lundi 11 novembre 2019

LE MANS 66


Biopic/Drame/Un film élégant qui raconte une belle histoire humaine sur un fond d'enthousiasmante course automobile

Réalisé par James Mangold
Avec Matt Damon, Christian Bale, Caitriona Balfe, Josh Lucas, Jon Bernthal, Tracy Letts, Noah Jupe, Remo Girone...

Long-métrage Américain
Titre original : Ford v. Ferrari
Durée: 02h32mn
Année de production: 2019
Distributeur: Twentieth Century Fox France

Date de sortie sur les écrans américains : 15 novembre 2019
Date de sortie sur nos écrans : 13 novembre 2019


Résumé : Basé sur une histoire vraie, le film suit une équipe d'excentriques ingénieurs américains menés par le visionnaire Carroll Shelby et son pilote britannique Ken Miles, qui sont envoyés par Henry Ford II pour construire à partir de rien une nouvelle automobile qui doit détrôner la Ferrari à la compétition du Mans de 1966.

Bande annonce (VOSTFR)


Ce que j'en ai penséLE MANS 66 est un film élégant. Que l'on aime les voitures de course ou non, le réalisateur James Mangold nous propose un long-métrage qui a des atouts pour plaire à tous. De tessiture classique en terme de scénario qui se base sur des faits réels, c'est part le brio de ses plans et les touchants aspects humains qu'il entraîne les spectateurs dans cette aventure. À l'image d'un duel, une fois le gant jeté, l'affrontement se fera lors d'un rendez-vous pris dans un lieu iconique, celui du circuit des 24 heures du Mans. 

Le réalisateur nous retrace le parcours de cette histoire en imbriquant habilement les pressions et manipulations purement entrepreneuriales et une magnifique amitié basée sur le respect, l'acceptation ainsi que la connaissance de l'autre. Il met les relations humaines sur le devant de la scène parce que c'est bel et bien le cœur de ce qu'il nous raconte. Et en même temps, son talent pour nous plonger dans les vibrations des véhicules qui doivent établir des performances techniques sans cesse repoussées est incroyable. La dynamique, le mouvement, les sensations, il nous fait tout ressentir. Sa caméra colle au bitume, l'action qu'il choisit de décrire est toujours claire, l'intensité des enjeux de la vitesse est parfaitement retranscrite. Il apporte un grand soin à la cohérence des ambiances. Il nous plonge dans l'époque des années 60. Les décors, les vêtements, même les attitudes des protagonistes participent à nous faire revivre cette atmosphère. Il maîtrise parfaitement sa narration et sait créer des moments qui construisent notre attachement à ses personnages. 


Matt Damon interprète Carroll Shelby, un pilote hors pair, un business man, un amoureux des voitures qui a un vrai sens du travail en équipe et une intelligence très fine sur comment survivre dans le milieu hostile des grandes entreprises.


Christian Bale interprète Ken Miles, un homme honnête et franc ainsi qu'un mécanicien talentueux, un pilote de course inné avec un véritable instinct pour lire les parcours des compétitions et une fantastique habileté pour comprendre la structure les véhicules.




Les deux acteurs sont excellents. Leur duo est comme une mécanique bien huilée. Ils nous font croire aux capacités de leur personnage et les personnalités qu'ils construisent sont à la fois crédibles, touchantes et complémentaires. 



Copyright photos @ 20th Century Fox France

Caitriona Balfe interprète Mollie Miles, la femme de Ken et Noah Jupe interprète Peter, leur fils. Ils forment une cellule familiale attachante.

De leur côté, Josh Lucas qui interprète Leo Beebe, Jon Bernthal qui interprète Lee Iacocca, Tracy Letts qui interprète Henry Ford II et Remo Girone qui interprète Enzo Ferrari, sont impeccables pour mettre en exergue les jalons du profit et montrer combien l'humain est un moyen et non une priorité dans les firmes.


LE MANS 66 raconte une superbe histoire d'amitié. Le réalisateur maîtrise tous les aspects de son propos aussi bien visuellement que d'un point de vue humain. On ne voit pas le temps passer, et bien que les courses automobile soient magnifiquement filmées, on est enthousiasmé par les développements autour des relations entre les personnages. C'est un beau film.

LA CONFÉRENCE DE PRESSE
(À ne regarder qu'après avoir vu le film pour éviter les spoilers !)

Une conférence de presse du film LE MANS 66 s'est tenue à Paris, le samedi 5 octobre 2019, en présence du réalisateur James Mangold, ainsi que des acteurs Christian Bale et Matt Damon. Retrouvez ce sympathique moment de partage autour du cinéma dans les vidéos ci-dessous :
























Copyright photos @ Epixod

EXPOSITION

À l'occasion de la sortie de LE MANS 66, en salles le 13 novembre en France, l’Automobile Club de l’Ouest vous présente sa nouvelle exposition « Le Mans 66 » qui se tiendra du 21 octobre 2019 au 23 février 2020 au Musée des 24 Heures du Mans.

Cette exposition consacrée à l’édition des 24 Heures du Mans 1966 comme au film « Ford V Ferrari », ou « Le Mans 66 » pour la version française, vous permettra de revivre le formidable duel Ford/Ferrari, de découvrir ou redécouvrir des personnages emblématiques tel que le pilote Ken Miles ou l’ingénieux Carroll Shelby, de visiter les coulisses du film, de sa phase de production à sa réalisation, en passant par la création de décors historiques inspirés de la réalité et du mythique univers du Mans et de son circuit. Pour prolonger votre immersion, vous pourrez observer d’authentiques véhicules d’époque comme la Ford GT40 ayant participé à l’épreuve mancelle, les costumes des acteurs et les décors du tournage. (Source du texte: Musée des 24 Heures du Mans)


NOTES DE PRODUCTION
(À ne lire qu'après avoir vu le film pour éviter les spoilers !)

C’est l’une des plus grandes légendes du sport automobile : Carroll Shelby a développé, en étroite collaboration avec son impétueux pilote d’essai Ken Miles, une voiture révolutionnaire qui a réussi à surpasser tous les véhicules construits par le légendaire pilote et industriel italien Enzo Ferrari lors des 24 Heures du Mans en 1966.

James Mangold, cinéaste nommé aux Oscars et conteur hors pair à qui l’on doit WALK THE LINE et LOGAN, offre avec LE MANS 66 un film à haut indice d’octane qui raconte l’histoire d’un groupe de créateurs hors norme qui se sont affranchis des règles et ont surmonté de nombreux obstacles pour accomplir quelque chose d’extraordinaire à force de volonté, d’inventivité et de détermination.

