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samedi 27 février 2016

CÉLIBATAIRE, MODE D'EMPLOI


Comédie/Un film attachant car il explore toute une palette de sentiments

Réalisé par Christian Ditter
Avec Dakota Johnson, Rebel Wilson, Leslie Mann, Alison Brie, Damon Wayans Jr., Anders Holm, Nicholas Braun, Jake Lacy...

Long-métrage Américain
Titre original : How To Be Single 
Durée: 01h50mn
Année de production: 2015
Distributeur: Warner Bros. France 

Date de sortie sur les écrans américains : 12 février 2016
Date de sortie sur nos écrans : 2 mars 2016


Résumé : Il y a toutes sortes de manières de vivre en célibataire. Il y a ceux qui s'y prennent bien, ceux qui s'y prennent mal… Et puis, il y a Alice. Robin. Lucy. Meg. Tom. David... À New York, on ne compte plus les âmes en peine à la recherche du partenaire idéal, que ce soit pour une histoire d'amour, un plan drague… ou un mélange des deux ! Entre les flirts par SMS et les aventures d'une nuit, ces réfractaires au mariage ont tous un point commun : le besoin de redécouvrir le sens du mot célibataire dans un monde où l'amour est en constante mutation. Un vent de libertinage souffle de nouveau sur la ville qui ne dort jamais !

Bande annonce (VOSTFR)


Ce que j'en ai penséCÉLIBATAIRE, MODE D'EMPLOI est une bonne surprise ! Je m'attendais à un truc potache voire vulgaire sans grand intérêt. Cependant, je trouvais le casting sympa et j'étais quand même curieuse de découvrir si le film me donnerait tort. Et en effet, j'étais dans le faux et c'est pour le mieux. 
Au départ, CÉLIBATAIRE, MODE D'EMPLOI commence comme une comédie potache sur comment faire la fête quand on est célibataire.


Elle a une énergie marrante mais elle ne se distingue pas spécialement d'autres films du même genre. Et puis, à un moment, la tournure du scénario change et commence à explorer les sentiments des personnages et leurs réflexions par rapport à leurs choix dans la vie. Sans être profond - le film reste léger - cette approche le rend beaucoup plus attachant pour le coup. D'abord, comme dans la vie, les choses ne passent comme on croit qu'elles vont se passer et ils n'obtiennent toujours ce qu'ils veulent. Les traits de caractères sont forcés mais je pense qu'un peu tout le monde peut se retrouver dans les situations décrites. 
L'humour m'a plus fait sourire que rire par contre j'ai bien accroché aux moments d'émotions qui sont à la fois crédibles et bien mis en scène. 
J'ai trouvé la réalisation dynamique et claire. Et surtout, le réalisateur Christian Ditter met New York en avant de très belle façon. J'adore certains plans de la ville et la manière dont l'énergie de la Big Apple se ressent à l'écran.
Les acteurs sont supers, ils apportent chacun leur personnalité aux protagonistes. Je les ai tous beaucoup appréciés. J'ai eu deux coups de cœur. Le premier pour Leslie Mann qui interprète Meg. Elle est à la fois drôle et vraiment touchante. Cette actrice est rayonnante et elle peut tout jouer. Le second pour Jake Lacey qui interprète Ken et qui a beaucoup de charme. Son duo avec Leslie Mann est, pour moi, le plus réussi.

Dakota Johnson interprète Alice
Rebel Wilson interprète Robin
Leslie Mann interprète Meg
Alison Brie interprète Lucy
Anders Holm interprète Tom
Nicholas Braun interprète Josh
Damon Wayans Jr. interprète David
Jake Lacy interprète Ken
Jason Mantzoukas interprète George
CÉLIBATAIRE, MODE D'EMPLOI est un film plus mignon et attachant qu'il ne paraît au premier abord. Je vous le conseille pour passer un moment de détente avec un casting vraiment sympathique et pour profiter de beaux points de vue sur New York . 

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NOTES DE PRODUCTION 
(A ne lire qu'après avoir vu le film pour éviter les spoilers !)
Si vous ne vous éclatez pas en tant que célibataire, c'est que vous vous y prenez mal. 
Vous êtes célibataire à New York ? Ou à Londres, Los Angeles, Munich, Miami ou n'importe quelle autre métropole ? À l'heure actuelle, les bars pour célibataires, les soirées entre filles, les rencontres sur Internet et les aventures d'un soir – gérées depuis son Smartphone – pullulent ! On peut laisser ses sentiments au placard… Les célibataires d'aujourd'hui ne recherchent plus forcément le grand amour et ne noient plus leur chagrin, tout seuls, dans leur petit appartement… Comédie déjantée, CÉLIBATAIRE, MODE D'EMPLOI s'attache à une bande de garçons et de filles qui profitent à fond du célibat – sans la moindre censure ! 

"Je voulais faire une comédie originale, ancrée dans la société actuelle, où l'on parle de faire la fête, de s'éclater et de multiplier les rencontres", signale le réalisateur Christian Ditter. "Comme si le film était un instantané de la vie des célibataires d'aujourd'hui. La plupart des comédies sentimentales mettent en scène des personnages qui recherchent le grand amour – mais pas mon film ! CÉLIBATAIRE, MODE D'EMPLOI parle de gens qui veulent profiter de la vie au maximum tout en cherchant leur place dans la société et en se faisant des amis". 

Interprété par des actrices comiques comme Dakota Johnson, Rebel Wilson, Alison Brie et Leslie Mann, et de nouveaux talents comme Damon Wayans Jr., Anders Holm, Nicholas Braun, Jake Lacy, Jason Mantzoukas et Colin Jost, le film s'attache à une bande de célibataires qui ne vivent pas leur situation de la même manière… 

Le producteur John Rickard précise : "Ce que le film raconte est universel. Quand on est jeune, et qu'on vient de terminer ses études, on découvre un monde totalement nouveau. Et quelques années plus tard, on se retrouve à une autre croisée des chemins : qu'est-ce qui compte le plus ? À quoi a-t-on envie de consacrer sa vie ? A-t-on des projets de vie à deux ? On se dit souvent qu'il faut trouver l'âme sœur, mais on doit surtout se trouver soi-même et c'est assez flippant". 

Par chance, ce qui s'avère effrayant dans la vie peut donner lieu à des situations hilarantes au cinéma ! La scénariste et productrice Dana Fox confirme : "Les comédies romantiques se focalisent toujours sur les grandes rencontres, alors que CÉLIBATAIRE s'attache à ces moments entre deux relations amoureuses – ces moments où on peut se retrouver à fixer son Smartphone pendant des heures, à avoir des conversations en moins de 140 caractères et à faire des rencontres virtuelles. Autant de situations extraordinaires pour une comédie !" 

"Quel que soit le film, on a envie que le public se sente embarqué dans l'aventure des personnages", poursuit-elle. "Ici, le spectateur peut facilement s'attacher à Alice, campée par Dakota Johnson, et se marrer grâce aux autres formidables comédiens". On a aussi parfois envie de rire aux dépens des personnages… Dakota Johnson incarne Alice qui tente maladroitement de faire des rencontres après s'être retrouvée célibataire. Rebel Wilson interprète Robin, reine de la nuit et experte en plans drague, SMS et cocktails gratuits. Alison Brie campe Lucy qui s'est fixée pour mission de rencontrer quelqu'un sur Internet et Leslie Mann joue le rôle de Meg, tellement obnubilée par sa carrière qu'elle a totalement négligé sa vie privée. "J'ai adoré le scénario", souligne le réalisateur. 

"Je l'ai trouvé extrêmement drôle et totalement dans l'air du temps. D'ailleurs, il a encore évolué au cours du tournage grâce à Dana et au formidable talent d'improvisation de nos comédiennes. Au final, je retrouve beaucoup de mon propre vécu, et de celui de mes amis, dans les personnages et les situations du film. À mon avis, tous ceux qui un jour ou l'autre ont été célibataires – c'est-à-dire tout le monde ! – vont bien se marrer en voyant le film et en y retrouvant des situations qu'ils ont vécues". 

Vive la fête ! 

Tout juste diplômée, Alice se demande si elle n'est pas en train de passer à côté de sa jeunesse. En tout cas, elle se dit qu'elle a intérêt à faire une "pause" avec son petit ami Josh pour s'assurer qu'il est l'homme de sa vie. 

CÉLIBATAIRE, MODE D'EMPLOI s'intéresse au parcours d'Alice au moment où elle trouve un nouveau boulot, s'installe dans une nouvelle ville – New York – et découvre une vie sans attache. Dakota Johnson indique : "J'ai beaucoup aimé le côté vraisemblable de l'histoire car on a tous fait face à une situation où on a dû trouver nos marques". Dana Fox, qui a déjà collaboré avec la comédienne, était ravie de voir Dakota Johnson revenir à la comédie après plusieurs rôles plus sombres. 

"Dakota a un talent inné, surtout en matière de comédie, qu'il s'agisse d'un humour qui passe par les situations ou par les dialogues", affirme-t-elle. "C'était un vrai bonheur de retravailler avec elle car rien ne semble 'écrit'". Lorsqu'on fait connaissance d'Alice, "c'est une jeune fille toute douce et curieuse qui entame ses études supérieures", confie Dakota Johnson. "Elle rencontre tout de suite un garçon et s'installe dans une relation confortable et stable". On la retrouve quatre ans plus tard. 

