dimanche 5 mai 2019

LES CREVETTES PAILLETÉES



Comédie/Coup de cœur pour cette équipe de grands enfants attachants !

Réalisé par Cédric Le Gallo & Maxime Govare
Avec Nicolas Gob, Alban Lenoir, Michaël Abiteboul, David Baiot, Romain Lancry, Roland Menou, Geoffrey Couët, Romain Brau...

Long-métrage Français
Durée: 01h40mn
Année de production: 2019
Distributeur: Universal Pictures International France

Date de sortie sur nos écrans : 8 mai 2019



Résumé : Après avoir tenu des propos homophobes, Mathias Le Goff, vice-champion du monde de natation, est condamné à entraîner "Les Crevettes Pailletées", une équipe de water-polo gay, davantage motivée par la fête que par la compétition. Cet explosif attelage va alors se rendre en Croatie pour participer aux Gay Games, le plus grand rassemblement sportif homosexuel du monde. Le chemin parcouru sera l’occasion pour Mathias de découvrir un univers décalé qui va bousculer tous ses repères et lui permettre de revoir ses priorités dans la vie

Bande annonce (VF)



Ce que j'en ai penséLES CREVETTES PAILLETÉES est une comédie qui fait rire parce qu’elle se moque des idées reçues à plein de niveaux et nous embarque dans une aventure haute en couleur avec une équipe de grands enfants super attachants. Les réalisateurs Cédric Le Gallo et Maxime Govare confrontent la virilité et l'homosexualité.

Les réalisateurs du film Cédric Le Gallo et Maxime Govare

Ils en jouent et se moquent gentiment des excès des deux tout en offrant un bel enthousiasme à leurs protagonistes. Leur mise en scène est dynamique. Les scènes sportives sont bien filmées, on est au centre de l’action. 


Ils savent aussi bien mettre en valeur les parties délirantes que les moments plus intimistes. L’humour comme l’émotion sont traités avec efficacité. Le déroulement du scénario est très classique, les rebondissements suivent une ligne directrice sans surprise, cependant, la belle énergie qui se dégage du groupe et l’originalité du contexte donnent à ce film une personnalité attrayante. Les messages sont simples et évidents, mais malheureusement, ils doivent être répétés encore et encore. Et, oui, sous les crevettes et sous les paillettes, il y a des gens avec une histoire, des émotions, des sentiments, des vies. La belle idée mise en pratique ici est de réunir et d’apprendre à connaître les personnes, mais aussi de montrer qu’il est toujours aisé de prendre les autres pour cible y compris au sein de la même communauté.

Les acteurs sont extras parce qu’ils forment un ensemble qui sonne juste. Chacun apporte son grain de sel à l’histoire. Certains sont dans le show, d’autres sont plus discrets, comme autant de parcours et de personnalité qui se réunissent autour d’une cause commune qui prend son élan dans le sport.

Nicolas Gob représente le parfait mâle hétéro buté et compétiteur dans le rôle de Matthias Le Goff. Sa sexualité ne fait jamais aucun doute et dans cette aventure, c’est son système de pensée qui est mis à mal.


Alban Lenoir est excellent dans le rôle de Jean. Il est super touchant et exprime une grande sensibilité.


Michaël Abiteboul est aussi très bon dans son interprétation de Cédric, un père de famille qui a du mal à trouver son équilibre entre sa passion avec ses amis et sa famille qu’il adore.


David Baiot interprète Alex. L’acteur est tout à fait convaincant pour exprimer la douleur de la séparation. Romain Lancry apporte de l’insouciance à l’ensemble dans le rôle de Damien. Roland Menou est un impeccable râleur sous les traits de Joël. Son rôle est intéressant pour poser le sujet du militantisme. Geoffrey Couët interprète Xavier, celui qui dit tout haut ce qu’il pense, quitte à blesser, tout en étant un enthousiaste énergique. Romain Brau interprète l’impressionnant, indispensable et inénarrable Fred. Quant à Félix Martinez, il est le petit jeune qui se découvre au contact de ses amis.



LES CREVETTES PAILLETÉES convainc par son bel entrain et par ses personnages pour lesquels on a un coup de cœur. C’est entre rire et larmes qu’on les suit dans leur mission arc-en-ciel qui nous donne envie d’aller les soutenir. Allez les crevettes !

Copyright photos @ Universal Pictures International France

NOTES DE PRODUCTION
(À ne lire qu'après avoir vu le film pour éviter les spoilers !)
Ce film est inspiré de ma véritable équipe de water-polo gay avec qui je parcours le monde depuis 7 ans, de tournois en tournois, dont les derniers Gay Games. Conscient de vivre une aventure unique qui a changé ma vie, j’avais envie de défendre les valeurs qui nous animent : la liberté, le droit à la différence et à l’outrance et surtout le triomphe de la légèreté sur la gravité de la vie. Des valeurs universelles finalement.
CÉDRIC LE GALLO
- Co-auteur, co-réalisateur et vraie Crevette
Dès notre première rencontre, Cédric Le Gallo m’a rapporté le récit incroyable des Crevettes et j’ai tout de suite été fasciné par cette aventure aussi folle qu’étrange. Une équipe de water-polo gay plus préoccupée par l’aspect festif que celui du sport en soit : il fallait raconter cette histoire, la porter à l’écran.
MAXIME GOVARE
- Co-auteur, co-réalisateur
INTERVIEWS

CÉDRIC LE GALLO
Co-scénariste et co-réalisateur

QU’EST CE QU’UNE « CREVETTE PAILLETÉE ?

