jeudi 24 mars 2016

DEMOLITION



Drame/Touchant avec une très belle performance de Jake Gyllenhaal

Réalisé par Jean-Marc Vallée
Avec Jake Gyllenhaal, Naomi Watts, Chris Cooper, Polly Draper, Wass Stevens, C.J. Wilson, Tom Kemp, Hani Avital...

Long-métrage Américain
Durée: 01h41mn
Année de production: 2015
Distributeur: Twentieth Century Fox France 

Date de sortie sur les écrans américains : 8 avril 2016
Date de sortie sur nos écrans : 6 avril 2016


Résumé : Banquier d'affaires ayant brillamment réussi, Davis  a perdu le goût de vivre depuis que sa femme est décédée dans un tragique accident de voiture. Malgré son beau-père qui le pousse à se ressaisir, il sombre de plus en plus. Un jour, il envoie une lettre de réclamation à une société de distributeurs automatiques, puis lui adresse d'autres courriers où il livre des souvenirs personnels. Jusqu'au moment où sa correspondance attire l'attention de Karen, la responsable du service clients. Peu à peu, une relation se noue entre eux. Entre Karen et son fils de 15 ans, Davis se reconstruit, commençant d'abord par faire table rase de sa vie passée …

Bande annonce (VOSTFR)


Ce que j'en ai penséJ’ai beaucoup aimé DEMOLITION. Jean-Marc Vallée, le réalisateur, nous propose un film à l’image de son personnage principal : déconstruit. C’est déconcertant pour le spectateur car on perd parfois les repères de la narration. Par moment, on ne sait pas si ce que l’on voit a pour but de nous envoyer sur de fausses pistes ou si cela va finalement prendre du sens dans le déroulement de l’histoire. J’ai trouvé que cette déconstruction trouve son utilité pour nous guider dans l’état d’esprit du personnage. Par contre, et c’est le seul reproche que j’ai, certaines scènes ne s’intègrent pas très bien à l’ensemble.
Le thème m’a énormément plu. La façon dont le deuil est abordé, la sensibilité avec laquelle l’impossibilité de gérer est amenée et la relation entre le personnage principal et sa belle-famille, tous ses sujets sont très bien traités.

Jake Gyllenhaal, qui interprète Davis Mitchell, est excellent. Il est aussi bon pour jouer un homme dépourvu d’émotions que pour laisser exprimer ses sentiments.



Naomi Watts qui interprète Karen Moreno apporte une douce folie au film.


Chris Cooper, qui interprète Phil, est parfait dans tous les aspects de son rôle : celui de père, celui de beau-père et celui de patron.


Judah Lewis, qui interprète Chris Moreno, apporte de la fraîcheur et un naturel sympathique à son rôle d’ado rebelle en quête d’identité.



DEMOLITION est un film à la fois original et un peu étrange par son montage, touchant par son sujet et très agréable grâce à la performance de ses acteurs. Je vous le conseille car c’est un film proche du style du cinéma indépendant qui est vraiment intéressant à découvrir.


NOTES DE PRODUCTION 
(A ne lire qu'après avoir vu le film pour éviter les spoilers !)

DEMOLITION de Jean-Marc Vallée (WILD, DALLAS BUYERS CLUB) s'attaque aux stéréotypes sur la vie conjugale, l'argent et la réussite sociale. Le film raconte le parcours d'un homme à travers le deuil et l'expiation : il rend hommage à l'amour et à la capacité de chacun à se réinventer et à trouver sa voie, notamment grâce au soutien d'amis inattendus.

Dans DEMOLITION, Davis Mitchell (Jake Gyllenhaal) campe un banquier de Wall Street à qui tout réussit : à environ 35 ans, il a longtemps incarné un modèle de perfection aux yeux de la société et n'a jamais rencontré de difficultés à proprement parler. Lorsque sa femme Julia décède brusquement suite à un accident de voiture, on le voit littéralement perdre pied. Tandis que Davis s'interroge sur sa propre existence, son beau-père et patron Phil (Chris Cooper) tente de comprendre son attitude pour le moins inexplicable et de se montrer indulgent à son égard : il l'encourage à se ressaisir – en vain. La nuit de la mort de son épouse, le distributeur de confiseries de l'hôpital se bloque. Davis écrit alors une lettre de réclamation, puis enchaîne avec une série de courriers dans lesquels il se livre en toute transparence à Karen Moreno, employée du service clients de l'entreprise. Or, Karen est elle-même est en proie à des difficultés d'ordre affectif et matériel. Peu à peu, Davis et elle nouent une relation quelque peu inhabituelle qui leur procure consolation et réconfort. Grâce à l'amitié de la jeune femme et de son fils Chris (Judah Lewis), Davis prend conscience qu'il doit faire table rase du passé pour pouvoir se reconstruire et trouver en lui sa propre vérité, afin de se sentir à nouveau pleinement vivant.

