit nul. On ne voulait pas que les vêtements soient hideux, mais juste qu’ils ne soient pas en phase avec la clientèle actuelle”.

Sarah Edwards revient sur la conception de la garde-robe quotidienne des personnages principaux : “On a vraiment pris le temps de s’assurer que les costumes reflétaient leur individualité et qu’ils étaient à l’image des femmes qu’elles sont vraiment. Avec huit personnages principaux, il était primordial qu’elles se cantonnent à leur style propre, ce qui n’était vraiment pas chose facile, même si c’était très marrant !”

Sarah Edwards remarque par exemple que la garde-robe de Sandra Bullock a été conçue pour évoquer “un personnage détaché, toujours impeccable. Tous ses vêtements ont un côté très minimaliste – des coupes longues, droites, épurées. Debbie Ocean doit pouvoir se déplacer furtivement : la simplicité des coupes et les couleurs sombres ont permis de rendre cette impression”.

La costumière poursuit en expliquant que Lou, le personnage de Cate Blanchett, porte plus facilement des motifs et des couleurs. “On voulait qu’elle ait l’air d’avoir acquis tous ses vêtements au fil du temps et on a donc délibérément mélangé des pièces ‘vintage’ avec des tenues plus modernes, des textures différentes, des motifs animaliers et du cuir par-ci, par-là. Lou est patronne de boîte de nuit, et elle est très chic. Cate a elle-même beaucoup de goût et elle a vraiment apporté beaucoup d’idées”.

“Sarah Edwards est un vrai génie”, s’exclame l'actrice. “La vraie créativité émerge souvent quand vous travaillez sous pression, et on n’a pas idée de toute la pression qu’elle a dû surmonter. Elle était toujours ouverte à toutes les choses qu’on lui proposait, et les essayages avec elle étaient vraiment trop drôles, un peu comme si Speedy Gonzalez vous faisait essayer des vêtements !”

Parmi les autres stars du film, s’il y en a une que l’on connaît pour son sens du style, c’est bien Rihanna. Pourtant, dans le rôle de Nine Ball, elle arbore un style complètement atypique : salopettes en jean, sweat-shirts trop grands, et bottes militaires. Comme le remarque Sarah Edwards, le contraste est total avec “Daphne Kluger, qui est une vraie starlette hollywoodienne, la célébrité du moment. Anna Hathaway voulait la doter d’une aura à la Elizabeth Taylor… mais avec un petit côté Barbie”, sourit-elle.

LE MET

Le gala du Met n’est pas une fête comme les autres : c’est un gala de bienfaisance pour lever des fonds en faveur de l’Institut du Costume du Metropolitan Museum of Art et il marque l’ouverture de son exposition du printemps. En raison des contraintes d’espace et de temps, l’exposition que l’on voit dans le film n’a pas pu être montée sur le site même du Met mais elle a été reconstituée sur le plateau des Gold Coast Studios, à Long Island.

DiGerlando et son équipe ont passé neuf mois à concevoir et à construire le décor complexe de l’exposition de costumes du film, intitulée “Le Sceptre et l’Orbe : Cinq siècles de tenues royales”. Ce nom a été choisi par le rédacteur international freelance de Vogue, Hamish Bowles, qui a par le passé organisé plusieurs expositions de mode remarquées, et c’est Anna Wintour qui a suggéré son nom pour diriger celle de OCEAN’S 8. “Plutôt que de s’intéresser aux costumes d’époque, on a agencé l’exposition autour de l’idée de l’habit royal et de son influence constante sur les créateurs de mode”, indique Bowles.

Ce dernier a réussi à convaincre de grandes maisons de couture d'autoriser la production à avoir accès à leurs archives. Des robes de créateurs amoureusement préservées ont été sélectionnées et envoyées au studio, où des conservateurs de musées les ont soigneusement mises sur des mannequins tout spécialement créés pour l'occasion. Ceux-ci ont ensuite été installés sur le plateau suivant les indications de Bowles et de DiGerlando.

Dans le hall d’entrée inspiré de l’époque des Tudor, l’influence de la monarchie britannique est palpable dans les créations de Sarah Burton pour Alexander McQueen et de Maria Grazia Chiuri et Pierpaolo Piccoli pour Valentino. Le style de la Cour de Louis XIV se retrouve dans les robes de Dolce & Gabbana, Zac Posen, Jean Paul Gaultier et John Galliano pour Christian Dior, Vivienne Westwood, Valentino et Alexander McQueen.