L’AMITIÉ QUI A REDÉFINI LA COURSE AUTOMOBILE

Le réalisateur James Mangold était attiré par le double défi que représentait ce projet : il pouvait mettre en scène des séquences de course palpitantes plaçant les spectateurs à l’intérieur des voitures, au plus près de ces pilotes intrépides, tout en retraçant la chronique de l’amitié tumultueuse qui liait Carroll Shelby et Ken Miles. Tous deux avaient des personnalités très fortes et différentes – Shelby était un homme coriace mais très sympathique ; Miles était ombrageux et d’une franchise brutale – mais ces deux hommes étaient unis par leur passion pour l’innovation et leur amour de la compétition.

Plus simplement encore, Shelby et Miles étaient mus par leur goût de l’excellence, et cela les poussait à mettre leur vie en jeu chaque fois qu’ils prenaient le volant. Le réalisateur James Mangold déclare : « Ils se comprenaient au niveau le plus intime. Quand Shelby est confronté à la fatalité qui l’empêche désormais de courir, il se réinvente totalement. Lui qui était pilote se transforme en vendeur et concepteur de voitures de course, et Ken devient le vecteur de ses rêves. Mais Ken ne parvient pas à se maîtriser quand il est en représentation ou face aux dirigeants de la compagnie. Il dit ce qu’il pense en se moquant d’y mettre les formes, ce qui oblige Shelby à assumer un rôle protecteur vis-à-vis de lui. Ils ont une relation très symbiotique et complémentaire. »

Le producteur Peter Chernin confie : « C’est le genre de film qui me rappelle pourquoi je me suis lancé dans ce métier. LE MANS 66 englobe toutes les raisons qui donnent envie de s’asseoir dans une salle de cinéma. On a envie d’être embarqué dans l’histoire, de s’investir, d’être ému, de pleurer, de rire, de ressentir… Ce film propose tout cela, et bien plus encore. »

Peter Chernin était ravi que James Mangold ait été engagé après plusieurs années passées à développer le scénario. Le réalisateur possède en effet une longue expérience dans l’art de raconter des histoires riches en émotions, qu’il s’agisse de personnages historiques ou de contes dramatiques sur des iconoclastes.

Le producteur explique : « James est attiré par les héros malgré eux, les gens qui vivent selon un solide code moral qui leur est propre, les personnages qui ne se plient pas forcément aux règles établies et qui sont même parfois de vrais hors-la-loi. Ce drame haut en couleur, à l’ampleur et aux enjeux élevés, l’a séduit. Il a su y insuffler tout l’esthétisme et toute l’émotion qu’il méritait. »

James Mangold confie : « Il n’a pas été facile de savoir comment naviguer dans cette histoire pour que le public ressente l’amour, la camaraderie et l’énergie de ces pilotes, de ces ingénieurs, de ces mécaniciens et des équipes aux stands. Cela ne reposait pas sur le seul fait de gagner ou de perdre, sur une victoire qui n’aurait été qu’un cliché. J’ai pensé que si nous pouvions plonger assez loin dans le cœur de ces personnages, les victoires et les défaites des courses seraient secondaires par rapport à celles qu’ils connaissent dans la vie. »

La clé a consisté à dresser un portrait naturaliste de la vie que menaient Shelby et Miles. À notre époque où l’image de synthèse est la base de nombreux films à succès, le réalisateur trouvait essentiel d’adopter une approche de l’action fondée sur la réalité afin de mieux représenter les années 1960 et d’aider le public à comprendre ce que ces pilotes vivaient lorsqu’ils se poussaient à dépasser les limites, tant sur leurs véhicules que sur eux.

James Mangold explique : « Aujourd’hui, l’action au cinéma se veut généralement spectaculaire et renforcée par des effets numériques. J’ai voulu au contraire quelque chose de profondément analogique, de réel et de brut. Je désirais montrer ce qu’il y a de séduisant dans ces bolides, la mécanique, les moteurs, le danger. Ces hommes roulaient à plus de 300 km/h coincés dans une fine coquille d’aluminium autour d’une piste. C’était un vrai miracle qu’ils aient une telle audace, un miracle qu’ils survivent dans de telles conditions. Et je voulais que les spectateurs puissent le ressentir aussi. »

LE MANS 66 commence par la victoire de Shelby au Mans, suivie du diagnostic de sa maladie, avant d’avancer dans le temps jusqu’en 1963, lorsque Ford Motor Co., autrefois leader de l’industrie, est à la traîne sur le marché automobile derrière son concurrent General Motors. Lee Iacocca, responsable marketing, pense que si Ford veut attirer les jeunes qui cherchent à acheter leur première voiture, l’entreprise doit se concentrer sur la vitesse, et que si Ford gagne des courses automobiles, leurs voitures destinées au grand public deviendront d’autant plus attrayantes à leurs yeux. Comme aucune entreprise ne produit de voitures plus rapides ou séduisantes qu’Enzo Ferrari, l’acquisition du constructeur automobile européen semble être la solution. Ford envoie donc une délégation en Italie pour négocier le rachat du constructeur automobile, mais c’est un échec.

Indigné, le PDG de Ford, Henry Ford II (alias « The Deuce »), nomme immédiatement son bras droit, Leo Beebe, à la tête d’un nouveau département de voitures de course high-tech, Ford Advanced Vehicles. Il le charge de construire une voiture qui battra Ferrari sur son terrain lors de « l’Everest » de la course d’endurance : les 24 Heures du Mans. L’équipe de FAV met alors au point la GT40 Mark I, mais sa première sortie en 1964 est un échec. Les trois modèles ne parviennent même pas à terminer la course. La Shelby Daytona Cobra Coupé se classe quatrième derrière 3 Ferrari – un fait que Ford II ne manque pas de remarquer.

Henry Ford II engage alors Shelby pour développer, tester et finalement superviser l’ensemble du programme voué à la compétition automobile, mais le pilote d’essai principal de Shelby, Ken Miles, complique cette collaboration. Avec son francparler, ce dernier se fait rapidement un ennemi de Leo Beebe, et celui-ci va faire de son mieux pour manipuler Shelby et écarter Miles. Pourtant, en dépit d’obstacles insurmontables et d’une ingérence quasi ininterrompue de la direction, Shelby et son équipe – qui comprend également l’ingénieur en chef Phil Remington et le jeune mécanicien britannique Charlie Agapiou – fabriquent l’une des meilleures voitures de course jamais créées : la Ford GT40 MKII. Le véhicule a changé la perception de Ford et l’image de l’Amérique lorsqu’il a pris part à l’une des épreuves les plus célèbres de l’histoire, la course du Mans de 1966.

