Affichage des articles dont le libellé est RENE RUSSO. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est RENE RUSSO. Afficher tous les articles

lundi 5 octobre 2015

LE NOUVEAU STAGIAIRE


Comédie/Touchante et humaine, une jolie histoire pour passer un bon moment

Réalisé par Nancy Meyers
Avec Robert De Niro, Anne Hathaway, Rene Russo, Adam DeVine, Anders Holm, Jojo Kushner, Linda Lavin, Jason Orley...

Long-métrage Américain
Titre original: The Intern
Durée: 02h01mn
Année de production: 2015
Distributeur: Warner Bros. France

Date de sortie sur les écrans américains : 25 septembre 2015
Date de sortie sur nos écrans : 7 octobre 2015


Résumé : Ben Whittaker, un veuf de 70 ans s'aperçoit que la retraite ne correspond pas vraiment à l'idée qu'il s'en faisait. Dès que l'occasion se présente de reprendre du service, il accepte un poste de stagiaire sur un site Internet de mode, créé et dirigé par Jules Ostin.

Bande annonce (VOSTFR)


Ce que j'en ai pensé : LE NOUVEAU STAGIAIRE est le genre de film qui vous met le sourire aux lèvres. La réalisatrice Nancy Meyers a une approche humaine du traitement de ses personnages et c'est très plaisant. Même si tout n'est pas parfait dans son film, elle manie l'humour des situations adroitement et rend ses protagonistes attachants. Le film est joyeux et léger tout en abordant des sujets de société qui donnent à réfléchir. Le plus évident étant bien sûr le travail des seniors, mais ce n'est pas le seul. J'ai beaucoup apprécié que le scénario ne tombe pas forcément dans l'évidence, il m'a surpris à plusieurs reprises. La réalisatrice croque très justement la retraite, l'activité d'une start-up ou encore l'équilibre vie-travail et son impact sur le couple.


Il y a une belle positivité qui ressort de ce long-métrage car il parle de soutien, de confiance, d'amitié, de courage, de travail motivant, de rencontres qui vous portent et vous encouragent...
Robert de Niro, qui interprète Ben Whittaker, est génial dans ce rôle. Il est tellement touchant. Il joue en retenue, ce qui va parfaitement bien à son personnage à la fois très pro et solide, mais en proie aux doutes face à une génération par rapport à laquelle il se sait décalé.



Anne Hathaway, qui interprète Jules Ostin, est impeccable dans le rôle de cette jeune femme brillante et bosseuse, à qui tout semble réussir, mais qui est tout à fait consciente de ses imperfections et de ses fragilités.






Autour de ce duo, il y a toute une galerie de personnages secondaires rigolos et/ou sympathiques qui nous permettent de mieux cerner la personnalité de Ben et de Jules par leurs interactions avec eux.








Je pardonne aisément ses petits défauts à ce film (les quelques longueurs, les détails qui ne sont pas toujours cohérents...), car il a du cœur et il vous mettra de bonne humeur. Je vous conseille donc d'aller découvrir LE NOUVEAU STAGIAIRE qui est une jolie comédie dans l'air du temps.

INFOGRAPHIE: LE NOUVEAU STAGIAIRE EN IMAGES


NOTES DE PRODUCTION
(A ne lire qu'après avoir vu le film pour éviter les spoilers !)
BEN Un jour, j'ai lu quelque part que les musiciens ne prenaient pas leur retraite. Ils s'arrêtent quand ils ne sont plus habités par la musique. Eh bien, moi, je suis encore habité par la musique. J'en suis absolument certain.
Le cinéma de Nancy Meyers séduit grâce à sa manière authentique, drôle et poignante d’explorer les relations amoureuses, de la séduction au mariage, jusqu'au divorce et ses conséquences. Dans ses films, des liens d'amitié se nouent toujours entre les personnages et c'est exactement le sujet du NOUVEAU STAGIAIRE ! "Les relations humaines sont les moteurs de mes films mais il existe d'autres formes de rapports que les relations amoureuses", raconte la réalisatrice. "Du coup, quand j'ai eu cette idée d'un homme vieillissant qui devient stagiaire dans une start-up, j'ai su que ce ne serait pas une histoire d'amour traditionnelle ; il s'agirait d'une entente et d'une amitié entre deux personnes qui auraient très bien pu ne jamais se rencontrer".

LE NOUVEAU STAGIAIRE aborde aussi un autre aspect de notre vie qui participe de notre identité profonde : le travail. Nancy Meyers y fait allusion dès le début du film avec cette citation de Freud : "Amour et travail. Travail et amour. Ce sont deux des piliers de la vie". Nancy Meyers reprend : "Je pense qu'avoir un but et se sentir utile sont des besoins aussi fondamentaux qu'aimer et être aimé". Mais quand on se retrouve à la retraite et que l'être que l'on aimait n'est plus là, comment occuper ses journées et donner un sens à sa vie ? 3 C'est le dilemme auquel doit faire face l'un des deux personnages principaux, Ben Whittaker. Robert De Niro incarne cet homme qui a la chance de reprendre du service dans une start-up de Brooklyn. Le célèbre acteur a apprécié de travailler pour la première fois avec Nancy Meyers. 

Il confie : "C’est le genre de films dont Nancy a le secret. C’est à bien des égards un peu comme une comédie hollywoodienne classique mais tout à fait moderne. Ici, elle aborde un thème qui va probablement avoir de la résonance pour beaucoup de monde. Les gens ne pensent pas forcément que les choses ont changé, seulement qu'ils ont vieilli, et cela ne les empêche pas d’avoir encore beaucoup à offrir et d’être productifs". Face à De Niro, Anne Hathaway campe Jules Ostin, la fondatrice d’un commerce de mode en ligne, "About the Fit" (ATF) ["Question de taille", NdT]. "Nancy est une réalisatrice merveilleuse et pleine de sincérité, et, de mon point de vue, sûrement la femme la plus drôle que j’aie jamais rencontrée", admire l’actrice. "Elle est d’une précision redoutable. Ses films sont non seulement drôles mais également émouvants et profondément humains. Ils traitent avec justesse de la grande difficulté d’affronter la vie un jour après l’autre". 

La productrice Suzanne Farwell qui collabore avec Nancy Meyers depuis que celle-ci s’est lancée dans la réalisation en 1998 avec À NOUS QUATRE – et sur lequel elle était son assistante –, ajoute : "Les films de Nancy sont atemporels. Les sujets en jeu sont toujours sérieux mais ils sont observés à travers un prisme profondément humoristique. Sa capacité à trouver cet équilibre est sa marque de fabrique et le public y est sensible. Dans ce film, elle aborde des thèmes qui sont dans l’air du temps, tels que la place des femmes dans le milieu des affaires, la retraite et le sentiment d’être toujours utile, mais avec une approche un peu différente de ce qu’on connaît". Dans LE NOUVEAU STAGIAIRE, la réalisatrice raconte comment s'instaurent des rapports complexes et révélateurs entre Ben, issu du baby-boom, et une jeune femme appartenant aux "Millennials", la toute dernière génération à avoir accédé au marché du travail. 

