
Documentaire/Un sujet important, des intervenants avec des arguments, un documentaire à découvrir
Réalisé par Tarquin Ramsay
Avec Julian Assange, Jude Law, John Kiriakou, Charlie Veitch, Gavin MacFadyen, Sarah Harrison, Mick Jagger, Diani Barreto, Jacob Appelbaum, Steve Brine, Stephen Carville, Julia Farrington, Bernd Fix, Rop Gongripp, Mark Jackman, Natalia Kaliada, Nikolai Khalezin, Andy Müller-Maguhn, Annabel Smith, Jérémie Zimmermann...
Long-métrage Britannique/Allemand
Titre original : Free Speech Fear Free
Durée : 01h19mn
Année de production : 2016
Distributeur : Jupiter Films
Date de sortie sur nos écrans : 5 septembre 2018
Bande annonce (VOSTFR)
Ce que j'en ai pensé : ce documentaire a un double intérêt. Tout d'abord, il s'agit du premier film de son jeune réalisateur Tarquin Ramsay. Il mène son récit en se prenant lui-même comme fil rouge à la fois dans sa fonction de réalisateur et également comme premier concerné par les questions et réponses tournant autour de la liberté d'expression. Le montage est clair et il veille à rester en action au maximum, tout en illustrant les raisonnements ou les interrogations avec des images d'archives ou de lieux en cohérence avec le propos.
D'accord ou pas avec les agissements des activistes ou l'ensemble des idées exposées, que l'on soit admiratif ou perplexe, il n'en demeure pas moins évident qu'il est nécessaire d'aller les découvrir et, qu'au-delà de la chance de pouvoir aller voir ce film au cinéma librement, le plaisir de se confronter à des idées et d'apprendre par le prisme de visions engagées, fait de FREE SPEECH un documentaire dont il ne faut pas se priver.
NOTES DE PRODUCTION
(À ne lire qu'après avoir vu le film pour éviter les spoilers !)
La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’Homme. (article 11 de la Déclaration des Droits de l’Homme et du citoyen de 1789)
“Qu’est-ce que la liberté d’expression? Sans la liberté d’offenser elle cesse d’exister.” Salman Rushdie
“Si la liberté d’expression se limite aux idées qui nous conviennent, ce n’est pas la liberté d’expression.” Noam Chomsky
“Notre liberté à communiquer est importante car tout ce que nous considérons comme civilisé en découle. Chaque loi, chaque règlement, chaque constitution et tous nos autres droits dérivent de notre liberté à communiquer les uns avec les autres.” Julian Assange, dans Free Speech
TARQUIN RAMSAY : RÉALISATEUR
FREE SPEECH, PARLER SANS PEUR est le
premier film d’un jeune réalisateur anglais prometteur âgé de 23
ans : Tarquin Ramsay. Ce documentaire est le témoignage d’un
adolescent qui atteint l’âge de la maturité et qui est mis au
défi par son père, un soir dans un bar au Sri Lanka, de réaliser
un film sur la signification de la liberté d’expression. Débute
alors un périple cinématographique de 5 ans qui s‘achève en 2016
à Berlin, berceau et havre du mouvement digital de protection des
droits de l’homme.
En 2011 Ramsay est un ado de 15 ans aux
cheveux longs, armé d’une caméra et d’un micro qui interroge
des inconnus dans les rues de Londres, ses camarades d’école et
des personnalités publiques. Il entreprend un voyage personnel à
travers plusieurs pays afin de demander à des lanceurs d’alerte,
des citoyens engagés, des cyberpunks, des activistes, des artistes,
des hackers, des ingénieurs, de répondre à une seule question,
fondamentale et insaisissable : qu’est-ce que la liberté
d’expression ?
Le film atteint le cœur de ce qu’est
vraiment la liberté d’expression en révélant des témoignages de
personnes qui ont soit expérimenté directement les risques de
l’exercice de leur liberté d’expression et leus représailles
acharnées, ou qui sont devenues des cibles en revendiquant le droit
fondamental d’une vie privée et la liberté d’information. Ce
film révèle comment ces combattants défenseurs des libertés sont
devenus des cibles suite aux événements politiques qui ont secoué
la planète depuis 2011 – Un sujet d’une importance capitale pour
toutes les sociétés démocratiques.
