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mercredi 18 mars 2015

Back to the future


Thriller/Romance/Comédie/Un divertissement très sympathique

Réalisé par Glenn Ficarra & John Requa
Avec Will Smith, Margot Robbie, Rodrigo Santoro, Gerald McRaney, Adrian Martinez, B.D. Wong, Dominic Fumusa...

Long-métrage Américain
Titre original : Focus 
Durée : 1h45m
Année de production : 2015
Distributeur : Warner Bros. France

Date de sortie sur les écrans américains : 27 février 2015
Date de sortie sur nos écrans : 25 mars 2015


Résumé : Will Smith campe Nicky, passé maître dans l'art de l'escroquerie, qui s'éprend de Jess (Margot Robbie), encore débutante en matière d'arnaque. Alors qu'il lui apprend les ficelles du métier et que la jeune femme se rapproche dangereusement de lui, il rompt brutalement avec elle. Trois ans plus tard, la novice est devenue une redoutable femme fatale. Tandis qu'elle débarque en plein Grand Prix automobile de Buenos Aires, elle menace de faire capoter le plan à haut risque de Nicky, pourtant savamment élaboré.
Pour la première fois de sa carrière, le maître des escrocs est désarçonné… 

Bande annonce (VOSTFR)


Ce que j'en ai pensé : DIVERSION est un film de studio dans lequel tout est beau (vous noterez l'utilisation des couleurs chaudes qui produisent une sensation de confiance, tout est fait pour nous mettre à l'aise) et les personnages ne vivent pas la même vie que les gens normaux. Bref, il vend du rêve et atteint son but. On sait dès le début qu'on va se faire mener par le bout du nez, mais c'est pour ça qu'on va voir ce long-métrage après tout. Le film est agréable à regarder. La réalisation de Glenn Ficarra & John Requa est fluide et nous permet de tout comprendre, même a posteriori. Le thème (escroqueries et arnaques en tout genre - ce qui sert au passage de rappel sur comment les voir venir et si possible les éviter) est bien exploité au travers une intrigue qui réserve plus de surprises qu'on ne se l'imagine au départ.
Le très bon point du film est le couple star. Will Smith interprète Nicky. Il est charmant et charmeur. C'est un rôle plus mûr qui lui va à merveille.



Margot Robbie qui interprète Jess ne se contente pas de jouer sur sa plastique. Elle est attachante, naturelle et amusante.



Ils forment un duo mignon et surtout complice, ce qui est essentiel pour que l'histoire fonctionne.






Ajoutez à cela des seconds rôles qui réussissent à imposer leur style en quelques minutes, plus une chouette bande originale qui colle parfaitement au rythme du film et vous obtenez un divertissement vraiment sympathique.




J'ai bien aimé DIVERSION et je vous le conseille pour un bon moment de détente.


NOTES DE PRODUCTION 
(A ne lire qu'après avoir vu le film pour éviter les spoilers !)
“Il faut savoir distraire son adversaire. Il faut savoir se concentrer. Le cerveau est lent et ne peut pas analyser plusieurs choses à la fois. Détourne son attention et profites-en pour te servir au passage".
Ne tombe jamais le masque. S'il le faut, emporte ton secret dans ta tombe. —Nicky 
Charmeur professionnel au sourire redoutable, Nicky Spurgeon est un type extrêmement doué qui cache très bien son jeu. Et mieux vaut ne pas le lâcher des yeux ne serait-ce qu'une seconde car il risque de profiter du moindre moment d'inattention de votre part… Débarque alors Jess Barrett, sublime jeune femme à la chevelure blonde et au déhanché hypnotique, qui souhaite maîtriser l'"art" de l'escroquerie. Certes, elle a tout ce qu'il faut pour réussir dans le métier, mais elle est encore novice. Elle a simplement besoin d'être initiée … 

Will Smith et Margot Robbie partagent l'affiche de DIVERSION, film de braquage particulièrement malin, où les enjeux ne cessent de prendre de l'ampleur. Grâce aux stratagèmes ingénieux de Nicky, nos deux héros sillonnent les rues enneigées de New York, puis mettent le cap sur la Nouvelle-Orléans, noyée sous le soleil, et sur Buenos Aires, l'une des plus belles villes d'Amérique latine. Et entre le match de football le plus attendu de l'année et une course de voitures de sport, les personnages s'apprêtent à s'embarquer dans une aventure musclée, riche en émotions fortes ! 

"J'avais adoré CRAZY, STUPID, LOVE", signale Smith, "et du coup, quand j'ai appris que John et Glenn préparaient un nouveau projet, j'ai eu très envie d'y participer. En lisant le scénario, je me suis dit que c'était un mélange formidable d'humour, d'émotion, de psychologie et de suspense. Pour un comédien, il s'agissait de déployer une riche palette d'émotions, et c'est ce qui m'a intéressé". Glenn Ficarra et John Requa, à la fois scénaristes et réalisateurs, se sont d'abord posés la question suivante : "Dans un monde où la confiance est devenue une monnaie d'échange, et où l'amour exige qu'on se fasse confiance, comment deux êtres peuvent-ils encore s'éprendre l'un de l'autre ?" "J'ai attaqué le scénario par cette relation entre les deux protagonistes", souligne Ficarra. "Voilà deux personnages qui travaillent ensemble et qui tombent amoureux l'un de l'autre. Logiquement, on devrait s'attendre à ce qu'ils lâchent prise, mais cela ne correspond aucunement à leur personnalité". "Un escroc se sert de ses atouts pour manipuler les autres, gagner leur confiance, alors que sa nature profonde le pousse à ne pas faire confiance", renchérit Requa. "On s'est dit que ce serait intéressant de voir comment deux personnages – deux arnaqueurs – réussissent, ou pas, à transgresser ces grands principes de leur 'profession' qui, en quelque sorte, se neutralisent mutuellement". 

Denise Di Novi, productrice du film, avait collaboré avec les deux cinéastes pour CRAZY, STUPID, LOVE. "J'ai beau savoir qu'ils sont très doués - lorsque j'ai lu la première version de DIVERSION, j'ai été époustouflée par l'intelligence, la sensibilité et l'élégance du scénario, et par la manière dont les différents éléments de l'intrigue s'assemblent, comme les pièces d'un puzzle", dit-elle. "J'ai immédiatement été intéressée par le script", reconnaît Margot Robbie. "C'était drôle, truffé de rebondissements, et émouvant, et l'intrigue était à la fois complexe et captivante. C'est un scénario d'une grande richesse dramaturgique, tant sur le plan de l'action que de l'évolution psychologique des personnages. J'ai trouvé que c'était formidable de voir ces deux personnages s'éprendre l'un de l'autre dans un univers où l'amour n'a pas sa place, et où la confiance n'est qu'un outil destiné à manipuler et à voler autrui". Ficarra explique que l'élaboration d'une histoire aussi complexe, où les rapports humains sont aussi déterminants que les rouages de l'intrigue, était un véritable exercice d'équilibriste : "Quand on raconte une savante escroquerie, il ne faut pas que le spectateur en sache trop, mais dans le même temps, dès qu'il s'agit d'une histoire d'amour, il est essentiel de révéler les motivations des personnages. Autant dire que c'est une équation très compliquée. On ne peut pas sacrifier l'intrigue pour privilégier la dimension sentimentale, mais on a aussi besoin de cette dimension-là pour faire avancer l'histoire". Après avoir réuni le casting, Requa s'est rendu compte que toutes les inquiétudes que son partenaire et lui avaient pu éprouver étaient désormais infondées. "Will, Margot et l'ensemble des acteurs se sont investis à fond dans leurs rôles", dit-il. "Ils nous ont vraiment permis de déjouer tous les pièges de l'intrigue". 
Ça fait très longtemps que je suis dans le métier. Et j'ai obtenu tout ce que je voulais. Jusqu'à ce que cette fille débarque. —Nicky 
Très doué dans son domaine, Nicky a grandi dans un monde d'escrocs. S'il s'est éloigné de ses proches, il perpétue pourtant la tradition familiale, qu'il s'agisse de pratiquer un simple vol à la tire ou d'élaborer une arnaque particulièrement complexe. "Nicky est l'un des types les plus malins, et les plus retors, qui soient", affirme Will Smith. "Il connaît le fonctionnement de la nature humaine, et je peux vous dire que rares sont ceux qui possèdent son regard et sa finesse d'analyse. Mais il a beaucoup souffert quand il était petit, et il n'a pas encore appris à utiliser ses facultés dans un but positif". 

