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mercredi 30 octobre 2019

STEPHEN KING'S DOCTOR SLEEP


Thriller/Fantastique/Une aventure inattendue et bien menée

Réalisé par Mike Flanagan
Avec Ewan McGregor, Rebecca Ferguson, Kyliegh Curran, Cliff Curtis, Carl Lumbly, Bruce Greenwood, Zahn McClarnon, Carel Struycken, Jacob Tremblay, Emily Alyn Lind...

Long-métrage Américain
Titre original : Doctor Sleep
Durée: 02h32mn
Année de production: 2019
Distributeur: Warner Bros. France 

Date de sortie sur les écrans américains : 8 novembre 2019
Date de sortie sur nos écrans : 30 octobre 2019


Résumé : un nouveau chapitre de Shining de Stanley Kubrick.

Encore profondément marqué par le traumatisme qu'il a vécu, enfant, à l'Overlook Hotel, Dan Torrance a dû se battre pour tenter de trouver un semblant de sérénité. Mais quand il rencontre Abra, courageuse adolescente aux dons extrasensoriels, ses vieux démons resurgissent. Car la jeune fille, consciente que Dan a les mêmes pouvoirs qu'elle, a besoin de son aide : elle cherche à lutter contre la redoutable Rose Claque et sa tribu du Nœud Vrai qui se nourrissent des dons d'innocents comme elle pour conquérir l'immortalité. Formant une alliance inattendue, Dan et Abra s'engagent dans un combat sans merci contre Rose. Face à l'innocence de la jeune fille et à sa manière d'accepter son don, Dan n'a d'autre choix que de mobiliser ses propres pouvoirs, même s'il doit affronter ses peurs et réveiller les fantômes du passé…

Bande annonce (VOSTFR)


Ce que j'en ai pensé : dans STEPHEN KING'S DOCTOR SLEEP, inspiré du roman éponyme, on retrouve le personnage de Danny Torrance qui était interprété par Danny Lloyd, alors âgé de 6 ans, dans le SHINING de Stanley Kubrick (1980). Dans ce long-métrage, Ewan McGregor interprète Dan à l'âge adulte. Il s'agit moins d'une suite que d'un nouveau chapitre de la vie de ce protagoniste, comme annoncé dans le résumé. Il ne faut pas entrer dans une logique de comparaison avec l'œuvre de Kubrick, ce n'est pas le but. 

Le réalisateur Mike Flanagan ne peut cependant pas échapper à ce premier opus auquel il rend hommage et qu'il vaut mieux avoir vu avant de découvrir ce long-métrage. Il se raccorde à SHINING en ouverture et en fermeture de son film et, entre les deux, il nous entraîne dans une aventure fantastico-horrifique intrigante à laquelle il apporte sa patte. 

Il nous fait traverser plusieurs périodes et met ainsi en place les pièces de son puzzle. Il insère de petits clins d'œil très discrets au genre ici et là. Ses décors sont soignés, on sent que les éléments qui les composent ont été choisis avec soin. Afin de nous faire rentrer visuellement dans les dimensions fantastiques, il utilise une déstructuration de l'espace en renversant les repères. Cela fonctionne bien. Les effets spéciaux sont utilisés à bon escient et sont efficaces. La narration met le shining au cœur du sujet. Le réalisateur nous guide habilement dans un déroulement qui laisse beaucoup de questions en suspens, tout en nous donnant assez d'éléments pour suivre sans encombre cette lutte du bien contre le mal. Il fait surgir les moments angoissants avec régularité. Sur la durée, il y a bien quelques légères longueurs, mais Mike Flanagan fait avancer le propos en permanence. 

Il nous rend curieux quant à l'aboutissement de son histoire, notamment grâce à des personnages attachants ou mystérieux. Ewan McGregor nous fait ressentir avec sensibilité les différents états d'esprit que son protagoniste, Dan, traverse. 



Son duo avec la jeune Kyliegh Curran, qui interprète Abra Stone, fonctionne bien, l'actrice réussissant à apporter beaucoup de naturel face une situation exceptionnelle. Ils se rejoignent en ce sens et forment une équipe crédible. 


Ils sont complétés avec justesse par Cliff Curtis qui interprète Billy Freeman, un homme qui croit aux secondes chances et à l'amitié. 

S'oppose à eux, un groupe d'individus aux intentions égoïstes et néfastes. À leur tête, Rebecca Ferguson interprète Rose "Claque" O’Hara. L'actrice fait ressortir la personnalité particulière de cette protagoniste qui en a vu d'autres au cours de son existence et qui ne doute jamais. 


À ces côtés, Zahn McClarnon qui interprète Crow Daddy, Emily Alyn Lind qui interprète Andi la Piquouse et Carel Struycken qui inteprète Papa Skunk composent une partie de cette troupe étrange dans son comportement et effrayante par ses actions.


Jacob Tremblay interprète Bradley Trevor. Il est super dans ce petit rôle marquant.

Avec sa réalisation inventive et ses acteurs très convaincants, STEPHEN KING'S DOCTOR SLEEP est tout indiqué en cette période d'Halloween, puisqu'il convoque esprits et revenants pour nous embarquer dans une aventure bien menée qui nous fait suivre le destin de personnages aux spécificités marquées. 

Copyright photos © 2019 WARNER BROS. ENTERTAINMENT INC.
Photos credit © Jessica Miglio - Courtesy of Warner Bros. Pictures

  
#DoctorSleep

mercredi 10 avril 2019

ALEX, LE DESTIN D'UN ROI


Famille/Aventure/Fantastique/Une bonne surprise, qui malgré quelques longueurs, se révèle pleine de rebondissements avec de jeunes acteurs très sympas

Réalisé par Joe Cornish 
Avec Louis Ashbourne Serkis, Rebecca Ferguson, Patrick Stewart, Tom Taylor, Dean Chaumoo, Rhianna Dorris, Angus Imrie, Denise Gough...

Long-métrage Britannique
Titre original : The Kid Who Would Be King
Durée: 02h00mn
Année de production: 2019
Distributeur: Twentieth Century Fox France

Date de sortie sur les écrans britanniques : 15 février 2019 
Date de sortie sur nos écrans : 10 avril 2019


Résumé : La magie ancestrale rencontre le monde moderne dans une aventure épique : Alex, le destin d'un roi .

Alex est un écolier ordinaire de 12 ans dont la vie va être bouleversée par la découverte de l’épée mythique Excalibur. Il doit à présent former une équipe de chevaliers composée de ses amis, de ses ennemis et du légendaire Merlin l’Enchanteur, afin de contrer la maléfique Morgane, venue du Moyen-Age pour détruire le monde. Alex devra alors se transformer en un héros qu’il n’a jamais rêvé de devenir.

Bande annonce (VOSTFR)


Extrait - Dame du Lac (VOSTFR)


Ce que j'en ai pensé : ALEX, LE DESTIN D'UN ROI est un film fantastique qui s'adresse aussi bien aux enfants, qui en sont la cible, qu'à leurs parents qui passeront un bon moment devant cette aventure pleine de rebondissements. 

Son réalisateur, Joe Cornish, surprend par sa mise en scène riche en techniques et en plans différents. Il utilise habilement des éléments de l'environnement habituel des enfants pour les intégrer dans l'histoire. Il fait aussi des clins d'œil à de célèbres sagas qui font la part belle à la magie. Le réalisateur gère également les effets spéciaux de façon à les rendre spectaculaires tout en les utilisant avec parcimonie. Il revisite le mythe du Roi Arthur avec une certaine modernité tout en donnant un air épique à certaines scènes. Il garde un ton toujours cohérent tout en faisant cohabiter deux univers et en rendant cette possibilité crédible. Il soigne les scènes d'action tout comme les scènes de dialogues.

 

Ce film fait primer l'amitié ainsi que l'ingéniosité. Il démontre que la stratégie et le fait de regarder le monde avec un autre point de vue peuvent mener à des actions positives. Il n'hésite pas à faire refléter que le bon cœur dont doivent faire preuve les personnages doit aussi servir à rassembler une société qui est divisée, ce message faisant écho à l'actualité. 

Son défaut principal est que la quête dont il est question tire en longueur. Le réalisateur met en place le contexte assez rapidement, puis il a tendance à faire des redondances qui allongent l'intrigue sans que cela soit vraiment nécessaire pour la compréhension ou encore l'intérêt de l'ensemble. Cependant, mis à part ce point, son film est surprenant, divertissant et rafraîchissant. 

Les jeunes acteurs offrent des personnalités distinctes à leurs protagonistes et se révèlent attachants. Alex est interprété par Louis Serkis. 


Son meilleur ami, Bedders, est interprété par Dean Chaumoo. Ils ont tous les deux des bouilles très mignonnes et leur duo un peu naïf fonctionne bien. 

La vraie surprise vient de Merlin qui est interprété par Angus Imrie. Cet acteur réussit à rendre son personnage cool, drôle et décalé tout en imposant sa place dans la quête. Le fait qu'il soit aussi joué par Patrick Stewart dans sa version âgée renforce encore plus notre appréciation de ce protagoniste. 



Les jeunes Lance et Kaye sont respectivement interprétés par Tom Taylor et Rhianna Dorris. Ils sont convaincants dans les deux aspects opposés de leurs rôles.

Copyright photos @ 20th Century Fox France

ALEX, LE DESTIN D'UN ROI a de nombreux atouts pour plaire aux enfants. C'est un film d'aventures qui étonne par la façon dont il atteint son ambition. Il séduira aussi les grands par ses jolies thématiques adroitement traitées. Il se révèle être une bonne surprise.


NOTES DE PRODUCTION
(À ne lire qu'après avoir vu le film pour éviter les spoilers !)

La magie ancestrale rencontre le monde moderne dans ALEX, LE DESTIN D’UN ROI. Inspirée de l’un des mythes les plus célèbres de tous les temps, cette aventure épique aborde la légende du roi Arthur et de ses chevaliers sous un angle inédit. L’histoire se déroule de nos jours et s’adresse à un public contemporain.

L’idée d’ALEX, LE DESTIN D’UN ROI est née dans l’esprit de Joe Cornish, le scénariste et réalisateur, alors qu’il n’était encore qu’un enfant. Ce sont deux films, EXCALIBUR de John Boorman et E.T. de Steven Spielberg, qui touchent profondément le réalisateur lorsqu’il les découvre en 1982 et font naître l’idée d’une histoire où un jeune garçon ordinaire découvre l’Épée dans la Pierre.

Joe Cornish se souvient : « Pendant toute mon adolescence, je griffonnais des petits dessins d’Excalibur sortant d’une baignoire sur mes livres d’école. J’aimais l’idée d’installer ce mythe très ancien dans un environnement moderne familier. Depuis, l’idée n’a jamais cessé de grandir. »

Quelques années plus tard, Joe Cornish a coécrit, réalisé et joué dans les quatre saisons de la série humoristique britannique « The Adam and Joe Show ». Par la suite, il a écrit et réalisé son premier long métrage, ATTACK THE BLOCK, qui a remporté de nombreux prix internationaux, dont le Prix du public au Festival South by Southwest et une nomination aux BAFTA Awards. Peu après, il a coécrit avec Edgar Wright LES AVENTURES DE TINTIN : LE SECRET DE LA LICORNE pour Steven Spielberg et Peter Jackson, ainsi que l’histoire et le scénario de ANT-MAN pour les studios Marvel, avant de revenir à son idée contemporaine d’Excalibur.

Lors des recherches qui ont précédé l’écriture du scénario, Joe Cornish, accompagné de la productrice Nira Park, a visité plusieurs écoles et demandé aux élèves ce qu’ils savaient du roi Arthur et de la légende d’Excalibur. Ils ont découvert que les enfants connaissaient bien l’image et la signification d’Excalibur – quiconque parvient à extraire l’épée de la pierre devient roi – mais qu’ils ne savaient pas comment cette légende trouvait sa place au sein de la famille royale britannique actuelle. Joe Cornish ajoute : « Ils connaissaient l’épée mais pas ses répercussions, et j’ai pensé que c’était justement un point de départ novateur et intéressant pour le scénario. »

Le réalisateur poursuit : « L’idée qui se trouve à la base du film est que les mythes et les légendes comme l’histoire du roi Arthur ne se fondent pas sur des faits historiques. Ils sont écrits et réécrits pour répondre aux besoins de l’époque. En fait, il est même primordial que chaque nouvelle génération réécrive les légendes pour elle-même. Donc, au moment d’écrire le scénario, je me suis dit une seule chose : j’avais le droit de prendre ce que je voulais de la mythologie existante et de l’utiliser comme je le souhaitais – parce que c’est ce qu’a fait Thomas Malory (l’auteur et le compilateur du premier roman arthurien moderne), ce qu’ont fait les poètes français et tous ceux qui se sont penchés sur la légende arthurienne par la suite. C’est une légende faite pour que nous puissions tous en donner notre propre interprétation. »

Le cœur du film repose sur le code de la chevalerie que le magicien Merlin enseigne au jeune Arthur dans la légende. Ce code recense l’ensemble des lois que les chevaliers du roi Arthur respectaient, des lois qui dictaient un comportement moral admirable – honorer ceux que l’on aime, persévérer, s’abstenir d’offenser, et dire la vérité. Dans le film, Joe Cornish reprend ce code moral et l’applique aux enfants d’aujourd’hui pour tenter de découvrir la valeur qu’on lui confère dans notre monde moderne.

