samedi 6 août 2016

SUICIDE SQUAD


Action/Fantastique/Divertissement moyen, la Suicide Squad méritait mieux

Réalisé par David Ayer
Avec Will Smith, Jared Leto, Margot Robbie, Joel Kinnaman, Viola Davis, Jai Courtney, Ike Barinholtz, Jay Hernandez, Karen Fukuhara, Scott Eastwood, Adewale Akinnuoye-Agbaje, Cara Delevingne, Adam Beach, Ray Olubowale, Ben Affleck, Common...

Long-métrage Américain
Durée: 02h10mn
Année de production: 2016
Distributeur: Warner Bros. France 

Date de sortie sur les écrans américains : 5 août 2016
Date de sortie sur nos écrans : 3 août 2016


Résumé : Les pires méchants de l’univers DC Comics réunis dans un même film.
C'est tellement jouissif d'être un salopard ! Face à une menace aussi énigmatique qu'invincible, l'agent secret Amanda Waller réunit une armada de crapules de la pire espèce. Armés jusqu'aux dents par le gouvernement, ces Super-Méchants s'embarquent alors pour une mission-suicide. Jusqu'au moment où ils comprennent qu'ils ont été sacrifiés. Vont-ils accepter leur sort ou se rebeller ?

Bande annonce (VOSTFR)


Ce que j'en ai pensé : J'en attendais certainement trop de cette SUICIDE SQUAD. J'ai été déçue. L'idée de base est pourtant excellente. Réunir une équipe de super vilains et les obliger à travailler ensemble pour le bien de l'humanité - cela promettait quelques éclaboussures d'ironie et d'humour noir. Au début du film, je trouve que le réalisateur, David Ayer, s'en sort plutôt bien pour présenter l'équipe. Il n'est pas facile d'introduire tout un groupe de protagonistes qui ont des personnalités complexes qui vont avec des histoires personnelles sombres et compliquées. Certes, on ne sait pas grand chose sur chaque personnage, mais au moins il les introduit et en tant que spectateurs on sait à qui on a à faire. Pour moi, c'est un bon point. En plus, les visuels et couleurs pop appliqués au marketing du film sont bien utilisés pour identifier les membres de la Squad. Il y a une tentative de création d'un univers propre à ce groupe qui m'a plu.


Quatre éléments m'ont particulièrement gêné. Premièrement, le scénario (sans rien dévoiler) manque quand même d'intérêt. L'histoire tourne en rond sur elle-même et la justification pour la création de la Suicide Squad ne paraît pas vraiment avoir de sens. Deuxièmement, le personnage de l'Enchantress, qui est central dans l'histoire, est mal exploité et pas suffisamment introduit. On ne comprend pas vraiment de quoi il retourne avec ce protagoniste. 


En plus, et c'est le troisième élément, les effets spéciaux autour de ce personnage ne sont pas du meilleur effet et n'aident pas à lui donner de la crédibilité ou de l'intensité. Quatrièmement, le film semble répondre à un cahier des charges des moments à mettre en scène pour nous faire ressentir tel ou tel sentiment ou mettre en valeur un personnage à un instant donné, mais cela ne fonctionne pas. L'ensemble manque de cœur. Il n'y a pas ce moment ou on y croit, ou on retient sa respiration parce qu'on se sent lié au protagoniste à l'écran.
Heureusement, les acteurs font un très bon boulot pour incarner les membres de la Squad. 
En tête Margot Robbie est fun et délire en Harley Quinn. Elle ressort comme le personnage le plus intriguant.




J'ai beaucoup aimé le Deadshot de Will Smith. Malgré les incohérences liées à la psychologie du personnage, c'est un vilain attachant.



Joel Kinnaman réussit à rendre son Rick Flag à la fois cool, capable et touchant.


J'ai été surprise par Jai Courtney, qui interprète le Capitaine Boomerang, par Jay Hernandez, qui interprète El Diablo, et par Adewale Akinnuoye-Agbaje, qui interprète Killer Croc, car avec peu de temps à l'écran, ils réussissent tous les trois à apporter une personnalité spécifique et identifiable à leur personnage.




J'ai bien aimé le Joker de Jared Leto, mais je trouve qu'on le voit trop peu pour se faire une opinion vraiment renseignée sur ce que sa version du Joker peu réellement donner.



Par contre, les personnages d'Amanda Waller, interprétée par Viola Davis, de Katana, interprétée par Karen Fukuhara et de Slipknot, interprété par Adam Beach, ne sont que des faire-valoir.




Il est positif que la SUICIDE SQUAD s'inscrive dans la lignée de la JUSTICE LEAGUE par le biais de petites scènes qui font le lien efficacement entre les deux films. Il y a d'ailleurs une scène bonus dans le générique de fin qu'il ne faut pas rater.
Visuellement, il y a tout de même quelques moments sympathiques. Et puis, l'humour permet de créer une synergie dans le groupe et une bonne dynamique. 


La bande originale est composée de morceaux bien choisis qui sont en adéquation avec l'ambiance et l'esprit du film. J'ai particulièrement aimé le titre de TWENTY ONE PILOTS qui s'intitule HEATHENS.


SUICIDE SQUAD est un blockbuster avec ses bons moments mais trop de défauts probants, le résultat est qu'il est moyen. Je pense que cette équipe de super vilains méritait mieux, tant en termes visuel que scénaristique. En tout cas, j'ai tout de même trouvé la Squad attachante et j'espère qu'on la retrouvera dans les films autour de la JUSTICE LEAGUE, ce qui lui donnera peut-être l'occasion de vraiment montrer ce dont elle est capable.


BANDE ORIGINALE

La musique du film, bientôt disponible, a été composée par Steven Price.

WaterTower Music a annoncé que la bande originale de Suicide Squad sortirait le 8 août. Signée du compositeur britannique Steven Price (Gravity, Fury), elle pose les bases musicales du film écrit et réalisé par David Ayer.

Steven Price – qui avait remporté l’Oscar de la meilleure BOF pour Gravity (2013) – avait pour mission de suivre le fil musical d’une intrigue haut en couleur réunissant les pires méchants de la planète, et les moments d’euphorie et d’abattement qu’ils ressentent au cours de leur impossible mission.

« J’ai dû trouver le moyen de faire de ces marginaux extraordinaires un groupe cohérent, avec une bande originale thématique qui alterne moments d’introspection et séquences d’action homériques », explique-t-il. « Les thèmes des personnages interagissent et évoluent tout au long du film, tandis que nous assistons à la genèse de la Suicide Squad. Musicalement, le défi était énorme, mais je me suis amusé comme un petit fou ! »

« WaterTower Music est fier de sortir l’album de la bande originale du film SUICIDE SQUAD», ajoute le président du label, Jason Linn. « Nous sommes ravis d’avoir eu l’occasion de retravailler avec notre ami Steven Price, un compositeur distingué aux Oscars. »

L'album The Suicide Squad: Original Motion Picture Score peut-être précommander dès à présent sur iTunes et Amazon. Il comprend les morceaux suivants : 

House Of The Rising Sun” - The Animals

You Don’t Own Me” - Lesley Gore

Sympathy For The Devil” - The Rolling Stones

Standing In The Rain” - Action Bronson/ Mark Ronson/ Dan Auerbach

Super Freak” - Rick James

Purple Lamborghini” - Skrillex and Rick Ross

Dirty Deeds Done Dirt Cheap” - AC/DC

Slippin’ Into Darkness” - War

Fortunate Son” - Creedence Clearwater Revival

Black Skinhead” - Kanye West

Gangsta” - Kehlani

Over Here” - Rae Sremmurd feat. Bobo Swae

Know Better” - Kevin Gates

Paranoid” - Black Sabbath

Seven Nation Army” - The White Stripes

Without Me” - Eminem

Spirit In The Sky” - Norman Greenbaum

Come Baby Come” - K7

I’d Rather Go Blind” - Etta James

Symphony No. 3, Op. 36 “Symphony of Sorrowful Songs”: III. Lento - Cantabile semplice” - Henryck Górecki
Performed by Polish National Radio Symphony Orchestra conducted by Antoni Wit

Bohemian Rhapsody" - Queen

Heathens” - Twenty One Pilots

Sucker For Pain” -  Lil Wayne, Wiz Khalifa & Imagine Dragons with Logic and Ty Dolla $ign (Feat. X Ambassadors)


NOTES DE PRODUCTION 
(A ne lire qu'après avoir vu le film pour éviter les spoilers !)
Je veux constituer une équipe de choc composée des brutes les plus redoutables du monde – les pires de leur espèce – qui pourraient nous être utiles. —Amanda Waller
Y a-t-il parfois du bon à être un salaud ? Dans SUICIDE SQUAD, la bande la plus improbable de criminels tarés jamais réunie va s'en apercevoir en tentant de sauver la planète. Une mission à haut risque qui devient rapidement l'aventure la plus délirante, déjantée et perverse de leurs vies déjà surréalistes ! "Le Suicide Squad se compose, pour l'essentiel, de super-méchants nés de l'univers DC Comics et contraints de travailler en équipe", explique David Ayer. "Car qui peut-on rêver mieux pour vaincre un super-méchant qu'un autre super-méchant ou, dans le cas du film, tout un gang de super-méchants ? C'était très exaltant pour moi d'explorer une tout autre facette du film de super-héros puisque ces personnages incarnent l'exact contraire d'un héros au sens classique du terme". 

