Biopic/Musical/Drame/Un film drôle, prenant et émouvant, avec une belle réalisation et des performances d'acteur superbes
Réalisé par Bryan Singer
Avec Rami Malek, Lucy Boynton, Aaron McCusker, Joseph Mazzello, Gwilym Lee, Ben Hardy, Aidan Gillen, Tom Hollander...
Long-métrage Américain
Durée: 01h46mn
Année de production: 2018
Distributeur: Twentieth Century Fox France
Date de sortie sur les écrans américains : 2 novembre 2018
Date de sortie sur nos écrans : 31 octobre 2018
Réalisé par Bryan Singer
Avec Rami Malek, Lucy Boynton, Aaron McCusker, Joseph Mazzello, Gwilym Lee, Ben Hardy, Aidan Gillen, Tom Hollander...
Long-métrage Américain
Durée: 01h46mn
Année de production: 2018
Distributeur: Twentieth Century Fox France
Date de sortie sur les écrans américains : 2 novembre 2018
Date de sortie sur nos écrans : 31 octobre 2018
Résumé : Bohemian Rhapsody retrace le destin extraordinaire du groupe Queen et de leur chanteur emblématique Freddie Mercury, qui a défié les stéréotypes, brisé les conventions et révolutionné la musique. Du succès fulgurant de Freddie Mercury à ses excès, risquant la quasi-implosion du groupe, jusqu’à son retour triomphal sur scène lors du concert Live Aid, alors qu’il était frappé par la maladie, découvrez la vie exceptionnelle d’un homme qui continue d’inspirer les outsiders, les rêveurs et tous ceux qui aiment la musique.
Bande annonce (VOSTFR)
Featurette - Devenir Freddie (VOSTFR)
Extrait - Galileo (VOSTFR)
Ce que j'en ai pensé : Queen est un groupe de rock britannique mythique dont les mélodies traversent les générations et provoquent toujours le même enthousiasme. Ce groupe musical est composé de quatre artistes : le chanteur Freddie Mercury, le guitariste Brian May, le batteur Roger Taylor et le bassiste John Deacon. Le réalisateur Bryan Singer entreprend avec BOHEMIAN RHAPSODY de nous faire remonter le temps pour nous projeter dans les années 70 et 80 et nous faire revivre la création de Queen au travers du prisme de la vie de son chanteur Freddie Mercury. Le résultat est enthousiasmant.
Bryan Singer maîtrise la mise en scène des concerts au point de nous faire vibrer face aux images des instruments qui lancent leur symphonie sous les mains talentueuses de leurs musiciens et quand la voie de Freddie Mercury se fait entendre alors ce sont les frissons qui prennent le relais. On a l'impression de revivre ces moments de communion entre le groupe et le public. L'expérience est fort agréable et vous vous surprendrez à taper du pied ou à danser dans votre fauteuil.
Il sait aussi filmer les échanges plus intimes ou professionnels tout en nous guidant au travers des ressentis de Freddie Mercury à qui il offre plus qu'une voix. Il nous ouvre une fenêtre vers la découverte et la compréhension du parcours de cet homme ultra talentueux, qui a souffert et qui s'est beaucoup cherché dans une époque qui est ici retranscrite avec justesse. On ressent la solitude de l'être, les mauvais choix, la force de l'amitié, les coups de génie, l'amour... Il n'y a pas de jugement, seulement des moments de vie.
Le réalisateur sait à la fois nous raconter l'histoire d'un homme tout en nous contant la vision d'un groupe. Ainsi, les uns ne sont pas plus importants que les autres dans ce long-métrage. Ils forment un tout. Avoir l'impression de regarder les créations de certaines des chansons les plus célèbres de Queen naître sous nos yeux est un bonheur. On est transporté au cœur de ce tourbillon créatif. L'alternance des scènes qui retracent l'intimité de Freddy Mercury, avec celles dans lesquelles le groupe se rencontre et celles des concerts donnent un rythme dynamique à l'ensemble, sans longueurs. Les effets que le réalisateur utilise pour marquer la période dans son film sont efficaces et viennent surligner les périodes de folies des représentations publiques face aux moments de creux entre deux processus créatifs. Ils font partie de cette narration si bien mise en place.
Bien sûr, tout ce travail n'aurait pas trouvé un écho dans les yeux des spectateurs sans les incroyables performances des acteurs. Ils sont tous extras.
Rami Malek personnifie Freddie Mercury au point que par moment, sous la caméra attentive et créative de Bryan Singer, on a le sentiment que l'illusion est parfaite. Sa gestuelle, son ton, ses attitudes traduisent l'artiste génial ainsi que l'homme et ses complexités. Du début à la fin, il apporte une grande cohérence à son personnage et participe grandement à nous faire oublier qu'on ne regarde pas le vrai Freddie Mercury.
Gwilym Lee est tout aussi convaincant dans le rôle de Brian May, ce guitariste, artiste accompli aux multiples talents. Il en est de même pour Ben Hardy qui interprète Roger Taylor et Joseph Mazzello qui interprète John Deacon. Leurs portraits sont justes et touchants.
Les rôles périphériques sont tous excellents également que ce soit Lucy Boynton, qui amène une belle sensibilité à son interprétation de Mary Austin, Aaron McCusker qui nous charme dans le rôle de Jim Hutton, Aidan Gillen qui fait mouche dans celui de John Reid, Tom Hollander qui est attachant dans son portrait de Jim Beach, l'humour de Mike Myers dans le rôle de Ray Foster ou encore Allen Leech qui ne laisse aucun doute, à traves son interprétation, sur l'influence que Paul Prenter a eu sur Freddie Mercury.
BOHEMIAN RHAPSODY est drôle, prenant et émouvant, sans jamais être larmoyant et tout en respectant les artistes qu'il nous dépeint. Bryan Singer nous donne sa vision, équilibrée et rayonnante. Elle donne envie de se replonger dans les albums de Queen pour réécouter les paroles qui prennent un sens nouveau après avoir savouré ce long-métrage sensible.
Bryan Singer maîtrise la mise en scène des concerts au point de nous faire vibrer face aux images des instruments qui lancent leur symphonie sous les mains talentueuses de leurs musiciens et quand la voie de Freddie Mercury se fait entendre alors ce sont les frissons qui prennent le relais. On a l'impression de revivre ces moments de communion entre le groupe et le public. L'expérience est fort agréable et vous vous surprendrez à taper du pied ou à danser dans votre fauteuil.
Il sait aussi filmer les échanges plus intimes ou professionnels tout en nous guidant au travers des ressentis de Freddie Mercury à qui il offre plus qu'une voix. Il nous ouvre une fenêtre vers la découverte et la compréhension du parcours de cet homme ultra talentueux, qui a souffert et qui s'est beaucoup cherché dans une époque qui est ici retranscrite avec justesse. On ressent la solitude de l'être, les mauvais choix, la force de l'amitié, les coups de génie, l'amour... Il n'y a pas de jugement, seulement des moments de vie.
Le réalisateur sait à la fois nous raconter l'histoire d'un homme tout en nous contant la vision d'un groupe. Ainsi, les uns ne sont pas plus importants que les autres dans ce long-métrage. Ils forment un tout. Avoir l'impression de regarder les créations de certaines des chansons les plus célèbres de Queen naître sous nos yeux est un bonheur. On est transporté au cœur de ce tourbillon créatif. L'alternance des scènes qui retracent l'intimité de Freddy Mercury, avec celles dans lesquelles le groupe se rencontre et celles des concerts donnent un rythme dynamique à l'ensemble, sans longueurs. Les effets que le réalisateur utilise pour marquer la période dans son film sont efficaces et viennent surligner les périodes de folies des représentations publiques face aux moments de creux entre deux processus créatifs. Ils font partie de cette narration si bien mise en place.
Bien sûr, tout ce travail n'aurait pas trouvé un écho dans les yeux des spectateurs sans les incroyables performances des acteurs. Ils sont tous extras.
Rami Malek personnifie Freddie Mercury au point que par moment, sous la caméra attentive et créative de Bryan Singer, on a le sentiment que l'illusion est parfaite. Sa gestuelle, son ton, ses attitudes traduisent l'artiste génial ainsi que l'homme et ses complexités. Du début à la fin, il apporte une grande cohérence à son personnage et participe grandement à nous faire oublier qu'on ne regarde pas le vrai Freddie Mercury.
Gwilym Lee est tout aussi convaincant dans le rôle de Brian May, ce guitariste, artiste accompli aux multiples talents. Il en est de même pour Ben Hardy qui interprète Roger Taylor et Joseph Mazzello qui interprète John Deacon. Leurs portraits sont justes et touchants.
Copyright photos © Twentieth Century Fox Film Corporation
Les rôles périphériques sont tous excellents également que ce soit Lucy Boynton, qui amène une belle sensibilité à son interprétation de Mary Austin, Aaron McCusker qui nous charme dans le rôle de Jim Hutton, Aidan Gillen qui fait mouche dans celui de John Reid, Tom Hollander qui est attachant dans son portrait de Jim Beach, l'humour de Mike Myers dans le rôle de Ray Foster ou encore Allen Leech qui ne laisse aucun doute, à traves son interprétation, sur l'influence que Paul Prenter a eu sur Freddie Mercury.
BOHEMIAN RHAPSODY est drôle, prenant et émouvant, sans jamais être larmoyant et tout en respectant les artistes qu'il nous dépeint. Bryan Singer nous donne sa vision, équilibrée et rayonnante. Elle donne envie de se replonger dans les albums de Queen pour réécouter les paroles qui prennent un sens nouveau après avoir savouré ce long-métrage sensible.
NOTES DE PRODUCTION
(À ne regarder et ne lire qu'après avoir vu le film pour éviter les spoilers !)
Le 19 septembre 2018, suite à la projection du film BOHEMIAN RHAPSODY à Paris, les acteurs Rami Malek et Gwilym Lee ont eu la gentillesse de venir répondre à nos questions. Retrouvez cet échange dans les vidéos ci-dessous :
NOTES DE PRODUCTION
Qui, en entendant
l’emblématique intro de « We Will Rock You », le
refrain fédérateur de « We Are the Champions », ou
l’hypnotique « Bohemian Rhapsody », peut rester de
marbre et ne pas battre la mesure du pied ? Et qui a oublié ce
moment où l’historique concert Live Aid de 1985 a basculé,
lorsque Freddie Mercury est fièrement entré en scène devant une
foule en délire entonnant ses titres d’une seule voix ?
Cela fait
aujourd’hui plus de 25 ans que le flamboyant leader de Queen nous a
quitté et pourtant, sa musique perdure. À l’image de Freddie
Mercury, qui a redéfini et transcendé les stéréotypes, le style
de Queen est inclassable. Et c’est peut-être ce qui explique le
succès intergénérationnel, interculturel et international du
groupe.
C’est
aujourd’hui Rami Malek, l’acteur primé aux Emmy Awards pour
« Mr. Robot », qui incarne la légende du pop rock dans
BOHEMIAN RHAPSODY, véritable hymne à la musique de Queen et à
l’extraordinaire destinée de son leader, Freddie Mercury.
AVANT DE MONTER SUR
SCÈNE
C’est le
scénariste Peter Morgan qui a convaincu le producteur Graham King
d’acheter les droits de l’histoire de Freddie Mercury et du
groupe Queen. Ce dernier se souvient : « Peter m’a
appelé pendant le tournage d’HUGO CABRET pour me demander si
j’aimais Queen – j’adore Queen ! Il m’a alors confié
qu’il travaillait à l’écriture d’un scénario sur le groupe
mais que personne n’avait les droits de leur histoire, et il
pensait que cela pourrait m’intéresser. »
Ayant grandi dans
le Londres des années 1970 et 1980, Graham King connaissait bien la
vie de Freddie Mercury, et après une longue conversation
téléphonique avec Jim Beach, l’avocat de Queen, il a rencontré
les fondateurs du groupe : le guitariste Brian May et le batteur
Roger Taylor. Et par chance, ceux-ci lui ont donné leur accord.
