
Biopic/Comédie/Policier/Un film coup de poing
Réalisé par Spike Lee
Avec John David Washington, Adam Driver, Laura Harrier, Topher Grace, Corey Hawkins, Jasper Paakkonen, Ryan Eggold, Frederick Weller, Paul Walter Hauser, Ashlie Atkinson, Harry Belafonte...
Ecrit par Charlie Watchel, David Rabinowitz, Kevin Willmott et Spike Lee
D’après le livre de Ron Stallworth
Musique de Terence Blanchard
Titre original : BlacKkKlansman
Durée : 02h08mn
Année de production : 2018
Distributeur : Universal Pictures International France
Date de sortie sur les écrans américains : 10 août 2018
Date de sortie sur nos écrans : 22 août 2018
Au début des années 70, au plus fort de la lutte pour les droits civiques, plusieurs émeutes raciales éclatent dans les grandes villes des États-Unis. Ron Stallworth (John David Washington) devient le premier officier Noir américain du Colorado Springs Police Department, mais son arrivée est accueillie avec scepticisme, voire avec une franche hostilité, par les agents les moins gradés du commissariat. Prenant son courage à deux mains, Ron Stallworth va tenter de faire bouger les lignes et, peut-être, de laisser une trace dans l'histoire. Il se fixe alors une mission des plus périlleuses : infiltrer le Ku Klux Klan pour en dénoncer les exactions.
En se faisant passer pour un extrémiste, Ron Stallworth contacte le groupuscule : il ne tarde pas à se voir convier d'en intégrer la garde rapprochée. Il entretient même un rapport privilégié avec le "Grand Wizard" du Klan, David Duke (Topher Grace), enchanté par l'engagement de Ron en faveur d'une Amérique blanche. Tandis que l'enquête progresse et devient de plus en plus complexe, Flip Zimmerman (Adam Driver), collègue de Stallworth, se fait passer pour Ron lors des rendez-vous avec les membres du groupe suprémaciste et apprend ainsi qu'une opération meurtrière se prépare. Ensemble, Stallworth et Zimmerman font équipe pour neutraliser le Klan dont le véritable objectif est d'aseptiser son discours ultra-violent pour séduire ainsi le plus grand nombre.
Ce que j'en ai pensé : Spike Lee, le réalisateur, n'a pas son pareil pour nous faire croire qu'il va nous raconter une situation cocasse et pour nous asséner en fait un message politique très fort (un genre de gifle). A priori, il utilise l'humour pour mettre en avant la situation improbable face à laquelle le héros de cette histoire vraie se retrouve. Mais son cadre est très dur. Les discours de haine et les faits de haine relatés dans ce film sont choquants et plus la narration avance, plus ils sont difficiles à supporter, au point de finir la projection avec la gorge nouée.
Spike Lee nous fait la leçon en nous montrant à travers plusieurs époques (même si l'action se situe principalement dans les années 70) comment la haine de l'autre s'est installée, au point de devenir une obsession complète pour certains, voire même une norme. La haine entraîne la haine, provoque la violence et creuse des fossés entre les gens. Tout le monde le sait, mais Spike Lee veille à nous le rappeler surtout (et c'est important) historiquement. Il ne faut pas oublier, nous dit-il en fil rouge, comme pour mieux nous secouer par rapport à l'inquiétante actualité d'aujourd'hui.
Sa mise en abyme fidèle sur la façon dont la haine se vivait au jour le jour dans les années 70 met en exergue à quel point Ron Stallworth a fait preuve d'une force de caractère incroyable et que son intelligence ainsi que sa détermination à bien faire son métier ont eu raison de tous les obstacles féroces qui s'opposaient à lui.
Tous les acteurs sont impeccables, cependant, de part l'importance de leur rôle, John David Washington, qui interprète Ron Stallworth, et Adam Driver, qui interprète Flip Zimmerman, sont excellents, attachants et vraiment très crédibles.
Le travail sur les décors, les ambiances, les atmosphères entre les moments de tension et les moments plus détendus est remarquable, on s'y croirait.
BLACKkKLANSMAN : J'AI INFILTRÉ LE KU KLUX KLAN est un film qui ne laisse définitivement pas indifférent. Spike Lee y impose son type de narration malin et sans compromis. Il en ressort un film dense (un peu plus de deux heures sur un sujet de fond âpre), au montage original qui varie les styles et qui cache derrière un aspect comique (au final peu appuyé), une définition de l'horreur. C'est un film coup-de-poing efficace et nécessaire.
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Copyright photos @ Universal Pictures International France |
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