S'ils ne sont sans doute pas – encore ? – enclins à considérer leurs exploits comme héroïques, ils s'apprêtent à vivre les mêmes sensations fortes, les mêmes acrobaties délirantes et les mêmes combats homériques que les super-héros classiques. Il leur faudra seulement tâcher de bien se tenir et de maîtriser leurs pires pulsions … Will Smith est à la tête du gang sous les traits du tireur d'élite Deadshot. 

"J'ai toujours adoré les super-héros au cinéma et David souhaitait réaliser un film vraiment divertissant qui raconte une histoire forte et qui s'interroge sur la différence entre 'méchant' et 'maléfique'", indique l'acteur. "Je me suis dit que c'était une formidable occasion d'interpréter un personnage qui, parce qu'il est père, est en porte-à-faux avec son activité professionnelle, mais qui y excelle comme personne". 

Charles Roven, producteur chevronné du genre, précise : "J'ai eu le sentiment que c'était très intéressant de s'atteler à un film avec les méchants des DC Comics pour distinguer entre ceux qui sont purement malveillants et ceux qui peuvent encore se racheter. Le Suicide Squad se compose de méchants qui purgent tous une peine de prison. Que feraient-ils s'ils avaient la possibilité de réduire leur peine, voire d'être remis en liberté, même s'il y a peu de chance qu'ils s'en sortent indemnes ? Et ils décident de tenter le coup… il faut dire qu'ils n'ont pas vraiment le choix". "Si on s'intéresse aux films de David Ayer", note le producteur Richard Suckle, "on se rend compte que ses personnages obéissent à leurs propres règles. Il en va de même du Squad puisque ses membres, qui n'ont pas du tout envie qu'on leur dicte leur conduite, cherchent à renverser l'ordre établi. Pour eux, il n'y a qu'une seule loi – et c'est la leur. Mais ils sont obligés de fonctionner en équipe. D'où d'intenses disputes et conflits qui sont franchement fascinants à observer". S'ils ont – en apparence – le choix, les détenus appelés à former le Suicide Squad doivent apprendre à travailler en groupe. On ne peut pas vraiment dire qu'ils s'engagent dans cette mission de gaieté de cœur… 

Repérés à la tristement célèbre prison fédérale de Belle Reve, censée abriter les "pires criminels de leur espèce", Deadshot et ses codétenus Harley Quinn, Killer Croc et Diablo n'ont pas franchement de plan B. Agent des renseignements américains, Amanda Waller est une manipulatrice sans état d'âme qui se targue de savoir comment contraindre les gens à agir contre leurs propres intérêts. Viola Davis, qui campe le rôle, se souvient de ses premières discussions avec le réalisateur : "On s'est d'abord rencontrés chez lui", dit-elle. "Le courant est tout de suite passé entre nous. Cela ne se produit que rarement au cours d'une carrière. David fait partie de ces quelques metteurs en scène qui vous permettent d'être vous-même". 

Le nom et la réputation d'Ayer ont suffi pour intriguer Margot Robbie : "J'ignorais l'existence du Suicide Squad, je ne lisais pas de BD quand j'étais ado et je ne connaissais rien à cet univers", confie-t-elle. "Mais David était aux commandes et je serais prête à tuer pour travailler avec lui ! TRAINING DAY est extraordinaire. J'ai vu END OF WATCH quatre fois. FURY est dément. On a discuté pendant une vingtaine de minutes par Skype et il m'a parlé de son projet dans les grandes lignes et je lui ai donné mon accord". Bien qu'il incarne le colonel Rick Flag – aux antipodes d'un "méchant" –, Joel Kinnarman était tout aussi attiré par la vision du cinéaste. Tout comme Margot Robbie, il ne connaissait pas les personnages, mais il a été intéressé par le dispositif du film : "Malgré ces événements extraordinaires et ces criminels surhumains aux facultés hors du commun, on doit fonctionner comme s'il s'agissait du monde réel. J'ai été séduit".

Outre les personnages composant le Squad, Ayer tenait à mettre en scène l'un des pervers les plus terribles de la BD : le Joker. La production a confié le rôle de ce criminel emblématique de l'univers DC Comics – à la fois dans les albums et au cinéma – à Jared Leto. Il propose ici une interprétation totalement nouvelle de ce clown psychopathe dont les gags ne font rire que lui. "Quand j'étais gamin, un ami de ma mère nous a offert, à mon frère et moi, un coffret rempli de BD et c'est comme si je découvrais tout un monde", note l'acteur. "Comme si on avait ouvert la boîte de Pandore. Lorsqu'on plonge dans ces univers, on a l'imagination en ébullition. Il faut beaucoup de passion et de détermination quand on s'attaque à ces intrigues, et dès ma première discussion avec David, j'ai compris qu'il voulait faire un film qui sorte du lot. En travaillant avec lui, j'étais certain de trouver mon inspiration et de m'approprier le personnage". 

"Pour moi, tout part du scénario et les scripts de David sont d'une incroyable richesse", intervient Suckle. "Les personnages ont une véritable épaisseur parce qu'il réussit à vous plonger dans un monde au réalisme palpable. Ce que j'aime aussi chez lui, c'est sa nervosité dans l'écriture. Ses personnages ont du panache. Il était l'homme de la situation pour s'emparer de ces super-méchants et en faire des personnages tout aussi savoureux et exaltants que les super-héros". 

Roven acquiesce : "Ce qui est formidable chez David, c'est qu'il possède parfaitement la dramaturgie, mais qu'il sait également doter ses protagonistes d'une personnalité extraordinaire. D'où leur humour irrésistible et leurs répliques exquises qui correspondent parfaitement aux situations. C'est ce qui les rend vraisemblables. Malgré des circonstances hors normes, on ne peut pas s'empêcher de rire et d'apprécier ces antihéros : ils sont extrêmement drôles, mais dans un registre très inattendu. C'est un film d'action et d'aventure où l'humour noir est loin d'être banni". 

"Pour moi, la force du label DC Comics, ce sont ses qualités universelles", reprend Ayer. "Ses personnages sont très authentiques. Ils incarnent nos valeurs même si les personnages en eux-mêmes évoquent des mythologies ancestrales. Ils sont atemporels et c'est ce qui explique qu'ils seront toujours aussi séduisants. C'est pour cela que j'avais autant envie de raconter une histoire avec ces personnages spécifiques et de les voir s'animer à l'écran". On ne saurait envisager équipe plus frappante pour l'imagination que celle du Suicide Squad ! Entre ses personnages hauts en couleurs, ses scènes de combat titanesques, et sa BO inoubliable, ce film répondra aux attentes de tous les amateurs de spectacle psychédélique.
Alors, c'est donc ça ? On est les boucs émissaires… On est là pour participer à une sorte de mission-suicide. —Deadshot
Que peut-on espérer d'une bande de criminels contraints de participer à une mission que même les agents infiltrés les plus coriaces du gouvernement refusent par crainte de se salir les mains ? Pour Amanda Waller, l'avantage est clair : la possibilité de nier en bloc l'existence de la mission. L'agent des renseignements estime que si une situation sert au mieux les intérêts des États-Unis, elle sert au mieux ceux du monde entier. Et elle est prête à tout pour le bien de sa mission. Elle est sans doute aussi terrifiante que les sociopathes qu'elle a engagés… et tout aussi imprévisible. 

