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samedi 2 mars 2019

STAN & OLLIE


Biopic/Drame/Un beau film émouvant et un merveilleux duo d'acteurs

Réalisé par Jon S. Baird
Avec Steve Coogan, John C. Reilly, Nina Arianda, Shirley Henderson, Danny Huston, Rufus Jones, Susy Kane, Bentley Kalu...

Long-métrage Britannique
Durée : 01h38mn
Année de production : 2018
Distributeur : Metropolitan FilmExport

Date de sortie sur les écrans britanniques : 11 janvier 2019
Date de sortie sur nos écrans : 6 mars 2019


Résumé : 1953. Laurel et Hardy, le plus grand duo comique de tous les temps, se lancent dans une tournée à travers l’Angleterre.

Désormais vieillissants et oubliés des plus jeunes, ils peinent à faire salle comble. Mais leurs capacités à se faire rire mutuellement et à se réinventer vont leur permettre de reconquérir le public, et renouer avec le succès.

Même si le spectre du passé et de nouvelles épreuves ébranlent la solidité de leur duo, cette tournée est l’occasion unique de réaliser à quel point, humainement, ils comptent l’un pour l’autre…

Bande annonce (VOSTFR)



Extrait - "Tu m'as trahi" (VOSTFR)



Extrait - "Plus rien à boire" (VOSTFR)



Extrait - "Performance" (VOSTFR)



Featurette - "Relationship" (VOSTFR)



Featurette - "Dans la peau du personnage" (VOSTFR)



Ce que j'en ai pensé : le réalisateur Jon S. Baird fait revivre à l’écran un des duos les plus marquants du cinéma. Il apporte un soin particulier aux ambiances et aux décors afin de bien nous situer dans l’époque de l’action. On sent qu’il aime ses deux personnages et bien qu’il reste sur un chemin classique pour nous narrer son histoire, il sait ménager de beaux moments très drôles et d’autres très touchants. 

Le scénario nous entraîne sur les pas de la fin de carrière de ses deux superbes artistes qui ont fait (et, espérons-le, continue de faire) rire des générations de spectateurs grâce à leurs talents de comiques. Il y a une grande dureté dans cette histoire que ce soit lorsqu’elle aborde les relations entre les artistes et les studios, l’oubli ou encore les problèmes d’argent. Il est déchirant de ressentir leur désarroi et leurs déceptions. Cependant, le réalisateur équilibre habilement son propos en se reposant sur l’humour que Laurel et Hardy savait si bien nous transmettre. Ainsi, il éclaire son histoire par des scènes qui provoquent le rire tout en nous rappelant combien ils étaient merveilleux. 

Les deux acteurs principaux sont magnifiques. Steve Coogan interprète Stan Laurel et John C. Reilly interprète Oliver Hardy. On oublie les comédiens et on voit Laurel et Hardy à l’écran, tout simplement. Leurs performances sont remarquables dans la ressemblance, les attitudes, leur capacité à les représenter sur scène et hors scène. Ils sont profondément attachants et bluffants dans ces rôles. 




Un autre duo beaucoup plus inattendu, mais tout aussi touchant, se dessine également, celui des épouses interprétées par Nina Arianda dans le rôle d’Ida Kitaeva Laurel, et Shirley Henderson dans le rôle de Lucille Hardy. Elles sont impeccables. 


Copyright photos @ Metropolitan FilmExport

En ce qui concerne les relations professionnelles dans le monde artistique Danny Huston, qui interprète Hal Roach, et Rufus Jones, qui interprète Bernard Delfont, sont des spécimens convaincants, chacun avec leur façon de faire, mais tous deux avec un objectif commun qui est d’exploiter leurs poules aux œufs d’or. 

STAN & OLLIE est un beau film très émouvant qu’il faut aller découvrir pour ses incroyables acteurs et son histoire douce-amère qui nous raconte de façon touchante un petit bout de l’histoire du cinéma.


NOTES DE PRODUCTION
(À ne lire qu'après avoir vu le film pour éviter les spoilers !)

"C'est une histoire d'amour
L'écriture du projet

Stan Laurel et Oliver Hardy sont largement considérés comme le plus grand tandem comique de l'histoire du cinéma. De 1927 à 1950, ils se sont produits dans 107 films (32 courts métrages muets, 40 courts parlants, 23 longs métrages, 12 apparitions). Ils ont ainsi donné ses lettres de noblesse à la notion de "duo comique" avec une complicité contagieuse et des gags qui pouvaient sembler naturels, mais qui étaient ciselés dans leurs moindres détails. Les deux comédiens font partie des très rares stars du muet à avoir survécu au parlant – et même à s'y être épanouis –, ajoutant des jeux de mots à leur panoplie comique. 

Leur influence dépasse largement les données chiffrées et l'analyse critique : ils ont en effet encore aujourd'hui d'innombrables fans, trois musées leur sont consacrés et ils ont même leur fan club, Sons of the Desert [en hommage à leur film LES COMPAGNONS DE LA NOUBA, NdT]. Aimés dans le monde entier – ils sont appelés "Dick Und Doof" en Allemagne, "Flip I Flap" en Pologne, "O Gordo e o Magro" au Brésil –, ils incarnent l'humour à l'état pur et nous plongent dans un monde où l'absurde frôle le sublime et où l'amitié est une valeur intangible. Qu'on les connaisse à travers les rediffusions télé, les adaptations en dessins animés ou une simple image sur Twitter, il suffit d'entendre leur thème musical ("C'est moi Laurel, c'est moi Hardy") pour sourire et basculer dans une époque moins cynique qu'aujourd'hui. Les gens admirent Chaplin, sont impressionnés par Buster Keaton mais adorent Laurel et Hardy. Très rares sont les humoristes qui ne revendiquent pas leur influence.

Le scénariste Jeff Pope éprouve, lui aussi, une vraie tendresse pour le duo. Nourri aux courts métrages comiques du tandem légendaire diffusés le samedi matin sur la BBC, il s'est vu offrir un coffret DVD de Laurel et Hardy il y a une quinzaine d'années. Après avoir vu LAUREL ET HARDY AU FAR WEST, il s'est lancé dans des recherches sur la véritable histoire des deux stars. Il a alors découvert un pan méconnu de leur parcours : la tournée théâtrale du célèbre duo au Royaume-Uni au début des années 50, comme en témoigne l'ouvrage "Laurel & Hardy : The British Tours" de AJ Marriot. 

"Il y a cette incroyable photo de ces deux types, qui avaient été des icônes du cinéma, et qui séjournaient dans de modestes auberges, qui se produisaient dans de petits théâtres et qui ne se rendaient pas compte qu'ils faisaient tout ça parce qu'ils s'aimaient", déclare Pope. "C'est ce qui m'a poussé à écrire ce film : c'est une histoire d'amour fraternel entre deux hommes".

La productrice Faye Ward acquiesce : "STAN & OLLIE est avant tout une histoire d'amitié. Et le film parle de ces deux amis qui sont arrivés au soir de leur vie, mais qui n'en ont pas conscience. Mais il évoque aussi leur génie artistique et la manière dont la magie se produit sur scène".

Steve Coogan, qui campe Laurel, avait travaillé avec Pope sur PHILOMENA de Stephen Frears (dont le scénario avait été nommé à l'Oscar). Il a aussitôt été sensible à l'approche du scénariste qui s'attache à leur complicité, vieille de 35 ans, à travers le prisme de la tournée.

"C'est très intelligent de la part de Jeff car on commet souvent l'erreur de raconter l'histoire de la vie de quelqu'un de manière chronologique", dit-il. "C'est beaucoup plus fort de se focaliser sur un pan de leur parcours qui, souvent, permet de tout connaître de la personne. On perçoit l'humanité d'un être en s'attachant à un moment de son existence".

La production a choisi d'appeler le film STAN & OLLIE, et non LAUREL & HARDY, car il s'agissait de débusquer les hommes derrière les légendes : le scénario de Pope cherche à cerner la vérité au-delà de l'image publique des deux acteurs. Alors que Hardy aimait donner le sentiment de prendre le contrôle à l'écran, Laurel était la tête pensante du tandem et supervisait le moindre aspect du tournage. De son côté, dès lors que le film était en boîte, Hardy allait souvent jouer au golf. Le film suggère aussi que, si le duo était inséparable à l'écran, leurs liens étaient plutôt professionnels par ailleurs. Comme le signale Pope, "Ils se sont vraiment rapprochés au cours de cette tournée difficile où ils passaient le plus clair de leur temps ensemble. Le film raconte donc les circonstances dans lesquelles ils sont devenus aussi proches dans leur vie qu'ils l'étaient à l'écran".

