vendredi 18 octobre 2019

ABOMINABLE


Animation/Aventure/Comédie/Adorable et touchant, un très joli divertissement familial

Réalisé par Jill Culton et Todd Wilderman
Avec les voix, en version originale, de Chloe Bennet, Sarah Paulson, Tenzing Norgay Trainor, Eddie Izzard, Tsai Chin, Albert Tsai, Michelle Wong, James Hong...

Long-métrage Américain
Durée: 01h37mn
Année de production: 2019
Distributeur: Universal Pictures International France

Date de sortie sur les écrans américains : 27 septembre 2019
Date de sortie sur nos écrans : 23 octobre 2019


Résumé : Tout commence sur le toit d’un immeuble à Shanghai, avec l’improbable rencontre d’une jeune adolescente, l’intrépide Yi avec un jeune Yeti. La jeune fille et ses amis Jin et Peng vont tenter de ramener chez lui celui qu’ils appellent désormais Everest, leur nouvel et étrange ami, afin qu’il puisse retrouver sa famille sur le toit du monde. Mais pour accomplir cette mission, notre trio de choc va devoir mener une course effrénée contre Burnish un homme puissant qui a bien l’intention de capturer le Yeti avec la collaboration du Docteur Zara une éminente zoologiste.

Bande annonce (VF)


Extrait "Rencontre avec Everest" (VF)



Ce que j'en ai penséABOMINABLE pourrait s'intituler ADORABLE tant il l'est. Les réalisateurs Jill Culton et Todd Wilderman réussissent à nous raconter un tronçon d'histoire, qui inclue des éléments fantastiques, de façon fluide sans nous donner la sensation qu'il nous manque des éléments. Ainsi, la narration débute par une rencontre dont on comprend qu'elle n'aurait jamais dû avoir lieu et qu'elle découle de faits antérieurs. On complète aisément les vides, d'autant que le contexte est bien décrit, les personnages sont immédiatement attachants et l'animation de très belle qualité. On se prend donc d'affection pour la petite troupe qui s'aventure dans un périple pour traverser la Chine. 

Il y a une dynamique constante qui est entrecoupée de moments magiques, visuellement superbes, et touchants. La narration, tout en mettant le cap sur l'aventure, n'en oublie pas pour autant pas de traiter la thématique du deuil en fil rouge et elle le fait de façon très touchante, on est ému. La famille est aussi un des thèmes majeurs de ce film et il est bien que plusieurs générations soient représentées.

 






Les ambiances sont bien travaillées, les détails sont soignés. Il y a de l'humour et il ressort toujours comme mignon. La musique joue un vrai rôle puisqu'elle est synonyme d'apaisement et à un effet sur les protagonistes ainsi que sur le déroulement des événements. 


Des animaux, une gerboise et un serpent, forment une micro-histoire dans le récit. C'est une idée marrante. Il faut d'ailleurs rester jusqu'au bout du générique de fin qui raconte avec des photos ce qu'il advient des protagonistes y compris ces deux-là.

Bien sûr, Everest, le yeti, va faire craquer petits et grands. Difficile de résister à la bonhomie, la douceur et aux grands yeux ronds de cette créature super attachante. 





Cependant, l'ensemble des protagonistes, du côté des gentils comme de celui des méchants, sont façonnés avec précision. Ils ont tous une personnalité marquée, ils sont importants pour faire évoluer la trame. Il n'y a aucun faux pas dans les voix des acteurs en version originale. Elles semblent naturellement correspondre aux personnages quelles personnifient.






ABOMINABLE est un très joli long-métrage d'animation pour toute la famille. Émouvant, drôle, imaginatif, il parle de sujets touchants et on se délecte de son animation ravissante. C'est une belle découverte.



Copyright affiches/photos © 2019 DreamWorks Animation LLC. All Rights Reserved.

NOTES DE PRODUCTION
(À ne lire qu'après avoir vu le film pour éviter les spoilers !)

ABOMINABLE est le premier film d’animation du studio dont l’héroïne est une jeune fille, de plus, il est réalisé et produit par un tandem féminin : Jill Culton la réalisatrice DES REBELLES DE LA FORÊT et Suzanne Buirgy p.g.a. la productrice de KUNG FU PANDA 2 et de EN ROUTE. Tim Johnson (NOS VOISINS LES HOMMES, EN ROUTE, FOURMIZ) en assure la production déléguée avec Franck Zhu (CHECKED IN, LOTUS CODE) et Li Ruigang (KUNG FU PANDA 3, LA BATAILLE DE LA MONTAGNE DU TIGRE), en collaboration avec Todd Wilderman (LES TROLLS, LES CROODS) qui co-réalise le film.

LES PREMIERS PAS D’ABOMINABLE

JILL CULTON, la réalisatrice a mené bien des combats avant de pouvoir réaliser ce film qu’elle considère comme son bébé. Diplômée de la CalArts elle a tout d’abord été animatrice et storyboardeuse chez Pixar, où elle a participé aux premières étapes de la création originale de MONSTERS & CIE. Elle est ensuite partie chez Sony où elle a réalisé son premier long-métrage d’animation LES REBELLES DE LA FORÊT en 2006. Si elle avait été maintes fois en contact avec DreamWorks, ce n’est qu’après avoir été littéralement renversée par la projection d’une étape de travail de DRAGONS (Dean DeBlois et Chris Sanders, 2010), au tout début du projet, qu’elle a décidé de les rejoindre.

Oriental DreamWorks, qui devait devenir par la suite Pearl Studio, lui a immédiatement fait part de leur envie de faire un film de Yeti… cette idée embryonnaire en tête, elle est partie chez elle dans le nord de la Californie, et c’est au coeur de la forêt de Redwood qu’elle est allée chercher l’inspiration pour développer l’histoire de cette jeune fille qui se retrouve lancée dans une aventure incroyable.

Elle nous confie : « l’avantage de partir d’une page blanche c’est que vous pouvez la remplir de tout ce qui vous est le plus cher. Il se trouve que toute ma vie j’ai toujours été accompagnée de très très gros chiens. Ce sont des chiens de chasse la plupart du temps mais ils sont comme de gros enfants, baveux, maladroits et crasseux. C’est à partir de là que j’ai imaginé la relation que Yi pourrait avoir avec une telle créature, et j’ai tout de suite couché cette idée sur le papier sous forme de croquis. Au début j’imaginais une créature énorme, comme mes chiens, et j’y ai mis tout ce que la nature peut signifier pour moi qui ai été élevée par un père qui adorait camper et vivre en plein air ».

La différence de taille entre la frêle jeune fille et le « monstre » lui a été inspirée par une anecdote personnelle : « je n’avais que 5 ou 6 ans et les voisins avaient un magnifique Danois qui devait faire dans les 90 kgs, il faisait le double de ma taille et je ne pouvais m’empêcher de le regarder avec un mélange de terreur et de fascination. Un jour, il s’est mis à nous poursuivre avec une de mes amies, en courant je suis tombée par terre et il m’a immobilisée au sol. Je pouvais sentir son souffle et son regard qui me fixait de manière intense. Depuis ce jour je n’ai eu que des molosses. Ils font partie de ma vie, comme une présence aussi imposante que rassurante ». Cette artiste qui crée tous ses croquis à la main travaille principalement autour de la musique. C’est ainsi qu’elle a fait de Yi une violoniste, qui se sert volontiers de son instrument pour exprimer ce qu’elle ne parvient pas à mettre en mots, et qu’Everest, le Yeti, se sert de la musique comme d’un pouvoir magique.

