Comédie/Un film touchant plein d'humanité et de vie
Réalisé par Kirill Mikhanovsky
Avec Chris Galust, Lauren 'Lolo' Spencer, Darya Ekamasova, Maxim Stoyanov, Zoya Makhlina, Dorothy Reynolds, Sheryl Sims-Daniels, Steve Wolski...
Long-métrage Américain
Durée: 01h51mn
Année de production: 2019
Distributeur: Wild Bunch Distribution
Date de sortie sur nos écrans : 24 juillet 2019
Résumé : Vic, malchanceux jeune Américain d’origine russe, conduit un minibus pour personnes handicapées à Milwaukee. Alors que des manifestations éclatent dans la ville, il est déjà très en retard et sur le point d’être licencié. A contrecœur, il accepte cependant de conduire son grand-père sénile et ses vieux amis Russes à des funérailles. En chemin, Vic s’arrête dans un quartier afro-américain pour récupérer Tracy, une femme atteinte de la maladie de Lou Gehrig. C’est alors que la journée de Vic devient joyeusement incontrôlable.
Inspiré par les expériences de sa propre jeunesse, le réalisateur Kirill Mikhanovsky livre une comédie touchante et vivifiante.
Bande annonce (VOSTFR)
Extrait - Vinyle (VOSTFR)
Ce que j'en ai pensé : GIVE ME LIBERTY est un film indépendant à la fois dans sa mise en scène sans fioritures et dans son esprit. Le réalisateur Kirill Mikhanovsky filme ses acteurs de près pour renforcer la sensation de pagaille et d'urgence ainsi que pour se concentrer sur ces petits détails qui dessinent la belle humanité de cette aventure.
La narration s'intéresse à une journée. 24h pour vivre et faire vivre. Dans le magnifique chaos, si remuant et si attendrissant qu'il met en scène dans sa première partie, le spectateur fait la connaissance d'une ribambelle de personnages amusants par leur superbe naturel.
Au centre, il y a Vic, interprété avec crédibilité par Chris Galust. Ce jeune homme s'occupe de tout le monde, mais, et c'est là qu'il est particulièrement attachant, non pas seulement parce que c'est son travail. Les gens qui l'entourent sont son monde, ils le rendent fou, mais composent le sens de sa vie. Il est toujours en retard, ce qui est un élément d'humour dans lequel on peut aisément se projeter, et à travers ce point, le réalisateur aborde le sujet de cette limite entre vie professionnelle et vie privée, si difficile à maintenir et pourtant exigée en permanence.
Vic, dans sa journée qui ressemble à un parcours du combattant au grand cœur, va croiser entre autres, Tracy, interprétée par Lauren 'Lolo' Spencer, que la vie n'épargne pas et qui n'est pas du genre à se laisser faire. L'actrice insuffle une énergie qui laisse transparaître la souffrance à son personnage.
Il y a aussi l'envahissant Dima, interprété par Maxim Stoyanov, débarqué de nulle part, dont l'appétit pour la vie impressionne. L'acteur est très bon pour imposer une personnalité qui semble détachée de toutes contraintes, il joue parfaitement l'électron libre.
Dans sa deuxième partie, le réalisateur revient sur un chemin de narration plus classique et un peu moins énergique. Il conserve cependant cette belle intention de nous faire partager ces vies faites de petits riens, qui font tout, surtout face aux nombreuses épreuves qui agitent un quotidien pour le moins difficile. Ce qui est sûr, c'est qu'on se retrouve quelque part dans toute cette palette de protagonistes.
GIVE ME LIBERTY, sans en avoir l'air, s'attache à nous montrer que le handicap n'a pas à être une raison d'isolement, que les liens humains sont extrêmement précieux face à l'adversité, que la force de caractère permet d'avancer malgré tout. C'est un road trip touchant.
La narration s'intéresse à une journée. 24h pour vivre et faire vivre. Dans le magnifique chaos, si remuant et si attendrissant qu'il met en scène dans sa première partie, le spectateur fait la connaissance d'une ribambelle de personnages amusants par leur superbe naturel.