LA PATIENCE EST D'OR

Le deuil, la perte d'un être cher et la capacité à refaire sa vie sont au coeur de l'histoire de DEMOLITION. Le jeune scénariste Bryan Sipe a écrit cette histoire et le scénario du film - inscrit sur la fameuse Black List des meilleurs scripts n'ayant pas encore trouvé de producteur – à partir de son propre parcours artistique chaotique : "Très tôt dans ma carrière, j'ai vendu un scénario avant de me rendre compte à quel point il était difficile qu'un projet aboutisse dans ce milieu", raconte Sipe. "J'ai développé plusieurs personnages, plusieurs histoires et plusieurs genres et j'en suis arrivé à un point où je ne savais plus du tout ce qui marchait ou non. Puis, j'ai tout plaqué. C’est ainsi qu'est né le personnage de Davis et l'histoire de cet homme qui n'est plus capable de ressentir quoi que ce soit : il est devenu indifférent à tout et apathique". Grâce au personnage de Davis, Sipe a pu affronter sa propre souffrance artistique. À la mort de sa femme, Davis se met à agir sans se soucier des conséquences : il est totalement décomplexé et assume ses actes sans culpabiliser le moins du monde. Il commence alors à tout détruire autour de lui de manière obsessionnelle, cherchant en réalité à sortir de sa torpeur affective et à éprouver un semblant d'émotion. Ce thème de la destruction s'inspire de la vie de Sipe qui, durant son adolescence, a travaillé dans la démolition de maisons : "L'idée, c'était qu'en détruisant tout, on finit par découvrir certaines choses. J'ai compris que la vie fonctionnait parfois comme ça : en ce qui concerne les phénomènes complexes comme les relations humaines et les deuils, il faut tout mettre à plat pour voir ce qui a un sens, et pouvoir reconstruire et consolider ce qui est important", explique le scénariste.

Il y a un peu plus de cinq ans, Lianne Halfon et Russell Smith, tous deux nommés à l'Oscar (et associés de John Malkovich au sein de Mr. Mudd Productions), ont contacté Sipe au sujet du scénario de DEMOLITION. "On a reçu le script en 2009, sous la forme d'un extrait accompagnant un livre que nous pensions adapter au cinéma", se souvient Lianne Halfon. "Je me souviens l'avoir lu et m'être dit 'Génial ! Il faut absolument qu'on le fasse!' L'écriture était très précise et c'est le protagoniste qui était vraiment le moteur de l'histoire et pas du tout l'inverse. C'était vraiment âpre et authentique". Comme Russell Smith l'explique : "Nous avons contacté les collaborateurs de Bryan pour voir s'il accepterait de collaborer avec nous sur ce projet. Il était partant et, environ 6 mois plus tard, nous avons commencé à envoyer ce scénario à des producteurs". Le tandem Halfon-Smith a alors contacté le producteur exécutif Nathan Ross pour approcher le réalisateur québécois Jean-Marc Vallée. Ce dernier, convaincu par la force du script, a estimé que le projet lui correspondait parfaitement : Ross et lui se sont donc engagés dans l'aventure.

Lianne Halfon et Russell Smith ont poursuivi le développement du projet et ont fini par rencontrer les producteurs Molly Smith et Trent Luckinbill de Black Label Media sur la suggestion du coproducteur Jon Schumacher. Molly Smith se souvient : "C'est l'un des scénarios qu'on pistait depuis des années. On a eu de la chance de pouvoir suivre ce projet alors qu'il n'était qu'un script potentiel en recherche de financement". Trent Luckinbill poursuit : " On était vraiment enthousiastes quand on a reçu ce projet à l'agence : on avait conscience que l'écriture était excellente et, avec le concours de Jean-Marc, on savait qu'il s'agissait là d'une opportunité à ne pas laisser passer".

La productrice exécutive et directrice du département production chez SKE, Carla Hacken, s'est passionnée pour DEMOLITION dès lors que le scénario de Sipe s'est inscrit sur la Black List de Hollywood en 2007. Carla Hacken s'est mise en relation avec Molly Smith pour lui faire part de la volonté de SKE de collaborer avec Black Label Media ainsi que de la longue amitié de la société avec Jake Gyllenhaal. Lorsque celui-ci a donné son accord, SKE s'est associé à Black Label Media et Mr. Mudd Productions pour produire et financer le projet.

Sipe se souvient notamment de ses premières réunions de travail avec Jean-Marc Vallée : "Nos conversations se sont d'abord déroulées via Skype car il habite à Montréal. On sentait dès le début que le scénario lui tenait vraiment à coeur". Sipe a vite compris que le réalisateur avait des critères bien précis s'agissant des projets dans lesquels il s'investit : s'il acceptait de réaliser DEMOLITION, il était manifeste que le script l'avait beaucoup touché.

