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vendredi 21 février 2020

AFFAMÉS


Au cinéma le 15 avril 2020

AFFAMÉS est une histoire de monstres bien tentante qui attise notre curiosité. 

UN FILM DE SCOTT COOPER 
PRODUIT PAR GUILLERMO DEL TORO

AVEC KERI RUSSELL, JESSE PLEMONS, SCOTT HAZE,
RORY COCHRAN ET AMY MADIGAN


Résumé : dans une petite ville minière de l’Oregon, une institutrice et son frère policier enquêtent sur un jeune écolier.
Les secrets de ce dernier vont entraîner d’effrayantes conséquences !

Bande-annonce (VOSTFR)


Une première photo du film

Copyright photo @ Searlight Pictures

  
#Affamés

mardi 14 août 2018

GAME NIGHT


En achat digital le 18 août
En DVD, Blu-ray™ et VOD 
Dès le 22 août 2018

La sortie en vidéo de cette excellente comédie est une bonne nouvelle. Drôle, enlevée, bien écrite, elle joue habilement avec le mystère et son casting est top ! Pour rappel, mon avis sur ce film est ici.







A PROPOS DE LA SORTIE DU FILM EN VIDÉO (source Warner Bros. Home Entertainment)

Game Night débarque en Blu-ray™, DVD et Digital. Vous allez rire du début à la fin !

Jason Bateman (Comment tuer son boss 1 & 2 , les séries télévisées Arrested Development et Ozark) et l’actrice nommée aux Oscars Rachel McAdams (Spotlight, Dr. Strange) font équipe dans la nouvelle comédie d’action de New Line Cinema Game Night. 

Dans le film, on retrouve également Billy Magnussen (Le Pont des Espions, la série télévisée American Crime Story), Sharon Horgan (la série télévisée Catastrophe), Lamorne Morris (la série télévisée New Girl), Kylie Bunbury (la série télévisée Pitch), Jesse Plemons (Strictly Criminal, la série télévisée Fargo), Danny Huston (Wonder Woman, X-Men Origins: Wolverine), Chelsea Peretti (la série télévisée Brooklyn Nine-Nine), avec Michael C. Hall (les séries télévisées Dexter, Six Feet Under) et Kyle Chandler (Manchester by the Sea, la série télévisée Bloodline).

Game Night a été dirigé par John Francis Daley et Jonathan Goldstein. Il s’agit de leur second film en tant que co-auteurs, après la comédie Vive les vacances.

Le film a été écrit par Mark Perez (Admis à tout prix), et produit par John Davis, Jason Bateman, John Fox, et James Garavente. Toby Emmerich, Richard Brener, Michael Disco, Dave Neustadter, et Marc S. Fischer sont les producteurs délégués.

L’équipe du tournage comprend le directeur de la photographie Barry Peterson (Central Intelligence, Les Miller, une famille en herbe), le chef décorateur nominé aux Michael Corenblith (Le Grinch, Apollo 13), le chef monteur Jamie Gross (Vacation), Gregory Plotkin (Get Out) et David Egan (Mystery Science Theater 3000: The Return), et la costumière Debra McGuire (Vacation, Ted). La musique a été composée par Cliff Martinez (The Foreigner, War Dogs).

New Line Cinema présente Game Night, une production Davis Entertainment/Aggregate Films, distribuée par Warner Bros. Pictures, une entreprise Warner Bros. Entertainment.

Les fans pourront télécharger Game Night sur toutes les plateformes habituelles à partir du 18 août 2018.

Résumé : pour pimenter leur vie de couple, Max et Annie animent un jeu une soirée par semaine. Cette fois ils comptent sur Brooks, le frère charismatique de Max, pour organiser un super jeu à thème autour du polar, avec vrais faux malfrats et agents fédéraux ! Brooks a même prévu de se faire enlever…. sauf qu'il reste introuvable. En tentant de résoudre l'énigme, nos joueurs invétérés commencent à comprendre qu'ils se sont peut-être trompés sur toute la ligne. De fausses pistes en rebondissements, ils n'ont plus aucun point de repère et ne savent plus s'il s'agit encore d'un jeu… ou pas. Cette nuit risque bien d'être la plus délirante – et la plus dangereuse – de toute leur carrière de joueurs…

Bande annonce (VOSTFR)


BONUS DVD

Making of du film (3’53 min.)

BONUS BLU-RAY™ ET EST

Making of du film (3’53 min.)
Gags du tournage (6’40 min.)

VERSION NUMÉRIQUE DU FILM

Game Night sera disponible en version numérique en haute définition et définition standard et 4K sur toutes les plateformes EST dès le 18 août 2018: Amazon, FandangoNow, iTunes, Playstation, Vudu, Xbox, et autres… à 11,99€ puis à 7,99€ à partir du 22 août.

PRIX DE VENTE CONSEILLÉS

DVD: 14.99€
Blu-ray™: 19.99€

LANGUES & SPÉCIFICITÉS TECHNIQUES

DVD

Langues : Dolby Digital : Français 5.1, Anglais 5.1, Italien 5.1, Anglais auto-description 5.1

Sous-titres : Français, Néerlandais, Grec.

Pour sourds et malentendants : Anglais, Italien

Blu-ray™

Langues: Dolby Digital : Portugais 5.1, Anglais auto-description 5.1, Espagnol 5.1, Italien 5.1, Allemand 5.1, Français 5.1 ; DTS-HD Master Audio : Anglais 5.1,

Sous-titres Blu-ray™: Portugais, Suédois, Espagnol, Grec, Danois, Allemand, Finlandais, Français, Néerlandais, Norvégien

Pour sourds et malentendants : Allemand, Italien, Anglais

  
#GameNight

Autre  post du blog lié à GAME NIGHT

lundi 16 avril 2018

GAME NIGHT


Comédie/Policier/Action/Un film drôle, adroitement réalisé, bien écrit et avec de supers acteurs

Réalisé par Jonathan Goldstein et John Francis Daley
Avec Jason Bateman, Rachel McAdams, Kyle Chandler, Sharon Horgan, Billy Magnussen, Lamorne Morris, Kylie Bunbury, Jesse Plemons, Michael C. Hall, Danny Huston...

Long-métrage Américain
Durée : 01h40mn
Année de production : 2018
Distributeur : Warner Bros. France 

Date de sortie sur les écrans américains : 23 février 2018
Date de sortie sur nos écrans : 18 avril 2018 


Résumé : Pour pimenter leur vie de couple, Max et Annie animent un jeu une nuit par semaine. Cette fois ils comptent sur Brooks, le frère charismatique de Max, pour organiser une super soirée à thème autour du polar, avec vrais faux malfrats et agents fédéraux ! Brooks a même prévu de se faire enlever…. sauf qu'il reste introuvable. En tentant de résoudre l'énigme, nos joueurs invétérés commencent à comprendre qu'ils se sont peut-être trompés sur toute la ligne. De fausse piste en rebondissement, ils n'ont plus aucun point de repère et ne savent plus s'il s'agit encore d'un jeu… ou pas. Cette nuit risque bien d'être la plus délirante – et la plus dangereuse – de toute leur carrière de joueurs…

Bande annonce (VOSTFR)


Ce que j'en ai pensé : GAME NIGHT est une comédie acidulée qui joue sur les situations décalées. Elle est réussie, car elle nous fait rire. Les réalisateurs Jonathan Goldstein et John Francis Daley trouvent cet équilibre délicat de l'humour qui fait mouche sans tomber dans le lourd ou le vulgaire. Ils sont aussi à l'aise pour mettre en scène une ambiance banlieusarde tranquille qu'une atmosphère angoissante. Là où ils sont très bons, c'est qu'ils jonglent avec l'une ou l'autre avec dextérité tout en maintenant un ensemble cohérent dans leur ligne narratrice. Ainsi, ils font rimer rire et intensité en harmonie. Leur mise en scène est toujours en accord avec le type d'action qu'ils veulent souligner. 

Le scénario de Mark Perez est assez malin puisqu'il sait ménager des surprises, même pour des spectateurs habitués à ce genre de comédie. De plus, il fait beaucoup de clins d'œil au cinéma, car il y a pas mal de références dans les dialogues. D'ailleurs mieux voir le film en version originale pour bien profiter de la dynamique de ces derniers, puisqu'ils sont pas mal travaillés.

Les acteurs forment un groupe qui fonctionne à merveille dans sa complicité et ses associations de personnalité. 


Le duo Jason Bateman et Rachel McAdams qui interprètent Max et Annie est harmonieux et diablement efficace pour nous entraîner dans cette aventure. 