Au centre, il y a Vic, interprété avec crédibilité par Chris Galust. Ce jeune homme s'occupe de tout le monde, mais, et c'est là qu'il est particulièrement attachant, non pas seulement parce que c'est son travail. Les gens qui l'entourent sont son monde, ils le rendent fou, mais composent le sens de sa vie. Il est toujours en retard, ce qui est un élément d'humour dans lequel on peut aisément se projeter, et à travers ce point, le réalisateur aborde le sujet de cette limite entre vie professionnelle et vie privée, si difficile à maintenir et pourtant exigée en permanence.
Copyright photos © 2019 Wild Bunch
GIVE ME LIBERTY, sans en avoir l'air, s'attache à nous montrer que le handicap n'a pas à être une raison d'isolement, que les liens humains sont extrêmement précieux face à l'adversité, que la force de caractère permet d'avancer malgré tout. C'est un road trip touchant.
NOTES DE PRODUCTION
(À ne lire qu'après avoir vu le film pour éviter les spoilers !)
GIVE ME LIBERTY
PRODUCTIONS présente
ENTRETIEN AVEC
KIRILL MIKHANOVSKY
Quel a été le
point de départ du film : l'intrigue ou les personnages ?
Le vrai point de
départ, c'est le boulot de conducteur de véhicule sanitaire que
j'exerçais dans les années 90. C'était d'ailleurs l'un des
premiers boulots que j'ai décroché dans ce pays. J'ai envisagé
d'évoquer cette expérience dans un film en 2006, mais le fait que
la réalité qui m'intéressait n'existe plus m'en a un peu dissuadé
– et je ne souhaitais pas m'orienter vers une reconstitution. Et
puis, en 2013, je travaillais avec Alice Austen, scénariste et
productrice, sur un autre projet. La ville de Milwaukee était une
vraie source d'inspiration et, du coup, j'ai eu envie d'y tourner un
film plus modeste. J'en ai parlé à Alice. Ce boulot de conducteur
de véhicule sanitaire donnait lieu à pas mal d'anecdotes drôles,
touchantes et épatantes. C'est comme ça qu'est né le film. À
partir de là, un scénario de fiction s'est mis en place, se
déroulant sur sept ou huit jours, avec une bande incroyable de
personnages hilarants. Le film mêlait comédie et suspense – un
peu comme un polar conjugué à une histoire d'amour et un road movie
où le protagoniste était le conducteur du véhicule. Mais au bout
de quelques nouvelles versions, le scénario a fini par raconter une
journée dans la vie de Vic, notre personnage principal.
Même si vous
dirigez quelques acteurs professionnels, vous avez aussi fait appel à
des non professionnels. Où et comment les avez-vous dénichés ?
Le plus important,
et ce d'entrée de jeu, c'est qu'on savait qu'on tenait absolument à
travailler avec des non professionnels, même si je ne me souviens
plus comment cette idée nous est venue. Pour mon premier long
métrage, SONHOS DE PEIXE, j'avais tourné avec des non
professionnels dans un petit village de pêcheurs du Brésil, et je
savais dès le départ que j'écrirais ce film pour les habitants du
coin. À mes yeux, c'était une vraie réussite. J'ai vraiment adoré
travailler avec eux.
En fonction du
genre d'intrigue qu'on souhaitait raconter, on était convaincus
qu'on avait tout à gagner à travailler avec des non professionnels.
Sachant que le protagoniste était chauffeur à Milwaukee et qu'il
transportait des personnes handicapées ou des gens de divers milieux
sociaux, on ne voyait pas comment on allait pouvoir trouver les
acteurs professionnels qu'il nous fallait en sillonnant le pays –
étant donné nos moyens et notre objectif. Du coup, on a pris cette
décision dès le début. C'est sans doute plus facile d'écrire des
personnages que de trouver des comédiens, si bien qu'on était très
euphoriques une fois le scénario finalisé. Mais en se penchant sur
les personnages, on a pris conscience qu'une tâche immense nous
attendait : il nous restait à trouver des acteurs très doués pour
les incarner. Où les chercher ? On ne savait pas par où commencer !