Comme on pouvait
s’y attendre, Brian May et Roger Taylor ont initialement exprimé
des doutes quant au projet, mais la présence de Graham King, à qui
l’on doit plusieurs films primés sur des personnalités hors du
commun - Howard Hughes (AVIATOR), Muhammad Ali (ALI) et l’ancien
agent de la CIA Tony Mendez (ARGO) - a suffi à dissiper leurs
inquiétudes. Le producteur commente : « Je suis un
habitué des grosses productions hollywoodiennes et il m’a semblé
que leur histoire méritait des moyens d’envergure. Le film est une
ode à la musique et à l’héritage que nous ont légué Queen et
Freddie Mercury. Il nous permet également de faire découvrir
Freddie aux jeunes générations : son enfance à Zanzibar, son
arrivée à Londres en tant qu’immigrant, la discrimination dont il
a souffert en grandissant, sa grande timidité et son manque de
confiance en lui. Nous évoquons également les nombreuses batailles
qu’il a dû mener, son génie musical, ses relations avec les
autres membres du groupe qu’il considérait comme sa famille, sa
transformation en bête de scène, et le fait qu’il savait se faire
pardonner tous ses excès tant il était apprécié – le tout sur
un fond musical révolutionnaire pour l’époque. La période qui
s’étend de 1970 à 1985, et qui s’achève avec le triomphe du
Live Aid, nous a semblé être la plus importante de la vie de
Freddie et du groupe. »
Comme le
souhaitait Graham King, Brian May et Roger Taylor ont joué un rôle
actif au sein de l’équipe tout au long du processus créatif afin
de garantir l’authenticité du film. Le producteur déclare :
« BOHEMIAN RHAPSODY retrace l’histoire de leur vie, ils
étaient donc les mieux placés pour la raconter. On peut lire tous
les livres, tous les articles de presse et regarder autant de vidéos
et d’interviews que l’on veut, rien ne remplacera jamais le fait
de pouvoir discuter avec ceux qui ont vécu ces évènements et
peuvent vous confier des anecdotes sur Freddie qu’ils sont les
seuls à connaître. Il n’était pas question pour nous de faire le
film si tout n’était pas parfait : l’histoire, le casting…
Toutes les pièces du puzzle devaient s’imbriquer à la perfection.
L’essentiel était à mes yeux que Brian et Roger soient fiers du
film et qu’ils aient envie de le partager avec les spectateurs du
monde entier. »
Le projet a connu
plusieurs versions avant de voir le jour. Brian May et Roger Taylor
confient avoir été impressionnés par la persévérance et la
détermination dont a fait preuve Graham King. Le guitariste
déclare : « Graham est un producteur exceptionnel
qui nous a accompagnés tout au long de l’aventure. À plusieurs
reprises, Roger et moi avons cru que le film ne se ferait jamais,
c’est pourquoi nous sommes si heureux qu’il soit parvenu à
monter le projet avec une équipe et une distribution aussi
remarquables. »
C’est le
réalisateur Bryan Singer qui a été choisi pour mettre le film en
scène. Issu d’une famille de musiciens, il s’avoue fasciné par
Queen et Freddie Mercury depuis son plus jeune âge. Le cinéaste
espérait porter l’histoire du groupe et de son leader à l’écran
depuis plus de dix ans. « Ce film est un témoignage de l’amour
que je porte à Freddie et Queen. À mes yeux, leur musique, leur
style, leur présence sur scène transcendaient le rock’n’roll.
C’était plus que du rock, c’était de la musique symphonique, de
l’opéra, une stupéfiante explosion visuelle et auditive. J’ai
toujours considéré Freddie Mercury comme un super-héros de la
vraie vie, qui dansait sur le fil entre sa vie privée compliquée et
sa personnalité de superstar. »
Il n’est pas
surprenant que Freddie Mercury tienne encore une place si importante
dans le cœur de Brian May. Ce dernier confie : « J’ai
énormément de souvenirs de Freddie. Je me souviens de son sourire
ravageur et de cette étincelle dans ses yeux, mais également de sa
capacité à dire des choses totalement déplacées et absolument
géniales. C’était quelqu’un de très drôle et de foncièrement
gentil, il ne possédait pas une once de méchanceté. Il était
cependant assez sanguin et pouvait s’emporter facilement, mais cela
cachait une grande timidité. Il n’évitait pas les confrontations
mais n’était pas rancunier. Je me rappelle aussi son immense
bienveillance et sa volonté de ne jamais perdre de temps. Il était
toujours concentré et savait exactement ce qu’il voulait tirer
d’une situation donnée. J’ai appris à son contact que cela
valait bien mieux que d’essayer de plaire à tout le monde. »
Graham King est
également très fier que le film montre le processus créatif de
Queen. Il explique : « Montrer la manière dont un groupe
s’y prend pour créer de la musique n’a rien d’évident, mais
je pense que le public va prendre plaisir à le découvrir dans le
film, car BOHEMIAN RHAPSODY ne raconte pas seulement l’histoire de
Freddie Mercury, il raconte celle de l’univers musical unique de
Queen. On découvre ainsi comment ils ont imaginé le titre
« Bohemian Rhapsody » qui, je vous le rappelle, a été
très sévèrement critiqué à sa sortie. »
Parmi les scènes
que Brian May a été particulièrement heureux de découvrir dans le
scénario figure la première apparition du groupe dans la légendaire
émission musicale de la BBC « Top of the Pops » en 1974.
Ils y interprètent le titre « Killer Queen » qui les a
propulsés au rang de célébrités internationales malgré – ou
grâce à – la performance scandaleusement provocante de Freddie et
à sa non moins suggestive tenue moulante.
Le guitariste
raconte : « Nous avons pu nous produire dans l’émission
grâce à une annulation de dernière minute. Mais nous n’étions
pas très à l’aise car à l’époque, personne ne se produisait
en live sur la BBC, la politique de l’émission voulait que tous
les groupes fassent du playback, et cela ne nous correspondait pas.
C’est ce qui nous a poussés à tourner le clip de « Bohemian
Rhapsody » car nous savions que nous aurions l’air ridicule à
faire semblant de jouer sur scène. Comme le morceau s’est placé
numéro un durant six semaines consécutives, « Top of the
Pops » a diffusé la vidéo pendant un mois et demi. Ce que
nous ignorions, c’est qu’elle allait faire le tour du monde et
susciter le même enthousiasme partout. En Australie par exemple, où
nous étions encore quasiment inconnus, le succès a été fulgurant.
Ce clip a fait de nous des stars. »
BOHEMIAN RHAPSODY
commence et se termine avec la performance historique de Queen au
Live Aid, l’un des évènements culturels majeurs des années 1980.
Le 13 juillet 1985, les plus grandes stars mondiales de la chanson se
sont réunies pour un double concert caritatif donné simultanément
au stade de Wembley à Londres et au John F. Kennedy Stadium de
Philadelphie. Organisé par Bob Geldof et Midge Ure pour collecter
des fonds afin de venir en aide aux victimes de la famine en
Éthiopie, le Live Aid a été retransmis en direct par les
télévisions du monde entier et suivi par 1,9 milliard de
téléspectateurs originaires de 150 pays.
La décision
d’ouvrir et de clore le film sur cette incroyable performance live
s’est imposée tout naturellement à Graham King et son équipe. Le
concert marque en effet un moment décisif dans l’histoire du
groupe. Cet événement ressoudera Queen après l’installation de
Freddie Mercury en Allemagne, où il avait enregistré deux albums
solo. Il intervient également au moment où le chanteur est au creux
de la vague. Sous l’influence néfaste de Paul Prenter et flanqué
de parasites qui exploitent sa générosité, Freddie Mercury
flirtait alors dangereusement avec l’abus de drogues et d’alcool.
La prestation de
Queen a donné un immense coup de pouce aux organisateurs du Live
Aid. Graham King explique : « Les Britanniques regardaient
le concert mais n’appelaient pas pour faire des dons, alors que
c’était le principe même de l’évènement. Mais lorsque Freddie
est apparu sur scène et que le groupe a interprété le set de 20
minutes qu’ils avaient répété pendant trois semaines, tout a
basculé. Il a fait prendre conscience aux téléspectateurs l’enjeu
du concert. »
Pour le
producteur, cela s’explique en partie par les origines
multiculturelles de l’artiste. « Freddie avait le don de
rassembler les gens, quelles que soient leurs origines, leur
orientation sexuelle ou leur nationalité. Chaque fois qu’il
montait sur scène, le public entrait littéralement en communion
avec lui. Lorsque ce soir-là il a demandé aux gens d’appeler pour
faire un don, il a été écouté et les appels ont commencé à
affluer. Queen a permis à l’organisation d’enregistrer son plus
gros don individuel, environ un million de livres sterling, ce qui à
l’époque était une somme astronomique ! »
Tout le monde
garde un souvenir très personnel de ce concert, mais il revêt une
signification toute particulière pour ceux qui se trouvaient sur
scène, comme Brian May. « Je me souviens de la frénésie qui
régnait, tout allait très vite. C’était très excitant parce
qu’il s’agissait d’un évènement unique, c’était terrifiant
et stimulant à la fois. Comme après chaque concert, nous avons
ressenti un immense soulagement en quittant la scène : tout s’était
bien passé, il n’y avait eu aucune fausse note et nous étions
fiers de notre prestation. C’est un sentiment merveilleux, et je me
souviens que Bob Geldof était lui aussi très satisfait. J’en
garde un très bon souvenir car tout le monde a su mettre son ego de
côté pour se soutenir et s’encourager. »
L’ENTRÉE DES
ARTISTES
Trouver le bon
acteur pour chacun des personnages était essentiel, en particulier
pour incarner Freddie Mercury, un rôle difficile. Il fallait non
seulement que son interprète soit capable d’exprimer toute la
complexité émotionnelle du chanteur mais, étant donné le grand
nombre de reconstitutions des concerts de Queen, il fallait aussi
qu’il puisse imiter à la perfection la gestuelle qui a fait la
réputation de Freddie Mercury sur scène.
Graham King
revient sur les épreuves qui ont jalonné la vie de l’artiste.
« Freddie ne s’est jamais laissé faire, c’était un
battant. Être un immigrant au Royaume-Uni n’avait rien d’évident
à l’époque. Il n’a pas connu un succès immédiat et n’est
pas devenu une star du jour au lendemain. Il s’est fait un nom en
se bagarrant, en refusant d’accepter les refus qu’on lui
opposait, en restant positif et en se relevant plus fort de chaque
échec. C’est d’ailleurs ce qui transparaissait dans la musique
de Queen, à chaque fois qu’on pensait avoir entendu ce qu’ils
pouvaient faire de mieux, ils sortaient une nouvelle chanson encore
plus sensationnelle. »
Pour incarner
Freddie Mercury à l’écran, la production a choisi Rami Malek,
l’acteur originaire de Los Angeles couronné par un Emmy Award pour
la série télévisée « Mr. Robot ». Fan de Queen,
celui-ci était très enthousiaste à l’idée d’en apprendre
davantage sur cette icône de la musique. Il confie : « Je
savais que Queen était un groupe d’anthologie et que Freddie
Mercury était une légende et un héros aux yeux de beaucoup de
monde, mais je n’avais pas réellement mesuré l’importance qu’il
avait pour les gens aux quatre coins de la planète. Les fans de
Queen se comptent par millions. J’ai toujours adoré Queen et
Freddie Mercury, mais ce n’est qu’en me renseignant sur le groupe
que j’ai découvert qu’il avait été formé dans les années
1970. Tous les membres avaient alors les cheveux longs, les ongles
vernis de noir et des tenues psychédéliques. Je pense que les gens
se souviennent surtout du Freddie musclé, bravache et viril qui
portait les cheveux courts, la moustache et un débardeur. Ça a donc
été un plaisir de découvrir ses diverses incarnations ainsi que la
douceur qui le caractérisait. »
L’appréhension
initiale de l’acteur à l’idée d’incarner une figure aussi
emblématique s’est rapidement dissipée. Il déclare :
« Lorsqu’on s’apprête à se glisser dans la peau de
Freddie Mercury, on se demande inévitablement si on est à la
hauteur. C’est pourquoi j’ai décidé d’aborder le rôle comme
je l’aurais fait pour n’importe quel autre. J’ai mis de côté
ses talents de showman, de chanteur et de pianiste, et j’ai
découvert un homme très complexe en quête d’identité. Il m’est
alors apparu comme un personnage à ma portée. En partant de là, je
me suis dit qu’il me serait plus facile de l’incarner sur
scène. »
Il poursuit :
« Le magnétisme de Freddie Mercury est absolument
incontestable. Lorsqu’il se trouvait sur scène avec son drôle de
pied de micro ou qu’il était assis au piano, il était invincible.