"Comme la plupart d'entre nous, Alice a toujours dépendu de quelqu'un – de ses parents, de sa sœur ou de son petit copain", reprend la comédienne. "Tout à coup, elle fait une prise de conscience et elle a une révélation… qui se traduit en réalité par une rupture. Tous ses repères explosent et elle doit désormais trouver la manière de gérer la situation". Après avoir convaincu son petit ami, un garçon très sérieux, qu'elle a besoin de se retrouver seule, Alice s'installe à Manhattan où elle décroche un boulot d'assistante juridique. "Dès le départ, elle tombe entre les griffes de Robin qui est plutôt du genre délurée", déclare Dakota Johnson en riant. 

"Alice a toujours été très protégée et elle s'est fixée pas mal de limites. Robin, elle, n'a aucune limite et se fout de savoir ce qu'on pense d'elle tant qu'elle s'éclate". Alice devait faire preuve d'une bonne dose d'innocence et de candeur pour que le spectateur puisse s'identifier au personnage ou, tout au moins, se souvenir d'une époque où il partageait ses questionnements. Ditter déclare : "Dakota est à la fois magnifique et totalement abordable. Elle est douée et son jeu est d'un grand naturel, si bien que le public n'a aucun mal à s'identifier à elle. Elle ancre l'histoire dans la réalité alors que les autres personnages sont beaucoup plus fantasques". À commencer, bien entendu, par Robin qui s'est fixée pour mission d'initier l'ingénue aux ficelles du "métier"… et plus, si affinités ! "Robin adore son statut de célibataire et voudrait que tous ceux qu'elle croise soient dans les mêmes dispositions", souligne Dakota Johnson. 

"Alice, seule pour la première fois depuis longtemps, se dit que tant qu'à faire, autant être initiée par une experte". Pour Robin, tous les coups sont permis ! "Robin est l'éternelle célibataire qui se connaît très bien et qui sait ce qu'elle veut", note Rebel Wilson. "Elle est super indépendante et elle a vraiment la belle vie dans la ville la plus trépidante au monde. Elle passe son temps à faire la fête, à boire, à multiplier les aventures sans lendemain et ne veut surtout pas s'engager dans une relation durable". D'ailleurs, quand on fait la connaissance de Robin, elle est au sommet de sa forme. 

"On la découvre dans l'une des discothèques les plus branchées de New York, où elle danse jusqu'au bout de la nuit", ajoute-t-elle. La production a fait appel à Aakomon Jones, qui a réglé les pas de danse de la comédienne dans THE HIT GIRLS, pour chorégraphier son entrée en scène. "AJ a préparé une petite danse pour moi et on l'a répétée une cinquantaine de fois ce jour-là, uniquement pour le plan d'ouverture. C'était du délire !" Après avoir rencontré Alice, Robin tient à l'initier aux secrets de la vie de célibataire – ou plutôt, à ses secrets. "Robin lui apprend vraiment à vivre en célibataire, à se faire offrir un verre dans un bar, à draguer un collègue de travail, et à savoir quand répondre par SMS au type avec qui elle a couché la veille… Bref, tous ses secrets", analyse Rebel Wilson. 

Sur le plateau, Rebel Wilson a créé une ambiance des plus délirantes ! "Je suis un grand fan de Rebel", déclare Ditter. "Tout ce qu'elle fait est hilarant et elle a beaucoup d'idées et elle propose de formidables improvisations. Bien sûr, on tournait toujours quelques scènes qui figuraient dans le scénario mais très vite, je demandais à Rebel de me surprendre et plusieurs de ses impros sont dans le film, car elle est très inventive et qu'elle est un génie de la comédie. J'ai même eu peur qu'on soit obligé de stabiliser ses prises en postproduction tellement le cadreur était mort de rire !" 

"Rebel est magnifique et elle se distingue totalement de tous les gens que je connais", s'enthousiasme Dakota Johnson. "Elle est d'une grande sincérité et elle est capable d'improviser sur les sujets les plus ridicules. C'était un vrai bonheur de travailler avec elle". Rebel Wilson ne tarit pas non plus d'éloges sur sa partenaire : "J'ai adoré tourner avec Dakota", confie-t-elle. "Nous ne fonctionnons pas du tout de la même façon et nous avons des physiques aux antipodes l'un de l'autre, un peu comme un tandem comique traditionnel". 

Le réalisateur a adoré l'alchimie entre les deux actrices : "Du coup, on en a rajouté en matière de gags burlesques – Christian n'avait pas de limite !", se souvient Rebel Wilson. "Il est friand de ça et il nous a fait confiance – et on s'est lâchées ! Il nous a constamment soutenues et on a fait quelques belles conneries, Dakota et moi !" Richard précise : "Rebel est une icône de la pop-culture et elle incarne l'actrice de comédie par excellence. Dès qu'elle est sur le plateau, on ne peut s'empêcher de la regarder : on ne veut surtout pas rater ce qu'elle s'apprête à faire ou dire, et cela se retrouve à l'écran. Et le duo Rebel/Dakota ? De la bombe !" 

Si Robin bouscule totalement les repères habituels d'Alice, sa sœur, Meg, est son pilier. Leslie Mann – "une reine de la comédie et un bonheur à regarder jouer", selon Ditter – campe le rôle. "J'incarne une gynécologue obstétricienne qui, forcément, est entourée de bébés toute la journée", dit-elle. "Mais elle n'en a pas, et ne tient pas à en avoir, même si elle est consciente qu'elle sera bientôt rattrapée par son horloge biologique". Un peu plus âgée que qu'Alice et Robin – et surtout beaucoup plus sage en apparence –, Meg est une carriériste invétérée qui, contrairement à sa sœur, a négligé sa vie privée. Et pourtant, Meg a un côté maternel. "Meg encourage sa petite sœur à trouver sa voie", indique Dakota Johnson. 

"Du coup, quand Alice et Meg sont ensemble, on découvre une tout autre facette de la sœur cadette – un peu immature et puérile – mais elle est pardonnée car elle réussit à faire ressortir la douceur et la gentillesse chez Meg. Et elles s'amusent bien toutes les deux, parce qu'elles sont sœurs, et qu'il s'agit d'une relation parmi les plus précieuses au monde". Bien qu'elle mette au monde de nombreux bébés, et qu'elle aime materner sa sœur, Meg revendique son profond malaise en présence d'enfants. Mais une scène-clé, au début du film, indique que ses déclarations sont peut-être un rien exagérées… Pour la séquence, la comédienne a dû passer trois heures sur un plateau exigu avec un bébé de six mois : "On était dans une toute petite pièce avec Leslie, le bébé, et moi, sans oublier deux caméras et le preneur de son", se remémore Ditter. 

"Une fois qu'on était sur place, il n'y avait plus moyen de sortir. Le bébé ne réagissait pas du tout comme on voulait et je me suis dit : 'C'est mon premier – et mon dernier – jour avec Leslie !' Mais c'est une vraie pro, et le bébé a mimé tout ce qu'elle faisait. Elle a instauré un climat formidable, et elle a vraiment dirigé ce bébé, et au final, on a obtenu l'une des scènes les plus incroyables du film. Leslie est une comédienne exceptionnelle". "Tout en étant très drôle, Leslie suscite une certaine émotion qu'on sent en filigrane", affirme Dana Fox. "C'est pour ça que c'est un vrai plaisir de voir ces deux tendances de son caractère s'entrechoquer. Elle joue avec un tel naturel qu'on se dit : 'J'ai déjà pété les plombs comme ça, ça m'est arrivé'. Il n'y a pas un seul acteur qui joue aussi bien cette propension à partir au quart de tour". 

Non seulement Meg évite soigneusement les enfants en dehors de son cabinet, mais elle semble avoir totalement renoncé à l'idée de partager sa vie avec un homme étant donné qu'elle est déjà mariée … à son travail. "C'est alors qu'elle rencontre un garçon… beaucoup plus jeune qu'elle", note Leslie Mann. Inquiète tout en étant séduite, Meg décide de tenter l'aventure, même si ce n'est que le temps d'une nuit. Contrairement à Meg, Lucy est une jeune femme dynamique et résolue à l'idée de faire le maximum de rencontres et ce, de la manière la plus efficace et pratique qui soit : sur Internet. C'est ainsi, pense-t-elle, qu'elle pourra connaître le grand amour. Elle a bien réfléchi et, devenue adepte des nouvelles technologies, elle est convaincue qu'elle va pouvoir enfin rencontrer l'homme de ses rêves. Mais lorsque la Wi-Fi de son appartement montre des signes de faiblesses, elle s'installe au bar du coin où elle monopolise un tabouret et réquisitionne un signal de connexion pour surfer sur les nombreux sites de rencontres de la Toile… Alison Brie campe cette jeune femme pragmatique. 

"Toute la vie sociale de Lucy repose sur les sites de rencontres en ligne", indique-t-elle. "Autant dire qu'une mauvaise connexion Internet est une vraie catastrophe pour elle. Sa première priorité est de se marier dès que possible. C'est une fille intelligente dont le cerveau fonctionne à 200 km/h, et elle a mis au point un algorithme lui permettant de faire le tri entre les mecs sur plusieurs sites. Mais elle commence à sentir la pression du calendrier qu'elle s'est imposé et elle se sent à la traîne". Si Alison Brie estime que son personnage n'est pas aux abois et n'agit pas uniquement par crainte de se retrouver seule, elle reconnaît que Lucy "est obnubilée par un genre très spécifique de garçon qu'elle recherche, ce qui limite son champ des possibles. Elle ne se rend pas compte que c'est bien là que réside le problème : elle est trop organisée et trop rigide dans sa manière de raisonner, si bien qu'elle n'arrive pas à voir la personne qui est juste devant elle". "Alison campe Lucy avec une énergie redoutable et une forme de rigidité très drôle à voir", commente Dana Fox. 

