Fantastique/Famille/Un film à la réalisation imaginative et soignée qui s'adresse aux enfants
Réalisé par Eli Roth
Avec Jack Black, Cate Blanchett, Owen Vaccaro, Sunny Suljic, Colleen Camp, Renée Elise Goldsberry, Kyle MacLachlan, Lorenza Izzo...
Long-métrage Américain
Titre original : The House With a Clock in its Walls
Durée : 01h46mn
Année de production : 2018
Distributeur : Universal Pictures International France
Date de sortie sur les écrans américains : 21 septembre 2018
Date de sortie sur nos écrans : 26 septembre 2018
Résumé : Cette aventure magique raconte le récit frissonnant de Lewis, 10 ans, lorsqu’il part vivre chez son oncle dans une vieille demeure dont les murs résonnent d’un mystérieux tic-tac. Mais lorsque Lewis réveille les morts accidentellement dans cette ville, en apparence tranquille, c’est tout un monde secret de mages et de sorcières qui vient la secouer.
Bande annonce (VOSTFR)
Featurette "Eli Roth trouve sa magie" (VOSTFR)
Ce que j'en ai pensé : LA PROPHÉTIE DE L'HORLOGE est l’adaptation du premier roman, paru en France sous le titre « La Pendule d'Halloween », d’une série écrite par John Bellairs.
Le réalisateur, Eli Roth, est un habitué des films d’horreur. Aussi, il est intéressant de le voir s’essayer au genre fantastique pour enfants. Il s’adresse à sa cible sans défaillir et avec beaucoup de soin. Il leur propose une aventure dans laquelle les décors sont aussi importants que les personnages. En effet, le manoir est le personnage principal de cette histoire qui fait peur de la bonne façon. Eli Roth en fait un lieu mystérieux, très grand, dont on peut facilement imaginer que les plans cachent des couloirs planqués et des pièces enfouies.
La magie opère ici à la fois visuellement grâce aux mille détails qui attirent l’œil et aux effets spéciaux réussis qui viennent donner vie aux objets. Les effets spéciaux sont donc bien maîtrisés et super sympas pour donner une approche du fantastique aux enfants (peut-être pas aux tout-petits tout de même, car certains sont un peu impressionnant).
L’ambiance des années 50 aux Etats-Unis donne un petit côté ancien agréable et bien travaillée à ce long-métrage. Elle permet au réalisateur de lui procurer une atmosphère qui fleure bon l’enfance et une naïveté rafraîchissante. Le scénario mêle des phénomènes paranormaux et des liens familiaux. Il parle aussi de solitude. Bien qu’il y ait plein de bonnes idées et d’inventivité mises en scène, l’histoire ne réussit pas à sortir des sentiers battus pour prendre un envol qui aurait embarqué à la fois les adultes, les ados et les plus jeunes. Le film ne sera pas désagréable pour les parents, mais il ne s’adresse pas à eux.
Les acteurs sont tout à fait convaincants dans leur rôle. Jack Black interprète Jonathan Barnavelt. Il est marrant en oncle farfelu.
Cate Blanchett est une Mrs. Zimmermann décalée, drôle, intelligente avec un côté Mary Poppins non dissimulé. L’actrice, comme à son habitude, sait être touchante et classe en toutes circonstances.
Le petit Owen Vaccaro interprète un Lewis Barnavelt tout mignon. Il a un style qui va très bien avec l’époque du film.
LA PROPHÉTIE DE L'HORLOGE est un film à la réalisation imaginative et soignée. Son scénario n’est pas aussi original qu’on l'aurait souhaité, cependant, ce long-métrage fera une sortie familiale très sympathique pour préparer la fête d’Halloween de cet automne.
Le réalisateur, Eli Roth, est un habitué des films d’horreur. Aussi, il est intéressant de le voir s’essayer au genre fantastique pour enfants. Il s’adresse à sa cible sans défaillir et avec beaucoup de soin. Il leur propose une aventure dans laquelle les décors sont aussi importants que les personnages. En effet, le manoir est le personnage principal de cette histoire qui fait peur de la bonne façon. Eli Roth en fait un lieu mystérieux, très grand, dont on peut facilement imaginer que les plans cachent des couloirs planqués et des pièces enfouies.