« Cette histoire d’une jeune fille et d’un Yeti qui communiquent à travers la musique et sortent d’un environnement urbain pour découvrir les splendeurs de la nature, m’inspirait vraiment. Moi-même je joue du piano et de la guitare et je ne peux pas vivre sans musique. Ceci dit, je n’y connaissais rien au violon, et sur mes premiers croquis, Yi le tient n’importe comment ! Ce qui m’intéressait c’était de faire jouer les lumières de la ville au diapason de son instrument afin d’opposer le béton au romantisme dans une communion musicale.

C’était une manière de trouver à ces deux êtres un moyen de communication magique. Je me suis inspirée des incantations des mystiques qui sont à la limite entre le murmure et le chant. Petite, mes dessins animés préférés étaient toujours ceux où les héros ne parlaient pas. Pour moi il était évident qu’Everest ne parlerait pas, comme avec mes chiens, cela permet une communication bien plus intuitive ».

SUZANNE BUIRGY, la productrice du film adorait cette idée : « Yi et les spectateurs découvrent au fur et à mesure du film que les poils d’Everest sont connectés d’une manière quasi magique avec le violon de la jeune fille. Les enfants qui verront le film pourront se dire que s’ils n’ont pas des poils de Yeti magiques, ils ont tous leur propre magie quelque part cachée au fond d’eux, comme Yi , et c’est cette magie qui leur permettra de faire des merveilles. C’est comme ça que Yi parvient à sauver cette créature mythologique, par le pouvoir et les ressources de sa créativité ».

À cette magie, il fallait opposer la réalité de la vie. Au début du film, le père de Yi vient de mourir et Everest est perdu, séparé des siens, incapable de retrouver le chemin pour rentrer chez lui. Pour Jill Culton les souvenirs les plus vivaces sont souvent douloureux, et elle ne voulait pas occulter cette vérité, mais au contraire l’explorer. Le violon est celui de son père c’est pour cela que Yi ne s’en sépare jamais. La réalisatrice se livre : « mon père n’est pas mort comme dans le film, mais il est parti et mes parents ont divorcé, ça a été horrible.

Je voulais partager la peine que peut avoir un enfant à s’asseoir pour discuter calmement de comment ses parents vont se séparer. Aucun enfant ne veut discuter de cela. Encore moins calmement. Adolescente, j’ai traversé ce bouleversement que beaucoup traverseront, et qu’il est important de partager ».

C’est ainsi qu’on découvre au début du film une adolescente de 16 ans qui, suite à la mort de son père, est en rupture complète avec sa famille qui tente désespérément de la convaincre de s’ouvrir et de revenir parmi eux au lieu de s’échapper sans cesse. Yi est une bagarreuse, un garçon manqué qui n’a aucune envie de partager la peine qui la dévore, et pense qu’elle n’a besoin de personne. La jeune rebelle découvre une créature fantastique sur son toit à un moment critique de sa jeune vie, et elle va comprendre au fur et à mesure qu’il est crucial qu’elle se reconnecte avec les autres. Quand elle rencontre cette créature perdue, elle n’a pas d’autre choix pour communiquer et réussir à l’aider que de lui montrer ce qu’elle a de plus intime : la douleur qu’ils ont en commun.

TIM JOHNSON et TODD WILDERMAN, avec qui elle travaille depuis toujours, ont pris le relais en 2015, alors que la réalisatrice avait un autre engagement professionnel. Et si au départ il ne s’agissait que de Yi et d’Everest, ils ont bien vite créé d’autres personnages et d’autres arcs narratifs. Comme dans STAND BY ME (Rob Reiner, 1986) ou E.T. (Steven Spielberg, 1982), le groupe d’amis s’est vite imposé.

Et si Yi met du temps à comprendre qu’elle est la seule à pouvoir sauver Everest, son premier réflexe est de l’aider. La réalisatrice nous explique : « j’ai construit cette histoire comme un château de cartes et si c’est l’aventure qui conduit le film, ce sont les sentiments que l’on découvre au fur et à mesure qui le sous-tendent. C’est ainsi que j’ai voulu ponctuer le film d’informations afin de ne pas rester linéaire et ménager des surprises au spectateur. Par exemple, il était crucial que le public n’ait jamais vu Everest chez lui avant qu’il n’y arrive, afin d’être soufflé par la beauté du lieu que tous attendent de rejoindre depuis le début du film, et ainsi partager la surprise et l’émerveillement de Yi ».

UNE AFFAIRE DE FEMMES :

Jill Culton, Suzanne Buirgy et Peilin Chou

Respectivement la réalisatrice, la productrice et la responsable de la création chez Pearl Studio sont devenues, en travaillant sur ce projet le premier trio féminin à porter un film d’une telle ampleur, ce qui est loin d’être anecdotique.

SUZANNE BUIRGY, la productrice a commencé sa carrière sur les planches, a composé ses premières chansons à 10 ans et a participé au premier festival Shakespeare de New-York. Alors qu’elle jouait dans différents groupes pour gagner sa vie, elle a décroché son premier poste en qualité d’assistante sur les effets numériques chez Digital Domain et a ensuite mené sa barque sous la direction de Nancy Bernstein, la très regrettée directrice de production chez DreamWorks Animation.

C’est au moment où elle a voulu se poser et fonder une famille avec sa femme qu’elle a accepté le poste que DreamWorks lui proposait dans leur unité de production de Glendale en Californie, aux côtés de Bernstein. Elle a alors travaillé en duo avec Jill Hopper pour gérer et tenir la main à tous les artistes de la société, ce qui lui a permis de connaître les moindres rouages du milieu de l’animation et surtout ses susceptibilités humaines.

De fil en aiguille elle en est arrivée à produire le film du réalisateur Tim Johnson EN ROUTE (2015) qui travaille en tant que producteur délégué sur ABOMINABLE. Elle nous confie : « toutes mes expériences m’ont confirmé que j’étais sur la voie qui était la mienne. Je sais exactement comment me mettre au service d’un réalisateur, lui donner confiance et l’inspirer pour qu’il donne le meilleur de lui-même. Je suis devenue au cours de mes expériences sur d’énormes productions une professionnelle du budget et de la mise en place d’un emploi du temps efficace. Sur ABOMINABLE j’ai fait en sorte que l’univers de Jill puisse voir le jour dans les meilleures conditions et qu’elle puisse donner tout ce que son étonnante créativité lui inspirait. Dans ce métier on ne part jamais d’un script, mais d’une idée. Et Jill a su s’adapter à toutes les propositions, sans jamais trahir son idée de base ».

JILL CULTON, la co-réalisatrice enchaîne : « rien n’aurait été possible sans Suzanne. Elle a veillé sur le projet pendant que je n’y étais pas, comme je l’aurais fait moi-même. C’est un projet qui lui tient à coeur depuis le début et ça se sent dans sa manière de travailler. C’est quelque chose qui n’est pas négligeable, car on n’est pas avec elle uniquement dans la partie pécuniaire ou pragmatique de la création d’un film, on sent bien qu’on est dans la chair du sentiment qu’elle a su capter, protéger et défendre ».

PEILIN CHOU qui a travaillé à la direction de Disney, Nickelodeon et la branche orientale de DreamWorks en chapote aujourd’hui la création au sein de ce qui est devenu Pearl Studio, une compagnie à part entière et non plus une succursale, ce qui permet un véritable partenariat entre deux pays, indispensable à ce film qui explore la culture asiatique. Elle était à 200% derrière la réalisatrice et s’est investie avec tout le talent de son équipe afin de raffiner les détails culturels de cette merveilleuse aventure.

