dimanche 24 février 2013

Back to the future









Fantastique/Romance/Sympathique mais inégal

Réalisé par Richard LaGravenese 
Avec Alden Ehrenreich, Alice Englert, Jeremy Irons, Viola Davis, Emmy Rossum, Thomas Mann, Emma Thompson, Eileen Atkins, Margo Martindale...

Long-métrage Américain
Durée: 01h58mn 
Distributeur: SND
Année de production: 2013 
Titre original: Beautiful Creatures

Date de sortie sur les écrans U.S.: 14 février 2013
Date de sortie sur nos écrans: 27 février 2013


Résumé: Ethan Wate, un jeune lycéen, mène une existence ennuyeuse dans une petite ville du sud des Etats-Unis. Mais des phénomènes inexplicables se produisent, coïncidant avec l’arrivée d’une nouvelle élève : Léna Duchannes. 
Malgré la suspicion et l’antipathie du reste de la ville envers Léna, Ethan est intrigué par cette mystérieuse jeune fille et se rapproche d’elle.
Il découvre que Lena est une enchanteresse, un être doué de pouvoirs surnaturels et dont la famille cache un terrible secret. 
Malgré l’attirance qu’ils éprouvent l’un pour l’autre, ils vont devoir faire face à une grande épreuve : comme tous ceux de sa famille, Lena saura à ses seize ans si elle est vouée aux forces bénéfiques de la lumière, ou à la puissance maléfique des ténèbres…

Bande annonce (VOSTFR)


Reportage


Sublimes Créatures - Featurette : Les enchanteurs VOSTFR



Ce que j'en ai pensé: SUBLIMES CRÉATURES est l'adaptation du premier tome (16 Lunes) d’une saga d’amour fantastique de Kami Garcia et Margaret Stohl. Je n'ai pas lu le livre et je suis allée voir le film en quête d'un divertissement sympathique pour me changer les idées... et c'est ce que j'ai obtenu. Rien de renversant, mais rien non plus de très décevant.
Je m'attendais à mieux au niveau des effets spéciaux et surtout de la magie. Il n'y en a finalement pas tant que ça sur la durée du film et elle ne sert pas toujours très bien le propos. Il y a des longueurs sur des sujets qui ne méritent pas forcément autant d'explication, alors qu'il y a en d'autres qui auraient gagner à être plus approfondis. Les adolescentes de l'école, où vont les deux héros, sont hyper caricaturales.
Par contre, j'ai bien aimé la façon dont est décrit l'esprit de la petite ville du sud des Etats-Unis et la manière dont les gens gèrent l'hypocrisie et l'inconnu. Les décors naturels de la Louisiane sont magnifiques et ils offrent un bel écrin à cette thématique surnaturelle.


Les costumes sont originaux et très beaux.


L'acteur qui joue Ethan Wate, interprété par Alden Ehrenreich, a un charme qui fonctionne tout de suite. Il joue bien l'adolescent moyen qui s'entête à s’enferrer dans une histoire qui le dépasse. L'actrice qui joue Lena Duchannes, interprétée par Alice Englert, est trop effacée. Elle n'est pas toujours très crédible dans ses transformations liées à ses pouvoirs surnaturels.



Jeremy Irons, qui interprète Macon Ravenwood, et Emma Thomson, qui interprète Mme Lincoln/Sarafine, cabotinent pour notre plaisir et cela fonctionne très bien.



La réalisation est inégale. Il y a des scènes qui ne sont pas convaincantes (et il est dommage que cela concerne principalement les scènes avec effets spéciaux) et d'autres qui sont réussies (la découverte de la maison de Macon Ravenwood est un bon exemple).


Mais dans l'ensemble, le film se tient, la narration est cohérente, les acteurs assurent le spectacle. SUBLIMES CRÉATURES est plutôt dans la moyenne haute des films pour adolescent(e)s. Il leur plaira sûrement, mais il est plus sage et longuet que ne l'était 'Dangereuse Alliance' (1996) à son époque par exemple. J'espère juste que le prochain opus sera plus efficace. 


NOTES DE PRODUCTION
(Attention, elles contiennent des spoilers. A ne lire qu'après avoir vu le film)