James Mangold explique : « LE MANS 66 relate quelques années de la vie de personnes en quête d’excellence, qui s’efforcent d’aller à l’encontre de la logique commerciale et du mode de pensée établis. C’est à mon sens un combat essentiel au XXIe siècle aux États-Unis car la prise de risque, l’audace et l’instinct qui ont été nécessaires pour inventer toutes ces choses qui font partie de notre quotidien et être ce que nous sommes, semblent aujourd’hui nous effrayer. »

Le producteur Peter Chernin ajoute : « Nous avons toujours pensé que ce film serait passionnant parce qu’il traite des conflits en coulisses et des choix de personnes passionnées, compétitives et déterminées, au moment où l’Amérique passait de l’optimisme de l’après-guerre, des années 1950 et du début des années 1960 au cynisme de la fin des années 1960 et des années 1970. C’est aussi une histoire d’outsider américain comme on les aime, pleine de nostalgie. »

INCARNER CARROLL SHELBY ET KEN MILES

Même si de nombreux personnages historiques connus sont visibles dans le film, LE MANS 66 tourne essentiellement autour de la relation aussi étroite qu’agitée entre Carroll Shelby et Ken Miles. Dès le départ, James Mangold a su quels acteurs il voulait placer au cœur de l’histoire : « Matt Damon et Christian Bale sont tous deux incroyablement doués. Il y avait entre eux une camaraderie naturelle que j’ai sentie dès le début et qui se perçoit vraiment à l’écran. »

Selon le réalisateur, chaque acteur avait comme une sorte de lien personnel avec son rôle respectif. Il précise : « Matt a été une star de cinéma presque toute sa vie. Il porte en lui la célébrité et la notoriété de sa prestigieuse carrière, mais il est aussi confronté aux interrogations de tous les acteurs ayant atteint la quarantaine – que vais-je faire maintenant ? De la même manière que Caroll Shelby a dû se réinventer lorsque notre histoire commence. »

Matt Damon commente : « Shelby avait été un grand pilote ; il avait en quelque sorte atteint le sommet de la gloire. À cause de cette maladie cardiaque, il a perdu son grand amour. Il était sur le point de tomber dans l’oubli et de ne plus être que l’un de ces innombrables types anonymes qui essaient de vendre des voitures aux gens. Cette opportunité chez Ford était une chance unique. Les enjeux étaient énormes, pour lui comme pour Miles. C’est un tournant dans leurs vies. »

Christian Bale a bâti sa carrière en interprétant des personnages audacieux et, lorsqu’il incarne des personnages réels, qu’il s’agisse de Dicky Eklund dans FIGHTER ou de Dick Cheney dans VICE, il est connu pour se plonger intégralement dans le rôle et canaliser l’essence de son personnage. Il a aussi la réputation d’être passionné et entier, tout comme Ken Miles, qui avait conduit des chars d’assaut pendant la Seconde Guerre mondiale avant de trouver son chemin sur les circuits.

À propos de l’acteur, qu’il avait dirigé dans 3h10 POUR YUMA en 2007, le réalisateur déclare : « À bien des égards, Ken Miles et Christian ont le même caractère. Christian est un acteur remarquablement doué, mais il n’aime pas être une star de cinéma. En revanche, il aime être maître de son travail. De plus, lui aussi est britannique et a des liens avec les quartiers populaires du Royaume-Uni. Il a trouvé mille et une manières de se rapprocher de Ken. »

Christian Bale confie : « Jouer des personnages réels vous offre une vraie liberté parce qu’ils ont des manières bien à eux, leurs propres excentricités, leur voix... Tout est là et vous avez la liberté de piocher dans cette matière comme bon vous semble. Vous pouvez voir votre personnage en vidéo ou le rencontrer et discuter avec lui sur le tournage – les gens sont merveilleusement excentriques et fantastiques dans ces conditions. Je me sens plus libre en jouant une vraie personne parce que je sais que ce n’est pas mon ego qui dicte mes choix d’interprétation. »

Si les deux acteurs n’avaient jamais travaillé ensemble auparavant, ils étaient enthousiasmés par la perspective de se donner la réplique et d’explorer l’amitié entre ces deux personnages singuliers. Matt Damon déclare : « Shelby sentait tout simplement que Ken Miles était indispensable à cette mission, et Ken était connu pour ne pas supporter les imbéciles. Il était irascible et n’avait pas peur de dire ce qu’il pensait. Et il ne voulait pas qu’on le ralentisse. S’il pensait que vous aviez une idée stupide, il vous le disait sans mâcher ses mots, aucune diplomatie. Il était donc une source constante de frustration pour Shelby, mais celui-ci avait vraiment besoin de lui pour l’aider à construire la voiture et à la conduire ensuite au Mans. »

 James Mangold voulait que ses stars conduisent le plus possible de vrais véhicules sur de vraies pistes. « Pour moi, il est essentiel que les spectateurs aient l’impression d’être assis dans l’habitacle. On entend le moteur, on voit les boulons vibrer dans le châssis. On ressent les vibrations dans nos os. On comprend à quel point ils poussent le véhicule et à quel point il est proche de l’explosion. »

Et de poursuivre : « Aujourd’hui, on dispose de la conception assistée par ordinateur. On peut anticiper avec beaucoup plus de précision ce qui va marcher ou non. Ces pilotes, eux, n’avaient pas d’autre choix que de monter dans des voitures dont ils ne savaient même pas si elles arriveraient en un seul morceau. Il n’y avait aucun moyen de le prévoir avec un crayon et des abaques. Il fallait construire le véhicule et le conduire pour en tester les limites. Il pouvait exploser ou pas, mais dans tous les cas une personne était assise dedans. Il y a quelque chose de romanesque dans ce genre d’audace, de prise de risque, quand on va au bout de ses ambitions quel qu’en soit le prix. »

Avant le tournage, Christian Bale s’est entraîné avec Robert Nagle, coordinateur des cascades et pilote chevronné. À l’écran, l’acteur conduit une Shelby Cobra et une Ford GT40. Le coordinateur des cascades et l’acteur ont passé une semaine à la Bob Bondurant School of High Performance Driving à Phoenix, en Arizona, spécialisée dans les courses.

INDUSTRIELS, PILOTES, INGÉNIEURS ET MÉCANICIENS

 Jon Bernthal incarne Lee Iacocca. Ce fils d’immigrants italiens originaire d’Allentown en Pennsylvanie est devenu une légende de l’industrie automobile en redonnant vie au constructeur automobile américain Chrysler dans les années 80. Jon Bernthal est un acteur connu pour ses personnages abîmés émotionnellement dans des séries télévisées telles que « The Punisher » et « The Walking Dead » et des films tels que SICARIO, LE LOUP DE WALL STREET et WIND RIVER.

