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mardi 24 juillet 2018

HOTEL ARTEMIS


Action/Thriller/Science fiction/Un film qui n'exploite pas tout son potentiel

Réalisé par Drew Pearce
Avec Jodie Foster, Sterling K. Brown, Dave Bautista, Sofia Boutella, Brian Tyree Henry, Charlie Day, Jenny Slate, Zachary Quinto, Jeff Goldblum, Kenneth Choi...

Long-métrage Américain/Britannique
Durée : 01h33mn
Année de production : 2018
Distributeur : Metropolitan FilmExport 

Avertissement : des scènes, des propos ou des images peuvent heurter la sensibilité des spectateurs

Date de sortie sur les écrans américains : 8 juin 2018
Date de sortie sur nos écrans : 25 juillet 2018


Résumé : Dans un futur proche, une infirmière, qui dirige un hôpital regroupant les plus dangereux criminels de Los Angeles, découvre que l'un de ses patients est dans l'établissement afin d'en assassiner un autre.

Bande annonce (VOSTFR)


Extrait - "J'ai un plan" (VOSTFR)



Extrait - "Un flic à terre" (VOSTFR)



Extrait - "Sofia Boutella" (VOSTFR)



Ce que j'en ai pensé : HOTEL ARTEMIS est un film fantastique qui n'exploite pas tout son potentiel. Il s'agit du premier long-métrage du réalisateur Drew Pearce. Il y a un contexte simple, mais clair, des idées et de l'inventivité. Le réalisateur gère bien le lieu qu'est l'Hôtel Artemis pour en faire un personnage à part entière de cette histoire. Ramsey Avery, le chef-décorateur, a fait un très bon travail pour donner une personnalité à l'ancienne à cet hôtel, on a donc aucune peine à lui imaginer un passé. De plus, son ambiance se mêle bien à la modernité technologique qui constitue l'aspect fantastique du film. Ce mélange correspond bien au personnage principal, l'infirmière Jean Thomas, interprétée par Jodie Foster.

Cependant, il y a plusieurs défauts qui viennent impacter le plaisir qu'on peut avoir à regarder ce long-métrage. Son rythme, tout d'abord, qui peine à démarrer. Il est trop saccadé et donne une impression de longueur. L'intrigue ne cherche pas à aller plus loin que l'évidence. Il n'y a pas vraiment de surprises. Les personnages, également, ne sont pas à la hauteur. Le problème n'est pas le jeu des acteurs - qui sont impliqués et qui jouent leur rôle comme il faut - mais le fait que les protagonistes ne se distinguent pas vraiment par leur originalité, ne sont pas assez travaillés et, même s'ils réussissent à attirer notre attention, ce qui est le cas de Sofia Boutella, qui interprète Nice, et de Sterling K. Brown, qui interprète Waikiki, le déroulement des événements ne nous permet pas vraiment de nous attacher à eux.




Copyright photos @ METROPOLITAN FILMEXPORT

HOTEL ARTEMIS n'est pas désagréable, mais il passe à côté de son aspect divertissement. C'est vraiment dommage, car il y avait matière à nous entraîner dans une aventure qui nous aurait fait retenir notre souffle. On peut se laisser tenter pour son casting ou l'envie de découvrir son ambiance ou de quoi il retourne, cependant, il ne faut pas en attendre trop. 

NOTES DE PRODUCTION
(À ne lire qu'après avoir vu le film pour éviter les spoilers !)

MAGIE ET MYSTÈRE DE LOS ANGELES… 

Dans les années 1920, les suites luxueuses de l'hôtel Artemis, établissement fictif, portaient le nom de destinations de vacances particulièrement prisées. Un siècle plus tard, ce sont les clients qui adoptent le nom de ces suites comme nom de code, conformément à l’engagement de ce centre de soins d’urgence haut de gamme à garantir leur anonymat. 

C’est ainsi que Sherman devient ″Waikiki″ à son arrivée, tandis que son frère Lev prend le surnom de ″Honolulu″. La séduisante Française se fait appeler ″Nice″, le trafiquant d’armes ″Acapulco″, et ″Wolf King″, de son vrai nom Orian Franklin, devient ″Niagara″. Pour entrer, les membres doivent s’identifier au moyen d’une puce électronique implantée dans leur poignet. On ne fait aucune exception à la règle, comme l’apprend à son grand désarroi le braqueur de banques Buke (Kenneth Choi), grièvement blessé. 

Le scénariste et réalisateur Drew Pearce a imaginé les moindres détails de ce monde situé dans un avenir proche, en s’inspirant de sa fascination pour la ville de Los Angeles. 

″Je suis originaire d’Écosse, et j’ai passé presque toute ma vie en Angleterre″, révèle Drew Pearce. ″Après notre premier long séjour à Los Angeles (pour le tournage d’IRON MAN 3), mon épouse et moi avons décidé de nous y installer définitivement. On a sauté le pas, entassé toutes nos affaires dans un conteneur, et on a pris l’avion. Ça fait presque sept ans qu’on habite ici et on n’a jamais regretté notre décision″. 

Le fait d’avoir grandi dans une vieille capitale européenne a nourri le regard de Drew Pearce sur Los Angeles. ″Ce qui me plait, c’est que l’histoire de la ville est tellement récente par rapport à celle de Londres, qu’elle en devient plus accessible. À l’hôtel Artemis, on peut contempler cent ans d’histoire sur un seul bâtiment: les stigmates du temps sont visibles en un seul coup d’œil, comme c’est le cas pour la ville elle-même″. 

″Los Angeles a une personnalité tout à fait singulière″, poursuit-il. ″Quelqu’un l’a un jour baptisée la ville des portes, parce que, contrairement à la côte Est ou à l’Europe, il est impossible de deviner ce qu’on va trouver à l’intérieur d’un bâtiment en se fiant uniquement à son allure extérieure. Il faut parfois pousser une porte au beau milieu d’un centre commercial délabré pour dénicher les restaurants les plus chics, et ça rend l’expérience encore plus grisante. C’est bien ce qu’illustre HOTEL ARTEMIS, qui est sans aucun doute un film où les portes ont une importance majeure″. 

Le producteur Adam Siegel décrit, quant à lui, l’Artemis comme ″un univers que l’on épie en regardant par le trou de la serrure″. Jodie Foster a beaucoup apprécié ce sentiment qu'évoque Drew Pearce : ″J’ai grandi ici″, raconte l’actrice oscarisée qui a commencé sa carrière à l’âge de trois ans. ″Il y a une certaine nostalgie de Los Angeles dans HOTEL ARTEMIS que je partage avec Drew. Le film dégage un amour profond pour la ville en tant que terre de promesses, d’absence de règles, à la riche tradition cinématographique. Drew a tourné un film si original, et si déconcertant sur le plan visuel, qu’il nous fait envisager la ville d’un œil nouveau. Le film tient sans aucun doute du thriller″, suggère-t-elle, ″mais il occupe son propre territoire. Il défie les frontières entre les genres″. 

Sterling K. Brown, qui incarne Waikiki, partage son avis. ″C’est un film noir mais aussi une œuvre futuriste ; il est à la fois drôle et poignant. On plonge dans un univers passionnant où tous les criminels ne naissent pas égaux″. 

Les pensionnaires de l’Hôtel Artemis ont des objectifs très différents les uns des autres qui se recoupent parfois. ″Les parcours des différents personnages se mélangent et se confondent même parfois″, remarque le producteur Simon Cornwell. 

″On règle ses comptes, et on révèle des secrets″, ajoute son frère et producteur associé Stephen Cornwell. ″Tout le monde ne peut pas obtenir ce qu’il veut″. 

Si les criminels du film ont chacun une trajectoire différente, ils ont pourtant une chose en commun. Sterling K. Brown résume la situation : ″On entre, on se fait oublier, on échappe à la police, et puis on ressort″. 