Au premier abord, Gatlin, en Caroline du Sud, a l’air d’une petite bourgade bien tranquille où il ne se passe jamais rien. En réalité, des forces étranges et surnaturelles vont surgir du passé et bouleverser cette communauté, bien au-delà de tout ce à quoi ses habitants pourraient s'attendre.
"16 lunes” est le premier opus de la série "La saga des lunes" écrite par Kami Garcia et Margaret Stohl et a figuré sur la liste des bestsellers du New York Times avant de s'imposer dans le monde entier. La saga raconte l'histoire d'Ethan, un jeune lycéen qui cherche à quitter sa petite ville et sa vie étriquée, et de Lena, une Enchanteresse aux pouvoirs magiques. Elle désire rompre la tradition familiale qu’elle vit comme une malédiction et qui veut qu’à ses 16 ans elle réponde à l’Appel, et qu’elle soit vouée aux forces bénéfiques de la Lumière ou à celles des Ténèbres.
Si cette intrigue est universelle, c'est non seulement parce qu'elle soulève l’éternelle question de savoir si l’amour est capable de vaincre les obstacles dressés entre deux âmes maudites, mais aussi celle du libre arbitre de chacun - autrement dit, un être peut-il choisir son propre destin ?
C’est justement ce qui a séduit l’auteur Richard LaGravenese (qui a déjà été nommé à l'Oscar) et lui a donné envie d’adapter le roman, et même d’en réaliser le film. Il raconte : "Je suis fasciné par les mythes, et l’univers surnaturel niché au sein de cette petite ville est d'une grande richesse. J’ai été encore plus intrigué par le thème qui constitue la véritable trame du livre : l’histoire de cette initiation est tellement bien racontée par Kami et Margaret qu’elle en est vraisemblable. Il y est question d’une jeune fille en passe d’être liée à son destin et qui doit découvrir sa véritable identité ; c’est aussi ce qui se produit pour le jeune homme qui décide de la protéger. C’est une idée fabuleuse qui parle à tout le monde, et ça m’a plu, parce que nous devons tous, à un moment donné, nous affirmer en tant qu’individus, quels que soient nos origines ou notre héritage".
Le producteur Erwin Stoff ajoute : "Ce film parle de l’expérience absolument universelle du passage à l’âge adulte : quand on est encore jeune, on peut tous choisir son destin au lieu d’accepter les choix qui ont été faits à notre place, on est tous libres et on a le droit de choisir son destin et sa trajectoire".
Le film est produit par Alcon Entertainment. Le producteur Andrew A. Kosove explique que "le film est un parfait mélange d'histoire d'amour et de fantastique. C’était un vrai plaisir de travailler avec Richard LaGravenese."
"C’est une histoire à la Roméo et Juliette, mais racontée d’un point de vue inédit", souligne la productrice Molly Mickler Smith. "J’ai adoré découvrir ce monde d’Enchanteurs vu par les yeux d’un jeune mortel, et plus particulièrement par Ethan. Parce que c’est un fait, nous sommes des mortels, et on peut donc s’identifier à lui et comprendre son sentiment de peur mêlé d’admiration et de respect quand il tombe amoureux d’elle".
Alden Ehrenreich, qui tient le rôle d’Ethan Wate, était particulièrement intéressé par cette façon d’aborder l’histoire. "Ethan pense qu’il peut faire ce qu’il veut de sa vie et qu’il peut conquérir cette nouvelle élève, qui clairement n’est pas une fille de son monde", dit-il. "Je crois que les spectateurs vont vraiment s'amuser en le suivant dans ses aventures et en partageant ses émotions face à l’inconnu".
La personnalité de Lena est en complet décalage avec les habitants qui mènent une vie sans surprise et c’est ce qui frappe Ethan. Alice Englert, qui joue la jeune Enchanteresse, raconte : "J’ai surtout été attirée par ce film en y découvrant les batailles fantastiques et impressionnantes que se livrent le Bien et le Mal, le tout vécu et raconté par quelqu’un de bien humain".
Ce ballet fascinant entre le monde des Enchanteurs et celui des Mortels n’est pas qu'un passage de la Lumière aux Ténèbres, mais aussi un jeu entre le passé et le présent. Et cette aventure complexe aura des conséquences sur l'avenir.
"L’idée de juxtaposer le temps présent et l’histoire des générations d’Enchanteurs ayant vécu dans cette ville-même du Sud des États-Unis m’a littéralement emballé. Je trouve que Richard a fait un travail remarquable pour restituer un monde familier et pourtant surnaturel", note le producteur David Valdes.
"Richard a eu une façon bien à lui de transposer le livre, en mêlant harmonieusement la magie noire à l’humour", ajoute le producteur Broderick Johnson. "C’était fascinant. Et quelle chance d’avoir des auteurs enthousiastes qui ont soutenu son point de vue sur l'histoire !"
La co-auteur Margaret Stohl le confirme : "Dès le tout début, Richard et les producteurs ont su voir les personnages tels que nous les avions imaginés et recréer l’univers que nous avions inventé. Nous étions rassurées de constater que nous étions tous sur la même longueur d’onde, ce qui était primordial".
"Le scénario de Richard m’a épatée", confie Kami Garcia, l'autre coauteur des ouvrages. "C’était bouleversant de le voir prêter tant d’attention à un monde qui n’existait au final que sur le papier et dans l’imagination des lecteurs. Il y a travaillé avec minutie".
"Au départ, Margaret et Kami m’ont affirmé que tout leur conviendrait tant que nous respections l’esprit et l'identité du livre", raconte LaGravenese. "Les contraintes de temps liées au film nous ont bien sûr obligés à nous concentrer sur certains éléments et personnages et à en écarter d'autres. Du coup, j’ai été heureux de les entendre dire que nous avions su transposer ce qu’elles avaient en tête, à savoir, pour l'essentiel, une histoire d’amour".

