dimanche 17 février 2019

TERRA WILLY : PLANÈTE INCONNUE













Animation/Comédie/Science fiction/Aventure/Un film plein de surprises et d'imagination, une réussite pour petits et grands

Réalisé par Eric Tosti
Avec Timothé Vom Dorp, Edouard Baer, Marie-Eugénie Maréchal, Guillaume Lebon, Barbara Tissier...

Long-métrage Français
Titre original : Terra Willy
Durée: 01h30mn
Année de production: 2019
Distributeur: Bac Films

À partir de 6 ans

Date de sortie sur nos écrans : 3 avril 2019



Résumé : Suite à la destruction de leur vaisseau, le jeune Willy est séparé de ses parents avec lesquels il voyageait dans l’espace. Sa capsule de secours atterrit sur une planète sauvage et inexplorée. Avec l’aide de Buck, un robot de survie, il va devoir tenir jusqu’à l’arrivée d’une mission de sauvetage. En attendant, Willy, Buck et Flash, une créature extra-terrestre avec laquelle ils se sont liés d’amitié, partent à la découverte de la planète, de sa faune, sa flore… mais aussi de ses dangers.

Bande annonce (VF)



Ce que j'en ai pensé : avec TERRA WILLY : PLANÈTE INCONNUE, le réalisateur, Eric Tosti, revient, après LES AS DE LA JUNGLE, avec une histoire pleine de surprises. Une grande créativité se dégage des paysages et créatures qui peuplent l'aventure de Willy, petit garçon de 10 ans qui se retrouve seul (ou presque) sur une planète non identifiée. Dès le début, la mise en scène spatiale convainc et les spectateurs se retrouvent plongés au cœur d'une intrigue baignée dans la science-fiction. Le déroulement de l'action est constant avec quelques ralentissements dus à un peu de redondance dans les états d'âme de ce petit héros très attachant puisque cohérent avec la vision qu'un enfant de cet âge peut avoir sur les événements. 

Une fois débarqués sur la planète mystérieuse, on passe de découvertes en découvertes. Le soin du détail, la diversité des couleurs et la variété des éléments que l'on voit à l'image sont impressionnants et enthousiasmants. Les scènes mettant en avant les panoramas sont magnifiques. La narration est très claire et fluide. Bien que l'histoire soit simple, elle est racontée en abordant des thématiques tournant autour de la famille, de l'amitié, de la résilience, de l'adaptation, de la découverte... 

Le travail sur les personnages est également remarquable. En effet, Willy, dont la voix est doublée par le jeune Timothé Vom Dorp, va faire la connaissance de plusieurs protagonistes dont Buck, un robot protecteur merveilleux, un compagnon rêvé, dont la voix est doublée par Edouard Baer qui fait un excellent travail pour lui conférer une personnalité à la fois robotique et capable d'empathie. 




Il y a aussi Flash un ami fidèle et adorable d'une espèce endémique indéterminée qui oscille entre le chien pour l'attitude et la chenille mélangée au dragon pour les caractéristiques physiques. 


La dynamique de ces trois êtres très différents s'avère plus touchante qu'on pourrait s'y attendre au premier abord.



Vous découvrirez beaucoup d'autres habitants de la planète avec un regard émerveillé. Attention cependant, il y a des monstres qui ne sont pas bien méchants, mais qui peuvent faire peur aux tout-petits. Il vaut donc mieux réserver ce film à des enfants à partir de 6 ans. 



Copyright photos @ Bac Films

TERRA WILLY : PLANÈTE INCONNUE distille son humour ainsi que son émotion avec habileté et son imagination avec générosité pour nous conter un fort joli récit qui régalera avec un égal bonheur les enfants et leurs parents. C'est une belle réussite à partager en famille.