C’est un nom qui vient de mon équipe de water-polo. Les « Shiny Shrimps ». L’idée est venue un soir dans une piscine : crevette pour le côté aquatique. Et pailleté pour le côté festif. Nous avons traduit le nom pour le film. Il y a donc de vrais gens derrière ce nom…

COMMENT AVEZ-VOUS REJOINT CETTE ÉQUIPE DE WATER-POLO ?

À une époque, je n’avais pas d’amis gays. Un jour, une amie m’a convaincu de rejoindre cette équipe. Quand je me suis retrouvé avec eux, j’ai trouvé l’ambiance très sympa. J’y suis retourné et puis de fil en aiguille j’ai très rapidement participé à des tournois, et des liens très forts se sont créés. Ils sont devenus mes meilleurs amis. Cette rencontre a changé ma vie… Je ne pensais pas que le fait d’avoir une bande était si important pour s’épanouir et assumer ce que l’on est.

POURQUOI UNE ÉQUIPE DE WATER-POLO GAY ?

Parce que nous pouvons nous raconter nos problèmes, nos joies, nos peines. La sexualité, le rapport aux autres, le rapport amoureux, les blagues de vestiaire ne sont pas tout à fait les mêmes que chez les hétéros. C’est bien de pouvoir les partager. Et nous aimons tous faire la fête, danser, nous déguiser. C’est d’ailleurs quelque chose que je fais depuis l’enfance. Nous prolongeons un peu la vie adolescente…

« LES CREVETTES PAILLETÉES », C’EST AUSSI UN ÉTAT D’ESPRIT ?

Bien sûr. Pendant longtemps avec mon équipe de water-polo, nous finissions dernier à chaque match. Mais nous misions tout sur notre chorégraphie et nos déguisements. Nous ne visions pas la première marche du podium mais le prix de la meilleure ambiance. Nous aimons vraiment le water-polo, c’est un sport qui défoule. Mais contrairement à d’autres équipes, nous n’avons pas cet objectif de gagner à tout prix. Notre motivation première c’est d’être ensemble.

À QUEL MOMENT VOUS VOUS ÊTES DIT QU’IL Y AVAIT MATIÈRE À FAIRE UN FILM ?

C’est assez dingue de vivre ce qu’on vit, c’est à dire une espèce d’amitié très forte presque adolescente. Des potes qui ont à la fois plein de points communs mais en même temps qui ont tous des métiers différents, des âges différents, des histoires différentes.

C’EST DÉJÀ TRÈS CINÉMATOGRAPHIQUE…

Exactement. Et rien que le fait de dire en soirée que j’étais dans une équipe de water-polo gay faisait sourire. Parce que le water- polo est un sport bizarre et le fait que ce soit gay pousse un peu plus la curiosité. Quand j’ai réalisé mon programme court pour Canal+ série, « Scènes de culte », j’avais déjà cette idée en tête. Quand j’en ai parlé à l’un des deux producteurs Edouard Duprey, j’ai vu son regard s’illuminer. Je tenais le sujet de mon premier film. J’ai commencé à écrire. L’équipe, c’était l’inspiration mais il fallait raconter une histoire. Avec Maxime, nous avons donc imaginé cette confrontation entre un coach homophobe et ces Crevettes Pailletées, deux univers que tout oppose.

À QUEL POINT LES PERSONNAGES EXISTENT VRAIMENT ?

Il n’y a aucun personnage qui soit l’exact équivalent d’une Crevette mais il y a des grands archétypes dans lesquels chacun peut se retrouver. Par exemple le personnage de Cédric est intéressant parce qu’il raconte ce que vivent certaines personnes dans mon club, en couple depuis longtemps. Devoir se couper en deux entre leur famille et leurs amis. Etre une Crevette demande beaucoup d’énergie et beaucoup de temps. Nous sommes une bande très soudée avec notre humour, nos références, notre culture, notre passé. C’est difficile de nous partager. Le personnage de Fred, le transsexuel, n’existe pas dans la vie mais en revanche nous sommes tous des Fred pour son coté très « show-off », sa passion pour les chorégraphies et son goût pour la mode. Il y a 3 ou 4 personnes dans le club qui sont vraiment des Fred, même s’ils n’ont pas fait de transition mais ils ont ce sens du show, cette volonté de mettre en scène et de briller par autre chose que les capacités sportives.

QUEL EST LE PERSONNAGE QUI VOUS RESSEMBLE LE PLUS ?

Il y a un peu de moi dans tous les personnages en fait. Je suis Vincent il y a 7 ans quand j’ai poussé la porte de ce club de water-polo. Je suis un peu Fred pour son sens du show et du spectacle. Je suis un peu Xavier par son coté « gourmand », je peux être Alex quand j’idéalise une relation amoureuse. Cédric, c’est peut-être le personnage le plus loin de moi. Tous me correspondent à différentes étapes de ma vie.

POUR QU’UN FILM CHORAL SOIT RÉUSSI, IL FAUT DES PERSONNAGES AVEC DES DYNAMIQUES TRÈS DIFFÉRENTES…

Oui, chacun doit avoir ses enjeux personnels. C’est très important. L’enjeu global, c’est d’aller aux Gay Games mais chacun a son propre objectif. Pour Fred, c’est de faire une chorégraphie réussie, pour Jean, c’est de partager du temps avec ses meilleurs amis tout en leur cachant un lourd secret. Vincent, c’est le parcours initiatique d’un jeune gay qui débarque à Paris. Alex veut reconquérir Jean, l’amour de sa vie. Quant à Cédric, il doit concilier sa famille et ses amis. Chacun a son parcours, son chemin, son enjeu personnel.

