mardi 22 janvier 2019

THE HATE U GIVE – LA HAINE QU’ON DONNE


Drame/Un film émouvant aux messages importants

Réalisé par George Tillman Jr.
Avec Amandla Stenberg, Regina Hall, Russell Hornsby, Anthony Mackie, Issa Rae, Common, Algee Smith, Sabrina Carpenter, K.J. Apa, Dominique Fishback, Lamar Johnson...

Scénario : Audrey Wells
D’après le livre éponyme d’Angie Thomas
Image : Mihai Malaimare, Jr.
Décors : William Arnold
Costumes : Frank L. Fleming
Montage : Craig Hayes, Alex Blatt
Musique : Dustin O’Halloran


Long-métrage Américain
Titre original : The Hate U Give 
Durée: 02h13mn
Année de production: 2018
Distributeur: Twentieth Century Fox France 

Date de sortie sur les écrans américains : 19 octobre 2018
Date de sortie sur nos écrans : 23 janvier 2019


Résumé : Starr est témoin de la mort de son meilleur ami d’enfance, Khalil, tué par balles par un officier de police. Confrontée aux nombreuses pressions de sa communauté, Starr doit trouver sa voix et se battre pour ce qui est juste.

Bande annonce (VOSTFR)



Extrait - Thug life (VOSTFR)



Extrait de la bande originale du film



Ce que j'en ai pensé : le scénario de THE HATE U GIVE – LA HAINE QU’ON DONNE s'inspire du roman éponyme d’Angie Thomas, publié aux éditions Nathan en France. Ce film fait preuve d'une grande sensibilité. Il réussit à la fois à éviter les clichés en n'hésitant pas à poser des questions et à opposer des points de vues différents et en même temps, il passe des messages forts. Il y a des moments très durs et une volonté de dénoncer le racisme et de montrer du doigt des aspects sociétaux qu'il faut impérativement changer. C'est un film à message, mais qui ne pousse pas à la haine, bien au contraire, il cherche à éveiller les consciences. 

Le réalisateur George Tillman Jr. raconte cette histoire avec clarté et justesse. Il passe de l'émotion à des moments plus légers qui n'éteignent en rien la gravité des faits. Il rend la famille qui est au centre de l'intrigue hyper attachante. Leur sort nous tient à cœur. Cette cellule familiale, prise dans la tourmente d'un drame terrible qui se répercute et impacte leur vie, jusqu'à la mettre en danger, est très crédible. 

Les acteurs sont tous excellents. Amandla Stenberg est percutante dans le rôle de Starr Carter. Elle nous transmet tout le ressenti de cette jeune fille partagée entre deux mondes et qui doit vivre des épreuves qu'aucun enfant ne devrait avoir à affronter. 



Les parents de Starr, Lisa et Maverick sont interprétés par Regina Hall et Russell Hornsby qui sont supers, car ils nous offrent des portraits touchants d'une mère et d'un père qui veulent protéger leurs enfants ainsi que les guider dans la vie. 

Copyright photos @ 20th Century Fox France

Les deux adorables frères de Starr, Seven et Sekani, sont respectivement interprétés par Lamar Johnson et TJ Wright. 

THE HATE U GIVE – LA HAINE QU’ON DONNE est un film émouvant et touchant qui est nécessaire et mérite toute notre attention autant pour ses messages importants, que pour sa réalisation ou encore le jeu de ses acteurs.

NOTES DE PRODUCTION 
(A ne lire qu'après avoir vu le film pour éviter les spoilers !)

PRÉFACE

Début 2016, plusieurs maisons d’édition se sont affrontées pour publier le premier roman d’Angie Thomas. Intitulé The Hate U Give, celui-ci raconte l’histoire de Starr Carter, unique témoin du meurtre de son ami d’enfance par un officier de police. La poignante histoire de cette adolescente afro-américaine de Garden Heights, une banlieue ouvrière, scolarisée à 45 minutes de son quartier dans un lycée privé de la coquette ville de Williamson, a également suscité l’intérêt de plusieurs sociétés de production hollywoodiennes à la recherche de projets originaux.

George Tillman Jr. a été l’un des premiers à se procurer le manuscrit. Le cinéaste, qui a démontré son talent pour dresser le portrait de la communauté afro-américaine dans des films tels que SOUL FOOD (comme scénariste et réalisateur) et la franchise BARBERSHOP (comme producteur), a tout de suite reconnu le potentiel de ce roman et confie avoir été instantanément happé par l’histoire. « J’ai été embarqué par le récit dès le premier chapitre. J’ai trouvé que les thèmes de la famille et de l’identité afro-américaine étaient abordés avec beaucoup de pertinence, et ce sont en outre des thèmes qui ont rarement été explorés au cinéma. C’est particulièrement vrai de cette notion que certains d’entre nous ne seraient « pas suffisamment noirs ». Cette histoire était pour moi l’occasion d’explorer toutes ces questions du point de vue de la jeunesse. Je tenais à être celui qui porterait cette histoire sur grand écran, car j’avais le sentiment que ma carrière tout entière m’avait préparé à réaliser ce film avec la plus grande authenticité. »