Comme le note Ficarra, "dès qu'on a réfléchi au rôle de Nicky, on s'est dit que ce serait formidable que Will Smith – réputé pour sa gentillesse et son charme – campe cet homme particulièrement séduisant qui, en réalité, passe son temps à feindre. Car son visage détendu et affable dissimule un esprit calculateur. On avait vraiment envie que Will s'attaque à ce rôle-là". "Will est un formidable acteur, et il a de grands talents d'impro, surtout quand il s'agit d'improviser de subtiles émotions qui permettent de guider les autres acteurs", indique Requa. "Il est d'une grande générosité, et il fait en sorte de donner à ses partenaires ce dont ils ont besoin pour leur jeu. Au fond, il savait déjà comment fonctionne un arnaqueur professionnel". 

Smith affiche un large sourire : "Glenn et John me font penser à deux parents affectueux qui, autrefois, possédaient un casino et un club de strip-tease", note-t-il. "Ils veulent toujours s'assurer que leurs enfants sont en forme, ils bossent dur pour faire tourner l'entreprise familiale et ils tiennent à ce que leur progéniture soit suffisamment accro pour réussir au mieux dans leur vie". Et même si Nicky est, de toute évidence, le meilleur de sa profession, "il n'a jamais développé les qualités humaines – la compassion et l'amour – que la plupart d'entre nous possédons", poursuit Requa. "Il a sublimé ses émotions et ses sentiments pour autrui dans un but professionnel, et il s'en sort très bien sur un plan matériel". 

Denise Di Novi ajoute : "Je trouve que Nicky est un personnage fascinant. Il est brillant, vif et observateur – autant de qualités susceptibles de le faire réussir dans presque tous les domaines. Pour autant, il a subi des coups durs dans son enfance et, par conséquent, il est devenu escroc – mais c'est un grand pro dans sa profession !" Nicky est passé maître dans l'art de discerner la faiblesse chez autrui. Enfin, jusqu'à ce qu'il se heurte à sa propre faiblesse : Jess. Après avoir fait sa connaissance à New York, il la recrute dans son équipe de la Nouvelle-Orléans, où l'alcool coule à flots, les badauds 5 sont nombreux, et où l'argent liquide, les montres, les bijoux, et les gadgets électroniques sont autant de proies faciles pour tous ceux qui ont appris à exploiter les points faibles de leurs prochains… 

Cherchant à séduire, Jess apprend vite et accomplit ses forfaits comme une pro du métier. Margot Robbie souligne que son rôle lui a beaucoup plu : "Jess est un personnage en or. Elle a une formidable évolution dans le film : au début, c'est une jeune fille inexpérimentée, pareille à un dimant brut, et elle est de plus en plus aguerrie vers la fin. C'était un vrai bonheur à jouer". 

Denise Di Novi précise que l'alchimie entre Margot Robbie et Will Smith s'est rapidement mise en place : "J'ai produit pas mal de films qui reposent sur la complicité entre les deux acteurs principaux, et les premiers jours de tournage sont toujours un peu stressants. Will est un type débordant d'énergie, et lorsque Margot a fait son apparition, la connivence entre eux a été immédiate et ils se sont mis en valeur l'un l'autre. Elle s'est montrée intrépide et a fait preuve d'assurance, sans être intimidée, et quand on connaît Will, on sait que c'est le genre d'attitude qui lui plaît". "Je pense que Will et moi avions l'énergie qui correspondait à nos personnages d'entrée de jeu", remarque Margot Robbie. "On s'est tout de suite bien entendus, et du coup, on était détendus, on a rigolé et on a improvisé ! On est devenus amis immédiatement". La comédienne sait gré à son partenaire de s'être montré d'une grande générosité. "Will est formidable. Il est drôle, il est souple, il est adorable et il émane de sa personne quelque chose de positif. On en oublie qu'il a une carrière incroyable et qu'il est adulé par autant de fans – jusqu'à ce qu'on arrive en Argentine et que des milliers de gens s'attroupent devant sa caravane le premier jour du tournage !" 

"Margot est fantastique", renchérit Smith. "Elle me fait penser au Lapin Duracell ! Je me suis toujours targué d'être celui qui a le plus d'énergie sur un plateau : ce qui me plaît, c'est de travailler dans une ambiance détendue et souriante. Et en une vingtaine d'années de carrière, Margot est la première personne qui me dépasse en matière de dynamisme et d'esprit joyeux sur un tournage !" Pour Requa, Margot Robbie est "une force de la nature". Il ajoute : "Elle nous a tout de suite séduits. Elle est intelligente et déterminée, et c'étaient là deux qualités qui correspondaient bien à son personnage. Dès qu'on l'a rencontrée, elle s'est révélée lumineuse. Elle a gardé ce naturel jusqu'au bout". 

Lorsque les deux protagonistes font connaissance, Nicky pense avoir dragué une jolie femme dans un bar, tandis qu'elle s'est choisie la pire cible qui soit. Rapidement, Jess se prend d'admiration pour le talent de Nicky et tient à s'initier aux ficelles du métier à son contact. Bien qu'il accepte de la coacher, il envie à la jeune femme sa capacité à exprimer ses émotions – ce qui a tendance à l'effrayer. Et si, grâce à sa profession, il a l'habitude de fréquenter des lieux grouillant de monde, il préfère garder ses distances et ne pas s'investir affectivement avec qui que ce soit. Ses seuls amis sont ses complices, et inversement. Pour faire tourner cette machine bien rodée qu'il pilote, Nick s'est entouré d'une bande hétéroclite de personnages aux compétences bien spécifiques, et qui gagnent sans doute mieux leur vie que s'ils respectaient la loi. Le personnage le plus inattendu est assurément Farhad, campé par Adrian Martinez. 

Ce dernier, qui a été séduit par les subtilités du rôle, précise : "Il me fait penser à un éléphant dans un magasin de porcelaine. Il n'en a pas l'air, mais c'est le petit génie en informatique de la bande, et c'est un vrai malin". Ficarra s'est montré impressionné par la créativité du comédien : "Je pensais qu'on avait écrit un personnage très drôle, mais Adrian en a fait un être humain à part entière. Il s'est approprié le rôle, en le jouant d'une manière étonnante". "Pour moi, ce film parle de ce qui est explicite, mais aussi des choses sousentendues", reprend Martinez. "Je pense qu'un événement en cache souvent un autre. Il suffit de se souvenir de toutes les fois où l'on pense à quelque chose tout en faisant autre chose. Sur quoi concentre-t-on vraiment son attention ? Et sur quoi devrait-elle se concentrer ? Et justement, nos personnages se servent de cela pour gagner des millions de dollars !" Farhad est sans doute la personne la plus proche de Nicky. Il est évident qu'ils sévissent ensemble depuis longtemps, et Smith, comme le souligne Martinez, a fait en sorte que leur relation soit naturelle. "Il est d'une générosité extraordinaire", dit-il. "Il m'a laissé improviser, et faire mes blagues. Il m'a tout simplement permis d'être la star dans ces moments-là, et c'est comme ça qu'il fonctionne avec tout le monde". 

