Dans sa quête pour obtenir les droits d’adaptation du roman, Walt Disney va se heurter à l’auteure, Pamela Lyndon Travers, femme têtue et inflexible qui n’a aucunement l’intention de laisser son héroïne bien aimée se faire malmener par la machine hollywoodienne. Mais quand les ventes du livre commencent à se raréfier et que l’argent vient à manquer, elle accepte à contrecoeur de se rendre à Los Angeles pour entendre ce que Disney a imaginé...
Au cours de deux semaines intenses en 1961, Walt Disney va se démener pour convaincre la romancière. Armé de ses story-boards bourrés d’imagination et des chansons pleines d’entrain composées par les talentueux frères Sherman, il jette toutes ses forces dans l’offensive, mais l’ombrageuse auteure ne cède pas. Impuissant, il voit peu à peu le projet lui échapper...
Ce n’est qu’en cherchant dans le passé de P.L. Travers, et plus particulièrement dans son enfance, qu’il va découvrir la vérité sur les fantômes qui la hantent. Ensemble, ils finiront par créer l’un des films les plus inoubliables de l’histoire du 7ème art...
Bande annonce (VOSTFR)
Extrait (VOSTFR) : Pamela Travers et les frères Sherman
Extrait (VOSTFR) : Pamela Travers et Walt Disney à Disneyland
Featurette "Mary Poppins"
Ce que j'en ai pensé : Ce film est comme un bonbon acidulé venu tout droit de l'enfance. Dès qu'il débute, les premières notes de musique évoquent immédiatement des souvenirs.
DANS L’OMBRE DE MARY : LA PROMESSE DE WALT DISNEY explore l'histoire derrière la création du personnage de Mary Poppins dans les livres de P.L. Travers ainsi que celle qui a permis de monter le film musical MARY POPPINS en 1964 par les studios Walt Disney. Le spectateur passe derrière le rideau et comprend ce qu'il s'est passé en coulisse bien en amont du début du tournage du film musical. J'ai apprécié d'en apprendre autant sur la créatrice du personnage de Mary Poppins.
Afin de nous expliquer le déroulement des événements, le film offre une double vision. Celle de la rencontre houleuse de P.L. Travers, l’auteure de ‘Mary Poppins’ et de Walt Disney en 1961 et celle des événements liés à la jeunesse de P.L. Travers en 1906.
Autant j'ai adoré les scènes se passant en 1961. Les personnages, l'ambiance, la reconstitution de l'époque, tout m'a plu. Autant j'ai moins adhéré aux scènes se passant en 1906. Certes elles sont nécessaires pour comprendre les faits, mais elles sont moins convaincantes, je suis moins rentrée dans cette partie de l'histoire.
En tout cas, toute la partie située en 1961 n'est que du bonheur. La performance d'Emma Thompson, qui interprète P.L. Travers, est géniale. Elle fait un travail remarquable dans la personnification de ce personnage de femme désagréable. Le risque était de la rendre antipathique. Cependant, elle réussit à la rendre avant tout humaine. Le résultat est un personnage profondément attachant.
Face à elle, Tom Hanks, qui interprète Walt Disney, a l'air de prendre un plaisir immense à se mettre dans les chaussures de cet homme aux multiples talents bien connu de tous. Son plaisir est extrêmement communicatif.
Voir ces deux personnes brillantes aux personnalités opposées se rencontrer et se chamailler sur absolument tout rend heureux parce que c'est drôle.
Toutes les interactions de P.L. Travers avec d'autres protagonistes sont amusantes car elle a un franc parler et un sale caractère qui ne sont pas politiquement correct.
Du coup, il faut voir les frères Sherman, d'excellents musiciens et paroliers, interprétés par Jason Schwartzman et B.J. Novak, et Don DaGradi, le scénariste du film MARY POPPINS, interprété par Bradley Whitford, souffrir en silence pendant leurs sessions de travail avec P.L. Travers. C'est génial!
Quant à Paul Giamatti, qui incarne Ralph, le sympathique chauffeur de limousine de l'auteure, il compose un très beau personnage et nous offre de jolies émotions.
Avec son DANS L’OMBRE DE MARY : LA PROMESSE DE WALT DISNEY, John Lee Hancock, le réalisateur, nous propose une exploration de l'histoire dans l'histoire d'un joyau du cinéma et c'est réussi. Il s'agit d'une belle parenthèse dans une autre époque et d'un joli moment fait de rires et de larmes servi par de superbes acteurs. On en sort avec l'envie de lire les livres et de revoir MARY POPPINS !
Et cela tombe bien car...
Mary Poppins fête ses 50 ans en Blu Ray !
Disponible dès le 5 mars 2014
L'histoire : Un quartier résidentiel de Londres, au début
des années 1900. Monsieur Banks est un banquier prospère marié à une
suffragette convaincue. Cela ne lui laisse guère de temps pour s’occuper de ses
deux enfants, Jane et Michael. Délaissés, tous deux aimeraient bien avoir accès
à un monde un peu plus souriant...
A la recherche d’une nouvelle nurse, les époux
Banks voient un jour débarquer devant leur porte Mary Poppins. Celle-ci
entraîne aussitôt les enfants dans son monde enchanté, rangeant la chambre en
un clin d’oeil ou pénétrant à l’intérieur d’un dessin à la craie exécuté sur le
trottoir par Bert, un vagabond homme-orchestre. Là les attend un univers fantaisiste
et coloré, peuplé de pingouins danseurs et de chevaux de course en bois. Ces
fantaisies ne sont pas du tout du goût de Monsieur Banks, qui conçoit la vie
familiale à l’image de l’organisation de sa banque. Sur ses conseils, Mary
Poppins emmène Jane et Michael déposer leurs économies. Mais un événement
imprévu va bientôt entraîner une véritable panique au sein de
l’établissement...
50 ans et pas une ride ! Car le temps ne saurait avoir de prise
sur MARY POPPINS, l’un des fleurons du patrimoine des studios Disney. Mieux,
pour fêter dignement cet événement, Disney sort le 5 mars le film pour la première fois au format
Blu-ray, non sans avoir effectué une
restauration complète du négatif original. Résultat : des images d’une pureté
incroyable et un son à réveiller les amplis les plus fatigués. Mais comme un
bonheur n’arrive jamais seul, MARY POPPINS se voit doté
d’une foule de bonus incroyables, avec de passionnants making-of sur les
coulisses de la création du film - certains d’entre eux ont d’ailleurs servi de
précieuse base à la reconstitution de certaines scènes de DANS L’OMBRE DE MARY : LA PROMESSE DE WALT DISNEY
-, de nombreuses images d’archives
relatant entre autres la grande première du film à Hollywood, mais aussi
l’adaptation du film à Broadway et des karaokés destinés aux plus jeunes.
Féerie musicale mêlant acteurs et animation, MARY POPPINS a connu un succès critique et public rarement égalé. Le film a
remporté 5 Oscars (sur 13 nominations):
✤ Meilleure actrice pour Julie Andrews
✤ Meilleure chanson pour “Chim Chim Cheree”
✤ Meilleure musique pour les compositeurs Richard et Robert Sherman
✤ Meilleur montage pour Cotton Warburton
✤ Meilleurs effets spéciaux pour Peter Ellensha, Eustace Lycett et Robert
Mattey
Le film a fait de Julie Andrews - alors
débutante au cinéma - une star internationale du jour au lendemain. Mais
surtout, MARY POPPINS marque l’un des sommets de l’art de Walt Disney et
de son équipe. Pour mener à bien une entreprise aussi importante, Disney
s’entoure d’une équipe aux talents confirmés et multiples : les scénaristes Bill Walsh et Don Da Gradi (UN AMOUR DE COCCINELLE, L’APPRENTIE SORCIERE) et le metteur en scène
Robert Stevenson, auteur de nombreux succès (LE FANTOME DE BARBE NOIRE,
L’ESPION AUX PATTES DE VELOURS... ainsi que des deux titres précédemment cités).
Côté musique, c’est aux compositeurs Richard et Robert Sherman (LE LIVRE DE LA JUNGLE, LES ARISTOCHATS) que revient le soin
d’écrire les 14 chansons du film, parmi lesquelles
“Supercalifragilicexpialidocious” et “Chim chim cheree” qui feront dès lors le
tour du monde. Le chef d’orchestre Irwin Kostal (LA MELODIE DU
BONHEUR, L’APPRENTIE SORCIERE) arrange et dirige quant à lui la partition.
Enfin les chorégraphes Marc Breaux
et Dee Dee Wood - mari et femme à la ville - s’acquittent de leur tâche avec un
brio qui leur vaut d’être engagés par la suite sur LA MELODIE DU BONHEUR.
Les spécialistes des effets spéciaux ne sont pas en reste non plus
puisque c’est à Peter Ellenshaw, Eustace
Lycett et Robert A. Mattey que revient le mérite de faire voler Mary Poppins, et grâce à Hamilton S. Luske , McLaren
Stewart et l’équipe d’animateurs des
studios Disney que se déroule la plus célèbre incursion d’êtres humains au pays
du dessin animé avant QUI VEUT LA PEAU DE ROGER RABBIT ?
En 1948, Walt Disney découvre le personnage de Mary Poppins à travers l’émerveillement
de sa fille Diane, alors âgée de 12 ans. Le livre l’enchante à son tour et le
producteur visionnaire, qui pressent aussitôt ce qu’il pourrait tirer d’une
telle histoire, entame avec l’auteur une négociation difficile. Car la
romancière oppose au projet un refus acharné, craignant qu’Hollywood ne
trahisse son oeuvre. Walt mène à bien d’autres projets, et, de temps à autre,
revient à la charge auprès de P.L. Travers. Ce ne sera
qu’au début des années 60, après avoir fait personnellement connaissance de
Walt Disney, qu’elle donnera enfin son accord.
Ecrite en 1934, la nouvelle situe l’action au début des années 30.
Disney décide de lui donner le charme de l’époque victorienne du début du siècle.
Contre toute logique, au lieu de prévoir un tournage en extérieurs à Londres,
il décide que seul un plan de travail en studios, à Hollywood, peut permettre
de recréer le charme désuet du livre, à mi-chemin entre le rêve et la réalité.
Il prévoit également des effets spéciaux sur une grande échelle et intègre 14
chansons et quelques ballets à la trame narrative. Enfin et surtout, il fait de
Mary Poppins une adorable fée de 25 ans aux pommettes roses, alors que le livre
a pour héroïne une nurse austère de 40 ans au charme acide, rôle qui aurait
mieux convenu à Bette Davis (qui fut un instant pressentie). Le rôle échoit à une
débutante, Julie Andrews, et lui permet de prendre une belle revanche sur le
monde du cinéma : évincée de l’adaptation à l’écran de MY FAIR LADY (qu’elle a
pourtant créé au théâtre) au profit d’Audrey Hepburn, Julie Andrews rafle à celle-ci, en 1965, l’Oscar de la meilleure actrice, grâce
à MARY POPPINS. L’univers de MARY POPPINS est un lieu
privilégié, enchanté, farfelu. On y chante et on y danse, selon la bonne
vieille tradition de la comédie musicale. Et de savants trucages viennent au
secours de l’imagination des conteurs les plus audacieux.
Le mélange animation – prises de vues réelles est apparu pour la
première fois dans les années 20, dans les courts métrages “Alice au pays du
dessin animé”. Mais à l’époque, la petite Alice n’avait aucun contact avec les
personnages animés, et le procédé employé était pour le moins rudimentaire. Avec
MARY POPPINS, Disney vise la perfection et la précision absolue. Il
faudra attendre la fin des années 80 et l’arrivée sur les écrans de QUI VEUT LA
PEAU DE ROGER RABBIT ? et autres LOONEY TUNES pour qu’une nouvelle technique
supplante radicalement celle mise au point pour MARY POPPINS.
