jeudi 30 janvier 2020

LE VOYAGE DU DR DOLITTLE


Comédie/Famille/Un sympathique divertissement familial

Réalisé par Stephen Gaghan
Avec Robert Downey Jr., Carmel Laniado, Antonio Banderas, Michael Sheen, Jim Broadbent, Jessie Buckley, Ralph Ineson...
Avec les voix, en version originale, d'Emma Thompson, Tom Holland, Octavia Spencer, Kumail Nanjiani, Rami Malek, John Cena, Craig Robinson, Selena Gomez, Marion Cotillard...

Long-métrage Américain
Titre original : Dolittle 
Durée : 01h41mn
Année de production : 2020
Distributeur : Universal Pictures International France 

Date de sortie sur les écrans américains : 17 janvier 2020 
Date de sortie sur nos écrans : 5 février 2020


Résumé : Après la perte de sa femme sept ans plus tôt, l’excentrique Dr. John Dolittle, célèbre docteur et vétérinaire de l’Angleterre de la Reine Victoria s’isole derrière les murs de son manoir, avec pour seule compagnie sa ménagerie d’animaux exotiques.

Mais quand la jeune Reine tombe gravement malade, Dr. Dolittle, d’abord réticent, se voit forcé de lever les voiles vers une île mythique dans une épique aventure à la recherche d’un remède à la maladie. Alors qu’il rencontre d’anciens rivaux et découvre d’étranges créatures, ce périple va l’amener à retrouver son brillant esprit et son courage.

Au cours de sa quête, le docteur est rejoint par un jeune apprenti et une joyeuse troupe d’amis animaux, dont un gorille anxieux, un canard enthousiaste mais têtu, un duo chamailleur entre une autruche cynique et un joyeux ours polaire, et enfin un perroquet entêté, le plus fiable conseiller et confident de Dolittle.

Bande-annonce (VOSTFR)


Bande-annonce (VF)


Bande-annonce 'Auditions' (VOSTFR)


Bande-annonce 'Auditions' (VF)


Ce que j'en ai penséLE VOYAGE DU DR DOLITTLE est un sympathique divertissement familial. Certes, il s'adresse plutôt aux enfants, mais son réalisateur Stephen Gaghan réussit à en faire un film d'aventures devant lequel les parents s'amuseront aussi. Le réalisateur rend immédiatement très clair le contexte émotionnel et professionnel entourant ce docteur au don particulier, celui de parler aux animaux. Sa narration est presque toujours dans l'action tout en permettant à l'histoire de se mettre en place. 

Chaque personnage compte, ce qui est agréable puisqu'ils apportent tous quelque chose et ont tous un ou plusieurs moments où ils sont mis en valeur. Grâce à sa mise en scène, le réalisateur nous place souvent au cœur des événements. Pour les adultes, le scénario se devine assez facilement puisqu'il prend des chemins relativement classiques dans ce genre de long-métrage. De plus, il ne peut s'empêcher d'intégrer quelques facilités humoristiques, qui finalement nous font rire tout de même. Il n'en demeure pas moins que plus l'histoire avance et plus les protagonistes, humains et animaux, deviennent attachants. On apprécie les messages positifs qui se dégagent de ce récit. Les décors aident à nous plonger dans les différents endroits parcourus. Les costumes aux allures bohèmes du Docteur Dolittle viennent souligner le brin de folie douce qui fait le charme de ce personnage. 

Les effets spéciaux sont tout à fait convaincants, en tout cas suffisamment pour que les animaux qui accompagnent le Docteur Dolittle soit vus comme de véritables personnages avec leur personnalité propre et leur expressivité en cohérence avec leur espèce. Quant aux effets spéciaux qui complètent les scènes d'action, ils permettent de faire efficacement fonctionner l'imagination. En français, les actrices et acteurs de doublage font un très bon travail pour faire exister les protagonistes animaux à travers leurs voix. 

Robert Downey Jr. interprète le Docteur John Dolittle. L'acteur a toujours un excellent sens de la répartie et est très à l'aise pour donner la réplique dans un cadre décalé. Il rend tout à fait crédible ses échanges avec les animaux qui l'entourent. Tout ne tourne pas autour de lui, mais il est un des éléments et fait partie d'un tout pour faire avancer cette intrigue, et c'est une bonne idée. Cela offre plus de souffle à l'histoire. 




Harry Collett interprète le jeune Stubbins. Il est attachant dans ce rôle d'enfant qui comprend mieux les animaux que les hommes. 




Antonio Banderas interprète Rassouli. L'acteur a le charisme qu'il faut pour le rôle. 


Michael Sheen interprète Müdfly. On sent qu'il prend plaisir à jouer ce type détestable et faible.

Copyright photos @ Universal Pictures International France

LE VOYAGE DU DR DOLITTLE propose un agréable divertissement à partager en famille. C'est son objectif et il l'atteint. On rit, on est surpris par la dynamique entre humains et animaux, on s'attache aux personnages et on se change les idées. C'est un film léger, mais fait avec sérieux. Il est tout à fait plaisant.
Note : il faut rester au moins pendant la première partie du générique de fin pour une petite scène additionnelle.

NOTES DE PRODUCTION
(À ne lire qu'après avoir vu le film pour éviter les spoilers !)

LA GENÈSE DU FILM

Le développement du projet Stephen Gaghan à la manœuvre Depuis près d'un siècle, les contes fantaisistes de "L'extravagant Docteur Dolittle" de Hugh Lofting enchantent les lecteurs, de toutes générations. La capacité extraordinaire du héros à parler les langues complexes des animaux, petits et grands, a nourri l'imaginaire du public qui découvrait ses aventures dans les livres, à la radio, au théâtre, à la télévision ou au cinéma.

Joe Roth et Jeffrey Kirschenbaum, qui ont tout récemment produit MALÉFIQUE : LE POUVOIR DU MAL, développaient un projet d'adaptation depuis longtemps. Une fois que Thomas Shepherd, auteur de l'adaptation, s'est engagé dans l'aventure, le projet a commencé à prendre forme. Mais il a fallu que Stephen Gaghan, réalisateur oscarisé, accepte de signer la mise en scène pour que LE VOYAGE DU DR DOLITTLE se concrétise vraiment.

Pour le cinéaste, L'EXTRAVAGANT DOCTEUR DOLITTLE (1967) avait été marquant. "J'ai découvert cette version avec Rex Harrison à un âge charnière", se souvient-il. "Je devais avoir 3 ou 4 ans à l'époque et j'ai été captivé. Je crois que le fi lm s'est niché dans un coin de ma tête et s'y est épanoui pour en ressortir cinquante ans plus tard".

Quand Gaghan a rencontré les producteurs pour leur faire part de ses remarques sur l'intrigue, il s'est mis à jouer les scènes qu'il souhaitait voir dans sa version. "J'ai grandi dans le Kentucky et je suis un dingue d'animaux", confi e-t-il. "Quand mes gamins étaient petits, j'inventais des histoires pour chacun. Du coup, j'ai raconté des histoires différentes à chacun de mes quatre enfants, âgés de 5 à 19 ans, et ils croyaient qu'elles provenaient de livres. Mais en réalité, je me débrouillais comme je pouvais pour inventer de nouvelles histoires en permanence". Il a également fait découvrir à ses enfants LE VOYAGE DE CHIHIRO de Miyazaki quand ils étaient tout jeunes. "Peu importe si c'était adapté à leur âge ou pas", reprend-il. "C'est un fi lm sublime !" C'est ainsi que les histoires qu'il racontait à ses enfants, les longs métrages de Miyazaki qu'il a vus plusieurs fois avec eux et le souvenir persistant de L'EXTRAVAGANT DOCTEUR DOLITTLE ont nourri sa vision du fi lm. "Toutes ces infl uences se sont sédimentées au fi l des années… et voilà où nous en sommes aujourd'hui !", ajoute-t-il.

Comme il le reconnaît lui-même, Gaghan souhaitait réaliser un fi lm qui soit à la fois le premier que son fi ls de 5 ans puisse découvrir dans une salle de cinéma et suffi samment complexe pour intéresser ses enfants adolescents. "Je voulais que mes gamins soient captivés et émerveillés", dit-il. "Je ne peux pas séparer ma famille de mon travail. Tout ce que j'ai entrepris sur ce fi lm se nourrit de mon amour pour mes proches. J'ai imaginé un univers qui réunit ces différents éléments".

Kirschenbaum était convaincu que Gaghan saurait donner une ampleur inédite au projet et les producteurs lui ont ainsi permis de réécrire la première mouture du script. Dans l'histoire, un garçon, du nom de Stubbins, plonge dans le monde de Dolittle, et Kirschenbaum a été sensible au fait que le réalisateur aborde la trajectoire de Stubbins sous un angle personnel. "À mon avis, l'idée de ce jeune homme qui ne se sent pas à sa place dans cet univers a vraiment parlé à Steve", déclare-t-il. "C'est un garçon qui vit avec sa tante, son oncle et son cousin qui sont tous chasseurs. Mais Stubbins n'a pas envie de tuer d'animaux – il veut les sauver. Quand il rencontre Dolittle, qui est en deuil suite à la disparition de sa femme, ces deux âmes sœurs entament un périple destiné à panser leurs plaies. Ce n'est qu'en s'ouvrant à l'autre et en apprenant à s'écouter qu'ils réussissent à aller mieux. En emmenant le scénario dans cette direction, Steve a su le sublimer".

Pour le réalisateur, le film et le personnage de Dolittle faisaient écho, en creux, au monde actuel, profondément divisé. "Si on l'envisage comme un fi lm de superhéros, Dolittle est un superhéros dont le superpouvoir est de savoir écouter les autres", signale Gaghan. "S'il est à même de communiquer avec toutes ces créatures, c'est qu'il sait formidablement faire preuve d'empathie. Alors qu'aujourd'hui on a tendance à diaboliser n'importe qui, LE VOYAGE DU DR DOLITTLE milite pour le droit à se faire entendre. Chacune des créatures du fi lm a quelque chose à dire. Il y a des points de vue, dans la nature, qui méritent qu'on leur prête attention. On peut transposer cette situation chez l'espèce humaine. Avec LE VOYAGE DU DR DOLITTLE, il s'agit de s'attacher à nos points communs plutôt qu'à nos différences. Dès qu'on s'engage dans cette voie, on va mieux".

Comment entamer le dialogue avec les animaux Robert Downey dans le rôle du docteur Dolittle

Quand Robert Downey Jr. a choisi, après avoir quitté l'univers Marvel, de s'attaquer au périple du célèbre vétérinaire – et de revenir à l'Angleterre victorienne où se déroule l'histoire de Dolittle –, un nouvel héros était né. Un héros bâti pour la jeune génération avide de récits d'aventures sur grand écran.

Roth et Kirschebaum ont contacté Team Downey, société de production de Robert et Susan Downey, son épouse et fi dèle collaboratrice, sensibles à la faculté de Roth à réinterpréter les grands classiques de la littérature. d’ALICE AU PAYS DES MERVEILLES à BLANCHE NEIGE ET LE CHASSEUR, le producteur prolifi que a transposé de nombreux contes célèbres en blockbusters. Roth et Kirschebaum étaient certains qu'avec Robert Downey, l'interprétation du brillant et complexe Dolittle serait des plus marquantes.

De son côté, Gaghan apprécie depuis longtemps le jeu de Downey et a commencé à imaginer son Dolittle avec l'acteur en tête. "Ses partenaires le considèrent comme un grand comédien", remarque-t-il. "Quand j'ai su que Robert incarnait le personnage, j'ai écrit le scénario avec un œil neuf en revenant aux sources des livres. Mais je ne voulais pas pour autant me sentir limité par ce postulat. Je tenais à ce que le fi lm soit contemporain et à ce que la psychologie des personnages soit actuelle".

Le premier rendez-vous entre le réalisateur et Robert Downey a été déterminant. "Robert m'a demandé quelles décisions avaient déjà été prises concernant le fi lm", se remémore Gaghan. "Je lui ai répondu qu'on n'en avait pris qu'une seule et qu'elle expliquait notre rendez-vous. 'On voudrait te confi er le rôle principal et tout le reste est totalement ouvert'. C'est un vrai collaborateur de création et il est totalement partie prenante dans la fabrication du fi lm. C'était une décision fondamentale mais c'était la bonne".