L’intrigue rythmée tambour battant se déroule sur une nuit déjantée, mais Drew Pearce a pris le temps nécessaire pour soigner à la perfection son récit. Lui qui tenait absolument à réaliser un film dont il avait écrit le scénario a mûrement réfléchi au postulat de départ. 

″Cette idée m'obsédait et correspondait à tout ce que j’aime″, se souvient-il. ″Il y a à la fois une intrigue criminelle et des éléments de science-fiction, mais aussi l’occasion de signer des images visuellement spectaculaires. J’avais aussi tout simplement l’espoir de rendre hommage à Los Angeles, la ville où j’habite″. 

″Lorsque je me suis mis au travail pour de bon, je me suis promis d’écrire la version la plus épurée de cette histoire, ce qui impliquait de faire un film indépendant plutôt qu’un film de studio″, confie-t-il. ″Je ne regrette pas ce choix une seule seconde. Je suis fier de ce projet et des collaborateurs qui s’y sont investis avec le même enthousiasme″. 

″Je voulais que ce soit un mélange d’idées et de sujets, toujours très précis, mais avec autant de profondeur que possible, comme les meilleurs polars et les plus grands films de science-fiction de mon enfance″, ajoute-t-il.

PLACE À L’AVENIR… 

Drew Pearce et ses producteurs ont convenu qu’HOTEL ARTEMIS ne pouvait être tourné qu’à Los Angeles. ″Il n’existe aucun autre endroit qui ressemble de près ou de loin à Los Angeles″, estime le producteur Marc Platt. À noter que ce dernier a également collaboré à LA LA LAND, qui brosse un portrait emblématique – mais radicalement différent – de la ville. ″Los Angeles est un personnage de l’histoire à part entière, et c’est ce qu’on veut faire ressentir aux spectateurs de la manière la plus naturelle possible″. 

Le tournage a démarré le 1er juin 2017 dans la chambre forte d’une banque de South Spring Street. À l'exception d'une journée aux studios Universal, et d'une autre à la jetée de Santa Monica, l'essentiel du film a été tourné dans le centreville de Los Angeles. Parmi les lieux de tournage, citons le toit du célèbre Rosslyn Hotel sur West Fifth Street, mais aussi une petite rue derrière South Hill Street plus connue sous le nom de "ruelle aux rats". Les principales scènes d’émeutes ont été filmées au cours de plusieurs nuits estivales dans South Main Street. Les intérieurs, notamment les suites de l’hôtel, les couloirs, les ascenseurs, le bar, la salle de jeux et le vestibule, ont été construits dans les studios LA Center. 

Ramsey Avery, le chef-décorateur, avoue s’être inspiré de l’Hôtel Alexandria. ″Lors de son ouverture en 1906, c’était l'établissement le plus luxueux de la ville″, raconte-t-il. ″C’était au centre-ville que tout se passait à l’époque″. 

Mais le déclin de l’Alexandria s’est en réalité révélé bien pire que celui, fictif, de l’Artemis. ″Notre hôtel n’est jamais devenu un bouge non plus,″ reprend Ramsey Avery. ″La plupart des détails qui font sa beauté, comme les fresques murales et les luminaires, sont restés intacts″. 

L’endroit est aussi équipé d’installations ultra-modernes, comme des scanners, un portail de sécurité sophistiqué, une source d’énergie alternative sur le toit, des imprimantes 3D qui permettent de reproduire des organes humains ou encore des armes à feu, et les robots dont se sert l’Infirmière pour remettre ses patients sur pied. ″C’est le Wolf King qui lui a trouvé tout ce matériel au marché noir″, précise Ramsey Avery. ″Il n’a aucun problème pour obtenir tout ce qu’il faut grâce au réseau mafieux international ″. 

Ce mélange d’ancien et de nouveau concerne aussi les costumes créés par Lisa Lovaas, dont beaucoup sont inspirés par la mode des années 70. Le costume trois pièces écossais de Waikiki, par exemple, correspond à l’esprit baba cool des années 1970, façon Steve McQueen. Mais il porte des vestons de costume pare-balles, qui ne prennent pourtant pas trop de place. ″Drew et moi pensons que les gilets pare-balles du futur seront faits dans un tissu très fin capable d’absorber les balles″, explique Lisa Lovaas. ″Nos vestons pare-balles ne sont pas plus épais qu’un t-shirt″. 

 Drew Pearce a travaillé avec un futurologue, afin d'imaginer son Los Angeles de 2028. 

″Thomas Wagner, notre futurologue, est un haut responsable de la NASA″, révèle Drew Pearce. ″C’est avec lui que j’ai discuté des appareils high-tech que nous pouvions utiliser dans le film. Chacun d’entre eux, que ce soit le scalpel à microondes ou le vaporisateur anti-polype, existe déjà (même si on ne le sait pas) ou sera conçu dans les cinq années à venir″. 

″Il me semble que la fiction spéculative ne parle en fait jamais de l’avenir, mais plutôt de l’époque à laquelle on l’écrit″, remarque Drew Pearce. ″Ceci dit, on a quand même essayé de trouver un équilibre. Cette histoire se passe dans 10 ans, si bien que beaucoup de choses peuvent changer d’ici là, mais je voulais que tout reste crédible, et bien ancré dans le quotidien des personnages″. 

C’est cette philosophie qui a également guidé Drew Pearce dans sa manière de dépeindre les conditions sociales et le comportement de ses personnages. ″Les catastrophes naturelles et les violences policières sont des questions auxquelles le monde, et les États-Unis en particulier, sont de plus en plus confrontés″, note-t-il. ″Ces problèmes et leurs répercussions qu'évoque HOTEL ARTEMIS sont tout à fait plausibles, et c’est ce qui accroît la tension et le réalisme de l’intrigue, déjà très élevés″. 

Il a également fallu s'interroger sur les techniques médicales. Britt Sanborn, consultante pour le film, est infirmière depuis 10 ans. Autrefois comédienne, elle était parfaitement consciente des exigences de ces deux univers. Présente sur le plateau pour toutes les scènes médicales, elle a également donné des conseils pendant la préparation, au moment où on élaborait ou se procurait le matériel médical. 

″Grâce à des robots futuristes, l’Infirmière est capable d’effectuer des opérations qui exigeraient normalement l’intervention de toute une équipe″, explique Britt Sanborn. ″J’ai beaucoup discuté avec Drew de ce qui constituait une plaie mortelle ou pas, et de la possibilité pour un patient de parler au cours de son opération, ou encore de la façon dont certains organes ou certaines blessures saignent. On fait en sorte que tout soit aussi réaliste que possible, tout en se permettant de prendre quelques libertés car l’intrigue se situe en 2028″. 

″Jodie Foster m’a posé des questions très précises sur la physiopathologie de ce type de blessures″, raconte Britt Sanborn. ″Elle voulait comprendre ce qu’elle faisait, et pourquoi″. 

Dave Bautista, qui incarne le fidèle bras-droit de l’Infirmière, le lieutenant Everest, a lui aussi dû démontrer une certaine aisance sur le plan chirurgical. ″Dave était aussi intéressé que Jodie par le sujet, et il a fait un travail incroyable″, note Britt Sanborn. ″Au cours d’une séquence d’une minute, il est parvenu à enfiler un masque à oxygène au patient, installer une perfusion, appliquer un garrot, insérer une fausse aiguille, la fixer avec un morceau de scotch, tendre le scalpel à Jodie dans les règles de l’art, et enfin à aspirer le sang qui s’échappait de la plaie. Et tout ça sans perdre le fil de ses répliques. Il m’a beaucoup impressionnée″. 

Le choix d’un chef-opérateur comme Chung-Hoon Chung a donné à cet environnement clinique une dimension tout sauf stérile. “Au début, j’avais imaginé une atmosphère très froide et dépouillée pour le bloc opératoire”, explique Avery, le chef-décorateur, “mais en utilisant de la couleur, Chung-Hoon a ajouté une dimension émotionnelle à chaque décor. Son regard est empreint d'une vraie richesse”. 