"Après avoir vu CAFÉ DE FLORE au festival international du film de Toronto il y a trois ans, Russ Smith et Lianne Halfon ont envoyé le scénario à mon producteur associé Nathan Ross", explique Jean-Marc Vallée. "J'admire depuis longtemps les films qu'ils ont produits et, après avoir lu ce scénario, je savais que c'était un projet pour moi. J'essaie de dénicher des histoires justes qui me touchent par leur beauté, leur humanité et leurs personnages magnifiques. Quand je lis un script, je veux être ému et impressionné. C'est rare qu'un projet vous touche au coeur : cela vous fait prendre du recul et réfléchir à la vie, à sa force hors du commun, à sa fragilité et à sa beauté. Ce scénario a eu cet effet-là sur moi. Je l'ai lu d'une seule traite tellement il était captivant. C’était inattendu, imprévisible, original, et irrévérencieux, mais aussi intelligent et profondément émouvant".

LE CASTING

"C'est pendant le tournage de WILD qu'on a commencé à recevoir des appels pour nous parler de Jake Gyllenhaal, comédien fantastique qui semble s'améliorer de film en film, et qui convenait parfaitement pour ce rôle", se souvient Russell Smith. "Avec Jean-Marc, ils se sont tout de suite merveilleusement entendus et on a vraiment pu s’y mettre". Il fallait également trouver un jeune acteur pour incarner le fils de Karen et, après de longues recherches, Judah Lewis a été retenu : "Jean-Marc a vu de nombreux adolescents grâce à nos directeurs de casting à New York mais on a trouvé Judah grâce à un enregistrement. Face à la caméra, il fait des étincelles et rappelle Leonardo DiCaprio à ses débuts – c'est une future star. Il a un visage magnifique, il est très intelligent – bref, il est incroyablement doué pour son âge".

Le réalisateur a été impressionné par les prestations de ses acteurs et leur méthode de travail : "Il se produit une véritable alchimie entre Jake et Naomi : ils me font penser à deux enfants qui jouent", analyse Jean-Marc Vallée. "Ils sont très à l'aise face à la caméra et on le voit à la façon dont ils fonctionnent ensemble et dont ils abordent le film, et à leur attachement à leurs personnages. En témoigne cette scène où ils construisent une barricade de coussins qu’ils recouvrent d’une couverture avant de se glisser dessous avec des lampes de poche pour s'amuser : ils y ont assez de place et ils jouent à transformer leur voix et projeter des ombres chinoises avec une lampe… c'était beau et hallucinant".

"Jake s'est donné à fond dans ce rôle, qui était risqué et exigeait beaucoup de son interprète", poursuit le réalisateur. "Sur le papier, en théorie, c'est une chose. Mais, sur le plateau, dès lors qu'il faut jouer Davis Mitchell, comment interpréter ce type qui prétend ne rien ressentir ? Tout devait être très fin, subtil et équilibré. Et, pour y arriver, il ne faut pas avoir peur d'explorer toutes sortes de pistes. Et Jake est comme ça : il n'a pas peur d'expérimenter des choses nouvelles. J'ai été totalement stupéfait par son jeu. Ce rôle avait une dimension physique et exigeait une palette d'émotions très riche, et Jake a une formidable capacité d'improvisation : il est toujours prêt à essayer des choses différentes et nouvelles, à prendre des risques, à en faire parfois trop, à se freiner, à se retenir, à chanter, à danser… il n'y a rien qu'il n'ait essayé sur le tournage de DEMOLITION. C'était extraordinaire d'assister à un tel spectacle", conclut-il.

L'interprétation de Gyllenhaal a également été saluée par sa partenaire Naomi Watts : "C'est un acteur formidable et j'ai vécu une très belle expérience à ses côtés. On n'a a priori rien en commun et donc personne n'aurait pu imaginer qu'on puisse se retrouver dans le même film ou même y partager une relation. Et c'est ce que j'aime là-dedans. C'est assez étrange et bizarre et c'est bien de ne pas forcément s'en tenir à ce qui semble évident", constate-t-elle.

Le jeune Judah Lewis estime que sa collaboration avec Gyllenhaal a été une belle source d'inspiration. Leurs scènes sont empreintes d'émotions fortes et les conseils de Jake se sont avérés indispensables pour l'acteur débutant : "C'était vraiment génial pour moi de tourner avec quelqu'un qui a tant d'expérience : on était quelquefois au beau milieu d'une scène, il disait sa réplique d'une certaine manière et c'était exactement ce dont la scène avait besoin", explique Lewis. "C'est très intéressant de suivre le parcours de ces différents personnages, la façon dont ils évoluent et dont ils se trouvent, d'une certaine manière". De son côté, Jake Gyllenhaal signale que Judah Lewis est "formidablement frondeur. Il est assez audacieux dans sa manière d'être et dégage une grande assurance. Pour moi, c'était réconfortant sur le tournage. Je trouve aussi que son interprétation est magnifique".

