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vendredi 23 septembre 2016

LA DANSEUSE


Au cinéma le 28 septembre 2016

LA DANSEUSE est un film d'une grande beauté. Vous pouvez retrouver mon avis ici. Je vous propose de découvrir les élégantes affiches personnages de ce long-métrage.




Un film de Stéphanie Di Giusto 
Avec Soko, Gaspard Ulliel, Mélanie Thierry, Lily-Rose Depp, François Damiens, Louis-Do de Lencquesaing, Amanda Plummer, Denis Menochet...


Résumé : Rien ne destine Loïe Fuller, originaire du grand ouest américain, à devenir une icône de la Belle Epoque et encore moins à danser à l’Opéra de Paris. Même si elle doit se briser le dos et se brûler les yeux avec ses éclairages, elle ne cessera de perfectionner sa danse. Mais sa rencontre avec Isadora Duncan, jeune prodige avide de gloire, va précipiter sa chute.

Bande annonce 


Autre post du blog lié au film LA DANSEUSE

jeudi 15 septembre 2016

LA DANSEUSE


Drame/Biopic/Un premier film magnifique et remarquable, d'une beauté intense 

Réalisé par Stéphanie Di Giusto
Avec Soko, Gaspard Ulliel, Mélanie Thierry, Lily-Rose Depp, François Damiens, Louis-Do de Lencquesaing, Amanda Plummer, Denis Ménochet...

Long-métrage Français
Durée: 01h48mn
Année de production: 2016
Distributeur: Wild Bunch Distribution

Date de sortie sur nos écrans : 28 septembre 2016


Résumé : Rien ne destine Loïe Fuller, originaire du grand ouest américain, à devenir une icône de la Belle Epoque et encore moins à danser à l’Opéra de Paris. Même si elle doit se briser le dos et se brûler les yeux avec ses éclairages, elle ne cessera de perfectionner sa danse. Mais sa rencontre avec Isadora Duncan, jeune prodige avide de gloire, va précipiter sa chute.

Bande annonce (VF)


Ce que j'en ai pensé : Ce film m'a impressionnée et émue. J'ai trouvé l'histoire de cette femme au caractère trempé dans l'acier, aux talents variés et maîtrisés et à la volonté incroyable à la fois passionnante et magnifique. 
La réalisatrice Stéphanie Di Giusto met la barre haute, très haute pour son premier film. Chaque image, chaque plan est travaillé, soigné et en même temps, elle raconte tous les aspects de cette histoire en les entremêlant de façon claire. Elle prend des risques, car elle utilise beaucoup d'ellipses. Cela peut déconcerter, mais son pari est réussi. Finalement en tant que spectateur, on complète les vides. Peu importe qu'on s'invente les détails, car le fond est là et la forme est splendide. 
L'histoire s'inspire librement de la vie de Loïe Fuller interprétée avec force et sensibilité par Soko. Sa performance est vraiment superbe. Elle donne du sens à cet amour de l'Art qui transcende la souffrance.



Loïe croise des personnages qui auront de l'importance dans l'aboutissement de son Art. Des hommes bien sûr, notamment Louis interprété par Gaspard Ulliel. Son jeu intelligent permet de comprendre à mi-mots la relation qui se tisse entre Loïe et lui. 



Il y a aussi des femmes, d'égale importance. La magnétique Lily-Rose Depp interprète Isadora Duncan, une jeune fille qui a déjà compris comment obtenir ce qu'elle veut dans la vie. 


Mélanie Thierry interprète Gabrielle, une amie précieuse pour Loïe. Elle s'impose dans chaque scène à laquelle elle participe.
LA DANSEUSE est un film à découvrir absolument. Il offre une approche nouvelle et fraîche du film d'époque, raconte une histoire aussi méconnue qu'intéressante et nous transmet son récit avec une grande force grâce à sa superbe réalisation. C'est un film remarquable !

Note : La réalisatrice, Stéphanie Di Giusto, nous a précisé qu'aucun effet spécial n'a été rajouté en post production sur les scènes de danse et que c'est l'actrice principale, Soko, qui réalise elle-même les danses de Loïe dans le film.


NOTES DE PRODUCTION 
(A ne regarder/lire qu'après avoir vu le film pour éviter les spoilers !)

Suite à la projection du film, Stéphanie Di Giusto, la réalisatrice, et Soko, l'actrice principale, ont eu la gentillesse de venir répondre à nos questions. Pas d'inquiétudes, seules les deux premières minutes sont dans le noir.







ENTRETIEN STEPHANIE DI GIUSTO

Racontez-nous la genèse du film.
Tout est parti d’une photo noir et blanc représentant une danseuse cachée dans un tourbillon de voile, en lévitation au-dessus du sol, avec une légende, au bas du cliché : « Loïe Fuller : l’icône de la Belle Epoque ». J’ai voulu savoir quelle femme se cachait derrière ces métrages de tissu et son histoire m’a bouleversée. J’aimais l’idée qu’elle soit devenue célèbre en se dissimulant ; son côté précurseur. Avec sa « Danse Serpentine », Loïe Fuller a littéralement révolutionné les arts scéniques à la fin du XIXe siècle. Et pourtant, personne ou presque ne se souvient d’elle.

Pourquoi, soudain, avoir eu le désir de vous jeter dans l’aventure d’un premier long métrage ?
Le cinéma me passionne depuis longtemps mais il me semblait impossible d’atteindre le niveau des réalisateurs que j’admirais. Ma rencontre avec Loïe m’a, en quelque sorte, désinhibée. Le combat de cette fille de fermiers du Grand Ouest américain pour s’imposer comme artiste m’en a donné le courage.

Qu’est-ce qui vous touchait particulièrement chez elle ?
Elle ne possède aucun des canons de beauté en vogue à l’époque. Son physique est ingrat, elle a la robustesse et la puissance d’une fille de ferme et se sent prisonnière d’un corps qu’elle a déjà envie d’oublier. Mais d’instinct, elle s’invente un geste et va traverser le monde grâce à lui. La beauté naturelle qu’elle n’a pas, elle va la fabriquer à travers son spectacle, et, ainsi, se libérer grâce à l’art. Elle va réinventer son corps sur la scène. C’est une notion qui m’importe énormément. Il y a des gens qui trouvent les mots pour communiquer, elle, elle a trouvé son geste et elle empoigne son destin. Elle a fait de son inhibition un geste, de son mal être une énergie, une explosion de vie, un défi rageur. C’est aussi l’émotion de ce combat que je voulais capter. C’est un étrange mélange de force, de volonté et de fragilité.

Dès le début du film, vous la montrez en train de déclamer des textes classiques en pleine nature, de dessiner...
C’est une artiste avant d’être une actrice. L’art est, pour elle, une manière de s’échapper. Loïe ne s’aime pas mais aime le beau autour d’elle et ne veut finalement devenir comédienne que par passion des beaux textes. Il n’y a, chez elle, aucun désir de se montrer.

Ironie du destin, le premier rôle qu’elle décroche est muet.
Et, à partir de là, elle choisit de se taire et d’agir. Elle ne s’exprime plus que par ce mouvement qu’elle a créé avec sa danse et qu’elle ne va plus cesser de chercher à magnifier. Elle s’envole littéralement, empoigne son destin et se laisse porter par sa foi en la beauté et sa singularité. Sa passion ne connaît plus aucun frein ; c’est comme une sorte course à la montre qui va la mener jusqu’à l’Opéra de Paris. Il est incroyable que Loïe Fuller ait réussi à y imposer ses ballets ; cela montre à quel point l’époque était ouverte à la création.

La danse qu’elle met au point fait appel à un nombre infini de disciplines scientifiques : mathématiques, scéniques, et même chimiques…
La confection de sa robe de scène, qui nécessite 350 mètres de soie, est déjà un énorme défi : je n’ai rien inventé en montrant la formule mathématique qui préside à sa création. Dès la première représentation de sa « Danse Serpentine » aux Etats-Unis, dans sa pauvre robe de coton, Loïe a conscience qu’il lui faut se donner les moyens de l’alléger et de lui donner de l’ampleur, et sait aussi que les simples effets de lumière ne lui suffisent pas.
Loïe Fuller s’est nourrie de tous les ouvrages qu’elle trouvait et de tous les gens qu’elle rencontrait, Edison, Flammarion l’astronome… Elle a étudié l’éclairage, maîtrise parfaitement tous les dispositifs scéniques – d’où son exigence de faire appel à 25 techniciens - et a même inventé les sels phosphorescents qu’elle appliquait sur ses costumes en montant son propre laboratoire de chimie. Elle est vraiment à la base de l’abstraction et du spectacle multimédias. Lorsqu’elle se produit aux Folies Bergères, elle est quasiment devenue une chef d’entreprise.

A peine a-t-elle trouvé son geste qu’elle songe déjà à le faire breveter…
C’est là où elle est également avant-gardiste : lorsqu’elle découvre que le droit d’auteur ne couvre pas ce domaine en Amérique, son premier réflexe est de se rendre en France où, pense-t-elle, on pourra reconnaître son art et on le protégera. Elle a réussi à déposer dix brevets à son nom.

Paris, puis le monde entier, reconnaissent son talent mais elle est supplantée par Isadora Duncan.
Isadora Duncan incarne tout ce qu’elle ne peut pas être : la jeunesse, le génie et la grâce. C’est elle la danseuse. Il lui suffit d’apparaître quand Loïe doit s’entraîner durant des heures et user de mille artifices. Cette forme d’injustice m’intéressait : on est tous confrontés à ses limites un jour ou l’autre.