Il est infiniment plus difficile d’intégrer des humains dans un
dessin animé (comme dans MELODIE DU SUD ou L’APPRENTIE SORCIERE) que de faire
pénétrer des personnages animés, nettement délimités par des lignes précises,
dans le monde réel (c’est le cas des TROIS CABALLEROS ou de PETER ET ELLIOTT LE
DRAGON). La technique fait appel à des procédés du nom de “transparences”;
“bluescreen”; “caches/contre-caches”; “tirage optique”... pour ne citer que
quelques uns des mots clés de ce gigantesque abécédaire technique.
Mais MARY POPPINS, ce sont surtout des prouesses visuelles inoubliables qui
ont marqué durablement – et marquent encore - notre imaginaire collectif, tels
une chambre d’enfants envahie par le désordre et dont les objets éparpillés se
rangent d’eux-mêmes dans les tiroirs et sur les étagères, des miroirs qui
dédoublent la réalité, un sac à malice qui dégorge à profusion d’objets
improbables et hétéroclites, une heure du thé qui tourne à la franche partie de
rigolade en pleine lévitation, des nurses distinguées qui s’envolent au vent
mauvais, des escaliers de fumée et des ramoneurs qui dansent sur les toits de
Londres un ballet endiablé...
La restauration de MARY POPPINS à l’occasion de
sa sortie en haute définition Blu-ray le 5 mars a fait l’objet d’un travail
minutieux qui a commencé avec le scan des 28 bobines du négatif original
(Eastman 5251). C’est d’ailleurs la première fois qu’était directement scanné
le négatif du film, dans une résolution “4K”. L’étalonnage couleurs, le nettoyage
des images endommagées et la suppression des câbles encore visibles ont quant à
eux été effectués à Technicolor Hollywood, sous la supervision de Lou Levinson.
La restauration de la partie animation du film a pour sa part été confiée à
Reliance MediaWorks à Burbank. Une tâche d’autant plus ardue que ces séquences
faisaient partie des plus endommagées, souffrant de nombreux artefacts dus aux
effets spéciaux réalisés à l’époque à la tireuse optique mais aussi d’un grand
nombre de rayures et de salissures. Le grain d’origine de la pellicule a pour
sa part été conservé aussi fidèlement que possible, dans le but d’éviter tout
effet “lissage” trop appuyé.
Côté son, la production a pu avoir accès à une copie originale de 1964
“tri-chrome Technicolor” stéréo 4 pistes qui a servi de référence pour
l’étalonnage et le son, assurant une approche “comme à l’époque”. Les masters
film et vidéo existants ont été utilisés comme référence également pour refaire
les fondus (à l’ouverture, à la fermeture, dans les enchaînements) qui sont
logiquement absents du négatif ayant servi à la prise de vues. Les nouveaux
mixages 5.1 ont été créés à partir des masters magnétiques originaux 3 pistes stéréo
35mm.
BONUS DU BLU-RAY :
✤ Les commentaires audio des comédiens Julie Andrews, Karen Dotrice et Dick Van Dyke et du
compositeur Richard Sherman
✤ Court métrage : “The Cat that looked at a King” (d’après
un récit de P.L. Travers)
✤ Les coulisses de la
production du film avec :
-
“Supercalifragilicexpialidocious” ou le making of du film
- Secrets de
production autour des chansons “Jolly
Holliday” et “Step in time”
- Les tests de
maquillage de Dyck Van Dyke
- La première
mondiale (le tapis rouge et la soirée)
- 8 films
annonce des sorties et ressorties du film
✤ La musique avec :
- Retrouvailles
magiques entre Julie Andrews, Dyck Van Dyke et Richard Sherman
- Dans la peau
de Richard Sherman
- Le karaoké
des chansons du film
- Chanson
supprimée : “Chimpanzoo”
✤ Disney à Broadway avec :
- Pratiquement
parfaite même sur scène (documentaire)
- “Step in
Time”, le numéro musical tel que joué à Broadway
Format : 1,66 – 16:9
Langues : anglais en DTS-HD haute
résolution 5.1, français en Dolby Digital 5.1
Sous-titres : anglais et français
Retrouvez Mary Poppins :
NOTES DE PRODUCTION
DANS L’OMBRE DE MARY : LA PROMESSE DE WALT DISNEY
(A ne lire qu’après avoir vu le film pour éviter les
spoilers !)
Featurette Histoire
Featurette Emma Thompson
Featurette Tom Hanks
En 1961, Walt Disney a invité P.L. Travers, l’auteure de “Mary Poppins”, à
lui rendre visite dans ses studios de Los Angeles afin de lui faire part en
personne de son vif intérêt pour les droits d’adaptation de son célèbre
roman – une requête qu’il lui avait déjà adressée dans les années 1940, mais en
vain. Toujours réticente après toutes ces années, P.L. Travers voulait envoyer promener le
producteur hollywoodien, mais face à la baisse des ventes de son livre et à la
perspective d’un avenir économique incertain, la romancière a finalement accepté
de passer deux semaines à Los Angeles. C’est au cours de ce séjour qu’ont été
jetées les bases de ce qui allait devenir un film culte.
Walt Disney
Pictures présente aujourd’hui DANS L’OMBRE DE MARY : LA
PROMESSE DE WALT DISNEY, un film inspiré par l’histoire
extraordinaire et méconnue des prémices de la création de MARY
POPPINS, l’un des plus grands classiques des studios Disney réalisé par Robert Stevenson, qui fête aujourd’hui ses 50 ans à
travers une somptueuse édition haute définition Blu-ray. C’est aussi l’histoire
de la relation houleuse qu’entretinrent le légendaire Walt Disney et l’auteure P.L. Travers, une relation si tendue que le
film faillit bien ne jamais voir le jour...
Les rôles
principaux sont interprétés par des comédiens oscarisés à deux reprises : Emma Thompson
et Tom Hanks.
À propos
du film, le réalisateur John Lee Hancock déclare : “DANS
L’OMBRE DE MARY : LA PROMESSE DE WALT DISNEY raconte une histoire vraiment fantastique, mais il ne s’agit pas
du making of de MARY POPPINS. Notre film ne raconte pas le tournage du film
avec Julie
Andrews et Dick Van Dyke, mais les événements qui se sont
déroulés deux à trois ans auparavant.”
Il poursuit : “Walt Disney a immédiatement perçu le potentiel du film que l’on
pouvait tirer du livre, et il était prêt à tout pour en obtenir les droits. DANS L’OMBRE DE MARY : LA PROMESSE DE WALT DISNEY raconte la genèse merveilleuse d’un film culte et de ses
personnages, mais c’est aussi l’histoire de deux conteurs hors pair, et du
chemin qu’a dû faire Walt Disney pour comprendre pourquoi P.L. Travers tenait tant
à protéger son histoire, mais aussi l’image de son père, qu’elle adorait.”
L’histoire prend son envol
Le personnage
de Mary Poppins est né de l’imagination de l’auteure australienne P.L. Travers, et l’idée de DANS L’OMBRE DE MARY : LA PROMESSE DE WALT DISNEY a germé dans l’esprit d’un autre Australien, le producteur Ian Collie, qui est à l’origine du documentaire
“The Shadow of Mary Poppins” réalisé par Lisa Matthews
en 2002.
“The Shadow of
Mary Poppins” dressait en 55 minutes le portrait de la romancière P.L. Travers, née Helen Lyndon Goff en 1899 à Maryborough,
dans l’État du Queensland en Australie. À son départ pour Londres dans les
années 20, elle a pris le nom de plume de P.L.
Travers, utilisant le prénom de son père comme nom de famille, et
des initiales à la place de Pamela Lyndon afin de brouiller les pistes quant à
son sexe – une pratique relativement courante dans les années 30.
À propos de la
genèse de ce documentaire, Ian Collie déclare : “Dans une petite librairie
près de chez moi, j’ai découvert une biographie de Pamela Travers écrite par
Valerie Lawson (dont la première édition a été publiée en Australie en 1999
sous le titre “Out of the Sky She Came: The Life of P.L. Travers, creator of
Mary Poppins”). J’ai été fasciné par le fait que P.L. Travers soit
australienne, car l’histoire de Mary Poppins est typiquement britannique. Dans
la biographie, j’ai découvert que nombre de ses personnages et histoires
étaient inspirés de son enfance dans le bush australien et qu’elle les avait
transposés dans des décors londoniens. Tout cela m’a captivé.”
Après le
documentaire, le producteur a eu l’idée de raconter l’histoire de la romancière
dans une fiction. Il explique : “En me plongeant dans la
jeunesse de P.L. Travers, j’y ai vu les prémices d’un film dramatique
passionnant, notamment à travers sa relation avec son père – relation que l’on retrouve
d’ailleurs dans MARY POPPINS, même s’il ne faut pas oublier que la vie de P.L.
Travers est loin d’avoir été aussi joyeuse que celle des Banks.”
Walt Disney s’est mis en quête des droits de
“Mary Poppins” de P.L. Travers au début des années
40. Mais il lui aura fallu 20 ans pour les obtenir.
Lorsque le film a enfin vu le jour, il a remporté 5 Oscars
sur 13 nominations : meilleure actrice (Julie
Andrews), meilleurs effets visuels, meilleur montage, meilleure
musique et meilleure chanson originale. MARY POPPINS aégalement été cité à l’Oscar du meilleur film
et de la meilleure adaptation. Le film a en outre valu
un Oscar technique à Petro Vlahos, Wadsworth Pohl et Ub
Iwerks pour la conception et le perfectionnement des
techniques de matte painting et d’images composites en
mouvement. A l’occasion de ses 50 ans, MARY POPPINS sort le 5 mars pour la toute première fois en
haute définition Blu-ray.
Elle poursuit :
“Le problème en revanche, c’était que pour écrire
un tel film, il fallait énormément d’informations sur Walt Disney, et celles-ci
n’apparaissaient pas dans le scénario original. De plus, il fallait obtenir certains
droits. Je ne me voyais pas faire ce film sans les chansons des frères Sherman
ou des extraits de MARY POPPINS. Il y avait bien une histoire, mais nous
n’avions pas dépassé le stade du synopsis. Nous nous sommes donc donné le défi
de rendre le film si intéressant que les studiosDisney veuillent y prendre
part... et pas le faire interdire !”
Pour développer
l’idée d’Ian Collie et le script de Sue Smith, Alison Owen a fait appel à Kelly Marcel (“Terra Nova”) afin de retravailler le scénario, avec le soutien
de BBC Films. La productrice confie : “J’avais envie de travailler
avec Kelly Marcel depuis longtemps car c’est une incroyable jeune scénariste.
Je lui avais soumis plusieurs idées mais cela n’avait rien donné... jusqu’à ce
que je lui parle de ce projet. Elle a tout de suite été séduite et m’a dit
qu’elle aimerait prendre part au film. Nous lui avons donc commandé le
scénario, et je dois dire qu’elle a fait un travail formidable.”
À propos de ce
qui l’a séduite dans le personnage de P.L. Travers, Kelly Marcel déclare : “J’ai été captivée par la manière dont son passé avait dicté toute
sa vie. Ce point m’a paru très intéressant. J’ignorais également tout ce qui
s’était passé dans les coulisses de MARY POPPINS, qui est pourtant un film
culte et l’un de mes préférés depuis l’enfance. La juxtaposition de ces deux
fils de narration m’a fascinée.”
Bien que
captivée par le sujet, la scénariste était également consciente des problèmes
qui pourraient se dresser sur sa route. Elle confie : “Tout en moi me disait de ne pas l’écrire, car si Disney refusait
le projet, le film ne verrait jamais le jour... Malgré tout, j’étais obnubilée
par l’histoire et par P.L. Travers, il fallait donc que je le fasse, c’était
plus fort que moi. Ce film délivre selon moi un message important sur le pardon, le
poids du passé, l’importance de l’acceptation, et je suis attirée par les
projets qui ont un message positif.”
Avant de se
lancer dans l’écriture du scénario, Kelly Marcel a entrepris d’importantes recherches sur Walt Disney et P.L. Travers. Elle a notamment lu cinq ouvrages
sur le créateur et producteur hollywoodien de génie, dont l’étude de 912 pages
de Neal Gabler qui fait autorité sur le sujet, intitulée “Walt Disney: The
Triumph of the American Imagination” (2007). Plusieurs pages de cet ouvrage
sont consacrées à ce conflit.