Elle s’amuse aussi du choc culturel que subit cet ancien dirigeant d’une entreprise d’annuaires téléphoniques quand il se retrouve propulsé dans l’univers d’une start-up presqu’entièrement régie par le numérique dont les codes sont les suivants : tenues décontractées tous les jours, et pas seulement le vendredi ; généralisation du sweat à capuche à la place de la cravates ; utilisation de Facebook au lieu d'annuaires et de Tweeter au lieu de conversations de visu ; et recours aux émoticônes et aux mégaoctets plutôt qu'aux vraies émotions et à la galanterie ! "Je pense que, ces dernières années, le monde a radicalement changé. Tout va de plus en plus vite", indique Suzanne Farwell. "Il y a d’un côté des professionnels chevronnés qui ont énormément à offrir car ils sont riches de connaissances et de bon sens acquis tout au long de leur vie. Et puis, vous avez cette toute nouvelle génération qui travaille avec une attitude et une façon d’appréhender leur carrière entièrement différentes". Nancy Meyers campe son histoire dans le milieu fascinant de la culture des start-up. "Une start-up me paraissait le décor le plus intéressant et drôle dans lequel laisser l’inévitable choc des cultures se produire", déclare-t-elle. 

"C’était un terrain de jeu amusant avec ces deux générations qui se heurtent de plein fouet", note Anne Hathaway. "En raison des avancées technologiques et sociales, beaucoup de ce qui nous freinait jusqu’à présent est en train de disparaître petit à petit. Malheureusement, il semble que disparaisse aussi un certain sens de la courtoisie". De Niro partage cet avis. "Il y a bien évidemment beaucoup d’avantages à tirer de l’expérience et des traditions, et c’est ce que Nancy exprime dans cette histoire. C’est une histoire qui évoque les vertus de la maturité". Le fossé des générations a aussi fait place à un renversement assez intrigant, que l’on voit dans le film. "Alors que les jeunes filles sont devenues des femmes, les hommes sont eux restés de grands enfants", explique Nancy Meyers. "Pendant que les filles s’entendaient dire que l’avenir leur appartenait, je crois que les hommes se sont, de leur côté, un peu égarés en chemin et ne comprennent toujours pas ce qui se passe".

LE CASTING
BEN Bonjour Jules. Je m'appelle Ben et je suis votre nouveau stagiaire.
JULES Je suis ravie que vous trouviez ça amusant aussi.
BEN Mieux vaut en rire.
La première fois que l’on découvre Ben Whittaker, il assiste à un cours de taichi : "j’ai trouvé ce choix amusant mais aussi parce que Ben est tout à fait le genre à savoir que le tai-chi est bon pour la santé", révèle la réalisatrice. Sous ses dehors faussement zen, on apprend vite que le tai-chi n’est que l’une des nombreuses occupations que Ben a trouvées pour tenter de canaliser son énergie débordante maintenant qu’il est veuf et retraité. Pour passer le temps, Ben fait du golf et jour au pinochle [sorte de belote, NdT], va au cinéma, lit ; il a pris des cours de cuisine et de mandarin ; il a essayé le yoga et utilisé tous ses "miles" – ses points de fidélité – pour faire le tour du monde. Mais rien n’y fait : il ressent un manque. 

"Le travail et le fait d’avoir un endroit où se rendre tous les jours lui manquent", affirme Nancy Meyers. "Il veut à nouveau faire partie d'une équipe. Il va chez Starbucks chaque matin à 7h15 uniquement pour être à proximité de toute cette agitation". "Ben n’était pas exagérément ambitieux mais il a bien réussi et pense qu’il a de la chance", souligne De Niro. "Mais il trouve la retraite différente de ce à quoi il s’attendait. Je pense que ça dépend du métier qu’on a exercé mais Ben aimait foncièrement son boulot". La réalisatrice considère qu'obtenir l'accord de Robert De Niro pour le rôle de Ben a été un coup de maître. "Bob est un acteur génial dont le registre et l'intensité de jeu sont phénoménaux", déclare-t-elle. "Dans les autres comédies dans lesquelles il a joué, il a souvent incarné un dur mais en plus drôle. Cependant, dans LE NOUVEAU STAGIAIRE, on découvre une toute nouvelle facette de Bob. Dans notre film, il joue non seulement face à Anne Hathaway dont il est le stagiaire, puis un peu le mentor, mais aussi face à une équipe de jeunes acteurs dont plusieurs se sont formés en se produisant sur la chaîne Comedy Central. Leurs sont radicalement différents, et cela a donné lieu à des scènes d’anthologie à l’écran ou sur le plateau". 

Ben fait la connaissance du personnage d'Anne Hathaway quand il décroche un stage destiné à des seniors chez ATF, le site d’achat en ligne de Jules alors en plein essor. Or, lorsque celle-ci a accepté que sa boîte accueille des stagiaires confirmés, elle supposait qu’il s’agissait d'étudiants en dernière année – des "seniors" dans le vocabulaire américain – à l’université. "Jules n’est pas très à l’aise avec les personnes plus âgées", reconnaît la réalisatrice. "Elle entretient une relation un peu houleuse avec sa mère, si bien qu'elle ne se sent pas vraiment la mieux placée pour avoir un stagiaire senior". "Au début, elle résiste, parce qu’elle connaît le rythme soutenu de son travail et de sa vie et elle s’imagine que quelqu’un de plus âgé va la ralentir", ajoute l’actrice. "Mais il se pourrait bien que le programme de stagiaire senior soit ce qu’il lui faut". "Jules est une hyperactive : elle est très exigeante et investie dans son travail, et elle a vraiment la mentalité d’une bosseuse", poursuit-elle. "Elle est incroyablement intelligente et, ce que j’apprécie beaucoup, elle possède un cœur en or. La raison du succès de sa boîte ne tient pas seulement à son esprit vif mais aussi à ses actes tous motivés par une passion sincère et une réelle vision. Et cela s'applique aussi à Nancy", ajoute-t-elle avec un sourire. 

La réalisatrice avance que l’éthique professionnelle d’Anne Hathaway n’est pas sans rappeler celle de son personnage. Elle précise : "Anne est une femme d'une richesse extraordinaire. Elle dégage une volonté et une énergie impressionnantes à l’écran et c’est une des rares actrices qui sache tout faire. Elle sait être drôle quand il le faut ou encore vulnérable et sincère dans les séquences plus tragiques. Mais elle imprévisible et elle possède une originalité que j’adore". Ce qui apparaît d’abord comme de la résistance chez Jules cède rapidement la place à du respect et de l’admiration. "Dans une entreprise où la majorité des salariés sont de jeunes geeks pas forcément à l'aise en matière de relations humaines, Ben incarne le genre d'homme qui les pousse à cesser de fixer leur écran d'ordinateur et à parler aux gens", confirme l’actrice. "Jules est le produit d’une génération qui prend des décisions instantanément : on clique, on tweete, on poste, on supprime. Je crois qu’elle se met énormément la pression. Quand Ben débarque, il ne fait que l’écouter. Il ne la juge pas, il l’accepte simplement comme elle est et lui offre un peu de sérénité. Elle sait qu’elle n’est pas facile et il trouve ça génial. Il considère tout ce qu’elle estime comme rebutant chez elle comme autant de preuves qu'elle a de vraies valeurs humaines. Et s'il a pu vouloir se sentir utile, il s'avère qu’elle aussi a besoin de lui". 