Cette richesse concerne également les costumes. La robe rouge profond en satin que Lisa Lovaas a créée pour le personnage de Sofia Boutella était évidemment très sexy, mais également fonctionnelle, afin de ne jamais entraver ses mouvements au cours de ses scènes de combat effrénées. Mais il fallait également qu’elle soit approuvée par Chung-Hoon. 

“Il nous fallait une matière qui accroche la lumière dans les couloirs et les vestibules, et on a fait faire des essais caméra pour chaque tissu afin d'obtenir la couleur parfaite”, explique Lisa Lovaas. 

Pearce a été emballé par ce travail d'équipe. “Chung-Hoon Chung est un vrai génie”, déclare le réalisateur. “J’espère pouvoir retravailler avec lui sur chacun de mes futurs projets !” 

Jeff Goldblum est tout aussi enthousiaste. “Son charisme et sa maîtrise de l'image sont stupéfiants”, raconte cet acteur chevronné. “C’est quelqu’un de très drôle. Et je crois que le film va être magnifique !” 

RETOUR VERS LE FUTUR… 

L'inspiration du style de l'hôtel Artemis vient du passé, et plus précisément d’une chanteuse quasi-inconnue, Elyse Weinberg. En effet, ses mélodies évocatrices de la Californie des années 1960 imprègnent l’histoire et la bande originale du film. 

“Au fond d’elle-même, l’Infirmière est très fidèle à l’esprit hippie qu’on associe à Laurel Canyon”, explique Pearce, “et c’est très important dans le film car cette musique la renvoie à des moments heureux de sa vie. Cette musique, c’est son refuge – un peu comme l’hôtel Artemis. Du coup, il était essentiel qu'elle baigne dans cet environnement musical – du tourne-disque qui passe les vinyles de The Mamas and the Papas jusqu’au lecteur de cassettes qu’elle a autour du cou et avec lequel elle écoute ‘Helpless’, de Buffy Sainte-Marie pour se détendre – c’est la bande-son de sa vie”. 

Afin d'incarner l’univers sonore de HOTEL ARTEMIS, Pearce tenait à faire appel à l'un des meilleurs artistes en la matière. C’est donc Cliff Martinez, compositeur plusieurs fois salué par la critique, qui s'est vu confier la bande-originale du film. Les producteurs Marc Platt et Adam Siegel avaient déjà collaboré avec Martinez en 2011 pour la BO percutante et désormais culte de DRIVE de Nicolas Winding Refn, également situé à Los Angeles. Pearce savait donc que le compositeur serait à même d’apporter à la fois de la modernité et de l’intensité à la partition – et d’offrir un contrepoint dynamique à la nostalgie vibrante des morceaux favoris de l’Infirmière. 

“J’avais besoin que la BO soit à la fois pleine de tension et d’émotion – qu’elle soit caractérisée par une âpreté qui permette de renvoyer au futur, mais avec suffisamment de romantisme pour faire ressurgir le passé de cet hôtel”, détaille Pearce. “Cliff s'est imposé naturellement parce que son travail permet de concilier modernité et émotion authentique. C’est un maître dans son domaine, et la musique qu’il a créée pour le film était la toute dernière pièce – magnifique – qu’il nous manquait pour compléter l’ensemble”. 

Pour finaliser le film, Pearce a engagé son ami et collaborateur Father John Misty, alias Josh Tillman, qui fait même une apparition dans le film dans le rôle d’un braqueur de banque, P22, aux côtés de Buke (Kenneth Choi). En 2015, Pearce a réalisé le clip de “The Night Josh Tillman Came to our Apartment”, une chanson de Father John Misty qui porte un regard plutôt caustique sur une nuit de débauche à Los Angeles. Il savait donc que la sensibilité hors du commun du chanteur, mêlée de cynisme et d'un réel lyrisme, constituerait un mélange parfait pour donner corps au film entre l’ancien et le résolument contemporain. “Josh et moi, on a longtemps parlé de la chanson, de la manière dont elle pourrait véhiculer les idées du film et en quoi elle pourrait être unique. S'il y a bien un point commun entre tous nos personnages, c’est le sentiment d’être piégé, au propre comme au figuré… Et c’est de là que nous est venue l’idée, puis le titre de la chanson qu’on a fini par trouver”. La ballade “Gilded Cage” (“cage dorée” en français), composée spécialement pour le film, évoque la ville de Los Angeles, son glamour comme sa noirceur. 

BONJOUR, QU’EST-CE QUE JE PEUX FAIRE POUR VOUS ? 

L’Infirmière est un personnage aux contradictions fascinantes. Elle est forte mais a tout le temps peur ; elle soigne les autres tout en ayant un comportement autodestructeur. Malgré cela –ou peut-être à cause de cela ? –, elle se donne corps et âme à son travail. 

“Elle sait faire preuve de compassion, mais elle dit les choses sans détour, ce que font les meilleures infirmières !”, ajoute Sanborn, consultant médical sur le tournage. 

L’Infirmière est capable d'affronter n'importe quoi, sauf son passé douloureux. En tant que directrice de l’Hôtel Artemis, elle vit dans la suite Los Angeles. Son nom est Jean Thomas, mais il y a bien longtemps que personne ne l’a appelée ainsi. 

Jodie Foster a beaucoup aimé interpréter un personnage d'âge mûr. “C’est assez amusant de se sentir libre de jouer cette petite femme aux cheveux gris, assez explosive, qui fait penser à Barbara Stanwyck”, raconte-t-elle. “Elle a établi des règles et elle les fait respecter, mais elle a aussi des crises de panique et n’a pas mis le pied à l'extérieur depuis des années. Elle s'est enfermée dans sa propre souffrance”. 

Si elle est prisonnière, elle peut néanmoins compter sur la présence d’Everest, un géant d’une grande douceur. “J’ai un peu l’impression que l’histoire d’amour du film, finalement, c’est la relation entre nos deux personnages”, estime Jodie Foster. “L’Infirmière l’a pris sous son aile quand il s’est fait tirer dessus alors qu’il n’était encore qu’un gangster tout jeune. Il est prêt à tout pour elle”. 

Dave Bautista, qui incarne Everest, compte de nombreux fans qui ont suivi ses exploits de lutteur professionnel et apprécient ses prestations dans la saga LES GARDIENS DE LA GALAXIE. Mais il était très enthousiaste à l’idée d’endosser un rôle dramatique. “C’est un garçon qui a une grande profondeur”, reprend Pearce, “et qui a apporté beaucoup d'émotion à ce film”. 

Pearce a réuni un casting d’exception pour son premier long-métrage, et il s’est dit impressionné par la force qui se dégage de cette équipe d’artistes. “Chaque acteur, à sa façon, a formidablement enrichi le film”, déclare-t-il. 

D’ailleurs, Pearce n’en revient toujours pas que Jodie Foster ait passé la porte de son hôtel imaginaire. “C’était complètement fou d’auditionner Jodie Foster pour le rôle, puisqu’elle a découvert le script par elle-même, et que c’est elle qui nous a contactés pour le rôle”, explique-t-il. “Ne me demandez pas comment elle a mis la main sur le scénario : officiellement, c’était encore un secret bien gardé – un peu comme l’Artemis, finalement !” 

Peu importe comment elle s'est engagée dans l'aventure, la participation de Jodie Foster a impressionné toute l’équipe, acteurs et techniciens confondus. “Sa sincérité et la force de son jeu nous ont obligés à rester constamment en alerte ”, raconte Siegel, l’un des producteurs du film. 

La chef-costumière Lisa Lovaas, dont la mère a été infirmière en psychiatrie, puis psychologue clinicienne à la prison centrale pour hommes de Los Angeles, avait beaucoup d’affection envers ce personnage, ainsi qu’envers l’actrice.  