Comment avez-vous abordé l’écriture du film ?
Au début, j’ai travaillé comme pour un documentaire - en lisant énormément de livres sur elle et en rencontrant beaucoup de gens, dont Jody Sperling, la danseuse qui danse actuellement le mieux Loïe Fuller et dont l’aide a été déterminante. Et puis, je me suis emparée d’elle pour exprimer ce qui résonnait en moi chez elle. Je voulais être au plus près de mon héroïne ; filmer son corps, en essayant de rendre l’élan et l’énergie hors normes du mouvement qui l’animait, de sa foi ; tenter un récit différent qui passe par le geste davantage que par la parole. Cela a été un énorme travail d’épure qui m’a pris trois ans.
Chaque geste est écrit.
Sarah Thibau m’a aidée à finaliser un premier jet puis, Thomas Bidegain est venu m’épauler à son tour : il a contribué à accentuer encore le côté épuré du scénario tout en lui insufflant de l’énergie.

Avez-vous pris des libertés avec le personnage ?
Oui. Je me sentais intimement liée au personnage, il n’était pas question d’écrire un biopic. Ma première trahison a été de lui inventer un père français. Sachant, dès le début, que je voulais Soko pour interpréter Loïe, je trouvais ridicule qu’elle ait à prendre un accent américain. J’ai donc fait du père un fortyniner, un de ces pionniers français venus au Nevada pour trouver de l’or.
J’aimais aussi l’idée que Loïe doive échapper à quelque chose de violent en quittant les Etats-Unis : j’ai rendu le rapport qu’elle entretient avec sa mère beaucoup plus dur qu’il ne l’était en réalité en faisant de la mère un membre des Mothers, un mouvement anti-alcool qui est également le premier mouvement féministe américain.
Et j’ai également pris la liberté d’inventer le personnage de Louis Dorsay, qu’interprète Gaspard Ulliel. J’avais besoin d’une présence masculine dans ce film peuplé de femmes. Loïe Fuller était homosexuelle et il était important pour moi de ne pas en faire le sujet du film. Louis Dorsay me touche beaucoup : c’est l’homme sacrifié du film.

Et c’est aussi un personnage très ambigu …
On pense qu’il va lui faire du mal alors qu’il ne lui fait que du bien. C’est un amateur d’art : il est tout de suite fasciné par l’artiste qu’il découvre sur scène. Loïe et lui partagent la même quête de spiritualité et entretiennent une relation qui n’est ni de l’amitié, ni de l’amour. Il n’y a pas de sexualité entre eux ; et pourtant leurs rapports sont d’une très grande sensualité. J’ai beaucoup aimé flirter avec l’idée, tabou au cinéma, de l’impuissance masculine ; une impuissance que j’avais envie de rendre sexy.

Toute la beauté du geste de Loïe passe par son regard et par celui de Gabrielle, qu’interprète Mélanie Thierry.
Sans eux, Loïe n’existe pas parce qu’on n’a pas le temps de s’appesantir sur elle. Je voulais qu’elle avance tout le temps.

Aucune des performances de Loïe Fuller n’a jamais été filmée… Comment avez-vous réussi à recréer son spectacle ?
C’était le défi, très excitant, du film. Malgré son insistance, Loïe Fuller a toujours refusé à Thomas Edison, qui était pourtant son ami, d’immortaliser sa danse sur de la pellicule. « Il est hors de question qu’on m’enferme dans une boite », lui disait-elle. Et les images qui circulent sur Youtube ne sont que de pales captations d’imitatrices. Jody Sperling, que je citais plus haut, m’a beaucoup aidée pour la chorégraphie. Faute de moyens, elle n’a jamais pu reconstituer exactement les performances de Loïe Fuller sur une scène et était très émue qu’un film le fasse, en utilisant scrupuleusement les mêmes accessoires et le même nombre de techniciens. Mais, tout en tenant à respecter l’époque, le chef décorateur Carlos Conti et moi savions qu’il nous faudrait utiliser les facilités d’aujourd’hui, et avons trouvé les artistes avec lesquels elle aurait sans doute travaillé si elle était encore vivante - dont Alexandre Le Brun, un véritable artiste des lumières qui m’avait bluffée lors des derniers défilés Saint Laurent. A partir de là, nous avons scrupuleusement suivi la méthode de travail de Loïe Fuller. Cela représente beaucoup de temps passé en répétitions. Et un entraînement physique intensif de la part de Soko.

Comment s’est-elle entraînée ?
Je voulais qu’elle ait des muscles et un corps robuste. Soko a travaillé 6 heures par jour durant 1 mois avec Jody Sperling. Le plus difficile pour elle était de tenir en équilibre et de danser à 2, 50 mètres du sol, tout cela dans le noir. Soko est quelqu’un qui se donne à 100% : elle a un formidable appétit d’apprendre et s’est totalement investie dans cette préparation. Au bout des 4 semaines, elle était prête. Le challenge, ensuite, consistait à lui faire oublier la danse que lui avait apprise Jody Sperling. Elle devait pouvoir en donner sa propre interprétation. C’était impensable pour moi d’utiliser une doublure, il fallait aller jusqu’au bout.

Dans le film, on comprend que chaque spectacle est une véritable gageure physique…
Il fait appel à un énorme travail de coordination des gestes dans l’apesanteur. Ce ne sont pas seulement les bras qui travaillent, c’est tout le corps. Du reste, Loïe Fuller s’écroulait presque à chaque fin de spectacle, comme dans cette scène, aux Folies Bergères, où on voit l’héroïne partir sur un brancard. Loïe ne dansait que tous les trois jours : elle avait besoin de récupérer entre chaque prestation.

Plus elle danse et plus elle se consume : en plus de l’effort physique, ses yeux sont agressés par la violence des projecteurs ; elle doit constamment remuscler ses bras en s’entraînant sur une machine…
Chaque fois que Loïe rentre sur scène, c’est comme si elle livrait un combat. Je me suis beaucoup inspirée de la boxe en la filmant. Je n’ai pas filmé une danseuse, j’ai filmé une boxeuse. Même la manière dont elle s’écroule sur son siège à la fin d’une représentation vient de la boxe.

Cela rend le parallèle avec Isadora Duncan d’autant plus cruel…
Isadora est douée et préfère aller boire des cocktails avec les journalistes plutôt que de travailler des heures à la barre. Sa conception de la danse est radicalement opposée à celle de Loïe Fuller : ne pas s’entraîner, rêver, respirer, regarder des images sur la Grèce pour s’inspirer. Lorsque Loïe la rencontre et en tombe amoureuse, elle tombe d’abord amoureuse d’une projection d’ellemême, de ce qu’elle aurait aimé être et surtout de ce qu’elle ne pourra jamais être.

On sent une forme d’autodestruction et de désamour chez elle…
Oui. Elle ne se regarde pas, ne s’aime pas, donc, elle ne se ménage pas. En ce sens, La Danseuse est aussi un film sur l’estime de soi. Le clivage entre l’icône de la féminité qu’elle représente en dansant et la fille banale qu’elle redevient dans la vie et qu’elle déteste me passionnait. Loïe Fuller se rend parfaitement compte que, sans son costume, elle n’est plus rien, et elle ne veut surtout pas briser le rêve qu’elle apporte au public comme aux critiques. Elle a peur de décevoir et elle a raison : Mallarmé, qui a écrit des choses sublimes sur son compte, a été très déçu lorsqu’il l’a rencontrée.
Et puis, la notoriété ne l’intéresse pas. Elle n’est finalement heureuse qu’entourée des gens avec lesquels elle travaille ou lorsqu’elle fait des bras de fer avec ses techniciens.

Dans le film, elle n’ose affronter les spectateurs qu’une seule fois, à l’Opéra, alors qu’ils l’ont pourtant vue tomber…
A ce moment-là, elle a accompli une partie du chemin. Grâce à Louis Dorsay, qui l’a amenée à devenir une femme, et grâce à Isadora Duncan, qui la provoque en lui envoyant ce télégramme et la pousse à braver la scène de l’opéra seule, elle s’aime peut-être enfin. Isadora est quand même celle qui va la déshabiller et lui faire assumer sa féminité.

On a du mal, aujourd’hui, à mesurer sa renommée
Loïe Fuller était l’une des danseuses les mieux payées au monde. Mais, bien qu’elle soit parvenue à réunir autour d’elle intellectuels et public populaire, beaucoup d’universitaires ne la considèrent pas comme une danseuse parce qu’elle n’a pas transmis son savoir. Connaissant le côté inhumain et quasi destructeur de sa danse, elle a appris à exprimer autre chose aux jeunes filles auxquelles elle enseignait. J’ai eu l’occasion de voir un film qu’elle a réalisé où l’on voit ses danseuses : on est en 1900, elles sont à moitié nues et d’une liberté inouïe qui faisait d’ailleurs scandale. Mais c’est précisément la liberté que Loïe Fuller voulait leur enseigner.
Dernière facétie de la vie : elle est enterrée au Père Lachaise à 100 mètres d’Isadora Duncan. Sa tombe est enfouie dans la végétation quand celle d’Isadora est magnifiquement entretenue. L’injustice perdure.

Il y a des scènes très picturales dans le film : la mort du père avec le sang qui s’écoule de la baignoire, la séance photo, où Loïe fait l’amour la première fois avec une armure...
Pour chaque scène, j’ai essayé de trouver une idée qui exprime un geste. Et, chaque fois, je me posais la question : l’a-t-on déjà vue ? Benoît Debie, le chef opérateur, a beaucoup contribué à donner son caractère pictural au film. Il est le seul à avoir cette approche. Je savais, pour avoir vu son travail sur Love, de Gaspard Noé, que c’était lui qu’il me fallait. Chance formidable, il a adoré le scénario et a accepté de s’engager sur le film. Je suis comme Loïe Fuller avec ses 25 techniciens : sans lui, sans Alain Attal, mon producteur, sans Anaïs Romand, la chef costumière, sans Carlos Conti, le chef décorateur et sans tous les gens qui m’ont entourée, La Danseuse n’existerait pas.

