Affichage des articles dont le libellé est YORICK VAN WAGENINGEN. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est YORICK VAN WAGENINGEN. Afficher tous les articles

jeudi 21 février 2019

ESCAPE GAME



Épouvante-horreur/Thriller/Horrible et fun, un film sympa pour les amateurs du genre

Réalisé par Adam Robitel
Avec Taylor Russell McKenzie, Logan Miller, Deborah Ann Woll, Jay Ellis, Tyler Labine, Nik Dodani, Yorick Van Wageningen...

Long-métrage Américain/Sud-Africain
Titre original : Escape Room  
Durée : 01h39mn
Année de production : 2019
Distributeur : Sony Pictures Releasing France 

Avertissement : des scènes, des propos ou des images peuvent heurter la sensibilité des spectateurs

Date de sortie sur les écrans américains : 4 janvier 2019
Date de sortie sur nos écrans : 27 février 2019


Résumé : six personnes se retrouvent dans une situation incontrôlable ou seule leur intelligence leur permettra de survivre.

Bande annonce (VOSTFR)



Ce que j'en ai pensé : ESCAPE GAME profite de la notoriété et du succès de ces jeux éponymes qui se pratiquent en groupe et qui consistent à résoudre des énigmes pour tenter de s'échapper d'un endroit dans un temps imparti. Le réalisateur Adam Robitel nous propose ici une version horrifique fort sympathique. On y retrouve tous les éléments propres aux escape games. 

Les décors sont soignés et permettent de ressentir l'immersion et le sentiment d'être pris au piège, ainsi que la peur qui s'instille graduellement au cœur de l'action. Il y a de l'inventivité dans les énigmes et les effets sont tout à fait convaincants. Certes, le scénario suit point par point la construction classique des longs-métrages du même genre, il est donc sans surprise par rapport à son déroulement, mais il explique le contexte et le sens des événements. Il se bâtit habilement sur les forces et faiblesses des protagonistes. L'histoire est fluide et le rythme enlevé tout en étant constant. 



On ne s'ennuie pas du tout avec les personnages qui sont attachants parce qu'ils ont un passé, des failles et des qualités. Les acteurs sont très bons. Taylor Russell McKenzie interprète Zoey, une jeune fille ultra intelligente traumatisée par un événement horrible.


Logan Miller interprète Ben, un jeune homme dont la vie s'est arrêtée suite à un drame et qui n'arrive plus à faire des projets. Deborah Ann Woll interprète Amanda, une femme battante qui sait vite analyser les situations. 


Jay Ellis interprète Jason, un talentueux business man ambitieux qui ne quitte pas des yeux ses objectifs. 


Tyler Labine interprète Mike, un homme sympathique dont l'humour et la bonne humeur apporte une légèreté bienvenue. Nik Dodani interprète Danny, un ado spécialiste des jeux en groupe et qui en connaît toutes les règles. Chaque personnage a un intérêt et apporte un plus pour faire fonctionner la dynamique et les échanges. 

Copyright photos @ Sony Pictures Releasing France 

ESCAPE GAME nous fait rentrer de plein fouet dans les rouages d'un jeu pervers. Le réalisateur nous tient en haleine tout en nous passant un message sur les risques des dérives liées à l'argent et à l'ennui. Ce film est à la fois monstrueux et fun, c'est un divertissement très cool pour les amateurs du genre.


NOTES DE PRODUCTION
(À ne lire qu'après avoir vu le film pour éviter les spoilers !)

Vous vous retrouvez dans une pièce aveugle, munie d'une seule porte fermée à clé. Le fou qui vous y a enfermé a mis en place une série d’énigmes astucieuses d’une complexité redoutable, qui doivent être résolues dans le bon ordre pour vous permettre d’atteindre la clé et vous en sortir indemne. Pour ajouter encore à la difficulté, il y a un compte à rebours : vous avez une heure pour surmonter les épreuves et vous échapper… ou bien il faudra en assumer les conséquences.

Ce qui pourrait ressembler à un film d’horreur est en fait un divertissement qui connaît un essor spectaculaire à travers le monde : le phénomène de l’“escape game”. Avec pour seule arme leur esprit – et les compétences diverses des autres personnes se trouvant dans la pièce –, les joueurs doivent déchiffrer des codes, résoudre des énigmes et ouvrir des cachettes secrètes aussi vite que possible. Chaque pièce repose sur une intrigue mystérieuse que les joueurs tentent de décrypter au cours d’une expérience amusante en équipe. Depuis l’apparition du concept en 2010, les escape game se sont multipliées à une vitesse phénoménale à travers la planète, répondant ainsi à un désir bien humain de s’amuser et de fuir la réalité.

Quand le producteur Ori Marmur s’est lancé dans un escape game avec sa famille, il y a tout de suite perçu un potentiel cinématographique. Et comme le concept a été adopté partout dans le monde, le thème du film pouvait avoir une portée internationale. “J’ai trouvé que c’était très immersif et extrêmement drôle, un peu comme un jeu de société grandeur nature”, raconte Ori Marmur. Le projet semblait s’accorder naturellement avec le dispositif classique du mystère à huis clos. Ori Marmur a donc initié le projet avec le producteur Neal H. Moritz. Très rapidement, ils ont trouvé un moyen de mettre la barre plus haut et de créer l’escape game par excellence : une pièce extrêmement complexe et dangereuse qui, une fois le temps écoulé, destine les joueurs à une mort certaine.

“Quand on est là-dedans, il faut vraiment faire marcher son cerveau, parce que les personnes qui ont créé ces pièces veulent tuer leurs occupants les uns après les autres”, avertit Jay Ellis. “On est sans cesse en train d’essayer de deviner ce qui ne va pas, de chercher où on peut poser le pied et de distinguer l'issue vers la sortie des pièges”.

Adam Robitel, qui a précédemment réalisé le film d’horreur à succès INSIDIOUS : LA DERNIÈRE CLÉ, s'est vu confier ce nouveau projet. “Les escape games réussis ont un vrai potentiel cinématographique : quand on va dans un bunker de la guerre froide, on fouille dans les dossiers de la CIA et là on appuie sur un bouton et d’un coup un projecteur caché s’allume diffusant une lumière bleue et révèle une carte”, raconte Adam Robitel. “Ces pièces ont été bien pensées sur le plan artistique, et j’ai compris qu’il y avait de quoi faire un film qui soit séduisant visuellement”.

Selon Ori Marmur, les auteurs ont vu là un moyen de réaliser un film qui jouerait avec les conventions du genre, et tiendrait à la fois du thriller psychologique et du cinéma d’horreur. “C’était l’occasion de tenter une expérience amusante. C’est un genre dans lequel en général tout se passe la nuit, et la qualité visuelle n’est pas toujours convaincante. Ça laisse beaucoup de place à l’imagination”, reconnaît-il. “On a pris le contrepied de ce dispositif habituel : le film présente des décors incroyables et des images saisissantes. L’expérience que propose l’histoire est très proche de celle d’un véritable escape game. Le public a l’impression d’être en immersion dans le film et de devoir résoudre les énigmes et les mystères avec les acteurs”.

LES PERSONNAGES

Dans le film, tous les personnages ont choisi de participer à l’expérience de l’escape game et sont amenés à découvrir qu'un mystère les lie les uns aux autres. “Ils ont tous décidé d’être là, ils n’ont pas été kidnappés ou forcés à venir”, insiste Ori Marmur. Cependant, rien ne va pas se passer comme ils l’avaient prévu. “Ils arrivent avec certaines attentes, mais ils vont vivre une expérience radicalement différente”.