C’est la capacité du cinéaste à diriger un grand nombre d’acteurs à l’écran qui a convaincu Angie Thomas de peupler son roman de multiples personnages. Elle explique : « C’est en partie grâce à SOUL FOOD que je me suis mise à l’écriture. La distribution d’ensemble du film m’a donné envie d’écrire l’histoire de toute une galerie de personnages. »

The Hate U Give a également été inspiré par un fait-divers qui a bouleversé son auteure : le meurtre d’Oscar Grant par un officier de la police des transports survenu à Oakland, en Californie, le 1er janvier 2009. À l’époque, l’affaire a fait la une de tous les journaux nationaux américains. Bien qu’il se soit produit loin de chez elle, cet incident a suscité le débat dans le quartier à prédominance noire dans lequel vivait Angie Thomas, ainsi qu’au sein de l’établissement scolaire privé majoritairement blanc qu’elle fréquentait. La romancière originaire du Mississippi se souvient : « Dans mon quartier, Oscar était considéré comme l’un d’entre nous, mais à l’école, beaucoup pensaient qu’il avait peut-être mérité son sort en raison de son passé d’ancien détenu. »

La colère et la frustration qu’elle a alors ressenties l’ont amenée à prendre une décision qui allait changer le cours de sa vie. Elle raconte : « J’ai décidé d’écrire l’histoire d’un garçon baptisé Khalil et d’une fille nommée Starr confrontés à une situation très similaire à celle d’Oscar. »

Ce qui débuta comme une nouvelle a finalement donné naissance au roman The Hate U Give. À travers son univers fictif, le livre dénonce les nombreuses bavures policières dont est victime la communauté noire américaine, lesquelles ont engendré d’innombrables manifestations et eu un retentissement à travers tout le pays ces dernières années.

Mais George Tillman Jr. et Robert Teitel, son partenaire de production au sein de State Street Pictures, n’étaient pas les seuls à vouloir prendre une option sur les droits d’adaptation du roman. Les producteurs Wyck Godfrey et Marty Bowen de Temple Hill Entertainment souhaitaient eux aussi porter l’histoire à l’écran. Angie Thomas a été convaincue que George Tillman Jr. était le candidat idéal dès leur première conversation téléphonique. Elle raconte : « Il m’a exposé sa vision de l’histoire, celle d’une jeune fille en quête d’identité qui découvre qui elle est sur fond de violences policières et de racisme. Dès lors, j’ai su que nous étions sur la même longueur d’onde. Il avait compris l’histoire, ses thèmes et son contexte émotionnel ; il avait réussi à lire entre les lignes. »

Le cinéaste déclare : « Je voulais faire un film moderne qui s’adresse non seulement à la jeunesse mais également à la société en général afin d’engager le dialogue sur des sujets aussi importants que les relations interraciales, la justice sociale et l’identité, en espérant faire évoluer les mentalités et parvenir à la paix. »

Angie Thomas a également pris en compte l’immense succès des adaptations littéraires de Wyck Godfrey et Marty Bowen, comme la saga TWILIGHT. Elle commente : « Temple Hill et State Street ont fait preuve d’un dévouement sans faille envers le projet, ils étaient aussi enthousiastes l’un que l’autre à l’idée d’adapter le roman sur grand écran. Leur vision était incroyable, c’est pourquoi nous leur avons accordé les droits d’adaptation peu après la signature de mon contrat d’édition. »

State Street et Temple Hill ont alors contacté Fox 2000, qui leur a donné le feu vert pour le projet. Entre temps, l’actrice Amandla Stenberg s’était procuré le manuscrit. Grande lectrice, elle a été séduite par la bienveillance, la profondeur et la nuance avec lesquelles était décrite Starr Carter, et elle a fait part de son intérêt pour le projet immédiatement après avoir fini le roman. Elle confie : « J’ai appelé mon agent pour lui dire qu’il fallait absolument que je prenne part au film, après quoi il a contacté la Fox. » Le studio a instantanément reconnu le potentiel d’un projet porté par la jeune actrice dans le rôle principal de Starr, réalisé par George Tillman Jr., produit par State Street Pictures et Temple Hill Entertainment et adapté par la scénariste Audrey Wells.