Ce qui était extraordinaire, c’était sa manière de s’adresser
directement à chaque spectateur venu l’écouter : il était
capable de vous toucher individuellement, comme si vous étiez la
seule personne dans la salle. C’est cette relation qui a fait de
lui l’un des artistes les plus uniques, remarquables et
révolutionnaires de notre époque, voire de tous les temps. »
Le producteur
Graham King ajoute : « Personne ne savait captiver le
public comme Freddie. Avec lui, personne ne se sentait délaissé,
pas même le type qui se trouvait à l’autre bout du stade. Il
jouait pour les exclus, les gens tyrannisés et ceux qui n’avaient
pas les moyens d’être là. Il donnait tout ce qu’il avait sur
scène sans jamais oublier ses racines, ni comment était né Freddie
Mercury et ce que cela signifiait pour lui. Ses chansons reflétaient
la volonté du personnage qu’il s’était créé de chanter d’une
même voix avec ses fans et de faire en sorte que tout le monde
s’aime et trouve sa place dans le monde. Je pense que cela comptait
beaucoup à ses yeux. »
Pour Rami Malek,
l’un des thèmes principaux du film est celui de la famille, de
l’amour et de la protection qu’elle offre. Lorsque John Reid, le
manager de Queen, engage Paul Prenter en tant qu’assistant, le
groupe, qui est devenu la famille de Freddie Mercury, explose. Paul
Prenter se rapproche sournoisement du chanteur, qu’il encourage à
s’abandonner à son penchant hédoniste. Il le convainc de quitter
le groupe pour se lancer dans une carrière solo en Allemagne. Rami
Malek déclare : « Les autres membres du groupe voient
clair dans le jeu malsain de Paul, qui entraîne Freddie sur une
pente très glissante faite de soirées, de clubs, de drogue et
d’alcool. C’est la visite de Mary Austin, son amie la plus
proche, qui lui fait prendre conscience que les gens qu’il
fréquente à Munich ne sont pas sa vraie famille et ne pensent qu’à
leurs propres intérêts. Le véritable électrochoc survient
lorsqu’il réalise qu’il a perdu une part de lui-même et par la
même occasion son groupe. Il comprend alors à quel point il a
besoin de ses ex-partenaires et de Mary. »
La participation
de Brian May et Roger Taylor au film était primordiale aux yeux de
Rami Malek. Il explique : « Il était essentiel que Brian
et Roger prennent part au projet, car personne ne connaît mieux
qu’eux leur groupe et leur histoire. Leur contribution a donc été
inestimable. Leur soutien permanent a également boosté notre
confiance. Savoir qu’ils étaient là et qu’ils nous regardaient
nous a obligés à redoubler d’efforts. Ça n’est pas facile de
confier son histoire à des étrangers, mais nous avons appris à les
connaître et il était hors de question pour nous de trahir la
confiance qu’ils avaient placée en nous. »
Pour préparer les
scènes de concert, Rami Malek a opté pour une approche insolite. Il
explique : « Je savais qu’il allait falloir que je
chante, que j’adopte un accent britannique et que j’occupe la
scène, il me fallait donc un coach en mouvement. J’ai rencontré
Polly Bennett et nous nous sommes tout de suite bien entendus. »
Polly Bennett a
aidé l’acteur à identifier et s’approprier la manière dont
Freddie Mercury bougeait et se déplaçait. Elle déclare : « Sa
façon d’occuper l’espace et sa gestuelle ne tiennent pas
seulement de la performance scénique, elles nous renseignent sur
l’identité profonde du personnage. »
La coach a
commencé par mettre en parallèle chacune des performances de
Freddie Mercury avec ce qu’il traversait en dehors de la scène.
Elle explique : « Rami et moi avons étudié chaque
chanson à l’aune de la vie de Freddie pour expliquer sa manière
de se déplacer. Nous avons retracé tous les évènements majeurs de
sa vie des années 1950 à 1985, lorsque le film prend fin, pour
déterminer leur impact sur sa physicalité. »
Pour Polly
Bennett, le fait que l’artiste ait pratiqué la boxe, le golf et la
course de fond lorsqu’il était enfant a eu un impact non
négligeable sur sa manière de se mouvoir une fois adulte. « Sur
scène, on peut le voir envoyer des coups de poing, courir en levant
les genoux et parfois même utiliser son pied de micro comme un club
de golf. Chacun de ces mouvements témoigne de sa mémoire physique
et musculaire. Il a en outre grandi à Zanzibar, dont la culture
singulière se reflète dans le choix de ses tenues colorées et
ornementées. Nous avons également relevé les différentes astuces
auxquelles il avait recours pour dissimuler ses dents, en particulier
au début de sa carrière. Puis, la manière dont ce tic disparaît
avec le temps tandis qu’il gagne en confiance et se met à chanter
en ouvrant davantage la bouche, et à sourire sur scène. »
Les recherches de
Polly Bennett et Rami Malek ont également mis en évidence
l’admiration que vouait Freddie Mercury à Liza Minnelli et au film
CABARET, son intérêt pour le travail du réalisateur et chorégraphe
du film Bob Fosse, et sa passion pour l’opéra et ses divas glamour
ainsi que pour ses contemporains, Mick Jagger et David Bowie. La
coach en mouvement commente : « Rami et moi avons fait en
sorte d’intégrer dans ses performances du début des années 1970
des références à Bowie et des mouvements de mains typiques de Liza
Minnelli, lesquels disparaissent lorsqu’il commence à accepter son
homosexualité. Il ne faut pas oublier que l’homosexualité était
considérée comme un crime jusqu’à ses 20 ans, ce qui a
nécessairement eu un impact majeur sur sa manière de s’approprier
l’espace et ses interactions avec les autres. Mais petit à petit,
à force d’écrire des chansons et grâce à la célébrité, il
gagne en assurance. »
Les séquences du
Live Aid ont entraîné leur propre lot de difficultés, d’autant
plus qu’elles ont été filmées au tout début du tournage. Polly
Bennett se souvient : « Il a fallu que je prépare Rami de
manière à ce qu’il soit aussi agile, dynamique et magistral que
Freddie face à cette foule immense. Notre travail a débuté avec le
titre « Radio Ga Ga » et en à peine trois heures, il
avait tout assimilé : chaque regard, chaque mouvement, chaque
inclinaison du micro. Après ça, il a très vite réussi à livrer
une performance fluide, naturelle et spontanée qui donnait
l’impression qu’il s’adressait à chaque spectateur dans le
stade. Le principal défi pour lui a été celui de l’endurance
nécessaire pour maintenir une énergie constante. »
L’une des scènes
que Polly Bennett a pris le plus de plaisir à préparer avec
l’acteur est l’interprétation de « Killer Queen »
dans « Top of the Pops ». Elle explique : « Freddie
est très extravagant dans cette vidéo, il porte un manteau de
fourrure, du vernis à ongles, des bagues, des bracelets et les
cheveux longs. Il est très mince et possède une élégance très
travaillée, tout l’opposé de ce qu’est Rami, ce qui ne l’a
pas empêché de prendre du plaisir à explorer cet univers, loin de
là. Libéré de la pression de devoir se produire en live puisque le
titre a été enregistré en playback, on sent que Freddie s’autorise
à forcer le trait de son interprétation. »
L’aide de Polly
Bennett a été inestimable pour Rami Malek, qui explique :
« Nous ne voulions pas imiter purement et simplement Freddie
Mercury, notre objectif était d’abord de comprendre pourquoi il se
déplaçait comme il le faisait. Et à cet égard, l’analyse des
films et du travail des artistes et des chorégraphes qui l’ont
influencé s’est révélée très utile pour comprendre sa manière
de se comporter sur scène. »
Les scènes du
Live Aid constituent l’aboutissement du travail mené par l’acteur
et sa coach en mouvement. Rami Malek confie : « Il est
difficile de décrire ce que j’ai ressenti en montant sur scène
pour tourner les séquences du Live Aid. Malgré l’absence de
public, c’était très stressant, mais en même temps
incroyablement vivifiant. L’estrade avait été reproduite dans les
moindres détails, si bien qu’on s’y serait vraiment cru. »
Graham King
déclare : « Notre but n’était pas de livrer une
imitation de Freddie Mercury, nous tenions à ce que Rami s’approprie
le personnage tout en conservant la gestuelle culte de la star. Et
sous cet angle, Polly est parvenue à un équilibre parfait. Rami et
elle ont travaillé d’arrache-pied pour créer le personnage, et je
dois dire que Rami a fait un travail incroyable. Je l’avais vu dans
« Mr. Robot », je savais donc qu’il avait énormément
de talent, mais la pression qui reposait sur ses épaules pour
incarner un chanteur à ce point mythique était considérable – on
parle tout de même d’un groupe qui compte des millions de fans,
tous plus impatients les uns que les autres de découvrir le film.
Mais qu’ils se rassurent : ils ne seront pas déçus, Rami est
plus qu’à la hauteur. Il s’agit selon moi d’une des meilleures
performances qu’on ait vues au cinéma depuis bien longtemps et
j’en tire une immense fierté. »
Aidan Gillen, qui
interprète John Reid, n’a également que des éloges pour son
partenaire. Il déclare : « Ce qu’accomplit Rami dans le
film est exceptionnel. Il livre une interprétation précise,
passionnée, audacieuse et troublante. »
Gwilym Lee, qui
incarne Brian May à l’écran, ajoute : « Rami est
extraordinaire. Il apparaît à l’écran pendant la quasi-totalité
du film et il a travaillé très dur pour être à la hauteur.
Freddie était adulé par des millions de personnes, c’est une
sacrée responsabilité à endosser. Rami exprime parfaitement la
passion et l’énergie qui l’animaient, mais il dévoile également
une facette moins connue du personnage : beaucoup de gens
ignorent en effet que Freddie était aussi un homme très sensible et
profondément humain. Pour les scènes de concert, il a dû apprendre
sa gestuelle dans les moindres détails, puis la faire sienne pour
donner une impression de spontanéité et d’instantanéité, et il
y parvient brillamment. »
C’est la
directrice de casting Susie Figgis qui a rassemblé le reste de la
distribution. Le producteur Graham King déclare : « Nous
ne voulions pas de stars, nous voulions des acteurs capables de se
métamorphoser. Si les spectateurs ne sont pas convaincus par les
personnages au cours des vingt premières minutes du film, alors nous
aurons échoué. C’était là notre plus grand défi. »
Jim Beach ajoute :
« Susie a fait un boulot incroyable. C’est à la fois
merveilleux pour nous et triste pour le cinéma, car elle a décidé
que BOHEMIAN RHAPSODY serait son dernier film. »
Lucy Boynton,
que l’on a dernièrement pu voir dans les films SING STREET et LE
CRIME DE L’ORIENT-EXPRESS, incarne Mary Austin, le grand amour de
Freddie Mercury, avec qui elle est restée très amie malgré l’échec
de leur relation amoureuse.
L’actrice
déclare : « Mary comprend immédiatement que Freddie est
différent des autres garçons qu’elle connaît. Elle perçoit la
lumière qui émane de lui. Dans le film, elle le surprend en train
de se regarder dans le miroir. C’est un très beau moment dans
lequel on voit Freddie s’évaluer et tester différentes
personnalités. C’est ce qui attire Mary chez lui. Mais c’est
lorsqu’ils s’amusent à se maquiller et à se déguiser qu’elle
réalise le véritable caméléon qu’il est. Et c’est ce qui la
captive le plus. »
À propos de Mary,
Rami Malek déclare : « Elle était la plus proche
confidente de Freddie. C’était quelqu’un en qui il avait entière
confiance et sur qui il pouvait compter en toutes circonstances.
L’amour et l’affection qu’ils se portaient étaient immenses.
Mary, qu’il appelait sa « concubine », lui a donné la
confiance et le courage d’être lui-même. C’est ce que font les
vrais amis, ils vous aident à vous assumer, à prendre confiance en
vous et à vous ouvrir au monde. »
C’est le
scénario de BOHEMIAN RHAPSODY qui a donné envie à Lucy Boynton de
prendre part au film. Elle raconte : « J’ai adoré
l’histoire. J’ai été surprise par l’hommage poignant qu’elle
rend à Queen, à leur œuvre et à Freddie. Il était évident que
le script avait été écrit par des gens qui l’aimaient vraiment.
J’y ai vu une exploration bouleversante de son existence. »
L’actrice a
également été séduite par la dynamique entre Freddie et Mary.
Elle explique : « J’ai été très touchée par la
relation qu’ils ont entretenue tout au long de leur vie. Bien qu’il
s’agisse initialement d’une liaison amoureuse, leur relation est
en réalité beaucoup plus profonde et comptait énormément pour
eux. Mary a été sa plus fidèle alliée, et lui le sien, jusqu’à
la fin de sa vie. Il était essentiel pour moi d’arriver à
exprimer ce qu’ils voyaient l’un chez l’autre et le regard
dénué de jugement qu’ils posaient l’un sur l’autre à une
époque autrement plus moralisatrice que la nôtre. Freddie a réussi
à se libérer de l’étiquette qui lui avait été collée et leur
manière de s’accepter mutuellement tels qu’ils étaient m’a
profondément émue. »
Lucy Boynton a
aussi apprécié l’esprit du film. « Graham tenait à ce que
BOHEMIAN RHAPSODY rende hommage au groupe et à son travail, il
n’était pas question pour lui d’en profiter pour révéler des
secrets d’alcôve. C’est un vrai plaisir de travailler avec
quelqu’un qui a d’aussi bonnes intentions et une telle passion et
un tel enthousiasme pour ce qu’il fait. »
À l’instar de
ses partenaires, toute la difficulté pour l’actrice a consisté à
donner vie à une personne réelle. Elle confie : « C’est
beaucoup de pression d’interpréter quelqu’un qui est encore en
vie et qui aura nécessairement une opinion sur le film et la manière
dont je l’incarne, en particulier dans les scènes que je partage
avec Rami. Le film dévoile leur intimité, j’ai donc
instinctivement voulu protéger Mary ; je ne voulais pas
prétendre savoir ce qu’elle avait ressenti dans ces moments et
m’en suis donc tenue à livrer ma propre interprétation des
événements. Je ne chercherais jamais à parler en son nom. Si
l’équipe a essayé de reproduire l’apparence et les costumes de
Freddie à l’identique, nous avons pris davantage de liberté dans
le portrait de Mary, de manière à lui offrir une certaine
protection. »
Rami Malek ne
tarit pas d’éloges à l’égard de sa partenaire. « Freddie
avait une entière confiance en Mary, elle le rassurait. C’est
aussi elle qui lui a donné les conseils et la confiance dont il
avait besoin pour découvrir qui il était vraiment. Elle avait le
don de dire ce qu’il fallait au moment opportun. Le personnage de
Mary est le cœur et l’élément de cohésion du film. BOHEMIAN
RHAPSODY n’aurait pas été le même sans l’assurance de Lucy et
sa capacité à incarner cette facette du personnage. »
Les autres membres
de Queen – Brian May, Roger Taylor et John Deacon – sont
respectivement incarnés par Gwilym Lee, Ben Hardy et Joe Mazzello.