INTERVIEW DU RÉALISATEUR
À quel âge avez-vous commencé à
prendre conscience des menaces sur la liberté d’expression ?
Le terme “liberté d’expression”
a toujours été présent quelque part dans ma conscience, mais je
n’en ai jamais eu de compréhension complète jusqu’à ce que je
commence la réalisation de ce film. J’avais 15 ans lorsque j’ai
commencé à poser des questions à mes camarades de classe, qui
comme moi, n’étaient pas informés et n’avaient qu’une vague
idée de ce que pouvait être la liberté d’expression. J’ai
vraiment pris conscience de son sens lorsque nous avons discuté avec
les membres du Théâtre Libre de Biélorussie. Je me suis rendu
compte que dans la dernière dictature d’Europe, des gens se
faisaient arrêter pour de simples représentations !
Quel en fut l’élément déclencheur
? Tout a commencé par un défi lancé par mon père, qui souhaitait
que je trouve une occupation pour mes vacances d’été. C’était
en 2011, lorsque Julian Assange devenait une figure de proue, juste
avant qu’il entre à l’ambassade équatorienne de Londres. Mon
père m’avait mis au défi de me faire inviter à la fête
d’anniversaire de Julian Assange, de m’y rendre avec une caméra
et de poser la question “Qu’est ce que la liberté d’expression
?” à n’importe quel invité présent - Elton John, Vivienne
Westwood, Lady Gaga. J’ai accepté son défi !
L’autre élément déclencheur était
également lié à Julian Assange. Le jour où mon père m’a lancé
ce défi, nous discutions avec des locaux au Sri Lanka. Je leur avais
demandé s’ils connaissaient certaines figures politiques - comme
David Cameron. Personne ne les connaissait. J’ai ensuite abordé le
sujet de WikiLeaks et de Julian Assange. La réponse des villageois
était stupéfiante. Ils soutenaient avec ferveur les principes de
WikiLeaks et le travail de Julian Assange. C’est sans doute ce qui
a décidé mon père à me défier.
Le fait de mener cette enquête avec
une caméra vous est-il apparu évident dès le début ?
Cela a toujours été une évidence.
Dès mon plus jeune âge, comme de nombreux autres réalisateurs,
j’ai commencé par faire des films d’horreurs de pacotille avec
mon petit frère et mon grand-père. Le classique : demandez au
boucher du coin s’il a des restes d’estomac de porc et vous avez
votre film ! Depuis mes 12 ans j’ai toujours été derrière la
caméra, lorgnant avec envie les grosses productions !
Afin de retranscrire le paysage de la
politique émotive et de la réthorique qui encapsule toute notre
société, la narration était essentielle pour le déroulé de notre
documentaire. C’est ce qui donne ce ton sobrement sérieux, et
permet même aux jeunes de ma génération une compréhension du
sujet critique de la liberté d’expression.
Comment, sans références, avez-vous
réussi à persuader des personnalités telles que Julien Assange,
Jacob Appelbaum ou Jude Law à vous accorder des entretiens ?
Eh bien, avec la plupart de mes
entretiens, je tentais juste ma chance, avec un ton qui suggérait
que c’était mon dixième courriel. Cela fonctionne habituellement
! J’ai également des contacts avec le Centre de Journalisme
d’Investigation de Londres qui m’ont aidé à obtenir des
entrevues. Si je dois donner des conseils, je dirais qu’il faut
créer des partenariats dès le premier jour et être confiant. Il
suffit de demander ! S’ils refusent, vous n’avez rien perdu.
S’ils acceptent, vous avancez de dix pas.
Je pense que ce qui a convaincu Julian
Assange par exemple, était que j’étais jeune et naïf. Je n’avais
pas formé un solide ensemble d’idéaux sur la façon de vivre ma
vie. En ce sens, je n’étais ni un État, ni un porteparole
d’entreprise, qui l’interrogerait sur la couleur de ses
chaussettes, ou sur son niveau d’hygiène. Je venais à lui avec un
petit ensemble de questions audacieuses, sur des sujets qui le
passionnaient. La liberté d’expression est le domaine de
prédilection de Julian Assange. Ça devrait être celui de tout le
monde.