L'AVANT-PREMIÈRE

Le 17 février 2019 à Paris a eu lieu la projection en avant-première du film TERRA WILLY : PLANÈTE INCONNUE qui a été précédée d'une introduction par le réalisateur Eric Tosti, ainsi que par les acteurs Timothé Vom Dorp (la voix de Willy) et Edouard Baer (la voix de Buck). 





Copyright photos @ Epixod

Retrouvez cette intervention dans la vidéo ci-dessous :


NOTES DE PRODUCTION
(À ne lire qu'après avoir vu le film pour éviter les spoilers !)

Willy 


Willy a 10 ans. Joyeux et optimiste, il est très curieux et s’intéresse au monde qui l’entoure, même si, comme la plupart des enfants de son âge, il préfère jouer plutôt que faire ses devoirs. Il se trouve juste à la frontière entre l’enfance et l’adolescence : un âge auquel, bien qu’il s’en défende, il reste encore très dépendant des adultes. Lorsqu’il se retrouve seul au milieu d’un désert de pierres sur une planète inconnue, il apprécie l’aide de Buck, le robot qui l’a accompagné dans la capsule de secours. 

Mais quand cette figure paternelle doit s’éloigner, il va devoir puiser dans ses ressources et prendre les choses en main avec l’aide inconditionnelle de son ami Flash, rencontré sur cette planète. 

Flash 


Flash est une créature extraterrestre qui vit sur la planète que Willy et Buck explorent. L’une de ses particularités est qu’à peu près tous les mois, il se transforme en chrysalide pour changer et grandir. Lorsqu’il se cogne (littéralement) à Willy, il est une sorte de grosse larve avec 8 petites pattes au caractère très affectueux ; une sorte de jeune chien fou qui adopte immédiatement Willy comme son meilleur ami ! Flash ne parle pas, mais sait très bien se faire comprendre avec ses gestes et « aboiements » très expressifs. 

Au fil des mois, Flash va devenir plus gros, plus fort, plus raisonnable et protecteur sans jamais, pour autant, se débarrasser de sa gourmandise. 

Buck 


Buck est un robot programmé pour protéger Willy en cas d’accident. Il peut parler et ressent des émotions simples. Il peut aussi améliorer tout seul son fonctionnement. Quand Buck et Willy s’écrasent dans le désert, sa première mission est de protéger coûte que coûte le jeune garçon. Buck est une sorte de garde du corps avec des prérogatives et des réactions très « militaires » : pragmatique, prenant les choses au premier degré, il est petit à petit touché par Willy et Flash et commence à devenir de plus en plus « humain ». Entièrement équipé de gadgets en tout genre et capable, en plus, de se transformer en moto, Buck fonctionne grâce à une batterie avec une autonomie limitée… qui va le lâcher et l’obliger à abandonner, malgré lui, son ami Willy à son destin… 

Édouard Baer 
(la voix de Buck) 


Artiste aux multiples talents, Édouard Baer est à la fois acteur, réalisateur, producteur, scénariste, auteur de pièces de théâtre, maître de cérémonies : César ou Festival de Cannes, animateur de radio et de télévision. Il a aussi prêté sa voix à quelques fi lms d’animation, à des livres audio et slamé pour l’album "The Evol" du groupe Shaka Ponk. 

INTERVIEW 
David Alaux, Éric et Jean-François Tosti 

Pouvez-vous nous décrire votre parcours et nous dire comment est né TAT productions ? 

Nous avons tous les trois le même âge et avons commencé enfants, à 12 ans, à nous intéresser aux techniques de l’animation. Nous étions à l’époque émerveillés par les effets spéciaux en stop motion de Ray Harryhausen : des films tels que Jason et les Argonautes ou Le 7ème voyage de Sinbad ont fait naître chez nous l’envie de créer et d’animer des personnages. Nous réalisons ainsi, au temps du collège, nos premiers tests avec une caméra Super 8 en filmant des marionnettes en pâte à modeler que nous animons image par image. Après ces coups d’essais, nous entrons au lycée et abandonnons petit à petit l’animation pour suivre des cursus scolaires et universitaires scientifiques bien éloignés du cinéma. À la fin de nos études, la passion est toujours présente et nous réalisons plusieurs courts métrages d’animation ou de fiction en amateurs. Notre apprentissage totalement autodidacte aboutit sur plusieurs petits films qui sont de vrais succès en festivals et nous commençons alors, en 1998- 1999, à envisager la possibilité de vivre de notre passion. 