Pour Gwilym
Lee, que l’on a récemment pu voir dans les séries
britanniques « Jamestown » et « Inspecteur
Barnaby », refuser le rôle du guitariste de Queen Brian May
était tout simplement impensable. Il déclare : « C’est
un immense honneur de pouvoir se glisser dans la peau d’un membre
d’un groupe aussi emblématique et adulé par autant de monde. J’ai
également aimé que le film raconte une histoire profondément
humaine dans laquelle ces véritables icônes du rock sont présentées
comme des gens ordinaires. C’était tous des bourreaux de travail,
mais le succès a tardé à venir au Royaume-Uni. Ils ont fait une
tournée au Japon où ils ont été accueillis par des foules en
délire, en complète adoration devant eux alors que dans leur propre
pays, ils étaient de parfaits inconnus ! »
L’acteur
poursuit : « Le groupe formait une famille, ils
avaient tous besoin les uns des autres. Brian entretenait une
relation difficile avec son père. Étudiant brillant, il a abandonné
son doctorat en astrophysique pour faire de la musique, et le moins
que l’on puisse dire c’est que son père n’approuvait pas. Ce
n’est qu’au moment de leur concert au Madison Square Garden, au
milieu des années 1970, qu’il a compris le choix de son fils –
qui lui avait offert le vol en Concorde et un séjour dans un hôtel
cinq étoiles pour l’occasion. »
Comme ses
partenaires, Gwilym Lee était déterminé à ne pas réduire son
personnage à une simple imitation. Il explique : « Je
voulais essayer de comprendre comment Brian fonctionnait. L’un des
problèmes auxquels j’ai été confronté, c’est que le fruit de
mes recherches sur lui et le groupe se limitait à des interviews, et
quand on est interviewé, on présente au monde l’image que l’on
veut donner de soi, elle est donc volontairement tronquée et pas
totalement authentique. Je me suis donc efforcé de lire entre les
lignes pour comprendre ce qui mettait Brian en colère ou le rendait
triste, et comment il se comportait dans ces moments, car c’est là
que se révèle la vraie personnalité de quelqu’un. J’ai eu
l’immense privilège de le rencontrer pendant les répétitions qui
ont précédé le tournage et il m’a tout de suite pris dans ses
bras. Son enthousiasme et sa passion étaient palpables. Il m’a
apporté un soutien sans faille tout au long du projet. Le tournage
de la scène dans laquelle j’enregistre le solo de « Bohemian
Rhapsody », par exemple, aurait pu être terrifiant, mais sa
présence m’a rassuré. »
L’acteur a non
seulement profité des répétitions pour s’approprier son rôle
mais également pour nouer des relations authentiques avec ses
partenaires. Il déclare : « Sur le plan musical, le défi
consistait à apprendre de nombreuses chansons, mais il fallait aussi
donner l’illusion d’un groupe soudé qui se connaît depuis des
années et dont les membres s’apprécient sincèrement. Pour ce
faire, nous avons répété assidûment avec Polly Bennett, notre
coach en mouvement. Pouvoir s’appuyer sur une chorégraphie était
très rassurant, notamment pour la première scène que nous avons
tournée, celle du Live Aid, une expérience incroyablement intense
mais également galvanisante. Nous avons fait le grand saut tous
ensemble et cela nous a véritablement soudés. »
Ben Hardy,
qui est récemment apparu dans la minisérie de la BBC « The
Woman in White » et a joué dans ONLY THE BRAVE, incarne quant
à lui Roger Taylor, qui a pris part au film en tant que consultant
aux côtés de Brian May. L’acteur raconte comment il a obtenu le
rôle : « Le défi était de taille car Roger est un
fantastique batteur alors que je n’avais jamais touché une
batterie de ma vie … ce que je n’ai pas vraiment osé avouer
lorsque j’ai auditionné pour le rôle ! J’ai assuré au
réalisateur que je savais jouer de la batterie, si bien que
lorsqu’il m’a demandé de me filmer en train d’interpréter un
morceau, je n’ai pas eu d’autre choix que d’acquiescer. En
rentrant chez moi, je me suis acheté la batterie la moins chère que
j’ai pu trouver et j’ai pris des cours quotidiens pendant deux
semaines. J’ai fait parvenir mon enregistrement à l’équipe et
par chance, ils n’ont pas trouvé ça trop mauvais. C’est là que
le vrai travail a commencé : 10 heures de batterie par jour
sous la houlette du batteur Brett Morgan. Et croyez-moi, ça a été
intensif ! »
L’acteur s’est
surtout efforcé de s’approprier le style dynamique très personnel
de son personnage. Il explique : « Roger est un vrai
showman. Il fait notamment tournoyer ses baguettes entre ses doigts –
un tour, pas plus. Il affectionne aussi le rimshot, une
technique qui consiste à frapper le cercle de la caisse claire en
même temps que la peau pour générer un son plus brillant, plus
incisif. Sa manière de jouer est très théâtrale, même ses
rimshots sont accompagnés d’un mouvement de fouet. Il aime
également accentuer les backbeats, les temps pairs, en
battant la charleston, mais aussi verser de la bière sur la peau de
son tom basse de manière à ce que lorsqu’il le frappe, des
gouttelettes de liquide jaillissent dans les airs. J’ai essayé de
reproduire toutes ces particularités et je dois dire que cela m’a
aidé à mieux cerner le personnage. J’étais couvert de bière au
bout de plusieurs prises, mais ça en valait la peine ! »
L’un des défis
majeurs pour Ben Hardy a été d’incarner une personne réelle
encore en vie, une première pour lui. L’acteur confie :
« J’ai mis du temps à réaliser qu’on ne me demandait pas
de me faire une imitation de Roger mais simplement de m’approprier
l’essence du personnage tout en restant fidèle au scénario et en
répondant aux besoins du film. Après ça, je me suis senti beaucoup
plus à l’aise. »
Il poursuit :
« J’étais très nerveux à l’idée de rencontrer Roger.
Cela faisait des semaines que je n’arrêtais pas de regarder des
vidéos de lui et j’avais l’étrange impression de le harceler !
Lors de notre premier rendez-vous, j’avais peur qu’il ne me
trouve pas assez bien pour l’incarner, mais il m’a apporté tout
son soutien et il n’a rien trouvé à redire à la situation. Il
comprend qu’il est nécessaire d’avoir recours à une certaine
licence artistique lorsqu’on réalise un film sur des évènements
réels. Il m’a même donné un mini-cours de batterie – j’avoue
que je n’en menais pas large. Quand il m’a demandé de lui
montrer ce dont j’étais capable, j’étais terrifié ! Mais
il a été très pédagogue et j’ai beaucoup appris à ses côtés. »
Le quatrième
membre du groupe, le bassiste John ‘Deacy’ Deacon, est interprété
par Joe Mazzello, l’acteur américain qu’on a pu voir dans
JURASSIC PARK et la série de HBO « Band of Brothers : L’enfer
du Pacifique ».
Il déclare :
« Je qualifierais John de ‘rock star malgré lui’, cette
carrière lui est tombée dessus un peu par hasard, alors que je
pense que ses partenaires, eux, rêvaient de devenir de célèbres
musiciens depuis l’enfance. John était parfaitement heureux de
travailler dans le domaine de l’électronique et de réparer des
téléviseurs. Il adorait jouer de la musique et il était doué pour
ça, mais pour lui c’était un loisir. Il avait également un
talent pour l’écriture, mais il n’imaginait pas que c’était
quelque chose qu’il pourrait faire pour le restant de ses jours. Le
succès du groupe a progressivement pris de l’ampleur et avant
qu’il s’en soit rendu compte, il s’envolait pour des tournées
en Amérique et au Japon. C’était aussi le plus jeune et le
dernier à avoir rejoint le groupe, il a donc mis du temps à trouver
sa place. Il était introverti, mais c’était aussi un clown. Avec
le succès grandissant de Queen et le triomphe de ses chansons, il
s’est imposé comme un membre à part entière du groupe. »
C’est le
caractère émouvant du scénario qui a séduit Joe Mazzello.
L’acteur explique : « J’ai trouvé l’histoire des
quatre membres du groupe magnifique et très touchante, et j’ai été
fasciné par le personnage de John Deacon. Cet homme est une énigme.
Il joue le rôle d’arbitre quand les trois autres se disputent, il
règle la situation en quelques bons mots. Il n’est jamais à court
de traits d’esprit. J’ai pris beaucoup de plaisir à me glisser
dans la peau de ce personnage, à apprendre à jouer d’un nouvel
instrument et à maîtriser l’accent des Midlands, que je n’avais
encore jamais entendu. Je n’aurais refusé ce projet pour rien au
monde. »
Pour préparer le
rôle, l’acteur a parcouru Internet à la recherche de vidéos du
groupe. Il raconte : « J’ai regardé toutes les
interviews données par John, toutes les images de lui sur scène ou
en coulisses, et tous les documentaires que j’ai pu trouver afin de
me faire une idée de sa personnalité, de la place qu’il occupait
et de la vision qu’il avait de lui au sein du groupe, et de sa
transformation au fil du temps. C’est ce que j’appelle des
‘macroéléments’, et il est important d’y rester fidèle. Mais
BOHEMIAN RHAPSODY reste un film, et il y a 99 % de chances que les
dialogues que nous prononçons n’aient jamais été dits par les
membres de Queen. La seule manière d’interpréter un personnage
encore en vie et aussi connu, et sur lequel les gens ne manqueront
pas d’avoir une opinion tranchée, est selon moi de faire en sorte
que les répliques et les scènes que l’on joue – ce que
j’appelle les ‘micro-éléments’ – correspondent aux
macroéléments. »
Joe Mazzello, qui
a appris à jouer de la guitare il y a une dizaine d’années, a
pris plaisir à se familiariser avec la basse. Il confie :
« J’ai eu un peu de mal avec la main droite parce qu’il y a
beaucoup de picking dans le jeu de basse. L’instrument se tient
aussi différemment et ne nécessite pas forcément l’utilisation
d’un médiator. La basse est le trait d’union entre les
percussions et les guitares, si bien qu’on se retrouve souvent à
jouer les harmonies plutôt que la mélodie principale et à
intervenir de manière décalée. Cela vous oblige à penser la
musique différemment. J’ai répété pendant six semaines et j’ai
passé tout ce temps à apprendre à jouer les quelque 25 titres du
film alors que je ne sais même pas lire la musique ! »
L’acteur avait à
cœur d’atteindre la perfection, conscient que sa performance
serait scrutée par le public. Il confie : « Nous savons
que la plupart de ceux qui iront voir le film seront des fans de
Queen. Je ne compte même plus le nombre de bassistes qui m’ont
demandé si c’était bien moi qui jouais de la basse dans le film.