Kyle Chandler est super dans le rôle de Brooks, le grand frère qui repousse toujours les limites. 



Jesse Plemons est juste excellent dans le rôle de Gary, un policier aussi bizarre que délicieusement inquiétant. 


GAME NIGHT est une comédie qui mélange les styles intelligemment et efficacement. Elle atteint son but : nous amuser et nous divertir. Je vous la conseille absolument pour un moment de détente vraiment sympathique. 

Note : il y a une scène post générique, il faut donc rester jusqu'à la fin du générique quand le film se termine.

Copyright Photos @ 2018 WARNER BROS. ENTERTAINMENT INC. AND RATPAC-DUNE ENTERTAINMENT

NOTES DE PRODUCTION
(Á ne lire qu'après avoir vu le film pour éviter les spoilers !)

LA MISE EN PLACE
"Ce soir, notre soirée-jeu va monter en puissance. Vous ne saurez pas si vous êtes dans la fiction ou dans la réalité"

Max et sa femme Annie, ainsi que leurs quatre amis, se préparent pour une murder party organisée par Brooks, le frère de Max. Lui qui cherche toujours à faire mieux que son petit frère, Brooks a promis au groupe de joueurs invétérés une soirée dont ils se souviendront, bien loin de leurs traditionnels quiz de culture générale et autres parties de Pictionary et de mime. Du coup, lorsque, quelques minutes plus tard, des hommes armés font irruption dans le salon et le ligotent avant de le kidnapper, ses invités sont drôlement impressionnés par le réalisme de la scène, le regard terrifié de Brooks, et l’air menaçant des assaillants. Ils ont presque du mal à croire qu'il s'agit d’une mise en scène.
Peut-être parce que ça n’en était pas une…

GAME NIGHT est une comédie incisive et imprévisible au rythme effréné et à l’approche novatrice : tourné comme un thriller d’action du premier coup de poing à la révélation finale, le film va faire rire les spectateurs du début à la fin… mais aussi les tenir en haleine. Les films que l’on préfère mélangent différents genres et font passer les spectateurs du rire à la surprise dans une même scène, raconte Jonathan Goldstein, qui a réalisé GAME NIGHT en tandem avec son collaborateur de toujours John Francis Daley.

Pour qu’une comédie fonctionne, il faut aller à l’encontre des attentes des spectateurs, ajoute-t-il. Et c’est pareil pour un bon thriller. On voulait les mener vers une fausse piste, en leur laissant penser qu’ils avaient tout compris, avant de les prendre complètement de court.

Il faut dire que le rire est d'autant plus satisfaisant qu'il est motivé par une certaine angoisse. C’est la raison pour laquelle, d’après John Francis Daley : Il était important de garder la tension à un très haut niveau. Il fallait qu'on ait des moments qui frappent le spectateur de stupeur, ce qui nous permettait d’adopter une approche un peu plus artistique en termes de photo et de décors, de rythme, de casting et même de musique.

C’est un vrai film de divertissement, indique Jason Bateman, qui incarne Max mais est aussi l’un des producteurs du film. Il y a beaucoup d’action et de rebondissem inquiétants, et bien sûr de l’humour du début à la fin, ce qui est vraiment sympa. Il y a même un soupçon d’intrigue amoureuse.

Évoquant ces traditionnelles soirées qui commencent bien et finissent par déraper, Jason Bateman reconnaît : J’ai vécu plus d’une soirée qui part complètement en vrille. Et je pense qu’on a tous l’habitude des fêtes entre amis passées à jouer à des jeux de société. Mais c’est surtout les proportions inattendues que ça prend, quand ils finissent par sortir de la maison et poursuivre le jeu dans la rue, qui fait qu’on atteint une tout autre dimension.

James Garavente, qui a produit plusieurs films aux côtés de Jason Bateman, se souvient de leur réaction lorsqu’on leur a présenté le projet pour la première fois : Le postulat de départ nous a beaucoup plu, il a vraiment attiré notre attention. On savait que le scénario était drôle, mais on s’est dit qu’il fallait aussi une dimension plus grave, et que ça ne soit pas qu’une comédie ; il fallait donc déterminer comment bien équilibrer les deux. Ce que John Francis Daley et Jonathan Goldstein ont fait, c’est qu’ils sont allés un peu plus loin dans le thriller, dans les mouvements de caméra qui accentuent cette impression de vitesse et de danger. Un vrai coup de génie.

Les producteurs John Davis et John Fox se sont avérés tout aussi inspirés. Il y a une vraie ligne directrice et un contenu sous-jacent, sur un sujet intéressant, estime John Davis. Les relations entre les protagonistes sont pleines d’émotion. Mais ce qui m’a le plus convaincu dans le scénario, c’est la place accordée au comique burlesque, et le grand nombre d’éléments avec lesquels il faut jongler en même temps. À mesure qu’on avance dans le film, tout prend des dimensions insensées et on ne sait plus bien par où commencer. John et Jonathan on fait un travail formidable pour faire monter la tension et assurer le dynamisme du film. C’est remarquable.

Alors que chaque énigme résolue en révèle une nouvelle et que les personnages avancent sur des sables mouvants, Max, Annie et leurs amis se retrouvent pris dans les rouages d’une soirée proprement hallucinante : ils connaîtront impasses et duperies, bagarres et fusillades, poursuites et chasses à l’homme – sans jamais savoir si les dangers auxquels ils font face sont réels ou fictifs… ou peut-être même les deux à la fois.

Les acteurs, extrêmement talentueux, parviennent à donner de la fluidité à l’ensemble et assurent l’efficacité des gags. Rachel McAdams donne la réplique à Jason Bateman : elle campe Annie, la femme de Max, excellente partenaire de jeux absolument adorable, sauf quand il s’agit de se défendre. C’est Kyle Chandler qui incarne le mystérieux Brooks. Parmi les autres joueurs, on retrouve Billy Magnussen et Sharon Horgan, dans les rôles de Ryan et de son amie et cible potentielle Sarah. Lamorne Morris et Kylie Bunbury interprètent les rôles de Kevin et Michelle, en couple depuis le collège, et dont le lien fusionnel commence à montrer ses premiers signes de faiblesse. Jesse Plemons campe Gary, l’étrange et solitaire voisin qui ne demande qu’à faire partie du groupe, tandis que Danny Huston et Michael C. Hall jouent les gros bras inquiétants qu’on soupçonne de faire partie de la pègre et qui poursuivent leurs propres objectifs. 

Les réalisateurs ont réussi avec brio à réunir des acteurs aux styles variés mais qui partagent le même sens de l’humour, remarque Jason Bateman. Je crois qu’on a tous bénéficié de ce très bon casting. Tout a fonctionné à merveille. Ce qui m’a beaucoup plu dans ce projet, c’était l’idée d’une comédie de si grande envergure, parce que c’est toujours très sympa, et il est très facile de s’entendre avec un groupe d’acteurs aussi doués et généreux.

Une fois que l’on a fait la connaissance des trois couples au départ, ils suivent chacun un parcours différent après l’enlèvement mystérieux de Brooks et l’on s'attache alors à leurs trajectoires parallèles qui se croisent parfois. John Francis Daley raconte : On voulait saisir toute l'exaltation que suscite une murder party. Tous les couples sont extrêmement compétitifs, et la meilleure façon de le montrer est de les séparer et de révéler leurs tactiques respectives. C'est ce qui nous permet de nous concentrer sur leur dynamique de couple mais aussi sur leurs histoires personnelles.

Ce dispositif accroît le potentiel comique du genre policier et des difficultés de communication, car certaines pièces du puzzle sont découvertes séparément, mais pas forcément partagées avec les autres. C’est assez logique, note le scénariste Mark Perez. Plus on a de personnalités amusantes qui sillonnent la ville, plus il y a de chances qu’ils aient des ennuis, qu’ils rencontrent des obstacles ou que des malentendus s’installent. Tout le monde aime soutenir une équipe. Plus il y a de joueurs sur le terrain, plus le film va emprunter de directions inattendues et captivantes. Dans ce cas précis, on a un groupe d’amis tellement soudés qu’ils sont prêts à risquer leur vie pour leurs partenaires de jeu.

Pour autant, toute cette pagaille repose sur des bases solides. Car l'essentiel GAME NIGHT repose sur les relations intimes entre les personnages qui évoluent tout au long du film. Ils découvrent tous leurs forces et leurs faiblesses, leurs peurs, et leurs motivations, en version accélérée. 