"Quel genre de femme est capable de se montrer plus dure que ces salopards ?", s'interroge Ayer. "À mes yeux, Amanda Waller est fascinante et très intimidante. Elle a toujours un temps d'avance sur les autres, et le jeu de Viola est tout en finesse et en subtilité". Viola Davis admire la capacité de son personnage à s'être hissé au plus niveau du gouvernement américain. "C'est une super-héroïne sans superpouvoirs", dite-elle. 

"Elle n'a d'autre faculté que celle de contrôler cette bande de personnages surhumains. C'est sa manière à elle de combattre le mal". D'une certaine manière, on peut considérer qu'Amanda Waller est aussi corrompue que les criminels qu'elle pourchasse et que son sens des valeurs est totalement déréglé. Malgré tout, elle justifie ses actes avec la ruse et la rouerie d'un agent secret expérimenté. Ses supérieurs cautionnent ses décisions tandis que ses subalternes tuent pour satisfaire ses moindres exigences. Tant qu'elle est de leur côté, la fin justifiera toujours les moyens, y compris le recrutement contraint d'une bande de criminels considérés comme irrécupérables et incapables de se réinsérer. 

Et bien qu'Amanda Waller ne témoigne pas son appréciation à ses recrues hors-la-loi, Viola Davis admet : "Elle est assez impressionnée par chacun d'entre eux. Elle pense qu'elle a affaire à d'incroyables spécimens. Mais elle connaît leurs faiblesses qu'elle exploite volontiers". Comme, par exemple, l'existence d'une fille que Deadshot risque de ne plus jamais revoir. Amanda Waller s'est arrangée avec pas mal d'ingéniosité pour incarcérer le tireur d'élite à Belle Reve avec l'appui du plus célèbre justicier de Gotham City. Assassin le plus redoutable de la bande – et sans doute du monde –, il est fort utile à la prison. Mais l'agent du gouvernement a en tête d'autres desseins pour lui.

"Deadshot a une fille qu'il aime plus que tout au monde et il cherche par-dessus tout à être un bon père", analyse Will Smith. "Mais dans le même temps, il gagne sa vie en étant tueur à gages. Il se sent particulièrement déchiré entre son amour pour Zoe et le plaisir qu'il éprouve à débarrasser la planète de ses ordures". C'est ce conflit qu'Amanda Waller exploite à ses fins, promettant à Deadshot de se racheter comme père et d'avoir une vie de famille normale, aussi peu probable que cela puisse paraître. Lui-même parent, Smith a immédiatement compris le désir de Deadshot d'être le meilleur père possible, mais la passion viscérale du criminel pour le meurtre était plus difficile à cerner. "Je ne pourrais jamais m'habituer à l'idée de tuer des gens contre de l'argent", déclare le comédien. "Et puis, j'ai lu 'The Anatomy of Motive' d'un certain John Douglas, qui a travaillé pour l'unité de profilers du FBI. 

Je me souviens de l'une des premières phrases du livre : 'Pourquoi a-t-il commis ce crime ? Tout simplement parce qu'il en a éprouvé du plaisir'. C'était une véritable révélation pour moi. Du coup, la question que je me suis posée n'était plus de savoir pourquoi il avait fait ça, mais pourquoi il en avait retiré du plaisir. En tant qu'acteur, je me retrouve toujours dans une impasse quand je cherche à savoir pourquoi un personnage agit comme il le fait, au lieu d'accepter simplement le fait qu'il en éprouve du plaisir. Le livre m'a vraiment permis de comprendre le besoin de domination et de toute-puissance de Deadshot et de lui imaginer une enfance où il a dû se sentir impuissant. Ceux qu'il doit éliminer lui rappellent les gens qui se sont montrés cruels avec lui autrefois". Si son personnage ne songe sans doute qu'à ses propres intérêts, Smith souhaitait à l'inverse nouer une grande complicité avec ses partenaires. Dans cette optique, il a fait installer une petite bibliothèque sur le plateau ainsi qu'une salle de jeu disponible pour des parties de billard ou de ping-pong. 

Lorsque les scènes d'une grande intensité contaminaient l'atmosphère du plateau, Smith se mettait alors à chanter pour combattre le stress. "Will est une superstar, un acteur très doué d'un formidable charisme et un type charmant", déclare Ayer. Contrairement à son personnage, très solitaire, "Will fait bénéficier ses partenaires de son énergie et de son enthousiasme". Le personnage dont Deadshot se rapproche le plus, en matière de compétences, est probablement le colonel Rick Flag, engagé par Amanda Waller pour encadrer le Squad et faire régner la discipline. Par ailleurs, les deux hommes se méfient l'un de l'autre et ne s'aiment pas.

"Pour aggraver la situation, Deadshot en veut à Flag qu'il ne considère pas légitime dans ses fonctions", constate Smith. "Mon personnage considère qu'il est un bien meilleur soldat et meneur d'hommes. La seule différence entre eux, c'est qu'ils n'appartiennent pas à la même équipe. Du coup, Deadshot est un peu jaloux quand il voit Flag et ses soldats travailler ensemble : Deadshot, quelque part, aurait aimé occuper ce type de fonction et sait qu'il en aurait été capable, même s'il a choisi une autre voie". 

Flag est un militaire de carrière qui, selon Joel Kinnaman, "a épousé cette vie même s'il est conscient qu'elle lui fait du mal" – notamment en raison de son opposition au plan d'Amanda Waller. Il est convaincu, quant à lui, qu'on peut vaincre l'ennemi à l'ancienne, autrement dit avec une équipe de ses Navy SEAL les plus aguerris. "Quand Rick rencontre les membres du Squad pour la première fois, il n'a que mépris à leur égard", poursuit l'acteur. 

"Ce sont des criminels, des assassins, et il a une vision très manichéenne du monde : soit on se bat pour le bien, soit on se bat pour le mal. Quant à l'idée de les utiliser à des fins constructives ? Il n'y croit pas. Pire encore à ses yeux : ils n'ont pas d'entraînement traditionnel si bien qu'ils risquent de mettre ses hommes en danger. Il n'y a là pas de logique. Ses hommes peuvent s'acquitter de la même mission beaucoup mieux et sont beaucoup plus fiables". Flag se retrouve donc pris entre le marteau et l'enclume, tâchant de protéger ses hommes, d'encadrer le Squad et de mener à bien la mission. Pour couronner le tout, "il ne tient aucun des membres de l'unité au courant de ce qui se passe vraiment, si bien que personne ne lui fait confiance. Il doit affronter cette situation tout en obligeant les membres du Squad à obéir aux instructions d'Amanda Waller". 

Si Flag et Deadshot tentent de dissimuler leurs faiblesses, le docteur Harleen Quinzel, ancienne psychiatre, porte les siennes en étendard ! Elle affiche ouvertement son amour pour le Joker, qu'elle a autrefois soigné à la prison de l'Arkham Asylum, mais pour lequel elle arbore désormais des tatouages à son nom et à son effigie. Elle s'est transformée en Harley Quinn – maîtresse du Joker et objet de ses sentiments pervers – à la faveur d'un manipulateur de génie. Avant l'incarcération de Harley, les deux amants ont, selon Roven, "fait des trucs délirants pour se témoigner leur amour. Ils n'hésitaient pas à être dans l'ostentation et ils formaient le couple tendance de leur univers. Ils possédaient les voitures les plus incroyables, portaient des bijoux délirants et des vêtements à la dernière mode, et se montraient impitoyables. Mieux valait ne pas se trouver dans leurs parages car on risquait alors très gros". 

Mais Harley a été séparée de son grand amour par les murs épais de Belle Reve. Et bien qu'Amanda Waller estime que l'ex-psychiatre est entre ses mains, le cœur d'Harley appartiendra toujours à son "Chouchou". Au départ, Margot Robbie s'est dite perturbée par l'amour d'Harley pour son petit ami. "Pourquoi est-elle amoureuse de ce type ?", s'interroge-t-elle. 

"C'est ce qui m'a donné le plus de fil à retordre concernant ce personnage. Elle est forte, futée et franchement coriace – elle est géniale ! – et elle fond totalement pour ce type. C'est un aspect de sa personnalité qui ne me plaisait pas au début parce que ça m'échappait. Du coup, comme elle est psychiatre, j'ai décidé de me documenter sur le phénomène de 'co-dépendance'. J'ai été fascinée par l'idée que certaines personnes peuvent se consacrer à 100% à quelqu'un d'autre. En fait, il ne s'agit pas tant de l'autre que d'une addiction comme l'alcool ou la toxicomanie. Dès lors que j'ai compris que sa relation au Joker tient davantage d'une forme d'accoutumance, j'ai éprouvé une très grande empathie à son égard". 