Pour Robert et Susan Downey, il s'agissait d'un formidable défi artistique et d'une opportunité unique. "Joe Roth est venu nous voir avec la version du scénario réécrite par Stephen Gaghan", précise Susan Downey. "Il nous a dit que Steve l'avait écrit avec Robert en tête. On l'a lu avec Robert et on a trouvé que c'était génial. Qui n'a pas envie de se dire qu'il ou elle est capable de parler avec ses animaux ? Surtout, Steve avait concocté une aventure spectaculaire destinée à tous les publics".

Pour Robert Downey et sa femme, LE VOYAGE DU DR DOLITTLE est en effet un récit d'aventure grand public qui s'interroge sur la possibilité de s'inventer une famille – et d'obtenir une deuxième chance, au moment où on s'y attend le moins. "Tout le monde peut aller voir ce fi lm et l'apprécier, ma fi lle de 5 ans comme une grand-mère de 94 ans", note Susan Downey. "C'est très drôle. C'est un fi lm qui ne se prend pas au sérieux, qui est très spectaculaire, mais qui aborde des thèmes profonds qui devraient toucher tous les spectateurs, quels que soient leur âge, leur sexe ou leurs origines".

Kirschenbaum a trouvé sa partenaire d'une grande effi cacité. "Susan était déjà une formidable productrice avant qu'elle et Robert ne travaillent sur SHERLOCK HOLMES", affi rme Kirschenbaum, "et elle a produit tous ses fi lms depuis ce projet. Elle a été une partenaire extraordinaire et ils ont accueilli chaleureusement toute l'équipe. Sur le tournage, on a formé une vraie famille et tous les acteurs, jusqu'au moindre second rôle, se sont sentis soudés. L'aventure qu'entreprennent Dolittle et Stubbins – et toute leur ménagerie – était emblématique de ce qu'on vivait sur le plateau".

Une fois le scénario signé Gaghan, Dan Gregor et Doug Mand, le tournage a pu commencer. "C'est le fi lm le plus féerique qu'on ait jamais produit et ce n'est pas peu dire", renchérit Robert Downey. "C'est toujours un miracle à mes yeux quand un projet qui comporte autant d'éléments différents se met en place et aboutit à un fi lm aussi divertissant. Quand les gens le découvrent, ils racontent qu'ils ont été émus et amusés. Ma chère et tendre, qui me supporte depuis longtemps, dit qu'il est destiné aux spectateurs de 4 à 94 ans. C'est donc mission accomplie pour Team Downey !"

"Mon père sera sensible à l'humour subversif du fi lm", poursuit l'acteur. "La jeune génération, elle, est habituée à ce que les effets soient d'un réalisme total. Mais LE VOYAGE DU DR DOLITTLE me fait plutôt penser au genre de fi lms qu'on regardait quand on était petits – comme FANTASIA et MARY POPPINS – qui mêlaient animation et prises de vues réelles. J'ai le sentiment que LE VOYAGE DU DR DOLITTLE possède le style visuel qui lui convient".

Susan Downey acquiesce. "Il m'a fait penser à ces classiques comme CHITTY CHITTY BANG BANG et CHARLIE ET LA CHOCOLATERIE", dit-elle. "Il y a là beaucoup d'humour transgressif et pas mal de petits clins d'œil. Je sais par exemple que mes enfants rêvent de pouvoir parler avec les animaux".

LES PERSONNAGES

Dolittle - Robert Downey Jr.

Génie d'un genre très particulier que la plupart des gens tiennent pour fou, le docteur Dolittle est un ours mal léché – mais brillant – qui comprend la plupart des langues animales. Médecin autrefois très compétent, il est dévasté par la mort de sa femme, Lily : depuis sa disparition, il s'est détourné des hommes pour tenter de cerner le monde secret des autres espèces. Bien qu'il soit un misanthrope décomplexé – passé maître dans l'art d'envoyer paître ses semblables – le vétérinaire de Puddleby-on-theMarsh aspire secrètement à retisser des liens avec autrui et à retrouver une famille. Mettant le cap sur une île inexplorée avec Stubbins, Dolittle devra utiliser son don le plus étrange pour sauver la reine… et sa propre humanité par la même occasion.

Downey a décidé de faire de Dolittle un Gallois. "Pour moi, ce personnage vit en ermite et s'est retranché du monde en raison d'un traumatisme, d'un choc émotionnel", signale-t-il. "Il a choisi de ne soigner que les animaux parce qu'il a renoncé à venir en aide à ses congénères. Il vit reclus dans ce domaine que lui a offert la reine. Je me suis dit que ce serait encore mieux s'il était gallois parce que, même si le Pays de Galles fait partie de l'Angleterre, les Gallois donnent pas mal de fi l à retordre aux Anglais !"

Un choix qui, néanmoins, présentait certains défi s que l'acteur n'avait pas anticipés. "Il se trouve que c'est l'accent le plus difficile du monde et ça m'a rendu fou !", confi e Downey. "Ça devrait au moins faire l'affaire pour le film. Le gallois est proche d'une langue d'origine gaélique et j'y ai pris beaucoup de plaisir. Michael Sheen m'a beaucoup soutenu et donné quelques conseils. Il m'a parlé de discussions qu'il avait avec son père si bien que je l'ai enregistré et j'ai aussi fait appel à un coach gallois". Downey a en effet travaillé avec le répétiteur Andrew Jack et le consultant gallois Tim Treloar qui étaient tous les deux présents sur le plateau pendant le tournage. L'acteur et Jack avaient d'ailleurs déjà collaboré à plusieurs reprises au cours de leurs carrières respectives. "Avec Robert, on s'était dit que CHAPLIN nous avait aidés pour notre travail sur LE DON DU ROI et le diptyque SHERLOCK HOLMES", relate Andrew Jack. "Mais DOLITTLE a encore repoussé les limites et on a dû faire du personnage un Gallois pur jus ! Pour autant, comme d'habitude, c'était un vrai plaisir".

Si Dolittle est un personnage haut en couleur dans les romans de Lofting, le lecteur n'a pas l'occasion de connaître les défauts du vétérinaire. Le personnage campé par Downey est bien plus complexe : "Robert tenait à ce que son Dolittle soit excentrique et vulnérable", précise Kirschenbaum. "C'est à partir de ces traits de personnalité qu'émerge l'héroïsme du personnage". Downey était aussi concerné par son rôle de producteur. "Il se préoccupait de savoir comment élargir le public naturel du fi lm", reprend Kirschenbaum. "Robert fourmillait de nouvelles idées concernant les personnages. Il me fait penser à Dolittle qui aime venir en aide à son entourage. Que ce soit devant ou derrière la caméra, il est généreux et il aime le travail d'équipe".

Le réalisateur apprécie l'humeur changeante du comédien. "Il est capable de vous faire rire tout en étant un peu inquiétant", témoigne Gaghan, "et cela correspond à Dolittle. Dolittle est plus malin que les autres. Il s'est retranché du monde et vit au milieu des animaux parce qu'il ne veut plus s'encombrer des rapports humains. Les animaux font à peu près tout ce qu'il veut mais fomentent des complots. Robert s'en est servi. Il a un instinct pour le burlesque et peut faire n'importe quelle acrobatie comique ou faire preuve de la technicité la plus complexe. Quand on fait sa connaissance, il n'est plus en deuil mais s'apitoie désormais sur son sort et les animaux en ont assez. C'est à partir de ce contexte que Robert a bâti le personnage".

Tommy Stubbins - Harry Collett

Garçon espiègle et profondément attaché aux animaux, Tommy Stubbins, 12 ans, souhaite enrichir ses connaissances au contact de Dolittle depuis qu'il a découvert ce que le vétérinaire était capable de faire ! Surtout, il aspire à trouver sa place dans le monde… loin du minuscule village de Puddleby-on-the-Marsh. À contrecœur, Dolittle accepte de prendre sous son aile cet apprenti aussi courageux que doué et les voilà embarqués dans le périple de leur vie ! Prouvant qu'il sait parler la langue la plus mystérieuse qui soit, Stubbins découvrira son propre pouvoir et les merveilles du monde que la plupart des hommes ignorent. Pour Gaghan, c'était un vrai bonheur de voir Robert Downey et le jeune Collett réunis. "On avait ce grand comédien chaplinesque qui donnait la réplique à un partenaire purement instinctif", raconte-t-il. "Il se trouve que leurs rapports sur le plateau faisaient écho à ceux de leurs personnages, entre le mentor et son élève. Le plus jeune était talentueux et instinctif et souhaitait s'inspirer de son partenaire plus aguerri. Robert a abordé la situation avec assurance et bonne humeur".

Le partenaire de Collett est le premier à faire l'éloge du jeune comédien. "Harry est un acteur plein d'avenir", affi rme Downey. "Je me souviens qu'en voyant son bout d'essai, je me suis demandé si Tom Cruise était comme ça à 11 ans. Mais il a sa propre personnalité et il est bourré de talent". Downey s'en amuse : "Mon programme de tutorat pour la nouvelle génération se poursuit".

La production avait mené des recherches poussées pour trouver le jeune interprète. "Harry est très souriant naturellement et extrêmement attachant", note Kirschenbaum. "On a sillonné la planète pour le dénicher et on a rencontré des milliers de garçons. Harry n'avait pas autant d'expérience que la plupart de ses concurrents mais il y avait quelque chose d'authentique et de spontanément curieux chez lui. On voulait quelqu'un qui soit naturel et l'émerveillement qu'on décèle dans le regard d'Harry est sincère".

Apprenant à parler la langue des canards, des ours polaires et des gorilles, Stubbins se révèle posséder un don que personne ne soupçonnait. Pour autant, le plus diffi cile pour le jeune acteur consistait à faire appel à son imagination pour se représenter les créatures avec lesquelles il était censé "jouer". Étant donné que les animaux du fi lm étaient des créations numériques, il n'avait pas de véritable girafe ou autruche avec lesquelles communiquer. "Je m'étais imprégné d'images de chacun des animaux pour connaître leur taille et l'équipe des effets visuels utilisait une balle de tennis fi xée sur une perche pour que j'aie un 'interlocuteur' en face de moi", note Collett. "J'adore puiser dans mon imagination pour me représenter les animaux. Malgré tout, c'est diffi cile puisqu'on se retrouve à parler à une balle de tennis sur une perche même si, en réalité, on est censé discuter avec un ours polaire ! Mais on a passé un moment merveilleux quand Robert et moi avons commencé à imaginer les animaux à bord du bateau. Comme on était en studio, on avait vraiment le sentiment d'être sur un vrai bateau quand celui-ci se mettait à tanguer. Dès qu'on entendait 'Action', il fallait qu'on plonge dans cet univers et qu'on ait le sentiment d'être sur place".

Le jeune acteur a énormément appris au contact de Downey. "Quand on travaille avec Robert, on a envie de l'observer", dit-il. "Il est comme un fi lm à lui tout seul : il connaît le moindre axe de caméra, il donne des idées et il peut tout aussi bien garder le silence et venir en aide au réalisateur. Il est capable de s'acquitter de n'importe quel boulot sur le plateau grâce à tous les fi lms qu'il a déjà tournés".

Lady Rose - Carmel Laniado

Suivante et dame d'honneur de la reine Victoria, la courageuse Eugénie Archer-Rose vient en aide à Stubbins lorsque celui-ci se retrouve pris au piège sur le domaine de Dolittle. Missionnée par Buckingham, elle demande avec insistance à Dolittle et à Stubbins de se rendre au palais avec elle pour sauver la reine d'une mystérieuse maladie. Tandis que le vétérinaire et son jeune acolyte s'embarquent dans leur aventure, Lady Rose, secondée par le chien Jip et l'insecte Styx, veille sur la reine, s'engageant à la protéger coûte que coûte.

"Lady Rose est sûre d'elle, bienveillante et déterminée et elle a tendance à s'attacher à ce qui est beau chez les êtres humains et les autres créatures", déclare Carmel Laniado. "Elle est bien décidée à sauver la reine et à permettre à Stubbins d'acquérir une plus grande confi ance en lui. Lady Rose décèle chez les autres ce qui échappe à la plupart des gens. Quand on fait sa connaissance, on sent qu'elle est issue d'une famille noble très stricte mais dès qu'on apprend à la connaître, on se rend compte qu'elle est aussi une enfant comme les autres".