Angie Thomas était plus que ravie à l’idée qu’Amandla Stenberg incarne son héroïne. Elle explique : « Je n’en ai pas cru mes oreilles parce que j’avais Amandla en tête lorsque j’ai créé le personnage. Son militantisme et sa manière d’utiliser le cinéma pour faire entendre sa voix et celle des opprimés ont été une immense source d’inspiration. Personne n’était mieux placé qu’elle pour interpréter Starr. »

Le processus d’adaptation d’un roman pour le grand écran constitue un véritable défi sur le plan créatif. Les cinéastes ont ainsi choisi de fusionner certains personnages et de modifier des détails de l’intrigue tout en conservant l’essence du livre. Marty Bowen déclare : « Nous tenions à ce que les principes fondamentaux de l’histoire restent les mêmes, mais il était essentiel que l’on comprenne le parcours de Starr entre le moment où elle assiste à cette terrible tragédie et celui où elle décide de se battre pour défendre ses convictions. »

L’équipe du film a choisi de confier un rôle actif à Angie Thomas dans le projet. Robert Teitel observe : « Angie a été une collaboratrice de choix très impliquée tout au long du processus. » Le lien que le réalisateur et la romancière avaient commencé à tisser au cours de leur première conversation téléphonique s’est en outre renforcé durant la phase de développement du film. George Tillman Jr. raconte : « Nous sommes devenus amis au fil de mes appels incessants concernant tous les éléments de l’histoire, car je tenais absolument à avoir son avis sur tout. L’histoire est intimement liée à une réalité qu’elle a connue, et en tant que réalisateur, il était important pour moi de parvenir à saisir la singularité de son livre. »

UNE CONVERSATION DIFFICILE

Le scénario d’Audrey Wells s’ouvre sur une scène dans laquelle le père de Starr, Maverick, s’adresse à ses enfants comme le font tous les parents noirs pour leur expliquer comment se comporter en cas de contrôle policier afin de ne pas se mettre en danger. Le message principal est le suivant : « Connaissez vos droits ». 

George Tillman Jr., qui a grandi à Milwaukee, a lui-même eu cette conversation avec différents membres de sa famille lorsqu’il était jeune, et comprend l’importance de montrer ce rituel sur grand écran. Il commente : « C’est la première fois que l’on va voir un père noir avoir une telle conversation avec ses enfants au cinéma. »

C’est pour sa part en lisant The Hate U Give que Marty Bowen a découvert l’existence de cette fameuse conversation. Il explique : « En tant qu’homme de race blanche relativement privilégié, je n’ai jamais eu cette discussion avec mes parents. Mais c’est à mon sens précisément en permettant aux spectateurs de prendre conscience que nous n’avons pas tous la même situation et que nous n’évoluons pas tous dans le même environnement que le film sera bénéfique. »

Robert Teitel ajoute : « Mon épouse est noire, tout comme mes enfants, ce qui signifie qu’il faudra un jour que nous ayons cette conversation avec eux. Tout peut arriver lorsque vos enfants quittent la maison, il est de votre responsabilité en tant que parent de les préparer aux dangers qui les guettent. »  

La répétition de cette scène d’ouverture a été une expérience particulièrement émouvante et douloureuse pour Russell Hornsby, l’interprète du père de Starr. Il se souvient : « J’ai commencé ma tirade, mais très vite j’ai été rattrapé par l’émotion et me suis mis à pleurer. J’ai deux petits garçons, et à cet instant j’ai réalisé qu’il faudrait un jour que j’ai cette conversation avec eux. Dès lors, cette scène a pris une signification très particulière à mes yeux. Soudain, ce n’était plus Maverick qui s’adressait à Starr, mais moi qui m’adressais à tous les jeunes Noirs d’Amérique à travers lui. Je pense que les spectateurs ne resteront pas insensibles face à ce père qui explique à ses enfants qu’ils feraient mieux d’écouter ce qu’il a à dire, car cela pourrait bien leur sauver la vie un jour. »

D’UN MONDE À L’AUTRE

Il existe une technique qui consiste à adapter son comportement en fonction de l’environnement dans lequel on se trouve, on appelle cela l'alternance codique (traduction française du « code switching »). Pour la communauté afro-américaine, il s’agit d’une tactique de survie qui se révèle souvent éprouvante sur le plan émotionnel.

Starr a du mal à concilier la vie qu’elle mène à Garden Heights et sa vie de lycéenne à Williamson. Cet aspect du personnage est directement inspiré de l’expérience d’Angie Thomas, qui raconte : « J’ai étudié dans une université privée de Jackson dans le Mississippi où la majorité des étudiants étaient issus de la classe aisée alors que je vivais dans un quartier défavorisé. Chez moi, j’écoutais Tupac, et à l’école, les Jonas Brothers. J’étais convaincue que sans cela je ne trouverais jamais ma place. Mais avec le temps, j’ai réalisé que rien ne m’empêchait d’aimer l’un et l’autre. »