"Jules est très ambitieuse et intelligente, et elle a eu la chance de pouvoir investir un marché de niche avec la boîte qu’elle a créée", suggère De Niro. "Je pense que dès qu'on entreprend quelque chose, il faut s’y atteler avec passion et attention, car il faut vraiment s’y investir. C’est ce que fait Jules en étant sur le terrain. Elle se donne à fond et prête son attention au moindre détail pour s’assurer que tout fonctionne au mieux". "L’amitié qui s'épanouit entre Ben et Jules est l'élément qui m’a poussée à écrire", annonce Nancy Meyers. "Leur relation personnelle est le moteur de cette histoire". La réalisatrice fait aussi remarquer que l’alchimie qui opère entre les deux acteurs a créé une puissante dynamique entre leurs personnages. "C’est quelque chose de magique qui se produit si on a de la chance", précise-t-elle. "On ne peut pas forcer les choses : ça se produit ou pas. Il y a un lien hors du commun entre Ben et Jules mais aussi entre Bob et Anne. Et je crois que ça saute aux yeux à l’écran". Les deux acteurs principaux confirment que leur admiration est réciproque. "Ce type de comédie possède une certaine finesse assortie de nombreux dialogues et d’un vrai sens du rythme", déclare De Niro. "C’est pour ça qu’il faut un bon partenaire et je n’aurais pas pu rêver mieux qu’Anne. Elle est d’un grand professionnalisme et possède un super esprit d’équipe. Elle a été magnifique". "J’ai eu beaucoup de chance d’avoir Bob pour partenaire", déclare l’actrice. 

"C’est un type vraiment formidable et il est génial dans le rôle de Ben, c’est évident. Il arrive à créer des effets très habiles dans une scène et quand on voit ça se produire sous ses yeux ça donne littéralement le frisson. Mais il est tellement modeste, cool et sympa qu’on en vient à oublier un instant qu’il est l’un des plus grands acteurs de tous les temps". Le programme de stage senior qui amène Ben chez ATF est l’invention du directeur d’exploitation de Jules, Cameron, incarné par Andrew Rannells. Celui-ci souligne que Cameron n’avait pas pris conscience à quel point son programme serait efficace, ni combien il leur serait utile, à lui et à sa supérieure hiérarchique. Rannells indique : "L’effet que Ben a sur Jules a aussi un impact sur Cameron. Il constate qu'elle est mieux organisée et plus sûre d’elle-même, ce qui facilite son travail pour les garder sur des rails, elle et l’entreprise". Si Jules est d’abord réticente à l’idée de bénéficier de l'aide de Ben, le reste du personnel et les autres stagiaires sont prêts à bénéficier de l’expérience de leur nouveau collègue. Adam Devine, qui joue Jason, le responsable des stagiaires dans l’entreprise, remarque : "Ce qui est super, c’est que Ben a connu le monde des affaires d’autrefois, quand c’était encore un univers d’hommes, et de machos. Mais il est capable de s’intégrer à leur univers que non seulement il apprécie mais dans lequel il s’éclate". Lewis, stagiaire féru d’informatique, est incarné par Jason Orley, jeune talent qui débute en tant qu’acteur dans ce film, mais que la réalisatrice connaît bien puisqu'il a été son stagiaire sur le tournage de PAS SI SIMPLE. 

"En étant aux côtés de Nancy près du combo, j’ai plus appris en un été qu’en quatre ans à l’école de cinéma. Désolé, New York University", signale Orley en souriant. "Quand j’ai reçu un e-mail de sa part me demandant si je savais jouer la comédie, j’ai pensé qu’elle me faisait marcher". "Il me faisait toujours rire", confirme la réalisatrice. "Mais il fallait absolument qu’il auditionne plus que quiconque, parce que je voulais être certaine de ne pas être la seule à le trouver drôle. Il est venu de Los Angeles pour la lecture de groupe et le voilà projeté au milieu de tous les acteurs expérimentés du film. Pas franchement simple pour lui. Eh bien, il a été génial". Zack Pearlman prête ses traits à Davis, autre stagiaire, que l’acteur décrit comme "un ado de 14 ans parachuté dans le corps d’un jeune type de 26 ans. Il n’a pas encore compris comment fonctionne un adulte. Du coup, il devient l’un des 'followers' de Ben, lui demandant des conseils sur la vie… car il en a bien besoin". 

"Tous les débutants choisis pour le film ont été fantastiques", se souvient Nancy Meyers. "Ça a été amusant de découvrir tous ces jeunes talents comiques". La réalisatrice a également trouvé drôle de voir leur entente sur le plateau nourrir leurs relations devant la caméra. "Au début, aucun des jeunes du bureau n’arrive à croire que ce septuagénaire qui ne sait pas allumer un ordinateur est bien là", dit-elle. "Mais petit à petit, ils se tournent tous vers lui pour des conseils. Cet homme avisé se retrouve parmi eux, il les intrigue et les fascine, et ils veulent tous lui ressembler, de la même façon qu’ils étaient fascinés par Bob ; Zack, Adam et Jason ont adoré traîner avec Bob et cela m'a plu parce que c’est exactement le comportement des stagiaires avec Ben. Et Bob a été merveilleux avec eux". "Ces jeunes gens ont tous été fantastiques et très drôles", raconte De Niro. "Ils m’ont bien fait marrer". "J’ai adoré leur énergie. Ils étaient vraiment sûrs de leur capacité à faire rire", acquiesce Anne Hathaway. 

"Ça a été stimulant de tourner avec tant de nouveaux talents et cela s’est traduit par une formidable complicité à l’écran". Une autre nouvelle recrue est l’assistante de Jules, Becky, interprétée par Christina Scherer qui dit de son personnage qu’elle est "un peu paumée. Elle en fait des tonnes car elle est terrifiée à l’idée de décevoir Jules". Même si les nouveaux collègues de Ben sont tous en âge d'être ses enfants, c'est une personne plus proche de sa génération qui attire son attention. La réalisatrice a écrit le rôle de la masseuse maison d’ATF, Fiona, alias Rene Russo, avec l’actrice à l’esprit. "Elle est probablement la première femme à susciter de l’intérêt chez Ben depuis que son épouse est morte", déclare Nancy Meyers. "Et pas parce qu’elle est belle, ce qu’elle est, mais parce que c’est quelqu'un de chaleureux et de vraiment présent". "Quand j’ai raconté à Bob que je voulais Rene pour le rôle, il m’a dit qu’ils avaient déjà tourné deux films ensemble", poursuit la réalisatrice. "Je n’en savais rien mais c’était parfait parce qu’ils étaient déjà liés par cette fantastique connivence. Rene est adorable et force la sympathie. Ça a été super de travailler avec elle". 