À Milwaukee, on était clairement limités dans nos choix. C'était
franchement effrayant…
Alice est une
dramaturge à succès, associée au Goodman Théâtre et au
Steppenwolf. Elle a contacté quelqu'un à Chicago qui nous a
recommandés auprès d'une agence de Los Angeles et, de manière
quasi instantanée, on a rencontré Lauren "Lolo" Spencer
qui campe Tracy. On a eu une chance folle de l'avoir. C'est comme ça
que ça s'est fait. Lolo incarne un personnage handicapé – et elle
est vraiment handicapée dans la vie. On ne voulait pas travailler
avec des gens qui jouent des personnes handicapées – on voulait
travailler avec des gens qui soient vraiment handicapés parce qu'on
tenait à parler du handicap avec respect et authenticité. Cela nous
tenait vraiment à cœur.
Pour Victor, le
protagoniste, on a mené huit mois de recherches. Il y a deux ans
environ, nous avions quelques partenaires qui ne correspondaient pas
au projet à l'époque – et l'un d'entre eux nous a parlé d'un
acteur qui ressemble à s'y méprendre à un type qu'on croiserait
dans la rue. Mais il n'était pas disponible. Et puis, sans même
qu'on s'y attende, on s'est retrouvés à faire passer des auditions
à tout acteur anglophone âgé de 18 à 30 ans vivant sur cette
planète ! Pour vous donner une idée, on a même épluché le
casting de DUNKERQUE – un vrai délire ! Et puis, on s'est dit :
"Comment en est-on arrivé là ? Est-ce qu'on n'envisageait pas
de travailler avec un non-professionnel ?" Par chance – on est
allé jusqu'à proposer le rôle à deux ou trois comédiens connus
–, oui par chance, Dieu merci, rien de tout cela n'a abouti. Cela
n'a pas fonctionné parce que les acteurs en question changeaient
d'agents ou étaient sur le point de percer et leurs agents leur ont
donc déconseillé de tourner un petit film à Milwaukee etc. On a
donc eu de la chance, comme si Dieu nous avait accompagnés.
Au bout de huit
mois de recherches, on a eu l'occasion de solliciter Jen Venditti qui
a sillonné les rues de New York pendant cinq semaines. Jen a croisé
un jeune homme, Chris Galust, dans sa boulangerie de Brooklyn, qui
s'est révélé assez intéressant, et on l'a rencontré. Il n'avait
jamais pris de cours de théâtre, mais il a fini par décrocher le
rôle. Au départ, on comptait lui laisser deux mois pour se rôder,
conduire le minibus, habiter chez un vieux monsieur de Milwaukee et
devenir le personnage. Finalement, on n'a eu que dix jours de
préparation avec lui. C'était une expérience assez dure pour lui,
parce qu'on a non seulement jeté ce garçon à l'eau, mais on lui a
demandé de nager plus vite que les autres !
Tous les rôles
sont plus complexes les uns que les autres. Mais qu'est-ce que je
devrais dire de Dima ! C'est essentiellement un battant avec un
sourire à tomber qui débarque et qui charme tout le monde. Il a le
physique d'un boxeur, le charisme d'un boxeur – toutes les qualités
d'un type capable de séduire chaque spectateur en cinq minutes. Et
il a des origines russes, ou soviétiques. On ne savait pas du tout
qui pourrait jouer le rôle. Et tout à coup, on s'est mis à
recevoir des photos de New-yorkais soucieux de leur image, qui se
donnaient des airs de durs, avec une barbe de trois jours. Mais en
dehors du fait que, de toute évidence, ils faisaient du sport et du
yoga tous les jours, ils n'avaient pas grand-chose pour eux. On s'est
dit qu'on n'allait jamais trouver notre Dima. C'était tout
simplement impossible !
Jusqu'à ce qu'un
ami à nous, un directeur de casting de Moscou, nous montre la photo
d'un type, Max Stoianov. On a regardé sa photo, on a vu son sourire,
et avant même de voir ses vidéos, on savait qu'on tenait notre
acteur. Incroyable. Son parcours est absolument hallucinant. Il est
parfait. Il possède ce charisme animal auquel on peut être sensible
dans n'importe quelle culture – du moins que je connais. Il a un
physique très imposant. Il est capable de travailler sans arrêt.
C'est un vrai don ! Je l'ai tout de suite aimé. Ce n'est pas
simplement qu'on a eu de la chance – même si on en a eu, bien sûr,
car je ne prends pas la chance à la légère. Je crois que la chance
est une forme très particulière d'énergie qui nous accompagne. Et
dans ce sens, alors, oui, on a été très chanceux – et c'était
le signe que ce projet était sur la bonne voie. Nous en sommes très
heureux. Nous sommes conscients que c'est une vraie chance et nous
essayons d'être à la hauteur en travaillant dur.