Le cinéaste explique : « Dans ce film, les enfants entament un voyage qui les changera à jamais. Au début, ils sont plutôt agités, grossiers et odieux les uns envers les autres, mais au fur et à mesure, ils comprennent la valeur de ce code moral et l’appliquent à leur monde moderne. J’espère qu’en plus d’être un film d’action sensationnel plein de divertissement, d’humour et d’émotion, ALEX, LE DESTIN D’UN ROI fera aussi passer un message aux enfants ; un message qui explique la valeur de ces idéaux anciens et qui suggère qu’ils seraient tout à fait pertinents dans notre mode de vie actuel. »

En ce qui concerne la magie présente dans le film, la vision de Joe Cornish était très claire : il la voulait réelle, physique et concrète, comme si les enfants pouvaient effectivement la pratiquer chez eux. Le réalisateur explique : « Dans ALEX, LE DESTIN D’UN ROI, la magie n’a rien de l’aspect scintillant et fantasmé que l’on a l’habitude de voir dans les films fantastiques. Notre magie n’a rien à voir avec des grimoires de sorts ou des baguettes magiques, elle est beaucoup plus physique, beaucoup plus réelle. Dans notre film, quand quelque chose se transforme, on peut vraiment le sentir. Quand notre Merlin fait de la magie, c’est par des combinaisons complexes de mouvements des mains qui créent un impact physique sur les personnages et l’environnement qui l’entourent. »

LES CHEVALIERS DU XXIe SIÈCLE

Une fois l’écriture du scénario terminée, Joe Cornish et Nira Park ont organisé des auditions dans tout le Royaume-Uni pour trouver les acteurs qui incarneraient les jeunes chevaliers du film. Joe Cornish voyait Alex, son personnage principal, comme un garçon moderne à l’aube de l’adolescence qui, parce qu’il se sent totalement invisible et inutile, commence à développer un certain cynisme face au monde qui l’entoure.

Joe Cornish observe : « Je pense qu’à cet âge-là, on essaie de comprendre ce qu’est le monde et ce qu’il faut faire pour s’en sortir.  On commence à voir le lien qui existe entre les circonstances de notre naissance et l’avenir qui nous attend. Au début du film, lorsque Alex est puni après avoir essayé de sauver un de ses amis qui se faisait brutaliser par d’autres écoliers, il réalise que le monde peut être injuste même lorsqu’on tente d’être noble et vertueux. »

Lorsqu’il trouve l’épée dans la pierre, Alex, qui a lu des livres sur la légende d’Excalibur, est persuadé d’être le roi, unique et indiscutable. Mais posséder l’épée ne s’avère pas réellement d’un grand secours. Joe Cornish explique : « Ce n’est pas comme si le gouvernement allait soudainement reconnaître sa position. Ou comme s’il n’y avait pas déjà une famille royale. Et surtout, le premier obstacle qu’il doit surmonter prend la forme de chevaliers morts-vivants sortis de terre dont la mission est de lui reprendre l’épée. C’est donc un enfant tout à fait normal qui se retrouve propulsé au cœur d’une grande aventure tout en essayant de reprendre la place du roi Arthur – qui avait lui-même trouvé Excalibur quand la Grande-Bretagne était un pays en perdition dépourvu de souverain. Une partie de la légende arthurienne veut qu’en extrayant l’épée de la pierre, le roi unisse le pays et transforme ses ennemis en alliés. »

Trouver le jeune acteur qui saurait incarner au mieux le personnage n’a pas été facile. Joe Cornish se souvient : « Pour le rôle d’Alex, nous avons casté un très grand nombre d’enfants et avons réduit ce nombre à deux ou trois. Mais lorsque Louis Ashbourne Serkis s’est présenté, tout le monde a été époustouflé par son souci du détail, son caractère et son naturel dans le jeu. »

Le réalisateur poursuit : « Louis est vraiment cool. Il ne fait pas étalage de son talent, mais quand vous criez « Action ! », quelque chose de magique se passe. Déjà à la première audition, il avait l’air très calme et détaché, mais dès que la caméra a été lancée, il était dans le rôle. »

Louis Ashbourne Serkis décrit son personnage : « Alex vit avec sa mère, et elle ne peut pas passer autant de temps qu’elle le voudrait avec lui parce qu’elle doit travailler. Il est désabusé parce que son père les a quittés et que lui et son unique ami Bedders se font brutaliser par leurs camarades de classe. Il pense qu’il n’y a pas d’espoir et que sa vie ne s’améliorera jamais ; qu’il restera pour toujours invisible et laissé pour compte. Mais lorsqu’il découvre l’épée, tout prend évidemment une autre tournure. »

Le personnage de Bedders, le meilleur ami d’Alex, s’inspire de Sir Bedivere, l’un des chevaliers les plus loyaux du roi Arthur. Sincère et honnête, Bedders est entièrement dévoué à Alex. Alors qu’Alex est plein de doutes et assez cynique, Bedders est encore un enfant. Il croit toujours aux contes et légendes de son enfance et espère désespérément qu’ils sont réels. Lorsqu’ils le deviennent, il est à la fois ravi et terrifié.

Joe Cornish déclare : « Bedders est un gamin qui s’accroche encore à l’enfance au moment où tous ses amis la laissent derrière eux et prennent la route de l’âge adulte. C’est le genre d’ami qui peut soudainement vous mettre dans l’embarras quand vous entrez dans l’adolescence. S’il est au départ gentil et vulnérable, il se change en véritable héros au cours de l’histoire. »

Dean Chaumoo, qui n’avait aucune expérience d’acteur, a été choisi pour jouer le rôle après avoir présenté un monologue émouvant tiré de STAND BY ME et ému aux larmes tous ceux qui étaient présents dans la salle d’audition. Joe Cornish déclare : « C’est excitant et risqué de donner un tel rôle à un acteur si jeune et inexpérimenté ».

Lance et Kaye, qui ne sont que des tyrans de cour de récréation au début du film, sont inspirés par les légendaires Sir Lancelot et Sir Kay (ou Keu). Joe Cornish explique : « Dans la légende arthurienne, Lancelot est un personnage assez complexe et confus. C’est un chevalier incroyablement habile et puissant qui ne trouve pas d’adversaire à sa mesure, jusqu’à sa rencontre avec Arthur, qu’il juge digne de sa loyauté. Il finit cependant par trahir ce dernier en entretenant une liaison avec Guenièvre, son épouse, provoquant de fait la dissolution de Camelot.

« Comme Lancelot, notre Lance est un personnage ambivalent – on retrouve chez lui un mélange de loyauté, de trahison, d’héroïsme et d’ignominie. Il est beau et doté d’un sang-froid à toute épreuve, mais il ne sait pas quoi faire de son pouvoir et l’utilise donc à mauvais escient. En plus d’être prétentieux et arrogant, il passe son temps à intimider les autres ; du moins jusqu’au milieu du film où il réalise la stupidité de son comportement. La présence de l’épée et l’aventure qu’ils sont en train de vivre lui font comprendre son erreur, et il devient finalement l’un des plus loyaux chevaliers d’Alex. »

Pour interpréter Lance, les cinéastes devaient trouver un jeune acteur capable d’incarner un personnage plein de contradictions aux facettes multiples.

Joe Cornish se souvient : « Pendant son audition, nous avons trouvé Tom Taylor très intéressant parce qu’il est très beau mais aussi très maladroit. Il possède cette sorte de gaucherie que l’on cherchait. Même s’il est impressionnant et très sûr de lui, il peut être gêné ou maladroit, et c’est ce qui a apporté une énergie comique et rafraîchissante à ce personnage qui aurait pu n’être qu’une brute épaisse. »

Comme il l’explique, Tom Taylor a trouvé en Lance des qualités auxquelles il pouvait s’identifier : « Au début du film, c’est un petit tyran, mais il y a des raisons à cela. Ses parents sont absents et ne trouvent pas d’autre moyen de lui montrer leur amour que de lui envoyer régulièrement de l’argent. Il se contente donc d’intimider les autres enfants de l’école et de leur extorquer de l’argent parce que c’est la seule façon qu’il a de ressentir quoi que ce soit. »

Comme le Sir Kay de la légende, Joe Cornish a imaginé Kaye comme quelqu’un d’arrogant et hautain, mais également très servile. En fervente admiratrice de Lance, elle a peur d’affirmer son intelligence et d’acquérir son indépendance.

Joe Cornish déclare : « Kaye est une fille intelligente qui n’a vraiment l’occasion de s’exprimer que plus tard dans l’histoire, au moment où elle se rend compte que Lance les a entraînés dans une impasse. Elle apparaît donc comme quelqu’un qui utilise ses talents à de mauvaises fins, réalise son erreur, et finit par devenir un chevalier extrêmement capable, courageux et loyal à la fin du film. »

Le personnage de Kaye nécessitait une actrice capable d’exprimer à la fois la force, la vulnérabilité et la personnalité du personnage. Le réalisateur déclare : « Rhianna Dorris est une jeune actrice extrêmement talentueuse. Elle a une présence incroyable, elle est confiante, très sûre d’elle et même quand elle ne dit rien, elle a une relation très puissante avec la caméra. »

Rhianna Dorris explique : « Kaye se donne des airs, elle passe pour une fille forte, brutale et directe mais en réalité, ce n’est qu’une adolescente comme les autres. Elle ne se soucie pas vraiment de ce que vous pensez, elle dit juste ce qu’elle a à dire et s’en va sans attendre de réponse. Elle est parfois très insolente et n’en fait qu’à sa tête. »

Le magicien Merlin, le précepteur d’Arthur, est l’un des héros les plus célèbres de la littérature et il a inspiré de nombreux personnages de la culture populaire dont Obi-Wan Kenobi, Dumbledore ou Gandalf. Comme le Merlin de la légende, celui du film est particulièrement complexe – il est incroyablement sage et mystique, mais également espiègle et un peu subversif, tout en étant capable de mentir, de manipuler et de piéger les gens.

Joe Cornish explique : « Merlin a souvent été représenté au cinéma et pour lui, nous voulions faire quelque chose de différent. L’un des éléments intéressants de la légende est le fait qu’il vive à rebours dans le temps. Cela a été interprété de différentes manières, mais je l’ai pris au pied de la lettre : plus il vieillit, plus il est jeune physiquement. »

Pour répondre à cette exigence, il a fallu deux acteurs ; l’un pour incarner Merlin comme un jeune sorcier et l’autre pour jouer sa version plus âgée. Joe Cornish précise : « Si Merlin veut donner du poids à ce qu’il dit ou avoir plus d’autorité sur les enfants, il se transforme en sa version plus âgée, qui est plus grave et plus sérieuse. Sous sa forme âgée, il possède l’autorité qui lui manque peut-être lorsqu’il a l’aspect d’un jeune homme. »

Il ajoute : « Le Merlin adulte est un personnage très important dans le film parce qu’il doit avoir un véritable charisme et une présence forte. Il apparaît dans les moments de crise ; quand les enfants ont besoin d’être guidés, effrayés ou encouragés par la présence d’un magicien adulte qui fait autorité. »

Le cinéaste précise : « Nous voulions quelqu’un doté de toutes ces qualités et nous avons immédiatement pensé à Sir Patrick Stewart. On a l’habitude de le voir jouer des personnages d’une grande sagesse mais jamais encore on ne l’avait découvert sous les traits d’un vieux sorcier un peu débraillé. La première fois que j’ai rencontré Sir Patrick pour lui parler du rôle, je lui ai dit que c’était une version très innovante de Merlin, que c’était un personnage qui arrivait dans notre monde totalement nu et qui s’habillait d’un ramassis de vêtements trouvés au hasard, quelqu’un que vous prendriez peut-être pour un sans-abri si vous le voyiez sans savoir qui il est. Il a immédiatement trouvé l’idée très séduisante.

« Quand Sir Patrick est arrivé sur le plateau, tout le monde était fasciné. Il a fait honneur à sa réputation et a apporté au personnage toutes les nuances qu’exigeait le scénario. Lorsque nos jeunes acteurs jouaient une scène avec lui, ils n’avaient pas besoin de feindre l’adulation, le respect et l’excitation qu’exigeait le scénario parce que tout cela se lisait sur leurs visages, toutes ces émotions étaient authentiques. »

Joe Cornish poursuit : « L’autre avantage à jouer avec Sir Patrick, c’est bien sûr son rôle dans EXCALIBUR de John Boorman ; qui est pour moi le meilleur des films sur ce sujet. Il y joue Sir Léodagan, l’un des chevaliers qui tente en vain d’extraire l’épée de son rocher avant que le jeune Arthur y parvienne. J’ai donc trouvé que c’était génial que la boucle soit bouclée. »

Sir Patrick Stewart se souvient : « Quand j’ai reçu le scénario, j’ai tout de suite été intrigué par l’idée de transférer ce qui est généralement considéré comme une œuvre médiévale dans notre monde moderne, et de transformer les grands héros légendaires des histoires arthuriennes en enfants à qui le jeune Merlin confie la tâche de prendre le pouvoir et de défier les forces du mal qui menacent de détruire le Royaume-Uni. »

Pour l’acteur chevronné, la moralité et l’humanité présentes dans la mythologie sont extrêmement puissantes. Il commente : « La légende arthurienne est une œuvre romanesque – au sens historique du terme, la romance médiévale. C’est l’une des plus grandes romances de l’histoire, entre l’histoire d’amour de Guenièvre et d’Arthur mais aussi celle de Guenièvre et de Sir Lancelot. Je pense que j’ai été attiré par le livre de Malory pour la même raison que je l’ai été par Shakespeare quand j’étais adolescent. La langue était si vivante, si inhabituelle, et pourtant si caractéristique de l’époque dont il parle ; cette langue me parlait, comme toute la réflexion philosophique sur la façon dont le bien peut triompher du mal. Comment – et c’est Malory qui le dit – il nous faut rester à l’affût des gens ou des créatures qui cherchent à détruire tout ce qui est bon. La moralité de ces histoires m’a toujours fait beaucoup d’effet. En outre, même si ces personnages sont probablement plus grandioses que les héros de la vie quotidienne, on retrouve en eux une belle et grande humanité. »