Il était important à nos yeux que les spectateurs puissent s’intéresser à chacun des couples, et comme dans tout bon thriller aux rebondissements et révélations inattendues, il était essentiel qu’on révèle quelque chose sur chacun des protagonistes à un moment donné, explique John Francis Daley. À chaque fois, il s'agit au fond, pour chacun d'entre eux, de gagner en maturité, et la meilleure façon de le faire, c’est dans une situation extrême où il est question de vie ou de mort.

Il est bien question de vie ou de mort. En effet, si Brooks est réellement en danger, et que Max et ses amis ne parviennent pas à comprendre ce qui se passe à temps pour le sauver, c’est un jeu qu’il ne peut pas se permettre de perdre.

LES JOUEURS
"À un moment donné, quelqu’un dans cette pièce se fera enlever et les autres devront le retrouver. Celui qui retrouve la victime gagne le premier prix de la soirée jeu"

Max est un as des soirées jeu. À vous de choisir le jeu, de démarrer le chrono, et vous le verrez en pleine action. C’est ce qui a immédiatement séduit Annie lors de la soirée où le destin les a fait se rencontrer : les deux joueurs acharnés ont uni leurs forces pour triompher, lors d'un quizz, de nombreux concurrents qui ne connaissaient pas la signification du mot impitoyable. Maintenant qu’ils sont mariés, ils organisent régulièrement ce genre de soirées avec leurs amis amateurs de jeux où ils battent tous les records et s’amusent comme des petits fous.

Au-delà du divertissement, le jeu est surtout le ciment qui les unit.
Évoquant leur relation, Rachel McAdams suggère :"C’était le coup de foudre au premier regard ; Jason Bateman rétorque alors : Plutôt à la première bonne réponse."

C’est vrai, concède l’actrice. Le coup de foudre à la première bonne réponse. C’est la nature compétitive de leur partenaire qui les a séduits. Ça, mais aussi le fait qu’ils finissent les phrases de l’autre et qu’ils s’amusent bien, tout simplement. Il ne leur a pas fallu beaucoup de temps pour se rendre compte qu’il fallait qu’ils fassent équipe.

Les deux acteurs, qui avaient déjà brièvement partagé l'affiche en 2009 dans le thriller JEUX DE POUVOIR, étaient ravis de pouvoir à nouveau collaborer dans le cadre plus détendu d’une comédie. Les fans de Rachel McAdams ne l’ont d’ailleurs pas vue dans un film de ce genre depuis son succès retentissant dans SERIAL NOCEURS.

Jonathan Goldstein révèle qu’ils n’ont eu que deux jours de répétition pour nouer cette relation fusionnelle d’un couple marié depuis dix ans. Mais ils ont vite trouvé cette dynamique joyeuse et authentique. Max et Annie ne pensent qu’à gagner, ce qui pourrait les rendre agaçants, mais les deux acteurs font preuve de tant de charme et de chaleur humaine qu’ils deviennent attachants. L’alchimie entre eux saute aux yeux.

On a eu beaucoup d’occasions d’enrichir mutuellement notre jeu, et ce qui m’a particulièrement plu, c'étaient les gags burlesques, rapporte Rachel McAdams. Il y a des scènes vraiment géniales qui m’ont fait mourir de rire lorsque j’ai lu le scénario pour la première fois, et qui se sont avérées encore plus tordantes en vrai. On ne s’en lasse pas.

Du coup, si Max et Annie forment une si bonne équipe, se correspondent parfaitement, et sont amoureux et sur la même longueur d’ondes, que pourraient-ils vouloir de plus ? Réponse : un bébé. Car ce que suggère le film, c'est que Max et Annie sont à un tournant de leur vie de couple : tout le monde sait qu’ils essayent d’avoir un enfant, mais chacun de son côté se demande s’il est vraiment prêt pour un bouleversement d'une telle ampleur. Au début de l’histoire, on les voit rendre visite à un médecin spécialiste de la fertilité qui donne à Max des conseils le mettant mal à l'aise.

Aussi étrange que cela puisse paraître – surtout aux yeux de Max –, Annie et le médecin soupçonnent que leur difficulté à procréer pourrait être liée non pas à la paresse des spermatozoïdes de Max… mais à son frère.

Comme son frère est plus âgé, plus cool, plus brillant, et encore plus compétitif, Max a toujours considéré Brooks comme son rival numéro un. L’homme à abattre. Celui qui a toujours une longueur d’avance. Et qu’importe si Max, désormais adulte, est marié, a un boulot, une maison et une vie dont il peut être fier : quand les deux frères se retrouvent, c’est comme s'ils n'avaient jamais été adolescents. Comme deux enfants qui jouent à la bataille navale, ils passent leur temps à essayer de couler les bateaux de l’autre.

“Les frères ont toujours un incroyable esprit de compétition”, reconnaît Kyle Chandler, qui a lui-même deux frères. “En plus, Max et Brooks sont vraiment deux personnalités très différentes. Brooks est très sociable, très ouvert, il prend des risques sans vraiment se soucier de ce qui arrivera par la suite. À l'inverse, Max est beaucoup plus rigoureux et conservateur. Il a des idées très arrêtées sur tout, et si les choses ne se passent pas comme il le souhaiterait, il devient très vite irritable”.

En tant qu’entrepreneur, Brooks passe le plus clair de son temps à l’étranger, où il mène grand train. À peine de retour dans sa ville natale, il loue une magnifique propriété dans un quartier très chic de la ville, ce qui, du point de vue de Max, n’est autre qu’une façon de lui faire de l’ombre et de lui voler ses amis, comme son frère sait si bien le faire avec son côté excessif. Pour Annie, le stress qu'éprouve Max lui est nocif, puisqu’il affecte négativement ses chances de devenir père. Elle est convaincue que le seul moyen de régler ce problème est de mettre fin à cette rivalité fraternelle une bonne fois pour toutes, en battant Brooks sur son propre terrain et en gagnant à tous les jeux qu’il propose.

Daley et Goldstein étaient tous les deux fans de Chandler, dans tous ses rôles, et l’ont choisi pour camper Brooks parce que “celui-ci devait non seulement être beau et charismatique, mais également irrésistible. On voulait que les spectateurs se demandent si les complexes de Max vis-à-vis de son grand frère n’étaient pas le fruit de son imagination, et on a pu susciter cette impression grâce au jeu de Kyle. Et comme il a joué dans très peu de comédies, c'est l'occasion pour le public de découvrir qu’il peut aussi être très drôle”, explique Goldstein.

Parmi les habitués de ces soirées jeux, on découvre également Ryan, un vieil ami de Max et Annie, toujours accompagné de sa dernière conquête en date. Il s’agit rarement de la même fille d’une fois sur l’autre, mais ce n’est pas facile pour les habitués de ne pas perdre le fil, parce qu’elles se suivent et se ressemblent toutes : jeunes, sexy, mannequins Instagram, qui n’ont jamais entendu parler du Cluedo… ou de quoi que ce soit d’autre.

Évidemment, “il perd systématiquement chaque partie. À chaque fois. Mais il s’en fiche, du moment qu’il chope après”, déclare Billy Magnussen, qui interprète Ryan.

Mais cette fois-ci, il adopte une autre stratégie. Pour cette fameuse soirée jeu, Brooks a décidé que le vainqueur gagnerait une Chevrolet Corvette Stingray rouge, et cette perspective suffit à motiver Ryan. Pour multiplier ses chances, il choisit une partenaire plutôt atypique : il s'agit de Sarah, cadre dans la même entreprise que lui, et anglaise – ce qui ne gâche rien aux yeux de Ryan, qui a tendance à penser que c'est un signe de QI élevé. Elle est intelligente, agréable, et prête à frotter sa vivacité aux autres.

“Elle est brillante, et Ryan est persuadé qu’il va gagner cette fois parce qu’il a choisi la partenaire idéale”, explique Magnussen.

Ignorant tout de ces stratagèmes, Sarah prend l’invitation de Ryan au pied de la lettre, même si “elle n’est pas vraiment sûre qu’il s’agit d’un rencard”, explique Sharon Horgan, qui interprète Sarah dans le film. “Elle n’est même pas sûre de vouloir un rencard avec lui. En fait, on ne sait pas très bien ce qu’elle pense de lui au début de l’histoire, mais à mesure que l'intrigue avance, elle se rend compte qu’il n’est…”

“Pas mal du tout ?”, suggère Magnussen.