Même si les deux acteurs ont déjà collaboré à l’écran, LE NOUVEAU STAGIAIRE représente une première car ″j’ai pu masser Robert De Niro cette fois-ci″, plaisante l’actrice. ″Il y a pire dans la vie, non ? Bob est tellement amusant, c’est un plaisir de travailler avec lui ! Et j’adore les films de Nancy, si bien que j’ai été immédiatement partante″. Quand Ben est engagé pour devenir le chauffeur de Jules, il se retrouve mêlé à sa vie privée. ″En tant que femme, j’ai travaillé toute ma vie et je suis aussi mère de deux enfants : je me rappelle très bien ce que c’est que d’essayer de bien faire son travail et tout faire pour rentrer à temps pour le dîner. C’était très intéressant de se pencher sur la manière dont est perçu l’équilibre entre vie de famille et vie professionnelle pour la nouvelle génération de familles en 2015″, poursuit-elle. Anders Holm incarne Matt, le mari de Jules devenu père au foyer pour s’occuper de leur fille Paige (JoJo Kushner). ″Jules s’en sort très bien, mais elle brûle la chandelle par les deux bouts car elle est de plus en plus demandée de toutes parts″, explique Holm. Alors que les sollicitations se font de plus en plus pressantes au bureau comme à la maison, Jules doit prendre des décisions capitales pour son travail et sa famille.

LE TOURNAGE
BEN Je suis très heureux que vous soyez implanté à Brooklyn. J'ai vécu ici toute ma vie et ces derniers temps, j'avais le sentiment de ne plus être assez branché pour y habiter. Ça va peut-être m'aider.
Le tournage du NOUVEAU STAGIAIRE s'est déroulé en décors réels à Manhattan, Brooklyn et dans le Bronx, même si quelques séquences ont été filmées en studio à Yonkers [dans le sud de l’État de New York, NdT]. Pour communiquer avec les membres de son équipe, acteurs compris, sur tous les aspects du tournage, Nancy Meyers a utilisé un outil étonnant : Pinterest. ″J’adore Pinterest″, explique la réalisatrice. "Avant Pinterest, je n'arrêtais pas d'embêter tout le monde. J'avoue, je les saoule encore…" Elle a eu l'idée de créer un tableau Pinterest pour chaque personnage : tous les départements principaux de la production pouvaient y avoir accès et savoir exactement ce qu'elle avait en tête. "C'était très utile pour que tout le monde cerne un peu mieux les spécificités des personnages et l’univers dans lequel ils évoluent″, commente-t-elle. 

La chef-décoratrice Kristi Zea explique : "Il faut rendre hommage à l'énergie inépuisable de Nancy : elle a consulté des centaines de sites Internet et d'images pour rendre compte très exactement de ce qu'elle aimait et souhaitait pour le film. Nous n'avions qu'à les consulter et nous en inspirer. Le plus beau compliment a été de la voir arriver sur le plateau et l'entendre s'exclamer 'Oh mon dieu, on dirait mon tableau Pinterest'. Elle a vraiment l'œil et elle est très précise : elle sait exactement ce qu'elle veut et ne veut pas. Nancy possède de grandes connaissances concernant les décors, la couleur et le style : elle est d'une aide précieuse dans ce domaine″. "On peut dire que le style de ce film est assez minimaliste, simple et sans trop de fioritures. La palette est assez neutre, avec des matières et des textures plutôt naturelles", souligne la décoratrice. Le décor principal du film représente les bureaux d'ATF situés dans le quartier de Red Hook à Brooklyn. 

Après des repérages à Brooklyn même, les producteurs ont déniché le lieu idéal dans le Bronx, dans le studio de photographie "The Light Box", situé au deuxième étage de la "Bank Note Building", immense bâtiment où étaient fabriquées jusque dans les années 70 la moitié des billets de banque du monde entier. La réalisatrice a tout de suite aimé les grandes fenêtres d'origine, la brique vieillie et la lumière naturelle, autant de caractéristiques dont le directeur de la photographie Stephen Goldblatt a pu tirer avantage. Pour la jeune entreprise en plein essor spécialisée dans le commerce en ligne, la réalisatrice avait en tête un décor similaire à ce qu'elle avait pu voir en visitant des start-up. Toutes les entreprises visitées par Kristi Zea et Nancy Meyers lors de leurs repérages avaient établi leurs locaux dans de grands espaces à l'esprit très contemporain. Dans les bureaux d'ATF, tout est en open-space et personne, même pas Jules, n'a de bureau privatif. L'équipe Décors a construit des salles de conférence aux cloisons en verre, poli les sols et créé les lieux de détente pour les employés : une salle de massage et une cuisine ouverte. Des rangées de bureaux blancs et de chaises grises ont été transportées dans les locaux ainsi que des canapés design dans les espaces communs. 

"Nous avons délibérément évité de faire appel à des meubles trop coûteux pour respecter ce qu'on imaginait être le budget alloué par Jules à l'aménagement des bureaux de sa nouvelle entreprise", explique Nancy Meyers. "C'est très éclectique, sorte de mélange entre le style 'moderne' des années 50 et des objets trouvés et des pièces de designers. C'est très représentatif de Brooklyn, du commerce électronique, des start-up, de la mode, un style très tendance aux lignes très épurées", ajoute la décoratrice. Kristi Zea a bénéficié de l'expertise du directeur artistique W. Steven Graham et de son équipe pour l'aider à concocter l’univers voulu par Nancy Meyers. Ils ont également dû construire le site Internet de la société, véritable cœur de l'entreprise que l'on peut voir sur les écrans d'ordinateur tout au long du film. Une séance photo a été réalisée avant le début du tournage et ces images ont été utilisées dans les locaux d'ATF et sur leur site Internet. Même si elle a suivi toutes les étapes du développement du projet, Nancy Meyers admet : "J'ai été très emballée en voyant pour la première fois les bureaux installés et le logo affiché ! Je me suis dit que ça avait l'air authentique : on aurait dit que Jules avait fait tout ça. J'ai été vraiment satisfaite du travail réalisé par toute l'équipe pour donner vie à ATF". 

Le film se situe principalement dans les bureaux de l'entreprise de Jules mais le public a aussi un aperçu des domiciles des principaux personnages : "Les foyers des gens sont le cadre idéal pour raconter des histoires : c'est très important pour l'esthétique du film et j'aime vraiment rendre crédibles les lieux de vie des personnages", ajoute la réalisatrice. Pour camper la résidence de Park Slope de Jules et Matt, les producteurs ont choisi une traditionnelle "brownstone" de Brooklyn qui venait d'être rénovée dans le quartier de Clinton Hill. Pour les intérieurs de ce bâtiment en briques typique de New York, Nancy Meyers a choisi une palette sombre et anthracite. Anne Hathaway déclare : "On trouve dans tous les films de Nancy une cuisine qu'on rêverait d'avoir chez soi et celle-ci n'y fait pas exception ! J'ai été très enthousiaste à l'idée de passer un peu de temps dans une cuisine à la Nancy Meyers, croyez-moi, on pourrait réellement y préparer à manger !" L'appartement de Ben a été un peu difficile à concevoir, "car ce personnage représente un mélange de classicisme et de modernité", explique Kristi Zea. 