Sir Patrick Stewart poursuit : « L’un des grands attraits de ce projet était le fait que je travaillerais avec un autre acteur qui jouerait le même rôle que moi, ce que je ne pense pas avoir fait auparavant. Le concept m’a fasciné dès que j’ai commencé à travailler avec Angus. Nous nous sommes rencontrés et nous avons tenté deux ou trois choses. Nous avons tous les deux trouvé un passage de Shakespeare que nous connaissions par cœur et l’avons récité à l’unisson, chacun de nous essayant d’imiter la voix de l’autre. Je n’avais jamais rien fait de tel auparavant, c’était un exercice fascinant. »

C’est à l’occasion d’un casting que l’équipe du film a trouvé celui qui interprèterait la version jeune de Merlin, Angus Imrie. Joe Cornish déclare : « Angus est incroyablement talentueux et très charismatique. Il habite son personnage avec brio. Jouer ce personnage incroyablement âgé, sage et intelligent à l’âge de 22 ans implique de posséder les mêmes qualités pour que l’on y croie vraiment lorsque vous jouez la scène. Angus a mis beaucoup d’engagement dans le rôle et il a le charisme et l’autorité naturelle dont le personnage a besoin. »
Avant le début du tournage, Angus Imrie a effectué la marche d’une trentaine de kilomètres entre Bodmin Moor et Tintagel que les jeunes chevaliers entreprennent dans le film. Il a campé seul sur la lande pendant la nuit afin de partir dès le lever du soleil. Il a marché toute la journée sans consulter de carte et est finalement arrivé à Tintagel, où il a découvert la grotte de Merlin et s’est baigné dans la mer. L’acteur explique : « Je voulais avoir une idée du paysage de Tintagel et du comté de Cornouailles parce qu’il est extrêmement important pour la légende arthurienne. Ce qui est assez amusant, c’est qu’au moment du tournage, j’ai réellement ressenti cette atmosphère de terre païenne, très ancienne. »

L’un des personnages les plus emblématiques de la légende est la sorcière Morgane, demi-sœur du roi Arthur et enfant illégitime de naissance magique. Lorsqu’elle se fait déshériter et que l’épée lui est enlevée, elle devient cruelle, jalouse et cupide et n’a plus qu’un seul but : récupérer l’épée qu’elle croit lui appartenir de droit. Morgane est finalement piégée par Arthur et Merlin et enchaînée par magie dans les entrailles de la terre, où elle reste endormie pendant des siècles.

Dans le scénario de Joe Cornish, la bonté disparaît progressivement dans le monde. Les gens deviennent de plus en plus égoïstes et les nations de plus en plus divisées. C’est ce virage vers les ténèbres, ainsi qu’une éclipse solaire, qui donnent à Morgane la force de rompre la malédiction et de revenir. Quand elle découvre que l’épée a ressurgi, elle ne recule devant rien pour la récupérer et détruire celui qui la détient.

Joe Cornish déclare : « De nos jours, on attend des méchants qu’ils soient à la fois terriblement complexes et fort sympathiques, ce qui les prive parfois d’un certain degré de menace dont je me souviens dans les films que je voyais quand j’étais petit. J’étais donc excité d’avoir un personnage qui a certes ses raisons d’être malfaisant, mais qui est en plus une mauvaise personne par nature, capable de changer de forme et de se transformer en créature terrifiante. Étant donné qu’elle affronte des enfants, elle pense que son combat sera facile, mais elle ne prend pas la pleine mesure de la force et la persévérance de l’armée de jeunes chevaliers qui se rassemble pour la combattre. »

Rebecca Ferguson a tourné MISSION : IMPOSSIBLE – FALLOUT avec Simon Pegg, qui se trouve être un ami et collaborateur de longue date de Joe Cornish et de la productrice Nira Park. C’est lui qui a suggéré à Cornish de proposer à l’actrice le rôle de Morgane. Rebecca Ferguson raconte : « Je n’ai pas eu le temps de lire le scénario avant de rencontrer Joe. Nous nous sommes assis dans un petit café et il m’a lu la totalité du scénario pendant une heure et demie. Il imitait tous les personnages, faisait leurs voix, il se levait parfois pour jouer toute une partie du film. À la fin, je l’ai regardé et lui ai dit : « Je veux faire ton film ». J’ai littéralement signé à cet instant précis, sans contrat et sans avoir lu le scénario. »

Elle poursuit : « Joe travaille sur cette histoire depuis tant d’années – c’est son rêve de toujours et il brûle de passion à chaque fois qu’il en parle. »

Joe Cornish était ravi que Rebecca Ferguson soit attirée par le rôle. Il confie : « Nous avons eu beaucoup de chance que Rebecca ait vraiment adhéré à l’histoire et qu’elle ait été enthousiaste à l’idée de jouer ce rôle si essentiel. Il lui a fallu porter des prothèses élaborées et se transformer en une créature tout droit sortie d’un cauchemar, une créature qui vole, crache du feu, et combat une armée d’enfants. Je pense qu’elle a vraiment apprécié l’expérience, qu’elle l’a prise très au sérieux et qu’elle a énormément travaillé l’aspect physique et la gestuelle. Elle nous a donné beaucoup de temps et d’énergie et a dépassé de loin toutes nos attentes. Elle a une présence et un charisme incroyables dans le film. Je la trouve vraiment effrayante ! »

DE LA LÉGENDE ARTHURIENNE AU COLLÈGE

Joe Cornish avait une vision très précise de l’apparence qu’il souhaitait pour chacun des personnages d’ALEX, LE DESTIN D’UN ROI, et il voulait que ses jeunes chevaliers soient ancrés dans la réalité. Pour parvenir à ses fins, il a fait appel aux services de Jany Temime, qui a conçu les costumes de six des films de la saga HARRY POTTER. Jany Temime a choisi des couleurs médiévales, comme le bordeaux et le bleu pour les uniformes scolaires des chevaliers et l’argenté pour leurs armures, mélangeant les canons artistiques du XIIe siècle à des lignes contemporaines.

Pour le jeune Merlin, qui arrive nu dans notre monde, elle a dû créer un costume composé d’éléments hétéroclites qu’il trouve sur sa route : un t-shirt Led Zeppelin, un pantalon trop court qu’il prend à un écolier, des bottes jaunes et un long manteau qu’il vole dans une boutique. Son apparence générale est donc moderne tout en conservant un esprit médiéval. Le vieux Merlin porte les mêmes vêtements, mais ils sont vieillis et colorés différemment. Son manteau est orné du même motif que la robe de Morgane afin d’établir un lien entre les deux personnages séculaires.

L’apparence de Morgane lorsqu’elle est emprisonnée sous terre a été pensée comme une combinaison de prothèses et d’effets spéciaux pour créer un mélange unique de veines et de plantes grimpantes qui courent sur l’ensemble de son corps, créant ainsi une apparence translucide typiquement préraphaélite. Lorsqu’elle s’arrache à l’arbre souterrain, les racines et les plantes s’enroulent comme par magie autour d’elle pour créer une robe humide, sale et pourtant sublime, une sorte d’œuvre d’art haute couture.

Jany Temime explique : « Morgane doit se libérer en s’arrachant à ses entraves. J’ai donc commencé par broder sur du tulle, puis nous avons peu à peu trouvé un moyen de créer un aspect de racines. Nous avons ensuite ajouté de véritables tronçons de racines à son costume et il est tout de suite devenu moins joli à l’œil et moins romantique, mais bien plus réaliste. Il restait quand même très beau tout en ayant quelque chose de tragique et d’un peu dégoûtant, ce qui a beaucoup aidé à créer l’aspect final du personnage. »

Rebecca Ferguson raconte : « C’était un rituel de trois heures tous les matins, et c’était incroyable de voir Morgane prendre forme. Il y avait tout ce travail de tatouage incroyablement complexe pour ressembler à des veines suintantes qui couraient et bougeaient par vagues sur tout mon corps. »

Les Mille Morts, les sbires médiévaux de Morgane, reviennent d’entre les morts, de la lave coulant dans leurs veines. Bien qu’ils aient été réalisés à l’aide d’effets visuels, Joe Cornish voulait rendre l’expérience aussi palpable que possible pour les acteurs qui interagissaient avec eux. Des cascadeurs jouant face à eux étaient donc vêtus de costumes et équipés d’épées lumineuses qui projetaient une vive lumière sur les décors réels. Lors des scènes à cheval, ils montent de vrais chevaux afin de donner à l’équipe en charge des effets spéciaux la mesure des volumes corrects dans l’espace, tout en offrant une sensation d’authenticité aux acteurs présents.

Rebecca Ferguson déclare : « Bien que la légende arthurienne ait déjà fait l’objet de nombreux films, je n’avais encore jamais vu l’histoire d’Arthur comme une œuvre moderne avec de jeunes enfants chaussés de baskets qui enfilent une armure contemporaine bricolée par-dessus leur sweat à capuche. C’est un fantastique mélange où l’ancien et le nouveau se heurtent et se complètent de la plus belle des manières. »

Le régisseur d’extérieurs Jason Wheeler explique : « Joe a sa vision des personnages et de leur apparence dans sa tête depuis qu’il est adolescent, et plus je passais de temps avec lui et Marcus Rowland, le chef décorateur, à parler des idées, des lieux, de l’apparence et de l’aspect du film, plus il m’apportait des pépites, parce qu’il les avait en tête depuis des années. C’était excitant de faire le film de quelqu’un qui, jeune garçon, a imaginé ces personnages et ce scénario à partir d’une légende que nous connaissons tous, et de l’aider à rendre tout cet univers en images. »

Le chef décorateur Marcus Rowland, qui avait déjà travaillé avec Joe Cornish sur ATTACK THE BLOCK, ajoute : « Étant donné que cela faisait des années que Joe vivait avec cette histoire dans un coin de sa tête, il s’intéressait à chaque détail. Quand nous avons commencé à explorer des lieux de tournage potentiels, il était évident qu’il avait déjà imaginé les décors dans sa tête, et nous avons donc essayé de travailler avec ses idées. Joe a toujours eu un très bon instinct pour l’aspect et l’organisation de l’action. »

Joe Cornish raconte : « Il y a des endroits dans ce film que l’on croit réels, on ne se doute pas une seconde que Marcus Rowland les a inventés de toutes pièces. Il y a tellement de décors, de textures et d’ambiances différentes ! Tout cela, on le doit à Marcus. »

Pour éclairer et cadrer le film, Joe Cornish a accordé toute sa confiance à Bill Pope – directeur de la photographie sur LE LIVRE DE LA JUNGLE, la trilogie MATRIX et deux des films SPIDER-MAN, entre autres – pour respecter sa vision. Il explique : « Bill est incroyablement rapide et talentueux. Il est si bon dans ce qu’il fait que je peux oublier sa présence et continuer à diriger en sachant que tout ce dont j’ai besoin sera là et parfaitement éclairé. »

Le tournage d’ALEX, LE DESTIN D’UN ROI a duré 17 semaines. Il s’est déroulé aux studios Leavesden, dans les Cornouailles, le Somerset, le Surrey et à Londres durant l’hiver 2017-2018.
Plusieurs décors ont été construits dans l’enceinte des studios Leavesden, dans la banlieue de Londres ; l’un des plus importants étant celui du monde souterrain de Morgane. Sa construction, en bois recouvert de plâtre qui a ensuite été décoré de détails complexes par des sculpteurs spécialisés, a demandé 10 semaines. Marcus Rowland, le chef décorateur, explique l’objectif de l’apparence du décor : « Le décor souterrain était centré sur la colonne de racines et de pierres d’où émerge Morgane. Elle est donc placée au centre, et tout le reste en découle. Nous avons imaginé que la grotte avait était creusée par de la lave, et c’est la raison pour laquelle elle a un aspect si fluide. Nous y avons ajouté tout un réseau de petits ruisseaux qui coulent dans tous les sens pour montrer son activité permanente et le danger qui en découle. »

En parallèle, le régisseur d’extérieurs Jason Wheeler et son équipe ont également dû trouver l’école qui permettrait de filmer de nombreuses scènes clés du film. Après en avoir envisagé près de 1 500 à travers le pays pour trouver celle qui ferait le parfait collège privé Dungate, ils ont finalement jeté leur dévolu sur l’Ark Academy de Putney. Son architecture extérieure est un exemple classique du design des années 1960, mais son intérieur est moderne et contemporain.

Il était important pour Joe Cornish que le film soit fermement ancré dans l’histoire et le territoire de la Grande-Bretagne. Le réalisateur précise : « Dans ce pays, si vous sortez un peu des villes, vous tombez rapidement sur un vieux château absolument incroyable ou sur une ruine romaine extraordinaire. Toute l’histoire de l’évolution de la culture et de la société de ce pays est encore présente un peu partout. »

Bodmin Moor, le village de Minions, les cercles de pierre des Hurlers, le lac Dozmary ainsi que le château et la ville de Tintagel dans le comté de Cornouailles, comptent parmi les nombreux lieux historiques qui ont servi lors du tournage.