"C'est une vraie bombe : il suffit d'une petite étincelle et elle explose ! Elle est super rapide et elle parvient à prononcer de très, très longs dialogues tout en donnant le sentiment que ce sont ses mots à elle. Grâce à Alison, on a l'impression que Lucy existe bel et bien". D'une certaine façon, comme l'admet Dana Fox, Lucy existe. "Elle s'inspire un peu de moi dans la mesure où elle est obsédée par les statistiques et que j'ai toujours aimé la recherche et la documentation", dit-elle. Pour ces quatre femmes en quête de plaisir – notion dont elles donnent des définitions contrastées – une chose est sûre (selon Robin, en tout cas) : 

Ce sont les mecs qui paient les verres ! 

Pour offrir un verre à ces dames – et bien plus encore –, la production a fait appel à plusieurs comédiens de cinéma et de télévision. Barman célibataire et dragueur, Tom a une formule éprouvée pour virer une nana de son établissement avant le petit matin. "Il a érigé cette phrase en règle absolue : 'Tu les aimes et tu les largues'", explique Anders Holm qui incarne ce séducteur patenté, faisant clairement en sorte que sa garçonnière soit aussi peu confortable et accueillante que possible. "Il a l'habitude d'obtenir ce qu'il veut et de coucher avec toutes les filles qu'il désire". 

"Je trouve qu'Anders est l'un des meilleurs acteurs comiques de la génération montante", signale Ditter. "C'est un rôle d'homme à femmes mais je voulais quelqu'un d'intéressant et de drôle capable de communiquer son humour à Tom – et il y est très bien parvenu". Holm indique qu'il a longuement discuté avec le réalisateur pour savoir quelle limite ne pas franchir dans son côté "bad boy". "On s'est demandé si c'était un sale type sympa ou un type faussement sympa mais peu fréquentable au fond, et on a choisi d'en faire un type bien mais carrément insupportable", précise le comédien. 

"Il est foncièrement gentil mais il s'est enfermé dans sa routine de filles faciles et de refus de s'engager – et il ne sait plus comment faire pour s'engager sérieusement avec quelqu'un s'il rencontre un jour la bonne personne. C'est comme cela que les filles comme Lucy le perçoivent. Il s'est forgé un style de vie qui est devenu sa marque de fabrique, et il s'y est perdu. Mais cela n'a pas l'air de trop le préoccuper". En tout cas, jusqu'à ce que Lucy prenne ses quartiers dans son bar : "Elle a une idée très précise du genre d'homme qu'elle veut et Tom n'y correspond pas du tout", poursuit le comédien. "Il en est stupéfait, ce qui lui donne envie de sortir avec elle". 

Pour autant, sa motivation ne l'empêche pas de draguer d'autres femmes à l'instar d'Alice. "Elle vient de se séparer de quelqu'un avec qui elle est restée longtemps et elle recherche une aventure d'une nuit : Tom est la personne qu'il lui faut". Lorsqu'Alice découvre l'univers des hommes célibataires de Manhattan, elle y plonge tête la première avec Tom, aux antipodes de son ex, Josh. "Ils étaient tous les deux en première année à la fac et aussi maladroits l'un que l'autre – et ils sont tombés amoureux", raconte Nicholas Braun qui interprète le garçon. 

"Josh était un type stable et brave qui la traitait bien. Je ne pense pas qu'il y ait la moindre place à l'imprévu avec lui et c'est en partie pour cela qu'elle le quitte". "Pas mal de filles peuvent s'identifier à Alice", reprend-il. "Elle est encore à un moment de sa vie où elle n'a pas envie de se sentir 'installée' et où elle a besoin de multiplier les rencontres. Et si Josh est le parfait exemple du type qui se dit qu'il a rencontré la femme de sa vie, il ne va pas pour autant l'attendre tranquillement pendant qu'elle va coucher avec plusieurs garçons. Lui aussi va s'amuser". 

Alors qu'Alice est en quête d'un nouveau partenaire, elle fait la connaissance d'un père célibataire, David, qui est attiré par elle mais qui hésite à s'engager dans une nouvelle relation. Damon Wayans Jr campe ce veuf qui, malgré sa méfiance, est prêt à faire une rencontre. "Il tente de retrouver le plaisir qu'il avait autrefois à rencontrer quelqu'un mais il n'est peut-être pas encore prêt à sauter le pas", souligne Wayans. "Lorsqu'il voit Alice, elle l'intrigue mais ce n'est qu'après qu'ils se soient recroisés par hasard que le courant passe entre eux". L'acteur a apprécié sa partenaire. "Dakota est très drôle, très libre, et d'une grande spontanéité", dit-il. "Elle adore improviser, ce qui me convient parfaitement". 

"Damon Wayans est un type extrêmement drôle dont j'adore les sketchs", affirme le réalisateur. "Dans ce film, il tient un rôle plus sombre que les autres et il s'en est remarquablement tiré, sans jamais que cela devienne trop pesant. Il a su trouver le juste équilibre". Alice n'est pas la seule à rencontrer la personne qui pourrait lui convenir au mauvais moment. Sa sœur carriériste Meg est la première surprise de susciter l'intérêt de Ken (Jake Lacy), beaucoup plus jeune qu'elle. Tendre et sincère, Ken s'éprend réellement de Meg. "Elle cherche un plan sexe vite fait bien fait", remarque Lacy, "et ça plaît bien à Ken, mais il veut aller jusqu'au bout de cette relation et voir si elle peut les emmener plus loin. Par ailleurs, elle est convaincue qu'il est trop jeune pour elle, et j'aime bien le fait qu'il tente de battre en brèche les défenses qu'elle ne cesse d'ériger". La production était consciente qu'il lui faudrait un acteur doué d'un profond sens de la comédie pour donner la réplique à Leslie Mann. 

"Jake nous a tous bluffés", relève Ditter. "Dès sa première rencontre avec Leslie, au bout de deux minutes, il était évident que l'alchimie fonctionnait à merveille entre eux. Quoi qu'elle dise, il trouvait la bonne répartie, et inversement". "C'était un bonheur de travailler avec Leslie", rapporte Lacy. "Elle est futée, drôle, douée, vive et ravissante. À chaque fois qu'on entamait une nouvelle scène, elle avait des tas d'idées et avait vraiment réfléchi au moindre moment de leur relation. Ce qui m'a facilité la tâche pour nouer une vraie complicité dans le jeu et lui proposer quelque chose de nouveau à chaque prise". George, campé par Jason Mantzoukas, suscite aussi un sentiment imprévu chez l'une des jeunes femmes… La manière inhabituelle dont l'acteur a décroché le rôle l'a lui-même surpris et a pris de court la production. 

Le réalisateur s'explique : "On avait organisé une réunion entre scénaristes pour évoquer le scénario, trouver de nouvelles vannes et enrichir le script. On a proposé à Jason de se joindre à nous parce qu'il est scénariste et il se trouve que tous ses gags étaient extrêmement drôles. Il ne se contentait pas de les balancer – il les jouait devant nous. Après la réunion, on s'est tous regardés et on a convenu qu'il fallait l'engager". La production a pris contact avec Mantzoukas pour lui offrir le rôle et lui demander de refaire ce qu'il avait fait en réunion – mais cette fois devant la caméra. Le comédien n'a pas tardé à donner son accord. Mantzoukas note : "Il y avait un formidable scénario avec beaucoup de gags, si bien qu'on a tourné des prises correspondant à ce qui était écrit. Mais une fois sur le plateau, on a imaginé d'autres gags et tourné des prises totalement improvisées. On a également tourné des prises de gags inédits écrits par Dana Fox qui nous ont permis d'explorer différentes pistes. C'était une formidable expérience de création pour nous tous". 

"On a eu de la chance que tous nos comédiens soient au taquet et aient envie d'engager une vraie partie de ping-pong avec leurs partenaires", déclare le réalisateur. "C'est ce qui nous a permis d'expérimenter pas mal de choses. Je crois qu'en encourageant ces jeunes acteurs à faire un vrai travail d'équipe, on a suscité une véritable émulation et on a obtenu l'atmosphère contemporaine et originale qu'on recherchait". 

Rompre, ça craint. Mais tu sais ce qui est pire ? 
Gâcher une soirée à New York. 

CÉLIBATAIRE, MODE D'EMPLOI a été entièrement tourné à New York et dans ses environs. Quand on sait que la métropole compte huit millions d'habitants et offre des possibilités infinies, le plan de tournage était ambitieux puisqu'il s'agissait de tourner dans 45 lieux différents en … 47 jours ! "On a été partout", indique le producteur John Rickard. "Dans le Meatpacking District, sur une terrasse d'un immeuble de Midtown, à Wall Street, sur la 5ème Avenue… Et on a filmé toutes nos images sans tricher. 

Christian était conscient que c'était une chance de tourner à New York et il s'en est donné les moyens". "Je voulais qu'on sente l'atmosphère de la ville, des rues, des ponts, des parcs et des terrasses du vrai New York, et qu'on ne filme pas tout en studio", retrace Ditter. "Et c'est ce qu'on a fait". "Je pense que tous ceux qui viennent à New York ont quelque chose à accomplir, ou recherchent quelque chose ou se trouvent là pour l'aventure que la ville peut leur offrir", poursuit-il. 

