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lundi 25 janvier 2016

SPOTLIGHT



Drame/Thriller/Une enquête passionnante, un thème très dur

Réalisé par Tom McCarthy
Avec Michael Keaton, Mark Ruffalo, Rachel McAdams, Liev Schreiber, John Slattery, Brian d'Arcy James, Stanley Tucci, Billy Crudup...

Long-métrage Américain
Durée: 02h08mn
Année de production: 2015
Distributeur: Warner Bros. France

Date de sortie sur les écrans américains : 25 novembre 2015
Date de sortie sur nos écrans : 27 janvier 2016


Résumé : Tiré d'une histoire vraie, SPOTLIGHT raconte comment, en 2002, le Boston Globe a révélé la complicité de l'Église catholique dans plusieurs affaires retentissantes de pédophilie.  

Été 2001. À peine nommé rédacteur en chef du Boston Globe, Marty Baron (Liev Schreiber) missionne ses journalistes d'investigation pour enquêter sur un curé accusé de pédophilie. L'affaire est grave puisque le prêtre aurait violé des dizaines de jeunes paroissiens en l'espace de trente ans… Mais s'attaquer à l'Église catholique dans une ville comme Boston n'est pas sans risque. Pour autant, les reporters de l'équipe Spotlight dirigée par Walter “Robby” Robinson (Michael Keaton) se mettent au travail. 

Bande annonce (VOSTFR)


Ce que j'en ai pensé : SPOTLIGHT met en exergue l'importance d'un journalisme d'investigation de qualité. On sait que le film est malheureusement basé sur des faits réels. Cela met en colère et fait froid dans le dos. Le thème est très dur. 
Le réalisateur, Tom McCarthy, prend le parti du réalisme. C'est une réussite car il reste très factuel et l'impact est vraiment là. En effet, le sujet est si grave qu'il est inutile de faire dans la surenchère. En mettant en avant le travail d'une équipe de journalistes dédiés à faire éclater la vérité à partir de faits concordants et soigneusement prouvés, il expose parfaitement les imbrications, les pressions, les tensions et surtout il explique pourquoi ces révélations n'ont pas été faites plus tôt. Le film dégage une grande crédibilité, on a l'impression de suivre les faits comme ils se sont produits dans la réalité.
Sa réalisation est simple et nette. Elle permet au contenu de prendre toute la place qu'il mérite. 
J'ai particulièrement apprécié que l'histoire se déroule au niveau local. Il s'agit d'un scandale mondial, mais il fallait bien un point de départ. Et le fait que les protagonistes prennent conscience de ce qu'il se passe sous leur nez, dans leur ville, depuis des années, rend leur implication encore plus intense. 
Les acteurs sont parfaits que ce soit Michael Keaton qui interprète Walter Robinson, Mark Ruffalo qui interprète Michael Rezendes, Rachel McAdams qui interprète Sacha Pfeiffer, Liev Schreiber qui interprète Marty Baron, John Slattery qui interprète Ben Bradlee Jr. ou encore Brian d'Arcy James qui interprète Matt Carroll. Ils forment une équipe comme cela est voulu dans le scénario, il n'y a pas de guerre d’ego. Chaque protagoniste a une personnalité spécifique et les acteurs les incarnent avec subtilité. Le rôle de chacun au sein du journal est clair et il y a une concordance entre les missions qu'ils accomplissent, les attitudes qu'ils adoptent et leur place dans l'équipe.









Face à eux, on trouve, entre autres, Stanley Tucci dans le rôle de Mitchell Garabedian et Billy Crudup dans le rôle d'Eric MacLeish. Tous deux interprètent des avocats. Ils font eux aussi un excellent travail pour offrir une présence spécifique et adroite à leurs personnages.


J'ai trouvé SPOTLIGHT très réussit et passionnant. Il dure 2h08 et je n'ai pas vu le temps passer. Bien que le sujet ne soit vraiment pas facile, je vous le conseille autant pour l'intelligence de sa réalisation, que l'importance de son contenu ou encore son impeccable casting.


NOTES DE PRODUCTION
(A ne lire qu'après avoir vu le film pour éviter les spoilers !)

Bien que plusieurs cas isolés de viols par des prêtres catholiques aient déjà été signalés avant l'affaire Spotlight, la vaste enquête de l'équipe du Globe, rigoureusement étayée par des preuves, a révélé l'étendue des crimes perpétrés par des membres du clergé – et la volonté de l'Église de soustraire les ecclésiastiques à toute poursuite - avec une précision inédite. 

Les producteurs Nicole Rocklin et Blye Pagon Faust ont initié le projet de transposer l'enquête des journalistes du Globe au cinéma. "C'était l'affaire la plus sidérante dont on ait entendu parler", confie Blye Pagon Faust. "Spotlight a décidé de s'attaquer à une institution qui possède pouvoir, argent et ressources, et de prouver à l'opinion publique que personne n'est au-dessus des lois". 

Nicole Rocklin et Blye Pagon Faust ont proposé à Anonymous Content de produire le film à leurs côtés. "On s'est tout de suite dit qu'il fallait qu'on participe à la production de cette histoire hors du commun", note le fondateur d'Anonymous Content, Steve Golin. "SPOTLIGHT est à la fois un récit captivant et un film engagé". 

Participant Media a également compris que le projet pouvait éveiller les consciences. "Lorsque nos amis, chez Anonymous Content, nous ont expliqué qu'ils développaient ce projet, on a sauté sur l'occasion d'y participer", indique Jonathan King, vice-président exécutif de la société, en charge des longs métrages de fiction. 

Pour écrire le scénario, Nicole Rocklin et Blye Pagon Faust ont fait appel à Tom McCarthy, à la fois réalisateur, scénariste et comédien, et auteur du CHEF DE GARE, WIN WIN et THE VISITOR, cité à l'Oscar pour le scénario de LÀ-HAUT. De son côté, McCarthy a sollicité Josh Singer, ancien scénariste d'À LA MAISON BLANCHE. "Tom sait merveilleusement faire surgir l'émotion à partir d'intrigues complexes", indique King. 

McCarthy a été sensible à l'histoire à plusieurs égards. "J'ai trouvé fascinant de voir comment ce type, Marty Baron, qui vient de Miami, propose dès son premier jour au Boston Globe d'enquêter sur une possible tentative de l'Église catholique d'étouffer un scandale", dit-il. "C'était très audacieux de sa part". 

En outre, l'affaire Spotlight permettait de rendre un hommage appuyé à la tradition des grands reportages de la presse écrite. "Ce qui m'inquiète énormément, c'est qu'il reste très peu de journalistes d'investigation aujourd'hui par rapport à il y a une quinzaine d'années", constate le réalisateur. "Grâce à ce film, je me suis dit qu'on allait pouvoir montrer l'impact du travail de fond de journalistes d'investigation aguerris. 