MORTELS ET ENCHANTEURS

Depuis l’arrivée de Lena Duchannes à Gatlin, de mystérieux phénomènes se produisent. Ce n’est pas une coïncidence si Ethan Wate fait depuis quelque temps des cauchemars dans lesquels une fille étrange lui apparaît dans un orage et lui demande de l’aide. Même si le lien qui semble les unir reste obscur, une chose est sûre : dès qu’ils se rencontrent, Ethan et Lena sont attirés l’un par l’autre. Leur attirance est si forte qu’elle déclenche une tout autre tempête : les puissances de la Lumière et des Ténèbres se déchaînent et voient leur équilibre fragile rompu, après une trêve tacite qui aura régné pendant plusieurs décennies dans cette bourgade du Sud.
Richard LaGravenese, ici auteur et réalisateur, n’a pas ménagé ses efforts pour trouver les acteurs capables d'interpréter les jeunes amants au coeur de la tempête. Il a reçu plus d’un millier de candidats pendant les auditions et a fini par dénicher Alden Ehrenreich et Alice Englert, deux acteurs relativement inconnus qu'il a jugés parfaits pour ces rôles. "Alden et Alice ont quelque chose de très spécial", confie-t-il. "En plus d’être très intelligents, ils ont une sagesse d'un autre temps. Peu leur importe l’apparence ou le statut. Grâce à leur talent, ils ont su 'créer' leurs personnages avec une fougue et une passion dignes d'acteurs plus expérimentés".
Stoff partage cet avis : "Nous n’avions pas l’intention de choisir des acteurs inconnus, mais ils sont tout simplement parfaits pour ces rôles, c’est comme ça, et nous avons vraiment de la chance de les avoir trouvés".
Alden Ehrenreich tient un rôle-clé en incarnant Ethan Wate, jeune homme qui a perdu sa mère et se retrouve avec des responsabilités d’adulte avant l’heure. Il désire aussi fuir Gatlin et son existence morne. Ehrenreich explique : "Quand on lit un script, on espère que l'on pourra s'identifier un peu à l’histoire et arriver à la visualiser. Et c’est ce qui s’est passé. Au bout de seulement quelques pages, j'ai été complètement happé par le personnage et son point de vue très clair sur les événements. Presque tous les lycéens se satisfont de leur vie sociale routinière et provinciale, sauf Ethan qui rêve de quelque chose de plus ambitieux. J’admire vraiment son optimisme sincère et intact : après tout ce qu’il a vécu, il reste plein d’humour et d'énergie".
"Alden est authentique", souligne LaGravenese. "Il sait se servir de son intelligence et de son talent, ça se voit à l’écran dans sa façon de jouer. C’est un bosseur, il aime ce qu’il fait. Il pose les bonnes questions, et c’est ce que j’apprécie le plus chez un acteur, parce que cela enrichit le scénario. C'est dans ce sens qu'Alice et lui sont de vrais partenaires, de vrais collaborateurs. Alden est aussi doué que beaucoup d’acteurs confirmés avec lesquels j’ai déjà travaillé".
Le réalisateur et la jeune star se sont aussi liés hors caméra : ces deux fous Ŕ auto-proclamés Ŕ de cinéma n’ont pas passé un jour du tournage sans rivaliser d’anecdotes ou de références, transformant le plateau en un gigantesque quizz du 7ème art.
Mais Ethan n’est pas le seul à porter sur ses épaules un fardeau trop lourd pour lui. Lena, elle, veut justement mener une vie normale, être une ado normale, tout ce qu’elle n’est pas. Margery Simkin, la directrice de casting, a réussi à convaincre LaGravenese de se rendre à Londres pour auditionner Alice Englert, une jeune actrice née en Australie et qui n’est autre que la fille de Jane Campion, la célèbre scénariste et réalisatrice oscarisée.
“Quand nous nous sommes rencontrés, j’étais totalement intimidé par cette jeune fille de 17 ans à la tête froide et qui était parfaitement sûre d'elle-même, de ses valeurs et de ce qu’elle aimait", avoue LaGravenese. "Elle possède une qualité unique : elle incarne parfaitement Lena et lui insuffle de la force, de la dureté, et elle la dote d’un humour piquant, d’esprit, tout en la rendant dangereuse. C’est un talent à l’état pur qui fonctionne foncièrement à l’instinct. Une très belle personne !"
Quand les producteurs ont réuni Alice et Alden dans la même pièce, cela a été une évidence : l'alchimie se produisait. "De temps en temps, vous réussissez à provoquer un petit éclair lors d’une expérience. Et bien là, nous avons obtenu deux beaux éclairs !", remarque Valdes. Cette alchimie fait partie intégrante de l’histoire de ces deux jeunes gens qui s’accrochent l’un à l’autre alors qu’ils se retrouvent pris au milieu d’une véritable guerre surnaturelle.
"Les Enchanteurs grandissent avec l’idée qu’ils doivent tout simplement accepter le destin qui leur a été assigné. Mais l’humanité d’Ethan met Lena en émoi, et c’est ce qui a piqué mon intérêt : la puissance de cette humanité et la question de savoir si elle peut choisir sa propre destinée", poursuit Alice Englert.
Lena ne peut ni ignorer, ni maîtriser ses pouvoirs qui vont croissant. En tant qu'Enchanteresse Élue, liée à la Nature et aux éléments, Lena sait commander au vent, au feu, à l’eau et à l’air. Cela rend d’autant plus difficile la vie d’une adolescente chahutée par ses hormones qui, au lieu de claquer les portes de colère, provoque la pluie… ou pire.
La force de caractère de Lena est mise à l’épreuve par ses nouveaux camarades de classe qui prennent plaisir à tourmenter "la nouvelle", dont la réputation de la famille l’a précédée. Ils ne la connaissent peut-être pas, mais le fait qu’elle soit une descendante de la famille Duchannes liée au domaine de Greenbriar à la splendeur passée et au tristement célèbre clan Ravenwood suffit à en faire une cible facile pour tous. Sauf pour Ethan.
"À la minute où ils se rencontrent, c’est l’étincelle", confirme Ehrenreich. "Ethan n’a jamais rencontré quelqu’un comme elle. C’est ce qui leur déplaît à tous, mais c’est justement ce qui l’attire chez elle".
Alors qu’il cherche à impressionner la jeune étrangère, Lena reste "réservée et sur ses gardes pour des raisons qu’il ne connaît pas et, pense-t-elle, qu’il ne pourra jamais comprendre", explique Englert. "Mais l’enthousiasme effronté d’Ethan la prend complètement par surprise. Elle aimerait pouvoir baisser la garde mais elle a peur pour lui".