Le réalisateur était lui-même captivé par le fonctionnement psychique d'Harley. "Elle est un peu un Joker au féminin", dit-il. "Elle a une personnalité totalement déjantée : elle est cinglée, elle n'a pas de censure et elle fait ce qu'elle veut. Elle n'a fait son apparition dans les albums BD que dans les années 90, mais elle s'est vraiment imposée depuis : Margot s'est efforcée de l'incarner avec la spontanéité, l'humour et la force que les fans apprécient chez le personnage". Qu'en est-il du Joker de son côté ? Est-il sincèrement amoureux d'Harley ? Jared Leto n'en révèle guère davantage que son personnage. 

"Le Joker est très attaché à Harley", affirmet-il. "Personne d'autre ne compte à ses yeux, mais pourquoi en serait-il autrement lorsqu'on est aimé d'une femme comme elle ? Le reste du monde n'est qu'un terrain de jeu à ses yeux. Ils s'éclatent tous les deux en réalisant un rêve – certes perverti – mais un rêve quand même". Mais lorsqu'elle disparaît, cherchera-t-il à la retrouver ? Leto a courageusement endossé le rôle de ce fou qui s'habitue très facilement à l'asile. 

"Le Joker est une icône", dit-il. "Il est né il y a 75 ans et il existe d'innombrables versions de son histoire. Le Joker me fait penser à l'escalade du Mont Everest, autrement dit un objectif qu'on s'est fixé et qui est presque impossible à atteindre. C'était à la fois terrifiant et galvanisant de camper ce rôle – et surtout un grand privilège". C'était aussi un défi dans l'écriture pour Ayer. "Le Joker est un type complexe et fascinant mais c'était très intimidant d'aborder un tel personnage car c'est l'un des superméchants les plus célèbres de la fiction occidentale", remarque-t-il. 

"Son histoire est extraordinaire et il fallait surtout veiller à respecter ce qu'il symbolise et ses précédentes incarnations. C'était essentiel pour comprendre l'identité même du personnage sans la trahir tout en réinventant le Joker pour les besoins de ce film". Leto reconnaît avoir été intimidé par le rôle au départ. "Quand on m'a appelé pour me dire que j'étais pris, j'étais à la fois heureux et inquiet", dit-il. "Dès que j'ai entendu le nom du 'Joker', j'ai compris que j'allais devoir sonder des aspects encore inconnus de ma personnalité.

Il a déjà été interprété avec génie si bien qu'on ne peut pas aller plus loin. Mais je me suis alors posé la question de savoir dans quelle direction inédite je pouvais aller. Il y a une part de moi qui a le goût de l'exploration et de l'aventure et qui aime repousser les limites – et elle a aussitôt été en émoi ! Ce rôle m'a transformé pour toujours. C'était à la fois extrême et fort de plonger tête baissée dans ce puits sans fond. Je n'aurais jamais cru que j'aurais un jour la chance de tenir un rôle pareil". 

"Jared s'est tiré de ce numéro d'équilibriste avec maestria", souligne Ayer. Roven, lui aussi, s'est montré impressionné. "On a été totalement conquis quand Jared a accepté de relever le défi et d'incarner ce personnage tel que David l'avait écrit", indique-t-il. 

"Il dégage une impression de chaos. C'est un homme d'affaires brillant, doublé d'un gangster et d'un type charismatique, effrayant et séduisant tout à la fois. Jared a su explorer toutes les facettes du personnage et de la vision qu'en propose David". Margot Robbie, qui a des scènes d'une grande intimité avec le Joker, a trouvé l'interprétation de son partenaire stimulante et déconcertante. 

"Avec Jared, on n'a pas vraiment répété", raconte-t-elle. "Du coup, quand on s'est retrouvés devant la caméra, on a eu le sentiment que les rapports entre nos personnages, totalement imprévisibles, étaient électriques". Si le sens éthique d'Harley, du Joker et de l'ensemble des membres du Squad – et peut- être aussi d'Amanda Waller – est sujet à caution, Diablo, qui a autrefois appartenu à un gang, cherche à se racheter. Sa faculté surnaturelle de pyrokinésie est aussi sa malédiction : il est incapable de contrôler les flammes qu'il dégage lorsqu'il est en colère. Il en a payé le prix fort et sa culpabilité lui a permis de réfléchir et d'avancer. 

"C'est un combattant mais il a renoncé à cette vie-là", annonce Jay Hernandez qui interprète le pyromane repenti. "Il s'est détourné de la voie du crime et de la violence. Il ne veut plus évoluer en société : il a le sentiment que sa place est dans une cage". Même lorsqu'il est agressé et qu'il est en danger, Diablo refuse de se battre, au grand dam des autres membres du Squad. "Le combat fait rage autour de lui, les balles sifflent de toutes parts, mais il est comme un roc dans le courant d'une rivière : il reste immobile tandis qu'on s'agite autour de lui", commente l'acteur. 

"Même ses ennemis le dépassent puisque, de toute évidence, il ne représente aucune menace. Il refuse tout simplement de se battre". De toute évidence, Amanda Waller ne pourra pas se contenter d'un simple chantage pour obliger Diablo à faire usage de son don, même si c'est au profit de l'humanité. "La rédemption est-elle encore envisageable ? Pour Diable, je pense que oui", indique Hernandez.

"Je pense que la rédemption est un thème très présent dans le film, et pas uniquement pour mon personnage". Peu avant le début de la mission, Amanda Waller choisit deux autres criminels : Slipknot, maître de l'évasion capable d'escalader n'importe quelle pente grâce à ses propres cordes, et Capitaine Boomerang, qui vient de rater un braquage de diamants. "Boomerang incarne l'élément perturbateur et sans scrupules", précise le réalisateur. "C'est le cancre dans une classe de cancres, et incontestablement un type insoumis. Il faut canaliser et dompter cet homme à l'esprit confus". 

"Boomerang obéit à ses propres règles", confirme Jai Courtney, comédien d'origine australienne qui incarne ce renégat des antipodes. "Il se moque pas mal de ses partenaires : il n'a pas besoin d'eux et cela lui est bien égal de savoir s'ils ont besoin de lui. Il est là pour prendre ce qu'il y a à prendre et repartir aussi vite que possible. Il est un peu lâche : sauver le monde ne l'intéresse pas vraiment. Il cherche l'esquive en permanence et il est prêt à risquer la vie de quiconque s'il peut en profiter pour prendre la fuite". Personne n'en est plus conscient que Slipknot, "psychopathe profondément attaché à ses cordes", indique Adam Beach qui campe le rôle. Les facultés de Slipknot sont autant psychologiques que physiques. "C'est un homme qui déteste la planète. Il n'a aucune envie d'être là. Il est furieux et il se sent pris au piège. Il a le sentiment que quelqu'un va l'abattre, que la porte va se refermer sur lui et qu'il ne sortira jamais de prison. Du coup, dès qu'il voit l'occasion de s'en sortir et d'être libre, eh bien…" Killer Croc, lui, ne peut pas vraiment échapper à sa condition : alors qu'il espérait autrefois prendre le contrôle de Gotham City, une mutation génétique l'a conduit tout droit à Belle Reve. 

Adewale Akinnuoye-Agbaje campe cette créature cannibale qui, comme ses partenaires, n'a pas toujours mené une vie de criminel. "À l'adolescence, il a développé une maladie de peau et son épiderme s'est recouvert d'écailles", explique l'acteur. "Il a commencé à vivre en reclus et à être constamment sur ses gardes. C'est alors qu'un ami lui a donné un conseil et lui a dit : 'Soit tu refuses ce qui t'arrive, soit tu l'acceptes', et c'est ce que Killer Croc a choisi de faire. Il s'est mis à s'approprier ses écailles. Il a été engagé dans un cirque et a commencé à se battre contre des crocodiles. Il adorait attirer l'attention de tous, en se disant qu'il était beau, mais il s'est aussi mis à être animé par les pulsions charnelles de la créature". 

Killer Croc n'a pas tardé à plonger dans la fange, au sens propre et figuré, et comme tous les autres, il est toujours dans le noir le plus total. Le Suicide Squad obéit aux ordres même si l'objet de la mission est flou et ses motivations inexistantes. Il semble que pour Amanda Waller, moins ils en savent, mieux c'est. Même Flag prend conscience qu'il est manipulé et lorsqu'il s'aperçoit que la mission est contestable et qu'il ne peut pas compter sur ses lieutenants, il recrute sa propre femme de confiance, le maître d'armes Katana. 