CE SONT DES THÉMATIQUES TRÈS UNIVERSELLES, LIÉES À LA VIE. ON S’ATTACHE À CHACUN, QU’ON SOIT GAY OU NON…

Oui car la thématique sous-jacente, c’est le triomphe de la légèreté sur la gravité. La gravité c’est le personnage de Matthias qui est très austère, qui mène une vie rigoureuse et dont le seul objectif est d’être champion du monde de natation, quitte à sacrifier les rapports avec sa fille. Les Crevettes, c’est une vie de fêtes, d’excès, de joie et de rires. La légèreté est souvent traitée comme une sous valeur au cinéma. A tort. La légèreté, c’est aussi la politesse du désespoir, c’est revendiquer la liberté, c’est alléger un peu son sac à dos. A travers leur légèreté, les Crevettes sont des gens qui, ensemble, se font du bien.

CE QUI EST TRÈS FORT DANS CE FILM, C’EST QU’ON NE RESTE PAS EXTÉRIEUR, ON A ENVIE D’ALLER DANSER ET NAGER AVEC EUX !

On peut maîtriser ce qu’on écrit mais pas complètement ce qui se passera plus tard sur le plateau. Est-ce que la magie va opérer ? Est-ce que les gens vont regarder les crevettes comme des bêtes curieuses ou au contraire, est-ce qu’ils vont s’identifier ou se dire « je ne connais pas cet univers mais j’ai envie de le découvrir » ? C’est tout l’enjeu d’un tel projet…

QU’EST CE QUE VOTRE TRAVAIL DE JOURNALISTE A APPORTÉ À VOTRE TRAVAIL DE SCÉNARISTE ET DE RÉALISATEUR ?

J’ai fait beaucoup de reportages et de documentaires, j’ai passé énormément de temps en salle de montage à travailler le storytelling et la construction narrative. J’ai aussi suivi une formation avec John Truby qui est une espèce de « script doctor » iconique d’Hollywood. Il m’a vraiment donné des clés scénaristiques. Quand j’étais journaliste, j’allais beaucoup sur les plateaux de tournage, j’observais déjà un peu comment les gens travaillaient…

QUAND ON VOIT « LES CREVETTES PAILLETÉES », ON PENSE À DES FILMS COMME « THE FULL MONTY » OU « PRIDE ». EST-CE QUE CE SONT DES RÉFÉRENCES ÉVIDENTES POUR VOUS ?

Oui ! « Pride », c’est la confrontation de deux groupes que tout oppose, des gays très extravertis et des personnages homophobes. Plutôt que « The Full Monty », je dirais « Priscilla, folle du désert » pour l’aspect « road trip » et extravagant. Nous avions aussi en tête « Little Miss Sunshine », pour le coté très hétérogène du groupe. Les Crevettes fonctionnent comme une famille, avec ses tensions, son passé qui ressurgit, mais aussi beaucoup de bienveillance.

COMMENT AVEZ-VOUS TRAVAILLÉ AVEC MAXIME GOVARE ? EST-CE DIFFICILE D’INCLURE QUELQU’UN À SES COTÉS QUAND ON RACONTE UN PEU SON HISTOIRE ?

C’était une idée des producteurs de faire cette rencontre car je n’avais jamais écrit de long-métrage. Ce n’est pas simple d’être seul. Nous nous sommes rendu compte que nous étions très complémentaires. Il avait déjà réalisé deux films, « Toute première fois » et « Daddy Cool » et écrit aussi beaucoup de téléfilms. Il a nourri le personnage de Matthias. 

Le fait que nous soyons différents a enrichit le script. J’ai pu tester en direct des choses sur quelqu’un qui ne connaît pas l’univers des Crevettes et qui peut dire immédiatement « attends, je ne comprends pas ». Cela permet d’éviter au final un film excluant. L’enjeu, c’est aussi de rendre cet univers accessible au plus grand nombre, sans pour autant le dénaturer.

CAR CE N’EST PAS UN FILM SUR LA COMMUNAUTÉ GAY MAIS AVANT TOUT UNE HISTOIRE DE BANDE…

Nous ne cherchons pas à représenter tous les gays évidemment. De la même manière que « Les Tuche » ne représentent pas tous les hétéros ! Les personnages du film ressemblent à mes potes. Ce ne sont pas des caricatures, ce sont des personnalités fortes qui existent vraiment et qui, grâce au groupe, peuvent exacerber cette partie créative et outrancière que nous avons tous au fond de nous.

COMMENT S’EST PASSÉ LE CASTING DES CREVETTES ?

C’était un travail très complexe. Nous avons eu la chance de travailler avec Coralie Amedeo qui est une directrice de casting incroyable. A chaque fois qu’un acteur, déjà présélectionné sur vidéo, passait la porte du casting, c’était un peu comme un coup de foudre amoureux. Nous savions que c’était lui avant même qu’il ne commence à jouer. A sa manière de dire bonjour, de rentrer, on pouvait voir le personnage. Au final le choix était assez évident. Le personnage le plus difficile à trouver a été celui de Fred. Nous ne sommes pas aux Etats Unis, il y a très peu d’actrices transgenres en France. Nous avons quand même voulu en trouver une, dans un souci de réalisme. Après plusieurs semaines de casting sauvage, nous n’avions toujours pas le personnage. Et puis nous avons rencontré Romain au cabaret « Madame Arthur » à Pigalle. C’était lui, Fred. Nous sommes évidemment sur des personnages hauts en couleur car il est hors de question d’édulcorer la réalité de cette bande d’amis mais les acteurs ont vraiment aidé à éviter la caricature. Ils étaient vigilants, nous l’étions tous. Il fallait garder une crédibilité et une forme de finesse malgré tout, être sur le fil tout le temps. Pour trouver la justesse.