"Tous les trois nous avons particulièrement travaillé sur les rapports qui se forgent entre Lena et Ethan pour en faire une relation adulte", note le réalisateur. "Ils n’ont pas des étoiles plein les yeux. Au contraire, ils doivent faire face aux jalousies, à la frustration, et à la colère, parce que, parfois, il faut se battre aux côtés de ceux qu’on aime, et en leur nom". "Lena refuse de s'incliner devant les mondanités du Sud", poursuit le cinéaste. "Elle met Ethan au défi de l’approcher. Elle n’est pas le genre de fille qui a besoin d'être sauvée. Bien au contraire, c'est elle qui affirme toujours davantage de force et de puissance et c’est plutôt elle qui le sauve".
Elle va effectivement devoir sauver Ethan des griffes de sa famille à elle. Et ce n’est pas une mince affaire !
Lena est peut-être nouvelle à Gatlin, mais la ville a été fondée par les Ravenwood, et son oncle Macon possède toujours une grande partie des terres sur lesquelles est construite la ville. Pourtant, au fil du temps, le fait que Macon vive en ermite a fini par inspirer aux habitants des histoires et des théories terrifiantes.
Jeremy Irons, qui interprète Macon, décrit son personnage comme "une énigme. Il a du style, de l’esprit et un voile de mystère l’entoure. J’ai trouvé ça intéressant à jouer. En en discutant avec Richard, je me suis dit que ce serait amusant d’aller à la Nouvelle-Orléans et de participer à cette histoire".
Le plus drôle, c’est que les auteurs avaient l'acteur anglais en tête pour le personnage de Macon et elles avaient même une photo de lui sur leurs ordinateurs pendant qu’elles écrivaient le livre.
LaGravenese raconte : "Jeremy insuffle au personnage de Macon un élément auquel je n’avais pas pensé : son Macon est très humain. Il n’est pas sans frustration ni vulnérabilité. Dans le livre, c'est un genre de Noel Coward sophistiqué, mais il est plus complexe qu’il n’y paraît. Et Jeremy a exploité tous ces aspects du personnage. Nous nous sommes beaucoup amusés à explorer ses pouvoirs".
Même si Macon a connu l'Appel des Ténèbres dans sa jeunesse, il a essayé de réprimer sa vraie nature pour le bien de Lena. Et il n’hésitera pas à recourir à tous les pouvoirs, qu'ils relèvent de la Lumière ou des Ténèbres, pour la protéger. "À l’approche du seizième anniversaire de Lena, Macon tente encore de la soustraire à la moindre influence qui l’amènerait à appartenir aux Ténèbres. Et il a des raisons de croire que l’une de ces influences est son amour pour un Mortel", observe Irons.
Amma, incarnée par Viola Davis, est l’une des rares personnes à comprendre les réserves de Macon à l’égard de leur relation. Amma a été la meilleure amie de la mère d’Ethan et a promis de veiller sur lui à la mort de sa mère. Même si elle n’est pas une Enchanteresse, Amma est une Prophétesse et a de quoi craindre une union entre ces deux jeunes gens.
LaGravenese n’avait qu’une personne en tête, Viola Davis, pour camper Amma, la bibliothécaire de la ville qui a ses propres connections mystérieuses avec le monde des esprits. Elle a été la première à être approchée pour le film : "Dans le livre, Amma et la bibliothécaire sont deux personnages différents. J’ai voulu les amalgamer pour en faire un rôle plus intéressant et ambigu, de quoi plaire à une grande actrice comme Viola Davis, qui était mon premier et unique choix. Je l’ai vue sur scène dans 'Fences' avec Denzel Washington il y a quelques années, et aussi dans DOUTE et LA COULEUR DES SENTIMENTS bien sûr. Je la trouve renversante. Alors, depuis, j’ai toujours voulu travailler avec elle. C’est une actrice formidable capable d’une force, d’une violence et d’une compassion incroyables" !, dit-il encore.
“Amma est la matriarche de la série et elle a eu une sacrée vie que l’on découvre petit à petit tout au long du film. Quelle chance que Viola nous ait donné son accord !", ajoute Mickler Smith.
Pour se préparer au rôle, Viola Davis a fait des recherches sur l’histoire des Noirs-Américains pendant la guerre de Sécession, et elle est remontée jusqu'à leurs origines au Nigeria. Tous les acteurs ont aussi travaillé leur accent de Sud avec le répétiteur Rick Lipton.
"Amma est surprenante parce qu’elle n’est pas ce qu’elle semble être", explique l'actrice. "Quand Ethan commence à tomber amoureux de Lena, Amma comprend que quiconque croise le chemin de la jeune fille peut en mourir, et son rôle de protectrice n’en devient que plus important. Elle apparaît peu à peu dans toute sa complexité et l’on découvre pourquoi elle est la gardienne de tous ces secrets, et quel lien elle entretient avec le passé".
L'histoire de la famille Duchannes fait état d’une malédiction liée à l’Appel, et il s’avère qu’Amma et Macon en savent bien plus sur l’origine de cette malédiction qu’ils ne le laissent penser. Mais cette histoire ne demande qu’à être révélée et commence à se dessiner quand Ethan déterre un médaillon qui date de la période de la guerre de Sécession près des ruines de Greenbriar, dans la plantation Duchannes détruite dans un incendie que les habitants du coin appellent “la guerre de l’Agression du Nord". Il suffit que lui et Lena le touchent pour que le passé ressurgisse, et avec lui, des secrets de famille enfouis depuis longtemps.
Comme LaGravenese l'explique :"Le médaillon ouvre une porte sur le passé et l’origine de la malédiction de la famille de Lena".
"La relation de Lena et Ethan se voit ramenée dans le contexte plus vaste du passé, ouvrant ainsi un vaste champ des possibles pour l'avenir", ajoute Alice Englert. Le passé ressurgit comme un spectre chaque fois que Lena et Ethan touchent le médaillon en même temps. C'est ainsi que ce qui s’est réellement passé au cours de la bataille de Honey Hill et dans les ruines de Greenbriar à la fin du XIXème siècle est révélé par bribes.
"Ces visions sont perturbantes et violentes, mais elles leur montrent les risques qu’ils encourent, Lena à tomber amoureuse d’un Mortel et Ethan à être avec une Enchanteresse", poursuit Ehrenreich.
