
Réalisé par Cédric Le Gallo & Maxime Govare
Avec Nicolas Gob, Alban Lenoir, Michaël Abiteboul, David Baiot, Romain Lancry, Roland Menou, Geoffrey Couët, Romain Brau...
Long-métrage Français
Durée: 01h40mn
Année de production: 2019
Distributeur: Universal Pictures International France
Date de sortie sur nos écrans : 8 mai 2019
Résumé : Après avoir tenu des propos homophobes, Mathias Le Goff, vice-champion du monde de natation, est condamné à entraîner "Les Crevettes Pailletées", une équipe de water-polo gay, davantage motivée par la fête que par la compétition. Cet explosif attelage va alors se rendre en Croatie pour participer aux Gay Games, le plus grand rassemblement sportif homosexuel du monde. Le chemin parcouru sera l’occasion pour Mathias de découvrir un univers décalé qui va bousculer tous ses repères et lui permettre de revoir ses priorités dans la vie
Bande annonce (VF)
Ce que j'en ai pensé : LES CREVETTES PAILLETÉES est une comédie qui fait rire parce qu’elle se moque des idées reçues à plein de niveaux et nous embarque dans une aventure haute en couleur avec une équipe de grands enfants super attachants. Les réalisateurs Cédric Le Gallo et Maxime Govare confrontent la virilité et l'homosexualité.
Ils en jouent et se moquent gentiment des excès des deux tout en offrant un bel enthousiasme à leurs protagonistes. Leur mise en scène est dynamique. Les scènes sportives sont bien filmées, on est au centre de l’action.
Ils savent aussi bien mettre en valeur les parties délirantes que les moments plus intimistes. L’humour comme l’émotion sont traités avec efficacité. Le déroulement du scénario est très classique, les rebondissements suivent une ligne directrice sans surprise, cependant, la belle énergie qui se dégage du groupe et l’originalité du contexte donnent à ce film une personnalité attrayante. Les messages sont simples et évidents, mais malheureusement, ils doivent être répétés encore et encore. Et, oui, sous les crevettes et sous les paillettes, il y a des gens avec une histoire, des émotions, des sentiments, des vies. La belle idée mise en pratique ici est de réunir et d’apprendre à connaître les personnes, mais aussi de montrer qu’il est toujours aisé de prendre les autres pour cible y compris au sein de la même communauté.
Les réalisateurs du film Cédric Le Gallo et Maxime Govare
Ils en jouent et se moquent gentiment des excès des deux tout en offrant un bel enthousiasme à leurs protagonistes. Leur mise en scène est dynamique. Les scènes sportives sont bien filmées, on est au centre de l’action.
Ils savent aussi bien mettre en valeur les parties délirantes que les moments plus intimistes. L’humour comme l’émotion sont traités avec efficacité. Le déroulement du scénario est très classique, les rebondissements suivent une ligne directrice sans surprise, cependant, la belle énergie qui se dégage du groupe et l’originalité du contexte donnent à ce film une personnalité attrayante. Les messages sont simples et évidents, mais malheureusement, ils doivent être répétés encore et encore. Et, oui, sous les crevettes et sous les paillettes, il y a des gens avec une histoire, des émotions, des sentiments, des vies. La belle idée mise en pratique ici est de réunir et d’apprendre à connaître les personnes, mais aussi de montrer qu’il est toujours aisé de prendre les autres pour cible y compris au sein de la même communauté.
Les acteurs sont extras parce qu’ils forment un ensemble qui sonne juste. Chacun apporte son grain de sel à l’histoire. Certains sont dans le show, d’autres sont plus discrets, comme autant de parcours et de personnalité qui se réunissent autour d’une cause commune qui prend son élan dans le sport.
Nicolas Gob représente le parfait mâle hétéro buté et compétiteur dans le rôle de Matthias Le Goff. Sa sexualité ne fait jamais aucun doute et dans cette aventure, c’est son système de pensée qui est mis à mal.
Alban Lenoir est excellent dans le rôle de Jean. Il est super touchant et exprime une grande sensibilité.
Michaël Abiteboul est aussi très bon dans son interprétation de Cédric, un père de famille qui a du mal à trouver son équilibre entre sa passion avec ses amis et sa famille qu’il adore.
Michaël Abiteboul est aussi très bon dans son interprétation de Cédric, un père de famille qui a du mal à trouver son équilibre entre sa passion avec ses amis et sa famille qu’il adore.
David Baiot interprète Alex. L’acteur est tout à fait convaincant pour exprimer la douleur de la séparation. Romain Lancry apporte de l’insouciance à l’ensemble dans le rôle de Damien. Roland Menou est un impeccable râleur sous les traits de Joël. Son rôle est intéressant pour poser le sujet du militantisme. Geoffrey Couët interprète Xavier, celui qui dit tout haut ce qu’il pense, quitte à blesser, tout en étant un enthousiaste énergique. Romain Brau interprète l’impressionnant, indispensable et inénarrable Fred. Quant à Félix Martinez, il est le petit jeune qui se découvre au contact de ses amis.
Copyright photos @ Universal Pictures International France
NOTES DE PRODUCTION
(À ne lire qu'après avoir vu le film pour éviter les spoilers !)
Ce film est inspiré de ma véritable équipe de water-polo gay avec qui je parcours le monde depuis 7 ans, de tournois en tournois, dont les derniers Gay Games. Conscient de vivre une aventure unique qui a changé ma vie, j’avais envie de défendre les valeurs qui nous animent : la liberté, le droit à la différence et à l’outrance et surtout le triomphe de la légèreté sur la gravité de la vie. Des valeurs universelles finalement.