La magie opère ici à la fois visuellement grâce aux mille détails qui attirent l’œil et aux effets spéciaux réussis qui viennent donner vie aux objets. Les effets spéciaux sont donc bien maîtrisés et super sympas pour donner une approche du fantastique aux enfants (peut-être pas aux tout-petits tout de même, car certains sont un peu impressionnant).
Les acteurs sont tout à fait convaincants dans leur rôle. Jack Black interprète Jonathan Barnavelt. Il est marrant en oncle farfelu.
Cate Blanchett est une Mrs. Zimmermann décalée, drôle, intelligente avec un côté Mary Poppins non dissimulé. L’actrice, comme à son habitude, sait être touchante et classe en toutes circonstances.
Le petit Owen Vaccaro interprète un Lewis Barnavelt tout mignon. Il a un style qui va très bien avec l’époque du film.
LA PROPHÉTIE DE L'HORLOGE est un film à la réalisation imaginative et soignée. Son scénario n’est pas aussi original qu’on l'aurait souhaité, cependant, ce long-métrage fera une sortie familiale très sympathique pour préparer la fête d’Halloween de cet automne.
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Copyright photos @ Universal Pictures International France |
NOTES DE PRODUCTION
(À ne lire qu'après avoir vu le film pour éviter les spoilers !)
TOUT COMMENCE AVEC LES RÊVES D’UN
ENFANT DE 10 ANS
Cela faisait un petit bout de temps que
Mythology Entertainment voulait travailler avec ERIC KRIPKE le
créateur de la série Supernatural, dont la longévité n’a d’égal
que le succès. Pour le convaincre, la production a jeté son dévolu
sur le livre qui a suscité sa vocation chez ce scénariste à succès
: le premier tome de la série mythique de John Bellairs mettant en
scène les aventures de Lewis Barnavelt.
Eric Kripke a suivi avec enthousiasme
les aventures de ce jeune orphelin, très précoce pour son âge, qui
ne semble pas très à l’aise de prime abord dans sa famille
adoptive. Toujours bouleversé par la mort soudaine de ses parents,
ce garçon timide et introverti se retrouve catapulté dans un monde
de magiciens et de sorcières. Le voici désormais apprenti de son
oncle pour le moins excentrique dans un monde à l’opposé du cocon
familial dont il vient d’être arraché.
Il s’agit du premier des 12 tomes,
qui se sont échelonnés sur une période de 40 ans et dont le
dernier est sorti il y a 10 ans. C’est un véritable classique de
la littérature enfantine : l’histoire d’un orphelin placé dans
un univers qui ne lui est pas familier, auquel il se sent totalement
étranger. Le jeune garçon se retrouve soudain confronté à des
décisions d’adulte et fi nit par trouver une famille là où il
s’y attend le moins. Au fur et à mesure des livres, Lewis apprend
à connaître ses points forts, à les développer et devenir enfi n
lui-même.
Comme beaucoup d’enfants des années
70, Eric Kripke adorait le ton du livre avec ses illustrations
gothiques signées Edward Gorey, qui au fi l des pages pouvaient être
aussi amusantes que donner la chair de poule. Il avait même écrit
une lettre à John Bellairs et ce dernier lui avait répondu !!! Une
vocation était née.
John Bellairs avait un talent certain
pour créer des lieux uniques que chacun aimerait.
Sa description de l’univers de la
nouvelle maison de Lewis, ainsi que de la ville de Zebedee, confère
au livre une atmosphère très particulière. BRAD STRICKLAND,
l’auteur qui a repris la série de livre depuis "Le fantôme
du miroir", nous explique : « John passait souvent devant ce
genre de grandes maisons énigmatiques dans la ville où il a grandi.
Il s’est servi de ses souvenirs d’enfance pour créer la ville de
New Zebedee, cette ville étrange, avec des rues bordées d’arbres
et de maisons plus mystérieuses les unes que les autres. »
Les personnages de cette histoire, tout
comme la maison, semblent appartenir à un autre temps. L’oncle de
Lewis, Jonathan, est ainsi obsédé par la magie qui habite cette
maison, devenue le sanctuaire d’une époque qui n’est plus. De
fait, son accoutrement, pour le moins anachronique, avec son fez et
ses robes de mage, s’inscrit parfaitement dans le cadre étrange de
cette demeure américaine des années 50 dont il se plaît à
entretenir la bizarrerie.