Qu'y a-t-il de plus important que le sort de nos enfants ?" 

Le cinéaste a mêlé une dimension plus personnelle au récit : "J'ai grandi dans le catholicisme, si bien que je connais bien l'institution, et que j'ai du respect et de l'admiration pour elle", reprend-il. "Dans ce film, il ne s'agit pas d'éreinter l'Église, mais de se poser la question de savoir comment un tel phénomène peut se produire. L'Église s'est rendue coupable – et continue de le faire dans une certaine mesure – de violence institutionnelle, non seulement en comptant des violeurs d'enfants dans ses rangs, mais en étouffant leurs crimes. Comment ces actes épouvantables ont-ils pu être perpétrés pendant des décennies sans que quiconque ne proteste ?" 

À l'instar de l'équipe Spotlight, Singer et McCarthy se sont entretenus pendant des mois avec des journalistes, des victimes et d'autres protagonistes de l'affaire. 

"On s'est rendu à Boston à deux ou trois reprises où on a eu plusieurs entretiens avec chacun des journalistes de Spotlight, et je me suis dit qu'on avait fait le tour", indique Singer. "Mais Tom était obnubilé par la crédibilité. Il ne cessait de me demander : 'Et les journalistes qui ont travaillé sur Porter ? Et les avocats ? On n'aurait pas intérêt à rencontrer Jon Albano ? Et Eric MacLeish ?' Il voulait décortiquer l'affaire sous tous les angles. J'ai toujours aimé faire des recherches, si bien que c'était un vrai bonheur. Et le plus étonnant, c'est que c'est en étendant nos recherches qu'on est tombés sur les détails les plus inattendus. C'est grâce à ces éléments que l'intrigue est aussi réaliste". 

Singer, qui a décroché son diplôme de droit de la Harvard Law School peu de temps avant le début de l'enquête Spotlight, s'était abstenu de lire quoi que ce soit sur le scandale qui a éclaboussé l'Église. "Je me souviens qu'à l'époque où je commençais à travailler sur À LA MAISON BLANCHE, je ne voulais rien lire sur l'affaire dans la presse car l'idée de ces viols commis par des prêtres me dégoûtait", dit-il. "Ce qui m'a vraiment intéressé dans SPOTLIGHT, c'est qu'on raconte l'histoire des journalistes qui ont révélé l'affaire. À mes yeux, c'était la bonne approche pour en parler. En s'attachant à ces journalistes, le spectateur cerne bien les enjeux d'une affaire qui lui semble accessible". 

L'ÉQUIPE SPOTLIGHT 

Le patron de l'équipe Spotlight, Walter "Robby" Robinson, est campé par Michael Keaton, cité à l'Oscar pour BIRDMAN d'Alejandro Gonzales Iñarritu. Le comédien, qui a grandi dans une famille catholique pratiquante, a su s'approprier le rôle avec une justesse déconcertante. "Dans la première scène du film que j'ai vue, il y avait un plan de Michael Keaton, et j'ai failli tomber à la renverse tellement il me ressemblait", s'enthousiasme Robinson. "Il ne s'agissait pas seulement du visage et de mon accent de Boston, mais aussi de mes expressions, de mes mimiques et de ma gestuelle. Il m'avait totalement percé à jour". 

McCarthy explique qu'il a songé à Keaton notamment après l'avoir vu dans le rôle convaincant d'un journaliste stressé dans LE JOURNAL (1994) de Ron Howard. "Le plus drôle, c'est que LE JOURNAL fait partie des films préférés de Robby Robinson", confirme le réalisateur. "Tout comme Robby, Michael est à la fois coriace, adorable et séducteur, et il a un sens de l'humour féroce. Il a su mettre à profit toutes ces qualités pour le rôle de ce leader qui dirige l'enquête". 

Mike Rezendes, interprété par Mark Ruffalo, travaille sous les ordres de Robinson. Cité à l'Oscar pour son interprétation du lutteur David Schultz dans FOXCATCHER de Bennett Miller, l'acteur a reçu le scénario un vendredi, l'a lu dans la nuit de vendredi à samedi et a donné son accord dès le lendemain. "Je me suis tout de suite dit que ça allait être un film important", indique Ruffalo. "Il y a des films qu'on tourne pour les réalisateurs et les producteurs, et d'autres, comme SPOTLIGHT, qu'on tourne pour soi. C'est terrible de penser à tous ces innocents qui ont été blessés et violés par une institution qui n'a aucune excuse pour son comportement". 

Ruffalo a vécu dans l'ombre de Rezendes pendant des semaines pour bien s'approprier la personnalité de ce journaliste pugnace : "Lorsque j'ai fait la connaissance de Mike, il était un peu méfiant, ce qui n'est pas surprenant", note l'acteur. "Il s'est demandé ce que je voulais – et c'est compréhensible. On est allé chez lui, et puis on a dîné ensemble et on a longuement marché. On a beaucoup parlé, et j'ai commencé à comprendre ce qui l'animait et qui il était. Je me suis ensuite rendu à la rédaction du Globe et j'ai passé cinq jours en compagnie de Mike avant d'entamer les répétitions. Une fois que le tournage a commencé, il est venu sur le plateau assez régulièrement. C'était d'autant plus déstabilisant qu'il me regarde travailler que je tenais vraiment à l'incarner avec justesse". 

À mesure qu'il apprenait à connaître Rezendes, Ruffalo s'est aperçu qu'il avait beaucoup de points communs avec ce dernier. "Ni Mike, ni moi ne venons du sérail", observe le comédien. "En effet, nous sommes issus de milieux qui ne nous ont pas franchement aidés à réaliser nos objectifs professionnels. Nous étions rebelles et nous avons tous les deux grandi dans des familles catholiques. Mike et moi avons tourné le dos à l'Église parce que nous trouvions qu'il y avait des incohérences entre ses préceptes et ce qu'elle donnait à voir dans l'espace public". 

Premier comédien à donner son accord, Ruffalo a campé son personnage avec la densité qu'on lui connaît : "Plus que tout autre acteur, Mark est capable de se transformer physiquement d'un film à l'autre", affirme McCarthy. "Il sait rendre ses personnages émouvants et c'était donc un vrai bonheur de voir Mark incarner Mike Rezendes avec une telle subtilité, sans jamais être démonstratif ou prétentieux". 