CÉDRIC LE GALLO - Co-auteur, co-réalisateur et vraie Crevette
Dès notre première rencontre, Cédric Le Gallo m’a rapporté le récit incroyable des Crevettes et j’ai tout de suite été fasciné par cette aventure aussi folle qu’étrange. Une équipe de water-polo gay plus préoccupée par l’aspect festif que celui du sport en soit : il fallait raconter cette histoire, la porter à l’écran.
MAXIME GOVARE - Co-auteur, co-réalisateur
CÉDRIC LE GALLO
Co-scénariste
et co-réalisateur
QU’EST
CE QU’UNE « CREVETTE PAILLETÉE ?
C’est
un nom qui vient de mon équipe de water-polo. Les « Shiny Shrimps ». L’idée est
venue un soir dans une piscine : crevette pour le côté aquatique. Et pailleté
pour le côté festif. Nous avons traduit le nom pour le film. Il y a donc de
vrais gens derrière ce nom…
COMMENT
AVEZ-VOUS REJOINT CETTE ÉQUIPE DE WATER-POLO ?
À
une époque, je n’avais pas d’amis gays. Un jour, une amie m’a convaincu de
rejoindre cette équipe. Quand je me suis retrouvé avec eux, j’ai trouvé
l’ambiance très sympa. J’y suis retourné et puis de fil en aiguille j’ai très
rapidement participé à des tournois, et des liens très forts se sont créés. Ils
sont devenus mes meilleurs amis. Cette rencontre a changé ma vie… Je ne pensais
pas que le fait d’avoir une bande était si important pour s’épanouir et assumer
ce que l’on est.
POURQUOI
UNE ÉQUIPE DE WATER-POLO GAY ?
Parce
que nous pouvons nous raconter nos problèmes, nos joies, nos peines. La
sexualité, le rapport aux autres, le rapport amoureux, les blagues de vestiaire
ne sont pas tout à fait les mêmes que chez les hétéros. C’est bien de pouvoir
les partager. Et nous aimons tous faire la fête, danser, nous déguiser. C’est d’ailleurs
quelque chose que je fais depuis l’enfance. Nous prolongeons un peu la vie
adolescente…
«
LES CREVETTES PAILLETÉES », C’EST AUSSI UN ÉTAT D’ESPRIT ?
Bien
sûr. Pendant longtemps avec mon équipe de water-polo, nous finissions dernier à
chaque match. Mais nous misions tout sur notre chorégraphie et nos
déguisements. Nous ne visions pas la première marche du podium mais le prix de
la meilleure ambiance. Nous aimons vraiment le water-polo, c’est un sport qui
défoule. Mais contrairement à d’autres équipes, nous n’avons pas cet objectif
de gagner à tout prix. Notre motivation première c’est d’être ensemble.
À
QUEL MOMENT VOUS VOUS ÊTES DIT QU’IL Y AVAIT MATIÈRE À FAIRE UN FILM ?
C’est
assez dingue de vivre ce qu’on vit, c’est à dire une espèce d’amitié très forte
presque adolescente. Des potes qui ont à la fois plein de points communs mais
en même temps qui ont tous des métiers différents, des âges différents, des
histoires différentes.
C’EST
DÉJÀ TRÈS CINÉMATOGRAPHIQUE…
Exactement.
Et rien que le fait de dire en soirée que j’étais dans une équipe de water-polo
gay faisait sourire. Parce que le water- polo est un sport bizarre et le fait
que ce soit gay pousse un peu plus la curiosité. Quand j’ai réalisé mon
programme court pour Canal+ série, « Scènes de culte », j’avais déjà cette idée
en tête. Quand j’en ai parlé à l’un des deux producteurs Edouard Duprey, j’ai
vu son regard s’illuminer. Je tenais le sujet de mon premier film. J’ai
commencé à écrire. L’équipe, c’était l’inspiration mais il fallait raconter une
histoire. Avec Maxime, nous avons donc imaginé cette confrontation entre un
coach homophobe et ces Crevettes Pailletées, deux univers que tout oppose.
À
QUEL POINT LES PERSONNAGES EXISTENT VRAIMENT ?
Il
n’y a aucun personnage qui soit l’exact équivalent d’une Crevette mais il y a
des grands archétypes dans lesquels chacun peut se retrouver. Par exemple le
personnage de Cédric est intéressant parce qu’il raconte ce que vivent
certaines personnes dans mon club, en couple depuis longtemps. Devoir se couper
en deux entre leur famille et leurs amis. Etre une Crevette demande beaucoup
d’énergie et beaucoup de temps. Nous sommes une bande très soudée avec notre
humour, nos références, notre culture, notre passé. C’est difficile de nous partager.
Le personnage de Fred, le transsexuel, n’existe pas dans la vie mais en
revanche nous sommes tous des Fred pour son coté très « show-off », sa passion
pour les chorégraphies et son goût pour la mode. Il y a 3 ou 4 personnes dans
le club qui sont vraiment des Fred, même s’ils n’ont pas fait de transition mais
ils ont ce sens du show, cette volonté de mettre en scène et de briller par
autre chose que les capacités sportives.
QUEL
EST LE PERSONNAGE QUI VOUS RESSEMBLE LE PLUS ?
Il
y a un peu de moi dans tous les personnages en fait. Je suis Vincent il y a 7
ans quand j’ai poussé la porte de ce club de water-polo. Je suis un peu Fred
pour son sens du show et du spectacle. Je suis un peu Xavier par son coté «
gourmand », je peux être Alex quand j’idéalise une relation amoureuse. Cédric, c’est
peut-être le personnage le plus loin de moi. Tous me correspondent à
différentes étapes de ma vie.