Même si une grande partie de l’action ayant lieu à Dozmary Pool a été tournée sur un plateau des studios Leavesden, Joe Cornish a été séduit par l’emplacement réel. Le réalisateur explique : « Dozmary Pool est situé sur les landes de Bodmin et il s’agit d’un des endroits que la Dame du Lac aurait habités. C’est inhabituel qu’un plan d’eau se trouve au-dessus du niveau de la mer. Ce n’est réellement ni un étang ni un lac, mais il se trouve au milieu de l’herbe comme s’il en avait surgi. On peut vraiment imaginer une main tenant une épée transperçant la surface. La première fois que je suis venu, il y avait une brume très épaisse. On ne pouvait pas voir les bords du plan d’eau et il était donc impossible d’en déterminer la taille ou la profondeur, et il avait une atmosphère irréelle extraordinaire. Ça m’a vraiment frappé et nous l’avons recréée dans le film. »

Joe Cornish était également très enthousiaste à l’idée de tourner sur Glastonbury Tor, qu’il décrit comme : « Une colline construite par l’homme, sublime et incroyablement cinématographique – moitié monticule funéraire, moitié autre chose – avec des contours hors du commun et magnifiques et dont l’histoire extraordinaire est étroitement liée à la mythologie biblique et arthurienne. Il y a toute une culture de mysticisme et d’exotisme autour de Glastonbury Tor, mais on ne l’avait encore jamais vraiment vue dans un film. »

 Source et copyright des textes des notes de production 
@ Coming Soon Communication & Twentieth Century Fox France

  
#AlexRoi


Autre post du blog lié au film ALEX, LE DESTIN D'UN ROI

mardi 19 mars 2019

ALEX, LE DESTIN D'UN ROI


Au cinéma le 10 avril 2019

Ce film nous propose de revisiter le mythe du Roi Arthur avec une touche de modernité et un cœur d'enfant.

Un film de Joe Cornish
Avec Patrick Stewart, Louis Serkis, Rebecca Ferguson, Tom Taylor, et Denise Gough


Résumé : la magie ancestrale rencontre le monde moderne dans une aventure épique : ALEX, LE DESTIN D’UN ROI.
Alex est un écolier ordinaire de 12 ans dont la vie va être bouleversée par la découverte de l’épée mythique Excalibur. Il doit à présent former une équipe de chevaliers composée de ses amis, ses ennemis et le légendaire Merlin l’enchanteur, afin de contrer la maléfique Morgane, venue du Moyen-Age pour détruire le monde. Alex devra alors se transformer en un héros qu’il n’a jamais rêvé de devenir.

Bande annonce (VOSTFR)


Extrait - Dame du Lac (VOSTFR)


Quelques photos du film







Copyright photos @ 20th Century Fox France


  
#AlexRoi

mardi 25 décembre 2018

MEN IN BLACK : INTERNATIONAL


Au cinéma le 12 juin 2019

Le casting de ce nouvel MIB est vraiment sympa et l'univers de ces agents très spéciaux qui ont sauvé le monde à plusieurs occasions semble respecté.

Un film réalisé par F. Gary Gray (Fast and Furious 8)
Avec Chris Hemsworth, Tessa Thompson, Rebecca Ferguson, avec Emma Thompson et Liam Neeson


Résumé : les Men In Black ont toujours protégé la Terre de la vermine de l’univers. Dans cette nouvelle aventure, ils s’attaquent à la menace la plus importante qu’ils aient rencontrée à ce jour : une taupe au sein de l’organisation Men In Black.

Bande annonce (VOSTFR)


  
#MIBInternational

vendredi 27 juillet 2018

MISSION:IMPOSSIBLE - FALLOUT


Action/Espionnage/Un film d'action pur jus, un vrai plaisir !

Réalisé par Christopher McQuarrie
Avec Tom Cruise, Rebecca Ferguson, Henry Cavill, Michelle Monaghan, Simon Pegg, Ving Rhames, Alec Baldwin, Vanessa Kirby, Angela Bassett, LaneSean Harris...

Long-métrage Américain
Durée : 02h27mn
Année de production : 2018
Distributeur : Paramount Pictures France 

Date de sortie sur les écrans américains : 27 juillet 2018
Date de sortie sur nos écrans : 1er août 2018


Résumé : les meilleures intentions finissent souvent par se retourner contre vous… 

Dans MISSION : IMPOSSIBLE – FALLOUT, Ethan Hunt accompagné de son équipe de l’IMF – Impossible Mission Force et de quelques fidèles alliées sont lancés dans une course contre la montre, suite au terrible échec d’une mission.

Bande annonce (VOSTFR)


Making-of avec Tom Cruise - les cascades sont réelles (VOSTFR)


Making of HALO jump (VOSTFR)



Extrait - Saut (dans le vide)(VOSTFR)



Ce que j'en ai pensé : MISSION: IMPOSSIBLE - FALLOUT est un super film d'action. Après MISSION: IMPOSSIBLE - ROGUE NATION (2015), le réalisateur, Christopher McQuarrie, revient à la tête de cette nouvelle mission pour nous entraîner dans une aventure palpitante qu'il rend ultra spectaculaire grâce à sa mise en scène qui nous entraîne au plus près de l'action. Les cascades sont complètement époustouflantes. 



Tom Cruise, qui interprète Ethan Hunt, fait un travail extraordinaire avec son implication physique sur tous les fronts dans des scènes toujours plus spectaculaires au fur et à mesure que le film avance. Même les combats à main nue réussissent à innover et à inclure un peu d'humour pour les dynamiser. Christopher McQuarrie a également écrit le scénario et il est évident qu'il maîtrise son sujet aussi bien sûr le fond que sur la forme puisqu'il nous emmène là ou il veut. Il faut être bien attentif au début lors de la description de la mission pour comprendre le contexte, ensuite il y a encore deux ou trois scènes plus posées pour faire avancer l'intrigue. Autrement, on est sans arrêt dans l'action et c'est un vrai plaisir enthousiasmant. Bien que les situations dans lesquelles se retrouvent Ethan Hunt soient improbables, le réalisateur nous y fait croire. Il filme remarquablement à Paris ou à Londres en mettant en avant la beauté de ces villes sans pour autant compromettre le ton et l'ambiance de son film qu'il conserve pendant toute la durée. Il apporte un grand soin à ses plans et cela se ressent à la fois dans le rythme soutenu et dans la cohérence qui se dégagent de l'ensemble. Les 2 heures 27 minutes de ce long-métrage ne paraissent d'ailleurs pas longues du tout. De plus, il intègre suffisamment d'éléments à sa narration pour nous raconter une histoire globale tout en la rattachant à un aspect beaucoup plus personnel. Même si on ne connaît pas du tout le principe des Missions Impossibles, le réalisateur en rappelle les spécificités ce qui fait qu'on peut regarder cet opus sans rien connaître à aux films précédents.

En tout cas, pour les fans, on retrouve les membres de l'équipe d'IMF (Impossible Mission Force) comme si on les avait quittés hier.
Tom Cruise est impeccable dans le rôle d'Ethan Hunt. L'acteur assure au niveau physique et n'étouffe pas du tout les autres personnages, au contraire, ce qui est une force, car chaque protagoniste apporte un plus à l'histoire. Ehtan Hunt a son rôle à jouer dans son équipe et n'est pas parfait. Il est complet grâce à ses coéquipiers. 



Ving Rhames, interprète Luther Stickell, le sage de l'équipe, celui qui recentre et qui rassure. Simon Pegg est toujours aussi malin, drôle et sympathique dans le rôle Benji Dunn.


Rebecca Ferguson est ultra convaincante dans celui d'Ilsa Faust. Cette agent ne fait pas partie de l'équipe, mais c'est tout comme.


Alec Baldwin donne un visage plus politique à cette aventure en interprétant Alan Hunley. Il trouve son pendant en Angela Bassett qui interprète Erica Sloane. Les deux comédiens ont le charisme qu'il faut pour ces rôles.
En nouveau venu, Henry Cavill, qui interprète August Walker, fait des étincelles ! La dynamique de fonctionnement de ce protagoniste avec Ethan Hunt est géniale. 


Enfin, Sean Harris revient sous les traits de Solomon Lane. Il réussit à être un adversaire inquiétant dont l'ombre vient planer sur l'équipe de l'IMF.

MISSION: IMPOSSIBLE - FALLOUT tient toutes ses promesses et va même plus loin en alliant une intrigue et du très grand spectacle autour de personnages forts. C'est un véritable divertissement, diablement efficace. Je vous le conseille absolument.


NOTES DE PRODUCTION
(À ne lire qu'après avoir vu le film pour éviter les spoilers !)

LA TRAJECTOIRE D’ETHAN HUNT 

Ces vingt dernières années, Tom Cruise a non seulement produit les films de la saga MISSION: IMPOSSIBLE, mais en a tenu le rôle principal et effectué des cascades toutes plus spectaculaires les unes que les autres. Ce phénomène culturel international a généré plus de 2,8 milliards de dollars de recettes à travers le monde, faisant de la saga l’une des plus lucratives de l’histoire du cinéma. Aujourd’hui, pour ce sixième opus, il se glisse à nouveau dans la peau de son personnage, le chef de l’Impossible Mission Force Ethan Hunt. 

Tom Cruise considère que MISSION: IMPOSSIBLE FALLOUT est l’aboutissement de tous les films précédents : « On y retrouve d’anciens personnages et des intrigues qui arrivent à leur dénouement », révèle-t-il. « Au début du film, on a choisi L’Odyssée d’Homère pour une raison bien précise. L’itinéraire de mon personnage, Ethan Hunt, et de son équipe est une odyssée inspirée de cette œuvre. C’est une épopée individuelle et les enjeux émotionnels pour les personnages sont considérables ». 

Le scénariste et réalisateur Christopher McQuarrie note que Tom Cruise, qui a initié la saga en 1996, comprend mieux que personne ce qui explique le succès d’un épisode de MISSION: IMPOSSIBLE. « C’est lui qui porte le flambeau. C’est un artiste qui fonctionne beaucoup à l’instinct et à l’émotion. Il connaît Ethan Hunt et il sait au plus profond de lui-même ce qui séduit le public chez ce personnage ». 

Christopher McQuarrie pense que si la saga continue à connaître un tel succès, c’est grâce au désir irrépressible de Tom Cruise de rendre chaque nouveau chapitre encore plus excitant et plus intense que le précédent. « On ne se repose jamais sur nos lauriers », estime le réalisateur, qui était déjà aux commandes de MISSION: IMPOSSIBLE - ROGUE NATION en 2015. « Mais surtout on n’oublie jamais le public. Tom cherche avant tout à divertir. Tout ce qu’il fait dans ses films a pour but de vous emmener là où vous n’êtes jamais allés, pour vous montrer des choses que vous n’avez jamais vues et vous plonger dans cette aventure à ses côtés ». 

Pour MISSION: IMPOSSIBLE FALLOUT, Christopher McQuarrie avait hâte d’explorer la facette plus sombre et plus humaine du personnage central. « Ethan a toujours eu quelque chose d’un peu mystérieux », remarquet-il. « Cette fois, je souhaitais accorder plus de place à sa psychologie et à ses relations avec les autres. Le titre, FALLOUT, ne fait pas seulement référence aux retombées radioactives : il s’agit aussi des conséquences de toutes ses bonnes intentions. Il se retrouve aujourd’hui dans une situation qui échappe à son contrôle et il sait qu’il doit en passer par là, même s’il a bien conscience d’être manipulé ». 

Élément décisif de l’histoire, une décision douloureuse prise par Ethan Hunt revient le hanter. Jake Myers explique : « Au début, lorsque l’on retrouve Ethan, il est dans une situation compliquée. Il a commis une erreur et il est confronté à des événements de son passé qui le touchent profondément. Il faut qu’il prenne une décision : doit-il sauver ses amis et sa famille, ou les millions de gens menacés par les forces destructrices qu’il doit affronter ? Il est temps pour lui de faire son examen de conscience ». 

Tom Cruise incarne son personnage comme peu d’acteurs de films d’action, ajoute le producteur Jake Myers. « Tom insuffle non seulement beaucoup de profondeur au rôle mais il a aussi des capacités physiques qui lui permettent de faire des choses dont peu d’acteurs seraient capables. Il est très entraîné, il n’a peur de rien. Il me semble que la plupart des sagas d’action sont dissociables de leur acteur principal, alors que sans Tom, Ethan Hunt n’existe pas, du moins pas celui que les spectateurs du monde entier ont adopté avec un tel enthousiasme ».

LE RETOUR D’UN RÉALISATEUR 

À la demande de Tom Cruise, Christopher McQuarrie est devenu le premier réalisateur à mettre en scène deux films de la saga MISSION: IMPOSSIBLE. « L’un des traits caractéristiques de la saga est que chaque opus est signé par un réalisateur différent », souligne Christopher McQuarrie. 

« Lorsque Tom m’a demandé de revenir pour ce volet, j’ai accepté à la condition de pouvoir respecter cette tradition en adoptant une esthétique radicalement nouvelle par rapport au film précédent. Ce que je veux, c’est qu’en regardant ROGUE NATION et FALLOUT, on ait l’impression qu’ils ont été réalisés par deux personnes différentes ». 

L’idée convenait parfaitement à Tom Cruise, qui admire le travail du cinéaste depuis que les deux hommes ont collaboré en 2013 sur le thriller d’action JACK REACHER. « J’adore travailler avec McQuarrie », confie l’acteur. « Il a un talent incroyable. Il a voulu changer l’identité visuelle du film pour qu’on ait l’impression qu’il avait été réalisé par quelqu’un d’autre et il a réussi. On y retrouve quand même son goût pour une narration audacieuse. J’aime cette puissance du film et des personnages. On a vraiment sorti le grand jeu. J’ai hâte que les spectateurs découvrent le film ». 

Au cours de leurs trois collaborations sur des films d’action de grande envergure, Christopher McQuarrie et Tom Cruise sont devenus très proches, aussi bien sur le plan professionnel que personnel. « Ils se comprennent à demi-mot », révèle Jake Myers. « Tom a trouvé chez Christopher McQuarrie quelqu’un en qui il a confiance et avec qui il est très à l’aise. Ils sont toujours en train de retravailler quelque chose, de faire des modifications, ce qui rend le film plus difficile à produire, mais au final donne un bien meilleur résultat ». 

