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jeudi 19 janvier 2017

LIVE BY NIGHT


Thriller/Action/Policier/Un film de qualité, un divertissement soigné

Réalisé par Ben Affleck
Avec Ben Affleck, Zoe Saldana, Elle Fanning, Sienna Miller, Brendan Gleeson, Scott Eastwood, Chris Cooper, Anthony Michael Hall...

Long-métrage Américain
Durée: 02h08mn
Année de production: 2016
Distributeur: Warner Bros. France 

Date de sortie sur les écrans américains : 13 janvier 2017
Date de sortie sur nos écrans : 18 janvier 2017


Résumé : "Quand tu te dévoiles dans ce milieu, ça finit toujours par te retomber dessus. Maisjamais comme prévu". Joe Coughlin n'est pas du genre à écouter les conseils de son père. Bien au contraire, ce vétéran de la Première Guerre mondiale est un insoumis réfractaire à l'autorité. Pire encore, il mène une vie de criminel, alors qu'il est le fils du chef-adjoint de la police de Boston. Pourtant, Joe n'est pas une crapule. D'ailleurs, il n'a pas le cuir suffisamment épais pour le type d'existence qu'il a choisie. Contrairement aux gangsters pour lesquels il refuse de travailler, il a des principes et un grand cœur. Une attitude qui le rend souvent vulnérable, dans les affaires comme en amour.
Déterminé à réparer les injustices subies par lui et ses proches, Joe s'engage dans une voie dangereuse, à l'encontre de son éducation et de son code d'honneur. Avec ses hommes, il quitte Boston et son froid hivernal pour s'aventurer dans la moiteur de Tampa, en Floride. Et si la vengeance est sans plus douce que la mélasse qu'il utilise pour son rhum de contrebande, Joe découvrira bientôt que le prix à payer est très élevé…

Bande annonce (VOSTFR)


Ce que j'en ai pensé Avec LIVE BY NIGHT, Ben Affleck, qui réalise le film et interprète Joe Coughlin, le rôle principal, nous conte un destin : celui d'un homme aux principes nobles qui choisit une carrière de hors-la-loi. Cela peut paraître singulier, cependant ce choix s'explique par rapport aux expériences vécues par ce protagoniste. 




J'ai apprécié la fluidité du scénario. Les événements s'enchaînent et les décisions qui en découlent paraissent logiques. Il s'agit d'un film d'époque dont l'ambiance est très bien retranscrite au travers des décors, des costumes, des possibilités influencées par la situation politique et de la vision communautaire. La réalisation de Ben Affleck est claire, nous offrant de beaux plans et de belles images par moment, malgré de petits raccords capricieux. Le déroulement de ce long-métrage est très agréable à suivre. Cependant, sur la dernière partie, quelques longueurs se font sentir. Le rythme ralenti.

Les acteurs apportent des personnalités distinctes aux protagonistes, ils sont convaincants et crédibles.





J'ai particulièrement apprécié les rôles féminins, car Sienna Miller, qui interprète Emma Gould, Zoe Saldana qui interprète Graciella Suarez et Elle Fanning qui interprète Loretta Figgis, nous offrent de beaux portraits de femmes à la sensibilité très éloignée les unes des autres.





LIVE BY NIGHT est un film de qualité, un divertissement soigné qui nous entraîne sur les pas d'un personnage dont la vie est irrémédiablement liée à son époque.


NOTES DE PRODUCTION 
(A ne lire qu'après avoir vu le film pour éviter les spoilers !)
JOE Je ne veux pas être un gangster. Ça fait longtemps que j'ai arrêté de courber l'échine.  
MASO Peu importe ce que tu veux. Tu as choisi cette vie. 
Fils d'un haut gradé de la police de Boston, Joe Coughlin a combattu vaillamment pour défendre les couleurs de son pays, mais il a rapidement été désabusé par son expérience de la guerre. De retour aux États-Unis, il s'embarque dans un mode de vie qu'il n'a pas choisi… payant le prix fort pour s'offrir le rêve américain. 

"Joe reconnaît sans la moindre hésitation qu'il a choisi d'être un hors-la-loi dans une ville tenue par des gangsters où les mafias italienne et irlandaise se font la guerre", signale Ben Affleck, scénariste, réalisateur, producteur et comédien principal du film. "Ce qui me surprend beaucoup chez lui, c'est que tout en enfreignant la loi et en vivant selon ses propres règles, ce sont ses valeurs morales qui l'empêchent de se considérer comme un gangster". Pourtant, c'est le profond sens de l'éthique de Joe qui pourrait causer sa perte. LIVE BY NIGHT est un projet qui a passionné Ben Affleck. 

"C'était, en tant que réalisateur, l'occasion de rendre hommage aux classiques Warner du film de gangster des années 30 jusqu'aux années 70", déclare-t-il. "Ils ont bercé mon enfance et ils possèdent une ampleur romanesque qui vous plonge dans un monde et une époque différents". Affleck a adapté "Ils vivent la nuit" de Dennis Lehane, près de dix ans après avoir signé son premier long métrage en portant à l'écran "Gone, Baby, Gone" du même écrivain. 

Lehane est producteur exécutif de LIVE BY NIGHT. "Sur un plan artistique, Ben et moi nous entendons à merveille – et ce n'est pas seulement parce qu'on est tous les deux attachés à Boston, même si ça y est pour beaucoup", plaisante-t-il. "Ben a un style qui lui est propre. Il a fait ses premiers pas de réalisateur avec GONE, BABY, GONE et il s'en est sorti à merveille. J'adore ce film. Du coup, quand j'ai appris qu'il souhaitait adapter 'Ils vivent la nuit', j'étais ravi de retravailler avec lui. Comme la première fois, c'était extraordinaire de voir le livre se métamorphoser, d'abord en scénario, puis en film". 

Grand cinéphile, Affleck soutient que l'intrigue comportait tous les éléments qui lui ont fait aimer le film de gangster : de très belles femmes, des types dangereux, des flics, des mafieux, des fusillades, des courses-poursuites en voiture – en bref, un mélange explosif. "Dès que j'ai lu le livre de Dennis, j'ai compris qu'il y avait là un vrai potentiel pour tous ceux qui aiment passer un bon moment au cinéma". 

La société de production de Leonardo DiCaprio, Appian Way, détenait les droits du roman qu'Affleck a lu sur les conseils de Jennifer Davisson, productrice et associée de DiCaprio. "Notre structure est constamment en quête d'histoires de grands hommes – ce qui ne veut pas forcément dire que ce sont des types bien, mais qu'ils font preuve de grandeur d'une manière ou d'une autre – et des sacrifices qu'ils sont prêts à consentir", explique-t-elle. 

"Dennis excelle à analyser l'égo masculin de manière complexe et captivante, et Ben y arrive très bien, lui aussi. Nous avions les droits d'adaptation mais quand Ben a découvert le livre, il s'est avéré qu'il l'a adoré et qu'il lui correspondait parfaitement. Lorsqu'on a lu le magnifique scénario de Ben, on a été frappés par la même sensibilité qui se dégageait du roman de Lehane". 

La productrice Jennifer Todd acquiesce : "Ben aime les intrigues de Dennis, et celleci en particulier l'emballait, en raison de l'époque, des personnages, ou du périple de Boston à la Floride. On avait le sentiment d'avoir affaire à un projet à part. En outre, le protagoniste était passionnant : ce n'est ni un salaud, ni un type qui n'a rien à se reprocher, mais un personnage qui se situe à mi-chemin entre ces deux pôles. Il fait des choix et souffre parfois de leurs conséquences. Du coup, dans quel camp est-il ?" 

Après un bref séjour en prison, Joe quitte Boston pour le climat plus ensoleillé de Tampa… et surtout, son trafic de rhum clandestin. Si la production a tourné à Los Angeles et dans ses environs, elle a également investi plusieurs quartiers de Boston, comme Lawrence, et reconstitué de nombreux sites de Floride en Géorgie (offrant un cadre assez proche du Tampa d'autrefois). 

En collaboration avec le réalisateur, le chef-décorateur Jeff Gonchor et la chef-costumière Jacqueline West ont réinventé l'époque et les lieux de l'intrigue. De son côté Robert Richardson a signé la photo et William Goldenberg le montage. "Grâce à Bob, Bill, Jess et Jackie qui ont si bien su cerner cette époque et cet univers, et aux formidable comédiens que j'ai dirigés, ce film reste l'une de mes expériences les plus mémorables", affirme Affleck. "Tous ceux qui ont participé au tournage s'y sont tellement investis qu'on avait l'impression d'être réellement plongé dans le contexte du film". 

Les trois femmes que Joe croise sur sa route sont interprétées par Elle Fanning, Sienna Miller et Zoe Saldana. À leurs côtés, on découvre Brendan Gleeson et Chris Cooper sous les traits de policiers, et Remo Girone et Robert Glenister dans les rôles de hors-la-loi. L'ami le plus proche de Joe est campé par Chris Messina. 
JOE Je passais d'un braquage à l'autre. Les bons jours, je réussissais à dormir, et la nuit, je m'enfuyais à toute vitesse sans même me retourner. 
Au cours des dix années qui ont suivi la fin de la Première guerre mondiale, Joe Coughlin a réussi à vivre en hors-la-loi – sous le propre toit de son père, pourtant officier de police – avant d'être confondu. "Son expérience militaire lui a fait comprendre qu'il était vain de respecter les règles sociales et d'être intègre", analyse Affleck. "Pour lui, l'organisation hiérarchique de la mafia est aussi condamnable que celle de l'armée. Il ne veut pas en faire partie et il ne veut recevoir d'ordres de personne. Il va donc vivre selon ses propres règles". Il y parvient avec un certain succès tant qu'il "ne vise pas trop haut et qu'il se contente de petits cambriolages avec deux ou trois complices", précise Affleck. 

Mais ce n'est pas en raison de son aversion pour l'autorité ou d'un braquage qui tourne mal que Joe commet sa plus grande erreur. C'est l'amour qui le pousse dans cette voie. Et c'est toujours ce même sentiment, dans ses diverses manifestations – de la passion à la compassion –, qui précipitera sa chute bien des années plus tard… 
JOE Tu ne me crois pas assez fort ? 
GRACIELA Pas assez cruel. 
Des poules et des nanas 

Tout a commencé à cause d'une taupe. 

Quand on fait la connaissance de Joe, "il est déjà dans de sales draps. Il entretient une liaison secrète avec Emma Gould, la petite amie du mafieux irlandais Albert White", note le réalisateur. 

Tout comme Joe, Emma revendique haut et fort son indépendance, aussi fragile soit-elle. "Elle est totalement sous la coupe d'Albert, si bien qu'elle est ravie de sa relation avec Joe – le goût du danger lui semble galvanisant", dit-il encore. 

Sienna Miller, qui interprète Emma, explique qu'elle partage l'enthousiasme d'Affleck pour le genre : "J'adore l'époque de la Prohibition, si bien que c'était un véritable rêve de participer à ce film", dit-elle. "Mais le plus important à mes yeux, c'est le fait que ce soit Ben qui ait écrit le scénario, qui tienne le rôle principal et signe la mise en scène. Comme j'ai vu ses précédents films, j'aurais renoncé à tout autre projet pour m'embarquer dans cette aventure et camper un rôle aussi exquis". "Emma est l'archétype même de la poule de gangster", poursuit l'actrice, "qui passe son temps à servir des verres dans un tripot où se déroulent illégalement des parties de poker, à sortir avec son patron, pourtant marié, tout en couchant avec son pire ennemi en cachette. Elle a un caractère en acier trempé qui l'aide à survivre dans un univers sombre, criminel et misogyne – et c'est ce qui la pousse à vivre une histoire d'amour avec Joe à la fois belle, éphémère et tragique. Il est évident d'entrée de jeu qu'Emma est une nana irlandaise à la volonté de fer, qui ne s'en laisse pas compter et qui est prête à tout pour s'en sortir". 

La comédienne a adopté une charmante intonation irlandaise pour camper cette garçonne au tempérament fougueux, originaire du quartier de Dorchester à Boston, qui permet à Joe d'exprimer sa rancœur. "Sienna correspondait tellement bien au rôle qu'on aurait dit qu'elle était née pour l'interpréter", s'enthousiasme Affleck. "Elle était tellement convaincante qu'elle m'a fait prendre un accent irlandais en permanence. Tous ses choix de comédienne étaient réfléchis, intelligents et subtils". Lorsque l'histoire d'amour entre Emma et Joe s'achève dans la douleur, ce dernier fait un bref séjour en prison en raison d'un braquage qui a tourné au drame. Une fois libéré, Joe est bien décidé à se venger : il s'allie à la mafia italienne et est envoyé à Tampa. Très vite, il se retrouve à faire la tournée de tous ceux qui fabriquent ou distribuent clandestinement du rhum et rencontre aussitôt Graciela, au charme exotique. Il est immédiatement attiré par elle – et plus encore quand il apprend qu'elle contrôle, avec son frère, le commerce de mélasse, ingrédient essentiel à la fabrication du rhum. 

Zoe Saldana campe Graciela, jeune femme cubaine vivant à Ybor. Il s'agit d'une mosaïque de communautés d'immigrés durs à la tâche, réputée pour sa production de cigares. "Joe fréquente des criminels barbares et violents depuis toujours et il est donc sensible à l'intégrité de l'entourage de Graciela", constate la comédienne. "Graciela ne ressemble à aucune des femmes qu'il a connues. Elle est cultivée, elle a voyagé et elle a étudié la musique et l'histoire de l'art. Elle est très raffinée et fait preuve d'une grande intelligence dans la gestion de l'entreprise familiale". Joe est amoureux d'Emma mais c'est avec Graciela qu'il découvre vraiment l'amour. "La relation de Joe et d'Emma a un côté animal, intense et immature à certains égards", relève Jennifer Todd. "Les rapports de Joe et de Graciela sont plus adultes, plus concrets, plus ancrés dans le réel". 

Ce qui distingue Graciela des femmes comme Emma, c'est sans doute ce qu'elle attend de la vie. "Je doute que Graciela se soit dit un jour qu'elle voulait fréquenter des gangsters et vivre dans l'illégalité", reprend Zoe Saldana. "Je crois qu'elle aspire à une vie de famille épanouie auprès d'un type bien sous son propre toit. Plus elle apprend à connaître Joe, plus elle se rend compte qu'elle pourrait obtenir tout ce dont elle rêve avec cet homme. Elle le perce à jour, et pressent quel genre d'homme il pourrait être s'il pouvait se débarrasser de tout le mal qu'il fait la nuit en agissant pour le mieux dans la journée. Elle comprend qu'il pourrait entamer sa rédemption". "Zoe a été incroyable", s'enthousiasme Affleck. "Elle a su exprimer toute la force, l'assurance et le côté insaisissable qui ont attiré Joe, mais ce sont les aspirations de Graciela qui lui donnent une raison de se battre – et c'est ce que Zoe a joué avec subtilité et conviction". Jennifer Todd confirme : "On a eu beaucoup de chance que Zoe nous donne son accord car elle possède à la fois la légèreté et la grâce, qui correspondent à Graciela, sans compter qu'elle parlait espagnol et qu'elle a su adopter un délicieux accent cubain". 

Tout comme ses partenaires féminines, Elle Fanning a pris un accent pour camper Loretta Figgis, fille adorable et parfois naïve du chef de la police de Tampa. Néanmoins, pour cette comédienne originaire de Géorgie, c'était un simple retour aux sources. C'est l'une des facettes du personnage qui ont séduit Elle Fanning. "Au départ, Loretta est une fille pétillante en quête d'aventures", déclare la jeune actrice. "Elle n'a qu'une envie : se laisser porter par ses rêves. Curieusement, c'est lorsqu'elle perd cette étincelle dans le regard qu'elle découvre sa place dans le monde". 

La première rencontre entre Loretta et Joe est très brève. La fois suivante, la situation a considérablement évolué entre eux. S'ils sont tous deux enfants de policiers, la comparaison s'arrête là : ils se sont en effet engagés dans des voies diamétralement opposées. Pour autant, Joe ne peut s'empêcher d'éprouver du respect pour cette jeune fille qui pourrait, en quelques mots à peine, anéantir son univers. Il y avait dans le scénario deux longs monologues dont l'un se déroulait face à une foule immense parmi laquelle se trouvait Joe. Encouragée par Ben Affleck, Elle Fanning en a profité pour dire son texte pour la première fois au moment où les caméras tournaient. "Je voulais garder toute ma spontanéité et ressentir l'énergie de la scène, et Ben m'a soutenue et aidée, à la fois comme réalisateur et comme partenaire", dit-elle. "Elle a insufflé à Loretta une présence angélique et une innocence brisée", remarque Jennifer Davisson. "C'est plus difficile qu'il y paraît mais c'était crucial pour le personnage et elle y est parvenue". 