Kelly Marcel a également lu la biographie de P.L. Travers mentionnée plus haut, et rééditée
sous le titre “Mary Poppins, She Wrote: The Life of P.L. Travers”. Il existe en
effet deux éditions de cet ouvrage considéré comme une encyclopédie sur la vie
et l’œuvre de l’auteure : l’édition originale de 1999, découverte par le
producteur Ian Collie dans une petite librairie, et l’édition américaine révisée de 2006
publiée à l’occasion de la première de la comédie musicale Disney adaptée du
film de 1964 à Broadway. Valerie Lawson, née en Australie comme P.L. Travers, a dédié un chapitre entier de 40 pages à
l’épisode MARY POPPINS, qu’elle a intitulé “The Americanization of Mary” (“L’américanisation de Mary”).
La somme de ces informations a non seulement constitué la base du scénario de Kelly Marcel, mais lui a également permis de mieux cerner les personnalités des deux principaux protagonistes et le conflit qui les a opposés début 1961. À travers ses recherches, la jeune scénariste britannique a en outre redécouvert le chef-d’œuvre de 1964 sous un nouveau jour. Elle commente : “Selon moi, Pamela avait conscience que le film de Disney serait une expérience cathartique pour elle, mais elle n’avait pas envie de faire face à son
passé. Elle s’y était accrochée pendant si longtemps !”
L’acteur Colin Farrell, qui interprète le père tourmenté
de P.L. dans les flashbacks de 1906, déclare : “Grâce à cette histoire, on découvre les circonstances incroyables
qui ont poussé P.L. Travers à créer le personnage de Mary Poppins. Les
tragédies qu’elle a vécues, le chagrin et le traumatisme qu’elle a subis sont
présents dans son œuvre. Dans ce film, on découvre son enfance dans le bush
australien. Le talent d’écriture de Kelly sur ces deux aspects de la vie de
P.L. – les flashbacks et l’histoire contemporaine de 1961 – est prodigieux, à
l’image de son scénario, qui est poignant sans être complaisant ni
moralisateur.”
Lorsque le
scénario a commencé à susciter l’enthousiasme à Hollywood, l’agent de John Lee Hancock s’en est procuré un exemplaire au
cas où le réalisateur ait envie de le lire. Ce dernier, lui-même scénariste
reconnu, raconte : “Les producteurs du film étaient
à la recherche d’un metteur en scène. J’étais alors sur le point d’accepter un
autre projet, mais j’ai lu le scénario et je l’ai adoré.” Sans penser une seconde qu’il serait choisi, le réalisateur a
rencontré Alison Owen afin d’évoquer le scénario de Kelly Marcel. Il commente :
“Je lui ai fait part de ce qui m’avait plu, et
lui ai présenté ma vision des événements de 1961 ainsi que la manière dont
j’envisageais de les mêler à la jeunesse de P.L. Travers en 1906.”
John Lee
Hancock tenait à ce que les deux époques auxquelles se déroule l’histoire
s’intègrent parfaitement l’une à l’autre. Il explique : “Lorsque j’ai lu le scénario et que j’ai imaginé la manière dont je
pouvais le mettre en scène, j’ai tout de suite récusé l’idée d’une intrigue se déroulant
en 1961 à Los Angeles et parsemée de flashbacks sur l’Australie en 1906. Il
fallait au contraire que les deux époques soient intimement liées, au point de
brouiller les pistes : s’agit-il d’une histoire qui se déroule
en 1961 entrecoupée de scènes du passé, ou bien l’inverse ? Je
voulais que la trame narrative de 1906 nous renseigne non seulement sur les
origines de “Mary Poppins”, mais également sur les deux semaines que P.L. a
passé à Hollywood en 1961 et son conflit avec Walt Disney.”
À propos de l’histoire et de la relation entre les deux protagonistes, John Lee Hancock déclare : “Walt Disney passe une bonne
partie du
film à essayer de comprendre ce qui pose problème à P.L. Travers en dehors du fait qu’elle n’aime pas l’animation. Il s’efforce de comprendre son passé
et les raisons pour lesquelles elle rend cette
négociation aussi incroyablement difficile.”
Il poursuit : “Lorsqu’il comprend enfin, il met tout en œuvre pour la convaincre
et la manipule pour obtenir ce qu’il désire, mais elle ne cède pas. Il
capitule, ce qui est très inhabituel pour lui et le laisse très insatisfait. Il
réalise alors qu’il ne s’est pas adressé à la bonne personne et décide d’en
apprendre davantage sur la romancière, sa personnalité et la relation qu’elle
entretenait avec son père. Et c’est précisément là qu’il trouve la clé du
problème. Il prend conscience que la relation qui les unissait, elle et lui, à
leurs pères, est assez similaire. Il entreprend alors de la convaincre que tous
les bons conteurs puisent dans les événements sombres, voire tragiques, de leur
vie pour imaginer des histoires universelles qui les délivrent du passé.
C’était là leur point commun.”
L’acteur Tom Hanks, qui incarne l’emblématique Walt Disney, ajoute : “Dans ce film, P.L. Travers est accablée par son passé, un passé auquel
elle ne peut échapper. Le souvenir de la perte de cet homme très spécial
qu’était son père est source de douleur et de culpabilité. Ce n’est que lorsque
Walt lui révèle qu’il a connu la même douleur à la mort de son propre père
qu’elle finit par s’ouvrir.”
Il poursuit : “Walt Disney est si différent d’elle, avec son argent, Disneyland
et ses pingouins qui dansent, qu’elle a dû se dire qu’ils n’avaient rien en
commun et que par conséquent leur relation ne fonctionnerait jamais. Puis elle
réalise que les raisons pour lesquelles il veut réaliser le film sont les mêmes
que celles qui l’ont poussée à écrire le roman. Je pense qu’après cela, elle
accepte plus volontiers de ne plus exercer un contrôle permanent. Jusqu’à cette
scène, jamais elle ne s’était adressée à Walt Disney comme à un égal dans le
film. Selon moi, DANS L’OMBRE DE MARY :
LA PROMESSE DE WALT DISNEY traite de la manière dont
nous interprétons notre passé et de la façon dont notre travail – dans ce cas
précis, les films pour Walt Disney et les romans pour P.L. Travers – nous
permet d’affronter et de panser les blessures du passé en les transformant en
quelque chose de positif.”
Emma Thompson, qui interprète l’ombrageuse
auteure, ajoute : “P.L. avait l’impression que
Disney ne faisait pas justice à son univers car il voulait le dépouiller de sa
noirceur. Disney, qui avait vécu assez d’épreuves au cours de sa propre vie,
tenait à créer un monde joyeux pour les enfants. L’atmosphère plutôt sombre des
romans de P.L. Travers est très différente de celle du film, qui est emmené par
l’extraordinaire gaieté et la vitalité de Disney et des frères Sherman.
L’énergie et l’enthousiasme des Américains étaient sans commune mesure avec
celle somme toute très “british” de P.L.”
Avant de
s’occuper de trouver un réalisateur ou des acteurs, ou même d’approcher les
studios Disney, Alison Owen a soumis le scénario du film à l’auteur-compositeur Richard Sherman, qui avait subi les ires de la
romancière 50 ans plus tôt. La productrice raconte : “J’ai envoyé le script à Richard avant même de contacter Disney
car je tenais à obtenir son approbation. Je voulais qu’il nous dise si
l’histoire que nous racontions était authentique. C’était davantage une
question d’esprit général que d’authenticité scrupuleusement factuelle, comme
souvent dans ce genre d’histoire. Le film est conforme à ce qui s’est passé
mais il s’agit d’une fiction. Pourtant, lorsque Richard a lu le scénario, il
nous a dit que c’était comme cela que ça s’était passé. Il nous a très
gentiment offert son soutien et son aide durant cette aventure. Il n’y a pas de
mot pour exprimer combien il a été gratifiant de l’avoir à nos côtés.”
L’auteur-compositeur
a aidé Kelly Marcel à rendre le
scénario aussi exact que possible, notamment en y intégrant certains dialogues qu’elle
n’aurait jamais pu trouver dans une biographie. Il déclare : “Kelly a écrit un scénario fantastique. Au sein du studio, nous
utilisions certaines expressions avec Walt, mais elle n’aurait jamais pu
l’apprendre à travers ses recherches. Je suis très touché qu’elle ait intégré
mes suggestions dans sa version finale. J’ai été ému par la manière dont elle a
réussi à saisir l’histoire avec ses propres mots.”
MARY POPPINS a
constitué un moment clé de la carrière de Richard Sherman, tant en raison de la frustration
liée au fait de travailler avec P.L. Travers, qu’au bonheur et au triomphe absolu du film en 1964. Il observe
: “DANS L’OMBRE DE MARY :
LA PROMESSE DE WALT DISNEY est un film authentique qui
raconte l’histoire telle qu’elle s’est passée. Personne ne connaît vraiment cet
événement. Nous avons toujours dit que P.L. Travers était difficile, mais c’est
la première fois qu’on en parle véritablement. Walt a rassemblé deux
compositeurs et un scénariste pour créer un film dont il savait qu’il aurait du
succès. Il était conscient du potentiel de cette histoire, mais n’arrivait pas à
en convaincre P.L. Travers, et c’est ce que raconte le film.”
Forte du
soutien de Richard Sherman, Alison Owen a décidé de contacter les studios Disney. Le processus s’est alors
mis en marche, le studio contactant directement Tom Hanks et se chargeant d’obtenir
l’approbation de la famille Disney. DANS L’OMBRE DE MARY : LA
PROMESSE DE WALT DISNEY avait tout naturellement trouvé sa
place, et l’équipe du film s’est attelée avec enthousiasme à sa concrétisation.
Après avoir
acquis le scénario du film, les studios Disney ont répertorié 500 pages de
documents ayant trait au développement de MARY POPPINS – des ébauches de
traitements et de scénarios, ou encore des courriers échangés entre les postes
clés de la production du film – afin d’enrichir l’histoire. Le studio a
également offert les services de son incroyable département des archives à
l’équipe du film et aux acteurs.
“DANS L’OMBRE DE MARY : LA
PROMESSE
DE WALT DISNEY ne raconte pas le
making of de MARY POPPINS. Il ne relate pas
comment le film a été tourné, mais comment il a été adapté pour le grand écran. Il y est question du
processus créatif, de la transposition du roman de P.L. Travers en un film culte, d’une héroïne née sur lepapier avant de devenir une icône du cinéma. Je
pense que ce film dévoile l’histoire de Mary Poppins sous
un jour nouveau et nous révèle les secrets de ce film
merveilleux et universel. MARY POPPINS a eu une histoire mouvementée, et DANS L’OMBRE DE
MARY : LA PROMESSE DE WALT DISNEY ne raconte pas de simples anecdotes de tournage
mais l’histoire de celle qui sapait l’enthousiasme de
toute l’équipe du film : Pamela Travers.”
Tom Hanks
Emma Thompson
alias P.L. Travers
Lorsque les
membres de l’équipe se sont rassemblés pour discuter du casting, ils ont dressé
une liste d’artistes correspondant à leurs choix idéaux. La chance a voulu que
tous les acteurs et actrices pressentis se soient montrés enthousiastes à
l’idée de prendre part au projet. C’est la comédienne oscarisée à deux reprises
Emma Thompson qui incarne
l’auteure de “Mary Poppins”, P.L. Travers. À propos de sa capacité à
interpréter un rôle aussi difficile, John Lee Hancock déclare : “Emma Thompson est une
actrice de grand talent. Un personnage aussi complexe et aussi triste que
celui-ci ne va pas sans une certaine solennité. Emma m’a confié qu’il était
difficile d’incarner P.L. Travers au quotidien, et qu’elle serait heureuse si à
la fin du tournage elle avait pu lui rendre honneur. Elle est incroyablement
talentueuse.”
Emma Thompson confie : “Ce personnage de femme désagréable a constitué une fantastique
étude de cas qui a exigé de ma part un éventail de jeu extrêmement nuancé.