C'est réconfortant
de voir un film se déroulant dans une ville américaine autre
qu'Atlanta ou ailleurs qu'en Louisiane, ou que dans tout État
offrant les crédits d'impôts les plus compétitifs. Au cours des
quatre années qu'il vous aura fallu pour monter le film, certains
ont-ils cherché à vous dissuader de tourner à Milwaukee ?
On n'a pas dévié
une seule fois de notre objectif. On voulait tourner à Milwaukee –
et c'est ce qu'on a fait. En réalité, le projet s'inspire de
Milwaukee – les anecdotes et les lieux – et on tenait vraiment à
tourner dans cette ville, et uniquement dans cette ville. Un peu plus
tard, environ deux ans et demi plus tard, après avoir tenté
plusieurs fois de tourner sur place, on a commencé à se sentir un
peu bêtes (rire). Milwaukee n'était pas très disposée à nous
aider. En d'autres termes, il n'y avait aucun financement disponible,
il n'y avait ni de philanthropes, ni de financement en faveur du
cinéma, ni de crédit d'impôt. Ce n'était pas facile. Et à
l'extérieur de Milwaukee, personne ne comprenait qu'on veuille y
tourner. Personne – ou presque – n'était franchement
enthousiaste à l'idée d'un film situé à Milwaukee. Pourtant,
c'est une ville intéressante à plusieurs égards. C'est la colonne
vertébrale de l'Amérique. C'est une ville américaine historique.
C'est une ville communautarisée, où vivent plusieurs communautés
ethniques, et qui conserve son authenticité encore aujourd'hui, ce
qui n'est pas le cas de beaucoup de villes américaines. Elle possède
son propre cachet, sa propre atmosphère. Elle change selon les
saisons. Tout y est source d'inspiration !
Je crois que le
troisième homme blanc de Milwaukee est un ancêtre d'Alice. Mon
grandpère y est enterré, et l'un de mes proches y est né, si bien
que cette ville fait partie intégrante de ma vie. Elle dégage une
beauté discrète qui n'a rien à voir avec celle, beaucoup plus
évidente, de New York par exemple. Par ailleurs, il se trouve que ma
famille s'y est installée dans les années 90. J'y ai tourné mon
premier court métrage – celui qui m'a envoyé aux quatre coins du
monde pour pouvoir réaliser d'autres films.
Est-ce
qu'il aurait été envisageable de tourner le film ailleurs ? Oui,
absolument. Mais cela aurait donné lieu à un autre film. On croyait
vraiment qu'en tournant ce film si particulier – inspiré par ce
que j'y ai vécu et écrit avec Milwaukee en ligne de mire –
ailleurs, on aurait trahi l'esprit du projet. Mais le résultat
est aussi le fruit du destin. Il faut être pragmatique, certes, mais
on ne peut pas nier la dimension spirituelle de notre profession. On
y est très attentifs. On est conscients que l'inspiration et la
dimension métaphysique des choses comptent. À mon avis, d'après
mon expérience du métier, le nier – ne pas le reconnaître –
serait stupide.
Comment, en tant que metteur en scène,
avez-vous réussi à créer une atmosphère authentique de chaos sans
mettre en péril tout le tournage ?
Quand on s'est attelés à l'écriture
de GIVE ME LIBERTY, on savait qu'on voulait qu'il palpite, qu'il
semble viscéral – qu'il soit authentique sans la moindre
concession. On voulait qu'il soit marqué par Milwaukee – la ville
ayant inspiré le film – et tourner avec des non professionnels
recrutés sur place. En procédant de cette manière, on se créait
évidemment tout un ensemble de difficultés puisqu'on allait
travailler avec un groupe d'octogénaires non anglophones, avec des
personnes handicapées, des non professionnels d'origines ethniques
diverses, et quelques acteurs venus de Russie. Il fallait penser aux
questions liées aux visas, aux déplacements, aux disponibilités
des uns et des autres, etc. Entre les conditions hivernales, les
différents lieux de tournage, nos moyens limités, et notre temps de
préparation et de tournage très court – on peut dire qu'on
n'avait pas la tâche facile. Sans oublier que le décor principal du
film était un minibus, rempli de comédiens et de techniciens, qui
roulait de 60 km/h à plus de 100 km/h à travers la ville.