POUR
QU’UN FILM CHORAL SOIT RÉUSSI, IL FAUT DES PERSONNAGES AVEC DES DYNAMIQUES TRÈS
DIFFÉRENTES…
Oui,
chacun doit avoir ses enjeux personnels. C’est très important. L’enjeu global,
c’est d’aller aux Gay Games mais chacun a son propre objectif. Pour Fred, c’est
de faire une chorégraphie réussie, pour Jean, c’est de partager du temps avec
ses meilleurs amis tout en leur cachant un lourd secret. Vincent, c’est le
parcours initiatique d’un jeune gay qui débarque à Paris. Alex veut reconquérir
Jean, l’amour de sa vie. Quant à Cédric, il doit concilier sa famille et ses
amis. Chacun a son parcours, son chemin, son enjeu personnel.
CE
SONT DES THÉMATIQUES TRÈS UNIVERSELLES, LIÉES À LA VIE. ON S’ATTACHE À CHACUN,
QU’ON SOIT GAY OU NON…
Oui
car la thématique sous-jacente, c’est le triomphe de la légèreté sur la
gravité. La gravité c’est le personnage de Matthias qui est très austère, qui
mène une vie rigoureuse et dont le seul objectif est d’être champion du monde
de natation, quitte à sacrifier les rapports avec sa fille. Les Crevettes,
c’est une vie de fêtes, d’excès, de joie et de rires. La légèreté est souvent traitée
comme une sous valeur au cinéma. A tort. La légèreté, c’est aussi la politesse
du désespoir, c’est revendiquer la liberté, c’est alléger un peu son sac à dos.
A travers leur légèreté, les Crevettes sont des gens qui, ensemble, se font du
bien.
CE
QUI EST TRÈS FORT DANS CE FILM, C’EST QU’ON NE RESTE PAS EXTÉRIEUR, ON A ENVIE
D’ALLER DANSER ET NAGER AVEC EUX !
On
peut maîtriser ce qu’on écrit mais pas complètement ce qui se passera plus tard
sur le plateau. Est-ce que la magie va opérer ? Est-ce que les gens vont
regarder les crevettes comme des bêtes curieuses ou au contraire, est-ce qu’ils
vont s’identifier ou se dire « je ne connais pas cet univers mais j’ai envie de
le découvrir » ? C’est tout l’enjeu d’un tel projet…
QU’EST
CE QUE VOTRE TRAVAIL DE JOURNALISTE A APPORTÉ À VOTRE TRAVAIL DE SCÉNARISTE ET DE
RÉALISATEUR ?
J’ai
fait beaucoup de reportages et de documentaires, j’ai passé énormément de temps
en salle de montage à travailler le storytelling et la construction narrative.
J’ai aussi suivi une formation avec John Truby qui est une espèce de « script
doctor » iconique d’Hollywood. Il m’a vraiment donné des clés scénaristiques. Quand
j’étais journaliste, j’allais beaucoup sur les plateaux de tournage,
j’observais déjà un peu comment les gens travaillaient…
QUAND
ON VOIT « LES CREVETTES PAILLETÉES », ON PENSE À DES FILMS COMME « THE FULL MONTY
» OU « PRIDE ». EST-CE QUE CE SONT DES RÉFÉRENCES ÉVIDENTES POUR VOUS ?
Oui
! « Pride », c’est la confrontation de deux groupes que tout oppose, des gays
très extravertis et des personnages homophobes. Plutôt que « The Full Monty »,
je dirais « Priscilla, folle du désert » pour l’aspect « road trip » et
extravagant. Nous avions aussi en tête « Little Miss Sunshine », pour le coté
très hétérogène du groupe. Les Crevettes fonctionnent comme une famille, avec
ses tensions, son passé qui ressurgit, mais aussi beaucoup de bienveillance.
COMMENT
AVEZ-VOUS TRAVAILLÉ AVEC MAXIME GOVARE ? EST-CE DIFFICILE D’INCLURE QUELQU’UN À
SES COTÉS QUAND ON RACONTE UN
PEU SON HISTOIRE ?
C’était
une idée des producteurs de faire cette rencontre car je n’avais jamais écrit
de long-métrage. Ce n’est pas simple d’être seul. Nous nous sommes rendu compte
que nous étions très complémentaires. Il avait déjà réalisé deux films, « Toute
première fois » et « Daddy Cool » et écrit aussi beaucoup de téléfilms. Il a
nourri le personnage de Matthias.
Le fait que nous soyons différents a enrichit le script. J’ai pu tester en direct des choses sur quelqu’un qui ne connaît pas l’univers des Crevettes et qui peut dire immédiatement « attends, je ne comprends pas ». Cela permet d’éviter au final un film excluant. L’enjeu, c’est aussi de rendre cet univers accessible au plus grand nombre, sans pour autant le dénaturer.
Le fait que nous soyons différents a enrichit le script. J’ai pu tester en direct des choses sur quelqu’un qui ne connaît pas l’univers des Crevettes et qui peut dire immédiatement « attends, je ne comprends pas ». Cela permet d’éviter au final un film excluant. L’enjeu, c’est aussi de rendre cet univers accessible au plus grand nombre, sans pour autant le dénaturer.
CAR
CE N’EST PAS UN FILM SUR LA COMMUNAUTÉ GAY MAIS AVANT TOUT UNE HISTOIRE DE
BANDE…
Nous
ne cherchons pas à représenter tous les gays évidemment. De la même manière que
« Les Tuche » ne représentent pas tous les hétéros ! Les personnages du film
ressemblent à mes potes. Ce ne sont pas des caricatures, ce sont des
personnalités fortes qui existent vraiment et qui, grâce au groupe, peuvent
exacerber cette partie créative et outrancière que nous avons tous au fond de
nous.
COMMENT
S’EST PASSÉ LE CASTING DES CREVETTES ?