Le réalisateur indique : "Katana est devenue maître d'armes pour venger la mort de son mari, et son sabre de choix n'est autre que l'ancestrale Faucheuse d'âmes, qui absorbe l'âme de ses victimes. L'âme de son mari réside dans ce glaive. Katana est un personnage sombre et pur". "Katana est une femme samouraï", observe Karen Fukuhara, qui campe cette beauté fatale, "et Amanda Waller et Rick Flag sont ses seigneurs. On ne conteste pas les ordres de son seigneur quand on est samouraï : on consacre sa vie à le protéger. Katana est d'une grande loyauté et elle est prête à tout pour accomplir sa mission, quelle qu'elle soit, tout simplement parce qu'Amanda Waller lui en a intimé l'ordre". Quant au Squad, Katana partage le point de vue de ses maîtres. "Ce sont des délinquants et des criminels", souligne-t-elle. "Katana possède un code d'honneur et des valeurs morales : elle est loyale et elle se bat au nom de la justice. Elle n'est donc pas là pour se faire des amis. Elle est là pour protéger Flag à la manière des samouraïs". 

Malgré cette protection, Flag se heurte à un problème autre que celui du Squad et plus difficile à résoudre. Le grand amour de sa vie, le docteur June Moone, est possédé par Enchanteresse, ancienne déesse dont l'âme a été enfermée pendant des siècles dans un bocal : elle a ensuite été enterrée dans une grotte de calcaire jusqu'à ce que le docteur Moone, archéologue, la découvre et libère accidentellement la sorcière. Désormais animée par cet esprit maléfique, June vit dans la terreur, ne sachant jamais quand Enchanteresse surgira pour la contraindre à commettre ses forfaits. Cara Delevingne, qui tient le double rôle, indique : "June cherchait à mettre un peu de piment dans sa vie et elle n'a pas été déçue. Mais il faut se méfier de ses désirs… Alors qu'elle a toujours maîtrisé le cours de sa vie, elle a brusquement tout perdu. Elle est plus fragile que jamais et elle a besoin que quelqu'un lui vienne en aide". 

Amanda Waller a opportunément volé à son secours, s'engageant à la libérer de l'emprise de la sorcière : d'ici là, elle a placé la jeune femme sous la protection de Rick Flag. Une décision résolument intentionnelle. Kinnanam précise : "J'imagine qu'elle avait une idée assez précise de ce qui allait se passer quand elle a missionné Rick pour protéger June. Autant dire qu'Amanda Waller allait avoir un formidable moyen de pression psychologique sur lui également. Et c'est exactement ce qui s'est produit. Désormais, il est pris au piège par son amour pour cette femme".

Le cœur de Flag appartient à June, mais celui d'Enchanteresse appartient, au sens littéral, à Amanda Waller, exacerbant la fragilité de la jeune femme tout en accordant à l'agent fédéral un plus grand contrôle sur la sorcière… ou tout du moins, c'est ce qu'elle croit. "June Moone est une vraie trouillarde", note Viola Davis. "Et Amanda se sent très forte, transportant partout où elle va le cœur d'Enchanteresse. Elle peut le poignarder à volonté pour contrôler la sorcière : elle détient son arme secrète". En réalité, pour obtenir le feu vert de ses responsables à Washington, Amanda Waller avait invoqué la sorcière, impressionnant ses supérieurs qui l'ont autorisée à créer la "Task Force X", nom de code de son gang de criminels. Elle a beau les avoir bluffés avec sa petite démonstration – ils doivent dorénavant affronter une situation qui menace de dégénérer en apocalypse. 

Bras droit de Flag, le lieutenant GQ Edwards est interprété par Scott Eastwood, qui a déjà tourné sous la direction de David Ayer dans FURY. Tout comme son personnage, le comédien s'est embarqué dans l'aventure sans vraiment savoir à quoi s'attendre mais en ayant pleinement confiance en son réalisateur. "David m'a contacté pour me parler du rôle", se souvient Eastwood, "mais il ne m'en a pas dit grand-chose. À l'époque, il n'existait pas de scénario et le projet était ultraconfidentiel. J'ai bondi sur l'occasion parce que David était aux commandes et que je veux participer à tous ses projets. Il me fait penser à mon père et il est un formidable cinéaste". 

Si Flag et CQ dirigent les opérations sur la route, le capitaine Griggs fait respecter la loi et l'ordre à Belle Reve où, avant son départ, Harley Quinn était l'une de ses détenues préférées. Ike Barinholtz, qui campe Griggs, indique : "Mon personnage prend un malin plaisir à torturer ses prisonniers et à leur faire comprendre qu'il est le patron". Mais il ferait sans doute mieux de ne pas trop s'approcher d'Harley – et du Joker qui, de son côté, a son propre plan concernant sa petite amie déjantée. 

"En réalité, il y plan et plan", note Leto, énigmatique. "Le Joker a toujours au moins cinq plans différents. Et son plan le plus important est secret. Mais son plan plus modeste consiste à récupérer Harley. À n'importe quel prix. Ce n'est pas le même objectif que celui du Squad. Car tout le reste lui est bien égal : il n'y voit qu'un jeu". Cependant, l'indifférence du Joker pour la mission pourrait avoir des conséquences terribles. Et si, par miracle, ces marginaux, grâce à leurs dons surnaturels et leurs techniques de combat exceptionnelles, réussissent l'impossible, le monde sera-t-il meilleur ? Ces désaxés, à peine capables de se maîtriser, ne seront-ils pas tentés de prendre le contrôle de la planète ?

"Ce sont des loups solitaires qui doivent apprendre à travailler en équipe et à devenir une famille", intervient le réalisateur. "C'est tout l'enjeu du film : sauront-ils former un groupe soudé sans que ses membres ne s'entredéchirent ?" Car s'ils n'apprennent pas à être – un peu – dociles, les conséquences risquent d'être fâcheuses. Comme les en avertit Amanda Waller : "Si vous ratez la mission, vous mourrez. S'il arrive quoi que ce soit au colonel Flag, je tuerai chacun et chacune d'entre vous. N'oubliez jamais que je vous observe. Et que je vois tout".
Deadshot, il tue les gens. Lui, c'est un crocodile qui mange les gens… L'autre, il brûle les gens. Et toi, tu es possédée par une sorcière… Et elle, elle est simplement folle. —Rick Flag
Pour mettre au point le style extravagant des personnages bien connus des fans de la BD, Ayer a fait appel à la chef-costumière Kate Hawley et au chef coiffeur et maquilleur Alessandro Bertolazzi. Après quelques recherches qui leur ont permis de réunir une mine d'informations, grâce à l'histoire édifiante de DC Comics et à la popularité de ses personnages, la costumière et le coiffeur/maquilleur ont mis les albums de côté, éteint l'ordinateur et sont repartis de zéro. Au lieu de puiser leur inspiration dans le passé, ils se sont attachés à respecter la première consigne d'Ayer : pas de costumes de super-héros et pas d'hommes en collants. 

En revanche, le style des personnages devait s'inspirer de l'univers des gangsters et des militaires. "David parle souvent de 'coller à la réalité'", précise Kate Hawley. "Ce qu'il veut dire par là, c'est qu'il s'agit de dénicher notre personnage dans le monde qui nous entoure, puis de le magnifier. On était censés intégrer l'iconographie et le style des personnages de la BD à la réalité du monde moderne". Selon la chef-costumière, le réalisateur tenait à ce que le Joker et Harley Quinn évoluent dans un environnement "très coloré et dangereux où on ne croise que des cinglés. Le Joker est une sorte de criminel rock-star, très soigné et stylisé". Ayer s'est aussi intéressé à la guerre psychologique menée par le Joker et Harley et à la fonction qu'y tiennent leurs tenues vestimentaires.

La chef-costumière donne un exemple : "Il y a cette scène dans le club où Harley et le Joker jouent au chat et à la souris alors que le sort de leur victime est scellé depuis le début. Ils se livrent tous les deux à un très beau pas de danse qui précipite le type vers son funeste destin. Il en est conscient, et ils en sont conscients, mais leur manière de s'y prendre est à la fois très séduisante et totalement perverse. 

David nous a dit que Harley devait éblouir sa victime et la perturber. Du coup, elle porte une robe dorée scintillante et elle est parée de bijoux que lui a offerts le Joker. Elle devient un jouet attractif et brillant entre les mains du Joker. On a donc joué là-dessus". "En outre", dit-elle encore, "tout doit avoir un sens et dissimuler un secret qui se dévoile en gros plans. Il y a tout un ensemble de petits détails qui veulent dire quelque chose pour nos personnages et qui éclairent la perception que nous en avons. 