“Il avait beau être tout simple, le costume de l’Infirmière est ma tenue préférée du film”, remarque Lisa Lovaas. “Il fallait qu’il soit pratique et fonctionnel, et qu'il soit muni de poches, parce que c’est ainsi qu’elle mène sa vie. Jodie savait parfaitement ce dont l’Infirmière avait besoin. Elle a su trouver le ton juste”. 

“L’Infirmière donne à tout un chacun sa chance et un peu de son temps, comme ma mère”, poursuit Lisa Lovaas. “Ma mère se déplaçait constamment de cellule en cellule. Comme l’Infirmière, qui affronte l’une après l’autre toutes les crises de l’Artemis sans jamais quitter ses tennis Adidas toutes simples. Elle se déplace beaucoup, elle bouge tout le temps, parce qu’elle est toujours prête à aider quelqu’un”. 

Mais finalement, comme tous les autres personnages de l’Hôtel Artemis, l’Infirmière doit également apprendre à prendre soin d’elle-même. 

Comme Pearce le remarque, “les violences qui se déroulent à l’extérieur de l’hôtel contraignent les clients à rester à l’intérieur, ils n’ont pas vraiment d’autre choix… mais le vrai problème est à l’intérieur. L’Infirmière est enfermée dans sa douleur. Waikiki est pris au piège d’une relation toxique avec son frère, lui-même prisonnier de son addiction. Nice est prisonnière d’un travail de plus en plus sadique qu’elle déteste, et Acapulco est prisonnier de ses complexes. Et c’est une véritable tradition dans les fictions qui se déroulent à Los Angeles – de Chandler et Didion à ‘Hotel California’ du groupe The Eagles, en passant par BOULEVARD DU CRÉPUSCULE et LE LAURÉAT : c’est une ville qui a toujours été une véritable cage dorée”.

  
#HotelArtemis

samedi 2 juin 2018

HOTEL ARTEMIS


Au cinéma le 25 juillet 2018

Ce film d'action semble fort sympathique à l'image de son casting qui donne bien envie de voir ce long-métrage sur grand écran.

Ecrit et réalisé par Drew Pearce
(le scénariste de MISSION IMPOSSIBLE – ROGUE NATION ; IRON MAN 3)
avec Jodie Foster, Sterling K. Brown, Sofia Boutella et Dave Bautista


Résumé : Los Angeles, 2028 : dans une ville déchirée par des émeutes et sur le point de basculer dans la guerre civile, L’Hôtel Artemis y est un refuge où les criminels peuvent trouver soins et repos.

Dirigé par Jean Thomas (Jodie Foster), aussi surnommée l’infirmière, avec l’aide de l’imposant Everest (Dave Bautista) cet établissement secret est régi par des règles strictes qui assurent sa réputation dans le monde des truands :

Pas d’armes. Pas de flics. Et surtout, on ne tue pas les autres patients.

Mais cet abri va être rattrapé par le chaos extérieur lorsque des truands tentent d’y entrer de force pour y rattraper Waikiki (Sterling K. Brown), un braqueur qui s’y est réfugié après une attaque de banque qui a mal tourné.

Aidé par le personnel et les autres résidents, dont Nice (Sofia Boutella), une mystérieuse tueuse à gage en mission secrète, Waikiki s’apprête à vivre une longue nuit éprouvante…

HOTEL ARTEMIS est un thriller d'action futuriste écrit et réalisé par Drew Pearce. La distribution est complétée par Jeff Goldblum, Brian Tyree Henry, Jenny Slate, Zachary Quinto et Charlie Day.

Bande annonce (VOSTFR)


Quelques photos du film








  
#HotelArtemis

mardi 1 août 2017

ATOMIC BLONDE


Thriller/Espionnage/Action/Des plans séquences géniaux, une belle esthétique qui sert parfaitement une Charlize Theron impressionnante, un rythme irrégulier

Réalisé par David Leitch
Avec Charlize Theron, James McAvoy, Sofia Boutella, Bill Skarsgård, John Goodman, Toby Jones, Eddie Marsan, James Faulkner...

Long-métrage Américain 
Durée : 01h55mn
Année de production : 2017
Distributeur : Universal Pictures International France 

Date de sortie sur les écrans américains : 28 juillet 2017
Date de sortie sur nos écrans : 16 août 2017


Résumé : L'agent Lorraine Broughton est une des meilleures espionne du Service de renseignement de Sa Majesté ; à la fois sensuelle et sauvage et prête à déployer toutes ses compétences pour rester en vie durant sa mission impossible. Envoyée seule à Berlin dans le but de livrer un dossier de la plus haute importance dans cette ville au climat instable, elle s'associe avec David Percival, le chef de station local, et commence alors un jeu d’espions des plus meurtriers.

Bande annonce (VOSTFR)


Ce que j'en ai pensé : ATOMIC BLONDE est basé sur le roman graphique “THE COLDEST CITY” publiée chez ONI PRESS écrite par Anthony Johnston et illustrée par Sam Hart.
Le réalisateur David Leitch a clairement voulu se faire plaisir avec son film, du coup, il soigne chaque plan. Sa réalisation est très esthétique et très jolie, faisant d’ailleurs écho au style d'un roman graphique.

David Leitch, le réalisateur d'ATOMIC BLONDE
Cependant, à trop chercher la photographie parfaite, le réalisateur retire un peu de spontanéité à certaines scènes. La dynamique qui s’installe au tout début du film s’essouffle assez vite et la première partie tire un peu en longueur. Le rythme est en dents de scie.

L'histoire d'espionnage se positionne au fur et à mesure. Elle ne sort pas vraiment des sentiers battus dans le fond, mais elle fait son travail d’intrigue à rebondissements efficacement. Elle aborde les thèmes de la perte de l’identité, de la corruption, de la violence sous-jacente et des multiples dangers liés aux lieux et à l'époque décrite dans le film. 

C'est surtout le travail sur les ambiances, les lumières, des plans-séquences de folie sur fond de baston qui vous collent à votre fauteuil, ainsi qu’un super casting qui donnent du relief à ce long-métrage. 

Quand le réalisateur passe la seconde, il nous entraîne dans ses mouvements de caméra et il nous ravit. Il insère quelques moments d'humour judicieux. L’atmosphère 'punks et graffiti' du Berlin sous tension de la fin des années 80 est admirablement bien retranscrite, on s’y croirait. 

Charlize Theron est excellente en femme fatale - littéralement. Elle assure physiquement et son charisme laisse transparaître l'intelligence instinctive de Lorraine Broughton, une espionne qui n'a pas froid aux yeux.





James McAvoy est très à l'aise dans son rôle de David Percival, un espion aux nombreux visages, totalement intégré aux milieux berlinois underground.



Sofia Boutella interprète une charmante espionne sous les traits de Delphine.



Bill Skarsgård impose sa personnalité sous les traits de Merkel, un jeune débrouillard.


John Goodman et Toby Jones sont deux acteurs à la force tranquille, impeccables pour jouer des agents manipulateurs de haut niveau.



Eddie Marsan est Spyglass, celui par qui les problèmes arrivent. Il est super dans ce rôle.


Dans l'ensemble, ATOMIC BLONDE permet de passer un très bon moment au cinéma, malgré quelques défauts. Mené d'une main de fer par une Charlize Theron en grande forme, avec une belle esthétique dans la mise en scène et des scènes de combat impressionnantes, il remplit haut la main son contrat de divertissement de l'été.

Crédits photos : Jonathan Prime & Focus Features


LA SOIRÉE

J'ai été conviée par Universal à participer à la pré-soirée de la projection ATOMIC BLONDE le 10 juillet 2017, qui s'est tenue dans ce lieu spécial que sont Les Voûtes



Les participants se sont retrouvés au fond d'une charmante petite cour.




Des food trucks étaient venus nous régaler de leurs bons plats.