C’est l’une des personnalités les plus complexes qu’il m’ait été donné
d’interpréter.” Et d’ajouter : “Je n’avais jamais joué quelqu’un d’aussi contradictoire, mais
c’est ce qui rend ce rôle si fascinant, car elle change sans arrêt d’opinion.
Son enfance lui a laissé des cicatrices permanentes qui font obstacle à ses
relations aux autres, et en particulier aux hommes. Son père était tellement
instable sur le plan émotionnel et tellement peu fiable que l’amour a toujours
représenté pour elle incertitude et insécurité. C’est une femme pleine de
souffrance et de tristesse.”
À propos de
l’état d’esprit de son personnage au début du film, lorsqu’elle arrive à Los
Angeles, Emma Thompson déclare : “Elle détestait le scénario
et n’aimait pas beaucoup les frères Sherman. En fait, elle a avait l’air de
tout détester, mais que ce soit vrai ou pas est une autre question. Elle était
aux prises avec ses propres problèmes, des problèmes profonds et complexes. La
relation qu’elle entretenait avec Mary Poppins était d’une certaine manière
identique à celle que Walt Disney entretenait avec Mickey Mouse. Mary Poppins
l’avait aidée à panser les blessures de son enfance, de la même manière que
Mickey Mouse avait sauvé Walt Disney. Il lui était donc très difficile de se
séparer de ce personnage. C’était comme si on lui arrachait une partie de son
âme pour la dénaturer, et psychologiquement, cela lui était très difficile.”
L’actrice
souligne également une autre facette de P.L.
Travers : “Elle était snob, personne
ne peut le nier. C’était une femme extrêmement originale, intelligente et
talentueuse. Elle était singulière dans le sens où elle entretenait des
relations avec de grands intellectuels à une époque où cela n’était pas facile
pour une femme de côtoyer de tels hommes.” Et de poursuivre : “Bien que tout au
long de sa vie P.L. Travers ait recherché la compagnie d’hommes charmants, elle
n’a sans doute pas eu beaucoup de mal à résister au charme de Walt Disney car
elle ne le considérait pas comme un intellectuel.”
Le producteur Ian Collie ajoute : “Pamela est quelqu’un de difficile. Elle n’est pas très
sympathique car elle cherche à tout contrôler et semble dénuée de tout sens de
l’humour. Et Emma incarne bien entendu cela à merveille. Elle lui confère
également une certaine douceur et une touche de vulnérabilité qui font qu’on a
envie de la serrer dans nos bras. Seuls les grands acteurs sont capables de
susciter une telle empathie chez le spectateur pour un personnage aussi
difficile et antipathique. Emma était l’actrice idéale pour le rôle.”
“DANS L’OMBRE DE MARY : LA PROMESSE
DE WALT DISNEY raconte une histoire
d’artistes, de la raison pour laquelle ils font ce
métier et de leur relation à l’enfance. Beaucoup d’auteurs
de livres pour enfants ont eux-mêmes vécu une enfance difficile. Ce qui m’a plu dans ce projet, c’est
qu’il explore la manière dont ces premières souffrances nourrissent l’oeuvre d’un artiste.”
Emma Thompson
Pour se
préparer à incarner P.L. Travers, l’actrice a écouté les enregistrements des sessions de travail à
Los Angeles auxquelles son personnage a participé avec les compositeurs Richard et Robert Sherman mais aussi Walt Disney, tous conservés dans les archives
du studio. Elle raconte : “Ces enregistrements m’ont fait
penser au mythe de Sisyphe, un homme qui pousse une énorme masse rocheuse
jusqu’en haut d’une colline, et qui, une fois arrivé à son sommet, voit son
bloc de pierre redescendre la pente. Ils progressent péniblement dans leur travail,
jusqu’à ce que ce que ça s’écroule et qu’il faille tout recommencer. Écouter ces
bandes s’est révélé assez pénible car P.L. y est horrible et incroyablement énervante,
au point qu’on a envie de lui balancer quelque chose à la figure !”
Elle poursuit :
“Mais on y découvre également des indices sur ce
qui se passait réellement. Elle joue souvent la comédie et ces enregistrements
sont le reflet d’un moment difficile pour elle car elle doit abandonner une
partie d’elle-même qu’elle n’est pas prête à partager. Elle répond presque tout
le temps par la négative et se montre très agressive.
Et bien entendu, personne ne pouvait rien lui dire. Le scénariste
Don DaGradi et les frères Sherman ont passé plusieurs semaines enfermés avec elle
dans une pièce et ne pouvaient jamais la contredire car il ne fallait pas la
brusquer. Cela a donc été un véritable cauchemar pour eux, tout comme l’écoute
de ces enregistrements, qui m’ont néanmoins beaucoup aidée.”
Tom Hanks
alias Walt Disney
Tom Hanks a pris beaucoup de plaisir à
travailler avec Emma Thompson et à la regarder incarner la très difficile et complexe P.L. Travers. Il commente : “À chaque fois que je voyais Emma, je me demandais comment elle
faisait pour que cela paraisse si facile. Grâce au travail que nous avons
fourni, on sent que quelque chose se passe entre nos deux personnages. Pamela
gardait un secret que Walt Disney n’a découvert qu’à la toute fin. Dans une
scène, il lui dit : “Je vous en prie, dites-moi pourquoi cette expérience vous
est si douloureuse ?” Mais elle est incapable de répondre tant elle est émue.
L’humanité dont Emma fait preuve dans cette scène témoigne de son grand talent
: elle est toujours au sommet de son art. Elle est en tout point différente de
cette vieille Londonienne acariâtre, et pourtant, elle a parfaitement saisi
l’essence et la nature profonde du personnage.”
Tom Hanks incarne pour sa part un Walt Disney plus vrai que nature. John Lee Hancock commente : “Le film met en lumière un aspect inédit de la personnalité de
Walt Disney. Il ne s’agit pas du Walt de l’émission “Le Monde merveilleux de
Disney”, bien qu’il soit passionnant. Ici, il fallait quelqu’un capable de
devenir Walt Disney. Et nous avons tous immédiatement pensé à Tom Hanks. Je ne
cherchais pas à ce qu’il ressemble trait pour trait à l’homme que nous avons
tous en mémoire, mais à ce que son interprétation vienne de l’intérieur. Et Tom
est un acteur tellement talentueux que c’est précisément par là qu’il commence
son travail : au plus profond de lui.”
À propos de la
“transformation” physique de l’acteur pour le rôle, le réalisateur confie : “Tom s’est laissé pousser la moustache. Mais il a également
énormément travaillé sur sa voix, sur sa manière de marcher, la position de son
corps, sa gestuelle, la manière dont il lisse sa moustache ou la façon dont il
s’exprime et laisse ses phrases en suspens. Il est tout simplement devenu Walt Disney
à mes yeux. J’étais émerveillé.”
Tom Hanks poursuit : “Je ne ressemble en rien à Walt Disney. Outre le fait de me
laisser pousser la moustache et de porter une raie sur le côté, il a fallu que
je m’approprie la fantaisie qui illuminait son regard ainsi que sa grande
perspicacité, car Walt Disney est inimitable. Sa manière de parler est très
rythmée, et cela vient selon moi de son enthousiasme à vouloir exprimer ce
qu’il avait en tête. Cet homme est une institution, cela ne fait aucun doute.
Il méritait bien le musée que lui a dédié sa famille au Presidio de San
Francisco.”
À propos de la
manière dont il s’est préparé à incarner cette légende d’Hollywood, l’acteur
déclare : “J’ai passé une journée
entière au musée Disney. Sa fille Diane Disney (décédée depuis) et les employés
ont été très accueillants et m’ont beaucoup aidé. J’ai pu écouter tous les
enregistrements qu’ils possédaient et voir tous les films existants sur
l’histoire de Walt. Cet homme a inventé une forme d’art que tout le monde peut
imiter sans jamais faire mieux que lui. Cela m’a énormément aidé.”
Cette visite a
aussi permis à l’acteur de mieux cerner son personnage. Il explique : “Walt faisait tout lui-même, pourtant il disait tout le temps “nous”.
On ne l’a jamais entendu dire : “J’ai eu une idée” ou “J’ai fait ceci ou cela”.
Je trouve que cela dénote d’une véritable noblesse d’âme. Il faisait participer
tout le monde à ce qu’il faisait. J’ai retracé sa carrière depuis ses premiers dessins
animés à Kansas City jusqu’à la création de ses parcs à thèmes.”
Tom Hanks a
essayé de retransmettre l’essence
de son personnage à l’écran. Il commente : “Walt
avait d’incroyables idées plein la tête et savait
communiquer son enthousiasme à ceux qui l’entouraient. C’est ce que j’ai tenté de retranscrire. Je voulais exprimer combien il était fier de son studio et de
ses films. Il y avait un souffle particulier dans tout
ce qu’il faisait.”
La productrice Alison Owen reprend : “Je n’imaginais personne d’autre que Tom dans le rôle de Walt
Disney. Ce sont tous les deux des icônes américaines. Je ne sais pas ce que
nous aurions fait si Tom n’avait pas pu prendre part au film, car personne
n’aurait pu le jouer et l’incarner comme il le fait.” De son partenaire, avec lequel il a partagé plusieurs scènes dans
la salle de répétition du studio où les frères Sherman ont joué certaines de
leurs compositions à P.L. Travers, l’acteur B.J. Novak dit : “Tom Hanks est l’acteur
américain par excellence. Il possède par ailleurs une véritable créativité qui n’est
ni extravagante ni inaccessible, une créativité classique, probablement très
semblable à celle de Walt Disney, ou tout du moins à la manière dont nous nous
le représentons. Dans le scénario, c’est un personnage charmant qui séduit tout
le monde grâce à son charisme et son optimisme, et Tom Hanks lui ressemble
beaucoup de ce point de vue.”
L’auteur-compositeur
Richard Sherman, qui
connaissait Walt Disney mieux que quiconque sur le film, déclare : “Tom est incroyable dans ce rôle. Robert et moi entretenions avec
Walt une relation différente de celle qu’il avait avec ses autres
collaborateurs. Nous étions très proches. Je pense que c’est la musique qui
nous a rapprochés. Il en était un grand amateur et je pense qu’il aimait
beaucoup que je joue pour lui.” Il poursuit : “En regardant Tom jouer, c’était comme si je me revoyais avec
Walt. C’était à la fois étrange et merveilleux. Vraiment merveilleux. À mes
yeux, Tom est le seul acteur au monde capable d’incarner pleinement Walt
Disney. Il avait un charisme incroyable, c’était un homme remarquable. J’ai été
époustouflé par la manière dont Tom l’a interprété car leurs personnalités sont
similaires. Il incarne l’homme que j’ai connu à la perfection.”
De son côté, Emma Thompson était impatiente de donner la réplique
à Tom Hanks car les deux acteurs rêvaient de
tourner un film ensemble. L’actrice explique : “Tom et moi nous connaissons depuis longtemps. Lorsque j’ai
entendu parler de ce film, je lui ai passé un coup de fil pour lui dire que
c’était l’occasion rêvée.” Et d’ajouter : “Tom est fasciné par Walt Disney. Il sait beaucoup de choses sur
lui. Ils partagent en outre une formidable popularité et un charme fou, et ils
ont tous deux une humanité dont on se sent facilement proche.”
Les
autres protagonistes - Aux studios Disney
Paul Giamatti incarne Ralph, le sympathique
chauffeur de limousine de P.L. Travers, et l’unique personnage fictif du film. Il est également le seul Américain
qui trouve grâce aux yeux de l’irascible auteure. L’acteur commente : “Ils entretiennent une relation intéressante qui met en lumière
une autre facette de la personnalité de la romancière. Si avec les autres elle
se montre très difficile, elle l’est un peu moins avec Ralph. Bien qu’elle soit
très sèche avec lui, il la cerne immédiatement. Il comprend pourquoi elle agit
comme elle le fait et cela lui est complètement égal. C’est un homme très attachant
et je pense qu’après un certain temps, elle ne peut plus lui résister et finit
par tomber sous son charme.”