EST-CE UN FILM MILITANT SELON VOUS ?

LA question difficile !

PEUT-ÊTRE UN FILM MILITANT DANS LE FAIT DE PRÔNER UNE VIE SANS REGRETS, D’ÊTRE TEL QU’ON EST ?

Ces Crevettes défendent certaines valeurs : vivre sa vie à fond, ne pas se soucier du regard des autres, aller jusqu’au bout de ce qu’on est. Et puis il y a cette notion de légèreté assumée, la légèreté comme une valeur. Donc je ne dirais pas que le film est militant au premier degré comme peut l’être « 120 battements par minute » mais si le militantisme c’est de donner à voir sa vision du monde, alors oui. Les Crevettes donnent à voir leur vision du monde.

QU’EST CE QUE VOUS AIMERIEZ QUE LES SPECTATEURS SE DISENT EN SORTANT DU FILM ?

Qu’ils soient gay, hétéros, hommes, femmes, peu importe, que les gens nous disent qu’ils ont très envie de monter dans ce bus et de partir en vacances avec les Crevettes.

MAXIME GOVARE
Co-scénariste et co-réalisateur

UN ROAD TRIP AVEC NEUF COMÉDIENS, CE N’EST PAS LE FILM DE LA FACILITÉ !

Non, et c’est exactement pour cela que j’ai voulu travailler sur « Les Crevettes Pailletées ». Nous n’étions pas trop de deux pour le faire, avec des apports différents. C’est vraiment un film transgenre qui oscille entre comédie, drame, avec parfois de l’action, entre le sport, la danse ou même le road trip en lui même. Techniquement c’est un film où j’ai énormément appris. Je n’imagine même pas pour Cédric dont c’était le premier film. Il a commencé par la piste noire.

QU’AVIEZ-VOUS RETENU DE VOS DEUX PREMIERS TOURNAGES ?

Que le script est LA chose qu’il faut vraiment travailler, même pendant le tournage. En permanence. Avec autant de comédiens, on découvre parfois la tonalité en cours de route, il y a des choses à réécrire sans cesse. C’est ce que nous avons fait quasiment tous les soirs, quelle que soit l’heure à laquelle nous finissions. C’est un vrai objet mouvant. Si on le maîtrise, il y a quelque chose d’assez jouissif.

COMMENT GÉRER NEUF COMÉDIENS ENSEMBLE ?

Comme une classe d’enfants de 4 ans (Rires). J’ai déjà fait un film avec des enfants, c’est absolument merveilleux à tourner mais la complexité, c’est de passer son temps à être mi-copain, mi-tyran. L’effet « groupe » peut vite basculer dans quelque chose de génial ou d’insupportable selon les circonstances. Mais cela donne une énergie hors norme !

ET IL LEUR EN FALLAIT POUR TOURNER LA PLUPART DES SCÈNES DANS L’EAU…

On ne se rend pas compte mais le water-polo est le sport le plus dur et le plus physique qu’on puisse imaginer. Certains comédiens flottaient à peine quand nous les avons rencontrés. Ils ont fait trois mois d’entraînement avant de commencer le tournage, pour apprendre à nager avec intensité, à faire du waterpolo pour avoir l’air crédible. Ils ont vraiment souffert.

LE TOURNAGE A ÉTÉ PARTICULIÈREMENT INTENSE ÉGALEMENT…

Quand nous sommes arrivés en Croatie, nous venions de les battre en finale de la Coupe du monde. Donc ils étaient un peu de mauvais poil ! Il faisait extrêmement chaud et nous n’avions pas accès aux piscines aussi longtemps que nous le souhaitions. Il a fallu travailler de nuit, tricher des choses, tourner parfois dans l’eau jusqu’à 4 heures du matin avec des comédiens exténués. Placer neuf personnes à l’image est souvent un vrai casse-tête, nous avons beaucoup tourné en plan séquence pour des questions budgétaires et de temps.

QUELLES ONT ÉTÉ LES SCÈNES LES PLUS COMPLEXES ?

Dès qu’il y a des scènes dans l’eau, c’est absolument épuisant.

Ce sont des temps d’inertie très lourds, des problèmes avec la caméra qui prend l’eau… C’est très dur. Un soir, un orage électrique s’est abattu sur le tournage. Il a commencé à tomber l’intégralité de la mer sur le plateau, nous avons perdu 3 heures de tournage à regarder la pluie. Mais il y a quelque chose d’assez jouissif à se retrouver avec 200 figurants, en maillot de bain, avec un mégaphone, une grue et le chef opérateur sous l’eau en train de filmer. C’est un rêve de gosse.

LA SCÈNE DE LA BOITE DE NUIT A ÉTÉ UN VRAI DÉFI ?