L'ambiance cool et détendue faisait penser au Berlin de la fin des années 80. Des canapés, des fauteuils et des chaises confortables nous invitaient à venir nous installer pour discuter.



Une animation permettait de se frotter à un cascadeur pour l'envoyer valser sur un tapis et la musique du film battait son plein pour nous accompagner dans cette bulle de détente.




Après avoir partagé cet agréable moment dans cette atmosphère parfaitement alignée sur le film, nous avons pu rejoindre la salle de projection pour découvrir ATOMIC BLONDE.


C'était une très belle soirée et je remercie Universal pour l'invitation.

NOTES DE PRODUCTION 
(Á ne lire qu'après avoir vu le film pour éviter les spoilers !)

L’HISTOIRE

L’action se situe en 1989 dans la ville de Berlin, à la veille de la chute du mur, où toutes les superpuissances essaient de tirer leur épingle de ce qui est devenu un redoutable nid d’espions et un vrai panier de crabes. Si au quotidien la confiance n’est pas de mise, dans la poudrière qu’est devenue la plus froide des villes, se joue un jeu de dupes fatal. Lorraine Broughton (Charlize Theron) agent d’élite du MI6, dont la beauté est aussi létale que glaciale, est envoyée en Allemagne pour démasquer un réseau d’espion qui vient d’assassiner, sans raison connue, un agent allié infiltré. Repérée dès son arrivée, elle échappe à une exécution sommaire et se voit contrainte de faire équipe avec David Percival (James McAvoy), véritable tête brûlée et l’agent en place le plus imprévisible du département. La mission est supervisée par Eric Gray (Toby Jones) un enquêteur de MI6 et Emmett Kurzfeld (John Goodman) une huile de la CIA, qui voient tous deux d’un très mauvais œil la mission leur échapper lentement mais sûrement, jusqu’à ce qu’elle ne dérape et devienne hors de contrôle avec l’intervention bien trop intime et torride de l’espionne française, Delphine Lasalle (Sofia Boutella). 

Tous ces espions, sans compter ceux qui manœuvrent dans l’ombre, tentent de mettre la main sur une véritable bombe qui menace les services secrets de l’Ouest: une liste des vraies identités de tous les agents infiltrés à Berlin détenue par un officier de la Stasi (les services secrets d’Allemagne de l’Est) qui répond au nom de code de Spyglass (Eddie Marsan). Aussi bien assortis que le feu et la glace, Broughton et Percival vont pourtant devoir s’entendre pour mettre la main sur celui qui est recherché par le tout Berlin, afin de l’exfiltrer. Malgré le froid, la fièvre embrase la ville alors que la chute imminente du mur exacerbe les tensions. Lorraine Broughton va devoir déployer tout l’éventail de ses talents afin de faire tomber ses adversaires et déjouer les trahisons qui la menacent aussi bien sur le plan professionnel que personnel.

NOTES DE PRODUCTION

CARRÉMENT ATOMIQUE : LE DÉVELOPPEMENT DE L’ACTION

L’action se déroule à une période très précise de l’histoire: à la veille de la chute du mur qui séparait Berlin en deux parties depuis 28 ans. Construit en 1961 par les communistes de l’Allemagne de l’Est, il était destiné à séparer la ville des secteurs américains, français et anglais, instaurés en 1945 par la conférence de Postdam à la fin de la seconde guerre mondiale. Le mur avait entraîné une coalition d’espions, d’agents en opération et différents acteurs de la guerre froide qui se livraient entre eux à des jeux de pouvoirs très dangereux, totalement illicites et surtout échappant à la moindre législation. KELLY MCCORMICK, un des producteurs du film, souligne les différentes facettes de la situation de l’époque: « Le mur ne se contentait pas de retenir les gens, il retenait aussi des informations qui pouvaient mettre en danger ceux qui y résidaient, ruiner leurs carrières et leurs vies. Il était constitué de deux clôtures distinctes: le mur extérieur constituait la frontière ouest de la ville, et le mur intérieur, fidèlement et lourdement gardé, celle de l’Est. Entre les deux se trouvait un no man’s land entre les strates de béton et les barbelés, où patrouillaient des soldats armés avec des chiens, où des bandes de sable rendaient visibles les traces de quiconque s’y serait aventuré. Le mur était doté de près de 113 kms de barbelés, 310 miradors, 65 tranchées anti-véhicules et 40 000 soldats soviétiques prêts au combat ». 

Le film est basé sur la bande dessinée ‘‘The Coldest City’’ publiée en 2012, écrite par ANTHONY JOHNSTON et illustrée par SAM HART. C’est une restitution artistique de ce que symbolisait l’année 1989, la chute du mur et la fin de la guerre froide. Passionné par la guerre froide et l’espionnage, Anthony Johnston s’est lancé dans le projet en 2008 alors que le genre n’était pas du tout à la mode. Il se rappelle: « J’étais un grand fan des romans de John Le Carré, des films de James Bond. La chute du mur reste un moment gravé dans ma mémoire. Je suivais les évènements en direct à la télé, et ça avait l’air complètement fou, ça allait changer l’avenir du monde, mener à une paix mondiale! Une période pareille m’a toujours semblé le cadre idéal pour les machinations des espions qui ne cessent de faire et défaire le monde dans lequel nous vivons sans que nous en ayons la moindre idée ». 

ERIC GITTER et PETER SCHWERIN les producteurs, bien qu’étant des habitués de l’adaptation de bandes dessinées à l’écran, n’en n’avaient jamais lues qui ressemblent autant à un scénario. Complexe, avec un personnage central fort, la BD reflétait le milieu interlope, à la fois rock, punk et très sexuel d’une ville où tout semblait alors possible. Une image à cent mille lieues de la version terne et ennuyeuse que les gens se faisaient de Berlin dans ces années-là. 

KURT JOHNSTAD, le scénariste avait lui même une relation particulière à la ville de Berlin car son père, pilote pour la Pan Am, y avait été basé dans les années 60 puis 80. Il y avait donc passé beaucoup de temps avant que le mur ne tombe. Sa sœur y vit d’ailleurs toujours avec sa famille. Il se rappelle le secteur américain mais aussi l’unique ligne de train qui reliait l’Est à l’Ouest: « C’était une ville tellement colorée, qui attirait les artistes, les musiciens, les anarchistes du monde entier pour défier l’oppression communiste. C’était l’endroit où il fallait être quand on était un tant soit peu artiste. Les arts et le spectacle vivant y régnaient en maîtres. Et en même temps le danger était palpable. C’est ce que j’ai essayé de faire transparaître dans le scénario. De plus je suis souvent allé de l’autre côté du rideau de fer, et ai pu voir le quotidien des villes du bloc soviétique. Les gens étaient prêts à mourir pour s’échapper et leurs histoires étaient passionnantes, surtout à un moment où l’échiquier international était totalement bouleversé par la fin de la guerre froide ». Il y avait matière à faire un film détonant, provocateur, sexy et passionnant. Avec un personnage central aussi fort et si éminemment féminin, une histoire suffisamment complexe dans un cadre historique tellement puissant, le cocktail ne pouvait être que détonnant. 

Oni Press, Denver & Delilah (la maison de production de Charlize Theron), en coproduction avec Sierra/Affinity ont alors négocié les droits avec Universal, Focus Feature et des distributeurs indépendants. Charlize Theron était très enthousiaste sur le projet car elle est aussi à l’aise dans le drame que dans l’action et ni les cascades, ni les scènes de combat n’étaient des exercices nouveaux pour elle. DAVID LEITCH, le réalisateur, venait de fonder 87Eleven sa maison de production, fort des succès de JOHN WICK (2014) qu’il avait co-réalisé avec Chad Stahelski, et de ses expériences en tant qu’assistant-réalisateur sur JURASSIC WORLD (Colin Trevorrow, 2015) et CAPTAIN AMERICA : CIVIL WAR (A. & J. Russo, 2016). 