Pour Vallée, "Dans le rôle de Chris, le fils de Karen, Judah Lewis, est une révélation. Ce gosse est une rock-star, tellement doué et si jeune. Un talent inné", ajoute-t-il.

Gyllenhaal s'exprime sur sa partenaire féminine : "Naomi Watts est très attentive, impliquée et prête à tout. C'est exaltant et effrayant à la fois. Mais j'imagine que c'est aussi ce que Davis ressent à son sujet. Elle n'est qu'une silhouette dans son imagination, jusqu'à ce qu'elle ne le soit plus et qu'elle se matérialise devant lui, exigeant la vérité et bouleversant alors tout son univers".

Judah Lewis se souvient lui aussi de moments bien précis en compagnie de la comédienne : "C'est génial de travailler avec elle, c'est une actrice formidable, et on voit bien qu'elle vit vraiment l'instant présent : elle ressent les émotions de son personnage et joue en fonction de ça. Ça a été un grand honneur de tourner avec elle et j'espère sincèrement en avoir à nouveau l'occasion".

"Naomi a apporté une tendresse un peu insoumise à ce rôle de mère célibataire vivant dans le Queens, une femme qui remet en question sa propre vie tout en essayant d'aider Davis, son nouvel ami", reprend Jean-Marc Vallée. "C'est un rôle difficile et subtil qu'elle a incarné avec beaucoup d'humanité et d'humilité. C'est aussi un personnage complexe dans son désir de séduire sans séduction et d'essayer d'être une mère qui fait ce qu'elle pense être juste".

Jake Gyllenhaal était aussi très enthousiaste à l'idée de retrouver Chris Cooper à l'écran : "Dans l'un des premiers films que j'ai tourné à 16 ans, CIEL D'OCTOBRE, Chris Cooper jouait mon père", dit-il. "J'ai également tourné avec lui dans JARHEAD, LA FIN DE L'INNOCENCE. DEMOLITION était une belle opportunité de retrouver, après toutes ces années, un acteur que j'admire. Avoir l'opportunité de lui donner la réplique maintenant que je suis adulte et que j'ai progressé – avoir la chance de travailler avec un maître comme lui – est un grand honneur".

"Chris Cooper est fantastique dans le rôle de Phil. C'est un grand professionnel, qui maîtrise totalement son art et qui, dans le même temps, se révèle vulnérable et émouvant", déclare Jean-Marc Vallée. "Il était ferme quand c’était nécessaire et également tendre quand il le fallait".

LES PERSONNAGES VUS PAR LEURS INTERPRÈTES

DAVIS (JAKE GYLLENHAAL) : Quand l'épouse de Davis meurt tragiquement dans un accident de voiture, quelque chose se brise en lui et le transforme totalement. Comme l'explique l'acteur : "Je pense que c'est un homme qui a toujours suivi les règles… qui se disait : 'Bon, je suis censé me marier à tel âge, et gagner tant d'argent à ce moment-là de ma vie'. Il suit un chemin tout tracé car on lui a dit que c'était celui qu'il fallait suivre et on peut dire qu'il réussit bien. Il a gagné beaucoup d'argent et affiche tous les signes extérieurs de la réussite. Mais il lui manque la richesse d'une vie accomplie, au sens fort du terme. Je pense que la tragédie qui le touche le réveille et l’ouvre à tout ce que la vie peut offrir. Du coup, il essaie vraiment de chercher ce qui lui semble juste et il essaie de se (re)trouver à son tour".

KAREN (NAOMI WATTS) : Karen est la mère célibataire de Chris, 14 ans, qui est devenu de plus en plus difficile à l'adolescence. La sincérité des lettres de Davis touche Karen et déclenche quelque chose en elle : ensemble, ces deux écorchés de la vie s'embarquent dans une incroyable aventure. "Karen est vraiment très émue par l'honnêteté de Davis. Il est très complexe mais elle aime cette franchise chez lui", analyse l'actrice. "Il touche, chez elle, à une corde sensible au danger et à l'exaltation qu'il représente. Ce sont deux êtres qui ont besoin de panser leurs blessures et qui doivent 'se réveiller' de leur torpeur, et c'est ce qui leur arrive en se rapprochant l'un de l'autre. C'est comme s'ils avaient besoin de renaître et de redevenir deux petits enfants. C'est une relation tendre, sincère, pure et innocente". Jake Gyllenhaal ajoute : "Karen est la personne qui semble vraiment voir Davis pour ce qu'il est et qui l'apprécie tel quel. Il ne s'agit pas du Davis qui doit jouer un rôle ou être dans la représentation. Il s’agit de ce Davis un peu fou et paumé. Celui qui est complètement à côté de ses pompes. Je pense que lorsqu'on est vraiment perçu tel qu'on est par quelqu'un, c'est très réconfortant".