Après s'être séparé d'elle à la Nouvelle-Orléans, Nicky, sidéré, retrouve Jess à Buenos Aires : il se rend non seulement compte qu'il ne l'a pas oubliée, mais qu'elle a su tourner la page et gagner en assurance. Pire encore, elle sort désormais avec celui-là même qui se trouve dans le collimateur de Nicky : le milliardaire espagnol Rafael Garríga, propriétaire d'une écurie de voitures de course. Les réalisateurs ont confié le rôle à Rodrigo Santoro, avec qui ils avaient déjà travaillé. "Rodrigo a su camper Rafael d'une manière très intéressante", affirme Requa. "Plutôt que d'en faire un simple Latino macho et arrogant, il lui a donné un côté irascible qui, à mon avis, enrichit sa personnalité". "Garríga est un personnage très amusant", déclare Santoro. "C'est un milliardaire européen qui possède une écurie automobile, car c'est vraiment sa passion. Il adore cet univers, mais c'est aussi un homme d'affaires qui cherche à s'assurer qu'il ne remportera pas seulement la course, mais aussi le championnat. Et s'il a embauché Nicky, c'est pour lui permettre d'atteindre son objectif, même s'il doit enfreindre un peu la loi. Pour lui, il s'agit d'une stratégie globale destinée à gagner la partie, et il est vraiment accro à l'adrénaline qui accompagne toute victoire". 

Alors qu'il se documentait sur le personnage, Santoro est monté à bord d'une voiture de course à deux places, lancée à plus de 250 km/h. Cette expérience l'a sensibilisé aux sensations fortes propres à ce sport. "C'est un milieu fascinant", dit-il. "C'est une discipline qui se joue à un dixième de seconde près, et les gens sont prêts à dépenser des millions de dollars pour obtenir l'avantage…" Conscient qu'il brasse énormément d'argent pour se garantir la victoire, Garríga fait non seulement appel à un roi de l'escroquerie pour lui permettre d'obtenir un avantage sur ses concurrents, mais prend, bien entendu, toutes les précautions nécessaires pour ne pas le perdre de vue. Owens, chef de la sécurité du milliardaire, se voit confier la tâche ingrate d'avoir toujours un coup d'avance sur notre arnaqueur préféré. 

Gerald McRaney, qui campe Owens, signale : "Son boulot consiste à être méfiant. Et dès qu'il rencontre Nicky, il conseille à son patron de ne pas l'embaucher, car c'est un voyou. Bien entendu, Garríga refuse de l'écouter parce que les enjeux sont trop importants pour se passer de ses services". "Cela fait très longtemps qu'on avait envie de travailler avec Gerald", reconnaît Ficarra. "On espérait que l'occasion se présenterait, et on a vite vu que le rôle d'Owens lui allait comme un gant". Le comédien a été immédiatement séduit par DIVERSION : "Ce qui m'a surtout plu dans le scénario, c'est la langue", dit-il. "C'est un script intelligent, drôle et élégant, et les dialogues sont fluides et bien rythmés. C'est un film qui regorge de voitures de course et de scène de fusillades, mais qui ne se repose pas sur les exploits automobiles ou la violence des armes à feu pour séduire". 

Les réalisateurs ont encore fait appel à BD Wong dans le rôle de Liyuan, homme d'affaires qui aime les paris; Brennan Brown dans celui de Horst, bras droit de Nicky, et Robert Taylor dans celui de McEwen, cible de Garríga et de Nicky sur le circuit. Mais aucune histoire se déroulant dans le milieu des courses automobiles ne serait digne de ce nom sans la présence – visuelle et sonore – de voitures lancées à toute allure sur le circuit. C'est ainsi que l'ancien pilote Bryan Herta (de Bryan Herta Autosport) et le débutant Carlos Muñoz, qui a fini deuxième lors de sa première course à l'Indianapolis 500, ont piloté les véhicules du film. Pourtant, c'est sans doute le légendaire "Gentleman cambrioleur", recruté pour initier les comédiens à l'art du vol, qui a le plus contribué à donner au film son réalisme. 
C'est presque scientifique de faire en sorte que les gens vous fassent confiance. —Nicky 
Pour que le spectateur ne perde rien des gestes habiles de Nicky et de ses acolytes, il était essentiel que le moindre de ses mouvements, aussi subtil soit-il, soit exécuté à la perfection. "C'est très difficile de filmer quelqu'un qui pratique le vol à la tire", analyse Requa. "Cela fait des siècles que les pickpockets ont mis au point des stratégies pour qu'on ne les voie pas à l'œuvre". 

Afin de bien filmer les voleurs dans le feu de l'action, Ficarra explique qu'il a utilisé des angles de prise de vue très spécifiques, ou qu'il eu recours au ralenti, ou encore que, "à plusieurs reprises, nous avons ouvert l'espace de la scène pour qu'on distingue nettement ce qui est en train de se passer, alors qu'en général, il s'agit de détails qui seraient dissimulés". Pour entraîner les acteurs, la production a fait appel à l'expert mondial Apollo Robbins, surnommé le "Gentleman cambrioleur", chargé de concevoir et d'exécuter des tours de prestidigitation et d'initier les comédiens à son art.

"Alors qu'on se documentait sur cet univers", se rappelle Requa, "son nom revenait constamment comme l'un des plus grands magiciens et rois de l'arnaque". "Il nous a non seulement appris certains tours, mais il nous a expliqué comment survivre dans un monde où l'on ne peut faire confiance à personne", reprend Ficarra. 9 "J'ai passé ma vie à étudier le fonctionnement des supercheries et le comportement humain d'une manière peu orthodoxe… puisque je l'ai fait en volant des gens", reconnaît Robbins. "Plutôt que de détourner l'attention de vos proies, mieux vaut leur occuper l'esprit. Ce sont leurs rêves, leurs désirs et leurs angoisses qui gouvernent leur attention. Les gens voient souvent ce qu'ils ont envie de voir, plutôt que ce qui est devant eux. Du coup, pour contrôler leur attention, il faut contrôler leur perception de la réalité". 

Robbins a entraîné Smith pendant plusieurs jours. "J'ai passé quatre ou cinq jours avec Will à Las Vegas", se remémore Robbins. "Il voulait d'abord entrer dans la peau d'un arnaqueur, et voir le monde à travers ses yeux. Il voulait comprendre comment ce type d'individu réfléchit, agit et influe sur son entourage. J'en ai profité pour réunir quelques personnes qui ont fréquenté l'univers de Nicky, afin que Will puisse leur poser des questions en direct". "C'était intéressant de travailler avec Apollo", constate Smith. "Apollo me fait surtout penser à un psychologue. La plupart du temps, on a discuté du fonctionnement du cerveau humain et de la capacité de concentration de l'individu. J'ai été étonné de constater qu'on consacrait finalement peu de temps au vol en tant que tel dans l'élaboration de ce prince des voleurs". 

Robbins et son épouse, Ava Do, ont cofondé Whizmob, société qui utilise l'expertise d'anciens arnaqueurs, voleurs et hackers dans le but de décrypter le comportement humain. Ils collaborent avec des chercheurs en neurosciences pour étudier les points aveugles du cerveau humain. "Étant donné qu'on ne peut pas se concentrer sur plus d'un objet à la fois, notre cerveau crée des raccourcis dans un souci d'efficacité", dit-il. "Malheureusement, ces raccourcis confèrent à nos décisions un fonctionnement mécanique, tout en nous donnant l'illusion que nous sommes capables de nous atteler à plusieurs tâches à la fois. C'est comme des enfants qui jouent au football : les gamins se mettent à courir après le ballon, jusqu'à ce qu'un nouveau ballon arrive dans leur champ de vision, puis un autre etc. Ils sont tellement occupés à courir après chaque ballon qu'ils ne s'arrêtent jamais pour se demander qui, à chaque fois, en introduit un nouveau sur le terrain. Le personnage de Will Smith exploite ce genre de vulnérabilité propre à l'être humain". 

Il a initié les comédiens aux différentes techniques dont ils allaient avoir besoin pour réussir chaque tour, à commencer par l'"extraction" qui revient à dérober un objet dans une poche. Pour décrire le rôle de chacun dans la machination, il compare le groupe à une équipe sportive. "Comme en sport, il y a différentes positions tactiques pour mettre en place une arnaque : celui qui a les bons tuyaux, celui qui mène la danse, celui qui est dans l'ombre et celui qui est sur la ligne d'arrivée. Certains maîtrisent parfaitement toutes ces positions et peuvent fonctionner seuls – on les appelle les 'Canons'. Nicky est de ceux-là", explique-t-il. "Parfois, les Canons se rencontrent et créent une sorte d'équipe de rêve, baptisée les 'petits génies'. Comme dans le film, les petits génies se retrouvent dans une petite ville deux ou trois semaines avant un important événement sportif. Ils mettent leurs compétences en commun – comme le vol à la tire, la manipulation de cartes, et le piratage informatique – pour piéger de malheureux touristes avant même qu'ils ne s'en rendent compte".