Au-delà de l’action du film, puisque luimême a eu une carrière prolifique de directeur de cascades, il a voulu se servir du talent de comédienne de son actrice principale et se concentrer ici sur les motivations affectives de sa protagoniste. À ce propos il déclare : « c’est une femme qui connaît le pire visage de l’humanité et qui pourtant réussit à trouver la force de s’en sortir et continuer. En tant qu’espionne elle est déterminée et disciplinée, stylée et assez détachée pour pouvoir évoluer dans un monde sans pitié. Mais son humanité, sa souffrance et son altruisme sont à fleur de peau et apparaissent à travers ses blessures ». Ami de longue date avec le scénariste Kurt Johnstad, leur collaboration a été aussi fluide que fructueuse et ils n’ont pas hésité à prendre des risques pour un résultat à la hauteur de leurs espérances.

DE TRAÎTRES EN ESPIONS : LE CASTING DU FILM

Pour incarner les différents espions en poste dans le Berlin de 1989, la distribution est composée de comédiens venus de tous horizons. 

LORRAINE BROUGHTON - CHARLIZE THERON 

Cette super espionne, agent d’élite du MI6, dont la beauté est aussi létale que glaciale est une battante. Elle semble n’avoir peur de rien et n’éprouve jamais le besoin de se justifier. C’est une espionne de haut vol, surentraînée, sensuelle et brutale, elle dézingue le stéréotype de la blonde potiche. Dans cette mission ses chances de survie sont très minces, voire nulles. À la minute où elle atterrit à Berlin, elle est livrée à elle-même. Elle a conscience qu’il s’agit du genre de mission à laquelle rien ne peut vous préparer. Elle n’a à sa disposition que son courage et sa capacité de résilience qu’elle mettra à profit en se servant de son entraînement, son charme et son instinct pour réussir à s’en sortir vivante. La comédienne qui a travaillé 5 ans sur le script en tant que productrice via sa maison de production Denver & Delilah nous explique: « c’était une époque sauvage et violente. Il y avait d’un côté le KGB russe qui travaillait avec la Stasi des Allemands de l’Est et de l’autre la CIA américaine, le MI6 britannique et la DGSE française. Mais tout le monde se livrait au chantage, à la corruption. Les pots-de-vin et la violence étaient le pain quotidien des agents en poste dans cette ville ».

DAVID PERCIVAL - JAMES McAVOY 

David Percival a très bien intégré que les règles du jeu d’espionnage ont été créées pour mieux être enfreintes. Le Berlin de la guerre froide était fait pour cet homme très solitaire et foncièrement individualiste. En sa qualité de chef de station pour le MI6, il n’a besoin de personne et opère principalement seul sans avoir à de compte à rendre à Londres. Son commerce de contrebande est bien plus qu’une couverture et lui permet d’avoir des contacts des deux côtés du mur, tout en y prenant un plaisir non dissimulé. À la fois charmeur, fourbe et sans pitié, il est l’alter ego de Lorraine qui ne lui fait aucune confiance, même s’il est censé être son seul allié à Berlin. Ce qui est d’ailleurs totalement réciproque, dans la mesure où elle menace l’impunité avec laquelle il gère ses affaires totalement illicites. Berlin est son territoire et il ne passera pas la main si facilement. Fort de son dernier succès au box-office, avec SPLIT (M. Night Shyamalan 2017), le comédien dans ses recherches préliminaires sur les espions, s’est rendu compte que les services secrets n’embauchaient que des gens dont le caractère leur assurait une durée de vie limitée afin qu’il n’y ait aucun risque qu’ils finissent par divulguer des informations obtenues sur un long terme. 

Le comédien nous confie : « Percival est tout le contraire d’un James Bond ou d’un Jason Bourne. Il adore le climat trouble dans lequel il baigne et dont il a appris à tirer avantage. Il est devenu un animal sauvage hors de contrôle, que ce soit pour ses supérieurs ou ses ennemis. Le film est pour moi une version très rock de la guerre froide. Dans cette ville les intérêts sont énormes et tout le monde se connaît, ce qui rend le jeu dangereusement enivrant, et exacerbe le côté auto-destructeur de cette tête brûlée. Il sait très bien que les agents de l’acabit de Lorraine n’interviennent qu’en dernier recours et que cela ne sent pas bon pour ses petites affaires, qu’il n’est de toute façon pas près de lâcher ».

EMMETT KURZFELD - JOHN GOODMAN 

L’agent américain est peut-être le plus digne de confiance de tout ce panier de crabes. Il travaille en coopération avec le MI6 afin de récupérer le microfilm qui, entre de mauvaises mains, pourrait compromettre la vie des agents de l’Ouest. Il essaie de découvrir la vérité dans un environnement où tout le monde joue un double jeu. Il doit mettre la pression sur Lorraine tout en la rassurant, le tout sous la surveillance du MI6. Il incarne la force et l’équilibre, au milieu d’un jeu de dupes. Le comédien a été choisi grâce à son fort capital sympathie auprès de son large public et son impressionnante filmographie. Sa stature et son statut inspirent immédiatement le respect et il ne se départit jamais d’un grand sens de l’humour qui l’empêche de se prendre trop au sérieux. Un recul primordial pour incarner ce genre de rôle. Sur le plateau il a amené son expérience et son professionnalisme avec une générosité et une bonne humeur plus large que nature.

DELPHINE LASALLE - SOFIA BOUTELLA 

L’espionne française est beaucoup plus jeune et idéaliste que ses comparses. Elle est fascinée par le mélange de beauté et d’assurance de Lorraine, et son innocence semble fissurer l’armure de la blonde glaciale. Pour sa première mission Delphine doit se mesurer à des vétérans surentraînés et rompus au terrain. Son charme et son ingénuité lui confèrent une sorte de pureté que Lorraine a un jour connue mais perdue depuis bien longtemps. Elle va se laisser séduire par ce miroir inversé de ce qu’elle était autrefois. Une distraction à laquelle elle ne s’attendait pas et qui augmente encore le danger de sa situation.

SPYGLASS - EDDIE MARSAN 

Cet officier de la Stasi ne se contente pas de posséder le microfilm tant convoité, il l’a également mémorisé, se rendant ainsi irremplaçable. Il échange, au risque de sa vie et celle de sa famille, ces informations classées confidentielles, en échange d’une nouvelle vie à l’Ouest. Il fait un choix très risqué en plaçant son existence dans les mains de gens dont il est loin d’être sûr. Pour les espions, et ce qu’importe le côté du mur où ils se trouvent, l’enjeu est de sentir où le vent va tourner. 

ALKSETER BREMOVYCH - ROLET MOLLER 

L’agent appartient à la vieille école du KGB, et il est totalement hermétique à la culture rock punk dont s’est éprise la jeunesse est-allemande. Pour lui la chute du mur signifie la fin de la grandeur de la puissance soviétique. Il fait de la capture de la liste et de son détenteur une affaire personnelle. Brutal et violent il réserve un mauvais quart d’heure à quiconque le défie. Si le glas doit sonner pour lui, il va s’arranger pour qu’il résonne longtemps pour ses vieux adversaires de la CIA et du MI6 confondus. 

L’HORLOGER - TIL SCHWEIGER et ERIC GRAY - TOBY JONES 

Ces deux agents viennent boucler la boucle infernale des espions qui gravitent autour de Lorraine. Alors que Gray semble être le plus soupçonneux des agissements de notre belle blonde, le taiseux fabricant de montre reste indéchiffrable.