La toute jeune comédienne fait ici ses débuts au cinéma. "Même si elle n'avait jamais tourné auparavant, elle captait toute la lumière pendant son audition", explique le réalisateur. "On ne pouvait pas détacher son regard d'elle. Toute sa famille a été adorable et on a compris qu'on tenait notre Lady Rose dès qu'on l'a rencontrée. On lui a dit qu'on se moquait de savoir si elle était débutante ou pas car, pour elle, tout commençait maintenant. Et dès le premier jour, on aurait dit qu'elle en était à son vingtième fi lm. C'est une actrice née".

Rassouli - Antonio Banderas

Il n'y a qu'un seul endroit où l'on peut trouver le célèbre pirate King Rassouli : le port de Monteverde. Pour des raisons qui, au départ, sont peu compréhensibles, le redoutable Rassouli n'apprécie guère Dolittle… Il détient un secret concernant le vétérinaire et un journal intime qui renferme des informations essentielles sur la destination de Dolittle : l'île mystique d'Eden Tree. Rassouli adore ses chats et dort entouré de lions.

Si Robert Downey et Antonio Banderas se sont déjà rencontrés au fi l des années, ils n'avaient jamais tourné ensemble. "Il a récemment inauguré son propre théâtre en Espagne et campé Picasso dans la série GENIUS", note Downey. "Je me suis rendu compte que j'allais jouer avec quelqu'un de ma génération, que j'apprécie beaucoup, et qu'on faisait ce métier depuis le même nombre d'années… autrement dit, plusieurs décennies ! Banderas est dément dans le rôle de Rassouli".

Banderas aime aborder ses rôles comme s'il se précipitait d'une falaise – sans savoir s'il va s'abîmer sur les rochers ou tomber dans l'eau. C'est la démarche qu'il a adoptée avec Rassouli et il reconnaît que son premier jour sur le plateau était l'un des plus intenses du tournage. "Dans mes premières scènes, je suis dans un donjon où mon personnage a enfermé Stubbins et Dolittle", raconte Banderas. "À ce moment-là, où je me retrouve avec les deux protagonistes, je me demande comment les atteindre. Le contentieux qui l'oppose à Dolittle était très bien écrit. Il ne m'en fallait pas plus pour comprendre qu'un vrai problème s'était produit autrefois et que mon personnage cherchait à se venger. Ça m'a suffi pour m'emparer du rôle".

L'acteur a apprécié les échanges et les traits d'humour qu'il a eus avec Downey sur le tournage. "C'est une question d'alchimie, de timing, de rythme et de compréhension de ce qu'on fait qui dépasse les mots", souligne Banderas. "C'est quelque chose qu'on a en soi. Je l'ai ressenti avec Robert dès que je l'ai rencontré et que j'ai compris qu'il aimait le travail d'équipe. C'est comme lorsqu'on joue avec quelqu'un et que votre partenaire vous fait comprendre qu'il a envie de jouer avec vous. Toutes les appréhensions s'envolent. Il n'y a ni arrière-pensée ni stratagème. Tout ce qu'on fait est au service du fi lm et destiné à ce que les comédiens prennent du plaisir. Je l'ai détecté chez Robert dès le départ et je crois qu'il l'a décelé chez moi".

Dr. Blair Müdfl y - Michael Sheen

Médecin royal – et crétin de sang noble –, le docteur Blair Müdfl y ne parvient pas du tout à soigner la reine Victoria, extrêmement malade. Le seul remède qu'il propose consiste à la faire saigner à l'aide de sangsues. Ancien camarade de Dolittle à Edinburgh, Müdfl y est jaloux de celui-ci – et ce n'est guère digne de lui.

Cherchant constamment l'approbation des autres, Müdfl y ne supporte pas que Dolittle suscite autant l'intérêt de Buckingham : sa fureur à l'égard du vétérinaire le poussera à vouloir se venger. Il est campé par Michael Sheen : "Michael insuffl e une véritable énergie au personnage", déclare Kirschenbaum. "Il est pour Dolittle ce que Salieri représentait pour Mozart".

Le réalisateur acquiesce : "Michael est un acteur né", dit-il. "Je l'adore. Il est d'une folle vivacité. Il avait beaucoup d'idées et en a testé certaines pour élaborer son personnage qui, au fond, est un homme désirant seulement être reconnu par Dolittle. Toutes les idées de Michael dépassaient nos espérances. Grâce à son formidable talent, Robert et lui ont engagé une vraie partie de ping-pong".

De son côté, Sheen reconnaît qu'il est toujours fasciné par la complexité et la beauté des décors de productions comme LE VOYAGE DU DR DOLITTLE. "La plupart du temps, les détails les plus infi mes échappent au spectateur, surtout quand il s'agit de ces vastes décors spectaculaires", note Sheen. "Mais cela permet aux comédiens de se plonger dans un monde qui n'existe pas".

À ses yeux, le mérite en revient largement à Gaghan. "J'ai beaucoup aimé travailler avec Steve parce qu'il est non seulement réalisateur mais aussi scénariste", poursuit Sheen, "et du coup, son imagination est sans cesse en éveil. Ce que j'adore, c'est qu'il peut avoir une idée au moment où vous tournez une scène et réagir de manière judicieuse à ce que vous faites et, à mon avis, c'est une qualité magnifique. Il nous poussait à faire des propositions au moment des répétitions et puis on partait dans une direction inattendue. Steve a une imagination fertile mais, dans le même temps, il possède les compétences techniques pour mettre en œuvre ses idées".

Le comédien se met à rire en repensant aux moments où il devait se convaincre qu'il tournait face à des animaux ! "Il faut s'accrocher à cette idée et c'est formidable d'arriver à jouer avec ce postulat en tête", signale Sheen, "même si ce sont des moments peu spectaculaires comme la première scène où j'ai recours à des sangsues ou à une autre où j'ai un animal sous les pieds. Ça me fait penser à l'époque où on était gamins et où on jouait : on n'avait ni accessoires, ni décors, ni rien. C'est la forme la plus pure du jeu d'une certaine façon : on ne joue qu'en faisant appel à son imagination".

Lord Thomas Badgley - Jim Broadbent

Si la reine Victoria venait à mourir des suites de sa maladie, Lord Thomas Badgley lui succèderait en devenant Thomas Ier. Il n'est pas inconcevable qu'il mette tout en œuvre pour que la couronne échoie à la maison Badgley. Très préoccupé par la santé de la reine, il affrète une frégate – le Britannia – pour suivre Dolittle dans ses pérégrinations.

La production était enchantée que Broadbent, comédien oscarisé, accepte le rôle. "À mon avis, Jim Broadbent est le plus grand acteur en activité", déclare Kirschenbaum. "On a eu une chance folle de l'avoir à nos côtés. Son jeu était tout en nuances et dès qu'il est à l'écran, c'est un régal pour le public".

Broadbent avait déjà tourné avec Jessie Buckley, qui incarne ici la reine Victoria, dans la série GUERRE ET PAIX et avec Michael Sheen, mais il n'avait jamais travaillé sous la direction de Gaghan. "C'est un cinéaste intéressant qui trouve des moyens inédits et enthousiasmants de raconter son histoire", dit-il. "C'était fascinant de le voir travailler et d'apprendre à le connaître un peu mieux".

Étant donné que la plupart de ses scènes se déroulent dans la chambre de la reine, Broadbent a pu apprécier les décors raffi nés du fi lm. "C'est une pièce splendide avec un grand lit à baldaquin, des couvertures en velours, de magnifi ques tableaux aux murs et de très beaux meubles", précise le comédien. "C'est un décor sublime. Je ne me suis jamais rendu dans les chambres somptueuses du palais de Buckingham mais c'est comme ça que je les vois".

Selon le réalisateur, Broadbent et Sheen apportent un humour délicieusement décalé au fi lm. "Je voulais évoquer l'atmosphère de CHITTY CHITTY BANG BANG et instaurer une tonalité qu'on trouve rarement dans les fi lms pour enfants", dit-il. "J'avais envie de m'inspirer de Roald Dahl et Ian Fleming. On était vraiment dans la cour des grands. D'un côté, on comprend que Rassouli est prêt à vous jeter en pâture à un fauve et, de l'autre, Jim et surtout Michael ont un humour qui rend les personnages attachants. J'appelle ça 'la vie à 110%'. Ils sont crédibles par rapport à l'époque mais ils apportent une dimension supplémentaire qui ajoute 10% de vie en plus. On a juste envie de les suivre !"

La reine Victoria - Jessie Buckley

À seulement 18 ans, la reine est tombée gravement malade sans que personne ne parvienne à comprendre pourquoi. Plus jeune monarque en exercice, Victoria prouvera qu'elle a non seulement la force de caractère pour régner mais qu'elle est prête à s'attaquer à tous ceux qui seraient tentés d'usurper le trône. Son seul espoir est un remède, jamais encore testé, issu d'un arbre que personne n'a encore découvert… situé sur une île inexplorée…

Avant le début du tournage, Jessie Buckley a lu une biographie de la reine qui lui a permis de nourrir son jeu. "Victoria a accédé au trône à l'âge où on la découvre dans le fi lm et elle a été largement manipulée par son entourage qui gravitait à la Cour", affi rme Jessie Buckley. "En discutant avec Stephen et Robert, j'ai compris qu'elle était en grand danger. Elle est tellement manipulée que sa vie est menacée.

LES ANIMAUX

Bien avant le début du casting, Stephen Gaghan a passé des mois à réfl échir à l'allure de chaque animal de la ménagerie de Dolittle. Une démarche qui lui a permis de choisir les acteurs qui allaient les doubler. “J’ai pris des images d’animaux et c’est pour eux que j’ai fait le casting”, explique-t-il. “Je me disais : ‘Cette actrice fera un très bon gorille des montagnes !’ Ensuite il fallait que j’explique aux animateurs ce qui collait particulièrement bien chez cet animal. C’était parfois un mouvement d’épaule, une lueur dans le regard ou sa timidité… Il fallait identifi er les caractéristiques humaines qui sous-tendent le langage visuel de l’animal”.

Il était essentiel pour Stephen Gaghan de donner une certaine grandeur aux animaux qui peuplent la vie de Dolittle. Il s'est attaché à chacun des animaux et leur a attribué un parcours et une complexité émotionnelle. “Dolittle est un véritable ermite au début de l’aventure”, rappelle Jeff Kirschenbaum. “Chacune de ces créatures a quelque chose à se prouver, de Jip, le chien bigleux à Chee-Chee le gorille angoissé en passant par Plimpton, l’autruche qui s’effraie d’un rien. Steve voulait s’amuser avec ces personnages complexes et les rendre imprévisibles. C’est lorsqu’ils se retrouvent ensemble et se laissent soigner par le Dr Dolittle qu’ils apportent à leur tour du réconfort à cet homme qui s’est retiré du monde. Au fi l de ce voyage aux côtés de son nouvel apprenti, Dolittle refait surface pour sauver la reine d’Angleterre… et réussit ainsi à se sauver lui-même”.

Une fois que Stephen Gaghan et les producteurs ont défi ni le style correspondant à chacun des animaux, il ne restait qu’à trouver les acteurs susceptibles de leur prêter une voix.

Polynesia, le perroquet - Emma Thompson

“Les animaux tentent constamment de tirer Dolittle vers le haut et de lui permettre de retrouver sa grandeur passée”, explique Kirschenbaum. Polynesia était le perroquet de la femme de Dolittle, Lily. “Polynesia se rend compte que c’est une occasion de sauver non seulement la reine, mais également Dolittle lui-même qui est en deuil et s’est renfermé sur lui-même”, poursuit-il. “Il ne se rase plus, il ne se coiffe plus et c’est à peine s’il se lave. Et surtout, il n’accepte aucune présence humaine autour de lui depuis la mort de Lily”.

Polynesia est digne, vaniteuse et peut se montrer féroce quand il le faut. Celle qu’on surnomme Poly est la plus vieille amie de Dolittle et elle est sa bonne conscience (en plus d’être la seule créature, à part Lily, qui a le droit de l’appeler John). Poly se targue d’avoir présenté Dolittle à Lily qui était venue au manoir avec son magnifi que perroquet pour qu’il examine son problème lié à ses serres. Dolittle écoute Poly avec attention même quand elle lui dit quelque chose qu’il n’a pas envie d’entendre – et c’est souvent le cas (par exemple : “Tu ne peux pas ignorer les gens, juste parce que ce sont des gens !”). Poly parle le langage humain mieux que n’importe quel perroquet et la matriarche, un brin bourrue, garde un œil sur toute la famille. Seule Emma Thompson pouvait interpréter ce rôle aussi brillamment.