Macon et Amma ne sont pas les seuls à avoir des secrets ou à vouloir séparer Lena et Ethan. Mme Lincoln, qui répand nombres d'histoires inquiétantes sur Macon, veut que Lena quitte l’école et la ville. Emma Thompson campe le rôle de ce "crieur" public, qui est aussi la mère du meilleur ami d’Ethan, Link. Aux antipodes de ce personnage, Emma Thompson joue aussi le rôle de Sarafine, une Enchanteresse vouée aux Ténèbres qui fait tout pour réveiller les forces maléfiques en sommeil à Gatlin. LaGravenese l'avoue : "Je suis amoureux d’Emma Thompson depuis des années. Elle est fabuleuse. J’aurais fait n’importe quoi pour pouvoir travailler avec elle".
La comédienne remarque : "C’est fantastique de se voir confier un rôle dans lequel vous pouvez détruire le monde d’un seul geste. Mais pouvoir en plus jouer deux personnages hauts en couleurs dans un même film m’a fait dire 'Oui, merci, quelle idée merveilleuse !'"
Dire de Mme Lincoln que c’est une fervente croyante est un euphémisme. Elle a déjà poussé son mari à boire jusqu’à en mourir, et son fils n’est pas loin de subir le même sort. À l’opposé, la dangereuse et destructrice Sarafine ne suit aucune règle. En comparant ces deux rôles contraires, Emma Thompson souligne : "Sarafine considère les Mortels comme des êtres inférieurs qui ont semé la zizanie. Elle est à la fois pleine d’humour et malveillante. Ce qui est assez ironique, c’est que c'est avec elle que l’on passerait volontiers du temps, tandis que Mme Lincoln déborde d’une rage féroce pour tout ce qui n’est pas de son monde ; son corps, même son accent, sont tendus par cette rage. Sous des dehors guillerets, elle cache une âme rongée qui meurt à petits feux".
"Quel spectacle d’observer Emma donner vie à ces deux personnages complètement à l’opposé, parfois dans la même scène. Tout ça seulement en bougeant son corps différemment et en modulant sa voix. Elle possède un sacré talent quand on voit sa façon de s'exprimer, entre humour et noirceur. Elle est tout simplement géniale et hilarante", se souvient Lagravenese.
Mais ce qui va surtout aider Sarafine à faire bouger les choses, c'est l'anniversaire imminent de Lena. Cet événement marquant décidera du destin de Lena : elle subira l'Appel de la Lumière ou des Ténèbres, comme tous les Enchanteurs avant elle… Sarafine mise sur les Ténèbres, parce que la malédiction voue toutes les femmes de la famille aux Ténèbres depuis des générations.
Une Enchanteresse vouée aux Ténèbres s’invite à la fête : il s’agit de Ridley, une Sirène qui peut faire faire ce qu’elle veut aux autres. LaGravenese a choisi Emmy Rossum pour ce rôle. "Emmy est comme un pur-sang, c’est une actrice à la fois intrépide, talentueuse et pleine de ressources. La nature même du personnage de Ridley – elle incarne des styles différents et on peut saisir ses intentions sans qu'elle ait besoin de s'exprimer – pourrait facilement être intimidante. Mais Emmy peut passer de la cruauté à la bienveillance, être drôle ou flippante, ou encore vulnérable", dit-il épaté.
Depuis ses 16 ans, époque où elle a subi l'Appel des Ténèbres, Ridley parcourt le monde, faisant ce qu’elle veut. "Elle est si mauvaise que même les Enchanteurs l’ont rejetée", dit Rossum en riant. "Elle trouve les Mortels profondément ennuyeux et elle s’amuse à être délicieusement mauvaise. Rien ne lui plaît davantage que de manipuler les gens pour arriver à ses fins. Ça a été un vrai bonheur d’explorer ce personnage. Est-elle foncièrement mauvaise ? Possède-t-elle une once de bonté ? Quand est-elle authentique et quand se joue-t-elle des gens ?"
Tout comme Sarafine, Ridley cherche à causer des problèmes. Elle commence par s’en prendre au meilleur ami d’Ethan, Link, qui lui aussi ne rêve que de fuir Gatlin… jusqu’à ce que Ridley l’attire dans ses filets.
LaGravenese a choisi Thomas Mann pour l’interpréter : "Il un sens inné de l’humour et il improvise comme personne. Il devient tout naturellement son personnage. On ne peut pas demander mieux. C’est un jeune homme extrêmement doué", remarque-t-il. Même si Ethan fait partie de l’équipe universitaire et compte parmi les garçons les plus appréciés, et que Link est plutôt un marginal, ils ont tous les deux subi la perte d’un proche. Link est le compagnon de route d’Ethan dans son aventure aux côtés de cette fille extraordinaire. "Ils sont les meilleurs amis du monde depuis tout petits, ils ont traversé beaucoup de choses ensemble, et ils partagent une même façon de penser. Ça a été un vrai plaisir d’interpréter ce personnage, parce qu’avec son grand sens de l’humour il allège l’atmosphère, contrebalançant certains des aspects les plus sombres de l’histoire. Et jouer le fils d’Emma Thompson est vraiment génial", explique Mann.
Kosove reconnaît, "Nous avons eu énormément de chance avec nos acteurs. Réunir Jeremy, Viola et Emma à de quoi laisser rêveur. Ça en dit long sur la qualité du texte et du travail de Richard. Sans oublier que les plus jeunes acteurs sont eux aussi formidables".
Parmi les plus jeunes comédiens, Zoey Deutch tient le rôle d’Emily Asher, l’ex-petite amie d’Ethan, également la fille la plus courtisée de l’école, et Tiffany Boone incarne Savannah Snow, qui aide Emily à tourmenter Lena.
Chez les Enchanteurs, citons encore Eileen Atkins dans le rôle de la grand-mère de Lena, Gramma, Margo Martindale qui joue tante Del et Kyle Gallner qui interprète Larkin, le cousin de Lena.
Pruitt Taylor Vince interprète M. Lee, le professeur dont la vie ne tourne qu'autour des reconstitutions historiques annuelles de la bataille de Honey Hill. Mais il est pris de court quand la reconstitution de cet événement de la guerre de Sécession devient beaucoup trop réelle, confrontant le passé au présent. Rachel Brosnahan et Sam Gilroy apparaissent sous les traits d'un couple d'amants de l’époque dont le destin est lié à celui de Lena et Ethan.
L’espace et le temps vont aussi jouer un rôle très important dans la bataille que s'apprêtent à se livrer Mortels et Enchanteurs.