Je ne pouvais tout simplement pas faire semblant. En tant qu’acteur,
je me devais d’être sur scène et de jouer ces chansons. Ça a
d’ailleurs été un défi que j’ai pris plaisir à relever. »
Pour Rami Malek,
la présence de Brian May et Roger Taylor a constitué une aide
précieuse pour ses partenaires. « Cela nous a permis de mieux
les comprendre, et dans le cas de Gwilym et Ben, de les interpréter
avec une plus grande fidélité. »
Les quatre acteurs
ont pour leur part fait très forte impression à Brian May. Le
musicien raconte : « Lorsque je suis arrivé sur le
tournage et que j’ai vu Gwilym avec sa perruque et son costume,
c’était presque comme si je me regardais dans un miroir ! Je
dois dire qu’il m’interprète brillamment. Quant à Rami, il est
extrêmement convaincant dans le rôle de Freddie, dont il a même
réussi à saisir le langage corporel. Et Joe Mazzello fait un Deacy
absolument remarquable. John n’était pas du genre extraverti, mais
il avait une manière très singulière de jouer de la basse et Joe
l’a parfaitement saisie, tout comme Ben a réussi à retranscrire
l’esprit de Roger dans sa performance. »
Aidan Gillen,
plus connu pour le rôle de Petyr ‘Littlefinger’ Baelish dans
« Game of Thrones », interprète John Reid, le premier
manager de Queen. Pour l’acteur irlandais, Queen et Freddie Mercury
tiennent une place unique et majeure dans l’histoire de la culture
mondiale. Il explique : « Freddie n’avait pas le
physique d’une star de la pop traditionnelle, mais cela ne l’a
pas empêché de devenir un grand chanteur et un immense sex-symbol.
Le marginal qu’il était s’est métamorphosé en superstar
internationale. Il troublait les gens, les femmes le trouvaient beau
et sexy, et les hommes cool. Queen est un groupe extrêmement
populaire sans jamais avoir vraiment été à la mode. Ils ont
toujours été un peu hors du temps et au-delà des modes, ce qui
explique leur popularité constante, tout comme le fait que leurs
chansons sont fantastiques et très avant-gardistes. Ils avaient en
effet recours à de multiples re-recordings pour superposer des
harmonies vocales, et à des progressions harmoniques complexes et
originales très inhabituelles pour l’époque. »
Allen Leech,
adulé par les fans de « Downton Abbey », série dans
laquelle il incarnait Tom Branson, interprète quant à lui Paul
Prenter, le manager personnel de Freddie Mercury, qui gagne
sournoisement l’affection du chanteur avant de le trahir de la plus
abominable des manières.
L’acteur, qui
connaissait très peu de choses sur Paul Prenter, a effectué
beaucoup de recherches sur son personnage. Il déclare :
« C’était quelqu’un de malveillant. Plus j’en apprenais
à son sujet, plus je comprenais les raisons pour lesquelles le reste
du groupe se méfiait de lui. Il faut cependant rester prudent
lorsqu’on interprète une personne réelle et s’assurer de faire
preuve de nuances pour ne pas dresser un portrait trop simpliste du
personnage. Il y a des raisons qui expliquent pourquoi Paul est tel
qu’il est. Et en tant qu’acteur, votre travail consiste à
trouver l’équilibre entre le respect de l’histoire et le respect
de la personne. »
Il précise :
« Paul a été choisi pour être l’assistant personnel du
groupe et s’est tout de suite très bien entendu avec Freddie,
principalement parce qu’ils partageaient la même orientation
sexuelle. À l’époque, Freddie n’avait pas encore fait son
coming out et Paul lui a ouvert les portes d’un monde qui
lui était inconnu : celles du milieu gay. Il était son
confident, et d’assistant du groupe, il est devenu le manager
personnel de Freddie. Leur relation a pris un tournant malsain
lorsqu’il a séparé Freddie du reste du groupe, en lui suggérant
de se lancer dans une carrière solo. Il s’est débarrassé de John
Reid de manière très perfide. »
Le film met en
scène deux moments charnières dans la relation de Freddie et Paul.
Le premier se déroule aux Rockfield Farm Studios, où le groupe
enregistre l’album « Bohemian Rhapsody ». Paul embrasse
alors Freddie et tous les deux réalisent qu’ils sont pareils. Le
second a lieu à Munich, lorsque Freddie voit enfin Paul pour ce
qu’il est et le bannit de sa vie sous une pluie battante. L’acteur
commente : « Freddie prend conscience que Paul n’a
jamais été là pour lui et qu’il ne pense qu’à son propre
intérêt. Lorsqu’il le raye de sa vie, cela ressemble davantage à
une rupture amoureuse qu’à un licenciement. J’ai beaucoup aimé
tourner cette scène. »
La distribution de
BOHEMIAN RHAPSODY est complétée par l’acteur primé aux BAFTA
Awards Tom Hollander (« The Night Manager ») dans
le rôle de Jim ‘Miami’ Beach, l’avocat devenu manager du
groupe ; et Aaron McCusker (« Shameless »)
dans celui de Jim Hutton, le compagnon de Freddie Mercury durant les
sept dernières années de sa vie.
Graham King a été
subjugué par le talent des acteurs secondaires du film. Il déclare :
« Lors de son audition, Gwilym Lee s’est directement adressé
à nous en tant que Brian May ; il n’en fallait pas plus pour
nous convaincre de lui confier le rôle. Ben Hardy possède pour sa
part une personnalité qui rejoint beaucoup celle de Roger. Et Joe
Mazzello, bien qu’il soit originaire de New York, a beaucoup de
John Deacon en lui. Quant à Tom Hollander, il est tout simplement
phénoménal dans le rôle de Jim Beach. Roger Taylor, Brian May et
Jim Beach ont trouvé Allen Leech incroyablement convaincant dans le
rôle de Paul Prenter. Il s’agit d’un personnage assez
antipathique mais Allen est parvenu à lui conférer une sensibilité
qui rend son comportement compréhensible. Enfin, Lucy Boynton est
parfaite dans le rôle de Mary ; l’alchimie entre Rami et elle
est indéniable. »
Le producteur, qui
discutait du projet depuis un certain temps avec son ami Mike
Myers, lui-même un immense fan de Queen, a été enchanté
lorsque ce dernier a accepté d’interpréter Ray Foster, le
directeur de la maison de disques EMI. Il déclare : « C’est
amusant que ce soit l’acteur de WAYNE’S WORLD qui incarne ce
producteur de musique plus que sceptique lorsque Freddie lui soumet
« Bohemian Rhapsody » et auquel il assure qu’aucun
adolescent n’aura jamais envie de se déhancher sur ce titre. C’est
par ailleurs Mike qui a choisi de donner un accent du nord au
personnage. Il est tout simplement génial dans ce rôle. »
DÉCORS DE
SCÈNE
Puisque BOHEMIAN
RHAPSODY raconte l’histoire d’un groupe et d’un artiste
pour qui le style revêtait une importance fondamentale, c’est en
toute logique que l’esthétique, les costumes et les décors du
film ont fait l’objet de toutes les attentions de l’équipe.
Boas, capes en velours et col d’hermine, salle de bain en marbre,
lions dorés à l’or fin : tout y est et plus encore.
C’est au chef
décorateur Aaron Haye qu’il a incombé de créer l’univers du
film. Celui-ci a obtenu l’autorisation de tourner sur l’aérodrome
de Bovingdon dans le Hertfordshire ; à l’hôtel de ville de
Hornsey, un chef d’œuvre du style Art déco situé au nord de
Londres ; dans les LH2 Studios à l’ouest de la capitale
britannique ; au Heaven, célèbre night-club londonien ;
et à l’hôtel de ville edwardien de Bromley, au sud-est de
Londres.
La production a
également investi le Gillette Building, au sud-ouest de Londres,
pour tourner la majorité des scènes en studio du film. C’est là
qu’ont été reproduits le Zanzibar des années 1950 où l’on
découvre Freddie enfant, le plateau de « Top of the Pops »
qui a permis au groupe de percer, la station de radio Capitol Radio,
la maison de la famille Bulsara, la propriété de Garden Lodge,
l’hôtel de Rio de Janeiro et la maison de campagne où Freddie a
composé « Bohemian Rhapsody », ainsi que trois studios
d’enregistrement.
Aaron Haye a
commencé par rassembler le plus possible d’images de Queen et de
Freddie Mercury. Après avoir étudié plusieurs milliers de photos,
la plupart uniquement datées grâce à la coupe de cheveux de
Freddie – de plus en plus courte au fil du temps –, l’équipe a
réussi à créer une chronologie allant de 1970 à 1986.
Le chef décorateur
et la production ont pu compter sur l’aide inestimable de Brian
May, qui leur a donné accès à ses archives, et du consultant
historique Peter Freestone, qui a partagé avec eux ses photos
personnelles. Aaron Haye déclare : « Brian et Peter ont
fait une différence de poids dans nos recherches. Sans eux, nous
aurions dû nous contenter des images tombées dans le domaine public
ou publiées dans des livres, et le film n’aurait pas été le
même. C’était assez surréaliste de pouvoir aller chez Brian
fouiller dans ses considérables archives personnelles. Il a conservé
tous les talons de billets et toutes les affiches des concerts qu’ils
ont donnés, tous les albums qu’ils ont enregistrés et même
certains de leurs costumes, que les acteurs du film portent
d’ailleurs à l’écran. »
Il poursuit :
« Une fois la chronologie en place, j’ai défini la palette
de couleurs pour 1970, 1975, 1978, 1982 et ainsi de suite. Nous avons
dressé une chronologie plus détaillée, jalonnée de références
que nous nous sommes efforcés de respecter dans tous les domaines :
peinture, décoration, costumes… À la fin des années 1960 et au
début des années 1970, nous avons opté pour des tons chauds et
naturels tels que le vert foncé, l’orange et le marron. À partir
du milieu des années 1970, les couleurs primaires associées au
disco deviennent plus prépondérantes, et au tournant des années
1980, c’est une palette de couleurs vives et de fluo qui s’impose.
Chacune de ces décennies a un style très différent que nous avons
pris plaisir à explorer. Beaucoup de choses ont changé durant
les quinze années qui séparent 1970 de 1985, ce qui confère au
film une grande richesse sur le plan visuel. »
Parmi les décors
clés du début du film figure la maison de famille de Freddie à
Feltham dans le Middlesex. Aaron Haye et son équipe ont eu la chance
de visiter la vraie maison des Bulsara, aujourd’hui occupée par
une autre famille. Il raconte : « Voir la chambre de
Freddie nous a permis de nous représenter l’espace dans lequel il
vivait. Dans le film, la maison et celles des voisins ont été
agrandies pour les besoins du tournage et de l’histoire. »
À ce stade,
Freddie est un jeune étudiant en art, c’est pourquoi le chef
décorateur a imaginé une chambre remplie de dessins et de carnets
de croquis. Il ajoute : « Nous nous sommes efforcés de
traduire l’histoire du quartier où il a grandi et les conditions
économiques dans lesquelles il vivait d’un point de vue
architectural, c’est pourquoi nous avons intégré des références
visuelles à l’Inde et à Zanzibar. »
Aaron Haye a bien
entendu collaboré avec les autres directeurs de départements tout
au long de la production afin de raconter l’histoire sur le plan
visuel. Il déclare : « Il est essentiel que les
différents chefs de poste coopèrent pour assurer la cohérence
visuelle du film car notre mission consiste à créer une image
fidèle à la réalité, mais également à l’histoire que nous
essayons de raconter. Ce sont mes conversations avec le
directeur de la photographie Tom Sigel qui m’ont aidé à définir
les différentes palettes de couleurs du film. L’éclairage joue
également un rôle très important en raison des nombreux concerts
donnés par le groupe. Nous tenions à ce que chaque élément du
film s’inscrive dans le cadre esthétique que nous avions défini.
J’espère que cela transparaîtra à l’écran. Tom est un
remarquable chef opérateur doté d’un sens du détail
exceptionnel. Il en va de même pour le chef costumier Julian Day.
Par exemple, à Garden Lodge, la maison de Freddie, la palette de
couleurs qu’il a choisie pour les costumes complète parfaitement
les décors. »
Le chef décorateur
a également pu compter sur l’aide du consultant musical Pete
Malandrone pour s’assurer de l’authenticité des instruments et
du matériel que l’on voit dans le film. En 1970, la plupart des
instruments étaient d’occasion, il n’a donc pas été évident
d’en trouver des copies pour le film. Par chance, Pete Malandrone,
qui est également le roadie de Brian May, a accepté de
prêter des instruments de la collection personnelle du guitariste au
département accessoires, y compris la guitare blanche dont joue
Gwilym Lee dans les scènes qui se déroulent aux Rockfield Studios.
Il a en outre supervisé la conception et la transformation des
guitares qui ont dû être fabriquées pour le film. Il déclare :
« La première guitare de Brian par exemple, la Red Special,
dont il joue encore aujourd’hui, a été fabriquée par son père à
partir de bric et de broc : un vieux linteau de cheminée, une
aiguille à tricoter, des ressorts de soupape de moto, des boutons en
nacre, etc. Mais elle a aujourd’hui 50 ans et aurait eu l’air
trop usée, la production en a donc fabriqué deux répliques qui
semblent beaucoup plus récentes. »
Ces copies ont été
réalisées par le luthier Andrew Guyton, qui avait déjà fabriqué
des reproductions pour la collection personnelle de Brian May. Pete
Malandrone commente : « Andrew est un expert. Tout est
dans le détails, et même le plus infime ne lui échappe pas. »
La reconstitution
de la scène du Live Aid dans le mythique stade de Wembley à Londres
a présenté un défi de taille pour l’équipe. La première étape
a consisté à trouver un lieu suffisamment vaste pour y monter une
scène grandeur nature afin de pouvoir suivre Freddie Mercury sans
interruption depuis son arrivée au stade, puis sa loge, en passant
par son habillage, les coulisses et jusqu’à son entrée en scène,
en finissant par un plan d’ensemble sur le public. Après de
nombreux repérages, Aaron Hayes et son équipe ont opté pour
l’aérodrome de Bovingdon dans le Hertfordshire, dont la piste
d’atterrissage était suffisamment plane pour y bâtir le décor.