C’était
un travail très complexe. Nous avons eu la chance de travailler avec Coralie
Amedeo qui est une directrice de casting incroyable. A chaque fois qu’un
acteur, déjà présélectionné sur vidéo, passait la porte du casting, c’était un
peu comme un coup de foudre amoureux. Nous savions que c’était lui avant même
qu’il ne commence à jouer. A sa manière de dire bonjour, de rentrer, on pouvait
voir le personnage. Au final le choix était assez évident. Le personnage le
plus difficile à trouver a été celui de Fred. Nous ne sommes pas aux Etats
Unis, il y a très peu d’actrices transgenres en France. Nous avons quand même
voulu en trouver une, dans un souci de réalisme. Après plusieurs semaines de
casting sauvage, nous n’avions toujours pas le personnage. Et puis nous avons
rencontré Romain au cabaret « Madame Arthur » à Pigalle. C’était lui, Fred.
Nous sommes évidemment sur des personnages hauts en couleur car il est hors de
question d’édulcorer la réalité de cette bande d’amis mais les acteurs ont
vraiment aidé à éviter la caricature. Ils étaient vigilants, nous l’étions
tous. Il fallait garder une crédibilité et une forme de finesse malgré tout,
être sur le fil tout le temps. Pour trouver la justesse.
EST-CE
UN FILM MILITANT SELON VOUS ?
LA
question difficile !
PEUT-ÊTRE
UN FILM MILITANT DANS LE FAIT DE PRÔNER UNE VIE SANS REGRETS, D’ÊTRE TEL QU’ON
EST ?
Ces
Crevettes défendent certaines valeurs : vivre sa vie à fond, ne pas se soucier
du regard des autres, aller jusqu’au bout de ce qu’on est. Et puis il y a cette
notion de légèreté assumée, la légèreté comme une valeur. Donc je ne dirais pas
que le film est militant au premier degré comme peut l’être « 120 battements par
minute » mais si le militantisme c’est de donner à voir sa vision du monde,
alors oui. Les Crevettes donnent à voir leur vision du monde.
QU’EST
CE QUE VOUS AIMERIEZ QUE LES SPECTATEURS SE DISENT EN SORTANT DU FILM ?
Qu’ils
soient gay, hétéros, hommes, femmes, peu importe, que les gens nous disent
qu’ils ont très envie de monter dans ce bus et de partir en vacances avec les
Crevettes.
MAXIME
GOVARE
Co-scénariste
et co-réalisateur
UN
ROAD TRIP AVEC NEUF COMÉDIENS, CE N’EST PAS LE FILM DE LA FACILITÉ !
Non,
et c’est exactement pour cela que j’ai voulu travailler sur « Les Crevettes
Pailletées ». Nous n’étions pas trop de deux pour le faire, avec des apports
différents. C’est vraiment un film transgenre qui oscille entre comédie, drame,
avec parfois de l’action, entre le sport, la danse ou même le road trip en lui même.
Techniquement c’est un film où j’ai énormément appris. Je n’imagine même pas
pour Cédric dont c’était le premier film. Il a commencé par la piste noire.
QU’AVIEZ-VOUS
RETENU DE VOS DEUX PREMIERS TOURNAGES ?
Que
le script est LA chose qu’il faut vraiment travailler, même pendant le
tournage. En permanence. Avec autant de comédiens, on découvre parfois la
tonalité en cours de route, il y a des choses à réécrire sans cesse. C’est ce
que nous avons fait quasiment tous les soirs, quelle que soit l’heure à
laquelle nous finissions. C’est un vrai objet mouvant. Si on le maîtrise, il y
a quelque chose d’assez jouissif.
COMMENT
GÉRER NEUF COMÉDIENS ENSEMBLE ?
Comme
une classe d’enfants de 4 ans (Rires). J’ai déjà fait un film avec des enfants,
c’est absolument merveilleux à tourner mais la complexité, c’est de passer son
temps à être mi-copain, mi-tyran. L’effet « groupe » peut vite basculer dans
quelque chose de génial ou d’insupportable selon les circonstances. Mais cela
donne une énergie hors norme !
ET
IL LEUR EN FALLAIT POUR TOURNER LA PLUPART DES SCÈNES DANS L’EAU…
On
ne se rend pas compte mais le water-polo est le sport le plus dur et le plus
physique qu’on puisse imaginer. Certains comédiens flottaient à peine quand
nous les avons rencontrés. Ils ont fait trois mois d’entraînement avant de
commencer le tournage, pour apprendre à nager avec intensité, à faire du
waterpolo pour avoir l’air crédible. Ils ont vraiment souffert.
LE
TOURNAGE A ÉTÉ PARTICULIÈREMENT INTENSE ÉGALEMENT…
Quand
nous sommes arrivés en Croatie, nous venions de les battre en finale de la
Coupe du monde. Donc ils étaient un peu de mauvais poil ! Il faisait
extrêmement chaud et nous n’avions pas accès aux piscines aussi longtemps que
nous le souhaitions. Il a fallu travailler de nuit, tricher des choses, tourner
parfois dans l’eau jusqu’à 4 heures du matin avec des comédiens exténués. Placer
neuf personnes à l’image est souvent un vrai casse-tête, nous avons beaucoup
tourné en plan séquence pour des questions budgétaires et de temps.
QUELLES
ONT ÉTÉ LES SCÈNES LES PLUS COMPLEXES ?
Dès
qu’il y a des scènes dans l’eau, c’est absolument épuisant.
Ce
sont des temps d’inertie très lourds, des problèmes avec la caméra qui prend
l’eau… C’est très dur. Un soir, un orage électrique s’est abattu sur le
tournage. Il a commencé à tomber l’intégralité de la mer sur le plateau, nous
avons perdu 3 heures de tournage à regarder la pluie. Mais il y a quelque chose
d’assez jouissif à se retrouver avec 200 figurants, en maillot de bain, avec un
mégaphone, une grue et le chef opérateur sous l’eau en train de filmer. C’est
un rêve de gosse.