Mais c'était la seule bonne manière
de s'y prendre pour faire GIVE ME LIBERTY. En octobre 2017, alors
qu'on était à la croisée des chemins, c'est la voie qu'on a
empruntée. On a dû travailler dans un contexte moins maîtrisable,
et plus propice au chaos, qui pouvait, du coup, rendre la création
et le tournage plus difficiles, mais c'est aussi ce qui permettait
d'obtenir un meilleur film. Pour résumer, pour créer une atmosphère
de chaos qui semble authentique, il a fallu imaginer une forme de
"chaos maîtrisé" – le genre de dispositif qui nous
permette d'avoir la chance d'associer l'imprévu au sublime. Et Dieu
que nous avons eu de la chance !
GIVE ME LIBERTY aborde la question du
Rêve américain. Sur le plateau, au beau milieu de tout ce chaos,
aviez-vous en tête ce thème majeur – ou vous attachiez-vous
plutôt à raconter l'histoire de ces personnages à part dans cet
environnement particulier ?
Je suis obsédé par cette question,
parce que cela m'agace prodigieusement d'entendre que le Rêve
américain est mort. Ceux qui sont profondément heureux de proclamer
la mort du Rêve américain, au fond, s'en moquent et n'y comprennent
rien. Car qu'est-ce que le Rêve américain ? On ne parle pas de
politique dans ce film. Mais ce qui me plaît, c'est que certaines
questions politiques soient évoquées sans l'être frontalement.
J'aime parler des choses de manière indirecte. Et c'est formidable
que cette question soit présente. À mes yeux, le Rêve américain
ne vous attend pas. Le Rêve américain, ce sont ceux qui viennent en
Amérique qui l'emportent avec eux. C'est ça, à mes yeux, le Rêve
américain. Du coup, si vous venez ici et déclarez que le Rêve
américain n'existe plus, c'est que vous ne l'avez pas amené avec
vous. Car le Rêve américain n'est mort que s'il est mort en vous.
Il n'est pas juste là, quelque part, prêt à ce qu'on vienne s'en
saisir.
À cet égard, je suis un idéaliste,
un romantique – pas dans un sens crétin et fleur bleue – et
Alice l'est aussi. Nous avons vraiment foi dans ce pays, aussi
imparfait soit-il, comme le sont tous les pays. Il y a des phénomènes
qu'on déteste, et d'autres qu'on admire. C'est un pays merveilleux.
Le Rêve américain est, dans une large mesure, la fondation sur
laquelle repose GIVE ME LIBERTY. On en a beaucoup parlé, on y a
beaucoup réfléchi, et je crois que c'est cette obsession pour
l'idéalisme – dont on déplore la disparition aux États-Unis –
qui imprègne le film. J'ai l'impression que cela s'est imposé de
manière subtile, que c'est en partie ce qui constitue l'Amérique
d'aujourd'hui : on trouve des gens de tous milieux, de toutes
origines, de toutes générations, animés par des désirs
différents, dans ce minibus qui circule à travers l'une des villes
les plus communautarisées du pays, à une époque tourmentée où la
ligne de fracture entre les idées extrémistes de gauche et de
droite n'a jamais été aussi marquée – et pourtant, aucun de ces
éléments n'est présent à bord. Au contraire, à bord du minibus,
on trouve un bien étrange échantillon de l'humanité ! Un étrange
échantillon d'hommes et de femmes qui se découvrent leur
dénominateur commun. Que ce soit au cimetière ou ailleurs – en
effet, ils doivent se rendre au cimetière, puis à l'Eisenhower
Center et dans tous ces autres endroits –, ils finissent par
s'asseoir autour de la même table à savourer la vie et à
l'accepter telle qu'elle est. Car au bout du compte, aussi pathétique
et bêtement sentimental que cela puisse paraître, il s'agit de
rendre hommage aux personnes qu'on voit à l'image – des gens qui
tentent, du mieux qu'ils peuvent, de vivre dignement.