Installés à Toulouse, nous ne trouvons pas à l’époque de structure locale pouvant porter nos projets et décidons de créer notre propre société, TAT productions. Les premières années sont difficiles mais le succès inattendu de notre premier court métrage professionnel en stop motion, Le Vœu, choisi par Alain Chabat pour figurer en avant-programme d’Astérix et Obélix : Mission Cléopâtre, nous ouvre les portes des agences de publicité. Nous réalisons alors pendant quelques années des films publicitaires et de commande et expérimentons diverses techniques d’animation. 

Fin 2005, nous décidons de revenir à nos premières amours, la création de personnages et d’univers, et développons un premier unitaire TV pour France 3, Spike, d’une durée de 35 minutes. Nous ouvrons alors un premier studio d’animation 3D qui accueille une vingtaine de personnes. 

La très bonne audience de Spike lors de sa diffusion sur France 3 à Noël 2008 et son rayonnement à l’international (vendu dans une cinquantaine de pays) nous ouvre définitivement les portes de la télévision. Nous développons alors une nouvelle création originale, Les As de la Jungle, dont le premier unitaire de 52 minutes est diffusé en 2011 puis nous passons au format série TV (52 minutes x 11 épisodes) et nous ouvrons un nouveau studio pour abriter 80 employés. 

Le succès est assez fulgurant en France et dans le monde (la série est diffusée dans environ 200 pays). Nous remportons le Prix Procirep du meilleur producteur d’animation TV en 2012 puis, après de nombreuses autres reconnaissances, un Emmy Award en 2015. 

Tout cela nous conduit naturellement à produire un premier long métrage pour le cinéma tiré de l’univers des As de la Jungle. Il sort en juillet 2017, réunit 700 000 spectateurs en France et plus de 2 millions à l’étranger. 

Cette réussite nous permet d’accélérer le développement de nouveaux projets de longs métrages dont, évidemment, TERRA WILLY – Planète inconnue, mais aussi deux autres fi lms. Le premier, Les Aventures de Pil, vient d’entrer en pré-production et le second, Argonautes, est en cours d’écriture. 

TAT productions emploie actuellement environ 120 personnes et continue à fabriquer ses productions 100% en France. En cinquième, on projetait en classe, devant nos camarades, nos petits films super 8… On était loin de penser qu’un jour ce serait notre métier et que des millions d’enfants dans le monde regarderaient nos créations... 

Vous êtes à la fois producteurs, coscénaristes et réalisateurs. C’est un cumul de postes assez original, qu’en pensez-vous ? 

C’est sûr que ça peut paraître inhabituel, mais il correspond simplement à l’histoire de la création de TAT. Nous sommes plutôt auteurs/réalisateurs à la base, mais les circonstances nous ont finalement amenés à devenir également producteurs. Nous ne regrettons rien, car cet état de fait nous permet de mettre en œuvre de la façon la plus optimisée possible les moyens financiers à notre disposition pour la création des œuvres. Le rôle de producteur nous oblige à bien réfléchir au futur public des projets que nous développons en tant qu’auteurs et de partir sur des concepts dont le budget est en adéquation avec leur potentiel commercial. De plus, être les auteurs des projets que nous défendons auprès de nos partenaires, en tant que producteurs, renforce probablement notre pouvoir de conviction ! Cela nous permet aussi d’être extrêmement réactifs lors des échanges éditoriaux et artistiques avec ces mêmes partenaires. Si on se projette à la place d’autres auteurs/réalisateurs, on se dit que ce cumul nous permet aussi d’être sûrs du fait que les budgets sont investis à 100% dans les films, qu’il n’y pas d’argent dépensé inutilement ou de coûts démesurés sur lesquels nous n’aurions pas de contrôle. Et comme nous avons toujours travaillé comme ça, depuis nos tous premiers projets sur lesquels nous avions de tout petits budgets (voire pas de budget du tout), nous avons conscience des nouvelles libertés d’écriture et de mise en scène que nous autorisent nos moyens de production actuels. 