Oui. Dans le film, il y a 7 minutes qui se passent dans une espèce de piscine transformée en night-club géant. C’était une journée extrêmement stressante avec 150 figurants que nous avions spécialement fait venir de Paris. Nous n’avions aucune chance de retourner la scène s’il nous manquait quelque chose. La caméra devait rentrer dans l’eau et sortir de l’eau pendant le plan séquence, c’était assez complexe. Nous n’avons eu aucune prise de bonne jusqu’à la dernière qui était parfaite. A ce moment-là, j’ai découvert que nous étions toute une partie de l’équipe, derrière le combo, en train de nous tenir les doigts. Il faisait 44 degrés et finalement, une minute avant de devoir couper les lumières, nous avons réussi. Ce n’était pas loin d’être un orgasme !
« LES GAY GAMES, C’EST COMME LES JO,EN MOINS CHIANT ET AVEC QUE DES BEAUX MECS. »
- c a s t i n g –
Jean
ALBAN LENOIR

QUELLE CREVETTE ÊTES-VOUS DANS LE FILM ?

Je suis Jean, le personnage qui a créé cette équipe de water-polo, les Crevettes Pailletées.

C’EST RARE DE VOUS VOIR DANS UNE COMÉDIE !
QU’EST-CE QUI VOUS A POUSSÉ À DIRE OUI À CE FILM ?

Il y a plusieurs choses qui sont entrées en ligne de compte au-delà du scénario qui m’a beaucoup plu. J’ai travaillé dans les milieux gays quand je suis arrivé à Paris, en tant que serveur et portier. Je connais vraiment bien cette communauté. Dans ma carrière, on m’a souvent proposé des personnages gays mais j’ai tout le temps refusé car je n’y voyais pas une vérité ou un message pour cette communauté. Le scénario des « Crevettes Pailletées » comblait tous ces manques. J’ai passé des essais pour le personnage de Jean et celui de Matthias, mais je tenais absolument à jouer Jean…

C’EST UN BONHEUR DE VOUS VOIR SOURIRE. CE FUT UN LONG COMBAT POUR LES RÉALISATEURS ?

Un débat de chaque jour surtout ! Il y a un truc que j’adore, c’est avoir tort. Cédric, le co-réalisateur, me demandait sans cesse de sourire. Et moi je lui disais : « Mec je vais te mettre mon poing dans la gueule ! » (Rires). Mais au bout du compte, en voyant le film, je me suis dit qu’il avait entièrement raison.
Le sourire amène un côté solaire à Jean qui est déterminant.
J’ai été agréablement surpris du résultat.

QUEL ÉTAIT VOTRE RAPPORT À L’EAU AVANT LE FILM ?

Il y a deux choses que je déteste dans la vie. L’eau et le froid : j’étais comblé ! L’entraînement a été très difficile. Tu n’as pas pied, tu n’as plus de cardio, puis on te noie. Je me suis dit que j’allais littéralement mourir ! Il faut être très fort mentalement et physiquement pour le water-polo.

SE RETROUVER À NEUF GARÇONS SUR UN TOURNAGE, C’EST PLAISANT ?

Pour moi c’était un bonheur. Nous avons mis une petite semaine à nous sentir, à nous renifler, à clarifier certaines choses en groupe, en pensant au film. Nous voulions sans cesse élever le niveau de chaque scène pour faire vivre cette amitié. Nous avons eu la chance d’avoir un groupe très soudé. Nous nous sommes beaucoup aidés dans le jeu parce qu’à neuf, tout va très vite. Et ce sont des rôles où il ne faut pas en faire trop. Le film est réussi car nous n’essayons jamais d’être drôles. Ce sont les dialogues et les situations qui le sont.

- c a s t i n g –
Matthias
NICOLAS GOB

LE PERSONNAGE DE MATTHIAS N’EST PAS ÉVIDENT.
IL EST PARTICULIÈREMENT ANTIPATHIQUE !

Il est antipathique parce qu’il est complètement en dehors de son milieu. C’est un champion de natation, qui, lors d’une défaite, va perdre son sang-froid et tenir des propos homophobes. Pour réparer ce faux-pas, il va devoir entraîner une équipe de water-polo gay. Il va falloir qu’il apprenne à se détendre pour réussir à installer une communication. J’ai souvent joué des rôles d’homosexuels, notamment à la télé. Cette fois-ci, je joue le personnage qui va découvrir une nouvelle manière d’aborder la vie, en même temps que les spectateurs.

VOUS AVEZ ÉTÉ TOUCHÉ PAR LES VALEURS VÉHICULÉES DANS LE SCÉNARIO ?

Oui et c’est l’une des raisons pour laquelle je voulais absolument en faire partie. On est dans l’acceptation de l’autre, pure et dure. C’est de cette manière que j’élève mes enfants, je pense qu’il n’y a pas de vie sans les autres. Savoir accepter les différences, c’est essentiel aujourd’hui. A la lecture du scénario, j’ai trouvé l’âme du film extrêmement bien définie, avec ce côté « feel good movie » que j’adore. Le message positif est tenu du début à la fin.

C’ÉTAIT UN TOURNAGE ROCK’N’ROLL PAR RAPPORT À CE QUE VOUS AVEZ CONNU PAR LE PASSÉ ?

En fait, ça ne ressemblait à rien de ce que j’avais connu par le passé ! (Rires) Le film n’aurait pas pu se tourner dans des conditions normales car c’est un film rock’n’roll. C’est parce qu’il s’est tourné de cette manière que les comédiens se sont découverts et se sont laissés la place. Il y avait une vraie dualité entre le travail fourni et le plaisir d’être ensemble.

S’IL DEVAIT NE RESTER QU’UNE IMAGE DE CE TOURNAGE ?