RECRÉER LE BERLIN DES ANNÉES 80 : LES DÉCORS, LES ACCESSOIRES ET LES COSTUMES

Pour ATOMIC BLONDE, le réalisateur s’est entouré de collaborateurs de longue date, en qui il a toujours eu une confiance aveugle, et qui ont tous travaillé avec lui sur JOHN WICK. SAM HARGRAVE, qui a été formé par Leitch à l’art de la cascade, s’est chargé de chorégraphier les combats impressionnants de notre espionne en talons aiguilles, de diriger la réalisation de la seconde équipe. Il incarne également Gascione à l’écran. DAVID SCHEUNEMANN, directeur artistique sur INGLORIOUS BASTARDS (Quentin Tarantino, 2009), s’est occupé de la création des décors d’une ville entre restrictions et débauches. CINDY EVANS a minutieusement composé le look stylisé de l’agent le plus glamour du MI6. À eux quatre ils ont su capturer et adapter à l’écran la vibration d’une ville au bord de l’implosion. 

L’ambiance artistique et le contexte sociopolitique faisaient de la ville la toile de fond rêvée pour les entrelacs des différents destins, de personnages exceptionnels mais désespérés, à un moment unique de l’histoire. Les décors et le mur Évidemment Berlin a totalement changé depuis la chute du Mur. La texture même de la ville n’a plus rien à voir avec ce qu’elle était dans ces années-là. On peut néanmoins la retrouver à Budapest, que ce soit celle de Berlin Est ou Ouest. C’est une ville qui possède une multitude de vieux bâtiments abandonnés, qui ont des façades incomparablement décrépies et des intérieurs complètement défraîchis, parfaits pour recréer le Berlin d’avant la chute du mur. De plus Budapest a conservé ses ruelles étroites, qui lui donnent un aspect plus dense et plus cinégénique et adapté à une histoire d’espions. La capitale de la Hongrie pouvait également ressembler à Paris ou Londres avec quelques ajustements nécessaires. C’est ainsi que l’avenue Etrassi, un des boulevards les plus réputés de Budapest, s’est retrouvée choisie pour abriter les locaux du MI6. 

Les intérieurs y évoquaient encore la splendeur britannique avec ses fauteuils en cuir, son mobilier en merisier, ses plafonds en bois sculptés et ses lourdes et riches tentures. Pour les extérieurs, l’équipe a recréé un bout de mur de 76 m de long et près de 4 mètres de haut. Construit en plusieurs sections afin d’être transportable, ce mur a été monté et démonté aux quatre coins de la ville pour servir de toile de fond aux différentes scènes qui se déroulaient le long des frontières des différentes sections. Des graffeurs locaux ont été engagés pour reproduire les graffitis que les Berlinois et les visiteurs avaient tagués sur la portion de mur qui se situait en Allemagne de l’Est. Cette partie du mur était devenue la toile favorite des artistes du monde entier. Ils y ont laissé un incroyable canevas de dessins, peintures et inscriptions multicolores qui, la plupart, remettaient en cause l’autoritarisme est-allemand avec virulence et ironie.

Les forces de sécurité ne plaisantaient pourtant pas. Du côté est-allemand, chaque personne qui s’approchait trop près du mur était supprimée à la mitraillette. Des postes vigiles, des rondes avec des chiens et des soldats armés gardaient l’espace situé entre les deux murs et appelé le No Man’s Land, où sont morts 130 Est-Allemands qui ont essayé de le franchir. Ce mur portable a servi jusqu’à la scène du 9 novembre 1989, jour où le monde entier a vu le mur s’écrouler sous les coups de masse et les hurlements de joie des Berlinois, qui pouvaient enfin retrouver les proches que le Mur les avait séparés. Le spectre de David Bowie Le film est également un hommage à une époque musicale dont David Bowie reste l’emblème incontesté. Entre punk et new wave, les influences s’y mélangeaient avec hardiesse au son des guitares de Nick Cave et Iggy Pop. Sur le plateau résonnait ‘‘Cat People’’ alors que le chanteur venait de quitter notre monde. 

David Bowie avait vécu à Berlin dans les années 70, et y avait écrit 3 albums, connus sous le titre de ‘‘Berlin Trilogy’’ dont l’inspiration lui était venue en regardant son producteur se tenir près du mur depuis la fenêtre de son studio d’enregistrement. Le fait que la musique et la mode de l’ouest aient été interdites à Berlin Est les a rendus encore plus mythiques pour les jeunes du coin. La musique et la mode de l’Ouest ont alors pris un côté violemment subversif, et les morceaux les plus emblématiques apparaissent dans le film, ainsi que quelques morceaux moins connus et plus underground, mais véritablement authentiques. La bande originale est truffée de morceaux issus de la période la plus prolixe et créative du XXe siècle, et qui relayaient les tensions d’alors. La photographie de l’époque 

JONATHAN SELA, le directeur de la photographie, a élaboré une palette qui allait d’un gris voilé pour Londres à des couleurs sombres et pourtant chatoyantes pour Berlin, particulièrement pour le côté est et sa faune punk. Il s’est servi d’une camera Alexa et d’optiques anamorphiques pour capturer des plans larges. C’est ainsi qu’il a pu obtenir des plans étonnants d’immeubles en désuétudes dans les rues désolées et étroites de Budapest, à qui il a pu donner cet aspect dangereux et clandestin. Il développe: « en faisant mes recherches sur la ville, j’ai été surpris par le fait qu’elle était beaucoup plus colorée que dans mon imagination. J’ai donc opté pour des couleurs saturées de néon bleu et rose, notamment dans le bar où Lorraine et Delphine se rencontrent. Le gris était réservé à l’austérité du côté Est. Le vert quant à lui servait à symboliser la créativité qui régnait à l’Ouest. Le contraste des couleurs entre les deux parties de la ville faisait également écho aux différences politiques et économiques et aux univers où les protagonistes se perdent en allers retours jusqu’à ne plus savoir de quel côté ils se trouvent vraiment. Le jaune, lui, était réservé à la boutique de montres, à la richesse et la sophistication de l’orfèvre dont c’est le repère ».

Des accessoires typiques La montre que porte Lorraine est une Carl F. Bucherer qui a été prêtée par la prestigieuse marque pour l’occasion. Le fait qu’elle confie un objet d’une telle valeur à l’horloger est à la fois un acte de confiance et une façon d’attirer l’attention. Un technicien a spécialement été mandaté sur le tournage pour assurer les démontages et remontages multiples de la précieuse montre, lors des nombreuses prises en gros plan du travail de l’agent allemand. MARCUS HAENDGEN, a su dénicher nombre d’articles moins précieux mais tout aussi incontournables de l’époque, comme les appareils d’écoute utilisés par les agences d’espionnage. Ce qui manquait à Berlin en termes de liberté et d’autonomie politique était compensé par une liberté d’expression artistique et sexuelle sans précédent. La séquence tournée dans un bar clandestin où Percival et Lorraine se retrouvent a été filmée dans un cabaret désaffecté de Budapest bâti à l’identique du Moulin Rouge de Paris. La production l’a rempli de danseurs partiellement dévêtus, de cabines téléphoniques rouges, de chandeliers, de statues de nus et d’un gigantesque portrait de Ronald Reagan affublé d’un chapeau de cow-boy et chaps. Ils en ont fait un lieu où rien n’était interdit et où la jeunesse pouvait oublier les restrictions, les privations et l’autorité. Les costumes Ils ajoutent au film l’aspect inimitable de la mode des années 80, à la fois racé et totalement borderline. 

En parallèle de son trafic de contrebande, la ville possédait une vie nocturne underground et subversive, très bien recréée dans la séquence au Pike Club, où Lorraine et Delphine se rencontrent. Un soussol humide décoré de mannequins nus, de remparts en béton, de cages, de lumière au néon, de murs couverts de graffitis dont le plus imposant résonne comme une règle de vie «Tout ce que vous désirez se trouve de l’autre côté de la peur. » En plus de l’équipe technique et artistique, 250 figurants étaient réunis pour électriser l’ambiance de cette boîte underground. Pour l’occasion il a fallu dénicher des vêtements typiques des années 80, aussi stylés que possible, tout en bannissant le ridicule et qui auraient pu être crédibles dans le Berlin des années 80. 