“Pas le plus malin du groupe”, rétorque Sharon Horgan. “Il est courageux et assez tête brûlée, ce qui est plutôt pratique quand la situation commence à devenir risquée, mais il est vraiment très vite distrait. Plus ils passent de temps ensemble, plus ils sont à l’aise l’un avec l’autre, ce qui donne lieu à des moments très drôles, puisqu’il lui tape sur les nerfs et qu’elle n’a aucun mal à lui dire de la fermer”.

“Allez, c’est quand même une très belle histoire de non-amour qui se développe”, insiste Magnussen, démontrant par là même que leurs visions conflictuelles de l’histoire ont fini par devenir un ressort comique essentiel du film.

Un autre ressort comique du film se concentre cette fois sur le conflit qui anime un couple très différent : Kevin et Michelle, interprétés par Lamorne Morris et Kylie Bunbury. “Ils sont ensemble depuis le collège. Ils sont comme deux meilleurs amis, qui se connaissent par cœur et partagent beaucoup de choses, notamment leur sens de l’humour. Leur complicité ne s’obtient qu’après une longue période et avec beaucoup de confiance”, explique Kylie Bunbury.

Autrement dit, ils sont l’illustration vivante de ce couple parfait, en lune de miel perpétuelle, et qui passe leur temps à se tenir la main… ce qui leur garantit bon nombre de regards agacés, y compris de la part de leurs meilleurs amis.

“Kevin et Michelle sont ensemble depuis si longtemps qu’ils pensaient tout connaître l’un de l’autre”, explique Daley. Mais cette histoire d'amour et ce bonheur conjugal deviennent toxiques chez Brooks, lors de la première manche du célèbre jeu à boire “Je n’ai jamais”. La question posée est “je n’ai jamais couché avec une célébrité” : Kevin perçoit une hésitation dans la réponse (négative) de sa femme et le doute se met à germer à toute allure dans son esprit et ce, tout au long de la soirée. Comme Michelle refuse d’aborder le sujet et que Kevin fait preuve d’une incapacité pathologique à lâcher le morceau, la tension grimpe entre eux, peu importe les atroces circonstances dans lesquelles se retrouvent les participants, ce qui ajoute une dose de mystère (et d’humour) aux événements.

Comme le dit Kylie Bunbury, d’une façon ou d’une autre, “beaucoup de secrets seront révélés”.

“Il faut savoir accepter que la vérité n’est pas toujours reluisante”, explique Morris. “Certains couples sont heureux, mais en-deçà des apparences, il peut y avoir des problèmes, que les gens abordent ou pas. Et parfois, il faut savoir se prendre une claque – au sens propre ou figuré – pour ouvrir les yeux sur votre partenaire, et qui il ou elle est réellement, et vous faire apprécier ce que vous avez”.

“On a beaucoup aimé l’idée d’un renversement total du rapport de force entre Ryan et Sarah qui se produit au cours de la nuit, et qu’ils ont très bien su restituer, de même que la tension grandissante entre nos deux amoureux Kevin et Michelle, qui est très crédible”, raconte Daley, qui fait également écho à la stratégie des réalisateurs concernant le casting. “Plutôt que d’attribuer à chaque personnage un style particulier, on a misé sur leurs qualités individuelles. Par exemple, le sarcasme britannique de Sharon Horgan rendait vraiment très bien aux côtés de l’exubérance maladroite de Billy Magnussen. À la fin, on était vraiment ravis de constater que ce groupe d’acteurs donnait l’impression d’être de vrais amis”.

Pour compléter la distribution, on retrouve Chelsea Peretti dans le rôle de Glenda, l’une des premières joueuses de la murder party qui a l’air “morte” lorsque Ryan et Sarah fondent sur elle en pensant marquer un grand coup. Camille Chen interprète Dr. Chin, le médecin de Max ; et Zerrick Deion Williams et Joshua Mikel interprètent respectivement Val et Colin, deux effrayants chasseurs de primes – reste à savoir qui les a recrutés.

LES BRUTES
“Ce n’est pas une blague. Des gens sont vraiment en danger.”

S’il n’est pas vraiment l’un des durs à cuire du film, il est bien loin d’être un type normal : Gary, le voisin de Max et Annie, possède un vis-à-vis bien pratique sur leur porte d’entrée. Gary est un policier qui aime porter son uniforme pour ramasser le courrier ou traîner chez lui, et qui parle d’un ton très monocorde et formel, un peu comme un tueur en série, et semble toujours épier tout le monde.

Surtout connu pour ses nombreux rôles dans des drames, Jesse Plemons a saisi l’opportunité rare de prendre un tournant comique dans le rôle de Gary, qu’il décrit ainsi : “Gary est dans un monde complètement différent de celui des autres personnages. Avant, on l’invitait aux soirées jeux à cause de son ex-femme, que tout le monde adorait”.

Il y a peu de chance qu’il se retrouve sur une liste d’invités désormais. En effet, le seul vestige de sa relation avec son ex-femme est le mausolée très sophistiqué qu’il a bâti dans son bureau pour lui rendre hommage. “Il est juste bizarre, il raconte beaucoup trop de détails sur sa vie privée, et il arrive systématiquement à mettre tout le monde mal à l’aise”, ajoute Plemons. “Quand on le voit, on se dit, ‘Au secours, comment je peux faire en sorte de partir en courant le plus vite possible ?’”

“Jesse était parfait pour le rôle, parce qu’il a une vraie présence et il est très bon quand il faut être dans la retenue. Il ne cherche pas à se mettre le spectateur dans la poche et ne trahit jamais les intentions de son personnage dans l'espoir de faire rire. Plus son jeu était premier degré, plus c’était drôle ; il en a fait un personnage froid, étrange, et complexe, si bien qu'on finit par s'attacher à lui”, déclare Daley.

En effet, la solitude de Gary pourrait susciter une forme d'empathie… si seulement il n’était pas si bizarre. Bien que rongés par la culpabilité, Max et Annie font tout leur possible pour l’éviter, même s’il est évident qu’il aimerait bien faire à nouveau partie du groupe. Ils auront cependant besoin de ses services avant la fin de la soirée …

Pendant ce temps, officient deux personnages beaucoup plus menaçants : Danny Huston joue le rôle d’un homme très riche et puissant du nom d’Anderton, qui semble avoir des hobbies assez douteux ; et Michael C. Hall interprète un caïd de la mafia internationale très lunatique, connu sous le surnom "Le Bulgare". Deviner leurs motivations et les relations qu’ils entretiennent avec Brooks et chacun des participants fait partie de l'équation…et du jeu !

Huston a envisagé le personnage d’Anderton comme un méchant particulièrement malveillant et a laissé l'humour surgir naturellement. Il reconnaît que “le personnage doit évidemment rester réaliste, mais on peut tellement s’amuser avec les dialogues, qu’il y a un réel plaisir à camper ce sale type”. Sans fournir aucun indice, il décrit son personnage comme “un type très riche, qui a beaucoup de temps à perdre et qui a des goûts éclectiques : par exemple, il possède un œuf de Fabergé qui a une grande valeur pour lui et qui finit par devenir l’un des indices de l'intrigue”.

Quant au Bulgare, Hall l’analyse ainsi : “Une fois que l’on comprend la relation que Brooks entretient avec ce type, on se dit que Brooks a peut-être visé trop haut et qu'il a pris un risque non calculé en s'acoquinant avec le Bulgare”.

LA COURSE-POURSUITE
“N’appelle pas la police. J’ai tiré sur Max, mais il va bien”.

Lancés à la poursuite des kidnappeurs de Brooks, et dans l’espoir de trouver des réponses, Max et Annie, Ryan et Sarah, ainsi que Kevin et Michelle vont arpenter les quatre coins de la ville, et se retrouver dans des lieux dont ils ne soupçonnaient même pas l’existence : un tripot sordide dans un quartier plus que louche, un fight club secret dans un manoir ultra-sécurisé, et même la soute d’un avion Gulfstream G3 stationné sur une piste privée.

Le tournage de GAME NIGHT s’est déroulé en décors naturels pour l'essentiel, à Atlanta et dans ses environs. Pour épouser le ton recherché par les réalisateurs, les sites et les décors ont été éclairés et filmés suivant la palette des films noirs : rues sombres, contrastes marqués… bref, le genre de nuit où la lumière ne fait qu’accentuer les ombres. Dans cette même optique, les auteurs ont engagé le compositeur Cliff Martinez, nommé aux Grammy Awards et fréquent collaborateur de Steven Soderbergh, dont les bandes originales ont souvent une tonalité plutôt dramatique : le musicien a imaginé une sonorité moderne, dominée par le synthé, afin de traduire musicalement ce mélange entre humour et angoisse.

