dimanche 23 décembre 2018

UNFRIENDED: DARK WEB


Épouvante-horreur/Thriller/Moderne, horrible dans les idées déroulées dans le scénario, pas sans défauts, mais plutôt efficace

Réalisé par Stephen Susco
Avec Kurt Carley, Colin Woodell, Betty Gabriel, Stephanie Nogueras, Rebecca Rittenhouse, Andrew Lees, Connor Del Rio, Savira Windyani...

Long-métrage Américain
Durée: 01h28mn
Année de production: 2018
Distributeur: Apollo Films

Interdit aux moins de 12 ans

Date de sortie sur nos écrans : 26 décembre 2018


Résumé : Un jeune homme trouve un ordinateur portable et, innocemment, le ramène chez lui. Dans les dossiers, il déniche d'inquiétants fichiers cachés qu'il s'empresse de montrer à ses amis sur Skype. Sans le vouloir, tous se retrouvent dans les tréfonds du Dark Web et découvrent rapidement que quelqu'un les observe et que cet inconnu est prêt à tout pour récupérer son portable et protéger ses secrets.

Bande annonce (VOSTFR)


Ce que j'en ai penséUNFRIENDED: DARK WEB est produit par Blumhouse, un studio connu pour ses films d'horreur à petit budget qui font mouche et c'est bien dans cette catégorie que rentre ce film d'épouvante. Si on fait abstraction de certaines décisions scénaristiques qui laissent un peu songeur et du manque de culture générale des personnages qui surprend un tout petit peu, dans l'ensemble cette histoire est terrible, mais assez sympa. 

Le principe de n'utiliser que des écrans pour nous guider dans l'action n'est pas nouveau, mais il reste amusant d'autant qu'il est bien géré par le réalisateur et scénariste Stephen Susco. Ce dernier veille à nous faire comprendre le contexte au fur et à mesure dans la première partie du film, il installe le suspens et gère son intrigue jusqu'à la toute fin. Les interactions entre les personnages sont dynamiques, il se passe plusieurs actions en même temps parfois, mais le réalisateur rend toujours le tout compréhensible et attire notre attention sur les éléments importants pour comprendre ce qu'il se passe au-delà des détails techniques. L'intrigue est résolument moderne avec un message appuyé sur les dangers de l'internet et certains des pièges qui se tapissent dans la toile. Il y a des moments horribles surtout par les idées monstrueuses que les images transportent et sur ce qu'il a pu advenir ou ce qu'il pourrait se produire. Le réalisateur guide donc très bien notre imagination par rapport à ce qu'il ne montre pas et c'est parfois glauque.



Le groupe d'amis au centre de l'intrigue est attachant, de Colin Woodell qui interprète Matias, à Betty Gabriel qui interprète Nari, en passant par Stephanie Nogueras qui interprète Amaya, Rebecca Rittenhouse qui interprète Serena, Connor Del Rio qui interprète AJ ou encore Andrew Lees qui interprète Damon. Ils ont chacun une personnalité bien dessinée. Ce sont des jeunes gens dans l'air du temps et ils se complètent face aux événements.

Copyright photos @ Apollo Films

UNFRIENDED: DARK WEB est un film qui joue sur des peurs liées à la perte de contrôle, à une propagation du divertissement néfaste et décérébré, au manque d'empathie lié à une vie connectée... Il est efficace dans son genre et réserve quelques surprises. Les amateurs du genre passeront un bon moment. 

NOTES DE PRODUCTION
(A ne lire qu'après avoir vu le film pour éviter les spoilers !)

ENTRETIEN AVEC STEPHEN SUSCO (SCÉNARISTE & RÉALISATEUR) 

Comment avez-vous fait pour créer un film qui semble se dérouler intégralement sur un écran d’ordinateur ? Quelles difficultés avez-vous rencontré en choisissant la manière dont les personnages se déplacent à l’écran ? 

On m’a beaucoup aidé. Ainsi, j’ai eu la chance de travailler avec Nelson Greaves (scénariste & coproducteur du premier UNFRIENDED) qui a déjà une grande d’expérience avec ce type de narration complètement unique. Il m’a beaucoup aidé en m’aidant à comprendre que nous faisions essentiellement une sorte de film animé mais avec sans animation, tout en action réelle, et m’aidant à intégrer cette approche au niveau du scénario. 

En fin de compte, le monteur, Andrew Wesman (co-monteur du premier UNFRIENDED) a joué un rôle-clé en ce qui concerne le look du produit final. Il a beaucoup amélioré le workflow depuis le premier film et à tout moment, il sait rendre la phase de montage incroyablement flexible. Nous avons travaillé ensemble quotidiennement depuis la mioctobre 2016 jusqu’au début de cet été. Il s’est occupé non seulement du montage, mais aussi des effets visuels, de l’animation sur l’écran (mouvements de la souris et des différentes fenêtres), et du montage sonore… Il a même servi de réalisateur le jour où je fus mis K-O par une intoxication alimentaire. Il n’existe aucune mention possible au générique susceptible de regrouper les multiples rôles endossés par Andrew au cours du tournage et du montage. 

