vendredi 11 janvier 2019

BEN IS BACK


Drame/Un sujet difficile et bien traité, mais un film de facture un peu trop classique

Réalisé par Peter Hedges
Avec Julia Roberts, Lucas Hedges, Courtney B. Vance, Kathryn Newton, Mia Fowler, Jakari Fraser, Michael Esper, David Zaldivar...

Long-métrage Américain
Durée : 01h42mn
Année de production : 2018
Distributeur : Paramount Pictures France 

Date de sortie sur les écrans américains : 7 décembre 2018
Date de sortie sur nos écrans : 16 janvier 2019


Résumé : la veille de Noël, Ben, 19 ans, revient dans sa famille après plusieurs mois d’absence. Sa mère, Holly, l’accueille à bras ouverts tout en redoutant qu’il ne cède une fois de plus à ses addictions. Commence alors une nuit qui va mettre à rude épreuve l’amour inconditionnel de cette mère prête à tout pour protéger son fils.

Bande annonce (VOSTFR)


Ce que j'en ai pensé : l'addiction est un sujet terrible, car elle détruit tout sur son passage. Ce film montre bien certains aspects des effets sur ceux qui la vivent au jour le jour et sur leurs proches. Le scénario est une tranche de vie, terme étrange lorsqu'il décrit une lutte de tous les instants pour éviter la chute fatale. Une mère se bat pour que son fils s'en sorte et lui doit faire face à son passé pour essayer d'alléger la culpabilité qui le renvoie dans une boucle infernale. 

Le réalisateur Peter Hedges adopte une façon de filmer classique dans le cinéma indépendant. Il utilise souvent des gros plans et il suit les mouvements de ses personnages de près. Il ne tombe pas dans le larmoyant, mais ne réussit pas non plus à vraiment nous convaincre de nous attacher à ses protagonistes. Il reste un peu trop sur des sentiers battus pour cela. Le scénario n'offre pas de surprise. Il est soigné et balise ce chemin personnel de façon attendue, mais fort heureusement ne tente pas de proposer une solution ou une morale quelconque à un sujet difficile. 

Les deux acteurs principaux offrent de belles interprétations sensibles qui servent le sujet adroitement. La mère de Ben, Holly Burns, est interprété par Julia Roberts. Cette femme est condamnée à regarder son fils souffrir sans possibilité de pouvoir vraiment l'aider. Ben est pour sa part interprété par Lucas Hedges, qui est très juste dans ce rôle. 



Copyright photos @ Paramount Pictures France

Le chef de famille, Neal, est interprété par Courtney B. Vance qui impose une personnalité à son personnage dans le peu de temps imparti à son rôle.

BEN IS BACK ne se distingue pas particulièrement parmi les films sur ce sujet épineux, mais il est bien fait, bien joué et a le mérite de rappeler combien l'addiction est nuisible et sans pitié.

NOTES DE PRODUCTION
(À ne lire qu'après avoir vu le film pour éviter les spoilers !)

Peter Hedges, auteur et réalisateur nommé aux Oscars, s’est efforcé pendant toute sa carrière de raconter des histoires où des familles dysfonctionnelles sont confrontées à des difficultés hors du commun. Dans GILBERT GRAPE, adapté de son propre roman éponyme en 1993, PIECES OF APRIL, son premier long-métrage comme réalisateur, ou encore POUR UN GARÇON qu’il a coécrit d’après le roman de Nick Hornby, Peter Hedges s’attache à partager des récits émouvants et drôles, où des familles imparfaites font de leur mieux pour vivre dans un monde imparfait.