Au fur et à mesure qu’ils résolvent les énigmes et décryptent les intrigues de chacune des pièces, ils commencent à s’apercevoir qu’il existe un mystère beaucoup plus important à percer : pourquoi ont-ils choisi de venir ici ? On comprend alors qu’ils ont tous quelque chose en commun. “J’aimais beaucoup l’idée que des personnes qui ne se connaissent pas soient réunies et plongées dans cet univers pour des raisons mystérieuses, et qu’elles se retrouvent à devoir travailler ensemble”, explique Adam Robitel.

Chacun des personnages a une trajectoire personnelle et indépendante des autres dans le récit. C’est pourquoi les auteurs tenaient absolument à engager un groupe d’acteurs d'horizons très différents. “On voulait réunir des personnalités fortes et distinctes avec des physiques, des parcours et des points de vue différents”, affirme la productrice exécutive Rebecca Rivo.

Il y a d’abord Zoey, jouée par Taylor Russell. Étudiante en sciences, Zoey est une jeune fille timide, introvertie et solitaire. Elle a survécu à un crash d’avion dans lequel sa mère a trouvé la mort. Taylor Russell, que l’on connaît pour PERDUS DANS L’ESPACE sur Netflix et dans les séries télévisées STRANGE EMPIRE et FALLING SKIES, était enchantée de s'embarquer dans l'aventure. “Zoey est extrêmement intelligente mais elle est très angoissée. Elle essaie de mener sa barque par elle-même”, raconte Taylor Russell. “Adam est un mordu de cinéma d'horreur, c’est son genre de prédilection et ça lui réussit super bien. Il a insufflé une vraie passion dans le travail qui vient de son amour pour ce genre et c’était un vrai plaisir”.

“C’était important que Zoey apparaisse comme quelqu’un de vulnérable, mais qu’elle puisse aussi s’affirmer et se révéler”, précise Adam Robitel. “Taylor Russell a fait un travail sensationnel. Elle avait tout ce que je recherchais : elle pouvait incarner un personnage sans défense tout en faisant ressortir son intelligence hors du commun”.

Ben (Logan Miller) est un jeune homme paumé qui a adopté un mode de vie autodestructeur pour surmonter le traumatisme d’avoir été le seul rescapé d’un accident de voiture épouvantable.

“Ben est un personnage qui a les pieds sur terre”, estime Logan Miller. “Il a vécu un événement tragique et à présent il a beaucoup de mal à accepter ce qui s’est passé. Ses amis sont morts, il n’a plus rien et adopte une attitude complètement je-m’en-foutiste. Le fait qu’il tente d'affronter son traumatisme fait de lui un héro improbable”.

Pour se préparer à ce rôle très physique, Logan Miller explique qu’il s’est entrainé pendant six mois, mais il aurait pu en partie s’épargner cet effort. “Avec mon entraineur, on sautait sur des toits, on courait partout, on poursuivait des voitures, on allait dans des espaces confinés, on se donnait des coups, on faisait du kung-fu… J’étais dans une forme olympique et les producteurs m’ont dit : ‘En fait Logan, il va falloir perdre un peu de muscle parce que tu joues un personnage complètement à bout’. Du coup j’ai arrêté l’entraînement et j’ai décidé d’aller me reposer à Cape Town”.

Amanda (Deborah Ann Woll) est une soldate dans l’infanterie. Elle a été blessée sur le terrain par un engin explosif improvisé et vit maintenant au quotidien avec ce traumatisme. Pour incarner cette femme vétéran, Deborah Ann Woll a mené des recherches sur des forums afin de discuter des troubles du stress post-traumatique et de la culpabilité du survivant. “C’était une mine d'informations très utile pour moi”, déclare-telle.

Adam Robitel affirme que, tout comme Amanda, les autres personnages subissent aussi les conséquences durables des expériences qu’ils ont vécues. “D’après mes recherches, la plupart du temps les personnes victimes du stress post-traumatique n’arrivent pas à tourner la page après l’incident”, explique le réalisateur. “Ils se rejouent la scène et cela affecte leur vie. En soumettant ces personnages à l’épreuve du feu, au sens presque littéral, ils passent de l’autre côté du miroir pour ainsi dire et deviennent finalement plus forts”.

Deborah Ann Woll, fan inconditionnelle d’énigmes et de mots croisés et adepte de Donjons et Dragons, déclare qu’elle a été intriguée par la relation entre les deux femmes du groupe : “Dans beaucoup de films de genre, les femmes s’affrontent entre elles, deviennent malveillantes et rivales, particulièrement s’il s’agit de garçons. J’ai beaucoup aimé le fait que dans cette histoire, les femmes sont des alliées : elles se donnent du courage mutuellement, elles ont une vraie personnalité et sont hors du commun”.

Jason (Jay Ellis) est cadre dans la finance, il est à la fois charismatique, compétitif et egocentrique. Il s’adonne aux plaisirs de la vie les plus raffinés pour oublier son passé. Jay Ellis décrit son personnage comme étant à la fois un loup de la finance bourré de charme qui mène une vie de rêve et un assassin cruel.

Mike (Tyler Labine) est un simple conducteur de camion originaire de Virginie Occidentale, et il est le plus âgé du groupe. En tant qu’ancien mineur de charbon, on pourrait s’attendre à ce qu’il soit habitué aux espaces confinés, mais c’est loin d’être le cas.

Pour se préparer à son rôle et aux différents traumatismes auxquels son personnage est confronté dans chacune des pièces, Tyler Labine a exploré Internet en quête de “véritables témoignages de personnes qui ont connu ce qu’on doit faire semblant de vivre dans le film. Qu’est ce qui se passe quand on est en hypothermie, quand on se fait électrocuter, quand on est soumis à une chaleur intense ?”

Danny (Nik Dodani) est un jeune geek amateur d’escape games. L’équipe devra s’appuyer sur ses compétences et son expertise pour survivre.

Nik Dodani explique que le personnage lui a semblé très familier. “Je pouvais m’inspirer d’un certain nombre d’expériences personnelles. J’emmène beaucoup d’amis participer à des escape games et sur mon dernier projet, j’ai proposé à tout le groupe d’en faire un pour resserrer les liens au sein de l’équipe. Dès l’instant où j’ai lu le scénario, j’ai tout de suite su qui était ce personnage : c’est moi ! Je ne peux même plus compter dans combien d’escape games je suis allé. Malheureusement, je n’ai jamais gagné, mais un jour j’y arriverai”, dit-il.

L’acteur expérimenté Yorick van Wageningen campe WooTan Yu, le “Maître du Jeu” qui travaille pour la redoutable Maze Corporation. “Il est le maître du jeu et il contrôle tout”, raconte Yorick van Wageningen. “Il contrôle tout ce qui se passe dans chacune des pièces. Il fait le lien entre tous ceux qui regardent et il intervient quand ça tourne mal”.

“Je ne voulais pas que ce personnage soit le cliché du méchant au rire diabolique”, déclare Adam Robitel. “Yorick disait son texte avec élégance et fluidité. Le résultat donne la chair de poule sans excès”.

LES PIÈCES

Pour créer les inventions du Maître du Jeu, Adam Robitel a travaillé avec le chef décorateur Edward Thomas et les autres chefs de poste. Le superviseur des effets spéciaux Max Poolman raconte que tous ses collègues ont eu la même réaction en lisant le scénario : “Comment est-ce qu’on va réussir à faire tout ça ?” Mais comme dans tous les challenges, les solutions sont apparues d’elles-mêmes petit à petit.

“Pour chacune de ces pièces, nous avions besoin de la contribution de chacun dès le début, et on a vécu une expérience incomparable pendant la préparation du film”, explique la productrice exécutive Rebecca Rivo. “On a organisé une série de réunions au sommet avant que les décors ne soient créés : on a réuni autour de la table le réalisateur, le directeur de la photographie, le chef décorateur, les superviseurs des effets spéciaux et des effets visuels, et on a pris le scénario ligne par ligne pour concevoir le décor en équipe”.