C'est sans doute avec Margot Robbie, qui avait souvent entendu parler du gentleman cambrioleur pendant ses recherches, que Robbins a travaillé le plus vite : "Je m'étais dit que ce serait formidable de pouvoir le rencontrer ou m'entretenir avec lui", ditelle. "Et il se trouve que la production l'a fait venir sur le plateau pour nous apprendre les différentes techniques d'arnaque". "On a travaillé ensemble pendant une vingtaine d'heures", souligne Robbins, "et Margot s'est montrée non seulement compétente, mais d'une grande ténacité. Elle m'a fait penser à un bouledogue, souhaitant s'assurer qu'elle s'y prend bien, et me demandant comment faire pour améliorer les choses. Elle s'en est remarquablement tirée, et a su gérer toute la partie technique en donnant l'impression que c'était inné chez elle… et parfois, elle devait faire tout ça dans une robe moulante, en talons hauts et sur des pavés !" 

"Margot était tellement douée qu'on a même dû la freiner", s'enthousiasme Ficarra. "On regardait constamment les images qu'on avait tournées, en se demandant, 'Elle a vraiment fait ça ? Et est-ce qu'on a eu l'occasion de tourner la scène ?'" "Je pense que le public va découvrir des images totalement inédites grâce à Apollo", indique Denise Di Novi. "On a eu une chance folle qu'il accepte de partager avec nous ses techniques ultraconfidentielles". 
Je sais que tu prépares un gros coup… Je veux en être. —Jess 
DIVERSION se déroule dans trois villes différentes : New York, la Nouvelle-Orléans et Buenos Aires. Par chance, la production a pu tourner en décors naturels, à commencer par la métropole de Louisiane. "On a tourné notre premier film à la Nouvelle-Orléans", souligne Requa, "mais elle servait à camper d'autres villes. On tenait absolument à revenir à la Nouvelle-Orléans pour y situer l'action d'un nouveau film, car c'est un lieu magnifique, où la culture et l'architecture sont extraordinaires. On avait envie de la mettre en valeur". 

"Les décors du film font partie intégrante de l'histoire", précise Denise Di Novi. "La Nouvelle-Orléans est une ville sublime et romantique, où l'excentricité a toujours été bienvenue. Autant dire que c'était le cadre idéal pour un film comme le nôtre". Les scènes tournées à la Nouvelle-Orléans ont été spécialement conçues pour mettre en valeur les quartiers favoris de la production, et notamment le Vieux Carré, et la chef-décoratrice Beth Mickle était ravie d'avoir un tel environnement à partir duquel travailler. "C'est une ville qui a du cachet, et une âme", dit-elle. "Elle est d'une grande authenticité. C'était un bonheur de ne pas devoir camoufler son architecture, mais au contraire de la mettre en valeur". 

Pour une séquence se déroulant dans Bourbon Street, Beth Mickle et son équipe ont eu recours à "énormément d'enseignes lumineuses, de perles de carnaval et de drapeaux de toutes les couleurs". L'une des tâches les plus ambitieuses de la chef-décoratrice a consisté à reconstituer l'environnement d'un championnat de football se déroulant dans une petite ville – raison même pour laquelle Nicky et ses complices se trouvent sur place. "On a dû mettre en scène un faux match auquel assistent Nicky et Jess, et le phénomène de ola de la foule qui l'accompagne", souligne-t-elle. Si la production a pu tourner dans un véritable stade, elle a néanmoins dû créer ses propres club et équipe, sans oublier la signalétique, les produits dérivés, etc., bref tout ce à quoi un supporter est en droit de s'attendre dans ce genre d'occasion. Des panneaux publicitaires préexistants, situés autour du stade, ont également été modifiés par infographie au moment de la postproduction. C'est ainsi que l'American Football Franchise of America (AFFA) et ses deux équipes phares – les Rhinos et les Threshers – sont nées. Elles s'affrontent sous les yeux de Nicky et de Jess, assis dans une tribune VIP construite sur un plateau voisin – ancien siège de l'usine de la NASA qui fabriquait le Challenger – pour mieux répondre aux contraintes d'un tournage. 

Contre toute attente, c'est la conception des logos des équipes qui a posé le plus de difficultés à Beth Mickle. "J'ai montré à John et Glenn des logos de football", dit-elle. "Et il a fallu aux dessinateurs plusieurs semaines de travail pour arriver à un résultat satisfaisant". La chef-décoratrice souligne qu'elle a bénéficié des excellents conseils du consultant, et ancien joueur, Pat O'Hara : "Pour les logos, il m'a recommandé de commencer par le casque, car dès l'instant où le rendu est satisfaisant sur un casque, il le sera aussi sur des T-shirts, des banderoles et partout autour du terrain". La chef-costumière Dayna Pink a ensuite intégré les logos aux costumes des figurants, ainsi qu'aux uniformes des joueurs. O'Hara, qui a passé l'essentiel de sa vie sur un terrain de football, déclare : "La production a fait un boulot formidable : on aurait dit un véritable match de championnat, et c'était extraordinaire pour les joueurs puisqu'ils ont pu travailler dans un décor parfaitement réaliste". Le consultant s'est aussi vu confier la mission de réunir les hommes composant les deux équipes s'affrontant sur le terrain. 

"Chacun d'entre eux a une véritable expérience professionnelle et a disputé des matchs au plus haut niveau", dit-il. "C'était une vraie occasion pour eux d'enfiler leurs protections à nouveau et de montrer de quoi ils étaient capables. Ils savent parfaitement comment des joueurs de foot sont censés se positionner, et c'était essentiel pour obtenir le plus grand réalisme possible". Les matchs filmés par la production étaient spécifiques à l'intrigue, si bien que O'Hara a fourni aux réalisateurs plusieurs options pour les 4 matchs qui se déroulent sur le terrain. Si la course automobile est censée avoir lieu à Buenos Aires, une partie de la séquence a été tournée au NOLA Motorsports Park d'Avondale, à une vingtaine de minutes en voiture de la Nouvelle-Orléans. Beth Mickle s'en explique : "Le célèbre Autodromo de Buenos Aires n'est pas en très bon état. Il était magnifique dans les années 50, mais aucune course n'y a été organisée depuis 2009". Les voitures de course qu'on voit à l'écran font partie des écuries Bryan Herta Autosport et Andretti Autosport. On aperçoit aussi la voiture Midas de Rahal Letterman Lanigan Racing, dont David Letterman est en partie propriétaire. Par chance, la production a pu tourner d'autres scènes à Buenos Aires, où les deux réalisateurs souhaitaient travailler depuis longtemps. 

"On n'y était encore jamais allés, mais on en avait entendu dire beaucoup de bien, et quand on s'est rendu sur place pour les repérages, on s'est rendu compte qu'il s'agissait sans doute de la ville la plus photogénique au monde", s'enthousiasme Requa. "C'est une ville sublime et on a eu beaucoup de chance de pouvoir y tourner". Ficarra acquiesce : "Il nous fallait un site romantique, mais sans excès. L'Argentine possède une richesse et une diversité culturelles extraordinaires, ainsi qu'une histoire et une architecture sans pareil. C'est une ville magnifique qu'on n'a pas beaucoup vue à l'écran car très peu d'équipes viennent y tourner". 