Il n’a pas fallu longtemps à George Tillman Jr. pour prendre la mesure des similitudes entre Angie Thomas, Amandla Stenberg et Starr Carter. Amandla Stenberg, originaire d’un quartier majoritairement noir, a elle aussi étudié dans un lycée privé. Elle confie : « J’ai grandi dans un quartier ouvrier, et comme mon personnage, j’ai très vite compris qu’il fallait que je m’adapte à mon environnement pour trouver ma place dans mon établissement scolaire. » Le réalisateur commente : « Le fait qu’elle ait été confrontée aux mêmes problématiques que Starr n’a fait que confirmer qu’elle était faite pour ce rôle. »

George Tillman Jr. comprend mieux que personne cette volonté de s’intégrer : en tant que réalisateur noir à Hollywood, il a souvent utilisé la technique du « code switching ». Il raconte : « Au début de ma carrière, ma femme et moi avons été invités à une soirée privée à Hollywood où n’étaient présentes que trois autres personnes de couleur. Je me souviens que ma femme m’a alors demandé pourquoi j’avais si peur d’être simplement moi-même. C’est la question centrale qui se pose à Starr dans le film. »
  
L’ÂGE DE LA MATURITÉ

THE HATE U GIVE raconte le brutal passage à l’âge adulte de Starr, provoqué par la mort tragique de Khalil. George Tillman Jr. explique : « Cette tragédie la force à s’affirmer pour devenir la personne qu’elle est destinée à être. »

Unique témoin de la mort de Khalil, Starr se retrouve confrontée à une situation à première vue insurmontable. Amandla Stenberg explique : « Cet évènement remet en cause son existence tout entière, sa vision du monde et son identité tandis qu’elle s’interroge sur sa capacité à demander justice au nom de son ami et à défendre ses convictions. Il lui faut un certain temps pour acquérir la force nécessaire pour faire entendre sa voix, mais c’est uniquement parce qu’elle réfléchit beaucoup à ses actions et que ses priorités sont sa famille, ses amis et sa communauté. » C’est également là qu’elle puise sa force et sa détermination.

La quête d’identité dans laquelle se lance Starr se nourrit des enseignements dispensés par son père tout au long de sa vie. L’actrice déclare : « Il lui a appris à réciter le programme en dix points du Parti des Black Panthers et lui a raconté les combats de Malcolm X, Huey Newton et Martin Luther King, ce qui lui permet de savoir où elle se situe dans le contexte historique de l’Amérique contemporaine. »

L’avocate et militante April Ofrah joue également un rôle déterminant dans la phase finale de l’engagement de Starr. Incarnée par Issa Rae, April mobilise les habitants de Garden Heights dans sa quête de justice pour Khalil. L’actrice déclare : « J’ai pris beaucoup de plaisir à interpréter April, car c’est une femme d’une grande franchise et extrêmement persévérante. Elle veut obtenir justice, et pour cela elle est prête à se rendre chez les Carter pour leur demander de faire passer Starr à la télévision et persuader la jeune fille de témoigner devant la justice. Le courage que cela leur demande à toutes les deux est tout simplement admirable. »

Initialement méfiante, Starr finit par accepter l’aide qu’April lui offre. Amandla Stenberg raconte : « April sait combien il est important que la voix de Starr soit entendue et pousse la jeune fille à l’utiliser au mieux. C’est lorsque Starr réalise qu’elle a le devoir de se faire entendre qu’April et elle se lient d’amitié. La militante lui fournit les outils dont elle a besoin pour s’exprimer. »

La scène de la manifestation marque l’aboutissement de la quête d’identité de Starr. Amandla Stenberg déclare : « C’est le moment que choisit Starr pour défendre ce en quoi elle croit, forte de tout ce qu’elle est et de tout ce qu’elle représente. »

C’est également la séquence dans laquelle Angie Thomas fait une brève apparition. L’actrice explique : « J’ai pensé qu’il serait intéressant que Starr enfile un tee-shirt à l’effigie de Khalil afin de lui rendre hommage en cet instant, et George a suggéré qu’Angie soit celle qui me le tende de manière à ce qu’elle apparaisse dans le film juste avant que mon personnage ne monte sur le toit de la voiture. C’était le clin d’œil idéal. »

LE CERCLE FAMILIAL

Amandla Stenberg déclare : « La famille Carter est confrontée à de nombreuses épreuves, mais cela n’altère en rien le profond amour, le soutien et la force qu’ils puisent les uns chez les autres. Et je trouve qu’il était essentiel que cela transparaisse à l’écran. »

Russell Hornsby fait écho à sa partenaire : « George remet la profondeur, l’émotion et la passion au cœur de la famille, et en particulier de la famille noire. Grâce à lui, les spectateurs découvriront le portrait d’une famille afro-américaine aimante. »

Russell Hornsby était le premier choix de George Tillman Jr. pour le rôle de Maverick, ancien dealer et membre d’un gang passé par la prison, aujourd’hui reconverti en père de famille aimant et en modèle pour sa communauté. Le réalisateur admirait depuis longtemps le travail de Russell Hornsby, mais c’est son lien immédiat avec Amandla Stenberg lors de leur audition commune qui a fini de convaincre l’équipe. Robert Teitel déclare : « Russell était celui que nous recherchions. Quand le studio a visionné son audition, l’affaire a été conclue. Il était Maverick. » 