PASSÉ ET PRÉSENT

SUBLIMES CRÉATURES a été tourné en décors naturels en Louisiane, et tout particulièrement à la Nouvelle-Orléans et dans ses environs. Une ancienne usine désaffectée, située de l'autre côté du pont permettant de rejoindre la ville, a été aménagée en plateaux comportant la plupart des décors, hormis la chambre de Lena, construite à Bâton-Rouge.
LaGravenese a collaboré avec le directeur de la photographie Philippe Rousselot, le chef-costumier Jeffrey Kurland et le chef-décorateur Richard Sherman. Ensemble, ils ont cherché à créer un univers réaliste mais empreint de surnaturel.
Dès le départ, LaGravenese a abordé le projet un peu différemment de ses autres adaptations. "Après avoir lu le livre, j'ai décidé de partir explorer des lieux possibles, avant même de commencer à écrire, ce que je n'avais encore jamais fait'', explique-t-il. "Je suis allé en Caroline du Sud et j'ai pris des photos dans une petite ville près de Charleston, McClellanville. Puis, je me suis mis à écrire. Pour moi, qui ai grandi à Brooklyn, c'était comme me retrouver dans un pays étranger, l'endroit m'a fasciné".
Comme on lui a demandé de trouver des lieux qui n'avaient pas encore été utilisés au cinéma, il s'est mis à explorer des "endroits qui semblaient cachés du monde".
Covington, en Louisiane, a ainsi été utilisé pour camper la ville de Gatlin.
La ville abrite aussi l'église dans laquelle Mrs Lincoln et Macon s'affrontent pour la première fois. Bien que la commune soit pittoresque, Sherman cherchait quelque chose de moins bucolique, trouvant finalement son bonheur dans des bâtiments détruits, en tôle ondulée, parmi les décombres.
Sherman a aussi réussi à trouver des décors naturels qui soient faciles d'accès pour les scènes principales, comme Ravenwood Manor, où Ethan rencontre pour la première fois l'impressionnant oncle de Lena, Macon. Ils ont aussi découvert un bâtiment rectangulaire datant d'avant la guerre de Sécession, auquel ils ont ajouté de la végétation, à Morganza, à deux heure et demie de route de La Nouvelle-Orléans. Mais pour les décors intérieurs, ce fut un peu plus compliqué. Au départ, Sherman et son équipe ont eu l'idée de s'inspirer d'une véritable plantation, mais LaGravenese envisageait quelque chose d'un peu plus original : "Je voulais créer un effet de surprise, et j'ai donc dit : 'Qu'est-ce qu'un Enchanteur qui a fait le tour du monde et qui s'ennuie pourrait bien inventer ?' Richard est parti de là et est revenu avec un décor fantastique, vraiment extraordinaire."
"Macon vit dans son propre univers, littéralement", explique Sherman. " La maison évolue en fonction de l'humeur dans laquelle il se trouve. Par ailleurs, il n'y a aucune cohérence entre les pièces de la maison, elles sont toutes différentes. Je me suis dit que ce serait fabuleux de trouver cette maison tout en angles, un peu effrayante et à l'abandon, et de rentrer dans cette pièce circulaire avec cet escalier délirant y débouchant en plein milieu".
L'escalier imposant et la loggia qui le surplombe ont été construits avec une poutre en porte-à-faux et des contrepoids. Des ingénieurs ont été sollicités pour s'assurer de la sécurité, car la structure ne devait pas seulement avoir l'air grandiose, elle devait aussi pouvoir supporter le poids des acteurs, de l'équipe et du matériel. Un chemin lumineux a été conçu tout autour de la pièce afin de donner l'illusion que les murs scintillaient au-dessus des sols gris.
La quasi-absence de mobilier faisait aussi partie du plan. Les éléments présents ont été conçus par le célèbre créateur de mode Rick Owens, un ami de Sherman connu notamment pour sa ligne de mobilier en Europe. "En fait, ce qu'il fait se vend plutôt comme de l'art", explique Sherman. "Je lui ai dit que j'avais besoin de pièces assez inhabituelles et il les a fait expédier depuis Paris".
La maison change de couleur de la même façon qu'elle réagit aux préférences de Macon en changeant de forme : "Elle reflète la vie intérieure de Lena et quand elle est en colère, elle devient plus menaçante", précise LaGravenese.
"Ce que j'aime le plus dans cette histoire, c'est que les lieux sont des personnages à part entière", explique Alice Englert. "Surtout Ravenwood Manor, dont le style est parfaitement absurde et qui change de forme en fonction de l'humeur de ses occupants".
Pour souligner l'humeur noire de Lena lorsqu'elle approche de l'Appel, l'équipe de Sherman a tout enlevé de la maison et peint l'intérieur entièrement en noir, sauf les cadres des fenêtres et l'escalier. "C'est très théâtral, et tout ce qu'on voit, ce sont les fenêtres, un escalier, une cheminée. Il n'y a rien d'autre : c'est comme si on entrait dans un trou noir", précise Sherman. Le défi concernant la salle à manger attenante a consisté à construire un espace qui pouvait réellement bouger et tressauter, afin de permettre de tourner une scène capitale dans laquelle Lena et Ridley se mettent à faire une démonstration de leurs pouvoirs d'Enchanteresses. La pièce entière a été construite sur un plateau articulé de forme circulaire, de sorte qu'elle puisse trembler et tourner. La table pouvait aussi tourner et le sol sous la table reposait sur un plateau séparé, ce qui le faisait tourner dans la direction opposée. "Sur une échelle de 1 à 10, les acteurs tournent à une vitesse de 8 dans cette scène", affirme LaGravenese en riant.
"Je voulais, autant que possible, éviter le recours au fond vert'", poursuit le réalisateur. "Nous avons tourné en extérieurs, car je voulais que les acteurs aient accès à un univers aussi réaliste que possible. Richard et son équipe ont fait un travail extraordinaire, en donnant aux comédiens de vraies cibles mobiles avec lesquelles jouer".
Alice Ehrenreich se souvient que "C'était comme être coincé dans un dîner de famille vraiment très bizarre, sauf quand la bagarre commence, car là, ça devient vite incontrôlable. On s'est beaucoup amusé".
Au départ, LaGravenese ne voulait pas réunir l'ensemble des comédiens dans cette scène. Cependant, Jeremy Irons pensait que ce serait bien plus dynamique si les Enchanteurs les plus âgés étaient impliqués, et donc tout le monde a participé à cette scène. "J'ai dû prendre des cachets contre la nausée tous les jours rien qu'à les regarder", dit le réalisateur en plaisantant.
Cette scène a nécessité trois jours de tournage et le réalisateur admet que cela a été une des séquences les plus difficiles. Rousselot a filmé cette bataille cosmique en utilisant quatre caméras. "Philippe crée des images superbes", explique LaGravenese. "Il possède l'art de la narration, il est très inventif dans sa manière de bouger la caméra et on se retrouve immergé dans une atmosphère extraordinaire – c'est un pro".
Bien que sa famille désire leur séparation, Ethan et Lena escaladent le mur séparant Ravenwood et Greenbrier pour se rencontrer. Pour filmer cette scène, l'équipe de Sherman a dû réellement construire un mur qui a été utilisé sur le plateau de Ravenwood avant d'être déménagé sur celui de Greenbrier, à Fulsom, en Louisiane.
La scène de la guerre de Sécession, elle, a mobilisé trois semaines de tournage et a été réalisée avec quatre caméras, près de 400 figurants, et un bon nombre de munitions pour les batailles en arrière-plan. David Valdes a trouvé des gens sur place et les a engagés : "Ils prennent ce travail de reconstitution historique très au sérieux : ils ont des batailles qui demandent six mois de préparation", explique-t-il.
Mais avant de pouvoir tourner la bataille de Honey Hill (la colline du miel), il leur fallait trouver une… colline ! Comme l'explique le cinéaste : "Il se trouve que la Louisiane est totalement plate. Et à quelques semaines du tournage, je n'avais toujours pas de colline. Notre formidable régisseur d'extérieurs Ed Lipscomb a fini par trouver l'endroit idéal". Il s'agit en fait d'une petite vallée avec un arbre solitaire à St. Francisville, à environ deux heures de route de la Nouvelle-Orléans. Toutes les représentations de Honey Hill, appartenant au passé et au présent, ont été tournées là.
Par ailleurs, l'un des lieux les plus importants pour réunir passé et présent, mortels et Enchanteurs, est la bibliothèque des Enchanteurs. Elle abrite toutes les archives et les secrets de l'univers des Enchanteurs, et son existence sous la bibliothèque de Gatlin est inconnue de la plupart des Mortels. Ce décor a encore une fois été le fruit des inventions de Sherman et de son équipe.
"La bibliothèque des Enchanteurs devait pouvoir incarner tous les savoirs de toutes les civilisations, car ses souterrains couvrent la superficie du monde", explique LaGravenese.
Sherman a mené des recherches minutieuses avec la directrice artistique Lorin Fleming et le chef ensemblier Troy Sizemore. "Nous avons feuilleté livre après livre, regardé des milliers d'images et de tableaux, comparé des styles d'architectures, depuis le Ier siècle de notre ère jusqu'à nos jours… Le résultat, ce sont ces pièces qui se fondent les unes dans les autres", rappelle Sherman.
L'équipe a intégré des branches noueuses et de faux hiéroglyphes sur les murs, ainsi que des visages et des serpents qui réagissent à toute présence de Mortel.
Le film a aussi été tourné dans d'autres lieux de la Nouvelle-Orléans, à l'image de maisons près du Garden District qui ont servi pour les demeures de Mme Lincoln et d'Ethan et le Prytania Movie Theatre, où Ethan et Lena se retrouvent pour leur premier rendez-vous.
La gamme de couleurs utilisée est très vaste. Selon Sherman, "Nous étions dans plein d'endroits différents, et donc c'est un peu comme un civet : une palette d'orange, de brun, d'ocre, de blanc et de vert, et on p passe d'une couleur à une autre en fonction de l'humeur et de l'époque à laquelle on se trouve".