Pearl Studio cherche à faire connaître la culture chinoise à travers le monde et fait en sorte que les productions internationales trouvent un écho en Chine. Celle qui avait notamment travaillé à l’adaptation en mandarin de KUNG FU PANDA (Mark Osborne et John Stevenson, 2008), a trouvé dans le script d’ABOMINABLE, un projet d’une qualité exceptionnelle pour servir son propos premier. Elle nous explique : « un bon scénario reste un bon scénario et ce qu’importe où vous vivez. Ce film en est le parfait exemple, il est chargé de valeurs universelles que tout un chacun sera à même de reconnaître et ce aux quatre coins du monde. Le fait de retrouver le chemin qui ramène chez soi parmi les siens, est un thème universel et en même temps particulièrement chinois. Nous espérons que ce film aura une influence sur la manière d’écrire des histoires multiculturelles ».

Quant à la réalisatrice, elle ne tarit pas d'éloges : « j’ai rarement vu quelqu’un qui possède une si grande écoute et qui soit assez centrée pour tenir compte et intégrer tout ce que l’ensemble de l’équipe lui a dit, pour en faire quelque chose d’encore meilleur que tout ce qui a été proposé. Je pense qu’il n’y avait qu’elle pour concevoir et réaliser ce film, dans la mesure où il est tellement personnel, et qu’elle s’y est toujours totalement impliquée. Même quand elle a dû honorer d’autres projets et s’absenter, elle a su garder le film dans sa tête et son cœur. Nous n’avons jamais lâché le projet et elle ne nous a jamais lâchés. Il y a quelque chose de magique là-dedans : elle savait ce qu’il fallait faire, elle a continué d’y croire et nous a guidés. Elle est comme Everest en fait. Mais en tout cas, il est sûr que si j’avais eu l’occasion de voir un personnage comme Yi petite, cela aurait changé ma vie. Tant de jeunes se sentent seuls et incompris pendant l’adolescence. Ils ont l’impression qu’ils vont devoir changer pour s’intégrer. Avec ma soeur on se décolorait les cheveux, on rejetait tout ce qui était asiatique. J’avais honte des repas que ma mère me donnait pour l’école. Si j’avais eu l’occasion de grandir avec une héroïne comme Yi, je me serais sûrement mieux assumée dans mes différences ».

Margie Cohn et Kristin Lowe

La présidente de DreamWorks conjointement avec sa directrice de la création qui est aussi sa vice-présidente ont toutes deux apporté leur expérience et leur soutien au projet, et ce tout au long de la création et du développement du film. Elles étaient enthousiastes et fières de voir une équipe de femmes si douées ouvrir de nouvelles perspectives dans le métier. Margie Cohn nous confie : « c’est un film extrêmement personnel, et je pense que le public le sentira car il est empli de sensibilité. L’animation est à couper le souffle, ce qui ne gâche rien et fait de ce film un des plus ambitieux, visuellement superbes et profondément sincères que je n’aie jamais vus ».

Todd Wilderman et Tim Johnson

TODD WILDERMAN qui a travaillé avec Jill Culton sur de nombreux projets, a servi de co pilote à la réalisatrice sur le film. « Ça fait 20 ans que nous travaillons sur les mêmes productions, les mêmes projets, j’étais directeur de l’animation quand elle a réalisé LES REBELLES DE LA FORÊT (2006) et nous avons travaillé ensemble sur un petit film CATS DON’T DANCE. En plus d’être collaborateurs, nous sommes devenus de vrais amis, et je la connais par coeur. Elle savait très bien que j’avais envie de devenir réalisateur. Le faire ensemble est une des plus belles choses qui nous aient été données de partager ».

Après 15 ans chez Sony, il a rejoint DreamWorks en 2011 et a tout de suite accroché avec le travail de Jill Culton. Une véritable dynamique s’est alors mise en place entre eux et ils s’apportaient mutuellement défis et inspirations. « Il est crucial d’avoir quelqu’un sur qui s’appuyer pour prendre toutes les décisions qu’imposent ce genre d’énormes productions. Nous nous complétons à merveille et avons une confiance totale l’un envers l’autre. Nous ne nous répartissons jamais les tâches : nous faisons TOUT ensemble. »

Suzanne Buirgy renchérit : « ils sont incroyables ensemble. Todd est un être tellement posé, et tellement doué en story boarding, il aidait constamment Jill à visualiser les choses. C’est également ce qui fait la force de Jill : elle a été capable d’intégrer tout ce qui venait de Todd pour se l’approprier sans jamais laisser son ego interférer. C’est quelque chose de rare et admirable ».

TIM JOHNSON qui avait rencontré la réalisatrice sur EN ROUTE en 2015 a lui aussi été un des parrains d’ABOMINABLE, il a su s’en occuper, quand sa créatrice était prise par d’autres responsabilités. Il est à l’origine de la création de beaucoup de personnages secondaires qui sont venus enrichir le film de manière inattendue. Il a intégré l’équipe pour développer les personnages secondaires avec Todd Wilderman et la touche de magie que le film comporte. Conteur hors pair, ses personnages ont apporté du relief et du souffle à l’histoire originelle.

Il nous explique : « ce film est un mariage assez intéressant entre la manière occidentale de raconter des histoires et un conte chinois. Nous avons réuni un groupe d’ados d’aujourd’hui et une créature mythologique pour faire en sorte que les spectateurs puissent s’identifier et surtout aient envie de faire partie de cette histoire et de rejoindre les protagonistes à l’écran. Ce film porte les valeurs d’une culture très ancienne, antédiluvienne, et était l’occasion d’imaginer des créatures primitives dotées d’une autre manière de réfléchir, communiquer et envisager le monde. Everest a un rapport différent à la nature qui l’entoure (un peu Chamanique, et résolument magique) mais surtout à sa propre nature et celle des autres.

Pour Tim Johnson ABOMINABLE explore la sagesse animale, un concept que l’équipe a eu à coeur d’amplifier et de magnifier afin de rendre hommage aux compagnons à quatre pattes qui nous accompagnent tout au long de nos existences. C’est un film qui se distingue par son graphisme et l’histoire qu’il raconte, ce qui s’inscrit totalement dans la ligne directrice de DreamWorks qui se veut créateur de mondes visuellement innovants. Aucun de leurs films ne se ressemble. Ainsi FOURMIZ est-il totalement différent de MADAGASCAR, et encore plus de DRAGONS. ABOMINABLE fait partie des films typiques de DreamWorks qui génèrent de manière totalement singulière un monde à part plein de beauté et de magie ».

LES PERSONNAGES

ABOMINABLE est l’histoire d’une rêveuse, qui va partager une aventure fantastique avec Jin un adolescent blasé et Peng le plus turbulent des enfants de 9 ans. Tout au long de leur quête, ils seront soutenus par la mère et la grand-mère de Yi, et seront mis à l’épreuve par Burnish et le Docteur Zara dont les buts sont loin d’être reluisants. Tout le film tourne autour des thèmes de l’arrachement et de la réconciliation. Si Yi et Jin se connaissent depuis l’enfance, ils se sont perdus de vue. Et si Jin est plus concerné par ses amis et son look, il s’inquiète pour Yi. Peng lui est tout à l’excitation de cette aventure incroyable et de la rencontre avec un être aussi exceptionnel qu’Everest.