À première vue, la famille qu’on découvre dans BEN IS BACK, son nouveau film, ne semble pas présenter beaucoup de points communs avec celles qu’il a dépeintes dans ses précédents projets. Riches, beaux et débordant d’amour, les Burns évoquent une version moderne d’un tableau de Norman Rockwell, avec leur ado talentueuse qui chante dans la chorale et les adorables petits derniers qui se déguisent pour le spectacle de Noël. Mais en observant l’air troublé de Holly Burns lorsqu’elle rentre chez elle et tombe sur son fils Ben attendant devant la porte, on comprend avec certitude que cette famille est elle aussi confrontée à un défi de taille. Un défi qui traverse les barrières sociales et économiques. “Je viens d’une famille qui a été profondément touchée par les addictions, que ce soit à l’alcool ou aux drogues”, raconte Peter Hedges. “Dans ma famille, certains s’en sont sortis, d’autres pas, et d’autres encore continuent à se battre. Par ailleurs, j’ai perdu quelqu’un de proche et j’ai vu une autre personne de mon entourage se rétablir, et cela m’a donné envie de faire un film sur l’impact qu’un être brisé et en souffrance peut avoir sur tous ses proches”.

Alors que Peter Hedges cherchait à mettre en scène ces répercussions dans un long métrage, il a décidé de condenser son histoire sur 24 heures. “J’ai eu l’idée de faire commencer le film le matin du réveillon de Noël. Je me suis demandé ce qui se passerait si un jeune homme en désintox revenait chez lui alors qu’il n’y est pas encore prêt”, explique le réalisateur. “L’histoire est devenue plus puissante quand je l’ai abordée du point de vue d’une famille ordinaire, mais un jour extraordinaire”. Peter Hedges était impatient de renouer avec ses racines de cinéaste indépendant. “J’avais très envie de revenir aux films que je faisais au début de ma carrière, autrement dit des projets nécessaires et sans concession”, déclare-t-il. “Cela fait quelques années que j’accompagne les autres pour mettre leurs idées en œuvre. Cette fois, je souhaitais me lancer dans un projet inédit. Je voulais voir ce qui se passerait si je retrouvais mon côté intrépide d’hier, et que je l’associais à la sagesse que j’ai pu accumuler au cours de mes trente-cinq ans d’expérience d’écrivain”. Après avoir retourné l’idée dans sa tête pendant plusieurs années, Peter Hedges s’est véritablement attelé à l’écriture de BEN IS BACK à la fin mai 2017. Il a été surpris d’achever la première version en moins de six semaines. “Je n’avais pas l’impression de raconter l’histoire”, se rappelle-t-il, “j’avais plutôt le sentiment que c’était l’histoire qui se racontait à moi. Je l’ai écrite dans un état d’ébullition, ce qui m’arrive rarement. J’essayais simplement de lâcher prise pour me laisser porter par l’écriture”.

Peter Hedges est particulièrement fier du personnage de Holly Burns. “J’ai déjà écrit des personnages de mère plutôt intéressants, par exemple dans GILBERT GRAPE et PIECES OF APRIL”, reconnaît-il, “mais quand Holly Burns s’est imposée à moi, je me suis dit que c’était la mère la plus complexe, la plus entière et la plus redoutable que j’aie jamais imaginée. Cela ne veut pas dire qu’Holly fait tout bien. Elle fait des choix plus que contestables, mais cela ne part jamais d’une mauvaise intention. Ses choix partent systématiquement de son espoir presque douloureux d’être une mère protectrice qui arrive à subvenir aux besoins de ses enfants”. Au bout de quelques versions successives, Peter Hedges envoie le scénario à son amie Nina Jacobson, figure incontournable du milieu. Elle a été présidente du groupe Walt Disney Motion Pictures et produit à présent des blockbusters comme HUNGER GAMES et CRAZY RICH ASIANS avec sa société de production Color Force. “Nina est une des personnes que je préfère dans le milieu”, affirme Peter Hedges. “Même si je me disais que BEN IS BACK était une production trop modeste pour elle, je voulais qu’elle lise le projet avant d’aller voir d’autres producteurs. Une heure et demi après avoir reçu le scénario, Nina m’appelle et me dit ‘Le scénario que tu as écrit est tout simplement captivant. Il faut que je le produise’”.