Tous les costumes sont ornés de parures de bijoux royaux chatoyants qui ont en fait été entièrement confectionnés à la main pour les besoins du film par le chef accessoiriste Michael Jortner, qui a collaboré avec un joailler.

Outre la splendeur vestimentaire, l’élément de décor le plus frappant est sans doute la piscine réfléchissante qui occupe tout l’espace. En effet, les costumes ont l’air de flotter audessus de l'eau. Pour l'essentiel, ce décor est bien réel mais l’eau qui se trouve directement sous les robes n’est cependant qu’une illusion numérique afin de préserver les tenues de l’humidité.

Aucun détail du décor n’a été épargné. Les cartouches descriptifs ont eux aussi été rédigés par Bowles et son équipe, et on y trouve l’information de fond précise liée à chaque robe et à sa référence historique, bien que ce ne soit pas lisible à l’écran. “On a tout fait dans les règles, comme on l’aurait fait pour une véritable exposition”, confirme Bowles.

Parmi les autres décors construits sur le plateau de Gold Coast, on compte le hall qui mène aux toilettes pour dames du musée et les W.-C eux-mêmes. Il y a aussi une extension du Temple d’Isis de l’aile Sackler du Met, avec des sculptures égyptiennes rappelant celles du musée. “Le plateau était en fait un assemblage de décors”, admet DiGerlando. “On les a construits de manière à ce qu'ils communiquent entre eux pour pouvoir facilement s'y déplacer”, continue DiGerlando.

Tous les rebondissements d’OCEAN’S 8 aboutissent à un évènement central : le Gala du Met, “où la mode, l’art et la gloire se rencontrent. C’est le summum de l'élégance et de l’art de faire la fête propres à New York, et aussi indubitablement la soirée la plus en vue de l’année”, rappelle Olivia Milch.

Même entourée de célébrités en habits de haute couture et parées de bijoux étincelants, l’époustouflant Jeanne Toussaint capte l’attention de toute l’assistance, notamment celle de Debbie Ocean et de son équipe. “On voulait que ce soit un vol de bijoux plus spectaculaire que le braquage d’un coffre-fort ou le vol d’une boîte à bijoux”, raconte Ross. “Le Gala offre un arrière-plan extrêmement brillant et prestigieux. Ça en faisait le cadre idéal où entraîner les spectateurs”.

Les acteurs et les auteurs de OCEAN’S 8 ont eu l’immense privilège de tourner les scènes du Gala à l’intérieur du Metropolitan Museum of Art. Les producteurs avaient d’abord envisagé de filmer le bal en studio. Cependant, Ross a rencontré le directeur et PDG du Met Daniel H. Weiss, qui leur a permis de tourner à l’intérieur de l'établissement pendant deux semaines, une première pour un film.

“Le plaisir de tourner à New York est indescriptible et la ville n'offre pas seulement un décor saisissant mais est également très accueillante. Avoir accès à un lieu aussi emblématique que le Met a été un honneur tout particulier pour chacun de nous”, confie Susan Ekins.

Situé sur la 5e Avenue, en bordure de Central Park, la façade style Beaux-Arts du Met s’étend sur quatre pâtés de maison, faisant du musée le plus grand des États-Unis. C’est aussi l’un des plus fréquentés. Le seul moment possible pour y tourner a donc été de nuit. Dès que les portent se fermaient au public, à 17h30, le tournage se mettait en place pour s’arrêter chaque matin, quelques heures avant la réouverture du musée, lequel devait s’accorder un peu de temps pour préparer le retour des visiteurs pour la journée.

La nature du lieu a également constitué un autre défi assez inédit pour les producteurs, car des centaines d’acteurs, de figurants et de techniciens – sans compter l’éclairage, les caméras et le reste du matériel – étaient entourés d’œuvres d’art uniques d’une valeur inestimable.

“J’ai tenu des réunions sur la sécurité des œuvres d’art comme on le ferait avant une importante cascade. C’est un fait, un faux mouvement aurait coûté davantage que le budget du film”, lance Ross, en plaisantant à moitié. “Il fallait donc que l’on fasse vraiment très attention. On a eu de longues réunions avec le Met sur ce que l’on comptait faire, afin qu’ils aient connaissance du moindre de nos mouvements : on leur a détaillé la manière dont on allait décharger le matériel puis tout remballer, les endroits où les caméras pouvaient, ou non, se trouver. Et on a élaboré les prises de vue en fonction. On a tous été extrêmement attentifs quand on était sur place et on s’en est sortis sans encombres”, dit-il en souriant.