Comme on pouvait s’y attendre, Christopher McQuarrie, oscarisé pour le scénario de USUAL SUSPECTS, a continué à modifier l’histoire au cours du tournage. « Chris fait vivre le scénario », estime Henry Cavill. « C’est un grand scénariste qui a une belle intelligence des personnages. Il brille dès lors qu’il s’agit de les mettre dans des situations extrêmement tendues dont ils se sortent en faisant preuve de plus de maturité, de capacité d’adaptation et d’évolution. C’est quelque chose qui me plaît beaucoup en tant qu’acteur parce que ça me force à ne jamais me reposer sur mes lauriers, mais plutôt à m’adapter en permanence, comme dans la vraie vie ». 

Rebecca Ferguson partage son avis : « C’est une expérience de tournage tout à fait nouvelle pour moi. Ça me plaît beaucoup parce que ça m’oblige à rester parfaitement alerte. Il faut accepter de lâcher prise tout en gardant le contrôle de son personnage ». 

L’ÉQUIPE IMF 

Chaque mission est centrée autour d’un groupe soudé de spécialistes de l’espionnage en conditions extrêmes : l’Impossible Mission Force, menée par Ethan Hunt. 

« Les membres de l’équipe ne sont pas toujours les mêmes mais ce qui ne change pas, c’est l’esprit de corps », remarque Rebecca Ferguson. « Il y a toujours la superstar, l’humoriste, l’excentrique, la beauté fatale ; ce sont ces différents ingrédients qui permettent de concocter le spectacle unique qu’est MISSION: IMPOSSIBLE ». 

Ce sont le charisme personnel des acteurs et leur dynamisme qui contribuent à démarquer le film des productions du genre, d’après Tom Cruise. « Mes moments préférés au cinéma sont ceux où des acteurs exceptionnels trouvent leur rythme de croisière. McQuarrie et moi travaillons d’arrache-pied pour arriver à ça : c’est ce qui nous plaît le plus quand on raconte des histoires au cinéma ». 

Ving Rhames incarne Luther Stickell depuis le premier volet sorti en 1996. « McQuarrie a qualifié mon rôle d’’âme du film », se souvient l’acteur récompensé aux Golden Globes. « Au départ, je ne voyais pas bien ce qu’il voulait dire, mais je crois que c’est parce que j’incarne un peu la conscience d’Ethan. Dans ce film, pour la première fois, une altercation physique éclate entre nous, ce qui arrive parfois entre deux personnes qui tiennent beaucoup l’une à l’autre. Je trouve que ça donne un côté plus humain à Luther et permet de révéler davantage sa personnalité. Il y a aussi une scène très forte avec Ilsa où l’on sent à quel point Luther tient à Ethan ». 

Comme l’explique Tom Cruise, Luther devait au départ mourir dans le premier film. « Je ne voulais pas que ça arrive », déclare-t-il. « D’une part parce que Ving était excellent dans le rôle mais aussi en raison de la relation entre Ethan et Luther. Il a quelque chose de captivant dans la façon dont il interprète ce rôle et je crois qu’on le voit dans chacun des films. Leur alchimie dans cet épisode est vraiment formidable ». 

L’un des personnages les plus attachants des trois derniers volets de la saga est Benji Dunn, joué par l’acteur, humoriste et réalisateur Simon Pegg. « Ce sont des films qui tentent toujours de prendre les spectateurs de court », estime Simon Pegg. « Ils regorgent de complots, trahisons et autres intrigues. Mais ils ne manquent pas pour autant de légèreté. On ne peut pas maintenir une telle tension pendant deux heures sans risquer la rupture d’anévrisme. Ça fait du bien de pouvoir se détendre quelques instants et de rire un bon coup. Souvent, c’est là que Benji intervient ». 

Benji entre d’abord à l’IMF en tant qu’analyste système avant de se prendre de passion pour l’aventure lorsqu’il est engagé pour soutenir Ethan à distance dans MISSION: IMPOSSIBLE3. «Dans MISSION: IMPOSSIBLE - PROTOCOLE FANTÔME, il se retrouve pour la première fois sur le terrain, et dans ROGUE NATION, il a pris du galon et s’est fait à l’idée qu’il était devenu agent secret, même s’il a toujours un peu de mal à tout prendre au sérieux », raconte Simon Pegg. « C’est vraiment chouette de jouer un personnage depuis si longtemps et de le voir évoluer du statut de geek qui ne sort pas du labo — j’en avais d’ailleurs tout à fait l’allure dans le troisième opus — à celui d’agent secret bien plus efficace et en forme, paré de ses innombrables talents ». Tom Cruise se dit ravi de l’évolution du rôle de Simon Pegg depuis qu’il a rejoint l’équipe il y a plus de dix ans. « J.J. Abrams et moi l’avons remarqué dans SHAUN OF THE DEAD où on l’a trouvé remarquable. Au départ, il devait seulement tourner un ou deux jours dans le troisième opus et regardez comme son personnage a évolué depuis ! » 

Alec Baldwin apparaît, lui, pour la deuxième fois dans lasaga sous les traits de l’ancien directeur de la CIA Alan Huntley, récemment nommé à la tête de l’IMF. « Il fallait absolument qu’il revienne », déclare Christopher McQuarrie. « Souvent, on me demande qui est la personne la plus drôle sur le tournage. Tout le monde est très sympa mais personne n’est aussi marrant qu’Alec Baldwin. C’est un tel plaisir de travailler avec lui ! ».

LES FEMMES DE MISSION: IMPOSSIBLE 

MISSION: IMPOSSIBLE FALLOUT met en scène quatre femmes fortes, incarnées par quatre actrices formidables : Michelle Monaghan qui fait son retour, mais aussi Rebecca Ferguson, Angela Bassett et Vanessa Kirby. « On a eu une chance incroyable de travailler avec quatre femmes si fortes », souligne Christopher McQuarrie. « On avait bien l’intention de féminiser le film et de donner à chacune de ces femmes une identité bien à elle grâce à des rôles solides de premier plan ». 

Chaque fois qu’il entame un nouveau projet avec Tom Cruise, Christopher McQuarrie lui pose la même question : « Je lui demande ce qu’il attend de l’histoire, ce à quoi il tient absolument. Cette fois, Tom a répondu : ‘Je veux boucler l’histoire de Julia. Les gens me posent encore des questions à son sujet’. Alors on est parti de là ». 

Comme le savent tous les fans de la saga, Julia est la femme d’Ethan, incarnée par Michelle Monaghan. Le personnage apparaît pour la première fois dans MISSION: IMPOSSIBLE 3, et semble mourir entre la fin du film et le début de MISSION: IMPOSSIBLE - PROTOCOLE FANTÔME. Elle fait une brève apparition dans ce film lorsque l’on apprend que sa mort n’était qu’une mise en scène destinée à la protéger des ennemis d’Ethan. « 

Comme ce film est l’aboutissement de tous les précédents opus, on a beaucoup parlé d’émotion et pour avoir de l’émotion, il était fondamental de faire revenir Julia », explique Tom Cruise. « On joue beaucoup avec le désir et le romantisme. Michelle fait un travail exceptionnel, et c’est une personne formidable ». 

Michelle Monaghan a été agréablement surprise d’apprendre que son personnage serait de retour dans MISSION: IMPOSSIBLE FALLOUT. « Je ne savais pas du tout qu’ils envisageaient le retour de Julia et j’ai été absolument ravie de l’apprendre ! », se souvient-elle. « C’est un personnage génial et les fans se sont passionnés pour leur histoire d’amour. Ethan a dû la laisser partir pour ne pas la mettre en danger. À mes yeux, c’est la plus belle preuve d’amour. Dans ce film, ils se sont retrouvés mais leur relation a bien évolué ». 

Ilsa Faust, ancien agent du MI6, porte le prénom du personnage d’Ingrid Bergman dans CASABLANCA, Ilsa Lund. D’après Tom Cruise, c’est un clin d’œil de la part de Christopher McQuarrie, qui voit beaucoup de ressemblances entre Rebecca Ferguson et les actrices de l’âge d’or du cinéma hollywoodien. « Rebecca est fantastique. Elle a un charisme fou, elle est très sportive et son incroyable présence crève l’écran ». 

Ilsa, qui poursuit ses propres objectifs et a une idée bien à elle de ce qu’est l’art de l’espionnage, est d’abord en désaccord avec l’IMF. « Elle veille surtout à ses propres intérêts », note l’actrice suédoise, qu’on a récemment vue dans THE GREATEST SHOWMAN, LE BONHOMME DE NEIGE et LA FILLE DU TRAIN. « Chacun a ses propres objectifs et ses propres desseins dans ce film. Parfois, on s’entraide, et parfois on se met des bâtons dans les roues, ce qui crée beaucoup de tensions ». 

Rebecca Ferguson et Simon Pegg, devenus amis sur le tournage de ROGUE NATION, ont tout de suite retrouvé leurs habitudes sur le plateau. « Rebecca est une actrice de grand talent qui joue un super personnage », estime Simon Pegg. « J’apprécie le fait qu’Ilsa donne le change à Ethan, à la fois physiquement et intellectuellement : elle n’est pas là pour qu’on la sauve. C’est vraiment génial d’avoir ces personnages de femmes fortes qui commencent à occuper le devant de la scène. Il était temps ». 

Vanessa Kirby, plébiscitée par la critique pour THE CROWN où elle interprète la Princesse Margaret, la sœur amère de la Reine Elizabeth, campe Alana, alias la Veuve Blanche. « Alana est un personnage mystérieux qui entre dans la vie d’Ethan et s’avère être tout le contraire des femmes qu’il a connues jusque-là », raconte l’actrice. « Elle incarne une autre vie possible, aux côtés de quelqu’un comme elle qui comprend sa situation. Elle représente une tentation, pas seulement physique, mais aussi sentimentale et intellectuelle ». 

La Veuve Blanche a quelque chose de mystérieux aux yeux de Christopher McQuarrie. « Elle se fait passer pour la présidente d’une organisation caritative, mais en réalité elle est trafiquante d’armes et elle met en contact des terroristes avec des financiers. Il semble qu’elle apprécie la compagnie de ces malfrats, mais on ne peut pas lui faire confiance ». 

Angela Bassett joue le rôle d’Erika Sloane, qui remplace Alan Huntley (Alec Baldwin) à la tête de la CIA à présent qu’il dirige l’IMF. Elle n’aborde pas son poste de la même façon : « Erika Sloane est sans pitié et déterminée », note Christopher McQuarrie. « Elle n’a aucune tolérance à l’égard de l’IMF et de ses intrigues, mais elle a aussi quelque chose de déroutant dans sa façon de se comporter. J’ai adoré travailler avec Angela. Elle apporte quelque chose de très particulier au film ». 

L’actrice citée à la fois aux Oscars et aux Emmy Awards « respire l’intelligence, la force et l’assurance », d’après Tom Cruise. « J’adore le personnage que McQuarrie a imaginé pour elle et Angela l’incarne parfaitement. C’est une vraie force de la nature à l’écran et c’est une femme absolument merveilleuse ».

LE MARTEAU 

MISSION: IMPOSSIBLE FALLOUT fait intervenir un nouveau personnage du nom d’August Walker, agent de la CIA incarné par Henry Cavill, avec qui Erika Sloane impose à Ethan de travailler. « C’est une sorte de joker dans cette histoire », commente Christopher McQuarrie. « Il y a pas mal de frictions entre lui et Ethan, et ça finit par exploser au cours du film ». 

Walker, le tueur le plus efficace de la CIA, poursuit lui aussi ses propres objectifs funestes, comme l’explique Henry Cavill: « C’est le genre à finir le boulot. C’est lui qui élimine les gens que l’on ne peut pas capturer vivants. Mais au-delà de ça, c’est surtout un anarchiste. Il considère que l’ancien ordre mondial doit être éradiqué pour permettre la survie des espèces et la mise en place d’une utopie. Il joue le rôle d’un agent infiltré de la CIA, tout en essayant de déclencher une guerre qui changera le monde ». 

Tom Cruise ne tarit pas d’éloges sur la prestation du héros de MAN OF STEEL : « Il est très puissant, très sportif, plein de charisme : il crève l’écran. Les gens vont pouvoir constater qu’il ne fait pas les choses à moitié. McQuarrie lui a écrit un rôle sur mesure. C’est le méchant parfait ». 

Pour ce rôle, Henry Cavill a dû supporter des situations particulièrement inconfortables au cours du tournage, comme en témoigne Christopher McQuarrie : « Le pauvre a participé à toutes les scènes tournées dans les conditions les plus éprouvantes qui soient, notamment le froid glacial, et sans beaucoup de vêtements sur le dos », raconte le réalisateur. « Il s’est notamment retrouvé à bord d’un hélicoptère à la porte ouverte qui se déplaçait à 160 km/h, à 2000 mètres au-dessus d’un glacier en plein cœur de l’hiver néo-zélandais, ou encore suspendu à une falaise de 600 mètres de haut en Norvège. Il s’est toujours montré enthousiaste, n’hésitant jamais à foncer tête baissée. Henry est un vrai gentleman et un acteur fantastique. C’est quelqu’un avec qui il est très agréable de travailler et qui a beaucoup d’humour ».

LE SCÉLÉRAT 

Sean Harris reprend le rôle de Salomon Lane, le méchant de ROGUE NATION qui cherche maintenant à se venger d’Ethan pour ce qu’il lui a fait dans l’épisode précédent. « Lane accuse Ethan d’avoir détruit tout ce qu’il avait construit », explique le réalisateur. « Pour lui, le véritable méchant, ça n’est pas lui mais Ethan, et il est bien décidé à le lui prouver. Ce qui commence comme une simple mission consistant à récupérer du plutonium volé s’avère en fait n’être qu’un piège tendu par Lane ». 