JULIA ROBERTS DANS LE RÔLE DE HOLLY BURNS

Pendant l’été, l’équipe de Nina Jacobson fait parvenir le scénario à l’actrice oscarisée Julia Roberts, afin de savoir si le rôle de Holly peut l’intéresser. La star est immédiatement sensible au script : “L’histoire est très touchante”, explique l’actrice qui a été nommée pour la quatrième fois aux Oscars en 2014 pour son second rôle dans UN ÉTÉ À OSAGE COUNTY. “Le scénario de Peter aborde les nombreuses manières dont l’addiction peut avoir un impact sur toute une famille”.

Julia Roberts a pris un moment sur ses vacances en famille dans sa maison de Malibu pour y rencontrer Peter Hedges. “La rencontre a été passionnante”, raconte le réalisateur qui vit à Brooklyn. “Julia s’est sentie proche de Holly, cette mère qui ne veut lâcher ses enfants sous aucun prétexte. Mais pour Julia, ce n’est pas anodin de s’éloigner de ses enfants, si bien qu’elle voulait parler du film à sa famille avant de prendre un quelconque engagement”.

Quelques semaines plus tard, Peter Hedges reçoit un message de Julia Robert qui lui annonce qu’elle accepte le rôle. “J’avais le cœur qui battait à cent à l’heure, j’étais fou de joie”, se souvient Peter Hedges. “Pour commencer, Julia Roberts est une des stars de cinéma que je préfère. Elle est incroyablement intelligente et passionnée, et j’allais bientôt apprendre qu’elle est également une des actrices les mieux préparées avec qui j’ai jamais travaillé. J’ai l’espoir que le film touche le public le plus large possible et Julia Roberts bénéficie d’un soutien populaire considérable. Ce rôle de mère qui tente de sauver son fils lui donne également l’occasion d’explorer des territoires nouveaux sur le plan émotionnel, physique et dans son jeu d’actrice. Bref, le jour où elle a dit oui était magique”.

HEDGES & HEDGES

Julia Roberts n’a réclamé aucun changement dans le scénario de BEN IS BACK, mais elle a formulé une demande par rapport au casting. Impressionnée par la prestation de Lucas, le fils de Peter Hedges nommé aux Oscars pour son rôle d’adolescent orphelin dans MANCHESTER BY THE SEA, elle a insisté auprès du réalisateur pour qu’il lui confie le rôle-titre.

Mais un problème se posait : “Toute ma vie, j’ai dit très clairement à mon père que je ne jouerais jamais dans un de ses films”, reconnaît Lucas Hedges. “Cette idée m’a toujours mis mal à l’aise, et je trouve cette perspective gênante. Je savais que mon père travaillait sur ce film, mais j’ignorais qu’il y avait un rôle pour un acteur de mon âge. Il m’a avoué bien plus tard qu’il l’avait écrit pour moi”.

La réticence du jeune comédien a cependant disparu quand il a appris que Julia Roberts avait proposé son nom pour le rôle : “Quand j’ai su que Julia Roberts voulait que je joue Ben dans le film, j’ai trouvé ça dingue”, raconte Lucas Hedges. “Pour moi, c’est comme si elle venait d’une autre planète. J’ai été incroyablement flatté qu’elle ait envie de jouer avec moi. Ensuite, j’ai lu le scénario et j’ai été complètement scotché”.

Même si Lucas n’avait plus vraiment besoin d’être convaincu, Julia Roberts a envoyé à Peter Hedges une photo d’elle-même et de son fils aîné qui est roux : “Dans son message, elle disait quelque chose du genre ‘Je veux juste que Lucas sache que les jeunes et beaux rouquins sont très à l’aise avec moi’”, se souvient l’acteur aux cheveux roux. “Julia a apaisé ma crainte que le film tourne uniquement autour de la relation entre mon père et moi. Évidemment, la relation avec le réalisateur est toujours importante, mais ce qui compte le plus dans le film, c’est la relation entre mon personnage et sa mère”.