LA
SCÈNE DE LA BOITE DE NUIT A ÉTÉ UN VRAI DÉFI ?
Oui.
Dans le film, il y a 7 minutes qui se passent dans une espèce de piscine
transformée en night-club géant. C’était une journée extrêmement stressante avec
150 figurants que nous avions spécialement fait venir de Paris. Nous n’avions
aucune chance de retourner la scène s’il nous manquait quelque chose. La caméra
devait rentrer dans l’eau et sortir de l’eau pendant le plan séquence, c’était
assez complexe. Nous n’avons eu aucune prise de bonne jusqu’à la dernière qui
était parfaite. A ce moment-là, j’ai découvert que nous étions toute une partie
de l’équipe, derrière le combo, en train de nous tenir les doigts. Il faisait
44 degrés et finalement, une minute avant de devoir couper les lumières, nous
avons réussi. Ce n’était pas loin d’être un orgasme !
« LES GAY GAMES, C’EST COMME LES JO,EN MOINS CHIANT ET AVEC QUE DES BEAUX MECS. »
- c a s t i n g –
Jean
ALBAN
LENOIR
QUELLE CREVETTE ÊTES-VOUS DANS LE FILM ?
Je suis Jean, le personnage qui a créé cette équipe de water-polo, les Crevettes Pailletées.
C’EST
RARE DE VOUS VOIR DANS UNE COMÉDIE !
QU’EST-CE
QUI VOUS A POUSSÉ À DIRE OUI À CE FILM ?
Il
y a plusieurs choses qui sont entrées en ligne de compte au-delà du scénario
qui m’a beaucoup plu. J’ai travaillé dans les milieux gays quand je suis arrivé
à Paris, en tant que serveur et portier. Je connais vraiment bien cette
communauté. Dans ma carrière, on m’a souvent proposé des personnages gays mais j’ai
tout le temps refusé car je n’y voyais pas une vérité ou un message pour cette
communauté. Le scénario des « Crevettes Pailletées » comblait tous ces manques.
J’ai passé des essais pour le personnage de Jean et celui de Matthias, mais je
tenais absolument à jouer Jean…
C’EST
UN BONHEUR DE VOUS VOIR SOURIRE. CE FUT UN LONG COMBAT POUR LES RÉALISATEURS ?
Un
débat de chaque jour surtout ! Il y a un truc que j’adore, c’est avoir tort.
Cédric, le co-réalisateur, me demandait sans cesse de sourire. Et moi je lui
disais : « Mec je vais te mettre mon poing dans la gueule ! » (Rires). Mais au
bout du compte, en voyant le film, je me suis dit qu’il avait entièrement
raison.
Le sourire amène un côté solaire à Jean qui est déterminant.
Le sourire amène un côté solaire à Jean qui est déterminant.
J’ai
été agréablement surpris du résultat.
QUEL
ÉTAIT VOTRE RAPPORT À L’EAU AVANT LE FILM ?
Il
y a deux choses que je déteste dans la vie. L’eau et le froid : j’étais comblé
! L’entraînement a été très difficile. Tu n’as pas pied, tu n’as plus de
cardio, puis on te noie. Je me suis dit que j’allais littéralement mourir ! Il
faut être très fort mentalement et physiquement pour le water-polo.
SE
RETROUVER À NEUF GARÇONS SUR UN TOURNAGE, C’EST PLAISANT ?
Pour
moi c’était un bonheur. Nous avons mis une petite semaine à nous sentir, à nous
renifler, à clarifier certaines choses en groupe, en pensant au film. Nous
voulions sans cesse élever le niveau de chaque scène pour faire vivre cette
amitié. Nous avons eu la chance d’avoir un groupe très soudé. Nous nous sommes
beaucoup aidés dans le jeu parce qu’à neuf, tout va très vite. Et ce sont des
rôles où il ne faut pas en faire trop. Le film est réussi car nous n’essayons
jamais d’être drôles. Ce sont les dialogues et les situations qui le sont.
- c a s t i n g –
Matthias
NICOLAS
GOB
LE
PERSONNAGE DE MATTHIAS N’EST PAS ÉVIDENT.
IL
EST PARTICULIÈREMENT ANTIPATHIQUE !
Il
est antipathique parce qu’il est complètement en dehors de son milieu. C’est un
champion de natation, qui, lors d’une défaite, va perdre son sang-froid et
tenir des propos homophobes. Pour réparer ce faux-pas, il va devoir entraîner
une équipe de water-polo gay. Il va falloir qu’il apprenne à se détendre pour réussir
à installer une communication. J’ai souvent joué des rôles d’homosexuels,
notamment à la télé. Cette fois-ci, je joue le personnage qui va découvrir une
nouvelle manière d’aborder la vie, en même temps que les spectateurs.
VOUS
AVEZ ÉTÉ TOUCHÉ PAR LES VALEURS VÉHICULÉES DANS LE SCÉNARIO ?
Oui
et c’est l’une des raisons pour laquelle je voulais absolument en faire partie.
On est dans l’acceptation de l’autre, pure et dure. C’est de cette manière que
j’élève mes enfants, je pense qu’il n’y a pas de vie sans les autres. Savoir
accepter les différences, c’est essentiel aujourd’hui. A la lecture du
scénario, j’ai trouvé l’âme du film extrêmement bien définie, avec ce côté «
feel good movie » que j’adore. Le message positif est tenu du début à la fin.
C’ÉTAIT
UN TOURNAGE ROCK’N’ROLL PAR RAPPORT À CE QUE VOUS AVEZ CONNU PAR LE PASSÉ ?
En
fait, ça ne ressemblait à rien de ce que j’avais connu par le passé ! (Rires)
Le film n’aurait pas pu se tourner dans des conditions normales car c’est un
film rock’n’roll. C’est parce qu’il s’est tourné de cette manière que les
comédiens se sont découverts et se sont laissés la place. Il y avait une vraie
dualité entre le travail fourni et le plaisir d’être ensemble.