Il explique : « Même si je campe habituellement des hommes qui se caractérisent par leurs muscles, leur force et leur colère, j’ai trouvé Iacocca aussi fort que tous les personnages que j’ai pu interpréter. Sa force naît de son intensité, de son intellect. Quand il était chez Ford, Iacocca a eu la présence d’esprit de comprendre qu’il y avait toute une génération de jeunes de 17 ans avec de l’argent en poche qui s’intéressaient au rock’n’roll, au sexe et à la vitesse, et que le fait de stagner, de perpétuer les voitures des années 1950 était ce qui coulait Ford. »

L’actrice irlandaise Caitriona Balfe, qui incarne Claire Randall dans la série « Outlander », joue Mollie Miles, la femme de Ken et la mère de leur jeune fils, Peter. Elle déclare : « Ce que j’aime chez Mollie, c’est que même si elle est mère au foyer, elle n’est pas effacée pour autant. Ken a une personnalité un peu abrupte et les rapports humains ne sont pas son fort, mais leur relation de couple est solide. Elle lui dit quand il doit se prendre en main, elle l’encourage. Ils forment une véritable équipe et se soutiennent l’un l’autre. C’était merveilleux de pouvoir jouer cela. »

Tracy Letts, dramaturge lauréat du prix Pulitzer et du Tony Award pour sa pièce « August: Osage County » et d’un Tony du meilleur comédien pour « Qui a peur de Virginia Woolf ? », a joué également au cinéma dans LADY BIRD et PENTAGON PAPERS. Il campe ici la légende de l’automobile de Detroit Henry Ford II, PDG de Ford Motor Company de 1960 à 1979. Faire un film de course automobile était nouveau pour l’acteur : « C’est une histoire classique : l’homme contre la machine, l’homme contre ses semblables, et l’homme contre lui-même. On y retrouve beaucoup de thèmes familiers des films sportifs, mais il s’y ajoute ici un contexte historique. Et c’est une excellente histoire. Beaucoup des voitures que nous connaissons aujourd’hui, et beaucoup des progrès technologiques puisent leur origine dans cette époque-là. »

Josh Lucas interprète Leo Beebe, le dirigeant de Ford Motors Company en charge de la branche compétition. Mieux connu pour ses rôles dans FASHION VICTIME et le drame oscarisé UN HOMME D’EXCEPTION, l’acteur a déjà tourné avec 11 Christian Bale dans AMERICAN PSYCHO en 2000. Il déclare : « Il y a une qualité lyrique dans l’écriture de ce film, quelque chose d’épique. Comme une sorte de dimension poétique qu’on aurait injectée dans cette histoire sur l’énergie et l’intensité de la course automobile. »

Comme son père, Peter Miles est complètement passionné par ce sport. Il est incarné par Noah Jupe, qui a joué avec John Krasinski et Emily Blunt dans SANS UN BRUIT en 2018. Le jeune acteur explique : « Peter est un garçon heureux, mais c’est aussi un enfant dont le père peut mourir à n’importe quel moment de la course. Depuis son plus jeune âge, il baigne dans le monde de la course automobile, et il veut devenir pilote quand il sera grand, comme son père. »

Remo Girone, acteur italien de cinéma, de télévision et de théâtre, joue Enzo Ferrari, fondateur de la Scuderia Ferrari, une marque qui a dominé le sport automobile pendant des années. Il est surtout connu pour son rôle de chef de la mafia dans la populaire mini-série « La Piovra » à la télévision italienne, ainsi que pour son rôle dans LIVE BY NIGHT en tant que patron du crime italo-américain face à Ben Affleck.

Acteur, scénariste et metteur en scène américain connu pour avoir créé la célèbre série dramatique « Rectify » sur SundanceTV, Ray McKinnon interprète Phil Remington, l’ingénieur en chef de Shelby American. Génie technique capable de réparer ou de fabriquer n’importe quoi, Remington est un partenaire clé de Carroll Shelby dans le développement de la Ford GT40 MKII qui a battu Ferrari au Mans.

 JJ Feild, surtout connu pour ses rôles dans CAPTAIN AMERICA : FIRST AVENGER et COUP DE FOUDRE À AUSTENLAND - et actuellement aux côtés d’Idris Elba dans la série comique « Turn Up Charlie » sur Netflix -, incarne Roy Lunn, ingénieur responsable de la conception et du développement de la Ford GT40.

L’acteur britannique Jack McMullen incarne le jeune mécanicien américain Charlie Agapiou, dit « Chaz », qui travaille avec Ken Miles à l’atelier de réparation de Hollywood avant de le rejoindre chez Shelby à Venice début 1963. Ken était une sorte de figure paternelle pour le jeune Charlie.

À plusieurs reprises, la production a fait appel aux fils des icônes de la course automobile représentées dans LE MANS 66 pour incarner leur propre père. Nombre d’entre eux étaient ou sont eux-mêmes des pilotes couronnés qui ont connu Carroll Shelby. Parmi ceux-ci figurent Alex Gurney, fils du légendaire Dan Gurney, Derek Hill, fils de Phil Hill, ancien champion de Formule 1, et Jeff Bucknum, fils du pilote américain Ronnie Bucknum.

SUR LE CIRCUIT

LE MANS 66 a été tourné à l’été et au début de l’automne 2018 en Californie du Sud, en Géorgie et au Mans. Le réalisateur James Mangold a réuni une équipe 12 avec qui il collabore régulièrement afin de l’aider à créer sa vision de la rivalité épique entre Henry Ford II et Enzo Ferrari. La production a également fait appel à plusieurs consultants qui avaient des liens personnels avec les événements du film pour apporter davantage d’authenticité dont Charlie Agapiou, l’ancien chef mécanicien de Shelby American, et Peter Miles.

Le chef décorateur François Audouy a été chargé de recréer plusieurs endroits réels pour le film, dont le siège social de Ford Motor Co. à Dearborn (Michigan) et les ateliers de Shelby American à Venice (Californie) puis plus tard à l’aéroport international de Los Angeles. Audouy a déjà travaillé avec James Mangold sur des films tels que LOGAN et WOLVERINE : LE COMBAT DE L’IMMORTEL. Il confie : « Jim a une vision très précise de l’histoire qu’il veut raconter. Ses films sont essentiellement axés sur les personnages, avec un style de mise en scène qui vous permet de rester dans l’intrigue. Cela signifie que les décors doivent être cohérents avec cet esprit, en phase avec le réalisme et la plausibilité, afin de maintenir le public dans ce monde qui a été créé comme par magie. »

Pratiquement toutes les séquences du film ont été tournées en décors réels. Pour les premières scènes se déroulant dans la légendaire usine Ford connue sous le nom de Ford River Rouge Complex à Dearborn (Michigan), la production a tourné dans une ancienne aciérie centenaire du centre de Los Angeles. La structure de l’entrepôt de 1400 mètres carrés a été équipée d’une chaîne de montage et d’un système de bande transporteuse pour devenir la vaste usine d’assemblage des Ford Falcon de 1963. Les scènes d’usine ont nécessité la présence de 20 véhicules d’époque à divers stades de fabrication.