PHIL (CHRIS COOPER) : Le beau-père de Davis est dévasté par la mort de sa fille Julia, mais il tente de faire le dos rond en s'investissant à fond dans son travail. Il se consacre également à lancer, en l'honneur de Julia, une bourse d'études à l'université qu'elle a fréquentée, Princeton. Malheureusement, Davis ne s'y intéresse guère et Phil s’inquiète du comportement de plus en plus imprévisible et incompréhensible de son gendre. "Mon personnage a le sentiment que, contrairement à ce qu'il aurait souhaité, sa fille n’a pas été assez entourée", explique Chris Cooper. Au début du film, il donne un conseil à Davis : il faut parfois démonter les choses pièce par pièce pour comprendre comment elles marchent avant de pouvoir les faire fonctionner à nouveau. Ce qu'il ne comprend pas, c'est que son gendre prend son avis au pied de la lettre. Il devient obsédé par toutes sortes d'objets et les démonte intégralement pour tenter de disséquer son propre comportement.

CHRIS (JUDAH LEWIS) : Chris, le fils de Karen, a un impact profond sur Davis : "Je pense que la relation avec Karen et son fils est l'élément qui permet vraiment à Davis de trouver en lui une part de sincérité. À mon avis, ce qui fait bouger les lignes chez lui, c'est de voir cet ado de 14 ans qui lutte pour savoir qui il est et qui prend conscience de la cruauté du monde … je pense que c'est Chris qui s'avère le plus grand mentor pour Davis", analyse Jake Gyllenhaal. Pour le jeune homme, la rencontre avec Davis lui offre une dimension qu'il ne trouve pas avec sa mère. Comme le précise Sipe : "Davis devient un être en qui il a confiance. Il comprend qu'il n'est pas du genre à lui mentir et qu'il va droit au but".

"MADAME, MONSIEUR…"
LES LETTRES

Suite à un incident avec un distributeur de confiseries à l'hôpital, la nuit où sa femme décède, Davis se met à écrire une série de lettres de réclamations qui sont autant de confessions : il est évident que ces courriers sont cathartiques pour leur auteur et le soulagent grandement. "Ces lettres envoyées au service clients sont un exutoire pour Davis et marquent le moment où le spectateur comprend quel est le ton du film : complètement débridé. On prend conscience qu'il s'agit d'un film totalement irrévérencieux et que l'aventure en compagnie d'un tel personnage va être passionnante", déclare Molly Smith. Sipe et Vallée restituent le contenu de ces lettres par le biais de la voix-off, procédé que Molly Smith reconnaît être assez risqué : "Bryan utilise la voix-off de façon brillante et peu conventionnelle. On comprend que ce type était sur pilote automatique pour ainsi dire. Il est comme anesthésié, il se cherche, et on peut dire qu'il ne s'est pas encore trouvé". Gyllenhaal ajoute : "En écrivant ces lettres de réclamation, il vide ses tripes et se met à nu. Au fur et à mesure, il instaure une relation virtuelle avec cette société de vente de distributeurs, racontant tout ce qu'il ressent sans se douter que de l'autre côté, quelqu'un lit vraiment sa correspondance. Karen le contacte et une amitié se noue. Le destin semble les rapprocher car ils se rencontrent à un stade similaire de leurs vies qui semblent bien instables, et c'est comme s'ils se regardaient dans un miroir. Cette étrange habitude d'écrire des lettres finit par réconforter quelqu'un d'autre. Mon père me disait toujours que la mission de l'art est de perturber ceux qui sont bien dans leur peau et de réconforter ceux qui sont perturbés. Davis décide qu'il va dorénavant cesser de se mentir, car il n'a vraiment plus rien à perdre".

Pour Lianne Halfon : "Karen ne connaît pas le luxe que Davis apprécie au quotidien. On a le sentiment que, dès le début, Davis a eu la vie facile, tandis que pour Karen, l'équilibre est très précaire. Elle est clairement dépassée : son gamin a des difficultés, elle a un petit ami parce qu'il faut bien en avoir un, elle arrive à peine à joindre les deux bouts et elle fume beaucoup trop. Mais elle ne sait pas ce qu'est l'incapacité à ressentir la moindre émotion et c'est grâce à elle que Davis arrive à être à nouveau en phase avec lui-même. Si elle ne le contactait pas, si elle ne faisait pas ce geste pour découvrir qui se cache derrière ces lettres, il n'y aurait pas d'histoire".

LE TOURNAGE ET LE STYLE DE MISE EN SCÈNE DE JEAN-MARC VALLÉE

D’après l’auteur Bryan Sipe, Jean-Marc Vallée a une approche de la réalisation inédite qui donne une dimension authentique et humaine à son travail. "Il ne suit pas une liste de plans et n’établit pas de story-board. Il se fie à l’espace, aux acteurs et au scénario, et du coup, quand il a fini de tourner une scène, il a exploré cinq façons différentes de le faire".