L’équipe a également dû prendre en compte le caractère
imprévisible de la météo britannique – la scène a en effet été
édifiée au mois de juillet pour un tournage au mois de septembre.
Aaron Haye a en
outre été confronté à la difficulté supplémentaire de devoir
trouver des photos ou croquis du stade en 1985. Les plans du stade
original, construit dans les années 1930, ont été faciles à
trouver, mais comme il a été reconstruit par la suite, le chef
décorateur a eu bien du mal à réunir des informations sur son
apparence à l’époque du Live Aid.
Il raconte :
« Nous avons reproduit Wembley d’après des photos d’époque
ainsi que les images du documentaire consacré au concert, mais il
fallait aussi que le décor corresponde aux besoins de l’histoire.
Dans la réalité, les coulisses consistaient en quelques caravanes
installées à l’extérieur du stade. Nous voulions conserver cet
esprit nomade dans l’espace intérieur qui mène à la scène,
c’est pourquoi nous avons installé une caravane Airstream, des
parasols et des chaises de jardin dans les coulisses pour créer une
atmosphère intérieure/extérieure ludique, bourdonnante et
joyeuse. »
Le chef décorateur
poursuit : « Nous avons érigé une immense plateforme
surélevée à près de 5 mètres et demi du sol, soit la même
hauteur que la scène de Wembley pour le Live Aid. Nous avons ensuite
monté une tente au-dessus des coulisses pour les protéger des aléas
climatiques. Et enfin, nous avons reproduit à l’identique les
gigantesques tours d’échafaudages construites pour le concert,
ainsi que les immenses affiches et bannières – certaines hautes de
trois étages –, et les logos qui encadrent la scène. »
Par un heureux
hasard, il se trouve que deux des membres de l’équipe de
construction de la scène du Live Aid de 1985 ont pris part à
l’édification du décor.
Peter Freestone,
l’assistant personnel de Freddie Mercury durant les douze années
qui ont précédé sa mort, a participé au film en tant que
conseiller, et sa contribution s’est révélée inestimable. Sa
description des coulisses du Live Aid a permis à Aaron Haye et son
équipe de créer une atmosphère authentique.
Peter Freestone se
souvient de cette folle journée de juillet 1985 : « Dès
notre arrivée, l’excitation était palpable. L’ambiance était
excellente. C’était très convivial, il n’y avait aucune
compétition, contrairement à ce qui se produit malheureusement
souvent lorsqu’on rassemble une telle programmation. Queen est
monté sur scène et le public s’est déchaîné dès les premiers
accords de « Bohemian Rhapsody ». L’ambiance dans les
coulisses a soudain changé, elle est devenue électrique. Quelque
chose venait de se produire. Dix-huit minutes plus tard, le groupe a
quitté la scène après un set d’anthologie, la foule était en
transe et dans les coulisses, tout le monde applaudissait à tout
rompre. »
Le travail fourni
par l’équipe d’Aaron Haye a plus que porté ses fruits. Brian
May raconte : « Lorsque je suis monté sur cette
scène, c’était comme si j’avais remonté le temps. C’était
vraiment incroyable. Aaron et son équipe ont réussi à reproduire
la scène de 1985 à la perfection, jusque dans les moindres
détails : des amplis qui se trouvaient derrière moi aux
pédales d’effets en passant par le chiffon que j’utilisais pour
faire briller ma guitare et les coulisses jonchées de mégots de
cigarettes, de cendriers et de bouteilles de soda. Ils ont fait un
fabuleux travail. »
Peter Freestone a
lui aussi été stupéfait par l’authenticité du décor. Il
confie : « J’ai eu une nette impression de déjà-vu.
Quand j’ai découvert la scène, je pouvais à peine y croire. Elle
était exactement de la même taille que la vraie et tout était
parfaitement identique : l’estrade, les coulisses et même la
peinture écaillée aux murs et la rouille sur les tuyaux de
canalisation. J’en ai eu des frissons. »
Les acteurs du
film ont également été émerveillés par le travail du chef
décorateur. Gwilym Lee, qui interprète Brian May, se souvient :
« Le décor était tellement détaillé qu’il nous a tout
simplement transportés dans l’univers du film. Le soin avec lequel
Aaron a créé cet environnement nous a beaucoup facilité la tâche
parce que nous n’avons rien eu à imaginer, tout avait été pensé
dans les moindres détails et magnifiquement réalisé. »
Aaron Haye se
souvient : « Quel plaisir ça a été de découvrir les
acteurs dans leurs rôles pour la première fois ! Je me
trouvais à côté de Brian et Roger pendant le tournage de ces
scènes, et croyez-moi, c’est le genre de moment qu’on n’oublie
pas. »
La séquence du
Live Aid a aussi touché Graham King en plein cœur. Il confie :
« Je n’ai pas pu retenir mes larmes, c’était la première
fois que cela m’arrivait sur un tournage. Au-delà du caractère
émouvant du film, j’ai été assailli par mes souvenirs de
jeunesse et du concert. Il était essentiel que la scène soit
réussie : la manière de bouger des membres du groupe, leur
apparence, la foule… tout devait être parfait. Et ça a été le
cas dès la première répétition, qui a eu lieu pendant la première
semaine du tournage. Nous avons réalisé de nombreuses prises jusque
tard dans la nuit et Rami, Gwilym, Ben et Joe sont restés concentrés
du début à la fin. Il y avait une telle énergie que personne ne
voulait s’arrêter ! Nous avions tous conscience d’être en
train de créer quelque chose de très spécial. Le Live Aid a été
un évènement tellement important qu’il était de notre devoir de
nous montrer à la hauteur. Et du décor à la musique, en passant
par l’ambiance et la performance du groupe, je pense que nous y
sommes parvenus. »
Parmi les
principaux décors du film figure également la ferme dans laquelle
on voit Queen enregistrer « Bohemian Rhapsody ». Le titre
a en réalité été enregistré dans deux endroits différents :
Rockfield Farm et Ridge Farm, au pays de Galles, qui ont offert au
groupe l’isolement et la solitude qui lui étaient indispensables –
comme à beaucoup de groupes à l’époque. Rockfield Farm est
aujourd’hui encore un studio d’enregistrement. Aaron Haye a
découvert un documentaire dans lequel Brian May et Roger Taylor y
retournent et évoquent les morceaux qui y ont été enregistrés. De
plus, les nombreuses photos du groupe à Ridge Farm ont permis à
l’équipe de recréer fidèlement les lieux et les costumes.
Le chef décorateur
a choisi de fusionner ces deux endroits pour ne créer qu’un seul
et même décor, et il a trouvé le lieu idéal pour cela : une
grange vieille de 200 ans située aux portes de Londres. Une fois
vidée de ses chevaux, de sa paille et du fumier, Aaron Haye y a
installé un studio d’enregistrement de style années 1950. Pour
cela, il a fabriqué une table de mixage inspirée d’une console
d’un studio de Notting Hill dont le style rétro-futuriste ne
dépareillerait pas dans un épisode de « Star Trek » des
années 1970 ! Elle a été fabriquée de manière aussi
réaliste que possible, des potentiomètres aux voyants et aux
pedalboards, en passant par le bandeau de VU-mètres.
Le studio
s’inscrit dans la palette de couleurs définie par Aaron Haye pour
les années 1970. Il déclare : « Nous avons opté pour
des tons très chauds comme le brun, le orange et le vert avocat, des
couleurs associées à cette période. Lorsque Brian May est venu
nous rendre visite et qu’il nous a interprété un solo de
« Bohemian Rhapsody », j’en ai eu des frissons ! »
Le chef décorateur
a porté une attention toute particulière aux détails dans la
reconstitution des intérieurs. Il explique : « Freddie et
Mary ont habité dans deux appartements avant de se séparer. Leur
appartement dans le film est inspiré de ces deux endroits. À chaque
fois que nous avons pris un peu de liberté avec la réalité, nous
avons essayé d’intégrer des éléments pour rendre le décor le
plus authentique possible. Par exemple, le papier peint que l’on
voit dans le film est une reproduction exacte, jusque dans les
moindres imperfections, de celui qui tapissait les murs de leur
appartement, et le mobilier en osier est une copie conforme de celui
qu’ils possédaient. »
Pour la suite
d’hôtel que Freddie occupe à Rio de Janeiro, aménagée au sein
du Gillette Building, Aaron Haye a imaginé un décor fait de murs
tendus de soie, de tentures, de verre fumé, de canapés en cuir et
de cloisons d’inspiration japonaise. Il commente : « Nous
nous sommes inspirés de l’appartement de Freddie à New York, dont
Peter Freestone nous a confié qu’il n’avait jamais eu le temps
de le décorer après son emménagement. Il y régnait donc une
atmosphère d’hôtel. Une fois de plus, nous avons fait se
rencontrer la réalité et la fiction. »
Garden Lodge, la
propriété de Freddie Mercury située dans le quartier d’Earl’s
Court à l’ouest de Londres, est une maison isolée entourée
d’immeubles, qui possède quelque chose de féérique. C’est là
que vit encore aujourd’hui Mary Austin. Pour le film, Aaron Haye a
opté pour une maison de Surbiton, dans le sud de la capitale
britannique, qu’il a décorée avec du papier peint texturé, des
lustres en porcelaine, des œuvres d’art japonaises, des antiquités
et des tissus d’ameublement collectés aux quatre coins du monde
comme aimait à le faire Freddie. Bien qu’il n’ait pas pu
complètement reproduire la décoration intérieure de Garden Lodge,
le chef décorateur s’est efforcé de recréer son atmosphère. Et
son travail a été récompensé. En découvrant le décor, Peter
Freestone, qui a passé plusieurs années auprès du chanteur dans
cette maison, a déclaré : « On se croirait chez
Freddie… »
Aaron Haye a pris
beaucoup de plaisir à décorer Garden Lodge pour la soirée
fellinienne donnée par Freddie pour célébrer, comme il le dit
lui-même joyeusement, « l’immensité de sa créativité,
uniquement égalée par sa dépravation ». La première scène
a été tournée en plan séquence. La caméra nous entraîne depuis
l’allée menant à la maison jusqu’à la porte d’entrée où
l’on est accueilli par une foule de cracheurs de feu, de géants,
de magiciens, de danseurs en cage et d’invités déguisés, avant
de rejoindre Freddie et de le suivre à travers la maison et son
intérieur décadent.
Le chef décorateur
déclare : « La décoration reflète à la fois le
caractère opulent de la soirée mais également son esprit débauché.
Elle illustre le plaisir et les excès de l’époque avec de
gigantesques plats de nourriture et de fruits exotiques, des lions
dorés… Nous tenions également à faire référence aux passions
de Freddie et à l’histoire de Queen, c’est pourquoi nous avons
installé des figurantes sur des vélos d’appartement en clin d’œil
au clip de « Bicycle Race ». »
L’une des scènes
préférées d’Aaron Haye est celle du tournage du clip de « I
Want to Break Free ». Il explique : « La réalisation
de cette vidéo est très bien documentée et nous tenions à rester
aussi fidèles que possible à la réalité. La séquence nous
entraîne dans les coulisses du tournage. Par chance, nous avons pu
nous procurer le modèle exact de l’aspirateur qu’utilise Freddie
ainsi que le réveil lumineux dont jaillit de la vapeur au début du
clip. Nous avons également utilisé une caméra 35 mm d’époque
que l’on voit dans le film, car comme l’originale, notre vidéo a
bien entendu été tournée en 35 mm. »
L’ultime défi
auquel la production a été confrontée a été de trouver un
lieu qui puisse passer à la fois pour le Madison Square Garden, où
Queen s’est produit à guichets fermés en 1978, et pour divers
autres stades au Japon, au Brésil et à travers les États-Unis. Le
chef décorateur a opté pour les LH2 Studios, à l’ouest de
Londres, qu’il a ensuite convertis au gré de l’histoire. Mais
s’adapter aux besoins du tournage pour une scène donnée tout en
préparant la transformation du décor pour doubler le lieu suivant
s’est révélé un défi logistique de taille, en raison des
évolutions en matière d’éclairage et de scénographie au fil des
années. S’il suffit aux acteurs de changer de costumes et
d’instruments pour passer d’une époque à l’autre, il est
beaucoup plus difficile de faire passer un décor de 1973 à 1982 du
jour au lendemain.