YI - Chloé Bennet

Cette jeune adolescente est une rêveuse sous des airs de garçon manqué, qui aime grimper aux arbres, dormir dans la nature, contrairement à son meilleur ami Jin qui ne se préoccupe que de sa coupe de cheveux. Elle fonce tête baissée dans l’aventure. Sa relation avec Everest est unique et si on a l’impression au début du film que c’est elle qui sauve la pauvre bête, on s’aperçoit que c’est le contraire. Il n’y a pas de hasard et si ce Yeti a atterri sur la terrasse de la jeune fille c’est pour une raison bien précise. Bien sûr il a des pouvoirs magiques, mais la vraie magie c’est qu’il aide Yi à panser ses blessures intimes.

Yi est l’opposé d’une princesse en détresse qui attend son prince charmant. Elle brise enfin cette tradition qui perdurait dans les films d’animation. Elle n’est ni comme ça, ni en réaction à cela. Elle a sa propre vision de la vie et compte bien la suivre.

Chloé Bennet était un choix qui s’imposait pour la production, en raison de son travail sur LES AGENTS DU S.H.I.E.L.D. Elle possédait la force, mais aussi la vulnérabilité pour incarner la jeune héroïne. La jeune comédienne, quand elle a été contactée pour jouer l’histoire d’une jeune fille qui habite chez sa grand-mère en Chine, a tout de suite compris les similitudes qui lui permettraient d’interpréter le rôle à merveille. « Moi aussi j’avais vécu chez ma grand-mère en Chine. Ça me paraissait une coïncidence folle. Toute son histoire ressemble à la mienne en fait. Après le rendez-vous avec la production, je me suis dit si je ne décroche pas ce rôle c’est que je suis nulle : il n’est pas pour moi… C’est moi !!!! En plus j’ai grandi avec mes frères à Chicago, et ils sont exactement comme les autres personnages du film ! Comme Yi j’avais des jobs bizarroïdes, et surtout je me sentais très isolée, entourée mais seule, incapable d’interagir correctement avec les autres, surtout ceux de mon âge, en dehors de ma famille ».

Une des scènes favorites de la réalisatrice est celle où Yi explique pourquoi son violon était si important pour elle, juste après qu’il ait été détruit : « ce jour-là, toute la famille de Chloé était venue visiter le studio, chose très agréable qui permet de nous connaître tous un peu mieux.

Tant que sa famille était là, elle ne pouvais pas jouer la scène. Elle m’a demandé de les faire sortir, et là elle nous a livré une part d’elle si intime que j’ai compris pourquoi elle ne voulait pas qu’ils la voient ainsi. Nous avons refait la prise le lendemain avec Tenzing Norgay Trainor, elle n’y arrivait pas, c’était trop intense. Après 20 prises je lui ai fait jeter le texte et demandé d’y aller à l’arrache, comme ça. C’est cette prise qui est dans le film. Son interprétation est si sensible, Chloé y est littéralement devenue Yi. C’est une comédienne extraordinaire et j’ai bien l’intention d’être son meilleur agent pour le restant de sa carrière ».

Pour la jeune comédienne, ce film est un pas important dans sa lutte citoyenne pour la représentation des Asiatiques insulaires du Pacifique, et en particulier des jeunes filles asiatiques, dans la culture pop : « il est très important que les jeunes puissent s’identifier à des personnages qui leur ressemblent physiquement. On ne s’en rend pas compte mais le fait de ne voir personne qui vous ressemble à la télé ou au cinéma a des effets dévastateurs. Vous vous mettez à idolâtrer des gens qui ne vous ressemblent pas. Cela a un effet boule de neige : ils ont du succès parce qu’ils sont blancs, blonds, grands, je ne leur ressemble pas donc je ne vaux rien ».

Elle qui pensait que jouer sur des fonds verts pour LES AGENTS DU S.H.I.E.L.D était une gageure, les 3 ans durant lesquels elle a travaillé sur ABOMINABLE lui ont rappelé le travail intense d’imagination que seuls les enfants possèdent en se racontant des histoires incroyables dans leurs têtes. La minutie et l’ampleur du travail que requiert l’animation l’ont impressionnée.

Peilin Chou conclue : « Chloé était étonnante. La première fois que je l’ai entendue, j’ai cru que Yi s’était incarnée. Elle a su apporter une vraie profondeur à ce personnage qui va bien au-delà de l’importance culturelle et citoyenne de la représentation asiatique. Yi est un personnage très complexe, elle ne laisse pas transparaître qui elle est vraiment. Pour évoluer elle doit s’ouvrir et exposer sa vulnérabilité ».

EVEREST - Joseph Izzo

Ce gros Yeti âgé de ce qui serait 9 ans en âge humain, vient de s’échapper du laboratoire secret de Burnish, où l'on pratiquait sur lui tout un tas d’expériences. Terrifié par les humains il a trouvé refuge sur le toit de l’immeuble de Yi. Bien qu’il ne parle pas, il est tellement expressif qu’il est facile de deviner ce qu’il pense ou ressent. Loin des siens et de son environnement, il n’a pas d’autre choix que de compter sur Yi et ses amis pour rentrer chez lui, au sommet de l’Himalaya. S’il est curieux et malicieux, c’est avant tout un jeune animal. Comme tous les enfants, il joue pour de vrai, et ne connaît ni ses limites, ni sa force, sans compter ses sautes d’humeurs. La relation qu’il va nouer avec Yi est le cœur du film et sa corde sensible. Everest, comme tout Yeti qui se respecte, a le pouvoir de contrôler la nature… mais il n’a que 9 ans…et ses maladresses ont souvent des effets hilarants. Bien qu’il ne parle pas, il communique par une sorte de murmure étrange et mélodieux.

La production a tout de suite pensé à Joseph Izzo un comédien qui a participé au tout début de l’élaboration du film, engagé pour superviser le story-board et le montage. Il passait son temps à donner des exemples de grognements, soupirs et grommellements pour montrer à l’équipe comment Everest pourrait s’exprimer, mais ce n’est qu’au retour de Jill Culton qu’il a été engagé officiellement pour être la voix du Yeti. Teddy le Porc-Épic, un personnage connu aux États-Unis, avait été pressenti (et il interprète d’ailleurs une des voix du film), mais Jill Culton a tenu à ce qu’Everest ait un son qui n’ait jamais été entendu auparavant. Elle nous explique :« Joseph était extraordinaire, il se servait d’une espèce de pot de fleurs, recouvert de gaffer, dont il utilisait l’écho pour créer des sons très particuliers. Aucun des professionnels que nous avons auditionnés par la suite n’a réussi à nous ôter de la tête les impros de Joseph. C’est vraiment lui qui a donné sa voix à Everest. En plus, il a une sorte de maladresse assumée qui me rappelait tellement mes chiens !!! En fait, il nous rappelait à tous nos chiens, avec leur innocence et leur curiosité, mais en version sous stéroïdes. Everest a grandi dans l’Himalaya, puis dans un laboratoire, c’est la première fois qu’il découvre une nature différente et il est surexcité ! »

Joseph Izzo enchaîne : « ça fait des années qu’on se connaît avec Jill, donc ce projet n’a été que du bonheur. Elle m’a beaucoup conseillé, et savait exactement quand l’animal devait reprendre le dessus. À part le fait qu’elle essayait systématiquement de ruiner mes effets en explosant de rire pendant les prises, je pense qu’on a fait ensemble du très bon boulot. Le fait que j’aie été engagé à la base sur le story-board et le montage me donnait une longueur d’avance : je connaissais par coeur les séquences ». ETHAN VAN DER RYN et ERIK AADAHL de chez E2 ont passé sa voix à travers des filtres pendant les enregistrements pour lui donner cette sonorité totalement surnaturelle en raison de fréquences plus basses que la normale.