Florence Zimmerman, sa voisine et
meilleure amie, vit elle aussi, dans un temps qui n’est plus :
celui de l’époque révolue de son bonheur passé avant qu’une
terrible tragédie ne brise son cœur et ses pouvoirs magiques. Pour
apaiser sa douleur, elle s’entoure de pourpre, de la couleur de sa
maison à celle de ses robes, la seule couleur qu’elle tolère.
Pour recréer cet univers très
particulier le studio Amblin a fait appel aux talents d’ELI ROTH
qui excelle dans l’art de donner des sueurs froides à ses
spectateurs. Ce réalisateur habitué à des productions bien plus
violentes a sauté sur l’occasion pour de nombreuses raisons, mais
surtout parce que ce livre et Amblin ont été l’un des deux
piliers sur lesquels ses rêves d’enfant s’étaient construits.
Il explique : « J’avais tellement envie que les jeunes
d’aujourd’hui puissent retrouver l’atmosphère de films qui
m’ont fait rêver quand j’étais petit, comme E.T., LES GREMLINS
ou RETOUR VERS LE FUTUR ! Je veux vraiment que ce soit un film plein
d’humour et d’énergie, mais aussi qui fasse peur !!! Cela
faisait longtemps que je voulais faire un film pour les ados, quelque
chose de fantastique dans l’esprit d’Halloween. Et puis j’ai un
lien très spécial avec ce livre, car il se trouve que je
collectionne aussi les dessins d’Edward Gorey ».
Pour la production, une tête brûlée
dans le style d’Eli Roth semblait garante du souffle de jeunesse
et d’irrespect dont le fi lm pouvait avoir besoin. Mais c’est
surtout l’univers du réalisateur ainsi que ses références
cinématographiques qui ont fait la différence. Depuis toujours, il
est passionné par ce que l’humanité peut receler de pire et de
meilleur, et surtout de la manière dont elle se comporte dans
l’adversité...
Et le réalisateur d’acquiescer : «
Cette histoire raconte des choses terribles et interroge
principalement votre capacité à surmonter des tragédies. Et puis
je me suis toujours un peu identifié à Lewis… même si je ne suis
pas orphelin, je me suis toujours senti exclu, étranger à mon
entourage. Et Steven Spielberg m’a donné un conseil en or : "n’en
fais pas des caisses avec les décors, laisse la place à
l’imaginaire des spectateurs, laisse les faire une partie du
travail afin qu’ils se l’approprient." C’est exactement ce
que j’ai voulu faire. »
LE CASTING DE L’ÉTRANGE
JACK BLACK - Jonathan Barnavelt
L’oncle de Lewis, notre jeune héros,
n’est pas un personnage très rassurant de prime abord. Jack Black
possède à la fois le charisme, la drôlerie et surtout la
générosité que nécessitait un tel rôle. Le comédien, qui se
considère toujours comme un grand enfant, a tout de suite été
emballé à l’idée d’interpréter le personnage de ce roman
qu’il avait lui même adoré à l’époque. Comme tous les
personnages de Bellairs, Jonathan est unique, et c’est son
étrangeté qui fait sa spécificité et son attrait. Un moyen de
dire à tous les enfants que c’est en étant eux-mêmes qu’ils
s’épanouiront le mieux et découvriront la magie qui est la leur.
En dépit de la noirceur et des drames qui y sont abordés, le
comédien avait conscience que cette aventure regorgeait de bien des
leçons à tirer ainsi que de beaucoup de sueurs froides car il
renferme un ultimatum : le compte à rebours de l’horloge doit à
tout prix être stoppé pour sauver le monde.