Une fois qu’il a accepté le rôle, Lucas s’est renseigné dans le moindre détail sur la pathologie de son personnage. “J’ai tâché de réunir le plus d’informations possible pour comprendre comment on en arrive au point de se faire beaucoup de mal, juste dans le but de se défoncer”, déclare-t-il.

Lucas a également trouvé l’inspiration en regardant autour de lui : “Certains de mes amis du lycée connaissent la situation de Ben et essaient de s’en sortir en enchainant les cures de désintox”, témoignet-il. “Quand j’étais plus jeune, beaucoup de gens de mon âge se faisaient prescrire de l’Adderall, ou d’autres médicaments qu’ils n’auraient jamais dû prendre quotidiennement. J’avais donc bien conscience que la consommation de drogue parmi les adolescents de Brooklyn constituait un vrai problème. Ce dont je ne me rendais pas compte, c’est que ce problème est tout aussi présent, voire plus encore, dans les banlieues et les zones plus rurales des États-Unis”.

LA FAMILLE AU COMPLET

Après avoir engagé les comédiens pour les deux personnages principaux, Peter Hedges a confié à Kathryn Newton le rôle de la petite sœur de Ben, Ivy. Dans la vidéo de son audition, Kathryn Newton interprète une conversation téléphonique déchirante entre Ivy et sa mère, qui se déroule vers la fin du film. “Ça m’a brisé le cœur”, note le cinéaste. “J’étais bouleversé. Pour moi, c’était important qu’Ivy ne soit pas seulement la petite sœur parfaite. Elle est déçue par Ben mais en même temps elle aime son frère et tient énormément à lui. C’est l’essence même de leur relation et cela transparait très clairement dans le jeu de Kathryn”.

Kathryn Newton et Lucas Hedges avaient déjà noué une amitié au cours des tournages de LADY BIRD et 3 BILLBOARDS – LES PANNEAUX DE LA VENGEANCE, où ils jouent également un frère et une sœur, mais aucun des deux n’avait encore travaillé avec Julia Roberts. Pendant la prépa de BEN IS BACK, le réalisateur et ses acteurs se sont retrouvés chez Julia Roberts pour répéter ensemble et apprendre à se connaître. “On a passé trois ou quatre jours à travailler, prendre des repas et discuter”, raconte Peter Hedges. “C’était formidable que chacun puisse se sentir à l’aise avec les autres”.

Pour le rôle du beau-père de Ben, Neal, un homme raisonnable qui a eu deux jeunes enfants avec Holly, le cinéaste a sollicité Courtney B. Vance, récompensé par un Emmy en 2016 pour son interprétation de l’avocat Johnnie Cochran dans la série AMERICAN CRIME STORY. “Courtney n’est pas seulement un acteur de talent”, déclare Peter Hedges, “C’est également un père investi, un mari formidable et un fils dévoué. Il choisit ses projets avec beaucoup d’attention. Toutes ces qualités se ressentent fortement chez lui. Son personnage perçoit très clairement ce qui se passe au sein de sa famille et Courtney est justement quelqu’un de solide et déterminé. J’ai donc été enchanté qu’il accepte le rôle”.

Courtney B. Vance décrit son personnage comme quelqu’un de bien et précise : “Il aime sa femme et sa famille, si bien que la question qui se pose est plutôt : peut-on penser que ‘qui aime bien châtie bien ?’ Faut-il laisser Ben faire comme il l’entend, le protéger, le sauver ? Les décisions qu’on doit prendre sont très difficiles”.

C’était un vrai plaisir pour Lucas Hedges de jouer le beau-fils de l’acteur nommé deux fois aux Tony Awards : “J’ai fait une école de théâtre pendant un an, et on a étudié la pièce ‘Fences’ où Courtney a joué pour la première fois le rôle de Cory, et James Earl Jones celui de son père”, raconte-t-il. “On regardait en boucle un passage particulièrement génial. C’était une occasion très privilégiée de travailler sur un pied d’égalité avec quelqu’un que j’admirais depuis si longtemps”.