"C'est une actrice extrêmement douée", reprend Affleck. "Dans le roman, on découvre le personnage à l'âge de 13 ans, mais dans le scénario je l'ai décrite comme une jeune fille en passe de devenir une femme – un être à mi-chemin entre l'adolescence et l'âge adulte. Je me suis dit que le parcours de Loretta n'en serait que plus bouleversant". Si Elle Fanning avait à peine 17 ans au moment du tournage, Affleck signale que "malgré son jeune âge, elle était totalement à son aise dans ce rôle, et a fait preuve de naturel. Elle réussit vraiment à vous briser le cœur dans le film". 
ALBERT WHITE
Tu te sens coupable et tu passes ta vie à espérer que quelqu'un te punisse pour tes fautes. Eh bien, me voilà. 
Caïds mafieux et criminels endurcis 

Perversité et indifférence. Deux qualités qui, pour tout mafieux qui se respecte, sont essentielles pour s'emparer du pouvoir et de l'argent et être capable d'assassiner tous ceux qui chercheraient à s'y opposer. 

À l'époque de la Prohibition où se déroule le film, le pouvoir et l'argent s'obtiennent surtout grâce au trafic d'alcool de contrebande. Éliminer les opposants à ce "commerce" juteux fait simplement partie du métier. 

Malgré les incitations de l'Italien don Maso Pescatore et les pressions du caïd irlandais Albert White, Joe s'est toujours efforcé d'éviter de travailler pour les mafias de Boston. D'ailleurs, Joe et ses acolytes s'en sont souvent pris aux intérêts de White, finissant par se faire repérer. White est le premier à avertir Joe mais si celui-ci sait parfaitement conscient de quoi l'organisation de l'Irlandais est capable, il ignore à quel point le caïd est bien renseigné et jusqu'où il est prêt à aller pour affirmer sa toute-puissance. 

L'acteur anglais Robert Glenister, qui campe le rôle, décrit White comme "l'incarnation même du mal. Il n'a aucun état d'âme en ce qui concerne ses agissements". Glenister explique que le plus difficile a consisté à faire ressortir la part d'humanité du personnage : "C'est un dur mais dans son milieu, à cette époque, il fallait se comporter de manière brutale et impitoyable si quiconque vous provoquait. Joe contrecarre ses plans, ce qui le met en colère. C'est certes un psychopathe, mais il n'en est pas moins un homme". Lorsque White élimine l'être le plus cher à ses yeux, il n'a d'autre choix dans son désir de vengeance que de travailler pour son ultime rival. 

Remo Girone, comédien italien très réputé, campe Pescatore. "Albert White a les mêmes activités que Maso, mais leur conflit tient à un enjeu de territoire", dit-il. "Chacun souhaite dominer l'autre et c'est bien là le problème ! Maso a un fils qui n'est pas très futé. Quand Joe sort de prison, il veut se venger d'Albert White et il décide alors de se mettre au service de Maso. Celui-ci comprend que Joe est extrêmement intelligent et qu'il sait diriger une équipe. Du coup, Maso lui délègue son pouvoir en Floride". "Je voulais que les comédiens qui interprètent Albert et Maso ne soient pas des comédiens trop connus du grand public", signale Affleck. "Parfois au cinéma, on voit un sale type mais quand c'est un acteur qu'on connaît et qu'on aime qui l'incarne, on a tendance à sentir une certaine compassion pour lui à un niveau subconscient. Mais dans ce film, ces personnages sont de telles ordures que je voulais qu'ils suscitent un malaise chez le spectateur, et qu'on n'ait surtout pas envie de leur faire confiance, tout comme Joe ne leur fait pas confiance. Ceci dit, Remo tourne beaucoup en Italie et Robert en Angleterre, si bien qu'une partie du public les reconnaîtra – mais ce sont deux comédiens tellement épatants qu'ils incarnent formidablement leurs personnages". 

Seul frère d'armes à qui Joe puisse faire une totale confiance, Dion Bartolo est campé par Chris Messina qui avait déjà tourné sous la direction d'Affleck dans ARGO. Décrit par Dennis Lehane comme un type imposant, l'acteur a pris 18 kg pour le rôle. "Ben est très grand et large d'épaules, et je suis plus petit, si bien que lorsque je me préparais pour le tournage, je me demandais de quoi j'aurais l'air en garde du corps et comment je pourrais le protéger et participer aux fusillades à ses côtés", se remémore Messina. 

"Du coup, j'ai décidé de m'étoffer. J'ai appris que Frank Nitti, bras droit d'Al Capone, était lui aussi plus petit que son patron, mais on l'appelait 'l'Exécuteur' et tout le monde avait peur de lui. Quand j'ai fait mon essai caméra, j'avais pris un peu de poids et Ben y a été sensible et j'ai donc continué sur cette voie. J'ai fait un régime à base de glace, de bière et de pâtes – pour être honnête, c'était vraiment extra !" "Chris s'est dit que comme il ne pouvait pas grandir, il allait grossir", plaisante Affleck. 

"Très sincèrement, Dion est effrayant ne serait-ce que par ce qu'il est prêt à faire dans ce milieu criminel impitoyable, ce monde mafieux, et Chris dégageait la force intérieure de Dion". Dion et son frère Paulo font partie de la petite bande de Joe. "Ce sont des amis d'enfance qui ont monté leur propre gang et ils organisent leurs petits braquages et leurs vols un peu minables", avance Messina. "Mais ils sont unis par des liens de loyauté, de grande amitié et même d'amour". 

Les trois hommes s'engagent dans des voies différentes, mais c'est Dion qu'emmène Joe en Floride pour le seconder dans sa gestion des activités de Maso. "Dès qu'ils arrivent à Tampa, ils ont plus d'argent, plus d'influence… ils gravissent les échelons et s'affirment comme gangsters alors qu'ils étaient simples hors-la-loi", reconnaît Messina. Outre le gabarit, l'acteur perçoit une autre différence essentielle entre les deux amis qui tient à leur regard sur la vie. "Dion ne s'interroge pas sur son identité", estime-t-il. "Il vit comme ça et mourra comme ça. Joe se débat constamment dans ces questionnements existentiels et s'interroge sur le genre d'homme qu'il voudrait être". 

Messina souligne qu'il a particulièrement aimé les plans-séquences. "On a tourné quelques plans-séquences particulièrement complexes", dit-il. "Je pense par exemple à la partie de cartes au début du film. Ce sont des plans très intéressants où tous les éléments de la mise en scène doivent fonctionner de manière synchrone". Il reconnaît qu'ils peuvent aussi s'avérer éprouvants. "On ne veut pas être celui qui vient tout gâcher", ajoute-t-il en riant. 
LE COMMISSAIRE FIGGIS
Je ne vous ferai pas l'insulte de vous demander la nature de votre activité. Ne me faites donc pas l'insulte de me mentir. 
La police 

Joe Coughlin n'est pas seulement fils de flic. Thomas Coughlin est le chef-adjoint de la police de Boston et une figure imposante, qu'il soit en uniforme ou en civil. Affleck a confié le rôle au comédien irlandais Brendan Gleeson qui s'est montré ravi de participer au projet. 

"C'était extraordinaire de travailler avec Ben car c'est un acteur et un réalisateur exceptionnel", confie-t-il. "Et c'était exaltant de tourner dans un film se déroulant pendant la Prohibition et de camper un flic irlandais. J'adore Dennis Lehane et le scénario était formidablement bien écrit. Ben laisse sa caméra tourner longtemps, si bien que les personnages ont le temps de décrire une véritable trajectoire émotionnelle au cours d'une scène. C'était un honneur d'y participer". 

La première séquence de Gleeson reste l'un de ses souvenirs les plus marquants. "J'étais plus qu'enchanté d'être éclairé par plusieurs voitures de police des années 20 et d'être aux côtés de ces magnifiques flics", signale-t-il. "Pour moi, c'est ça la magie du cinéma". Affleck a été sensible à la gravité que l'acteur a insufflée à son personnage. "Il apporte une certaine intégrité à Thomas et on perçoit une forme de désapprobation dans ses rapports avec son fils", reprend le réalisateur. 

"On dirait que le père est constamment en train de critiquer son fils et que celui-ci a le sentiment qu'il ne pourra jamais être à la hauteur ou gagner son respect. Il a fait preuve d'une maîtrise exceptionnelle et c'était un bonheur de le regarder jouer". "Les Coughlin ont des rapports compliqués", précise Jennifer Davisson. "De toute évidence, le père et le fils s'aiment. Sinon, Thomas aurait renoncé à Joe il y a longtemps et Joe aurait pris ses distances avec son père. Mais cet amour s'enracine dans une histoire familiale tourmentée qu'on ne connaît pas en intégralité. Est-ce que Thomas a raison ? Estce que Joe a raison ? Est-ce que les décisions du père destinées à protéger son fils l'ont bien protégé ? Brendan a excellé à exprimer ce dilemme moral pour que le spectateur se fasse sa propre idée". 

Et tout comme Joe est constamment à la lisière du bien et du mal, "Thomas n'est ni totalement bon, ni totalement mauvais", suggère Gleeson. "Il tente de gérer la situation à une époque où les valeurs morales sont à géométrie variable. Je pense qu'il tente de se montrer strict, mais on ne peut rien faire sans compromis. Chacun a sa propre conception de la morale". 

Le commissaire Figgis (Chris Cooper) est sans doute un rien moins souple en la matière. Si cet acteur qui vit dans le Massachusetts a déjà travaillé sous la direction d'Affleck dans THE TOWN, il a entièrement tourné les scènes de LIVE BY NIGHT en Floride. "Figgis est le chef de la police d'Ybor, district de Tampa réputé pour ses cigares et ses bars clandestins", note Cooper. "Il sait que Joe et Dion viennent de Boston et qu'ils veulent contrôler tout un quartier d'Ybor pour distiller le rhum. Mon personnage les reçoit dans son bureau pour délimiter leur périmètre d'influence, si bien qu'ils savent exactement où et comment mener leurs affaires. C'est à ces conditions qu'il accepte de fermer les yeux sur leurs activités". 

L'acteur a apprécié les nuances de son personnage. "C'était un rôle complexe mais c'est pour ça qu'on fait ce métier, pour des personnages comme lui qui n'ont rien de manichéen". "C'était fantastique de retravailler avec Chris", constate le réalisateur. "On avait une journée de tournage ensemble pour THE TOWN et il était tellement bon que je me m'étais dit qu'il fallait que je le fasse tourner à nouveau si j'en avais l'occasion. Il correspondait parfaitement au personnage du shérif. Il a fait de Figgis un homme à la grande rectitude morale et désabusé par les désordres du monde". 

On trouve encore au casting Matthew Maher sous les traits du membre du KKK RD Pruitt; Miguel J. Pimentel dans le rôle du frère de Graciela, Esteban Suarez; et Max Casella dans celui du "Fossoyeur", fils de Pescatore. Anthony Michael Hall, Clark Gregg, et l'acteur fétiche d'Affleck, Titus Welliver, à l'affiche de quatre de ses films, font quelques apparitions. "Je ne pourrais pas tourner de film sans que Titus y tienne un rôle", affirme Affleck. 
DION Bienvenue à Ybor, le Harlem de Tampa… 
L'essentiel de LIVE BY NIGHT, qui se déroule de 1927 au début des années 1930, plonge le protagoniste Joe Coughlin des rues austères et froides du Boston de la Prohibition à la chaleur et à la moiteur de Tampa, en Floride. 

Le chef-décorateur Jess Gonchor a reconstitué la beauté visuelle des deux sites grâce à plusieurs lieux tournages dénichés dans le Massachussetts, en Géorgie et en Californie. L'ensemble a été éclairé par le directeur de la photographie Robert Richardson. "Bob et Jess ont largement contribué à la beauté des images, tout comme les membres de l’équipe qui m’accompagnaient déjà sur ARGO, comme la chef-costumière Jackie West, le chef-monteur Billy Goldenberg et le 1er assistant David Webb", déclare Ben Affleck. 

Denis Lehane était très heureux de voir son imaginaire s'incarner à l’écran : "Je dois reconnaître que je ne savais pas très bien à quoi m'attendre. J’ai été estomaqué en voyant certaines plans", confie-t-il. "Tout particulièrement la séquence où la voiture brûle dans le lac : c’est l’une de mes préférées dans le livre mais quand je l’ai vue sur grand écran, c’était tout simplement à couper le souffle. On se rend compte de la puissance de la mise en scène, et de la manière dont un formidable réalisateur et un excellent directeur de la photo peuvent créer une image inoubliable. Je ne m’attendais pas à ce que l’esthétique du film soit aussi riche – et tous les plans sont magnifiques". 

"Je savais que le film poserait des difficultés d’ordre esthétique mais je voulais qu’il ait cette allure classique et fluide et qu'il comporte de nombreux plans-séquences, et pas de plans tournés caméra à l’épaule. Bob est vraiment un génie – c’est un maître. Être à ses côtés et le regarder composer une prise de vue a été un véritable privilège", poursuit Affleck. "Le fait que Ben soit de la partie m’a convaincu car il est vraiment doué dans bien des domaines", avoue Richardson. 

"Ce tournage était difficile car il nécessitait des prises de vue complexes mais éclairer le film a été un réel plaisir". Affleck admet qu’il a fallu du temps pour convaincre Richardson de tourner en numérique : "Bob a voulu filmer avec une caméra ARRI ALEXA 65 puis en faire une copie numérique. Ça donne un certain grain, et le résultat n’est ni trop net ni trop artificiel : on obtient ces petites imperfections qu’on recherche avec l'argentique et qui renforcent l'impression de réalisme". 

Les deux hommes, en accord avec Gonchor, ont choisi de garder les scènes qui se déroulent à Boston dans une tonalité proche du noir et blanc, et de saturer de couleurs celles de Tampa pour apporter un contraste supplémentaire au changement de vie de Joe. Tout au long du film, Richardson a tourné des plans très larges et des plans-séquences pour enrichir l’histoire. De son côté, Affleck a orchestré l’action pour qu’elle puisse se dérouler dans des décors parfaitement adaptés. 

"Dès que j’ai su que Bob tournait en format large anamorphique, on s’est vus avec Ben pour discuter de la façon dont j’allais pouvoir construire les décors", se souvient Gonchor. "On étudiait une scène et Bob disait 'Jess, je vais passer par là et voilà ce que je vais voir' et c’était vraiment utile car je pouvais prévoir ces éléments dans mes constructions et lors de mes repérages. En tant que chef-décorateur, on redoute toujours que la caméra se déplace dans toutes les directions et qu'elle vienne filmer un coin sans décors... On a donc fait en sorte de construire des décors de grande envergure pour éviter ce type de déconvenue". 

Les auteurs du film ont dû également reconstituer des lieux tels qu'ils existaient dans les années 20 : "Le défi principal en tournant à Boston un film situé à cette période, c’est que la ville a complètement changé. Boston s'est embourgeoisé et a été modernisé cinq fois depuis les années 1920. Il est donc très difficile de trouver un endroit qu’on puisse aménager de sorte qu'il nous plonge au début du XXème siècle. On s'est rendu dans le quartier historique de North End qui a été préservé et grâce à d'anciennes enseignes, de nombreuses voitures d’époque et des figurants, on a pu y parvenir", raconte Affleck. 

Les plans extérieurs de Boston ont été principalement filmés au cours d’une dizaine de jours à Lawrence, dans le Massachussetts : l'équipe y a notamment tourné la scène de la longue course-poursuite en voiture après le hold-up qui se termine dans le Harold Parker State Forest. "Lawrence a été fondé à la fin du XIXème siècle, et on y trouvait beaucoup d’usines textiles qui sont toujours là, intactes, même si on a eu de la chance car, à mon avis, certaines ont été transformées en appartements de luxe", déclare Gonchor. 