"J'ai le sentiment qu'à chaque fois que quelqu'un franchit le pas et tourne la page sur son passé afin de se lancer et de tenter sa chance, c'est à New York qu'il faut aller. C'est pour ça qu'Alice y va et on la suit dans ses pérégrinations". Si la ville est photogénique, elle pose de nombreux problèmes à une équipe de tournage. "C'est la première fois que je tournais à New York et je pense que j'étais un peu naïf au départ", reconnaît Ditter. "Quel que soit l'endroit, j'avais l'impression qu'il sortait tout droit d'un film, et quel que soit l'axe de ma caméra, l'image me faisait penser à une photo de cinéma. Du coup, je me suis dit : 'ça va être facile'. Bien entendu, ça n'a pas été le cas. La logistique est très complexe et il faut mettre en branle une énorme machine de guerre. Par chance, on avait des techniciens parmi les meilleurs au monde et ils s'en sont sortis avec brio". 

Diana Fox précise : "La ville nous a vraiment déroulé le tapis rouge et même la météo a été clémente : tout était magnifique. Le plus difficile, c'est qu'à partir du moment où on racontait l'histoire de célibataires qui sortent toute la nuit, on tournait presque tout le temps de nuit !" Ditter a fait appel à son fidèle collaborateur Christian Rein pour signer la lumière. "On travaille ensemble depuis nos études de cinéma et c'est l'un des meilleurs chefs-opérateurs en Allemagne", indique le réalisateur. 

"Il a participé à de nombreux longs métrages, spots publicitaires et vidéo clips primés. Avec l'arrivée d'outils comme Instagram et Periscope, la photographie a changé et les professionnels doivent faire preuve d'inventivité dans leur travail. Christian a toujours été pionnier en matière d'évolutions technologiques et a su mêler les dernières innovations à la qualité technique qu'on est en droit d'attendre d'une production hollywoodienne. Je trouve qu'il a réuni les aspects les plus positifs de chacun de ces domaines. Et comme on a déjà travaillé sur plusieurs projets ensemble, on se comprend à demi-mot. Comme les joueurs de base-ball, on n'a qu'à se faire signe et on comprend ce que ça veut dire". Pour concevoir le style du film, le chef-décorateur Steve Saklad s'est inspiré de sa propre expérience de jeune homme célibataire à New York. 

"La perspective de se retrouver dans cette ville incroyable et d'y dénicher son petit coin à soi parle à tout le monde", dit-il. "Le film compte plusieurs protagonistes qui, chacun, ont pas mal de scènes. Du coup, il leur fallait un endroit bien à eux. On a commencé par se demander s'ils habitaient à Manhattan ou à Brooklyn". Lorsqu'Alice débarque à New York, elle dort chez sa sœur Meg qui vit dans un appartement caractéristique de l'Upper West Side : celui-ci a été reconstitué aux Kaufman Astoria Studios dans le Queens. 

"On a opté pour un charmant deux pièces qui conserve le charme de sa construction des années 1900, comme on peut en voir dans les vieux films de Woody Allen", affirme Saklad. La façade de l'immeuble de Meg a été tournée à l'angle de Broadway et de la 77ème rue, au cœur du quartier animé de l'Upper West Side. C'est là que Ditter et Rein ont tourné une scène où Alice et Robin repartent à la conquête de New York – après une très longue nuit à faire la fête. "Ils ont réalisé ce plan magnifique à 360° qui correspondait exactement à l'ambiance requise à ce moment-là de l'histoire", ajoute le chef-décorateur. 

La librairie indépendante Book Culture, située sur Columbus Avenue, a servi de cadre à la scène où Lucy, bouleversée par une rupture, se met à raconter une histoire à un groupe de jeunes enfants. Après avoir dormi sur le canapé de Meg pendant quelque temps, Alice s'installe à Brooklyn, comme beaucoup de gens de sa génération. Saklad et son équipe ont déniché un espace modeste dans un immeuble situé sous le Williamsburg Bridge, idéal pour le premier appartement d'Alice. "On en a fait un petit coin charmant avec des moulures anciennes, des papiers peints et des peintures d'époque, où avaient vécu d'innombrables locataires", indique le chef-décorateur. 

"On voulait donner le sentiment qu'il s'agit d'un cocon dans ce tout petit territoire où Alice a décidé de refaire sa vie". L'appartement accueillant et chaleureux de Josh, l'ex d'Alice, se situe dans un "brownstone" du quartier de Fort Greene à Brooklyn. Près de l'arsenal maritime de Grand Street, également à Brooklyn, l'équipe Décors a conçu la garçonnière de Tom le barman dans un loft industriel. Retour à Manhattan. Un emplacement sur Gansevoort Street dans le Meatpacking District ainsi que les rues pavées adjacentes ont été utilisées pour le bar de Tom et l'appartement de Lucy à l'étage supérieur. La production a également tourné des scènes dans le restaurant The Park et le Marquee Club, situés sur la 10ème Avenue à Chelsea, avant de s'établir plus au sud de l'île, au 44 Wall Street, pour les séquences du cabinet d'avocat où travaillent Alice et Robin. Au nord de Manhattan, le Metropolitan Hospital, au croisement de la 1ère Avenue et de la 97ème rue, est l'hôpital où exerce Meg, tandis qu'on trouve dans l'East Side les quartiers de shopping : chez Giggle sur Lexington Avenue, ou encore – pour Alice et Robin – chez Bloomingdale's sur la 3ème Avenue, Drybar sur East 76ème rue, et les boutiques de cosmétique MAC à l'angle de la 5ème Avenue et de la 22ème rue. Un film new-yorkais serait-il digne de ce nom sans une scène dans la gare historique de Grand Central ? 

Dans CÉLIBATAIRE, une des séquences les plus importantes avec Lucy y a été tournée. Tout aussi emblématique, l'Empire State Building a servi de cadre à la fête d'anniversaire qu'Alice s'organise pour elle-même. "La terrasse sur le toit s'est avérée être l'un des emplacements les plus complexes", indique Saklad. "Il nous fallait un lieu qu'on puisse privatiser pendant une semaine et qui suscite le genre d'émerveillement qu'on ne peut ressentir qu'à New York". La production a déniché l'emplacement idéal sur la 36ème rue, entre les 5ème et 6ème Avenues, qui offrait la vue panoramique souhaitée, et que Saklad et son équipe ont aménagé. 

"On l'a transformé en terrasse de nos rêves", dit-il. La production a également ajouté un panneau géant en néon indiquant "Empire City" afin d'illuminer la fête avec des variations chromatiques. Chaque personnage est défini par sa propre palette de couleurs. Saklad raconte : "On s'est rendu compte que Leslie, sous les traits de Meg, est vraiment mise en valeur par les tons froids et gris-bleus de l'hôpital. Dakota est rayonnante dans un décor rouge et bleu turquoise, si bien qu'on lui a attribué ces couleurs. En plus, ces tonalités tranchent très bien avec celles de sa sœur, si bien que cela illustre à merveille le fait qu'elles n'en sont pas au même point dans leur vie". 

On retrouve des tons de rouge dans la garde-robe d'Alice. La chef-costumière Leah Katznelson évoque l'évolution de ses tenues à mesure qu'avance l'intrigue : "Au départ, elle s'habille un peu comme un garçon manqué, et je trouve que dès lors qu'elle s'affirme davantage comme femme, elle assume davantage sa féminité : elle porte alors des tissus et des imprimés plus aguicheurs. Alice est du genre à aller au marché aux puces ou dans une boutique de vêtements d'occasion et à y dénicher des articles qu'un autre acheteur ne saurait pas coordonner de la même façon". 

La chef-costumière a également travaillé en étroite collaboration avec Rebel Wilson pour mettre au point des tenues extravagantes pour Robin, personnage d'une totale confiance en soi. "On s'est vraiment plu à jouer avec les couleurs et à faire d'elle une New-yorkaise originale qui connaît très bien le monde de la nuit – les meilleures discothèques, les meilleurs bars branchés et les lieux les plus tendance du moment", dit-elle. "Pendant la journée, elle passe son temps à réfléchir à ce qu'elle va faire après le boulot. Et même au boulot, elle est déjà en tenue de soirée. Pour elle, le bureau n'est qu'un endroit où entreposer ses affaires". Pour autant, la chef-costumière a dû veiller à ne trop verser dans l'excès. 

"Robin est certes une fille qui s'habille pour se faire remarquer, mais on ne voulait pas que ses tenues soient trop éloquentes", indique-t-elle. "On lui a quand même fabriqué deux ou trois robes lumineuses qui étaient très amusantes". Bien qu'elle passe tout son temps au bar, Lucy est un tout autre genre de fille. "Le personnage d'Alison Brie est aux antipodes de Robin", poursuit Leah Katznelson. "C'est une femme plus sensée, un peu plus BCBG, et du coup, on lui a fourni des chemisiers habillés, des blazers et des tenues sur mesure". Pour ce qui concerne Meg, gynécologue, et David, promoteur immobilier, leurs tenues vestimentaires sont en grande partie à l'image de leur travail. "On voit beaucoup Meg en blouse", poursuit la chef-costumière. 

"C'était un vrai plaisir d'habiller Damon non seulement parce qu'il est magnifique dans ses tenues, mais parce que celles-ci sont très haut de gamme. Son personnage gagne beaucoup d'argent et son style est profondément lié à son succès professionnel". Le style des deux autres hommes de la vie d'Alice – son ex-petit ami Josh et son nouvel amant Tom – est très différent. "On tenait à ce que Tom (Anders Holm) se distingue de David", note Leah Katznelson. "Il vit dans le sud de la ville et il est toujours détendu. Josh est plus conforme au genre de mec à qui on associe Alice. Il a un côté très propre sur lui et on dirait que sa vie est tracée d'avance et, du coup, ses tenues s'en font l'écho". 