La production a ainsi tourné au Circulo Militar, qui surplombe la place San Martin – là même où a lieu le Grand Prix et où Nicky retrouve Jess après l'avoir quittée trois ans plus tôt. "Pas mal d'éléments militaient en faveur du Circulo Militar", affirme Beth Mickle. "Tout d'abord, les responsables du lieu se sont montrés très disponibles et emballés à l'idée de nous y accueillir. Et puis, c'est un endroit très accessible et tout simplement sublime". La chef-décoratrice a dû faire en sorte que le Circulo Militar ne jure pas avec le Park Hyatt Hotel (anciennement Palacio Duhau), qui campe l'hôtel où descend Nicky. 

"Les styles architecturaux se mariaient très bien, mais Glenn et John avaient un impératif : il fallait que le lieu ait l'air moderne", souligne-t-elle. "Ce sont sans doute les réalisateurs les plus attachés à l'esthétique de l'image avec qui j'ai travaillé. Ils sont très sensibles au style architectural, et ils souhaitaient que je trouve un moyen de moderniser le bâtiment, afin de mettre en exergue la ville de Buenos Aires qui réunit si bien l'ancien et le contemporain. Je me doutais que ce ne serait pas une mince affaire, mais c'est aussi ce qui rend ce boulot aussi intéressant". Par ailleurs, Beth Mickle a pris beaucoup de plaisir à introduire de la couleur dans chaque décor, et plus encore à Buenos Aires. 

"Il fallait que la palette chromatique évoque un environnement ludique et féerique", reprend-elle. Elle a adoré collaborer avec une équipe locale qui l'a guidée dans le choix de coutumes locales, comme le "tricot urbain", sorte de street art proche du graffiti, mais réalisé avec du tissu et non avec une bombe de peinture. "Les gens sortent de chez eux en pleine nuit et recouvrent des troncs et des branches d'arbres avec ces tissus colorés, et tricotent des pulls autours des arbres", dit-elle. "Ou bien, ils recouvrent de tissu un vélo, un parcmètre ou quoi que ce soit qui leur tombe sous la main. C'est incroyable. On a déniché une graffeuse de tricot urbain sur place et on l'a emmenée à La Boca pour y recouvrir quelques arbres pour nous". 

La Boca, et ses habitations en tôle de toutes les couleurs qui bordent les rues, ont servi de cadre pour plusieurs scènes, tout comme le marché aux puces de San Telmo et le Faena. "Le Faena était une ancienne usine en briques reconverti en hôtel chic, et sa décoration intérieure est même assez baroque", remarque Beth Mickle. La production s'est servie des décors, à l'instar des têtes de licornes accrochées aux murs et de la fontaine en forme de couronne dorée au milieu de la piscine, transformant l'hôtel en QG de l'écurie concurrente appartenant à McEwen. Pour évoquer les changements d'état d'esprit de Nicky, la chef-décoratrice a utilisé une palette de couleurs en constante évolution. 

"Il fallait que les changements esthétiques du film traduisent l'évolution personnelle de Nicky", dit-elle. "On commence par New York, où les tons froids font écho à l'isolement du personnage. Du coup, on a privilégié la pierre, le verre et le métal pour souligner le sentiment de solitude". Elle poursuit : "À la Nouvelle-Orléans, où Jess commence à faire partie de son univers et où la ville est-elle même très animée, la palette est plus chaude : on aperçoit de la verdure, des tonalités orange pour la loge, mais aussi violet et rose. Les couleurs changent dès lors que Nicky s'ouvre au monde. Et puis, une fois à Buenos Aires, où il est dans une posture très vulnérable, les couleurs sont encore plus soutenues. Le style architectural semble plus ludique et les images reflètent un monde à la fois romantique et mystérieux". 

Ficarra reconnaît que "Beth a dû relever un sacré défi. Elle a dû reconstituer une écurie de voitures de sport, un match de football de championnat, et des quartiers de la Nouvelle-Orléans, Buenos Aires et New York ! Elle a un goût exquis, et elle a parfaitement compris le mélange d'exotisme, d'élégance et de réalisme qu'on recherchait. On aurait dit qu'elle savait lire dans nos pensées. On a eu beaucoup de chance de la trouver, et on ne va plus laisser personne d'autre travailler avec elle !", plaisante-t-il. La chef-costumière Dayna Pink, qui avait déjà collaboré avec les réalisateurs, a également souhaité traduire les changements d'état d'esprit du protagoniste à travers le choix des couleurs et des costumes. 

"Si j'aime autant mon métier, c'est que j'apprends à chaque nouveau projet", confie-t-elle. "Le plus intéressant, dans DIVERSION, c'étaient les connotations psychologiques des couleurs. On s'est entretenu avec un expert de la couleur, et on lui a demandé ce qu'il serait logique de porter si on souhaitait gagner la confiance d'autrui, et quelle tenue porter si on voulait arnaquer quelqu'un. Quand on tient à obtenir la confiance de quelqu'un, mieux vaut porter du bleu. Car le bleu inspire confiance : cette couleur évoque l'eau et le ciel, qui ne changent jamais. Par ailleurs, le bleu va très bien à Will". 

Requa raconte qu'à chaque rendez-vous avec l'acteur, Smith disait : "'Dites-moi seulement quoi porter, et je m'exécuterai', parce que c'est sa nature profonde. Mais on lui a dit de voir Dayna – c'est l'une des plus grandes chef-costumières actuelles et elle est particulièrement formidable pour les costumes masculins – et d'explorer le personnage avec elle, en essayant différentes options. Ceci dit, Will n'était pas un fou des fringues, mais Dayna l'a converti ! Sa passion pour les vêtements est contagieuse. Je crois même qu'ils sont allés ensemble à des défilés de mode après la fin du tournage". 

"J'adore m'attaquer à un personnage qui aime les vêtements et qui a du goût, et chercher avec son interprète comment l'exprimer", souligne Dayna Pink. "C'était génial de se prêter à l'exercice avec Will". De son côté, Jess évolue également tout au long du film. "Dans la première partie, Jess est encore une jeune fille", analyse la chef-costumière. "Elle est stylée, elle a du pep, elle est jeune et mignonne. Du coup, elle porte du cuir et des superpositions de vêtements". Lorsqu'elle débarque à Buenos Aires, elle a mûri : "Tout à coup, on retrouve une femme dans des tenues élégantes, fines et épurées", ajoute la chef-costumière. "Au début, on voulait que Jess apparaisse comme une fille un peu négligée, pas bien coiffée, et qui ne sait pas très bien comment s'habiller", relate Requa. "Et puis, elle se transforme en une séductrice aussi belle que glaciale. Dayna a fait des merveilles". Les réalisateurs tiennent aussi à rendre hommage au travail de la chef-coiffeuse Anne Morgan : "Jess a d'abord les cheveux châtain clair, puis blonds, et Anne a imaginé des coiffures d'une grande invention", poursuit Requa. "Il y a, de toute évidence, des clins d'œil à Grace Kelly et Kim Novak, image classique de la femme fatale", ajoute Ficarra. La chef-costumière a également dû faire en sorte que certains détails correspondent à l'action : "Par moments, j'ai dû coudre des poches peu profondes afin que l'acteur puisse en sortir un objet plus facilement", signale-t-elle. "C'était intéressant de faire en sorte que les vêtements contribuent à la cohérence de la scène, et de manière aussi inattendue". 
Au bout du compte, tout cela repose sur la capacité de concentration. —Nicky 
Attentifs à ce que les chansons et la musique mettent en valeur le film, Ficarra et Requa ont, une fois encore, confié la partition à Nick Urata, qui avait collaboré à la BO de CRAZY, STUPID, LOVE. "C'était une formidable opportunité", constate Urata. "John et Glenn sont très mélomanes. La musique joue un rôle déterminant dans l'écriture du scénario et dans le montage, si bien qu'ils ont toujours des idées musicales originales qui s'intègrent parfaitement à l'histoire". Uruta s'est largement inspiré des lieux de tournage : "Le film se déroule dans deux villes réputées pour leur richesse musicale : la Nouvelle-Orléans et Buenos Aires. Nous avons passé pas mal de temps dans chacune des deux villes, et on a vraiment tâché de nous plonger dans les sonorités locales. J'ai été époustouflé par la spiritualité de ces deux cultures, et j'ai tenté de le transposer dans la partition". 