Aaron Haye
explique : « Il a fallu mettre au point un moyen de
changer rapidement les éclairages ainsi que leur couleur. Nous ne
pouvions évidemment pas avoir recours à des ampoules LED, nous
avons donc utilisé des spots traditionnels. Le problème, c’est
qu’ils émettent beaucoup de chaleur. Le dispositif que nous avons
construit spécialement pour le décor du Madison Square Garden a été
surnommé par l’équipe le « four à pizza » tellement
il chauffait ! Le devant de la scène était particulièrement
chaud, mais les garçons ne se sont jamais plaints. »
LOOKS DE
STARS
Pour parfaire
l’esthétique du film, Aaron Haye a pu compter sur la collaboration
du chef costumier Julian Day et de la chef maquilleuse et coiffeuse
Jan Sewell.
Pour les deux
chefs de département, travailler sur BOHEMIAN RHAPSODY a été un
véritable privilège. Julian Day explique : « Qui
refuserait de prendre part à un film qui met en scène l’un des
groupes de rock les plus emblématiques ayant jamais existé ?
J’étais très enthousiaste à l’idée de ce projet, ça a été
un merveilleux défi à relever. J’ai effectué énormément de
recherches et au-delà du fait de recréer les costumes portés par
les membres du groupe lors de célèbres évènements publics, j’ai
trouvé particulièrement intéressant d’imaginer leurs tenues dans
les moments dont on sait moins de choses. J’ai beaucoup lu et
parcouru Internet à ce sujet. Pour ce qui est des reproductions, je
me suis adressé aux créateurs des costumes originaux. Brian May et
Roger Taylor nous ont également gentiment ouvert les portes de leurs
archives vestimentaires, ce qui s’est révélé extrêmement
utile. »
Brian May a même
accepté de prêter à l’équipe certaines des pièces originales
de sa collection. Parmi elles figurent un peignoir de tournée avec
son nom brodé dans le dos, une robe de chambre rouge et plusieurs
vestes, dont une en velours avec un col brillant qu’il porte sur
plusieurs photos de l’époque.
Le chef costumier
déclare : « Pour les scènes de concert, nous avons
reproduit deux combinaisons moulantes en lycra, une à losanges noirs
et blancs et une à paillettes argentées, à partir des originaux,
et nous avons demandé à Zandra Rhodes si elle voulait bien
reproduire l’incroyable tenue blanche à manches chauve-souris que
Freddie portait lors du concert à l’arène Nippon Budokan au
Japon. On raconte qu’elle a été initialement adaptée d’une
robe de mariée qui aurait tapé dans l’œil du chanteur lors d’une
visite de l’atelier de la créatrice… »
Parmi les costumes
les plus audacieux du film figurent la couronne et la cape rouge que
porte Freddie lors de la soirée à Garden Lodge. Elles ont été
confectionnées par les deux artisans auprès de qui le chanteur
avait initialement passé commande.
Julian Day
précise : « Certains des costumes du film sont légèrement
sortis de leur contexte, mais nous tenions à inclure les tenues
emblématiques de Freddie car nous savons que c’est ce que les gens
veulent voir. »
BOHEMIAN RHAPSODY
débute en 1970 à Ealing, la banlieue londonienne où Freddie
Mercury a grandi, et s’achève en 1985, après un périple qui nous
entraîne aux quatre coins du monde et que reflètent les costumes
des personnages. Julian Day commente : « Pour les
premières scènes, j’ai opté pour un style très inspiré des
années 1960, de la mode hippie et de l’ambiance de Woodstock. À
l’époque, les couleurs étaient assez discrètes en Angleterre.
Après trois concerts en Grande-Bretagne, le film nous transporte aux
États-Unis, où le groupe a fait la première partie de cinq
concerts. Pour ces scènes, j’ai créé un style très américain
aux accents western avec du daim, des franges, des chemises à
carreaux et des chapeaux de cowboy. On s’envole ensuite avec le
groupe pour le Japon, où leur style devient beaucoup plus coloré
avec des influences pop art. »
Au fil du temps,
les costumes se font de plus en plus extravagants. Pour les séquences
qui se déroulent dans le New York des années 1980, lorsque Freddie
se met à fréquenter les clubs gays de la ville, le chef costumier
s’est inspiré du travail du photographe Robert Mapplethorpe, de
clichés du Meatpacking District réalisés dans les années 1970 et
du film CRUISING – LA CHASSE avec Al Pacino. Il a choisi de vêtir
les acteurs de cuir, de latex, de jean et de chaînes afin
d’illustrer le caractère clandestin de ces lieux. Enfin, dans les
scènes qui se passent à Rio de Janeiro, les corps se dénudent
davantage.
Cette progression
se retrouve dans la garde-robe du leader de Queen. Julian Day
raconte : « Lorsqu’il était jeune, Freddie a travaillé
au célèbre Kensington Market de Londres où se croisaient vendeurs
de vêtements vintage, jeunes créateurs émergents et influenceurs,
et le style des années 1970 était clairement nourri par la mode des
années 1930. À Kensington Market, il a donc par exemple eu accès à
des étoles vintage et aux costumes et accessoires des années 1930.
C’était un fin connaisseur en matière de mode, c’est la raison
pour laquelle je tenais à ce que l’on retrouve ces influences dans
ses costumes. »
Il poursuit :
« Le style de Freddie était plus extravagant dans les années
1970 mais il était également conscient du message que renvoyaient
ses tenues. Je voulais que ses costumes soient un peu plus colorés
et chatoyants, car cela correspond bien à ce qu’il était, mais
son côté flamboyant ne l’empêchait pas d’être très viril et
j’ai pris plaisir à jouer sur cette dualité. Au début des années
1980, ses costumes s’assagissent et reflètent les changements
qu’il connaît dans sa vie privée. J’ai aussi voulu souligner sa
passion pour les kimonos après la tournée du groupe au Japon. »
Le travail de
Julian Day a été très apprécié par les acteurs du film. Rami
Malek déclare : « Julian possède un talent phénoménal.
J’ai vu beaucoup de ses films et je savais que j’étais entre de
bonnes mains. Nous avons passé une cinquantaine d’heures à faire
des essayages et ça a été une période très enrichissante. J’en
ai profité pour répéter mes mouvements en chaussures compensées à
talons de 10 cm, en pantalon en satin moulant ou en combinaison
complète en lycra. Avec la coiffure et le maquillage, les costumes
boostent votre confiance en vous et vous aident à consolider le
personnage. »
Tout comme Freddie
Mercury, Brian May et Roger Taylor avaient un style bien à eux. Pour
Gwilym Lee, qui incarne Brian May, le chef costumier a opté pour une
palette monochrome essentiellement composée de noir et blanc. Ben
Hardy, qui campe Roger Taylor, a quant à lui un style plus coloré
et dandy avec ses gilets de costume. La garde-robe de John Deacon est
un mélange des trois rehaussé d’une touche British. Dans les
scènes qui se déroulent à Rockfield Farm, il a en effet des faux
airs du Dr Who incarné par Tom Baker, avec sa longue écharpe rayée
et ses manteaux africains.
Gwilym Lee
déclare : « J’ai pris beaucoup de plaisir à mettre les
costumes du film, et j’ai eu la chance d’en porter qui
appartiennent à Brian. C’était un lien direct avec la légende
que j’interprétais. Ça a été un immense honneur. »
Un honneur qui a
cependant eu quelques contreparties. L’acteur raconte : « Dans
le film, je porte un blouson d’aviateur en cuir blanc avec des
épaulettes tellement larges que je devais me mettre de côté pour
passer les portes ! »
Pour Mary Austin,
le seul personnage féminin de premier plan du film, Julian Day s’est
surtout basé sur les conversations qu’il a eues avec les amis et
collaborateurs de la jeune femme à l’époque. Elle travaillait
alors chez Biba, le mythique grand magasin londonien situé sur
Kensington High Street et fondé par la créatrice de mode Barbara
Hulanicki. Inspirée par les courants préraphaélite, Art décor et
Art nouveau, cette dernière créait des robes fluides, des pantalons
larges, des blouses et des vestes à manches cloches confectionnés
dans de luxueux tissus tels que le satin et le velours. Ses couleurs
de prédilection étaient le bordeaux, le prune et le violet mais
elle affectionnait également les motifs à pois ou à rayures très
audacieux.
Le chef costumier
déclare : « Mary était une jeune femme très élégante,
c’est d’ailleurs la raison pour laquelle elle a été placée à
l’entrée du magasin pour représenter le style Biba. Nous avons
donc essayé de recréé cet esprit et l’avons conservé jusqu’à
la fin du film. Et quel bonheur d’habiller Lucy Boynton ! »
L’actrice n’a
également que des éloges pour le chef costumier. « Les
costumes de Julian pour le film sont de toute beauté et les pièces
reproduites d’après les vrais costumes de scène de Queen
démontrent un savoir-faire hors pair. Les tenues qui ont été
confectionnées à la main sont tout simplement stupéfiantes. »
Les costumes
portés par le groupe lors du Live Aid ou dans leurs clips ont été
à la fois les plus faciles et les plus difficiles à dupliquer. Les
plus faciles parce que Julian Day savait exactement à quoi ils
ressemblaient, et les plus difficiles parce qu’il n’avait pas le
droit à l’erreur. Les fans et les journalistes peuvent en effet
facilement repérer la moindre anomalie grâce aux nombreuses
ressources accessibles en ligne.
Le chef costumier
a donc porté une attention toute particulière aux détails. Il
commente : « Lorsqu’on commence à se pencher sur les
détails d’une tenue, cela devient soudain beaucoup plus complexe.
Par exemple, la ceinture cloutée que porte Freddie au Live Aid est
composée de deux modèles de clous différents, et son débardeur a
une forme particulière. J’ai pris beaucoup de plaisir à
collaborer avec Rami Malek, qui a un vrai sens du détail. Nous lui
avons confectionné 15 débardeurs pour ces scènes, mais quelques
jours seulement avant le tournage, il nous a fait remarquer que
l’encolure n’était pas tout à fait assez échancrée. Il a donc
fallu que nous les recoupions et les recousions tous, mais ce gros
centimètre fait toute la différence dans l’authenticité du
costume. Nous avons aussi reproduit les motifs de la chemise que
porte John Deacon dans la scène pour qu’ils soient exactement
identiques à l’originale. Il a également fallu faire venir le
jean Wrangler de Freddie des États-Unis et demander à Adidas de
reproduire pour nous une paire de leurs célèbres chaussures de
boxe. Ça a été passionnant mais difficile ! »
Le clip de « I
Want to Break Free », dans lequel les membres du groupe
apparaissent travestis, était une des séquences les plus attendues
du film. Julian Day et son équipe ont parcouru le Royaume-Uni à la
recherche des costumes nécessaires au tournage de la scène, du
négligé que porte Brian May à la jupe en vinyle de Freddie
Mercury, et ont confectionné eux-mêmes un grand nombre de vêtements
et d’accessoires. Il note : « Nous avons déniché un
canotier identique à celui que porte Roger Taylor dans le dos et
avons fait imprimer un ruban dans les mêmes couleurs que celles de
l’original. »
Pour
l’éblouissante fête que donne Freddie à Garden Lodge, le chef
costumier a opté pour l’une des tenues les plus emblématiques du
chanteur : la couronne et la cape en velours rouge festonnée
d’hermine, qu’il a associée à une veste militaire et à un
pantalon en cuir, un autre style que la star affectionnait
particulièrement. Julian Day confie : « Nous voulions
qu’il soit la vedette de la soirée. »
Pour les invités,
le chef décorateur s’est inspiré des photos du légendaire Studio
54 de New York pour imaginer une panoplie de costumes tous plus
extravagants les uns que les autres, en référence au milieu de la
nuit des années 1970, à l’univers punk, à la culture gay, aux
drag-queens et à la scène underground.
Fait assez
extraordinaire pour être mentionné, aucun des costumes du film n’a
été porté plus d’une fois.
Julian Day
déclare : « C’était la première fois que je faisais
autant d’essayages. Nous avons créé des centaines et des
centaines de costumes, il a fallu affréter un car entier rien que
pour ceux des quatre membres du groupe ! Au total, nous avions
quelque chose comme 8 000 à 10 000 costumes, en comptant
tous ceux des figurants. L’histoire nous entraîne d’un pays à
un autre, du Japon à New York en passant par l’Amérique profonde,
et chacun de ces concerts se devait d’avoir une atmosphère
différente. Ça a vraiment été passionnant. »
Graham King confie
avoir été renversé par la beauté des costumes : « Julian
a accompli un travail extraordinaire, il n’a pas volé sa
réputation. Il a en outre fait preuve d’un enthousiasme incroyable
pour le projet. Il possédait la sensibilité et les connaissances
adéquates pour ce film. Quand tous ceux qui prennent part à un
projet le font par passion pour l’histoire qui est racontée, cela
se ressent. »
Julian Day a
travaillé en étroite collaboration avec la chef coiffeuse et
maquilleuse Jan Sewell, qui était très enthousiaste à l’idée de
donner à voir l’évolution de Freddie Mercury de 1970 jusqu’au
Live Aid.