Entre les lieux de tournage, les décors, les costumes, la palette chromatique et la musique de Fil Eisler, le réalisateur espère que le film transpose avec justesse l'atmosphère pétillante de la vie des célibataires à New York ou ailleurs. "Je pense qu'il touchera les adultes de toutes les générations, qu'ils aient la vingtaine, la quarantaine ou plus", déclare-t-il. "Il y a toujours des comédies romantiques qui sortent à cette époque de l'année mais si on s'intéresse aux spectateurs qui vont les voir, on se rend compte que la moitié d'entre eux ont quelqu'un dans leur vie et que l'autre moitié sont célibataires et qu'ils sont là pour s'éclater avec un copain. Ce film s'adresse à tous ceux qui ont été jeunes un jour, qui ont connu plusieurs relations, qu'ils aient quelqu'un dans leur vie ou qu'ils se souviennent de cette époque de leur vie en en riant. Je crois vraiment que dans CÉLIBATAIRE, MODE D'EMPLOI, il y en a pour tous les goûts !"

lundi 5 octobre 2015

LE NOUVEAU STAGIAIRE


Comédie/Touchante et humaine, une jolie histoire pour passer un bon moment

Réalisé par Nancy Meyers
Avec Robert De Niro, Anne Hathaway, Rene Russo, Adam DeVine, Anders Holm, Jojo Kushner, Linda Lavin, Jason Orley...

Long-métrage Américain
Titre original: The Intern
Durée: 02h01mn
Année de production: 2015
Distributeur: Warner Bros. France

Date de sortie sur les écrans américains : 25 septembre 2015
Date de sortie sur nos écrans : 7 octobre 2015


Résumé : Ben Whittaker, un veuf de 70 ans s'aperçoit que la retraite ne correspond pas vraiment à l'idée qu'il s'en faisait. Dès que l'occasion se présente de reprendre du service, il accepte un poste de stagiaire sur un site Internet de mode, créé et dirigé par Jules Ostin.

Bande annonce (VOSTFR)


Ce que j'en ai pensé : LE NOUVEAU STAGIAIRE est le genre de film qui vous met le sourire aux lèvres. La réalisatrice Nancy Meyers a une approche humaine du traitement de ses personnages et c'est très plaisant. Même si tout n'est pas parfait dans son film, elle manie l'humour des situations adroitement et rend ses protagonistes attachants. Le film est joyeux et léger tout en abordant des sujets de société qui donnent à réfléchir. Le plus évident étant bien sûr le travail des seniors, mais ce n'est pas le seul. J'ai beaucoup apprécié que le scénario ne tombe pas forcément dans l'évidence, il m'a surpris à plusieurs reprises. La réalisatrice croque très justement la retraite, l'activité d'une start-up ou encore l'équilibre vie-travail et son impact sur le couple.


Il y a une belle positivité qui ressort de ce long-métrage car il parle de soutien, de confiance, d'amitié, de courage, de travail motivant, de rencontres qui vous portent et vous encouragent...
Robert de Niro, qui interprète Ben Whittaker, est génial dans ce rôle. Il est tellement touchant. Il joue en retenue, ce qui va parfaitement bien à son personnage à la fois très pro et solide, mais en proie aux doutes face à une génération par rapport à laquelle il se sait décalé.



Anne Hathaway, qui interprète Jules Ostin, est impeccable dans le rôle de cette jeune femme brillante et bosseuse, à qui tout semble réussir, mais qui est tout à fait consciente de ses imperfections et de ses fragilités.






Autour de ce duo, il y a toute une galerie de personnages secondaires rigolos et/ou sympathiques qui nous permettent de mieux cerner la personnalité de Ben et de Jules par leurs interactions avec eux.








Je pardonne aisément ses petits défauts à ce film (les quelques longueurs, les détails qui ne sont pas toujours cohérents...), car il a du cœur et il vous mettra de bonne humeur. Je vous conseille donc d'aller découvrir LE NOUVEAU STAGIAIRE qui est une jolie comédie dans l'air du temps.

INFOGRAPHIE: LE NOUVEAU STAGIAIRE EN IMAGES


NOTES DE PRODUCTION
(A ne lire qu'après avoir vu le film pour éviter les spoilers !)
BEN Un jour, j'ai lu quelque part que les musiciens ne prenaient pas leur retraite. Ils s'arrêtent quand ils ne sont plus habités par la musique. Eh bien, moi, je suis encore habité par la musique. J'en suis absolument certain.
Le cinéma de Nancy Meyers séduit grâce à sa manière authentique, drôle et poignante d’explorer les relations amoureuses, de la séduction au mariage, jusqu'au divorce et ses conséquences. Dans ses films, des liens d'amitié se nouent toujours entre les personnages et c'est exactement le sujet du NOUVEAU STAGIAIRE ! "Les relations humaines sont les moteurs de mes films mais il existe d'autres formes de rapports que les relations amoureuses", raconte la réalisatrice. "Du coup, quand j'ai eu cette idée d'un homme vieillissant qui devient stagiaire dans une start-up, j'ai su que ce ne serait pas une histoire d'amour traditionnelle ; il s'agirait d'une entente et d'une amitié entre deux personnes qui auraient très bien pu ne jamais se rencontrer".

LE NOUVEAU STAGIAIRE aborde aussi un autre aspect de notre vie qui participe de notre identité profonde : le travail. Nancy Meyers y fait allusion dès le début du film avec cette citation de Freud : "Amour et travail. Travail et amour. Ce sont deux des piliers de la vie". Nancy Meyers reprend : "Je pense qu'avoir un but et se sentir utile sont des besoins aussi fondamentaux qu'aimer et être aimé". Mais quand on se retrouve à la retraite et que l'être que l'on aimait n'est plus là, comment occuper ses journées et donner un sens à sa vie ? 3 C'est le dilemme auquel doit faire face l'un des deux personnages principaux, Ben Whittaker. Robert De Niro incarne cet homme qui a la chance de reprendre du service dans une start-up de Brooklyn. Le célèbre acteur a apprécié de travailler pour la première fois avec Nancy Meyers. 

Il confie : "C’est le genre de films dont Nancy a le secret. C’est à bien des égards un peu comme une comédie hollywoodienne classique mais tout à fait moderne. Ici, elle aborde un thème qui va probablement avoir de la résonance pour beaucoup de monde. Les gens ne pensent pas forcément que les choses ont changé, seulement qu'ils ont vieilli, et cela ne les empêche pas d’avoir encore beaucoup à offrir et d’être productifs". Face à De Niro, Anne Hathaway campe Jules Ostin, la fondatrice d’un commerce de mode en ligne, "About the Fit" (ATF) ["Question de taille", NdT]. "Nancy est une réalisatrice merveilleuse et pleine de sincérité, et, de mon point de vue, sûrement la femme la plus drôle que j’aie jamais rencontrée", admire l’actrice. "Elle est d’une précision redoutable. Ses films sont non seulement drôles mais également émouvants et profondément humains. Ils traitent avec justesse de la grande difficulté d’affronter la vie un jour après l’autre". 

La productrice Suzanne Farwell qui collabore avec Nancy Meyers depuis que celle-ci s’est lancée dans la réalisation en 1998 avec À NOUS QUATRE – et sur lequel elle était son assistante –, ajoute : "Les films de Nancy sont atemporels. Les sujets en jeu sont toujours sérieux mais ils sont observés à travers un prisme profondément humoristique. Sa capacité à trouver cet équilibre est sa marque de fabrique et le public y est sensible. Dans ce film, elle aborde des thèmes qui sont dans l’air du temps, tels que la place des femmes dans le milieu des affaires, la retraite et le sentiment d’être toujours utile, mais avec une approche un peu différente de ce qu’on connaît". Dans LE NOUVEAU STAGIAIRE, la réalisatrice raconte comment s'instaurent des rapports complexes et révélateurs entre Ben, issu du baby-boom, et une jeune femme appartenant aux "Millennials", la toute dernière génération à avoir accédé au marché du travail. 

Elle s’amuse aussi du choc culturel que subit cet ancien dirigeant d’une entreprise d’annuaires téléphoniques quand il se retrouve propulsé dans l’univers d’une start-up presqu’entièrement régie par le numérique dont les codes sont les suivants : tenues décontractées tous les jours, et pas seulement le vendredi ; généralisation du sweat à capuche à la place de la cravates ; utilisation de Facebook au lieu d'annuaires et de Tweeter au lieu de conversations de visu ; et recours aux émoticônes et aux mégaoctets plutôt qu'aux vraies émotions et à la galanterie ! "Je pense que, ces dernières années, le monde a radicalement changé. Tout va de plus en plus vite", indique Suzanne Farwell. "Il y a d’un côté des professionnels chevronnés qui ont énormément à offrir car ils sont riches de connaissances et de bon sens acquis tout au long de leur vie. Et puis, vous avez cette toute nouvelle génération qui travaille avec une attitude et une façon d’appréhender leur carrière entièrement différentes". Nancy Meyers campe son histoire dans le milieu fascinant de la culture des start-up. "Une start-up me paraissait le décor le plus intéressant et drôle dans lequel laisser l’inévitable choc des cultures se produire", déclare-t-elle. 