Plutôt que de construire entièrement les Ford Falcon, Rick Collins, le coordinateur des véhicules du film, a cherché sur Craigslist, eBay et plusieurs sites de voitures d’occasion des Falcon de l’époque, puis a entièrement refait ou remis à neuf l’intérieur et l’extérieur des véhicules bleu clair pour leur donner l’impression d’être tout juste sortis de la chaîne de montage. François Audouy précise : « Il n’y a que de vraies voitures, rien en fibre de verre. Elles ont été entièrement restaurées. La peinture est la même que celle qui figurait au catalogue des couleurs Ford de 1963. »

L’extérieur de l’usine Ferrari et l’intérieur du bureau d’Enzo Ferrari ont été filmés au Lanterman Developmental Center à Pomona (Californie). Les murs extérieurs et la cour intérieure s’harmonisent parfaitement avec la façade de l’entreprise à Maranello, en Italie. Le département artistique a construit une réplique exacte du bureau d’Enzo Ferrari avec des fenêtres donnant sur la cour où sont garées deux Ferrari : une réplique de la California Modena Spider 1961 et une véritable Ferrari 275 GTB Silver de 1966, empruntée à un collectionneur local.

L’entrée originale de l’usine Ferrari est emblématique, et l’équipe décoration du film LE MANS 66 en a construit une réplique sur place. François Audouy déclare : « C’est comme les portes de KING KONG ou de JURASSIC PARK : cette entrée est le symbole de Ferrari. »
Pour recréer l’emplacement premier de Shelby American, Inc. sur Princeton Avenue à Venice (Californie), la production a trouvé un entrepôt en brique de deux étages avec une cour dans le quartier de Chesterfield Square à South Los Angeles. Les décorateurs ont fait remonter le temps à la structure vacante de plus de 1100 mètres carrés à l’aide de diverses pièces détachées et d’éléments de décors propres à un atelier mécanique : crics, clés à molette, magazines automobiles, mais aussi trophées, planches de surf et vélos. Pour compléter le décor, une douzaine de répliques de Shelby Cobra d’avant 1966, incluant un assortiment de MKI, de MKII et le roadster Shelby Cobra personnel de Carroll Shelby, ont été louées pour le décor.

Avec l’ajout de la Shelby Mustang à sa gamme et l’apport des capitaux de la Ford Motor Co., Carroll Shelby a pu quitter son atelier d’origine à Venice devenu trop petit pour installer en 1965 son entreprise et sa chaîne de montage dans un hangar de l’aéroport international de Los Angeles, où il a produit certaines des voitures de sport et de consommation courante les plus célèbres de l’industrie automobile. Au cours de près de deux semaines de tournage, des scènes se déroulant à l’intérieur de l’atelier Shelby à l’aéroport et sur le tarmac extérieur ont été filmées dans un hangar de la California Air National Guard situé à l’aéroport international de l’Ontario, à une soixantaine de kilomètres à l’est de Los Angeles.

Lorsque les avions n’étaient pas utilisés, l’aéroport autorisait le tournage sur le tarmac, qui a servi de piste d’essai. François Audouy déclare : « Non seulement nous avons trouvé un hangar géant incroyable que nous avons transformé en une réplique exacte du hangar de Shelby, mais nous avons aussi eu accès à la piste où nous avons pu faire évoluer ces voitures de course et capturer ce qui s’est réellement passé lors des phases de développement de la GT40. »

Le quartier à la mode de Highland Park a accueilli des scènes se déroulant au domicile de Ken Miles, dans son garage et dans le quartier environnant. Au cours des deux semaines de tournage, un bungalow confortable de deux chambres datant de 1909 a servi de doublure à la maison que Ken Miles partage avec son épouse, Mollie, et leur fils, Peter. L’atelier de réparation des automobiles étrangères Ken Miles Limited a été installé de l’autre côté de la rue, sur l’avenue 64, à l’emplacement d’un atelier de carrosserie automobile existant que l’équipe a redécoré. L’ancien garage de Miles était à l’origine situé sur Lankershim Boulevard, dans la vallée de San Fernando.

Rick Collins, le coordinateur des véhicules, qui a collaboré entre autres à plusieurs films de la franchise FAST & FURIOUS et à FIRST MAN – LE PREMIER HOMME SUR LA LUNE, a travaillé étroitement avec François Audouy et ses directeurs artistiques pour s’assurer que les voitures qui étaient construites, empruntées ou louées étaient exactement celles utilisées à l’époque. Son équipe a dû les transporter dans tout le sud de la Californie et jusqu’aux lieux de tournage de la deuxième équipe, en Géorgie.

Parmi les voitures d’époque que l’on peut voir à l’écran se trouve un Daytona Coupé en aluminium poli unique en son genre et qui est présenté sur le site de Shelby à l’aéroport de Los Angeles. Pour l’arrivée de Ken Miles au Mans, l’Automobile Club de l’Ouest a prêté plusieurs voitures historiques de son musée, dont une Ford GT40 MKI et une Peugeot CD SP66 extrêmement rare puisqu’il n’en existe plus que trois dans le monde.

La plupart des voitures de course du film LE MANS 66 ont été fabriquées par Superformance, un atelier de voitures de collection haut de gamme situé à Irvine (Californie), spécialisé dans les répliques des modèles des années 1960. JPS Motorsports à North Hollywood a construit plusieurs copies de Porsche Speedster vues dans la scène de course de 1963 sur le circuit international de Willow Springs, là où Carroll Shelby et son équipe ont opposé leur premier modèle d’AC Shelby Cobra à leur plus grande concurrente de l’époque, la Chevrolet Corvette. La propre équipe de Rick Collins, qui travaille depuis longtemps à l’atelier automobile du film à Sylmar, a construit des Corvette pour ces scènes. En tout, 34 voitures de course personnalisées ont été préparées pour les besoins de la production.

COSTUMES ET COMBINAISONS

Avec autant de courses réputées montrées dans LE MANS 66, il était essentiel de distinguer visuellement chaque séquence de manière à faire avancer l’histoire. Le créateur des costumes Daniel Orlandi, qui, comme François Audouy, avait travaillé avec James Mangold sur LOGAN, a effectué des recherches approfondies sur l’époque et le monde des courses pour s’assurer que ses créations étaient historiquement correctes. Il a également collaboré étroitement avec le chef décorateur pour mettre en place une palette de couleurs pour chaque course. Le chef costumier précise : « Nous avons regardé des images du Mans en 1966, en 1959, des images de Willow Springs, et j’ai lu tous les livres sur Carroll Shelby et Ken Miles. Travailler sur une histoire mettant en scène de vraies personnes implique nécessairement beaucoup de recherches. Il faut être aussi authentique que possible. »

Pour Shelby, le chef costumier pensait que Matt Damon ne devait pas caricaturer le Texan à la personnalité marquante, connu pour porter une salopette rayée et un Stetson hérité de l’époque où il était dans l’industrie du poulet. Daniel Orlandi explique : « Shelby avait véritablement un côté excessif, mais Matt a su l’incarner à la perfection. Il n’a pas besoin du costume pour définir le personnage. Il porte un chapeau de cowboy comme Carroll Shelby en portait effectivement, mais seulement dans les scènes clés où on voulait forcer intentionnellement le trait, avec des bottes de cowboy en croco. »

Pour son portrait du célèbre constructeur automobile à la chevelure bouclée, l’acteur de 48 ans s’est fait faire une coloration – et sa première permanente. La chef coiffeuse Gloria Casny, qui a elle aussi travaillé sur LOGAN, précise que quand bien même le film se déroule dans les années 1960, elle a choisi des coupes assez courtes pour tous les hommes : « Nous avons opté pour le court conservateur, puisque la période « summer of love », celle de Jim Morrison et de ses cheveux longs, n’a commencé qu’après les événements racontés dans le film. » La plupart des hommes ont donc une coupe nette, des pattes courtes et très rarement la barbe ou la moustache.