L’acteur confie : « Ce qui m’a séduit dans le scénario, c’est le sérieux de Mav, son sens du devoir et sa virilité. Après avoir rejoint l’équipe et lu le roman, mon enthousiasme pour le projet n’a fait que croître. Le sens du détail et l’exigence d’authenticité d’Angie lui ont permis de créer des personnages incroyablement réalistes. J’avais l’impression de connaître ces gens, cette famille, leur univers, de comprendre leurs difficultés, et par conséquent, j’avais à cœur de leur faire honneur. »

George Tillman Jr. ajoute : « Russell a été un fabuleux meneur tout au long de cette aventure, tant pour ses partenaires qu’au sein de l’équipe de production. Il a fait un boulot incroyable. Tout comme Amandla, il a mis toute son énergie au service du projet, notamment lors du développement du personnage. »

Maverick prépare ses enfants à affronter le monde en leur rappelant leur valeur et leurs droits. Il est à la fois protecteur et compréhensif. Amandla Stenberg revient sur leur relation père-fille à l’écran : « Mav est très aimant et bienveillant avec Starr, ce qui ne l’empêche pas de faire preuve de sévérité parce qu’il sait qu’elle a le potentiel d’accomplir de grandes choses, et qu’il attend cela de sa part. »

La relation des deux acteurs à l’écran est le reflet du lien qui les unissait hors caméra. L’actrice poursuit : « Russell et moi avions une dynamique similaire à celle de Mav et Starr. Il attendait beaucoup de moi mais il était également toujours prêt à me donner des conseils et à me soutenir. Notre relation était basée sur un profond respect mutuel, et sa manière d’être là pour moi tout au long du tournage a été inestimable. »

Russell Hornsby n’a également que des éloges pour celle qui incarne sa fille à l’écran. « Amandla est une révélation. Elle est vraie, extrêmement talentueuse, incroyablement intelligente et présente. Nous avons eu ensemble de passionnantes conversations sur la vie, le monde et notre travail. Ça a été un plaisir de collaborer avec des jeunes gens expérimentés mais enthousiastes à l’idée d’apprendre. »

Regina Hall est la première à qui George Tillman Jr. a pensé pour le rôle de Lisa, la mère de Starr. Il explique : « Regina est connue pour son talent comique, mais c’est également une grande actrice dramatique. Elle est très polyvalente, c’est une des meilleures actrices de sa génération. »

À l’instar de ses partenaires, la comédienne est très vite tombée sous le charme du scénario. Elle confie : « Le sujet qu’il aborde est percutant et actuel, il est aussi pertinent aujourd’hui qu’il l’était il y a 40, 50 ou 60 ans. »

Lisa était une jeune femme à l’avenir prometteur dont la vie a pris un tournant inattendu lorsqu’elle s’est retrouvée enceinte. Regina Hall raconte : « C’est aujourd’hui une mère dévouée qui aspire à un avenir meilleur pour ses enfants. Elle ne veut pas que Starr fasse la même erreur qu’elle ou que ses fils suivent le chemin emprunté par Maverick. » Elle désire que ses enfants brisent le cycle infernal qui entrave souvent le futur des jeunes de quartiers tels que Garden Heights, voilà pourquoi son mari et elle font le sacrifice financier de scolariser leurs enfants à Williamson. L’actrice poursuit : « Lisa et Maverick veulent que leurs enfants évoluent dans un environnement qui leur offre les meilleures perspectives d’avenir, de manière à ce qu’ils puissent se battre à armes égales avec les enfants des classes plus favorisées qu’eux. » 

Lamar Johnson incarne Seven, le premier fils de Maverick, qui est plus proche de Lisa que de sa propre mère, Iesha. À l’instar de sa demi-sœur, Starr, il est tiraillé entre deux mondes : le cocon protecteur de la maison des Carter et le domicile chaotique que Iesha partage avec King, le baron de la drogue local. Grâce aux encouragements de Maverick et Lisa, Seven est le premier à briser le cycle familial en sortant diplômé de Williamson pour entrer à l’université. Pour l’acteur, le couple Carter constitue un modèle d’éducation parentale. « Mav et Lisa inculquent des principes moraux fondamentaux à leurs enfants. C’est assez impressionnant de voir d’où vient Mav, ce qu’il est devenu et le genre de père qu’il est aujourd’hui. »