Sean Harris a lui aussi vécu un certain nombre d’expériences particulièrement intenses au cours du tournage : « On ne peut pas se préparer à se retrouver ligoté dans une camisole de force à l’arrière d’une BMW conduite par Tom Cruise qui fonce à 160 km/h dans les rues de Paris », souligne Christopher McQuarrie. « La scène est assez drôle à regarder parce qu’il faut qu’il reste dans la peau de son personnage tout au long de cette séquence de conduite effrénée. Lane est un personnage à la concentration parfaite, qui n’a peur de rien, si bien que Sean doit garder un visage presque impassible. Ça n’est pas facile mais il s’en sort très bien ». 

Dans une autre scène, Lane est transporté à l’arrière d’un camion qui se retrouve projeté dans la Seine. « Un gigantesque mur d’eau surgit à la manière d’un personnage venu l’attaquer », révèle Christopher McQuarrie. « On a immergé le camion dans l’eau et on l’a retourné, sans bouger la caméra, ce qui explique que l’orientation de l’eau ait l’air si étrange. Sean m’a dit qu’il pouvait retenir sa respiration pendant 45 secondes mais une fois la tête en bas, il a fallu qu’il souffle par le nez, si bien qu’il s’est immédiatement retrouvé de 45 secondes d’air à plus d’air du tout. Il faut dire en sa faveur qu’on a dû refaire la scène au moins 10 ou 12 fois pour réussir à saisir le plan parfait ». 

RIEN DE MIEUX QUE LA RÉALITÉ 

Si Christopher McQuarrie a volontairement élaboré une esthétique nouvelle pour le film, il savait qu’il était essentiel de ne pas omettre les valeurs fondamentales de cette saga si emblématique. « MISSION: IMPOSSIBLE repose essentiellement sur les cascades sans trucage, les effets spéciaux, et le tournage en extérieur, en utilisant le moins de fonds verts possibles », résume-t-il. « Tom est prêt à réaliser à peu près tout ce qu’on peut imaginer. Il faut donc trouver le moyen de positionner la caméra de façon à ce qu’on voie que c’est bien lui qui exécute ses propres cascades et c’est la raison pour laquelle tout est pensé de façon à ce que Tom soit au cœur de l’action ». 

Dans chaque film de la saga, Tom Cruise réalise une cascade inoubliable où il joue avec la mort. Dans MISSION: IMPOSSIBLE - PROTOCOLE FANTÔME, il s’agissait pour lui d’escalader le Burj Khalifa de Dubai, le gratte-ciel le plus haut du monde. Dans MISSION: IMPOSSIBLE - ROGUE NATION, il devait rester accroché à la porte d’un avion de transport militaire Airbus A400M Atlas pendant le décollage. 

Pour MISSION: IMPOSSIBLE FALLOUT, Tom Cruise et Christopher McQuarrie ont mis la barre encore plus haut en matière de sensations fortes en élaborant toute une série de cascades inoubliables qui vont certainement faire bondir les spectateurs de leur siège. « Tom a passé plus d’un an à se préparer pour ce film », confie Christopher McQuarrie. « Beaucoup de rumeurs ont circulé sur la nature de LA cascade qu’il allait effectuer cette fois. Il a fallu que j’explique qu’il en préparait en fait toute une série. C’est la séquence la plus périlleuse que j’aie jamais vue ; Tom était en danger à chaque instant ». 

Si les cascades délirantes réservent un summum de sensations fortes, on évite cependant de dépasser la limite du crédible, comme l’explique Wade Eastwood, chef-cascadeur et réalisateur 2ème équipe. « Il ne s’agit pas d’un de ces films de super-héros où les types font des bonds de 200 mètres depuis le toit d’une voiture pour atterrir confortablement sur leurs deux jambes. On veut des scènes d’action qui soient réalistes. Je pense que c’est la raison pour laquelle les spectateurs s’identifient au personnage d’Ethan Hunt : c’est un être humain comme les autres. Il sait ce qu’il a à faire. Il ne choisit pas toujours la façon la plus simple d’arriver à son but mais il donne tout ce qu’il a ; il faut donc imaginer des cascades à couper le souffle mais qui puissent aussi faire sourire et rester crédibles ». 

UNE MISSION INTERNATIONALE 

Comme les derniers opus, MISSION: IMPOSSIBLE FALLOUT emmène l’équipe de l’IMF dans un tour du monde aux paysages plus époustouflants les uns que les autres. « L’une des caractéristiques de la saga, c’est que c’est une sorte de récit de voyage », note le producteur Jake Myers. « Le premier volet est célèbre pour avoir été tourné en République Tchèque et dans d’autres pays d’Europe. Ça a été l’occasion de montrer aux spectateurs américains qu’ils pouvaient voyager aux côtés des personnages dans des endroits qu’ils ne visiteraient probablement pas autrement. Au fil de la saga, les aventures dépeintes sont devenues de plus en plus multiculturelles et susceptibles de toucher un public plus international ». 

C’est en réalisant MISSION: IMPOSSIBLE - ROGUE NATION que Christopher McQuarrie s’est rendu compte qu’il était important de tourner dans des lieux spectaculaires. « C’est devenu une de mes obsessions », raconte-t-il. « Je n’avais qu’une idée en tête : repérer avec mon équipe des lieux de tournage qui donnent au film à la fois profondeur, ampleur et envergure ». 

C’est le chef-décorateur Peter Wenham et le régisseur d’extérieurs Ben Piltz qui se sont mis en tête de dénicher de nouveaux lieux de tournage à couper le souffle. Lorsque Peter Wenham s’est engagé dans ce projet, l’une de ses premières missions a été de noter sur une carte tous les endroits déjà visités par les films de la saga. « On ne voulait pas se répéter », explique-t-il. « On voulait entraîner le spectateur dans des territoires inexplorés ». 

D’après Piltz, McQuarrie était très ouvert à toutes les suggestions de lieux de tournage originaux. « Son principe, c’était, « Trouvez-moi un lieu cool, et j’écrirai les scènes en fonction ».Le tournage de MISSION: IMPOSSIBLE FALLOUT a débuté en mars 2017 à Paris. « Tom et moi, on adore Paris, et on voulait que le film mette en valeur cette ville », explique McQuarrie. « On avait vu C’ÉTAIT UN RENDEZVOUS, un court-métrage de 8 minutes qui consiste en une traversée à grande vitesse de la ville, filmée depuis l’avant d’une voiture de sport. On voulait rendre hommage à ce court-métrage, qui passe par tous les lieux emblématiques de Paris et on a eu beaucoup de chance que la mairie nous ait permis de le faire ». 

Cruise y a également vu l’occasion de rendre hommage à la tradition cinématographique de la capitale française. « Tellement de grands films ont été tournés à Paris : c’est vraiment la ville du cinéma », déclare-t-il. « C’était vraiment incroyable de pouvoir mettre la ville à l’honneur, d’y tourner et de plonger les spectateurs dans cet univers ». 

Cependant, les auteurs étaient déterminés à montrer la Ville Lumière sous un jour différent, comme l’explique Wenham. Le film offre ainsi de nombreux plans de la ville vue du ciel. « On a fait appel à l’armée et nous avons eu le droit d’utiliser un hélicoptère qui nous a permis d’avoir une perspective vraiment incroyable pour toutes ces prises de vue aériennes de Paris : ces plans de la ville sont inédits car on obtient très rarement ce type de dérogations ».

DE L’ARC DE TRIOMPHE À L’OPÉRA GARNIER 

La première scène d’action d’envergure se déroule à Paris : Ethan Hunt est lancé dans une course-poursuite effrénée entre une moto, une BMW M5 de collection datant de 1986 et un camion blindé. Le tournage de cette séquence a nécessité la fermeture de plusieurs sites touristiques du centre de Paris, comme l’Arc de Triomphe et l’avenue de l’Opéra qui mène jusqu’à l’Opéra Garnier. 

« La mairie de Paris a été épatante », raconte McQuarrie. « Ils nous ont garanti l’accès à l’Arc de Triomphe pendant deux heures un dimanche matin, entre 6 heures et 8 heures : on avait le monument rien que pour nous ! Au moment du lever du soleil, nous n’avions plus qu’une heure et quart pour tourner toute la scène, si bien que toutes les équipes de caméramans devaient être parfaitement synchronisées pour que les prises de vue puissent s’enchaîner sans accroc ». 

Des accrocs, il y en a tout de même eu au moins un, comme s’en souvient Cruise. « L’un des mécanismes de sécurité de la moto ne marchait pas très bien et on était en train de perdre du temps. McQuarrie est venu me demander ce que je voulais faire. J’ai juste démarré la moto et j’ai dit, « Mon pote, il faut qu’on tourne. Tu n’as qu’à sortir la caméra et je prendrai ce virage aussi rapidement que me le permettra cette moto’. Et on s’en est sorti! » 

Même Eastwood, crédité plus d’une soixantaine de fois comme cascadeur et chef-cascadeur, reconnaît aujourd’hui avoir été particulièrement inquiet lors du tournage de cette séquence, qui a mobilisé 70 véhicules pilotés par des cascadeurs, tentant d’éviter la moto de Tom Cruise lancée à pleine vitesse et roulant à contre-sens—le tout, sans casque. « Un coup mal placé sur la tête, et l’accident peut être fatal », explique Eastwood. « C’était une vraie source d’inquiétude, mais cette scène était indispensable au film, si bien qu’il nous a fallu faire en sorte de sécuriser le plateau au maximum. J’étais quand même très soulagé quand ça s’est terminé ». 

Pendant une partie de la course-poursuite, Ethan conduit une berline BMW M5 de collection dans des escaliers en pierre. Eastwood avait expliqué à Cruise qu’il devait lancer la voiture, lui faire faire un tour à 180 degrés, et, alors que le véhicule était encore dans les airs, tourner le volant, appuyer sur l’embrayage et passer la première dans les dix derniers degrés de la rotation. « Il faut toute une vie d’entraînement aux cascadeurs et aux conducteurs professionnels pour y arriver, et quand une cascade exige autant de précision, il est très rare que cela marche pile poil à chaque fois. Il n’a fallu que quatre prises à Tom - et sur les quatre, trois étaient parfaites ». 

Dans le film, Ethan et Walker sont parachutés d’un avion militaire C-17 Globemaster à 8000 mètres d’altitude et atterrissent sur le toit d’un immeuble en verre… avant de se rendre compte qu’ils n’ont aucun moyen d’en redescendre. Ethan rampe jusqu’à un fil haute tension, le déconnecte et s’en sert comme d’une liane pour récupérer Walter et dévaler les 36 mètres qui les séparent de la terre ferme en rappel. 

Cette manœuvre a été la première cascade de Cavill au cours du tournage. « Je me rappelle m’être dit, « ça va être trop marrant, ça va être cool », se souvient-il. « Mais vous n’avez pas vraiment conscience de la hauteur de l’immeuble avant d’être acheminé jusqu’en haut pour le début de la cascade ».

BIENVENUE EN NOUVELLE-ZÉLANDE 

L’équipe de tournage s’est ensuite fixée à Queenstown, sur la magnifique île néo-zélandaise de South Island. C’est en juin 2017 que techniciens et acteurs y ont débarqué pour tourner les scènes d’hélicoptère terrifiantes du film. « South Island possède beaucoup de grandes étendues sauvages, auxquelles on ne peut accéder qu’en hélicoptère », explique Myers, producteur du film. « L’île est très bien pourvue en dispositifs aéronautiques, et il y a beaucoup de pilotes expérimentés en raison de la forte demande pour les excursions touristiques en hélicoptère ». C’était le début de l’hiver dans l’hémisphère Sud, et les journées étaient extrêmement courtes : le travail de harnachement des hélicoptères et l’acheminement de l’équipe du camp de base jusqu’aux divers sites du tournage commençaient bien avant le lever du soleil. 

En Nouvelle-Zélande, la production a d’abord tourné dans la Rees Valley, à côté de Glenorchy, bourgade située à environ une heure et demi de route de Queenstown. Wenham, le chef décorateur, y a installé un vaste camp médical mobile, ainsi qu’une partie d’un village kashmiri. Ethan et l’équipe de l’IMF retrouvent la trace de Lane jusqu’au village, à la poursuite du plutonium. Quand ils arrivent au campement, Ethan est très surpris d’y retrouver Julia et son nouveau mari Erik, tous deux médecins, qui tentent d’enrayer une épidémie de variole. 

Le premier jour de tournage, juste après le coucher du soleil, la tribu Maori locale et le Chef David Higgins ont dansé le Powhiri, un rituel de bienvenue pour les invités d’honneur. Comme le raconte Rhames, la tribu, les acteurs et toute l’équipe se sont rassemblés devant l’un des décors de village kashmiri tandis que le chef appelait l’esprit de ses ancêtres. « C’est quelque chose que j’avais déjà vu en Afrique », raconte l’acteur. « Le fait qu’ils nous aient laissés tourner sur leur terre sacrée ajoute vraiment une dimension supplémentaire au film ». 

La cérémonie a été l’un des moments les plus mémorables du tournage pour Michelle Monaghan. « C’était un si grand honneur », explique-t-elle. « Après la cérémonie, ils nous ont offert de magnifiques pierres sacrées, que je conserve précieusement en lieu sûr. »

SUSPENDU PAR UN FIL 

La première cascade tournée en Nouvelle-Zélande a été surnommée « la longue corde » : Tom Cruise devait se hisser le long d’une corde suspendue à un hélicoptère volant à 600 mètres d’altitude, puis il était censé se jeter dans le vide sur une douzaine de mètres pour finalement atterrir sur la charge suspendue à la corde et rebondir dessus. 

« C’était assez terrifiant », raconte Myers. « Tom était censé sauter à l’élastique… d’un hélicoptère. Le plus gros risque, c’était qu’il s’emmêle dans l’élastique, et nous avons donc dû créer un système pour empêcher qu’une telle catastrophe ne se produise, tout en maintenant Tom dans un harnais de sécurité. On avait des pilotes habitués à la ‘longue corde’ qui étaient très réactifs quant aux changements de direction du vent. Lorsqu’il est arrivé aux patins de l’hélicoptère, il a continué à grimper, donc on a pu tourner une séquence beaucoup plus longue que ce qu’on espérait ». 