Parlez-nous de la préparation.
Dès l’écriture, j’ai fait parallèlement un travail de repérage : j’avais besoin de trouver mes décors pour faire vivre mes personnages : cette ruine, dans le parc, pour le dîner d’anniversaire de Gabrielle, la rotonde du château, dans laquelle elle danse… l’église, où vivent les Mothers - dénichée dans le IXème-, le théâtre où elle se produit, jusqu’aux scènes dans le Far West, qui ont été tournées dans le Vercors. Dans le scénario, il y avait des détails qui prenaient en compte les lieux que j’avais déjà choisis, j’avais besoin de ça pour y croire.

Avez-vous vraiment tourné la dernière danse, La Danse des Miroirs à l’Opéra de Paris ?
Oui. Je n’avais qu’une nuit de 2 heures à 8 heures du matin. Mais c’était déjà extraordinaire.

Bien qu’elle ait déjà tourné dans quelques films, Lily-Rose Depp, qui interprète Isadora Duncan, tient son premier grand rôle dans La Danseuse.
Je ne la connaissais pas et suis allée aux Etats-Unis pour la rencontrer et lui faire passer des essais. Dès la première scène, j’ai compris que j’avais affaire à une star. Elle m’a bluffée. Lily-Rose, qui n’a que 16 ans, n’a peur de rien, et est incroyablement à l’aise dans son corps. Alors que Soko a dû s’entrainer durant des semaines, elle, a tout de suite collé au personnage. Toujours cette histoire d’injustice…

Comment dirige-t-on des acteurs aussi chevronnés que Soko, Mélanie Thierry, Gaspard Ulliel ou François Damiens, qui joue Marchand, le directeur des Folies Bergère ?
J’étais comme Loïe Fuller : j’avais une mission. Ce n’était pas Soko ou Gaspard Ulliel que je voyais franchir une porte, c’était Loïe Fuller et Louis Dorsay. J’étais tellement imprégnée par mon sujet, je ne parlais pas aux acteurs mais aux personnages. Ils étaient tous différents : Soko, généreuse et très investie, elle a une énergie qu’il fallait canaliser ; Gaspard, un maître de précision ; Mélanie, douée et instinctive... C’était dur pour Mélanie Thierry de jouer cette femme de l’ombre. Face à l’énergie débordante de Loïe, il me fallait quelqu’un d’aussi puissant mais tout en retenue. Le silence, c’est ce qu’il y a de plus compliqué à jouer. C’est une performance différente de celle de Soko, mais tout autant difficile. Ils m’ont tous beaucoup impressionnée. Je faisais peu de prises et les comédiens s’en sont parfois inquiétés. Tout en respectant l’époque, ma manière de filmer devait coller au rythme et à la liberté de mon héroïne ; à sa modernité. J’aime filmer les corps en mouvement ; c’est un parti pris que j’ai encore accentué au montage. J’ai cette étrange impression que tous étaient venus pour défendre mon film coûte que coûte, autant que moi. Ils ont tous pris des risques, ça reste un premier film, c’est l’inconnu pour eux. Leur investissement m’a beaucoup touchée.

Un mot sur la musique…
L’interprétation très contemporaine de Vivaldi par Max Richter s’est tout de suite imposée à moi pour les chorégraphies. Loïe Fuller n’était pas très mélomane et dansait à peu près sur n’importe quoi. Pour coexister avec Vivaldi, j’ai choisi le travail de Warren Ellis et Nick Cave que je trouve très émouvant.

On ne peut pas s’empêcher d’établir un lien entre le combat que mène Loïe Fuller à chaque représentation et celui qu’un metteur en scène doit livrer pour tourner son premier film…
Tous les metteurs en scène sont des Loïe Fuller. C’est aussi, dans un sens, un film sur la naissance du cinéma, à travers le mouvement et la mise en scène. Loïe Fuller incarne cet art à la fois élitiste et populaire. Elle voit grand et beau. Tous les arts sont une façon de rester libre. Mon film parle de cette liberté essentielle.

ENTRETIEN ALAIN ATTAL

LA DANSEUSE, de Stéphanie Di Giusto, était un projet extrêmement ambitieux pour un premier long métrage. Qu’est-ce qui vous a décidé à le produire ?
Vincent Maraval, de Wild Bunch m’avait donné, le premier, des arguments  propres à éveiller mon intérêt : « Il n’y a pas de vedettes, la fille fait son premier film, ça coûte une blinde…». J’ai donc lu le scénario de La Danseuse en étant prévenu, mais en le refermant, l’excitation était là. Puis ma rencontre avec Stéphanie Di Giusto a été une nouvelle étape-clé : elle avait le genre de fièvre créatrice qui bouscule tout sur son passage.

Racontez-nous cette rencontre.
Elle était prête, son projet, déjà très muri, son scénario, très développé -130 pages- et abondamment illustré. Elle avait même constitué un dossier complémentaire avec des photos de Loïe Fuller et des envies précises de décors et de casting. Stéphanie émettait des réponses très précises à toutes mes questions. Je voyais son film. En termes de bouillonnement artistique et d’échanges, elle est sans doute l’une des plus belles rencontres de ma vie professionnelle.

Comment avez-vous réagi à son désir de prendre Soko pour interpréter Loïe Fuller ?
Chez moi, ce sont vraiment les réalisateurs les patrons, mais, si je ne suis jamais interventionniste sur le casting, j’ai une sensibilité, des goûts, mais franchement le choix de Soko a participé à mon engagement. Je l’avais déjà adorée dans Augustine, d’Alice Winocour, dans À l’origine, de Xavier Giannoli, et même dans certains films où elle avait un tout petit rôle. J’aimais son côté électron libre, et je trouvais intéressant de choisir une artiste à la personnalité très affirmée pour en incarner une autre.

Soko est très connue dans le milieu du rock indépendant et du post punk ; moins dans celui du cinéma…
J’étais conscient qu’en adhérant au choix de Stéphanie, je me tirais une nouvelle balle dans le pied : difficile de convaincre une chaîne de télévision de s’engager sur un premier film coûteux avec une comédienne principale quasi-inconnue du grand public. Malgré cela, j’ai décidé de foncer. Ma femme Caroline, qui lit tous mes projets, et dont l’avis compte beaucoup pour moi tant il est sans concession, m’a énormément soutenu tout au long de la production très chaotique de ce film, et son enthousiasme m’a donné de la force.

Vous avez la réputation de suivre de très près les films que vous produisez.
Comment s’est déroulé le travail avec Stéphanie Di Giusto ?
Nous avons beaucoup échangé et beaucoup retravaillé le scénario - les personnages secondaires étaient un peu trop « derrière » - nous avons notamment développé les partitions de Mélanie Thierry et de Gaspard Ulliel. Stéphanie et moi avons parfois croisé le fer sur certaines séquences, d’autant qu’elle réécrivait tout le temps, tous les jours. Elle a dû écrire ainsi 50 nouvelles versions avant la version finale.
Cela peut paraître étrange mais Stéphanie et moi évoquions souvent Rocky, ce type qui rêve de devenir champion du monde et qui est prêt à tout sacrifier pour arriver à ses fins, alors qu’il boxe dans une petite salle minable des faubourgs de Philadelphie. La Danseuse, c’était la même histoire, ce sont les mêmes codes… Elle n’a rien lâché sur rien : elle tenait absolument à avoir Benoît Debie comme chef opérateur et l’a finalement convaincu. Elle n’a pas hésité à s’envoler plusieurs fois sans prévenir personne pour Los Angeles afin d’y dénicher l’actrice - Lily-Rose Depp - qui interpréterait Isadora Duncan. Persuader Gaspard Ulliel pour qu’il accepte le rôle de Louis d’Orsay et convaincre François Damiens, pour le rôle du directeur des Folies Bergère, François Damiens que nous n’avions absolument pas les moyens de rémunérer à sa juste valeur.

Parlez-nous du montage financier, ce film a été très risqué pour le Trésor ?
J’ai dû prendre de gros risques, oui. Je n’ai jamais autant exposé mon entreprise que sur ce film. Plus d’1,5 million d’euros. C’est énorme : le film coûte 8 millions d’euros, je n’en ai trouvé qu’un peu moins de 6,5.

Vous êtes assez coutumier de ce genre de folie…
Je l’ai fait sur Polisse, sur lequel déjà le « raisonnable » a été balayé par « l’indispensable », sur Ne le dis à personne aussi où aucun financier ne voulait entendre parler de François Cluzet ; et surtout sur Le Concert, de Radu Mihaileanu, clairement mon pari le plus fou avant La Danseuse.
Dans ces cas-là, on se retrouve dans une position totalement schizophrénique où l’on veut le meilleur pour le film tout en ayant conscience de ne pas avoir l’argent pour le lui donner. On s’endette, on se lance à corps perdu dans l’aventure et surtout, on donne raison au réalisateur, parce que l’on sait qu’il est dans le vrai lorsqu’il refuse de céder sur tel ou tel point. Radu Mihaileanu savait ce dont il avait besoin et, dieu merci, son film a marché ; Stéphanie Di Giusto n’a rien cédé non plus, l’histoire nous dira si j’ai bien fait de la suivre…

Au final, qui sont vos partenaires ?
Le CNC, qui nous a attribué l’Avance sur Recettes, Canal Plus, Ciné+, Wild Bunch Distribution qui s’occupe également des ventes à l’étranger, et une coproduction avec une société tchèque Serena Films, et également avec les frères Dardenne. Puis en cours de tournage, Orange Studio nous a rejoint pour une petite co-production.