"C’était un terrain de jeu amusant avec ces deux générations qui se heurtent de plein fouet", note Anne Hathaway. "En raison des avancées technologiques et sociales, beaucoup de ce qui nous freinait jusqu’à présent est en train de disparaître petit à petit. Malheureusement, il semble que disparaisse aussi un certain sens de la courtoisie". De Niro partage cet avis. "Il y a bien évidemment beaucoup d’avantages à tirer de l’expérience et des traditions, et c’est ce que Nancy exprime dans cette histoire. C’est une histoire qui évoque les vertus de la maturité". Le fossé des générations a aussi fait place à un renversement assez intrigant, que l’on voit dans le film. "Alors que les jeunes filles sont devenues des femmes, les hommes sont eux restés de grands enfants", explique Nancy Meyers. "Pendant que les filles s’entendaient dire que l’avenir leur appartenait, je crois que les hommes se sont, de leur côté, un peu égarés en chemin et ne comprennent toujours pas ce qui se passe".

LE CASTING
BEN Bonjour Jules. Je m'appelle Ben et je suis votre nouveau stagiaire.
JULES Je suis ravie que vous trouviez ça amusant aussi.
BEN Mieux vaut en rire.
La première fois que l’on découvre Ben Whittaker, il assiste à un cours de taichi : "j’ai trouvé ce choix amusant mais aussi parce que Ben est tout à fait le genre à savoir que le tai-chi est bon pour la santé", révèle la réalisatrice. Sous ses dehors faussement zen, on apprend vite que le tai-chi n’est que l’une des nombreuses occupations que Ben a trouvées pour tenter de canaliser son énergie débordante maintenant qu’il est veuf et retraité. Pour passer le temps, Ben fait du golf et jour au pinochle [sorte de belote, NdT], va au cinéma, lit ; il a pris des cours de cuisine et de mandarin ; il a essayé le yoga et utilisé tous ses "miles" – ses points de fidélité – pour faire le tour du monde. Mais rien n’y fait : il ressent un manque. 

"Le travail et le fait d’avoir un endroit où se rendre tous les jours lui manquent", affirme Nancy Meyers. "Il veut à nouveau faire partie d'une équipe. Il va chez Starbucks chaque matin à 7h15 uniquement pour être à proximité de toute cette agitation". "Ben n’était pas exagérément ambitieux mais il a bien réussi et pense qu’il a de la chance", souligne De Niro. "Mais il trouve la retraite différente de ce à quoi il s’attendait. Je pense que ça dépend du métier qu’on a exercé mais Ben aimait foncièrement son boulot". La réalisatrice considère qu'obtenir l'accord de Robert De Niro pour le rôle de Ben a été un coup de maître. "Bob est un acteur génial dont le registre et l'intensité de jeu sont phénoménaux", déclare-t-elle. "Dans les autres comédies dans lesquelles il a joué, il a souvent incarné un dur mais en plus drôle. Cependant, dans LE NOUVEAU STAGIAIRE, on découvre une toute nouvelle facette de Bob. Dans notre film, il joue non seulement face à Anne Hathaway dont il est le stagiaire, puis un peu le mentor, mais aussi face à une équipe de jeunes acteurs dont plusieurs se sont formés en se produisant sur la chaîne Comedy Central. Leurs sont radicalement différents, et cela a donné lieu à des scènes d’anthologie à l’écran ou sur le plateau". 

Ben fait la connaissance du personnage d'Anne Hathaway quand il décroche un stage destiné à des seniors chez ATF, le site d’achat en ligne de Jules alors en plein essor. Or, lorsque celle-ci a accepté que sa boîte accueille des stagiaires confirmés, elle supposait qu’il s’agissait d'étudiants en dernière année – des "seniors" dans le vocabulaire américain – à l’université. "Jules n’est pas très à l’aise avec les personnes plus âgées", reconnaît la réalisatrice. "Elle entretient une relation un peu houleuse avec sa mère, si bien qu'elle ne se sent pas vraiment la mieux placée pour avoir un stagiaire senior". "Au début, elle résiste, parce qu’elle connaît le rythme soutenu de son travail et de sa vie et elle s’imagine que quelqu’un de plus âgé va la ralentir", ajoute l’actrice. "Mais il se pourrait bien que le programme de stagiaire senior soit ce qu’il lui faut". "Jules est une hyperactive : elle est très exigeante et investie dans son travail, et elle a vraiment la mentalité d’une bosseuse", poursuit-elle. "Elle est incroyablement intelligente et, ce que j’apprécie beaucoup, elle possède un cœur en or. La raison du succès de sa boîte ne tient pas seulement à son esprit vif mais aussi à ses actes tous motivés par une passion sincère et une réelle vision. Et cela s'applique aussi à Nancy", ajoute-t-elle avec un sourire. 

La réalisatrice avance que l’éthique professionnelle d’Anne Hathaway n’est pas sans rappeler celle de son personnage. Elle précise : "Anne est une femme d'une richesse extraordinaire. Elle dégage une volonté et une énergie impressionnantes à l’écran et c’est une des rares actrices qui sache tout faire. Elle sait être drôle quand il le faut ou encore vulnérable et sincère dans les séquences plus tragiques. Mais elle imprévisible et elle possède une originalité que j’adore". Ce qui apparaît d’abord comme de la résistance chez Jules cède rapidement la place à du respect et de l’admiration. "Dans une entreprise où la majorité des salariés sont de jeunes geeks pas forcément à l'aise en matière de relations humaines, Ben incarne le genre d'homme qui les pousse à cesser de fixer leur écran d'ordinateur et à parler aux gens", confirme l’actrice. "Jules est le produit d’une génération qui prend des décisions instantanément : on clique, on tweete, on poste, on supprime. Je crois qu’elle se met énormément la pression. Quand Ben débarque, il ne fait que l’écouter. Il ne la juge pas, il l’accepte simplement comme elle est et lui offre un peu de sérénité. Elle sait qu’elle n’est pas facile et il trouve ça génial. Il considère tout ce qu’elle estime comme rebutant chez elle comme autant de preuves qu'elle a de vraies valeurs humaines. Et s'il a pu vouloir se sentir utile, il s'avère qu’elle aussi a besoin de lui". 

"Jules est très ambitieuse et intelligente, et elle a eu la chance de pouvoir investir un marché de niche avec la boîte qu’elle a créée", suggère De Niro. "Je pense que dès qu'on entreprend quelque chose, il faut s’y atteler avec passion et attention, car il faut vraiment s’y investir. C’est ce que fait Jules en étant sur le terrain. Elle se donne à fond et prête son attention au moindre détail pour s’assurer que tout fonctionne au mieux". "L’amitié qui s'épanouit entre Ben et Jules est l'élément qui m’a poussée à écrire", annonce Nancy Meyers. "Leur relation personnelle est le moteur de cette histoire". La réalisatrice fait aussi remarquer que l’alchimie qui opère entre les deux acteurs a créé une puissante dynamique entre leurs personnages. "C’est quelque chose de magique qui se produit si on a de la chance", précise-t-elle. "On ne peut pas forcer les choses : ça se produit ou pas. Il y a un lien hors du commun entre Ben et Jules mais aussi entre Bob et Anne. Et je crois que ça saute aux yeux à l’écran". Les deux acteurs principaux confirment que leur admiration est réciproque. "Ce type de comédie possède une certaine finesse assortie de nombreux dialogues et d’un vrai sens du rythme", déclare De Niro. "C’est pour ça qu’il faut un bon partenaire et je n’aurais pas pu rêver mieux qu’Anne. Elle est d’un grand professionnalisme et possède un super esprit d’équipe. Elle a été magnifique". "J’ai eu beaucoup de chance d’avoir Bob pour partenaire", déclare l’actrice. 

"C’est un type vraiment formidable et il est génial dans le rôle de Ben, c’est évident. Il arrive à créer des effets très habiles dans une scène et quand on voit ça se produire sous ses yeux ça donne littéralement le frisson. Mais il est tellement modeste, cool et sympa qu’on en vient à oublier un instant qu’il est l’un des plus grands acteurs de tous les temps". Le programme de stage senior qui amène Ben chez ATF est l’invention du directeur d’exploitation de Jules, Cameron, incarné par Andrew Rannells. Celui-ci souligne que Cameron n’avait pas pris conscience à quel point son programme serait efficace, ni combien il leur serait utile, à lui et à sa supérieure hiérarchique. Rannells indique : "L’effet que Ben a sur Jules a aussi un impact sur Cameron. Il constate qu'elle est mieux organisée et plus sûre d’elle-même, ce qui facilite son travail pour les garder sur des rails, elle et l’entreprise". Si Jules est d’abord réticente à l’idée de bénéficier de l'aide de Ben, le reste du personnel et les autres stagiaires sont prêts à bénéficier de l’expérience de leur nouveau collègue. Adam Devine, qui joue Jason, le responsable des stagiaires dans l’entreprise, remarque : "Ce qui est super, c’est que Ben a connu le monde des affaires d’autrefois, quand c’était encore un univers d’hommes, et de machos. Mais il est capable de s’intégrer à leur univers que non seulement il apprécie mais dans lequel il s’éclate". Lewis, stagiaire féru d’informatique, est incarné par Jason Orley, jeune talent qui débute en tant qu’acteur dans ce film, mais que la réalisatrice connaît bien puisqu'il a été son stagiaire sur le tournage de PAS SI SIMPLE. 