“Dans un bon film noir, le protagoniste est toujours un peu à la traîne, toujours dans une posture très instable”, explique le chef décorateur Michael Corenblith. Le film en offre un exemple très évocateur au début, une fois que le jeu a commencé. Max et Annie, premier couple à se lancer dans la course après l’enlèvement de Brooks, remontent la piste des kidnappeurs jusqu’à un bar miteux situé dans une rue désolée, largement inspiré d’un troquet d’Atlanta, The Northen Tavern, que Corenblith a fait découvrir à Daley et Goldstein. “Ils sont tombés raides dingues de l'allure délabrée du lieu”, se rappelle-t-il, “c’était tout à fait ce qu’ils recherchaient en matière d’atmosphère, mais la circulation entre le bar et le monde extérieur, ou entre le bar et l’arrière-salle ne fonctionnaient pas comme ils se les étaient imaginées. L’un des ressorts de cette histoire, c’est cette dichotomie entre ce qui est montré et ce qui est dissimulé, et ils étaient extrêmement précis quant à ce que les personnages pouvaient voir ou pas. Annie incarne le regard du spectateur dans cette scène, si bien que l'on ne peut voir que ce qu’elle voit”.

Corenblith a résolu le problème en reconstituant l’intérieur du bar en studio.

L’un des décors préférés du chef décorateur a été la maison de Gary, notamment pour la scène où le seul compagnon de ce dernier, son chien Sebastian, un westie d’un blanc immaculé, se retrouve aspergé du sang de Max et réagit comme un chien normal. “J’avais travaillé sur le tout premier épisode de la série DEXTER, si bien que j’en connaissais pas mal sur le sang”, raconte-t-il. “Ce décor était vraiment très marrant à faire, surtout parce qu’il y a d’abord l’autel que Gary a dédié à sa femme qui est vraiment très amusant, et qui se retrouve éclaboussé de gouttes de sang, un peu comme une toile de Jackson Pollock”.

Sebastian est interprété par une chienne Westie du nom de Sophie, ainsi que par quatre doublures canines. Les poils des animaux ont été traités pour empêcher que le colorant rouge non toxique, à base de sirop de maïs, ne déteigne et qu’ils ne deviennent tous roses.

À un moment donné, Max et Annie doivent s’allier aux autres couples alors que les trajectoires des six participants finissent par se croiser à l'endroit où est censé se trouver un œuf de Fabergé volé. En effet, ils pensent que c'est l’élément-clé qui permettra de libérer Brooks. Il s’agit d’un manoir imposant, éclairé pour une grande réception, et le groupe parvient à se glisser parmi les convives tous très bien habillés. Une fois à l’intérieur, ils découvrent que tous ces invités riches et raffinés sont en fait réunis là pour parier sur un combat illégal entre deux gladiateurs torses nus. Ils profitent du déroulement du combat pour aller explorer les lieux à la recherche de l’œuf… jusqu’à ce que le propriétaire du manoir, M. Anderton, ne prenne Ryan la main dans le sac (ou plutôt, dans le coffre-fort) et ne lance ses hommes de main à la poursuite des intrus.

Cet enchaînement aboutit à l’une des scènes les plus marquantes du film, “le lancer d’œuf”. La séquence repose sur la fusion magistrale entre cascades élaborées, architecture et timing comique d’une demi-douzaine d’acteurs. On s'attache à Max, Annie, Ryan, Sarah, Kevin et Michelle dans la demeure d’Anderton alors qu’ils tentent de s’enfuir avec leur butin, tandis qu’Anderton et ses sbires essaient de leur barrer la route. Dès que l’un des malabars s’approche, l’œuf est lancé à l’un des joueurs momentanément à l’abri.

“On voulait avoir un long plan séquence dans le film, et le lancer d’œuf était une occasion en or pour le faire”, explique Goldstein. “On a choisi la fête du manoir parce qu’elle permettait d’utiliser les escaliers, les balcons intérieurs et les étages pour chorégraphier la séquence. Il nous a fallu plusieurs jours pour mettre en place tous les déplacements et une journée et demi de tournage pour une scène d’une minute trente. On a même dû couper un bout d’une balustrade pour faire passer la caméra. À un moment, on avait même deux assistants caméras et notre chef opérateur debout sur une échelle pour qu’ils puissent faire passer la caméra au deuxième étage où se trouvait Rachel”.

Outre la propriété qui a servi de maison d'Anderton, l’équipe de tournage a investi d’autres lieux, comme une piste de décollage à l’aéroport de Cartersville, à une heure de route d’Atlanta, et le Peter’s Bridge dans le quartier de Castleberry Hill, près du centre-ville d’Atlanta, tous deux pour des scènes d'affrontements homériques. Des particuliers ont également mis leurs maisons à la disposition de la production pour celles de Brooks d'une part, et de Max et Annie, d'autre part, afin d’illustrer la rivalité permanente entre les deux frères : bien entendu, la maison de Brooks est plus grande !

Globalement, explique Corenblith, il s’agissait de faire de la maison de Max et Annie un endroit “confortable et conventionnel, chaleureux et accueillant, parce que c’est le frère qui a choisi un mode de vie plutôt plan-plan. À l’inverse, la maison de Brooks est complètement hors-norme, donc totalement différente en termes d’échelle, de textures et de lignes, et du coup assez emblématique de toutes les raisons pour lesquelles Max se sent complexé et inférieur à son frère”.

Dans le même temps, en utilisant des principes de symétrie dans l’architecture intérieure des maisons, au niveau des boiseries, des formes et même de l’électroménager, les maisons sont le miroir l’une de l’autre à de nombreux égards. C'est ainsi que le chefdécorateur a suggéré que les détails superficiels ne sont pas vraiment ce qui compte le plus. Si Max avait fait les mêmes choix que Brooks au cours de sa vie, il aurait tout à fait pu avoir la même maison. Mais est-ce vraiment important ? Il s’agit juste de la manière dont on veut jouer le jeu.

Et peut-être que c’est le moment pour Max de sortir de l’ombre de son frère.

En fin de compte, explique Daley, “la relation entre Max et Brooks permet de mettre en lumière un moment important de la vie de couple de Max et Annie, qui les occupe dès le début du film, à savoir : sont-ils prêts à devenir parents ? Il y a quelque chose de positif et qui fait du bien chez un couple qui s’aime énormément et qui travaille en équipe dès le début”.

Et qui joue pour gagner !

“On est partis dans l’idée de faire un film qui réserverait plein de surprises”, poursuit Daley. “On veut que ce soit une montagne russe pour les spectateurs, du début à la fin, et on souhaite les faire rire, leur faire peur et même leur donner à réfléchir un peu”.

“On espère que les gens vont aimer le film autant qu’on a aimé le faire”, conclut Goldstein. “Bon, sans être privés de sommeil et sans les migraines et le stress qui vont avec !”  

Copyright des textes des notes de production @ Warner Bros France

  
#GameNight

dimanche 11 mars 2018

HOSTILES


Western/Drame/De belles images, une histoire touchante, de bons acteurs, mais des longueurs et des évidences

Réalisé par Scott Cooper
Avec Christian Bale, Rosamund Pike, Wes Studi, Jesse Plemons, Adam Beach, Rory Cochrane, Peter Mullan, Scott Wilson, Paul Anderson, Timothée Chalamet, Ben Foster...

Long-métrage Américain
Durée : 02h13mn
Année de production : 2017
Distributeur : Metropolitan FilmExport

Date de sortie sur les écrans américains : 26 janvier 2018
Date de sortie sur nos écrans : 14 mars 2018


Résumé : En 1892, un légendaire capitaine de l'armée américaine accepte à contrecoeur d'escorter un chef de guerre Cheyenne et sa famille, désireuse de retourner sur leurs terres tribales. Sur le chemin, qui va les emmener du Nouveau Mexique au Montana, ils doivent faire preuve de solidarité pour survivre à l'environnement et aux tribus Comanche qu'ils rencontrent, en compagnie d'une veuve dont la famille a été assassinée.

Bande annonce (VOSTFR)



Extrait "Confrontation" (VOSTFR)



Extrait "face-à-face" (VOSTFR)



Extrait "Je les hais" (VOSTFR)



Featurette "Les coulisses du film" (VOSTFR)


Ce que j'en ai pensé : ce western de Scott Cooper aborde des thématiques pleines de sens et explore la complexité des relations humaines. 