Si Rezendes s'attache à la dimension juridique de l'enquête, Sacha Pfeiffer, campée par Rachel McAdams, préfère mener les entretiens avec les victimes des prêtres pédophiles. "Sacha est une petite futée", indique Rachel McAdams, saluée pour ses prestations dans la série TRUE DETECTIVE, ou les films SHERLOCK HOLMES et N'OUBLIE JAMAIS. "Avec Sacha, on a commencé par échanger par e-mail, puis on s'est téléphonés, et j'ai fini par me rendre en train de New York à Boston un week-end, et j'ai passé l'après-midi avec elle et son mari", dit-elle encore. 

Ces longs entretiens se sont avérés fructueux. "J'ai posé à Sacha la moindre question qui me venait en tête, y compris sur les détails les plus futiles comme, par exemple, 'est-ce que vous portiez une montre ?' Quel que soit le sujet, elle a répondu à l'ensemble de mes interrogations". 

Nourrie par ses discussions avec Sacha Pfeiffer, l'actrice apporte une grande émotion aux scènes où elle encourage avec douceur les victimes de viol à prendre la parole. "J'ai été vraiment marquée par l'immense respect dont Sacha fait preuve à l'égard des victimes", déclare la comédienne. "Elle m'a dit : 'Pendant très longtemps, ils ont dû refouler cette souffrance et n'ont jamais parlé de ce qui s'est passé ni même demandé qu'on reconnaisse leur traumatisme. Et voilà que je débarque à l'improviste pour leur demander de me raconter ces viols et que je bouleverse leur quotidien'. Sacha m'a expliqué qu'elle ne pouvait pas, d'un point de vue moral, se contenter de mener ses entretiens, repartir, se servir de cette matière pour ses articles et disparaître aussi vite qu'elle était apparue dans leur vie. C'est pour cela qu'elle continue encore aujourd'hui à entretenir des relations avec plusieurs victimes, bien après les révélations du Globe". 

La comédienne a été touchée par la capacité de Sacha Pfeiffer à obtenir par la douceur des détails précieux pour son enquête de la part des personnes interviewées. 

"Ces victimes sont aujourd'hui des adultes, des ouvriers pour la plupart, qui ont beaucoup de mal à parler de ce qu'ils ressentent avec quiconque, et encore moins avec un journaliste", note-t-elle. "Sacha possède une qualité d'écoute extraordinaire, et elle fait preuve de beaucoup d'empathie. Mais il fallait aussi qu'elle demande à ces hommes d'être très précis dans leur manière de raconter ce qui leur était arrivé afin qu'on ne réduise pas leur traumatisme à un simple 'attouchement'". 

Le réalisateur a d'abord contacté Rachel McAdams par Skype et a immédiatement été frappé par sa simplicité. "Sacha et Rachel sont toutes les deux très directes", explique-t-il. "Elles sont intelligentes, sans être directives, et Sacha a une grande facilité à communiquer avec les autres, tout comme Rachel d'ailleurs. C'est ce qu'on voit dans les scènes très fortes du film où la comédienne se montre tenace sans jamais être intrusive. Rachel a un formidable sens du contact humain". 

Liev Schreiber campe Marty Baron, rédacteur en chef du Boston Globe, avec la froide détermination qui caractérise celui-ci. Une qualité qui n'avait pas échappé à Singer au cours de ses recherches : "Lorsque j'ai rencontré Marty à Washington, il y avait un Post-it dans son bureau sur lequel était écrit : 'Je ne suis ni chaleureux, ni gentil'. 

Marty se fout totalement de savoir qui il emmerde : son seul objectif, c'est d'obtenir les infos pour son article". 

Récemment cité à l'Emmy pour la série RAY DONOVAN, Schreiber a aussitôt été séduit par le personnage intransigeant de Baron. "C'est lorsque je me suis rendu à Washington et que j'ai fait la connaissance de Marty Baron que j'ai été totalement emballé par le projet", indique le comédien. "C'était un régal d'apprendre à le connaître et c'était passionnant de mieux comprendre les difficultés terribles auxquelles doivent faire face bon nombre de journaux aux États-Unis. D'ailleurs, si j'ai autant aimé ce scénario, c'est parce qu'il prend vraiment fait et cause pour la presse et les journalistes".

"Marty et ses collègues sont des héros à mes yeux", poursuit le comédien. "En discutant avec Marty, je me suis rendu compte que son boulot est épuisant. Peu lui importent les conséquences de ses enquêtes : il aime se battre, il n'est pas du genre à battre en retraite et il était prêt à affronter des individus et des organisations particulièrement redoutables pour faire éclater la vérité". 

Ancien rédacteur en chef adjoint du Globe, Ben Bradlee Jr. s'est facilement reconnu dans l'acteur qui l'incarne à l'écran. "Quand j'ai su que John Slattery allait interpréter le rôle, je me suis tout de suite souvenu du salopard qu'il joue dans la série MAD MEN", dit-il. "J'aime bien ce type de crapules. Et j'aime bien John. On a passé pas mal de temps ensemble. C'est un garçon sérieux. Et comme on est de Boston tous les deux, on a la même passion pour les Red Sox [équipe de base-ball de Boston, NdT]". 

Pour McCarthy, ami de longue date de Slattery, l'acteur s'imposait dans le rôle de Bradlee : "Tout comme Ben, John est bourru et direct et il n'est pas du genre à baratiner", indique le réalisateur. "Il respire la confiance en soi et, du coup, il était l'acteur idéal pour incarner Ben". 

Connu de millions de téléspectateurs pour son interprétation de Roger Sterling, publicitaire désinvolte dans la série MAD MEN, Slattery était enchanté de camper Bradlee : "Ben est un type très futé et haut en couleurs, si bien qu'il y avait une formidable matière pour un acteur", note Slattery. "Il ne faut pas sous-estimer l'influence de l'Église catholique à Boston à cette époque. La ville abritait l'archidiocèse le plus important du pays et 53% des lecteurs du Globe étaient catholiques. S'attaquer à l'Église dans une ville comme Boston relevait vraiment du défi pour Bradlee". 

Étant donné que Slattery est originaire de Boston, il connaissait bien les lieux de tournage du film, à l'instar de Fenway Park où son oncle a travaillé pendant plusieurs décennies pour les Red Sox. Mais tandis qu'avance l'intrigue, son personnage passe par de terribles phases d'angoisse : "Ben ressent une pression très forte sur ses épaules à mesure que progresse l'enquête", explique Slattery. "Quand on prend de tels risques pour écrire un article aussi retentissant et bouleversant, et susceptible de faire autant de mal à l'Église catholique, on a intérêt à bien faire les choses".