"En étant aux côtés de Nancy près du combo, j’ai plus appris en un été qu’en quatre ans à l’école de cinéma. Désolé, New York University", signale Orley en souriant. "Quand j’ai reçu un e-mail de sa part me demandant si je savais jouer la comédie, j’ai pensé qu’elle me faisait marcher". "Il me faisait toujours rire", confirme la réalisatrice. "Mais il fallait absolument qu’il auditionne plus que quiconque, parce que je voulais être certaine de ne pas être la seule à le trouver drôle. Il est venu de Los Angeles pour la lecture de groupe et le voilà projeté au milieu de tous les acteurs expérimentés du film. Pas franchement simple pour lui. Eh bien, il a été génial". Zack Pearlman prête ses traits à Davis, autre stagiaire, que l’acteur décrit comme "un ado de 14 ans parachuté dans le corps d’un jeune type de 26 ans. Il n’a pas encore compris comment fonctionne un adulte. Du coup, il devient l’un des 'followers' de Ben, lui demandant des conseils sur la vie… car il en a bien besoin". 

"Tous les débutants choisis pour le film ont été fantastiques", se souvient Nancy Meyers. "Ça a été amusant de découvrir tous ces jeunes talents comiques". La réalisatrice a également trouvé drôle de voir leur entente sur le plateau nourrir leurs relations devant la caméra. "Au début, aucun des jeunes du bureau n’arrive à croire que ce septuagénaire qui ne sait pas allumer un ordinateur est bien là", dit-elle. "Mais petit à petit, ils se tournent tous vers lui pour des conseils. Cet homme avisé se retrouve parmi eux, il les intrigue et les fascine, et ils veulent tous lui ressembler, de la même façon qu’ils étaient fascinés par Bob ; Zack, Adam et Jason ont adoré traîner avec Bob et cela m'a plu parce que c’est exactement le comportement des stagiaires avec Ben. Et Bob a été merveilleux avec eux". "Ces jeunes gens ont tous été fantastiques et très drôles", raconte De Niro. "Ils m’ont bien fait marrer". "J’ai adoré leur énergie. Ils étaient vraiment sûrs de leur capacité à faire rire", acquiesce Anne Hathaway. 

"Ça a été stimulant de tourner avec tant de nouveaux talents et cela s’est traduit par une formidable complicité à l’écran". Une autre nouvelle recrue est l’assistante de Jules, Becky, interprétée par Christina Scherer qui dit de son personnage qu’elle est "un peu paumée. Elle en fait des tonnes car elle est terrifiée à l’idée de décevoir Jules". Même si les nouveaux collègues de Ben sont tous en âge d'être ses enfants, c'est une personne plus proche de sa génération qui attire son attention. La réalisatrice a écrit le rôle de la masseuse maison d’ATF, Fiona, alias Rene Russo, avec l’actrice à l’esprit. "Elle est probablement la première femme à susciter de l’intérêt chez Ben depuis que son épouse est morte", déclare Nancy Meyers. "Et pas parce qu’elle est belle, ce qu’elle est, mais parce que c’est quelqu'un de chaleureux et de vraiment présent". "Quand j’ai raconté à Bob que je voulais Rene pour le rôle, il m’a dit qu’ils avaient déjà tourné deux films ensemble", poursuit la réalisatrice. "Je n’en savais rien mais c’était parfait parce qu’ils étaient déjà liés par cette fantastique connivence. Rene est adorable et force la sympathie. Ça a été super de travailler avec elle". 

Même si les deux acteurs ont déjà collaboré à l’écran, LE NOUVEAU STAGIAIRE représente une première car ″j’ai pu masser Robert De Niro cette fois-ci″, plaisante l’actrice. ″Il y a pire dans la vie, non ? Bob est tellement amusant, c’est un plaisir de travailler avec lui ! Et j’adore les films de Nancy, si bien que j’ai été immédiatement partante″. Quand Ben est engagé pour devenir le chauffeur de Jules, il se retrouve mêlé à sa vie privée. ″En tant que femme, j’ai travaillé toute ma vie et je suis aussi mère de deux enfants : je me rappelle très bien ce que c’est que d’essayer de bien faire son travail et tout faire pour rentrer à temps pour le dîner. C’était très intéressant de se pencher sur la manière dont est perçu l’équilibre entre vie de famille et vie professionnelle pour la nouvelle génération de familles en 2015″, poursuit-elle. Anders Holm incarne Matt, le mari de Jules devenu père au foyer pour s’occuper de leur fille Paige (JoJo Kushner). ″Jules s’en sort très bien, mais elle brûle la chandelle par les deux bouts car elle est de plus en plus demandée de toutes parts″, explique Holm. Alors que les sollicitations se font de plus en plus pressantes au bureau comme à la maison, Jules doit prendre des décisions capitales pour son travail et sa famille.

LE TOURNAGE
BEN Je suis très heureux que vous soyez implanté à Brooklyn. J'ai vécu ici toute ma vie et ces derniers temps, j'avais le sentiment de ne plus être assez branché pour y habiter. Ça va peut-être m'aider.
Le tournage du NOUVEAU STAGIAIRE s'est déroulé en décors réels à Manhattan, Brooklyn et dans le Bronx, même si quelques séquences ont été filmées en studio à Yonkers [dans le sud de l’État de New York, NdT]. Pour communiquer avec les membres de son équipe, acteurs compris, sur tous les aspects du tournage, Nancy Meyers a utilisé un outil étonnant : Pinterest. ″J’adore Pinterest″, explique la réalisatrice. "Avant Pinterest, je n'arrêtais pas d'embêter tout le monde. J'avoue, je les saoule encore…" Elle a eu l'idée de créer un tableau Pinterest pour chaque personnage : tous les départements principaux de la production pouvaient y avoir accès et savoir exactement ce qu'elle avait en tête. "C'était très utile pour que tout le monde cerne un peu mieux les spécificités des personnages et l’univers dans lequel ils évoluent″, commente-t-elle. 

La chef-décoratrice Kristi Zea explique : "Il faut rendre hommage à l'énergie inépuisable de Nancy : elle a consulté des centaines de sites Internet et d'images pour rendre compte très exactement de ce qu'elle aimait et souhaitait pour le film. Nous n'avions qu'à les consulter et nous en inspirer. Le plus beau compliment a été de la voir arriver sur le plateau et l'entendre s'exclamer 'Oh mon dieu, on dirait mon tableau Pinterest'. Elle a vraiment l'œil et elle est très précise : elle sait exactement ce qu'elle veut et ne veut pas. Nancy possède de grandes connaissances concernant les décors, la couleur et le style : elle est d'une aide précieuse dans ce domaine″. "On peut dire que le style de ce film est assez minimaliste, simple et sans trop de fioritures. La palette est assez neutre, avec des matières et des textures plutôt naturelles", souligne la décoratrice. Le décor principal du film représente les bureaux d'ATF situés dans le quartier de Red Hook à Brooklyn. 

Après des repérages à Brooklyn même, les producteurs ont déniché le lieu idéal dans le Bronx, dans le studio de photographie "The Light Box", situé au deuxième étage de la "Bank Note Building", immense bâtiment où étaient fabriquées jusque dans les années 70 la moitié des billets de banque du monde entier. La réalisatrice a tout de suite aimé les grandes fenêtres d'origine, la brique vieillie et la lumière naturelle, autant de caractéristiques dont le directeur de la photographie Stephen Goldblatt a pu tirer avantage. Pour la jeune entreprise en plein essor spécialisée dans le commerce en ligne, la réalisatrice avait en tête un décor similaire à ce qu'elle avait pu voir en visitant des start-up. Toutes les entreprises visitées par Kristi Zea et Nancy Meyers lors de leurs repérages avaient établi leurs locaux dans de grands espaces à l'esprit très contemporain. Dans les bureaux d'ATF, tout est en open-space et personne, même pas Jules, n'a de bureau privatif. L'équipe Décors a construit des salles de conférence aux cloisons en verre, poli les sols et créé les lieux de détente pour les employés : une salle de massage et une cuisine ouverte. Des rangées de bureaux blancs et de chaises grises ont été transportées dans les locaux ainsi que des canapés design dans les espaces communs. 

"Nous avons délibérément évité de faire appel à des meubles trop coûteux pour respecter ce qu'on imaginait être le budget alloué par Jules à l'aménagement des bureaux de sa nouvelle entreprise", explique Nancy Meyers. "C'est très éclectique, sorte de mélange entre le style 'moderne' des années 50 et des objets trouvés et des pièces de designers. C'est très représentatif de Brooklyn, du commerce électronique, des start-up, de la mode, un style très tendance aux lignes très épurées", ajoute la décoratrice. Kristi Zea a bénéficié de l'expertise du directeur artistique W. Steven Graham et de son équipe pour l'aider à concocter l’univers voulu par Nancy Meyers. Ils ont également dû construire le site Internet de la société, véritable cœur de l'entreprise que l'on peut voir sur les écrans d'ordinateur tout au long du film. Une séance photo a été réalisée avant le début du tournage et ces images ont été utilisées dans les locaux d'ATF et sur leur site Internet. Même si elle a suivi toutes les étapes du développement du projet, Nancy Meyers admet : "J'ai été très emballée en voyant pour la première fois les bureaux installés et le logo affiché ! Je me suis dit que ça avait l'air authentique : on aurait dit que Jules avait fait tout ça. J'ai été vraiment satisfaite du travail réalisé par toute l'équipe pour donner vie à ATF". 