"C'est à Cobble Hill, à Brooklyn, qu'a été trouvée sa 'brownstone', plus petite que celle de Jules, et pourvue de plafonds plus bas". Autre détail important des décors des demeures des personnages : les œuvres d'art. Dans la maison de Jules, on trouve une collection très intéressante de gravures et de photographies en noir et blanc, aux côtés des dessins colorés de Paige. Chez Ben, ce sont des œuvres de Robert De Niro Sr. qui ont été exposées : l'acteur a en effet été nommé d'après son père, peintre figuratif dont il conserve les œuvres dans un atelier à New York et auquel il a consacré un documentaire. "Nous sommes allés chez Bob et il nous a dit de prendre tout ce qui nous intéressait", révèle la décoratrice. "C'est Nancy qui a eu l'idée d'intégrer des œuvres de mon père dans la maison de Ben, et cela m'a beaucoup ému. Je me suis dit que ça ajoutait une belle touche d'authenticité, comme si j'étais un peu chez moi", révèle l'acteur. 

Il était tout aussi important pour la réalisatrice que son foyer reflète son couple : "Il a été marié pendant quarante ans et il ne vit pas dans un appartement de célibataire : il habite dans ce qui a été leur foyer", dit-elle. Et quand un stagiaire se rend chez lui, c'est pour remarquer que les oreillers sont toujours placés sur le lit comme sa femme avait l'habitude de le faire. Chez Ben, un autre élément significatif réside dans son placard, qui montre bien qu'il a été un dirigeant d'entreprise à la carrière bien remplie : ce dernier a été élaboré par les collaborateurs de Kristi Zea pour donner un aperçu de la vie de Ben avant son départ à la retraite. D'autres lieux ont été utilisés à Brooklyn pour simuler un entrepôt d'ATF, deux cafés et un marché, ainsi que l'école de Paige à Park's Slope, les jardins de Cobble Hill Park où Ben et Paige sont invités à une fête d'anniversaire et Prospect Park où Ben prend des cours de tai-chi. Une maison victorienne à Ditmas Park à Brooklyn a servi pour représenter la maison des parents de Jules à New Haven dans le Connecticut. Enfin, une séquence très importante a été filmée au Waldorf Astoria de Park Avenue. C'est en effet dans cet établissement qui passe dans le film pour le Fairmont Hotel de San Francisco que Jules se confie à Ben. 

Sans oublier la scène où Jules boit quelques verres avec Ben et les autres stagiaires qui met en scène le Teddy's Bar & Grill de Greenpoint à Brooklyn. Dans une séquence pleine d'humour, Jason, Ben et les stagiaires partent faire une virée pour résoudre un problème pour Jules. Jason est dans la voiture et s'époumone sur le morceau de rap "Break Ya Neck" de Busta Rythms, sans se rendre compte que Ben et les stagiaires sont en train de monter et de descendre des escaliers en pleine chaleur. Vêtu de son costume en laine, De Niro n'a même pas transpiré pendant les nombreuses prises tandis que les jeunes acteurs qui n'en revenaient pas étaient tous en sueur. Nancy Meyers se souvient : "Ils lui ont demandé, incrédules, 'C'est dingue, tu ne transpires même pas, comment est-ce possible' ? et il leur a répondu 'Des années de pratique, je vous apprendrai'. C'était très amusant à filmer !"

LES COSTUMES
BEN Je me sens bien en costume – si cela vous convient…
JULES Bien sûr, ça me va. C'est votre côté conservateur.
BEN Tout à fait. En tout cas, je sortirai du lot.
JULES Je ne suis pas certaine que vous ayez besoin d'un costume pour sortir du lot.
Jules dirige peut-être un site Internet dédié à la mode mais quand il s'agit de s'habiller, son stagiaire n'est pas en reste. La garde-robe de Ben est celle d'un homme qui veut faire bonne impression, des pieds à la tête. Toujours impeccable, il finit par inspirer ses jeunes collègues à prêter un peu plus attention à leur apparence. Encore une fois, Nancy Meyers a envoyé des images à sa créatrice des costumes et aux membres de son équipe via Pinterest. La chef-costumière Jacqueline Demeterio a rencontré la réalisatrice grâce à la fille de celle-ci, attachée de presse chez Chanel : "Je me passionne pour tout ce qui touche à la mode et Nancy s'y connaît vraiment. L'allure chez ATF oscille entre style hyper branché et élégance chic", déclare-t-elle. La costumière et la réalisatrice se sont rencontrées pour discuter des personnages et mettre leurs idées en commun : "Je suis arrivée avec les photos qui m'inspiraient et Nancy avec son tableau Pinterest et les images étaient pratiquement les mêmes ! Ce n'est pas quelque chose qui arrive souvent, et cela veut dire que nous avons les mêmes goûts. Elle possède une esthétique très affirmée, et c'est quelque chose que j'apprécie beaucoup", déclare-t-elle. 

Suzanne Farwell ajoute : "L’un des signes distinctifs d'un film de Nancy Meyers, outre l'attention prêtée aux détails dans les décors, c'est le soin apporté aux costumes et le souci d’être à la pointe de la mode". Jacqueline Demeterio a collaboré avec la costumière de Robert De Niro, Aude BronsonHoward : "Ensemble, nous avons fait essayer plusieurs chemises et costumes à Bob et il s'est retrouvé avec énormément de vêtements de Brooks Brothers et Hickey Freeman. Il porte dans le film beaucoup de bleu et de gris". Il était important pour la réalisatrice de bien différencier le style vestimentaire de De Niro de celui des stagiaires : "Il porte des chemises dont il boutonne bien le col tout au long du film et j'ai donc essayé d'éviter que les autres hommes du film portent la même chose", explique la costumière. 

"Leur style penche plus vers le look branché typique de Brooklyn, mélangé avec des vêtements vintage et des pièces de valeur venant de chez Barneys et Bergdorf. Ben leur fait si forte impression que petit à petit, ils commencent à s'habiller différemment et à faire un effort pour porter de vraies chemises et même des vestes et des cravates". Concernant l'allure d'Anne Hathaway, Nancy Meyers remarque : "J'avais quelques idées et Jackie, qui est formidable, a su parfaitement les traduire". 

Plusieurs facteurs sont entrés en considération dans le choix de la garde-robe de l'actrice : "Elle est très chic, mais elle est également maman : il fallait donc qu'elle porte des vêtements adaptés, et que ce soit crédible qu'elle rentre tous les soirs chez elle s'occuper d'une enfant de 5 ans", détaille Anne Hathaway. "Quand on a commencé à évoquer Katherine Hepburn, l'esprit de Jules est devenu plus évident. Et quand on s'est dit 'alors, c'est un peu une Katharine Hepburn post-punk', tout est devenu beaucoup plus clair". Jacqueline Demeterio reconnaît que les tenues d'Anne Hathaway sont parmi ses préférées : "Concevoir la garde-robe de Jules a été vraiment très amusant. Une de ses tenues était composée d'un pantalon d'homme assez large avec un t-shirt vintage et une magnifique veste de smoking, le tout porté avec des baskets Céline et un sac Chanel. J'ai mélangé beaucoup d'éléments différents pour qu’elle ne tranche pas au sein d'ATF. J'ai choisi des pièces de chez Céline, Saint Laurent, Valentino, Hermès et du couturier parisien Cédric Charlier". Jacqueine Demeterio a également dû créer des tenues pour plus d'une centaine de figurants chaque jour. Et comme ces figurants sont censés "travailler" dans le milieu de la mode, il fallait que cela se voie. 