L’une des scènes clés du film – celle où le personnage de Loïe Fuller se produit à l’Opéra – représentait un double défi chorégraphique et cinématographique.
Stéphanie le savait et s’était assurée très en amont de la collaboration de Jody Sperling, une chorégraphe qui a formé puis fait répéter Soko. Et du coup, elle pouvait ainsi se concentrer sur le découpage et la façon de filmer cette danse-là, ainsi que celle avec toutes les élèves-danseuses, dans la forêt.

Est-ce facile de tourner à l’Opéra ?
C’est un établissement public, on ne peut pas y faire ce qu’on veut, il y a beaucoup de contraintes mais c’était bien de finir dans ce décor majestueux. C’est du reste un des changements importants opérés dans le scénario qui prévoyait initialement cette séquence à Vienne. Que le but ultime de l’héroïne soit l’Opéra de Paris était plus parlant ; cela met la barre haut.

Vous dites que Stéphanie Di Giusto n’a cédé sur rien. Donnez-nous des exemples.
Je n’avais pas les moyens de financer les scènes où l’on voit Loïe à la montagne, aux Etats-Unis, et il me semblait que le film pouvait démarrer lorsqu’elle arrive chez sa mère. Stéphanie est revenue à la charge à la fin du tournage : « Ecoute, m’a-t-elle dit, il me faut ces scènes, on va les tourner comme un court métrage.
Retire-moi un bout de mon salaire, je les paierai. » Elle avait raison. Je n’imagine plus le film sans ces séquences qu’elle a tournées dans le Vercors.
Elle tenait également beaucoup à deux plans de Soko traversant l’Atlantique en bateau que nous avions dû laisser tomber. En février dernier, elle s’est embarquée sur un Ferry avec Soko et les deux productrices, Marie Jardillier et Emma Javaux, qui ont accompagné le film à mes côtés. Elle a tourné ses plans, sans autorisation, juste avec une caméra et Soko. La seule contrainte que j’ai ordonnée a été de lui retirer quelques heures de tournage à la fin – en cumulé environ 2 journées de tournage sur 47 en tout. J’ai eu le cran de poser cette limite car le directeur de production, épuisé, n’arrivait plus à obtenir la moindre concession de sa part.

Quel a été votre rôle au moment du montage ?
Au bout de 8 semaines de montage, Stéphanie m’a appelé : « J’ai fini », m’a-t-elle dit. La version de La Danseuse qu’elle me montre alors dure 1h20. En 26 films, je n’avais jamais vu ça ! L’inverse total de tous les réalisateurs qui sont toujours trop longs. Mais elle craignait tellement que son film soit trop contemplatif et trop dans l’émotion, qu’elle en avait fait un véritable tourbillon. Nous avons donc repris son premier bout à bout, nous sommes repartis de zéro, j’ai tenté de lui faire aimer certaines longueurs (le comble quand même…) et elle est à nouveau rentrée dans son film plus tranquillement, plus sereinement.

On sent énormément de correspondances entre la lutte que mène Loïe Fuller, l’héroïne, qui se bat pour faire reconnaître un art qu’elle a inventé, l’énergie de cette jeune réalisatrice, remontée à bloc pour faire exister son film, et votre propre implication dans ce film.
Ce n’est pas à moi de faire une auto-analyse sur ces correspondances. Par contre, la juxtaposition des destinées de ces deux femmes – celle que j’accompagnais dans sa première réalisation artistique, et celle du personnage dont l’histoire est racontée -, leur mise en abyme, m’a effectivement passionné.

Diriez-vous comme dans la chanson, « Non rien de rien, je ne regrette rien… » ?
Je n’ai jamais eu de regrets concernant les films que j’ai accompagnés, ce n’est sûrement pas avec La Danseuse que je vais commencer.

CITATIONS DES CRITIQUES DE L’ÉPOQUE

« Du divin se matérialise. On songe à des visions de légendes, à des passages vers l’Eden. »
Paul Adam.

« L’art jaillit incidemment, souverain : de la vie communiquée à des surfaces impersonnelles, aussi du sentiment de leur exagération, quant à la figurante : de l’harmonieux délire. »
Mallarmé.

« Le corps charmait d’être introuvable. Elle naissait de l’air nu, puis, soudain y rentrait. Elle s’offrait, se dérobait. Elle allait, soi-même se créant. »
Rodenbach.

« Toutes les villes où elle a passé et Paris lui sont redevables des émotions les plus pures, elle a réveillé la superbe antiquité. »
Auguste Rodin.

« La flore s’anime et s’humanise. »
Roger Marx.

« C’est une clarté qui marche, qui vit, qui palpite, et la chose véritablement émouvante, c’est que toutes ces flammes froides, de ce feu qu’on ne sent pas brûler, jaillit entre deux volutes de lumière une tête de femme, au sourire énigmatique, la tête de la danseuse sur un corps de phosphorescences insaisissables et que les lueurs vives embrasent et transfigurent. »
Félicien de Ménil.

« Est-ce une danse, est-ce une projection lumineuse, une évocation de quelque spirite ? Mystère. »
Jean Lorrain.

Crédit photo © Shanna Besson
© 2016 Wild Bunch Distribution

 
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jeudi 4 août 2016

LA DANSEUSE


Au cinéma le 28 septembre 2016

Cela faisait longtemps qu'un film français ne m'avait pas autant donné envie de le découvrir. Je trouve la bande annonce magnifique.

Un film de Stéphanie Di Giusto 
Avec Soko, Gaspard Ulliel, Mélanie Thierry, Lily-Rose Depp, François Damiens, Louis-Do de Lencquesaing, Amanda Plummer, Denis Menochet



Résumé : Rien ne destine Loïe Fuller, originaire du grand ouest américain, à devenir une icône de la Belle Epoque et encore moins à danser à l’Opéra de Paris. Même si elle doit se briser le dos et se brûler les yeux avec ses éclairages, elle ne cessera de perfectionner sa danse. Mais sa rencontre avec Isadora Duncan, jeune prodige avide de gloire, va précipiter sa chute.

Bande annonce (VF)








Crédit photo © Shanna Besson
© 2016 Wild Bunch Distribution

 
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samedi 2 juillet 2016

COMME DES BÊTES


Animation/Comédie/Très mignon, un super divertissement familial

Réalisé par Yarrow Cheney & Chris Renaud
Avec les voix en version originale de Louis C.K., Eric Stonestreet, Kevin Hart, Lake Bell, Albert Brooks, Ellie Kemper, Bobby Moynihan, Hannibal Buress, Jenny Slate, Dana Carvey, Tara Strong...
Avec les voix en version française de Philippe Lacheau, François Damiens, Willy Rovelli, Florence Foresti...

Long-métrage Américain
Titre original : The Secret Life of Pets
Durée: 01h27mn
Année de production: 2016
Distributeur: Universal Pictures International France

Date de sortie sur les écrans américains : 8 juillet 2016
Date de sortie sur nos écrans : 27 juillet 2016


Résumé : La vie secrète que mènent nos animaux domestiques une fois que nous les laissons seuls à la maison pour partir au travail ou à l’école.

Bande annonce (VOSTFR)


Bande annonce (VF)


Ce que j'en ai pensé : La projection de COMME DES BÊTES débute par un court métrage intitulé MOWER MINIONS (MINIONS EN HERBE). Les minions reviennent ici faire des bêtises en cascade pour notre plus grand plaisir. C'est une bonne entrée en matière qui fera rigoler les enfants et les parents.





**************

D'un point de vue animation et création des personnages, COMME DES BÊTES est une réussite ! L'animation est fluide et riche en détails. On en oublie qu'il s'agit de personnages animés. Les personnalités des animaux sont bien définies et correspondent à l'espèce qu'ils représentent. On s'amuse de retrouver certains traits des animaux de compagnie qu'on a pu avoir ou croiser. Les animaux sont très attachants, on suit leurs aventures avec plaisir. Les voix des acteurs en version originale sont en parfaite adéquation avec les personnages qu'ils interprètent. 




C'est sûr, il y a du craquage en vue pour Pompon, le lapin particulièrement retors et totalement délire.



Le temps passe vite. Le film est énergique, amusant et très sympathique. La 3D est bien utilisée à plusieurs reprises pour appuyer l'action. Les chansons sont entraînantes et joyeuses. J'ai particulièrement aimé les scènes de vue sur New York, elles sont magnifiques. 


Seule l'histoire peine un peu, à mon avis. Les réalisateurs Yarrow Cheney & Chris Renaud cherchent à traiter trop de sujets en peu de temps. Il y a une impression d'éparpillement. De plus, j'ai eu le sentiment qu'ils n'allaient pas au bout du traitement, je suis restée un peu sur ma faim. Par exemple, parler de la cause animale (animaux maltraités, abandonnés...) est une super idée et une occasion en or, mais le sujet au fond reste survolé dans cette histoire. Visiblement les réalisateurs ont choisi de rester sur un registre plutôt enfantin. La cible étant avant tout les enfants, cela a du sens. Cependant, des niveaux de lecture plus appuyés auraient destiné ce long-métrage d'animation autant aux adultes sans enfants qu'aux enfants avec leurs parents.

Reste que les parents passeront tout de même un très bon moment devant ce film d'animation super mignon, enlevé et aux personnages ultra attachants. Quant aux enfants, c'est sûr, ils vont adorer et ils auront bien raison. COMME DES BÊTES est un super divertissement familial que je vous conseille absolument.


NOTES DE PRODUCTION 
(A ne lire qu'après avoir vu le film pour éviter les spoilers !)