Harley possède ainsi un collier 'Harley aime le Joker', ainsi qu'une hyène et un crâne du Joker qu'elle porte sur l'annulaire. Quant au Joker, il porte ce qui ressemble à un anneau papal". On retrouve bon nombre de détails semblables chez la plupart des personnages. Par exemple, quand on découvre Deadshot, alias Floyd Lawton, dans un flash-back, il porte un manteau rétro comme pour indiquer qu'il s'agit en réalité du manteau de son père – ce père qui a été absent tout comme lui, Lawton, aujourd'hui incarcéré, n'est pas là pour sa fille. Par la suite, quand Deadshot prend la tête du Squad, le spectateur attentif remarquera l'inscription "Je suis la lumière et le chemin" brodé sur son costume. 

Autre exemple : Katana porte une veste de motard évocatrice des bosozoku, ces clans de motards japonais, ornée d'un écusson sur lequel est écrit "Pour lui, je pleure", en souvenir de son défunt mari. Elle arbore également un tatouage sur la cuisse – "Mon sabre fait jaillir le sang" – en avertissement à ses ennemis. D'autre part, la chef-costumière explique que les personnages portent souvent des costumes qu'ils ont eux-mêmes confectionnés. 

En effet, à l'exception de Deadshot qui gagne beaucoup d'argent, "ils ne croulent pas sous les millions", comme l'indique Kate Hawley. "C'est ainsi que Boomerang porte un gant en cotte de mailles improvisé à partir d'un gant de boucher et d'un gant de base-ball, conçu pour attraper les boomerangs". Pour les scènes de prison, tous les détenus masculins portent des uniformes orange. Mais pour Harley Quinn, la chef-costumière et ses collaborateurs ont consulté les photos de maisons d'arrêt de Los Angeles où les détenus fabriquent leurs propres tenues à partir des draps. Kate Hawley s'est également documentée sur les asiles et elle est tombée sur deux femmes qui, au XIXème siècle, écrivaient de manière obsessionnelle à leurs êtres chers. L'une d'entre elles a même brodé ses réflexions sur ses vêtements. En s'intéressant à l'époque plus récente, la costumière s'est inspirée de couples tragiques comme Sid Vicious et Nancy Spungen. "On trouve chez eux un côté glamour et une violence conjugale", dit-elle. 

"Harley incarne toutes ces femmes à la fois : elle a une nature cyclothymique". Cependant, les auteurs souhaitaient rendre hommage au style des créateurs d'Harley. "Pour certaines scènes, nous avons littéralement transposé des passages de la BD", reconnaît Kate Hawley. "Dans l'un des albums, Harley est nourrie de force à la prison de Belle Reve et elle porte une petite culotte rouge et bleue. On a conçu le même sous-vêtement en clin d'œil à la BD. Puis, quand on la voit sous les traits du docteur Harleen Quinzel, son chemisier rouge, sa jupe bleue et sa veste sont un autre emprunt à l'album. Ce sont de petits moments qui feront plaisir aux initiés". 

Dans un souci de réalisme cher à Ayer, Killer Croc a été conçu à l'ancienne et non en infographie. "Je suis attaché aux méthodes traditionnelles", indique le réalisateur. "Du coup, Killer Croc est campé par un comédien qui a ensuite été maquillé. C'est un personnage tellement régressif qu'il en est effrayant, mais il a aussi un côté humain et tendre. À mon avis, le public va s'attacher à lui. C'est un géant bienveillant… mais il se trouve qu'il mange les gens !" 

Pour répondre aux attentes d'Ayer, Adewale Akinnuoye-Agbaje a passé plusieurs mois à supporter les moulages et les essais de l'équipe de prothésistes. Au bout du compte, son entraînement physique s'est révélé indispensable : il subissait cinq heures de maquillage, puis il passait les treize heures suivantes à porter une couche de 5 cm de mousse, des prothèses de visage, un sweat à capuche, et une épaisse veste de crocodile et de léopard d'un poids de 18 kg qui absorbait près de 5 litres d'eau par temps de pluie. Le style de Diablo, défini par sa collection de tatouages, est emblématique du film. Pour les graphismes lui recouvrant le corps et le visage, Bertolazzi et Ayer ont consulté l'artiste tatoueur Rob Coutts pour illustrer la vie de Diablo – depuis l'époque où il faisait partie d'un gang jusqu'à sa vie de famille – à l'encre. Pour autant, les tatouages ne sont pas l'apanage de Diablo. En dehors des perruques et du maquillage conçus pour chacun des personnages, Coutts a imaginé des tatouages pour la plupart d'entre eux – membres du Squad et militaires – à l'instar de Deadshot, Enchanteresse, Harley Quinn, le Joker et GQ.
J'ai hâte de te montrer mes jouets. —Le Joker
Bien entendu, un gang comme celui du Suicide Squad ne serait pas complet – ni efficace – sans armement. C'est ainsi qu'Ayer a fait appel au chef accessoiriste Dan Sissons pour en élaborer le style à la fois fidèle à cet univers mais également spécifique au film. Autant dire que cet équilibre a été difficile à trouver. "Entre ces personnages formidables, cet univers dramaturgique très riche, et ces tenues vestimentaires saisissantes, je trouvais important de respecter cet héritage, car beaucoup de fans en connaissent les moindres détails mieux que je ne le pourrai jamais", reconnaît le réalisateur. 

"Pourtant, on voulait aussi magnifier cet univers à l’écran. On a donc mis au point des accessoires étonnants comme la petite voiture de course du Joker, les Magnums et le fusil à lunette que Deadshot porte aux poignets, le pistolet en or de Harley, le sabre de samouraï de Katana qui absorbe l’âme de ses victimes et les cordes de Slipknots". Plus épatant encore : ces nombreux accessoires fonctionnaient réellement. "Il a fallu beaucoup investir en recherche et développement", déclare Ayer. "Quelle formidable expérience !" 

Comme pour les tenues, plusieurs des accessoires possèdent d'infimes détails parfois visibles aux yeux du public mais permettant d’identifier les personnages. Les fans reconnaîtront la batte de baseball d’Harley Quinn mais c’est son pistolet qui s’avère l’un des accessoires les plus impressionnants. Noir et orné de dorures, il est muni de minuscules détails comme les inscriptions "amour" et "haine" tout autour du canon, et de petits diamants incrustés. Par ailleurs, il est gravé des initiales "HQ". Évidemment, les acteurs ont dû s’entraîner à manier toutes les armes qu’utilisent leurs personnages et à réaliser les nombreuses cascades imposées par l'intrigue. Pour pouvoir accomplir l’un ou l’autre, les acteurs ont entamé leur entraînement chez eux, plusieurs mois avant le début du tournage. Ils devaient se prêter à des exercices physiques intenses et à un régime alimentaire strict avant d’arriver sur le plateau. Il s'agissait d'un programme exigeant mais les acteurs s’y sont tous investis, déterminés à mériter leur place au sein du Squad. 

"En tant que réalisateur, j’aime construire un univers ancré dans la réalité", poursuit Ayer. "À mes yeux, c’est primordial de peupler ce monde d’acteurs capables de participer à l’action pour de vrai, tant que c’est sans danger. On les a aussi initiés au combat, aux arts martiaux, au tir. Quand ils sont arrivés sur le plateau, ils effectuaient eux-mêmes leurs cascades, de façon bien réelle et crédible". 

Pour aller encore plus loin dans sa démarche, une fois que les acteurs ont tous été réunis pour les répétitions, Ayer a fait venir Pieter Vodden de chez Gym Jones, qui avait préalablement travaillé avec chacun des comédiens. Vodden a monté une salle de sport pour continuer à les entraîner ensemble pendant les semaines précédant le début du tournage.

Étonnamment, voir les acteurs se métamorphoser a eu un impact sur l’équipe technique et, au final, 35 à 45 personnes se sont entraînées ensemble tout au long du tournage. Une fois les acteurs au sommet de leur forme physique, une tâche plus ardue les attendait : apprendre à se battre et à manier des armes. Le chef cascadeur et réalisateur des scènes d’action Guy Norris avait constitué une équipe de choc composée du célèbre chorégraphe combat Richard Norton et du célèbre entraîneur en arts martiaux Richard Mesquita, pour enseigner aux acteurs les aptitudes propres à leurs personnages. 