Parmi les membres de l'équipe Spotlight, on compte aussi le documentaliste Matt Carroll, interprété par Brian d'Arcy James. "Matt se définit lui-même comme l'intello de la bande", souligne James, précisant que l'homme est aujourd'hui chercheur pour le Centre des Médias Civiques du célèbre Massachusetts Institute of Technology. 

"Matt a su réunir toutes ces informations sur les prêtres et divers incidents qui ont émaillé trois décennies sur des feuilles de calcul Excel. Et puis, il s'est servi des données chiffrées pour étayer l'enquête". 

L'avocat revêche Me Mitchell Garabedian (Stanley Tucci) fournit des renseignements précieux à l'équipe Spotlight. "Il s'est fixé pour mission d'obtenir réparation devant la justice pour des centaines de gens", rapporte l'acteur. Celui-ci n'a jamais rencontré Garabedian, mais a visionné d'innombrables reportages sur l'avocat et autres images d'archives. "Quand on pense à tous les témoignages qu'a recueillis Garabedian, de la part d'enfants ou d'octogénaires violés à l'âge de huit ans, on se dit que cela doit vous attaquer sur le plan psychologique. Et pourtant, il est inoxydable". 

Comme on le constate dans le film, Garabedian se révèle peu disposé à venir en aide aux journalistes du Globe lorsque ces derniers finissent par le contacter : "De manière générale, c'est un type méfiant", souligne Tucci. "Il y a tellement de duplicité, et d'accords et de tractations négociés en sous-main entre l'Église et la classe politique et la 
police qu'il y avait de quoi être parano". 

LA VÉRITABLE ENQUÊTE SPOTLIGHT 

Dans SPOTLIGHT, le tout nouveau rédacteur en chef Marty Baron lance l'enquête fracassante sur l'Église dès son premier jour au journal. Journaliste laconique, il se souvient d'avoir déclenché un véritable séisme alors même qu'il débarquait à peine du Miami Herald. "En 2001, les mentalités au Globe étaient assez étriquées", déclare Baron, aujourd'hui rédacteur en chef du Washington Post. "Le journal n'avait jamais recruté un rédacteur en chef qui ne soit pas de Boston". 

Lors de sa première conférence de rédaction, Baron a demandé aux chefs de rubrique pourquoi l'article d'Eileen McNamara paru le week-end précédent n'avait pas suscité d'interrogations. "Elle évoquait plusieurs allégations sur un prêtre qui aurait commis des viols, précisant que la vérité risquait de ne jamais être révélée. L'Église défendait une version et l'avocat des victimes en défendait une tout autre. J'ai donc posé la question de savoir si on pourrait un jour connaître la vérité", ajoute Baron. 

Walter "Robby" Robinson, actuellement chroniqueur pour le Boston Globe, reconnaît que Baron a su faire évoluer l'état d'esprit de la rédaction : en effet, il a remis en cause le pouvoir de l'Église jusque-là incontesté d'étouffer toute affaire de pédophilie. "Lorsque Marty Baron est arrivé, il nous a dit qu'on devrait réclamer à la Justice de déclassifier les archives car l'opinion publique avait le droit de connaître la vérité", raconte Robinson. "On n'était pas habitués à ça. Au sein de l'équipe Spotlight, notre boulot consistait plutôt à dénoncer la corruption des pouvoirs publics lorsqu'on disposait d'archives et de personnes à interviewer. Mais pour cette enquête, il fallait vraiment qu'on fasse d'intenses recherches et qu'on passe des coups de fil pour dénicher des infos sur ce fameux prêtre John Geoghan. On a vite découvert qu'il n'y avait pas qu'un seul prêtre impliqué, mais plusieurs. Au moment où on a publié les résultats de l'enquête, en janvier 2002, on avait la preuve que quelque 70 prêtres avaient abusé d'enfants sexuellement, que l'Église avait passé des accords pour étouffer ces affaires, et que dans le cadre de ces accords qui avaient duré plusieurs décennies, les curés violeurs avaient été mutés dans d'autres paroisses où le plus souvent ils avaient récidivé". 

Robinson évoque avec fierté l'impact de l'enquête Spotlight : "En 2002, on a publié près de 600 articles sur le viol de milliers d'enfants par des centaines de prêtres, pas seulement à Boston, mais partout dans le pays. Malheureusement, comme nous le savons tous, des affaires comme celle-là se sont produites dans le monde entier". 

L'évocation de ce scandale au bout de toutes ces années suscite une réaction mitigée chez Michael Rezendes, lauréat du Prix Pulitzer pour le travail d'enquête mené par lui et son équipe. "Malgré tous les honneurs, les articles nous rendant hommage, les félicitations et même ce film, on ne peut pas pleinement s'en satisfaire", dit-il. "Nous avons tous gravés dans nos mémoires l'image de ces personnes qui nous ont fait part de leur souffrance et, du coup, nous pensons d'abord à ce que ces victimes de l'Église ont enduré".

Rezendes, qui continue à enquêter sur la corruption au sein de l'équipe Spotlight du Boston Globe, s'est entretenu avec Singer pendant des dizaines d'heures. Mais il a malgré tout été surpris par la transposition de l'enquête à l'écran : "Mark Ruffalo ressemble à s'y méprendre à l'homme que j'étais en 2001, avec mes cheveux courts, mes chaussures habillées, mes chemises foncées et mes jeans", dit-il. "Il a aussi remarquablement restitué mon élocution et ma démarche". 

Peu habituée à être interviewée, Sacha Pfeiffer a été impressionnée par l'attention de Rachel McAdams au moindre détail au cours de leurs conversations. 

"Rachel me posait des questions du genre, 'Est-ce que tu te laissais pousser les ongles en 2001 ? Est-ce que tu déjeunais à la cantine du Globe ou est-ce que tu venais au travail avec de quoi manger ? Qu'est-ce que tu portais comme chaussures ? Est-ce que tu te changeais quand tu allais te balader ? Est-ce que tu racontais quoi que ce soit à ta famille ? Qu'est-ce que ton mari en pensait ? Tu ne t'es jamais sentie frustrée ?'" 

Sacha Pfeiffer, revenue au Boston Globe en 2014 après avoir travaillé pendant six ans pour l'antenne régionale de la radio NPR, a été sensible à la préparation minutieuse de la comédienne. "Même si la plupart des spectateurs ne savent pas du tout à quoi je ressemble, Rachel souhaitait être la plus proche de la réalité parce qu'elle tenait à restituer nos combats et nos questionnements les plus intimes – tout comme ses partenaires. Et quand, sur le tournage, j'ai vu Rachel descendre les marches de la Boston Public Library, je me suis dit, 'C'est moi !'" 