Malgré ces contraintes, chacun a apprécié cette occasion rare de voir les chefs d’œuvre du musée tout au long du tournage. “Entre les prises, on pouvait se promener dans le musée et le découvrir d'un œil totalement nouveau, on pouvait s’arrêter pour regarder une œuvre, attentivement, en étudier les détails. Pendant deux semaines, on a pu savourer tout ça, si bien que tourner au Met a bien été un cadeau à plusieurs égards”, affirme Sandra Bullock.

Chaque année, le Gala du Met est organisé autour d’une thématique liée à l’exposition de costumes, qui démarre avec la soirée. Le thème se retrouve à la fois dans les tenues des invités et dans le décor de la fête. Pour OCEAN’S 8, le thème choisi a été la monarchie européenne.

"On a choisi Versailles comme source d'inspiration pour imaginer le majestueux décor", détaille DiGerlando. "Le Grand Hall a été élaboré comme l’un des jardins de Versailles dans lequel on peut se promener avant de déboucher au pied de l’escalier digne d’un grand palais".

L’équipe de DiGerlando a installé des topiaires et des sculptures dignes d’un jardin royal à l'entrée du musée, complété par un jardin extravagant qui camoufle le bureau d’information. Dans le Temple d’Isis du musée, là où se tient le dîner du Gala, le temple de l’Ancienne Égypte était ceint d’un mur de Versailles virtuel projeté dans l’espace.

Sur l’escalier monumental qui mène du Grand Hall aux galeries du premier étage, des figurants portaient des tenues de valets montant la garde. “L’idée nous est venue de poster cinquante valets de pied tout au long de l’escalier avec des chandeliers, de part et d’autre de ce magnifique tapis peint à la main habillant les marches”, décrit DiGerlando. “Leur costume est devenu un élément du décor”.

L'ÉCLATE !

Le Gala du Met est axé sur la mode et la chef costumière Sarah Edwards a travaillé avec certains des plus grands couturiers au monde pour habiller les huit protagonistes féminins du film en vue de la séquence du bal. Elle a commencé par s'entretenir avec chacune d’entre elles pour savoir quel créateur de mode s’apparentait à leur personnage respectif. Pour les actrices, les robes représentaient toutefois bien plus que de savoir quel couturier avait conçu leur tenue.

“Tout est question de repousser les limites de la couture. Il s’agit d’exprimer sa personnalité par le biais des matières et de la structure des vêtements d’une façon qui sort de l’ordinaire”, fait remarquer Sandra Bullock. “Et chacune de nous a pu porter des robes plutôt étonnantes à l’occasion du Gala”.

“Alberta Ferretti a créé ma robe, ce qui reflète le travail fabuleux investi dans sa confection”, poursuit Sandra Bullock. “Je ne sais pas si c’est voulu mais le nom de famille de mon personnage est Ocean et quand j’ai regardé le bas de la robe avec la traîne, j’y ai vu des étoiles de mer, des coquillages et des vagues, le tout tissé d’or et d’argent sur une mer de tissu noir. C’est une véritable œuvre d’art”.

La robe d’Helena Bonham Carter rappelait elle aussi le nom de son personnage. “[Les créateurs] m’ont associée à Dolce & Gabbana, ce qui me convient parfaitement et qui sied aussi à mon personnage”, explique l’actrice. “Je me suis rendue dans leur studio où j’ai aperçu cette tenue dans un coin, une sorte de petite robe des années 1950, blanche recouverte de roses, et j’ai lancé ‘C’est Rose’. Et pour rendre l’effet encore plus saisissant, des roses ont été peintes à la main pour rehausser leur éclat et leur donner du relief. Je ressemblais à un jardin de roses en mouvement”.

Mindy Kaling s’est sentie une proximité particulière avec la robe d’Amita. “Ma tenue a été conçue par Naeem Khan, que j’admire depuis longtemps. Il est indien, ce qui compte tout spécialement à mes yeux”, ajoute-t-elle. Cette création scintillante associe plusieurs nuances de doré grâce aux paillettes et aux bijoux cousus main. “Pour moi qui adore la mode, ça a été un rêve devenu réalité”.