"C’était un lieu idéal pour tourner le hold-up et la poursuite en voiture". Suite à ce braquage, Joe doit retrouver Emma au Statler Hotel, établissement huppé du centre-ville. Pour cette séquence, les producteurs ont utilisé le Copley Plaza de Boston. "L’hôtel est équipé d'une formidable salle de bal d’époque et Ben tenait vraiment à tourner là-bas. Ça n’a pas été facile à caler car c’est un endroit vraiment très connu mais ça en valait la peine", souligne Jess Gonchor. Les autres scènes situées à Boston ont été tournées à Los Angeles et dans ses environs – et plus précisément sur la Hennessy Street et le plateau 11 des studios Warner et aux studios Universal et Sony, ainsi qu’à Pico House, au Biltmore et au Castle Green de Pasadena. 

L’équipe de LIVE BY NIGHT a ensuite passé deux semaines dans plusieurs régions de Géorgie dont les paysages se prêtaient très bien à ceux de la Floride. "Ybor, dans l'agglomération de Tampa, concentrait des populations de différentes origines ethniques à l’époque", explique Jess Gonchor. "On y trouvait des Italiens, des Cubains, des Espagnols et des Noirs américains - un vrai melting-pot culturel. Les Cubains ont lancé le commerce lucratif de la production de cigares, et dans notre histoire, Graciela et son frère permettent à Joe et Dion de pouvoir s'approvisionner en molasse, fabriquée à partir de canne à sucre provenant de leur Cuba natal". 

"À une heure de route de Savannah, il existe une petite ville, Brunswick, qui, comme Ybor, est une ville côtière où se trouvent deux ou trois pâtés de maisons qui correspondaient parfaitement aux besoins du film. Les bâtiments n’étaient pas exactement d’époque mais on pu bâtir nos propres constructions dans ce quartier même", poursuit-il. 

Le chef-décorateur a également adapté la palette chromatique lors de l’arrivée de Joe dans le Sud : "Une fois qu’il débarque en Floride, envoyé par Maso, on est saisi par une explosion de couleurs, sans doute plus que je n’en ai jamais utilisées. Mon style est généralement plus sobre et c’était donc agréable de changer un peu mes habitudes". Gonchor a étudié de nombreuses photographies d’époque afin que ses décors soient le plus réaliste possible. 

"Concernant les enseignes de cette région, j'ai découvert que tout était peint à la main et de grand format. Les gens étaient fiers de ce qu’ils avaient et tenaient à mettre en valeur leur commerce. Les rues regorgeaient d'enseignes très colorées et un peu criardes, dont certaines étaient peintes directement sur les immeubles en brique, et on voulait vraiment montrer ça dans le film", dit-il. "De la conception à l’exécution, Jess a été fantastique dans tous les domaines", déclare Affleck. "Il était très enthousiaste, très intelligent, et il avait une vision extrêmement précise de la manière dont il voulait créer chaque décor. Et il avait toujours raison, dès le premier essai". 

Pour ce dernier, travailler avec Ben Affleck a aussi été une expérience très enrichissante : "Ben a de très bonnes idées, il est sûr de lui et voit les choses très rapidement, ce qui m’a été très utile pour la conception des décors. Il est toujours ouvert à la discussion et m’a donné beaucoup de liberté pour travailler de façon imaginative. Bénéficier d’une telle confiance ne peut que pousser à se donner à fond". La chef-costumière Jacqueline West, qui a déjà collaboré avec Ben Affleck sur ARGO, était ravie de pouvoir remonter encore plus loin dans le temps en compagnie du cinéaste. "Ce film montre une période assez originale dans l’histoire du costume, car les modes ne changent habituellement pas aussi rapidement que cela a été le cas dans les années 1920 et 1930, en partie à cause de la Grande Dépression", raconte la costumière. 

"Nous avons aussi dû prendre en compte des styles très distincts, en fonction du climat : les tenues de la côte Est tranchent franchement avec celles du Sud et faire en sorte que tous ces costumes paraissent naturels à l’écran a représenté un grand défi". Alors que Jacqueline West recherchait des images afin de s’en inspirer pour les différents styles de Joe Coughlin, elle est tombée sur le célèbre personnage de Baby Face Nelson [redoutable braqueur de banques des années 1930, NdT.]. 

Mais ce n’est pas le criminel qui a alors attiré son attention. "John Paul Chase faisait des coups avec Nelson mais il était différent des autres gangsters, il était plus rebelle, tout comme Joe, et, comme lui, c’était un contrebandier et un braqueur. J’aimais aussi la façon qu’il avait de s’habiller, avec une certaine modernité qui le différenciait des autres". Pour habiller Joe à Boston, à l'époque où il n'est qu’un petit voyou irlandais, Jacqueline West fait porter à Ben Affleck des tissus riches et sombres comme du tweed, pour souligner le fait qu’il vit modestement dans un environnement froid. Quand il se met à travailler pour Maso et qu’il se rend en Floride, "le style de son costume change. Au moment où il descend du train à Ybor, ses vêtements ont une certaine coupe, celle d’un caïd de la pègre, et c’est d'ailleurs ce qu’il devient. Il profite de tout ce que Maso peut lui offrir, qu'il s'agisse de costumes bien coupés, d'un style plus élégant et de tons plus clairs adaptés au climat chaud", explique la costumière. 

Pour les personnages d’Emma et Graciela, "Je n’aurais pu rêver mieux que Sienna Miller et Zoe Saldana pour porter ce style des années 1920 -1930. Leur allure était parfaite pour l’époque à laquelle leurs personnages évoluent", raconte Jacqueline West. "Emma est la garçonne parfaite, sûre d’elle, frondeuse et fumant en public", poursuitelle. "Il y avait une réelle liberté de pensée et une liberté sexuelle évidente dans l’attitude de ces femmes. Je me suis inspirée de Louise Brooks, qui portait souvent des pantalons et des vestes de tailleurs, et de Norma Shearer, qui était vraiment avant-gardiste et avait tourné dans beaucoup de films du 'pré-code' [antérieurs à la mise en œuvre du code de censure en 1934, NdT]". 

Comme pour Joe, "j’ai opté pour des couleurs foncées en ce qui concerne Emma car elle est emblématique de la part d'ombre de Joe. Elle porte beaucoup de brun, mais j’ai essayé d’éviter le noir car ce n’était pas vraiment à la mode à l’époque sauf pour les enterrements. Et même si elle sort avec Albert White, elle n’a pas beaucoup d’argent si bien que j’ai choisi de lui faire porter des paillettes plutôt que des perles pour la robe qu’elle arbore au Statler Hotel", dit-elle encore. 

En réalité, avant même de concevoir la robe portée par Sienna Miller dans le film, la costumière avait passé en revue plus de 300 robes, puis s'était rendue dans l’arrière-boutique d’une boutique de vêtements d’époque. "J’ai ouvert un sac d'anciens tissus à paillettes : ils possédaient cette merveilleuse patine que les matières neuves n’ont pas. En les sortant du sac, j’ai constaté qu'il s'agissait en fait d'une robe dont les paillettes étaient cousues à même la maille. C’était très Art Déco, avec un motif représentant le soleil : c'était l’une des robes les plus fascinantes que j’ai jamais vues, mais elle serait tombée en lambeaux si nous avions essayé de l’utiliser. J’ai donc conçu celle d’Emma en ayant ce modèle en tête. Quand Joe entre dans la pièce et la voit, elle irradie. C’est exactement l'effet que je recherchais". 

"Jackie pense au moindre petit détail, des mailles sur les bas à d’authentiques sousvêtements. Grâce à son sens de la précision, les acteurs ont le sentiment d’être plongés dans l'époque. Elle ne laisse rien au hasard et cela donne beaucoup plus d'intensité à l’interprétation", déclare Sienna Miller, enthousiaste. "J’essaie d'avoir ce même sens du détail pour l'ensemble des comédiens", confirme Jacqueline West. "Chris Cooper porte des fixe-chaussettes, un accessoire que beaucoup d’hommes de l’époque, dans sa position sociale, auraient porté pour que leurs chaussettes ne tombent pas, et ça lui a permis d'accentuer la rigidité du personnage. Je pense que les choses qu’on ne voit pas à l’écran sont tout aussi importantes que celles qu’on remarque. Quand un acteur porte ces différents vêtements et accessoires, même s’il s’agit simplement de sous-vêtements d’époque, d’un soutien-gorge ou d’une combinaison de soie, il commence à sentir une transformation : il franchit un cap petit à petit et il entre dans la peau du personnage. Ben se tient différemment dans ces pantalons de costumes à taille haute et à bretelles car ils apportent une sensation différente des vêtements décontractés qu’on porte de nos jours". 

"Jackie est extraordinaire", atteste Ben Affleck. "Elle sait tout du personnage dès le moment où on fait les essayages et elle a vraiment réfléchi à sa personnalité, aux boutiques où il achète ses vêtements et à sa façon de les porter. Elle a tellement bien élaboré le personnage en amont qu'une fois sur le plateau, c'est un régal". 

Pour Graciela, l’autre femme marquante dans la vie de Joe, la costumière raconte : "Je me suis inspirée de l’une des muses de Lartigue, la célèbre Renée Perle. Elle avait une personnalité incroyable et un style unique et je trouve que Zoe lui ressemble un peu. J’ai essentiellement habillé Graciela en blanc car elle vit dans le Sud et qu'il y fait chaud : cela met en valeur son teint magnifique, et j’ai tout simplement ajouté une touche cubaine grâce à des broderies espagnoles". 

"Quand on tourne un film en costumes, les tenues et les accessoires peuvent se révéler les outils les plus essentiels de l’acteur", souligne Zoe Saldana. "Que ce soit la coupe des vêtements ou les chaussures, il y a toujours une raison aux choix de Jackie et sa contribution a été déterminante pour composer le personnage de Graciela". L’une des tenues préférées de Jackie West est la robe du soir créée pour Graciela : "Elle est en velours de soie : il s'agit d'un tissu français que j’ai fait imprimer à la main puis draper en diagonale sur le corps de Zoe. Cette robe a exactement l’effet escompté : elle est faite pour danser et séduire. C’est une robe parfaite sur elle". 

Pour cette tenue, elle s'est inspirée d’un vieux film de Cagney : "J'avais ce film en tête quand je réfléchissais au projet et j’y ai vu cette robe à rayures sur une femme qui n’était pas vraiment une 'poule' de gangster : elle était un peu plus haut-de-gamme que ça. Je me souviens m’être dit que ce serait génial d’utiliser des rayures sur une robe du soir et ça a très bien fonctionné sur le corps mince et élancé de Zoe qui a vraiment une silhouette des années 1930". Loin d’être aussi volcanique qu’Emma ou élégante que Graciela, Loretta Figgis est elle aussi un personnage féminin majeur du film : "Quand on la voit pour la première fois, elle vient de terminer le lycée, elle est très naïve et candide", observe Jacqueline West. 

"Mais par la suite, elle semble s’être métamorphosée. L’incarnation du personnage de Loretta, pour moi, est Amy Semple McPherson [célèbre évangéliste pentecôtiste canado-américaine des années 1920 et 1930 connue sous le nom de Sœur Aimée, NdT.] qui a mené une drôle de vie et était une véritable excentrique. Quand j’ai fait des recherches sur elle, j’ai découvert qu’elle découpait des photos du magazine Vogue et s'inspirait, pour son style, des robes de mariées haute couture avec des manches cape ou encore d’incroyables manches chauve-souris. Je me suis dit que ça révélait une merveilleuse vulnérabilité qui convenait aussi parfaitement à Loretta". 

Outre les nombreux personnages du film, il n’y a pas moins d'un millier de figurants auxquels la chef-costumière a consacré toute son attention : "Je pense toujours à Fellini quand je crée un univers et au fait que l'ensemble de ses acteurs, jusqu'au dernier figurant, sont marquants", dit-elle. "J’ai trouvé et imprimé 1 000 photos de personnes réelles et je me suis inspirée, pour chaque personnage et figurant du film, d'une photographie. Et quand je marchais dans les rue d’Ybor que Jess a reconstituées à Brunswick, avec tous les figurants en place, j'avais l'impression d'être dans une photographie de Walker Evans [photographe américain, surtout connu pour son travail sur la Grande Dépression, NdT.]". 

La chef-coiffeuse Kristin Berge et les chefs-maquilleuses Kate Biscoe et Ann Pala Williams ont travaillé de concert avec Jacqueline West pour mettre au point le style de chaque personnage. Et pour que chaque automobile du film ait l’air impeccable, les producteurs ont fait appel au responsable des véhicules et transports Randy Peter et aux capitaines transports John Willoth et Joey Freitas. 

"Les classique du film de gangsters avaient recours à des Model A de couleur sombre", déclare Freitas. "Mais Ben a voulu rompre avec la tradition et y apporter un peu de couleur et de diversité. Dans les années 1920, il y avait plus de 200 constructeurs automobiles si bien que j'ai eu l’embarras du choix". 

En dehors des nombreuses voitures de police et des autres véhicules, les voitures principales que Freitas a pu se procurer évoquent l’ascension de Joe à Tampa. "Quand il descend du train à Ybor, Dion vient le chercher dans un coupé décapotable Franklin 1928. C’est voyant et élégant, et c'est un excellent modèle d’entrée de gamme qui en met plein la vue quand ils débarquent en ville. Ensuite, on passe à une Lincoln Model K 1931 : il s'agit d'une voiture à quatre sièges – un 'must' à l’époque – qui est un modèle vraiment haut de gamme. Avec cette voiture, on voit clairement que Joe a dorénavant de l’argent et du pouvoir". 

"Vers la fin, on le voit dans une Packard Twelve 1933, la Maybach de l'époque. C’est une voiture qui montre que Joe est arrivé au sommet, qu’il a plus d’argent qu’il n’en a besoin et qu’il le dépense à tort et à travers et notamment en se payant des voitures de luxe". Joe n’est plus un hors-la-loi mais un gangster accompli qui mène une existence dont il n'a jamais rêvée. 
JOE
J’ai compris que pour être libre ça ne servait à rien d’enfreindre les règles. 
Il fallait être assez fort pour imposer les siennes. 
Pour mettre en musique le parcours de Joe, Ben Affleck a fait appel au compositeur Harry Gregson-Williams avec qui il avait déjà travaillé sur GONE BABY GONE et THE TOWN. "J’étais sûr que Harry saurait comment renouveler un peu ce genre de musique", raconte le réalisateur. "Je savais qu’il pourrait composer des morceaux à la fois évocateurs et troublants pour les moments émotionnels, mais aussi procurer du rythme et de l’énergie pour les fusillades, les poursuites en voiture et les autres séquences d’action et accompagner la progression de l'intrigue". 

"Ben fait toujours des critiques constructives de la musique et donne des directives claires", déclare le compositeur, qui apprécie de collaborer avec Affleck. "Il me laisse composer avant même de me faire part de ses idées et c’est seulement ensuite que nous discutons du contenu émotionnel de la musique et de son potentiel pour le film". "Le thème de Joe est au départ assez sombre et grave avant de devenir plus léger lorsque sa vie prend une autre tournure et qu’il y a un réel moment d’espoir. Pour Emma, le thème est légèrement Irlandais car on a utilisé un violon électrique, et le style de Graciela apporte une autre dimension émotionnelle et une sonorité différente à la musique", précise-til. 

Pour le générique de fin, Affleck a engagé le compositeur-interprète Foy Vance : il a écrit "Moonshine" spécialement pour le film, qu’il interprète avec Kacey Musgraves. "Chaque fois que j’entends cette chanson, je l'apprécie un peu plus. Elle a un petit quelque chose qui vient du gospel mais c’est vraiment une chanson sur la contrebande. Tout comme la musique populaire qui a été composée à cette époque, ce morceau donne un excellent aperçu de cette période et clôt de façon magistrale l’aventure vécue par Joe", confie-t-il.

C’est à Ben Affleck que revient le mot de la fin : "Comme dans ces films de gangsters que je regardais petit, Dennis Lehane a créé un univers captivant et un personnage auquel tout le monde peut s’identifier. On veut tous être maître de sa destinée, vivre selon nos propres règles mais cela se paie parfois au prix fort. J’ai trouvé presque héroïque que Joe mette tout en œuvre pour rester fidèle à ses principes, tout en sachant ce que cela va lui coûter, et j’espère que les spectateurs y seront, eux aussi, sensibles".

