dimanche 12 août 2018

DESTINATION PÉKIN !


Animation/Aventure/Comédie/Un film d'animation mignon qui va plaire aux enfants

Réalisé par Christopher Jenkins
Avec la voix, en version française, d'Éric Antoine

Long-métrage Chinois
Titre original : Duck Duck Goose 
Durée : 01h31mn
Année de production : 2018
Distributeur : SND

Date de sortie sur nos écrans : 15 août 2018


Résumé : Peng est un jars casse-cou, farceur et dragueur. A force d’acrobaties pour épater les jolies oies, il se blesse et doit renoncer à partir avec les oies pour leur grande migration annuelle.

Il rencontre alors Chao et Chi, deux petits canetons, également séparés de leur groupe. Aucun ne peut voler ? Qu’importe, ils décident de partir tous les trois, à travers toute la Chine, pour une grande migration… à pied ! 

Chao et Chi se font un malin plaisir à taquiner Peng, qui découvre bien malgré lui les inconvénients d’un voyage avec des petits canetons facétieux ! Les péripéties et les blagues ne vont pas manquer lors de cette expédition à pied très mouvementée !

Bande annonce (VOSTFR)


Ce que j'en ai penséce film d'animation n'est pas dépourvu de petits défauts, mais il est mignon et inclus de bons moments assez drôles. L'animation est réussie concernant les animaux, voire même soignée sur les détails comme les petites plumes qui volettent au vent par exemple. 


Les dessins pour les humains sont assez basiques, mais ils sont rares à l'écran. L'histoire comporte ce qu'il faut d'humour et d'émotions, cependant, l'intrigue étant simple, elle peine un peu à se relancer et à surprendre. Le rythme reste cependant assez dense et on ne s'ennuie pas. Les blagues font parfois dans l'humour facile, ce qui fera rire les enfants, mais laissera les parents légèrement de marbre. La narration est fluide, mais les raccords entre les scènes sont par moment un brin rapide, ce qui fait qu'on se demande ce qu'il s'est passé entre deux images. Cela dit on complète aisément les ellipses. 

Le film met en avant le fait qu'un individu peut peut-être certes accomplir seul plus vite des exploits, mais qu'il aura non seulement besoin des autres à un moment dans sa vie, mais qu'en plus, en équipe, il ira plus loin, en trouvera plus de fierté et se fera des amis sur le chemin. Le message est donc positif. 

Les personnages sont sympathiques à l'image des deux adorables petits poussins qui accompagnent Peng, le jar héros de cette histoire. 





Le méchant est un félin qui fait penser au Gollum du Seigneur des Anneaux, ce qui est assez marrant.


DESTINATION PÉKIN ! est un film d'animation qui explique aux enfants, par l'intermédiaire des animaux, la solidarité, l'esprit d'équipe et les dangers qui peuvent se trouver sur le chemin (notamment la naïveté de croire tout ce qu'on nous dit). Les enfants apprécieront ce voyage qui s'adresse à eux et les parents ne passeront pas un mauvais moment.


NOTES DE PRODUCTION
(À ne lire qu'après avoir vu le film pour éviter les spoilers !)

Entretien avec Éric Antoine, la voix de Peng en version française

Est-ce la première fois que vous doublez un film d’animation ?

Oui, c’est la première fois. C’est beau une première fois : on s'en souvient toujours ! (Rires) C’est parfois douloureux, j’en conviens, mais en même temps, c’est beau – il y a là de l'innocence et une maladresse aussi qui est intéressante. Le deuxième jour, on se la raconte un peu, les jours suivants, un peu moins, et puis après, c’est le métier qui rentre : c’était très formateur et j’ai d'ailleurs beaucoup appris.

Qu’est-ce qui vous tentait dans cette expérience ?

Déjà apprendre : une journée où on n'apprend rien, ou bien où on ne rit pas, est une journée foutue ! À chaque fois que je fais quelque chose, ou avant de commencer un projet, je me pose trois questions : Est-ce que je vais apprendre ? Est-ce que je vais m’amuser ? Est-ce qu’il y a du pognon ? Et si les trois sont réunis, j’y vais de manière certaine, mais deux suffisent en réalité. Souvent, j’ai fait les choses parce que j’ai appris et que je me suis amusé, mais parfois j’ai fait des choses pour le pognon et pour m’amuser. Maisil ne faut pas qu’il y ait juste le pognon : il faut qu’il y ait un mélange.

N’aviez-vous pas d’appréhension ?

Si, j’avais très peur comme à chaque fois, comme à chaque nouvelle aventure. C’est toujours douloureux de commencer un nouvel exercice en raison de cette maladresse, parce qu’on est en maîtrise de certaines choses, qu’on compte dessuccès, et que tout d’un coup, on se retrouve novice. Cela demande un peu d’humilité ou alors une certaine innocence...

Pourquoi avez-vous accepté ce projet en particulier ?

Les quêtes initiatiques sont mes récits préférés, et donc la formule me plaisait. Et puis, j’ai trouvé dans le personnage du jars, pas vraiment un héros mais convaincu d’être le meilleur du monde, quelque chose d’assez paradoxal et d’intéressant à jouer. C’est aussi un film sur la paternité et la responsabilité parentale qui me touche en tant que père. Sa lecture est double : celle du parent que je suis devenu et celle de l’enfant que je suis toujours. Et le parent que je suis ne pouvait pas dire non à cette jolie proposition de personnage dans un univers extrêmement esthétique, d’une très grande qualité de dessin. Car le film est une merveille : les décors sont magnifiques, entre la muraille de Chine, les forêts, et ses déclinaisons d’ocre...