"Il était important de restituer l'esprit d'ATF", commente la responsable des costumes. Pour parfaire l'atmosphère du film, la bande originale a été composée par Theodore Shapiro. Tout au long du film, elle se mêle à divers morceaux choisis par la réalisatrice pour rythmer l'action, comme par exemple "Ain’t Misbehavin" de Benny Goodman, "Boogie Shoes" de KC & The Sunshine Band, "All About That Bass" de Meghan Trainor, sans oublier un morceau clin d'œil au film OCEAN'S ELEVEN lors d'une séquence d'essayage. "Quand Ben postule à ATF, il se dit que les musiciens ne s'arrêtent pas d'exercer leur métier tant qu'il y a de la musique en eux. Je pense que tout le monde a de la musique en soi et peut tout faire à condition d'être passionné. J'espère que LE NOUVEAU STAGIAIRE fera rire mais inspirera également le public : si on aime quelque chose, il ne faut pas y renoncer, mais il faut au contraire exercer sa passion aussi longtemps et du mieux possible", conclut la réalisatrice.

jeudi 26 mars 2015

Back to the future


Disponible le 7 avril 2015 
en DVD et Blu-Ray
En VOD dès le 26 mars 2015

J'ai beaucoup aimé ce film dans lequel Jake Gyllenhaal nous offre une belle performance en campant un personnage effrayant à souhait. Retrouvez mon avis sur NIGHT CALL ici

Résumé : Branché sur les fréquences radios de la police, Lou parcourt Los Angeles la nuit à la recherche d’images choc qu’il vend à prix d’or aux chaînes de TV locales. La course au spectaculaire n'aura aucune limite...


Blu-Ray

DVD

Bonus :
Featurette 
Bande-annonce 
Teaser viral 
Galerie photos

Durée du film : 1h57

jeudi 20 novembre 2014

Back to the future


Thriller/Drame/Dérangeant donc réussi

Réalisé par Dan Gilroy
Avec Jake Gyllenhaal, Rene Russo, Riz Ahmed, Bill Paxton, Ann Cusack, Kevin Rahm, Jonny Coyne, Jamie McShane...

Long-métrage Américain
Titre original : Nightcrawler
Durée : 1h57mn
Année de production : 2014
Distributeur : Paramount Pictures France
Hashtag : #NightCall

Date de sortie sur les écrans américains : 31 octobre 2014
Date de sortie sur nos écrans : 26 novembre 2014


Résumé : Branché sur les fréquences radios de la police, Lou parcourt Los Angeles la nuit à la recherche d’images choc qu’il vend à prix d’or aux chaînes de TV locales. La course au spectaculaire n'aura aucune limite...

Bande annonce (VOSTFR)



Extrait - Course poursuite (VOSTFR)


Ce que j'en ai pensé : Avec NIGHT CALL, son premier film, Dan Gilroy, le réalisateur, nous offre un long métrage à l'ambiance bien maîtrisée. Il est dérangeant. Le personnage principal est dénué de moralité et de sentiments. Il est manipulateur, avide de succès, bizarre, fou et fait froid dans le dos.
La ligne de direction est claire : montrer jusqu'où peut aller l'immoralité dans les médias. La réponse donnée ici est : loin, très loin. Si loin qu'on se sent mal à l'aise de regarder les événements se dérouler sous nos yeux. Le film réussit donc sa mission. Il démontre, explique et dénonce l'engrenage de la chasse aux images choquantes. Comme toujours, il y a deux vecteurs dans cette course au voyeurisme : les médias bien sûr mais aussi les spectateurs qui permettent aux chaînes, magazines... peu scrupuleux de faire leur beurre sur le malheur des autres. Le trait est ici appuyé pour montrer le cynisme côté médias. 
L'outil utilisé par le réalisateur pour développer son sujet est le personnage de Lou Bloom, anti-héros, que l'on n'aimerait pas croiser sur son chemin. Jake Gyllenhaal l'incarne de manière effrayante. Il est angoissant, délicieusement inquiétant et parfait dans ce rôle.





Face à lui, Riz Ahmed dans le rôle de Rick, permet de mettre en avant à quel point le personnage de Lou est décalé par rapport à la société.



Alors que Rene Russo dans le rôle de Nina Romina, offre au contraire à Lou un moyen de vivre pleinement sa psychose.



Les interactions entre ces protagonistes permettent à l'intrigue de monter en tension. 

NIGHT CALL pousse à fond son sujet pour obliger le spectateur à débattre. Même si certains faits n'apparaissent pas vraiment comme des surprises une fois qu'on a compris la psychologie de Lou, le film reste étonnant et surprenant par la force de l'ambiance qu'il réussit à créer et le malaise qu'il provoque chez les spectateurs. Los Angeles offre un écrin parfait à l'histoire et la musique de James Newton Howard accompagne la montée du délire de Lou à merveille. C'est un film construit solidement et dans l'air du temps. A découvrir.


NOTES DE PRODUCTION
(A ne lire qu'après avoir vu le film pour éviter les spoilers !)

Toutes les nuits, alors que la ville dort, des hordes de journalistes en bolides, munis de caméras vidéo ultrasophistiquées et de radios de police sillonnent Los Angeles en quête d’un scoop. Ces reporters free-lance, baptisés “ prédateurs nocturnes ” (night crawlers), sont avides d’accidents, d’incendies, de meurtres et de catastrophes en tous genres dans l’espoir de vendre leurs images aux chaînes d’info locales. Passant d’une scène de crime à l’autre, ils n’ont qu’une seule motivation : capitaliser sur les meurtres et les victimes. Pour le réalisateur Dan Gilroy, l’univers nocturne des chasseurs de scoops free-lance se prêtait à merveille aux aventures du personnage de Lou Bloom. Incarnation d’une jeune génération qui se sent aliénée, Lou vit à une époque où l’horizon professionnel n’est fait que de stages et de petits boulots. “ Quelles sont les perspectives d’emploi et de progression pour la génération de Lou, alors que le travail à bas coût s’est généralisé dans le monde entier ? ”, s’interroge Dan Gilroy. “Lou a toujours baigné dans cet univers-là. Il vit dans un monde de disparités économiques. De portes qui se ferment. De stages qui engendrent des générations d’esclaves modernes. Voilà l’environnement dans lequel évoluent Lou et des millions d’autres personnes de sa génération. Souhaitant brosser un portrait de ce Los Angeles contemporain, Dan Gilroy a commencé à mettre au point plusieurs personnages emblématiques. “ Lou n’est pas du genre à changer : il s’efforce plutôt de changer le monde qui l’entoure ”, explique le réalisateur. “ Pour moi, c’était la possibilité d’imaginer un personnage qui tend un miroir à la société. L’ascension de Lou dans le monde des chaînes d’info illustre le mythe américain de la réussite . Dan Gilroy déclare qu’il a souhaité “ faire passer l’idée terrible que la véritable horreur n’est pas incarnée par Lou, mais par le monde qui a engendré un personnage comme lui et qui, en plus, récompense ses efforts “.