Les réalisateurs espèrent que le spectateur appréciera le film autant qu'ils ont eu de plaisir à le concevoir : "Il y a là du foot, des voitures de sport, du sexe, une histoire d'amour, de l'humour et des rebondissements, mais aussi des stars et deux grosses arnaques… bref, il y en a pour tous les goûts", confie Ficarra. "Le film comporte aussi quelques surprises de taille qui, à mon avis, vont prendre de court plus d'un", conclut Requa. "Parfois, je suis moi-même surpris, alors que c'est moi qui ai écrit le scénario !"

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mardi 4 mars 2014

Back to the future


Au cinéma le 5 mars 2014

Le film sort demain au cinéma. Je n'ai pas pu le voir avant sa sortie par manque de temps. Cependant, il a l'air visuellement très beau et particulier. Aussi je partage avec vous quelques informations afin que vous puissiez vous faire une idée.

Un film de Noam Murro
Avec Sullivan Stapleton, Eva Green, Lena Headey, Hans Matheson, Rodrigo Santoro, David Wenham


Résumé : Tiré du roman graphique de Frank Miller, "Xerxes", ce nouveau chapitre de la saga 300 a été mis en scène dans le style époustouflant qui l'a fait connaître. Cette fois, l'aventure a lieu en mer : le général grec Thémistocle tente de mobiliser toutes les forces de la Grèce pour mener une bataille qui changera à jamais le cours de la guerre. Thémistocle doit désormais affronter les redoutables Perses, emmenés par Xerxès, homme devenu dieu, et Artémise, à la tête de la marine perse… 

Le film réunit Sullivan Stapleton (GANGSTER SQUAD) dans le rôle de Thémistocle et Eva Green (DARK SHADOWS, CASINO ROYALE) dans celui d'Artémise, tandis que Lena Headey incarne de nouveau la reine des Spartiates, Gorgo, Hans Matheson (LE CHOC DES TITANS) interprète Aeskylos et Rodrigo Santoro le roi des Perses, Xerxès. 300 : RISE OF AN EMPIRE est réalisé par Noam Murro, sur un scénario de Zach Snyder et Kurt Johnstad, d'après le roman graphique "Xerxes" de Frank Miller. Le film est produit par Gianni Nunnari, Mark Canton, Zack Snyder, Deborah Snyder et Bernie Goldmann. Thomas Tull, Frank Miller, Stephen Jones et Jon Jashni en sont les producteurs exécutifs.

Bande annonce 2 (VOSTFR)


Bande annonce 3 (VOSTFR)


300 : LA NAISSANCE D'UN EMPIRE : BANDE ORIGINALE 

La bande originale de 300 : LA NAISSANCE D'UN EMPIRE est sortie depuis le 25 février et est disponible dès aujourd'hui en téléchargement numérique sous le label WaterTower Music. A l'international, la bande originale sera disponible sous le label Sony Classical International. Elle est composée par Junkie XL et comporte 16 pistes. 

1. History of Artemisia
2. Marathon
3. From Man To God King
4. Sparta
5. Artemisia’s Childhood
6. Suicide
7. Left For Dead
8. Fog Battle
9. A Beach of Bodies
10. Fire Battle
11. Xerxes’ Thoughts
12. Queen Gorgo
13. Greeks On Attack
14. History of the Greeks
15. Greeks Are Winning
16. End Credits

FOCUS SUR LE FILM
(A ne lire qu'après l'avoir vu pour éviter les spoilers!)

Il fait un temps magnifique au studio Nu Boyana, niché dans les contreforts des Montagnes de Vitoshka, dans les environs de Sofia, en Bulgarie. Tranchant avec le paysage bucolique qui s'étale à perte de vue, la guerre fait rage sur six des quinze immenses plateaux de Nu Boyana. On n'en attendait pas moins de 300 : LA NAISSANCE D'UN EMPIRE, nouvel épisode de la saga, qui sortira en salles près de dix ans après le choc de 300. Grâce à la force de son récit et à son style visuel incomparable, 300 a créé un nouveau langage cinématographique qui a réinventé le film à grand spectacle. 

Cette œuvre novatrice signée Zack Snyder, alors cinéaste débutant, s'emparait d'un événement historique revu et corrigé par l'imaginaire surréaliste de l'auteur de BD Frank Miller, et lui donnait un nouveau souffle sur grand écran. Alors que le dénouement de 300 mettait un point final aux aventures de Léonidas, ce nouvel opus s'attache aux guerres qui déchirent la Grèce, faisant ainsi écho aux combats du roi de Sparte et de ses 300 vaillants soldats. 

Cette fois, on retrouve Snyder dans le rôle de producteur, aux côtés de Gianni Nunnari, Mark Canton, Deborah Snyder et Bernie Goldmann. Il a également cosigné le scénario avec Kurt Johnstad (coauteur de 300), d'après le roman graphique de Miller, "Xerxes". "Il ne s'agit pas tant d'une suite ou d'un prologue que d'une œuvre à part entière s'inscrivant dans le même registre", explique Zack Snyder. "Le film met en scène une bataille navale qui s'est déroulée au même moment que la Bataille des Thermopyles. Et l'issue est tout aussi déterminante". 

C'est Noam Murro, réalisateur de publicités plébiscité, qui signe la mise en scène de 300 : LA NAISSANCE D'UN EMPIRE. Le producteur Gianni Nunnari souligne que la production souhaitait travailler avec Murro depuis assez longtemps. "Noam nous a détaillé sa conception du projet, tout comme Zack l'avait fait autrefois, et cela correspondait parfaitement à notre ambition", dit-il. "Sa vision des scènes de bataille nous a tous éblouis, et a totalement fait évoluer le style visuel du premier film. Noam remporte systématiquement les premiers prix des festivals de publicités, si bien qu'on s'est dit qu'il était l'homme de la situation". 

Par ailleurs, il fallait retrouver, dans ce nouvel opus, les mêmes qualités scénaristiques. Le producteur Mark Canton signale : "On avait la chance de pouvoir nous appuyer sur le travail formidable qu'avaient effectué Zack, Kurt et Frank Miller pour nous repérer dans la narration de ce deuxième épisode et conserver la même authenticité et originalité. Frank Miller nous a fait part de ses idées, puis Zack et Kurt s'en sont servi pour imaginer une histoire à la fois philosophique, romantique et spectaculaire dans tous les sens du terme". 

Il s'agissait non seulement de réaliser un film dans la même veine que le premier, mais un spectacle captivant qui puisse s'apprécier à part entière. "Quand nous avons réfléchi à l'intrigue, on voulait s'assurer qu'un spectateur qui n'aurait pas vu le premier volet puisse quand même suivre l'histoire", précise le coscénariste Kurt Johnstad. "Mais ce deuxième opus apportera un nouvel éclairage aux fans de 300. Car le contexte est le même : le film se déroule en Grèce, à la même époque, au moment où Léonidas fonce vers le nord du pays, en direction des Thermopyles. Les Perses progressent sur terre, Xerxès mène ses hommes vers les Thermopyles, lui aussi, et Artémise, à la tête de la flotte navale, contourne le littoral grec et se livre, au passage, à des pillages et des massacres". Comme dans le premier volet, un petit groupe de personnages, emmenés par un héros charismatique qui mène l'offensive, affrontent d'insurmontables obstacles. On aperçoit ce dernier qui porte des bottes et une tunique de cuir : lorsqu'on voit Sullivan Stapleton, on comprend aussitôt pourquoi la production lui a confié le rôle du général grec Thémistocle, déterminé à défendre son pays contre la puissante flotte navale perse. 

Entre deux prises, le comédien évoque son rôle : "Ce qui m'a plu chez lui, c'est sa ténacité et sa détermination à combattre les Perses et à sauver la Grèce", dit-il. "Il fédère toutes les forces grecques qui s'unissent pour se battre contre les Perses. Auparavant, le pays était composé de cités-États qui faisaient la guerre indépendamment les uns des autres et qui, du coup, étaient moins efficaces". Si les qualités physiques des personnages de 300 sont évidentes, Stapleton dégage aussi une assurance et une intelligence dignes d'un chef. "Il fallait vraiment qu'il soit déterminé et que ce soit un fin stratège pour affronter les Perses en mer, ce qui, manifestement, n'a rien à voir avec le premier volet", confie-t-il. 