© 2016 WARNER BROS. ENTERTAINMENT INC. ALL RIGHTS RESERVED.

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mardi 13 décembre 2016

LIVE BY NIGHT


Au cinéma le 18 janvier 2017

Film d'ambiance, film d'époque, film sur les relations humaines, ce LIVE BY NIGHT de Ben Affleck promet des émotions intenses et variées.

Quatre ans après ARGO, Oscar du meilleur film, 
Ben Affleck revient à la réalisation 
avec un polar flamboyant sur fond de tragédie familiale.

Un film réalisé par Ben Affleck
Avec Ben Affleck, Elle Fanning, Zoe Saldana et Sienna Miller


Résumé : Boston, dans les années 20. Malgré la Prohibition, l'alcool coule à flot dans les bars clandestins tenus par la mafia et il suffit d'un peu d'ambition et d'audace pour se faire une place au soleil. Fils du chef de la police de Boston, Joe Coughlin a rejeté depuis longtemps l'éducation très stricte de son père pour mener une vie de criminel. Pourtant, même chez les voyous, il existe un code d'honneur que Joe n'hésite pas à bafouer : il se met à dos un puissant caïd en lui volant son argent et sa petite amie. Sa liaison passionnelle ne tarde pas à provoquer le chaos. Entre vengeance, trahisons et ambitions contrariées, Joe quittera Boston pour s'imposer au sein de la mafia de Tampa…

Bande annonce (VOSTFR)


A propos du film

Réalisateur oscarisé pour ARGO, Ben Affleck signe LIVE BY NIGHT dont il est aussi le principal interprète et le scénariste. Après GONE BABY GONE, c'est la deuxième fois qu'il adapte un best-seller de Dennis Lehane, originaire de Boston tout comme lui.

"Quand tu te dévoiles dans ce milieu, ça finit toujours par te retomber dessus. Mais jamais comme prévu". Joe Coughlin n'est pas du genre à écouter les conseils de son père. Bien au contraire, ce vétéran de la Première Guerre mondiale est un insoumis réfractaire à l'autorité. Pire encore, il mène une vie de criminel, alors qu'il est le fils du chef-adjoint de la police de Boston. Pourtant, Joe n'est pas une crapule. D'ailleurs, il n'a pas le cuir suffisamment épais pour le type d'existence qu'il a choisie. Contrairement aux gangsters pour lesquels il refuse de travailler, il a des principes et un grand cœur. Une attitude qui le rend souvent vulnérable, dans les affaires comme en amour. Déterminé à réparer les injustices subies par lui et ses proches, Joe s'engage dans une voie dangereuse, à l'encontre de son éducation et de son code d'honneur. Avec ses hommes, il quitte Boston et son froid hivernal pour s'aventurer dans la moiteur de Tampa, en Floride. Et si la vengeance est sans plus douce que la mélasse qu'il utilise pour son rhum de contrebande, Joe découvrira bientôt que son insoumission se paie très cher …

LIVE BY NIGHT est produit par Leonardo DiCaprio (LE LOUP DE WALL STREET, LES BRASIERS DE LA COLÈRE) et Jennifer Davisson (LES MARCHES DU POUVOIR, ESTHER), sous l'égide de leur société Appian Way, et par Ben Affleck et Jennifer Todd (ALICE AU PAYS DES MERVEILLES, ACROSS THE UNIVERSE) pour Pearl Street Films. Chris Brigham, Dennis Lehane et Chay Carter en assurent la production exécutive.

Ben Affleck donne la réplique à Elle Fanning (MALÉFIQUE), Brendan Gleeson (AU CŒUR DE L'OCÉAN, la saga HARRY POTTER), Chris Messina (ARGO, THE MINDY PROJECT), Sienna Miller (AMERICAN SNIPER, FOXCATCHER), Zoe Saldana (LES GARDIENS DE LA GALAXIE, AVATAR) et Chris Cooper (ADAPTATION, THE TOWN), comédien oscarisé.

Affleck s'est entouré du directeur de la photo triplement oscarisé Robert Richardson (JFK, AVIATOR, HUGO CABRET), du chef-décorateur cité à l'Oscar Jess Gonchor (TRUE GRIT, FOXCATCHER) du chef-monteur oscarisé William Goldenberg (ARGO) et de la chef-costumière nommée à l'Oscar Jacqueline West (L'ÉTRANGE HISTOIRE DE BENJAMIN BUTTON, ARGO). La partition est signée Harry Gregson-Williams (SEUL SUR MARS, GONE BABY GONE).

Présenté par Warner Bros. Pictures et produit par Appian Way et Pearl Street, ILIVE BY NIGHT sortira le 18 janvier 2017 et sera distribué par Warner Bros. Pictures, filiale de Warner Bros. Entertainment.







Copyright: © 2016 WARNER BROS. ENTERTAINMENT INC. ALL RIGHTS RESERVED.
Photos Credit: Claire Folger

#LiveByNight

jeudi 31 mars 2016

BATMAN V SUPERMAN : L'AUBE DE LA JUSTICE


Action/Fantastique/Un spectacle grandiose à ne pas rater sur grand écran !

Réalisé par Zack Snyder
Avec Ben Affleck, Henry Cavill, Jesse Eisenberg, Gal Gadot, Amy Adams, Diane Lane, Laurence Fishburne, Jeremy Irons, Kevin Costner...

Long-métrage Américain
Titre original : Batman v Superman: Dawn Of Justice 
Durée: 02h33mn
Année de production: 2016
Distributeur: Warner Bros. France 

Date de sortie sur les écrans américains : 25 mars 2016
Date de sortie sur nos écrans : 23 mars 2016


Résumé : Craignant que Superman n'abuse de sa toute-puissance, le Chevalier noir décide de l'affronter : le monde a-t-il davantage besoin d'un super-héros aux pouvoirs sans limite ou d'un justicier à la force redoutable mais d'origine humaine ? Pendant ce temps-là, une terrible menace se profile à l'horizon…

Bande annonce (VOSTFR)


Ce que j'en ai pensé : J'ai adoré ce BATMAN V SUPERMAN : L'AUBE DE LA JUSTICE. J'ai passé un super moment de cinéma. Zack Snyder, le réalisateur, nous offre un grand spectacle, on en prend plein les yeux pendant 2h30. Sa mise en scène est vraiment soignée, il nous fait de très beaux plans. Visuellement le film est hyper réussi. L'ambiance globale est sombre. Les couleurs sont parfaitement travaillées pour accompagner les différents environnements et moments montrés à l'écran. Les décors, les costumes, les gadgets, tout est impeccable. On s'y croirait, c'est très réaliste et en même temps totalement fictionnel. 
Du point de vue histoire, il imbrique la rencontre et la querelle des deux super héros de manière intelligente, claire et fluide. 



Il faut avoir vu au minimum, à mon avis, le SUPERMAN de Richard Donner (1979), le MAN OF STEEL de Zack Snyder (2013) et THE DARK KNIGHT de Christopher Nolan (2008) pour profiter pleinement de tous les aspects du scénario et des clins d’œil par rapport au passé des personnages. Il faut être bien attentif car le réalisateur nous donne beaucoup d'informations à capter tout au long de son long-métrage. Il en profite pour nous introduire judicieusement tous les futurs personnages DC Comics qui vont être adaptés à l'écran dans les prochaines années. En même temps, il sait être énigmatique et ouvrir des questions pour lesquelles je suis impatience d'avoir les réponses dans son prochain film ! 
J'ai particulièrement apprécié que les super-héros soient avant tout humains. Ils doutent, trébuchent, prennent de mauvaises décisions, se font avoir, ont des fragilités, mais ils sont aussi capables de s'adapter, de comprendre leurs erreurs, de se remettre en question, de protéger, de travailler pour la justice... 
Il n'y a rien à redire sur les personnages. Les acteurs sont tous parfaits.
Ben Affleck interprète un Bruce Wayne accompli et solide mais qui pourtant laisse son côté obscur l'envahir. Immédiatement il m'a convaincue dans son rôle. C'est Batman, sans aucun doute.



Henry Cavill incarne impeccablement la douceur et la force infinie, il apporte une droiture à Clark Kent que l'on retrouve dans Superman. On sent bien que malgré les deux visages qu'il doit porter, il ne fait qu'un.



Jesse Eisenberg est excellent en Lex Luthor. Il est tout aussi crédible en gamin super intelligent qu'en psychopathe averti. Il sait être inquiétant et se montrer un adversaire très dangereux. 


Gal Gadot est une incroyable Diana Prince / Wonder Woman. Son introduction dans ce film m'a totalement convaincue et je suis désormais dans l'attente de découvrir le long-métrage qui va lui être consacré.



Plus généralement, j'ai beaucoup apprécié les rôles des femmes dans ce film. On est très loin des potiches. Elles sont toutes brillantes, fortes et ont un statut important dans l'histoire.

Amy Adams inteprète Lois Lane
Diane Lane inteprète Martha Kent
Holly Hunter inteprète la Sénatrice Finch
BATMAN V SUPERMAN : L'AUBE DE LA JUSTICE m'a vraiment enthousiasmé. Je ne peux que vous conseiller d'aller le découvrir sur grand écran, avec un bon son, pour bien rentrer dans l'atmosphère particulière que son réalisateur a mis tant de soin à construire pour nous, les spectateurs.



NOTES DE PRODUCTION
(A ne lire qu'après avoir vu le film pour éviter les spoilers !)

Le plus grand match de gladiateurs de toute l'histoire : le Fils de Krypton contre le Justicier de Gotham City LEQUEL DES DEUX VAINCRA ? 

Batman et Superman. Gotham et Metropolis. Lex Luthor, Doomsday et – pour la première fois sur grand écran – Wonder Woman. Entre sa cohorte de héros et d'épouvantables méchants, ses combats spectaculaires dont l'enjeu dépasse la destruction de la planète, BATMAN V SUPERMAN : L'AUBE DE LA JUSTICE de Zack Snyder est un film de super-héros comme on n'en a encore jamais vu. En faisant s'affronter les deux plus grands super-héros au monde, c'est un véritable choc des titans aux dimensions cataclysmiques qui devient inévitable : Batman, le justicier de l'ombre, alias le Chevalier noir, contre Superman, l'extraterrestre invincible capable de voler – lequel des deux est en mesure de gagner cette guerre ? 

Près de deux ans se sont écoulés depuis les assauts meurtriers d'une violence inédite subis par Metropolis. Plusieurs hommes et femmes ont pu réchapper, mais Bruce Wayne ne parvient toujours pas à oublier ceux qui ont péri dans la catastrophe. Autant dire qu'il vit dans un état de rage permanent et que sa colère cède bientôt la place à un sentiment d'impuissance, au risque d'être aveuglé par un désir de vengeance. Hanté par ses cauchemars, il s'attaque aux criminels de Gotham, alors qu'il s'est fixé un objectif de plus grande envergure. 

Zack Snyder explique : "On s'est dit que ce serait intéressant d'observer Superman du point de vue de Batman. Bruce ne sait rien sur Superman – il n'en connaît que la réputation aux yeux du public. Il le tient responsable des victimes de Metropolis – autant d'êtres humains qu'il aurait dû protéger. Sa haine couve en lui depuis un bon moment et il trouve aujourd'hui un écho à ce ressentiment dans les médias". 

Pendant deux ans, Superman a secouru d'innombrables personnes à travers la planète et l'opinion publique mondiale salue ses facultés quasi divines. Pourtant, son action courageuse entraîne d'inévitables destructions. Du coup, nombreux sont ceux qui s'interrogent désormais sur le fait que le super-héros agisse sans réfléchir aux conséquences de ses actes. Lui-même commence à se poser la question, suite aux machinations d'un individu bien décidé à l'humilier… et à l'anéantir "Lorsqu'on retrouve Superman, il vaque à ses occupations de super-héros, mais la perception de ses interventions héroïques a considérablement changé, en raison des conséquences involontaires de ses actes", poursuit le réalisateur. "Chacune de ses interventions suscite des réactions. Lorsqu'il sauve quelqu'un, il abandonne quelqu'un d'autre à son sort. On voulait s'attacher à la réalité du sauvetage des victimes et au sens véritable de ces interventions. Il est communément admis que Superman est un type bien qui cherche à agir pour le mieux et qu'il n'est pas politisé. Mais en réalité, dans le monde actuel, il est impossible de ne pas donner un sens politique à ses actes, quelles que soient ses intentions". 

Bruce Wayne, alias Batman, s'intéresse de près à Superman depuis le fameux événement du Black Zero qui s'est achevé par le combat catastrophique entre le Fils de Krypton et le général Zod. "Je crois que cela permet de bien comprendre pourquoi Batman tient à affronter Superman", note Ben Affleck, qui campe le Chevalier noir. "On pourrait croire, selon toute logique, qu'ils devraient être amis puisque ce sont tous les deux des types bien, mais le film porte un regard plus subtil sur le rapport de ces personnages au monde réel, et sur les conséquences involontaires – mais terribles – de leurs interventions et de leurs pouvoirs". 

"Superman commence à se retrouver face aux difficultés précises que redoutait Jonathan Kent", signale Henry Cavill qui endosse à nouveau le rôle de Clark Kent. "Le monde est terrorisé après avoir subi les attaques d'extraterrestres et été ébranlé dans ses fondations mêmes. Bien que les hommes aient un justicier à leur disposition – ou qu'ils voient comme tel –, il leur faut canaliser leur peur. Entretemps, Superman continue à agir au mieux et à tenter de ne pas tenir compte des critiques fusant de toutes parts". 

Mais certaines attaques sont plus difficiles à ignorer que d'autres. Et si Bruce Wayne est résolu à réaliser son fantasme de vengeance vis-à-vis de Superman, comment qualifier les raisons qui poussent l'industriel Lex Luthor à anéantir l'Homme d'acier ? 

Comme l'indique le scénariste Chris Terrio, "Bruce et Lex sont tous les deux milliardaires, tous les deux sont orphelins et tous les deux sont obnubilés par le pouvoir absolu de Superman. À un moment donné, ils ont le même objectif : neutraliser Superman à tout prix. Mais les intentions de Bruce sont foncièrement bienveillantes, alors que Lex est un grand malade". 

Pour comprendre l'état d'esprit de ces trois hommes – Clark, Bruce et Lex –, il faut bien voir que leurs pères étaient absents, ou qu'ils sont hantés par le souvenir de pères disparus. C'est là une autre thématique abordée par le film. Chacun d'entre eux se bat à sa façon : Bruce, plus âgé aujourd'hui que son père au moment de sa mort ; Clark qui répare les injustices pour un fantôme ; et Lex dont les relations avec son père n'avaient rien d'idyllique. 

"Lex Luthor a toujours été l'un des plus redoutables salauds de l'univers DC Comics", ajoute le producteur Charles Roven. "Et l'une des histoires les plus spectaculaires de la saga est celle de l'affrontement entre Batman et Superman. Lorsqu'on a cherché à donner plus d'ampleur à l'univers de nos super-héros, le fait de réunir ces deux personnages s'est imposé. Metropolis a besoin d'être reconstruit, Lex est le principal bienfaiteur de la ville et lui et Bruce Wayne sont à la tête d'entreprises comparables dans les domaines industriel et numérique". 

Après les événements du précédent film, il pouvait sembler plausible que Bruce et Lex unissent leurs forces contre Superman. 

Le scénariste David S. Goyer observe : "Dans les films de super-héros, des dégâts épouvantables se produisent et puis chacun reprend ses activités comme si de rien n'était. Nous pensions, au contraire, que ces destructions risquaient de laisser des traces durables, pas seulement dans la ville ou le pays, mais dans le monde entier. Superman n'est pas mal intentionné, mais il commence à inquiéter beaucoup de gens, et c'est ce qui pousse Bruce à se méfier de lui. Lex, de son côté, exploite ce point de dissension et cette méfiance croissante dans l'esprit du grand public pour servir ses propres intérêts". 

"On avait laissé des indices dans le film précédent, à l'image du camion LexCorp en pleine rue de Metropolis et du satellite de Wayne Industries", reprend Roven. "C'est ce qui nous permettait d'aller dans la direction de l'intrigue et des personnages". 

Pour introduire Batman et Luthor de manière naturelle dans l'univers de Superman, il était nécessaire de s'y prendre avec précaution. "Tout le monde a envie de voir Batman et Superman réunis dans le même film", affirme la productrice Deborah Snyder. "Et tout le monde a encore plus envie de les voir s'affronter. C'est jubilatoire pour tous ceux qui aiment la BD, et Zack est non seulement réalisateur, mais fan absolu de BD". 