Max Poolman explique : “Chaque département devait mettre sa pièce dans le puzzle qu’est l’histoire pour que tout fonctionne sans accroc. Avant qu’on commence à construire les décors, on soumettait donc nos maquettes 3D à Adam, à Ed le chef décorateur, au directeur de la photographie Marc Spicer et à Grant Hulley en charge des cascades”.

Les décors deviennent des personnages du film à part entière, selon Edward Thomas. “Toutes les pièces s’inspirent des personnages qui ont chacun leur passé, et chaque pièce est dotée d’un pouvoir de destruction unique”, poursuit-il. “Par exemple, la Salle de billard est la pièce d’Amanda, la Chambre froide est celle de Danny, la Pièce carrelée est celle de Mike. Ce qui m’a attiré dans le projet, c’était la possibilité de créer un film dans lequel chaque décor a sa propre personnalité et devient presque l'antagoniste principal du film”.

“Les décors ont été conçus avec un tel talent que quand on est arrivé sur place, on était tous bouche bée, y compris les techniciens”, raconte Taylor Russell. “En tant qu’acteur, on passe de nombreuses heures dans ces pièces, si bien qu'on apprend à connaître intimement l’espace et les éléments qui le composent. Ils ont vraiment une vie qui leur est propre”.

Adam Robitel ajoute : “Il n’y a pour moi aucun autre film dans lequel les décors jouent un rôle aussi vital. L’idée, c’était que chaque pièce constitue un nouveau film en soi”.

“Certains films qu’Adam a réalisés par le passé sont vraiment effrayants. Il sait créer des atmosphères angoissantes et claustrophobes à l’intérieur même des pièces”, reconnaît Edward Thomas. “Le film a plusieurs niveaux de lecture, on a fait beaucoup de recherches pour enrichir les décors eux-mêmes : la Salle de billard est inspirée d’un club de billard des années 1950, et la salle du Maître du Jeu vient d’une bibliothèque de l’ère victorienne. Une des pièces essaie de vous écraser, une autre de vous brûler vif, une autre encore de vous noyer… Les pièces ont chacune leur vie propre. On les a conçues en fonction de la manière dont elles pourraient tuer les participants, pour insister sur l’idée que ces pièces finissent vraiment par s'animer”.

Le périple des personnages commence dans la Salle d’attente. Encore persuadés qu’ils ne font que participer à un jeu innocent, ce groupe d’étrangers qui partagent tous un point commun se retrouvent dans cette première salle. Ils sont loin de se douter qu'en pénétrant dans cette pièce, le jeu a déjà commencé pour eux.

Adam Robitel a travaillé en étroite collaboration avec le chef décorateur Edward Thomas mais aussi avec le directeur de la photographie Marc Spicer pour faire monter la tension dès le départ. “Au début, la lumière est tamisée, puis peu à peu les panneaux du plafond s’allument, les colonnes s’allument, la calandre s’allume, les fenêtres se ferment et enfin les ventilateurs se déclenchent, de sorte que tout se métamorphose sous les yeux des spectateurs en l’espace de sept minutes”, décrit-il. “Les personnages comme les spectateurs sont immédiatement sous pression ”.

Une fois que la Salle d’attente est dévorée par les flammes, le groupe s’échappe en rampant dans un conduit d’aération et arrive par la cheminée dans le Chalet, un endroit confortable et chaleureux. “Par ce biais, le Maître du Jeu leur procure un sentiment de sécurité trompeur, avant qu’ils ne pénètrent dans la Chambre froide, qui est bien sûr une chambre froide mortelle”, rappelle Edward Thomas.

La Chambre froide, qui a été conçue pour ressembler à un réfrigérateur géant, s’est révélée être un défi de taille pour toute l’équipe, y compris les acteurs, les producteurs et les techniciens.

“En quittant le Chalet où ils étaient bien au chaud, le groupe se retrouve au cœur du pôle Nord, sur la glace. Le brouillard est traitre et empêche de voir à plus de trois mètres. C’est alors que le pire se produit : la glace commence à céder”, poursuit Edward Thomas.

Pour cette scène, Edward Thomas a dû construire un décor gigantesque de près de 10 mètres de haut, composé de panneaux réfrigérants. “Je voulais donner l’impression que la Maze Corporation avait construit une sorte de frigo pour que la pièce reste froide”, explique Edward Thomas. “Puis, Marc Spicer a eu une idée brillante : éclairer la scène du dessus, comme un éclairage de frigo. De cette façon, le brouillard était illuminé et devenait d’autant plus dense, c’était très astucieux”.

Il va sans dire que les acteurs ne risquaient pas l’hypothermie pendant le tournage, mais il fallait qu’ils aient l’air transis de froid. Avant le tournage, Adam Robitel est allé nager avec de Grands requins blancs dans une eau glaciale pour expérimenter par lui-même les réactions de son corps soumis à des températures polaires. “Quand on est en hypothermie, le corps se met à irradier, à convulser et à se tendre”, témoigne-t-il. “Il fallait que les acteurs aient des réactions physiques très intenses”.

Pour y parvenir, ils étaient un peu aidés : “On passait au minimum deux heures dans ce congélateur géant. La température chute très vite, et l’air froid nous soufflait dessus”, se souvient Jay Ellis.

Pour créer le sol de glace, les auteurs ont eu recours une fois de plus à la magie du cinéma : “Toute l’équipe devait fouler ce sol, si bien qu'il ne pouvait pas être glissant. En revanche, il fallait qu’il ait l’air glissant… il fallait donc qu’on entraine les acteurs à se déplacer comme s’ils étaient sur la glace”, explique le chef-cascadeur Grant Hulley.

“Le sol était en bois, et donc en réalité c’était très facile de se déplacer”, confie Nik Dodani. “Pour mieux ressentir les sensations physiques, on nous a mis un cuir enduit d’huile sous nos semelles de chaussures, pour qu’on puisse glisser plus facilement. C’était un vrai défi de déraper sur le sol dans un brouillard aveuglant, mais ça rendait la scène très convaincante. J’avais l’impression d’avoir été transporté dans les Alpes, on était entourés de vrais sapins – on pouvait même les sentir”. Pour donner au film cette touche d'authenticité, Edward Thomas et son équipe se sont procurés des sapins dans un vignoble à proximité de Cape Town.

Le sol de glace devait finir par céder et exploser, et cette mission incombait au superviseur des effets spéciaux Max Poolman. “J’ai eu la chance d’avoir Jonathan Barrass dans mon équipe : il a travaillé pendant des années sur HARRY POTTER et GAME OF THRONES, ce qui fait de lui un expert de la glace”, reconnaît Max Poolman. Avec son équipe, ils ont construit un sol en résine qui a été recouvert de neige par l’équipe artistique.

Après la Chambre froide, le groupe se retrouve dans la Salle de billard, inspirée du Palm Springs des années 1950. Le Maître du Jeu a renversé la pièce et a placé le groupe sur le plafond, avec les tables, les chaises, le bar et la table de billard. L’une après l’autre, les dalles du sol tombent et laissent entrevoir une cage d’ascenseur vertigineuse qui plonge sur 15 étages. Le seul moyen de sortir pour les personnages consiste à escalader ces perchoirs improvisés en s’accrochant à ce qu’ils peuvent.

C’est cette pièce qui a nécessité le plus grand nombre de jours de tournage. “L’équipe de construction et l’équipe artistique sont allés dans un niveau de détail délirant pour donner l’impression que cette pièce est à l’envers”, déclare Jay Ellis. “Tout était à l’envers, jusqu’aux verres, au jukebox, aux guitares et tout ce qui était accroché aux murs”.

“C’était un défi sur le plan logistique et en plus dès qu’un acteur est à un mètre au-dessus du sol, il faut l’attacher, ce qui nécessite qu'on efface les câbles et qu'on ait recours aux effets numériques pour que le résultat à l'écran soit impeccable ”, précise Adam Robitel.