UNE SALLE DE RÉDACTION … HISTORIQUE 

SPOTLIGHT commence et s'achève dans les bureaux du Boston Globe. Pour reconstituer les locaux d'un grand journal pendant la période critique de transition du papier au numérique, le chef-décorateur Stephen H. Carter a mesuré les bureaux du Globe, puis s'en est servi pour reconstituer 120 postes de travail dans un grand magasin Sears désaffecté de la banlieue de Toronto. "La salle de rédaction a mobilisé toute notre attention", indique Carter qui a collaboré récemment à BIRDMAN.

D'autre part, le chef-décorateur a pu aménager plusieurs décors naturels situés sur les lieux mêmes du Boston Globe : "Que ce soit l'imprimerie ou la salle de documentation, il y a beaucoup de décors qu'on n'aurait pas pu trouver ailleurs", indique-t-il. "Les salariés du Globe nous ont soutenus tout au long du tournage. Autant dire que cela aurait été stupide de ne pas saisir une telle opportunité". 

Particulièrement perfectionniste, Carter est allé jusqu'à installer un flamand rose dans le bureau de Marty Baron, en s'inspirant de la réalité historique ! "J'ai été bluffé par l'authenticité du décor", indique l'ancien rédacteur en chef. "Quand j'ai quitté le Miami Herald pour travailler au Globe, mes anciens collaborateurs m'ont offert un flamand rose empaillé que j'ai installé dans mon bureau de Boston. Le département artistique du film a déniché un animal quasi identique et l'a placé dans le bureau de Liev. 

Visiblement, la couleur rose fuchsia était gênante, si bien qu'ils ont fini par le coincer derrière un rayonnage. L'esprit du journal était aussi dans les décors". 

Le plus difficile a sans doute été d'équiper les postes de travail avec du matériel informatique du début des années 2000. "On ne pense pas forcément qu'une histoire qui se déroule il y a une quinzaine d'années relève d'un film d'époque, mais les bureaux ne ressemblaient pas à ce qu'ils sont devenus aujourd'hui", note Carter. "Il a fallu qu'on évite toutes sortes d'anachronismes potentiels". 

À l'inverse, des technologies nous semblant obsolètes aujourd'hui étaient considérées comme révolutionnaires en 2001. "À l'heure actuelle, on ne voit plus de Palm Pilot par exemple, mais c'est ce qu'utilisaient les gens à l'époque", reprend-il. "Les écrans plats étaient encore rares pour les ordinateurs de bureaux. Il s'agissait d'un accessoire haut de gamme et, du coup, les salariés du Boston Globe qui étaient au bas de l'échelle disposaient d'un vieil écran à tube cathodique". 

LE RÉALISME AVANT TOUT 

En tournant plusieurs extérieurs à Boston au cours de l'automne 2014, McCarthy n'avait qu'un seul objectif : "On voulait être aussi réalistes que possible", indique-t-il. La chef-costumière et coiffeuse Wendy Chuck (TWILIGHT, NEBRASKA), par exemple, a conçu des tenues parfaitement authentiques correspondant au désintérêt total des journalistes pour la mode ! "On repère une grande costumière quand on ne fait plus attention aux costumes", signale le réalisateur. 

McCarthy, qui a fait équipe avec le chef-opérateur Masanobu Takayanagi (HAPPINESS THERAPY), s'est inspiré de Sidney Lumet et de Robert Altman pour les éclairages très sobres du film. "Nous avons multiplié les mouvements d'appareil puisqu'on s'attache aux journalistes au cours de l'enquête, mais on ne voulait pas que la caméra soit intrusive afin de laisser de l'espace aux personnages", poursuit McCarthy. 

"On savait qu'on pouvait compter sur un scénario solide et de très bons comédiens". Grâce au style dépouillé de la mise en scène, le réalisateur a pu se concentrer sur l'essentiel : "Avec toute mon équipe, on ne cessait de revenir au travail des journalistes", dit-il. "On ne pouvait pas opter pour une esthétique stylisée. Il fallait aller vers la simplicité. Il fallait juste raconter leur histoire. Et il fallait être dans la justesse. C'est ce que nous avons cherché à faire dans la mise en scène et les décors". 

Mais McCarthy tenait par-dessus tout à satisfaire les seuls vrais juges du réalisme du film : les membres de l'équipe Spotlight. "On a tenté de respecter la vérité historique, non seulement s'agissant des faits et des chiffres, mais aussi de l'impact émotionnel", affirme-t-il. "On souhaitait que ceux qui ont vécu ces événements puissent voir le film en se disant, 'oui, c'est exactement comme ça que ça s'est passé'". 

Après avoir visionné un premier montage, les journalistes représentés à l'écran ont plébiscité le film. "Marty nous a envoyé un e-mail pour nous dire à quel point il est crucial que les spectateurs se rendent compte que le genre de journalisme évoqué dans SPOTLIGHT fait partie intégrante de la société américaine", conclut McCarthy. "Une presse libre incarne un véritable contre-pouvoir vis-à-vis des institutions les plus puissantes".

L'HÉRITAGE DE SPOTLIGHT 

SPOTLIGHT s'inscrit dans la droite ligne des HOMMES DU PRÉSIDENT qui évoquait l'enquête de Bob Woodward et Carl Bernstein sur le scandale du Watergate. 

Lorsque ce film est sorti en 1976, il a valu à Jason Robards un Oscar pour son interprétation du rédacteur en chef du Washington Post, Ben Bradlee, père de Ben Bradlee Jr, membre de l'équipe Spotlight. Il a également encouragé une nouvelle génération de journalistes à avoir un œil critique sur des institutions autrefois considérées inaccessibles. En 2015, SPOTLIGHT rend hommage au journalisme d'investigation à une époque où l'on peut craindre que les enquêtes de fond aient cédé la place aux reportages de deux minutes des chaînes d'info en continu, aux news "people" et aux sites Internet drainant le plus gros trafic. 

En l'espace de quinze ans, de nombreux journalistes ont changé de métier et certains parmi les plus aguerris ont perdu leur emploi, comme le signale la productrice Nicole Rocklin. "Quand on sait à quel point les budgets ont été sacrifiés, qui a encore les moyens financiers et humains pour se lancer dans de telles enquêtes ?", s'interroge-telle. "Si ces journalistes n'avaient pas consacré plusieurs années de leur vie à cette affaire, aurait-elle jamais été rendue publique ? C'est vraiment effrayant de se dire que de telles équipes d'investigation ont disparu des salles de rédaction partout aux ÉtatsUnis". 

McCarthy confirme : "SPOTLIGHT est l'exemple même de ce que le journalisme au sens le plus noble du terme peut accomplir. Je veux tirer la sonnette d'alarme pour réaffirmer que ce type de journalisme est absolument fondamental et qu'à mes yeux ces journalistes sont de véritables héros". 