S’IL
DEVAIT NE RESTER QU’UNE IMAGE DE CE TOURNAGE ?
Les
rires. J’ai ri comme rarement sur un film. Tous les comédiens ont un humour
détonnant au possible, assez cynique aussi parfois. Il y avait quelque chose de
très fédérateur sur ce film…
- c a s t i n g –
Cedric
MICHAËL
ABITEBOUL
QUELLE
CREVETTE ÊTES-VOUS ?
Je
suis Cédric, une Crevette un peu rangée mais qui a toujours ses petits démons.
C’est le personnage tiraillé entre ses deux vies, la nouvelle et l’ancienne.
QU’EST-CE
QUI VOUS A POUSSÉ À REJOINDRE LA FOLLE AVENTURE DE CÉDRIC LE GALLO ET MAXIME
GOVARE ?
C’est
très simple : je ne pense pas qu’on me proposera souvent de faire 2 mois
d’entraînement de water-polo ! A chaque nouvelle aventure, je me dis qu’il y a
un défi, qu’il y a quelque chose que je ne sais pas faire et que je vais
apprendre.
VOUS
AVEZ TOUS RÉUSSI À CRÉER UNE BANDE TRÈS SOUDÉE SUR LE TOURNAGE. QUEL EN ÉTAIT LE
CIMENT ?
Ce
n’était pas évident parce que nous étions neuf gars, tous d’horizons
différents. Parce qu’il y avait deux réalisateurs d’expériences différentes,
parce qu’on était beaucoup dans l’eau, parce qu’il fallait trouver comment
exister à neuf, tout le temps, dans le cadre. Mais je pense qu’avec nos
sensibilités différentes, nous avions tous envie d’avancer dans le bon sens. Le
film est plus sensible qu’il n’y paraît, ce n’est pas qu’une franche rigolade.
Il y a quelque chose de magique qui nous a échappé.
Nous
apprenions chaque jour, il y avait une tentative d’améliorer chez tout le
monde. Nous en sommes ressortis vivants et copains, ce n’est pas mal !
ET
S’IL NE DEVAIT RESTER QU’UN « PIRE SOUVENIR » ?
Je
dirais la température de la piscine à Mulhouse qui, même pour les vraies
joueuses de water-polo que nous affrontions, était extrêmement froide. Tout le
monde s’obstinait à nous dire que c’était une température normale, alors que
tout le monde savait qu’on était très en dessous de la température normale !
- c a s t i n g –
Alex
DAVID
BAÏOT
QUELLE
CREVETTE ÊTES-VOUS ?
Je
suis la Crevette Alex. Je travaille pour une banque, je suis le plus
matérialiste de tous. Je veille au confort des autres mais aussi au mien. Je
suis aussi l’amoureux de Jean mais leur histoire a tourné court à cause de sa
maladie. Il y a un goût d’inachevé.
À
QUEL MOMENT AVEZ-VOUS SU QUE VOUS VOULIEZ ABSOLUMENT FAIRE CE FILM ?
Quand
j’ai vu le casting. Je voulais en être. C’est mon premier rôle principal dans
un film. J’étais absolument enchanté que les réalisateurs me choisissent.
VOUS
N’EN AVEZ PAS FAIT VOIR DE TOUTES LES COULEURS AUX DEUX RÉALISATEURS ?
Non,
c’est plutôt l’inverse ! (Rires). Nous avons été plutôt dociles. Nous passions
des journées entières dans l’eau, ce n’était pas évident. Ce n’est pas notre
élément naturel, c’était éprouvant mais l’alchimie était présente. Nous étions
tous animés par la volonté de faire un bon film. Roland était un peu dissipé, il
a la blague facile.
EST-CE
QUE LE TOURNAGE ÉTAIT TRÈS DIFFÉRENT DE CE QUE VOUS AVIEZ CONNU EN TÉLÉ,
NOTAMMENT SUR « PLUS BELLE LA VIE » ?
J’avais
toujours entendu dire que les tournages de long-métrages étaient extrêmement
lents, que tout prenait beaucoup de temps. Sur « Les Crevettes Pailletées »,
c’était totalement le contraire car à neuf sur chaque scène, il fallait aller
vite et ne pas se louper.
QUEL
ÉTAIT VOTRE RAPPORT À L’EAU AVANT LE FILM ?
J’ai
toujours aimé nager mais j’ai découvert une façon beaucoup plus assidue de le
faire. Le water-polo est un sport assez violent et physique qui demande
beaucoup d’entraînement. J’étais à l’aise dans l’eau mais je pensais que je
m’en sortirais beaucoup mieux que ça ! J’ai vite déchanté (Rires). Il faut
avouer que nous n’avons pas été de très bons poloïstes mais c’est raccord avec
les personnages.
VOTRE
MEILLEUR SOUVENIR ?
Une
crise de fou rire avec Geoffrey sous l’eau dans la piscine. C’était l’un des
premiers jours de tournage et nous avons bien failli nous étouffer.
LE
PIRE ?
Quand
je me suis blessé à l’épaule l’un des premiers jours de tournage. Arthropathie.
Sinon, j’avais prévenu tout le monde de faire attention aux oursins en Croatie
et évidemment, le seul qui a marché dessus, c’est moi !
- c a s t i n g –
Xavier
GEOFFREY
COUËT
QUELLE
CREVETTE ÊTES-VOUS ?
Je
suis Xavier. C’est un garçon joyeusement outrancier. Il n’a pas peur d’en faire
trop, de s’assumer, mais toujours dans la joie infinie, et avec un sens de
l’amitié essentiel. Il représente une partie de la communauté gay moderne. Il
ne cherche pas à être plus masculin ou moins féminin. Ou plus normal. Il est
comme il est.