Pour créer l’expérience psychologique de la Pièce carrelée, Max Poolman avait pour ambition de “créer un décor qui puisse se transformer en un espace confiné. On a choisi une chambre d’Ames, une pièce biscornue dont les proportions changent selon l’endroit où on se trouve. On l’a ensuite modifiée avec des moteurs électriques et des régulateurs de vitesse placés sous le décor. L’effet est perturbant d'emblée : du sol au plafond en passant par le mobilier, toute la décoration de la pièce est composée d’empreintes digitales en noir et blanc. L’éclairage principal vient d’une ampoule qui tourne au-dessus du plateau hors caméra, tandis que le sol tourne dans la direction inverse”.

Adam Robitel explique que dans la Chambre d’hôpital, “on découvre que la Maze Corporation a mené des recherches approfondies sur ces personnes. Cette pièce est la plus 'psychologique' de toutes : chacun de ses recoins est conçu spécialement pour un personnage. On retrouve l’uniforme brûlé et abîmé d’Amanda, l’étrange peinture abstraite de Jason qui représente son bateau, le bilan de dioxyde de carbone de Danny, les objets vietnamiens de Zoey. Chaque pièce a été conçue en fonction de leur passé. Ils comprennent alors qu’ils ne sont pas arrivés jusque-là par hasard.

LES CASCADES

Pour se préparer à leurs nombreuses cascades, les acteurs ont dû participer au camp d’entraînement du chef-cascadeur Grant Hulley pendant la prépa. Étant donné que les décors n’avaient pas encore été construits, l’équipe artistique a construit des formes simples représentant les décors sur lesquels les acteurs allaient devoir grimper pendant le tournage. L’entraînement et les essais se déroulaient dans l’entrepôt des Pyranha Stunts.

“Pendant que les acteurs s’entraînaient à grimper sur des étagères, il fallait construire les décors et définir les trajectoires et les étapes de chaque déplacement pour pouvoir les leur expliquer pendant l’entraînement : “Le jour du tournage, tu monteras ici, tu mettras ta main là et ta jambe là, tout en donnant l’impression que c’est spontané”, explique Adam Robitel. “Cela représente une difficulté technique : comment faire quelque chose qu’on a déjà fait trente fois en donnant l’illusion qu’on le fait pour la première fois ?”. Étant donné le sentiment de claustrophobie, l’espace confiné et le style de tournage des scènes se déroulant dans la Salle de billard, il fallait que ce soient les acteurs eux-mêmes, et pas leurs doublures, qui exécutent la plupart des cascades et le travail au filin. “Quand on voit Deborah suspendue à cinq mètres du sol qui saute de l’étagère à la table de billard, c’est bien elle qui fait tout ça”, affirme Grant Hulley.

Deborah Ann Woll reconnaît que cette cascade était le point culminant du tournage pour elle : “J’étais là en train de sauter au-dessus d’un vide de deux mètres et de me rattraper à quelque chose à mains nues”, se rappelle-t-elle. “Bien sûr, j’étais attachée et si j’avais raté le bord, j’aurais été rattrapée. Mais j’avais quand même les mains moites et la bouche sèche, j’ai pris une grande respiration et je me suis jetée à l'eau. Finalement, c’est un passage très convaincant”.

Logan Miller a vécu d’autres expériences de cascades : “On me balance dans un compacteur de déchets depuis le plafond de la bibliothèque du Maître du Jeu, je tombe dans un trou de glace dans la Chambre froide, et dans la Salle de billard, on devait s’agripper aux murs”.

Pour préparer sa plus grosse cascade, Nik Dodani s’est entrainé avec l’équipe de natation des Frog Squad dans la piscine d’une base militaire. “J’ai appris à faire de la plongée, je me suis entraîné à me noyer, à hurler, à respirer sous l’eau”. La scène a entièrement été tournée dans un vaste réservoir d’eau du studio, sans recours aux effets numériques.

Source et copyright des textes des notes de production @ Sony Pictures Releasing France

  
 #EscapeGame

samedi 11 août 2018

PAPILLON


Aventure/Drame/Un film à découvrir pour son histoire, sa réalisation et son duo d'acteurs principaux

Réalisé par Michael Noer
Avec Charlie Hunnam, Rami Malek, Eve Hewson, Tommy Flanagan, Roland Møller, Michael Socha, Yorick Van Wageningen, Nina Senicar, Ian Beattie...

Long-métrage Américain
Durée : 01h57mn
Année de production : 2017
Distributeur : Metropolitan FilmExport 

Date de sortie sur les écrans américains : 24 août 2018
Date de sortie sur nos écrans : 15 août 2018


Résumé : Henri Charrière, dit "Papillon", malfrat de petite envergure des bas-fonds du Paris des années 30, est condamné à la prison à vie pour un meurtre qu'il n'a pas commis. Il est envoyé sur l'île du Diable, en Guyane. Il va faire la connaissance de Louis Dega qui, en échange de sa protection, va aider Papillon à tenter de s'échapper...

Bande annonce (VOSTFR)


Ce que j'en ai pensé : ce PAPILLON version 2018 sait voler de ses propres ailes. Il convainc. Le scénario est basé sur celui de son aîné éponyme de 1973, donc il n'y a rien à redire sur ce front puisque l'histoire nous plonge dans l'enfer carcéral d'un centre pénitencier situé en Guyane en nous montrant tous les aspects horribles des conditions de détention de l'époque. Il dépeint surtout le destin d'un homme lié à ce pénitencier ainsi que sa loyauté en amitié vis-à-vis d'un autre prisonnier dont les chances de survie sont si réduites qu'il se met au défi, intéressé au départ, de le protéger. Le réalisateur, Michael Noer, réussit à mettre en scène les différents lieux du film en leurs donnant des personnalités propres qui s'inscrivent en continuité avec la narration des événements. Son long-métrage est donc bien équilibré et agréable à regarder parce qu'on suit l'évolution des situations et de la psychologie des personnages de façon logique. Les décors et les costumes apportent leur part de crédibilité à l'ensemble. La Guyane est moins un personnage à part entière que dans la version de 1973, où la chaleur et la crasse en faisait un bourreau de plus. Cependant, dans ce film, les conditions de vie des prisonniers sont clairement établies tout de même.

Une des grandes réussites de ce PAPILLON est son duo d'acteurs principaux. Charlie Hunnam interprète Henri „Papillon“ Charrière. L'acteur fait une performance physique et sur ce point il assure sur tous les aspects du changement de son personnage. Mais en plus, il apporte un mélange de force de caractère et de vulnérabilité à Papillon qui le rendent attachant.



De son côté, Rami Malek interprète Louis Dega. Il sait doser le décalage entre l'intelligence et l'inadaptation totale de son protagoniste à cet environnement pour le moins hostile. On comprend pourquoi Papillon s'attache à Louis.



Le duo fonctionne très bien et à partir du moment où leur sort nous tient à cœur, alors le film nous tient pour nous entraîner dans cette aventure qui ne manque ni de rythme, ni de moments durs.

L'histoire de PAPILLON dénonce toujours avec autant d'efficacité les erreurs judiciaires, les conditions carcérales et les tortures physiques et psychologiques qui y sont pratiquées. Pour les jeunes qui n'ont pas forcément envie de voir des films qui datent à leurs yeux, le destin d'Henri Charrière mérite d'être à nouveau découvert, car il parle de volonté, de résilience, d'amitié et de violence inutile avec franchise. Toute la souffrance est parfois difficile à supporter, mais le réalisateur ne verse jamais dans le larmoyant et nous raconte une amitié et une histoire de survie qui nous touche. Si vous ne connaissez pas PAPILLON, n'hésitez pas à aller à sa rencontre en allant voir ce film au cinéma. 