La productrice Fay Ward renchérit : "À mon avis, c'était fondamental de revenir à la nature même du tandem Laurel-Hardy et c'est pour cela qu'on ne voulait pas faire un biopic traditionnel. On voulait réaliser un film qui puisse plaire aux spectateurs de tous âges. Laurel et Hardy sont adorés dans le monde entier et ils ont des fans parmi des acteurs comiques comme Ricky Gervais et Paul Merton, John C Reilly et Steve Coogan. Il y a des millions d'autres gens qui se disent encore marqués par le célèbre tandem. Je crois qu'on est immédiatement à l'aise en leur compagnie : même si on les découvre, on comprend à quel point ils ont inspiré des comiques d'aujourd'hui".

Le scénario de Pope est ponctué de détails à la fois révélateurs et touchants sur la relation entre les deux protagonistes – Laurel a continué d'écrire des sketchs pour le duo sept ans après qu'ils se soient retirés des écrans – mais Coogan était convaincu que ce cocktail n'était pas suffisant pour STAN & OLLIE.

"Je savais que le film allait être poignant, triste et émouvant, mais je craignais qu'il ne soit pas très drôle", relève-t-il. "L'émotion à travers la séduction du spectateur, cela se mérite. Mais on peut charmer les gens grâce à l'humour".

Si l'humour est surtout lié aux sketchs de Laurel et Hary sur scène, scrupuleusement reconstitués, le scénario inscrit également certains de leurs plus célèbres numéros dans leur quotidien. C'est ainsi que leur tentative de monter les marches d'une gare avec une malle fait directement référence à la scène mémorable d'acheminement d'un piano en haut d'un escalier dans LIVREURS, SACHEZ LIVRER ! qui a remporté un Oscar. "Au cours de l'écriture, je me suis rendu compte que je pouvais rendre hommage à leur passé glorieux", confie Pope. Mais pour Coogan, intégrer les sketchs du tandem à des situations quotidiennes en dit long sur la nature de ces artistes.

"Comme chez beaucoup de comiques, il n'y a pas de séparation totale entre le personnage qu'il incarne et son propre tempérament, surtout s'ils sont très investis dans l'écriture", remarque-t-il. "Il y a des liens entre les deux et on a fait en sorte que le spectateur s'en aperçoive. Pour les vrais fans de Laurel et Hardy, c'est important de voir qu'on a essayé d'être fidèle à leur mémoire et de brosser d'eux un portrait intime et précis. Et pour les autres, le film reste divertissant parce qu'en mettant en scène leurs sketchs les plus connus, on a fait en sorte qu'ils soient encore très drôles pour un public contemporain".

"Il ne s'agit pas d'un biopic traditionnel"
La réalisation du film

Jeff Pope a envoyé le scénario à Jon S. Baird, qui réalisait la série BABYLON de Danny Boyle. Baird, bercé par les films de Laurel et Hardy dans son enfance en Écosse, s'est souvent amusé, plus jeune, à imiter le célèbre tandem. "J'ai encore des photos de moi et d'un copain, déguisés en Laurel et Hardy, pour un spectacle scolaire", se souvient-il en riant. "Je jouais Stan, et lui Ollie. Il portait pas mal de rembourrage, qui me fait penser aujourd'hui aux faux gros ventres de cinéma".

Le projet s'est vraiment concrétisé quand la productrice Faye Ward (LES SUFFRAGETTES), de Fable Pictures, s'est engagée dans l'aventure. Elle avait fait la connaissance de Baird à l'occasion d'une rencontre d'Inside Pictures et elle avait aussitôt considéré que le projet pouvait séduire un large public – et pas seulement les cinéphiles.

"Même si Laurel et Hardy n'étaient pas les protagonistes de cette histoire, il s'agit avant tout de deux amis qui ont vécu une sacrée aventure", dit-elle. "Ils ont vécu ensemble des mariages, des expériences professionnelles, des périodes de vaches maigres, des hauts et des bas. Au début des années 50, ils prennent conscience qu'ils ont vieilli et qu'ils n'ont peut-être plus beaucoup de temps à vivre. C'est un cheminement qui resterait fascinant même si on n'avait pas affaire à Laurel et Hardy. C'était d'une totale évidence quand j'ai découvert le scénario de Jeff et quand Jon m'a parlé de sa vision du film. J'ai tout de suite décelé qu'on pouvait tenir un film hors du commun".

Ayant de la famille près d'Ulverston, la ville natale de Stan Laurel, Faye Ward a souvent visité le Laurel and Hardy Museum pendant les vacances d'été. Grande fan du tandem, elle a tout mis en œuvre pour que STAN & OLLIE ne bascule pas dans les pires clichés des biopics.

Le réalisateur avait un point de vue très clair sur la question essentielle soulevée par la décision d'Oliver d'avoir tourné un film – DEUX BONS COPAINS – sans Stan.

"C'est comme s'il s'agissait d'un couple marié qui s'aime, mais l'un des deux a été infidèle par le passé", précise-t-il. "Désormais, l'autre a l'occasion de faire pareil : va-t-il s'en saisir ?"

Juste avant le tournage, Baird a eu une crise d'appendicite et a dû être opéré d'urgence. Puis, il a récupéré en un temps record et, une semaine plus tard, il était sur le plateau ! Au cours du tournage, la vision du réalisateur et sa détermination ont impressionné tous ses collaborateurs. "Il était formidable sur le plateau, il était d'une grande précision dans ses consignes", indique Coogan. "Il ne parlait pas pour ne rien dire, ce qui arrive parfois à certains metteurs en scène".

John C. Reilly, qui interprète Oliver Hardy, s'est lui aussi laissé embarquer par la passion communicative de Baird. "Jon est vraiment celui qui m'a convaincu que je pouvais y arriver", dit-il. "C'est un homme de conviction et un indéfectible optimiste. Si ce projet est réussi, c'est grâce à l'engagement total de Jon et à la confiance qu'il nous a témoignée".

Faye Ward déclare : "Jon est un type incroyable ! Il avait une vision très précise du projet et, à mon sens, il a parfaitement compris le tandem Laurel & Hardy, mais aussi les rapports entre Stan et Ollie".

Le dynamisme de la mise en scène de Baird est palpable d'entrée de jeu. Le film s'ouvre en effet sur un travelling de six minutes où l'on voit Stan et Ollie quitter leur loge, traverser un plateau de tournage hollywoodien, arriver sur le tournage et se disputer avec le patron du studio, Hal Roach.

"J'avais envie qu'on sente cette atmosphère des studios hollywoodiens, et j'avais le sentiment que c'était le bon dispositif", note Baird. "On a besoin de voir tout le déroulement de cette séquence. Je me suis dit que c'était justifié par le scénario et j'avais aussi envie de me lancer ce défi !"

Très audacieux, Baird était non seulement exigeant avec ses chefs de poste, mais aussi avec ses acteurs qui devaient énoncer des dialogues très denses d'un seul trait.

"On ressent une vraie pression dans un plan comme celui-là", reconnaît Coogan. "Il faut presque essayer de ne pas y penser. Si on était trop stressés à l'idée de ne pas y arriver, on risquait de ne pas être crédibles. Du coup, mieux vaut oublier la gestuelle réglée d'avance –et se dire qu'on est simplement deux types en train de discuter. Je crois qu'il faut une certaine expérience pour parvenir à ce résultat, et comprendre que le mieux qu'on ait à faire, c'est de se détendre et de se moquer du reste !"

Autre scène importante, qui marque un moment emblématique pour les deux comiques : la légendaire scène de danse de Stan et Ollie, sur l'air de "At The Ball, That's All", devant un décor de saloon dans LAUREL ET HARDY AU FAR WEST. Coogan et Reilly ont travaillé avec le chorégraphe et superviseur de gestuelle Toby Sedgwick pour que la scène soit la mieux préparée possible. On retrouve ces pas de danse au cours du film car Laurel et Hardy l'interprètent pendant la tournée – et leur numéro semble de plus en plus ringard. Pour la version "cinématographique" du film dans le film, Sedgwick a même entraîné les comédiens à répéter les erreurs commises par Laurel et Hardy au cours du tournage.

"On a répété ce numéro si souvent qu'on pouvait l'exécuter pendant qu'on dormait", confirme Coogan. "Ce qui est formidable quand on les regarde danser, c'est qu'ils semblent faire ça avec désinvolture et sans effort. Ça demande beaucoup de travail de donner le sentiment de la facilité".

Faye Ward salue l'extraordinaire dévouement de Coogan et Reilly. "Ils ont travaillé comme des fous. Ils se sont appropriés le numéro avec un tel degré de véracité que même lorsque les vrais Laurel et Hardy commettent une erreur dans les images d'archives, ils les ont reproduites aussi. Ils ont totalement réussi et c'était magique !"

Également humoriste, Sedgwick a aussi fait répéter les sketchs interprétés sur scène par Laurel et Hardy aux acteurs. Coogan, Reilly et Sedgwick ont ainsi reproduit les numéros bien rodés du célèbre tandem, mais en ont inventé de nouveaux pour les besoins du film. Ce qui n'a fait qu'enrichir l'expérience du tournage.