L’HISTOIRE

Max mène une vie paisible dans une relation qu’il considère idéale avec sa maîtresse Katie, jusqu’au jour où cette jeune femme au grand coeur ramène à la maison Duke, un chien abandonné. Devant ce gros bâtard totalement dépourvu d’éducation ou du moindre raffinement, qui ravi d’avoir retrouvé un foyer prend non seulement ses aises, mais se comporte comme s’ils avaient élevé les cochons ensemble, Max reste sans voix.

Bien décidé à défendre son territoire, il mène la vie dure au pauvre Duke, qui dans le fond n’est qu’un bon gros chien n’ayant pas eu beaucoup de chance jusqu’ici. Duke ne comprend pas l’attitude de Max et en déduit qu’il cherche à se débarrasser de lui. Mais une chose est sûre : il ne retournera pas à la fourrière à laquelle il vient tout juste d’échapper. Il va falloir agir et vite. Mais tout se complique dans les rues de New York où en cherchant à échapper à une bande de chats de gouttière belliqueux, ils sont ramassés par la fourrière. En route, leur fourgonnette est attaquée par Pompon, un lapin blanc qui appartenait jadis à un magicien. Désormais chef d’un gang d’animaux injustement abandonnés, il règne en justicier sur la ville et tente une intervention musclée pour libérer un de ses camarades prisonnier de la fourgonnette. Saisissant leur chance Max et Duke le persuadent de les libérer et se retrouvent recrutés malgré eux dans ce qui est en fait une véritable armée : Les Frères des Gouttières. Ces laissés pour compte, trompés et déçus, forcés à vivre dans les égouts de la ville, sont bien décidés à rendre la monnaie de leur pièce aux humains.

Mais dès que Les Frères des Gouttières se rendent compte que nos deux amis sont en fait des traîtres à leur cause en leur qualité d’animaux domestiques vivant dans l’amour et l’abondance, ils n’auront de cesse de les poursuivre jusque dans les moindres recoins de la ville.

Afin de retrouver leur vie d’avant Max et Duke doivent se sortir de ce mauvais pas et rentrer chez Katie avant le dîner afin de laisser derrière eux cette journée pour le moins riche en rebondissements.

L’IDÉE

CHRIS MELEDANDRI, le fondateur et président d’Illumination Entertainment, qui a fait de sa maison de production une des plus recherchées du moment, nous révèle comment est née l’idée de COMME DES BÊTES.

“En fait pour le film je me suis servi de tous les animaux de compagnie de ma famille. J’ai vécu avec un chat, des chiens et un oiseau, et je me suis apperçu qu’ils constituent un capital affectif énorme. Dès qu’on rentre à la maison, leur joie à notre simple vue, nous inciterait presque à nous demander si ils n’ont pas fait de grosses bêtises pendant notre absence et si ils n’exagèrent pas un peu pour nous donner le change. C’est une question que tout le monde s’est posée un jour. Dès lors j’ai commencé à les observer sous cet angle. Que j’imagine cette vie, ou qu’elle soit réelle ne fait aucune différence. L’important c’est sa richesse. Qu’est ce qu’ils peuvent bien fabriquer quand nous avons le dos tourné ? “

Depuis Los Angeles, Chris Meledandri dirige Illumination Entertainment en Californie, et Janet Healy son antenne française Illumination Mac Guff, à Paris. COMME DES BÊTES est le fruit d’un travail d’équipe. Tous deux travaillent main dans la main et la seconde de Chris Meledandri nous confie : “en fait on projette énormément de choses sur nos animaux domestiques, on leur prête des sentiments qui sont les nôtres parfois. Et du coup on ne peut s’empêcher de se demander comment ils se comportent en notre absence“.

Une fois l’idée lancée, ils se sont tournés vers leurs scénaristes de prédilection, avec lesquels ils travaillent depuis la création de la société. Chris Meledandri nous confie : “il me suffit de regarder chacun des personnages du film, que ce soit dans leur stylisation ou dans leur inspiration, pour retrouver immédiatement la patte de CINCO PAUL & KEN DAURIO. Avec l’aide de BRYAN LYNCH qui synchronisait l’écriture, ils ont récolté les expériences personnelles de chacun et les ont transformées en une véritable oeuvre artistique. Il faut dire qu’ils ont fourni une sacrée matière première“. Les deux auteurs nous expliquent que la première idée qui leur est venue était celle d’un chien qui regarde son maître partir et qui, dès que la porte claque, jette le contenu de sa gamelle à la poubelle et va directement dans le frigo chercher quelque chose de meilleur à manger.

Ensuite si faire rire les spectateurs était le but initial du film, il fallait trouver comment les émouvoir. Au final ce film est un véritable hommage à l’amour exclusif que nous portent nos compagnons qu’ils aient quatre pattes ou deux ailes. Qu’importe ce qu’il leur arrive, les risques qu’ils prennent ou les ennemis qu’ils rencontrent, ce qui importe c’est d’être fidèle au poste pour le retour de son maître. Quel que soit le niveau d’intensité de leur vie quand ces derniers ont le dos tourné, leur retour reste LE point stratégique et culminant de la journée. Chris Meledandri va un peu plus loin et nous explique qu’ils ont voulu corser un peu les choses en introduisant un rival : "en fait la réaction de Max face à l’arrivée de Duke est un peu calquée sur celle de mon fils qui, à l’âge de 9 ans, quand nous sommes rentrés de l’hôpital, ma femme et moi avec un bébé dans les bras, a du se dire : “«Mais il vient d’où lui ? Qui lui a permis de s’installer ici ? Ma vie allait très bien avant… je n’ai pas l’intention de partager un bonheur si parfait!»".

Ils ont décidé de situer l’action dans un immeuble où il y avait beaucoup d’animaux, imaginant qu’une fois leurs maîtres respectifs partis, ils se retrouvaient tous pour faire la fête, cancaner à gogo, boire l’eau des toilettes… des choses qu’ils ne feraient jamais en leur présence. Comme à chaque fois, ils commencent par déterminer et situer les personnages, pour ensuite raconter une histoire.

LES RÉALISATEURS

CHRIS RENAUD, le réalisateur du film, fait également partie de l’équipe d’Illumination Entertainment depuis toujours. Avec Chris Meledandri, ils se sont rencontrés à la Fox alors qu’il y travaillait comme story boarder et que Meledandri était directeur de l’animation. C’est ce dernier qui lui a alors donné sa chance et permis de transformer l’essai en tant que réalisateur sur le court-métrage Il Était Une Noix (Chris Renaud & Mike Thurmeier, 2006) où on peut suivre les aventures de Scrat l’écureuil de L’ÂGE DE GLACE à la poursuite de sa fameuse noisette. Ils ne se sont pas quittés depuis. Leurs efforts ont fini par porter leurs fruits en 2010 à la sortie de MOI MOCHE ET MÉCHANT (Chris Renaud & Pierre Coffin).

Un film d’animation est un véritable travail de groupe. Il s’agit de réunir le talent de centaines de créatifs pour former une chaîne où chaque maillon est d’une importance cruciale. Il faut non seulement les guider, et les inspirer, mais également harmoniser leur travail afin que le film soit totalement homogène et l’expression d’une même pensée. Et puis il faut que le film reste ludique, instructif, émouvant… et finalement unique en son genre. C’est le travail de Chris Renaud. Il est rejoint par YARROW CHENEY qui était directeur artistique sur son deuxième long métrage, LE LORAX (en co réalisation avec Kyle Balda en 2012). À l’instar de ce qu’il avait fait avec Chris Renaud, Meledandri, a su lui faire confiance et lui donner sa chance en tant que réalisateur. 

L’essai fut transformé avec PUPPY (Yarrow Cheney & Bruno Dequier, 2013), un des courts-métrages les plus drôles de chez Illumination Entertainment.

À propos du film, Chris Renaud nous explique qu’il voulait donner un ton résolument moderne et contemporain à une situation surannée : la fidélité domestique. Qu’importe que vous partiez deux jours, deux heures ou deux secondes, le retour à la maison est toujours l’occasion d’un pic de joie incommensurable pour nos compagnons poilus. Et ce, peu importe la durée de votre absence. L’illustration parfaite en est peut-être Katie qui est le centre de l’univers de Max. Il est persuadé qu’en dehors des moments qu’ils passent ensemble la vie de sa maîtresse est aussi inutile que la sienne. 

“Chaque animal possède son caractère propre, et on ne peut s’empêcher d’y voir des ressemblances avec ceux des humains. Et quand on part au travail tous les jours, ce sont eux qui gèrent la maison. Il était alors facile d’imaginer que, tout comme nous, ils ont leurs petites habitudes“ ajoute Yarrow Cheney qui lui aussi est un familier des animaux de compagnie.

Si Chris Renaud, en sa qualité d’ancien story boarder, est un as de la précision, du rythme et du timing, avec une sensibilité comique à la limite de l’irrévérence, Yarrow Cheney lui, vient des arts appliqués et possède un sens artistique de l’esthétique et de la colorimétrie. En sa qualité de peintre, il est capable de saisir la sensibilité des lieux comme des personnages. À eux deux ils formaient la combinaison parfaite. Afin de saisir le point de vue des animaux, il a fallu se mettre à leur hauteur, et s’il y a des plans vertigineux en perspective, le film est également truffé de cadres subjectifs du point de vue de l’animal. Ils n’ont pas voulu faire trop d’anthropomorphisme, et se sont attachés à bien retranscrire les caractéristiques totalement animales de chaque personnage. Pour ce faire ils ont étudié minutieusement les différentes manières dont chaque animal pouvait se mouvoir, bouger ses membres, ou réagir dans des situations précises. C’est ainsi qu’ils ont su saisir ces moments d’alertes intenses chez les chiens qui peuvent être immédiatement distraits par un vol de papillon qui les précipite dans une tout autre direction.