Le travail de la
chef coiffeuse et maquilleuse a été grandement facilité par la
quantité de documentation visuelle disponible dans le domaine
public. Elle explique : « Il y a énormément de vidéos
dans lesquelles on peut voir l’évolution de Freddie au fil des
années. Avec Julian Day, nous avons déterminé les différents
looks de chacun des membres du groupe et défini une chronologie,
mais nous n’étions pas certains de pouvoir montrer toutes leurs
coiffures. John Deacon, par exemple, conserve quasiment la même
apparence tout au long du film, mais au début des années 1980, il
apparaît avec les cheveux beaucoup plus courts. Quant à Brian May,
il a toujours eu la même coupe, en plus ou moins long selon les
époques. L’apparence de Freddie a en revanche énormément changé
au fil du temps, il a donc fallu choisir les looks qui nous
semblaient les plus représentatifs. »
Au début du film,
au milieu des années 1970, Freddie apparaît ainsi rasé de près,
avec les cheveux longs et une frange courte, pour finir avec une
coupe courte et une moustache lors du Live Aid. Entretemps, on l’aura
découvert avec plusieurs styles différents.
Jan Sewell a eu
recours à des prothèses de maquillage pour reproduire les dents
proéminentes et le nez aquilin de Freddie Mercury. Elle a testé
plusieurs paires de fausses dents sur Rami Malek afin de trouver le
modèle parfait. La chef coiffeuse et maquilleuse explique : « Ce
qui est fascinant lorsqu’on regarde Rami interpréter Freddie,
c’est qu’il a parfaitement saisi ses tics. Freddie était très
conscient de sa dentition. Bien qu’il en ait eu les moyens, il a
choisi de ne pas se les faire refaire, mais il passait beaucoup de
temps à essayer de les dissimuler, notamment par des mouvements de
bouche. Il était donc très important que le dentier de Rami soit de
la bonne taille, de manière à ce qu’il vienne étayer son jeu. »
Pour le nez du
personnage, Jan Sewell a créé une prothèse en gélatine que
l’acteur se faisait poser chaque matin. Elle commente :
« Cette prothèse avait pour but d’élargir la partie
supérieure du nez de Rami, ce qui avait pour effet de rapprocher
légèrement ses yeux. Les yeux de Rami sont beaucoup plus grands que
ceux de Freddie, j’ai donc eu recours au maquillage pour les rendre
un peu moins saillants. »
Pour parfaire son
apparence, Rami Malek porte également une multitude de perruques et
de fausses moustaches. L’acteur, qui a enchaîné le tournage de
BOHEMIAN RHAPSODY juste après « Mr. Robot », n’a en
effet pas eu le temps de se laisser pousser les cheveux pour le film,
c’est la raison pour laquelle il porte une perruque dans toutes les
scènes, même celles du Live Aid. Toute la difficulté pour la chef
coiffeuse et maquilleuse a consisté à trouver l’équilibre entre
la longueur de sa chevelure et l’épaisseur de sa moustache.
Jan Sewell a aussi
dû vieillir les quatre membres du groupe pour les dernières scènes
du film qui se déroulent au milieu des années 1980. Elle raconte :
« Pour la séquence du Live Aid, nous avons utilisé de petites
prothèses afin de créer de très légères rides sur le visage de
chacun des quatre acteurs, avant de les couvrir de maquillage de
scène comme ils en auraient porté pour le concert. »
La chef coiffeuse
et maquilleuse a fait d’importantes recherches pour s’assurer de
l’exactitude de chaque détail. Pour cela, elle a non seulement
interrogé Brian May et Roger Taylor, mais également un grand nombre
de ceux qui ont accompagné le groupe en tournée. Elle observe :
« Dans les années 1970, Freddie portait du vernis noir, mais
uniquement sur les ongles de la main gauche. Quand j’ai demandé
pourquoi, on m’a répondu que c’était parce qu’il n’arrivait
pas à se vernir les ongles de la main droite. Même chose pour
Brian, sauf que lui portait du vernis blanc. »
Pour les scènes
nécessitant de nombreux figurants – la fête à Garden Lodge et le
Live Aid – Jan Sewell et son équipe se sont inspirés de photos et
de vidéos réalisées lors de ces évènements. Elle explique :
« Nous avons attentivement étudié l’apparence des invités
de la soirée de Garden Lodge. Certains avaient des costumes
extraordinaires, notamment des toges et des couronnes de laurier à
la mode romaine, que nous sommes parvenus à reproduire. Pour le Live
Aid, nous tenions absolument à ce que le style des figurants soit
ancré dans les années 1980, c’est la raison pour laquelle presque
tous les hommes portent la coupe mulet et la moustache, et les femmes
les cheveux courts. Comme de nos jours la plupart des hommes ont les
cheveux courts et les femmes les cheveux longs, presque tous les
figurants portent une perruque. Il a donc fallu plusieurs semaines
d’essayages et quelque chose comme 7 000 perruques pour que
tout soit parfait. Mais comme les figurants étaient tous fans de
Queen, lorsque nous avons demandé aux hommes de se laisser pousser
la moustache, ils ont tous accepté ! »
En collaboration
avec Julian Day, Jan Sewell a défini la palette de couleurs du
maquillage des personnages féminins. Elle observe : « Il
y a une nette évolution entre le début et la fin du film en matière
de maquillage. Dans les années 1970, la mode était aux rouges à
lèvres orangés, aux faux-cils, aux ombres à paupières bleu-vert
et aux blushs tirant sur l’orange. Mais pour les années 1980, nous
avons opté pour des teintes terracotta et bronze. »
La chef coiffeuse
et maquilleuse garde un souvenir inoubliable de sa collaboration avec
les acteurs du film. « Ils connaissaient parfaitement leurs
personnages et se sont beaucoup impliqués dans la création de leur
look. Rami, avec qui j’ai travaillé étroitement, a un instinct
phénoménal, rien ne lui échappe. Il sait la différence que peut
faire un peu de maquillage, une couleur un peu plus soutenue ou une
ombre le long du nez. Je pense que ça a été une expérience
mémorable pour chacun d’entre nous. »
Rami Malek
déclare : « Jan est une incroyable chef coiffeuse et
maquilleuse. Au-delà du dentier que je porte, elle a fait un travail
absolument remarquable autour de mes yeux et dans la définition de
la structure de mon visage en fonction des différentes périodes de
la vie du personnage. Le maquillage constitue une étape majeure qui
permet à un acteur de s’approprier encore davantage son rôle.
Comme les costumes, la coiffure et le maquillage vous aident à vous
rapprocher encore un peu plus de votre personnage. J’ai toujours su
que je ne serais jamais Freddie Mercury, mais le travail de Jan m’a
permis de saisir son essence. »
LA MUSIQUE
Sur un film dans
lequel la musique occupe une place aussi prépondérante que BOHEMIAN
RHAPSODY, le rôle du superviseur musical est évidemment essentiel.
C’est à Becky Bentham qu’est revenue la mission de créer la
bande originale du film en utilisant les voix de Freddie Mercury,
d’un imitateur de la star et de Rami Malek.
Après avoir
longuement discuté avec Brian Singer et Graham King, Becky Bentham a
classé chaque chanson du film selon qu’elle est interprétée à
l’écran ou figure sous forme de clip. Une fois réuni tout le
matériel existant qu’elle a pu trouver – des backing tracks
(enregistrements d’instruments et pistes audio pour
accompagnement) aux enregistrements vocaux originaux de Queen –,
elle a dressé la liste des éléments manquants pour chaque
préenregistrement et chaque playback. Les préenregistrements ont
ensuite été envoyés aux acteurs afin qu’ils les travaillent avec
leurs coachs vocaux et musicaux.
Elle commente :
« Pour « Bohemian Rhapsody », nous avons eu la
chance d’avoir accès à tous les enregistrements vocaux et
musicaux originaux. Mais pour les morceaux dont il n’existe pas
d’enregistrement, nous avons fait appel à un imitateur de Freddie
Mercury. Nous avons également enregistré toutes les performances de
Rami Malek. Et tous ces éléments nous ont permis de créer un
catalogue de titres aussi authentiques que possible à partir duquel
nous avons assemblé la bande originale du film. »
Pour le réalisme
des scènes de chant, Becky Bentham a demandé aux acteurs de
véritablement chanter sur les titres préenregistrés. Elle
explique : « C’était la seule manière de générer des
mouvements de gorge et de muscles faciaux authentiques. »
Bien qu’en
apparence plus complexes, les scènes du Live Aid ont en réalité
été les plus faciles à tourner. Becky Bentham explique :
« Comme les morceaux avaient tous été préenregistrés, il
nous a suffi de les jouer en playback à plein volume pour mettre les
acteurs dans l’ambiance. »
Elle rend hommage
au travail de Rami Malek et du reste de la distribution. « Je
tire mon chapeau à Rami, Gwilym, Ben et Joseph qui ont travaillé
d’arrache-pied et ont fait preuve d’un dévouement exceptionnel.
Ben avait quelques connaissances en batterie sur lesquelles nous
avons pu nous appuyer, Gwilym jouait quant à lui un peu de guitare
avant le film et Joe s’était déjà essayé à la basse. Mais
comme Rami, ils ont tous passé de longues heures à travailler avec
les préenregistrements. Pour Rami, nous avons enregistré et filmé
l’imitateur auquel nous avons fait appel de manière à ce qu’il
ait une référence sonore et visuelle sur laquelle caler ses
mouvements et ses respirations. »
Les morceaux du
film ont été enregistrés dans les légendaires studios londoniens
d’Abbey Road. Becky Bentham raconte : « Je me souviens
que lors de notre première session d’enregistrement, Rami a levé
les yeux et vu une photo de Queen et Freddie Mercury qui donnaient
l’impression de l’observer… C’était à la fois très
intimidant et très émouvant, c’était un peu comme s’ils nous
donnaient leur consentement. Ça a beaucoup enrichi cette
expérience. »
SE SENTIR
VIVANT
Graham King est
particulièrement fier du message qu’adresse le film aux jeunes
générations. Il déclare : « BOHEMIAN RHAPSODY est un
film qui vous inspire et vous élève. J’espère que s’il y a
parmi les spectateurs des gens un peu perdus, qui se sentent
persécutés ou exclus, ils entendront ce que Mary dit à Freddie
dans le film : « L’avenir t’appartient, tu peux être
tout ce que tu veux. » Je trouve qu’il s’agit d’un
message très important aujourd’hui encore. »
Le producteur sait
aussi que la musique du film ne manquera pas de captiver
l’imagination du public. Il confie : « Quand je vais au
cinéma, je ne veux pas seulement voir un film, je veux le ressentir.
À travers BOHEMIAN RHAPSODY, je tenais à faire vivre aux
spectateurs une expérience. J’aimerais que dans toutes les salles
de cinéma, les gens applaudissent et reprennent en chœur ces
morceaux cultes qui ont bercé leur enfance et font désormais partie
de leur vie. Et à cet égard, je pense que nous avons réussi notre
pari. Je veux que les gens ressortent heureux de ce film, qu’ils
aient envie de prendre leurs voisins dans les bras et de chanter les
tubes de Queen à tue-tête. « We
Will Rock You », « We Are The Champions »,
« Bohemian Rhapsody »… Ces morceaux sont passés
à la postérité et il est impossible de ne pas avoir le sourire aux
lèvres quand on les entend ! »
Il ajoute :
« Je veux perpétuer l’héritage de Freddie Mercury et de
Queen, les faire découvrir aux jeunes générations, leur montrer
comment le groupe a résisté à l’épreuve du temps, combien
l’industrie musicale a changé, leur expliquer comment se faisaient
les disques à l’époque et comment ces quatre garçons se sont
rencontrés et ont produit cette musique si singulière. Freddie a
toujours considéré le groupe comme sa famille, et je pense que dans
le climat actuel, il est bon de rappeler que nous faisons tous partie
d’une grande famille, qui que nous soyons et quelles que soient nos
origines. »
Rami Malek
conclut : « J’espère que les spectateurs seront aussi
inspirés par l’histoire de Freddie Mercury que je l’ai été et
qu’ils quitteront la salle plus confiants en eux et gonflés à
bloc. J’aimerais qu’ils prennent conscience qu’il n’y a aucun
mal à être soi-même, qu’il faut même clamer haut et fort qui
l’on est. Je voudrais qu’ils aient envie de s’accepter tels
qu’ils sont avec autant de force que Freddie, sans jamais avoir le
sentiment de devoir cacher quoi que ce soit. »
Source et copyright des textes des notes de production @ 20th Century Fox France
#BohemianRhapsody

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