Au début, cette technique peut paraître déconcertante pour les acteurs, car elle exige d'accorder une grande confiance au réalisateur et de faire preuve de souplesse dans la préparation et l'interprétation des scènes. Jake Gyllenhaal et Naomi Watts avaient tous deux entendu parler du style particulier de Jean-Marc Vallée. Le premier jour du tournage, le réalisateur leur a expliqué en quoi consistait son approche pour les rassurer. Au bout d'une semaine de travail, ils s’étaient tous les deux habitués à sa méthode et se sont mis à l’apprécier.

"Ça modifie notre façon de jouer", reconnaît l’actrice principale. "C’est parfois difficile de le suivre, car il pense à toute allure et la caméra tourne sans arrêt. Il faut simplement s’abandonner à cette manière de faire. Cela peut s'avérer difficile pour certains acteurs qui ont l’habitude de tout planifier et d’arriver sur un plateau avec des choix préétablis et des idées. Il faut se laisser porter par son style et sa vision des choses et se prêter à la démarche de Jean-Marc : au final, c'est une expérience formidable pour un acteur".

"Je pense que toute la beauté du film tient à la façon dont Jean-Marc voulait faire ce film et le tourner", explique Gyllenhaal. "Chaque fois que l’histoire bifurque, on s’attend à aller dans une direction alors que l’on part dans une autre. Et cette nouvelle direction est assez inattendue. C’est la signature de Jean-Marc Vallée. [Rires] Et je pense que ça rend le film vraiment unique".

Dans l’une des nombreuses scènes marquantes de DEMOLITION, Davis se met à improviser des pas de danse dans les rues de New York. "Environ une semaine avant le début du tournage, Jean-Marc m’a envoyé un message qui disait, 'Je tiens vraiment à cette scène de danse. Je veux que Davis danse dans les rues de New York pendant qu’il écoute de la musique' ", raconte Gyllenhaal en racontant comment cette séquence a été tournée et le défi qu'elle a posé pour l'acteur. "Il m’a aussi envoyé quelques vidéos de danses qui lui plaisaient, des sortes d'improvisations aux mouvements fluides. Du coup, je me suis dit, 'Ça va être un peu humiliant'. Mais j’aime me sentir déstabilisé – c’est ce qui est génial quand on est acteur. Puis, Jean-Marc a téléchargé de la musique sur un iPod et m’a dit, 'Voici un iPod et des écouteurs. Tu n’as plus qu’à danser. On te suivra. Danse simplement en marchant dans la rue'. Jean-Marc tenait la caméra à l’épaule tandis que je marchais. Et alors que les gens se rendaient au travail, je me suis mis à danser parmi eux et tout autour d'eux, pendant que Jean-Marc filmait. À un moment donné je suis passé à côté d’un chantier, je n'ai pas fait attention aux cônes de signalisation, je suis entré sur le chantier et me suis mis à danser avec différentes personnes qui y travaillaient. Je crois que si on fait un truc un peu fou à New York, la plupart des gens vous ignorent tout simplement. [Rires] Au final, je vois le film comme une sorte de métaphore de cette expérience qui nous invite à exprimer ce sentiment de liberté qu’on refoule tous. On marche dans la rue en essayant d’être détendu et on s'attache à ce que les gens pensent de nous, au lieu de lâcher prise et d’admettre, 'Rien à foutre ! Je vais juste danser dans la rue !'"

"Jake a trouvé une jolie formule : 'C’est comme une danse. Je danse avec toi et avec Yves' [Bélanger, directeur de la photographie, NdT.]", se souvient le réalisateur. "Jake et Yves étaient tous les deux des novices en la matière mais sont maintenant à l’aise avec ce genre d’approche".

ÉCLAIRAGES, DÉCORS ET TOURNAGE DES SÉQUENCES DE DEMOLITION

Le film réunit une fois de plus Vallée et Yves Bélanger, directeur de la photographie sur DALLAS BUYERS CLUB et WILD, qui commence lui aussi à être connu grâce à son style singulier. Quand le réalisateur a été engagé pour DALLAS BUYERS CLUB, il a demandé à Bélanger de participer au projet. Étant donné que le film devait être tourné en un mois pour un budget modeste, Vallée y a vu l’occasion de recourir à la lumière naturelle au lieu d’éclairages de studio. D’après Bélanger, Jean-Marc Vallée a coutume de dire : " 'Il y a beaucoup trop de monde sur un plateau, et beaucoup trop d'événements s'y déroulent. Tout doit être simplifié, y compris l’éclairage'. Et comme il [Vallée] possède une formation d’éclairagiste, il sait manier les objectifs, les lampes et le matériel adapté".