Près de 14 ans après les révélations fracassantes du Globe, l'impact de l'enquête sur les viols commis par des prêtres de Boston continue de se faire sentir dans le monde entier et particulièrement au sein de la hiérarchie de l'Église catholique. "L'Église accorde désormais beaucoup d'attention aux problématiques soulevées dans notre film et l'essentiel des changements intervenus au sein de l'institution remonte au travail de l'équipe Spotlight", relate le producteur Michael Sugar.

Jonathan King, de Participant Media, ajoute : "L'équipe Spotlight du Boston Globe a révélé des événements de la plus haute importance qui ont fait bouger les lignes. C'est en adéquation avec notre mission chez Participant". Pour rester vigilant, la société a lancé un site Internet destiné à informer les spectateurs qui souhaitent agir. Pour en savoir plus, rendez-vous sur www.TakePart.com/Spotlight.

SPOTLIGHT : QUELQUES REPÈRES CHIFFRÉS 

 En 2002, l'équipe Spotlight a publié près de 600 articles sur des viols perpétrés par 70 prêtres dont les crimes ont été étouffés par l'Église catholique. 
 En décembre 2002, le cardinal Law a démissionné de l'archidiocèse de Boston et a été muté à la Basilique de Santa Maria Maggiore de Rome. 
 249 prêtres ont été accusés de viol au sein de l'archidiocèse de Boston.* 
 En 2008, 1476 victimes avaient survécu aux viols des prêtres dans la seule région de Boston.* 
 À l'échelle nationale, 6427 prêtres ont été accusés de viols sur 17 259 victimes.* 
 Depuis l'enquête Spotlight, on a dénombré des cas de viols commis par des prêtres catholiques dans 105 villes aux États-Unis et dans 102 diocèses à travers le monde.* 

*Source : www.bishop-accountability.org, base de données compilée par Terry McKiernan.  