Copyright photos @ Metropolitan Filmexport

NOTES DE PRODUCTION
(À ne lire qu'après avoir vu le film pour éviter les spoilers !)

Les histoires vraies de détenus ont souvent donné lieu à des films captivants. De JE SUIS UN ÉVADÉ (1932) de Mervyn LeRoy au PRISONNIER D'ALCATRAZ (1962) de John Frankenheimer et à AU NOM DU PÈRE (1993) de Jim Sheridan, le public a toujours vibré au rythme des récits authentiques de prisonniers tentant de survivre malgré la violence du milieu carcéral.

Mais dans le genre, c'est sans doute PAPILLON (1973) de Franklin J. Schaffner, avec Steve McQueen et Dustin Hoffman, qui a le plus fasciné les spectateurs : triomphe commercial, ce film s'inspire des mémoires de Henri Charrière, voleur français accusé à tort de meurtre et condamné aux travaux forcés à perpétuité au bagne de Guyane en 1931.

Ponctué de détails atroces sur l'un des pires environnements au monde, l'ouvrage autobiographique de Charrière est devenu un best-seller mondial dès sa parution en 1969 et reste un classique du genre.

Le producteur Joey McFarland souhaitait porter à l'écran une nouvelle adaptation cinématographique du livre depuis longtemps. "La version de 1973 était l'un de mes films préférés quand j'étais gamin et je l'ai vu des dizaines de fois", se remémore-t-il. "Mais dans le même temps, je me disais qu'on pouvait faire découvrir cette histoire à une la génération actuelle grâce à une nouvelle adaptation".

Producteur du LOUP DE WALL STREET et producteur exécutif des BRASIERS DE LA COLÈRE, McFarland admet que son projet était sujet à polémique. "Dès qu'on s'attaque au remake d'un classique, la plus grande difficulté consiste à se démarquer de l'original sans trahir l'intrigue", reconnaît-il.

Il s'est alors rendu compte que le mieux était de revenir à l'œuvre littéraire de Charrière et de s'attacher à brosser un portrait plus complet du célèbre voleur de bijoux : "Il a en réalité écrit deux romans, 'Papillon' et la suite, 'Banco', qui retrace sa vie à Paris, puis au Venezuela, avant et après son incarcération", reprend McFarland. "Du coup, on souhaitait davantage évoquer tout un parcours que se focaliser uniquement sur l'évasion. On a fini par puiser dans ses livres des éléments nouveaux qui n'avaient pas été abordés jusque-là".

Pour autant, la nouvelle version reprend certaines situations qui avaient contribué à la popularité du film de Schaffner. "On lui rend hommage à bien des égards, mais dans le même temps on adopte une vision plus contemporaine qui parlera davantage à un public actuel", explique McFarland.

DU SCÉNARIO À LA MISE EN SCÈNE

Dès que McFarland a acquis les droits d'adaptation, il s'est mis en quête d'un scénariste capable de transposer les romans de Charrière. "On a rencontré plusieurs scénaristes à Hollywood et on a eu la chance de tomber sur Aaron Guzikowski", note le producteur. "Non seulement il était aussi emballé que nous par l'intrigue, mais son style est d'une grande richesse. En outre, il avait lu le premier ouvrage de Charrière quand il était plus jeune. On était certains d'avoir déniché le partenaire qu'il nous fallait".

Guzikowski s'est sans doute fait connaître pour avoir écrit le script de PRISONERS (2013) de Denis Villeneuve. Retraçant le calvaire d'un père dont la fille a été kidnappée, PRISONERS a été classé parmi les dix meilleurs films de l'année de sa sortie.

"Dans PRISONERS, Aaron a su mêler émotion, suspense et humour, ce qui n'est pas évident", témoigne McFarland. "Grâce à cette dimension humoristique, les rapports entre les deux protagonistes ont évolué de manière très naturelle".

Pour mettre en scène un film aussi chargé en émotions que PAPILLON, McFarland savait qu'il lui fallait un réalisateur à même d'éviter le glamour hollywoodien et de privilégier un réalisme sans concession. Le cinéaste danois Michael Noer correspondait à ses exigences. "Michael a insufflé une formidable âpreté au film, mais il est aussi très attaché à la psychologie des personnages", souligne le producteur.

Documentariste primé dont le premier long métrage, R, se passait également en prison, Noer devait trouver un difficile équilibre : "On voulait réaliser un film spectaculaire qui ménage des scènes plus intimes et réalistes, et c'est parfois très complexe d'y parvenir", confie McFarland. "Mais on savait que Michael était à même de respecter ces deux exigences – et on ne s'était pas trompés".

Même si l'histoire se déroule entre 1931 et 1945, Noer a notamment été séduit par l'actualité de ses thèmes.

"Malheureusement, PAPILLON est toujours actuel car de nombreux hommes et femmes sont incarcérés dans des conditions épouvantables, et qu'on a recours à l'isolement comme moyen de torture", relève le réalisateur. "C'est le cas dans le monde entier, si bien que ce qui m'a intéressé dans ce projet, c'était la possibilité d'aborder ce sujet dans un contexte historique, tout en montrant qu'il est extrêmement actuel".

Noer souhaitait aussi montrer comment les détenus s'en sortent en milieu carcéral pour rester en vie. "Ce qui m'a également intéressé, ce sont les masques que les hommes doivent porter en prison pour résister aux longues périodes d'incarcération", reprend-il. "Derrière ces murs, on n'a pas d'autre choix que de jouer un rôle pour ne pas montrer sa faiblesse. À cet égard, la prison est un peu comme une scène de théâtre".

Au-delà de ses résonances sociologiques, PAPILLON offrait à Noer la possibilité d'explorer le parcours de deux protagonistes particulièrement charismatiques. "Même si j'aime les films de prison, ce projet me permettait de m'attacher à un tandem de personnages magnifiques. Ils ont noué une relation très forte qui s'est encore renforcée dans les conditions atroces de détention de la Guyane".

C'est cette densité émotionnelle qui reste l'un des aspects du film préférés du réalisateur. "En apparence, il s'agit d'une aventure captivante", dit-il. "Mais pour moi, il s'agit surtout de la relation entre Papillon et Dega qui, au départ, se haïssent, mais qui ont totalement besoin l'un de l'autre vers la fin de l'histoire".

Contrairement à McFarland qui connaît très bien la version de 1973, Noer a délibérément évité de visionner le film d'origine pendant la préparation.

"Ce film s'inspire essentiellement des ouvrages de Charrière", commente-t-il. "Plusieurs passages sont tirés du film d'origine, mais je me suis dit que le pire aurait été de voir la première version. Du coup, pour rester aussi libre que possible, je ne l'ai pas regardé. J'ai préféré relire les livres que j'avais découverts quand j'étais tout jeune".

"Quand j'ai entendu parler de ce projet la première fois, c'est d'abord le nom d'Aaron Guzikowski qui m'a séduit", ajoute-t-il. "J'avais adoré PRISONERS, si bien que c'était un bonheur de collaborer avec l'une des personnes que j'admire le plus à Hollywood à l'heure actuelle".

LE CASTING

Charlie Hunnam, connu pour avoir interprété Jax teller dans la série SONS OF ANARCHY, s'est imposé dans le rôle-titre. "En réfléchissant au casting, Charlie correspondait à tous nos critères", déclare McFarland. "Il est plus proche de l'âge du véritable Henri Charrière à l'époque de son incarcération que ne l'était Steve McQueen, si bien qu'il incarne une version plus juvénile – et donc plus authentique – du personnage ".

Dès leur première rencontre, McFarland était convaincu d'avoir trouvé "son" Papillon : "Charlie est un comédien féroce et un véritable mâle dominant", assure le producteur. "Il est intrépide lorsqu'il s'attaque à un rôle, et quand on l'a rencontré, il nous a tout simplement époustouflés. Au bout du compte, il a su faire de Papillon un être de chair et de sang".