Le réalisateur du film, Scott Cooper
Le réalisateur offre aux spectateurs de magnifiques images des paysages américains, montrant leur beauté et leur immensité. Ils contrastent d'ailleurs totalement avec les intentions destructives et violentes des hommes. Ils illustrent aussi combien le danger se tapit dans chaque rencontre, puisque dans ces vastes étendues, les personnages sont seuls et ne peuvent compter que sur eux-mêmes pour se défendre. Ainsi, l'inconnu devient par défaut un ennemi et les membres de son groupe de voyage une condition essentielle à la survie. 



Cette dynamique relationnelle propose des pistes de réflexion sur les raisons du débat sur les armes à feu - héritage de la conquête de l'Ouest - dans la culture américaine actuelle. Elle est aussi le fil conducteur du scénario. Ce dernier raconte une belle histoire sur la rédemption, le pardon, les racines de la haine, les effets plus que néfastes de la guerre et ses échecs, les alliances qui se modifient en fonction du contexte... 

Autant de sujets qui sont justifiés dans cette histoire et qui trouvent une force dans la façon dont ils ont traité dans ce film. Cependant, certains aspects du scénario se devinent de manière évidente dès le début. Il y a également des longueurs qui s'installent surtout dans la première partie, avec des moments qui cherchent à mettre en valeur des attitudes morales, mais qui enfoncent des portes ouvertes et n'apportent pas grand-chose au propos. Au-delà de ces défauts, j'ai aimé la rudesse et la rugosité déclinées à plusieurs niveaux, puis confrontées à une tentative d'humanité touchante. 

Les acteurs sont tous convaincants. Christian Bale réussit à imposer une retenue à son personnage, le Capitaine Joseph Blocker, qui laisse sous-entendre qu'elle maintient sur un fil un reste d'âme en la protégeant de toute sa résistance intérieure d'une folie poussée par la guerre et par cette époque. 



Rosamund Pike interprète avec conviction Rosalie Quaid, une femme qui doit surmonter l'impossible.



Wes Studi incarne avec une grande crédibilité le Chef Yellow Hawk, dans l'attitude et la sagesse.



HOTILES est plus efficace pour offrir un bel impact à ses sujets dans sa seconde partie que dans sa mise en route un peu lente. La franchise de la dureté des relations humaines à cette époque est très bien mise en valeur. La beauté des images et de la musique amplifient le plaisir de le découvrir sur grand écran. C'est un film sombre que le réalisateur illumine par petites touches d'humanité tout au long de cette aventure qui pousse à la réflexion et ne laisse définitivement pas les spectateurs indifférents.



NOTES DE PRODUCTION
(Á ne lire qu'après avoir vu le film pour éviter les spoilers !)

HOSTILES se déroule aux États-Unis à la fin du XIXe siècle, mais cette histoire pourrait tout aussi bien se passer de nos jours à Kandahar en Afghanistan ou à Bagdad en Irak.

Dans l’Ouest américain vu par Scott Cooper, la violence ne fait aucune distinction, et la frontière entre ennemis et alliés, vainqueurs et victimes est brouillée, indéfinissable.

C’est dans cet univers qu’un groupe d’individus disparates, dont certains sont farouchement hostiles à l’existence des autres, sont contraints de s’allier pour affronter des forces extérieures prêtes à tout pour les anéantir. Lorsque Scott Cooper a reçu la version préliminaire d’un manuscrit écrit par le défunt scénariste Donald Stewart (À LA POURSUITE D’OCTOBRE ROUGE, JEUX DE GUERRE, DANGER IMMÉDIAT), il a été particulièrement séduit par la profondeur de l’histoire. Il déclare : « J’ai toujours voulu réaliser un western mais je tenais à le faire à ma façon ; je voulais qu’il soit pertinent au regard des questions raciales et culturelles qui agitent actuellement l’Amérique. Nous sommes tous conscients des mauvais traitements qui ont été infligés aux Amérindiens, mais on peut voir le même schéma se reproduire aujourd’hui avec les Afro-Américains ou la communauté LGBTQ. Cette histoire soulève des problèmes universels. »

Scott Cooper a écrit le scénario de HOSTILES pour Christian Bale, un ami proche qu’il avait déjà dirigé dans LES BRASIERS DE LA COLÈRE. Lorsque l’acteur a lu le script, il a été frappé par la profonde humanité de l’histoire, dont certains éléments ont trouvé un écho particulier en lui. Il raconte : « Ces évènements auraient pu se produire à n’importe quelle période de l’histoire américaine. Fort Berringer est pour moi une sorte d’Abou Ghraib où les conditions de détention sont inhumaines et où les geôliers sont de simples soldats qui n’ont reçu aucune formation de gardiens de prison. »

Durant plusieurs mois, Scott Cooper a façonné l’histoire imaginée par Donald Stewart de manière à ce qu’elle reflète une philosophie intemporelle. Il a également soigneusement évité les écueils du genre en se tenant à l’écart des clichés traditionnellement associés au western.

Le réalisateur a collaboré avec John Lesher, le producteur de STRICTLY CRIMINAL, afin de donner vie au scénario. Ce dernier se souvient : « Nous avons longuement discuté du sujet réel du film et de l’importance qu’avait pour nous le fait que l’histoire se déroule précisément dans cet environnement. Scott était en outre la personne idéale pour la mettre en scène car il a une connaissance approfondie des lieux et de l’époque. En homme éclairé à l’esprit universel, il a créé des personnages aboutis et très complexes. »

Une étape importante dans la réalisation de HOSTILES a été franchie lorsque le producteur Ken Kao a rejoint l’équipe. Celui-ci déclare : « En lisant le scénario, j’ai été frappé par sa puissance et par sa pertinence dans le cadre social et politique  actuel. Nous vivons dans un monde où prime l’individualisme ; d’une certaine manière ce film reflète l’esprit de notre époque. »

Ken Kao a soutenu la vision de l’équipe, à qui il a permis d’obtenir les ressources nécessaires pour réaliser le film dans les conditions les plus authentiques possibles. HOSTILE a ainsi été tourné en décors naturels au Nouveau-Mexique et dans le Colorado avec l’aide d’une équipe de consultants qui ont permis d’assurer l’authenticité culturelle et historique du film.

Un juste portrait des peuples amérindiens

Pour représenter fidèlement les personnages amérindiens du film, Scott Cooper a collaboré avec le cinéaste acclamé Chris Eyre (PHOENIX ARIZONA, SKINS) et l’universitaire Joely Proudfit dont l’organisation, The Native Networkers, fournit aux équipes de télévision et de cinéma les ressources nécessaires pour représenter le plus fidèlement possible les peuples amérindiens et autochtones.

L’ampleur de ce soutien culturel a marqué le réalisateur de manière indélébile. Il confie : « Les consultants qui ont pris part à ce film ont été extraordinaires, ils m’ont enseigné des choses que mes propres recherches n’auraient jamais pu m’apprendre. Ils étaient quotidiennement présents sur le tournage pour aider les acteurs avec le langage, la gestuelle et les rituels amérindiens. Leur travail était de la plus haute importance et il a énormément apporté à toute l’équipe. »

Une part significative des dialogues du film est prononcée dans la langue des Cheyennes du Nord, un dialecte rarement entendu. C’est à Chris Eyre qu’il a incombé de trouver des descendants cheyennes qui parlaient couramment ce langage et étaient capables de l’enseigner, et qui savaient également comment s’exprimaient leurs ancêtres à la fin du XIXe siècle.

Chris Eyre commente : « Il était primordial pour Scott et Christian que nous, les consultants cheyennes, puissions répondre à toutes leurs questions, mais ce n’est pas parce qu’on est amérindien qu’on a la science infuse ! C’est pourquoi j’ai fait appel au chef Phillip Whiteman et à Donald Shoulder Blade. Entendre les personnages interprétés par Christian, Wes et Rosamund parler le bon dialecte et ce de manière respectueuse est absolument formidable. C’est une immense victoire de savoir que des millions de gens vont pouvoir entendre cette langue devenue si rare. »

Le chef Phillip Whiteman, consultant cheyenne sur le film, a travaillé en étroite collaboration avec Christian Bale, qui a eu énormément de mal à maîtriser ce dialecte. L’acteur confie : « C’est une langue magnifique mais extrêmement difficile ! La parler correctement m’a aussi permis de mieux comprendre le système de croyances cheyenne. Je dois avouer que j’ai été surpris par mes progrès car cela me semblait initialement impossible, mais j’ai fini malgré tout par m’exprimer de façon naturelle. »

Scott Cooper a également été très attentif à la manière de représenter les guerriers comanches renégats qui massacrent la famille de Rosalee Quaid et traquent le groupe conduit par Blocker. À travers eux, le réalisateur explore un pan de l’histoire américaine méconnu qui explique les actes violents perpétrés par le groupe. Le film se déroule en 1892, mais en 1872 déjà la plupart des Comanches avaient été déplacés de force et enregistrés nominativement par l’armée américaine. Les guerriers que l’on voit dans HOSTILES forment un des rares groupes connus qui sont parvenus à conserver leur liberté pendant encore vingt ans. Après avoir assouvi leur vengeance à travers les plaines du sud-ouest américain jusque dans les années 1890, ils ont finalement disparu.