ÉTATS-UNIS 

1 Anchorage Alaska 

2 Fairbanks Alaska 

3 St. Michael [village] Alaska

4 Stebbins Alaska 

5 Mobile Alabama 

6 Phoenix Arizona 

7 Tucson Arizona 

8 Yuma Arizona 

9 Los Angeles Californie 

10 Los Gatos Californie 

11 Monterey Californie 

12 Oakland Californie 

13 Orange Californie 

14 Sacramento Californie 

15 San Bernardino Californie 

16 San Diego Californie 

17 Santa Barbara Californie 

18 Santa Rosa Californie 

19 Stockton Californie 

20 Denver Colorado 

21 Bridgeport Connecticut 

22 Hartford Connecticut 

23 Wilmington Delaware 

24 Miami Floride 

25 Palm Beach Floride 

26 Marietta Géorgie 

27 Savannah Géorgie 

28 Honolulu Hawaï

29 Davenport Iowa 

30 Dubuque Iowa 

31 Farmington Iowa 

32 Grand Mound Iowa 

33 Chicago Illinois 

34 Joliet Illinois 

35 Peoria Illinois 

36 Indianapolis Indiana 

37 Conway Springs Kansas 

38 Kansas City Kansas 

39 Anchorage Kentucky 

40 Covington Kentucky 

41 Louisville Kentucky 

42 Nouvelle-Orléans Louisiane 

43 Fall River Massachusetts 

44 Springfield Massachusetts 

45 Wellesley Massachusetts 

46 Worcester Massachusetts 

47 Baltimore Maryland 

48 Portland Maine 

49 Detroit Michigan 

50 Grand Rapids Michigan 

51 Collegeville Minnesota 

52 Greenbush Minnesota 

53 Onamia Minnesota 

54 St.Paul/Minneapolis Minnesota 

55 Cape Girardeau Missouri 

56 Hannibal Missouri 

57 Kansas City Missouri 

58 St. Louis Missouri 

59 Jackson Mississippi 

60 Billings Montana 

61 Helena Montana 

62 St. Ignatius [ville/mission] Montana 

63 Raleigh Caroline du Nord 

64 Fargo Daokta du Nord 

65 Lincoln Nebraska 

66 Omaha Nebraska 

67 Manchester New Hampshire 

68 Camden New Jersey 

69 Mendham New Jersey 

70 Gallup Nouveau Mexique 

71 Santa Fe Nouveau Mexique 

72 Albany New York 

73 Brooklyn New York 

74 Goshen New York 

75 New York New York 

76 Rochester New York 

77 Rockville Centre New York 

78 Cincinnati Ohio

79 Cleveland Ohio 

80 Toledo Ohio 

81 Baker City Oregon 

82 Portland Oregon 

83 Altoona Pennsylvanie 

84 Philadelphia Pennsylvanie

85 Pittsburgh Pennsylvanie

86 Scranton Pennsylvanie 

87 East Greenwich Rhode Island 

88 Providence Rhode Island 

89 Charleston Caroline du Sud 

90 Marty Indian School (Marty) Dakota du Sud 

91 Rosebud Indian Reservation (Rosebud) Dakota du Sud 

92 Memphis Tennessee 

93 Nashville Tennessee 

94 Dallas Texas 

95 El Paso Texas 96 Fort Worth Texas 

97 San Antonio Texas 

98 Richmond Virginie 

99 Burlington Vermont 

100 Briscoe Memorial [in Kent] Virginie occidentale 

101 Seattle Virginie occidentale 

102 Spokane Virginie occidentale 

103 Yakima Virginie occidentale 

104 Milwaukee Wisconsin 

105 St. Francis Wisconsin 

RESTE DU MONDE 

1 Berazategui, Argentine 

2 Buenos Aires, Argentine 

3 Morón, Argentine 

4 Paraná, Argentine 

5 Pilar, Argentine 

6 Quilmes, Argentine 

7 Salta, Argentine 

8 Adelaide, Australie 

9 Ballarat, Australie 

10 Bass Hill, Australie 

11 Bathurst, Australie 

12 Bindoon, Australie 

13 Canberra, Australie 

14 Dandenong, Australie 

15 Goulburn, Australie 

16 Hobart, Australie 

17 Lancefield, Australie 

18 Melbourne, Australie 

19 Mildura, Australie 

20 Mittagong, Australie 

21 Morisset, Australie

22 Mount Isa, Australie 

23 Neerkol, Australie 

24 Newcastle, Australie 

25 Perth, Australie 

26 Sydney, Australie 

27 Toowoomba, Australie 

28 Wagga Wagga, Australie

29 Wollongong, Australie 

30 Hollabrunn, Autriche 

31 Bruges, Belgique 

32 Flawinne, Belgique 

33 Ottré, Belgique 

34 Arapiraca, Brésil 

35 Franca, Brésil 

36 Mariana, Brésil 

37 Rio de Janeiro, Brésil 

38 Antigonish, Canada 

39 Chatham, Canada 

40 Igloolik, Canada 

41 Sherbrooke, Canada 

42 St. John’s, Canada 

43 Wilno, Canada 

44 Cottolengo, Chili 

45 Maipú, Chili 

46 Melipilla, Chili 

47 Quilicura, Chili 

48 Santiago, Chili 

49 Santiago, Chili 

50 Medellín, Colombie 

51 Rab, Croatie 

52 Saint-Domingue, République dominicaine 

53 Londres, Angleterre 

54 Manchester, Angleterre 

55 Middlesbrough, Angleterre 

56 Preston, Angleterre 

57 Reading, Angleterre 

58 Caen, France 

59 Saint-Jean-de-Maurienne, France 

60 Berlin, Allemagne 

61 Munich, Allemagne 

62 Riekhofen, Allemagne 

63 Ollur, Inde 

64 Curracloe, Irlande 

65 Dublin, Irlande 

66 Gortahork, Irlande 

67 Kilnacrott, Irlande 

68 Letterfrack, Irlande 

69 Lota, Irlande 

70 Monageer, Irlande 

71 Wexford, Irlande 

72 Nairobi, Kenya 

73 Ngong, Kenya 

74 Cuacnopalan, Mexique 

75 Mexico, Mexique 

76 San Luis Potosí, Mexique 

77 Auckland, Nouvelle-Zélande 

78 Christchurch, Nouvelle-Zélande 

79 Feilding, Nouvelle-Zélande 

80 Hamilton, Nouvelle-Zélande 

81 Masterton, Nouvelle-Zélande

82 Silverstream, Nouvelle-Zélande

83 Akute, Nigeria

84 Kircubbin, Irlande du Nord 

85 Trondheim, Norvège 

86 Ayacucho, Pérou 

87 Chimbote, Pérou 

88 Bontoc, Philippines 

89 Cebu City, Philippines 

90 Manila, Philippines 

91 Naval, Philippines 

92 Tubay, Philippines 

93 Poznań, Pologne 

94 Edinburgh, Écosse 

95 Rufisque, Sénégal 

96 Bo, Sierra Leone 

97 Brits, Afrique du Sud 

98 Cape Town, Afrique du Sud 

99 Comillas, Espagne 

100 Grenada, Espagne 

101 Soni, Tanzanie 

102 Mérida, Venezuela

dimanche 12 juillet 2015

Back to the future


Comédie/Drôle, bien équilibré et toujours aussi politiquement incorrect, une réussite

Réalisé par Seth MacFarlane
Avec Mark Wahlberg, Seth MacFarlane, Amanda Seyfried, Giovanni Ribisi, Morgan Freeman, Sam J. Jones, Patrick Warburton, Michael Dorn, Bill Smitrovich...
En français, JoeyStarr prête à nouveau sa voix à l'ours en peluche Ted


Long-métrage Américain
Durée: 01h55mn
Année de production: 2015
Distributeur: Universal Pictures International France

Date de sortie sur les écrans U.S.: 26 juin 2015
Date de sortie sur nos écrans: 5 août 2015


Résumé: Les deux meilleurs amis du monde vont cette fois-ci s’aventurer en territoire totalement inconnu : le moment est venu de légaliser l’existence de Ted. 
Nos deux compères vivent toujours à Boston, mais alors que John est désormais célibataire, Ted a emménagé avec Tamy Lynn, la bombe de ses rêves. 
Alors qu’ils traversent leurs premiers orages maritaux, ils décident de faire un enfant pour consolider leur couple. Leurs espoirs sont brisés lorsque la cour du Massachussetts refuse de reconnaître le statut de personne à Ted, et lui octroie celui de « propriété », ce qui le rend inapte à l’adoption. 
Il est licencié de son travail au magasin et informé sans autre forme de procès que son mariage est annulé. 
Furieux et dégoûté, Ted va canaliser sa frustration sur la restauration de ses droits, et demander à son meilleur ami de l’aider à poursuivre en justice la Cour du Massachussetts. 
Ils engagent alors en tant qu’avocat une jeune activiste de la légalisation de la marijuana : Samantha L. Jackson. 
Mais Ted est débouté. Le trio s’embarque alors dans un road trip vers New York afin de tenter de convaincre le célèbre avocat des droits civils Patrick Meighan de porter leur dossier en appel. 
Leur but est de prouver qu’un ours en peluche accro à la bière et à la fumette a les mêmes droits que n’importe quel Américain accro à la bière et à la fumette.

Bande annonce (VOSTFR)


Bande annonce (VF avec la voix de JoeyStarr)


Extrait 1 - "On pourrait trop être avocats" (VOSTFR)


Extrait 2 - Le prénom (VF)


Making-of du doublage de JoeyStarr


Ce que j'en ai pensé: J'ai été invitée à venir découvrir ted 2 lors d'une projection très originale organisée par Universal France. Afin de nous mettre dans l'ambiance, nous avons tout d'abord dégusté bières et pizzas.

 


Puis, nous avons passés le challenge des 44 prénoms. Vous vous souvenez dans le premier opus de la liste des prénoms que John énumère à toute vitesse? Et bien nous devions faire aussi bien que lui (et je peux vous dire que ce n'est pas facile!).
Ensuite, nous nous sommes dirigés vers la salle de projection et là une belle surprise nous attendais. Tout plein de ted patientaient.



En fonction de notre classement au challenge, nous avons choisi le ted que nous préférions. Puis, nous nous sommes dirigés vers la salle de projection pour voir le film.

Alors que vaut ted 2 finalement? J'ai beaucoup aimé ted en 2012. Aussi, j'avais peur que ce second film ne pouvant plus se baser sur l'effet de surprise de découvrir cet ourson parlant ne puisse pas à nouveau plaire autant. J'avais tort de douter car ted 2 est une réussite. Plus structuré avec un meilleur équilibre entre émotions et rires, c'est le ted de la 'maturité'. Les effets spéciaux permettant à ted de prendre vie sont encore plus réussis. On y croit vraiment, ce qui rend le thème principal du film (l'obtention du statut de personne versus celui de propriété) encore plus touchant puisque ted existe bel et bien à l'écran pour le spectateur. 