"On est devenus très complices dans ces moments-là car cela va au-delà d'un simple tournage", se souvient Reilly. "Comme Laurel et Hardy se produisaient sur scène, on filmait notre prestation et on jouait devant un public. Il y avait non seulement la pression d'un tournage de cinéma, mais aussi celle de ces spectateurs qui nous regardaient ! Il fallait également qu'on se donne pour eux ! On était presque deux combattants qui se devaient loyauté. Je resterai éternellement attaché à Steve en repensant à ce qu'on a vécu ensemble".

C'était effrayant d'interpréter ces types"
LE CASTING

Pour STAN & OLLIE, il était indispensable de dénicher les comédiens non seulement capables d'incarner le célèbre tandem, mais aussi d'apporter un éclairage sur leur trajectoire personnelle – afin de mieux cerner qui ils étaient et ce qui les faisait vibrer.

Steve Coogan a été la première – et la dernière – personne à qui Jon Baird ait proposé de camper le rôle de Stan Laurel. L'acteur a d'abord découvert Laurel et Hardy à la télévision, en regardant leurs mésaventures en robe de chambre pendant les grandes vacances. "Ces films étaient très accessibles à un enfant", se souvient-il. "C'était un humour lié à la personnalité des deux comédiens, et pas un comique de situation. Il n'y a pas de conséquences à leurs actions car ils évoluent fondamentalement dans un monde joyeux". Au cours d'échanges avec Baird et Faye Ward via Skype, Coogan a montré qu'il pouvait facilement adopter les attitudes et les tics de langage de Laurel, mais aussi exprimer l'énergie et l'honnêteté de l'homme. Comme l'indique Faye Ward, "c'est formidable de voir Steve accomplir quelque chose qu'il n'avait jamais fait auparavant".

Le réalisateur précise : "J'ai rencontré Steve au cours d'un déjeuner et on parlait tranquillement de Stan Laurel et sans prévenir il a commencé à se glisser dans la peau de son personnage. Puis, il a fait tomber sa serviette, et s'est cogné la tête contre la table – et j'en ai eu des frissons dans le dos et j'ai été bluffé ! C'est ce moment qui n'a l'air de rien qui a été déterminant. Je savais que c'était un type très intelligent, et qu'il s'y prendrait à merveille, Et en le voyant incarner Stan avec une telle précision dans la voix et le jeu, j'ai su au bout de cinq minutes qu'il s'imposait dans le rôle. Tout le monde était fou de joie quand Steve nous a donné son accord, pour des raisons évidentes".

"Steve a été un partenaire formidable", affirme John C. Reilly. "On s'est rendu compte dès le départ qu'il n'y avait pas moyen de jouer ces rôles sans apprendre à s'aimer. On ne se connaissait pour ainsi dire pas, mais on est devenus très amis. C'est l'un des types les plus drôles que j'aie jamais rencontré. Je me sentais vraiment seul dès que Steve n'était pas sur le plateau avec moi. J'avais le sentiment qu'il me manquait une partie de moi-même".

Faye Ward se souvient du sentiment qu'elle a éprouvé en apprenant que Coogan et Reilly avaient rejoint le film. "C'était tout simplement exaltant que John et Steve soient des nôtres", dit-elle. "Il n'y a franchement pas beaucoup d'acteurs au monde qui puissent réellement incarner Laurel et Hardy. Ce sont des acteurs qui ont un extraordinaire sens du rythme et du burlesque. C'était merveilleux de voir ces deux-là camper Laurel et Hardy : on avait vraiment le sentiment de voir deux légendes incarner deux légendes".

Si Coogan a l'habitude de se produire seul, Reilly a souvent travaillé en tandem avec Will Ferrell. Mais l'acteur était malgré tout intimidé à l'idée d'incarner un mythe de la comédie.

"J'ai d'abord voulu renoncer au projet car il s'agit de deux figures écrasantes et impressionnantes", déclare Reilly. "J'ai le sentiment qu'à l'époque de Google et Wikipédia, on peut avoir accès à n'importe quel moment à tout ce qu'on veut savoir sur la vie de quelqu'un. Mais ce qui est magnifique dans cette histoire, c'est qu'on plonge dans l'intimité de leurs rapports et qu'on comprend comment se passait leur tandem". 

Habitué à passer d'un genre à l'autre – de la comédie au film musical en passant par le drame –, Reilly possède un large registre de jeu qui lui a permis de trouver le bon équilibre entre humour et émotion. 

"C'est un comédien fantastique", note Coogan. "Il sait être réfléchi, poignant et authentique tout en maîtrisant les techniques comiques. Ce sont deux registres très différents. Le comique fait souvent appel à des compétences techniques, et pour être capable d'exprimer des sentiments sincères, il faut être capable de puiser dans ses émotions. Il y a très peu d'acteurs qui soient bons dans les deux. John en fait partie".

Le choix de Reilly a joué un rôle décisif dans la participation de Coogan au projet. "J'ai demandé à la production qui était envisagé pour Oliver Hardy", se souvient Coogan. "On m'a répondu John C. Reilly et j'ai dit : 'S'il donne son accord, je suis partant'".

Baird se souvient de son rendez-vous avec Reilly : "John m'a dit : 'c'est une responsabilité énorme de jouer ce personnage – c'est mon héros', et Steve m'avait dit la même chose", signale-t-il. "Mais John a ajouté : 'Je ne laisserai personne d'autre tenir ce rôle. C'est terrifiant d'accepter un rôle pareil, mais je ne laisserai personne d'autre le faire à ma place'". Et je me suis dit : 'Si tu es de cette trempe-là, tu es le genre de mec avec qui je veux travailler parce que tu fais preuve de responsabilité et de courage'".

Dès que les deux comédiens ont fait part de leur intérêt pour le projet, la production a souhaité s'assurer qu'ils étaient suffisamment complices pour que le célèbre tandem existe à l'écran.

"Jon et Jeff se sont rendus à New York pour les réunir et s'assurer qu'ils s'entendent bien", se remémore Faye Ward. "C'était totalement stressant. Ils les ont laissés discuter dans le restaurant et soudain, à quelques mètres de là, ils ont aperçu Laurel et Hardy en train de dîner. Ils se sont dit 'on tient nos personnages' ".

L'alchimie entre les deux acteurs s'est ressentie tout au long du tournage. La productrice reprend : "Ils ont joué le sketch des 'doubles portes' sur scène au cours de la première semaine de tournage devant toute l'équipe. Et les équipes de films sont parfois un rien cyniques car elles voient défiler des centaines de stars faire tout un tas de choses. Mais la salle a plongé dans un silence admiratif, puis a explosé de rire. D'ailleurs, Harriet, notre 2ème assistante-réalisateur, pleurait. C'était formidable".

La danse tirée de LAUREL ET HARDY AU FAR WEST était l'une des séquences les plus difficiles pour les comédiens. Steve Coogan se souvient : "On a étudié ce que Laurel et Hardy avaient fait dans le film en question, puis on a répété et chorégraphié les enchaînements. Mais ce qui était particulier, c'est qu'on devait non seulement apprendre ces pas de danse, mais aussi reproduire leurs maladresses. Car il y avait un côté amateur et incohérent dans leur manière d'exécuter ce numéro. On devait donc imiter leurs erreurs et leurs gestes désinvoltes. C'était assez difficile puisqu'on devait reproduire la chorégraphie du film, telle qu'ils l'ont tournée, et la jouer sur scène – sans les erreurs. Il y avait au total deux manières de faire ce numéro : l'une avec quelques maladresses et l'autre de manière plus sophistiquée. C'était un peu déroutant mais on l'a tellement répété qu'on le connaissait par cœur et que je serais sans doute capable de le reproduire aujourd'hui encore !"

"C'était comme porter un masque qui recouvrait tout le corps".
La transformation physique

La transformation physique de Coogan et Reilly a été supervisée par le chef-maquilleur Jeremy Woodhead et le chef-prothésiste Mark Coulier, oscarisé pour THE GRAND BUDAPEST HOTEL et LA DAME DE FER.

Après plusieurs essais, l'équipe a choisi de privilégier la sobriété en matière de maquillage.

"Il faut veiller à ce que le spectateur ne se dise pas 'Quel maquillage extraordinaire !'", explique Coogan. "Il doit être absorbé par l'interprétation et l'histoire et ne surtout pas être interpellé par quoi que ce soit qui le déconcentre de l'intrigue".

Au bout du compte, Coogan a choisi un faux menton, de fausses dents et des embouts auriculaires personnalisés donnant l'impression qu'il a les oreilles décollées. Détail amusant : Coogan, qui a les yeux marrons, a dû porter des lentilles bleues, et Reilly, qui a les yeux bleus, a dû porter des lentilles marrons. Pour la coiffure un rien excentrique de Stan, Woodhead a appliqué la même philosophie minimaliste.