Pendant le film, l’acteur a fait l’acquisition d’un Berne Doodle et s’en est inspiré tout le long des enregistrements. C’est également ce qu’a fait Chloé Bennet qui a grandi avec des mastiffs et possède aujourd’hui un bouledogue français blanc qu’elle a totalement associé à Everest.

JIN - Tenzing Norgay Trainor

Ce jeune homme à la pointe de la mode est super-branché et méga populaire. Il a grandi avec Yi, mais ils se sont un peu perdus de vue. Pourtant il n’hésite pas une seconde à l’aider pour ramener Everest chez lui… même s’il faut se résoudre à se passer de Wifi. Il est le total opposé de la jeune ado. Très attentif à son look, il ne quitterait la ville pour rien au monde. Là où Yi n’hésite pas à se salir les mains, il peaufine sa manucure. En fait il vient à sa rescousse quand Everest, entraîne la jeune fille à travers la ville pour échapper à Burnish. Jin les poursuit avec Peng jusqu’à l’embarcadère où ils installent le Yeti dans une barque en se doutant bien que cette tentative risque d'échouer. Dans une impulsion, Yi décide alors de sauter dans la barque, et les deux autres la suivent sur un coup de tête.

Leur vie en sera à jamais changée. Si Jin fait le grand saut ce n’est pas pour sauver Yi, mais le Yéti. Les deux ados sont sur la même longueur d’onde mais pas amoureux. Au fur et à mesure du film, on découvre que Jin et Yi ont été meilleurs amis, et qu’il la considérait comme sa petite sœur. C’est pourquoi ils se complètent si bien : s’ils ne savent pas ce qu’ils sont devenus, ils savent qui ils sont intrinsèquement. Jin, s’il est capable de péter un câble à cause d’une tache sur des chaussures, n’en reste pas moins le plus responsable de tous.

Tenzing Norgay Trainor après avoir travaillé longtemps sur Disney Channel est un acteur rompu à toutes les vicissitudes du métier. Pour jouer ce dandy, il ne s’est pas économisé et n’a jamais été avare de propositions. Il a beaucoup apprécié de pouvoir enregistrer avec ses camarades et pas uniquement seul dans un studio d’enregistrement. Il nous explique : « le fait de pouvoir jouer avec Chloé m’a tellement apporté !!!!Dans la cabine, il y avait Jill, Chloé et moi. C’était comme un véritable espace de pure créativité où nous échangions sans contrainte. Tout prenait sens, c’était magique. Et puis quels progrès ! Mon personnage passe de quelqu’un de totalement superficiel et matérialiste au plus mature d’entre tous. Un des thèmes centraux du film est de s’ouvrir au changement. Yi ouvre son coeur et retrouve sa famille. Jin fait exactement pareil, il s’aperçoit qu’en essayant d’être le plus branché, en se cherchant à travers son apparence, il s’est totalement coupé des siens ».

PENG - Albert Tsai

Ce jeune garçon de 9 ans, fan de basket-ball, passe son temps à essayer d’attirer l’attention de son cousin Jin. Évidemment, il est sur le toit collé aux baskets fashion de Jin quand ce dernier découvre Everest que cache Yi. C’est le coup de foudre. Il veut à tout prix aider cette créature en qui il se reconnaît. Évidemment… ils ont le même âge. Quand Yi les voit jouer en arrière-plan, cela devient flagrant : ce sont deux enfants. Peng est plein de joie et de pur enthousiasme, il ne voit absolument pas le danger et s’il pleure un instant, l’autre il explose de rire. Le fait qu’il soit si enfantin pousse Yi et Jin à devenir plus matures, plus adultes, comme de véritables parents.

Leurs scènes ensemble sont les plus drôles du film et Albert Tsai qui a commencé le film alors qu’il n’avait que 12 ans, rappelait à chacun sur le tournage ses petits neveux, ses frères ou cousins. Le jeune comédien semble doué d’une mémoire photographique car à chaque fois que la réalisatrice modifiait des dialogues, il s’en apercevait. De plus il avait fait un atelier en animation graphique l’été précédent le début du tournage et il s’est montré très intéressé par tous les stades de la production, posait des questions très techniques et n’hésitait pas à discuter avec les artistes et les techniciens de différents sujets assez pointus. Ses moments favoris ont été ceux où il a pu enregistrer avec ses camarades et quitter la solitude de sa cabine d’enregistrement. Il nous raconte : « C’était une expérience unique et j’ai définitivement envie de me tourner vers l’animation. C’est un exercice qui me fascine et dans lequel j’aimerais naviguer, pas uniquement en tant que comédien ».

NAI NAI - Tsai Chin

Cette grand-mère traditionnelle et bourrue passe son temps à dire des choses qu’on ne comprend qu’après coup… ou pas. L’attitude de Yi la choque profondément et elle sent bien que la jeune adolescente ne gère pas très bien la mort de son père. Elle est farouchement décidée à garder sa famille unie. En tant que grand-mère paternelle, elle est le rappel cruel que Yi n’est pas la seule à avoir perdu un être très cher. Quand la jeune adolescente finit par revenir à la maison, la vieille femme l’accueille en lui disant qu’il est bon de la retrouver, une phrase à double sens qui a tiré des larmes à toute l’équipe du film tant elle était jouée avec différents niveaux d’interprétation grâce au talent d’une actrice hors pair chez qui une vie au service de l’art dramatique a raffiné une multitude d’incroyables nuances.

Icône du cinéma chinois Tsai Chin a connu la seconde guerre mondiale et s’est fait connaître dans trois pays qu’elle chérit comme autant de secondes patries : « la Chine représente mes racines, l’Angleterre m’a nourri et les États-Unis m’ont récompensée ».

Celle qui prodigue depuis des années des conseils précieux à ses élèves d’art dramatique dans son pays natal, envisage ce métier comme une pyramide dont la base serait le talent, mais dont la chance serait le gouvernail. Celle qui a été la première femme asiatique à être admise à la RADA à Londres, à jouer à guichets fermés dans le West End et à Broadway nous raconte : « avec le temps les rôles évoluent, vous jouez la mère, puis la grand-mère, avec de la chance l’arrière-grand-mère. Mais je n’ai JAMAIS joué une victime. C’est ce que je dis à mes élèves : arrêtez de geindre. Battez-vous. Défendez vos rôles et votre carrière. Quant à ce film, l’avantage du doublage, c’est qu’on ne le fait pas tous les jours et pourtant ça paye bien mieux qu’un film normal. C’est l’ironie de ce métier : plus vous en faites moins vous êtes récompensé… »

La productrice Peilin Chou n’en revenait pas de tourner avec son idole de toujours. Fan absolue du CLUB DE LA CHANCE (Wayne Wang, 1993) qui lui avait tiré des torrents de larmes, elle demandait à l’époque à tout le monde (surtout à ses rencontres amoureuses) de voir le film et de lui dire ce qu’ils en avaient pensé. Selon elle « une telle comédienne porte en elle une technique incroyable et n’a pas besoin d’en faire des tonnes pour convaincre l’équipe ou le public ».