Si Hunnam a accepté un rôle aussi exigeant, c'est parce qu'il y voyait l'occasion de tourner sous la direction de Noer. "C'est la présence de Michael qui m'a convaincu de faire ce film", affirme le comédien. "Je suis fan de son travail depuis longtemps, et j'avais très envie de travailler avec lui. Du coup, quand il a évoqué la possibilité de mettre en scène une nouvelle adaptation des ouvrages de Charrière, je ne pouvais qu'accepter".

Même s'il n'avait pas vu le film depuis plusieurs années, la version de Schaffner l'avait marqué enfant et reste l'un des meilleurs souvenirs de cinéma de Hunnam. "C'est un film qui a beaucoup compté pour moi quand j'étais jeune", dit-il. "Je l'ai souvent vu et j'ai lu le livre au moins deux fois. D'ailleurs, j'ai d'abord refusé le rôle. Mais je ne pouvais plus m'empêcher d'y repenser par la suite. Par chance, Michael m'a recontacté et m'a demandé si on pouvait passer deux heures ensemble".

Finalement, les deux hommes ont discuté pendant près de 15 heures et Noer a réussi à convaincre Hunnam d'accepter le rôle. "Il m'a démontré que ce ne serait pas un remake", reprend l'acteur. "Au contraire, il souhaitait signer une adaptation résolument nouvelle et libre de l'ouvrage. On a passé la journée ensemble et il était évident qu'on allait tourner ce film".

Malgré les encouragements du réalisateur, Hunnam a d'abord été intimidé à l'idée de reprendre un rôle rendu célèbre par l'une des plus grandes stars hollywoodiennes : "À certains égards, c'était une aventure risquée", reconnaît-il. "Steve McQueen avait été merveilleux dans ce rôle. Il ne s'agissait donc pas d'être en rivalité avec lui. C'est l'un des plus grands acteurs – et les plus cool – de tous les temps. Du coup, pour nous approprier le sujet et nous sentir libres, on s'est dit, avec Michael, que le premier film n'avait jamais existé !"

Pour Hunnam, le parcours de documentariste de Noer explique la touche de réalisme du film. "Il a une approche anthropologique de la narration", raconte Hunnam. "Il est très observateur et il aime les moments inattendus où il se passe quelque chose qu'on n'avait pas prévu. On a tourné de longues scènes d'improvisation qui se sont retrouvées dans le montage final".

RAMI ET PERSONNE D'AUTRE !

Pour le rôle de Louis Dega, faussaire timide, la production recherchait un acteur dont la présence à l'écran tranche avec la figure imposante de Hunnam.

"J'ai rencontré plusieurs comédiens à Hollywood et ils étaient tous formidables, mais Rami Malek m'a particulièrement intrigué", confie le réalisateur. "Quand on s'est vus, on était tous les deux un peu nerveux, mais j'ai vraiment eu un coup de foudre. Sa vulnérabilité et l'ambiguïté et l'émotion qui se dégagent de son regard sont extraordinaires".

McFarland renchérit : "Rami est incroyablement doué. Il insuffle une bonne dose d'humour au personnage et a un sens du rythme sidérant. Pour autant, on n'oublie jamais, grâce à son jeu, que Louis Dega n'a pas été, lui, injustement condamné à la réclusion car c'était un vrai criminel".

Si l'ensemble des collaborateurs de PAPILLON souhaitaient confier le rôle à Malek, il a bien failli ne pas pouvoir faire le film en raison de son emploi du temps bien rempli : "Il y avait des incompatibilités d'agenda, si bien qu'il n'a pas pu se libérer facilement", explique Hunnam. "Mais j'avais le sentiment qu'il nous fallait Rami et personne d'autre !"

Lorsqu'il s'est avéré que Malek risquait bien de ne pas être disponible, Hunnam l'a contacté directement : "On a d'abord bien cru qu'il ne pourrait pas se libérer", dit-il. "Du coup, je l'ai appelé et je lui ai dit : 'Mon pote, tiens le cap ! Je sais que ça va le faire !'

Le plus drôle, c'est qu'à ce moment-là on ne se connaissait pas très bien et que je lui mettais vraiment la pression. Mais par chance, il s'est rangé à mes arguments".

Comme d'autres, Malek avait une affection particulière pour le livre. "Je l'avais adoré quand j'étais gamin", note-t-il. "Et j'ai souvent vu le film à la maison avec mes parents. Il m'avait beaucoup marqué et je me suis donc dit que faire une nouvelle adaptation était un projet enthousiasmant".

Se réapproprier un rôle rendu célèbre par Dustin Hoffman était un sacré défi, mais Malek a souhaité le relever en renforçant les motivations profondes de Dega : "J'adore l'interprétation de Hoffman", dit-il. "C'est un rôle mythique si bien qu'il fallait absolument se démarquer de son jeu. J'ai cherché à en faire un personnage un peu plus malin et moins instable. J'ai adoré jouer sur son côté futé et sa capacité de survie, à l'instar d'une termite !"

Outre le roman de Charrière, Malek a lu "Guillotine sèche" de l'ancien détenu René Belbenoît qui dépeint avec force la vie sur l'île du Diable. "C'était un véritable enfer sur Terre, et pas seulement en prison", relate Malek. "Les maladies étaient endémiques et les gens mouraient du paludisme. Beaucoup de détenus ne sont jamais revenus chez eux, qu'ils purgent leur peine jusqu'au bout ou pas".

Louis Dega est sans doute le personnage le plus haut en couleurs du film. "Tout le monde pourra se reconnaître en lui parce qu'il se retrouve dans un lieu étrange dont il ne connaît rien", analyse Malek. "On l'a envoyé dans l'un des pires endroits au monde et il a dû se battre pour survivre".

LES CONTRAIRES S'ATTIRENT

Difficile d'imaginer deux acteurs au physique et au jeu plus dissemblables que Charlie Hunnam et Rami Malek. C'est justement ce contraste saisissant qui en fait un tandem parfait pour PAPILLON : "Par bien des aspects, ils sont aux antipodes l'un de l'autre et c'est grâce à ça que leur relation évolue tout au long du film", indique McFarland.

Noer acquiesce : "Quand on engage deux comédiens, on ne peut pas présumer de la manière dont ils vont s'entendre. On ne peut qu'espérer que l'alchimie fonctionnera, et même si certains pourront objecter que Charlie et Rami forment un duo étrange, ils se mettent très bien en valeur mutuellement ! C'est l'un des aspects dont je suis le plus fier".

Les deux acteurs se sont très bien entendus dès leur première rencontre : ils discutaient jusque tard dans la nuit pour savoir comment se pousser dans leurs retranchements pour raconter l'histoire d'une manière inédite. "La relation entre nos personnages est un moteur essentiel de l'intrigue", souligne Malek. "Si l'alchimie ne prenait pas, le film ne pourrait pas être aussi réussi. On a donc passé pas mal de temps tous les deux pour nourrir cette complicité. Au final, on a appris comment chacun de nous fonctionnait et on a su se faire rire mutuellement. On ne s'est pas ménagé et on est devenus d'excellents amis. Je resterai proche de Charlie toute ma vie".

Si Malek a été impressionné par de nombreux aspects de la personnalité de Hunnam, c'est surtout l'intense préparation psychologique qui l'a le plus marqué : "Charlie est un garçon qui réfléchit énormément avant de prendre une décision et qui se plonge dans la psychologie du personnage", note, admiratif, Malek. "Il cherche vraiment à mettre en valeur toutes les facettes du rôle. Dans PAPILLON, il campe un personnage qui peut aussi craquer. Non seulement physiquement, mais aussi mentalement. C'est ce qu'il s'est efforcé de mettre en lumière".