Étant donné que les deux super-héros – sans oublier Lex Luthor – sont des personnages de BD depuis plus de 70 ans, il existe une source quasi inépuisable dans laquelle puiser des idées. "On voulait proposer une réinterprétation du personnage de Batman qu'on n'avait encore jamais vue à l'écran", ajoute-t-elle. "Dans notre conception des choses, il mène son action depuis longtemps, si bien qu'il est chevronné, mais cela fait même peut-être trop longtemps … Du coup, il est aussi blasé. Lorsqu'on s'attaque constamment à la criminalité comme le fait Batman, au bout d'un moment, cela a-t-il un impact physique ? Ou émotionnel ?" 

De même, pour que le personnage de Lex Luthor soit en prise directe avec le monde actuel, Terrio s'est posé plusieurs questions : "À quoi pourrait bien ressembler un capitaliste devenu fou de nos jours ?", dit-il. S'inspirant des plus grandes entreprises mondiales du high-tech, il a privilégié un environnement qui "considère souvent l'excentricité comme une vertu et récompense les innovations les plus iconoclastes". En mêlant ces qualités à un esprit malade, il a réinventé Lex Luthor : "C'est un méchant plus jeune, brillant, en plein dans la postmodernité, conscient de sa propre malveillance, qui a choisi d'utiliser sa fortune et son pouvoir pour abattre un homme dont la puissance semble sans limite". 

La production a non seulement réuni les domaines symboliques de Batman et Superman, mais aussi leurs univers visuels. Bien entendu, qui dit Batman, dit la Batcave, la Batmobile et la Batwing, véhicules ultrarapides et tendance, sans oublier son repaire secret d'armements conçus sur mesure. Géographiquement, Gotham City et Metropolis ont été imaginées comme deux villes rivales, séparées par un mince cours d'eau, ce qui a permis à l'action de se dérouler sur les deux territoires des héros. Mais c'est un personnage qui n'appartient à aucune des deux villes – et qui possède ses propres facultés – qui marque durablement nos deux protagonistes : Wonder Woman. "Dès lors qu'on a réussi à introduire Batman dans l'intrigue, la seule chose que j'avais en tête, c'était de me dire 'est-ce que ce serait délirant de faire également entrer en scène Wonder Woman ?'", se remémore Zack Snyder. "Pour moi, qui suis fan de très longue date, Superman, Batman et Wonder Woman forment le trio essentiel des DC Comics, et je savais que les spectateurs avaient hâte de voir Wonder Woman depuis très longtemps. Je me suis dit que ce serait génial qu'elle figure dans notre récit afin de l'introduire dans cet univers". 

Si la guerrière amazone ne fait qu'une brève apparition, elle surgit au bon moment et elle impressionne Superman et Batman. Gal Gadot incarne le personnage, aux côtés d'autres comédiennes au fort tempérament : Amy Adams, qui interprète à nouveau la journaliste Loïs Lane, Diane Lane, une fois encore sous les traits de Martha Kent, et Holly Hunter dans le rôle de la sénatrice Jane Finch qui affronte à la fois Superman et Lex Luthor. 

Jesse Eisenberg campe Luthor avec un sang-froid propre à un psychopathe, tandis que Jeremy Irons incarne Alfred, majordome flegmatique de Bruce Wayne et expert en technologie de pointe, qui tranche avec la nature très sombre de ce dernier. Quant à Laurence Fishburne, il endosse à nouveau le rôle du rédacteur en chef du Daily Planet, Perry White, qui tente de garder la main sur le travail de Loïs Lane et de savoir où se trouve Clark Kent. 

En réalité, malgré la désapprobation de Perry, Clark enquête sur une affaire se déroulant à Gotham, liée aux activités de Batman – sans se douter que l'homme qu'il entend démasquer est secrètement à ses trousses. En sachant qu'aucun des deux hommes n'est prêt à reculer, et que Lex Luthor tient par-dessus tout à anéantir Superman, les deux super-héros pourront-ils surmonter leurs différends pour affronter un danger bien plus terrible ? 
Il a le pouvoir d'anéantir toute l'espèce humaine. Si nous estimons qu'il y a ne serait-ce qu'un pourcent de risque qu'il soit notre ennemi, nous devons considérer qu'il s'agit d'une certitude. —Bruce Wayne 
>> LA RÉUNION DE DEUX FIGURES EMBLÉMATIQUES << 

En développant l'intrigue de BATMAN V SUPERMAN : L'AUBE DE LA JUSTICE, la question s'est posée de savoir si un personnage comme Superman pouvait exister en 2016, ou s'il appartenait à une époque plus clémente. Les valeurs qu'il défend peuvent-elles encore avoir du sens dans un monde aussi complexe que le nôtre, divisé par des factions rivales et des jeux d'alliance ? Quand on sait qu'on a accès aux infos 24h sur 24, comment peut-on se battre pour la vérité et la justice dans le monde entier sans craindre d'être mis en examen ? 

La production a estimé qu'après les révélations sur les conséquences désastreuses des interventions de Superman, le monde entier se ligue contre lui – à commencer par le gouvernement et les médias de son pays, ainsi qu'un justicier qui mène la fronde. 

"Quand on s'est mis à réfléchir au nouveau défi de Superman, on était conscient qu'on ne pouvait pas trouver plus grand enjeu que la destruction de la planète", déclare Zack Snyder. "Il fallait donc qu'on intensifie les enjeux émotionnels. Et quel adversaire plus valable que Batman pour un conflit d'essence philosophique ? Dès lors qu'on a émis cette idée, c'est difficile de faire machine arrière". 

Pour introduire Batman dans l'histoire de manière naturelle, on apprend que Bruce Wayne a lui-même été affecté par les événements du Black Zero à Metropolis, et qu'il s'est décidé à anéantir celui qu'il considère désormais comme un ennemi. C'est ce retournement inattendu et ce point de vue inédit sur Bruce Wayne et Batman qui ont séduit Ben Affleck. 

"Quand j'étais gamin, j'adorais le personnage, et notamment le 'Dark Knight' de Frank Miller", souligne le comédien. "Si on ne raconte pas la même histoire, ce qui m'a intéressé dans l'interprétation du personnage, c'est qu'il correspond à la vision traditionnelle de Batman tout en étant devenu une sorte de gros dur, plus mûr et plus misanthrope qu'avant, et au bout du rouleau. 

L'action de Superman fait enrager Bruce Wayne d'une manière quasi irrationnelle, et cette colère désespérée et cette haine étaient des points de départ fascinants pour construire le personnage". 

"Tout le monde sait que 'Batman Dark Knight' de Frank Miller est mon album préféré et aborde ce que je considère comme l'affrontement philosophique entre Batman et Superman le plus intéressant", note Snyder. "Avec Ben, on a beaucoup évoqué la possibilité d'utiliser le personnage de Miller comme un modèle : c'est un type chevronné qui mène son action depuis vingt ans, il a perdu pas mal d'amis au fil des années et il s'est totalement replié sur lui-même. Dans notre film, tout ce qui compte encore aux yeux de Bruce, ce sont Alfred et son identité de Batman. Il pense, comme nous tous, à l'héritage qu'il va laisser. Il dit même à Alfred qu'au lieu de chercher à se débarrasser des mauvaises herbes – autrement dit, à éliminer un criminel pour en découvrir un autre à sa place – il ferait mieux de s'attaquer à ce problème mondial qu'est devenu Superman". 

Affleck reprend : "Quand j'ai appris que Zack souhaitait articuler l'intrigue autour de thématiques ancrées dans notre quotidien et qui parlent aux gens, j'ai voulu participer à l'aventure et au premier film qui réunit ces deux héros". 

S'il interprète un personnage marqué par la colère, Affleck a beaucoup apprécié le tempérament enjoué du réalisateur. "Zack est d'un naturel optimiste et positif, et j'adore côtoyer les gens comme lui", dit-il. "Il connaît également l'histoire de la BD dans ses moindres détails, mais il était ouvert à mes suggestions et à mes idées, et c'était formidable pour moi de voir ce projet prendre forme". 

"Ben possède cette extraordinaire faculté à passer du monde de Bruce Wayne à celui de Batman, réussissant à faire exister chaque identité séparément, mais aussi – comme l'exigeait notre intrigue – à brouiller la frontière entre les deux", constate Snyder. 

Mais que dire de l'affrontement entre Batman, mortel puisque humain, et un Superman au sommet de sa forme ? Malgré son arsenal et sa stratégie bien rodée, Batman peut-il espérer vaincre un être invincible ? Quel sera le prix à payer pour une telle manifestation d'orgueil ? Malheureusement pour Superman, il n'est pas aussi invulnérable qu'il l'imagine. Le Fils de Krypton n'anticipe jamais le danger et s'agissant de Batman, il ne le considère que comme un désagrément sans importance. "Dans un combat à mort, qui est à peu près sûr de gagner ? Superman, de toute évidence", analyse Henry Cavill. "Mais Superman ne veut pas en entendre parler. Il désapprouve la conception de la justice à tout prix selon Batman. Il veut régler ce problème de manière aussi rapide que possible, sans s'abaisser au niveau du Chevalier noir. Du coup, Batman prend aussitôt l'avantage". 

"Réunir Batman et Superman dans le même film n'était pas si simple", précise Affleck. "Cela pouvait avoir l'air facile dans le scénario, mais ça ne l'était pas. Ce sont deux très fortes personnalités qui ont des points de vue opposés sur la manière de s'y prendre pour agir de manière juste mais qui doivent affronter le même dilemme : faut-il se laisser corrompre pour combattre le mal avec efficacité ? Ils incarnent l'alpha et l'oméga des super-héros, et leur incompréhension mutuelle et leur défiance l'un envers l'autre dégénèrent en conflit. Je pense… enfin j'espère qu'on a été à la hauteur de l'enjeu". 

Tout comme Affleck, Cavill est conscient de la sympathie du public mondial pour son personnage et de la responsabilité qui pesait sur ses épaules. "Superman compte réellement aux yeux de beaucoup de monde", affirme-t-il. "Plus je rencontre de gens depuis que je l'incarne, plus je comprends que les décisions que nous prenons en racontant son histoire, dans ce film et à l'avenir, doivent tenir compte de l'affection et de la sympathie qu'ils éprouvent pour le personnage". "Je pense que ces personnages et ces récits sont non seulement formidablement divertissants, mais qu'ils offrent des exemples extraordinaires de choix éthiques", poursuit Cavill. "Ils nous interrogent : qu'est-il juste de faire ou de ne pas faire ? Comment se comporter ? Ils nous permettent aussi de nous comparer à eux. Dans le dernier film, le monde a été attaqué par des extraterrestres et quasi anéanti. Cet événement a braqué les projecteurs sur Superman, et depuis, il tente toujours d'agir pour le mieux et de se rapprocher des êtres humains. Mais il se demande désormais si les hommes veulent de son aide ou pas". 

Si nombreux sont ceux qui réclament encore son aide, d'autres comme Bruce Wayne, Lex Luthor et même les sénateurs américains commencent à s'interroger sur les intentions de Superman, à commencer par sa destruction des forces de Krypton dirigées par le général Zod. A-t-il défendu la planète et ses habitants pour des motivations altruistes ou par instinct de conservation ? Et dans ce cas, s'est-il arrangé pour être l'unique survivant de son espèce sur la Terre, disposant d'un pouvoir inégalé ? 

"L'existence d'un être capable d'anéantir toute l'espèce humaine s'il le souhaite a de quoi susciter pas mal d'interrogations chez beaucoup de gens, même s'ils estiment que ses intentions sont louables", remarque Snyder. "Les êtres humains pensent qu'il sera toujours bienveillant, mais certains, comme Lex et Bruce, réfléchissent à plus long terme". Superman a beau avoir sauvé la planète – les villes, les campagnes et les hommes portent encore les stigmates de ses interventions. En réfléchissant à son propre parcours de justicier, Batman estime que ses sentiments à l'égard de l'extraterrestre sont plus que justifiés. "Batman a croisé tant d'hommes corrompus par le pouvoir qu'il se dit que Superman, qui jouit d'un pouvoir absolu, est voué à se laisser corrompre", analyse Roven. 

Cette réaction violente de la société est difficile à comprendre ou à accepter pour le Fils de Krypton. "Il est bien conscient d'être un extraterrestre, mais il a tout sacrifié – qu'il s'agisse de sa propre culture ou de son peuple – pour sauver une planète dont il se sent faire partie intégrante", relève Cavill. "Il a choisi de renoncer partiellement à son anonymat pour agir au mieux, mais certains dénigrent son comportement, soit pour attirer l'attention des médias, soit parce qu'ils cherchent à semer le chaos, ou encore par peur. En revanche, ils semblent refuser le fait qu'il est doué d'une force extraordinaire mais qu'il ne s'en est jamais servi pour servir ses propres intérêts, ce qui, à notre époque, est tout à fait exceptionnel". 

"Je crois que cela en dit long sur la complexité et la richesse de ces personnages puisque, malgré leurs superpouvoirs, ils doivent faire face aux même problèmes que chacun d'entre nous", signale Deborah Snyder. "Ils cherchent seulement à trouver leur place dans le monde. Quelles que soient leurs forces, ils ont aussi des failles et des défauts, ils cherchent à surmonter les obstacles et ils veulent témoigner de leur affection et être aimés en retour". 

Si certains lui sont désormais hostiles, Loïs Lane, la petite amie de Clark, lui reste fidèle, et leur relation est source de réconfort et de sérénité pour lui. "Il veut la rendre heureuse, et il aimerait se comporter avec elle comme tout un chacun", assure Cavill. "Mais ce n'est pas une relation comme les autres – c'est impossible ! L'un des deux est un extraterrestre invulnérable". Journaliste, la jeune femme est parfaitement déterminée à découvrir la vérité sur le dernier incident aux conséquences désastreuses pour Superman. Amy Adams était enchantée d'endosser à nouveau le rôle de Loïs Lane. 

"Ce qui m'a plu dans le parcours de Loïs, c'est qu'elle est toujours à la recherche de la vérité : elle a besoin de connaître la vérité pour être en accord avec elle-même", indique la comédienne. "Mais désormais il lui faut aussi découvrir la vérité pour aider son petit ami à laver son honneur. Du coup, elle ne se lance pas dans cette enquête uniquement comme journaliste, mais en tant que femme qui cherche à venir en aide à l'homme qu'elle aime de la seule manière qu'elle connaisse". 

"À bien des égards, Loïs est au cœur du film car elle passe son temps à examiner de près les faits pour savoir ce qui se passe", poursuit Roven. "Grâce à Loïs, on décrypte une bonne partie de l'intrigue et on parvient à comprendre qui tire les ficelles dans l'ombre. Sans même parler de sa relation complexe avec Clark/Superman. Amy s'y prend à merveille pour révéler les nombreuses facettes de son personnage et la complexité de la situation dans laquelle se trouve Loïs". Si l'actrice était aussi motivée par ce projet, c'est qu'elle souhaitait retravailler avec Snyder. "Zack est animé d'un immense respect pour ces personnages, sans avoir peur de se les approprier et de proposer au spectateur un nouveau regard sur eux", dit-elle. "C'est un garçon intrépide". Et particulièrement en matière de personnages féminins. "Zack réussit à donner à une femme comme Loïs une forte personnalité sans qu'elle semble masculine pour autant", poursuit elle. "Il n'a pas peur de sa féminité, et ce qui est formidable chez lui, c'est qu'il n'a pas besoin de forcer le trait : il vous fait confiance pour affirmer le tempérament du personnage. Il vous pousse aussi à explorer la sensibilité amoureuse et la vulnérabilité du rôle, ce qui, à mon avis, ne fait qu'enrichir la force du personnage. Car c'est en travaillant des sentiments comme la peur et la fragilité qu'on atteint la vraie force d'un être". 

Clark a toujours été à l'écoute des conseils de ses parents, Jonathan et Martha Kent. Depuis la disparition de son mari, Martha incarne le souvenir d'une époque plus paisible dans la vie de son fils. 