CORSETS ET SORTILÈGES

Tout comme les décorateurs, le chef costumier Jeffrey Kurland a dû relever un sacré défi : créer non seulement différents costumes pour les séquences qui se déroulent dans le passé et dans le présent, mais aussi réaliser des tenues différentes pour les Mortels et les Enchanteurs pour ces mêmes époques.
"C'était compliqué de faire se confronter les deux univers afin de restituer ce monde baroque des Enchanteurs, tout en le combinant avec la réalité. Sans oublier que le passé et le présent s'en mêlent", explique Kurland.
"Jeffrey, Matthew Ferguson, le décorateur de plateau, et moi avons travaillé en étroite collaboration : on discutait de ce que les acteurs allaient porter, et dans quelle pièce… Donc, quand on voit Macon sous le porche dans son peignoir étrange avec ses lunettes de soleil, ça fonctionne et on perçoit tout de suite l'excentricité du personnage", déclare encore Sherman.
Le chef-costumier a gardé le thème de la Lumière et des Ténèbres en tête pour tous les personnages : "On a montré, dans une certaine mesure, ce clivage grâce à la couleur et à ses nuances, mais plus encore grâce aux silhouettes, au jeu des ombres et aux angles que grâce à la couleur elle-même. Il y a beaucoup d'ombres et de contours : cela reste subtil mais cela aide à caractériser les personnages", explique-t-il.
Kurland a fait réaliser environ 80 costumes, dont la garde-robe entière de Jeremy Irons. Macon lutte pour faire partie à la fois de la Lumière et des Ténèbres, et cela a été "une dichotomie intéressante à explorer", souligne encore le costumier. "Les Ténèbres sont toujours là et finissent par s'infiltrer. Macon peut porter ce qu'il veut, et c'est une liberté que j'ai appréciée. On voit des références aux années 1920 et 1930 et ainsi de suite, car il est sur Terre depuis très longtemps".
Il a également trouvé intéressant de pouvoir explorer les tenues de Ridley qui sont aussi imprévisibles que son caractère : "Ridley est une fashionista", note-t-il. Comme LaGravenese voulait que la magie soit aussi vue comme quelque chose d'amusant, Kurland a incorporé une référence à un style mythique pour chacun des ensembles de Ridley, dont celui de Rita Hayworth dans GILDA et de Marilyn Monroe dans LA RIVIÈRE SANS RETOUR.
"Jeffrey est brillant, et nous sommes amis depuis qu'il a travaillé sur mon premier projet en tant que réalisateur sur D'UNE VIE À L'AUTRE et aussi parce que nous sommes tous deux des fous de cinéma", explique LaGravenese. Le costume favori de Rossum est une robe longue fendue en dentelle qu'elle porte lorsqu'elle fait son entrée fracassante à Gatlin. Elle porte aussi une robe en dentelle noire avec corset et col montant pour le Bal des Enchanteurs.
Kurland a encore conçu une robe d'époque pour Emma Thompson, qui décrit l'ensemble porté par son personnage, Sarafine, lorsqu'elle apparaît au bal, comme "une gigantesque robe à crinoline avec des jupons rouges en ruché, et un haut violet foncé et noir qui lui remonte la poitrine".
Tranchant avec cette apparence, Emma Thompson dit du personnage de Mme Lincoln : "Elle est la championne de la robe de chambre informe, et porte des ensembles et des twin-sets terribles… Rien que sa lingerie, c'est toute une histoire : un soutien-gorge pointu, une gaine et une culotte de nylon… c'est l'enfer du nylon ! Elle porte toujours un crucifix et a une coiffure très travaillée, comme un casque. C'est dramatique !"
L'actrice porte également un immense chapeau lors d'une réunion en ville. "Je me suis beaucoup amusée avec Jeffrey", dit-elle. "Il a eu l'opportunité de me faire porter les vêtements les plus affreux qu'il ait jamais conçus !"
Quant à la robe de Lena, la création de Kurland comportait des éléments montrant à la fois la formalité requise pour un événement avec les Enchanteurs mais aussi sa véritable personnalité. "J'ai pensé que des couches de tulle, de gaze de soie et de résille donneraient un effet aérien et vaporeux qui fonctionnerait bien dans le mouvement", reprend Kurkand. "Le corps de la robe a besoin de structure, mais j'ai dessiné le haut un peu lâche, pour donner le même effet qu'une chemise ouverte un peu trop grande, en me disant que ça serait plus son style. La qualité de la soie utilisée et les nombreuses coutures aident à obtenir l'élégance désirée".
Bien que le costumier ait créé de nombreux modèles originaux, il y a des descriptions spécifiques dans le livre qu'il a pris soin de transposer à l'écran, comme le collier de Lena. C'est lui [Kurland] qui l'a dessiné : " Il est fait de plein de petites pièces provenant des endroits où elle est allée, et est composé entre autres d'une petite babiole, d'une breloque, d'un morceau de poupée mais aussi d'une capsule de bouteille".
Comme le remarque Alice Englert, "Travailler avec Jeffrey a été formidable car j'ai pu commencer à comprendre Lena et sa façon de s'habiller. Explorer ces détails a été vraiment amusant".
"C'est un style tout à fait personnel. Il ne pouvait ressembler à celui des filles qui se moquent d'elle, mais il ne pouvait être trop voyant et extravagant, et c'était donc une nuance intéressante avec laquelle j'ai aimé travailler", ajoute Kurland.