Awkwafina a vécu ce que Sarah Edwards appelle “un moment Cendrillon” sous les traits de Constance, dans sa robe imaginée par Jonathan Simkhai, et l’actrice le reconnaît. “Elle était tellement sublime, c’est la plus belle chose qu’il m’ait été donné de porter dans la vie”. Cependant, elle a eu un problème en portant de la “haute” couture. “J’ai eu du mal à marcher en talons, j’avais l’impression que j’allais trébucher. J’ai donc dû m’entraîner à marcher avec car ce ne sont pas des Uggs”, dit-t-elle en riant.

Tammy, le personnage campé par Sarah Paulson, était apprêtée d’une robe de velours Prada bleu nuit. “C’est tout ce dont j’ai jamais rêvé”, déclare l’actrice. “J’ai déjà eu la chance d’assister au Gala du Met et c’est une soirée incroyablement glamour. Je crois que chacun, du département artistique aux équipes des costumes, de la coiffure et du maquillage, a vraiment réussi à en cerner l’essentiel. C’était merveilleux”.

Au lieu d’une robe traditionnelle, Givenchy a créé une tenue très peu conventionnelle pour Cate Blanchett, dans le rôle de Lou. “C’était une combinaison merveilleuse, ornée d’émeraudes, au look très rock’n’roll, presque à la Bowie”, affirme la chef costumière. “C’était parfait pour son personnage”.

Sous les traits de Nine Ball, Rihanna portait une robe exquise élaborée par Zac Posen. “La ligne simple et la couleur lui allaient admirablement”, reprend Sarah Edwards.

Dans le rôle de la star du bal, Daphne Kluger est resplendissante dans une “création de Rose Well”, qui était en réalité une robe Valentino – une pièce rose vif agrémentée d’une cape de huit mètres de long qui lui prête une allure royale en accord avec le thème du Gala. “J’ai depuis longtemps l’habitude des créations Valentino, si bien que je savais que leur réalisation serait parfaite. Et j’adore les vieux films dans lesquels Grace Kelly ou Audrey Hepburn ont leur garde-robe conçue par un célèbre créateur. Le fait que je puisse vivre la même chose était vraiment extraordinaire”, reconnaît Anne Hathaway.

La robe d’Anne Hathaway possédait un détail unique. “C’était important de mettre le collier en valeur”, précise Sarah Edwards. “La robe est donc volontairement simple avec son bustier aux lignes épurées. Et la couleur était absolument magique en contraste avec les diamants. Tout a été méticuleusement pris en considération”.

La chef costumière a sincèrement apprécié le travail des créateurs, qui ont tous joué le jeu des délais serrés de la production pour mettre au point les robes du film. “On leur a demandé de faire ces robes en un temps record”, confirme-t-elle. “Dans le cinéma, on a l’habitude de tels délais mais pas les maisons de haute couture. Ils ont tous accompli un travail remarquable pour faire ces robes, taillées aux mensurations exactes des actrices, et je les en remercie. C’était un travail herculéen”.

En outre, un certain nombre de maisons de créateurs ont prêté, pour le tournage, des centaines de robes et costumes pour hommes en plus pour les figurants présents au bal. “Il a fallu une armée de petites mains pour habiller les invités du Gala du Met. On a eu de la chance d’avoir une équipe fantastique”, déclare Sarah Edwards.

Soderbergh se souvient d'avoir été époustouflé par le résultat. “On venait juste de terminer une scène et on se préparait à passer sur une autre partie du plateau et je me suis mis à regarder les acteurs et les quelques 300 figurants défiler sous mes yeux. Une vision à perte de vue où toutes les tenues étaient extraordinaires”.

Une fois le tournage achevé, Gary Ross est retourné à Los Angeles pour la postproduction, travaillant étroitement avec la chef monteuse Juliet Welfling et le compositeur Daniel Pemberton. Ce dernier a composé une musique qui restitue parfaitement les différentes tonalités du film.

“Ce film allie beaucoup d’éléments”, réfléchit Ross. “C’est drôle mais ce n’est pas non plus une comédie à 100 %. C’est un film de braquage mais pas un drame. C’est enjoué, léger, et par-dessus tout cool. Et je pense que les spectateurs vont vraiment passer un excellent moment”.

Crédit des textes des notes de production © 2018 WARNER BROS. ENTERTAINMENT INC.

  
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