“C’est étrange de doubler un fi lm car on rencontre rarement ses partenaires en personne”, remarque Emma Thompson. “On va de studio en studio dans des villes et des pays différents, parfois pendant plusieurs années, et on dit son texte avec une voix qu’on espère fi dèle à celle qu’on avait choisie au début. Une fois, je me souviens qu’il n’y avait pas de studios libres, si bien que pour essayer d’obtenir la meilleure acoustique possible, mon merveilleux agent a été contraint de tenir une couverture au-dessus de ma tête pendant que je parlais dans le micro”.

“Cela s'apparente davantage à un jeu de devinette ”, poursuit Emma Thompson. “Si vous avez de la chance – et ça a été mon cas pour ce fi lm – le réalisateur est parfois présent pour vous parler pendant les séances de travail, vous donner des conseils et vous dire exactement ce qui se passe à l’écran à ce moment-là. Au bout d’un moment, on a le plaisir d’arriver au terme d’une séquence et de pouvoir la regarder. C’est un processus à la fois lent et très exaltant”.

Susan Downey raconte l’enthousiasme des auteurs à l’idée de compter l’actrice oscarisée parmi les interprètes du VOYAGE DU DOCTEUR DOLITTLE : “On avait besoin d'une comédienne à même de tenir tête à Robert. Il fallait quelqu’un qui lui en impose et si quelqu’un en est capable, c’est bien Emma”. Et quand on lui pose la question, Robert Downey confi rme en riant : “Je me mets au garde-à-vous rien qu’au son de sa voix”.

Jip, le lurcher à poils longs - Tom Holland

Jip est un chien de race royale et son sens de l’odorat est surdéveloppé pour compenser sa vision désastreuse, à tel point qu’il arrive presque à voir sans ses lunettes. Le fi dèle canidé est chargé par Dolittle de monter la garde auprès de la reine Victoria pendant qu’il cherche un remède au mal qui la ronge. Courageux, protecteur et très loyal envers ses amis, Jip est un chien de garde hors pair.

“Tom Holland a été associé au fi lm grâce à Robert”, explique Stephen Gaghan. “Tom a accepté de faire le fi lm parce qu’il adore Robert et qu'ils sont très proches”. Ce choix s’est révélé très pertinent pour le réalisateur qui est également un amoureux des chiens. “Dans tous les fi lms que j’ai écrits, le personnage principal avait toujours un chien”, souligne Stephen Gaghan. “Jusqu’à présent, on fi nissait par enlever le chien parce que cela revenait trop cher”.

Le personnage doublé par Tom Holland se trouve être le préféré du superviseur des effets visuels John Dykstra : “J’aime Jip parce que… j’aime les chiens”, déclare John Dykstra. “C’est diffi cile de créer un chien en images virtuelles car les gens connaissent très bien ces animaux. On sait comment ils se déplacent, ce que veulent dire leurs expressions et il faut donc veiller à effectuer un travail très précis et détaillé de chaque personnage animé pour que le public arrive à croire qu’un vrai chien puisse parler comme Tom Holland”.

Dab-Dab, la canne - Octavia Spencer

Dab-Dab est un personnage maternel, étourdi et un peu autoritaire. C’est une gentille canne de Pékin, douce et tendre, même si elle n’est pas toujours la meilleure des infi rmières. Dab-Dab est le seul canard sur terre avec une jambe de bois et elle est aussi tête en l’air que fi dèle à sa famille.

“Je ne suis pas sûre de savoir pourquoi Stephen et Robert ont pensé à moi pour jouer cette créature à la cervelle de moineau mais je prends ça pour un compliment déguisé car c’est bien ce que c’était à mon sens”, s’amuse Octavia Spencer. “Je trouve que le doublage est une des formes de jeu les plus intrigantes qui existe. Cela me rappelle pourquoi j’ai commencé à faire du cinéma : c’est formidable de réussir à exercer son imagination au maximum, par exemple en permettant à un canard boiteux de se révéler au cours d’une aventure qui sauvera la vie à la reine Victoria. Hugh Lofting a insuffl é une véritable humanité à ses personnages et Stephen raconte l’histoire avec une tendresse incroyable. Dab-Dab est courageuse, brave, délirante et résiliente… je l’adore tout simplement”.

Plimpton, l'autruche - Kumail Nanjiani

Plimpton est une grosse autruche mâle qui n’a que trop conscience qu’il ne peut, à son grand dam, ni nager ni voler. De ce fait, il n’apprécie pas d’être considéré comme le fi dèle destrier de Dolittle – en particulier quand il lui semble que celui-ci a pris un peu de poids. Vous aurez toutes les chances de retrouver Plimpton le froussard la tête plongée dans un pot de fl eurs. Dolittle aide néanmoins le craintif volatile à découvrir les effets relaxants des endorphines et il parvient presque à apprécier de gambader à travers la planète aux côtés de son frère ennemi Yoshi, l’ours polaire.

Pour le réalisateur, Kumail Nanjiani était le seul choix possible pour ce rôle : “Kumail est hilarant”, affi rme Stephen Gaghan. “On travaille ensemble sur un pilote de série pour HBO et je savais qu’il avait toute sa place dans LE VOYAGE DU DOCTEUR DOLITTLE. Alors qu'on développait cet autre projet, je lui ai demandé de jouer une autruche trouillarde et névrosée. Il a tout de suite imité la voix du personnage en disant : ‘Je ne te vois pas, parce que je ne suis pas là…’ et il a accepté de jouer dans le fi lm”.

Chee-Chee, le gorille des montagnes - Rami Malek

Chee-Chee est un jeune gorille maladivement timide à qui Dolittle apprend la confi ance en soi. Il aime les jeux, les mots, les énigmes et les anecdotes. Chee-Chee a été libéré par les Dolittle au cours d’une opération de sauvetage et leur en est éternellement reconnaissant. Même s’il est stressé, qu’il hyperventile souvent et ne peut pas se séparer de sa couverture, CheeChee est intelligent, puissant, et il adore jouer. En outre, c’est un excellent adversaire aux échecs pour Dolittle et il se montre aussi à la hauteur quand il s’agit de se battre contre Barry, un tigre affamé.

“Chee-Chee est un animal magnifi que, incompris par ses congénères”, explique Rami Malek. “Son intelligence, sa curiosité et sa compassion sont communicatifs et j’adore le fait que Dolittle, un homme désabusé qui a appris à douter des humains, le prenne sous son aile. Chee-Chee est étroitement lié à Dolittle et ce splendide gorille doit apprendre à dépasser ses peurs pour prendre soin de sa famille d’élection. C’était important pour Robert, Stephen et pour moi que l’on perçoive l’âme tourmentée du personnage et son humanité inattendue”.

“J’ai fait un peu de doublage pour des jeux vidéo et pour la télévision”, raconte Rami Malek, “mais j’étais particulièrement fi er de pouvoir donner vie à une nouvelle créature dans une aventure spectaculaire. D'autre part, c’était vraiment marrant d’imaginer et d’imiter les intonations des gorilles. J’ai passé des heures à écouter leurs vocalises sur Internet et j’ai essayé des dizaines de cris et de grognements devant Stephen”.

Le réalisateur a eu de la chance de rencontrer Rami Malek à un moment bien précis : “Je savais que Robert était proche de Rami et je suis moi-même un grand fan de MR. ROBOT”, précise Stephen Gaghan. “J’étais en train de préparer le fi lm à Londres et de boire un café quand j’ai levé la tête et j’ai vu que Rami était assis juste à côté de moi. Je lui ai dit : ‘C’est le destin, il faut que tu participes à ce fi lm’, je lui ai parlé de Chee-Chee et il a accepté !”

Yoshi, l'ours polaire - John Cena

Tout en étant un ours polaire, Yoshi déteste le froid. Ce gentil géant aime par-dessus tout trouver un rayon de soleil ou se poser au coin du feu pour stimuler sa mauvaise circulation. C’est un ami sur lequel on peut compter. Yoshi, qui court toujours après la chaleur, est toujours prêt à partir en voyage à Monteverde et dans l’île mythique d'Eden Tree. Quand il ne se dispute pas avec Plimpton, Yoshi est le premier à se jeter à l’eau pour aider Dolittle et la baleine Humphrey dans une passionnante mission sous-marine.

“J’ai toujours adoré doubler des personnages et j’adore le fait que Yoshi soit si paradoxal”, affi rme John Cena. “C’est un énorme ours polaire qui déteste avoir froid et cherche du réconfort au sud. Tout comme Ferdinand, c’est un bon gros géant qui se promène pesamment avec son gigantesque bonnet de ski mais qui est capable de réagir quand on a besoin de lui. Yoshi refl ète bien l’humour, la sensibilité et la générosité que Robert et Stephen distillent dans LE VOYAGE DU DOCTEUR DOLITTLE. J’ai suivi leurs conseils pour donner vie au personnage : j’ai fait complètement l’inverse de ce qu’on attendait”.

Les auteurs décrivent Yoshi comme une pom-pom girl plus vraie que nature et constamment optimiste. Pour eux, la personnalité de John Cena collait parfaitement : “Yoshi est très positif mais on comprend qu’il y a une raison pour laquelle il se comporte ainsi”, explique Susan Downey. “On découvre un peu son histoire et on avait besoin de quelqu’un qui puisse jouer sur les deux tableaux. John était l'homme de la situation”.

Robert Downey ajoute : “John a toute mon admiration car je n’ai jamais doublé qui que ce soit dans un fi lm d’animation. Les quelques fois où j’ai essayé, j’ai arrêté ou j’ai été viré car cela demande des compétences très particulières. John a réussi avec brio et il a très bien su trouver le cœur tendre et doux de Yoshi”.

Kevin, l'écureuil - Craig Robinson

Kevin est un adorable écureuil qui a été grièvement blessé mais qui sait qu’il est “trop beau pour mourir”. Kevin est un vrai battant : il veut explorer le monde et essayer tout ce qu’il a à offrir. Quand Stubbins tire sur Kevin par accident, Dolittle et son équipe médicale le sauvent. Le petit écureuil facétieux accepte alors à contrecœur de se joindre à Dolittle et Stubbins pour leur servir de guide… En réalité, son but est de savourer sa vengeance contre le garçon maladroit qui l’a blessé.

Craig Robinson a adoré jouer ce rôle : “Même si Kevin se comporte un peu comme une diva et de façon égoïste, il m’a permis de devenir quelqu’un de meilleur”, note Craig Robinson.

Les producteurs ont apprécié de voir Craig Robinson s’amuser autant dans ce rôle : “Kevin occupe toujours le devant de la scène”, remarque Susan Downey. “Mais quand on fait appel à Craig, c’est ce qu’on attend… qu’il occupe le devant de la scène”.

Betsy, la girafe - Selena Gomez

Betsy – qui porte le nom de la fi lle de Stephen Gaghan – est un des personnages les plus altruistes de l’équipe de Dolittle et elle se propose régulièrement pour assumer tâches et responsabilités. De prime abord, c’est une girafe bienveillante et sociable mais elle est aussi très courageuse et n’hésite pas à intervenir lorsque Stubbins a besoin d’accéder au vaisseau de Dolittle, le Water Lily. C’est aussi une experte de l’évasion (avec Tutu la renarde, elles sont recherchées dans trois forêts différentes), et les quartiers de Dolittle constituent une planque et un refuge pour les deux fugitives. Enfi n, Betsy n’hésite pas à se jeter dans la mêlée pour prendre les choses en main.

"Ce que j'ai adoré dans ce fi lm, c'est que l'ensemble des personnages – humains ou animaux – sont bien plus complexes qu'ils ne semblent au premier regard", déclare Selena Gomez. "Ils vont tous voir le docteur Dolittle pour différentes raisons ou maladies et ces créatures ont constitué cette magnifi que – et improbable – famille. Ce qui me plaît tout particulièrement, c'est que Betsy et Tutu, campée par Marion Cotillard, incarnent la résistance. Elles comptent l'une sur l'autre – et sur personne d'autre – pour porter secours aux membres de leur famille qui sont en danger. C'était un vrai bonheur de camper Betsy et elle occupe une place à part dans mon cœur".