Diane Lane, qui interprète le rôle qu'elle campait dans MAN OF STEEL, précise : "Jonathan était galvanisé par le symbole que son fils représentait pour la planète, alors que Martha voulait le protéger. Elle ne pensait pas que les êtres humains étaient capables d'accueillir avec bienveillance l'existence de Superman – et il semble à présent qu'elle avait raison". Désormais serveuse dans un restaurant, "Martha travaille dur tout en gardant son secret pour elle et en continuant à s'intéresser au sort de Clark grâce aux infos", ajoute Diane Lane. "Elle est affectée par la manière dont le monde se comporte à son égard et par tout ce dont on l'accuse. Les gens sont jaloux de ses pouvoirs et elle s'inquiète en se demandant comment lui-même va réagir. Elle veut encore le protéger. Elle reste sa mère…" 

Laurence Fishburne, également à l'affiche de MAN OF STEEL, campe de nouveau le rédacteur en chef du Daily Planet, Perry White. "Dès que je suis revenu sur le plateau, j'ai eu le sentiment de l'avoir quitté la veille", indique Fishburne. "J'ai reconnu beaucoup de visages familiers et l'énergie était la même. Du coup, c'était naturel de reprendre le fil de ce récit là où il s'était interrompu". 

Le comédien était enchanté par la perspective de croiser Batman et Wonder Woman. "Tout comme Superman, ce sont des héros prêts à se sacrifier et à tout mettre en œuvre pour protéger la société. Du coup, j'étais très enthousiaste de participer à un film qui réunit tous ces personnages… et en tant que fan de BD, j'ai très envie de voir le film !" 

Bien entendu, qui dit Batman, dit aussi Alfred, plus proche confident de Bruce Wayne doublé de son plus fidèle associé contre le crime. À partir du moment où Bruce – et donc Batman – était un peu plus âgé et usé par plusieurs nuits de traque, il devenait nécessaire d'adapter le personnage d'Alfred. La production a choisi de se focaliser sur les compétences du personnage en matière de technologie. 

Jeremy Irons campe le rôle, déclarant que "Zack m'a tout de suite parlé d'une vision beaucoup plus pragmatique du personnage, en l'affublant d'un passé militaire et en en faisant un type très à l'aise en électronique". 

Pour autant, cette dimension du personnage n'enlève en rien son instinct paternel vis-à-vis de Bruce. "Il connaît Bruce depuis toujours, et après la mort des parents de ce dernier, il a essayé de lui apporter ses conseils et de lui inculquer une conception de la justice sur le long terme", dit-il. "Pour Alfred, la justice est une forme de vengeance dépassionnée, tandis que pour Bruce/Batman, la vengeance est totalement passionnelle". 

"Je ne pense pas qu'Alfred se réjouisse de l'évolution de Bruce, si bien qu'il tente de le dissuader de ce qu'il compte faire", poursuit Irons. "Il estime qu'il se trompe d'ennemi et, avec l'ironie qu'on acquiert avec le recul des années, il tente de le lui dire. Mais Bruce a la tête dure, Alfred l'aime comme un fils, et il fait donc tout ce qu'il peut pour l'aider – autrement dit, il se donne beaucoup de mal pour lui". 

"Sous les traits de Batman, Bruce est capable d'affronter sa souffrance en la regardant en face, de manière quasi cathartique", indique Snyder. "C'est là qu'il a le sentiment de maîtriser ses sentiments. Alfred, de son côté, s'adresse toujours à Bruce pour qu'il assume davantage cet aspect de sa personnalité. Jeremy s'en est sorti à merveille pour camper ce personnage d'une grande complexité et pour exprimer ses multiples facettes. Il est drôle et il joue le rôle avec sincérité si bien que les rapports entre Bruce et Alfred sont profonds et fascinants". 

Comme avec les autres protagonistes, la production a cherché à rajeunir Lex Luthor, en imaginant le genre d'homme qu'il pourrait être en 2016. Les auteurs ont ainsi conçu un personnage plus jeune ayant hérité de l'empire LexCorp de son père et ont déniché l'interprète idéal en la personne de Jesse Eisenberg : grâce à celui-ci, Lex se retrouve doté d'un humour sinistre, qui vient de son obsession pathologique pour Superman. 

"Si on observe le personnage de Lex dans la BD, ses scènes sont d’une absurdité géniale", avance Eisenberg. "Il est toujours en train de mettre au point un stratagème très complexe pour tuer Superman. C’est drôle, cette obsession pathologique qu’il a pour lui. Et même s’il peut paraître plutôt sérieux, à mes yeux c’est un type intelligent qui utilise les jeux de mots pour se montrer plus malin et condescendant envers les autres. Lex ne met en réalité son intelligence qu’au service de ses propres intérêts et de sombres desseins". 

Les auteurs se sont montrés réellement satisfaits de cette nouvelle interprétation. "On voulait un personnage qui restitue parfaitement la manière d’être d’un jeune entrepreneur génie des affaires, énergique et constamment à l’affût d’innovations", intervient Charles Roven. "Il a tendance à être soupe au lait mais il dégage quand même toujours du magnétisme : c’est quelqu’un qu’on ne peut quitter des yeux. Jesse s'en est tiré à la perfection. Son interprétation est sincèrement remarquable. Il a dépassé toutes nos attentes". 

Eisenberg a apprécié de pouvoir jouer avec la nature exaltée de Luthor. "Lex considère Superman presque comme un paradoxe existentiel : à ses yeux, il ne peut être totalement bienveillant à cause de sa toute-puissance, et il ne peut être d’une puissance absolue s’il est bienveillant", souligne l’acteur. "D’un autre côté, Lex veut être tout-puissant mais considère [dans son cas] que ce n'est pas un problème, puisqu’il est un être humain, et qu'il l’a mérité, alors que Superman est un abominable extraterrestre, un intrus qui ne mérite même pas d’exister. Lex a l’esprit tellement mesquin qu’il voit son propre sens de la morale comme le seul système de valeurs envisageable au monde. Quiconque s’oppose à lui est sans morale et doit en quelque sorte être détruit". 

Il est fort possible que la malveillance de Lex lui vienne, pour une bonne part, de son père, auquel il fait allusion dans le film. "Dans une certaine mesure, Lex a conscience de sa relation à son père, qui était un homme puissant mais violent", poursuit l’acteur, "et il fait une sorte de parallèle avec Superman dont il se méfie automatiquement. En psychologie contemporaine, on aurait probablement diagnostiqué Lex comme un genre de sociopathe narcissique, drôle et charmant, mais incapable d’empathie. En tant qu’acteur, c’est vraiment drôle, car on adopte toutes sortes de comportements qui nous vaudraient d’être arrêté dans la vie réelle, mais on le fait dans un contexte qui le permet". 

En revanche, Lex partage une passion, parfaitement légale, Eisenberg : le basketball. "J’y joue depuis tout petit", confirme-t-il, "et quand j’ai lu dans le scénario que Lex possédait un terrain de basket dans ses bureaux, j’ai annoncé, 'Je n’ai pas besoin d’une doublure ou du moindre effet infographique. C’est bien une chose que je sais faire parfaitement'. Et quand je suis arrivé sur le plateau, j’ai joué impeccablement pendant toute la journée jusqu’à ce que ce soit le moment de tourner la scène, où il est censé marquer un panier à trois points, se retourner et balancer son texte… mais le ballon a refusé de tomber dans le panier. Un grand moment de solitude". Même si Luthor ne semble pas manquer d’employés avec lesquels faire des paniers, on ne sait pas bien s’il a de vrais amis dignes de ce nom. "De même que Satan est souvent dépeint comme charmant, sympathiser avec Lex, c'est comme signer un pacte avec le Diable", reprend Eisenberg en riant. 

Luthor tente pourtant de passer un accord à l'amiable avec la sénatrice américaine June Finch, démocrate originaire du Kentucky, femme de tête indépendante et élégante, campée par Holly Hunter, qui a aimé se mesurer à Eisenberg. "La confiance intervient vraiment quand il s’agit pour elle de Lex Luthor et c’est merveilleux de travailler avec Jesse", suggère l’actrice. "Il possède une intelligence fulgurante et fertile, il est très loquace et la vitesse à laquelle il passe d'un sujet à l'autre est fascinante. C’est ce qui rend Lex si passionnant". 

"Leur relation est captivante et d'une grande richesse", poursuit-elle, "et le scénario explore aussi merveilleusement l’espace qui les sépare. Tous leurs échanges sont chargés d’allusions à double sens et June Finch le ressent. Elle sait que si on ne peut pas faire confiance à quelqu’un, il faut se montrer d’autant plus attentif à ce qu’il vous dit". 

"Zack et moi avons toujours été de grands fans de Holly Hunter", lance Deborah Snyder. "Du coup, quand le rôle de cette sénatrice du Sud dure à cuire s’est présenté, on a su qu’il lui conviendrait parfaitement. Une fois qu’on a été certain qu’elle participait au projet, le personnage a pris de l’ampleur. La sénatrice Finch est à la tête d’une commission chargée d’enquêter sur les agissements de Superman, parce qu’elle pense qu’il devrait être tenu pour responsable de ses actes mais aussi être jugé équitablement". 

Si Holly Hunter a été séduite par son personnage, "c’est qu’elle ne se laisse pas guider par les émotions mais par la raison", reconnaît l’actrice. "Souvent, dans le monde politique, l’émotivité peut prendre le pas sur le reste parce que ça attire l’attention. Mais ce n’est pas le cas chez June Finch. Elle prend le temps qu’il faut pour évaluer la situation, jusqu’à ce qu’elle parvienne naturellement à une décision qui repose sur la réflexion et sur ses priorités pour l'avenir, plutôt que pour toute autre raison". 

On trouve encore au casting Harry Lennix qui endosse de nouveau le rôle de Swanwick, autrefois général promu ministre de la Défense ; Tao Okamoto qui joue Mercy Graves, la sculpturale bras-droit de Lex Luthor ; et Callan Mulvey sous les traits d'un personnage mystérieux dont les actes auront une incidence sur nos deux super-héros. Enfin, pour ancrer le film dans le monde réel, plusieurs rôles secondaires sont tenus par de réels présentateurs de journaux télévisés, commentateurs et experts, qui apparaissent brièvement à l’écran. 

Vous ne me connaissez pas mais, moi, j’en ai connu des femmes comme vous. —Bruce Wayne Je doute que vous ayez jamais connu de femmes comme moi. —Diana Prince C’est sans doute pour le rôle de Wonder Woman que la production a ressenti le plus de responsabilité au moment du casting. "Cela fait 75 ans que Wonder Woman existe et on a trouvé qu’il était temps qu’elle ait sa place au cinéma", déclare Deborah Snyder. "C’est l’une des héroïnes les plus puissantes qui soit : elle incarne force et passion, et c’est un modèle pour les femmes de tout âge". 

On comprend que la pression était à son comble… 

"On a cherché aux quatre coins du monde, et on a envisagé des centaines d’actrices pour ce rôle", reprend-elle. "Quand on a rencontré Gal Gadot, on a été unanime : elle avait quelque chose d'exceptionnel et elle personnifiait Wonder Woman. Et en apprenant à la connaître et en la voyant jouer avec ses partenaires, on a compris qu’elle était parfaite. Wonder Woman représente l’amour, la vérité et l’égalité des sexes. Gal incarne vraiment tout cela". 

Le premier jour où Gal Gadot a débarqué sur le plateau sous les traits de l’héroïne, elle a fait vive impression, particulièrement sur une toute jeune visiteuse, nièce d’un membre de l’équipe technique, qui a fait un dessin pour Wonder Woman. "Cette adorable petite fille m’a donné un très beau dessin qu’elle avait fait pour moi", se souvient l’actrice, "et les gens se sont mis à pleurer. C’était très émouvant et ça prouvait bien l’importance de ce personnage. Pour les petites filles qui aspirent à être des femmes fortes, indépendantes et élégantes, et pour les petits garçons qui apprennent qu’il faut respecter les femmes, Wonder Woman incarne de nombreuses valeurs positives et aussi une grande force morale". 

Bien qu'elle ait peu de scènes dans ce film, Gal Gadot a aimé camper cette guerrière amazone aux côtés des légendaires super-héros masculins. "Elle a vécu de nombreuses aventures et elle est très avisée", fait remarquer l’actrice. "Elle sait choisir ses batailles et anticiper un peu l’avenir. Et les hommes et les femmes ont une façon très différente d’envisager les conflits". 
Et maintenant, tu vas voler jusqu’à lui pour un combat à mort. Le noir et le bleu. Combat de nuit. —Lex Luthor 
>> LA PRÉPARATION AU COMBAT << 

Grâce aux bonnes habitudes prises par Henry Cavill depuis sa première interprétation de Superman, Mark Twight, qui l'a entraîné pour MAN OF STEEL, a pu le faire travailler différemment pour BATMAN V SUPERMAN. 

"J’avais déjà pensé à mettre la barre plus haut pour BATMAN V SUPERMAN par rapport à MAN OF STEEL, ce qui allait être en soi un sacré défi", raconte Cavill. "Mais Mark Twight s’est heureusement montré assez généreux et m'a entraîné pendant le tournage d’AGENTS TRÈS SPÉCIAUX : CODE U.N.C.L.E. Cela m’a permis d’être parfaitement rôdé à l’entraînement nécessaire pour BATMAN V SUPERMAN". 

Twight a été impressionné par l'investissement total de Cavill. "Il s’est s’entraîné de lui même pour développer une vraie puissance physique", explique l’entraîneur. "Son regard sur ses capacités physiques a totalement changé. Il y a trois ans, il n’aurait pas envisagé de réaliser l’ascension du rocher de Gibraltar pour lever des fonds pour les Royal Marines, mais c’est ce qu’il a fait en 2014. Et dire que quand on avait été à Vancouver, la piste de randonnée Grouse Grind lui semblait beaucoup trop longue ! C'est la preuve qu'il se fait beaucoup plus confiance sur le plan physique". 

"Une fois que les préparatifs du tournage de BATMAN V SUPERMAN ont commencé, on m’a confié à Michael Blevins", fait remarquer l’acteur. "Avec lui, j’ai démarré un entraînement pour développer ma masse musculaire. Résultat : j’ai pris 10 kg de plus que quand je m’étais préparé pour MAN OF STEEL. On a ensuite affiné ma silhouette pour le tournage grâce à un entraînement axé sur l’endurance et le conditionnement physique. C’est fantastique de travailler avec Michael car, même si c’est ce que j’ai eu de plus difficile à accomplir dans ma carrière, il a su en faire une expérience agréable. C’est aussi pour ça qu’on est devenus amis". 

Pour le rôle de Batman, Ben Affleck devait avoir l'air suffisamment intimidant pour se mesurer à Superman. "Il était important que Batman soit plus imposant, parce que Superman est beaucoup plus fort que le plus costaud des hommes", explique le réalisateur. "En théorie, le meilleur des hommes ne peut rien face à Superman. Mais je voulais qu’il ait l’air d’avoir une chance d’y arriver. Ben mesure 1,95 m ; avec ses bottes, il fait 2 m. Et il est séduisant, intelligent, charismatique et viril. Ben correspondait parfaitement au Batman un peu las que nous recherchions". 

En dehors de sa légère supériorité en taille – Cavill mesure 1,85 m –, Affleck a dû décupler ses ressources. Même s’il a vieilli et qu’il porte les stigmates de ses combats, il reste Batman. L’acteur a donc passé plus d’un an à s’entraîner pour ce rôle. "Je devais vraiment être en excellente forme et être aussi souple que possible", précise-t-il. "D’une certaine façon, la préparation a été plus difficile que le tournage lui-même". Le réalisateur 2ème équipe et chef cascadeur Damon Caro, également présent sur MAN OF STEEL, a travaillé avec Snyder pour définir le niveau de dextérité et de technicité nécessaires aux deux héros pour les différentes scènes de combat. "Zack et moi avons débattu de la façon dont Superman a pu évoluer depuis qu’on l’a vu la dernière fois", souligne Caro. "Il a sauvé des gens mais il n’a pas vraiment eu à affronter qui que ce soit. Sa technique n'a sans doute pas évolué. Mais sa sagesse et son esprit tactique ont dû s’affiner avec l’expérience". 

S'agissant de Batman, "l'un des aspects les plus séduisants chez lui", souligne Caro, "c’est qu’il est plus expérimenté. Ça m’a intéressé car il a en quelque sorte dépassé sa phase d’apprentissage grâce à toute son expérience acquise. On a donc envisagé différemment la technique de combat de Ben : il est rusé et compétent, il possède les ressources et, bien sûr, des armes. Chez Batman, tout est question de préparatifs secrets". 