LA MAMAN DE YI - Michelle Wong

C’est une mère qui se fait beaucoup de soucis à propos de sa fille. Elle vient à peine de perdre son mari, mais son urgence est d’aider la jeune adolescente. Sa force et sa foi vont s’avérer d’un grand secours pour Yi. Si sa grand-mère a du mal à comprendre l’attitude de sa petite fille, sa mère, elle, comprend très bien que Yi ait besoin de temps pour gérer sa peine. Quand le film commence, cette famille vient d’essuyer un sacré revers du destin, et cette mère se bat avec sa peine pour trouver la force de continuer à vivre sans son compagnon tout en maintenant à flot le foyer dont elle a maintenant l’entière responsabilité. La mère de Yi représente ce havre de sécurité que tout un chacun finit par regretter un jour et quand le mal du pays vous frappe soudainement. Tout le monde connaît ce sentiment, le besoin de trouver de la consolation auprès de ce qui constitue le cœur de votre vie et vos racines : la famille.

La comédienne a été choisie en partie à cause de sa grande expérience mais aussi en raison de la tonalité de sa voix qui s’accordait parfaitement avec la voix basse de Chloé Bennet. Elle a été impressionnée par l’attention très précise et loin de toute caricature portée à la culture chinoise sur ce film. Selon elle beaucoup de nuances du film sont dans les silences et les non-dits, ce qui lui donne une finesse de lecture particulière. Elle conclut : « les mots sont souvent inutiles quand la relation est forte ».

BURNISH - Eddie Izzard

Ce milliardaire acariâtre a été ridiculisé petit quand il a voulu raconter sa rencontre avec un Yeti. Persuadé que le monstre lui voulait du mal, il s’est ensuite vengé de ce double traumatisme en amassant une fortune colossale qu’il a mise au service de la destruction d’autant de nature que possible. Il n’a toujours pas digéré son humiliation et n’a de cesse de vouloir prouver au monde qu’il avait raison et que les Yetis existent bel et bien. Son obsession basée sur une injustice a fini par l’aigrir et l’isoler du monde. Quand il se lance à la poursuite d’Everest, il est catapulté en pleine nature où il comprend qu’il s’est coupé de lui-même pendant tout ce temps. C’est littéralement une seconde chance que lui offre Everest, mais pas celle à laquelle il s’attendait. Jill Culton connaissait la réputation d’Eddie Izzard dans le travail mais n’avait AUCUNE idée d’à quel point ce comédien exceptionnel allait la surprendre : « je n’ai jamais vu ça. Il a une telle force de caractère, doublée d’une énergie si incroyable et d’une grande gentillesse. C’est vraiment une personne extrêmement intense. J’étais prête à le laisser complètement improviser tellement son analyse du personnage était fine et son talent… incommensurable.

Il a apporté beaucoup d’humour et certaines facettes auxquelles je ne m’attendais même pas. C’est magique de voir la dimension que peut prendre ce que vous avez créé quand un artiste tel que lui prend le volant ».

L’intéressé renchérit : « c’est un personnage subtil et j’ai dû jouer aussi bien sur la corde comique que dramatique pour lui donner toute son ampleur et trouver sa vérité. Dans la vie si vous êtes déterminé le cours des choses sera différent en fonction de la valeur de vos émotions. Burnish est déterminé pour de mauvaises raisons qui en ont fait un petit roquet féroce complexé et très mal intentionné, sans compter qu’il n’a AUCUN sens de l’humour. Il est persuadé d’être la victime de l’histoire et les peurs de son enfance ont forgé sa personnalité, ce qui est terriblement humain. Il n’a pas eu le loisir de comprendre qu’il vaut mieux aller vers l’autre plutôt que de se défendre. La timidité et la méfiance sont très semblables. Beaucoup de gens sont critiqués parce qu’ils ne sont pas ouverts, mais c’est parfois qu’ils ont été violemment blessés et qu’ils ne veulent pas repasser par ce traumatisme. C’est vraiment le thème du film : l’altérité et le pouvoir de la communication ».

DR. ZARA - Sarah Paulson

Cette éminente zoologiste britannique cache bien son jeu. Si elle prétend défendre les animaux et vouloir sauver Everest des griffes de Burnish, au fur et à mesure que l’action se déroule, ses intentions semblent de moins en moins claires.

La comédienne dont on ne compte plus les récompenses est une perfectionniste. Elle avait deux priorités sur ce film : ne pas prendre une voix de cartoon trop caricaturale et un accent qui fasse faux. Elle a demandé l’aide de Jessica Drake, une coache vocal avec qui elle a travaillé de longues heures et qui était également avec elle dans la cabine d’enregistrement, afin de la guider sur la voie du parfait accent british. Elle s’en est servie pour donner à son personnage ce côté un peu coincé, à partir duquel grâce à son talent elle était capable de virer à l’opposé et en faire une véritable furie, ce qui changeait non seulement sa voix mais aussi sa posture, détail que les graphistes ont intégré à son personnage.

De manière très surprenante, ce rôle s’est avéré très libérateur pour cette comédienne à qui on avait dit plus tôt dans sa carrière qu’elle ne ferait jamais de doublage car elle avait un problème de sifflantes. Même si avec la reconnaissance les doublages ont fait partie de sa carrière, elle ne pensait pas un jour faire partie d’un projet de telle envergure où tout reposerait uniquement sur sa voix. Elle nous confie :« ça a été pour moi une aventure extraordinaire, et j’y ai gagné une nouvelle assurance et beaucoup de confiance en moi. C’est un exercice à l’opposé de la comédie, l’art de l’implosion où le naturalisme et la finesse de jeu règnent.

Là non seulement vous pouvez en faire des tonnes, mais ce n’est jamais assez. C’est jouissif. Et je dois dire que suis fière de faire partie de ce projet porté principalement par des femmes. Plus on se sent représentées moins on se sent seules, plus on se sent fortes ».

CRÉATIVITÉ DU GRAPHISME

JILL CULTON est une vraie pro et ne plaisante pas avec la technique. Diplômée de la CalArts elle a fait partie des 12 pionniers qui ont participé au premier film en numérique TOY STORY (John Lasseter, 1995). Elle nous raconte : « personne n’avait idée de la manière dont le numérique bouleverserait les choses. On sortait à peine de l’Université et on nous a formés sur le tas. C’est une aventure que je n’oublierai jamais. C’était dur car complètement nouveau, mais quand le film est sorti, on recevait des lettres de spectateurs qui avaient adoré le film et on les affichait au mur. Une de ces cartes nous remerciait d’avoir permis à un petit garçon atteint d’un cancer d’avoir vaincu la maladie en s’identifiant à Buzz et en lui donnant la conviction qu’il pourrait toujours ‘‘aller vers l’infini et au-delà’’. C’est comme ça que j’ai pris conscience du pouvoir des films qui allait bien au-delà du divertissement ».

Les artistes graphistes de l’animation sont très observateurs, et ont un sens du détail incroyable. Le mouvement est leur grammaire, et c’est à travers lui qu’ils racontent notre humanité. Il était important de trouver audelà de la spécificité, la culture et les traits de Yi, l’universalité qui ferait que tout le monde puisse s’identifier à la jeune fille. Elle est aussi authentique qu’archétypale. Ce sont des nuances très fines qu’on ne remarque pas forcément à l’écran mais qui font que le personnage fonctionne ou non. Il était par exemple très important pour la réalisatrice que les habits de la jeune ado, soient fun, mais ni girly, ni à la mode. Le fait qu’elle traîne son violon partout nécessitait également un sac à dos qui s’est avéré une vraie gageure à animer en numérique, sans compter le fait qu’il fallait lui trouver un aspect qui ait du sens. En animation on fait feu de tout bois et la nécessité est la mère de la créativité. C’est ainsi qu’ils ont créé le sac pour que Peng en le retournant puisse s’en servir de masque pour jouer au monstre avec Everest.