Emma Thompson ajoute : “Ralph est un personnage formidable. Il est incroyablement joyeux,
ce qui agace immédiatement Pamela – celle-ci est d’ailleurs régulièrement très
impolie avec lui et ce durant une bonne partie du film. Pourtant cela n’entame
en rien sa gaieté, car il ne le prend pas personnellement. P.L. est quant à
elle progressivement conquise par sa profonde humilité et son respect envers
les autres. Si elle reste platonique, leur relation constitue la seule
expression apparente d’une certaine indulgence envers l’Amérique.”
À propos de sa
partenaire, Paul Giamatti déclare : “Grâce à l’interprétation d’Emma,
P.L. Travers est affreuse, mais avec un côté amusant. Elle est on ne peut plus
“British” et dit tout ce qui lui passe par la tête sans aucun filtre. P.L. n’avait
pas des aptitudes sociales très développées mais elle aimait par-dessus tout son
personnage et tremblait à l’idée qu’il soit dénaturé. Elle le considérait comme
son enfant et tenait à le protéger envers et contre tout. On découvre
d’ailleurs suffisamment son passé dans le film pour comprendre pourquoi elle
agit ainsi. Leur relation est très drôle à voir, et Emma est irrésistible dans
ce rôle.”
Légende parmi
les légendes, c’est empreint de nostalgie que l’auteur- compositeur Richard
Sherman a évoqué ses bons – et moins bons – souvenirs, en tant que consultant
sur le film. Il est en effet non seulement revenu sur ces quelques jours de 1961
(ainsi que sur la première de MARY POPPINS en 1964, recréée par John Lee
Hancock pour les besoins du film), mais également sur les personnalités avec lesquelles
il a partagé ces expériences il y a de cela plus de 50 ans. À propos du
scénariste et dessinateur de story-board de génie Don DaGradi, Richard
Sherman déclare : “Don était incroyable.
C’était l’un des dessinateurs et scénaristes les plus brillants du studio, si
ce n’est de l’industrie cinématographique tout entière. Il était le plus
expérimenté de l’équipe car il travaillait pour Disney depuis près de 25 ans.
En comparaison, Robert et moi étions les petits nouveaux en 1961, mais il nous
a pris sous son aile et nous a guidés.”
Le scénariste
de MARY POPPINS, Don DaGradi, est interprété par Bradley Whitford. De son personnage, l’acteur dit : “Walt lui a donné un énorme coup de pouce en lui confiant, à lui
qui était animateur, la co-écriture du scénario. C’était la chance de sa vie.
C’est d’ailleurs pourquoi cela a été si insupportable pour lui et les frères
Sherman de se retrouver confrontés à un mur en la personne de P.L. Travers.”
“La difficulté de l’adaptation de “Mary Poppins”
réside en partie dans le fait qu’il s’agit de romans composés
d’événements épisodiques. Il n’y a pas d’histoire comportant undébut, un milieu et une fin, ce qui rendait
l’écriture du scénario compliquée. L’équipe a donc dû reconstruire
l’histoire. Walt voulait faire un film inédit, en mélangeant
notamment de l’animation avec des prises de vues réelles, ce
qui, à l’époque, constituait une véritable révolution pour
un long métrage, et terrifiait P.L. Travers.”
Bradley Whitford
À propos de Don DaGradi, décédé en 1991, Bradley Whitford déclare : “Aux dires de tous, Don avait conscience de la chance incroyable
qu’il avait de passer sa vie à raconter et animer des histoires. Son travail
est imprégné d’une grande gaieté. C’était un homme très reconnaissant du cadeau
que la vie lui avait fait.” Pour incarner les célèbres
compositeurs de MARY POPPINS Richard et Robert Sherman, l’équipe du film a choisi Jason
Schwartzman et B.J. Novak. À propos de sa relation avec son frère aîné, décédé à l’âge de
86 ans, six mois seulement avant le début du tournage de DANS L’OMBRE DE MARY : LA PROMESSE DE WALT DISNEY, Richard Sherman déclare : “Robert était le yin et
j’étais le yang. Nous étions différents, mais nous pensions de la même manière.
Nous formions vraiment une équipe soudée. Nous nous tolérions en quelque sorte,
comme le font tous les frères. Mais nous nous aimions même si nous n’étions pas
animés par la même flamme.”
Richard Sherman a pris beaucoup de plaisir à voir B.J. Novak interpréter son frère. Il commente
: “Ce rôle était taillé sur mesure pour B.J. car il
est lui-même de nature plutôt introvertie. Comme Robert, il réfléchit à ce qu’il
va dire avant de s’exprimer mais ne mâche pas ses mots. De plus, il a le même âge
que Robert en 1961, tout comme Jason a le même âge que moi à l’époque.
Les archives Disney ont fourni aux acteurs et à
l’équipe deproduction plus de six heures d’enregistrement
audio des réunions de P.L. Travers avec l’équipe créative
originale de MARY POPPINS. Dans ces enregistrements, réalisés
entre le 5 et le 10 avril 1961 à la demande de P.L. Travers, on
entend l’auteure donner son avis et faire des suggestions à l’équipe
Disney composée des frères Richard M. et Robert B. Sherman, du
scénariste Don DaGradi, et du chef du département histoire
et story-board Bill Dover (qui a également servi d’hôte à P.L.
Travers durant son séjour). On peut découvrir une partie de la
teneur de ces bandes lors du générique de fin du film, mais
aussi dans les bonus de MARY POPPINS.
B.J. Novak, acteur et élément clé de la série
à succès de NBC “The Office”, confie : “Je ne savais rien des
frères Sherman lorsqu’on m’a offert le rôle. Robert et Richard sont pourtant
les auteurs des plus célèbres chansons de Disney, comme celles de MARY POPPINS,
ou plus tard, de L’APPRENTIE SORCIÈRE également réalisé par Robert Stevenson ou
LES AVENTURES DE WINNIE L’OURSON de John Lounsbery et Wolfgang Reitherman. Ils
ont aussi composé la musique de l’attraction “It’s A Small World”, entre
autres. Travailler au sein d’un studio en tant que musiciens professionnels
salariés était le rêve de Richard.”
De son
personnage, l’acteur confie : “Robert prenait les choses
de manière plus personnelle que son frère. Il disait ce qu’il avait à dire sans
prendre de gants. Il avait fait la Seconde Guerre mondiale et connu de nombreuses
désillusions dans sa vie. C’était le plus sérieux des deux frères, mais il
était également direct, sincère et doué d’un grand talent. D’après mes
recherches et ce que Richard m’a raconté, de manière générale, les années 60
ont été une période très heureuse dans leur vie. Ils étaient au sommet de leur
carrière.”
B.J. Novak poursuit : “Les gens se sont montrés très enthousiastes lorsque je leur ai
dit que Jason et moi allions incarner les frères Sherman dans le film. Je pense
que c’est parce que, tant du point de vue du caractère que du physique, nous
nous ressemblons beaucoup. Comme Bob, je suis également beaucoup plus posé et
introverti que Jason, qui est quelqu’un de beaucoup plus solaire. C’est assez
amusant que nous interprétions deux frères qui partagent la même dynamique.”
Jason Schwartzman ajoute : “Lorsque John Lee Hancock m’a dit qu’ils avaient choisi B.J. Novak
pour incarner Robert, j’étais ravi parce que je trouve que nous nous
ressemblons beaucoup physiquement. De plus, B.J. a l’air de quelqu’un de plutôt
réservé et sérieux, ce qui était également le cas de Robert. Mais il est
également hilarant et c’est un formidable scénariste.”
À propos de la relation des frères Sherman avec
P.L. Travers, Jason Schwartzman déclare : “Ils
ont dû faire face à une véritable force de la
nature.C’était une femme mystérieuse qui avait une idée très précise de son travail et de la manière dont
il devait être adapté. En venant à Los Angeles, elle était prête à tout pour le protéger. Quand elle
rencontre les frères Sherman, elle leur dit d’ailleurs sans ambages que selon elle, le film ne devrait pas être une comédie musicale.”
Pour s’approprier le style unique de Richard
Sherman au piano, Jason Schwartzman a visionné des
enregistrements en gros plans des mains de Richard alors qu’il
jouait sur le piano du bureau de Walt Disney. L’acteur a également passé d’innombrables
heures chez Richard Sherman afin d’acquérir la bonne
technique et de passer du temps en compagnie du légendaire
compositeur.
En voyant Jason
Schwartzman (MOONRISE KINGDOM et RUSHMORE de Wes Anderson) l’incarner, Richard
Sherman a eu le sentiment d’avoir remonté le temps. Il raconte : “Jason
est fantastique, il a fait un travail fabuleux. C’est un jeune musicien très talentueux
qui joue de la batterie, du piano et écrit des chansons. C’est une boule
d’énergie, exactement comme moi à l’époque... et encore aujourd’hui, j’espère
!”
John
Lee Hancock commente : “Jason Schwartzman étant lui-même musicien,
cela nous a beaucoup aidés car c’est presque tout le temps lui qui joue du
piano dans les scènes de répétitions. Il a également appris à jouer comme Richard
en passant de longues heures à ses côtés et en s’appropriant son style enjoué.”
Jason Schwartzman, qui
interprète la seule personne de l’histoire encore en vie aujourd’hui, déclare :
“J’ai du mal à imaginer ce qu’a pu ressentir Richard en me
voyant jouer son rôle et en voyant Walt Disney entrer dans la pièce. Cela a dû
être bouleversant.” Le compositeur a en effet passé plusieurs
semaines sur le tournage et a fait office d’encyclopédie vivante sur les années
60 pour l’équipe. Et Jason Schwartzman de
poursuivre : “Pouvoir discuter directement avec Richard
et avoir accès à des documents d’époque s’est révélé inestimable.”
Les
autres protagonistes - Souvenirs d’Australie
Pour mieux
comprendre le comportement étrange et imprévisible de P.L. Travers au cours de son séjour à Hollywood
en 1961, la scénariste Kelly Marcel s’est replongée dans l’enfance de l’auteure dans le bush
australien, 50 ans auparavant. En parallèle de ses aventures à Los Angeles, la
scénariste a choisi de révéler les origines de la romancière, ainsi que celles
du personnage emblématique de Mary Poppins, pour expliquer son attitude face à Walt Disney et son équipe créative, par le biais
de flashbacks disséminés tout au long de l’histoire, qui nous transportent dans
l’Australie de 1906.
Le tournage de
neuf semaines a débuté par les flashbacks qui se déroulent à Maryborough et
Allora, en Australie. Ces séquences mettent en scène quatre personnages clés à l’origine
des événements de 1961 : Travers Robert Goff, le père alcoolique de P.L. Travers (qui lui a inspiré le personnage de
M. Banks dans MARY POPPINS) ; Margaret, sa femme tourmentée et autodestructrice
; la soeur de Margaret, Tante Ellie (qui, à l’instar du personnage de Mary
Poppins qu’elle a inspiré, ne vient pas réconforter Ginty et ses deux soeurs
cadettes, mais leur père mourant) ; et la jeune aspirante romancière de 7 ans,
Helen Lyndon Goff, alors surnommée Ginty. Pour le rôle de Travers Goff, le père
tourmenté de P.L., l’équipe du film s’est tournée vers Colin Farrell. John
Lee Hancock déclare : “Colin Farrell incarne à la
perfection la figure du poète irlandais torturé. C’est pourquoi nous étions
ravis qu’il prenne part au film. C’est un acteur tellement brillant et
tellement émouvant que j’étais convaincu que nous n’aurions aucun mal à donner
vie à cet aspect de l’histoire. Lorsqu’on a un père comme Colin Farrell, il est
évident qu’on ne peut que l’adorer... et lui pardonner toutes ses fautes. Cela
nous permet de mieux comprendre la relation qui unit Ginty à son père.”
Soulignant le
parallèle entre le roman de P.L. Travers et le film de John Lee Hancock, Colin Farrell déclare : “Dans le livre, la mission de
Mary Poppins consiste à rétablir l’ordre au sein de la famille Banks. C’est une
bouffée d’air frais dans un univers confiné. Elle incarne la vie dans une
maison où la mort s’insinue lentement.”