Ces acteurs n’ont pas été les seuls à s’entraîner pour le tournage. À partir du moment où la production souhaitait introduire dans ce film Wonder Woman et la mystérieuse Diana Prince, le physique de Gal Gadot devait refléter la dualité du personnage. Ayant servi dans l’armée israélienne, l’actrice était habituée à s’entraîner au combat. Après avoir évoqué le rôle avec les producteurs, Twight a entraîné Gadot en se concentrant sur "le développement du physique particulier du personnage qui doit à la fois se fondre dans la haute société et se révéler une combattante hors pair quand il s’agit de manier l’épée et d’affronter les méchants". 

Twight a travaillé avec Gal Gadot pendant plus de neuf mois. "J’ai remarqué qu’en devenant de plus en plus forte, son attitude changeait : d’abord incertaine de son aptitude à tenir ce rôle, elle est devenue sûre d’elle, convaincue qu’elle saurait convaincre le public. Ça a été fascinant de l’observer atteindre un tel degré d’assurance. Elle sait être à la fois belle, douce et attentionnée, quand il le faut, et se montrer aussi dure que nécessaire pour combattre le Mal". Caro a également testé les limites de la comédienne. "On a pratiqué beaucoup d’arts martiaux, on a travaillé ses postures, son jeu de jambes, ses mouvements de boxe, ses coups de pieds, etc. On s’est surtout focalisé sur son maniement des armes, notamment l’épée et le bouclier". "Gal a dû suivre un entraînement rigoureux", ajoute Deborah Snyder, "mais elle est toujours restée positive, avide d’en faire toujours plus. Sa façon même de s’investir nous a vraiment confortés dans notre choix : c’était bien notre Wonder Woman". 

Même si Loïs Lane ne porte pas de costume de super-héros, Amy Adams n’a pas été totalement exempte d’un entraînement intensif aux cascades en raison d’une scène-clé qui l’oblige à jouer sous l’eau. "Ils avaient une équipe fantastique, grâce à laquelle je me suis sentie en sécurité", se souvient Amy Adams, "mais il y avait vraiment de quoi être claustrophobe. J'étais bloquée sous l'eau et je ne m'a endais pas à une telle tension émo onnelle. C'était violent, jusqu'a ce que je comprenne que je ne pouvais pas réellement me noyer. On était six : les plongeurs, la cascadeuse, le cadreur et moi. Et on est tous allés sous l'eau ensemble, ce qui m'a rassurée. Et puis, c'est devenu – étrangement – une expérience de médita on, relaxante. Sauf que j'ai a rapé une o te. C'est ma blessure de guerre ! Tous les autres ont dû énormément travailler, et du coup j'ai pensé que je pouvais au moins faire ça sans me plaindre". 
Ce doit être mon côté Gotham. Il faut dire qu’on a de mauvais souvenirs de monstres déguisés en clowns. —Bruce Wayne 
>> EN TENUE ! << 

Même s'il est essentiel d'être en forme physique pour incarner un super-héros, c'est peut être encore plus important d'être habillé en conséquence. Le chef-costumier Michael Wilkinson, créateur de la tenue de Superman dans MAN OF STEEL, était impatient de retravailler son costume et d'avoir l'occasion de s'occuper de ceux de Batman et Wonder Woman. 

Bien qu'il n'ait pas forcément repris ses crayons, Wilkinson explique, "On voulait faire évoluer le costume de Superman. ack souhaitait qu'il soit plus élégant, et on a donc testé de nouvelles technologies et travaillé sur les détails. Il a eu la merveilleuse idée d'intégrer des symboles de Krypton au costume cette fois, si bien que sur les biceps, sur le sigle S du torse et sur les manchettes des poignets, on distingue des mots délicatement tissés dans le motif du maillage. Il s'agit d'une citation de Jospeh Campbell qui a beaucoup d'importance pour Zack". 

Cette citation rappelle les thèmes du film en accord avec le personnage : "Et, là où nous pensions trouver un monstre, nous trouverons un dieu ; là où nous pensions tuer l'autre, c'est notre propre ego que nous sacrifierons ; là où nous pensions cheminer vers un monde extérieur, nous atteindrons le centre de notre propre existence ; là où nous pensions être seuls, nous serons avec le monde tout entier". "Bien sûr, pour déchiffrer [le texte] sur la tenue, il faut savoir lire le kryptonien", plaisante le chef-costumier. La cape de Superman a, elle aussi, changé. "Pour [sa] cape, on voulait donner l'impression d'une perfection absolue", précise Wilkinson. "On a trouvé une nouvelle ma ère fabuleuse qui brille comme un étrange métal et se fond merveilleusement dans le bleu de la tenue. Le tissu a été coupé à l'aide d'une lame blanchie à chaud avant d'être assemblé et soudé afin d'éviter la moindre trace de couture. La cape de Superman vient prolonger sa silhouette extrêmement élégante et rappelle que la cape fait partie de la culture de Krypton". 

Par ailleurs, le Batsuit s'inspire du costume très pragmatique que l'on voit dans "The Dark Knight Returns", la BD de Frank Miller. Dans ce roman graphique, le costume de Batman est moins high-tech et plus élémentaire, "tout à fait le genre de prototype que Bruce Wayne aurait pu concevoir dans son atelier. La tenue semble inachevée, brute et sans raffinement", commente le chef-costumier. Le style des tenues a permis d'accentuer les disparités entre les deux super-héros : tandis que Superman offre une silhouette élancée qui n'est pas sans rappeler une certaine perfection digne de l’Antiquité grecque, Batman semble plus baraqué et dégage une certaine brutalité. 

Si le Batsuit semble au premier abord presque rudimentaire, "les technologies mises en œuvre pour obtenir ce style sont en fait du tout dernier cri", déclare Wilkinson. "On a commencé par passer Ben au scanner pour créer son mannequin. On a ensuite façonné une épaisseur de son anatomie que l'on a habillée de peau grâce à une matière imprimée numériquement. Pour son costume, on l'a d'abord sculpté dans de l'argile avant de le numériser grâce a un incroyable scanner portatif. Puis, on lui a donné la consistance du cuir. C'est alors que le vrai travail technique a commencé". 

"On a évidé les replis de la coque pour rendre le costume plus souple et pour qu'il bouge comme le ferait notre corps", poursuit-il. "On peut distinguer la superbe musculature du cou et l'ensemble ne fait plus qu'un avec Ben. Ce costume est une prouesse d'ingénierie qui permet d'obtenir un habit de 'bat' confortable et offre une grande liberté de mouvement. Il nous a fallu de six à huit mois pour mettre au point le Batsuit complet avant qu'il puisse être utilisé pour le tournage". 

De son côté, la tenue de Batman, défraîchie par les combats, tranche avec l'aspect immaculé du costume de Superman. On y distingue des égratignures, des impacts de balles et des traces de saleté incrustés dans la matière, témoins d'années de combat dans les rues de Gotham. Et si la cape de Superman rappelle ses origines, celle de Batman fait partie de son camouflage, masquant l'homme en lui prêtant une allure sombre et sinistre qui s'ajoute à son physique déjà menaçant. 

"Zack voulait que notre Batman ait un physique véritablement impressionnant – celui d'un combattant accompli et d'un bagarreur", reprend Wilkinson. "Sa puissance ne réside pas dans son armure mais dans la force brute de l'homme qui la revêt. Du coup, on peut voir sa musculature bien dessinée, de la tête aux pieds, même à travers ses bottes et ses gants. Il donne vraiment l’impression d’incarner la force" 

Pour les besoins de l’histoire, il a aussi fallu un second Batsuit, pourvu de fonctionnalités entièrement différentes. Outre le costume que Batman porte la plupart du temps dans ce film, un autre évoque davantage une combinaison blindée aux allures d’armure. Pour créer cette tenue, Bruce Wayne et Alfred rassemblent tout leur savoir-faire en mécanique, espérant la rendre assez résistante pour donner à Batman une chance de tenir tête à Superman. 

Tout comme le costume de Henry Cavill le transforme en Superman, Ben Affleck considère que le Batsuit fait de lui Batman. "En lisant le scénario", reconnaît Affleck, "je me suis demandé, 'Comment m’y prendre ? Comment incarner Batman ?' Et puis, j’ai enfilé le costume et me suis regardé dans le miroir en pensant, 'Voilà'. En fait, il s’avère qu’on ne tient pas vraiment le rôle de Batman, mais celui de Bruce Wayne, et c’est pour cela que les choses se compliquent. Batman lui même est impassible et sombre ; si le costume a l’air fantastique et qu'il est bien filmé, il devient alors emblématique, voire constitutif, de ce personnage de justicier. C’est une erreur d’essayer de surjouer Batman. Il suffit de laisser le costume faire presque tout le travail". 

Pour le département des costumes, le plus gros défi a sans doute été de devoir élaborer la tenue de Wonder Woman. Au cours de projets passés, il y a bien eu quelques tentatives pour revisiter le célèbre costume des années 1970 mais Snyder désirait repartir de zéro. "La première chose dont Zach et moi avons parlé a été son apparence : il fallait que Wonder Woman ait l’air d’avoir porté ce costume toute sa vie", reprend Wilkinson. "Elle porte un plastron qui rappelle celui des gladiateurs, une jupe fendue et des cuissardes, le tout marqué par des siècles de combat. Le cuir est craquelé et patiné par le temps. Ses armes ont connu des jours meilleurs mais ont fière allure grâce à leur ancienneté". 

Snyder a souhaité que le costume de Wonder Woman soit en métal, ce qui a d’abord paru une très bonne idée, jusqu’à ce que Wilkinson commence à réfléchir aux contraintes des scènes de combat du film et aux effets spéciaux. "Le métal est rigide", reprend le chef-costumier, "mais, dans notre scénario, les chorégraphies et les cascades nécessitaient une extrême liberté de mouvement. Du coup, on a décidé de créer une matière qui ressemble au métal mais qui puisse être peinte pour lui donner une patine ancienne tout en restant souple. J’ai dessiné un plastron composé de plusieurs éléments reliés par des articulations extensibles, ce qui a permis à Gal de respirer, de se courber et de réaliser tous les mouvements de ses cascades époustouflantes tout en ayant l’air de porter cette armure métallique parfaitement solide. On a voulu contrebalancer sa force et son air intimidant par sa grâce et sa prestance". 

Comme Wilkinson le sait, les défis font partie intégrante du processus de création de costumes complexes. "Chaque fois qu’on travaille sur ces tenues de super-héros, les phases de recherches et de développement précédant le tournage sont très importantes", ajoute Wilkinson. "On étudie des tissus en réfléchissant à ce que les costumes vont subir au cours du tournage. Il y a toujours d'intenses séquences de cascades, le travail au filin et des chorégraphies élaborées que ces tenues doivent endurer. Il faut aussi garder à l’esprit que les acteurs doivent se sentir à l'aise dedans, même si cela veut dire qu'ils portent une combinaison pour les rafraîchir ou des épaisseurs supplémentaires pour leur tenir chaud. Et les costumes doivent tenir toute la durée du tournage. Il faut donc prévoir le nombre de tenues de rechange et les différentes variations d’éléments comme les capes courtes, les tenues sans cape, les masques souples, les bottes de cascade, etc. C’est en fait comme un puzzle. Mais c’est vraiment gratifiant, parce que ça me permet de tester des choses qui n’ont encore jamais été faites avec des costumes et d’utiliser de nouvelles technologies qui nous permettent de rendre ces tenues non seulement magnifiques mais aussi très fonctionnelles". 

Bien entendu, ces trois personnages en costumes apparaissent aussi sous les traits de leurs alter ego, Clark Kent, Bruce Wayne et Diana Prince, et l’équipe des costumes a aussi dû les habiller. "On a voulu que la garde-robe de Clark à la ville rappelle le fait qu’il a grandi dans le Middle-west au Kansas", reprend Wilkinson, "si bien qu'on a utilisé des textures douces et chaudes – laine, velours côtelé – dans des tonalités de bruns et des motifs à carreaux". 

En raison de l'impressionnante plastique de Cavill, il a fallu intégralement fabriquer ses vêtements. "Henry possède une carrure absolument extraordinaire, et on ne peut pas simplement lui acheter des vêtements [à sa taille]", fait remarquer le chef-costumier, "mais on avait tout à fait conscience d’utiliser des matières et des lignes qui permettaient d’atténuer sa carrure et de l’aider – enfin, Clark – à se camoufler dans ses vêtements". 

Pour Bruce Wayne, il a fallu plutôt faire le contraire. "Ce qui m’a vraiment permis de découvrir qui est Bruce et comment il devrait s’habiller, c’est une conversation que j’ai eue avec Ben en amont du projet", déclare Wilkinson. "Il pensait que son personnage devait apparaître très sévère, le genre de type qui, quand on ouvre son placard, possède huit chemises blanches impeccablement repassées et douze magnifiques costumes bleu marine et noirs. En fait, c’est peut être ça son uniforme, c’est ça son alter ego – quelqu'un qui se fait passer pour un riche playboy qui sort avec des tops modèles et conduit des voitures tape-à-l’œil, alors qu’il est en réalité beaucoup plus proche du personnage de Batman". 

Une fois que le costumier a eu cette image de Bruce Wayne à l’esprit, il a évité d'adopter un style voyant, privilégiant un raffinement élégant et minimaliste. Il note : "J’ai conçu le moindre de ses vêtements et choisi de superbes tissus. Les habits sur-mesure de Bruce ont été confectionnés dans les ateliers de Gucci à Milan et ils lui vont comme un gant". 

Cependant, Bruce Wayne n’est pas le seul homme d’affaires milliardaire de l’histoire. En tout point différent de son personnage, Lex Luthor est l’exemple même du jeune entrepreneur des temps modernes à la tête d’un gigantesque empire. En revanche, il se désintéresse totalement de la manière dont son père a pu gérer ses affaires à son époque. 

"Dès que Jesse Eisenberg a été choisi pour camper Lex, j’ai su précisément ce que je voulais faire de ce personnage", se souvient Wilkinson. "C’était extrêmement libérateur car ce choix était totalement aux antipodes de toute idée reçue : il n'avait rien à voir avec le magnat de Wall Street classique en costume trois pièces et n'entretenait pas de relation traditionnelle au pouvoir. Notre Lex est un jeune homme d’affaires du XXIème siècle dans l’industrie des technologies. J'aimais bien le fait qu’il ait un physique complètement différent de celui des super-héros tout en muscles. Il est clair que sa force réside dans son intellect, pas dans ses muscles. Même s’il est l’homme le plus riche au monde, et qu'il peut donc porter les vêtements les plus haut de gamme, il s’amuse à assortir des habits chers à des t-shirts sérigraphiés, des costumes décontractés très colorés et des baskets. On ne peut pas le cerner, ni lui ni son style, et ça lui convient". 

Wilkinson était réjoui à l’idée d’habiller deux personnages qui peuvent s’offrir les mêmes produits de luxe mais qui ont deux approches diamétralement opposées pour faire leurs emplettes. "Lex nous rappelait une sorte de Mick Jagger entrepreneur de la Silicon Valley, ce genre de mélange. Je pense qu'aborder le personnage ainsi est assez surprenant et iconoclaste", dit-il. En esquissant les tenues de Diana Prince à la ville, Wilkinson explique qu’il s’est montré prudent et a résisté à la tentation d’"être à la mode ou d’en faire trop. On a voulu imaginer des vêtements pour Gal qui attirent l’œil et qui soient uniques tout en rappelant sa personnalité et la réalité du film". 