De même il était hors de question qu’Everest soit anthropomorphisé. Il fallait que ce soit un animal, qu’il soit à quatre pattes, parfois à deux et surtout qu’il ne puisse pas s’exprimer avec des mots.

NICOLAS MARLET inspiré par ses Shih Tzus et Bichons maltais, est l’artiste qui a eu l’idée qu’Everest devait pouvoir se rouler sur lui-même et devenir une balle à loisir. Il a juste extrapolé ce que ses chiens lui inspiraient. C’est ainsi qu’Everest passe de gros monstre pataud à une créature floconneuse et adorable. En fait cela illustre aussi le fait qu’on découvre au fur et à mesure qu’Everest n’est qu’un enfant. Plus le temps passe plus on peut percevoir son innocence, ce qui le rend plus facilement accessible.

Pendant les 7 ans qu’a duré la fabrication du film, le plus grand défi a peut-être été de réussir à distinguer cette grosse boule blanche de la neige. Mais grâce au talent des artistes comme Jeff Hayes au modelage, John Hill à l’animation, en passant par les câbleurs et la direction de l’animation, le résultat s’est avéré bluffant.

Ils ont fait d’Everest le plus attachant des Yetis, même s’il est le seul qu’on voit dans le film, à part l’apparition furtive de ses parents. Les Yetis sont très forts pour passer totalement inaperçus c’est pour cela que personne ne sait qu’ils existent. À la fin du film, ils décident de se montrer furtivement pour remercier les jeunes gens de leur avoir ramené leur fils, avant de disparaître à jamais dans les brumes de l’Himalaya, comme s’ils n’avaient jamais existé.

Un secret que le public gardera avec les adolescents.

LES DÉCORS DE MAX BOAS

RECRÉER LA CHINE MODERNE

Le film recrée entièrement la Chine, avec ses villes ultramodernes et sa campagne intemporelle. Pearl Studio travaillait la main dans la main avec Marc Boas pour lui donner tous les détails nécessaires afin de travailler le sens du détail qui donnerait sa précision et son authenticité à chacune des scènes. Cette création commune donne un effet d’un réalisme inédit. Les deux réalisateurs se sont rendus plusieurs fois en Chine pour des repérages et sont littéralement tombés amoureux de la beauté des lieux et de la gentillesse des gens qui n’ont pas hésité à leur ouvrir leurs portes.

Ainsi la production avait mis en place une scène directement inspirée de cette expérience où la famille de Yi était attablée. Peilin Chou et Pearl ont tout de suite fait remarquer aux Américains, qu’aucune grand-mère chinoise qui se respecte n’aurait mis si peu de nourriture sur la table. C’est ce genre de petits détails qui donne de la crédibilité au film, que ce soit pour la décoration des intérieurs chinois, la nourriture, les échafaudages en bambou ou les scooters qui sillonnent la ville.

ÉCHAFAUDAGES EN BAMBOU ET Mc DONALDS

Le panorama de la ville est truffé de détails dans ce style typique des mégalopoles asiatiques, comme les publicités pour les échoppes de thé, les supermarchés à la mode, les hôtels Huazhu (la chaîne la plus populaire de Chine), les restaurants de fruits de mer ou même McDonald's (dans la mesure où ils sont le 3e pays à posséder le plus de McDonald's dans le monde après les USA et le Japon).

Mais si modernes que ces villes soient, elles ont gardé un côté traditionnel avec les fameux échafaudages en bambou ou les échoppes de médecine traditionnelle prônant acupuncture et ventouses.

BONNE FORTUNE ET REVERS, L’APPARTEMENT DE YI

Il est commun en Chine de surcharger son véhicule de boîtes en carton, que ce soit une voiture ou plus communément un scooter électrique (comme celui de Jin et Peng) ou un vélo. Les spectateurs les plus attentifs verront ce genre de détails, notamment dans le hall de l’immeuble de Yi ou de Peng où ils sont garés.

De même, les portes des appartements sont généralement ornées de petits personnages qui portent chance et qui sont suspendus la tête en bas, car en raison de l’homophonie linguistique chinoise la phrase « la chance arrive » ressemble à la phrase « la chance est à l’envers », c’est pourquoi la plupart des gens retournent ces petites figurines par superstition, pour favoriser l’arrivée de la chance dans leurs foyers. De même les affiches rouges sont pléthores car elles annoncent les bons vœux du Nouvel An que la plupart des gens laissent en place tout au long de l’année.

L’appartement de Yi est plein de détails typiquement chinois comme le calendrier mural qui a sûrement été placé là par la grand-mère Nai Nai, ou celui qui est dans la chambre de Yi avec un cochon pour figurer l’horoscope chinois de 2019 qui est sous ce signe. Pareil pour les thermos et les théières qui traînent partout et dont le design typiquement chinois semblera familier à tous ceux qui connaissent un tant soit peu la Chine.

Évidemment un bon intérieur chinois ne se respecterait pas sans la paire de chaussons obligatoires chez les Chinois, qui sont rarement pieds nus et ne portent pas leurs chaussures extérieures, que l'on trouve d’ordinaire en rang d’oignons devant les portes d’entrée.

LA NOURRITURE DE LA RUE ET CELLE DE LA MAISON

Si les Chinois se nourrissent beaucoup de street-food, souvent des pâtes, des kebabs, des youtiao (une sorte de beignet chinois), ou des raviolis, pour eux rien n’égale la cuisine faite maison et le film regorge de plats plus appétissants les uns que les autres concoctés par Nai Nai, dont la spécialité, les raviolis au porc, font le bonheur d'Everest et de Peng.
Le dîner familial qui clôt le film est très symbolique de l’unité familiale retrouvée. Les bols, l’abondance de plats (poulet au Coca, Bok Choy, Shitake, poissons et crevettes grillés à la braise, porc à l’ail) et la soupe au poulet qui trône au centre de la table en sont caractéristiques.

PIERRE, FEUILLE, CISEAUX
C’est peut-être le jeu le plus populaire en Chine et aux États-Unis. Quand Everest et Peng y jouent ensemble, la production a estimé que c’était l’occasion de le faire en mandarin, ce qui n’est pas dans le même ordre et signifie en fait « Ciseaux, Pierre, Papier ».

LES EFFETS SPÉCIAUX INÉDITS DE MARK EDWARDS

Il travaille chez DreamWorks depuis plus de 22 ans, à l’éclairage et aux effets spéciaux, et en est devenu directeur sur KUNG FU PANDA 3 (Jennifer Yuh Nelson et Alessandro Carloni, 2016). Il a travaillé de nombreuses fois avec la réalisatrice Jill Culton. Cependant il estime que ce film a peut-être été le plus compliqué de tous ceux sur lesquels il a pu travailler. Entre les paysages, la magie, l’avalanche dans l’Himalaya, lui et son équipe s’en sont donné à cœur joie. Une fois n’est pas coutume, son département a été sollicité très tôt dans la création du film, et au fur et à mesure que les décors de MAX BOAS étaient imaginés ou pour la magie qui opère entre Yi et Everest, on leur demandait comment on pouvait envisager la chose, et s’ils avaient des suggestions ou des pistes, ce qui ne se passe d’habitude qu’une fois que l’univers est défini.