CATE BLANCHETT - Florence Zimmerman
La voisine de Jonathan est une des
sorcières les plus puissantes qui aient jamais existé… même si
elle semble avoir perdu ses pouvoirs quand elle rencontre le jeune
Lewis. Il n’empêche que c’est elle qui guide et encourage Lewis
et son oncle à s’accepter afin de libérer leur magie, et peut
être bien la sienne aussi. Mais elle a besoin de leur confiance
pour le faire, et ce n’est qu’ensemble qu’ils parviendront à
s’affranchir de leurs peurs respectives. La comédienne deux fois
Oscarisée possède l’aura et le magnétisme d’un tel personnage.
Ce rôle était une occasion parfaite selon elle, en tant que parent,
de prendre les jeunes par la main et de partager un moment fort en
émotion.
Le couple que forment ces deux
magiciens qui ne cessent de se chamailler à l’écran donne lieu à
un formidable duo d’acteur, digne du couple Burton / Taylor dans
QUI A PEUR DE VIRGINIA WOOLF, la pièce de théâtre d’Edward
Albee, adaptée au cinéma en par Mike Nichols en 1966. Au-delà de
leurs désaccords et des leurs imperfections il y a une profonde
affection et une grande compréhension entre ces deux-là.
OWEN VACCARO - Lewis Barnavelt
Le jeune héros de cette folle aventure
est un garçon à la fois intelligent, vulnérable et très
attachant. Eli Roth savait qu’il lui faudrait rencontrer beaucoup
de jeunes acteurs avant de trouver le parfait Lewis, à l’image de
Steven Spielberg pour E.T. qui avait casté Henry Thomas après avoir
été ému aux larmes en une seule prise. Owen, malgré son jeune
âge, n’est pas un débutant. Il possède une éthique de travail
très rigoureuse pour quelqu’un de son âge tout en ayant un bon
sens de l’humour et un à-propos déconcertant. Quand il est entré
dans la pièce il y a eu comme une évidence, et le réalisateur a su
immédiatement qu’il avait trouvé son Lewis.
KYLE MacLACHLAN - Isaac Izard
Cette fi gure sinistre récemment
ressuscitée d’entre les morts est aussi terrifiante que
délicieusement glaçante. Mais c’est aussi un génie, et surtout
l’inventeur de l’horloge du destin. Grâce à son flegme et à
son étonnante présence, le comédien fétiche de David Lynch n’a
eu aucun mal à se glisser dans la peau de ce personnage. Après la
reprise de «Twin Peaks», il nous confie que LA PROPHÉTIE DE
L’HORLOGE était le seul script qu’il ait trouvé vraiment
passionnant et qu’il n’a pas hésité une seconde à accepter le
rôle d'Isaac Izard.
RENEE ELISE GOLDSBERRY - Selena Izard
L’épouse de notre vilain en chef est
une sorcière maléfique prête à tout par amour pour son mari, et
qui n’a pas l’intention de laisser contrarier ses plans par les
Barnavelt et consorts. Sa spécialité est la métamorphose, ce qui
lui permet d’apprécier le meilleur des années 50 en Amérique,
sans subir la ségrégation de l’époque…Si la comédienne qui a
triomphé dans la célèbre comédie musicale «Hamilton»
(Lin-Manuel Miranda, 2015) y jouait une force de la nature, elle
change ici de registre pour interpréter le mal incarné.
CHAMBRES SECRÈTES ET MURS DE VELOURS :
LES DÉCORS DE LA PROPHÉTIE
JOHN HUTMAN, le créateur des décors,
avait déjà travaillé avec Eli Roth sur QUIZZ SHOW (Robert Redford,
1994), et les deux hommes se sont entendus à merveille. Au détour
d’une rue de Zebedee, la résidence des Barnavelt est le cœur
névralgique de cette histoire. Ce sombre manoir renferme un secret
qui pourrait être fatal.
Si la luxueuse et mystérieuse maison
qui abrite en son sein la fameuse horloge est un personnage à part
entière, elle s’inscrit dans l’univers très particulier de sa
ville, Zebedee. Située à 30 minutes d’Atlanta en Géorgie, la
petite bourgade de Newman offrait l’ambiance idéale pour
développer l’univers de John Bellairs, avec ses maisons du début
du siècle. Eli Roth voulait que Zebedee soit à mi-chemin entre les
villes européennes des années 40 et la ville typique des années 50
de RETOUR VERS LE FUTUR. Avec sa place et son horloge, Newman était
idéale pour recréer l’atmosphère à la fois désuète, bon
enfant et optimiste tout en technicolor si caractéristique de
l’Amérique de l’après-guerre.