Le but est que chacun reconnaisse les caractéristiques de son propre animal de compagnie, et puisse rire de ces ressemblances. Il n’était pas question de les humaniser en les faisant marcher sur deux pattes ou de les habiller comme des humains. Il était primordial qu’ils restent des animaux à part entière. La frontière était ténue. “Dès que les personnages s’humanisaient un peu trop, on risquait de perdre le fil“ développe Chris Meledandri : “ce qui importait vraiment c’était que le spectateur puisse y croire. Tout est basé sur la manière dont nous envisageons nos petits compagnons, c’est là que réside la magie du film : cet espace ténu où notre imagination peut s’emballer parce qu’elle est justement ancrée à quelque chose de fondamentalement crédible et vraisemblable. Bien sûr chaque personnage du film s’exprime comme vous et moi, et l’important était donc que son attitude soit la plus proche du réel et immédiatement identifiable afin de faire passer leur langage humain pour une simple convention de principe. C’est là-dessus que le travail de toute l’équipe s’est concentré : mettre en avant les comportements, la gestuelle et la psyché de nos petits compagnons afin qu’ils soient immédiatement identifiables et donc familiers“.

LES PERSONNAGES

Quand il a fallu se mettre à la recherche des comédiens qui doubleraient le film, l’équipe s’est vite apperçu qu’ils n’auraient pas trop de mal à convaincre leurs interlocuteurs. “Tout le monde adore les animaux. L’amour inconditionnel est leur caractéristique fondamentale et on les aime inconditionnellement”, nous rappelle Chris Meledandri.

À l’instar de Steve Carell qui avait déjà travaillé sur MOI MOCHE ET MÉCHANT, c’est Louis C. K. cette fois qui prête son enthousiasme à Max, tandis que Kevin Hart apporte un côté complètement fou à Pompon, et Eric Stonestreet une humanité fantastique à Duke. L’antagonisme entre Duke et Max est le coeur du film, et leur journée se transforme en quête initiatique à la fin de laquelle ils sont unis comme deux frères. Les deux comédiens n’ont pas toujours enregistré ensemble et leurs prestations comportaient beaucoup d’improvisations. Grâce à leur talent cela ne se ressent pas du tout à l’écran.

Chris Renaud précise que si les personnages sont dessinés après que les acteurs ont interprété les rôles, ils ne sont pas basés sur leurs caractéristiques physiques, mais bien vocales. “On travaille vraiment en fonction du son. Les voix ont des inflexions qui leurs sont propres et qui en disent long sur leurs émetteurs, alors forcément leur personnalité finit toujours par transparaitre un peu dans le processus d’animation”.


MAX - Louis C.K. : Max est un Jack Russel fidèle gâté qui réussira à trouver le chemin de la bravoure avant celui de la maison.

C’était la première fois que le comédien prêtait sa voix à un personnage de film d’animation. Chris Meledandri et Chris Renaud ont toujours adoré le travail de ce comédien qu’on ne présente plus et ils ont pris un plaisir sans nom à créer un personnage à la hauteur de son talent.


DUKE - Eric Stonestreet : Duke, est un bon grand et gros bâtard à poils longs, qui a été sauvé de la fourrière par Katie et va faire partie intégrante de la famille… que Max le veuille ou non. Eric Stonestreet est totalement à l’image de son personnage, un grand gars avec un gros coeur. Sa voix dégage une chaleur sans pareille qui combinée à l’écriture et au graphisme de son personnage fonctionne parfaitement à l’écran.


POMPON - Kevin Hart : Ce lapin aussi mignon que complètement azimuté, a mis sur pied une armée, Les Frères Des Gouttières, composée d’animaux injustement abandonnés. Il est adorable au-delà du raisonnable mais totalement ravagé.

C’est un des personnages les plus dingues qu’Illumination ait jamais créé et cela tient à l’incroyable énergie de son interprète. Pompon est un filou à l’apparence d’une adorable créature, et ce mélange est un cocktail détonnant, plein de nuances auxquelles s’ajoute également le fait qu’il est capable de péter un câble en une nano seconde. La performance de Kevin Hart était tout simplement bluffante. Brian Lynch ajoute : “Pompon, comme son interprète, est une force de la nature. Kevin est capable de transformer une ligne de texte en un monologue qui en plus va être 10 fois plus drôle que ce que vous aviez écrit initialement. Il est phénoménal”.

KATIE - Elie Kemper : Katie est la maitresse de Max, elle veut sauver le monde entier, un chien après l’autre.

C’est un personnage qui n’était pas évident à interpréter dans la mesure où on ne la voit qu’au début et à la fin du film. Contrairement aux autres on ne la suit pas, on n’apprend pas grand chose sur elle, et il a fallu tout le talent d’Elie Kemper pour réussir à lui donner un véritable relief. Chris Meledandri souligne bien que “son rôle est crucial : elle c’est nous. C’est à elle que le public va pouvoir s’identifier. Et il fallait qu’elle puisse le conquérir d’emblée. Ellie possède ce petit supplément de charme qui fait que dès qu’elle entre quelque part tout le monde peut ressentir sa gentillesse et sa chaleur humaine”.


OZONE - Steve Coogan : Un chat de gouttière arrogant, aussi minable à l’extérieur qu’à l’intérieur. 


TIBERIUS - Albert Brooks : Ce faucon solitaire à queue rouge possède une intelligence aussi acérée que ses serres. C’est une des interprétations les plus mémorables du film. Un prédateur aussi dangereux qu’incisif et rapide comme l’éclair. Comme son interprète, qui n’a cessé d’impressionner toute l’équipe par la vitesse à laquelle il intégrait les indications et la virtuosité avec laquelle il renchérissait. C’est lors d’un déjeuner que l’acteur avait confié à Chris Meledandri son envie de travailler avec lui. Une suggestion qui n’est pas tombée dans l’oreille d’un sourd.


PAPY - Dana Carvey : est un vieux basset qui a trainé ses pattes ridées dans toute la ville dont il connaît les moindres recoins. À l’instar de son personnage, Dana Carvey a tout fait. Celui qu’on appelle l’homme aux plus de 1000 personnalités avait déjà travaillé avec Chris Meledandri et ils se sont retrouvés avec un plaisir non dissimulé. Brian Lynch ajoute : “non seulement quand je lui donnais des dialogues il les interprétait à la perfection, comme s’il avait répété pendant des heures, mais en plus il les modifiait systématiquement et presque inconsciemment pour les rendre encore plus efficaces. Il est tout simplement impressionnant”. 


MEL - Bobby Moynihan : Cet enthousiaste Carlin, pourrait être un redoutable tombeur s’il ne se comportait pas comme le ravi de la crèche.

Chris Meledandri nous explique : “ce n’est peut être pas une lumière mais son sens de l’allégeance le rend juste adorable. Le graphisme du personnage additionné au timbre de Bobby, qui est un acteur complètement hystérique, est juste irrésistible”.


BUDDY - Hannibal Buress : est un long teckel sarcastique, mais il est toujours le premier arrivé, et toujours le dernier à partir. Ce personnage tenait initialement moins de place dans le film. Mais la présence de l’interprétation d’Hannibal Buress en a fait un référent incontournable : la voix de la sagesse.


CHLOÉ - Lake Bell : Cette grosse chatte ne perd jamais sa flegmatique indifférence… à moins que vous n’ayez quelque friandise sous la main.

La tâche de Lake Bell était délicate dans la mesure où son personnage symbolise l’ensemble de la race féline : légèrement condescendante, d’une intelligence redoutable, elle ne daigne porter attention qu’à ce qui l’intéresse. Mais en dépit de cela beaucoup de gens s’évertuent à aimer les chats et savent ou du moins espèrent que c’est réciproque.


GIDGET - Jenny Slate : Naïve mais courageuse cette femelle Spitz nain, dite également Loulou de Poméranie, sous ses airs de boule de poils immaculée est avant tout un vrai boulet de canon et l’admiratrice secrète de Max.

La comédienne a donné un tour inattendu à la personnalité de cette chienne fleur bleue. Là où on l’attendait douce et délicate elle fait preuve d’un courage et d’une ténacité hors du commun.


NORMAN - Chris Renaud : Ce cochon d’Inde qui plane complètement possède une cervelle de la taille d’un haricot, dont il n’utilise généralement que 50%.


SWEETPEA - Cette perruche qui ne connait pas la peur ne compte que sur ses deux ailes.


LEONARD : Un caniche royal complètement punk sous ses airs mondains. On peut vivre dans luxueux appartement avec terrasse et avoir un goût prononcé pour le hard rock.


TATTOO - Michael Beattie : Ce cochon grassouillet tatoué de la tête au pied par son ancien maître est le second de Pompon.


RIPPER : C’est le genre de chien qui mord avant d’aboyer. Tout en muscles et en crocs, il est prêt à mettre en pièce quiconque s’opposerait à ses Frères Des Gouttières.


CROCODILE : Le nombre de ses écailles n’a d’égal que sa soif de vengeance.


DRAGON : Un animal littéralement à sang froid.

COMME DES BÊTES

Pour pouvoir créer les personnages, les membres de l’équipe ont commencé par réunir leurs anecdotes à propos de leurs propres animaux de compagnie. Chris Meledandri nous raconte : “j’ai moi même deux chiens et un oiseau, et je les ai souvent épiés pour voir ce qu’ils faisaient une fois la porte claquée. Dès notre départ ils foncent dans la cuisine sautent sur la table et la lèchent jusqu’à la dernière miette. Ensuite ils foncent dans la chambre à coucher et font la sieste sur les oreillers. Il y a une drôle d’interaction avec notre oiseau, que je n’ai pas très bien saisie. En revanche les rapports avec les chiens du voisin sont évidents et incluent une bonne dose de complot. Si on leur en donne l’occasion ils fichent immédiatement le camp et pendant 3 bonnes heures vous vous faites un sang d’encre en vous demandant ce qu’ils peuvent bien faire“.