PAS UNE PETITE CHOSE DÉLICATE !

Pour Nénette, mystérieuse prostituée qui flirte avec Papillon avant sa condamnation, la production a choisi la comédienne irlandaise Eve Hewson. "Nénette est un personnage magnifique et grâce à Eve, tous les spectateurs vont l'adorer", note McFarland. "Elle a abordé le rôle avec grâce et élégance".

Connue pour sa participation à la série THE KNICK, Eve Hewson possède une beauté atemporelle qui convient parfaitement à un film d'époque comme PAPILLON. "Ce n'est pas un hasard si Eve a souvent joué dans des films en costumes, et d'ailleurs c'est devenu un sujet de plaisanterie chez elle", déclare McFarland.

Hunnam, qui a plusieurs scènes d'amour avec la comédienne au début du film, a été ébloui par son talent et son charme nonchalant : "C'est un tourbillon d'énergie et d'audace", note-t-il. "Je suis parfois très franc et il m'arrive de prendre les choses trop au sérieux, et dès le premier jour, elle ne m'a pas loupé ! On s'est bien marrés ensemble".

Plutôt que d'en faire une âme en peine au sort tragique, Eve Hewson a choisi de camper le personnage avec vivacité. "Elle est futée et intéressante dans sa manière d'aborder ses ambitions et ses rêves", déclare la comédienne. "Ce n'est pas une pauvre petite chose fragile. C'est une battante et c'est ce que j'adore chez elle".

Pour donner à Nénette un air mystérieux, Noer a suggéré que le personnage soit une prestidigitatrice de génie capable de faire les poches de son entourage sans être vue. "C'était un élément très amusant de l'histoire", remarque la comédienne. "J'ai appris plusieurs tours de magie auprès d'un magicien serbe du nom d'Igor. Il m'a initiée à pas mal de choses passionnantes au cours de séances d'entraînement".

Si Nénette n'est pas condamnée pour ses délits, Eve Hewson estime que le personnage se sent malgré tout captive. "Nénette et Papillon sont complices, comme l'étaient Bonnie et Clyde", dit-elle. "Elle aspire à quitter Paris car elle ne veut plus faire le trottoir. Elle ne cherche qu'à s'en sortir, et c'est cohérent par rapport à la thématique générale du film. Pour Papillon, survivre revient à s'évader de prison. Mais pour Nénette, sa prison, c'est sa condition de prostituée".

IMMERSION TOTALE

Pour évoquer avec la plus grande exactitude le calvaire subi par Charrière au cours de ses années de cachot, Hunnam s'est soumis à une métamorphose physique des plus éprouvantes. Résultat : l'incarnation d'une souffrance inimaginable qui suscitera l'émotion la plus vive des spectateurs. "Cette expérience a été une immersion totale", se remémore le comédien. "Je n'ai eu aucun temps de repos. On travaillait 16 heures par jour, sept jours sur sept, tout au long du tournage. Mais c'est ce que j'aime".

Hunnam est habitué aux transformations physiques pour les besoins d'un rôle. "J'ai tourné deux films d'affilée nécessitant que je perde pas mal de poids", dit-il. "Pour PAPILLON, on a tourné dans la continuité autant que possible afin de faciliter la perde de poids. Il se passe quelque chose d'étrange quand on perd 18 kg en dix semaines : on est beaucoup plus concentré".

Travailler la faim au ventre est très difficile, mais par chance il avait un partenaire avec qui partager cette épreuve : "Avec Rami, on s'est affamés brutalement, et c'est le genre d'expérience qui soude les gens très vite", affirme-t-il. "Ce n'est pas évident d'avoir faim en permanence et de refuser d'écouter son instinct qui vous pousse à manger".

Pour que les scènes de cachot soient réalistes, Hunnam et Noer ont choisi de simuler l'expérience sur le plateau : "Charlie a passé pas mal de temps, seul, dans une cellule", commente Noer. "Il ne pouvait pas en repartir sans autorisation. C'est devenu un tournage éprouvant psychologiquement. Ces scènes de cachot étaient une forme d'expérience anthropologique qui donnait à Charlie un aperçu de ce que pouvait être le cachot".

Pour bien se représenter la solitude dans un silence total pendant plusieurs jours, l'acteur est resté dans une cellule pendant cinq jours sans parler, ni manger. C'est la privation d'eau qui a été le plus difficile à vivre. "C'était très dur de ne pas avoir d'eau", dit-il. "Je n'avais que deux petites bouteilles pendant ces cinq jours sans nourriture. C'est devenu un peu dingue et très éprouvant sur un plan émotionnel. J'ai même pleuré une ou deux fois quand je me suis retrouvé seul".

LA CRÉATION DE L'ENFER

Pour McFarland, il est apparu très en amont que l'un des personnages principaux n'était autre que la colonie française de la Guyane. Décrit avec réalisme par Charrière dans ses ouvrages, ce lieu cauchemardesque devait être reconstitué dans ses moindres détails pour marquer le spectateur. La production a fait appel à un chef-décorateur capable de mêler envergure et réalisme à ses réalisations.

"On a ainsi sollicité Tom Meyer", déclare McFarland. "C'est une voix qui compte aujourd'hui dans son domaine et il a bâti des décors complexes d'une grande richesse".

Après avoir récemment construit des décors pour des films de science-fiction à gros budget, Meyer était intrigué par les aspects historiques de PAPILLON. "Le projet était d'autant plus intéressant qu'il s'inspire d'une histoire vraie", dit-il. "C'est le genre de films qui m'attire. J'aime les aventures humaines dans lesquelles le spectateur peut se projeter".

Meyer et son équipe ont reconstitué la prison de Charrière de A à Z. "Nos artisans ont construit tout un univers gigantesque qui a permis aux comédiens d'avoir un environnement concret dans lequel se repérer", signale le chef-décorateur. "C'était un univers en dur, à 360°, si bien que les acteurs ont pu croire qu'il s'agissait d'un monde réel".

Pour se documenter, Meyer a consulté des photos et des films d'archives tournés en Guyane française. "Ce qui est extraordinaire, c'est qu'il existe pas mal de documents d'archives sur le sujet", dit-il. "Les historiens ont beaucoup écrit sur ces colonies pénitentiaires, si bien que j'ai pu m'appuyer sur bon nombre de références pour étudier la structure architecturale des bâtiments de la prison".

À bien des égards, la colonie pénitentiaire dépeinte par Charrière ressemble à une sorte d'enfer sur Terre dantesque. "Pour le bagne de Guyane, on voulait que le lieu soit proprement terrifiant", rapporte Meyer. "Il ne s'agit pas d'un camp de vacances au cœur de la jungle ! C'était un endroit très dur qui a existé pendant plus de 80 ans. Du coup, pour raconter cette histoire de manière convaincante, on a dû créer un décor aussi effrayant que le bagne lui-même".

En dehors de la colonie pénitentiaire, Meyer a également conçu d'autres prisons aperçues dans PAPILLON. "Au total, j'ai sans doute créé cinq univers carcéraux pour les besoins du film dont chacun avait sa propre personnalité", dit-il. "Par exemple, la prison parisienne dans laquelle Papillon est envoyé est très différente de la prison flottante qui l'emmène en Guyane. Et celle-ci est très différente du bagne au cœur de la jungle. Chacune a son propre style".

Pour la prison flottante, Meyer s'est inspiré d'une source plutôt inattendue. "Je souhaitais que ce navire évoque l'histoire de Jonas et la baleine", explique-t-il. "Je tenais à ce qu'on ressente un effet de confinement, comme si on était dans le ventre d'une bête. Il fallait que le lieu soit cauchemardesque et humide, oppressant, sombre et terrifiant. Quand Papillon et ses compagnons d'infortune échouent sur la plage au bout du voyage en mer, ils ont comme un sentiment de renaissance. C'était mon but en imaginant cette prison flottante".