William Voelker, le consultant comanche du film, a été impressionné par la manière dont les cinéastes ont honoré et se sont intéressés au comportement, au langage, à l’habillement et aux talents de cavaliers de ces personnages controversés. En revenant sur leur histoire, le film met en lumière les injustices dont ils ont été victimes sans pour autant omettre la violence de leurs actions. William Voelker déclare : « Personne n’a jamais vraiment porté attention à ces Comanches qui ont refusé de se soumettre au gouvernement américain. Bien que j’aie apprécié la volonté de l’équipe de dresser un portait fidèle de mon peuple, j’ai été un peu surpris que Scott s’excuse de l’image de guerriers impitoyables donnée aux Comanches dans le film car nous n’essayons pas d’enjoliver notre histoire. Ces hommes étaient assoiffés de sang, ils avaient tout perdu et étaient furieux que leur peuple ait été privé de sa liberté. »

Retour en 1892 : l’esthétique du film

L’équipe a choisi de tourner HOSTILES en décors naturels au Nouveau- Mexique et dans le Colorado pour la beauté brute des paysages et leur caractère évocateur, afin de faire revivre un monde à mi-chemin entre la modernité et un Far West où les dernières étendues sauvages sont sur le point de disparaître à jamais. Scott Cooper a entrepris d’explorer l’antagonisme de cette dynamique et son impact sur l’évolution émotionnelle des personnages. Pour ce faire, il a fait appel à une équipe composée du directeur de la photographie Masanobu Takayanagi (HAPPINESS THERAPY, STRICTLY CRIMINAL), du chef décorateur oscarisé Donald Graham Burt (GONE GIRL, L’ÉTRANGE HISTOIRE DE BENJAMIN BUTTON) et de la chef costumière Jenny Eagan (BEASTS OF NO NATION, QUE LE MEILLEUR GAGNE).

Après avoir collaboré sur trois films, Masanobu Takayanagi et Scott Cooper se comprennent parfaitement. Le réalisateur explique : « J’ai pris beaucoup de plaisir à définir l’esthétique du film avec Masanobu. C’est formidable de travailler de manière aussi étroite avec quelqu’un. Nous partageons la même sensibilité, nous avons la même histoire en tête et la même vision de l’univers que nous voulons porter à l’écran. »

Le directeur de la photographie donne de l’intensité au film en utilisant la lumière somptueuse et violemment contrastée du Nouveau-Mexique et parvient à traduire la difficulté du périple entrepris par les personnages à travers le cadrage.

À l’instar de Masanobu Takayanagi, Donald Graham Burt a mis au point une palette de couleurs inspirée du contraste entre l’ombre et la lumière. En évitant la couleur, il a créé une esthétique proche du noir et blanc accentuée par des tons sépia. Scott Cooper déclare : « L’authenticité est ce qui compte le plus pour Donald. Il était très important que les décors évoquent l’atmosphère de la fin du XIXe siècle et qu’ils rappellent combien la vie était alors simple mais rude. Les détails d’époque, d’abord foisonnants, s’estompent à mesure que les personnages passent au premier plan. »

Les minutieuses recherches du chef décorateur sont particulièrement manifestes à travers les différences entre les forts militaires que traverse Blocker sur le chemin qui l’emmène du Nouveau-Mexique au Montana. Chaque arrêt s’apparente à une nouvelle étape vers le tournant du siècle. Fort Berringer, qui illustre la retraite de la Frontière, est volontairement délabré et construit grâce à 70 000 briques d’adobe vieillies, tandis que Fort Winslow ressemble à une banlieue chic avec ses boutiques et le spacieux logement du commandant avec salon et salle à manger.

Donald Graham Burt s’est attaché à contribuer à la construction des personnages à travers ses décors. Ainsi, le logement de Blocker à Fort Berringer est sombre et austère, à l’image de l’état d’esprit du personnage au début du film, tandis que la maison des Quaid, à l’intérieur chaleureux et plein de vie, est cernée par des paysages désolés qui augurent de la tragédie qui va se jouer et suggèrent que la famille n’est pas la bienvenue dans la prairie.

La chef costumière Jenny Eagan nous transporte en 1892 et nous dévoile la vie intérieure des personnages grâce aux vêtements qu’elle a dénichés et confectionnés. Scott Cooper déclare : « Jenny sait non seulement évoquer une époque à travers ses créations, mais elle sait aussi que les costumes doivent être inspirés par les personnages et qu’ils affectent leur développement tout au long de l’histoire. Elle a le don pour créer des costumes parfaitement ajustés pour chaque acteur, si bien qu’ils ont toute la liberté de mouvement nécessaire pour incarner pleinement leur rôle. »

Tous les personnages du film ont d’une manière ou d’une autre été privés de leur identité : les soldats de la cavalerie sont limités par le règlement, leur statut et leurs revenus, les Cheyennes sont à la merci de leurs geôliers, et Rosalee Quaid est redevable à ses sauveteurs. La chef costumière a donc dû intégrer à chaque tenue des indices révélant la véritable nature des personnages.

Les uniformes de la cavalerie ont confronté Jenny Eagan à un défi unique. Elle explique : « Ce qui est intéressant, c’est qu’il est possible de se procurer des uniformes de la guerre de Sécession, mais pas de cette période historique dont personne n’a jamais vraiment parlé. Ces tenues militaires étaient régies par des règles précises mais il n’en existe plus aujourd’hui, il a donc fallu que nous les fabriquions de toutes pièces en nous assurant d’évoquer le passé de chaque personnage et de suivre leur évolution. »

Ce sont cependant les tenues cheyennes de l’époque qui ont donné le plus de fil à retordre à la chef costumière, car bien qu’elles ne soient plus strictement traditionnelles, elles ne sont pas non plus totalement occidentalisées. S’il est juste d’un point de vue historique de montrer la convergence des deux cultures, il est également vrai que l’armée a réprimé le mode de vie des Cheyennes. En référence à une séquence du film dans laquelle Yellow Hawk et sa famille apparaissent vêtus d’habits traditionnels pour une séance photo avant d’être forcés de les retirer, Jenny Eagan déclare : « On a plus ou moins cherché à priver les Amérindiens de leur identité et à les occidentaliser de force. »

La chef costumière a également créé une palette de couleurs spécifique pour Rosalee Quaid. Dans les brèves scènes où elle apparaît en famille, ses enfants et elle baignent dans de doux tons de rose. Sa douleur insondable se reflète plus tard dans l’achat d’un tailleur bordeaux. Elle commente : « Le rose se mue en bordeaux, à l’image d’une ecchymose. La tragédie qu’elle a vécue a blessé son coeur, dont la couleur rose a en quelque sorte tourné. »

Le capitaine Joseph Blocker, le chef Yellow Hawk et Rosalee Quaid

Scott Cooper et Christian Bale ont construit ensemble le personnage du capitaine Joseph Blocker. Le réalisateur raconte : « Nous avons étoffé le personnage chaque jour un peu plus afin d’en faire un être de chair et de sang que Christian incarne avec l’âpreté et la dureté typiques des hommes façonnés par le sud-ouest américain. »

Christian Bale a cherché à exprimer toute la richesse du paysage émotionnel de Blocker, un homme qui a vécu le traumatisme de décennies de batailles et est désormais hanté par ses actions passées. Le combat du personnage contre ce mal qui le ronge, que l’on appellerait aujourd’hui syndrome de stress post-traumatique, est palpable. L’acteur déclare : « Blocker a toujours été convaincu du bien-fondé de ce qu’il faisait… jusqu’à ce que son univers s’effondre. Il n’est pas évident pour quelqu’un comme lui de remettre en cause tout ce en quoi il croit du jour au lendemain. »

Le capitaine Joseph Blocker comprend qu’il n’est qu’un pion sur l’échiquier et refuse de continuer à jouer le jeu. Lorsqu’il reçoit l’ordre d’escorter Yellow Hawk, responsable de la mort de tant de ses hommes, jusqu’à la terre de ses ancêtres, il se rebiffe. Il est alors menacé d’être déféré à la cour martiale et de perdre sa pension. Voilà toute la récompense qui lui revient pour une vie de massacres au service de la nation…

Tandis que leur périple prend une tournure de plus en plus tendue, Blocker découvre que les Cheyennes partagent beaucoup de points communs avec ses hommes : qu’ils s’apprécient ou pas, ils doivent se faire confiance pour survivre. C’est l’étincelle à l’origine de sa douloureuse prise de conscience.