Vous avez commencé par réaliser des animations pour la télévision, pourquoi êtes-vous passés au cinéma ? 

C’était notre objectif à la création de notre société, et même si nous nous sommes vite rendus compte que le chemin serait long, en partant de rien, pour convaincre d’éventuels partenaires de nous suivre sur le financement de longs métrages, c’est une envie qui ne nous a jamais quittés. Notre parcours est finalement assez logique c’est le résultat de la stratégie que nous avons mise en place depuis nos débuts : nous avons fait le choix de créer notre propre studio, de tout fabriquer en France (déjà évoqué plus haut) et nous cherchons sans cesse à repousser les limites des supposés standards de qualité qui devraient correspondre aux budgets que nous manipulons. Depuis 10 ans, nous avons mis en place et constamment amélioré un pipeline de fabrication de nos programmes TV avec la volonté affichée de se rapprocher des standards cinématographiques, aussi bien en termes d’image que de son, avec par exemple des sessions de bruitages cinéma pour chacun des épisodes de la série Les As de la Jungle, une musique enregistrée avec un orchestre symphonique ou encore le recours à de grands comédiens de doublage français. Le passage au long métrage nous a donné la possibilité de pousser cette logique avec des budgets relativement plus importants et une temporalité de fabrication différente. Cette temporalité plus longue nous permet de mieux développer nos histoires et de faire vivre nos personnages. Elle nous donne également la possibilité de faire moins de compromis artistiques et techniques que dans le cadre de nos productions TV où il faut assurer un flux plus industriel. 

Quelles sont les circonstances et les envies à l’origine de TERRA WILLY – Planète inconnue ? 

TAT productions vit au rythme des As de la Jungle, a grandi avec eux, et continue à le faire, depuis bientôt dix ans. Cette licence à succès nous a permis d’apprendre, de nous développer et de nous installer sur le marché de l’animation, et surtout dans le cœur des enfants un peu partout dans le monde. C’est évidemment très agréable… mais nous aspirons également à explorer d’autres horizons. Il y a quatre ou cinq ans, nous avons senti un besoin très fort de développer de nouveaux univers, de créer de nouveaux personnages, d’inventer, de nous renouveler… et c’est ce que nous permettent les trois projets de longs métrages sur lesquels nous travaillons actuellement. TERRA WILLY – Planète inconnue est le premier projet de long métrage original que nous avons mené à bien. Il construit un univers complètement nouveau, même s’il s’inscrit complètement dans notre ligne éditoriale. 

Après Les As de la Jungle - le film, qui mettait en scène une douzaine de personnages principaux, nous avions envie de faire autre chose, avec un seul personnage (humain) principal, un fi lm «simple», avec une histoire «simple» (qui s’est évidemment enrichie au fil des réécritures). Nous avions aussi l’envie de mettre en avant l’idée de «découverte», d’émerveillement et d’ouverture à l’autre… Et on rêvait de faire un vrai film de SF pour enfants ! 

On rend quand même hommage à Maurice, le leader des As de la Jungle à qui l’on doit beaucoup, dans TERRA WILLY – Planète inconnue. Pour les plus observateurs, il apparaît furtivement au début du film sous la forme d’un jouet sur l’étagère de la chambre de Willy. 

Comment avez-vous travaillé ensemble à l’écriture du scénario ? 