"J’ai tourné DEMOLITION de la même façon que mes précédents films : en utilisant la lumière naturelle, caméra à l'épaule, toujours dans l’idée de mettre le public dans la peau et la tête du personnage principal, et aussi, bien sûr, avec l’objectif de raconter une histoire qui paraisse réelle et authentique. Pas de plans ni de travellings sophistiqués, rien d’apparemment stylisé qui vienne détourner ou attirer l’attention. J’ai simplement filmé les acteurs, animé par le désir de servir cette histoire et d’en restituer l’émotion", insiste Vallée. "Ce qui rend ce film hors du commun, c’est que, quand je suis passé à la phase de montage, j’ai compris que je devais faire les choses différemment. Au lieu de laisser les plans respirer, j’ai décidé de créer un rythme différent, de donner une cadence autre à l’histoire et de la ponctuer par de nombreuses interruptions afin de susciter l’attention des spectateurs : j'ai introduit à chaque fois un nouvel élément pour stimuler sans cesse leur imagination et leurs réactions. Parce que s’ils n’ont pas le temps de réfléchir, ils n’ont pas non plus le temps de juger Davis et sa quête étrange. C’est amusant de voir comment le film fonctionne : il est presque monté comme un film d’action, alors qu’il en est tout le contraire : c’est un film intimiste qui nous fait partager les réflexions et les rêves d’une âme en peine qui tente de s’en sortir. Ça a quelque chose d’un peu excentrique et assez tôt dans le film on arrête de se demander où va l’histoire, parce qu’on n’en a aucune idée".

Bélanger a utilisé une ALEXA (caméra allemande fabriquée par Affiflex) et il compare sa sensibilité à celle de l’oeil humain. "Elle s’adapte à tout et j’ai pris conscience qu’à chaque fois que j’ajoutais de la lumière, [le plateau] semblait constamment éclairé. Du coup, au lieu d’ajouter des éclairages, quand j’utilisais l’ALEXA, j’éteignais [simplement] les lumières", explique le chef-opérateur. Pour le réalisateur, les éclairages gênent les acteurs : dès qu’on commence à tourner sans lumière artificielle, ils se sentent soudain plus libres. "Il n’y a plus le stress de se positionner à un endroit précis. Ce qui est important, c'est de saisir et restituer la bonne émotion", ajoute Vallée. "Deux ou trois fois, très tard la nuit, j’ai dû utiliser mon téléphone portable pendant une scène simplement pour y voir quelque chose", se souvient Gyllenhaal. "Jean-Marc est un vrai puriste et il ne fait pas de compromis en matière de création, ce qui est rare de nos jours". Outre ses techniques d’éclairage, le réalisateur filme aussi les répétitions dans le souci de donner davantage d’authenticité et de réalisme à son travail.

DEMOLITION a été un projet exceptionnel pour le chef-décorateur John Paino et son équipe, puisqu'il a fallu construire des intérieurs dans le but de pouvoir les détruire. Paino avait la certitude que des décors traditionnels, simplement constitués de façades, ne fonctionneraient pas. Du coup, au lieu de réaliser de faux murs et de fausses pièces, comme c’est souvent le cas au cinéma, Paino a fait construire tous les décors dans de véritables matériaux afin qu'une fois détruits devant la caméra, ils puissent révéler leur contenu de manière réaliste. "Par exemple, si on construit un meuble, on ne voit pas ce qu’il y a l’intérieur", détaille le chef-décorateur. "Cependant, Jean-Marc préfère toujours faire les choses de façon réaliste. Ainsi, tout élément que Davis serait amené à détruire devait être réellement incorporé aux décors, que ce soit du bois, du verre, des plaques de plâtre, de l’isolant, de la tuyauterie ou encore du matériel électrique".

L'un des décors majeurs du film est la maison de Davis. Elle devait non seulement refléter le style de vie aisé du personnage mais être également constituée de parties susceptibles d'être détruites sans endommager le reste de la structure. Au départ, le chef-décorateur a pensé que la seule manière d'y parvenir serait de construire une maison intégralement. Cependant, le régisseur d'extérieurs Jeff Brown et son équipe ont déniché une propriété à Roselyn, une ville chic de Long Island, dans l'État de New York. Le réalisateur était à la recherche d'une construction moderne, aux lignes minimalistes et épurées. Et c'est exactement ce qu'ils ont trouvé.

La maison était aussi construite en bois et en stuc, deux matériaux plus faciles (et moins dangereux) à démolir à coups de masse que des briques et du béton.

"Cette maison de banlieue, moderniste et quasiment zen par son minimalisme, est très bien disposée car elle est en forme de L, et on a donc pu utiliser l'avant du terrain pour construire une extension dans le même style et la même architecture que la maison d’origine. Ça a aussi permis au bulldozer de foncer droit dessus", rappelle Paino.

Il a fallu deux semaines pour construire l'extension, dont une partie a été montée en atelier avant de compléter la structure sur place. Le directeur artistique Javiera Varas et son équipe y ont ajouté éclairage, plomberie et électricité lors de l'assemblage final, ainsi que du feuillage, des pots de fleurs et un éclairage extérieur pour contribuer au réalisme.