Les rires. J’ai ri comme rarement sur un film. Tous les comédiens ont un humour détonnant au possible, assez cynique aussi parfois. Il y avait quelque chose de très fédérateur sur ce film…

- c a s t i n g –
Cedric
MICHAËL ABITEBOUL

QUELLE CREVETTE ÊTES-VOUS ?

Je suis Cédric, une Crevette un peu rangée mais qui a toujours ses petits démons. C’est le personnage tiraillé entre ses deux vies, la nouvelle et l’ancienne.

QU’EST-CE QUI VOUS A POUSSÉ À REJOINDRE LA FOLLE AVENTURE DE CÉDRIC LE GALLO ET MAXIME GOVARE ?

C’est très simple : je ne pense pas qu’on me proposera souvent de faire 2 mois d’entraînement de water-polo ! A chaque nouvelle aventure, je me dis qu’il y a un défi, qu’il y a quelque chose que je ne sais pas faire et que je vais apprendre.

VOUS AVEZ TOUS RÉUSSI À CRÉER UNE BANDE TRÈS SOUDÉE SUR LE TOURNAGE. QUEL EN ÉTAIT LE CIMENT ?

Ce n’était pas évident parce que nous étions neuf gars, tous d’horizons différents. Parce qu’il y avait deux réalisateurs d’expériences différentes, parce qu’on était beaucoup dans l’eau, parce qu’il fallait trouver comment exister à neuf, tout le temps, dans le cadre. Mais je pense qu’avec nos sensibilités différentes, nous avions tous envie d’avancer dans le bon sens. Le film est plus sensible qu’il n’y paraît, ce n’est pas qu’une franche rigolade. Il y a quelque chose de magique qui nous a échappé.

Nous apprenions chaque jour, il y avait une tentative d’améliorer chez tout le monde. Nous en sommes ressortis vivants et copains, ce n’est pas mal !

ET S’IL NE DEVAIT RESTER QU’UN « PIRE SOUVENIR » ?

Je dirais la température de la piscine à Mulhouse qui, même pour les vraies joueuses de water-polo que nous affrontions, était extrêmement froide. Tout le monde s’obstinait à nous dire que c’était une température normale, alors que tout le monde savait qu’on était très en dessous de la température normale !

- c a s t i n g –
Alex
DAVID BAÏOT

QUELLE CREVETTE ÊTES-VOUS ?

Je suis la Crevette Alex. Je travaille pour une banque, je suis le plus matérialiste de tous. Je veille au confort des autres mais aussi au mien. Je suis aussi l’amoureux de Jean mais leur histoire a tourné court à cause de sa maladie. Il y a un goût d’inachevé.

À QUEL MOMENT AVEZ-VOUS SU QUE VOUS VOULIEZ ABSOLUMENT FAIRE CE FILM ?

Quand j’ai vu le casting. Je voulais en être. C’est mon premier rôle principal dans un film. J’étais absolument enchanté que les réalisateurs me choisissent.

VOUS N’EN AVEZ PAS FAIT VOIR DE TOUTES LES COULEURS AUX DEUX RÉALISATEURS ?

Non, c’est plutôt l’inverse ! (Rires). Nous avons été plutôt dociles. Nous passions des journées entières dans l’eau, ce n’était pas évident. Ce n’est pas notre élément naturel, c’était éprouvant mais l’alchimie était présente. Nous étions tous animés par la volonté de faire un bon film. Roland était un peu dissipé, il a la blague facile.

EST-CE QUE LE TOURNAGE ÉTAIT TRÈS DIFFÉRENT DE CE QUE VOUS AVIEZ CONNU EN TÉLÉ, NOTAMMENT SUR « PLUS BELLE LA VIE » ?

J’avais toujours entendu dire que les tournages de long-métrages étaient extrêmement lents, que tout prenait beaucoup de temps. Sur « Les Crevettes Pailletées », c’était totalement le contraire car à neuf sur chaque scène, il fallait aller vite et ne pas se louper.

QUEL ÉTAIT VOTRE RAPPORT À L’EAU AVANT LE FILM ?

J’ai toujours aimé nager mais j’ai découvert une façon beaucoup plus assidue de le faire. Le water-polo est un sport assez violent et physique qui demande beaucoup d’entraînement. J’étais à l’aise dans l’eau mais je pensais que je m’en sortirais beaucoup mieux que ça ! J’ai vite déchanté (Rires). Il faut avouer que nous n’avons pas été de très bons poloïstes mais c’est raccord avec les personnages.

VOTRE MEILLEUR SOUVENIR ?

Une crise de fou rire avec Geoffrey sous l’eau dans la piscine. C’était l’un des premiers jours de tournage et nous avons bien failli nous étouffer.

LE PIRE ?

Quand je me suis blessé à l’épaule l’un des premiers jours de tournage. Arthropathie. Sinon, j’avais prévenu tout le monde de faire attention aux oursins en Croatie et évidemment, le seul qui a marché dessus, c’est moi !

- c a s t i n g –
Xavier
GEOFFREY COUËT

QUELLE CREVETTE ÊTES-VOUS ?

Je suis Xavier. C’est un garçon joyeusement outrancier. Il n’a pas peur d’en faire trop, de s’assumer, mais toujours dans la joie infinie, et avec un sens de l’amitié essentiel. Il représente une partie de la communauté gay moderne. Il ne cherche pas à être plus masculin ou moins féminin. Ou plus normal. Il est comme il est.

QU’EST-CE QUI VOUS A DONNÉ ENVIE DE DIRE OUI À CE FILM ?