Le titre du film et du roman d’Angie Thomas fait référence au concept THUG LIFE – l’acronyme de The Hate U Give Little Infants Fucks Everybody (la haine qu’on inculque aux enfants finit par tous nous détruire) – développé par le rappeur Tupac Shakur. Marty Bowen déclare : « Tupac était convaincu que l’on récolte ce que l’on sème. Les coups que l’on se porte mutuellement sont transmis de génération en génération. Si personne ne prend la décision de mettre un terme à cette spirale négative, rien ne changera jamais. Ce film est une métaphore de ce concept. »

Le jeune TJ Wright, qui interprète Sekani, est l’incarnation même de cette idée dans le film. George Tillman Jr. explique : « Sekani est l’enfant auquel Tupac fait référence. Il assiste à l’arrestation musclée de son père par la police et est témoin de coups de feu tirés par des membres de gangs pour intimider sa sœur et l’empêcher de témoigner devant le grand jury. La séquence dans laquelle il trouve une arme cristallise le fond du problème. »

Pour le rôle de Carlos, l’oncle de Starr, les cinéastes ont fait appel à Common. Le réalisateur explique : « Il apporte au rôle cette énergie apaisante et bienveillante qui lui est propre. » De son personnage, l’acteur dit : « Carlos est un officier de police noir, ce qui n’a rien d’évident dans le contexte de l’histoire, et encore moins pour ces vrais policiers afro-américains qui travaillent dans les quartiers défavorisés. »

Carlos explique la mort de Khalil à sa nièce du point de vue de la police et lui demande de s’en remettre au système. Mais petit à petit, Carlos est obligé d’admettre qu’il a lui aussi des préjugés. George Tillman Jr. explique : « Carlos a confiance en ses collègues, mais il réalise également qu’il n’est pas immunisé contre les préjugés raciaux. » Amandla Stenberg ajoute : « À travers ce personnage, le film explore la question du racisme intériorisé et la manière dont nous nous autocontrôlons et contribuons ainsi malgré nous aux préjugés. »

Robert Teitel déclare : « George a choisi les membres de la famille Carter avec beaucoup de soin. Il les a réunis en amont du tournage de manière à ce qu’ils nouent des liens pour rendre leurs relations à l’écran les plus crédibles possibles. Amandla, Russell et Regina ont été les premiers à rejoindre l’équipe, ce qui leur a donné tout le temps nécessaire pour apprendre à se connaître et développer leurs personnages sur des bases solides, et cela fait toute la différence. »

Le réalisateur commente : « Il était important pour moi que les acteurs développent une alchimie naturelle et des relations qui étayent celles qui sont les leurs à l’écran. Nous avons répété pendant deux semaines, ce qui nous a permis d’apprendre à nous connaître en dehors de nos rôles, et je pense que cela se sent dans le film. Il en ressort une véritable authenticité dans la complicité et l’affection que se portent les personnages en dépit de la situation à laquelle ils sont confrontés. »

Russell Hornsby ajoute : « Grâce à George, la famille Carter est parfaitement équilibrée, et pour cela je lui tire mon chapeau. Nous avons tous abordé ce projet avec le cœur et l’esprit ouverts, et un dévouement total. »
                  
ENNEMIS & ALLIÉS

Le baron de la drogue de Garden Heights, King, est interprété par Anthony Mackie. Robert Teitel déclare : « Il s’agit de notre troisième film avec Anthony, à ce stade il nous a simplement suffi de lui passer un coup de fil pour lui dire qu’il fallait absolument qu’il prenne part au projet. » L’acteur ne s’est en effet pas fait prier. Il confie : « Pour George, je serais même prêt à faire de la figuration ! Mais je dois admettre que l’histoire de cette jeune fille qui s’affirme petit à petit a éveillé ma curiosité. »

D’une certaine manière, c’est King qui donne à Starr la force nécessaire pour se faire entendre. Anthony Mackie explique : « King et ses hommes menacent Starr pour qu’elle garde le silence en la prévenant qu’il n’arrive jamais rien de bon aux « balances ». Mais la jeune fille est beaucoup plus forte que n’importe quel homme ou n’importe quel adulte de son quartier, et ces menaces ne l’empêchent pas de prendre la parole, bien au contraire. »

Comme Starr et Khalil, King et Maverick ont grandi à Garden Heights. Anthony Mackie raconte : « King et Mav étaient jadis amis. Ensemble, ils géraient le trafic de drogue du quartier, jusqu’à ce qu’ils se fassent arrêter et que Mav soit emprisonné. King a fait son possible pour que rien ne change entre eux, mais à sa sortie, Mav a choisi de changer de vie. Dès lors, leur relation n’a plus jamais été la même. »

Algee Smith incarne Khalil. George Tillman Jr. confie : « Pour créer le personnage, je me suis inspiré des incidents qui ont entouré la mort de Philando Castile dans le Minnesota et de plusieurs autres jeunes hommes tués lors de contrôles de police. »

Amandla Stenberg déclare : « Khalil n’apparaît pas longtemps dans le film mais il était essentiel que pendant ce court laps de temps, les spectateurs tombent sous son charme et qu’ils comprennent les sentiments naissants de Starr à son égard. Il était également important qu’on réalise que malgré le fait qu’il s’occupe de sa mère et de sa grand-mère, il reste un jeune homme comme les autres. Et Algee exprime tout cela avec brio. »

Algee Smith précise : « Khalil joue non seulement un rôle central dans l’histoire parce qu’il est à l’origine de l’éveil émotionnel et politique de Starr, mais également parce que sa mort fait prendre conscience aux amis de cette dernière qu’ils ne combattent pas les injustices autant qu’ils le pourraient. » Son tragique décès permet en effet à Starr de découvrir ses vrais alliés.