La construction ultra-réaliste de Meyer a produit ses effets sur les acteurs : "Ces décors étaient époustouflants", s'enthousiasme Hunnam. "J'ai travaillé sur des productions d'ampleur différente au fil de ma carrière, et je n'avais jamais connu des décors aussi gigantesques".

Malek acquiesce : "Ce sont des décors phénoménaux. La prison flottante était d'un réalisme inouï. Elle était sombre, il y avait des traces de graisse partout, et on voyait des incendies en arrière-plan. J'ai éprouvé un profond sentiment de claustrophobie. Même s'il faisait froid sur le plateau, on transpirait quand même à l'intérieur du bateau".

UNE CAMÉRA TRÈS LIBRE

McFarland appréciait depuis longtemps le travail du chef-opérateur Hagen Bogdanski. "Il a un regard formidable et il a éclairé des films importants", dit-il. "Il a d'abord été photographe, et il a un talent incroyable pour la composition et la lumière. Il a une manière très intime de travailler qui correspondait bien à notre film".

Issu du documentaire, Noer savait précisément comment éclairer le film et il a travaillé en étroite collaboration avec Bogdanski pour atteindre son objectif. "J'ai toujours le sentiment qu'il faut libérer la caméra autant que possible", dit-il. "En libérant la caméra, on libère les personnages".

Bogdanski était plus qu'heureux d'adopter le style fluide de Noer. "Michael a vraiment l'habitude d'improviser en tournant caméra à l'épaule", déclare le chef-opérateur. "Du coup, on a utilisé une Steadicam parce que cet outil permet de rester au plus près de Papillon et de raconter l'histoire à travers son regard. C'est un dispositif que j'adore, mais il est particulièrement important quand on a affaire à un personnage aussi fort. Le but était de voir le monde à travers ses yeux. Du coup, le choix de la caméra à l'épaule et de la Steadicam était judicieux pour ce périple émotionnel".

DES COSTUMES ÉLOQUENTS

C'est la chef-costumière d'origine serbe Bojana Nikitovic qui s'est vu confier la mission d'habiller l'imposante armada de détenus. Perfectionniste et passionnée de recherches historiques, la costumière a aussitôt été séduite à l'idée de reconstituer le style et l'allure des prisonniers du bagne de Guyane.

"Je savais que ça allait être un projet très complexe, mais l'histoire était absolument fantastique", dit-elle. "Dès que je me suis plongée dans cette époque et que j'ai découvert le véritable Papillon, je ne pouvais plus refuser une telle proposition".

Bojana Nikitovic a ainsi consulté énormément d'ouvrages et de photos. "J'ai regardé tous les documentaires sur cette prison, et j'ai lu beaucoup d'ouvrages la concernant", précise-t-elle. "C'était extraordinaire car j'ai découvert un site et une époque dont je ne savais rien avant de m'engager dans ce projet".

Comme la plupart des photos d'archives ont été prises au cours de visites d'importants dignitaires, les prisonniers y portent des tenues étonnamment à la mode ! "Dans la grande majorité de ces clichés, on peut imaginer que les gardiens avaient rasé les prisonniers, les avaient lavés et habillés dans des uniformes en meilleur état que leurs tenues habituelles", dit-elle. "Ils ont tous l'air soigné sur ces photos, mais on se rend quand même compte que leur vie était très dure".

Autre défi de taille : le nombre impressionnant d'acteurs à habiller. "Au total, je crois qu'on devait habiller environ 5000 figurants, peut-être même davantage", poursuitelle. "On a dû fabriquer les tenues de prisonniers nous-mêmes, à la main, et la plupart d'entre elles devaient avoir l'air abîmées ou en piteux état. Le plus difficile a été de nous procurer la bonne quantité de tissu".

DES PAYSAGES INCOMPARABLES

PAPILLON se déroule à Paris et dans la jungle de Guyane, mais lorsque McFarland et son équipe ont entamé leurs repérages, ils ont découvert les sites qu'ils recherchaient en Europe de l'Est et à Malte.

"On s'est rendu aux quatre coins du monde et on a fini par tourner en Serbie et au Monténégro, mais aussi à Malte pour les scènes nécessitant des réservoirs d'eau", indique le producteur. "C'était complexe de tourner en décors naturels, mais le résultat à l'image est incomparable".

En Serbie, la production a pu compter sur une formidable équipe d'artistes, techniciens et artisans qui ont reconstitué les ruelles sombres de Paris dans le centre-ville de Belgrade. Selon Malek, le résultat est d'une telle authenticité que même les habitants de la ville ont été stupéfaits. "Un jour, je me souviens que la production installait le Moulin Rouge dans une petite rue", dit-il. "Les gamins du coin n'en revenaient pas qu'une production hollywoodienne puisse transformer leur quartier en si peu de temps".

La colonie pénitentiaire a été reconstituée dans une région montagneuse enclavée du Monténégro. "On n'aurait pas pu choisir un site plus préservé ou un paysage plus beau pour ce film", s'enthousiasme McFarland. "À partir de notre décor, on pouvait tourner dans quelque direction que ce soit sans avoir besoin de recourir au numérique".

Comme c'est souvent le cas dans les tournages en décors réels, la météo a parfois contraint la production à improviser. "La boue était un vrai problème au Monténégro, et c'était épuisant pour les acteurs et les techniciens", ajoute-t-il. "Mais on a considéré que cela faisait partie de l'environnement naturel, et je crois que l'authenticité du film en a bénéficié. Au bout du compte, la boue a obligé les comédiens à réagir spontanément à ces conditions éprouvantes".

Pour le redoutable périple en mer, la production s'est installée sur l'île de Malte réputée pour son immense réservoir. "C'était un choix formidable, à la fois sur le plan de l'infrastructure et de la qualité des paysages", note McFarland. "On y trouve l'un des plus grands bassins d'Europe, ce qui nous a permis d'avoir des plans larges de l'océan qu'on n'aurait pas obtenus ailleurs".

Par ailleurs, la cascade finale, époustouflante, été tournée sur le littoral de Malte. LA

PUGNACITÉ DE L'ÊTRE HUMAIN

Bien que l'histoire de Charrière soit considérée comme l'un des récits d'évasion les plus palpitants de tous les temps, Noer estime qu'il transcende les codes du genre. "Ce film ne se contente pas d'évoquer les tentatives d'évasion de l'île du Diable", ditil. "Il parle de la volonté de fuir son passé et ses démons intérieurs. Pour moi, c'est là le véritable intérêt de PAPILLON".

Malek acquiesce : "Pour l'essentiel, il s'agit d'une quête d'identité. Ces deux amis improbables deviennent si proches qu'une véritable affection se noue entre eux", ditil. "Et grâce à ces liens d'affection, non seulement ils se comprennent mutuellement, mais ils apprennent à se connaître eux-mêmes".

Selon Eve Hewson, chacun pourra se reconnaître dans le périple émotionnel que décrit le film : "D'une certaine façon, il s'agit d'un récit initiatique", dit-elle. "Au départ, Papillon est un jeune homme ambitieux et égocentré et change radicalement au cours du film. Le spectateur s'identifie facilement à un personnage qui s'engage dans une aventure et en sort transformé".

Pour Hunnam, PAPILLON réunit tous les ingrédients d'un film de prison intense… sans oublier un élément essentiel : l'humanité. "Il y a beaucoup de scènes de pure action et de suspense, mais il s'agit surtout d'une belle histoire d'amitié", conclut-il. "Le film raconte l'histoire d'hommes qui font preuve de bienveillance les uns envers les autres dans un environnement particulièrement hostile et violent, et PAPILLON rend hommage à la pugnacité de l'être humain".

#Papillon


Autre post du blog lié à PAPILLON