Bien sûr l’Ouest était plus tendance et raffiné alors qu’à l’Est les vêtements étaient plus ternes et démodés malgré une jeunesse totalement punk. Les costumes se devaient de représenter les différentes époques qui avaient conduit à ces styles vestimentaires. La plupart des costumes venaient de Angels Costumes une boutique mythique de Londres, mais également du Studio Babelsberg à la sortie de Berlin, où sont stockées des fripes de l’armée est allemande. La production a également écumé les friperies de Budapest, et notamment le magasin Human, une mine d’or, remplis de vêtements de seconde main. Quant aux costumes de l’agent Broughton, ils ont été copiés d’après les archives de l’époque de Christian Dior, qui leur a notamment prêté le superbe manteau rouge qui éclaire littéralement la séquence d’extérieur nuit dans laquelle il figure. Il va sans dire que chaque élément de costume de la super espionne a dû être répliqué en raison des nombreux accrocs que la violence de ses rencontres leur imposait.

MASTER CLASSE DE CASCADE : L’ENTRAÎNEMENT D’UNE BLONDE

Pendant la préparation du film, David Leitch s’est très vite rendu compte de la condition physique et des capacités de Charlize Theron. C’est ainsi qu’il a conçu cette scène de combat hallucinante de 7 minutes 30, dans laquelle notre espionne au regard d’acier se débarrasse de ses prétendus assassins un par un. C’est bel et bien Charlize Theron qui se bat à l’écran. Forte d’une formation de danseuse classique, la comédienne s’est entraînée 5 heures par jour pendant 3 mois, et a mémorisé toutes les chorégraphies des combats pour arriver à étonner son public qui ne l’a jamais vue aussi intense, exposée et sauvage. Son entraînement a commencé à peine deux mois après la fin de MAD MAX : FURY ROAD (George Miller, 2015). Son partenaire d’entraînement n’était autre que Keanu Reeves qui s’entraînait à l’époque pour JOHN WICK 2 (Chad Stahelski, 2017). Le réalisateur a été impressionné par l’implication de sa comédienne principale et a story-boardé cette séquence en fonction du potentiel qu’il voyait en elle. Il nous confie: « c’est une véritable athlète, il aurait été dommage de ne pas s’en servir. J’ai réécrit la scène afin qu’elle puisse y donner tout ce dont je la pensais capable, et j’ai mis la barre très haut. » 

JONATHAN SELA, le directeur de la photographie, qui travaille depuis longtemps avec le réalisateur, a porté une attention toute particulière à ces scènes d’action afin que le spectateur en prenne plein les yeux et s’est aussi bien servi du talent de la comédienne que de l’agilité de l’athlète. 

SAM HARGRAVE, le directeur des cascades a entraîné ses comédiens et ses cascadeurs avec douceur et méthode tout en les poussant à des extrémités auxquels aucun d’eux ne se croyait capable. Selon lui Lorraine Broughton est un agent de l’acabit de John McClane (incarné par Bruce Willis dans la saga DIE HARD): « elle est capable de marcher sur des éclats de verre s’il le faut pour gagner. J’ai chorégraphié ses combats de manière réaliste, ne lui faisant jamais frapper frontalement un adversaire supérieur en force. Lorraine est une combattante qui s’économise dès qu’elle peut et ne commence jamais avec les poings, elle frappe tout d’abord à mains ouvertes, se sert de ses épaules, et finit avec 3 coups de poing, là où un homme n’en donnerait qu’un. Elle est également capable de repérer et se servir de tout ce qui tombe à portée de main, que ce soit un tire-bouchon ou un tuyau d’arrosage, pour en faire une arme fatale. 

Charlize était prête à tout et après quelques dents fissurées, elle a tout de même accepté d’être doublée parfois par Monique Geterton, notamment pour le saut avec le tuyau. On répétait les scènes très lentement, pour se remettre la chorégraphie en tête, s’adapter aux décors et repérer les emplacements des caméras et les angles requis pour les prises de vues. Puis on accélérait le rythme progressivement pour que le reste de l’équipe technique puisse anticiper et suivre les mouvements. Charlize allie les qualité physiques d’une danseuse à la précision d’une comédienne, elle savait exactement quand et où donner son regard et ses intentions ».

L’engagement physique de la comédienne a permis des prises de vues plus longues, et moins de bidouillage avec des doublures que d’habitude. Sa condition physique, son talent et la maîtrise qu’elle a de son corps lui ont permis de ne pas faire semblant. En plus de son entraînement physique, il a fallu qu’elle travaille avec un orthophoniste pour raffiner son accent anglais ainsi que les différentes langues que son personnage est censé maîtriser, y compris le russe. La force et l’agilité de la comédienne ont été mises à l’épreuve dès les premiers jours de tournage, qui a commencé par la scène où elle s’échappe d’une voiture en train de sombrer. La star avoue qu’en tant que productrice elle n’aime pas beaucoup voir ses comédiens attachés dans des voitures qui coulent, mais en tant que comédienne elle a insisté pour pouvoir le faire elle-même, et avec enthousiasme ! 

Une des scènes les plus intenses était un long travelling où la comédienne devait faire 30 mouvements chorégraphiés de combat avant de fracasser une table en bois. À chaque prise, il fallait non seulement remplacer la table par une autre intacte et identique, mais également remplacer et ranger tous les autres accessoires qui volaient dans la pièce pendant le combat. Le réalisateur se souvient « on a épuisé toutes les tables… pour la dernière on avait plus d’alternatives et ça a été la bonne ! » 

Les scènes de James McAvoy ont du être repoussées puis montées minutieusement car l’acteur s’était cassé le bras quelques semaines avant le tournage. Mais le réalisateur et le comédien, loin de se trouver handicapés par cet aléa, s’en sont servis pour accentuer le côté tête brûlée de Percival. 

En revanche il s’en est fallu de peu lors d’une cascade dans laquelle l’acteur conduisait lui-même une Porsche 911 des années 80 : lors de la 7e ou 8e prise, les freins ont cédé et il a foncé tout droit vers l’équipe avant de terminer sa course, dans un mur. Bien heureusement il y a eu plus de peur que de mal. Le parc automobile de la guerre froide La séquence où sont réunis nos trois protagonistes principaux a peut-être été la plus délicate à mettre en scène. Il a fallu coordonner plus de 400 figurants, dans une rue transformée, aux panneaux d’affichages intégralement maquillés, et remplie de voitures des années 80. La plupart de ces voitures étaient des recréations d'une voiture fabriquée en Saxe et largement exportée dans les pays du bloc soviétique. Équipée d’un bruyant moteur, elles n’avaient pas une grande capacité d’accélération et leurs carrosseries étaient faites de plastique recyclé connu sous le nom de Duroplast. Autant de caractéristiques qui ont rendu mythique la voiture surnommée Trabi, avec un capital tendresse pour son inefficacité et sa laideur qui en ont tout de même fait un objet de choix pour les collectionneurs. 

ZSOLT SOMOGY, le responsable du parc automobile du film explique qu’étant donné que les citoyens de la RDA devaient attendre 3 ou 4 ans pour en avoir une, la voiture a pris un caractère précieux et ils en prenaient extrêmement soin. Pour se procurer une quarantaine de véhicules, il a passé une annonce, et son équipe a écumé la campagne hongroise en frappant aux portes des maisons devant lesquelles étaient garées les fameuses voitures. L’important n’était pas vraiment qu’elles puissent encore rouler, mais qu’elles puissent servir de décors au Berlin des années 80. Pendant la durée du tournage, plus de 500 Trabis ont pu être dénichées. Celle qu’ils recherchaient le plus était un modèle de police, dont ils avaient besoin pour une séquence de course-poursuite tournée durant une semaine dans les rues de Budapest par la première et la deuxième équipe. Pour cette séquence une plate-forme a été amarrée à une autre voiture pour assurer toutes les prises de vues possibles. Mais c’est bien la Trabi que l’on voit à l’écran.  

  
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