Au cours de leurs premières discussions, la chef maquilleuse Jane Galli et le réalisateur James Mangold - dont la collaboration remonte au drame oscarisé de 1999 UNE VIE VOLÉE - ont décidé que les personnages, qui passent leurs journées sur la piste de course, devraient avoir l’air de vivre au grand air, par tous les temps, dans des conditions extrêmes. Elle précise : « Qu’ils soient pilotes ou membres de l’équipe des stands, Jim a toujours voulu qu’ils aient la peau tannée par le soleil, abîmée par les intempéries, que l’on voie la sueur, le cambouis et la poussière. »

En termes de costume, Miles passe la plupart de son temps en combinaison de pilote ou de travail. Daniel Orlandi raconte : « Ils le surnomment le beatnik, même s’il ne s’est jamais habillé comme ça. »

Comme il existe peu de photos de l’épouse de Ken, Mollie, la créatrice des costumes a choisi des vêtements qui conviendraient à l’actrice irlandaise Caitriona Balfe, tout en se rapprochant de façon réaliste de la garde-robe qui aurait été celle de la femme d’un mécanicien à cette époque. Elle porte surtout des vieux jeans Wrangler des années 1960 et des pulls ou des chemises en coton.

En revanche, l’équipe a disposé de suffisamment d’images d’archives d’Henry Ford II pour donner un portrait fidèle du style vestimentaire du titan de l’automobile. Pour habiller le « Deuce » et son équipe de direction, le chef costumier s’est inspiré d’un projet qu’il a réalisé plus tôt dans sa carrière. Il raconte : « Je me souviens d’avoir tourné un film il y a longtemps qui se déroulait dans un grand cabinet d’avocats, dont le réalisateur voulait qu’ils ressemblent à une équipe de football si bien que quand ils arrivent, ils forment visuellement un bloc soudé. Nous l’avons fait, en donnant à chacun sa personnalité. »

Le chef costumier a habillé Ford en costumes classiques de chez Brooks Brothers : « Vieille fortune, chemises soigneusement boutonnées et blazer bleu, c’est ce que ces gens portaient vraiment. Ses vêtements sont très traditionnels. Et il portait toujours du bleu marine avec des cravates bleues unies. »

Le personnage de Josh Lucas avait une palette de couleurs plus variée. « Pour Leo Beebe, nous sommes partis sur quelque chose d’un peu plus sombre qui évoque l’huile, la graisse de moteur. » Lee Iacocca, joué par Jon Bernthal, était le cadre le plus flashy de l’équipe : « Il a un beau costume en tissu peau de requin, des vestes en mohair, des petites cravates ultra fines des années 60. »

Daniel Orlandi voulait installer un contraste visuel immédiat entre l’équipe Ford et leurs homologues chez Ferrari. Il note : « Alors que les dirigeants de Ford sont vêtus de couleurs froides – des bleus, des gris, des argentés –, les gens de chez Ferrari sont plus ‘terrestres’. Leur garde-robe est principalement marron, crème, avec des cravates en tricot et des gilets. » Le chef costumier compare les uniformes des ouvriers de l’usine Ferrari, qui portent des combinaisons de pilote et des combinaisons de travail, à ceux de l’armée italienne : « Nous voulions le style vieille Europe pour Ferrari, et l’ère spatiale des années 60 pour Ford. »

FILMER À GRANDE VITESSE

Le choc de ces deux mondes a lieu sur la piste. L’un des principaux défis du tournage a été de trouver le bon moyen de filmer les différentes séquences de course qui culminent avec la reconstitution de l’édition du Mans 1966. La productrice Jenno Topping explique : « Jim s’efforçait d’insuffler une dimension humaine aux scènes de conduite pour que le public puisse mieux s’identifier aux personnages et vivre les enjeux de l’histoire. Cela ne se résumait pas seulement à savoir qui allait gagner. C’était un vrai enjeu ».

 James Mangold et le directeur de la photographie Phedon Papamichael - qui avaient déjà travaillé ensemble sur cinq films dont WALK THE LINE, 3h10 POUR YUMA et NIGHT AND DAY - ont opté pour une approche traditionnelle qui appuierait la narration. Le drame sportif de 1966 GRAND PRIX avec Yves Montand et le film de 1971 LE MANS avec Steve McQueen ont servi de références. Phedon Papamichael confie : « Notre inspiration visuelle vient davantage des films des années 60 et 70 que de la forme moderne des films de course automobile. C’est à dire pas de mouvements exagérés, une certaine forme d’intimité via l’utilisation de gros plans, et on conserve en permanence le point de vue d’un personnage. Nous nous sommes efforcés de nous en tenir aux techniques de prise de vues de l’époque. »

Pour obtenir des plans rapprochés et des gros plans pendant les nombreuses séquences de course, Phedon Papamichael s’est servi de supports caméra spécifiques et de véhicules spéciaux. Il explique : « C’était très difficile de filmer nos acteurs. Nous ne pouvions pas toujours travailler à la vitesse réelle de la course, et nous ne voulions pas trop nous appuyer sur les effets numériques. Nous nous 18 sommes efforcés de faire le plus possible de choses en direct, à la caméra, en la fixant réellement sur les voitures de course. Cela offre aux spectateurs une expérience beaucoup plus réaliste - bien entendu aux acteurs aussi – car ils encaissent les forces d’accélération et les vibrations, ce qui rend la sensation beaucoup plus intense. »

Plusieurs des véhicules de tournage spéciaux utilisés pour filmer les séquences de course et les voitures en mouvement ont été fournis et souvent conduits par le célèbre cascadeur Allan Padelford et ses équipes de chez Allan Padelford Camera Cars, qui ont travaillé entre autres sur BLACK PANTHER, CAPTAIN AMERICA : CIVIL WAR ou les films FAST & FURIOUS. Allan Padelford a remporté un Oscar technique en 2015 pour sa plate-forme motorisée pilotable pouvant accueillir des véhicules, le Biscuit Rig, qui a été beaucoup utilisée pour le film. D’autres supports de caméra spéciaux ont également été employés, notamment des grues télescopiques CineMoves, des caméras gyrostabilisées SpaceCam et des stabilisateurs Oculus.