Quand la production s’est demandé quel interprète choisir, la fi lle de Stephen Gaghan a insisté pour que ce soit Selena Gomez. “Ma fi lle m’a dit : tu dois la prendre car c’est quelqu’un d’incroyable humainement”, se souvient le réalisateur. “En effet, Selena est formidable : ma fille avait raison !”

Tutu, la renarde - Marion Cotillard

Tutu est la chef de la Résistance des Renards et c’est le courage personnifié. Ses ancêtres sont les insaisissables renards du désert et Tutu est extrêmement fi ère et toujours pragmatique. Lorsque Betsy, Poly et elle se concertent avec, rien ne peut les arrêter… Elles arrivent même à faire monter Stubbins à bord du bateau de Dolittle, avant qu’il ne parte pour Montverde et l’Île d'Eden Tree. Du haut de la girafe qui lui sert de destrier, Tutu aime s’exclamer “Vive la Résistance !”

Stephen Gaghan raconte que le personnage s'inspire de sa propre fi lle de dix ans, une jeune skateuse un peu sauvage. Il a confi é le rôle à l’actrice oscarisée Marion Cotillard qui vient gonfl er les rangs d’un casting vocal hors norme : “J’ai connu Marion quand je passais du temps au Café Gitane à New York”, raconte le réalisateur. “Croyez-moi : elle est géniale”.

“Marion Cotillard est formidable”, renchérit Susan Downey. L’actrice était quant à elle enchantée d’endosser le rôle : “J’adore la relation que Tutu entretient avec Betsy, jouée par Selena Gomez. Elles sont comme un navire et son pilote”, déclare-t-elle. “La renarde et la girafe n’hésitent pas à se jeter dans la mêlée pour assurer la sécurité de leurs proches. Dès l’instant où elles apparaissent à l’écran, on comprend qu’elles ont une relation particulière. Ce sont deux meilleures amies qui cherchent à réparer les injustices du monde”.

Mini, le phalanger volant - Nick A. Fisher

Mini le phalanger volant veut explorer le vaste monde et le voyage de Dolittle sur l’Île d'Eden Tree est une occasion toute trouvée. Tel un écureuil volant, l’adorable marsupial embarque clandestinement à bord du bateau et saura prouver son agilité et son courage au moment le plus opportun. “Mini est un super-héros”, résume le superviseur des effets visuels John Dykstra. “Il est super poilu, super mignon et super intrépide”.

Humphrey, la baleine - Tim Treloar

Comme toutes les baleines, Humphrey est particulièrement intelligent et n’a pas choisi de devenir le gardien des océans. Avec l’exploitation des combustibles fossiles, la baleine et ses congénères n’ont pas eu d’autre choix que de relever le défi . Au cours de cette aventure, Humphrey va tirer le plus gros convoi jamais tracté par une baleine en haute mer, propulsant le Water Lily et l’équipage de Dolittle loin du danger… Il réussira ainsi à tromper le Dr Blair Müdfl y au parfait moment. “Humphrey est gallois comme Dolittle, et c’est toujours un honneur pour lui d’accompagner le docteur dans ses périples maritimes”, affi rme Tim Treloar qui a aussi servi de répétiteur à Robert Downey pendant le tournage. “En particulier parce que le docteur ne laisserait jamais un sac plastique traîner près de l’océan”.

James, la libellule - Jason Mantzoukas

Lorsque Dolittle et son équipage arrivent à Monteverde, ils s’appuient sur l’aide d’une libellule farouche, James, pour mener une délicate négociation avec une bande de fourmis charpentières mafieuses. James a récemment souffert d’une peine de cœur inattendue mais c’est un guide habile qui arrive à introduire Stebbins dans les cachots. Cependant, il ne pourra aider le jeune apprenti que s’il arrive à rester concentré sur la tâche qui les attend.

“James a une super personnalité : j’adore la tête du personnage avec ses yeux globuleux et ses mouvements dans tous les sens”, remarque John Dykstra. “Notre défi était de faire passer des émotions sur la tête d’un insecte qui n’a rien d’humain. La voix et le jeu de Jason Mantzoukas sont tellement convaincants qu’on fi nit par être charmé par un personnage pas très avenant au premier abord”.

Barry, le tigre - Ralph Fiennes

Barry est un superbe tigre de 300 kg avec un complexe d’Œdipe carabiné et des migraines fréquentes. Il a été le patient de Dolittle pendant son premier séjour à Monteverde. Avec environ 872 victimes à son actif, c’est le prédateur le plus ironique, pince-sans-rire et drôle du règne animal. Barry en veut à Dolittle car il lui semble que celui-ci a abandonné leur thérapie juste au moment où il commençait à faire des progrès.

Robert Downey a adoré tourner les passages où il devait faire des cascades pour échapper à Barry dans les cachots de Rassouli à Monteverde. C’était d’autant plus plaisant pour lui que Ralph Fiennes allait prêter sa voix à la créature. “Ralph est un génie et ce n’est que justice qu’il incarne un tigre”, sourit Robert Downey. “En tout cas il en a l’énergie. C’est le premier enregistrement qu’on a fait en studio et il a mis la barre très haut”.

Stephen Gaghan déclare : “J’avais déjà sollicité Ralph pour au moins trois fi lms, sans relâche. J’avais réussi à dégoter son numéro de téléphone et il a accepté de discuter des rôles avec moi avec une patience angélique. Mais ça n’a jamais abouti. Mais après tous ces coups de fi l, j’ai eu l’impression qu’il pourrait sans doute s’identifi er à Barry le Tigre. C’est vraiment l'accomplissement d’un rêve quand on écrit un rôle avec un acteur bien précis en tête… et que celui-ci vous dit oui !” Il ajoute en riant : “D’ailleurs, j’ai choisi le nom Barry car c’est celui de mon ancien psy. Il était incroyablement calme mais on voyait bien que c’était une espèce de tueur refoulé”.

Don Carpenterino - David Sheinkopf

Don Carpenterino est le chef d’une bande de fourmis charpentières à Monteverde. Avec la fourmi légionnaire jouée par Matthew Wolfe, ils négocient avec James la libellule et marchandent leur aide pour permettre à Dolittle de retrouver le journal caché dans les prisons de Rassouli. Les fourmis ont un talent bien connu pour forcer les serrures et c’est la fi lle de Don, Sheila, qui a brisé le cœur de James.

Dragon - Frances de la Tour

Gardienne de l’Arbre d’Eden, cracheuse de feu, détentrice d’un cœur brisé… Dragon est sage et désabusée. C'est ce qui arrive quand on vit 20 000 ou 40 000 ans : elle ne compte plus. Si le talent de vétérinaire de Dolittle parvient à soigner les blessures émotionnelles qui ont suscité ses troubles alimentaires, il échappera peut-être à sa furie volcanique !

Styx, le phasme

Styx le phasme a survécu dans la nature sauvage en se faisant passer pour… une canne. L’insecte en forme de feuille s’est d’abord présenté au domicile de Dolittle pour lui faire part d'une injustice aux yeux de la très fi ère famille Phyllidae. Avec ses douze yeux, Styx devient l’arme secrète du palais et jouera un rôle essentiel pour protéger la reine Victoria.

Elliot & Elsie, les singes capucins

Elliot et Elsie sont deux singes capucins inséparables qui étaient chargés par Dolittle de négocier un contrat pour le sanctuaire abritant tous les animaux. Malheureusement, les singes ne sont pas des avocats nés. Ils sont en revanche bien meilleurs quand il s’agit d’envoyer un appel au secours à la baleine Humphrey, au moment où son aide est la plus indispensable.

LES EFFETS SPÉCIAUX ET EFFETS VISUELS

Les superviseurs des effets visuels Nicolas Aithadi, deux fois cité à l'Oscar, et John Dykstra, deux fois oscarisé, ont eu la tâche gargantuesque de créer à l'écran les animaux du fi lm. Il était important pour Gaghan d'accentuer les thèmes de l'époque victorienne tout en rendant LE VOYAGE DU DR DOLITTLE accessible aux spectateurs contemporains. Pour que l'univers foisonnant de Hugh Lofting prenne vie à l'écran, ils ont ainsi fait appel aux effets spéciaux et visuels les plus récents.

Pour Gaghan, il était crucial que les créatures infographiques aient l'air parfaitement réaliste. "C'est de la magie", explique-t-il. "On prend un endroit banal, comme une maison avec un jardin, puis on y met un ours polaire. On ne peut pas s'attendre à ce qu'il se comporte comme dans un dessin animé : ce n'est pas intéressant. Ce qui est passionnant, c'est de restituer la vérité et la dignité de ces animaux lorsqu'ils sont en contact avec Dolittle et les uns avec les autres. Je voulais que chacun ait un problème, une blessure ou un trouble et que ce soit ça au départ qui les ait menés jusqu'à Dolittle. C’est après tout un vétérinaire célèbre et le monde animal sait que quand on a un vrai souci, il n'y a qu'une seule personne à qui s’adresser". Il marque une pause avant d'ajouter : "Je tenais également vraiment à voir Yoshi avec son petit bonnet en alpaga : je devais juste trouver une raison pour qu'il le porte… et voilà, on a eu l'idée d'un ours polaire qui a tout le temps froid" !

Travaillant en étroite collaboration avec l'équipe du superviseur des effets spéciaux nommé aux Oscars Dominic Tuohy (SOLO : A STAR WARS STORY, MISSION IMPOSSIBLE : ROGUE NATION), les techniciens des effets visuels ont dû veiller à ce qu'on puisse croire que les animaux sont doués de parole … si seulement on sait les écouter…

Appels de perroquet domestiqué et combats de tigre Les rapports entre humains et animaux

Que ce soit quand Dolittle plonge la tête dans l'aquarium du poulpe Leona au palais de la reine, quand il opère Kevin l'écureuil ou quand il joue aux échecs avec des souris et le gorille Chee-Chee, il n'y a quasiment aucune scène où humains et animaux ne sont pas en contact. Autant dire que la création de ces animaux infographiques a représenté un travail colossal.

Sous la houlette de la productrice d'effets visuels Roma Ven Den Bergh ("GAMES OF THRONES"), l'équipe des "stuffy wranglers", qui travaille avec des versions en peluche des animaux, a chapeauté toute l'animation en direct des marionnettes. Que ce soit dans la chambre de Rassouli au moment où Stubbins essaie de se faufi ler parmi une troupe de félins endormis ou lorsque Styx confi e à l'oreille de Dolittle tous les problèmes survenus au palais en son absence, les marionnettistes se sont substitués à des doublures en combinaison verte pour camper les personnages virtuels du fi lm.

Grâce à ce dispositif, les animaux conçus par ordinateur allaient pouvoir adopter des comportements crédibles dans le monde réel.

On en voit un exemple dans la scène où les animaux invitent Stubbins un matin à les accompagner dans leur aventure. Harry Collett a déambulé dans la chambre de son personnage en parlant à une peluche de Poly le perroquet.

"La peluche a été mise en scène et ses déplacements chorégraphiés par le réalisateur et un marionnettiste pour être bien positionnée et permettre le dialogue", explique Dykstra. "Quand la séquence a été montée, la peluche a été remplacée par notre perroquet en images de synthèse".

Les équipes des chefs-cascadeurs Simon Crane (INVINCIBLE) et Glenn Foster (SHERLOCK HOLMES) ainsi que du chef-cascadeur 2ème équipe Steve Dent (LES GARDIENS DE LA GALAXIE) ont travaillé en étroite collaboration pour réaliser les scènes exigeant le plus d'efforts physiques de la part des acteurs et des cascadeurs.

Pour la scène de combat dans le donjon où l'on voit Barry le tigre prêt à hacher menu Dolittle, le fauve a été incarné par un chorégraphe de combat en combinaison verte. Robert Downey et lui ont mis au point un enchaînement très précis, comprenant de la lutte et des techniques de combat rapproché. Les mains et le costume du cascadeur étaient en contact avec le corps et le costume de Downey. "Une fois la séquence montée, le cascadeur en tenue verte a été remplacé par notre tigre numérique", poursuit Dykstra. "Le corps et les mains du cascadeur ont été remplacés par les griffes du tigre et on a l'impression que ce fauve numérique est en train de saisir Robert et qu'on voit ses vêtements bouger".