Qu’avez-vous appris de fondamental
lors de ces différents entretiens ?
J’ai appris l’importance de la
liberté d’expression, et plus largement la communication comme
base de nos démocraties - notamment avec Julian Assange. C’est
être un esclave que de ne pouvoir s’exprimer. La capacité de
communiquer est la pierre angulaire de toute société.
Dans ce film, nous argumentons que
chaque loi, chaque constitution, chaque droit de l’homme et toutes
les conversations fleurissent parce que nous avons la capacité de
communiquer. Si vous placez une limite à la communication, alors
vous placez une limite chaotique et destructrice encore plus grande
sur le reste de la société. La liberté est l’oxygène de notre
société. Sans elle, pouvons-nous être pleinement humains ?
Une autre idée tirée de ces entrevues
est l’idée que nous prenons pour acquis la liberté d’expression
en Occident. La plupart des gens ne veulent pas vraiment que leur
concitoyens aient la liberté de parole. Ils veulent juste que les
autres aient la liberté de dire ce qu’ils veulent bien entendre.
Nous semblons créer un précédent actif en écartant tous ceux qui
cherchent à offenser, ou à critiquer. Nous devons contester les
idéaux racistes, mais la capacité de les contester vient en les
écoutant au préalable. Cette composante de la liberté d’expression
est souvent sousestimée - la capacité d’écoute. Descartes disait
“Comment pouvonsnous interroger quelque chose sans l’écouter en
premier lieu ?”. Cette compréhension est cruciale.
Tous les dirigeants actuels mènent-ils
selon vous la même politique liberticide - même si elle est à des
stades différents ?
Il faudrait cinq paragraphes distincts
pour répondre à cette question !
Lorsque le leader du parti vert
américain, Jill Stein, a fait sa campagne deux semaines avant les
élections américaines, elle a déclaré : « Je vais avoir du mal à
dormir la nuit si Trump gagne, mais je ne dormirai pas du tout si
Hillary Clinton gagne. » Clinton, May, Merkel et Macron font
évidemment partie de l’élite institutionnalisée qui souhaite le
statu quo.
D’un point de vue démocratique
occidental, aucun de ces individus ne se soucie vraiment de la
liberté d’expression ! Ils ne comprennent pas son importance,
certains moins que d’autres. Jill Stein parle de l’idée du
panoptisme du 20e siècle écrite par Foucault. Avec Clinton, May,
Macron, Merkel, nous continuons à vivre sous ce voile illusoire de
la liberté où nous croyons tous avoir un libre choix et une libre
communication, mais nous sommes en réalité entourés d’un
capitalisme de surveillance. Cela rend la critique difficile. Avec
Trump et Poutine, leurs atteintes à la liberté sont si évidentes
et crues, qu’ils en deviennent presque des cibles faciles.
Lorsque Trump a gagné, les éditeurs
du monde entier s’en frottaient les mains, non seulement parce
qu’ils avaient 10 000 histoires potentielles de plus pour leurs
journaux, mais aussi parce que Trump n’avait pas le
professionalisme politique que les autres candidats avaient atteint.
Finalement, les extrémistes religieux
de Daesch ont-ils accéléré la prise de contrôle par les autorités
et les états occidentaux de nos vies privées et le phénomène de
surveillance de masse accru ?
Le bouc émissaire du terrorisme pour
la diminution de la liberté est un sujet très important. Le
processus : faire peur par le prétexte du terrorisme pour obtenir un
soutien plus populaire à l’adoption de lois de surveillance
draconiennes limitant la liberté d’expression. C’est quelque
chose qui doit être remis en question. Des attentats terroristes ont
eu lieu en France, oui ! Des citoyens sont morts, oui ! Pendant des
siècles, les Français se sont battus pour leur liberté comme à
l’époque des Lumières. Il est essentiel de la maintenir.