DERRIÈRE LA CAMÉRA
Kirill Mikhanovsky
– Réalisateur
Né en Russie,
Mikhanovsky réalise son premier long métrage au Brésil : SONHOS DE
PEIXE est présenté à la Semaine de la Critique à Cannes et
décroche le prix Regard Jeune. Son court métrage INHALE EXHALE est
présenté au festival du documentaire d'Amsterdam IFF, au festival
de Clermont-Ferrand et au festival de Khanty-Mansiysk (en Russie) où
il remporte le prix spécial du jury. Il prépare COMING TO YOU,
actuellement en postproduction, qui a bénéficié de la bourse du
Sundance Institute. Il réalisera prochainement JIMMY SALVADOR,
finaliste au festival SFFS Rainin.
Mikhanovsky a
coécrit GABRIEL ET LA MONTAGNE (Semaine de la Critique en 2017) et
MARTILLO (Grand prix du festival de Kiev), a signé la photo de THE
DEBT de Koguashvili (festivals de Sundance, Tribeca et Cinema Jove),
et réalisé la série DUBROVSKY. Mikhanovsky a immigré à Milwaukee
où il a étudié la linguistique et l'anthropologie à UWM. Il
enchaîne les petits boulots et a notamment été conducteur de
véhicule pour personnes handicapées. Ancien étudiant du programme
cinématographique de NYU et du Sundance Institute Screenwriters Lab,
il a fondé Give Me Liberty Productions avec Alice Austen en 2015.
Alice Austen –
Scénariste/ Productrice
Scénariste et
dramaturge primée, Alice Austen a écrit et produit COMING TO YOU
avec Mikhanovsky, écrit JIMMY SALVADOR (SFFS Rainin), écrit EMILIE
(finaliste "Sloan" au festival de Sundance), et écrit THE
MERCY SEAT avec Alix Delaporte (présenté au marché de Toronto).
Côté théâtre,
elle a écrit "Bolshoi" avec Simon Shuster et Jeff Calhoun,
et l'adaptation saluée par la critique de "La ferme des
animaux" de George Orwell (pour le Steppenwolf Theatre, remarqué
par le Chicago Tribune). Alice Austen a été en résidence au Royal
Court (Londres), et aux théâtres Goodman et Steppenwolf. Elle a
décroché le Richard Vague Film Prize, Terrence McNally Award -
Premiere Five, Women at the Door Award, elle a été citée au Joseph
Jefferson Award de la meilleure révélation, elle a été finaliste
au Blue Ink Award et a figuré sur la "liste" de Kilroy.
Alice Austen a
suivi des études de droit et d'écriture créative d'Harvard.
Ex-avocate de droit international, elle a défendu la République
tchèque de Vaclav Havel. Elle a fondé Give Me Liberty Productions
avec Mikhanovsky en 2015.
Benh Zeitlin -
Producteur exécutif
Réalisateur,
producteur, compositeur et animateur américain, Benh Zeitlin a signé
LES BÊTES DU SUD SAUVAGE : le film a obtenu la Caméra d'or au
festival de Cannes, le grand prix du jury au festival de Sundance,
été cité à trois Oscars (meilleur réalisateur, meilleur
scénario, meilleur film) et remporté plusieurs prix dans divers
festivals du monde entier.
George Rush -
Producteur
George M. Rush
(SORRY TO BOTHER YOU, PING PONG SUMMER) est avocat et exerce depuis
2001. Il a obtenu son doctorat de droit de la University of
California Hastings College of the Law (2000) et une licence
d'anglais de Berkeley (1996). Il s'attache à soutenir les
réalisateurs indépendants, en prenant en charge les questions
financières et juridiques pour garantir aux films un succès
commercial et artistique. Il a pour clients des producteurs, des
réalisateurs, des scénaristes et des investisseurs finançant le
développement, la production et la distribution. Il collectionne les
objets de propagande soviétique et il est un supporteur indéfectible
de l'équipe des Golden Bears de football américain.
Ryan Zacarias -
Producteur exécutif
Ryan Zacarias a
produit SEPTIEN et PING PONG SUMMER de Michael Tully, I USED TO BE
DARKER et SOLLERS POINT de Matt Porterfield, MEDITERRANEA et A
CIAMBRA de Jonas Carpignano. Tout récemment, Zacarias a produit THE
MOUNTAIN d'Alverson, présenté à la Mostra de Venise. Il produit
aussi BULL, premier long métrage d'Annie Silverstein.
Source et copyright des textes des notes de production © 2019 Wild Bunch

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