Un élément de ce style unique est le tatouage chiffré qui change au fur et à mesure que Lena approche de l'Appel.
Amma a, elle aussi, un tatouage très spécial qui renvoie à ses racines africaines, et à une pratique de scarification qui évoque identité tribale et rite de passage. "Il y a une certaine spiritualité et élégance en elle", explique Kurland. " Sa garde-robe est faite sur-mesure, mais elle est très avant-gardiste, bariolée et colorée. Elle est unique".
Tandis que Lena fait face à l'Appel, elle se rend, avec tous les Enchanteurs, à un bal qui célèbre sa transformation. Au même moment, les Mortels célèbrent la reconstitution de la bataille de Honey Hill, qui s'est déroulée durant la guerre de Sécession. Ces deux scènes ont nécessité un grand nombre de costumes.
"Il y a tout d'abord la vraie bataille de 1864, puis la reconstitution. Il y a une différence entre la vision que les gens de 2012 ont des événements de 1864 et ce qui s'est vraiment passé", précise encore Kurland.
La scène du Bal des Enchanteurs a demandé plusieurs jours de tournage dans le décor extérieur de Ravenwood. Le réalisateur a discuté de cette scène, qui est au départ le moment de l'Appel dans le livre, avec Rousselot et décidé que pour le film, une abondance d'Enchanteurs aux atours les plus excentriques les uns que les autres serait spectaculaire.
LaGravenese se souvient avoir dit à son chef costumier qu'il souhaitait "un mélange entre 'Ascot Gavotte' [cette séquence à Ascot aux costumes noirs et blancs incroyables dans MY FAIR LADY] et Alexander McQueen. Jeffrey a créé 25 costumes parmi les plus originaux alors qu'il n'a eu que très peu de temps, puisque l'idée m'est venue au dernier moment pendant les préparatifs. Il est extraordinaire", ajoute-t-il.
Pour ce film dans lequel la magie transforme tout, d'une plantation à une bibliothèque, et mêle le passé au présent, les auteurs du film ont embauché un responsable des effets spéciaux en la personne de Matt Kutcher et de son équipe, ainsi qu'un responsable des effets visuels, Joe Harkins, afin de permettre à la magie des effets spéciaux et visuels de se déployer…
"C'était exaltant d'utiliser les effets visuels afin de pouvoir passer d'une atmosphère vaporeuse et éthérée à certains moments, à une ambiance beaucoup plus réaliste et palpable à d'autres. Je pense qu'incorporer des effets visuels pour accentuer la réalité est très utile pour la narration car on permet au public de faire travailler son imagination et de participer à la narration", explique le réalisateur.
En outre, les membres de l'équipe ont aussi élaboré des éclairs, de la pluie, de la neige et un tremblement de terre pour faire vivre tout au long du film ce thème des conditions climatiques surnaturelles, en parallèle avec la vie de Lena. Avec un étonnant sens de l'à-propos, la réalité a rejoint la fiction quand une tornade a été localisée à proximité et que le tournage a dû être interrompu.
La tempête, métaphorique cette fois, qui se déroule entre les Enchanteurs et les Mortels à Gatlin, et qui prend au piège les deux amoureux, semble être teintée de ferveur mystique. Mais les apparences peuvent être trompeuses.
Grâce à leurs pouvoirs surnaturels, les Enchanteurs peuvent être à l'origine de phénomènes proprement extraordinaires, tandis que les Mortels sont soumis aux forces de la nature, incapables de plier les éléments à leur volonté. Mais même si les Mortels ne peuvent susciter la pluie, provoquer un tremblement de terre ou décider du lieu où vont frapper les éclairs, ils possèdent quelque chose d'extrêmement précieux que les Enchanteurs ne comprennent pas : l'humanité. Et cette caractéristique essentielle, et innée, leur donne suffisamment de puissance pour relever n'importe quel défi.
C'est à Richard LaGravenese que revient le mot de la fin : "Malgré tous leurs défauts, leurs peurs, leurs erreurs et leurs faiblesses, les Mortels ont aussi des superpouvoirs : la foi, le libre-arbitre, la compassion, le sacrifice, et enfin l'amour. En parlant d'êtres surnaturels, nous espérons aussi qu'il s'agit d'une histoire sur la féerie de notre propre humanité, à même de transformer des êtres ordinaires en d'extraordinaires et sublimes créatures".


La musique s'accorde bien avec le thème. Voici la liste des chansons qu'on peut entendre pendant le film:

“SUBTERRANEAN HOMESICK BLUES”
Écrit et interprété par Bob Dylan
Avec l'aimable autorisation de Columbia Records
En accord avec Sony Music Licensing

“Thème de ILS N'ONT QUE VINGT ANS"
Écrit par Max Steiner
Interprété par Percy Faith
Avec l'aimable autorisation de Columbia Records
En accord avec Sony Music Licensing

“NEVER TOO LATE”
Écrit par Dhani Harrison
Interprété par thenewno2
Avec l'aimable autorisation de Hot Records Limited

“MAKE IT HOME”
Écrit par Dhani Harrison et Jonathan Sadoff
Interprété par thenewno2
Avec l'aimable autorisation de Hot Records Limited

“NEEDLE AND THREAD”
Écrit et interprété par Alice Englert

“RUN TO ME”
Écrit par Dhani Harrison
Interprété par thenewno2
Avec l'aimable autorisation de Hot Records Limited









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