Le défi, pour Dan Gilroy, a consisté à faire en sorte que le spectateur s’identifie à Lou en mettant constamment en valeur son humanité : “ Pour Lou, l’Evangile, ce sont les saintes écritures du monde des multinationales, et il y croit dur ”, estime Gilroy. “ Lou est très observateur, et s’imprègne de ce qui l’entoure. Ce sont là des qualités humaines auxquelles on peut s’identifier, tout comme son insatiable curiosité et son ambition. Étant donné qu’il recherche avant tout du travail et une vraie relation, on éprouve de l’empathie pour sa démarche. Ces qualités, comme sa solitude, le rendent profondément humain. ”

Jake Gyllenhaal est à la fois interprète principal et producteur de NIGHT CALL. Au cours de leur premier rendez-vous, le réalisateur et son comédien ont convenu d’aborder le projet comme un travail d’équipe. “ Depuis le début, je tenais à ce que Jake soit dans une démarche de pure découverte ”, note Dan Gilroy. “ Il est tellement doué que je ne voulais surtout pas étouffer ou frustrer sa créativité. ” Une fois que l’acteur a donné son accord, la directrice de casting Mindy Marin a réuni le reste des interprètes, en s’appuyant sur l’aide non négligeable de Dan Gilroy et de Jake Gyllenhaal lui-même.

nina, la prédatrice de scoops

Dans son ascension au sein du milieu des chasseurs de scoops, Lou est secondé par Nina. Celle-ci est interprétée par Rene Russo. “ Avec trente ans de métier au compteur, Nina est une experte dans ces nouveaux jeux du cirque que sont les chaînes d’info en continu ”, précise Gilroy. “ Elle a la cinquantaine, elle est belle, même si elle est un peu marquée par la vie. Elle a démarré devant la caméra mais, pour survivre, elle est devenue la mère maquerelle du bordel. ” 

Derrière cette façade glamour, Nina tente coûte que coûte de rester dans la course, dans un univers ultra-connecté, où l’“ infotainment ” se déverse 24 heures sur 24 sur les Smartphones. Sans même un iPhone, Nina est sur le point de passer dans le camp des espèces en voie de disparition : les dinosaures des médias traditionnels. Pour ne pas se laisser distancer, elle n’hésite pas à violer les règles de déontologie jusqu’au point de non retour et pousse Lou à lui rapporter les vidéos les plus trash qui soient. On sent bien le désespoir qui anime Nina lorsqu’elle parle de la chaîne : “ Imagine-toi notre présentatrice comme une femme hurlant, dévalant la rue la gorge tranchée. ” 

Dan Gilroy fait un parallèle entre le personnage de Rene Russo et celui de Lou : “ Ils sont tous les deux aguerris. Il n’y a pas vraiment de changement chez Nina, si ce n’est que son boulot lui assure davantage de sécurité à la fin qu’au début. Les interdits qu’elle transgresse en matière de journalisme sont de plus en plus graves, mais cela fait des années qu’elle bouscule les tabous. Dan Gilroy a écrit le rôle sur mesure pour Rene Russo – son épouse à la ville – parce que, dit-il, “ je savais qu’elle avait l’étoffe du personnage. Rene a cette capacité extraordinaire à avoir l’air d’une dure à cuire en apparence, tout en étant d’une grande sensibilité, et c’était fondamental pour le rôle ”. Dans l’univers des chaînes d’information, où les apparences priment souvent sur le fond, il était important que Nina ait l’allure d’une femme qui a démarré devant la caméra et qui s’accroche désormais à son poste de direction par tous les moyens. 

La chef-costumière Amy Westcott a mis au point un style vestimentaire qui s’inspire de ce que Nina portait vingt ans plus tôt, alors qu’elle était une star du petit écran. “ On a pas mal puisé dans le style qu’elle arborait à l’époque de sa gloire ”, explique Amy Westcott. “ Les femmes qui ont ce genre de poste cultivent souvent leur propre style, et s’y tiennent. Elle a une allure féminine, qui trahit aussi une soif d’ambition, car elle essaie toujours de gravir les échelons dans un univers où l’on ne se fait pas de cadeau. On a également ajouté une touche sexy à ses tenues car c’est ce qui caractérise les présentatrices de JT de Los Angeles. ”

l’acolyte

Jake Gyllenhaal tenait particulièrement à dénicher l’acteur capable d’incarner son acolyte Rick, qui connaît bien l’univers de la rue. “ On a sans doute auditionné 60 ou 70 personnes pour le rôle, et Jake a fait des lectures avec bon nombre d’entre elles ”, indique Gilroy. Mais dès l’instant où il a visionné l’enregistrement de Riz Ahmed, le réalisateur s’est dit que l’acteur était à même d’incarner avec subtilité cet homme sans domicile fixe, cherchant un boulot à tout prix. “ Riz a épaté tout le monde dès sa première audition, et nous a encore davantage surpris la deuxième fois où nous l’avons auditionné. Jake était présent pour faire plusieurs lectures avec Riz avant qu’on n’arrête notre décision. ” 

Pour se documenter, Riz Ahmed a passé du temps auprès de jeunes sans-abri de Los Angeles. “ Rick a mené une vie très dure et il a souffert d’être abandonné ”, explique le comédien. “ Il s’attache à Lou car il le considère comme une sorte de protecteur et de mentor. ” “ Au fond, Rick est un type bien, mais il est tellement au fond du trou qu’il fait des choix en contradiction avec sa nature profonde ”, poursuit le réalisateur. “ Comme les autres personnages, Rick évolue dans un monde criminel où les transactions ont remplacé les rapports humains. ”

les chaines d’infos locales

Lou évoque le pouvoir des chaînes d’info locales et leur soif de sujets criminels à sensation. Selon Dan Gilroy, ces faits sont authentiques : “ Malgré la baisse du taux de criminalité, les chaînes d’info locales entretiennent le mythe d’une criminalité urbaine qui menace la banlieue. Les sujets liés à l’information locale sont accompagnés d’avertissements. On tente d’imaginer des schémas criminels récurrents, en suggérant que la menace ne cesse de croître. Les infos deviennent des produits destinés à vendre de l’espace publicitaire. ” Lou va plus loin encore, en se lançant dans sa nouvelle carrière. Comme pour le reste, il aborde son travail après s’être longuement documenté et préparé. Son discours est ponctué de faits, de conseils pratiques et de recommandations professionnelles qu’il a glanés sur Internet. “ Étonnamment, il est à la fois primaire et moderne ”, indique Jake Gyllenhaal. “ Il passe des heures entières à faire des recherches sur le web pour enrichir ses connaissances, et même pour trouver les mots justes. Lou prend ces informations au pied de la lettre. Il réussit toujours à se faire comprendre, et tout ce qu’il dit comporte une part de vérité. ” 