Le comédien s'est longuement entraîné physiquement et s'est initié au combat pour être crédible dans les scènes d'action : il salue ses partenaires qui, dit-il, lui ont permis de réaliser la plupart des cascades. La complicité qui s'est nouée entre lui et ses frères d'armes, Hans Matheson, Callan Mulvey et Jack O'Connell, s'est consolidée lors des séances d'entraînement intensif mises au point par Mark Twight : on ne peut que le constater en voyant les acteurs brandir leurs armes contre les Perses. Voilà un petit groupe soudé et Sullivan semble apprécier cette connivence visible à l'image. 

L'acteur est conscient de la pression qui pèse sur ses épaules : il nous assure que, si 300 : LA NAISSANCE D'UN EMPIRE a quelques similarités avec le premier opus, il réserve néanmoins plusieurs surprises. "Cette fois, les Grecs libres sont très différents des Spartiates", analyse le comédien australien. "Je pense que le film n'aura rien à voir avec le premier. Car l'approche de Noam est tout autre, d'autant qu'il s'intéresse aussi à la dimension politique de l'histoire de la Grèce antique et au combat de Thémistocle pour unir les forces grecques : on découvre ainsi les origines et la naissance de la démocratie". C'est alors qu'on appelle Stapleton pour le tournage d'une séquence où il s'apprête à affronter de puissants guerriers … ainsi qu'une redoutable femme. 

Quand on fait irruption sur le plateau où tourne Noam Murro, on a le sentiment de pénétrer dans une machine à remonter le temps : un énorme vaisseau perse surgit au loin, dont l'allure menaçante suffit à instaurer un climat angoissant. D'immenses fonds verts tapissent les murs et le sol où que le regard se pose : il s'agit d'une toile vierge sur laquelle s'incrusteront par la suite les paysages maritimes et les batailles navales titanesques entre bateaux grecs et perses créés grâce aux effets visuels les plus sophistiqués. 

Les décors sont impressionnants, et tandis que l'arrière du navire est divisé en plusieurs compartiments, l'embarcation dégage incontestablement une atmosphère de danger. L'envergure du bâtiment témoigne de la puissance et de la magnificence de l'empire des Perses. Les rames dépassent de la bouche de visages de guerriers orientaux sculptés et fixés sur les côtés du bateau, et des tapis de protection recouvrent totalement le sol, signe annonciateur du carnage à venir. On apprend que le bateau a été construit sur un cardan pour lui permettre de tanguer et de résister à la houle ou aux affrontements avec les navires grecs. Sur le pont du bateau (fabriqué en caoutchouc pour amortir la chute des cascadeurs), une armada de comédiens et de cascadeurs tout en muscles, et couverts de poussière, attendent les consignes. Et bien que leur discussion, pour l'heure, soit amicale, ils savent que d'une minute à l'autre, ils devront empoigner leur épée et s'affronter à mort.

Dès lors qu'Eva Green monte les marches qui conduisent au plateau, il est clair que la situation va dégénérer. Dans son corset en cuir hérissé de pointes dorées courant jusque dans le bas du dos, et sa longue jupe noir, la comédienne a tout d'Artémise, la cruelle chef de guerre perse. Alliée du dieu-roi Xerxès, auquel le comédien brésilien Rodrigo Santoro prête de nouveau ses traits, Artémise est celle qui déclenche le conflit et qui se révèle une rivale de taille pour Thémistocle. 

Déjà à l'affiche de nombreux films d'action et d'aventure, l'actrice française qu'on a vue dans CASINO ROYALE et DARK SHADOWS, n'a pas résisté à l'opportunité de tourner dans ce nouvel opus de 300. "Artémise est un personnage super cool", dit-elle. "Elle est à la tête de l'armée perse, elle est très courageuse et très en avance sur son temps. Quand j'étais petite, je rêvais de jouer une guerrière, et c'est donc un rêve devenu réalité. J'adore ça".

En entendant "Prêts pour les répétitions ?", la comédienne s'avance vers le bateau et la bataille s'engage. Aussi élégante que dangereuse, Artémise trucide ses ennemis grecs les uns après les autres, tout en arpentant le vaisseau. Et si tant est qu'Eva Green se ménage pour le tournage de la scène, cela ne se voit pas… Son maniement de l'épée est parfaitement maîtrisé, si bien qu'on peut imaginer le spectacle qu'il offrira lorsque l'actrice affrontera des hordes d'ennemis. Au moment du tournage, la séquence est d'autant plus violente et efficace que la férocité et le maniement de l'épée d'Eva Green sont ponctués par les sons de dizaines de figurants et d'acteurs qui jettent toutes leurs forces dans la bataille. Personne ne se ménage cette fois… 

La scène est orchestrée avec une extrême précision, sans toutefois brider l'imagination du réalisateur et de ses comédiens : en témoigne le moment où Noam Murro et Eva Green découvrent qu'une technique de frappe, déjà violente, peut s'avérer plus mortelle encore pour les malheureux combattants grecs. Car il ne faut pas oublier qu'on est ici dans l'univers de 300 et qu'Artémise n'a rien d'un personnage de Jane Austen ! "Ce qui est formidable chez Artémise, c'est qu'elle s'inspire de la réalité historique", constate le producteur Bernie Goldmann. "C'est fascinant de voir qu'il existait une femme aussi puissante qu'elle à cette époque. C'est un personnage féminin à part, qui se distingue par une personnalité très riche, et c'est hallucinant de voir autant de traits de caractère traditionnellement associés aux hommes chez une femme – une femme puissante magnifiquement campée par Eva". 

Si Artémise est l'ennemie de Thémistocle – "quoi que ça ne se résume pas à ça", insiste Eva Green –, elle a pour alliée Xerxès, l'un des rares à avoir survécu dans 300. Et tant que leurs objectifs se rejoignent, ces deux-là représentent une force quasi indestructible. Selon Rodrigo Santoro, leurs rapports sont d'une grande complexité : "Le plus intéressant, c'est qu'il s'agit d'une relation d'amour et de haine", indique-t-il. Il ne tourne pas aujourd'hui, mais il se souvient très nettement de son personnage de dieu-roi, alors même qu'il n'est plus en costume. "Pour lui, Artémise est une sorte de belle-sœur, par son père le roi Darius, et il y a beaucoup de connivence entre eux. Je n'ai jamais pensé qu'Artémise était plus forte que Xerxès, ou l'inverse : ils se complètent parfaitement. Ils ont des atouts différents, tout en obéissant aux mêmes lois, si bien qu'ils doivent apprendre à se respecter et à s'allier. C'était un défi exaltant". Interprète de films comme LE DERNIER REMPART ou LOVE, ACTUALLY, Santoro ne pouvait pas laisser passer la perspective d'endosser de nouveau le rôle de Xerxès : "C'est la première fois que j'interprète le même personnage dans deux films différents", poursuit-il. "J'ai vraiment pris la mesure de l'enjeu en discutant avec Zack Snyder, car il m'a expliqué qu'on allait faire sa connaissance avant qu'il ne devienne un dieu-roi. Ce qui est fascinant dans ce film, c'est qu'on apprend pourquoi, et dans quelles circonstances, il connaît cette formidable métamorphose". 

La productrice Deborah Snyder estime que la découverte du parcours de Xerxès va profondément marquer les fans de la saga. "On a fait la connaissance Xerxès, dans le premier volet, sous la forme d'une immense et imposante créature ruisselant d'or", dit-elle. "Dans ce deuxième épisode, on comprend qui il était avant cette métamorphose et le parcours qu'il a emprunté pour y parvenir. On découvre qu'il a souffert et qu'il aspire à venger la mort de son père. C'est ce qui a fait de lui un être très sombre, et Rodrigo a su exprimer les nuances du personnage avec conviction". 