C’est ainsi qu’ils ont créé une des plus belles scènes du film dans la province du Set Chuan un peu au-dessus de Leshan, où Everest convainc Yi de jouer pour son père et de laisser ainsi toute la peine sortir de son coeur. Alors qu’elle joue, les champs se mettent à fleurir pour illustrer la confiance qui la gagne alors qu’elle transforme sa peine en art. Un travail minutieux sur la lumière et les textures, ainsi qu’en numérique pour que la scène passe des tons gris à un grand soleil.

PREMO & MOONRAY

Premo, le logiciel mis au point par DreamWorks et MoonRay la machine qui permet de mesurer les rendus de reflections sur toutes les surfaces en temps réel, combinés ensemble font des merveilles et permettent très tôt d’intégrer un travail sur la lumière. Un processus qui accélère drastiquement le travail.

Todd Wilderman le co-réalisateur nous explique : « avant on travaillait avec des personnages non texturés. Dans le cas d’Everest, ç’aurait été comme un gros bibendum sans poils. Pareil pour les enfants, on aurait travaillé avec des formes géométriques, ils n’auraient eu ni cheveux ni vêtements avant un stade assez avancé. Là on a pu travailler directement avec leur apparence définitive. Et avec une équipe comme la nôtre, rien n’était impossible : PAUL DUNCAN, le directeur artistique a réussi à isoler la fourrure blanche du Yeti de la blancheur de la neige. Un pari difficile qui équivalait selon les dires de ce dernier à dessiner un ours polaire dans une tempête de neige. Il s’est servi d’ombres portées et d’un travail délicat sur la lumière afin de détacher le blanc du blanc.

LUDOVIC BOUANCHEAU, un des animateurs est allé jusqu’à prendre des cours de violon pour réussir à animer Yi ! »

Mark Edwards renchérit : « On avait passé tellement de temps sur elle et tous les détails, jusqu’à la couleur rouge de son Tee-Shirt, la couleur de l’héroïsme en Chine, ses cheveux, ses vêtements, on n’allait pas se laisser faire par un violon… ni un sac à dos ! Mon passage préféré est celui où elle trouve le courage sur le pont d’attraper son violon et de jouer, c’est une des plus belles scènes de ma carrière ».

Tous les personnages avaient leurs particularités : la mère de Yi devait paraître plus âgée sans avoir l’air vieille, Nai Nai qui avait été créée avec des cheveux gris a été modifiée à la mode chinoise où les femmes préfèrent garder leurs cheveux noirs et les teignent, les cheveux de Peng à l’origine étaient dans un style manga qui était impossible à reproduire en mouvement, et qui ont donc été modifiés. Mais la vraie gageure aura vraiment été la transformation de Jin, qui passe de dandy apprêté à quelqu’un de complètement différent que cette aventure aura modifié à jamais. En animation, les cheveux et les poils sont toujours le vrai centre des problèmes. La coiffure du Dr Zara elle aussi a bénéficié d’un traitement très attentif, surtout sa queue-de-cheval et plus encore quand ses cheveux étaient libres !

LA COURSE EFFRÉNÉE DANS LA VILLE

DAVE VALERA et RHIANNON WILLIAMS sont à l’origine de ce passage qui est un de ceux qui a généré le plus de soucis et donc de créativité afin de les résoudre tous. Ils sont carrément allés au musée des éclairages urbains de Glendale afin de vérifier comment les feux de signalisation ou les enseignes électriques se refléteraient sur une fourrure blanche. MICHAEL NECCI à la direction de l’éclairage a ensuite porté la scène à un autre niveau.
LES VAGUES DE COLZA
Cette scène où les enfants surfent avec Everest sur des champs de fleurs de Colza est une des plus marquantes du film. Et pourtant les graphistes n’avaient aucune idée de l’effet incroyable qu’elle finirait par donner quand ils ont entamé cette scène. Ils ont commencé par la simuler avec de l’eau puis de l’eau et du colza pour enfin ne la former que de fleurs en utilisant des images de surfeurs pour décrypter la vraie dynamique d’une vague.

LA FORÊT DE BAMBOUS

Cette scène a été inspirée par une scène d’un des films préférés de MARK EDWARDS, AMERICAN BEAUTY (Sam Mendes, 1999) où l’ordinateur renvoie des reflets qui ressemblent à des barres de prison. Cette forêt devait donner la même impression avec une palette monochromatique propice à l’intimité, et l’occasion pour Yi de s’ouvrir à Jin.

LES NUAGES DE KOÏ

Quand il a fallu s’attaquer à faire chevaucher aux héros des nuages de poissons, les complications ont atteint leur paroxysme. DOMIN LEE s’est chargé de rendre ces nuages assez volatils pour voler mais en même temps assez compacts pour être chevauchés. Il s’est inspiré de vidéos sur les nuages dans les montagnes qui en s’amoncelant finissent par former ce qui ressemble à des rivières..

LE POUVOIR GUÉRISSEUR DE LA MUSIQUE

Le lien entre Yi et Everest passe par la musique, quelque chose qu’elle garde pour elle, car c’est sa manière de raviver la mémoire de son père décédé. Devant le désarroi et la confusion d’Everest, elle s’en sert pour essayer de le calmer. Elle n’a aucune idée qu’en mettant son art au service d’autrui c’est elle-même qu’elle guérira.

RUPERT GREGSON-WILLIAMS signe la musique du film, en collaboration avec Stargate pour lui donner cette tonalité si particulière.

Les passages au violon sont interprétés par un duo de violonistes CLIO et THOMAS GOULD que la précision du graphisme des scènes où Yi joue de son instrument a vivement impressionné. Ils ont eu l’occasion de jouer sur un stradivarius vieux de plus de 300 ans. Clio nous confie à propos de sa jeune alter ego à l’image : « le violon est un instrument qui ne se laisse pas facilement apprivoiser. La plupart des apprentis violonistes n’obtiennent pas le son qu’ils cherchent et, ce, pendant des années, et d’un coup, il est là. Le moment où un violoniste trouve ‘‘sa voie’’ est un moment magique ».

Une magie qui s’exprime littéralement dans la scène près du Bouddha où la végétation se met à s’épanouir au son du violon de la jeune fille dans une véritable communion.

Les thèmes musicaux de Yi et d’Everest sont primordiaux, surtout au moment où elle réalise, qu’il l’a fait passer par tous les endroits qu’elle et son père voulaient visiter. Alors qu’elle pensait qu’ils étaient perdus, Everest les menait sur une piste bien balisée qui amenait la jeune fille à s’ouvrir à Jin, en lui expliquant à quel point elle sent que sa famille s’est éloignée. Quand le jeune homme lui fait alors remarquer que ce n’est pas forcément la famille qui s’est éloignée, elle comprend qu’il parle d’elle. C’est pourquoi, quand Everest pousse le violon vers elle, Yi se met à jouer au diapason avec la nature et fait sortir tout l’amour et toute la peine qu’elle étouffait au fond de son cœur.

Michelle Wong, qui a grandi en apprenant le piano et la musique classique a su apprécier le fait qu’un morceau musical classique ait été composé pour un film d’animation, ce qui n’est pas chose courante, comme le fait de voir un personnage principal animé jouer du violon. Le tout est accompagné en fond d’une adaptation pour corde de Fix You, le célébrissime titre de Coldplay, et d’un chœur de voix humaine qui sous-tend l’ambiance musicale de tout le film. Le compositeur conclut : « ils ont servi dans tous les moments un peu magiques. Ils s’accordaient parfaitement avec le murmure d’Everest qui était la réponse à la musique de Yi, avec un côté guttural et ésotérique ».

Source et copyright des textes des notes de production 
@ Universal Pictures International France

  
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