Chris Renaud s’empresse d’ajouter “dans ma famille on a eu tous les animaux domestiques possibles et imaginables, du Setter Irlandais à la tortue en passant par le chat, le lézard, le cochon d’inde, les rongeurs, ou le poisson. Mais ils ne sont pas la seule source d’inspiration du film. Tout le monde y est allé de son expérience et de ses observations“.

En réunissant leurs anecdotes, ils se sont aperçus que parmi les comportements de nos petits amis se dégageaient des traits universels communs à tous. C’est précisément ce sur quoi toute l’équipe s’est concentrée afin que chaque spectateur puisse retrouver son propre petit compagnon à travers les personnages du film.

L’autre stade créatif incontournable est l’observation attentive des expressions et de la gestuelle animale. BRUNO CHAUFFARD, qui dirige les effets numériques, nous explique qu’il faut à peu près six mois pour saisir, retranscrire et animer la gestuelle d’un personnage. Au même titre que l’inspiration, le story bord joue un rôle crucial dans le processus créatif. KEN SCHRETZMANN, le monteur nous explique que le story board est l’ADN du film. Du stade de la création des scènes, et de leur animation jusqu’au montage, le but à atteindre est très clair, grâce au story board.

Les personnages du film sont donc un habile mélange des animaux domestiques de tous les membres de l’équipe et du fruit de l’imagination de celui qui est en charge de la direction visuelle du film, ERIC GUILLON. Mais la voix des comédiens a changé beaucoup de choses. Par exemple Pompon, qui est le mélange improbable d’un petit lapin blanc avec la voix de Kevin Hart avait d’abord été envisagé comme un leader, un peu plus grand que nature, mais très vite ils se sont aperçu que d’en faire une minuscule chose adorable était beaucoup plus intéressant.

ANIMER LES PERSONNAGES

Bien sûr la crédibilité est la clef de voûte des personnages du film, mais il est impossible de ne les traiter que comme des animaux. Chaque personnage a le comportement d’un animal de compagnie, mais pense et parle comme un être humain. C’est ce petit détail qui permet au spectateur de s’identifier et de s’amuser pendant tout le film.

Chaque étape de la création et de l’animation était chapeautée avec une grande précision par la productrice Janet Healy. ‘‘Sous la houlette de Janet et JACQUES BLED le PDG de Mac Guff à Paris, le studio, dont nous avons fait l’acquisition et qui est devenu Illumination Mac Guff, est le mieux dirigé que je connaisse’’ nous confie Chris Meledandri, ‘‘C’est en tous cas le studio le mieux dirigé avec lequel j’ai eu le plaisir de travailler’’.

En charge de la direction visuelle et créateur des esquisses des personnages, ÉRIC GUILLON, se basant sur les attentes et les conversations avec la production, arrive à chaque fois à les surprendre avec des personnages complètement inédits. Après le story-board et les croquis des personnages vient l’étape de la mise en scène.

Le lay out, c’est le travail de REGIS SCHULLER. C’est le premier stade de l’animation à part entière : la mise en place des personnages dans leur environnement en 3 dimensions. Vient ensuite l’animation des personnages. JULIEN SORET ET JONATHAN DEL VAL nous expliquent qu’ils décident de la stylisation et du graphisme des personnages. C’est ainsi qu’ils affinent l’aspect animal en s’appuyant sur des races spécifiquement reconnaissables, afin qu’ils soient immédiatement identifiables et d’autant plus familiers. Les effets spéciaux achèvent ensuite de donner de la crédibilité à l’environnement où évoluent les personnages. C’est le travail de SIMON PLATE qui se joue parfois des lois de la physique afin d’atteindre l’effet désiré. “Si les personnages sont au centre de l’intrigue, notre travail est de les mettre en valeur“.

Et pour finir Chris Meledandri nous explique comment ils peaufinent tous les personnages qui ne sont pas au centre de l’action: “cela permet de pouvoir voir le film plusieurs fois et d’y découvrir sans cesse de nouveaux détails. Nous-même nous revisionnons les mêmes scènes jusqu’à 50 fois sur une période de 3 ans et demi sans jamais nous en lasser. On peut y déceler sans cesse des microdétails passionnants à saisir un peu partout qui apportent un véritable relief au film“.

RECRÉER NEW YORK

Dès qu’il a été question de situer l’action du film à New York, Chris Renaud a immédiatement voulu proposer une version romantique de cette ville aussi mythique que cinégénique. Yarrow Cheney a concrétisé cette idée en baignant la ville dans des teintes automnales, et en opposant la magnificence des buildings à la splendeur de la nature : le New York idéalisé de COMME DES BÊTES était né. Le pavé new yorkais se texturise et prend vie, jonché d’une myriade de détails qui apportent une vraisemblance inouïe à cet ensemble pourtant magnifié. Encore une fois c’est ce sens du détail, de la précision et de la crédibilité qui permet au spectateur de mieux pouvoir s’évader parce qu’il est en confiance avec l’univers du film.

Et il en va de même pour les personnages. C’est parce qu’ils sont crédibles que toute excentricité leur est permise. En fait ces détails sont la colonne vertébrale de la stylisation des univers et de la caricature des personnages. On est loin du réalisme et pourtant ces personnages aussi bien que ces lieux paraissent très familiers tout en étant complètement inédits.

Le petit monde de COMME DES BÊTES est inspiré des nombreux dessins que Jean Jacques Sempé a publiés dans le New York Times. Ces dessins étaient empreints de poésie et de légèreté avec un contraste appuyé entre les personnages et l’architecture de la ville. Cette idée a été largement exploitée dans la stylisation d’un New York démesuré, véritable jungle à l’échelle de nos petits amis.

Cette ville a été recréée du point de vue de Max. Il porte un regard généreux, optimiste et un poil romantique sur les choses. Elle tient plus d’une version albâtre et verticale de la cité d’émeraude du pays d’Oz que de celle du New York des sixties des MINIONS. Et l’automne avec ses tonalités de marron, d’orange et d’or lui confère des couleurs familières à un Jack Russel.

COLIN STIMPSON, le directeur artistique du film, nous explique qu’il s’est basé sur l’impression de gigantisme qu’il avait lui même ressenti lors de son premier voyage à New York. Et il insiste sur le fait que si d’un point de vue humain cela paraît démesuré, la perspective animale doit aggraver encore ce phénomène. C’est ainsi qu’ils se sont concentrés sur des petits détails adaptés à l’angle de vision très près du sol de nos protagonistes. C’est pourquoi un soin tout particulier a été apporté à la simple texture du trottoir, ou aux bas de portes, des détails auxquels on ne porte jamais attention.

THIERRY NOBLET, à la création lumière, doit ensuite faire en sorte que le passage des dessins de l’équipe artistique au tridimensionnel n’en écrase aucune des subtilités, mais puisse au contraire les mettre en lumière.

CELINE ALLEGRE qui supervisait la composition de l’image, nous explique dans quelle mesure son travail est le dernier maillon de la chaîne de fabrication : “cela consiste à assembler toutes les couches : les décors, les personnages tout en réalisant les effets de caméra, et en animant certains déplacements, sans compter les effets spéciaux, comme la pluie, les explosions, le ciel ou les nuages. Par exemple au début du film la ville est présentée par un plan aérien qui comporte beaucoup d’éléments très spécifiques comme les réflexions sur les vitres ou sur l’eau ainsi que les rayonnements du soleil“.

LA MUSIQUE

C’est le compositeur multi recompensé ALEXANDRE DESPLAT, à qui l’on doit les bandes originales de films tels que THE GRAND BUDAPEST HOTEL (Wes Anderson, 2013), INVINCIBLE (Angelina Jolie, 2014), LE DISCOURS D’UN ROI (Tom Hooper, 2010) HARRY POTTER ET LES RELIQUES DE LA MORT 1 & 2 (David Yates, 2010, 11), qui s’est chargé de trouver la tonalité sonore de cette ville. Avec la collaboration de musiciens tels que Conrad Pope, Mark Graham et Jean-Pascal Beintus, il a habillé le film avec finesse, des moments intimistes aux scènes de poursuites les plus échevelées. C’est sa première collaboration avec Illumination Entertainment et Chris Meledandri admet que la signature audio que ce dernier a amenée au film lui confère une identité propre. Avec des touches jazzy et l’influence de Gershwin inhérentes à la ville de New York il a su apporter au film un niveau de narration supplémentaire.

La bande originale est également émaillée de tubes résolument modernes tels que “Welcome to New York” de Taylor Swift , “Good Day” des Nappy Roots, en passant par “Bounce,” de System of a Down, “No Sleep Till Brooklyn”, des Beastie Boys’’ ou “Party Hard’’ d’Andrew W.K., mais également de morceaux classiques tels que “Le Printemps’’ extrait des ‘‘Quatre Saisons’’ de Vivaldi ou encore des standards comme “You’re My Best Friend” de Queen ou “Stayin’ Alive” des Bee Gees, et ce, pour que le spectateur puisse fredonner des airs familiers, quel que soit son âge.

UN FILM SIGNÉ ILLUMINATION

La politique chez Illumination Entertainment est de faire des films accessibles à tous, avec différents niveaux de lecture. Ce sont des films extrêmement créatifs, touchants, subversifs, auxquels on peut facilement s’identifier, tout en restant très pointus. Une marque de fabrique qui a su conquérir le public et est désormais garante de qualité.