Avez-vous rencontré des défis particuliers en réalisant ce film ? 

Oui, un grand nombre. Ce fut une expérience enrichissante. C’est mon premier projet qui se déroule en temps réel et avec la contrainte supplémentaire de ne jamais pouvoir s’éloigner du point de vue d’un écran d’ordinateur. Ce fut un vrai challenge mais aussi une expérience passionnante de chercher à utiliser un écran d’ordinateur afin de créer un récit narratif et dramatique qui se tienne. En outre, la polyvalence de ce format nous a conduit à un processus de post-production qui ressemblait plutôt à de la production pure, dans le sens où nous pouvions essayer toute idée instantanément, y compris de nouvelles approches et de nouvelles séquences, souvent sans avoir besoin de les tourner. Point à la fois positif et négatif : nous pouvions tout essayer… et son contraire. Même si cela a contribué à rallonger la période de post-production, cette absence de contraintes créatives nous a inspiré un sentiment d’enthousiasme, d’aventure et de curiosité que je n’avais jamais ressenti auparavant. 

Combien de temps a duré la production du film? 

On a principalement tourné pendant huit jours au début du mois d’octobre 2016. On a eu quatre jours pour tourner la plupart du dialogue et quatre jours pour le reste. On a tourné deux jours de plus l’été suivant et puis des bribes par-ci par-là, dont plusieurs qui furent tournées à distance – y compris pendant que l’un des acteurs se trouvait à l’étranger. 

Comment avez-vous fait pour aider les acteurs à jouer pour ainsi dire « dans » un écran d’ordinateur ? Cela vous est-il venu naturellement ? 

Le réalisme fut essentiel pour obtenir un jeu convaincant. On a eu cinq jours de répétition — plus que pour filmer le dialogue — et j’ai eu de la chance de travailler avec des acteurs très talentueux, prêts à se lancer dans un tel projet. La plupart d’entre eux n’ont reçu le scénario qu’un ou deux jours avant la première répétition. On a poursuivi celles-ci comme pour une pièce de théâtre, en affinant le dialogue et les relations entre les personnages et en repérant les meilleurs moments pour laisser cours à l’improvisation. Le premier jour de tournage, on a continué à faire comme s’il s’agissait toujours d’une répétition, mais une répétition filmée : nous disposions de cartesmémoire d’une durée de trois heures pour enregistrer notre travail et ce fut une joie d’observer et de guider les acteurs lorsqu’ils ont commencé à contrôler « en direct » plusieurs aspects de leur jeu. Rien que la première journée, ils ont tourné 47 pages ½ de dialogue. 

D’où est venue l’idée du film ? 

L’année précédente j’ai développé un projet qui m’a amené à passer beaucoup de temps avec les membres de plusieurs services de renseignement, et j’ai beaucoup appris en matière de surveillance technologique. Outre cette expérience, ce sont également mes craintes envers l’univers des réseaux sociaux qui m’ont inspirées ce film : à quel point souhaitons-nous réellement plonger au coeur de ceux-ci, quand finalement, nous n’en voyons pas le bout, et qu’on a aucune idée, en fin de compte, de ce qui nous attend ? 

Avez-vous croisé quelque chose sur le « Dark Web » qui vous aurait inspiré l’un des éléments du film ? 

J’ai décidé très tôt que tout ce qui se passait dans l’histoire devait être basé sur quelque chose qui s’était réellement produit.… Et au final, c’est pratiquement ce qu’on a fait. 

ENTRETIEN AVEC TIMUR BELMAMBETOV (PRODUCTEUR) 

Parlez-moi de la genèse du film 

Suite au succès du premier UNFRIENDED, j’ai rapidement songé à produire un nouveau projet « Screenlife. » 

Mes collègues au bureau de Los Angeles, Ana Liza Muravina et Maria Zatulovskaya, ont assemblé un atelier créatif permettant à de jeunes cinéastes de développer de nouveaux projets. Le principe de cet atelier est de développer des histoires qui se déroulent intégralement sur des écrans : ordinateurs, téléphones portables etc., comme c’est le cas pour UNFRIENDED. 

Nous avons vécu un moment passionnant : des professionnels expérimentés ont commencé à travailler dans nos bureaux avec des cinéastes prometteurs en les aidant à développer UNFRIENDED : DARK WEB, mais aussi SEARCHING, PROFILE, et LIKED AND FOLLOWED. 

Et deux ans après, grâce à notre partenariat financier avec Dossor, tous ces projets –dont UNFRIENDED- sont devenus des longs métrages. 

Parallèlement nous évoquions l’idée d’une suite avec Jason Blum, sans lequel le premier film n’aurait jamais connu un tel succès. Je ne me rappelle pas vraiment qui a eu l’idée de cette intrigue, l’histoire d’un jeune homme qui s’empare d’un ordinateur portable abandonné et se retrouve ainsi catapulté dans l’univers de son précédent propriétaire. 