Cavill se rappelle avoir observé la scène depuis un lieu sûr. « Voir Tom grimper le long de cette corde puis tomber dans le vide était assez hallucinant. La seule chose à laquelle il était attaché, c’était l’hélicoptère ; s’il y avait eu un gros coup de vent ou le moindre problème, ça aurait pu être très, très dangereux. Cette équipe a conçu beaucoup de cascades auparavant mais quand il s’est jeté dans le vide, on a vraiment tous poussé un cri et c’était exactement l’effet recherché ». 

Selon Cruise, cette cascade a été conçue et planifiée pendant deux ans. « C’est très certainement l’une des cascades les plus extrêmes de ce film mais on ne peut pas obtenir ce genre de résultat avec un fond vert. C’est un exercice très technique : il faut déterminer la charge que peut porter l’hélicoptère, où positionner les caméras et pour quels angles de vue. Tous les équipements doivent être vérifiés : le moindre petit élément mal fixé qui viendrait frapper les pales de l’hélicoptère pourrait être un problème. Les pilotes et l’équipe de cascadeurs ont fait un énorme boulot ». 

Cette scène a aussi demandé à Cruise une préparation physique considérable. « Cela fait longtemps que je m’entraîne pour cette scène », raconte-t-il. « La montée était très difficile. Ce n’est pas évident de reprendre son souffle parce qu’il y a moins d’oxygène lorsque l’on est en altitude, notamment à cause de la très basse pression sous les pales du rotor. Il faisait un froid glacial et je portais un harnais qui coupait ma circulation, si bien que mes jambes étaient complètement engourdies. Ensuite, vous prenez conscience que c’est une chute de 12 mètres de haut et que vous n’avez aucune idée de ce qui risque de se passer. Quand on fait une chute libre, il y a un moment où il faut juste finir par lâcher prise. La première fois, mes mains étaient paralysées, comme si je ne pouvais pas lâcher la corde ». 

Même après avoir lâché prise, Cruise a dû apprendre à contrôler sa position en tombant. « Je voulais atterrir sur mon sac à dos et rouler », raconte-t-il. « Je savais qu’il y allait avoir un gros impact et que cela pouvait me faire perdre connaissance. Si je m’étais cogné l’épaule trop fort ou si j’avais atterri tête la première, ça aurait pu très mal se passer ». 

La cascade était encore plus difficile que celle de MISSION: IMPOSSIBLE - ROGUE NATION, dans laquelle Cruise est suspendu à l’extérieur d’un avion en plein vol. « Le A400, c’était une cascade très dangereuse », explique Myers, « mais l’avion était en position fixe. Ça n’a rien d’aussi dangereux que de travailler avec un hélicoptère, aux prises avec le vent, la météo, et les autres hélicoptères qui se retrouvent en même temps dans les airs ».

ACROBATIES AÉRIENNES 

L’une des séquences d’action les plus spectaculaires est une course-poursuite haletante en hélicoptère à travers les canyons tortueux des Alpes du Sud néo-zélandaises. Cruise a effectué un stage intensif de pilotage, qui a débuté au Texas sous la direction de Tim McAdams, pilote en chef des hélicoptères Airbus; l’entreprise a d’ailleurs fourni les appareils qui apparaissent au cours de la course-poursuite. Il s’est ensuite rendu en Angleterre, où il a collaboré avec des pilotes spécialisés en voltige aérienne, afin d’apprendre les quelques techniques de pilotage qu’exigeaient les cascades de ce film. Puis, McAdams a accompagné Cruise en Nouvelle-Zélande et l’a suivi de près lors de chaque prise. 

« Je suis pilote instructeur depuis 35 ans et au cours de ma carrière, j’ai rencontré très peu d’élèves aussi concentrés et aussi déterminés à ne faire aucune erreur », raconte McAdams. « Je me rappelle, un jour, je venais de lui apprendre à faire du sur place. Si je lui disais, ‘C’est pas mal du tout’, il me répondait aussitôt, ‘Il faudrait que ça soit encore mieux’. Il a travaillé des heures pour maîtriser cette technique. Il y a un moment où je lui ai demandé ‘Est-ce que ça va ?’ Il m’a juste regardé et il m’a répondu : ‘Je ne me suis jamais autant amusé de toute ma vie !’ » 

En Nouvelle-Zélande, Cruise s’est également entraîné avec Simon Spencer-Bower, l’un des pilotes instructeurs les plus connus et respectés au monde. « Tom est excellent en vol à basse altitude », explique Spencer-Bower. « Il adore ça mais il fait preuve d’une grande prudence car il est conscient des dangers liés à l’exercice. Et il apprend à une vitesse incroyable. Dès qu’on lui montrait quelque chose, il le maîtrisait ». 

C’est à bord du tout dernier modèle d’Airbus H125 (anciennement le AS350) que Tom Cruise a exécuté cette acrobatie : il s’agit d’un appareil extrêmement performant, pourvu d’un seul moteur, dont se servent les forces de l’ordre. Cruise n’avait qu’une hâte : se saisir des commandes de l’hélico, et monter à bord du cockpit vitré équipé d’un tableau de bord entièrement numérique. « Le nom de cet hélico, c’est l’Écureuil », détaille-t-il. « C’est un bon hélicoptère, qui a juste la puissance nécessaire… Et qui est vraiment très beau à regarder ! » 

Dans cette scène de course-poursuite, le personnage de Cavill, Walker, vole à bord d’un hélicoptère Airbus BK17, piloté en réalité par Marc Wolff, qui a également été coordinateur prises de vue aériennes sur le tournage. 

« C’était sans doute le plus gros défi de toute ma carrière et pourtant, ça ne fait que 48 ans que j’exerce et j’ai travaillé sur plusieurs centaines de films ! » s’exclame Wolff. « C’est une longue séquence, avec de nombreux lieux différents, tous aussi dangereux les uns que les autres. Il y a beaucoup d’hélicoptères qui volent les uns autour des autres. Certains jours, il nous arrivait de devoir déplacer toute l’équipe en hélicoptère à travers les montagnes (13 hélicos en tout), si bien qu’il était primordial de tout planifier et d’anticiper tous les risques qui étaient nombreux ». 

Y a-t-il eu seulement une séquence aérienne qui n’ait pas été dangereuse ? McQuarrie cherche encore ! « Dans le cas de Tom, il fait trois boulots à la fois : il est pilote, il manœuvre la caméra et il joue. C’est incroyablement difficile. Et pour ne rien faciliter, nous volions dans un endroit particulièrement étroit, soumis aux caprices du vent ». 

Étant donné que la communication s’avérait très difficile une fois toute l’équipe en place, chaque jour de tournage dans le canyon commençait par un briefing aux aurores sur le camp de base. « On se mettait en cercle et, à l’aide de petits hélicoptères en plastique, on montrait ce que les hélicos étaient censés faire », explique McQuarrie. 

La séquence aérienne a été extrêmement périlleuse, comme l’explique Myers. « Les pilotes qui volent à travers ces canyons sont des gars du coin qui font ça depuis des années, et peu d’entre eux sont d’ailleurs capables de voler à très basse altitude, au ras du sol, et de suivre les contours sinueux du fleuve. Tom disposait de très peu de temps pour s’entraîner et en plus, il pilotait tout lui-même. La plupart des cascades que l’on a faites avec Tom au fil des années ont toujours comporté un dispositif de sécurité, comme un câble de sûreté, ou quelque chose pouvant le rattraper à la dernière minute, comme lorsqu’il avait escaladé la tour Burj Khalifa ou lors de la cascade avec le A400. Mais pour cette scène d’action-là, tout reposait sur Tom. S’il se trompait dans les commandes, même une seule fois, c’était mort. Ça a été un moment extrêmement stressant, et à chaque fois qu’il revenait sain et sauf, je poussais un grand soupir de soulagement ». 

La course-poursuite trouve son apothéose à Milford Sound, dans une scène particulièrement complexe au cours de laquelle Walker se met à tirer sur Ethan, qui doit s’éloigner en effectuant un virage dynamique connu sous le nom de « wing over ». L’hélicoptère de Cruise vole ensuite au ras d’un lac avant de plonger en spirale dans une cascade. 

« Les spirales sont extraordinairement dures à réaliser », remarque McQuarrie. « J’ai volé avec Tom et son instructeur lui a montré comment en faire une. Ce type avait passé toute sa vie à voler. Je ne m’attendais pas à ce que Tom soit capable d’accomplir un tel exploit. Puis, pendant trois ou quatre jours, j’ai observé Tom, qui n’arrivait à faire qu’une spirale au début. À la fin, il était capable de les enchaîner sans s’arrêter, et c’était franchement effrayant pour nous qui regardions la scène sur une caméra : nous n’avions aucun sens de la profondeur, et chaque spirale nous donnait l’impression qu’il allait s’écraser en plein vol ».

CHAQUE PAS COMPTE 

Après les cascades toutes plus dangereuses les unes que les autres réalisées par Cruise en Nouvelle-Zélande, personne ne s’attendait à ce qu’une course-poursuite relativement simple sur les toits de Londres tournée en août 2017 ne vire au cauchemar. Cette séquence se déroule dans plusieurs sites emblématiques de Londres, parmi lesquels la Cathédrale Saint Paul, la Gare Blackfriars et le musée Tate Modern : au départ, il s’agissait simplement d’une scène d’action permettant de lier les deux actes du film… Mais comme souvent sur les tournages de MISSION: IMPOSSIBLE, la scène a gagné en complexité et en envergure. C’est pendant le tournage de cette scène de course-poursuite que tout a changé. 

 « Tom a très bien réussi la cascade mais il a immédiatement compris qu’il s’était cassé la cheville », se rappelle McQuarrie. « Il y avait quatre caméras pour filmer la scène, dont une braquée droit sur lui ; il a donc pris sur lui et a couru le plus vite possible pour sortir du champ avant de s’effondrer par terre ». 

Cruise explique qu’il était lancé à toute vitesse car il voulait que le public sente que Hunt se jetait dans cette course avec l’énergie du désespoir, prêt à tout risquer pour accomplir son objectif. « L’impact de cette scène était décisif, j’étais censé m’être fait tirer dans les côtes. Pendant une demi-seconde, j’ai étendu mon pied pour essayer de l’assouplir… Et à la seconde où mon pied a heurté le mur, je me suis dit « Oh merde’… Mais je savais qu’il fallait aller jusqu’au bout de la prise, si bien que je me suis débrouillé pour sortir du champ ». 

Après la scène, McQuarrie s’est rendu auprès de Cruise. « Il tenait sa jambe en l’air et il m’a dit, ‘Je crois bien que c’est cassé’. Je me souviens lui avoir dit, ‘Regardons le côté positif : on ne sait pas encore ce qui est cassé’. J’ai vécu assez d’aventures et de mésaventures avec Tom pour savoir qu’un désastre est une opportunité pour faire encore mieux et aller encore plus loin ». 

Une IRM a ensuite révélé que l’astragale de Cruise - la partie inférieure de la cheville, juste au-dessus de l’os du talon - était cassée. « C’était une blessure grave », explique la star. « Au début, les médecins m’ont dit qu’il me faudrait 9 mois pour récupérer. J’ai fait tout ce que j’ai pu pour me remettre le plus rapidement possible avec de la kiné et un entraînement spécifique 10 à 12 heures par jour. Six semaines plus tard, on reprenait le tournage. Dix semaines plus tard j’étais à nouveau capable de courir, très lentement, et en trois mois je pouvais à nouveau sprinter. J’ai passé 2 jours à sprinter sur le toit de la gare Blackfriars, et je n’ai pas pu marcher pendant trois jours après ça ! » 

Heureusement, l’essentiel du film avait déjà été tourné au moment de l’accident ; McQuarrie a donc pu commencer le montage assez rapidement. « Dès que j’ai entamé le montage, j’ai regardé le film d’un œil neuf, et ça, je n’aurais pas pu le faire avant », explique le réalisateur. « Ça m’a donné l’opportunité de réécrire une partie de l’histoire et de finaliser le script. Cet accident a finalement été plutôt bénéfique sur le long terme ».

C’EST PASSÉ À UN CHEVEU… 

À la fin de la scène de course-poursuite aérienne, les deux hélicoptères de Hunt et Walker entrent en collision et vont s’écraser en haut d’une montagne. Cette cime marque l’apogée du film, le décor parfait pour le combat entre ces deux adversaires. McQuarrie voulait que la scène se déroule au bord d’un précipice mais malgré les nombreuses chaînes de montagnes en Nouvelle-Zélande, l’équipe chargée de repérer les lieux de tournage n’a pas pu trouver de lieu satisfaisant. 

C’est donc au bout d’intenses repérages à travers le monde que l’équipe s’est fixée sur Preikestolen (« La Chaire »), en Norvège, un petit plateau pourvu de falaises extrêmement escarpées, qui se jettent dans un fjord avec un à-pic de 600 mètres. Si l’endroit offrait un décor spectaculaire pour cette scène de combat, il n’était pas particulièrement facile d’y tourner. Pour commencer, Preikestolen est soumis à des variations météorologiques drastiques, qui peuvent passer de la grêle à la neige ou de la pluie au soleil, sachant que ces variations climatiques extrêmes peuvent se produire la même journée. La deuxième fois que l’équipe s’est rendue sur place pour effectuer des repérages, le vent était tellement fort qu’ils ont dû avancer en rampant afin de ne pas tomber dans le précipice. Et la météo ne faisait qu’empirer à mesure que l’hiver approchait. Ces conditions climatiques extrêmes n’ont pas laissé beaucoup de temps à Cruise pour se remettre de son opération. 