La maison de Karen est un autre espace-clé du film. Elle devait trancher avec celle de Davis. "On voulait qu'elle fasse maison d'ouvrier", précise Paino. "Elle incarne un monde totalement différent. Chez elle, il n'y a rien de brillant. On sent qu'elle est faite de bric et de broc et qu'elle est fabriquée avec des matériaux bon marché, pour souligner que son personnage vit aux antipodes du milieu de Davis".

Une fois les décors achevés et prêts pour le film, le chef-cascadeur Alex Terzeiff a travaillé avec les acteurs afin de les préparer à chaque scène. La manière de filmer à 360° de Jean-Marc Vallée et les plans rapprochés ne permettaient pas de faire appel à des doublures pour les cascades. Contrairement aux habitudes de Terzeiff, Jake Gyllenhaal et Judah Lewis ont dû réaliser eux-mêmes le travail de démolition au cours de quelques longues prises sans interruption. Ils devaient également réussir ces séquences du premier coup.

Terzeiff a minutieusement ébauché chaque scène avec les acteurs. Son principal sujet de préoccupation a été la destruction de la cuisine de Davis. "Au cours des cascades, on ne prend jamais de risque", développe Alex. "On chorégraphie normalement le moindre aspect de la séquence mais dans la cuisine de Davis il y avait beaucoup trop de variables à prendre en compte, et on s'est donc concentrés sur la sécurité". Deux jours avant de tourner la grande scène de démolition, Terzeiff et son équipe ont réalisé certains tests pour voir ce qui les attendait une fois qu'ils allaient entamer la destruction des murs. Pour la sécurité des acteurs, Terzeiff et John Paino ont remplacé certains objets en verre par du plastique quand ils étaient situés dans des zones à risque, à hauteur du visage.

"Pour la plupart des cascades, l’endroit où les éléments atterrissent est normalement lui aussi attentivement délimité mais dans cette scène précise, c’était impossible à prévoir. Ça n’aurait pas pu être plus aléatoire", se remémore Terzeiff.

D’après Alex, Jake Gyllenhaal et Judah Lewis ont excellé lors de la séquence (le fait que Judah soit joueur de baseball a permis d'obtenir des "swings" parfaits). Aucun des acteurs n’a perdu le contrôle de ses outils et rien ne s’est accidentellement retrouvé à voler à travers la pièce.

Cette scène a également exigé un certain degré de force physique. "Jake a l’endurance d’un grand sportif et tous ses gestes étaient parfaits. Il a dû donner pas moins de 250 coups de massue pour démolir la cuisine, le salon et la salle de bain à l’aide d’une masse de 5 kilos. Peu d’acteurs auraient pu y parvenir", souligne Terzeiff.

Une fois l'intérieur démoli, la dernière grande scène à tourner devait montrer Davis au volant d’un bulldozer en train de détruire le devant de sa maison. Une fois de plus, Alex n’avait encore jamais laissé un acteur manoeuvrer de gros engins jusqu’alors, mais Jean-Marc Vallée tenait à ce que le comédien s'y essaie et ce dernier s’est montré totalement partant. Terzeiff a fait appel à deux conducteurs de bulldozer professionnels pour entraîner l’acteur, qui a presque immédiatement maîtrisé la technique. Quand Vallée a crié "Action !", Gyllenhaal a su manoeuvrer l’engin et a été capable de démolir la fausse extension de la maison sans briser une vitre ni abîmer la structure principale. Une fois la scène terminée, l’équipe technique a évalué les dégâts et découvert qu’il s’était arrêté à 30 cm de l’actuelle maison. Une véritable prouesse dans la mesure où Gyllenhaal n’avait aucun moyen de savoir à quelle distance de celle-ci il se trouvait. Des caméras ont également été installées à l’intérieur pour filmer la séquence sous cet angle.

DEMOLITION rend hommage au chaos organisé qu’est l’univers et à l’aptitude de chacun à trouver un moyen de reprendre goût à la vie et d’être capable d’aimer à nouveau sans condition. "Sous couvert d’une méditation sur le chagrin, et d’une réflexion sur le deuil, DEMOLITION est un film qui célèbre la vie et nous rappelle qu’il faut simplement prendre le temps de vivre et d’aimer. Je me suis senti très proche de Davis. Moi aussi, il m’est arrivé d’oublier comment aimer à une époque de ma vie. J’étais trop occupé à essayer de réussir, à gagner de l’argent, à payer les factures… J’étais focalisé sur ces questions-là et j’en ai oublié que je pouvais aussi savourer cette satanée vie. Je me sentais indifférent. J’ai fait énormément de choses par facilité", explique Vallée. "J’espère que le spectateur vivra DEMOLITION comme une expérience sensorielle davantage qu’intellectuelle", conclut Vallée

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