Sur le plateau, les acteurs incarnant les animaux comme Shaun McKee (le pataud Yoshi et plusieurs lions) et Josh Jefferies (Chee-Chee) ainsi que d'autres incarnations de créatures animales comme Jane Leaney, John-Luke Roberts et Richard Soames ont collaboré avec Robert Downey Jr. et Gaghan pour donner des références précises tant pour les voix que pour les plans, tandis que les équipes jouaient à côté d'eux. On apprend ainsi que lorsque Stubbins assiste Dolittle pour la mise bas de l'animal, Collett avait installé de petits fonds verts cylindriques dans un tablier et qu'ils sont devenus des chiots par la suite.

Les ours polaires n'utilisent pas de marteaux
La postproduction des effets visuels

John Dykstra, qui a essentiellement travaillé en postproduction, revient sur les étapes clés de ce processus : "J'ai d'abord supervisé le tournage et j'ai ensuite rejoint la postproduction en collaborant avec le producteur exécutif Jonathan Liebesman et l'équipe des effets spéciaux pour intégrer ces magnifi ques animaux, dont la conception a été réalisée par le superviseur animation oscarisé David Shirk", dit-il.

Au cours de la postproduction, Dykstra et ses collaborateurs ont défi ni l'allure des animaux. Les créatures devaient bouger comme de vrais animaux, pas comme des personnages de dessins animés. "David tenait absolument à ce que les déplacements des animaux obéissent aux lois du règne animal. Par exemple, Yoshi ne peut pas utiliser de marteau car il n'a pas de pouces opposables. De même, Chee-Chee le gorille ne marche pas toujours à la verticale sur deux pattes", explique Dykstra.

Allant de pair avec la gestuelle des animaux, les équipes effets spéciaux et animation devaient déterminer des détails comme la pilosité, la couleur et l'éclat des yeux ainsi que d'autres traits comme la brillance des écailles de dragon pour laquelle les équipes se sont inspirées d'insectes, d’animaux et de créatures marines bioluminescentes. "Il fallait intégrer ces faisceaux lumineux à sa peau, comme des nervures, pour lui donner l'air totalement réaliste tout en faisant référence à l’imaginaire collectif", ajoute Dykstra.

Outre l'éclairage du personnage lui-même, les différents environnements devaient parfaitement intégrer les autres sources de lumière. La scène de la caverne du dragon a été particulièrement diffi cile à réaliser puisqu'elle allie deux différents types d'éclairage surnaturel.

"La caverne du dragon comporte des éléments bioluminescents qui réagissent de manière positive ou négative aux actions de ceux qui s'y trouvent", explique Dykstra. "Le dragon possède un faisceau similaire sur sa peau qui refl ète son état physique et émotionnel : l'éclat et les couleurs changent pour exprimer sa colère et sa douleur par exemple. Il était diffi cile de faire en sorte de différencier ces effets dans la caverne et il fallait éviter qu'on les confonde".

LIEUX DE TOURNAGE ET DÉCORS

Le manoir Dolittle
"Résidence du Dr John et de Lily Dolittle. Nous traitons tous les animaux : les patients qui marchent, volent ou sautent sont acceptés sans rendez-vous".

Aux côtés du réalisateur 2ème équipe Simon Crane (FAST & FURIOUS : HOBS AND SHAW), la régisseuse générale Simone Goodridge (MALÉFIQUE) et la productrice exécutive Sarah Bradshaw ont organisé tout le tournage du fi lm, y compris les divers lieux et plateaux de tournage. "J'ai adoré travailler avec Joe et Kirschenbaum", explique Sarah Bradshaw qui a récemment participé à LAST CHRISTMAS et LA MOMIE. "Joe et moi avons collaboré sur les films BLANCHE-NEIGE ET LE CHASSEUR – mon tout premier projet avec lui – et LE CHASSEUR ET LA REINE DES GLACES. Souvent, quand on réinvente des contes de fées, il faut se rappeler pourquoi ils sont aussi populaires au bout de plusieurs siècles et y ajouter un élément moderne, que ce soit en modifi ant l'histoire, les costumes, les décors ou en ajoutant des effets spéciaux, etc."

Le chef-décorateur Dominic Watkins a également travaillé avec Roth et Kirschenbaum sur les deux fi lms du CHASSEUR : faire en sorte que LE VOYAGE DU DR DOLITTLE soit un fi lm attrayant pour la nouvelle génération a motivé nombre des décisions prises avec le décorateur de plateau Lee Sandales (nommé aux Oscars pour CHEVAL DE GUERRE). On trouvera ci-dessous les plateaux et lieux de tournage principaux du film, tourné aux studios de Shepperton et dans leurs environs, dans le Surrey en Angleterre.

Le manoir Dolittle

La reine en personne a offert à Dolittle le sanctuaire pour animaux où il a pu poursuivre avec son épouse Lily son étude de la communication animale. C'est un très beau manoir où, grâce à l'aide des ouvriers royaux, les Dolittle ont organisé l'espace pour qu'il soit adapté tant aux humains qu'aux animaux. Il comprend de magnifiques pâturages pour ces derniers, une machine pour les nourrir, une mallette de docteur renfermant des instruments pour les ausculter, des parchemins précieux, d’anciens rouleaux d'écriture et un arbre qui pousse en plein milieu de la maison, sans oublier une bibliothèque et un salon typique de l'architecture du XIXème siècle.

"J'ai visité des centaines de maisons. C'était crucial qu'on se sente dans un endroit réel et pas dans un décor de cinéma. Je savais qu'on construirait les intérieurs mais je voulais que les reflets de la lumière dans les jardins et les déambulations des animaux dans ce qui est aussi leur habitat soient naturels. Et nous l'avons trouvé dans cet endroit magnifique, Cothay Manor dans le Somerset, près de la ville de Wellington. Il se visite et fi gure chaque année dans la liste des plus belles demeures avec jardin. Dès qu'on y est entrés, on a su qu'on avait déniché la maison de Dolittle. C'était en quelque sorte l'étape la plus importante du casting !", confie Gaghan.

Dans le film, Dolittle a modifié la maison pour ses amis animaux. "À l'intérieur comme à l'extérieur, il y a toujours des rampes d'accès qui sont plus adaptées aux animaux", ajoute Susan Downey. "Il a fabriqué une machine pour leur préparer des repas tous les jours et il y a un petit train qui circule dans lequel les souris peuvent grimper. On voulait créer un environnement qui semble tout droit sorti de l'imagination de Dolittle pour que lui et ses animaux puissent vivre ensemble, d'égal à égal, dans la maison".

Puddleby-on-the-Marsh

Village rural composé d'une rue principale avec deux rangées de petites maisons en pierre, Puddleby-on-the-Marsh a été fi lmé à Langley Park. C'est là qu'on trouve la maison de Stubbins. Quand on rencontre Betsy et Tutu penchés au-dessus du lit de Stubbins dans sa petite chambre, on sait que l'aventure est prête à commencer.

"On a fini par construire Puddleby en studio", explique Sarah Bradshaw. "On ne trouvait pas de village qu'on puisse investir pendant des jours d’affilée : effacer toute trace de modernité était également très difficile et on avait des exigences très spécifiques. J'ai beaucoup travaillé avec Dominic Watkins : il est très créatif et comprend aussi très bien les nécessités imposées par le plan de tournage et le budget".

Les appartements de la reine Victoria

Michael Sheen, Jim Broadbent, Jessie Buckey et Carmel Laniado ont passé beaucoup de temps sur le plateau représentant la chambre de la reine Victoria au palais de Buckingham. Elle comprend des lambris, du mobilier ouvragé et quatre lustres : tout y est d'une grande richesse mais on y trouve aussi un certain nombre de poupées anciennes, des dessins originaux de poulpes, des loupes et du matériel médical.

"Je pense que c'est avec cette pièce qu'on prend la mesure du génie de Dominic Watkins", déclare Gaghan. "Le décor devait représenter tellement de choses différentes et tout est sorti de son imagination. Le palais de Buckingham tel que nous le connaissons n'existait pas à l'époque où se passe le film. Il n'est pas comparable à l'envergure et à l'opulence de notre palais. La chambre devait suggérer l'intimité et l'émotion nécessaire à un lieu privé qui appartient à une jeune fi lle qui vient récemment d'être sacrée reine d'Angleterre. La chambre devait évoquer ses passions d'enfance tout en montrant la solennité et les responsabilités propres au pouvoir. Et bien sûr, il fallait qu'elle soit adaptée à une séquence d'action ! Dominic a parfaitement compris tout ça : il pourrait vraiment faire passer un chameau à travers le chas d'une aiguille !"

Le Water Lily (le bateau de Dolittle)

Perché sur un ensemble impressionnant de mécanismes permettant de se balancer et de se pencher à volonté, le Water Lily, nommé ainsi en mémoire de la défunte épouse de Dolittle, était posé sur une plateforme mécanique. Les membres des équipes à l'extérieur utilisaient de longues perches depuis la plateforme pour balancer le décor d'un côté puis de l'autre pour simuler le roulis des vagues.

Le port de Monteverde

L'île de bandits et de brigands était auparavant l'endroit où vivaient Poly, Dolittle et Lily… jusqu'à ce que Dolittle devienne l'ennemi de King Rassouli. C'est là que se trouve le palais de ce dernier, avec son bassin intérieur et sa chambre à coucher ainsi qu'un passage secret dissimulé sous le tableau gigantesque d'un tigre.

Le décor de Monteverde abrite aussi le donjon de Rassouli, où Dolittle rencontre Barry le tigre alors qu'il est enchaîné et qu'il doit essayer de ne pas se faire dévorer. On y voit une cour intérieure avec des murs en pierre, des fers, des cellules et des instruments de torture.

C'est la chambre de Rassouli qui a suscité le plus de difficultés. "Il a tous ses 'chats' autour de lui et ces derniers aiment s'amuser avec des jouets", explique Lee Sandales. "C'est donc une chambre qui intègre une salle de sport tropicale si bien que le décor devait être assez grand pour convenir à ces fauves. On a imaginé ce que ça pourrait donner de vivre avec de tels animaux et on a accordé au décor une plus grande envergure encore".

L'île d'Eden Tree

Le fruit de l'arbre d'Eden, sur l'île du même nom, est réputé pour ses pouvoirs magiques de guérison. Ce décor a été réalisé par le département de la végétation qui a veillé à y intégrer tout ce dont un dragon pourrait avoir besoin ou envie de manger.

Le sanctuaire de Dolittle

Le dernier décor du fi lm n'était pas situé en Angleterre mais dans le sud de la Californie où Robert et Susan Downey possèdent leur propre mini zoo à Malibu : ils ont recueilli au départ deux chatons, puis deux chèvres, Trigger et Memo, et tout est parti de là. "À présent, on en a deux autres, Cutie Boots et Flash, très mignonnes", déclare Robert Downey. "On a aussi quatre alpagas, Madre, Dandy, Fuzzy et Miss Brain et deux cochons nommés Pops et Ladybug – je pense qu'ils sont frère et sœur. Nos plus récents pensionnaires sont des vaches appelées Oreo et Strawberry. Et au dernier recensement, on avait 17 poules". Il s'interrompt : "Et je veux une meute de dingos". "Non, je ne pense pas", rétorque Susan Downey. "Ok, on ne fait pas ça". Elle rit : "Mais j'avais aussi dit non pour les vaches donc on verra bien !"

LES ACCESSOIRES

Bateaux de pirates, chaises à bascule pour rongeurs et dons du sang en noisettes David Cheesman, chef-accessoiriste du VOYAGE DU DR DOLITTLE, a déjà exercé son talent sur des fi lms spectaculaires comme LE CHASSEUR ET LA REINE DES GLACES, CHEVAL DE GUERRE de Steven Spielberg, CAPITAINE PHILLIPS de Paul Greengrass, PAN de Joe Wright et LA MOMIE d'Alex Kurtzman.

Au cours de ses entretiens avec Gaghan et Team Downey, l'accessoiriste a proposé de se plonger dans le passé. "Je me suis principalement inspiré de la médecine de l'époque victorienne", explique Cheesman. "J'ai visité l'école vétérinaire de Londres et imaginé à partir du scénario et de conversations avec Steve la façon dont la science était susceptible d'évoluer. J'ai conçu des accessoires fondés sur les réalités de ce qu'a inventé Robert Downey Jr. et j'ai eu l'idée du stéthoscope ultra-long de Dolittle à la dernière minute".