Les rapports entre les personnages des deux petits canards et celui du jars sont riches...

Oui, les rapports entre les personnages sont assez adultes dans la pensée et évitent la mièvrerie. Le jars est un égoïste : il n’est pas du tout interpellé par l’enfance ou par l’idée de protéger les plus faibles que lui, mais petit à petit, il s'en rapproche. Ce n’est pas un rapport d’adulte à enfant comme on peut voir certains adultes s’adresser aux enfants avec condescendance, mais c’est un rapport de personne à personne c’est-à-dire entre deux jeunes qui rencontrent une personne ayant un peu plus d’expérience. Je trouve ce type de rapport intelligent et inspirant.

Le film véhicule aussi de jolies valeurs.

Oui, les valeurs de la famille, de la cohésion, de la générosité, du sacrifice, et la notion du collectif – l'importance d’être ensemble et de se soutenir. Certes, c'est assez bien-pensant, mais les histoires que l’on raconte à nos enfants ont besoin d’être bien-pensantes. Les jeunes esprits ont besoin de ça, d’optimisme et d’espoir, et c’est universel.

Techniquement, comment cela s’est-il passé ?

C’est un métier très technique. La bande-rythmo demande une lecture rapide, une synchronisation à la respiration près, parce que toutes les respirations sont notées. Mais il y a aussi l’animatique : on doit regarder comment le personnage bouge, et en fonction des intentions fortes du corps, il faut avoir des intentions fortes verbales qui, elles, ne sont pas écrites dans la bande-rythmo. Cela engendre même une sorte de strabisme ! (Rires)

Comme au départ les voix sont en anglais, faut-il coller au rythme de la langue ?

Absolument. C'est d'autant plus difficile que l’anglais en général est plus court pour évoquer une pensée que le français. En français, nous utilisons beaucoup de mots, nous faisons de longues phrases, nous sommes un peu verbeux ! Et puis, il y a des mots anglais dont on n'a pas les équivalents. C’est ça qui est intéressant : trouver l’équivalent de la pensée avec un mot qui n’ait pas le même sens. C’est assez joyeux d'autant que cela rejoint mon métier d'humoriste et d'auteur. J’écris beaucoup et trouver tout d’un coup un virage qui n’était pas dans la bande-rythmo est jouissif. Ce sont là des moments ludiques intellectuellement.

Comment fait-on pour se rapprocher et se détacher en même temps d’une première version réussie ?

Il y a un principe qui est celui du casting. Le phénomène essentiel est la confiance. Quand une personne m’engage, elle me fait confiance si bien que, moi aussi, je fais confiance à son choix, même si je peux douter de moi. Je me dis qu’elle a une expérience dingue et qu’elle m’a choisi, et donc je ne dois plus être dans le doute mais dans l’action.
Le premier outil, c’est la transmission de la confiance mais il y a aussi le professionnalisme des équipes, de l’ingénieur du son, du chef de plateau, de SND, qui représente le film et qui est très attentif à ce qui est fait, m’ont beaucoup aidé. Je les entendais discuter, et leurs retours et leurs indications m’ont fait bouger, changer et évoluer jusqu’à ce que l’on trouve ce dont on avait tous envie : là, nous n’étions plus dansla réflexion mais dans l’action, de façon trèssubtile, à la respiration près, au mouvement près.

Au fur et à mesure du tournage, j’ai appris que le corps – et pas seulement la voix – doit aussi s’investir dans l’image : quand le personnage bouge et regarde à gauche, si je joue à droite, ma voix n’est pas juste. C’est pourquoi jusqu’au dernier jour du tournage, j’ai repris certaines choses des premiers jours où je n’étais pas au niveau de ce que j'étais capable de faire le dernier jour.

Comment avez-vous vécu le fait de vous retrouver seul en studio, sans personne à qui donner la réplique ?

En effet, c’est très étrange d’être seul face à la bande-rythmo et sans partenaire. Mais ça se compense assez vite grâce à la présence de la directrice de plateau Barbara Tissier. Elle m’a donné des indications au quart de poil de respiration car elle est d’une grande précision et d’une grande finesse psychologique. C’était donc elle, ma partenaire.
Et puis, il y avait aussi Manu à la console qui d’une larve parvient à faire un dieu, et qui redonne aussi parfois de la rupture de rythme quand tout à coup il en faut dansla réponse. J’ai été le premier à enregistrer néanmoins et j’ai donc "joué" avec mes partenaires bien qu’ils aient enregistré séparément de moi. En effet, j’ai repris certaines choses en les écoutant, afin de répondre mieux et d'être au plus juste dans leurs intonations.

Le fait qu’il n’y ait pas d’incarnation à l’écran et que ce soit purement vocal ne donne-t-il pas un plus grand lâcher-prise, une espèce de liberté totale à l’acteur ?

Il y a une double liberté dans cet exercice de doublage. On est dans une boîte noire, enfermé dans la cabine où se trouve la console et le micro, mais le micro est entouré d’une tente dans laquelle on est soustrait au regard des autres. Je pouvais donc faire ce que je voulais si bien que je dansais, je bougeais, ce que je n’aurais pas fait à l’air libre ... Il y a en effet quelque chose de l’ordre du lâcher-prise qui est amusant mais il y a une vraie incarnation du personnage du dessin animé : on doit respecter lesintentions qu’on lit surson visage et la manière dont c’est écrit en anglais.

Du coup, il y a cette liberté qui n’en est pas vraiment une et qui ressemble à un parcours dont on connaît tous les virages mais dont on choisit comment les prendre : un peu plus large, un peu plus serré, avec plus de vitesse ... C'est ça qui est amusant !

  
#DestinationPékin

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