RECONSTITUER LE CIRCUIT DU MANS DE 1966

La séquence la plus difficile à tourner a été de loin la reconstitution de la course des 24 Heures du Mans de 1966, une entreprise d’envergure tant pour la préparation que pour le tournage. James Mangold remarque : « Cette course constitue les 40 dernières minutes du film, et je voulais vraiment qu’on ait l’impression d’être tassé dans l’habitacle, cramponné au volant, que l’on vive la course, ces 24 heures, la fatigue, l’adrénaline, la détermination de conduire plus vite que tous les autres concurrents sur une durée qui dépasse de loin votre capacité à rester éveillé. »

Pour cette course d’une journée sur circuit routier, l’équipe technique a dû trouver des paysages de campagne qui ressemblent à la vallée de la Loire – une recherche qui les a finalement menés dans des villes rurales de Géorgie – ainsi qu’un endroit pour ériger les immenses tribunes et les stands du Mans. François Audouy explique : « Cela a demandé des mois et des mois de travail. Il fallait tout coordonner, les voitures que l’on voit à l’image, les cascades, les effets visuels, la prévisualisation, les storyboards. C’est vraiment une séquence titanesque. Aucun autre film à ma connaissance ne comporte une course de voiture d’une telle ampleur ! »

Rendez-vous majeur du monde automobile, les 24 Heures du Mans ont vu leur piste évoluer avec le temps, et celle d’aujourd’hui ne ressemble plus à ce qu’elle était en 1966. Il a donc fallu créer de toutes pièces tout le parcours et les tribunes. Les dizaines de voitures de course qui ont concouru au Mans sont aujourd’hui des pièces de musée inestimables ou qui appartiennent à des collections privées, et atteignent régulièrement des dizaines de millions de dollars aux enchères, d’où la nécessité de construire des répliques de haute qualité. James Mangold précise : « La piste du Mans actuelle n’a plus du tout la même allure. Aujourd’hui, c’est une vraie piste de course – elle ressemble davantage à l’aéroport Charles de Gaulle qu’à ce qu’elle était autrefois. À l’époque, le tracé était un ensemble de simples routes de campagne reliées pour former une boucle, avec des tribunes pittoresques. Il y avait quelque chose de magique à conduire à plus de 300 km/h les prototypes de voitures de course les plus avant-gardistes sur des routes de campagne françaises, le même parcours jour et nuit, avec la pluie, le grésil, l’aube, le crépuscule – et cela pendant 24 heures consécutives dans un même véhicule… C’était la chose la plus puissante que nous puissions essayer de faire éprouver au public. »

Cette séquence a nécessité le plus grand décor construit pour le film : une reconstitution historique grandeur nature des tribunes de départ et d’arrivée du Mans, ainsi que trois grands segments de tribunes supplémentaires, des loges VIP, les stands Ford et Ferrari, et la tribune de la presse internationale, tous construits à l’Agua Dulce Airpark, un aéroport privé à Santa Clarita en Californie. Le design est basé sur plus de 300 photos d’archives de l’époque acquises auprès de diverses sources dont l’Automobile Club de l’Ouest en France, les organisateurs des 24 Heures du Mans.

François Audouy et son équipe de décorateurs n’ont épargné aucun détail. Ils ont créé des centaines de publicités d’époque, de bannières, de programmes de course, de chronomètres, de casques de pilotes, de drapeaux de spectateurs et même les outils des stands. Le chef décorateur déclare : « Quand vous racontez une histoire pareille, vous avez la possibilité de recréer le monde exactement tel qu’il était, de montrer les événements historiques comme ils se sont déroulés à l’époque. Nous devions être fidèles à l’histoire en recréant la signalétique et les détails à la même échelle, dans les mêmes couleurs, sans rien changer. »

Pendant que l’équipe principale filmait dans le sud de la Californie, une deuxième équipe de tournage a travaillé en Géorgie. Le réalisateur 2e équipe Darrin Prescott – qui incarne également le légendaire Bob Bondurant –, le coordinateur des cascades Robert Nagle et une véritable armée de cascadeurs pilotant 30 voitures de course Ford, Ferrari et Porsche, y ont tourné plusieurs scènes de la course du Mans qui ont lieu sur certaines portions du circuit de la Sarthe, comme la ligne droite et la courbe des Hunaudières, le virage de Mulsanne, le virage du Tertre Rouge, les esses de la Forêt, la chicane Maison-Blanche, le virage d’Arnage et la passerelle Dunlop.

Trois sites en Géorgie ont été utilisés pour représenter le parcours sur routes de campagne de 1966, comprenant un tronçon de la Route 46 à Statesboro, le circuit du Grand Prix d’Amérique à Hutchinson Island à Savannah et celui du Road Atlanta à Braselton. Plus de 8 kilomètres de routes dans ces trois villes de Géorgie ont été aménagées pour recréer le Circuit de la Sarthe, avec des centaines de bannières fidèles à l’époque pour orner les circuits.

Darrin Prescott explique : « Comme chaque moment de la course a un objectif, il y a beaucoup de pression. » Le réalisateur de la 2e équipe, qui a travaillé sur des films tels que BABY DRIVER, CAPTAIN AMERICA : CIVIL WAR ou DRIVE, poursuit : « Jim ne voulait pas faire un film qui ait des airs de vaste publicité automobile. Il ne voulait pas d’images esthétisantes. Il désirait vraiment plonger au cœur des choses et tourner dans une sorte de style vintage. Nous savions que nous devions engager les meilleurs pilotes automobiles du monde et les faire conduire à 225 km/heure. »

BIEN PLUS QU’UNE HISTOIRE DE COURSE AUTOMOBILE…

Cet engagement à capturer les expériences réelles que Shelby et Miles ont vécues au cours de leur partenariat a profondément marqué tous ceux qui ont participé à la production du film LE MANS 66. Au final, James Mangold espère que la passion que les acteurs et l’équipe de tournage ont mise dans celui-ci rend un hommage mérité au courage et à la conviction de tous ces hommes que le film honore.