Le sanctuaire de Dolittle n'est pas seulement équipé de matériel derniercri mais on y trouve aussi des livres rares et des outils découverts par John et Lily au cours de leurs précieux voyages ensemble. La demeure du docteur est aussi truffée de vieux tomes, d'instruments médicaux et de bien d'autres objets encore. "Mon moment préféré chaque jour, c'était ma visite au laboratoire-entrepôt de Dave", confi e Gaghan. "Il était en train de créer les livres les plus extraordinaires pour le journal de Lily ou bien il s'était procuré une collection d'instruments de chirurgie du XIXème siècle, des accessoires géants pour les animaux ou une calèche de luxe caractéristique de l'ère victorienne. C'était un endroit vraiment magique car il est le meilleur".

Dans la maison de Dolittle, les accessoires les plus petits de Cheesman devaient se fondre avec les souris conçues numériquement, surtout lorsqu'elles grimpaient dans un train ou prenaient un ascenseur miniature ! "J'ai essayé d'imaginer ce que des enfants aimeraient voir : des petits animaux et des accessoires rappelant le monde des humains mais réduits à l’échelle correspondante. Par exemple, la chaise à bascule n'est pas de taille normale : elle est minuscule et conçue pour une souris ou une araignée", raconte Cheesman. Ce souci du détail est omniprésent et seul un spectateur aux yeux de lynx en prendra conscience. Pendant l'opération chirurgicale de Kevin l'écureuil, "au lieu de groupes sanguins de types A + ou B –, on a Noisette ou Noix", poursuit-il.

Au palais de Rassouli à Monteverde, Cheesman et son équipe ont conçu un trône sculpté pour le roi des pirates, comprenant des symboles taillés dans du bois battu par les éléments et des sculptures de lions en pierre. Ce décor évoque de bons souvenirs à l'accessoiriste : "On a même lancé un boulet de canon dans le trône pour donner l'impression que Rassouli s'en est sorti de justesse".

Pour la chambre de la reine au palais de Buckingham, Cheesman devait prendre en compte tous les animaux de Dolittle présents dans la pièce. "Il y avait beaucoup de changements à paramétrer en raison de l'arrivée des animaux dans le palais", explique Cheesman. "Mon plus grand défi a été de créer l'aquarium dans lequel vit Leona le poulpe. Les lunettes de Robert Downey Jr. dans cette scène ont été assez amusantes à faire et on les a conçues en s'inspirant d'anciennes lunettes de motard ou de soudeur".

Pendant la construction des bateaux Britannia et Water Lily à Shepperton, le département des accessoires a joué un rôle essentiel. Les techniciens se sentaient des âmes d'enfants et pouvaient s'imaginer voyager avec Peter Pan ou le capitaine Crochet. "Dans ce métier on garde tous en nous un peu de l'enfant que nous avons été et c'était génial de déformer la réalité ainsi. Qui n'aimerait pas monter à bord d'un vaisseau pirate ?", ajoute Cheesman.

Cheesman tient également à remercier tous les autres chefs de poste : "Notre directeur de la photographie Guillermo Navarro est un sacré personnage : il travaille à l'ancienne et veut juste faire du mieux possible", dit-il. "Notre chef-décorateur Dominic Watkins est très modeste et possède une capacité incroyable pour résoudre les problèmes et notre costumière Jenny Beavan est une dame extraordinaire de talent et de gentillesse".

LA PHOTOGRAPHIE

Un cœur innocent
Par le prisme de l’enfance

Le chef-opérateur Guillermo Navarro, qui a remporté un Oscar pour LE LABYRINTHE DE PAN de Guillermo del Toro et a déjà tourné quatre fi lms avec Antonio Banderas, travaille ici pour la première fois avec cette équipe. "J’ai tendance à rechercher des projets qui vont me permettre d'imaginer un univers inédit et non à reconstituer un monde réaliste", raconte Navarro. "Je suis donc attiré par des fi lms situés dans le passé, appartenant au futur ou encore ancrés dans des réalités parallèles relevant du fantastique. Dès que j’ai entendu parler du VOYAGE DU DR DOLITTLE et des possibilités qu’il offrait, j’ai su que ça coïncidait avec ce que j’aime faire".

Ce qui a particulièrement séduit Navarro dans ce projet, c’est que l'histoire soit racontée du point de vue de Tommy Stubbins et permette aux spectateurs d'éprouver de nouveau de la compassion pour toutes les créatures, qu'elles soient grandes ou petites. "Les adultes n’éprouvent pas la même empathie que les enfants pour les animaux", poursuit le directeur de la photographie. "Un enfant est davantage acquis à l'idée que les animaux ont des droits et ce fi lm le montre bien. À travers Stubbins, le règne animal est une nouvelle fois accessible et le docteur Dolittle en est l’instigateur. Il faut posséder un cœur pur pour être capable de voir ce qui est invisible au commun des mortels. Les animaux sont doués de sentiments, de réfl exion et capables d’apprendre. J’espère que ce fi lm saura restituer ce sentiment d’empathie pour le monde vivant".

Évoquant sa collaboration avec Robert Downey Jr., Navarro estime qu’ils ont eu de la chance de pouvoir nouer une relation de travail saine et féconde.

"Ça a été extraordinaire de se découvrir une telle proximité entre nous", poursuit Navarro. "Robert et moi avons commencé nos échanges quand on réfl échissait à la façon, pour moi, de fi lmer pour venir étayer le discours du fi lm et, pour lui, d’intégrer ça à son jeu. On a parlé de l’emplacement de son personnage dans les scènes et des contraintes imposées par la caméra. J’ai apprécié sa présence et notre façon de communiquer. Il fourmillait toujours d’idées intéressantes pour nourrir le projet".

Tourner avec des personnages invisibles

Lorsqu’il a fallu gérer les créatures numériques, ce qui revenait à avoir des acteurs invisibles devant la caméra, le directeur de la photographie a dû tenir compte du fait que le département des effets spéciaux devrait les insérer par la suite. "C’était important que les acteurs respectent un certain espace quand ils devaient être en contact avec les animaux", poursuit Navarro. "Il fallait respecter une dynamique tout au long du tournage et savoir où ils se tenaient : ils devaient faire partie du plan même si cela donnait à première vue un cadrage déséquilibré".

"Le plan peut paraître en partie vide mais il s’agit de respecter un espace délimité", souligne-t-il encore. "Et aussi, si le plan réunit des animaux et des gens qui bougent, les acteurs doivent avoir conscience de ne pas marcher sur les créatures ni passer à côté d'elles de façon étrange. Les comédiens doivent faire un effort d’imagination pendant leur interprétation, grâce à quoi leur regard peut être direct. Cela requiert de la discipline et il faut absolument que leur regard dénote clairement qu’ils savent où se trouvent les animaux. Certaines créatures sont plus grandes et d’autres plus petites que les acteurs.

Il a donc fallu que tout s’imbrique parfaitement et on a utilisé toutes sortes de repères pour déterminer où chacun était censé se trouver". Quand les acteurs ont joué face aux doublures en costume vert (les animaux du fi lm), ils ont naturellement voulu jouer avec leurs partenaires. "Grâce aux doublures en combinaison verte, le département des effets visuels a pu créer leur personnage en surimpression", développe Navarro, "et ça a été une bonne façon de délimiter l’espace nécessaire, même si l’animal allait être plus gros. Tout devait être respecté à ce niveau-là".

Studios et lieux de tournage

Alors que le docteur Dolittle et Stubbins entreprennent le voyage de Puddleby-on-the-Marsh à Londres et de Monteverde à l'île d'Eden Tree, Stephen Gaghan et Navarro ont dû envisager chaque lieu de tournage sous un angle différent. "C’est un ensemble de tous les éléments traditionnels propres à un décor", reprend Navarro. "La façon dont un décor est aménagé, les proportions, l’éclairage et les costumes – tout contribue à créer cet univers sur le plan visuel et ils refl ètent plusieurs cultures. La diversité des climats a été diffi cile à restituer car on a tourné tout le fi lm en Angleterre. On passe d’îles tropicales à des intérieurs du palais de Buckingham. On a ainsi fi lmé les intérieurs sans savoir quelle météo on aurait au moment de tourner en extérieurs. Il y a beaucoup de décisions à gérer. Les images sont tributaires des décors et des conditions de tournage et c’est ainsi qu’on se met à agencer les plans que l’on veut créer".

"Fondre réalité et imaginaire a été l’un des aspects les plus diffi ciles du tournage", ajoute le réalisateur. "Ça prend du temps de trouver l’équilibre parfait. Si c’est trop fantaisiste, on s’attend à ce que les animaux parlent. Si c’est trop réaliste, ça semble banal. Pendant le fi lm, qui est en vérité une formidable aventure, on se rend sur une île aux animaux où règne un roi pirate, sur une île féerique construite autour d’un arbre légendaire porteur de fruits magiques et qui est, soit dit en passant, gardé par un très vieux dragon qui parle. Et pourtant, il faut que tout semble ancré dans la réalité dans l’espoir enfantin, qui nous anime tous, que tout cela puisse être réel. Le travail de Guillermo Navarro et les décors de Dom Watkins se sont merveilleusement harmonisés pour restituer l’effet désiré".

LA MUSIQUE

La volonté d'éviter des thèmes associés aux personnages
Une partition signée Danny Elfman

Quatre fois cité à l'Oscar, Danny Elfman – qui a déjà collaboré avec Roth sur ALICE AU PAYS DES MERVEILLES et avec Downey sur AVENGERS : L'ÈRE D'ULTRON – a su apporter sa patte au VOYAGE DU DR DOLITTLE.

Pour les auteurs, Elfman s'imposait. "Je n'ai jamais songé à un autre compositeur", signale Gaghan. "Je voulais retrouver dans la bande-originale ce caractère joyeux et légèrement déjanté qui caractérise la musique des SIMPSON et l'œuvre de Tim Burton. Alors qu'il était chez moi et que mes enfants couraient partout dans la maison, on s'est fredonné quelques airs pendant trois heures. Et puis, alors qu'il était dans le taxi qui le ramenait à l'aéroport, il a trouvé le thème principal du fi lm et me l'a chanté au téléphone. Il l'a retravaillé dans le taxi et l'a envoyé à son studio à Los Angeles. Environ trois quarts d'heure après qu'il soit parti de chez moi, il m'a envoyé le thème principal du VOYAGE DU DR DOLITTLE. Quand on s'est retrouvés à Londres pour l'enregistrement de la bande-originale, je me suis rendu compte que chaque morceau était encore imprégné de son inspiration qui l'avait guidé dans le taxi".

Susan Downey a adoré sa collaboration avec le compositeur. "Je ne vois pas qui d'autre aurait pu signer cette partition", dit-elle. "Dans le fi lm, il y a un mélange d'action, d'aventure et d'émotion – mais aussi d'excentricité – et il nous fallait donc quelqu'un qui réunisse de nombreuses qualités. La musique de Danny répond à tous nos critères de manière totalement naturelle. Il est lui-même imprévisible si bien que ses partitions sont hors du commun. Il imprègne sa musique d'humour décalé, de mystère et d'émotion".

Susan Downey estime qu'avec un homme comme Elfman, on s'attend à ce qu'il sublime le film sur le plan musical. "À chaque fois qu'on se rendait dans son studio, on se demandait ce qu'on allait découvrir et comment Danny allait donner aux échanges entre les personnages encore plus d'ampleur", témoigne-t-elle. "Au montage, on cherche à trouver le bon rythme et la durée qui convient à la scène. Grâce à sa musique, il a su compléter nos choix et les rendre plus judicieux encore".

Si elle a bien du mal à choisir son morceau préféré, Susan Downey affi rme que les deux thèmes récurrents choisis par Elfman sont extraordinaires : "Le premier évoque à merveille les liens quasi familiaux qui unissent Dolittle aux animaux", reprend-elle. "Selon Danny, il faut que la musique soit non seulement mémorable mais qu'elle puisse se résumer à quelques notes. Tout au long du fi lm, on entend plusieurs variations sur le même thème. Du coup, la musique est reconnaissable et emprunte des formes nouvelles tout à la fois".