Sur chacune de nos productions nous écrivons à six mains, puis David et Éric prennent en charge la réalisation des oeuvres, ensemble ou respectivement, alors que Jean-François assume le rôle de producteur. Sur chaque projet que nous développons, l’un de nous trois arrive en général avec une idée en tête, une sorte de pitch très sommaire qu’il expose aux deux autres. Si ceux-ci sont suffisamment convaincus, le porteur du projet se lance dans l’écriture d’un synopsis détaillé, qui servira de base à des séances de brainstorming (souvent rigolardes mais aussi parfois douloureuses et tendues) qui aboutiront à un traitement d’une quarantaine de pages. Nous essayons d’échanger dès cette étape avec nos partenaires potentiels (distributeur, chaînes de télé, etc.) afin de recueillir leurs remarques avant de trop avancer dans l’écriture. Puis le porteur de projet rédige une première version de scénario, qui sera elle aussi soumise à de nombreuses séances de brainstorming, pour aboutir à une version finale qui nous satisfasse tous les trois. 

Travailler à trois reste, à notre avis, l’une de nos grandes forces. Au fi nal cela nous fait gagner énormément de temps dans le montage fi nancier des projets. Nous nous connaissons depuis l’enfance ce qui permet un énorme gain de temps au moment des échanges : quelques mots suffisent en général pour que nous nous comprenions et chacun connaît les deux autres par cœur… Puis nous ne sommes pas obligés de prendre des gants pour nous dire la vérité en face. 

Un des trucs que nous avons remarqué, c’est qu’au bout de quelques mois, nous sommes bien incapables de savoir qui des trois a eu telle ou telle idée de rebondissement, de développement narratif ou de gag. 

Qui a fait naître le graphisme des personnages et ont-ils beaucoup évolué entre les dessins préparatoires et la réalisation du film ? 

La création graphique et la direction artistique du film ont été assurées par Benoît Daffis pour les personnages et Laurent Houis pour les décors. Ce sont deux artistes extrêmement talentueux avec lesquels nous collaborons depuis de nombreuses années sur nos projets, mais qui étaient pour la première fois en charge de concevoir l’univers visuel d’un film de A à Z. Le défi était de taille : sur TERRA WILLY – Planète inconnue, il fallait en effet tout inventer, notre petit héros humain bien sûr, mais aussi et surtout toute la faune et la flore d’une planète entière créée spécialement pour le film ! Le résultat à l’écran est très proche de leurs toutes premières esquisses car nous avons beaucoup échangé pendant la préparation du fi lm. Nous avons de nombreuses références cinématographiques ou plus généralement artistiques communes (la SF des années 70 / 80 et le cinéma familial de cette époque). Nos intentions étaient assez claires dès le scénario, ce qui a pu les guider pour être le plus juste possible très en amont dans leur travail. 

Il y a malheureusement certaines créatures très sympas qu’on ne verra pas dans le film car elles ont disparu à mesure des réécritures… mais qui sait, nous les découvrirons peut-être dans un futur TERRA WILLY 2 ! 

Sur les premières esquisses de Buck, le robot sphérique qui accompagne Willy dans ses aventures, Benoît Daffis l’avait fait tout blanc avec des parties orange vif…. 

C’était quelques mois seulement avant que Disney ne dévoile le look de BB8 dans les nouveaux Star Wars : un robot sphérique blanc et orange ! C’est à ce moment que Buck s’est paré de son rouge éclatant qui nous semble maintenant être sa seule couleur possible ;-) 

Comment vous partagez-vous le travail au moment de la réalisation ? 