“Mary Poppins intègre apparemment la famille Banks pour sauver les enfants, mais en réalité,
elle est là pour sauver le père, pour le ramener à la vie et lui rappeler la chance qu’il a. M. Banks est un personnage tragique dans le roman, tout comme Travers Goff dans le film. Travers pourrait avoir une vie merveilleuse : il a trois filles et une
femme qu’il aime par-dessus tout, mais il n’arrive pas à s’en satisfaire.”
Colin Farrell
Il ajoute : “Il
y a quelque chose d’indescriptible et de tragiquement incertain chez Travers
Goff. Et on retrouve un peu cela dans le personnage de M. Banks dans “Mary
Poppins”. Il s’agit d’un personnage très différent de tous ceux que j’ai pu
interpréter jusqu’à présent. J’aurais été très déçu si je n’avais pas obtenu le
rôle car j’aime beaucoup ce film et l’histoire qu’il raconte. Je suis ravi
d’avoir pu y prendre part, car je trouve que c’est un film qui a énormément de cœur.”
Le réalisateur a longtemps
cherché la jeune actrice qui incarnerait la petite Pamela Travers. Il se
souvient : “Ça a été difficile. Nous voulions une
jeune Emma Thompson : il fallait donc qu’elle lui ressemble autant que
possible. Mais plus important encore, cette fillette apparaît dans tous les
flashbacks. Il fallait donc qu’elle ait aussi les épaules assez solides et le talent
nécessaire pour endosser ce rôle-clé.”
L’équipe a finalement
arrêté son choix sur Annie Buckley, une
jeune actrice australienne de 11 ans. John Lee Hancock déclare
: “Annie était tellement naturelle et authentique, tellement
sincère et innocente que je me suis dit que si nous arrivions à retranscrire
cela à l’écran, le public serait prêt à tout pardonner à la Pamela Travers de
1961. Voir cet être aussi ouvert, confiant et plein d’espoir être déçu,
abandonné par ceux qu’elle aime, et la voir se construire une carapace pour ne
plus jamais revivre cela nous incite davantage à compatir au sort de Pamela
plutôt qu’à la juger.”
Le réalisateur poursuit : “Le
regard et le visage d’Annie sont pleins d’espoir. Lorsqu’elle lève les yeux
vers Travers Goff, on y lit tout l’amour qu’elle lui porte, et c’est le moteur
de l’histoire.” Et d’ajouter : “Annie
savait d’instinct comment jouer les scènes les plus émouvantes. Elle a fait preuve
d’une maturité étonnante. À seulement 11 ans, elle comprenait parfaitement ce
que nous recherchions sur le plan émotionnel. Elle jouait avec tout son corps,
pas uniquement avec son visage et ses répliques.” Colin
Farrell, qui partage toutes ses scènes avec Annie
Buckley, déclare : “Annie est une actrice incroyable,
charismatique et très intelligente. C’est une petite fille adorable, et
tellement belle qu’elle semble appartenir à une autre époque – je dis cela de
la manière la plus flatteuse qui soit. C’est un rôle très important car c’est
elle qui donne le ton à toute l’histoire de P.L. Travers, elle incarne sa
culpabilité et sa honte passée. J’ai pris beaucoup de plaisir à travailler avec
elle.”
Ruth
Wilson interprète quant à elle Margaret Goff, la mère de P.L.
Travers dans les flashbacks. À propos de son personnage, l’actrice déclare :
“Margaret s’est mariée à un homme d’une classe sociale
inférieure. Elle a épousé un être romantique et charismatique qui lui a promis de
lui offrir le monde et de réaliser tous ses rêves. Mais la réalité les a rattrapés
et leur vie s’est révélée plus difficile qu’elle ne l’avait l’imaginé.” L’actrice
britannique poursuit : “Margaret évolue au fil des flashbacks de
1906. On la voit progressivement décliner car elle doit faire face à un mari
alcoolique et élever ses trois enfants sans le soutien de sa famille ou d’amis.
Elle s’effondre, tout comme Travers, à mesure que le film progresse. Face à la
déchéance de ses parents, Ginty est obligée d’échanger les rôles et de s’occuper
d’eux.”
L’équipe du film et les
acteurs tenaient à ce que les séquences de flashback qui décrivent l’enfance de
P.L. Travers soient à la fois dures et émouvantes. Ruth
Wilson commente : “Je pense que nous avons atteint notre
objectif. Ces scènes montrent combien la vie de la famille Goff était
difficile. Et cela a eu des répercussions sur toute l’existence de Ginty. C’est
ce qui fait d’elle le personnage interprété par Emma Thompson. Il faut donc que
l’on sache d’où elle vient et ce qu’elle a traversé afin de comprendre pourquoi
elle est devenue la femme que l’on découvre en 1961.
Ce
passé apporte également un éclairage sur sa relation avec Walt Disney ainsi que
sur la personnalité de ce dernier. Les flashbacks sont une partie essentielle
de l’histoire car ils sont à l’origine des événements de 1961.” Rachel
Griffiths, avec laquelle John Lee Hancock avait
déjà travaillé sur RÊVE DE CHAMPION, interprète Tante Ellie, la soeur de Margaret
Goff, qui a inspiré la célèbre Mary Poppins à P.L. Travers. Kathy
Baker incarne quant à elle Tommie, une collègue et amie de Walt
Disney, et Melanie Paxson vient
compléter la distribution dans le rôle de Dolly, son assistante.
Le
tournage
DANS L’OMBRE DE MARY : LA PROMESSE DE WALT DISNEY a été presque entièrement tourné dans la région de Los Angeles (en
dehors d’un jour de tournage à Londres). On y découvre des lieux mythiques tels
que Disneyland à Anaheim (il ne s’agit que du troisième film à avoir été tourné
dans l’enceinte du parc depuis son ouverture il y a 58 ans) ; le TCL Chinese
Theatre (anciennement Grauman’s Chinese Theatre) à Hollywood, où s’est tenue la
première de MARY POPPINS en 1964 ; les studios Disney à Burbank (ouverts en
1939 et où le film de 1964 a entièrement été tourné) ; et le Big Sky Ranch de
plus de 4 000 hectares à Simi Valley (qui sert de décor aux flashbacks
australiens).
Le tournage a
duré neuf semaines et s’est achevé fin novembre 2012. Il a débuté en septembre
dans l’Arboretum d’Arcadie, un populaire jardin botanique de Los Angeles situé
à l’est de Pasadena, et a été divisé par John
Lee Hancock en trois actes de trois semaines : d’abord les séquences
de flashback de 1906 en Australie ; ensuite l’arrivée de P.L. Travers à Los Angeles, son pénible séjour
solitaire au Beverly Hills Hotel et son amitié naissante avec Ralph, son
chauffeur ; et enfin, sa rencontre avec Walt
Disney, et sa relation houleuse avec les frères Sherman et Don DaGradi dans la salle de répétition du
studio.
Si la véritable P.L.
Travers s’inquiétait de la vraisemblance de l’adaptation de ses romans par les studios Disney, pour DANS L’OMBRE
DE MARY : LA PROMESSE DE WALT DISNEY,
l’authenticité a été le maître mot du travail de toute l’équipe de production. C’est pourquoi tous les membres de l’équipe ont visité le Walt Disney Family Museum situé dans le Presidio de San Francisco. C’est là que le chef décorateur Michael Corenblith a
fait ses recherches afin de recréer avec précision le bureau de Walt Disney au sein du studio.
Alison Owen déclare : “Le musée rassemble un formidable héritage. Après nous y être
rendues pour la première fois, Kelly Marcel et moi n’en revenions pas qu’on
nous autorise à faire ce film sur cette véritable légende qu’était Walt Disney.
Aujourd’hui, je suis membre du Walt Disney Fan Club. Nous devons à cet homme la
création de deux industries : celle de l’animation et celle des parcs
d’attractions. Sa fille, Diane, s’est montrée très accueillante. Elle était
ravie que nous venions au musée pour en apprendre davantage sur Walt et lui
demander conseil, en particulier sur le bureau de son père.”
Tandis que le
chef décorateur Michael Corenblith entamait la construction du décor du bureau de Walt Disney,
l’équipe du film s’installait pour les trois premières semaines du tournage au
Big Sky Ranch, une propriété située à Simi Valley, à 65 kilomètres au
nord-ouest de Los Angeles.
Le département artistique de DANS L’OMBRE DE MARY :
LA PROMESSE DE WALT DISNEY a été invité à l’exposition
“Treasures of the Walt
Disney Archives” présentée lors de l’exposition D23 au Ronald Reagan
Presidential Library and Museum, où le mobilier était dévoilé.
L’équipe du film y a photographié et mesuré les objets décoratifs et
meubles originaux du bureau afin de les reproduire à l’identique.
Parmi eux figuraient le secrétaire de Walt Disney, ses tables basses
et ses étagères. Les archives Disney ont même fourni les
panneaux signalétiques d’époque du bâtiment d’animation du studio
Disney, que le département artistique a utilisés pour la
re-création des couloirs menant aux différents bureaux.
Michael
Corenblith, qui signe ici son troisième film avec John
Lee Hancock, a dû imaginer les décors des flashbacks qui retracent l’enfance de
P.L. Travers en Australie. Il confie : “Le
fait que le film raconte une histoire qui se déroule en Australie en 1906
parallèlement à une autre histoire qui se passe à Los Angeles en 1961, a
constitué l’un des plus grands plaisirs, mais également l’un des plus grands
défis de mon équipe. Ça a aussi été l’un des aspects les plus stimulants de ce
projet.”
John
Lee Hancock cherchait un vaste paysage vallonné et parsemé d’arbustes afin de
recréer l’outback australien d’il y a 100 ans.
Michael
Corenblith confie : “À l’occasion des sessions de casting
qu’ils ont menées en Australie, le réalisateur et la productrice Alison Owen se
sont rendus à Maryborough et Allora afin de voir où P.L. Travers avait grandi.
Ils ont même arpenté les rues où les Goff ont vécu.” Le chef
décorateur poursuit : “Nous avons eu beaucoup de chance car
P.L. Travers est tellement idolâtrée en Australie que sa maison a été conservée.
J’ai pu me faire une idée de ce à quoi ressemblaient les maisons d’Allora et
Maryborough. Nous nous sommes également procuré des photos de ces lieux de
sorte que nous avons pu reproduire fidèlement l’intérieur et l’extérieur de la
maison d’Allora.”
Sur la vaste propriété du
Big Sky Ranch, Michael Corenblith et sa
collaboratrice de longue date, l’ensemblière Susan Benjamin (THE
BLIND SIDE : L’ÉVEIL D’UN CHAMPION de John Lee Hancock et FROST/NIXON, L’HEURE
DE VÉRITÉ de Ron Howard) ont également recréé une fête foraine avec un manège
des années 20 loué à une entreprise locale spécialisée dans les accessoires de
films. Cet élément de décor revient de manière récurrente tout au long de
l’histoire qui se déroule en 1961, notamment lorsque Walt Disney emmène la
romancière à Disneyland et lui fait faire un tour de manège sur le célèbre
carrousel du Roi Arthur à Fantasyland. Après le tournage de quelques scènes
australiennes supplémentaires sur le backlot des studios Universal (sur Western
Street, tout près des décors de RETOUR VERS LE FUTUR de Robert Zemeckis, dont
les vieilles façades poussiéreuses représentent la banque où travaille Travers
Goff), John Lee Hancock a installé ses caméras à l’aéroport d’Ontario
dans le comté de San Bernadino, à 80 kilomètres à l’est de Los Angeles. Le
metteur en scène a utilisé l’un des aérogares non exploités de l’aéroport pour
recréer l’intérieur et l’extérieur de LAX en 1961, date du premier voyage de
P.L. Travers à Los Angeles. Une fois de plus, Michael
Corenblith et Susan Benjamin ont réussi
à transformer le lieu en installant la signalétique de plusieurs compagnies
aériennes aujourd’hui disparues (Pan Am, Eastern) pour transporter les
spectateurs un demi-siècle en arrière. Si l’équipe du film a un temps pensé à
mettre Pan American Airways en avant (la principale compagnie internationale
américaine entre 1927 et 1991), avec son élégant logo circulaire bleu et blanc,
la productrice Alison Owen a
insisté pour que le film souligne visuellement le choc des cultures entre les
États-Unis et le Royaume-Uni.