"L’équipe a fait un excellent travail en s’assurant que chaque personnage ait un style de combat très personnel", explique Norris. "La transformation de Will a été spectaculaire. Un soir, on a tourné toute une scène dans laquelle Will tire sans arrêt, rechargeant son arme, la désenrayant, et le tout aussi naturellement que s’il avait fait ça toute sa vie. Cela dénotait un niveau de perfection qu’on ne peut presque jamais atteindre en temps normal". "Pour Katana, la maître d’armes japonaise, on est restés très traditionnels", ajoute Norris. 

"Harley a été exceptionnelle, parce qu’elle a tout simplement réussi à entrer dans la peau de ce personnage fou à lier muni d'une batte de base-ball. Les armes de prédilection de Boomerang sont bien évidemment des boomerangs. Et puis il y a Croc, si bien qu'on a dû faire preuve d’inventivité car comment savoir de quelle façon se bat un être mi-homme, microcodile ? Avec de tels personnages, on a eu de quoi explorer des pistes vraiment intéressantes". Cette transformation a fait partie intégrante du processus, permettant à tous les acteurs de s'approprier leurs personnages. 

"Faire en sorte que ses acteurs réalisent autant de cascades par eux-mêmes que possible est la meilleure façon non seulement pour les producteurs de restituer l'action à l'écran, mais aussi pour les comédiens d'incarner pleinement leurs personnages", note le producteur Richard Suckle.

 "En témoigne le jour où nous tournions la scène où Harley est dans l'ascenseur pour accéder aux étages supérieurs du Federal Building. Je me souviens d'avoir regardé l'écran en pensant, 'Où sont les câbles ? Ils doivent être quelque part ; ils ont fait du très beau boulot, je ne les vois pas'. Ce n'est qu'à la troisième prise que j'ai enfin pris conscience qu'il n'y en avait pas. Margot était en train de faire ça toute seule. Elle entrait littéralement dans l'ascenseur en grimpant au plafond la tête en bas et elle l'a refait plusieurs fois". Les fans vont surtout pouvoir apprécier la gestuelle hors du commun de Killer Croc, interprété pour la première au cinéma par Adewale innuoye- gba e. our se préparer au rôle, outre son entraînement physique, l'acteur s'est rendu dans les Everglades à Fort Lauderdale, où vivent de très gros alligators qu'il a filmés en train de se déplacer ou de guetter leur proie. Il a ensuite intégré ces mouvements à son personnage. 

"Avec Killer Croc, on a toujours l'impression qu'il se déplace dans l'eau", souligne Akinnuoye-Agbaje. "Il a une démarche sinueuse : il n'avance jamais droit devant lui. Et on a élaboré cette technique appelée le 'croc roll' : quand un crocodile ou un alligator capture sa proie, le reptile l'attrape dans sa gueule et vrille sur lui-même : on l'a donc intégré à la technique de combat de Croc. Et il y a aussi le 'croc sandwich' qui évoque les moments où il assène des coups de poings au visage de ses ennemis avant de leur briser la nuque". L'exigence de réalisme ne s'est pas arrêtée là pour le réalisateur. 

"Il y a d'un côté l'univers fictif de DC Comics, et de l'autre ma manière de l'ancrer dans la réalité", explique-t-il. "Par exemple, il y a le personnage de ick lag, militaire de carrière dans les orces Spéciales. Avec qui pourrait-il communiquer ? l pourrait être en liaison avec des membres du comité des orces Spéciales, avec des Navy SEAL, avec le SOCOM [United States Special Operations Command qui relève du ministère américain de la éfense, d . Je trouvais très originale l'idée de faire en sorte que le Suicide Squad, cette bande de super-méchants, s'allie aux Navy SEAL puis de les envoyer en mission tous ensemble. C'est aussi une façon formidable de rendre l'histoire crédible". 

Pour avoir été sous-marinier avant d'être réalisateur, Ayer a sollicité ses contacts au sein de l'armée comme Kevin Vance, qui a été à la fois conseiller militaire sur le film et second rôle. ance a lui-m me fait venir le spécialiste des assauts Nate Bro n et l’expert en armes Tyler Grey, qui ont eux aussi tenu des rôles secondaires. "Dave est obsédé par le réalisme", reconnaît Vance. "Malheureusement, beaucoup d’acteurs, même les plus talentueux, n’ont tout simplement pas le temps de s’intéresser au maniement des différents systèmes d’armes pour être totalement crédibles. ans la plupart des films, on ne les croit pas expérimentés ni rompus à une vie dans les forces armées. Et en matière de fusillades, il y a tout simplement certains gestes qui ne relèvent pas de la mémoire musculaire et ave est conscient que le public va très rapidement s’en apercevoir". 

"Dave s'efforce vraiment de nous laisser le temps nécessaire pour entraîner un acteur", repend-il, "pas seulement en termes de compétence physique mais d’élaboration d’une mémoire musculaire, en s'appuyant sur chaque action que l’acteur va entreprendre. Et on a organisé des exercices de conditionnement, que l’on a poursuivis pendant le tournage, pour que les acteurs ne perdent pas la main. Le fait qu'on reste sous tension a bénéficié à la dimension militaire du film. 'où un sentiment d’authenticité : par exemple, les scènes de fusillades ont l’air bien réel. Mais ave sait que cette démarche a une autre utilité puisqu'elle permet de chorégraphier les scènes du quotidien et d'offrir des alternatives aux comédiens. Surtout, on est constamment sur place pour épauler les acteurs dans le feu de l'action". Dès lors que Vance et son équipe se sont engagés dans l'aventure, les acteurs ont suivi un "programme d’immersion" uste avant le début du tournage. 

"Pendant cette phase, on a commencé par le simple fonctionnement des armes", ajoute-t-il, "et une fois qu’ils ont montré qu’ils en maîtrisaient les bases, on est passé à la vitesse supérieure en abordant les aspects psychologiques de la guerre – l’état d’esprit, la riposte instinctive et la réaction réfléchie – et on a terminé par des exemples de combattants empruntés à l’histoire". Les acteurs ont ensuite été amenés dans une usine d’emballage de viande désaffectée, où ils ont été initiés aux techniques de combat rapproché. Ils ont appris à voltiger dans l’espace et ont exploré plusieurs scénarios possibles. 

"Quand on a senti qu’ils maîtrisaient l’exercice et étaient à l’aise, on a fait monter la pression en remettant en question leur prise de décision et en ajoutant l’élément de fatigue", détaille Vance. "On a percé à jour leur façon de fonctionner, on leur a montré à quel point leur interprétation était mauvaise, comme des professionnels le feraient à leurs débuts, et on leur a appris à se servir de leur entraînement pour rester concentrés, ne pas se blesser et prendre soin les uns des autres tout en étant efficaces. Ça a aiguisé leurs facultés et, surtout, ça en a fait une équipe soudée. Leur dévouement a payé. Je pense que le public va apprécier leur travail acharné. Je sais que ce sera le cas de leurs entraîneurs". 

Étant donné que les acteurs étaient capables de réaliser la plupart de leurs acrobaties, les producteurs se sont moins reposés sur les doublures cascades, réalisant un considérable gain de temps. "On tenait à filmer les comédiens de face, pas leur doublure de dos", déclare Norris. "Comme l'équipe a consacré beaucoup de temps à la préparation, on a très peu eu recours aux doublures cascades. Cela change totalement la façon dont un réalisateur envisage ses prises de vue et ses valeurs de plan et la manière dont on orchestre les déplacements des acteurs pour les scènes de combat. En effet, on n'est pas obligés de s’interrompre constamment pour remplacer l'acteur par sa doublure". 

La mise en forme physique s’est avérée cruciale mais, comme à son habitude, yer a aussi fait subir à ses acteurs une autre forme d’entraînement intensif : il fallait qu’ils comprennent parfaitement l'état d'esprit de cette bande de criminels qui, comme le note si pertinemment Deadshot, ont été étiquetés comme tels simplement pour s’ tre trouvés dans le mauvais camp. Le groupe a passé plus de quatre semaines à suivre une sorte de "thérapie de groupe" : ils lisaient le scénario et nouaient des liens en puisant profondément dans leurs personnages et aussi au plus profond d’eux-mêmes.