Sur chacune des œuvres, nous désignons un «chef de projet» (David Alaux pour Les As de la Jungle, ou Eric Tosti sur TERRA WILLY – Planète inconnue). C’est lui qui va superviser le travail de réalisation au quotidien, échanger avec les équipes et essayer de les diriger au mieux. Les deux autres suivent bien entendu l’avancée du travail de très près, mais peuvent conserver un certain recul, nécessaire et salutaire lorsqu’il s’agit de prendre des décisions importantes comme, par exemple, au moment du montage final ou du mixage. Ils peuvent aussi intervenir à n’importe quel moment quand ils repèrent quelque chose (en termes de design, d’animation, d’éclairage…) qui ne leur «plaît pas» pour ouvrir une discussion avec le chef de projet. 

Quelle a été la scène la plus difficile à réaliser ? 

Les séquences d’action sont généralement les plus difficiles à mettre en œuvre techniquement. Je pense par exemple à la poursuite à moto dans le désert quand Willy et Buck sont pris en chasse par les monstres de pierre, ou les séquences du début dans le vaisseau, comme le jeu vidéo ou la traversée du champ d’astéroïdes… Sans parler de l’orage de grêle qui constitue un tournant du film ! Ces scènes mélangent souvent mouvements de caméra complexes, animation très dynamique, effets spéciaux, musique épique et sound design très riche, un vrai casse-tête à superviser ! 

Mais dans ce film, nous souhaitions aussi réussir à faire passer de l’émotion à plusieurs moments clés de l’histoire. La réalisation de ces séquences a été assez complexe car il fallait trouver les bons cadrages, le bon rythme, la juste intention dans l’animation pour transmettre les sentiments des personnages sans les verbaliser. Je pense bien sûr à la séparation initiale entre Willy et ses parents, ou encore de la séquence des lucioles qui traduit un début d’humanisation de Buck. D’un point de vue plus macro, c’est probablement tout le processus d’humanisation du robot du film, Buck, qui a été le plus difficile à traiter. 

Combien de temps a pris l’ensemble du processus de fabrication du fi lm, du début de l’écriture à la fin du montage ? 

De l’idée originale au film complètement terminé, il se sera écoulé à peu près cinq ans. La fabrication du film proprement dite s’est, elle, déroulée sur 24 mois et aura mobilisé au final environ 150 personnes sur des durées variables. On est loin des 6, 8 ou 10 semaines de tournage d’un long métrage de fiction. La fabrication d’un fi lm d’animation tient un peu du marathon : il faut être régulier dans l’effort, savoir s’économiser et en mettre un bon coup à la fin. Quand on est dans un processus de fabrication si long, on oublie au bout d’un moment, ou plutôt on doute totalement, de l’efficacité des séquences d’émotion ou des gags et on a l’impression à la fin que «rien ne marche». Quand on projette enfin le film devant un public et que les gens rient, ou sont émus aux moments «prévus», deux, voire trois ans avant, c’est une énorme satisfaction ! 

Y a-t-il un message que vous vouliez faire passer avec cette histoire ? 

TERRA WILLY – Planète inconnue est un fi lm sur le fait de grandir, la sortie de l’enfance… mais c’est aussi (et essentiellement) un film sur l’amitié, l’importance de savoir s’ouvrir aux autres et de savoir leur demander de l’aide lorsqu’on se retrouve confronté à des difficultés qui paraissent infranchissables. 

Le film met aussi l’accent sur l’importance et l’impact que la curiosité et l’apprentissage peuvent avoir sur notre vie… voire notre survie ! Un des atouts du projet, de notre point de vue, c’est sa capacité à faire découvrir un monde à la fois cohérent et complètement nouveau, sans verser dans la magie ou le fantastique. La faune, la flore, bien que totalement imaginaires sont crédibles et nous pensons qu’elles feront beaucoup travailler l’imaginaire des enfants et de leurs parents ! 

Quels ont été les principaux défis à relever pour faire ce film ? 