K.J. Apa interprète Chris, le petit ami de Starr. L’acteur a rejoint la distribution de THE HATE U GIVE pour remplacer le comédien initialement choisi pour le rôle après que ce dernier a tenu des propos racistes dans une vidéo. George Tillman Jr. commente : « Il a fallu entièrement reconstruire la relation et l’alchimie entre les personnages et travailler d’arrache-pied pour la rendre encore plus authentique. »

Initialement sur ses gardes, Amandla Stenberg confie que tous ses doutes ont été balayés par son nouveau partenaire. « K.J. et moi avons passé du temps ensemble et avons beaucoup ri, ce dont j’avais grandement besoin à ce moment-là. Et nous sommes devenus très bons amis. Il existait une forte camaraderie entre nous, et puis j’ai réalisé que cette histoire lui tenait vraiment à cœur et qu’il en comprenait la portée. »

De Chris, le réalisateur dit : « C’est quelqu’un qui n’a jamais vraiment été confronté à la question du racisme parce qu’il est issu de la haute société et vient d’une famille très aisée. Il est scolarisé dans un établissement privé de Williamson et fréquente une jeune Afro-Américaine, mais il ignore ce que c’est que de grandir en étant exposé au racisme et de vivre dans un quartier défavorisé. »

Malgré le fait qu’ils viennent de milieux très différents, Chris fait son possible pour comprendre Starr. K.J. Apa raconte : « Il réalise qui elle est vraiment lorsqu’elle lui fait découvrir son univers. Au début, il ne sait pas vraiment ce qu’est le racisme –même s’il en comprend le concept sur le plan intellectuel. C’est Starr qui lui ouvre les yeux. »

Amandla Stenberg commente : « Je trouve génial que Starr puisse être elle-même avec Chris. J’aime leur manière de ne porter aucun jugement l’un sur l’autre et le fait qu’ils partagent les mêmes passions, mais également le fait que Chris aime sincèrement et profondément cette fille et qu’il soit prêt à tout pour qu’elle se sente soutenue. »

LA MUSIQUE

La musique joue un rôle très important dans le film. L’esprit de Tupac plane sur l’histoire à travers son titre, mais également de par sa bande originale. Grande fan de la musique de Tupac, Angie Thomas déclare : « Plus jeune, je voulais devenir rappeuse, mais j’ai réalisé qu’on ne pouvait pas dire grand-chose en 16 mesures ou 16 lignes de texte. Je considère le hip-hop comme de la poésie. C’est un moyen d’expression brut et sans filtre qui reflète bien la culture afro-américaine. Starr traverse une épreuve très difficile que nous n’édulcorons pas, nous montrons les hauts et les bas. C’est ce que fait le hip-hop. L’un ne va pas sans l’autre. »

Il y a deux types de musique dans le film : celle de Williamson et celle de Garden Heights. George Tillman Jr. raconte : « À Williamson, Starr est une autre version d’elle-même, son style et son comportement influencent donc la musique que l’on entend. À Garden Heights, elle écoute un tout autre genre de musique, et elle apprécie plutôt ce contraste. »

La bande originale du film est complétée par la musique composée par Dustin O’Halloran. Le réalisateur conclut : « Ces trois styles de musique différents nous renseignent sur l’environnement dans lequel se trouve Starr ainsi que sur son état psychologique à chaque instant du film. »

LES DÉCORS : DIRECTION ATLANTA

THE HATE U GIVE a été tourné à Atlanta. George Tillman Jr. explique : « Atlanta est une ville très prisée par le cinéma parce qu’elle offre de nombreux visages différents et nous a permis de recréer la ville de Jackson, au Mississippi, où Angie a situé l’action de son roman. Nous y avons trouvé l’atmosphère que nous recherchions et avons été accueillis à bras ouverts. »

Amandla Stenberg confie : « Atlanta est un de mes endroits préférés. Plusieurs autres films étaient tournés en ville pendant que nous nous y trouvions, ce qui lui donnait des airs de capitale de la culture afro-américaine. C’était incroyable d’être présents à ce moment-là et de pouvoir se nourrir de cette énergie. »