"En explorant ces personnages", se rappelle Smith, "on a fini par comprendre comment leur manque d’amour-propre les a menés à adopter ce mode de vie. C'est ce qui nous a permis de soulever la question de savoir comment quelqu’un devient malveillant. Et avid a compris que ce film n'aborde pas tant l'opposition entre le bien et le mal que le conflit entre les méchants et le mal". 

Et comme on le découvre dans le film, la distinction entre un salaud ordinaire et un type maléfique n’est souvent qu’une question de point de vue. Margot Robbie a, elle aussi, eu hâte de tester la méthode peu orthodoxe du réalisateur et admet avoir été un peu candide au départ. 

"On m’avait prévenue qu’en travaillant avec avid, on doit aller vraiment très loin quand on s’identifie au personnage", confie-t-elle. "On peut parfois être mal à l'aise : il faut s’entraîner vraiment dur et simplement dépasser ses limites habituelles. Je me disais, 'Ça a l’air d’être une expérience géniale à vivre ! Bien sûr que je le ferai !' Mais après avoir commencé, je me suis parfois interrogée sur la méthode. Or, il fallait quand même garder confiance et au bout du compte on est devenu un groupe uni et formidablement soudé. Il en est de même de mes rapports avec David. Je me suis retrouvée à lui faire une confiance aveugle comme je n’en ai jamais ressentie dans mon travail. J’étais prête à l’écouter pour tenter n’importe quelle approche au cours d'une scène".
Disons seulement que je les ai placés dans un trou et que j'ai fait disparaître le trou. —Amanda Waller
Le tournage de SUICIDE SQU D s’est, pour l'essentiel, déroulé dans les studios Pinewood de Toronto. Ayer a refait équipe avec le directeur de la photographie Roman Vasyanov, avec qui il avait déjà travaillé deux fois auparavant. Les deux hommes ont ainsi noué une complicité qui leur a été fort utile car le film nécessitait plusieurs prises de vue très complexes et que le planning de tournage était serré. 

"On avait beaucoup de choses à faire chaque jour", souligne Suckle. "Et pourtant les images sont magnifiques. On a le sentiment de voir une grosse production adaptée de l'univers DC Comics mais avec une esthétique qui lui est propre". "On a tourné avec un objectif anamorphique, ce qui permet d'obtenir une mise en scène à la fois classique et belle", fait remarquer Ayer. "Du coup, les gens qui considèrent le cinéma comme un art vont avoir l'impression de regarder un tableau. Les décors, les costumes, les accessoires – tout est stylisé mais parfaitement ancré dans la réalité. Je crois que la manière dont on a réalisé le film va en intriguer plus d'un".

Le chef décorateur Oliver Scholl a accepté de se mesurer aux attentes que suscitent les films tirés d’univers existants, offrant aux spectateurs un spectacle original et inédit. "J’ai d’abord dû faire des recherches", admet-il. "On a organisé pas mal de rendez-vous avec les équipes de DC Comics, on a acheté des BD, il a fallu lire les histoires, étudier leurs illustrations, et bien sûr parler du point de vue de David et de sa manière de le transposer à l'écran". Scholl a commencé par effectuer de nombreuses esquisses pour trouver l’équilibre entre réalisme et réalité stylisée souhaité par le réalisateur. L’un des premiers décors qu’il a construit a été la prison fédérale de Belle Reve qui, d’après Scholl, est l’un des plus réalistes [du film]. 

"David a obtenu des informations d’amis travaillant en milieu carcéral pour élaborer la prison dans ses moindres détails, depuis les installations de sécurité jusqu'aux écrans de surveillance, et c’est de là que vient la précision du décor", explique-t-il. "Puis on a musclé les enjeux à l’extrême, car il ne s’agit pas seulement de protéger le monde extérieur de ceux qui s’y trouvent enfermés : c’est une forteresse où tout un chacun est dangereux. On a ajouté des barricades et des murs de béton supplémentaires. Ça lui donne un air plus redoutable, à l'image de nos personnages". Si la cellule de Deadshot est relativement épurée, d’autres, comme celle de Harley, de Diablo et de Killer Croc, sont beaucoup plus élaborées, reflétant les excentricités de chacun des personnages. 

"Harley est une superbe créature en cage : à la voir, on ne dirait pas qu’elle représente une menace, mais en regardant autour d'elle, on comprend que les apparences sont trompeuses", expose Scholl. "Diablo génère des flammes, si bien qu'on a conçu pour lui une façon très efficace d’éteindre le feu", poursuit Scholl. "On a essentiellement créé un conduit relié à une grosse lance à incendie qui déverse des litres et des litres d’eau sur lui s’il ne se contrôle pas. Et Killer Croc… et bien sa cellule est en gros un égout". 

Une fois que le gang est relâché et envoyé en mission, l'essentiel de l’action se déroule à Midway City : leur ennemi prend rapidement le contrôle de cette ville fictive et anéantit tout ce qui se trouve à sa portée. Conçu comme une rue, le décor mesurait plus de 75 mètres de long, comportant un gigantesque réseau de câbles suspendu, capable de supporter usqu’à 20 acteurs à la fois. 

Selon Norris, grâce à cet espace, la production a réussi à tourner des cascades spectaculaires : les comédiens pouvaient "sauter par-dessus des voitures ou des bennes à ordures, rebondir de mur en mur, d’un bout à l’autre de la rue où l’ennemi attaque la bande. Ça a été un sacré exploit. On a tourné pendant environ trois semaines, équipe principale et équipe d’action réunies, et tout le monde s’est investi dans cette tâche extraordinaire".

Choisissant de tourner en dehors du studio une scène de course poursuite, l'équipe a tenté de filmer la Batmobile à la poursuite de la voiture du Joker sur une dizaine de pâtés de maison de Yonge Street, l’artère principale de la ville. lors qu'elle devait tre filmée en trois nuits, la scène a nécessité de fermer la rue de 20h à 5h du matin, ce que les autorités de la ville ont accepté. 

Mais à l'époque des réseaux sociaux, il était impossible de garder le secret sur le tournage et, la première nuit, quelques milliers de fans se sont massés dans les rues. Le deuxième soir toutefois, plus de 30 000 personnes se sont retrouvées côte à côte sur le trottoir sur plus d’un ilomètre. Il n'était donc plus possible de réaliser les cascades en toute sécurité. 

Mais au lieu de déclarer forfait, les producteurs se sont dit, "puisque tous ces gens sont là pour voir la Batmobile, alors montrons leur la Batmobile". Ils ont donc parcouru la rue au volant du célèbre véhicule, laissant les gens prendre des photos. Une fois satisfaits, les fans sont repartis, permettant au tournage de reprendre en toute sécurité.
Nous sommes des salopards – c'est dans notre nature ! —Harley Quinn
Les auteurs et leurs superviseurs musicaux Season Kent et Gabe Hilfer, ont intégré des musiques soulignant l'énergie, l'action et l'humour du film et mettant en valeur les thèmes de l'intrigue – la rédemption étant sans doute l'obsession la plus récurrente du Squad. Puisant leur inspiration dans toutes sortes de registres, ils ont sélectionné des morceaux classiques, mais aussi rock, funk, rock alternatif et rap. 

La BO emprunte ainsi autant à des artistes actuels comme twenty one pilots, Imagine Dragons, X Ambassadors et Kanye West qu'à des légendes telles que les Rolling Stones, AC/DC, Creedence Clearwater Revival et même Etta James. La partition du compositeur primé Steven Price ménage des transitions en douceur d'une scène intense en émotions fortes à une séquence plus douce. 

"On a eu la grande chance de pouvoir nourrir la BO de musiques de styles très différents et inspirés", affirme Roven. "On a non seulement eu un formidable réalisateur, mais des comédiens et des collaborateurs de création épatants qui, chacun, ont contribué au film. Je pense que la richesse de l'univers dans lequel évoluent nos personnages ne séduira pas uniquement les fans de BD mais tous les cinéphiles". 

Lui-même amateur de bande dessinée et de cinéma, Ayer conclut : "Quand on réalise un film tiré d'une BD, on espère conquérir les fans du genre, surtout si on rend hommage à l'œuvre d'origine. Mais je crois qu'un bon film doit plaire à tout le monde et que ces personnages doivent parler à ceux qui n'ont jamais lu de bande dessinée de leur vie. C'était mon but en tout cas. Comme dans les albums, il y a pas mal d'action et de conflits et les scènes de combat prennent de plus en plus d'ampleur. Pourtant, j'espère surtout qu'on a à la fois su respecter et transcender le genre et qu'on a tourné un film formidable qui enchantera le plus grand nombre de spectateurs !".


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