De même, la productrice a été sensible au thème composé par Elfman pour John et Lily Dolittle. "C'est tout simplement magnifi que", poursuit Susan Downey. "La femme de Dolittle est décédée avant le début du fi lm et il souffre en silence. Dès qu'il voit quelque chose qui lui rappelle Lily – ou qu'il fait quelque chose qu'il aurait pu faire avec elle – on entend ce thème. C'est bouleversant et sublime".

Étant donné que plusieurs effets visuels étaient en cours d'élaboration au moment où Elfman a composé la partition, celui-ci a souvent dû écrire la musique sur de simples croquis défi lant sur l'écran. "Dès qu'on renseignait Danny sur ce qu'on attendait du style fi nal de la scène, il nous répondait 'je sais exactement ce que je vais faire'", ajoute Susan Downey. "Le film vous embarque dans un périple spectaculaire et Danny a su lui donner un souffl e épique. Pour autant, il identifie chaque protagoniste à une sonorité bien particulière".

Si Elfman a fi ni par enregistrer la bande-originale aux célèbres studios AIR de Londres avec un orchestre, il a entamé son travail avec Gaghan assez simplement. "J'ai fait la connaissance de Stephen et on s'est tout de suite bien entendus", confie-t-il. "Il m'a demandé si j'étais partant et je lui ai répondu 'Absolument !' Je suis un grand fan de Robert Downey et j'ai été emballé à l'idée d'écrire une musique ample pour accompagner cette fresque tirée d'un grand classique".

Le compositeur a apprécié d'être sollicité très en amont. "J'ai commencé à écrire en m'inspirant de graphiques et d'illustrations avant même que le film ne soit tourné", poursuit-il. "Pour ce genre de musique, le plus important, c'est d'imaginer des thèmes simples et efficaces. J'ai trouvé les thèmes très tôt en m'inspirant des graphiques et de mes visites sur le tournage où je m'attardais un peu. J'ai commencé à bien sentir l'ambiance et la suite s'est mise en place très facilement".

Étant donné que l'histoire de Dolittle a donné lieu à plusieurs adaptations sous différents formats, Elfman souhaitait s'éloigner des conventions du genre. "J'ai abordé ce projet comme tout récit classique qui s'inspire d'une série littéraire connue depuis plus d'un siècle", dit-il. "Par exemple, je tenais à ce que la tonalité musicale se démarque d'ALICE AU PAYS DES MERVEILLES. Quoi qu'il en soit, le fait que ces deux films soient si différents permet de les distinguer sur le plan musical".

Alors que plusieurs compositeurs aiment créer des thèmes associés aux divers personnages, Elfman procède différemment. Enfin, presque toujours. "J'évite les thèmes associés aux personnages sauf quand je n'ai pas le choix", déclare Elfman. "C'est notamment le cas quand on travaille sur un fi lm d'animation et qu'on a affaire à un horrible personnage extrêmement méchant".

Selon l'artiste, il faut éviter de multiplier les thèmes. "Si on veut que le spectateur se souvienne d'une bande-originale, il faut se limiter à deux ou trois thèmes", raconte Elfman. "Ce qui compte le plus à mes yeux, ce n'est pas tant d'avoir un thème pour chaque personnage mais de faire en sorte que l'histoire ait un thème musical : pour moi, le thème fondamental du fi lm, c'est la 'famille'. Mais ce n'est pas le thème du docteur Dolittle. C'est un morceau qui évoque la construction d'une famille composée de différentes créatures".

"L'autre est un thème romantique qu'on entend à chaque fois qu'on fait allusion à Lily, la chère épouse disparue de Dolittle", reprend Elfman. "Et même s'il y a d'autres morceaux qui accompagnent certaines situations ou personnages, on s'en tient à deux thèmes principaux. La musique suit la progression du fi lm si bien que, peu à peu, la partition adopte une tonalité de récit d'aventures tout en restant chargée d'émotions. Même s'il s'agit d'un fi lm à gros budget, il demeure intimiste à plusieurs égards. C'est une production de grande envergure mais l'histoire raconte tout de même le parcours de personnages qui tissent des liens et recréent une famille. C'est ce qui m'a séduit au départ et j'espère que c'est ce que les spectateurs en retiendront".

À plusieurs reprises au cours de sa carrière, le musicien a participé à des projets où l'animation occupe une place de choix. Étant donné qu'il a collaboré au fi lm au stade des croquis, de l'animatique et des rendus en 2D, il a été enchanté de voir le fi lm se concrétiser peu à peu et aboutir au résultat final. "C'était un pur bonheur d'assister à la fabrication du VOYAGE DU DR DOLITTLE", note Elfman. "Pendant des mois, j'ai composé à partir de story-boards – ou de séquences d'animation inachevées – et je tâchais d'imaginer à quoi les scènes allaient ressembler au fi nal. Car il faut bien voir que j'ai écrit la musique à partir d'images d'ours polaires et d'autruches ! En réalité, en tant que compositeur, on ne découvre la scène ou les personnages finalisés que lorsqu'on a fi ni notre travail".

Le compositeur ne tarit pas d'éloges à l'égard de ses partenaires : "C'était une équipe adorable et tout s'est passé à merveille", relève-t-il. "Ce qui m'a plu chez Susan, c'est que ses consignes sont claires et concises et, quand on est musicien, c'est précieux. On n'a pas à se poser mille questions pour savoir ce qui fonctionne ou ne fonctionne pas. Le fait qu'elle soit très claire rend mon travail plus simple et plus agréable. Ses consignes étaient toujours concises et compréhensibles, ce qui évite de se stresser".

LES COSTUMES

Le loup dans la bergerie…
Jenny Beavan habille le bon docteur

Deux fois oscarisée, Jenny Beavan, qui a collaboré au diptyque SHERLOCK HOLMES avec Team Downey, signe les costumes du VOYAGE DU DR DOLITTLE. Qu'il s'agisse des aristocrates et de la garde royale, des soi-disant chasseurs et des vétérinaires peu soignés, elle a apprécié la tâche qui lui a été confi ée.

Elle a compris qu'elle était sur la même longueur d'ondes que Stephen Gaghan dès qu'elle a fait sa connaissance sur Skype. "Steve vit à Los Angeles et moi à Londres, et au cours de notre première conversation, il a commencé par me présenter son chien, Mouse, et il se trouve que mon chat Button, qui est une vraie tête de mule, était assis à côté de moi", raconte-t-elle. "On a sympathisé en évoquant le périple extraordinaire de Dolittle. Peu de temps après, je me suis attelée à concevoir un cahier de tendances permettant de stimuler notre créativité et de savoir dans quelle direction travailler".

Jenny Beavan a été sensible aux personnalités très contrastées évoquées dans le scénario et souhaitait les transposer autant que possible à travers les costumes. "La Cour de la reine Victoria est très guindée et marquée par des teintes sombres alors que l'univers merveilleux de Monteverde où évolue Dolittle est joyeux, chatoyant et fantastique".

Sarah Bradshaw s'est dite galvanisée par l'énergie et la vision de la chef-costumière. "Jenny a déjà travaillé avec Robert et j'ai collaboré avec elle sur ALEXANDRE il y a bien longtemps", note Sarah Bradshaw. "C'est l'une des meilleures chef-costumières du Royaume-Uni et elle est sensible à la dramaturgie, aux personnages et à l'humour".

S'agissant du costume emblématique de Dolittle, Jenny Beavan s'est inspirée d'images du personnage que Robert Downey avait lui-même utilisées pour camper le vétérinaire. "Très en amont, Robert m'a montré des images d'un médecin gallois du XIXème siècle, William Price, qui était très étrange, même s'il a vraiment existé", dit-elle. "C'était une sorte de druide qui portait des tenues en velours vert dignes d'un lutin !"

Plus Robert Downey et Jenny Beavan s'imprégnaient du personnage, plus ils étaient fascinés par son allure. "Le Docteur Price était un végétarien qui soignait les animaux grâce aux plantes et il a aussi fait en sorte que la crémation soit légalisée au Royaume-Uni", signale Jenny Beavan. "Robert m'a envoyé ce splendide portrait totalement déjanté de Price portant une sorte de combinaison de mécanicien ornée d'insignes de druide – et c'était un formidable point de départ. Je m'en suis inspirée et j'ai ensuite renvoyé à Robert des images avant qu'on ne fabrique quelques prototypes de tenues et qu'on ne se rende à Atlanta pour les essayages. Susan était enthousiaste. Robert a porté presque toutes les tenues qu'on lui a données mais pas forcément de la façon que j'aurais imaginée. Il a parfaitement su se les approprier".

Quand on fait la connaissance de Dolittle dans son antre, il est hirsute et négligé : on comprend qu'il vit seul depuis près de dix ans. Mais une fois que les animaux le prennent en main pour le décrasser et l'envoyer au palais de la reine, il a fi ère allure ! Ensuite, il se déguise en pirate à Monteverde… avant d'embarquer à bord du navire de Rassouli où il trouve quelques accessoires supplémentaires. Grâce aux différents décors du fi lm, l'équipe Costumes a vraiment pu s'amuser avec toutes sortes de tenues.

Étant donné qu'ils ont déjà collaboré sur d'autres projets, Jenny Beavan et Robert Downey se comprennent à demi-mot et la chef-costumière est sensible au fait que l'acteur déniche des éléments de l'intrigue qui viennent enrichir la garde-robe du personnage. "En lisant le scénario, on ne se rend pas franchement compte de son évolution", remarque Jenny Beavan. "Mais Robert adore introduire de petites modifi cations. Il aime les vêtements et le rôle du costume dans la construction du personnage. Pour autant, il a un visage tellement charismatique qu'on remarque à peine ses tenues vestimentaires !"

En ce qui concerne le pirate King Rassouli et sa bande de hors-la-loi, Jenny Beavan a souhaité imaginer des costumes inédits. "Je tenais à ce qu'Antonio Banderas ait un style 'Monteverde' hors normes et il l'a totalement adopté", signale la chef-costumière. "Au moment de ses essayages, j'avais déjà entamé la conception des costumes de tous les pirates et mon équipe s'était attelée à la tâche. On obtenait des résultats magnifi ques si bien que je savais dans quelle direction emmener les personnages. Je voulais juste que Rassouli se distingue comme le roi de tous les pirates. Comme Rassouli est vegan, j'ai demandé à mes acheteurs de sillonner le marché de Covent Garden pour dénicher toutes sortes de fruits étranges. On a bien veillé à ne pas utiliser de cuir mais des fruits séchés, des noisettes et des graines comme accessoires de décoration".

Étant donné qu'elle créait un tout nouvel univers pour LE VOYAGE DU DR DOLITTLE, la chef-costumière a dû élargir son équipe. Pour les figurants et acteurs évoluant à la Cour, elle a dû parcourir les friperies et pour les uniformes de la garde de la reine – tous cousus à la main –, elle a fait appel à des couturiers situés en Pologne. Mais ce n'était pas tout. Car la chef-costumière souligne que la clé du succès consiste à réunir au sein de son équipe d'excellents essayeurs et de formidables créateurs.

De leur côté, Stubbins et Lady Rose sont parfaitement complémentaires. Le premier est un jeune homme qui ne se sent pas très à l'aise dans sa famille et dans son petit village gallois : Jenny Beavan a exploré différents styles, y compris un gilet. "On s'est dit que c'était un peu classique", note-t-elle. "Du coup, j'ai déniché ce joli pull chez Cosprop, ce loueur de costumes qui nous permet toujours de trouver une solution. Mais quand on travaille avec un acteur enfant, il faut prévoir qu'il va grandir et se rappeler qu'il a une doublure cascade. Autant dire qu'on a besoin de nombreuses déclinaisons du pull !"

Selon la chef-costumière, Stubbins devait être époustouflé en faisant la connaissance de Lady Rose. "Je voulais qu'elle ressemble à la fée qu'on installe au sommet du sapin de Noël", confie Jenny Beavan. "Il fallait qu'elle soit totalement aux antipodes de lui. On a opté pour des tons très purs et pastels pour elle car dans le village gallois de Stubbins, les habitants ont un style très rudimentaire et portent des tenues sombres en laine à motifs à carreaux. Elle débarque du palais royal dans un costume aux tons pastel mais ce qui me plaisait, c'est qu'elle porte des sabots. Car elle a du bon sens et qu'elle sait qu'il y aura de la boue. Un peu comme ces gamines d'aujourd'hui en robe de princesse et en Doc Martens !"

Source et copyright des textes des notes de production 
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Le Voyage du #DrDolittle

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