John Hutman nous explique : « Le fait
qu’Eli soit également acteur, producteur et scénariste lui
confère une sensibilité et un instinct particulier quant à la
création de l’ambiance générale d’un film, et il ne laisse
aucun détail de côté. Pour ma part, la perspective de créer de
toutes pièces une maison hantée était plus qu’excitante. Il
était aussi important pour nous deux que les décors reflètent la
personnalité des protagonistes. Et surtout qu’ils soient crédibles
et impressionnants du point de vue d’un enfant de 10 ans. »
Zebedee est une ville où le temps
semble s’être arrêté, dans le style des sitcoms des années 50,
avec une touche d’étrangeté, comme un air de musique légèrement
désaccordé. La maison des Barnavelt est à la fois majestueuse et
terrifiante mais aussi presque décrépite avec le besoin pressant
d’un grand coup de peinture, ce qui lui donne un côté très
humain et attachant. Du papier peint à la cage d’escalier, en
passant par les fenêtres ternies, les horloges étranges et les
animaux empaillés, tout ce mobilier confère à la maison une
atmosphère proche d’un train fantôme, d’un cabinet de
curiosités ainsi qu’un air de terrain de jeu hors pair. C’est
une ambiance qui peut de prime abord sembler hostile, surtout pour un
jeune garçon qui vient d’être arraché si brutalement à la
douceur et la normalité de son cocon familial, mais en y regardant à
deux fois, le tout forme un havre accueillant, chaleureux et surtout
plein d’amour. C’est aussi une maison qui semble avoir une vie à
elle, car elle semble toujours en mouvement, révélant sans cesse de
nouvelles facettes avec ses chambres secrètes et ses corridors
dérobés. Eli Roth développe : « nous voulions qu’elle ressemble
à un labyrinthe magique, avec ses lourdes tentures, ses murs
recouverts de velours, éclairés par des candélabres. Cela devait
être un univers surprenant et impressionnant surtout pour
l’imaginaire d’un jeune orphelin. Il fallait vraiment pouvoir
rendre palpable sa surprise et son étonnement face à ce changement
radical d’atmosphère. Le tout en prenant bien soin de ne pas la
rendre trop pesante ni présente pour garder le focus sur les
personnages. Trop de décors tue le décor, mais pour qu’il se
fasse oublier il fallait qu’il soit parfait et invite les
spectateurs à se laisser porter par l’histoire. »
La maison de Florence, juste à côté,
est elle aussi assez surprenante. Tout y est dans différentes
tonalités de mauve. Et elle-même ne porte que du mauve. Florence
est restée coincée dans l’Amérique des années 20, celle d’avant
la Seconde Guerre Mondiale. Sa maison est une bulle temporelle où
elle garde ses souvenirs intacts à travers des centaines de nuances
de mauve. Le solarium de Jonathan est également un décor
d’exception. La production s’est servie du manoir Candler à
Atlanta, propriété de la légendaire famille Coca-Cola. Construite
dans les années 20, elle est restée longtemps fermée, proche de la
désuétude. Elle a très sporadiquement servi à quelques rares
tournages et son atmosphère collait parfaitement à celle recherchée
par l’équipe du fi lm. lourdes tentures, ses murs recouverts de
velours, éclairés par des candélabres. Cela devait être un
univers surprenant et impressionnant surtout pour l’imaginaire d’un
jeune orphelin. Il fallait vraiment pouvoir rendre palpable sa
surprise et son étonnement face à ce changement radical
d’atmosphère. Le tout en prenant bien soin de ne pas la rendre
trop pesante ni présente pour garder le focus sur les personnages.
Trop de décors tue le décor, mais pour qu’il se fasse oublier il
fallait qu’il soit parfait et invite les spectateurs à se laisser
porter par l’histoire. » La maison de Florence, juste à côté,
est elle aussi assez surprenante. Tout y est dans différentes
tonalités de mauve. Et elle-même ne porte que du mauve. Florence
est restée coincée dans l’Amérique des années 20, celle d’avant
la Seconde Guerre Mondiale. Sa maison est une bulle temporelle où
elle garde ses souvenirs intacts à travers des centaines de nuances
de mauve.