J’ai beaucoup aimé le scénario, cette histoire du triomphe de l’amitié. C’est quelque chose d’essentiel aujourd’hui, probablement plus que la famille ou les relations amoureuses. Le message d’acceptation est très fort également. J’espère que le public va être touché. Je viens d’un univers plus « auteur », plus théâtreux donc j’ai découvert l’univers de la comédie populaire avec « Les Crevettes Pailletées ». C’est assez jouissif de se regarder les uns et les autres, d’être si différents et d’arriver à se lier en faisant un pas de côté vers l’univers de l’autre. Le partage est joli. La forme raconte le fond.

JUSTEMENT EN PARLANT DE FOND, COMMENT SE SONT PASSÉS LES ENTRAÎNEMENTS EN PISCINE ?

J’ai beaucoup de plaisir à nager mais je crois que je n’ai toujours pas compris les règles du water-polo ou alors, je suis trop lent pour les appliquer ! (Rires). C’est un sport de brutes qui vous fait vous battre avec trois molosses dans l’eau tout en essayant d’attraper une balle tout en essayant de viser un gardien de but ! (Rires). Le fait d’être dans l’eau rend tout épuisant. C’était intense mais c’est bien de se dépasser. C’est la joie du métier de comédien de pouvoir d’un seul coup entrer dans un univers totalement autre.

VOTRE MEILLEUR SOUVENIR ?

Un fou-rire dans la piscine en Croatie. Nous étions tous épuisés. Cela faisait des heures qu’on tournait dans l’eau. Roland s’est alors mis à hurler : « On déteste la Croatie, on déteste le water-polo ! ». Les neufs comédiens se sont mis à pleurer de rire dans l’eau. La fatigue était oubliée.

- c a s t i n g –
Vincent
FELIX MARTINEZ

QUELLE CREVETTE ÊTES-VOUS ?

Je suis la nouvelle Crevette. Vincent vient de sa campagne où il n’était pas très bien accepté. Il se retrouve à travailler dans le restaurant de Jean et en vient à entendre parler des Crevettes. Il découvre sa sexualité et s’ouvre un peu à la vie dans ce voyage initiatique.

POUR VOUS AUSSI, C’ÉTAIT UN VOYAGE INITIATIQUE CE PREMIER FILM…

Oui, c’est la première fois sur les deux tableaux ! (Rires). C’était un peu une grande colonie. Nous étions nombreux, il y avait quelque chose de bienveillant. La responsabilité du film était collective. J’étais très chouchouté. J’ai pris les conseils de chacun. Alban Lenoir m’a particulièrement impressionné. Il est capable de trembler de froid sous la pluie puis de se métamorphoser dès le « moteur, action ». Il y a comme une rupture très soudaine. Nicolas et Michael avaient toujours conscience du raccord, de la position des caméras. Ils avaient une véritable expertise du métier. Roland a un style très marquant. J’ai beaucoup observé.

QU’EST-CE QUI VOUS A AMENÉ VERS CE PROJET ?

J’aimais l’idée que ce film parle de l’homosexualité en la banalisant. Dans le cinéma français, on a tendance à n’aborder que les problèmes liés au fait d’être gay. Avec « Les Crevettes Pailletées », l’homosexualité devient grand public. Le ton est léger, ce n’est pas grave d’y être homosexuel. C’est important d’aborder enfin les choses de cette manière.

COMMENT S’EST PASSÉE LA PARTIE AQUATIQUE POUR VOUS ?

Je déteste l’eau. Je n’étais pas bon du tout mais nous nous sommes beaucoup entraînés. Je ne crois pas être devenu un as mais à la fin, j’arrivais à rester dans l’eau sans me noyer.

POUR VOTRE PREMIER FILM, VOUS AVEZ DROIT À UNE SCÈNE MÉMORABLE…

Oui, dans la peau de Céline Dion ! J’étais très anxieux de réaliser toute la chorégraphie en talons. Quand je me suis lancé, j’ai vu tous les copains à table en train de me regarder, le sourire aux lèvres. Une explosion de joie pour moi.

- c a s t i n g –
Damien
ROMAIN LANCRY

QUELLE CREVETTE ÊTES-VOUS ?

Je suis Damien, le petit lunaire. Je suis celui qui a toujours deux secondes de retard sur tout. Ou deux secondes d’avance. Bref, qui n’est jamais là quand il faut. C’est la pièce rapportée. Au début, on ne sait pas trop pourquoi il est ami avec eux. On comprend très vite qu’il a été abandonné enfant et que cette bande de potes, c’est sa famille.

VOUS AVIEZ DÉJÀ UN PASSIF AVEC MAXIME GOVARE ?

Oui, Maxime a écrit avec moi la série « Ma pire angoisse » qui était diffusée sur Canal+. J’ai aimé l’idée de l’avoir en tant que réalisateur, de le voir avec une autre casquette. J’ai trouvé l’histoire touchante et drôle. C’est exactement ce qui se dégage à l’image. C’est rare un film fidèle à son scénario. En général, les choses bougent beaucoup en tournage et en montage. Cédric a apporté toute la crédibilité gay à cette histoire. Si le film tombe juste, c’est grâce à lui. Il a tapé en plein cœur. Sans lui, le film aurait été insupportable à jouer et à regarder.

UNE COMÉDIE GAY EN FRANCE, C’EST RARE…EST-CE QU’ON EST FRILEUX ?