Préféreriez-vous la menace - et
seulement la menace - d’une attaque terroriste, ou votre capacité
à communiquer librement ? C’est une décision importante à
prendre. Nous pouvons nous battre contre le terrorisme et être prêts
à l’abandonner, mais si nous ne nous battons pas pour garder notre
liberté et notre libre communication, alors nous ne pourrons pas la
récupérer.
La surveillance de masse est la
tactique pour réprimer les attaques terroristes, mais il a été
démontré à maintes reprises qu’elle était pratiquement inutile.
Théoriquement, c’est l’aiguille dans la botte de foin. Quand le
gouvernement sonde autant de gens, il est plus difficile pour lui de
distinguer les criminels. Même les services de renseignement
britannique l’ont admis il y a quelques années, en disant que
c’était de plus en plus difficile pour eux, puisqu’ils
surveillent trop de gens - dans notre cas, toute la population.
Comment voyez-vous l’évolution de
nos sociétés vis à vis de la liberté d’expression dans les
années qui viennent ?
Je suis très optimiste. Nous devons
tous l’être !
Des douzaines de communautés à
travers le monde luttent activement pour la liberté d’expression.
À travers le développement de technologies de cryptage avec des
applications comme Signal, TextSecure, RedPhone et BlackPhone par
exemple. Tous ces services permettent une conversation privée et
sécurisée entre vous et votre interlocuteur. Bien que je ne sois
pas d’accord avec la structure économique d’une entreprise comme
WhatsApp, on peut constater une augmentation de la conscience du
devoir qui incombe à ces sociétés concernant la protection de
notre vie privée et notre capacité à communiquer librement.
Cette nuit-là, en avril 2016, lorsque
WhatsApp a activé le cryptage 256 bits, j’en suis resté bouche
bée. Du jour au lendemain, 990 millions de personnes utilisent
soudainement le cryptage. Évidemment, avec certaines clauses de
non-responsabilité, mais c’est un pas dans la bonne direction.
Après que Brian Acton, le cofondateur de WhatsApp ait créé la
Signal Foundation, je me rends compte que ce n’est pas un hasard,
le “capitalisme éthique” profite de l’éthique pour gagner
plus d’argent.
Selon vous les populations sont-elles
de plus en plus conscientes de la réduction de leurs libertés ?
Dans le film il est dit que pour que
vous vous sentiez affecté par quelque chose, vous devez d’abord
être infecté. C’est important. Avec le terrorisme, surtout en
France, les gens se sentent directement affectés par cela. Bien sûr
qu’ils le sont - les proches disparus, l’impact psychologique des
images, le passage des lois autoritaires. Les gens sont très
conscients en France. La preuve est dans les images de protestation
et de chaos qui éclatent dans les rues de vos grandes villes. Nous
le voyons tous dans le monde entier. Les médias aiment les
rapporter.
Nous devons comprendre l’intérêt
des médias à présenter un récit de la peur, du chaos, de la
satisfaction, de l’éducation, de la complaisance. Le journalisme
est le quatrième pilier de la démocratie. Comme la liberté
d’expression, c’est une composante fondamentale de cette capacité
de communiquer. Il permet aux citoyens de prendre des décisions
actualisées dans et autour du monde réel. Un problème mondial
systémique est celui des groupes de médias qui protègent les
intérêts et écrivent sténographiquement au nom de l’État ou,
dans certains cas, des sociétés. La vérité se déforme et
l’information que nous recevons en tant que citoyens est obscurcie.
Cette information étant que la liberté est toujours florissante ou
que la surveillance ne cible que les criminels.
Sécurité et Liberté sont-elles
toujours antinomiques selon vous ?
Je comprends que l’on perçoive la
sécurité et la liberté comme étant toujours en négociation. Pour
moi, la réponse est plus simple. La liberté conçue à travers une
communication claire et ouverte est fondamentalement plus importante
que la notion de sécurité. C’est la liberté de parole qui nous
permet d’avoir un débat sur la sécurité.
Ce sont les fondements de toute la
société - du parlement, des congrès et des institutions sociales.
Nous devons soutenir cela. Benjamin Franklin a déclaré que « ceux
qui abandonneraient la liberté essentielle pour acheter un peu de
sécurité temporaire ne méritent ni la liberté ni la sécurité ».