"On a laissé à Steve ses vrais cheveux, mais on les a teints pour se rapprocher de la couleur de Stan Laurel", indique-t-il. "Stan était roux. On a envisagé de teindre Steve en roux, mais ça sautait trop aux yeux et risquait de détourner l'attention du spectateur. De toute façon, vers la fin de sa vie, Stan se teignait les cheveux".

Pour se fondre dans la peau de son personnage, Reilly subissait quatre heures de maquillage par jour. Dans les années 50, Hardy pesait près de 180 kg, mais l'équipe a choisi de ne pas aller jusque-là. Coulier et Woodhead ont testé quatre faux gros ventres en mousse polyéthylène. Pour obtenir un résultat satisfaisant, l'équipe s'est inspirée de la vie personnelle de Hardy.

"On a longuement travaillé avec John C. Reilly pour que son allure soit conforme à la réalité", indique Faye Ward. "Il a fait des centaines d'essayages et on a élaboré son costume en y intégrant toutes sortes de détails. Bien entendu, il y a énormément de choses pratiques à prendre en compte en matière de prothèse car l'acteur doit ressembler au personnage sans que sa tenue ne gêne son jeu. On doit pouvoir percevoir le génie de John C. Reilly à travers sa combinaison, tout en étant convaincu qu'on a Hardy face à soi".

"Le surnom d'Oliver Hardy était 'bébé' car il avait la taille et les proportions d'un gigantesque bébé", précise Reilly. "J'ai envoyé des photos de bébé à Guy et Mark et l'allure du personnage a commencé à prendre forme".

Reilly avait plusieurs combinaisons pour les différentes étapes de la vie du personnage, sachant que la version de 1937 était plus ferme. Même si la mousse polyéthylène est légère, elle conserve malgré tout la chaleur, si bien que l'acteur était branché à une machine à glace entre les prises. Ce dispositif a permis à Reilly d'avoir davantage confiance en lui pour interpréter le personnage.

"Seuls mon visage et la paume de mes mains étaient à l'air libre", se souvient-il. "Le reste de mon corps était recouvert soit par les prothèses, soit par le faux ventre. Comme si je portais un masque sur tout le corps. Et le masque était si convaincant qu'il m'a donné la force de jouer le rôle !"

Jon Baird évoque la première fois qu'il a découvert les deux acteurs grimés : "Le silence était total", dit-il. "J'ai cru qu'il y avait un problème. Mais pas du tout. Les gens étaient simplement estomaqués par leur allure". Nina Arianda a découvert le tandem lorsqu'Ida les observe en train de jouer. "J'en ai oublié où j'étais pendant un instant", s'enthousiasme-t-elle. "J'avais vraiment l'impression de me retrouver face à Laurel et Hardy. C'était fascinant. Ce jour-là, j'ai totalement oublié ce que je faisais".

Source et copyright des textes des notes de production @ Metropolitan FilmExport

  
#StanetOllie

Autre post du blog lié à STAN & OLLIE

mardi 11 décembre 2018

STAN & OLLIE


Au cinéma le 6 mars 2019

Découvrir l'histoire de ce merveilleux duo comique me rend bien curieuse. En plus, les deux acteurs principaux vont visiblement nous offrir de très belles interprétations.

Un film réalisé parJon S. Baird
Avec Steve Coogan, John C. Reilly, Nina Arianda...


John C. REILLY, nommé dans la catégorie
"Meilleur acteur dans une comédie"

Résumé : 1953. Laurel et Hardy, le plus grand duo comique de tous les temps, se lancent dans une tournée à travers l’Angleterre.

Désormais vieillissants et oubliés des plus jeunes, ils peinent à faire salle comble. Mais leurs capacités à se faire rire mutuellement et à se réinventer vont leur permettre de reconquérir le public, et renouer avec le succès.

Même si le spectre du passé et de nouvelles épreuves ébranlent la solidité de leur duo, cette tournée est l’occasion unique de réaliser à quel point, humainement, ils comptent l’un pour l’autre…

Bande annonce (VF)


Quelques photos du film







  
#StanetOllie

dimanche 5 juillet 2015

Back to the future


Animation/Famille/Super mignon mais à voir surtout pour les Minions

Réalisé par Pierre Coffin et Kyle Balda
Avec les voix, en version originale, de Sandra Bullock, Jon Hamm, Michael Keaton, Allison Janney, Steve Coogan, Jennifer Saunders, Geoffrey Rush, Pierre Coffin...
Avec les voix, en version française, de Marion Cotillard, Guillaume Canet...

Long-métrage Américain
Titre original : The Minions
Durée: 01h31mn
Année de production: 2015
Distributeur: Universal Pictures International France

A partir de 3 ans

Date de sortie sur les écrans U.S.: 10 juillet 2015
Date de sortie sur nos écrans: 8 juillet 2015


Résumé: A l'origine de simples organismes monocellulaires de couleur jaune, les Minions ont évolué au cours des âges au service de maîtres plus abjectes les une que les autres. Les disparitions répétitives de ceux-ci, des tyrannosaures à Napoléon, ont plongé les Minions dans une profonde dépression. Mais l'un d'eux, prénommé Kevin, a une idée. Flanqué de Stuart, l'adolescent rebelle et de l'adorable petit Bob, Kevin part à la recherche d'un nouveau patron malfaisant pour guider les siens.
Nos trois Minions se lancent dans un palpitant voyage qui va les conduire à leur nouveau maître : Scarlet Overkill, la première superméchante de l'histoire. De l'Antarctique au New York des années 60, nos trois compères arrivent finalement à Londres, où ils vont devoir faire face à la plus terrible menace de leur existence : l'annihilation de leur espèce.

Bande annonce (VF)


Making-of "Doublage" (VF) 




Avis de recherche (VF)



Retour à la case départ (VF)


Connaissez-vous Bob, Stuart & Kevin? (VF)


Ce que j'en ai pensé: Quel bonheur de retrouver LES MINIONS au cinéma. Nous apprenons ici l'origine de ces petits personnages jaunes et rigolos au langage créatif. Jamais avares de bêtises et toujours prêts à rendre service (mieux vaut ne pas être destinataire de leurs faveurs d'ailleurs), l'intrigue du film tourne autour de leurs recherches pour trouver un maître super méchant à servir. Il est impossible de ne pas comparer cette histoire aux deux MOI, MOCHE ET MÉCHANT étant donné qu'il s'agit de l'ère pré-Gru. 
J'ai trouvé cette histoire plus enfantine. Les enfants auront tout ce qu'il faut pour passer un moment amusant et mignon, les parents, eux, regretterons les qualités émotionnelles propres aux MOI, MOCHE ET MÉCHANT qui en font des spectacles aboutis pour petits et grands. Ne vous méprenez pas, l'énorme capital sympathie des Minions reste intact. Je les adore et j'ai vraiment apprécié de les suivre dans leur quête. Simplement les personnages qu'ils croisent ont, pour moi, moins de personnalité que Gru et ses petites filles. Notamment, Scarlet Overkill ne se révèle pas être une méchante spécialement originale. Assez lisse, elle impressionne peu (les grands).



J'ai beaucoup aimé le travail effectué sur les époques et les détails qui rendent les différents endroits identifiables avec leurs ambiances spécifiques. La bande son, qui fait danser et fredonner sur son siège, aide à resituer les moments auxquels l'histoire se déroule.








En version originale, les acteurs font du bon travail pour offrir une âme à leurs protagonistes. Mais c'est surtout Pierre Coffin, la voix des Minions (et l'un des deux réalisateurs), qui nous fait rigoler avec les intonations et les expressions de Stuart, Bob et Kévin, les 3 compères qui se lancent courageusement à la recherche du méchant parfait.







Le trouveront-ils? C'est la question à laquelle vous répondrez en allant à la rencontre des Minions au cinéma. Et tout ce que je peux vous dire, c'est que la réponse vaut le déplacement. 


NOTES DE PRODUCTION
(A ne lire qu'après avoir vu le film pour éviter les spoilers!)

L’ORIGINE DE LEUR HISTOIRE : LA GENÈSE DES MINIONS
« En faisant ce prequel, nous avons commencé par explorer la question qu’on nous avait posée des milliers de fois : d’où viennent les Minions ? » Chris Meledandri
Après le succès sans précédent de MOI MOCHE ET MÉCHANT 2, un réel engouement pour les histoires de l’univers développé par Illumination Entertainment a vu le jour. Le public du monde entier était subjugué par les Minions et voulait comprendre d’où sortait l’équipe aussi loyale que loufoque de Gru, qui ils étaient avant de rencontrer celui qui serait leur ultime maître et quelles aventures ils avaient pu vivre depuis leur apparition sur notre planète. Le président d’Illumination Entertainment Chris Meledandri nous explique comment, à leur propre manière et avec leur adorable comportement totalement azimuté, les Minions se sont taillé la part belle qui leur a valu un film qui leur soit entièrement dédié. 