Le chef-costumier s’est efforcé d’atteindre une forme de sophistication et d’élégance européenne, faisant ressortir la beauté de l’actrice grâce à une utilisation de teintes minimalistes. "Elle porte beaucoup de couleurs fortes avec des coupes assumées et des bijoux éblouissants : tout en elle souligne qu’elle est intelligente et que, d’une certaine façon, c’est quelqu’un qu’il ne faut pas contrarier. Il était primordial que ses vêtements indiquent sa force, au lieu d’être simplement décoratifs", affirme-t-il. Tout le monde sait que Wonder Woman est célèbre pour certains de ses accessoires mais ni elle ni Batman ne seraient vraiment prêts au combat sans leur propre arsenal personnalisé. 
Des hommes tombent du ciel et des dieux lancent des éclairs. C’est comme cela que ça commence. —Alfred 
>> UNE TECHNOLOGIE À LA FOIS RÉELLE ET CONÇUE EN INFOGRAPHIE << 

Les attributs phares de Wonder Woman sont sa tiare, ses bracelets d’amazone, son lasso magique (capable de faire dire la vérité), son épée et son bouclier. Dessinée et fabriquée sous la supervision attentive du chef-accessoiriste Doug Harlocker, l’épée, tout comme la tenue en maille de Superman, intègre discrètement une partie de la citation de Joseph Campbell qui plaît tant à Zack Snyder, cette fois-ci gravée en vénitien dans les rainures de la lame. Emblème appartenant à la tradition attachée au personnage, un aigle orne la partie supérieure de son épée et se devine aussi, estompé et presque spectral, sur l’avant de son bouclier élimé. 

Mais c’est surtout Batman, le seul humain de ce trio, qui a le plus besoin de ses armes. Équipé de plusieurs Bat-grappin [pistolets à grappin, NdT.], de lance-grenades, de Batarangs [shuriken en forme de chauve-souris, NdT.], d’un Batbrand [un sceau-tisonnier en forme de chauve souris pour marquer au fer ses ennemis, NdT.] et de fusils à lunette qui tirent à la fois des fléchettes et des traqueurs de géolocalisation, sa panoplie a de quoi faire des envieux. 

Il vole aussi aux commandes du Batwing, léger et aux lignes épurées, suspendu comme une gargouille dans la Batcave et qui survole sans effort Gotham et ses environs. Pourtant, historiquement, c'est sa voiture qui suscite le plus l’attention : la Batmobile. 

Tout comme le costume de Batman, la Batmobile reflète la technique brutale de combat du héros. Conçu par le chef-décorateur Patrick Tatopoulos, le directeur artistique Kevin Ishioka, le graphiste Ed Natividad et le décorateur expert en véhicules Joe Hiura, puis construit par Dennis McCarthy de Vehicle FX à Sun Valley en Californie, ce monstre pèse près de 4 tonnes. Il a fallu plus d’un an pour le créer, le tester et l’ajuster avant qu’il soit prêt pour le film. 

"Sur ce film, j’ai d’abord commencé par dessiner la Batmobile, ce qui m’a aidé à définir l’esthétique de l’univers de Batman", annonce Tatopoulos. "C’est phénoménal", reconnaît Deborah Snyder. "Cet engin est hallucinant, il file de façon incroyable et fait un bruit dément. Les Batmobiles passées étaient déjà magnifiques – alors comment faire mieux ? Mais c’est vraiment une œuvre d’art. Elle a une allure militaire et porte les traces des combats qu’elle a traversés. C’est tout simplement un véhicule extraordinaire à bien des égards ". 

Mais elle a coûté suffisamment d’argent pour qu'on évite de l'écraser contre un mur ou qu'on lui fasse faire des tonneaux. Pour ces scènes-là, l’équipe des effets spéciaux a construit deux "doublures" à partir de Dodges Ram Dually qu’ils ont désossées et montées sur châssis cylindriques pour protéger les conducteurs-cascadeurs, et habillées de plaques métalliques pour copier la taille de la Batmobile. En postproduction, l’équipe du responsable des effets visuels John "DJ" DesJardin les a ensuite transformées en Batmobiles. 

Pour les scènes dans lesquelles la véritable Batmobile a été utilisée, le conducteur cascadeur Mike Justus a pris le volant. "Tout ce que j’ai eu le droit de faire a été de freiner et d’arrêter [l’engin]", déclare Ben Affleck en riant. "Je voulais réaliser toutes les cascades et les fusillades mais la voiture coûtait trop cher pour ça". 

Jeremy Irons a lui aussi été impressionné par l’engin. "La première fois que j’ai vu la Batmobile, je suis resté abasourdi alors qu’elle était seulement sur le plateau extérieur", se rappelle t-il. "Mais quand elle s’est retrouvée dans mon atelier dans la Batcave et bien… c’était vraiment génial". L’acteur était emballé à l'idée de pouvoir passer un peu de temps au volant de cette voiture de légende. "Je voulais faire quelques 'donuts' [un 'donut' est un dérapage pendant lequel la voiture tourne sur elle-même à toute allure, NdT.] avec la Batmobile et voir si je pouvais faire décoller l’essieu avant mais j’avais conscience que je devais la rendre en l’état. Je me suis donc bridé mais ça ne m’a pas empêché de m’éclater !" 

Pour aider l’équipe d’effets visuels en postproduction, la Batmobile a été scannée par Scanline VFX pour lui fournir des points de repère. Les acteurs ont eux aussi été scannés mais cette fois-ci par Light Stage, dans la toute nouvelle unité mobile de la société. Conçue par Light Stage et Gentle Giant Studios, cette technologie innovante crée un hologramme de la personne ou de l’objet et résout ainsi tout problème de perte d’un temps précieux, évitant d’avoir à envoyer les acteurs jusqu’aux bureaux de la structure pour y être scannés. Cette unité mobile plus petite peut être dépêchée sur n’importe quel tournage dans le monde, installée en une journée et utilisée quand un acteur est entre deux prises. En effet, certains scans ne prennent pas plus de 20 minutes à effectuer. 

"On peut faire énormément de choses à présent avec des effets visuels", confirme Deborah Snyder, "mais je pense que l’astuce est d’allier les effets visuels à quelque chose de tangible. Nos films ont toujours reposé sur la réalité. La fabrication de ces plateaux et de ces accessoires confère au film une authenticité que ne possède pas le numérique s'il est utilisé seul. Du coup, quand nos personnages accomplissent des exploits dans notre univers, ils sont d'autant plus fantastiques qu'ils semblent plus réels". 

Connu pour préférer la réalité à l’imaginaire, Zack Snyder estime qu'on peut aisément allier les deux approches dans un film comme BATMAN V SUPERMAN : L’AUBE DE LA JUSTICE. "J’aime les mélanges. J’utilise le numérique pour résoudre des problèmes et ça ne me fait pas peur, c’est un outil fabuleux", déclare-t-il. "Il n'y a pas de hiérarchie à mes yeux, tant qu'on est au service du film. DJ et moi travaillons ensemble depuis longtemps, on se fait confiance pour faire le maximum et rendre chaque scène aussi percutante que possible aux yeux du public". 
Allez-vous faire la guerre ? —Alfred
C’est cette ordure qui a apporté la guerre chez nous. —Bruce Wayne 
>> LA CONFRONTATION FINALE ENTRE DEUX VILLES << 

En réunissant Batman et Superman dans un même film, la production a décidé d’utiliser les villes emblématiques des deux héros, Gotham et Metropolis, au lieu de situer l’action seulement dans l’une d’entre elles. 

"On a trouvé que restituer l’environnement de ces deux villes rivales créait une dynamique qui fonctionnait très bien avec l'inimitié entre Batman et Superman", indique Charles Roven. "Metropolis et Gotham sont comme des villes jumelles de part et d’autre de la même baie, un peu comme New York et le New Jersey le long de l’Hudson. Metropolis est plus cosmopolite, tandis que Gotham est une ville plus rude". 

Le tournage s’est déroulé à Detroit, dans le Michigan, et dans ses environs. Certaines scènes ont été tournées près de Chicago, dans l'Illinois, et celles qui se passent à la ferme des Clark ont à nouveau été filmées à Yorkville, à quelques kilomètres de là. Étant donné que Zack Snyder privilégie les effets réels, l'essentiel du film a été tourné en décors naturels ou dans de vastes bâtiments. À noter que le plus grand plateau a été la Batcave, miracle d’ingénierie qui aurait de quoi impressionner l’architecte le plus audacieux. 

"L’enjeu principal de la Batcave est que tout y est en suspension", développe Tatopoulos. "Tout est suspendu, comme une chauve-souris, sans le moindre support sous-jacent. Même à l’intérieur de l’atelier, le moindre poste de travail semble flotter dans les airs. La chaise est le seul objet posé au sol. Ce bâtiment ne touche même pas terre. De l’extérieur, tout est en porte-à-faux". La Batcave est composée d’une série d’espaces cubiques aux murs en verre reliés par un escalier suspendu. L'ensemble est maintenu en l’air grâce à une structure supérieure et inférieure en acier, à l’image d’une toile d’araignée comprenant des agrafes retenant les panneaux de verre. Les attaches sont arrimées à des tubes en acier et peintes pour se fondre avec les parois intactes de la grotte, de couleur gris ardoise foncé. De l’eau se répand sur les murs de la grotte jusqu’à un petit bassin situé sous une passerelle, entre deux cubes de verre. Ce dispositif donne l’impression de cubes en verre serrés à l’intérieur d’une grotte. Le chef-décorateur voulait rendre l’endroit naturel, minimaliste et confiné, façonné par un homme devenu l’incarnation de son animal-totem mais écrasé sous son poids. 

Le thème minimaliste est une constante que l’on retrouve à la surface : la petite maison toute en vitres près du lac se trouve dans le vallon dominé par le manoir à ciel ouvert et en ruines de la famille Wayne. "La maison de verre reflète le désir d’avoir le moins d’impact possible [sur son environnement]", poursuit Tatopoulos. "Elle est en pleine nature, presque invisible. Où que l’on regarde, on ne voit que la nature. Je me suis inspiré des réalisations de l’architecte Ludwig Mies van der Rohe et la maison a été réalisée avec l’idée que le père de Bruce aurait très bien pu faire appel à Mies van der Rohe pour la concevoir". À l’intérieur, le mobilier est minimaliste et les murs de la cuisine n’offrent que l’essentiel : un porte-bouteilles, un réfrigérateur, un évier, une cuisinière et une machine à café. C’est un décor austère pour un homme concentré sur un unique objectif – combattre le crime – et que presque plus rien ne rattache à ce monde. 

Cette maison en verre a été construite sur un ancien camp scout pour filles dans le Michigan, où l'essentiel du tournage a eu lieu. La ville de Detroit a aussi permis aux producteurs de filmer en toute liberté davantage de scènes en extérieur et de tourner dans de véritables rues. "La plupart des sites de Gotham ont été filmés dans le centre-ville de Detroit", indique Deborah Snyder. "L'aspect vieilli de la ville avait quelque chose d’extrêmement authentique : ses bâtiments ont été construits il y a longtemps et ont été témoins de beaucoup d'événements. Je pense que l’authenticité de ces lieux aurait été difficile à restituer dans un décor créé de toutes pièces". 

Une longue scène de course-poursuite tournée en sept jours se déroule dans une raffinerie de pétrole de Detroit et sur les docks. "L’endroit était sinistre et sale et il pleuvait même un petit peu, ce qui était du meilleur effet", ajoute-t-elle. "On a tourné autant que possible sans effets spéciaux, jusqu’aux explosions et aux voitures qui se retournent". 

Le manoir de Lex Luthor est en réalité le Broad Museum de l’université d’État du Michigan, située à East Lansing [quartier de la ville de Lansing, dans le Michigan, à quelques kilomètres à l’ouest de Detroit, NdT.] ; construite peu après la guerre de Sécession, le palais de justice de Wayne County a été utilisé pour des scènes à la fois à Gotham et à Washington D.C. ; et la vieille gare de Grand Central Station [à New York, NdT.] a accueilli une scène de combat d’anthologie. Une partie du tournage s'est également déroulé au Nouveau-Mexique, censé camper l’Afrique du Nord, et à Bora-Bora, qui passe pour une île de l’océan Indien. 

Pour filmer cet univers titanesque, le réalisateur a fait appel au directeur de la photographie Larry Fong, qui a plusieurs fois collaboré avec lui. "C’était exaltant de devoir donner son esthétique au film", acquiesce Fong. "C’est vrai que ack a un style bien à lui mais il n’a pas pour autant peur d’essayer de nouvelles pistes". 

Alors que MAN OF STEEL avait essentiellement été tourné caméra à l'épaule, Fong explique que pour ce film Snyder souhaitait passer à la vitesse supérieure. Fong a donc adopté une approche plus classique, avec surtout des mouvements de travelling, à la grue télescopique ("Technocrane") et à la Steadicam. "Pour élaborer les prises avec ces outils, il fallait de la discipline", poursuit-il. "On voulait obtenir un style naturaliste mais avec une réalité exacerbée. C’est ce style qu’on avait choisi". 

La diversité des types de prises de vue n’a été éclipsée que par l’infinie variété de formats. "Quand on a commencé à parler de format, Zack a immédiatement été attiré par le format 16/9 anamorphique, en 35 mm, avec une seule caméra. Mais, en fin de compte, on a tourné en 16 mm, en 35 mm anamorphique, en 35 mm traditionnel, en 65 mm, en GoPro [caméras d’action, NdT.], en numérique et en IMAX", souligne Fong en plaisantant. 

D’après le directeur de la photographie, l’utilisation de l’IMAX a représenté l’un des plus grands défis du projet. "Les caméras IMAX sont encombrantes et lourdes avec une faible profondeur de champ. Or, Zack aime beaucoup les mouvements d'appareil", ajoute-t-il, "si bien qu'on a vraiment repoussé leurs limites. On a testé des mouvements de caméra complexes et même des prises en caméra portée et notre cadreur John Clothier et son premier assistant Bill Coe ont été fantastiques. Le résultat est renversant. On mesure vraiment l’ampleur du décor". Pour mettre encore plus en valeur l'envergure du film, Hans Zimmer et Junkie XL ont réalisé la bande-originale, travaillant en équipe pour composer une œuvre digne des super-héros. Pour initier le processus de création, "tout commence avec Zack qui entre dans la pièce et déclare, 'Je veux vous raconter une histoire'. Et, pour nous, c’est une excellente façon de pénétrer dans cet univers", déclare Zimmer. 

Pour les compositeurs, il était essentiel d'intégrer les thèmes musicaux de MAN OF STEEL aux scènes de Superman ainsi que de Clark et Loïs. Ils voulaient que le public se sente en terrain connu dans l’univers du héros. "On a repris le thème que Hans a écrit pour Superman dans le précédent film et on y a ajouté une 'steel' guitare (guitare qui se joue à plat) et un cercle de percussions", commente Junkie XL. "L’ensemble rend vraiment hommage à la force du personnage, ce qui est un aspect très important du film. On l’a un peu modifié et je crois qu’on est tous les deux contents que le résultat s'accorde si bien au film". 

Ensemble, les compositeurs ont travaillé sur les nouveaux thèmes musicaux pour Batman. Zimmer indique qu’il a trouvé ce personne plus facile à appréhender en se concentrant sur son alter ego. "J’ai accordé beaucoup d’attention à Bruce Wayne. Il nourrit une profonde colère et il est totalement captivant, à tel point que mon objectif était de mettre en avant ces émotions. J’ai essayé de découvrir comment écrire un thème à la fois plein d’ambiguïté et qui permette de comprendre facilement ce personnage instable, pour montrer que la nuit peut engendrer la lumière… Qui sait ?" Pour la première apparition de Wonder Woman, Zimmer et Junkie XL ont composé un thème tribal rehaussé des sonorités particulières d’un violoncelle électrique joué par la violoncelliste Tina Guo. "Comme Diana Prince, Tina est élégante et quand elle prend son violoncelle – son épée –, elle devient complètement déchaînée, une vraie guerrière à l'image de Wonder Woman", fait remarquer Zimmer. "La première fois que j’ai joué le morceau pour ack et Debbie [sa femme, NdT.], ils ont été sous le choc, dans le bon sens du terme. C’est ce qu’on veut : créer une bonne dose de surprise". 

"Ce qui m’emballe le plus, c’est qu’on a l’occasion, grâce à BATMAN V SUPERMAN, de réunir de façon cohérente les plus grandes légendes de la BD dans un seul monde. En portant cet épisode à l’écran, on constate que leurs histoires respectives et leurs différentes aventures viennent tisser un nouveau pan de l’univers DC", conclut Zack Snyder. "Quand on prononce le nom de Batman, celui de Superman et celui de Wonder Woman, on parle de personnages que les gens connaissent et adorent. C’est tout simplement formidable d’avoir à présent la chance de les voir se donner la réplique et partager les mêmes aventures. Je pense que tout le monde va être super impatient de découvrir le résultat". 

Autre post du blog lié à BATMAN V SUPERMAN : L'AUBE DE LA JUSTICE