 « Tom et Henry devaient se battre là, dans un froid polaire et sur un terrain assez instable », raconte McQuarrie. « À ce moment-là, Tom avait toujours le pied cassé, si bien que c’était vraiment très dur pour lui ». Le tournage avait été retardé pour des raisons météorologiques, et tout le monde doutait de pouvoir le terminer avant que l’hiver ne s’installe pour de bon. Le tournage s’est achevé, mais 15 minutes après que le dernier hélicoptère transportant l’équipe ne s’envole, un blizzard a enseveli tout le décor, équipements compris, sous la neige. Une partie du matériel a même dû être laissée sur place jusqu’au printemps et la fonte des neiges. 

LA CHUTE OPÉRATIONNELLE 

La chute opérationnelle avec ouverture à basse altitude (aussi appelée HALO) est une technique de parachutage militaire d’élite, utilisée pour les unités qui se posent dans des zones ennemies sans être repérées. Sur le tournage de MISSION: IMPOSSIBLE - FALLOUT, Cruise est devenu le premier acteur d’un long-métrage à sauter d’un Boeing C-17 Globemaster III à plus de 7500 mètres d’altitude. La cascade devait initialement être tournée à RAF Brize Norton, une base de l’armée de l’air anglaise située à 120 kilomètres au nord-ouest de Londres. Certaines des scènes en extérieur et en intérieur y ont été tournées mais le retard causé par l’accident de Cruise repoussait le tournage jusqu’en hiver, ce qui l’empêchait de suivre l’entraînement nécessaire à la réalisation de cette cascade. 

« J’avais vraiment besoin d’un stage intensif de parachute parce que cette séquence est très technique et, pour être tout à fait honnête, extrêmement dangereuse », confie Cruise. 

Une partie de l’entraînement s’est déroulée aux studios anglais de Leavesden. C’est là que Neil Corbould, le superviseur effets spéciaux, a piloté la construction de la plus large soufflerie au monde. « Nous l’avons élaborée à Latvia avec Aerodrome », dit-il. « Ils ont fait un boulot formidable. On a mis 6 semaines à la concevoir et seulement 5 mois à la construire ». 

Une soufflerie normale pour un entraînement en parachute possède généralement un moteur de 800 kilowatts qui permet de générer des vents de 130km/h, d’après Corbould. La soufflerie construite pour le tournage est équipée de quatre moteurs similaires, alimentés par quatre générateurs de mégawatts et des hélices dernier cri, qui lui permettent de soulever 4 personnes à une hauteur de plus de 20 mètres. 

Après la fin du tournage en février 2018, l’équipe de parachutisme s’est envolée pour Abu Dhabi avec Tom Cruise, qui devait accomplir un minimum de 100 sauts en parachute avant de pouvoir filmer la séquence HALO. Outre ces entraînements, Cruise et Walker ont dû s’entraîner à utiliser l’oxygène pour les vols en très haute altitude. « Le plus gros risque quand vous volez à 7500 mètres d’altitude, c’est l’hypoxie - c’est-à-dire, le manque d’oxygène », explique Allan Hewitt, ancien membre des Diables Rouges (l’équipe de démonstration du régiment de parachutistes de l’armée britannique), qui a réuni une équipe de parachutistes d’élite pour travailler avec Cruise sur cette scène. « Vous êtes un peu euphorique au début, puis votre cerveau s’arrête de fonctionner. Il fallait qu’on ait quelques parachutistes de sécurité avec nous, comme ça, si jamais Tom souffrait d’hypoxie pour une raison ou une autre, on pouvait immédiatement s’en rendre compte et arrêter le tournage. Quand vous souffrez d’hypoxie, vous ne le savez pas vousmême. Vous pensez que tout va bien donc c’est une situation très dangereuse ». 

Un autre membre important de cette équipe a été le Dr. Anna Hicks, médecin agréée de l’aviation militaire, avec un intérêt tout particulier pour le parachute, et spécialiste aéromédicale des autorités générales de l’aviation civile aux Émirats Arabes Unis. C’est elle qui s’est assurée que les acteurs et l’équipe étaient aptes à subir les conditions extrêmes de ce vol à très haute altitude, tout en les guidant pendant les vols et en sautant avec eux comme parachutiste de sécurité. 

L’agence de production twofour54, installée à Abu Dhabi et dirigée par Son Excellence Maryam Almheiri a négocié un accord avec les Forces Armées des Émirats Arabes Unis pour accéder au C-17 Globemaster ainsi qu’à un Viking Air DHC-6 Twin Otter, avion à décollage et atterrissage court, utilisé pour les répétitions. 

 « Par chance, l’armée des Émirats Arabes Unis savait qu’on voulait tourner un film et ils ont voulu y participer », raconte Cruise. « Ils adorent le cinéma ici, et je leur suis très reconnaissant de nous avoir apporté leur aide. On n’avait aucune idée de la manière dont on allait procéder jusqu’à ce qu’on arrive à Abu Dhabi et qu’on commence à répéter. S’ils n’étaient pas intervenus pour nous aider pendant tout le processus, nous n’aurions probablement pas pu réussir cette scène ».

Cette cascade posait un tout autre défi, dont les conséquences pouvaient être fatales. À 7500 mètres d’altitude, il était impératif que Cruise et Cavill portent des casques diffusant de l’oxygène, mais les casques standard couvrent entièrement le visage : le département des accessoires a donc dû mettre au point et fabriquer un casque spécial « héros », en collaboration avec Hewitt. 

« Vous avez besoin d’un équipement spécialisé pour l’oxygène, et les seules personnes qui en disposent sont les militaires », explique cet expert du parachutisme. « Leur équipement est conçu pour leur sauver la vie jusqu’à ce qu’ils atteignent une altitude plus sûre. Ce n’est pas conçu pour de la chute libre, si bien qu’on a dû adapter tout l’équipement en oxygène. Il fallait un casque recouvrant tout le visage susceptible d’aller jusqu’à 7500 mètres au-dessus du sol - et on n’avait jamais fait ça. Nous avons dû partir de zéro pour arriver à concevoir ce casque ». 

Hewitt s’est notamment entouré du maquettiste TobyShears et du spécialiste de modélisation et conception assistée par ordinateur Dan Rutter pour créer ce dispositif. « Tout d’abord, on a imprimé les casques en 3D, dans une résine très dure », explique Shears, « mais ils n’étaient pas assez solides, si bien qu’on a électro-formé les différentes parties en les recouvrant de cuivre, ce qui les a considérablement renforcées, puis on a peint le tout en noir. L’un des éléments les plus difficiles à intégrer, a été les petites LED placées tout autour du visage des acteurs pour les éclairer. Les ampoules étaient recouvertes de silicone pour qu’il n’y ait pas de risque qu’une étincelle enflamme l’oxygène si jamais une ampoule venait à sauter ». 

Le planning d’entraînements pour cette chute opérationnelle à basse altitude était particulièrement rigoureux. Jour et nuit, Cruise devait sauter quatre ou cinq fois depuis le Twin Otter, avant d’effectuer trois sauts supplémentaires du C-17. La plupart des parachutistes s’entraînent avec une réelle intensité pendant deux semaines sans interruption - pas plus. Mais lorsque le tournage a commencé, cela faisait déjà plus de quatre semaines que Cruise avait débuté son entraînement. 

« Je me disais, ‘Je suis plutôt sportif, je vais sauter 10 à 15 fois par jour, et on va finir ça vite fait, bien fait’ », raconte l’acteur. « Mais quand on a commencé l’entraînement, j’ai vite changé d’avis ! Ça a été très intense physiquement pour nous tous ». 

Dans cette scène, Hunt saute du C-17 pour sauver Walker qui dégringole en chute libre dans les airs, foudroyé par un éclair et inconscient. Cette tentative de sauvetage nécessitait une série d’acrobaties aériennes en parachute que beaucoup de parachutistes chevronnés trouvent extrêmement complexes. Pour ne rien arranger, McQuarrie et Cruise voulaient que la scène se déroule au crépuscule, ce qui signifie qu’ils n’avaient qu’un seul créneau par jour pour réussir la prise : une véritable MISSION: IMPOSSIBLE ! 

 « Effectuer un sauvetage quand quelqu’un est en chute libre est une manœuvre très complexe », explique Hewitt. « Pour les moniteurs spécialisés en chute libre accélérée, il faut environ 1000 sauts pour y arriver, et 70% des gens qui postulent pour devenir moniteurs échouent. Tom ne disposait que de 100 sauts pour maîtriser cette opération ». 

L’une des épreuves les plus compliquées pour Cruise était de sortir du C-17. « C’est un gros avion, qui vole à plus de 250km/h », détaille Hewitt. « Quand vous descendez, il y a beaucoup de turbulences. Il faut arriver à prendre le vent dans la poitrine, et le corps subit un gros impact. Puis, il faut trouver ses appuis dans l’air pour voler jusqu’à la cible. Tom descend en chute libre à 250km/h et quand il atteint Walker, il faut qu’il enclenche les freins. C’est une manœuvre extrêmement précise à maîtriser ». 

L’équipe a fait appel à Craig O’Brien, photographe de prises de vue aériennes chevronné, pour qu’il filme la séquence. O’Brien a plus de 23 000 sauts à son actif, la plupart d’entre eux en qualité de cameraman. Pour tourner les prises, Cruise et lui ont répété les mouvements, dans leurs moindres détails. 

 « Craig a fait un travail incroyable », raconte Cruise. « Il n’avait jamais filmé quoi que ce soit de semblable auparavant, mais c’est un véritable artiste. Ce n’est pas juste quelqu’un qui sait comment filmer la scène : il comprend l’histoire. Il a fait un travail remarquable ».

Outre les complications induites par la chorégraphie du saut, O’Brien devait également transporter une caméra Red Weapon, avec un objectif IMAX fixé à son casque. Non seulement il lui fallait porter ce harnachement très lourd (environ 9 kilos), mais il fallait également que la caméra puisse effectuer la mise au point sans qu’il puisse regarder dans l’objectif. Heureusement, l’équipe a pu concevoir un dispositif en collaboration avec l’entreprise Panavision, spécialisée dans la fabrication de caméras et d’objectifs : cela a permis à O’Brien de faire la mise au point pendant qu’il filmait Cruise en gros plan, puis de la régler automatiquement en mesurant la distance à mesure qu’il s’éloignait. L’objectif IMAX n’avait jamais été utilisé en chute libre auparavant. 

 « Je voulais que les spectateurs aient l’impression d’être dans les airs avec nous », développe Cruise. « Dès que j’ai quitté le C-17, je devais faire des pirouettes, et c’était plutôt violent. Pendant que je les faisais, il fallait que je repère où était Craig pour pouvoir voler jusqu’à lui. À chaque prise, vous n’êtes jamais trop sûr du résultat final. Ça n’a rien à voir avec une caméra habituelle qu’on utilise en studio. C’était vraiment violent, et je pense que la scène restitue bien cette impression ». 

Cruise réalisait entre 4 et 6 sauts de préparation chaque jour. Puis, juste avant le coucher du soleil, au moment où la lumière était idéale, McQuarrie filmait le dernier saut de la journée. « On disposait de très exactement trois minutes pour faire la prise », explique le réalisateur. « Et si on ne l’avait pas, on savait qu’il faudrait recommencer le lendemain. Donc tout au long de la journée, la tension montait. Non seulement cette scène est une cascade vraiment incroyable, mais en plus, Tom l’a réalisée tout en aidant le cameraman - et en étant dans la peau de son personnage bien sûr ! » 

Après le tournage, toute l’équipe se réunissait dans le van pour visionner la scène et voir si elle avait fonctionné ou pas. « Toute l’équipe attendait de voir si c’était bon », se rappelle Cruise. « Il y a eu beaucoup de fois où ça n’a pas marché. Je rassemblais alors tout le monde pour regarder à nouveau la prise, pour regarder de très près ce qui s’était passé, pourquoi ça n’avait pas marché et ce qu’il fallait qu’on change pour que ça marche ». 

La séquence a été divisée en trois parties, chacune avec un entraînement spécifique, un emploi du temps méticuleux comprenant des journées de répétition et de tournage. « On pensait que la première partie allait être impossible, mais quand on est arrivé à la deuxième partie, finalement le premier saut nous a semblé plutôt facile », raconte Cruise en riant. « Puis, on est arrivé à bout de la deuxième partie, si bien que tout le monde était gonflé à bloc ! Mais la troisième partie a été un véritable calvaire. Il a fallu qu’on trouve comment la relier à la deuxième, quand je m’approche de la doublure de Walker. J’essayais juste de m’accrocher à lui mais la force centrifuge était telle que mes bras se sont presque disloqués. Les tendons de mes bras et de mes épaules ont été mis à rude épreuve. Et Craig, notre cameraman, a subi la même chose ». 

 « Une fois que McQuarrie, Jake et moi-même avons regardé la dernière prise de la troisième section, on a appelé toute l’équipe et on leur a montré le résultat », ajoute Cruise. « C’est comme si on avait pris cette décision tous ensemble : c’était dans la boîte ! Le film était bouclé ! Tout le monde était tellement enthousiaste et fier de ce qu’on avait réussi à faire. Je crois qu’il n’y a pas de meilleure sensation au monde - ça doit être pour ça que je ne peux pas m’arrêter de faire des films ! C’est vraiment extraordinaire de travailler avec des gens aussi talentueux dans chaque département, qui aiment tous profondément le cinéma et qui veulent procurer du plaisir aux spectateurs. Quand ce moment arrive, c’est un sentiment magnifique qui ne vous quitte jamais ».

Copyright des notes de production @ PARAMOUNT PICTURES FRANCE

  
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