TOURNAGE DANS LE NORD DE L’ÉTAT DE NEW YORK

Une fois le casting achevé pour les rôles principaux, le projet s’est accéléré lorsque Teddy Schwarzman, le président de Black Bear Pictures a découvert le scénario de Peter Hedges au Festival international du film de Toronto en 2017 : “On est tombé sous le charme de BEN IS BACK, et j’ai fait une offre dès le lendemain”, raconte le producteur dont le film IMITATION GAME a été nommé à l’Oscar du meilleur film. “En échangeant avec Peter, j’ai compris que le propos du film n’était pas de réunir deux stars à l’écran pour susciter l’intérêt du public. C’était plutôt de raconter une histoire qui pourrait parler à n’importe quel parent qui tente de faire ce qu’il y a de mieux pour son enfant”.

Bien qu’il aborde des sujets très actuels, BEN IS BACK est aussi un film de divertissement, comme le remarque la productrice exécutive Jane Evans : “C’est un film à suspense avec plein de rebondissements et de coups de théâtre à couper le souffle. Et c’est surtout une histoire très belle et touchante”. Teddy Schwarzman et Jane Evans ont augmenté la cadence de la prépa, dans le but de commencer le tournage en décembre : “On s’est dépêché de trouver les financements, de signer les contrats, de boucler le budget et de régler les derniers détails pour pouvoir faire le film”, explique Teddy Schwarzman. “Color Force, qui s’occupait davantage de la partie artistique, comptait sur nous pour gérer la logistique et les aspects plus concrets. Black Bear et Color Force ont donc travaillé main dans la main pour coproduire ce film. BEN IS BACK nous semblait un projet trop important pour courir le risque qu’il ne voie pas le jour”.

Le 5 décembre 2017, soit un peu plus de six mois après le début de l’écriture du scénario, le tournage commençait dans le nord de l’État de New York, sous la houlette du directeur de la photographie Stuart Dryburgh, nommé aux Oscars pour LA LEÇON DE PIANO. “Stuart et moi avons longuement discuté pour trouver un cadre qui ne soit pas trop resserré, afin de laisser de la liberté aux acteurs, mais qui bénéficie aussi d’un bel éclairage”, commente Peter Hedges. “Certains chefs-opérateurs moins expérimentés sont très à l’aise avec les mouvements d’appareil mais ne maîtrisent pas l’éclairage. Stuart sait faire les deux.”

Stuart Dryburgh, qui a signé les prises de vue additionnelles de LA DRÔLE DE VIE DE TIMOTHY GREEN de Peter Hedges en 2012, l’a convaincu de tourner BEN IS BACK en format large anamorphosé. “Je n’avais jamais tourné au format 2:39:1, mais Stuart m’a fait remarquer qu’en Scope, on se sentirait plus proche des personnages”, précise Peter Hedges. “Le format large anamorphosé réduit la profondeur de champ, ce qui signifie que le 1er assistant opérateur doit être très précis. Mais en atténuant la mise au point en arrière-plan, on obtient un effet très riche et très cinématographique”.

Le réalisateur a fait appel au chef-décorateur Ford Wheeler pour élaborer des décors allant de l’élégant pavillon de banlieue de la famille Burns à un repaire de dealers situé dans un entrepôt. “Ford est une des personnes les plus intéressantes que je connaisse”, souligne Peter Hedges. “Il a un goût exceptionnel et un sens aigu du détail. Il ne se contente pas de placer n’importe quel meuble dans la maison des Burns. Chaque œuvre d’art qu’il accroche au mur raconte une histoire qu’il a inventée dans sa tête”.