En tant qu’acteur non. Il n’y a pas beaucoup de propositions. La dernière comédie gay remonte à « Pédale Douce » en 95. Les réalisateurs font plutôt des drames ou des comédies sociales. On parle de maladie, de relations compliquées. Rarement d’une bande de potes qui s’éclatent. Quand on regarde le film, on a envie d’en faire partie. Beaucoup de spectateurs vont avoir ce sentiment-là.

VOTRE RAPPORT À L’EAU AVANT LE FILM ?

Zéro ! Il était nul. J’étais une enclume. Il a fallu apprendre quelques bases qui nous ont permis de tenir dans l’eau. Le rétropédalage par exemple. Le film m’a permis de me réconcilier avec la piscine.

UN MEILLEUR SOUVENIR ?

La scène de baignade dans le lac. Les réalisateurs nous demandaient des choses à distance et comme nous étions au milieu de l’eau, nous n’en faisions qu’à notre tête ! Ils n’avaient aucun moyen de pression sur nous.

- c a s t i n g –
Fred
ROMAIN BRAU

QUELLE CREVETTE ÊTES-VOUS ?

Je suis une Crevette très fatiguée parce que je viens de changer de sexe. Mais on ne sait pas si j’ai fait toutes les opérations qu’il faut pour être une femme, une vraie ! Je suis dans les hormones et la chirurgie plastique. Fred est femme quand elle se réveille et quand elle s’endort.

C’EST UN PERSONNAGE VRAIMENT INDISPENSABLE AU FILM, C’EST UNE CREVETTE QUI VIENT D’UNE AUTRE PLANÈTE !

Ce que j’aime avec Fred, c’est qu’elle est très bourgeoise, très élégante mais aussi hystérique. Une seule chose l’obsède : le sport et cette chorégraphie qu’elle veut parfaite. Qu’on la trouve dans la boue, ou sous la pluie en pleine répétition, elle est en talons aiguilles Louboutin et en cape Gauthier fuchsia. Elle est haute en couleur, toujours de bonne humeur. Elle est un peu la maman du groupe.

VOUS N’ÊTES PAS CONNU DU GRAND PUBLIC, ROMAIN.
D’OÙ VENEZ-VOUS ?

Je suis parti vivre à 18 ans à Anvers où j’ai fait l’Académie des Beaux Arts, en département mode. J’ai créé ma marque, j’avais des magasins entre Paris et la Belgique, et depuis 3 ans, je travaille au cabaret « Madame Arthur » à Pigalle, où je suis show girl tous les weekends. J’ai pris goût à la scène et au jeu. Un soir, les réalisateurs sont venus me voir et m’ont proposé de passer le casting. Je suis quelqu’un qui adore relever les défis. Si on me dit « tu seras une transsexuelle, championne de water-polo », je dis banco ! Sur le tournage, je restais en femme le soir, j’allais au restaurant en femme. C’était mon personnage pendant 3 mois.

S’IL NE DEVAIT RESTER QU’UN SOUVENIR DE CE TOURNAGE ?

Quand nous sommes arrivés en Croatie, dans cette zone balnéaire avec toutes ces familles sur la plage, et moi en cuissardes or qui allais me faire quelques longueurs dans la mer. L’accueil des croates a été très chaleureux. C’était très fort.

- c a s t i n g –
Joel
ROLAND MENOU

QUELLE CREVETTE ÊTES-VOUS ?

Je suis le personnage de Joël, le doyen des Crevettes. C’est un personnage un peu bougon, très militant, et comme tous les militants, il est hyper despote. Mais dans l’histoire, je me suis dit que, peut-être, il avait eu une grande histoire d’amour, une seule et que depuis, il ne s’était rien passé dans sa vie. D’où son aigreur. C’est un personnage qui gueule tout le temps. Mais il est assez sympathique.

EST-CE QUE CE PERSONNAGE VOUS RESSEMBLE ?

Pas vraiment, même si j’ai des avis sur tout en général. Je peux être assez despote, du genre « on ne porte pas des tongs en ville ». J’ai des idées un peu arrêtées que j’exprime auprès de mes camarades que ce soit de boulot ou dans la vie. Donc en fait, oui, il me ressemble…

IL FAUT SAVOIR METTRE SON TEMPÉRAMENT DE CÔTÉ QUAND ON TOURNE À NEUF ?

Oui et non. Moi, j’étais un peu râleur sur le film. Par exemple, je suis exaspéré par les gens qui sont tout le temps sur leur téléphone ou ceux qui mettent de la musique entre deux prises donc j’étais tout le temps en train de gueuler pour que ce soit plus calme, pour être un peu peinard. Mais nous avions la chance de nous entendre très bien. Ce qui n’était pas gagné. On a souvent tendance à penser que les actrices sont beaucoup plus cruelles entre elles, mais je pense que c’est exactement pareil chez les hommes. Les pires des actrices sont des acteurs en terme de caprices et de comportement ! Mais ce n’était pas le cas sur ce film.

VOTRE PERSONNAGE EST SOUVENT DANS LES BUTS. LE TOURNAGE DANS L’EAU ÉTAIT MOINS FATIGANT POUR VOUS QUE POUR VOS CAMARADES ?

C’est quand même fatigant parce qu’il faut faire du rétropédalage pour rester à la surface ! Et j’avais la grosse pression quand je devais rattraper des tirs ! J’ai toujours eu l’habitude de fermer les yeux quand on m’envoyait une balle au tennis ou au football… Mais on a réussi !

Copyright photo © Marco ZAVAGNO 
Source et copyright des textes des notes de production 
Universal Pictures International France


  
#LesCrevettesPailletées

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