En tant qu’immense fan de TENANT, j’ai beaucoup aimé cette idée. 

Une fois l’histoire conçue, tout s’est rapidement mis en place. En cherchant un nouveau réalisateur avec lequel travailler, je fus surpris de constater que le premier UNFRIENDED était devenu quasiment culte auprès de jeunes cinéastes, mais aussi auprès de réalisateurs et scénaristes établis. Quelques jours plus tard, Jason Blum et Couper Samuelson ont suggéré que Stephen Susco réalise le film. Étant quelqu’un qui apprécie son adaptation de JU-ON (THE GRUDGE), j’ai dit « oui » sans hésitation. 

Dans quel sens ce film développe-t-il l’univers de UNFRIENDED ? 

Critiques cinéma, producteurs et producteurs exécutifs ont souvent remis en question le concept du « Screenlife » comme générant des films trop semblables les uns aux autres. Mais je suis convaincu qu’un réalisateur talentueux parvient toujours à créer un film complètement différent. Tout ce qu’il faut c’est lui donner carte blanche, afin qu’il puise réellement exprimer son talent. Ça me rappelle ce que disait mon sergent dans l’armée : « une bombe ne frappe jamais deux fois au même endroit ! » 

Nous avons essayé de faire une suite qui se rapproche de l’original en termes de style. Un groupe d’amis joint la même conversation sur Skype afin de faire face à une menace inconnue qui s’est immiscée au sein de leurs ordinateurs et à laquelle ils doivent s’opposer de toutes leurs forces… mais je ne vais pas en révéler plus. Je vous laisse le découvrir vous-même… 

Parlez-moi un peu de votre travail avec le réalisateur, avec les acteurs, et de cette nouvelle collaboration avec Jason Blum… 

Ce fut un plaisir de passer un an de ma vie à travailler avec Stephen Susco. Il s’agit là son premier projet en tant que réalisateur mais il a su exactement ce qu’il voulait et comment l’accomplir. « Screenlife » s’est avéré être un outil formidable pour un cinéaste de sa trempe. Il a l’art de créer des images vraiment effrayantes et susceptibles de captiver le public. Comme j’aime beaucoup ce qui fait peur, on a décidé de faire un nouveau film ensemble. J’en suis également très reconnaissant à Jason Blum, non seulement de m’avoir présenté à Stephen, mais aussi pour son soutien, et pour celui Donna Langley qui, en 2015, a permis aux productions « Screenlife » de se retrouver en salle. 

Et je fus ravi de travailler de nouveau avec l’équipe du premier UNFRIENDED : Nelson Greaves, Adam Sidman et Couper Samuelson. 

Pourquoi Internet et en particulier le « Dark Web » forment-ils un cadre aussi propice au cinéma d’épouvante ? 

Les vrais fans d’horreur savent que pour vraiment susciter l’angoisse, celle-ci doit naître de notre environnement quotidien, dont le Web fait complètement partie. Nous évoluons en permanence dans un vaste océan numérique fait de sites d’information, de réseaux sociaux et autres divertissements. Mais dans les profondeurs du Net se dissimulent des choses monstrueuses qui ne se dévoilent qu’au moment où leurs auteurs font main basse sur leurs victimes. Notre calme face à ces menaces potentielles, dont un simple mouvement de souris nous éloigne, me fait frémir. Bien entendu, ce film est une fiction. Mais la plupart des éléments dont Stephen s’est servi dans son film s’inspirent d’éléments réels tirés du Web. 

Comment la technologie a-t-elle évolué depuis UNFRIENDED ?

« Screenlife » en est encore à ses débuts. Les cinq dernières années nous avons produit sept films et nous avons du développer de nouveaux outils et logiciels nécessitant de nouvelles compétences.

On a développé un « enregistreur Screencast » offrant au public la possibilité d’interagir directement avec les films. Ce faisant, nous avons pour ainsi dire effacé la distinction entre jeux vidéos et cinéma. J’appelle cette technologie « SR : Screen Reality » (Réalité Ecran) — et je suis certain qu’elle va changer non seulement la façon dont nous créons les films « Screenlife », mais aussi nos vies numériques. Car celles-ci se font de plus en plus complexes et le besoin se fait sentir d’enregistrer les évènements qui s’y produisent afin de pouvoir les partager.

Que souhaitez-vous que le public retienne de ce film ?

Les bons films restent avec nous plus longtemps. Ils nous parlent et peuvent changer nos vies. Ce qui pourrait bien être le cas pour UNFRIENDED.

Nous confions nos informations personnelles et nos secrets à tous ces appareils électroniques, en pensant qu’ils sont protégés. Et si ces secrets tombaient entre les mains d’une personne cherchant à vous nuire ? UNFRIENDED se pose précisément ce genre de questions… Pour ce qui est des réponses, le public devra sans doute visionner le film au moins deux fois !

Source et copyright des textes des notes de production @ Apollo Films et UNIVERSAL STUDIOS All Rights Reserved

  
#UnfriendedDarkWeb

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