« Ce n’est pas nous qui avons décidé de ce film, ce sont les Minions qui l’ont imposé! Après MOI MOCHE ET MÉCHANT 2 nous nous sommes aperçus que notre équipe, qui est composée des artistes les plus brillants avec qui j’ai le plaisir de travailler, ne pouvait tout simplement pas s’empêcher de continuer à animer ces personnages. » 

Depuis 2010, l’année de leur première apparition publique, Chris Meledandri et son équipe ont pu observer la manière dont les Minions ont fini par conquérir totalement le coeur du public. Selon lui c’est leur essence aussi spontanée qu’incontrôlable qui les rend à ce point attachants. « C’est le mélange entre leur graphisme, la manière dont ils sont animés et les voix qui les personnalisent, le tout sous la direction de Pierre et Kyle et précédemment de Pierre et Chris qui les rend tellement uniques et aussi irrésistibles. La dualité de la nature de leur caractère et les contradictions qui les animent les rendent plus qu’adorables. Leur aspiration à être méchants alors qu’ils sont foncièrement bons nous est familière à tous. Cette facilité d’identification et d’attachement est la clef des films d’Illumination Entertainment. L’aspect le plus frappant de nos films est le lien entre le public et nos personnages. » 

Jusqu’à présent Chris Meledandri, et ce depuis la création d’Illumination Entertainment, a toujours insisté sur le fait de donner la priorité aux personnages avant tout. Et les Minions sont la quintessence parfaite de cet état d’esprit. « Notre équipe a indéniablement développé une maîtrise parfaite des techniques de pointe dans de nombreux domaines, aussi importants les uns que les autres, mais il faut un point de ralliement pour que tout le monde puisse travailler en synergie. Pour moi il s’agit du développement de personnages auxquels on peut s’identifier, qui ont une vraie épaisseur et comportent des imperfections qui les rendent accessibles. Le véritable moyen d’expression des Minions est la comédie, une langue qui est universelle et ce pour n’importe quel sujet. En outre c’est un mode de communication qui permet de privilégier le visuel et les attitudes plutôt que le verbe. » Janet Healy sa collaboratrice sur tous les films ajoute « Peu importe où ils vivent et d’où ils viennent, ce qui séduit les gens c’est qu’ils sont ravageurs, impertinents, enfantins, sincères, expressifs et infatigables. Ils n’ont ni âge, ni langage spécifique. Les gens avaient envie de voir un film qui leur soit entièrement dédié, et nous nous sommes donné un malin plaisir à le réaliser. » 

L’équipe s’est étoffée avec le temps et Bryan Lynch le scénariste est devenu un des piliers incontournables d’Illumination Entertainment. Il avait collaboré avec Chris Meledandri chez Blue Sky pour la 20th Century Fox, avant que ne se créé Illumination Entertainment en partenariat avec Universal. C’est pour leur second film HOP (Tim Hill, 2011) qu’il a intégré l’équipe. Après MOI MOCHE ET MÉCHANT 2 il a travaillé sur MOI MOCHE ET MÉCHANT : MINIONS MAYHEM, qui est devenu l’attraction phare des parcs Universal, que ce soit à Hollywood ou à Orlando. Devant le succès populaire que les Minions y ont suscité, Illumination Entertainment lui a demandé de développer un scénario entièrement consacré à ces créatures dont le public semblait ne jamais se lasser. Il a donc concentré son histoire autour de trois personnages principaux : Kevin, Stuart et Bob. L’intérêt était d’explorer la part de Minions en chacun de nous. En sa qualité d’auteur de bandes dessinées, Lynch a su recréer un univers entier basé sur son travail sur les deux précédents films, la création de l’attraction et les nombreux courts-métrages réalisés pour la promotion. Il s’en est totalement imprégné jusqu’à avoir la voix des Minions en permanence dans la tête. Et comme c’est Pierre Coffin qui les incarne toutes, il n’avait qu’à solliciter ce dernier pour trouver l’inspiration. 

« Le fait même que les Minions ne parlent pas anglais s’est avéré plus complexe à traiter que prévu mais leurs efforts pour se faire comprendre, leur ont donné une maladresse spécialement touchante. »

Il s’est demandé ce que le public pouvait avoir comme idée de la vie des Minions avant Gru. Si les Minions veulent à tout prix servir un maître maléfique, ils veulent avant tout une famille. Et Gru dans les deux premiers films fait office de figure paternelle. Là cette figure de père n’existe pas encore et les Minions sont en proie à des questionnements existentiels de base. Les trois personnages principaux reflètent totalement l’esprit des Minions : s’ils passent leur temps à se taper dessus, ils sont toujours là les uns pour les autres. Kevin est le grand frère, et sans lui, les Minions auraient disparu il y a bien longtemps. Stuart est l’adolescent rebelle, peu lui importe sa mission tant qu’il y a de l’aventure, des filles et de la musique. Bob quant à lui est un peu comme le ravi de la crèche : innocent, serviable à souhait, mais toujours distrait et complètement à l’ouest. Et ce trio ne fonctionnerait pas sans leurs incessantes chamailleries et divergences de point de vue. Un trio chaotique et déséquilibré à souhait en recherche d’équilibre. Comme les Minions s’expriment plus physiquement qu’oralement son travail reposait totalement sur la façon dont Coffin et Balda animeraient les personnages afin que le public puisse comprendre leurs propos. Ils ont essayé beaucoup de choses, et ont dû recommencer maintes fois afin de rendre les créatures intelligibles à travers un mélange parfaitement coordonné d’expressions physiques et d’expressions verbales monosyllabiques. Avec la complicité de Pierre Coffin, le réalisateur depuis MOI MOCHE ET MÉCHANT, qui incarne la voix des Minions, le tandem a su trouver le mode d’expression parfait de nos petits amis jaunes. 

Pour le réalisateur, le but était de les prendre très au sérieux tout en exaltant leurs maladresses. « Le film comporte plusieurs niveaux de lecture, il n’est pas destiné à un seul type de public et nous avons été particulièrement vigilants à ce que chacun y trouve ses propres références sans pour autant empiéter sur les références des autres. » Avec Kyle Balda ils ont apporté un soin tout particulier à la défi nition des caractères de chacun des personnages, afi n qu’ils puissent transparaître dans le moindre de leurs mouvements. Ce dernier nous explique : « vous ne comprenez ni leur langue, ni leur grammaire, mais vous pouvez ressentir leurs sentiments grâce à leurs attitudes, à des mouvements presque imperceptibles…c’est ça la magie de l’animation…Les Minions sont un ultime hommage au cinéma muet, à Charlie Chaplin et Buster Keaton… des artistes qui ont été capables de transcender les époques et les générations par la force de leurs histoires, la précision de l’exécution et du timing de leur prestation sans aucun support verbeux. Et ce n’est certainement pas un fi lm de seconds couteaux. Nous avons développé une histoire solide, basée sur des personnages forts afi n de donner au public un fi lm unique. » 

Bryan Lynch ajoute : « nous avons travaillé en étroite collaboration afi n d’obtenir le fi lm de l’été dont les spectateurs rêvaient. Une histoire où les Minions se démènent comme des diables afi n de trouver leur équilibre, sans aucune protection, livrés à eux-mêmes. Et s’ils se trompent souvent c’est pour mieux rebondir et essayer encore, échouer encore mieux, et à la 100e minute du fi lm comprendre enfi n quelque chose. » 

C’est l’authenticité de leur abnégation qui fait leur force même si elle est maladroitement mise au service des super-méchants… qui de toute façon ne leur sur vivent jamais. Comme si l’univers complotait pour leur salut. « Leur foyer, n’est pas un lieu, c’est Gru. Dans MOI MOCHE ET MÉCHANT 1 et 2 on voit bien que c’est l’amour qui les lie. C’est leur but inconscient dans ce film : le trouver et le servir. C’est un sous texte primordial. Ceci dit à chaque fois que les Minions sont sur une corde trop sensible ils la court-circuitent immédiatement par l’humour, ce qui évite au fi lm de tomber dans un sentimentalisme excessif, en restant sur la voie de la sincérité profonde. C’est à la fois touchant et très très drôle. » 

SUPER-VILAINS ET BRAQUEURS DE BANQUE : LE GRATIN DES MINIONS 

Alors qu’ils viennent de perdre « accidentellement » un autre maître, Kevin, Stuart et Bob décident de passer à l’offensive afin de trouver à leurs compagnons un nouveau maître à servir. Une quête douloureuse loin d’être aisée qui fera la lumière sur tous les points d’ombre et les nombreuses questions à propos des Minions. 

KEVIN - PIERRE COFFIN C’est le grand frère protecteur qui sent bien qu’un Minion sans maître n’a pas de raison de vivre. C’est lui qui va tenter l’aventure avec l’aide de Stuart et Bob pour mieux y entraîner ses compagnons. 