La productrice Jenno Topping ajoute : « J’espère que les gens sortiront des salles en éprouvant de l’amour et de l’admiration pour ces hommes, en célébrant leur dévouement les uns envers les autres et leur engagement envers leur métier. »

James Mangold observe : « Il ne s’agit pas de l’histoire complète de Carroll Shelby ou de celle de Ken Miles. Il s’agit d’un moment déterminant dans leur vie qui a façonné leur être. Cette notion nous parle à tous, ce désir d’essayer de faire de l’excellent travail, quel qu’il soit, en étant soumis au regard et à la surveillance de la direction, avec cette propension qu’ont les entreprises à arrondir les angles et à aplanir tout ce qui pourrait offenser qui que ce soit. Je pense que ce monde-là, un peu plus brut et plus enclin à prendre des risques, nous manque à tous. »

Christian Bale conclut : « Si cette histoire est si légendaire, c’est parce que ces non-conformistes ont défié Dieu et qu’ils ont gagné. Ferrari était Dieu. C’était un monstre, un Goliath par sa réputation et par son style, une légende absolue dans la communauté des sports mécaniques. Et ces hommes, avec le soutien de Ford mais aussi contre son ingérence, ont réussi. »

FOCUS SUR L’ASPECT HISTORIQUE DES 24 HEURES DU MANS 1966 : UNE EDITION HORS NORMES
par l’ACO (Automobile Club de l’Ouest)

Le 19 juin 1966, Jean-Marie Lelièvre, Président de l'Automobile Club de l'Ouest, organisateur de la plus grande course d'endurance au monde depuis 1923, remit avec une émotion particulière les trophées aux vainqueurs des 24 Heures du Mans. Cette édition 1966 avait en effet été extraordinaire. Non seulement elle marquait le triomphe de Ford comme la fin de la suprématie de Ferrari dans la Sarthe - avec des records de vitesse à la clef -, mais elle livrait aussi une arrivée de légende qui, aujourd'hui encore, suscite de nombreuses interrogations, anime de multiples débats. Pourquoi ? Parce que Ford a voulu entériner son succès, son premier aux 24 Heures du Mans, avec un regroupement triomphal, avec un scénario exceptionnel...

Que s'est-il passé en 1966 ? Voici le contexte, les faits, les statistiques issus du patrimoine de l'ACO. L’interprétation, la légende sont infinies.


LE RÈGLEMENT DES 24 HEURES DU MANS 1966

Conçu et édité par l'Association sportive de l'Automobile Club de l'Ouest, le règlement général (ou règlement sportif) définit précisément l'ensemble des règles inhérentes à l'organisation de la course des 24 Heures du Mans. Il est complété par un règlement technique qui définit les caractéristiques des voitures aptes à prendre le départ. Ce document officiel est adressé à l'ensemble des concurrents. En janvier 1966, Ford en reçoit 6 exemplaires.

Le règlement général consacre un chapitre aux classements et aux qualifications. L'article 23 définit le classement général à la distance et donc le vainqueur de la course. Est déclarée « victorieuse » la voiture qui a parcouru la plus grande distance à l'issue de la 24e heure. L'alinéa 3-1 précise que la distance sera établie sur la base du nombre de tours effectués avant la fin des 24 Heures avec, s'il y a lieu, une correction relative à la position de la voiture sur la grille de départ.


Le document officiel publié à l'issue de la course donne le résultat suivant :
• Est déclarée gagnante la Ford N°2, pilotée par McLaren et Amon, avec 359 tours couverts et une distance de 4843,090 km à la moyenne horaire de 201, 796.
• Est déclarée seconde la Ford N°1 pilotée par Miles et Hulme avec 359 tours couverts et une distance de 4843,070 km à la moyenne horaire de 201,795.

UNE ARRIVÉE QUI FAIT DATE

Avec 20 mètres d'écart, c'est l'arrivée la plus serrée de l'histoire des 24 Heures du Mans. Les données du chronométrage (tour par tour) indiquent clairement un écart d'une demi seconde entre la Ford N°2 et la Ford N°1 sur la ligne d'arrivée, soit 6 mètres. Conformément aux dispositions du règlement en cas d'arrivée de deux voitures dans le même tour et regroupées, il est aussi tenu compte de la position des voitures sur la grille de départ : la Ford N°1, partie en 2e position, et la Ford N°2, partie en 4e position, étaient séparées de 14,28 mètres, qui ajoutés aux 6 mètres à l'arrivée, donne une différence de 20 mètres.

À l'arrivée, les nombreuses photos d'époque et les films officiels, la grande variété des angles de prises de vue disponibles montrent clairement la position des voitures lors du franchissement de la ligne d'arrivée : la Ford N°2 l’a intégralement franchie avant que la N°1 ne le fasse.

Pourquoi cette arrivée au finish ? Parce que le management de Ford avait décidé de regrouper ses 3 voitures pour l'arrivée, afin d’ancrer dans les mémoires son écrasante victoire sur Ferrari. Cette décision implique de tenter de terminer ex aequo pour les deux voitures de tête qui roulent dans le même tour. La N°5, 3e, est distancée, à 11 tours.
La Ford N°1 est en tête à l'amorce de la dernière heure de course. Ken Miles prend le volant au 347e tour. Il possède 34 secondes d'avance sur la N°2 (qui a déjà ravitaillé et n'a plus besoin de s'arrêter), il tourne en 4 minutes au tour, appliquant les consignes données par Carroll Shelby. La N°2 tourne elle en 3 minutes 54 secondes, parfois moins. Les deux voitures se retrouvent donc ensemble dès le tour 351, cela restera ainsi jusqu'à l'arrivée. Mais avec quel ordre ?

L'histoire raconte que le speaker de la course (qui n'avait pas une position de vue idéale sur la ligne d'arrivée) aurait annoncé par erreur la N°1 gagnante, entraînant sur l'instant une confusion. Pour Fabrice Bourrigaud, Directeur du Patrimoine et du musée des 24 Heures : "Tenter de faire franchir la ligne d'arrivée au même niveau par deux voitures est quasiment impossible. Il faut se rappeler que la course se termine sous la pluie. La visibilité est donc très moyenne, avec un plafond très bas. La ligne d'arrivée ne mesure que quelques centimètres d'épaisseur. Les pilotes sont installés à ras du sol dans un baquet avec un champ de vision qui n'est pas évident pour réaliser un tel exercice. La N°1 attaque légèrement en avance la dernière ligne droite. Miles lève-t-il le pied pour attendre McLaren ? McLaren accélère-t-il de son côté pour combler l'écart ? Cela va-t-il engendrer le dépassement de la N°1 par la N°2 ? Est-ce délibéré pour gagner seul ?

Toujours est-il qu'à l'examen du déroulé de course, Miles et Hulme comptaient 34 secondes d'avance réelle à l'amorce de la dernière heure de course, une avance difficile à compenser à la régulière pour les suivants. Quant à la N°2, qui était dans le même tour que la N°1, elle avait occupé la tête de la course durant 4 heures. A l'arrivée, les pilotes, ces professionnels ont appliqué les consignes de leur employeur et les officiels ont appliqué le règlement.

Contacts: medias@lemans.org

Source et copyright des textes des notes de production @ Twentieth Century Fox France

  
#LeMans66

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