QU’EST-CE
QUI VOUS A DONNÉ ENVIE DE DIRE OUI À CE FILM ?
J’ai
beaucoup aimé le scénario, cette histoire du triomphe de l’amitié. C’est
quelque chose d’essentiel aujourd’hui, probablement plus que la famille ou les
relations amoureuses. Le message d’acceptation est très fort également.
J’espère que le public va être touché. Je viens d’un univers plus « auteur »,
plus théâtreux donc j’ai découvert l’univers de la comédie populaire avec « Les
Crevettes Pailletées ». C’est assez jouissif de se regarder les uns et les
autres, d’être si différents et d’arriver à se lier en faisant un pas de côté
vers l’univers de l’autre. Le partage est joli. La forme raconte le fond.
JUSTEMENT
EN PARLANT DE FOND, COMMENT SE SONT PASSÉS LES ENTRAÎNEMENTS EN PISCINE ?
J’ai
beaucoup de plaisir à nager mais je crois que je n’ai toujours pas compris les
règles du water-polo ou alors, je suis trop lent pour les appliquer ! (Rires).
C’est un sport de brutes qui vous fait vous battre avec trois molosses dans
l’eau tout en essayant d’attraper une balle tout en essayant de viser un
gardien de but ! (Rires). Le fait d’être dans l’eau rend tout épuisant. C’était
intense mais c’est bien de se dépasser. C’est la joie du métier de comédien de
pouvoir d’un seul coup entrer dans un univers totalement autre.
VOTRE
MEILLEUR SOUVENIR ?
Un
fou-rire dans la piscine en Croatie. Nous étions tous épuisés. Cela faisait des
heures qu’on tournait dans l’eau. Roland s’est alors mis à hurler : « On
déteste la Croatie, on déteste le water-polo ! ». Les neufs comédiens se sont
mis à pleurer de rire dans l’eau. La fatigue était oubliée.
- c a s t i n g –
Vincent
FELIX
MARTINEZ
QUELLE
CREVETTE ÊTES-VOUS ?
Je
suis la nouvelle Crevette. Vincent vient de sa campagne où il n’était pas très
bien accepté. Il se retrouve à travailler dans le restaurant de Jean et en
vient à entendre parler des Crevettes. Il découvre sa sexualité et s’ouvre un
peu à la vie dans ce voyage initiatique.
POUR
VOUS AUSSI, C’ÉTAIT UN VOYAGE INITIATIQUE CE PREMIER FILM…
Oui,
c’est la première fois sur les deux tableaux ! (Rires). C’était un peu une
grande colonie. Nous étions nombreux, il y avait quelque chose de bienveillant.
La responsabilité du film était collective. J’étais très chouchouté. J’ai pris
les conseils de chacun. Alban Lenoir m’a particulièrement impressionné. Il est capable
de trembler de froid sous la pluie puis de se métamorphoser dès le « moteur,
action ». Il y a comme une rupture très soudaine. Nicolas et Michael avaient
toujours conscience du raccord, de la position des caméras. Ils avaient une véritable
expertise du métier. Roland a un style très marquant. J’ai beaucoup observé.
QU’EST-CE
QUI VOUS A AMENÉ VERS CE PROJET ?
J’aimais
l’idée que ce film parle de l’homosexualité en la banalisant. Dans le cinéma
français, on a tendance à n’aborder que les problèmes liés au fait d’être gay.
Avec « Les Crevettes Pailletées », l’homosexualité devient grand public. Le ton
est léger, ce n’est pas grave d’y être homosexuel. C’est important d’aborder
enfin les choses de cette manière.
COMMENT
S’EST PASSÉE LA PARTIE AQUATIQUE POUR VOUS ?
Je
déteste l’eau. Je n’étais pas bon du tout mais nous nous sommes beaucoup
entraînés. Je ne crois pas être devenu un as mais à la fin, j’arrivais à rester
dans l’eau sans me noyer.
POUR
VOTRE PREMIER FILM, VOUS AVEZ DROIT À UNE SCÈNE MÉMORABLE…
Oui,
dans la peau de Céline Dion ! J’étais très anxieux de réaliser toute la
chorégraphie en talons. Quand je me suis lancé, j’ai vu tous les copains à
table en train de me regarder, le sourire aux lèvres. Une explosion de joie
pour moi.
- c a s t i n g –
Damien
ROMAIN
LANCRY
QUELLE
CREVETTE ÊTES-VOUS ?
Je
suis Damien, le petit lunaire. Je suis celui qui a toujours deux secondes de
retard sur tout. Ou deux secondes d’avance. Bref, qui n’est jamais là quand il
faut. C’est la pièce rapportée. Au début, on ne sait pas trop pourquoi il est
ami avec eux. On comprend très vite qu’il a été abandonné enfant et que cette bande
de potes, c’est sa famille.
VOUS
AVIEZ DÉJÀ UN PASSIF AVEC MAXIME GOVARE ?
Oui,
Maxime a écrit avec moi la série « Ma pire angoisse » qui était diffusée sur
Canal+. J’ai aimé l’idée de l’avoir en tant que réalisateur, de le voir avec
une autre casquette. J’ai trouvé l’histoire touchante et drôle. C’est
exactement ce qui se dégage à l’image. C’est rare un film fidèle à son scénario.
En général, les choses bougent beaucoup en tournage et en montage. Cédric a apporté
toute la crédibilité gay à cette histoire. Si le film tombe juste, c’est grâce
à lui. Il a tapé en plein cœur. Sans lui, le film aurait été insupportable à
jouer et à regarder.
UNE
COMÉDIE GAY EN FRANCE, C’EST RARE…EST-CE QU’ON EST FRILEUX ?