STUART - PIERRE COFFIN C’est l’ado rebelle fou de guitare électrique et sans arrêt affamé. Même si cet éternel adolescent a une capacité de concentration très limitée et fait preuve d’une apathie très caractéristique en ce qui concerne leur mission, son aide s’avérera indéniable dans la quête du super-méchant à servir. 

BOB - PIERRE COFFIN Le cadet des Minions est aussi innocent qu’enthousiaste. Il incarne l’amour inconditionnel pour tous bien que l’idée de partir à l’aventure avec Kevin et Stuart l’impressionne beaucoup. 

LES MINIONS - PIERRE COFFIN Cette bande de joyeux diablotins aussi roublards que loyaux est une fratrie qui adore mettre la pagaille et semer la zizanie, au moins autant que manger des bananes. Ils sont facilement déconcentrés et totalement imprévisibles, très curieux et malicieusement adorables. Leurs relations sont basées sur la compétition qui peut en un instant dégénérer en pugilat. Mais si quelqu’un d’extérieur en venait à s’attaquer à l’un des leurs ou à leur maître, ils deviennent férocement protecteurs. 

SCARLET OVERKILL SANDRA BULLOCK (VO) - MARION COTILLARD (VF) C’est la toute première super-méchante du monde. Un tempérament explosif additionné à un style impeccable. C’est sa capacité à échafauder les méfaits les plus tordus qui attire Kevin, Stuart et Bob, même s’ils sont dans le même temps totalement terrifiés et subjugués par sa personnalité. Elle les engage alors comme hommes de main afin de réaliser son ambition de toujours : devenir reine d’Angleterre. 

HERB OVERKILL JON HAMM (VO) - GUILLAUME CANET (VF) Ce savant fou est le mari et principal partisan de Scarlet. Digne représentant des Mods, mouvement très en vogue dans le Londres des sixties (des dandys hédonistes avec un penchant pour les substances illicites, allergiques au rock et fondus de jazz et de pop), il passe le plus clair de son temps au fond de son laboratoire à élaborer des gadgets très sixties. Aussi chic qu’ingénieux il ne reculerait devant rien pour sa femme. 

WALTER NELSON - MICHAEL KEATON Quand il n’est pas empêtré dans son rôle de mari modèle, et de père ringard, c’est un braqueur de banque de génie. C’est le patriarche d’une famille d’escrocs épanouie que Kevin, Stuart et Bob rencontrent en route pour la Foire du Mal, une convention annuelle secrète de super-méchants dédiés au crime à Orlando. Pour un Minion en stop, il ne pouvait y avoir meilleur chaperon. 

MADGE NELSON - ALLISON JANNEY En véritable Bonnie de son Clyde de mari, elle est l’illustration parfaite de l’adage « ne jamais se fier aux apparences ». Elle dirige joyeusement mais d’une main ferme avec son mari sa petite famille d’escrocs: 

WALTER JR - MICHAEL BEATTIE, TINA - KATY MIXON et BABY BINKY - TARA STRONG C’est en route pour un braquage en famille que cette joyeuse bande prend en stop Kevin, Stuart et Bob. 

PROFESSEUR FLUX - STEVE COOGAN Ce savant complètement azimuté, pour qui le temps est très relatif, rencontre les Minions à la convention annuelle de La Foire du Mal. Ces derniers découvrent alors qu’il a inventé une machine à remonter le temps qui lui permet de faire venir du futur d’autres lui-même afin de le seconder dans ses recherches. Après avoir presque fini de perfectionner sa machine, il est à deux doigts de changer notre perception de l’espace-temps…ou pas… 

LE GARDIEN DE LA TOUR - STEVE COOGAN Il est la preuve vivante que l’âge n’a aucune importance. Quand Kevin, Stuart et Bob pensent n’avoir aucune difficulté à contourner ce vieux gardien sénile, à moitié aveugle et presque sourd pour pénétrer dans la tour de Londres et voler les bijoux de la reine pour Scarlet, ils ne se doutent pas une seconde à quel point ils ont tort et au combien le vieil homme les attend apparemment depuis toujours. 

LA REINE - JENNIFER SAUNDERS Avant que les Minions ne débarquent en Angleterre, elle pensait avoir tout vu dans l’exercice de la royauté. Mais ce qu’il adviendra quand un super-méchant (ou méchante) lui aura volé sa couronne et son trône pour de bon est une toute autre histoire. 

LE NARRATEUR - GEOFFREY RUSH Il délie pour nous le fil rouge de ce chapitre de la vie de Kevin, Stuart et Bob. Il nous explique d’où viennent nos héros, ce qu’ils sont sur le point de faire et où ils vont aller. 

KEVIN, STUART ET BOB : NOS HÉROS TRACENT LA ROUTE 

Quand l’histoire commence, les Minions sont livrés à eux-mêmes au fi n fond de l’Antarctique, seuls et d’autant plus déprimés par le temps qu’ils ont passé sans maître à servir. Au fi l des siècles ils ont dédié leur existence au service loyal de différents maîtres dont ils ont typiquement aussi systématiquement qu’accidentellement provoqué la disparition. Lors de leur rencontre avec Gru, les Minions sont devenus plus sûrs d’eux et détendus. Mais en 1969 il n’en est encore rien, et ils sont en plein creux de la vague. Alors que la plupart des scénarios d’animation se consacrent au casting après finalisation du scénario, ici le fait que l’un des réalisateurs ait toujours prêté sa voix aux Minions a accéléré le processus. 

Si le langage des Minions est composé de mots de plusieurs langues, c’est leur gestuelle qui les rend accessibles aux publics de tous horizons. Pour Pierre Coffin, c’est plus l’intention et la mélodie, que le verbiage de ce langage qui importent. Le fait qu’ils existent depuis la nuit des temps et qu’ils aient roulé leur bosse dans le monde entier donne un caractère international à l’étymologie de leur langage. Des bases de l’égyptien ancien appris des Pharaons aux rudiments du français de la bonne société qui entourait Napoléon en passant par des bribes de transylvanien de la cour du Comte Dracula ou des borborygmes des premiers homo sapiens, leurs maîtres ont été tellement nombreux et différents qu’ils en ont gardé des stigmates de langues. 

Mais en développant les voix de nos trois héros, Pierre Coffin a fait très attention d’y apporter des nuances correspondant à chacune de leurs personnalités. Pour lui, jeune ou vieux tout le monde sait faire du gromelot pour s’amuser. C’est ainsi qu’il se sert régulièrement et impunément de bribes d’Hindi ou de Mandarin, dont les sonorités lui sont familières auxquelles il ajoute régulièrement une pincée d’Espagnol, d’Italien, ou de japonais. Il suffi t juste que la mélodie évoque quelque chose. Chris Meledandri, lui a une hypothèse quand au gromelot du co-réalisateur. 

« De loin on peut croire que c’est n’importe quoi, mais ce n’est pas le cas. À force de l’observer je me suis rendu compte qu’il y a une structure linguistique. Je pense qu’il est en train de créer un langage. Bien sûr il le niera, mais je suis persuadé qu’il est réellement en train de le faire. Et le pire c’est que nous qui l’écoutons tous les jours, nous commençons à le comprendre ! » 

Il a aussi une autre théorie : « En fait les gens pensent que les Minions ont appris les langues de leurs maîtres, mais c’est le contraire, ils les désapprennent!! Les Minions ne sont pas très influençables, ils ont surtout une influence certaine sur leur entourage mais ils possèdent des caractéristiques tellement fascinantes à l’état brut que personne n’a aucune envie qu’ils les perdent en évoluant. » 

Bien que nos trois héros soient des Minions purs et durs, il était important de les rendre uniques. Au début ils n’étaient envisagés qu’en tant que groupe qui partageait les mêmes traits de caractères : impatients, infantiles et de bonne humeur. Puis pour Kevin, Stuart et Bob, l’équipe s’est concentré sur ce qui pouvait leur être propre, à la fois dans la sonorité et la gestuelle. Kevin en tant que frère ainé bien intentionné, se devait de paraître un peu plus responsable, parfois ennuyeux, et prompt à sermonner les autres dès qu’ils se laissent déconcentrer par des broutilles. Il veut avoir l’air d’un héros auprès de ses frères. 

Bob, en revanche, est comme Agnès dans MOI MOCHE ET MÉCHANT : il aime tout le monde sans distinction et est toujours heureux. Ses intonations sont plus enfantines et exclamatives du genre « Oooohhhh ! ». Quand à Stuart il y a une sorte de paresse et de « je m’en foutisme », résumé par des récurrences de « Meh ? ». Au fur et à mesure du développement des story-boards, les animateurs se sont de plus en plus laissés faire en s’abandonnant à la vie intrinsèque que prenaient les personnages. Au lieu de vouloir les manipuler ils se sont laissés guider par les exigences de ces derniers. Et le résultat n’en a été que plus intéressant. 