Le solarium de Jonathan est également
un décor d’exception. La production s’est servie du manoir
Candler à Atlanta, propriété de la légendaire famille Coca-Cola.
Construite dans les années 20, elle est restée longtemps fermée,
proche de la désuétude. Elle a très sporadiquement servi à
quelques rares tournages et son atmosphère collait parfaitement à
celle recherchée par l’équipe du film.
UN TOURNAGE PLEIN DE MAGIE
Des poupées vomissantes, aux
automates, en passant par les facéties du siège inclinable ou les
instruments qui n’ont besoin de personne pour jouer des partitions,
LA PROPHÉTIE DE L’HORLOGE réserve bien des surprises et quelques
sueurs froides à ses spectateurs.
LOUIS MORIN s’est chargé des effets
spéciaux, afin de donner vie à tout ce qui d’habitude n’en
possède pas, comme dans LA BELLE ET LA BÊTE (Bill Condon, 2017) où
on lui doit la fabuleuse animation du mobilier.
Quelques scènes resteront gravées à
jamais dans l’esprit de l’équipe de tournage, notamment celle
des potirons, qui restera pour tous les gens présents sur le plateau
un moment mémorable, entre fou rire et dégoût total.
Pour Cate Blanchett, la scène de
l’attaque des automates restera quant à elle la plus terrifiante
du tournage. Elle nous explique : « Quelque part au fond de moi,
bien enfouie, je garde la terreur des clowns et des poupées, qui a
été réveillée par la scène où des pantins normalement adorables
s’animent pour vous foncer dessus. »
Cette scène est inspirée d’un des
numéros classiques de magie, mais l’équipe l’a détournée afin que tout ce qui semblait rassurant déraille de façon effrayante !
La plupart des automates proviennent de la collection de Steven
Spielberg, et certaines d’entre elles sont de vraies antiquités,
ce qui les rend d’autant plus abominables.
Mais il n’y a pas que du côté des
effets spéciaux ou des automates que la magie opérait sur le
tournage. Jack Black a pris des cours avec un des magiciens les plus
talentueux de sa génération, DAVID KWONG, afin d’acquérir la
dextérité nécessaire aux nombreux tours de passe-passe que
requiert cette activité.
LES COSTUMES DE LA PROPHÉTIE
MARTHA STEWWART, la célèbre créatrice
de costumes, apporte son talent à ce film.
Des fez de Jonathan à la garde-robe
uniquement dans les tons de mauve de Florence, les costumes de cet
univers sont à la fois baroques, effrayants et majestueux. Bien que
l’intrigue soit située dans les années 50, les costumes ne se
cantonnent pas à cette période, puisque l’univers des personnages
est totalement hors du temps. Chacun vit avec une appréhension
unique de sa propre réalité, c’est ce qu’on appelle le réalisme
magique.
La garde-robe de Florence par exemple,
déclinée dans tous les tons de mauve, est constituée de textures
et de matières très différentes afin de refléter la
personnalité d’une femme sophistiquée et érudite, sans pour
autant surcharger la note pour ne pas transformer le personnage en
une caricature de sorcière savante. Pour ne pas donner dans la
surenchère avec les décors, l’autre gageure était qu’une femme
habillée de mauve dans une maison drapée de mauve deviendrait
invisible, ou pire pourrait jurer sur des nuances qui ne
s’accorderaient absolument pas.
Sans indications très précises sur
l’origine de Florence à part le fait qu’elle ait vécu à Paris
avec des références à l’Europe de l’Est, son univers se devait
d’être résolument éclectique tout en rappelant la vieille
Europe. Beaucoup de cristal tchécoslovaque a été utilisé et
travaillé avec l’aide de BRAD EINHORN, le responsable des
accessoires, afin de créer un univers tout à la fois référencé
et cohérent.
Si Eli Roth a été ébloui par la
transformation de Cate Blanchett, c’est bien sûr en raison du
raffinement de ses costumes et de sa perruque grise, mais également
grâce à l’extraordinaire capacité de la comédienne à se
transformer juste en changeant sa voix et son attitude. Il nous confie : « C’est la plus grande transformiste depuis Peter Sellers.