Pour Jake Gyllenhaal, Lou est un coyote : “ C’est un prédateur qui se nourrit de tout ce qu’il peut trouver. Il est constamment avide de scoops, et il est prêt à détruire tout ce qui risque d’entraver sa course. Il veut réussir à tout prix. ” Ou plutôt, comme le souligne Dan Gilroy : “ Tout ce que raconte Lou s’inspire de ce qu’il a appris par coeur et d’attitudes observées sur le net – c’est ce qui lui permet de survivre. ”

une course-poursuite captivante

La quête frénétique de sujets d’actualité trash rythme NIGHT CALL. Dan Gilroy salue l’aptitude du réalisateur 2ème équipe Mike Smith à avoir mis en scène ces séquences, accompagné d’une équipe de cascadeurs hors pair. “ On a beau tout planifier – quand vous avez trois voitures qui dévalent Ventura Boulevard, à Los Angeles, à 150 km/h, et qu’on s’apprête à les emboutir, même si on s’imagine qu’on contrôle leur trajectoire, en réalité, ce n’est pas le cas. C’était fascinant de voir Mike tout orchestrer et faire en sorte que les scènes de course-poursuites se déroulent exactement comme prévu. Certaines de ces scènes ont été improvisées, mais pour le meilleur. ” Il s’est également appuyé sur le chef-décorateur Kevin Kavanaugh pour repérer des sites se prêtant bien à ce genre de séquences d’action, tout en étant suffisamment esthétiques en pleine nuit. “ On a commencé par faire des repérages de nuit pour évaluer les éclairages urbains, les lumières d’ambiance des maisons environnantes et le rendu à l’image ”, explique Kavanaugh.. Dan Gilroy et son équipe ont tourné NIGHT CALL dans les rues de Los Angeles, le plus souvent entre minuit et 6 heures du matin. Cet emploi du temps s’est révélé exténuant pour les comédiens et les techniciens, mais Jake Gyllenhaal s’est inspiré de cet univers nocturne : “ Je pense que le tournage de nuit permet de libérer son subconscient ”, note l’acteur. “ Je me suis mis à moins réfléchir et à laisser mes émotions prendre le dessus. Je crois vraiment que nos émotions et les événements qui surviennent sur un plateau finissent par se retrouver à l’écran. ”

situations à risque

Selon les journalistes Austin et Howard Raishbrook, Lou Bloom est un reporter sociopathe qui incarne une conception radicale de leur métier. Contrairement à lui, ils transgressent rarement la loi. “ On tente toujours d’être les premiers sur les scènes de crime, mais on n’irait pas aussi loin que le personnage ”, souligne Austin. S’agissant de la répartition des tâches entre Lou et Rick, Austin précise que le film est proche de la réalité : “ Tout comme Lou répartit les missions entre Rick et lui, on se partage les rôles : l’un de nous deux se concentre sur la navigation, tandis que l’autre se contente de conduire. Et tout comme Lou et Rick, on a des engueulades monumentales. ” Contrairement à Lou, d’une froideur effrayante, les deux frères sont parfois bouleversés par les accidents dont ils sont témoins, comme lorsqu’ils ont assisté, impuissants, à une femme brûlée vive dans sa voiture. “ Nous avons toujours des extincteurs et des trousses de secours, au cas où nous pourrions être utiles dans une situation de détresse ”, indique Austin. “ La possibilité de décrocher un scoop passe systématiquement au second plan. ”

les frères d'armes de Gilroy

Dan Gilroy signe ici son premier long métrage en tant que réalisateur. “ En tant que scénariste, j’ai vu pas mal de réalisateurs travailler ”, confie-t-il. “ Au bout d’un moment, on sent qu’on est prêt à tenter soi-même l’expérience. ”
Pour produire NIGHT CALL, Dan Gilroy a fait appel à son frère Tony Gilroy, à qui l’on doit MICHAEL CLAYTON, nomminé aux Oscars. “ C’était formidable pour moi que mon propre frère soit mon producteur ”, indique Dan Gilroy. “ Grâce à son parcours, Tony m’a donné pas mal de conseils sur ce qui était possible, ou pas, de faire. ”
Le réalisateur considère également son frère aîné, le chef-monteur John Gilroy, et le directeur de la photo Robert Elswit comme des collaborateurs primordiaux : “ J’ai eu une chance folle de travailler avec eux – Robert sur le plateau, et John en postproduction. ”
Frères jumeaux, Dan et John travaillent en étroite collaboration. “ John et moi étions seulement tous les deux en salle de montage. “, ajoute Dan Gilroy, “ Il a un regard
extraordinaire et une grande maîtrise de son art. Je lui donnais les plans d’une scène complexe, et il en faisait ce qui constitue l’épine dorsale du film ”.

une vision unique de Los Angeles

L’intrigue se déroulant dans 75 lieux différents de la ville, Los Angeles joue un rôle important dans NIGHT CALL. Dan Gilroy, qui vit dans la métropole californienne depuis vingt ans, souhaitait bousculer la vision de cette ville comme un vaste réseau d’autoroutes. “ Los Angeles dégage une énergie et une puissances primitives. ”, constate le cinéaste. “ Entre l’océan, les montagnes, les vents de Santa Ana, les séismes et les incendies, elle possède un côté tellurique et un esprit indompté, surtout la nuit. Lorsqu’on parvient au sommet d’une colline et qu’on aperçoit une étendue désertique scintillante sur une trentaine de kilomètres, il se dégage une beauté sauvage. ” Robert Elswit a privilégié les objectifs grand-angle et une palette de couleurs vives pour traduire la vision de Dan Gilroy considérant Los Angeles comme une oasis dans le désert, où l’homme est un intrus. 

Kevin Kavanaugh a déniché des décors à Echo Park, Angelino Heights et dans le centre-ville de Los Angeles afin de restituer cette dimension sauvage qu’on associe rarement à la représentation de la ville à l’écran. “ Je voulais filmer les collines et une végétation luxuriante ”, signale Kavanaugh. “ Il y a beaucoup de feuillage, de vieilles maisons et de collines à Los Angeles – ce sont autant de sites intéressants qu’on ne voit pas si souvent au cinéma. ” Kevin Kavanaugh a choisi une palette de couleurs adaptée à l’évolution du parcours de Lou : “ Quand on fait la connaissance de Lou, il conduit une Toyota Tercel bleue, et on retrouve du bleu dans son appartement ”, reprend le chef-décorateur. “ J’ai écarté les accessoires high-tech, comme s’il vivait il y a dix ans. Et puis, Lou s’achète une Challenger rouge, et le film change du tout au tout. Lorsqu’il commence à gagner de l’argent, et qu’il prend confiance en lui, l’histoire adopte un rythme plus trépidant. ”

une question de déontologie

Dans NIGHT CALL, Lou est présenté comme un rouage du système capitaliste, où les chaînes d’informations locales mettent en scène les crimes de manière spectaculaire pour stimuler l’audimat. “ Le principe consiste à vendre de la peur pour maximiser les tarifs d’achat d’espace ”, conclut Dan Gilroy. “ Les journalistes de ces chaînes cherchent à susciter un sentiment insidieux de danger permanent chez les gens. ” Et pourtant, le film n’accuse personne. “ On a constamment cherché à rester neutre, d’un point de vue cinématographique ”, dit encore le réalisateur. “ On n’est jamais dans le jugement de valeur. ” 

Autre post du blog lié à NIGHT CALLhttp://epixod.blogspot.com/2014/10/back-to-future_21.html