Kyle Balda nous confie : « si les Minions avaient dirigé la production, Stuart aurait voulu faire son show et tirer à lui la couverture en donnant des milliards d’inter views et restant sans arrêt sous le feu des projecteurs alors que Bob aurait été fasciné par les lumières, les caméras et les aspects techniques sans jamais comprendre à quoi elles peuvent servir. Kevin lui aurait pris tout ça très sérieusement et très à cœur. » 

LES OVERKILL ET LES NELSON : LA DISTRIBUTION DU TALENT 
« Ce que j’aime chez les Minions c’est que même si on ne comprend pas ce qu’ils disent, en revanche on le ressent. Ils ont une manière si claire d’exprimer leurs émotions que la barrière de la langue disparaît. » Sandra Bullock 
LES OVERKILL 

C’est pendant qu’ils font du stop pour se rendre à la Foire du Mal que les Minions découvrent Scarlet Overkill, celle qui deviendra leur patronne. Au cours de leur voyage avec les Nelson, Kevin, Stuart et Bob tombent littéralement amoureux de cette légende vivante. Les spectateurs peuvent la découvrir à travers quelques images de couvertures de magazines et ainsi se rendre compte de l’ampleur de sa notoriété dans le monde du crime. Tout le monde l’envie et l’admire, surtout la jeune Tina Nelson qui rêve d’être comme elle. Scarlet est une femme chiquissime, qui, à une époque où la parité homme femme commence à peine à émerger, recrute des hommes de main. Elle est capable de faire tout ce que le plus obstiné des criminels ferait pour devenir le plus grand super-méchant de l’histoire. Pour nos trois compères elle est ce qui a pu leur arriver de mieux depuis… le pain en tranches. 

Scarlet est belle, ambitieuse, avec une vision à long terme, et son mari est capable d’inventer tout ce qui pourrait servir son dessein. Leur couple est un condensé ultime de style. À cette époque c’est la première fois qu’une femme tient ce rôle de super-méchante ultime. Sa place dans le monde du crime est incontestée et c’est ainsi qu’elle ouvre la convention de la Foire du Mal avec un discours de recrutement à faire frémir, et promet un emploi à qui sera capable de lui arracher le rubis qu’elle tient dans la main. Les Minions n’auraient pas pu tomber mieux. 

SANDRA BULLOCK 

Pour Chris Meledandri la douceur et la rondeur de sa voix étaient parfaites pour incarner une super-méchante, plus qu’une plus voix dure qui aurait rendu Scarlet antipathique d’emblée et très prévisible. Avec cette voix sympathique et familière, le public se surprend à s’y identifier et parfois même à adhérer à son point de vue. Sandra Bullock est une actrice très populaire, elle a interprété des rôles tellement populaires auxquels le public s’est tellement identifié, que sa voix amène à ce personnage mythique tout le relief nécessaire afin de le rendre irrésistible. Pour la comédienne, ce sont les différents niveaux de lecture du film qui étaient passionnants. De plus elle ne cache pas son plaisir à jouer des héros ignobles qui sont très hauts en couleurs. Mais le parcours de Scarlet est totalement logique : enfant, elle n’avait rien, et alors que toutes les petites filles rêvent de devenir des princesses, elle a vite compris que ces dernières n’avaient aucun pouvoir. 

La reine était beaucoup plus intéressante. Avec un besoin pathologique d’amour et de respect elle a voulu devenir celle qui donne les ordres. Elle pense que si elle était couronnée, les gens l’aimeraient autant qu’elle-même a pu aimer la reine. Scarlet est comme une enfant gâtée de huit ans qui aurait grandi sans l’attention requise et qui est bien déterminée à se l’accaparer coûte que coûte. 

Sandra Bullock nous confie « Le but était d’être de mauvais poil et irritable la plupart du temps et comme on ne comprend rien à ce que disent les Minions, nous avons eu une relation muette, inavouée… mais magnifique. » Alors qu’elle ne cesse de repousser les barrières de la vilenie dans un domaine au préalable foncièrement masculin, la Foire du Mal lui sert de tremplin dans l’échafaudage de son prochain méfait. C’est là qu’elle engage les Minions pour les trimballer à l’autre bout du monde et les faire équiper par son savant fou de mari, lui-même icône dandy pop. Abstraction faite de leur ambition de domination mondiale, le couple formé par Herb et Scarlet est très sain. 

Le simple fait que ce soit lui qui ait pris son nom de famille lors du mariage, indique son niveau de dévotion à la femme de sa vie. Et évidemment c’est ce qui sera irrésistible pour les Minions. S’ils n’avaient été qu’un couple de méchants râleurs, infréquentables et excessivement dangereux, cela n’aurait eu aucun intérêt pour nos trois héros. 

JON HAMM 

C’est un acteur aussi à l’aise dans le registre comique que dramatique, tout frais sortant de la série emblématique des 60’s Mad Men, il était parfait pour le rôle de Herb. Ce qu’il apprécie particulièrement chez Herb c’est le plaisir qu’il prend à servir sa femme et ses plans machiavéliques. 

Il dit lui-même : « À quoi bon, être un génie, richissime et crapuleux à souhait si ce n’est pas pour s’éclater ? Herb a conscience des responsabilités énormes qui incombent à son statut et est totalement prêt à les assumer». 

Sa scène préférée du film est la séquence de la chambre de torture. Herb cherche à punir les Minions de ne pas être à la hauteur des attentes insensées de sa femme, mais eux n’y voient qu’une occasion de s’amuser. Plus il essaie de se faire respecter, plus il est contaminé par leur hilarité. Leur innocence conjuguée à leur abnégation et leur bonne humeur sont simplement irrésistibles. Sandra Bullock pour sa part a su apprécier le fait que leur duo soit aussi mature et élaboré. 

« Dans un film d’animation il est assez rare de voir des adultes qui entretiennent de bonnes relations. La plupart du temps ils sont complètement tordus. Mais là Herb et Scarlett représentent le couple super-cool des 60’s. La symbiose parfaite entre la science et le crime. Il l’adore et la soutient, ce qui est rare à cette époque, et en retour elle l’aime et le trouve brillant, ce qu’il est. ». Scarlet est l’épicentre de la vie de Herb. L’amour est son moteur et son inspiration. 

LES NELSON 

En route pour la Foire du Mal, les Minions rencontrent les Nelson, malfrats de génération en générations dont les parents sont interprétés par Michael Keaton et Allison Janney. Ils incarnent la famille typique des années 60 qui traverse les USA en voiture, mais quand vous vous arrêteriez pour vous délasser les jambes, eux ils braquent une banque. 

MICHAEL KEATON 

C’est la première fois que l’acteur récemment nommé aux Oscars travaille avec Illumination Entertainment. Alors qu’il débarque dans l’univers de MOI MOCHE ET MÉCHANT, il s’avoue totalement fan de l’ambiguïté des personnages et notamment du sien. Il nous dit « C’est un père de famille typique qui emmène ses enfants en vacances en Floride… tout en étant capable de braquer des banques et balancer des grenades depuis la voiture en rappelant à ses enfants de boucler leurs ceintures !!! Cette famille a un sens des valeurs fort. Ça dérape un peu parfois, mais ils sont foncièrement bien intentionnés. Les braquages ne sont qu’un des aspects de leur vie. L’important c’est de tout faire en famille et de s’amuser. » 

ALLISON JANNEY 

C’est une amie de longue date et une comédienne aussi reconnue qu’accomplie. Elle a partagé les bancs du lycée avec Chris Meledandri et ils ont même joué une pièce de théâtre ensemble. Il se rappelle : « elle était fantastique, j’étais nul ! Alors que les années passaient nous avons toujours essayé de trouver des opportunités de travailler ensemble, c’est une actrice extraordinaire ! » L’actrice ajoute : « c’est la première fois que nous travaillons ensemble alors que nous nous connaissons depuis le lycée, c’était super-excitant pour moi! Et nous espérons bien tous les deux que ce ne sera pas la dernière ! » Le fait que les Nelson soient en apparence une famille si ordinaire alors qu’en fait ils vivent une vie secrète et intrépide fascinait la comédienne. « Cette gangster en jupons, à la voix haut perchée est en fait juste une mère de famille douce et aimante. » Quelle que soit l’importance du rôle, chaque acteur a été minutieusement choisi de manière stratégique. 