Elle explique : “Nous
avons fait en sorte que l’appareil dans lequel Pamela voyage soit anglais,
alors qu’il aurait été beaucoup plus économique et plus facile d’utiliser un
avion de la compagnie Pan Am. Mais ce que nous voulions, c’était illustrer le
choc culturel entre l’Angleterre et Hollywood.”
Au cours de cette seconde
partie du tournage, l’équipe devait également filmer durant une semaine les
scènes qui se déroulent au Beverly Hills Hotel où Walt
Disney avait installé son invitée pendant son séjour à Los Angeles.
Celui-ci étant indisponible, le régisseur d’extérieurs Andrew
Ullman s’est tourné vers un autre grand palace, le Langham, dont les suites
ont facilement servi de doublure à l’intérieur cossu du légendaire hôtel, avec
sa décoration rose et verte caractéristique. L’équipe a réservé une aile
entière du Langham afin d’y recréer l’historique Beverly Hills Hotel, situé à
quelque 30 kilomètres de là. En l’espace de trois jours, John
Lee Hancock et Emma Thompson y ont
tourné plusieurs scènes du film illustrant la mauvaise humeur de P.L.
Travers en raison de sa difficile collaboration avec Walt
Disney et son équipe créative. Ces séquences font à leur tour ressurgir les
souvenirs de son enfance 55 ans plus tôt, alors qu’elle n’arrive pas à trouver
le sommeil dans sa somptueuse suite.
À la fin de cette seconde
phase de tournage, l’équipe a posé ses caméras dans un autre haut lieu de la
ville : Hollywood Boulevard, où se pressent les touristes pour voir les étoiles
du Walk of Fame, ainsi que l’une des salles de cinéma les plus célèbres au
monde, le Grauman’s Chinese Theatre, véritable institution construite en 1927. Le
Grauman’s Chinese Theatre (aujourd’hui rebaptisé TCL Chinese Theatre), situé
sur Hollywood Boulevard, est l’une des principales attractions touristiques de
Los Angeles. Deux millions de fans s’y rendent tous les ans pour voir les
empreintes de pieds et de mains des plus grands acteurs et actrices
hollywoodiens. Qualifié de “plus célèbre cinéma au
monde”, le Grauman’s Chinese Theatre est quotidiennement visité par des
milliers de personnes intriguées par son architecture et ses panneaux de ciment
uniques où figurent les empreintes de stars telles que Mary Pickford, Elizabeth
Taylor, Gary Cooper et même Tom Hanks !
C’est là que,
le 27 août 1964, la première mondiale de MARY POPPINS
a eu lieu en fanfare. La tâche monumentale consistant à
recréer cette soirée historique et à redonner au cinéma son allure d’antan a
incombé au chef décorateur Michael Corenblith, tandis que le régisseur d’extérieurs Andrew Ullman s’est chargé de faire fermer
Hollywood Boulevard devant le Grauman’s Chinese Theatre pour le tournage de
cette scène un soir de la fin octobre.
Michael Corenblith déclare : “De manière générale, le Chinese Theatre n’a pas changé depuis 1964. Notre principale source d’inspiration pour cette
scène a été les photos des acteurs prises ce soir-là. Une fois de plus, grâce aux archives Disney, nous avons retrouvé les photos officielles de la soirée. Ainsi
nous avons pu remonter à la source et recréer à
l’identique la première en 1964. C’était vraiment fantastique.”
Il poursuit : “La
scène du tapis rouge, qu’il a également fallu que nous recréions depuis le
trottoir jusqu’à la porte du cinéma, est un moment très émouvant et important
pour Pamela dans le film. À l’époque, l’entrée du cinéma était surmontée d’un
auvent, éclairé par des lumières colorées et longé par des cerisiers en fleur.
Mais celui-ci n’existe plus. J’ai donc eu l’idée de reproduire cet effet en
installant des arbres sur lesquels nous avons placé des fleurs de cerisier. La
mise en scène de ce grand événement a été tout simplement magique. C’était
également formidable de partager ce moment avec Richard Sherman, qui était très
ému.”
Mais avant de tourner la séquence du tapis rouge devant le cinéma,
l’équipe a investi la salle de 1 200 places où John Lee Hancock a filmé le public, en tenue de soirée, en train de regarder des
extraits de MARY POPPINS (pour la plus grande joie de tous ceux qui étaient présents
ce jour-là). La scène principale montre surtout la réaction de P.L. Travers face à la version finale du film.
Le cœur
et l’âme des studios Disney
Avant de
s’installer aux studios de Santa Clarita, au nord-ouest de Los Angeles, où le
chef décorateur a bâti la réplique du bureau et de la collection de trophées de
Walt Disney (composée de
deux douzaines de véritables Oscars venus spécialement du Walt Disney World
Resort d’Orlando), ainsi que la salle de répétition, l’équipe a passé trois
jours début novembre à tourner en extérieur aux vrais studios Disney de
Burbank. On peut facilement imaginer ce qu’a ressenti Tom Hanks en foulant le sol de ces lieux
légendaires créés par son personnage plus de 70 ans auparavant. Une émotion
similaire a dû l’étreindre sur le lieu de tournage suivant : Disneyland à
Anaheim, une autre formidable réussite signée Walt
Disney.
Les 20 hectares
des studios de Burbank ont tout d’un royaume enchanté. Les rues portent le nom
des plus célèbres personnages Disney, les mélodies des frères Sherman sont
jouées dans le hall et les couloirs des bâtiments, et les Sept Nains, qui
ornent la façade du Team Disney-Michael Eisner Building, veillent sur les
studios, gardiens de pierre de cet empire du divertissement. Les studios Walt Disney
abritent également l’un des plus grands plateaux de tournage de Los Angeles :
le plateau n°2, d’une surface de près de 2 900 mètres carrés. Il a été
rebaptisé “plateau Julie Andrews” car c’est là que l’essentiel du tournage de
MARY POPPINS s’est déroulé. Tourner aux studios Disney, c’est un peu comme
remonter le temps.
Paul Giamatti explique : “Les studios sont une véritable capsule temporelle. Nous n’avons
presque rien eu à changer. C’était formidable. Les années 60 sont une époque
passionnante, et cela a été très amusant de les recréer. Les cravates slim, les
voitures et tous les accessoires d’époque s’intègrent parfaitement au décor.”
Le directeur de
la photographie John Schwartzman, qui a grandi à Los Angeles, s’est inspiré de l’ambiance des
studios Disney pour éclairer DANS L’OMBRE DE MARY : LA
PROMESSE DE WALT DISNEY. Il explique : “L’inspiration m’est venue en me promenant dans les allées des
studios, où j’avais déjà travaillé à plusieurs reprises. Le lieu n’a presque
pas changé depuis sa construction. Je me suis donc inspiré du bâtiment
Animation, ainsi que des premiers dessins animés Disney pour créer l’univers
visuel du film.”
À l’ère du
tout-numérique, John Schwartzman – qui retrouve ici John Lee Hancock près de 12 ans après s’être chargé des prises de vues et de
l’éclairage de son premier film, RÊVE DE CHAMPION en 2002 –, a choisi de
tourner DANS L’OMBRE DE MARY : LA PROMESSE DE WALT DISNEY
sur pellicule, exactement comme MARY POPPINS, il y a de
cela 50 ans. Il explique : “La pellicule possède une
élégance que le numérique atteindra sans doute un jour, mais ce n’est pas
encore tout à fait le cas. Et je suis ravi que nous ayons fait ce choix.”
Pour distinguer
les deux époques du film (les années 1900 en Australie, et les années 1960 à
Hollywood), John Schwartzman a créé deux univers uniques grâce à son travail à la caméra et sur
la lumière. Il commente : “Les scènes qui se déroulent
en Australie en 1906 ne sont pas très colorées car la famille Goff vit dans une
région désertique et reculée. Nous avons donc atténué les couleurs, qui
paraissent passées et poussiéreuses.” Il poursuit : “À l’inverse, dans le scénario, Kelly Marcel a décrit Hollywood
comme un lieu sentant la sueur et le chlore, et inondé de soleil. Nous nous
sommes donc efforcés de faire pénétrer autant de lumière que possible à travers
les fenêtres de tous les décors. P.L. Travers, qui arrive de Londres, est
habituée à la grisaille et aux nuages. Pour les scènes qui se déroulent dans
son appartement de Shawfield Street, nous nous sommes assurés de n’avoir aucune
lumière franche, ce qui correspond parfaitement à l’idée que l’on se fait de
l’Angleterre.”
Sur la manière
dont la luminosité de Los Angeles affecte son personnage, Emma Thompson déclare : “Tout ce soleil lui rappelle l’Australie et la lumière crue du
désert, et cela influe sur son état d’esprit.” Au début du mois de novembre, les membres de l’équipe du film ont passé
deux jours à Disneyland, à Anaheim. Outre le tournage sur Main Street et à
l’entrée du parc (qui devait commencer à 6 h 30 pour s’achever avant
l’ouverture du parc au public à 10 h 00), la production a fait fermer
Fantasyland le temps d’une après-midi afin d’y filmer les séquences clés qui se
déroulent au château de la Belle au Bois Dormant et sur le carrousel du Roi
Arthur où Walt Disney essaie de convaincre P.L. Travers “qu’un enfant sommeille en chacun de nous”.
Le réalisateur John Lee Hancock commente : “Nous avons eu la chance de pouvoir tourner à Disneyland. Dans le
scénario, Walt emmène P.L. y passer la journée, et nous avions vraiment envie
de tourner là-bas. Nous avons organisé le tournage avec une précision quasi
militaire, car nous sommes supposés être en 1961. Je crois que je me suis rendu
dans le parc une bonne vingtaine de fois pour faire des repérages et préparer
les prises de vues dans des lieux qui puissent donner l’impression qu’on est en
1961. Et Michael Corenblith, notre brillant chef décorateur, a fait un travail
fabuleux pour redonner à Disneyland son allure d’antan. Lorsqu’on tourne à
Disneyland, on réalise qu’on fait un métier de rêve.”
Michael Corenblith n’a pratiquement rien eu à
transformer ou à créer dans le parc. Il explique : “Disneyland n’a presque pas changé depuis son ouverture en 1955.
Walt Disney a créé des archétypes, notamment Main Street, qui fait renaître
l’atmosphère de la petite ville du Missouri où il a grandi. Très peu de choses
ont changé depuis. L’emblématique entrée du parc est exactement la même, à
l’exception des affiches pour les attractions, que nous avons ajoutées – il
s’agit de grandes affiches colorées faisant la promotion des manèges. Nous
avons d’ailleurs découvert qu’elles existaient déjà en 1955, car les gens ne
savaient pas à quoi s’attendre lorsque le parc a ouvert ses portes.”
Michael Corenblith et l’équipe du film ont également
découvert que DANS L’OMBRE DE MARY : LA
PROMESSE DE WALT DISNEY n’est que le troisième film à avoir
été tourné dans l’enceinte de Disneyland en 58 ans d’existence. Avant lui,
seule la comédie DES ENNUIS À LA PELLE (1962), le premier film de Norman Jewison,
et l’hommage à la pop des années 60 THAT THING YOU DO! (1996), le premier film
réalisé par Tom Hanks, y avaient été filmés. Si les décors enchanteurs de
Disneyland n’ont pas nécessité l’intervention de Michael Corenblith, ce dernier a néanmoins joué un rôle
majeur dans la reproduction des bureaux et de la salle de répétition des
studios Disney (aidé par sa collaboratrice de longue date, la directrice
artistique Lauren Polizzi).
Le talentueux
chef décorateur a pris beaucoup de plaisir à recréer le bureau de Walt Disney. Il confie : “Je travaille dans les studios Disney depuis LE CLOCHARD DE
BEVERLY HILLS de Paul Mazursky, il y a presque 30 ans. Je connais bien les
studios et leur architecture. Je suis en outre né dans les années 50 et j’ai
grandi devant “The Mickey Mouse Club” et “Le Monde
merveilleux de Disney”.”