Le film se situe principalement dans les bureaux de l'entreprise de Jules mais le public a aussi un aperçu des domiciles des principaux personnages : "Les foyers des gens sont le cadre idéal pour raconter des histoires : c'est très important pour l'esthétique du film et j'aime vraiment rendre crédibles les lieux de vie des personnages", ajoute la réalisatrice. Pour camper la résidence de Park Slope de Jules et Matt, les producteurs ont choisi une traditionnelle "brownstone" de Brooklyn qui venait d'être rénovée dans le quartier de Clinton Hill. Pour les intérieurs de ce bâtiment en briques typique de New York, Nancy Meyers a choisi une palette sombre et anthracite. Anne Hathaway déclare : "On trouve dans tous les films de Nancy une cuisine qu'on rêverait d'avoir chez soi et celle-ci n'y fait pas exception ! J'ai été très enthousiaste à l'idée de passer un peu de temps dans une cuisine à la Nancy Meyers, croyez-moi, on pourrait réellement y préparer à manger !" L'appartement de Ben a été un peu difficile à concevoir, "car ce personnage représente un mélange de classicisme et de modernité", explique Kristi Zea. 

"C'est à Cobble Hill, à Brooklyn, qu'a été trouvée sa 'brownstone', plus petite que celle de Jules, et pourvue de plafonds plus bas". Autre détail important des décors des demeures des personnages : les œuvres d'art. Dans la maison de Jules, on trouve une collection très intéressante de gravures et de photographies en noir et blanc, aux côtés des dessins colorés de Paige. Chez Ben, ce sont des œuvres de Robert De Niro Sr. qui ont été exposées : l'acteur a en effet été nommé d'après son père, peintre figuratif dont il conserve les œuvres dans un atelier à New York et auquel il a consacré un documentaire. "Nous sommes allés chez Bob et il nous a dit de prendre tout ce qui nous intéressait", révèle la décoratrice. "C'est Nancy qui a eu l'idée d'intégrer des œuvres de mon père dans la maison de Ben, et cela m'a beaucoup ému. Je me suis dit que ça ajoutait une belle touche d'authenticité, comme si j'étais un peu chez moi", révèle l'acteur. 

Il était tout aussi important pour la réalisatrice que son foyer reflète son couple : "Il a été marié pendant quarante ans et il ne vit pas dans un appartement de célibataire : il habite dans ce qui a été leur foyer", dit-elle. Et quand un stagiaire se rend chez lui, c'est pour remarquer que les oreillers sont toujours placés sur le lit comme sa femme avait l'habitude de le faire. Chez Ben, un autre élément significatif réside dans son placard, qui montre bien qu'il a été un dirigeant d'entreprise à la carrière bien remplie : ce dernier a été élaboré par les collaborateurs de Kristi Zea pour donner un aperçu de la vie de Ben avant son départ à la retraite. D'autres lieux ont été utilisés à Brooklyn pour simuler un entrepôt d'ATF, deux cafés et un marché, ainsi que l'école de Paige à Park's Slope, les jardins de Cobble Hill Park où Ben et Paige sont invités à une fête d'anniversaire et Prospect Park où Ben prend des cours de tai-chi. Une maison victorienne à Ditmas Park à Brooklyn a servi pour représenter la maison des parents de Jules à New Haven dans le Connecticut. Enfin, une séquence très importante a été filmée au Waldorf Astoria de Park Avenue. C'est en effet dans cet établissement qui passe dans le film pour le Fairmont Hotel de San Francisco que Jules se confie à Ben. 

Sans oublier la scène où Jules boit quelques verres avec Ben et les autres stagiaires qui met en scène le Teddy's Bar & Grill de Greenpoint à Brooklyn. Dans une séquence pleine d'humour, Jason, Ben et les stagiaires partent faire une virée pour résoudre un problème pour Jules. Jason est dans la voiture et s'époumone sur le morceau de rap "Break Ya Neck" de Busta Rythms, sans se rendre compte que Ben et les stagiaires sont en train de monter et de descendre des escaliers en pleine chaleur. Vêtu de son costume en laine, De Niro n'a même pas transpiré pendant les nombreuses prises tandis que les jeunes acteurs qui n'en revenaient pas étaient tous en sueur. Nancy Meyers se souvient : "Ils lui ont demandé, incrédules, 'C'est dingue, tu ne transpires même pas, comment est-ce possible' ? et il leur a répondu 'Des années de pratique, je vous apprendrai'. C'était très amusant à filmer !"

LES COSTUMES
BEN Je me sens bien en costume – si cela vous convient…
JULES Bien sûr, ça me va. C'est votre côté conservateur.
BEN Tout à fait. En tout cas, je sortirai du lot.
JULES Je ne suis pas certaine que vous ayez besoin d'un costume pour sortir du lot.
Jules dirige peut-être un site Internet dédié à la mode mais quand il s'agit de s'habiller, son stagiaire n'est pas en reste. La garde-robe de Ben est celle d'un homme qui veut faire bonne impression, des pieds à la tête. Toujours impeccable, il finit par inspirer ses jeunes collègues à prêter un peu plus attention à leur apparence. Encore une fois, Nancy Meyers a envoyé des images à sa créatrice des costumes et aux membres de son équipe via Pinterest. La chef-costumière Jacqueline Demeterio a rencontré la réalisatrice grâce à la fille de celle-ci, attachée de presse chez Chanel : "Je me passionne pour tout ce qui touche à la mode et Nancy s'y connaît vraiment. L'allure chez ATF oscille entre style hyper branché et élégance chic", déclare-t-elle. La costumière et la réalisatrice se sont rencontrées pour discuter des personnages et mettre leurs idées en commun : "Je suis arrivée avec les photos qui m'inspiraient et Nancy avec son tableau Pinterest et les images étaient pratiquement les mêmes ! Ce n'est pas quelque chose qui arrive souvent, et cela veut dire que nous avons les mêmes goûts. Elle possède une esthétique très affirmée, et c'est quelque chose que j'apprécie beaucoup", déclare-t-elle. 

Suzanne Farwell ajoute : "L’un des signes distinctifs d'un film de Nancy Meyers, outre l'attention prêtée aux détails dans les décors, c'est le soin apporté aux costumes et le souci d’être à la pointe de la mode". Jacqueline Demeterio a collaboré avec la costumière de Robert De Niro, Aude BronsonHoward : "Ensemble, nous avons fait essayer plusieurs chemises et costumes à Bob et il s'est retrouvé avec énormément de vêtements de Brooks Brothers et Hickey Freeman. Il porte dans le film beaucoup de bleu et de gris". Il était important pour la réalisatrice de bien différencier le style vestimentaire de De Niro de celui des stagiaires : "Il porte des chemises dont il boutonne bien le col tout au long du film et j'ai donc essayé d'éviter que les autres hommes du film portent la même chose", explique la costumière. 

"Leur style penche plus vers le look branché typique de Brooklyn, mélangé avec des vêtements vintage et des pièces de valeur venant de chez Barneys et Bergdorf. Ben leur fait si forte impression que petit à petit, ils commencent à s'habiller différemment et à faire un effort pour porter de vraies chemises et même des vestes et des cravates". Concernant l'allure d'Anne Hathaway, Nancy Meyers remarque : "J'avais quelques idées et Jackie, qui est formidable, a su parfaitement les traduire". 

Plusieurs facteurs sont entrés en considération dans le choix de la garde-robe de l'actrice : "Elle est très chic, mais elle est également maman : il fallait donc qu'elle porte des vêtements adaptés, et que ce soit crédible qu'elle rentre tous les soirs chez elle s'occuper d'une enfant de 5 ans", détaille Anne Hathaway. "Quand on a commencé à évoquer Katherine Hepburn, l'esprit de Jules est devenu plus évident. Et quand on s'est dit 'alors, c'est un peu une Katharine Hepburn post-punk', tout est devenu beaucoup plus clair". Jacqueline Demeterio reconnaît que les tenues d'Anne Hathaway sont parmi ses préférées : "Concevoir la garde-robe de Jules a été vraiment très amusant. Une de ses tenues était composée d'un pantalon d'homme assez large avec un t-shirt vintage et une magnifique veste de smoking, le tout porté avec des baskets Céline et un sac Chanel. J'ai mélangé beaucoup d'éléments différents pour qu’elle ne tranche pas au sein d'ATF. J'ai choisi des pièces de chez Céline, Saint Laurent, Valentino, Hermès et du couturier parisien Cédric Charlier". Jacqueine Demeterio a également dû créer des tenues pour plus d'une centaine de figurants chaque jour. Et comme ces figurants sont censés "travailler" dans le milieu de la mode, il fallait que cela se voie. 

"Il était important de restituer l'esprit d'ATF", commente la responsable des costumes. Pour parfaire l'atmosphère du film, la bande originale a été composée par Theodore Shapiro. Tout au long du film, elle se mêle à divers morceaux choisis par la réalisatrice pour rythmer l'action, comme par exemple "Ain’t Misbehavin" de Benny Goodman, "Boogie Shoes" de KC & The Sunshine Band, "All About That Bass" de Meghan Trainor, sans oublier un morceau clin d'œil au film OCEAN'S ELEVEN lors d'une séquence d'essayage. "Quand Ben postule à ATF, il se dit que les musiciens ne s'arrêtent pas d'exercer leur métier tant qu'il y a de la musique en eux. Je pense que tout le monde a de la musique en soi et peut tout faire à condition d'être passionné. J'espère que LE NOUVEAU STAGIAIRE fera rire mais inspirera également le public : si on aime quelque chose, il ne faut pas y renoncer, mais il faut au contraire exercer sa passion aussi longtemps et du mieux possible", conclut la réalisatrice.