Les enfants Nelson : Walter Jr, Tina et Bébé Tototte sont interprétés respectivement par MICHAEL BEATTIE, qui avait déjà travaillé sur LE LORAX (Chris Renaud 2012), KATIE MIXON de la série TV Mike & Molly (Mark Roberts, 2010/2015), sans oublier l’incroyable TARA STRONG qui est la voix emblématique de Bubbles dans le dessin animé Les Super Nanas (Craig McCraken, 1998/2005)

STEVE COOGAN prête sa voix au maladroit Docteur Flux qui tente de donner la dernière touche à sa machine à remonter le temps, ainsi qu’au gardien de la Tour de Londres, farouche défenseur de la couronne de la Reine d’Angleterre. Il collabore avec Illumination Entertainment depuis les premiers films, et Chris Meledandri semble penser qu’en plus de son immense talent et de la multitude de voix qu’il est capable d’interpréter, le comédien leur porte chance. « Un porte-bonheur aussi talentueux ne s’abandonne pas si facilement ! ». 

JENNIFER SAUNDERS 

La comédienne d’« Ab-Fab » qu’on ne présente plus, interprète la reine Elisabeth II. Dès que la production a entendu son interprétation, son rôle a été modifié. Son talent, son potentiel comique et la texture incroyable de sa voix en faisaient la reine d’Angleterre la plus cool et malicieuse qu’on puisse rêver. Et elle s’en donne à coeur joie avec Stuart dans la scène du carrosse et fait montre d’une répartie à toute épreuve. Chris Meledandri ne mâche pas ses mots quand il déclare « C’est une des personnes les plus drôles au monde ! ». 

GEOFFREY RUSH 

Comédien oscarisé interprète le narrateur qui nous guide tout le long du voyage de Kevin, Stuart et Bob qui les mènera à Gru. Sa voix est l’une des plus riches et agréables qu’il puisse exister, et la touche d’ironie qui la caractérise, convient parfaitement à la tonalité du film. De plus la solennité et la gravité de la voix du célèbre comédien contrebalance à merveille la légèreté de celle des Minions. Cette voix tellement impressionnante guide les spectateurs au travers des tribulations chaotiques de tout petits personnages sur le point de vivre une odyssée homérique. 

LES DÉCORS D’UNE DÉCENNIE : L’INFLUENCE D’UNE ÉPOQUE SUR L’ANIMATION 

Le fait de situer l’histoire dans les 60’s devait avoir un impact majeur au niveau du visuel. Cela donne au film une dimension inédite dans les films d’animation. En fait il est directement inspiré des films d’action de cette époque. Pour l’équipe il est primordial que chaque film ait une atmosphère qui lui soit propre, propice à l’exploration de nouvelles éventualités aussi bien au niveau de l’histoire, des personnages mais aussi de sa texture. La réussite est largement due au niveau exceptionnel des équipes artistiques et techniques qui travaillent en synergie. C’est le fruit de l’imagination et du savoir faire de centaines de personnes qui travaillent ensemble sur tous les aspects du film. 

Chris Meledandri ne cache pas sa fierté : « ils sont la force vive qui apporte l’eau nécessaire au moulin pour qu‘il puisse tourner. » Comme Illumination Entertainment est à Los Angeles et Illumination Mac Guff à Paris, la production possède un petit côté mondialisation. Chez Mac Guff le niveau est très pointu. La création des textures (si incroyables qu’on pourrait presque croire qu’elles sont palpables en touchant l’écran) est issue d’un procédé de mélange de photographie et de graphisme au service d’un monde totalement imaginaire. Les animateurs sont des magiciens qui rendent tout crédible et permettent au spectateur de se laisser transporter sans se poser aucune question. Pierre Coffin et Kyle Balda sont très attentifs à des détails infimes, et à la subtilité des nuances. Illumination Mac Guff est le fruit de la fusion entre Mac Guff qui existe depuis trente ans à Paris et les studios Illumination Entertainment de Santa Monica. Sous la houlette de Janet Healey ces deux branches ont su tirer parti de l’évolution des moyens de communication et établir une connexion permanente afin de fluidifier le travail. 

Les artistes peuvent communiquer non-stop par Skype ou I Chat sans avoir besoin de se délocaliser. Un autre aspect primordial était de ne pas tenter de recréer les deux précédents MOI MOCHE ET MÉCHANT, mais de s’en inspirer. Que ce soit au niveau de l’éclairage, de la palette des couleurs de la mise en scène ou de la photographie LES MINIONS est un film foncièrement à part et fortement influencé par la période où il se situe. 

De fait, les costumes et les attitudes sont totalement stylisés et datés. Cette source d’inspiration était intarissable. Kyle Balda nous raconte : « on se régalait avec les costumes, la musique et les décors !! Pour des créatures qui ont vécu des siècles dans des grottes glacées il fallait que New York apparaisse comme une mégapole époustouflante. Les grattes ciels et le remue-ménage de la ville aussi incessant, qu’inédit pour nos petits amis jaunes, se devaient de contraster violemment avec le calme et la monotonie de l’Antarctique. Pour Londres, le choc devait perdurer et on en a fait une ville très branchée. Du coup le résultat est vraiment dépaysant et n’a rien à voir avec ce que sont ces villes aujourd’hui. » 

DES TUBES STYLÉS : LA MUSIQUE DU FILM 

La musique des deux MOI MOCHE ET MÉCHANT est un des atouts majeurs de la série, saluée entre autres, pour ses morceaux électrisants. Le fait de situer le film dans les 60’s était l’occasion de travailler sur une bande-son quasi mythique. LES MINIONS s’articule au rythme des airs des Doors, des Stones, des Beatles ou des Who autant de groupes que les jeunes d’aujourd’hui redécouvrent avec plaisir, et qui raviront les nostalgiques qui ont vécu cette époque. “Got to Get You Into My Life” des Beatles ; “Purple Haze” de Jimi Hendrix ; “Happy Together” des Turtles ; “I’m a Man” du Spencer Davis Group ; “You Really Got Me” des Kinks ; “My Generation” de The Who et “Mellow Yellow” de Donovan donnent aux scènes principales du film un groove tout particulier. Quand au thème musical du film, il a été confié à Heitor Pereira qui avait déjà signé celui de MOI MOCHE ET MÉCHANT 1 et 2. Le musicien récompensé aux Grammy Awards a composé les bandes sonores des films les plus connus en allant des blockbusters familiaux aux drames les plus intimistes. Qui mieux que celui qui avait déjà signé la musique des précédents MOI MOCHE ET MÉCHANT pouvait s’occuper de celle de ce prequel ? 

C’était l’occasion pour lui de s’amuser et de décliner des thèmes très familiers. Il nous confie :« à l’époque de MOI MOCHE ET MÉCHANT, j’observais avec délectation comment le public réagissait aux Minions, et la manière dont ces derniers étaient devenus partie intégrante de leur vie. La perspective de faire vibrer ce public au son de la musique si colorée des 60’s était d’autant plus exaltante. »

Il avait composé la musique de MOI MOCHE ET MÉCHANT 1 avec Pharell Williams et dans le deuxième film il a décliné les thèmes qu’ils avaient développés ensemble. Pour ce troisième opus il a pu se servir de tout ce formidable matériau de base, avec ces mélodies incomparables et dans le troisième acte du film il s’en donne à coeur joie afin que la musique sous tende le rythme frénétique de l’action. Sa palette est très large, et le compositeur sait aussi bien émouvoir que faire rire, en quelques notes. Le fait que les Minions soient plus caractérisés qu’auparavant lui a aussi donné l’occasion de développer des thèmes personnels pour chacun d’entre eux. Les mélodies sont plus posées pour Kevin, un brin enfantines pour Bob et carrément déchaînées pour Stuart. 

De l’âge de pierre au New York des années soixante ou au Londres des Mods, les références musicales se multiplient et se collent parfaitement à l’époque explorée. Pour les sixties le compositeur est allé jusqu’à enregistrer certains thèmes musicaux dans les studios d’enregistrement originaux. Il a également préparé un thème musical spécialement pour Scarlet. Un mélange de féminité et de véritable vilenie qui ne se départit jamais de charme. Il a fallu un orchestre de 24 violons, 12 violes, 8 violoncelles, 5 contrebasses, 5 saxophones, 5 trompettes, 2 trombones, un tuba, un choeur, un bassiste et un percussionniste afin de recréer l’univers jazzy des 60’s, auxquels il a fallu ajouter des clarinettes, un quintet à bois, et différentes flûtes entre autres… 

Il nous confie : « chez Illumination Entertainment vous avez une totale liberté et le temps qu’il vous faut pour être sûr d’avoir capturé l’essence des Minions. » Quand il a proposé de se servir de la voix des Minions pour créer un choeur, toute l’équipe a donné immédiatement son feu vert à ce qui allait devenir une des plus belles trouvailles du film. D’origine brésilienne, la première fois qu’il a entendu une chanson des Beatles, comme il ne parlait pas anglais à l’époque, il ne comprenait pas ce qu’ils disaient. Mais la mélodie et ce qui se dégageait de la chanson l’avaient conquis. Il s’est alors dit qu’il en irait de même avec les spectateurs et le choeur des Minions. Chris Meledandri conclue : « ce choeur amène une véritable dimension au film, il révèle son esprit et vous transporte au bord du ravissement ! »

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