Kelly Marcel, la coscénariste de DANS L’OMBRE DE MARY : LA PROMESSE DE WALT DISNEY,
le réalisateur John Lee Hancock, et les acteurs
Jason Schwartzman, B.J. Novak et Bradley Whitford se
sont rendus aux archives Disney début 2012, plusieurs mois
avant le tournage du film. En compagnie des
archivistes, ils ont évoqué la relation entre l’auteure de “Mary
Poppins”, P.L. Travers, et l’équipe Disney ; examiné des
photos de ceux qu’ils allaient incarner ; et regardé des
images du tournage de MARY POPPINS. Les archives Disney ont numérisé plus de 150
documents éphémères, parmi lesquels des guides souvenirs
de Disneyland, des cartes postales, des affiches, des
catalogues de produits dérivés, des bloc-notes et des invitations aux
premières, et les ont mis à disposition de l’équipe du film. 124 oeuvres créées entre 1961 et 1964, dont des
dessins de story-board, des illustrations
préparatoires, des études de décors, des croquis de costumes et des
publicités, ont été mises à disposition de l’équipe de DANS L’OMBRE DE MARY : LA PROMESSE DE WALT DISNEY.
Il poursuit : “Le
fait d’avoir grandi en voyant Walt Disney présenter ces émissions depuis son
bureau – bien que “Le Monde merveilleux de Disney” ait été en réalité tourné en
studio – m’a donc en quelque sorte familiarisé avec cet environnement dès le
plus jeune âge. Pouvoir imaginer et créer les bureaux de Walt Disney pour un
film de cette ampleur a été une expérience extraordinaire et une lourde
responsabilité.” Le chef décorateur ajoute : “Ce
film m’a donné l’opportunité incroyable de travailler dans trois styles
architecturaux très différents, en commençant par celui des années 30 avec le
bureau de Walt. Les studios Disney, le mobilier et les polices d’écriture ont
tous été imaginés par Kem Weber, qui est mon modèle. Je suis tombé sous le
charme de son style à mi-chemin entre Art déco et Art moderne.”
Michael
Corenblith, qui a recréé le Fort Alamo pour ALAMO de John Lee Hancock en 2004,
le Centre spatial de Houston pour APOLLO 13, le film de Ron Howard nommé à
l’Oscar du meilleur film 1996, et Chouville pour LE GRINCH, le film familial de
2000 également réalisé par Ron Howard, déclare : “Bien
que le film se déroule en 1961, nous nous sommes beaucoup inspirés de ce style,
en particulier pour l’aéroport de Los Angeles. À bien des égards, le temps n’a
pas de prise sur les bureaux de Disney. Ils étaient splendides à leur construction
en 1938 et le sont toujours autant aujourd’hui, car leur style est intemporel
et classique.”
Les archives Disney ont
fourni une aide précieuse au chef décorateur pour la recréation des décors du
film. Il commente : “Walt tenait absolument à ce que tout
soit archivé. Le bureau des archivistes se trouvait à deux pas de celui de
Walt. Cela m’a beaucoup facilité la tâche car ils ont absolument tout
photographié, jusqu’à l’emplacement précis de chaque élément du mobilier.
Toutes les pièces étaient photographiées sous tous les angles, puis les clichés
étaient archivés, un peu comme on photographie aujourd’hui une scène de crime.”
Costumes
et maquillages
Si Michael
Corenblith et l’ensemblière Susan Benjamin se sont
chargés “d’habiller” le somptueux bureau de Walt Disney avec des
reproductions exactes de ses meubles et des bibelots qu’il aimait tant, c’est
le chef costumier chevronné Daniel Orlandi qui a
quant à lui eu la responsabilité et le privilège de concevoir les costumes de
l’acteur Tom Hanks dans le
plus pur style de ceux portés par Walt Disney à
l’époque.
Il déclare : “Michael
et moi avons collaboré ensemble à de nombreuses reprises, notamment sur
plusieurs films mettant en scène des personnages réels. Nous sommes tous les
deux méticuleux dans nos recherches et partageons nos découvertes, notre savoir
et nos idées sur les personnages ainsi que notre vision de l’histoire avec le
réalisateur et le directeur de la photographie. Nous avons une excellente relation
de travail.”
À propos des costumes du
légendaire Walt Disney, le
chef costumier déclare : “Lorsqu’il apparaissait en public, Walt
Disney portait presque toujours un costume gris. Dans les années 60, il
s’agissait d’un costume en laine peau de requin, et dans les années 50, d’un
costume en tweed. Il a très rarement changé. Tous les historiens s’accordent à
dire qu’il venait travailler en costume tous les jours. C’est donc dans cette
tenue que Tom apparaît dans le film. Walt portait en outre très fréquemment une
cravate marquée d’un écusson Smoke Tree Ranch, une petite communauté aux
habitations très modestes qui existe toujours aujourd’hui à Palm Springs, et où
il possédait une maison. Nous tenions donc à ce que Tom la porte également.”
Richard
Sherman a joué un rôle important auprès de l’équipe créative pour les
aiguiller dans la création des costumes. Daniel Orlandi explique
: “Il nous a bien aidés à nous faire une idée de ce que Walt,
les frères Sherman et Don DaGradi portaient quotidiennement au travail. Dans le
film, Jason Schwartzman, qui incarne Richard Sherman, porte une veste rouge vif
qui ne plaît pas du tout à Pamela car la légende veut qu’elle ait banni la
couleur rouge du film.”
À ce sujet, John
Lee Hancock poursuit : “Sa requête la plus folle a été d’exiger
que la couleur rouge soit tout simplement éliminée du film. Dans notre film,
Walt lui demande pourquoi devant les frères Sherman et Don DaGradi, puis il
capitule, ce qui laisse les trois hommes bouche bée car ils ne l’ont jamais vu
céder devant une chose pareille.”
Il poursuit : “Je
pense que cela n’avait rien à voir avec la couleur rouge en tant que telle. Il
s’agissait simplement de l’une des exigences de P.L. et s’il n’avait pas cédé
sur un point aussi insignifiant que celui-ci, leurs affrontements auraient été
encore plus nombreux. Elle serait même sans doute rentrée à Londres. Face à
cette demande complètement absurde et insensée, il décide donc de capituler...
au moins temporairement.”
Daniel
Orlandi reprend : “Dans notre film, le rouge est absent de
la garde-robe d’Emma. Pourtant, lorsque M. Banks apparaît pour la première fois
dans MARY POPPINS, il est vêtu d’une veste de smoking en velours rouge... Nous
savons donc qui a eu le dernier mot !” La séquence
dans laquelle P.L. Travers exige que la couleur rouge soit éradiquée du film a été tournée
dans le dernier décor où se sont déroulées les prises de vues de DANS L’OMBRE DE MARY : LA PROMESSE DE WALT DISNEY : le studio de répétition où les frères Sherman et Don DaGradi présentent leurs story-boards et leurs
chansons à P.L. Travers afin de la convaincre de céder les droits de “Mary Poppins” à Walt Disney.
Lorsqu’à la
mi-novembre, l’équipe du film et les acteurs se sont installés dans ce studio
de répétition pour les deux dernières semaines du tournage, Richard Sherman était présent tous les jours sur le
plateau afin d’assurer l’authenticité des séquences et regarder les acteurs
rejouer les scènes qu’il avait lui-même vécues en 1961. Le compositeur déclare
: “Michael Corenblith a mêlé l’atmosphère de la salle
de répétition à celle de notre bureau, de sorte que John puisse raconter toute
l’histoire en un seul et même lieu. Et cela fonctionne très bien. Je me sentais
comme chez moi dans cette pièce.”
Avant d’entamer
le tournage, John Lee Hancock et Monica Zierhut, superviseuse musicale chez Disney, ont donné rendez-vous à
certains acteurs du film au légendaire Capitol Records Building, au croisement
d’Hollywood Boulevard et Vine Street, afin de préenregistrer certaines chansons
de MARY POPPINS composées par les frères Sherman. Après cette session, les acteurs n’ont plus eu qu’à faire du playback
dans les scènes où les frères Sherman et le scénariste Don DaGradi chantent pour P.L. Travers. Le groupe a passé l’après-midi dans l’un des studios de Capitol
Records à entonner des bribes des célèbres morceaux de MARY POPPINS que l’on
entend dans DANS L’OMBRE DE MARY : LA
PROMESSE DE WALT DISNEY : “Un morceau de sucre”, “Pour
nourrir les petits oiseaux”, “Deux pences” ou “Laissons-le s’envoler”,
l’inoubliable chanson finale du film de 1964.
À propos de la
réaction de son personnage, et de la sienne, en entendant “Laissons-le
s’envoler”, Emma Thompson déclare : “P.L. Travers est touchée
par cette chanson. Elle l’aime beaucoup car le seul reproche qu’elle avait fait
à propos du personnage de M. Banks était qu’il était trop méchant alors qu’elle
voulait qu’il incarne le père idéal, le père qu’elle n’avait pas eu, un père
qui en dépit de ses difficultés n’est jamais cruel. Lorsqu’il emmène ses
enfants faire voler le cerf-volant, c’est comme s’il l’emmenait elle aussi, et
c’est pourquoi elle est si touchée. C’est une chanson remarquable. Il s’agit
sans doute du morceau le plus attendrissant et le plus exaltant jamais écrit.
Je suis émue aux larmes à chaque fois que je l’entends.”
Après avoir
regardé Jason Schwartzman, B.J. Novak, Bradley
Whitford, Melanie Paxson (dans le rôle de Dolly, la joviale secrétaire de Walt Disney) et Emma Thompson faire plusieurs prises en dansant
et en chantant “Laissons-le s’envoler”, Richard
Sherman leur a fait part de formidables anecdotes sur les
chansons de MARY POPPINS, dont une particulièrement touchante sur “Pour nourrir
les petits oiseaux”.
Le compositeur
déclare : “Je tiens à dire que Jason
chante très bien “Pour nourrir les petits oiseaux”, une chanson que Walt aimait
particulièrement car elle résumait à elle seule le message de générosité du
film, l’idée que donner de l’amour n’exige pas grand-chose. Et c’est
précisément ce que Robert et moi voulions exprimer à travers ce morceau. Cela
ne coûte rien de donner des miettes de pain aux oiseaux. Walt avait été touché
par cette note spirituelle. De temps en temps, il nous demandait de lui
interpréter cette chanson. Il n’avait même pas à nous donner le titre. Il nous
faisait simplement venir dans son bureau et nous la lui jouions.”
À propos de Richard Sherman, Tom
Hanks déclare : “Richard est toujours aussi
enthousiaste lorsqu’il évoque la création de MARY POPPINS. C’est un homme
formidable avec lequel il est passionnant de discuter, un véritable puits de
connaissances. Il est le dépositaire d’anecdotes qu’il est le seul à connaître.”
Et John Lee Hancock d’ajouter : “Les chansons que Robert et lui ont écrites sont extraordinaires.
Le fait qu’on les fredonne encore aujourd’hui et qu’on les reconnaisse dès les
premiers accords témoigne du génie des frères Sherman.” À la fin du tournage, les 150 membres de l’équipe du film se sont rassemblés
dans le studio de répétition, tous encore imprégnés de la mélodie enjouée de
“Laissons-le s’envoler”.
C’est alors que
Richard Sherman s’est installé
au piano à l’insu de tous et s’est mis à jouer le morceau en demandant à tout
le monde de reprendre en choeur. Spontanément, des dizaines de personnes ont
sorti leur téléphone portable pour filmer la scène afin de conserver une trace
de cet instant merveilleux propre à l’univers de Mary Poppins.
Lorsque DANS L’OMBRE DE MARY : LA PROMESSE DE WALT DISNEY sortira le 5 mars prochain, le public découvrira non seulement la
lutte acharnée qui s’est livrée en coulisses pour l’adaptation de MARY POPPINS,
mais également tout le génie créatif de l’équipe qui donna vie à ce film culte,
de la plus acariâtre et difficile des romancières au plus optimiste et
visionnaire des entrepreneurs.