Elle est la seule à pouvoir La garde-robe de Florence par exemple,
déclinée dans tous les tons se grimer au point de devenir
méconnaissable, à l’image de Sellers. » de mauve, est constituée
de textures et de matières très différentes afin de refléter la
personnalité d’une femme sophistiquée et érudite, sans pour
autant surcharger la note pour ne pas transformer le personnage en
une caricature de sorcière savante. Pour ne pas donner dans la
surenchère avec les décors, l’autre gageure était qu’une femme
habillée de mauve dans une maison drapée de mauve deviendrait
invisible, ou pire pourrait Sans indications très précises sur
l’origine de Florence à part le fait qu’elle ait vécu à Paris
avec des références à l’Europe de l’Est, son univers se devait
d’être résolument éclectique tout en rappelant la vieille se
grimer au point de devenir méconnaissable, à l’image de Sellers.
»
Pour les costumes de Jonathan, il
fallait trouver un harmonieux mélange entre la magie et la musique.
Inspirés de Modigliani, les pantalons de Jonathan lui permettaient
de paraître plus rustre, rond et terrien en comparaison avec
Florence, plus raffinée, longue et aérienne.
L’éclectisme de son accoutrement est
en fait très moderne, un assemblage de pièces dénichées aux puces
qui deviennent accessoires quand elles sont mélangées avec des
vêtements de tous les jours. Ainsi la veste de cheminot des années
20 qu’il porte devient un accessoire très original combinée avec
des vêtements des années 50. Même si du coup elle lui donne un
côté désuet, elle reflète parfaitement sa personnalité.
Pour le petit Lewis, la créatrice des
costumes a tout de suite pensé à une veste bien boutonnée et des
lunettes, un peu comme un petit Truman Capote ou Bob Newhart. Lewis
est très avancé intellectuellement pour son âge, son vocabulaire
est recherché et il comprend et absorbe tout avec une rapidité
affolante. Intelligent et curieux, il paraît presque plus mature que
son excentrique oncle. Lui aussi fait attention à la manière dont
il s’habille et ses choix deviennent l’expression de sa fantaisie
et au final de ses pouvoirs magiques. Owen Vaccaro adorait son
costume, qu’il porte d’ailleurs dans toutes les scènes sauf
quand il est en pyjama. Les bottines avec le pantalon rentré, le
gilet et la veste sont devenus une extension de son personnage. Il
allait même jusqu’à boutonner les poignets de ses manches pour
rester dans l’esprit sérieux de Lewis, ce que lui en 2018 n’aurait
jamais fait naturellement.
Quant à ceux du sinistre Isaac Izard,
ils sont inspirés du célèbre auteur de romans horrifiques du
début du XXe siècle, H. P. Lovecraft. Costume sombre croisé très
chic et très rigoureux, un col haut fermé d’une cravate noire, le
parfait attirail de l’homme le plus sinistre du monde. Dès qu’on
le voit on pressent le malheur, la rigueur, la sévérité, et
surtout une mystérieuse noirceur… même si au fur et à mesure de
l’histoire se révèle à travers son passé avant la grande
guerre, une tout autre personnalité qui nous le rend du coup plus
humain. Sa femme quant à elle est tout simplement l’antithèse de
Florence. Aux nuances de mauves de la bonne sorcière il fallait
opposer son antithèse chromatique, c’est-à-dire toutes les
nuances de vert pour la vilaine sorcière.
Toute l’équipe du film a développé
des trésors d’imagination pour concocter un fi lm d’horreur
accessible à tous et en famille, où chacun puisse à la fois rire,
sursauter de peur et s’émouvoir.
« Ce film, je l’ai fait avec tout
l’amour du monde. C’est tout à la fois LA MAISON DU DIABLE
(Robert Wise, 1963), PSYCHOSE (Alfred Hitchcock, 1960), LES GOONIES
(Richard Donner, 1885) , et HARMONIUM (Koji Fukada, 2017) à la
portée des plus jeunes ».
Source et copyright des textes des notes de production
@ Universal Pictures International France
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