Le caractère émotionnellement éprouvant du film a obligé les acteurs à faire preuve de créativité pour maintenir une ambiance agréable tout au long du tournage. Le réalisateur raconte : « Nous étions presque tous loin de chez nous, à l’exception d’Algee qui a grandi à Atlanta. Mais l’esprit de famille qui régnait sur le tournage nous a permis de passer du bon temps ensemble en dehors des plateaux. Regina Hall a apporté beaucoup de légèreté au projet – les gens ne le savent pas toujours, mais elle possède un formidable sens de l’humour, tout comme Anthony Mackie. »

L’actrice Sabrina Carpenter se souvient : « Entre chaque prise, nous nous mettions à chanter sur Beyoncé ou les Jonas Brothers, ce qui est amusant puisque dans le livre nos personnages sont obsédés par les Jonas Brothers ! Il était important pour nous de maintenir une certaine légèreté et de prendre du plaisir. »

La conception des décors du film est revenue à William Arnold, qui était très enthousiaste à l’idée de créer les deux mondes bien distincts dans lesquels évolue Starr. Il déclare : « Je voulais montrer combien ces univers sont différents, mais également souligner leurs points communs. »

Pour différencier ces deux environnements, William Arnold et George Tillman Jr. ont utilisé la couleur. Le chef décorateur poursuit : « La couleur permet de raconter l’histoire sur le plan visuel, c’est un aspect de mon travail que je trouve à la fois stimulant et passionnant. » Les deux hommes ont ainsi choisi d’utiliser le rouge et le jaune pour Garden Heights, et le bleu et le blanc pour Williamson. William Arnold a en outre travaillé en étroite collaboration avec le chef costumier Frank Fleming pour assurer la cohérence de la palette de couleurs du film, en particulier lors des scènes de la manifestation.

La séquence qui met en scène les affrontements entre manifestants et policiers a été filmée sur quatre jours. Le réalisateur explique : « On est porté par une énergie singulière lorsqu’on se trouve au sein d’une manifestation, d’une émeute, ou d’une révolte comme nous préférons les appeler. Toute la difficulté a donc été de reproduire cette énergie. »

William Arnold déclare : « Pour moi, le défi a consisté à maintenir l’émotion que l’on éprouve à voir ce flot de gens qui avancent tous dans la même direction et se retrouvent confrontés à une opposition puis repoussés. Dès lors, c’est un chaos visuel qui s’installe, car les manifestants ignorent à quoi ils vont être confrontés ensuite et expriment leur colère dans un vacarme assourdissant. »

George Tillman Jr. conclut : « Je tiens à remercier tous les figurants qui ont participé au film parce qu’ils sont tous arrivés préparés sur le tournage. L’une des réussites majeures de THE HATE U GIVE est d’être parvenu à saisir ce que l’on ressent lorsqu’on manifeste devant un cordon de police pour défendre ses convictions. »

ÉPILOGUE

Le réalisateur déclare : « THE HATE U GIVE est le premier film qui se soit imposé à moi de manière aussi instinctive. Toutes les décisions ont été prises en collaboration avec les acteurs et le studio. Et je dois dire que 20th Century Fox a véritablement honoré notre vision en nous autorisant à faire des choix qui nous ont permis de faire un film qui reflète la culture et l’histoire afro-américaine de manière authentique. Je leur serai toujours reconnaissant de m’avoir accompagné dans cette aventure. »

À propos de sa collaboration avec le cinéaste, Amandla Stenberg déclare : « Ça a été un immense honneur de voir George mener ce projet à bien de bout en bout. Il a fait preuve d’un engagement remarquable. Même lorsqu’il était fatigué, je pouvais compter sur lui pour m’encourager et me rassurer. Un tel dévouement se reflète forcément à l’écran. »

George Tillman Jr. poursuit : « J’espère vraiment que THE HATE U GIVE fera réfléchir les gens et les encouragera à poursuivre le dialogue sur nos différences. Nous avons tous des préjugés. Lorsqu’on a une vision de la vie unidimensionnelle et égocentrique, on n’a pas conscience de l’impact qu’ont nos actions et nos paroles sur autrui. J’espère que le film incitera les spectateurs à faire preuve de davantage d’empathie au quotidien mais également à toujours dire la vérité. Nous nous sommes efforcés de dire la vérité dans ce film, quand bien même celle-ci est difficile à entendre, car il est important d’être soi-même, de résister et de ne pas avoir peur de dire la vérité sans fard et d’être entendu. » 

Il conclut : « Je tiens enfin à ce que les spectateurs sachent qu’une voix peut faire la différence, peut-être pas au moment même où elle s’élève mais indiscutablement sur le long terme : c’est le message de THE HATE U GIVE. Plus que tout, je veux que les gens sortent de la salle inspirés. »

Textes des notes de production @ Coming Soon Communication
Notes de production partagées avec l'aimable autorisation de Twentieth Century Fox

  
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