Le film repose quasi-entièrement sur les épaules de notre jeune héros, Willy, qui apparaît dans presque tous les plans du fi lm. Le principal défi du fi lm était donc de le rendre crédible, mais aussi sympathique et attachant dès les premières images, pour permettre au spectateur (quel que soit son âge) de s’identifier à lui et d’avoir envie de l’accompagner dans son aventure. Son design, ses intentions de jeu et son animation ont donc été des points sur lesquels nous avons été extrêmement vigilants. Nous avons aussi acté très tôt que son rôle serait vocalement incarné par un enfant, pour retrouver tout le naturel et la spontanéité qui le rendraient crédible. Et Timothé Vom Dorp, son jeune interprète, a à ce titre délivré une très belle performance. 

Les autres défis du film étaient bien entendu de rendre les deux autres personnages principaux (Buck et Flash) aussi attachants que Willy et de faire en sorte que les relations du trio soient intéressantes et limpides dans leur évolution. 

Le dernier défi était de réussir l’univers visuel du film et nous espérons qu’il plaira au public ! 

Il y a une dizaine d’années, un financeur télé nous avait dit à propos des As de la Jungle : «Un pingouin tigre, ça ne marchera jamais !»... Depuis, on sait qu’on doit évidemment écouter les retours du «marché» mais aussi s’écouter nous-mêmes et être persévérants quand on croit à une idée ! 

Pourquoi avoir choisi Édouard Baer pour être la voix de Buck ? 

Nous avions envie de travailler avec Édouard Baer depuis longtemps, nous lui avions déjà proposé un rôle sur Les As de la Jungle mais son emploi du temps ne lui avait pas permis d’y participer. 

Son nom s’est imposé assez rapidement lorsque nous réfléchissions à quel comédien pourrait incarner Buck. La douceur et la bienveillance de sa voix, ainsi qu’une certaine distinction dans celle-ci, nous semblaient extrêmement pertinentes quant à nos intentions pour le personnage. Alors nous l’avons contacté… et il a accepté ! 

À la fin de la séance d’enregistrement, Edouard Baer, très séduit par le film, a déclaré : «Je me ferais bien construire une maison sur cette planète moi !» 

Que pouvez-vous nous dire sur le choix de la musique ? 

Concernant la musique, nous avons décidé de faire appel au talent d’Olivier Cussac, avec qui nous collaborons depuis bientôt vingt ans, sur tous nos projets, à l’instar du long métrage Les As de la Jungle en 2017 pour lequel il a été lauréat du prix du meilleur espoir décerné par l’UCMF. Sa partition, interprétée par un orchestre symphonique dirigé par Laurent Petitgirard, soutient bien entendu l’image, sans la paraphraser mais plutôt en la sublimant. 

Pour ce film, nous avons décidé de ne pas développer de thèmes principaux liés aux personnages (pas de thème «Willy») ou aux typologies de séquences (pas de thèmes «aventure» ou «découverte» déclinés dans le fi lm par exemple). Nous avons préféré nous laisser guider par l’émotion ou les émotions dégagées par chaque séquence, qu’elles soient intimes, ludiques ou épiques. 

Concernant la «couleur» de la partition, nous nous sommes orientés vers une musique faisant écho à celles des comédies et des grands films d’aventures, notamment européens, des années 70 et 80. Elle sait aussi se montrer plus «moderne», comme quand nous retrouverons Willy après l’ellipse qui intervient au deux-tiers du film, plus proche de l’adolescence que de l’enfance. 

Nos références disséminées dans le film

Comme dans la série et le long métrage des As de la Jungle, TERRA WILLY – Planète inconnue est truffé de références (plus ou moins explicites) à la pop-culture et au cinéma avec lequel nous avons grandi (notamment les blockbusters américains et les films de genre des années 70-80). Les spectateurs les plus perspicaces pourront identifier des hommages à Star Wars (incontournable vu la nature du film), mais aussi au Trou Noir (le space opéra de Disney), à E.T., Retour vers le futur, Starship Troopers, Terminator, Commando, Rambo, Predator, Planète Interdite… pour ne citer que les plus connus ! 

  
#TerraWilly

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