Ford Wheeler, qu’on connaît pour son travail sur la série THE AFFAIR et le film RACHEL SE MARIE, prend plaisir à accentuer le contraste entre le contexte familial sain dont est issu Ben et l’environnement beaucoup moins protégé où se déroule presque toute la troisième partie du film. “En tant que décorateur, j’ai trouvé cette histoire formidable car on passe du cadre emblématique de la famille américaine bien propre sur elle à un campement de sans-abri”, explique Ford Wheeler.

Le travail de la chef-costumière Melissa Toth a permis d’accentuer l’esthétique naturaliste du film. “Melissa avait déjà travaillé sur MANCHESTER BY THE SEA et 3 BILLBOARDS – LES PANNEAUX DE LA VENGEANCE avec Lucas”, raconte Peter Hedges. “Une de ses marques de fabrique, c’est que ses créations ne donnent jamais l’impression d’être des costumes. On dirait juste des gens qui portent leurs vêtements. J’espérais pouvoir travailler avec elle et par chance elle était disponible”.

Le choix des lieux de tournage était capital pour composer la banlieue qui sert de toile de fond à BEN IS BACK. Parmi les endroits pittoresques repérés par le régisseur d’extérieurs Rob Streim dans les comtés de Westchester et Rockland dans l’État de New York, on peut citer des petites villes comme Haverstraw, Larchmont, Sloatsburg, Garnerville et Mamaroneck, où la production a déniché la maison des Burns. C’est là que les acteurs ont pu se plonger dans l’univers de leur personnage : “Être sur place et voir notre maison m’a permis de ressentir le lien avec la famille et comprendre ce que ça ferait de vivre dans une petite ville”, affirme Kathryn Newton. “Ça m’a vraiment aidée à m’approprier l’histoire”.

CYCLONES ET TEMPÉRATURES NÉGATIVES

Le choix du réveillon de Noël a constitué un cadre métaphorique d’une grande force pour BEN IS BACK, mais en raison de l’ambiance hivernale, l’équipe a dû affronter de rudes conditions météorologiques. “Dehors. Nuit. Hiver. C’est sans doute trois mots que je n’utiliserai plus jamais à la suite”, s’amuse Peter Hedges. “Sincèrement, c’était très dur. Les nuits étaient longues et froides et ça finit par peser sur le moral. Et puis, ce n’est pas comme si on tournait une comédie légère. Chaque scène pour ainsi dire était intense”.

Teddy Schwarzman se souvient d’avoir dû faire face à une tempête de neige cyclonique qui avait paralysé toutes les routes de New York et de Yonkers, où l’équipe avait prévu de tourner une scène : “Ça a été extrêmement difficile de tourner cette scène à cause du froid glacial”, se souvient le producteur. Julia Roberts, qui a vécu à New York pendant dix-huit ans, assure qu’elle n’a jamais connu un hiver sur la côte Est équivalent à celui qui s’est abattu sur le tournage de BEN IS BACK. “C’était encore un niveau au-dessus : -34 °C en janvier !” s’étonne l’actrice. “C’était très drôle de se retrouver dans le cercle arctique – aussi connu sous le nom de Westchester. Il y avait vraiment des moments où je me disais ‘Il fait tellement froid que je ne vais pas pouvoir tenir une seconde de plus’, mais finalement on y arrive. Et c’était compensé par le fait de passer du temps dans tous ces endroits pleins de charme”.

UNE RELATION MÈRE-FILS

Malgré le froid polaire, Lucas Hedges et Julia Roberts ont entretenu des rapports chaleureux sur le plateau : “Julia était incroyable”, affirme Lucas Hedges. “Elle est maternelle, attentionnée et humble. J’étais abasourdi qu’une personne considérée depuis des décennies comme une superstar puisse avoir autant les pieds sur terre et être aussi adorable. Elle était là pour moi entre les prises, comme pendant les scènes qu’on tournait ensemble. J’ai travaillé avec de grands acteurs qui n’en font pas autant”. Julia Roberts se réjouit des relations professionnelles et personnelles qu’elle a développées avec son partenaire : “Lucas est quelqu’un que j’aime beaucoup, on est devenu très proches”, explique l’actrice. “Il a beaucoup de talent, c’est une belle personne qui sait se montrer disponible. Il y avait des scènes très éprouvantes et on a eu de la chance d’avoir une telle complicité”.