Christian Bale déclare : « Il lui est difficile d’arrêter le combat, surtout après avoir perdu autant d’êtres chers. Mais dans le même temps, il commence à prendre conscience que les Cheyennes, eux, ont tout perdu. Yellow Hawk n’a plus de tribu. Si Blocker réussit à renouer avec la civilisation, c’est parce qu’il découvre son humanité. »

Scott Cooper a écrit le rôle de Yellow Hawk pour Wes Studi, un choix qui a immédiatement remporté l’adhésion des producteurs John Lesher et Ken Kao. Le réalisateur commente : « Wes fait partie des meilleurs acteurs américains, je doute que j’aurais fait ce film sans lui car sa présence était essentielle à la transmission de cette histoire. Il est absolument remarquable dans ce rôle, il possède la force et l’intensité nécessaires à l’interprétation du personnage de Yellow Hawk. »

Mais le destin du chef cheyenne est tragique. Son peuple a été décimé ou déplacé et lorsque nous le rencontrons, il vient de passer sept ans enchaîné dans une cellule de Fort Berringer avec sa femme, son fils, sa belle-fille et son petit-fils. Mais sa libération n’est pas heureuse : il est atteint d’un cancer en phase terminale et son retour chez lui n’est pas sans danger. Si elle parvient à atteindre le cimetière cheyenne situé dans le Montana, la famille ne retrouvera pas la liberté car Blocker a pour ordre de conduire les survivants vers une réserve.

Wes Studi, un acteur capable d’exprimer toute la gamme des émotions, a créé un personnage profond qui refuse de se laisser définir par les souffrances infligées à son peuple. Yellow Hawk a beau être pragmatique, il est également profondément émouvant et conserve sa dignité malgré les humiliations quasi constantes dont il est victime.

Pour finir ses jours comme il le souhaite – sur ses terres, entouré de sa famille – Yellow Hawk réalise qu’il va devoir se réconcilier avec un homme qu’il abhorre. L’acteur raconte : « La manœuvre politique à l’origine de sa libération sert son dessein, mais sa relation avec Blocker reste très complexe. L’armée américaine et les Cheyennes se sont affrontés durant des années pour le contrôle des terres et des ressources, un peu comme les soldats qui se battent aujourd’hui encore pour des intérêts commerciaux. Mais tout cela change lorsque Yellow Hawk et Blocker prennent conscience qu’ils ont été manipulés et qu’ils se sont battus au profit d’autres, restés à l’abri bien loin de là. Cela ne les pousse pas à se lier d’amitié pour autant car le fossé qui les sépare est trop important. Mais ils vont se battre côte à côte dans l’espoir de survivre. »

Pour faire face à ce duo masculin, les cinéastes se sont mis en quête d’une actrice capable de dresser un portrait nuancé de Rosalee Quaid, une femme qui, selon John Lesher, « incarne l’archétype de la ‘destinée manifeste’ et du rêve de la conquête de l’Ouest ».

Scott Cooper, John Lesher et Ken Kao ont trouvé leur pionnière avec l’actrice britannique acclamée Rosamund Pike. Le réalisateur confie : « Rosamund possède une grande intelligence émotionnelle et cherche constamment à emmener son personnage dans une direction inattendue. Elle a toujours en tête ce qui va se produire quelques minutes plus tard dans l’histoire, et cela donne une dimension supplémentaire à son interprétation. »

Le film débute sur la propriété des Quaid, où Rosalee et sa famille semblent heureux et en sécurité. Mais leur bonheur est brutalement interrompu par l’arrivée d’un groupe de guerriers comanches. La jeune femme, symbole de l’oppression, est la seule survivante du massacre.

Lorsque la cavalerie et les Cheyennes la découvrent, Rosalee est presque catatonique, ses vêtements sont déchirés et elle refuse d’abandonner le corps du nourrisson qu’elle serre dans ses bras. Chaque membre du groupe venu à son secours participe à habiller la jeune femme ; ils enterrent sa famille et la convainquent de venir avec eux. Il s’agit de leur premier acte collectif ; Rosalee devient alors le trait d’union entre la famille de Yellow Hawk et le capitaine Blocker et ses hommes.

À la lecture du scénario, Rosamund Pike a été touchée par la saisissante description faite par Scott Cooper du parcours de son personnage. Elle commente : « Je n’ai jamais considéré HOSTILES comme un film de genre mais comme un film existentiel. L’histoire est simple mais très profonde et explore les tréfonds de l’humanité. Les interactions entre les personnages sont extraordinaires. Ils ont tous vécu des drames atroces et cela les a affectés de manière différente. »

Les seconds rôles

Pour accompagner le trio formé par Christian Bale, Wes Studi et Rosamund Pike, l’équipe de HOSTILES a fait appel à des acteurs chevronnés et de jeunes comédiens en pleine ascension. La famille de Yellow Hawk est interprétée par Adam Beach dans le rôle de son fils, Black Hawk ; Q’orianka Kilcher dans celui de sa bellefille, Elk Woman ; Xavier Horsechief dans le rôle de son petit-fils, Little Bear ; et Tanaya Beatty dans celui de sa femme, Living Woman.

Parmi les hommes du capitaine Joseph Blocker figurent Jonathan Majors dans le rôle du caporal Henry Woodson, un Buffalo Soldier dont le père s’est battu aux côtés de Blocker pendant la guerre de Sécession ; Rory Cochrane dans celui du sergent-chef Thomas Metz, un ami de longue date du capitaine ; Jesse Plemons dans le rôle du lieutenant Rudy Kidder, un diplômé de West Point qui suit les règles à la lettre ; et Timothée Chalamet dans celui du soldat Phillipe Dejardin, un jeune immigré français qui a récemment rejoint les rangs de l’armée américaine.

Blocker récupère par la suite le sergent Charles Wills, interprété par Ben Foster, qu’il doit escorter d’une prison à une autre. Wills est l’inquiétant double du capitaine. Vétéran de la cavalerie, il a franchi la limite et au lieu de contenir sa fureur comme Blocker, il a massacré sans raison toute une famille de femmes et d’enfants amérindiens emprisonnés, un crime pour lequel il sera probablement pendu. Pour contenir Wills, Blocker est aidé par le caporal Tommy Thomas, incarné par Paul Anderson, et le sergent Paul Malloy, campé par le musicien Ryan Bingham.

Deux rôles secondaires essentiels sont tenus par des acteurs bien connus, Adam Beach (SUICIDE SQUAD, MÉMOIRES DE NOS PÈRES) et Ben Foster (3H10 POUR YUMA, COMANCHERIA).

Adam Beach confie qu’une des raisons pour lesquelles il a accepté le rôle de Black Hawk était de pouvoir raconter le périple des Amérindiens à travers l’Amérique. « La conquête de l’Ouest américain est sujette à beaucoup de fantasmes et souvent idéalisée, mais la réalité est très différente. » Pour l’acteur, Black Hawk incarne l’idée que l’on peut rester tolérant et libre dans les circonstances les plus difficiles. Il ajoute : « Il y a toujours quelqu’un pour mettre de l’huile sur le feu, mais il est possible de trouver sa place et de coexister en bonne intelligence avec autrui. C’est un processus qu’il faut cultiver continuellement. »

Scott Cooper souhaitait travailler avec Ben Foster depuis longtemps. Il déclare : « En écrivant le rôle de Wills, j’ai imaginé Ben donnant vie à cet homme très perturbé. Ce n’était pas une mince affaire car il a fallu qu’il évite les pièges tendus par le personnage. Il aurait, par exemple, pu en faire un détraqué mais il a opté pour l’approche inverse. En en faisant le double de Blocker, il montre que la frontière entre celui qui fait preuve de cruauté parce qu’il en a reçu l’ordre et celui qui continue à le faire de sa propre initiative est plus que ténue. »

Textes des notes de production : Pascale & Gilles Legardinier

  
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