Chris Meledandri développe : “notre cahier des charges est de faire rire les spectateurs. Nous avons également opté pour une vision au-delà des frontières, non seulement parce que nos studios se partagent entre Los Angeles et Paris, mais aussi par le caractère interculturel de nos équipes qui regroupent plus de quinze nationalités différentes. Notre compagnie est constituée de centaines d’artistes talentueux, et ce sont eux qui portent nos films“.

Il y a 9 ans, lors de sa création, l’activité du studio se partageait dans le monde entier. Il était très important de couper avec l’ethnocentrisme des films américains et de prendre en compte l’aspect interculturel des spectateurs dans le monde entier.

Pour Chris Meledandri c’est le lien avec les spectateurs qui prime avant tout. C’est pourquoi les personnages ne sont jamais parfaits, afin de se concentrer sur l’humanité de leurs défauts. Leurs vulnérabilités et leurs faiblesses en font leur singularité, et tout ce qui est un peu tordu ou dysfonctionnel trouve un intérêt chez Illumination.

Le talent du fondateur et président de cette compagnie est de savoir trouver les bonnes histoires et la bonne combinaison pour pouvoir la raconter. C’est un travail d’équipe où chaque personne est le maillon essentiel d’une chaîne de talents exceptionnels.

Bien qu’accumulant les succès, ils savent se remettre sans cesse en question et chaque film est un nouveau pari. Ils essaient de rester aussi curieux, flexibles, ouverts et innovants que possible tout en n’hésitant pas à prendre des risques afin de ne pas lasser les spectateurs de plus en plus exigeants. Plus encore que pour les films normaux, l’animation requiert des talents exceptionnels à tous les niveaux de fabrication. Le but est de créer une armée de créatifs hors du commun et le défi ultime est de réussir à ce que leurs énergies s’homogénéisent autour d’une même vision.

Chris Meledandri nous explique : “il faut réunir deux atouts principaux : une direction de talent et des talents de conteur. C’est l’essence même d’un film réussi et cela pose des jalons de qualité qu’il suffit ensuite de suivre. Il est certains qu’on s’égare souvent dans le processus de création, mais ces jalons sont là pour vous indiquer la direction générale et retomber sur ses pattes. Nous faisons et défaisons sans cesse notre travail afin de coller au plus près à l’essence de la vision commune que nous nous imposons. L’important c’est que personne n’ignore le processus et comprenne bien les choix éditoriaux. Petit à petit tout se met en place grâce à l’interprétation de chaque artiste au service du film“.

Janet Healy renchérit : “nous choisissons les meilleurs dans leur spécialité, et les mettons en charge de toute une équipe. Nous avons ainsi une vingtaine de départements qui travaillent conjointement les uns avec les autres. Le tout via le net et souvent derrière nos écrans d’ordinateurs. Il faut combiner le talent et le temps de tant de personnes pour animer un film. Mais notre mécanique est bien huilée et c’est une recette qui fonctionne apparemment plutôt bien et cela rend mon travail d’autant plus facile“.

MINIONS EN HERBE

C’est le premier court-métrage des Minions pour le grand écran et sera présenté avant COMME DES BÊTES dans les cinémas du monde entier en 2D ou 3D selon le format de projection sélectionné.

Il met en scène nos petits amis jaunes les Minions, que le public avait pu découvrir dans MOI MOCHE ET MÉCHANT (Chris Renaud, Pierre Coffin, 2010) et consacrer dans le long-métrage qui leur avait été dédié LES MINIONS (Pierre Coffin, 2015). Le film marque les retrouvailles avec la bande de drôles de petites créatures jaunes qui assistent Gru dans le moindre de ses méfaits, et le premier courtmétrage créé pour grand écran par Illumination.

Chris Meledandri nous explique : « cela fait un an qu’on ne les avait pas vus sur les écrans, depuis LES MINIONS, et on ne les y verra pas avant une autre année, dans MOI MOCHE ET MÉCHANT 3 qui sortira durant l’été 2017. Comme les fans nous en redemandent toujours plus, il nous a paru judicieux de les contenter tout en leur proposant un univers totalement différent de COMME DES BÊTES. C’était l’occasion pour l’équipe créative, technique et artistique d’Illumination de ne pas perdre la main, et de garder les Minions toujours en effervescence sur le grand écran, tout en affinant les techniques respectives de leurs incroyables talents ».

Réalisation..................... Bruno Chauffard et Glenn McCoy

Scénario ....................... Glenn McCoy et Dave Rosenbaum

Production..................... Chris Meledandri et Janet Healy

Production déléguée......... Chris Renaud

Musique ........................ Gilad Carmel

Montage......................... Eric Osmond

Les Minions..................... Pierre Coffin

Barb et Ella..................... Jody Gelb

Dave............................. Dave Rosenbaum

ILLUMINATION ENTERTAINMENT

Fondée par Chris Meledandri en 2007 cette compagnie est une société indépendante qui jouit d’un accord exclusif de financement et de distribution avec Universal Pictures, et qui a sorti son premier film MOI, MOCHE ET MÉCHANT, avec la voix de Steve Carell, en 2010. Illumination Entertainment a depuis produit et distribué HOP (Tim Hill, 2011), avec la voix de Russell Brand, et LE LORAX (Chris Renaud, 2012), avec les voix de Danny DeVito, Ed Helms et Zac Efron. LE LORAX prolonge la fructueuse collaboration de Chris Meledandri avec la veuve de Theodore «Dr Seuss» Geisel, Audrey, initiée avec HORTON (Jimmy Hayward & Steve Martino, 2008).

Après les succès sans précédent au Box Office de MOI MOCHE ET MÉCHANT 2 (Chris Renaud et Pierre Coffin, 2013), et des MINIONS (Pierre Coffin et Kyle Balda, 2015), Illumination travaille actuellement sur TOUS EN SCÈNE (Garth Jennings, avec les voix de Matthew McConaughey, Reese Witherspoon, Seth MacFarlane, Scarlett Johansson, John C. Reilly, Taron Egerton et Tori Kelly) prévu pour janvier 2017, MOI MOCHE ET MÉCHANT 3 (Balda et Coffin, avec les voix de Steve Carell et Trey Parker) programmé pour juin 2017, et HOW THE GRINCH STOLE CHRISTMAS (Pete Candeland et Yarrow Cheney, avec la voix de Benedict Cumberbatch) pour le mois de Novembre 2017.

Minion rush, le jeu adapté de MOI, MOCHE ET MÉCHANT, est devenu une des applications en ligne les plus populaires du monde, et Despicable Me : Minion Mayhem l’attraction phare des deux parcs d’attraction d’Universal studio à Hollywood et Orlando.

BANDE ORIGINALE

“WELCOME TO NEW YORK”
Composé par Taylor Swift et Ryan Tedder
Interprété par Taylor Swift
Big Machine Label Group, LLC

“THE 4 SEASONS: VIOLIN CONCERTO IN E MAJOR,
OP. 8, NO. 1, RV 269,
’LA PRIMAVERA’ (SPRING)”
Composé par Antonio Vivaldi
Réorchestration Robert Paterson
Interprété par Lumiere String Quartet
Avec l’aimable autorisation de Lumiere Records
En accord avec Source/Q et Naxos

“BOUNCE”
Composé par John Dolmayan, Daron Malakian,
Shavo Odadjian et Serj Tankian
Interprété par System Of A Down
Avec l’aimable autorisation de Columbia Records
En accord avec Sony Music

“GOOD DAY”
Composé par Alan Wert, Vito Tisdale,
Melvin Adams et William Hughes
Interprété par Nappy Roots
Avec l’aimable autorisation de Interscope Records
Sous contrat avec Universal Music Enterprises

“LIFE AFTER THE END OF THE WORLD”
Composé par James Bulloch et Matthew Sorg
Interprété par Ringworm
Avec l’aimable autorisation de Victory Records

“LOVELY DAY”
Composé par Skip Scarborough et Bill Withers
Interprété par Bill Withers
Avec l’aimable autorisation de Columbia Records
En accord avec Sony Music

“STAYIN’ ALIVE”
Composé par Barry Gibb, Maurice Gibb et Robin Gibb
D’après le sample de “STAYIN’ ALIVE ‘95”
Composé par Barry Gibb, Maurice Gibb, Robin Gibb,
Dale Longworth, Kevin O’Toole et Jervis Lyte
Interprété par N-Trance
Avec l’aimable autorisation de MN2S
Avec un sample de “STAYIN’ ALIVE”
Interprété par les Bee Gees
Avec l’aimable autorisation de Rhino Entertainment Company
En accord avec Warner Music Group Film et TV

“HAPPY”
Composé et Interprété par
Pharrell Williams
Avec l’aimable autorisation de
Universal Studios

“TAPS”
Air Traditionnel

“YOU’RE MY BEST FRIEND”
Composé par John Deacon
Interprété par Queen
Avec l’aimable autorisation de
Hollywood Records Inc. pour les U.S. et le Canada
Avec l’aimable autorisation de
Islet Records Limited
Sous contrat avec
Universal Music Enterprises

“WE GO TOGETHER”
Composé par Warren Casey et Jim Jacobs
Produit par Alana Da Fonseca de The Boom Clack

“NO SLEEP TILL BROOKLYN”
Composé par Michael Diamond, Adam Horovitz,
Adam Yauch et Rick Rubin
Interprété par les Beastie Boys
Avec l’aimable autorisation de
Def Jam Recordings
Sous contrat avec
Universal Music Enterprises

“PARTY HARD”
Composé par Etrew F. Wilkes-Krier
Interprété par Etrew W.K.
Avec l’aimable autorisation de
Islet Records
Sous contrat avec
Universal Music Enterprises

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