La plupart des séquences qui se passent de jour ont été filmées avant que l’équipe ne se sépare pour les vacances. En janvier, la production a tourné les scènes de nuit, alors que l’histoire s’assombrit, au sens propre comme au figuré. Peter Hedges remarque que ses acteurs ont fait preuve d’une grande sensibilité dans la façon dont ils ont joué la tension croissante entre mère et fils : “Il y a tellement d’émotion dans le film qu’on finit par se demander ‘Où est la légèreté ? Quand est-ce qu’on reprend son souffle ?’. Julia et Lucas ne peuvent pas sangloter et crier à chaque scène. Ils ont tous les deux eu l’intelligence de sentir les moments où ils devaient exploser et les moments où ils devaient se contenir”. Avec le recul, Lucas a-t-il aimé tourner sous la direction de son père ? “Parfois, le fait de travailler ensemble était un plus, parfois c’était très agaçant”, reconnaît l’acteur qui a fêté ses 21 ans pendant le tournage. “Mais même quand c’était énervant, cela pouvait m’aider car le personnage est lui-même dans une situation de grande frustration. Je pouvais toujours tirer parti de la situation, qu’il me donne un coup de pouce ou qu’il fasse quelque chose qui me faisait bondir juste parce que c’est mon père. Ne vous méprenez pas : je trouve qu’il a accompli un boulot fantastique. Mais c’est normal que je continue parfois à me comporter comme un adolescent grincheux avec lui”.

N’ABANDONNE JAMAIS

Réunissant un casting hollywoodien de premier plan et un scénario d’une finesse et d’une profondeur émotionnelle incomparable, BEN IS BACK invite le public à se mettre à la place d’un parent prêt à tout pour sauver son enfant – mais qui ne sait pas comment s’y prendre, ou même s’il peut y parvenir. “Il y a autant de parcours différents que de familles différentes”, remarque Julia Roberts. “Mais l’idée qu’on essaie de faire passer dans ce film, c’est de ne jamais abandonner l’autre”.

Selon Lucas Hedges, BEN IS BACK offre une représentation, dépourvue de tout jugement, de personnages qui souffrent d’une maladie considérée par beaucoup comme une faiblesse de caractère. “On a tendance à stigmatiser les personnes qui souffrent d’addiction”, précise-t-il. “J’espère qu’on pourra aider les gens à comprendre à quel point c’est dur d’être dans cette situation. J’espère que ceux qui auront vu le film en sortiront plus compatissants”.

BEN IS BACK n’apporte pas des réponses toutes faites, mais s’efforce de porter un regard nuancé sur la réaction de gens bien intentionnés face à des situations qui les dépassent. “Je suis fils de pasteur, si bien que je sais que le rôle d’un sermon consiste à dire aux gens comment mener leur vie”, raconte Peter Hedges. “Je ne pense pas que ce soit celui d’un réalisateur. Ce que je préfère en tant que spectateur, c’est d’avoir l’impression, en sortant de la projection, d’être passé par toutes sortes d’émotions, pas parce qu’on m’a manipulé mais parce qu’on m’a raconté une histoire plausible. Le genre de film où, en quittant la salle de cinéma, on se sent plus vivant et plus ouvert que jamais aux expériences des autres, et où on se rappelle avec force la beauté et la fragilité de la vie. C’est ce genre d’histoire qu’on a voulu raconter dans BEN IS BACK”.  

Source et copyright des textes des notes de production @ Paramount Pictures France 

  
#BenIsBack

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