Outre Xerxès, on retrouve dans le film Gorgo (Lena Headley), personnage dont l'influence sur la vie politique de la Grèce fait écho au sort de Léonidas, comme on a pu le constater dans 300. Et bien qu'ils ne soient pas présents sur le plateau aujourd'hui, le casting réunit de nouveau David Wenham dans le rôle de Dilios, Andrew Tiernan dans celui d'Éphialtès, Peter Mensah dans celui du Messager Perse, et Andrew Pleavin dans celui de Daxos – autant de personnages qui permettent d'assurer le passage du premier au deuxième épisode avec fluidité. En quittant le plateau, on se retrouve projeté dans la réalité contemporaine. À l'extérieur, où une petite brise s'est mise à souffler, il n'est pas rare de croiser un soldat perse en costume qui prend un café avec un technicien en jeans. 

Dans la cour, on avise également un majestueux animal à sabots : il s'agit du cheval de Xerxès. Imposant et harnaché d'une bride et d'une selle dorées, il ne peut manquer d'attirer l'attention. Surtout s'il était vivant… Œuvre d'art à part entière, cet animal est, là encore, le fruit de la magie du cinéma. Dans une galerie installée dans une salle de conférence, à proximité de la cour, on découvre des objets et autres accessoires contribuant à ancrer le film dans la réalité. Si l'univers du film porte la griffe du roman graphique de Frank Miller, il témoigne cependant d'un style à part entière, qu'il s'agisse du graphisme, des rendus numériques, des costumes, des armes et des accessoires. Quand on les a vus dessinés, puis qu'on les retrouve, à quelques centaines de mètres de là, fabriqués grandeur nature avec un luxe de détail inouï, on prend la mesure du travail entrepris, en dehors du moindre recours au compositing ou aux effets numériques. 

Tandis que notre curiosité est aiguisée, on se rend ensuite sur un autre plateau où un décor figurant Athènes est transformé en Sparte, sous la supervision de Patrick Tatopoulos. Le chef-décorateur a cherché à imaginer un univers inédit, sans pour autant créer de rupture avec le style visuel de 300. "On repart à Sparte dans ce nouvel opus, et les Spartiates n'ont pas changé", dit-il. "Comme vous avez pu le constater, je ne modifie pas l'esthétique générale de Sparte. Cependant, avec le décor d'Athènes, j'ai la possibilité d'explorer une piste un peu nouvelle. Du coup, pour moi, c'était l'occasion idéale de rester fidèle à l'univers du premier film, tout en créant quelque chose de neuf". 

Pour Tatopoulos, né en France d'un père grec, le style visuel du film s'inspire des récits et des témoignages des Grecs. "Il s'agit d'une histoire qui a vraiment eu lieu, mais nos décors ont été guidés par les souvenirs qu'en avaient les marins, les guerriers et l'ensemble des témoins qui étaient sur place au moment des faits", souligne-t-il. "Nous visons l'exactitude historique s'agissant des vaisseaux grecs, mais les bateaux perses sembleront totalement extravagants pour les Grecs qui les verront s'approcher de la côte. J'ai eu la chance d'imaginer des navires qu'on n'a encore jamais vus. Ils sont en bois, mais ils sont couverts de pièces métalliques, ce qui instaure un nouveau style. C'est le genre de film où l'on peut se permettre de créer un nouvel univers, de bousculer un peu la vérité historique, tout en partant quand même de ce qui s'est vraiment passé". Le tournage en Bulgarie s'est avéré un atout pour la conception des décors. "Il y a des sculpteurs extraordinaires dans ce pays", reprend le chef-décorateur. "Si le film avait été tourné ailleurs, j'aurais dû faire construire l'essentiel des éléments. Mais je me suis dit que j'avais une équipe de sculpteurs phénoménaux à ma disposition, et du coup, on a tout fait sculpter". On rencontre ensuite Murro, réalisateur de publicités salué par la critique qui fait ses premiers pas dans le monde du cinéma. Tandis que les acteurs et les techniciens déjeunent, le cinéaste s'entretient avec nous au pied de l'imposant vaisseau perse, visiblement à l'aise dans cet univers, tout en étant conscient des enjeux d'une telle entreprise. 

Travaillant en étroite collaboration avec Snyder et son coscénariste Kurt Johnstad, ainsi qu'avec ses producteurs, Murro s'est fait un point d'honneur d'apporter à ce film un style qui lui soit propre. "Je pense qu'on était tous d'accord sur le fait qu'il nous fallait mettre au point un style distinct du premier opus", affirme-t-il. "On n'a pas essayé de faire une pâle copie du précédent film. Non seulement l'intrigue est différente du premier, mais l'esthétique, qui est elle aussi nouvelle, entre en jeu, si bien que le spectateur va découvrir des éléments radicalement nouveaux, tout en ayant le sentiment d'être dans le même univers". Quand on lui demande de préciser son propos, il désigne de la main l'immense décor qui nous fait face. "Sur le plan visuel, l'enjeu est lié à l'élément maritime, aux mouvements d'appareil, à l'esthétique de la palette de couleurs, à la chorégraphie des combats et à la caractérisation des personnages", dit-il. "Pour nous tous, qui aimons le cinéma et venons du cinéma, l'idée était de mettre au point un style qui emprunte à l'intelligence et au côté visionnaire de 300, mais qui nous renvoie aussi à l'esthétique des grands péplums qui ont bercé notre enfance tout en bénéficiant des évolutions technologiques les plus récentes". 

Selon le réalisateur, la réussite du film tient également au casting, et Eva Green, Stapleton et leurs partenaires ont livré des prestations magistrales. "On voulait que les rapports entre les personnages soient chaleureux et complexes, et on y est parvenu", indique-t-il. "Eva campe une méchante à la perfection, et la complexité de son jeu fait mouche. Il en va de même pour Sully et tous les autres acteurs. C'était un sacré défi car il fallait retrouver un personnage qui dégage le même capital de sympathie que Léonidas, mais qui soit également différent dans son rapport à la politique et dans son charisme. Et Sully correspondait exactement à ce qu'on cherchait". 

À sa sortie, 300 s'est non seulement imposé comme un phénomène mondial, mais a influencé de nombreux artistes dans les domaines les plus divers. Si Murro sent bien que l'enjeu est de taille, il a néanmoins l'impression d'avoir livré une nouvelle lecture de l'univers de 300 qui, pour autant, reste fidèle à l'œuvre de départ. "C'était justement notre défi", convient-il. "C'est ce que j'ai essayé d'expliquer à tous nos partenaires lors de nos premiers rendez-vous : il fallait imaginer un langage visuel qui installe une sorte de charte graphique. Je pense que s'agissant d'une production de cette envergure, et de cette complexité, la présentation que j'ai faite aux divers partenaires prouvait qu'il y avait bien des solutions, même si ce n'était pas simple". 

L'approche de Murro est en adéquation avec celle de Zack Snyder. Après 300, celui-ci a exploré de nouveaux horizons en mettant en chantier des projets audacieux. Mais il conserve une tendresse pour les guerriers nés de l'univers de Frank Miller, et son rôle de producteur et de coscénariste consiste à faire en sorte que les fans ne soient pas déçus. "J'espère tout d'abord qu'ils sortiront de la salle en ayant partagé les émotions de nos personnages à travers cette nouvelle aventure", souligne-t-il. "Et j'espère aussi qu'ils en apprendront un peu plus sur ces personnages et leur parcours. Il y a des éléments, dans le film, qui permettront de mieux comprendre les Spartiates de 300, surtout à côté des Grecs libres de 300 : LA NAISSANCE D'UN EMPIRE. Pour moi, cela s'est avéré une expérience exaltante, car ces deux films se répondent et s'enrichissent mutuellement". 

Entre les scènes d'action, les décors somptueux et l'enthousiasme partagé par tous nos interlocuteurs, il y a de bonnes chances pour que les vœux de Zack Snyder soient largement exaucés…

IMAGES DU FILM