En
tant qu’acteur non. Il n’y a pas beaucoup de propositions. La dernière comédie
gay remonte à « Pédale Douce » en 95. Les réalisateurs font plutôt des drames
ou des comédies sociales. On parle de maladie, de relations compliquées.
Rarement d’une bande de potes qui s’éclatent. Quand on regarde le film, on a
envie d’en faire partie. Beaucoup de spectateurs vont avoir ce sentiment-là.
VOTRE
RAPPORT À L’EAU AVANT LE FILM ?
Zéro
! Il était nul. J’étais une enclume. Il a fallu apprendre quelques bases qui
nous ont permis de tenir dans l’eau. Le rétropédalage par exemple. Le film m’a
permis de me réconcilier avec la piscine.
UN
MEILLEUR SOUVENIR ?
La
scène de baignade dans le lac. Les réalisateurs nous demandaient des choses à
distance et comme nous étions au milieu de l’eau, nous n’en faisions qu’à notre
tête ! Ils n’avaient aucun moyen de pression sur nous.
- c a s t i n g –
Fred
ROMAIN
BRAU
QUELLE
CREVETTE ÊTES-VOUS ?
Je
suis une Crevette très fatiguée parce que je viens de changer de sexe. Mais on
ne sait pas si j’ai fait toutes les opérations qu’il faut pour être une femme,
une vraie ! Je suis dans les hormones et la chirurgie plastique. Fred est femme
quand elle se réveille et quand elle s’endort.
C’EST
UN PERSONNAGE VRAIMENT INDISPENSABLE AU FILM, C’EST UNE CREVETTE QUI VIENT D’UNE
AUTRE PLANÈTE !
Ce
que j’aime avec Fred, c’est qu’elle est très bourgeoise, très élégante mais
aussi hystérique. Une seule chose l’obsède : le sport et cette chorégraphie
qu’elle veut parfaite. Qu’on la trouve dans la boue, ou sous la pluie en pleine
répétition, elle est en talons aiguilles Louboutin et en cape Gauthier fuchsia.
Elle est haute en couleur, toujours de bonne humeur. Elle est un peu la maman
du groupe.
VOUS
N’ÊTES PAS CONNU DU GRAND PUBLIC, ROMAIN.
D’OÙ
VENEZ-VOUS ?
Je
suis parti vivre à 18 ans à Anvers où j’ai fait l’Académie des Beaux Arts, en
département mode. J’ai créé ma marque, j’avais des magasins entre Paris et la
Belgique, et depuis 3 ans, je travaille au cabaret « Madame Arthur » à Pigalle,
où je suis show girl tous les weekends. J’ai pris goût à la scène et au jeu. Un
soir, les réalisateurs sont venus me voir et m’ont proposé de passer le
casting. Je suis quelqu’un qui adore relever les défis. Si on me dit « tu seras
une transsexuelle, championne de water-polo », je dis banco ! Sur le tournage,
je restais en femme le soir, j’allais au restaurant en femme. C’était mon
personnage pendant 3 mois.
S’IL
NE DEVAIT RESTER QU’UN SOUVENIR DE CE TOURNAGE ?
Quand
nous sommes arrivés en Croatie, dans cette zone balnéaire avec toutes ces
familles sur la plage, et moi en cuissardes or qui allais me faire quelques
longueurs dans la mer. L’accueil des croates a été très chaleureux. C’était
très fort.
- c a s t i n g –
Joel
ROLAND
MENOU
QUELLE
CREVETTE ÊTES-VOUS ?
Je
suis le personnage de Joël, le doyen des Crevettes. C’est un personnage un peu
bougon, très militant, et comme tous les militants, il est hyper despote. Mais
dans l’histoire, je me suis dit que, peut-être, il avait eu une grande histoire
d’amour, une seule et que depuis, il ne s’était rien passé dans sa vie. D’où
son aigreur. C’est un personnage qui gueule tout le temps. Mais il est assez
sympathique.
EST-CE
QUE CE PERSONNAGE VOUS RESSEMBLE ?
Pas
vraiment, même si j’ai des avis sur tout en général. Je peux être assez
despote, du genre « on ne porte pas des tongs en ville ». J’ai des idées un peu
arrêtées que j’exprime auprès de mes camarades que ce soit de boulot ou dans la
vie. Donc en fait, oui, il me ressemble…
IL
FAUT SAVOIR METTRE SON TEMPÉRAMENT DE CÔTÉ QUAND ON TOURNE À NEUF ?
Oui
et non. Moi, j’étais un peu râleur sur le film. Par exemple, je suis exaspéré
par les gens qui sont tout le temps sur leur téléphone ou ceux qui mettent de
la musique entre deux prises donc j’étais tout le temps en train de gueuler
pour que ce soit plus calme, pour être un peu peinard. Mais nous avions la chance
de nous entendre très bien. Ce qui n’était pas gagné. On a souvent tendance à
penser que les actrices sont beaucoup plus cruelles entre elles, mais je pense
que c’est exactement pareil chez les hommes. Les pires des actrices sont des
acteurs en terme de caprices et de comportement ! Mais ce n’était pas le cas
sur ce film.
VOTRE
PERSONNAGE EST SOUVENT DANS LES BUTS. LE TOURNAGE DANS L’EAU ÉTAIT MOINS
FATIGANT POUR VOUS QUE POUR VOS CAMARADES ?
C’est
quand même fatigant parce qu’il faut faire du rétropédalage pour rester à la
surface ! Et j’avais la grosse pression quand je devais rattraper des tirs !
J’ai toujours eu l’habitude de fermer les yeux quand on m’envoyait une balle au
tennis ou au football… Mais on a réussi !
Copyright
photo © Marco ZAVAGNO
Source et copyright des textes des notes de production
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire
Remarque : Seul un membre de ce blog est autorisé à enregistrer un commentaire.