La lutte passe-t-elle prioritairement
par la provocation (les spectacles de rue de la Love Police), la
résistance (non-divulgation de données privées via le web ou des
communications téléphoniques), des manifestations, l’organisation
d’un vrai contre-pouvoir ?
La résistance nécessite une
implication des individus sur Twitter et autres plates-formes
d’expression ainsi qu’une plus grande résistance de la presse.
Nous avons besoin de protestation à grande échelle, nous avons
besoin de sit-ins, nous avons besoin de personnes qui refusent
d’utiliser certaines formes de communication. Nous avons besoin
d’organes élus comme l’Union européenne qui imposent des
pénalités et des sanctions à des entreprises comme Facebook si
elles continuent d’ignorer les droits à la vie privée de leurs
utilisateurs. Cela se produit déjà, cette semaine (Juillet 2018),
le Royaume-Uni a annoncé qu’ils commenceraient à imposer des
amendes à Facebook pour son implication avec Cambridge Analytica.
L’amende de 600 000 £ n’atteint même pas ses budgets de café,
mais au moins, cela crée un précédent qui montre que nous
n’accepterons plus cette merde !
Cette résistance repose sur chaque
citoyen qui suit le climat actuel de démocratisation des médias.
Tout le monde doit devenir journaliste ! Et pas selon la définition
de Mark Zuckerberg où il suffit d’un compte en ligne pour être
journaliste. Lorsque vous écrivez un blog, un tweet ou un statut,
vous devenez un instigateur d’opinion, pas un journaliste ! Nous
avons besoin que les citoyens suivent une formation journalistique
(un jour subventionnée par l’État) qui leur permette de
comprendre les responsabilités, les protocoles hypothétiques et les
principes suivis par les journalistes lors des reportages. Pour que
la résistance se développe, cette formation doit être adoptée dès
le plus jeune âge, peut-être même dans les collèges et lycées.
Avons-nous définitivement basculé
dans le monde totalitaire de George Orwell ?
1984 d’Orwell n’était que le
début. 1984 est déjà loin. Nous avons des populations entières
d’enfants qui, sans le savoir, transmettent toutes leurs données
d’emplacement & de mouvements en temps réel, à travers des
applications telles que Pokemon Go. Oliver Stone définit Pokemon Go
comme du capitalisme de surveillance. Aujourd’hui, nos données
Facebook sont un produit vendu à des sociétés de publicité, des
compagnies d’assurance et des agences gouvernementales.
En 2018, 60% du chiffre d’affaires
des six plus grandes entreprises technologiques (Facebook, Microsoft,
Google, etc, en un mot les GAFAM) proviennent uniquement de la vente
de nos données privées. Vos données ! Génial ! Chaque clic,
commentaire et partage entraîne un algorithme pour vous dire ce que
vous voulez. Vous n’entendez pas d’histoires sur le génocide de
masse en Birmanie, vous n’entendez pas parler des réfugiés morts
en Méditerranée, mais vous continuez à entendre parler des fesses
de Kim Kardashian et de la bouche de Lindsay Lohan. On se retrouve
avec des lecteurs à qui l’on ne fait pas confiance, et des
éditeurs robotiques.
La scène avec le policier démontre
qu’il peut être parfois assez facile de défier, de déstabiliser
le système, de faire douter ses propres agents de leurs légalité
et devoir. Y croyez-vous ?
Dans le contexte actuel, ça peut être
très facile si vous souhaitez interroger la police et les agents de
soutien communautaires. Beaucoup ne sont pas au courant de certains
règlements et de plus petites lois qui sont imposées pour gouverner
le pays. Il y a des dizaines de vidéos en ligne de personnages comme
Charlie Veitch ou similaires qui circulent embarrassant l’Etat.
Pour moi, ces vidéos sont utiles pour
apporter de la confiance à d’autres personnes à sortir et défier
l’État de la même manière. Je ne pense pas que cela crée un
changement géopolitique à grande échelle. Mais nous avons toujours
besoin de ce rappel, ce défi constant montre que nous existons
encore et que nos voix seront toujours entendues.
Copyright des notes de production @ Jupiter Films

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