Le scénario n'est toujours pas très compliqué mais il est mieux travaillé. L'histoire est remplie de références cinématographiques et geeks. Il s'agit, dans la plupart des cas, de références à la culture pop donc elles sont assez faciles à saisir. Cependant certaines sont assez pointues. J'en ai raté quelques unes. L'humour n'est pas permanent, ce que j'ai trouvé agréable pour mieux en profiter quand il apparaît, mais il revient toujours en force et il fait mouche à chaque fois. Attention cependant, il s'agit d'un humour très limite, souvent vulgaire et parfois noir. Il faut donc avoir apprécié le premier pour rire des certaines blagues dans celui-ci. Mais quand on accepte le principe du film, qu'est-ce qu'on rigole! Je rappelle au passage que ted n'est pas pour les enfants! 
Mark Wahlberg, toujours aussi cool dans le rôle de John, forme une équipe de choc avec ted. Ensemble, ils sont excellents. Leurs interactions sont vraiment bien faites et la dynamique de leurs dialogues fonctionne parfaitement bien.




Amanda Seyfried, dans le rôle de Samantha Jackson, est une nouvelle venue fort sympathique qui vient renforcer positivement le duo ted/John.




Jessica Barth voit son rôle de Tami-Lynn prendre une place nettement plus importante. Elle joue la blonde sans cervelle mais réussit à rendre son personnage attachant.



Giovanni Ribisi est, quant à lui, toujours aussi inquiétant en Donny. 
Impossible de ne pas encore plus craquer pour ce ted 2 qui assume pleinement son originalité tout en restant fidèle à sa personnalité d'origine et en l'améliorant pour nous offrir une bonne rigolade en compagnie de potes du tonnerre! Si vous avez aimez le 1, je vous conseille définitivement le 2.


Notes de production
(A ne lire qu’après avoir vu le film pour éviter les spoilers !)

Purs potes pour la vie : les débuts de TED 2

En 2012, un adorable ours en peluche à la langue bien pendue prenait le monde d’assaut. Un héros tout sauf conventionnel, avec son apparence classique de nounours tout doux, doté d’une arrogance incomparable, et un penchant affirmé pour la fumette et les filles, qui a propulsé la petite comédie à propos de l’attachement d’un fumeur d’herbe à son ours en peluche, au rang de la comédie la plus irrévérencieuse de tous les temps. Cet été Seth MacFarlane reprend l’écriture, la réalisation, et la voix de TED, le blockbuster qui lancé la carrière de l’ours en peluche le plus malotru de la terre, pour le second opus : TED 2. Il retrouve ici Mark Wahlberg (TRANSFORMERS 4 L’ÂGE DE L’EXTINCTION de M. Bay, 2014 ; VERY BAD COPS de S. Brothers et T. Nights, 2010) dans le rôle de John Benett. Lors de l’été 2012, le public tombait sous le charme de Ted.
Avec près de 550 millions de dollars de recette dans le monde entier, les gens accouraient pour se régaler des aventures de l’ourson rock & roll et de John, son meilleur ami. Ted possède un atout de taille : en sa qualité d’ours en peluche il peut se permettre de dire des choses qu’une personne normale ne se permettrait pas… à moins de vraiment vouloir se recevoir un poing dans la figure. Après un tel succès, les producteurs ont commencé à envisager de donner une suite aux aventures de l’ourson… ce qui n’était pas forcément dans les plans de Seth MacFarlane le créateur et réalisateur du premier opus, qui ne voulait en aucun cas refaire le même film. Ceci dit, la tendresse particulière qu’il avait pour le personnage qu’il avait créé, doublé et filmé, ainsi que les ressources scénaristiques infinies qu’il pouvait susciter, lui donnèrent vite l’inspiration et l’envie d’explorer un tout autre terrain, tout en développant la relation de Ted et John. Le cœur de l’équipe s’est alors de nouveau réuni afin de plancher sur la question existentielle qui sous-tend le film : Qu’est ce qui nous définit en tant qu’individus ?
Au départ le co-scénariste Alec Sulkin, pour plaisanter, pensait intituler le film « Ted 2, le même, grosso modo», mais il s’est surpris lui-même à constamment s’étonner de la richesse du scénario qu’il déroulait avec Wellesley Wild, son compagnon d’écriture sur le premier TED. Tout devait être axé sur ce qui avait fait le succès du premier opus, c’est-à-dire les moments où Ted et John glandouillent ensemble, et où le spectateur peut apprécier la relation qui les lie. Si John envisage son meilleur ami comme un individu à part entière, qu’en est-il du reste de la société ? Si les humains s’adaptent facilement aux changements, il n’en reste pas moins qu’ils peuvent se montrer foncièrement sectaires et ont besoin de catégoriser les choses et les gens afin de les assimiler. La ségrégation est malheureusement une partie inhérente de nos sociétés.
Comme le dit le personnage d’Amanda, ce n’est qu’après une bataille juridique pour les droits civiques que les gens prennent conscience de son bien-fondé, jamais avant, ni pendant. Ils se sont inspirés de la tristement célèbre Affaire Sandford peu avant la guerre de Sécession à l’issue de laquelle la Cour stipulait qu’un Noir, même libre, ne pouvait en aucun cas être citoyen des États-Unis. Ted et John sont les Bob Hope et Bing Crosby du 21e siècle. On retrouve chez eux la même alchimie et la même vision satirique du monde. Jusqu’où peut-on s’attacher à un ours en peluche et dans quelle mesure un objet inanimé peut-il être reconnu comme un individu ? Ces questionnements en apparence absurdes remettent en question les bases même de nos cultures. Le ton éminemment formel des tribunaux appliqué à un cas totalement loufoque promettait un potentiel comique extraordinaire.
Depuis le temps qu’ils travaillent ensemble sur différents concepts, les deux co-scénaristes et le créateur de TED ont une routine de travail rodée. Alec Sulkin nous explique : « Nous travaillons ensemble afin de définir les grandes lignes, puis avec Wellesley nous nous répartissons les scènes. En gros il fait les scènes paires et moi les impaires. Puis on harmonise le tout et on revient vers Seth. »
Le film s’ouvre sur la désagrégation du couple de John et, contre toute attente, l’officialisation de celui de Ted. Mais les espoirs de nos deux héros sont bousculés par la vie, et ils luttent tout autant l’un que l’autre pour réussir à comprendre comment faire pour s’assumer et comprendre qui ils sont vraiment. Assumer sa condition d’homme peut s’avérer aussi compliqué que de faire-valoir les droits civiques d’un ours en peluche … et le road trip qui les mènera à New York prend des allures de quête initiatique déjantée.
L’inspiration principale de TED 2 est le film de John Hugues UN TICKET POUR DEUX (1988) avec Steve Martin et John Candy dont la scène mémorable où Griffith (Candy) finit par avoir un accident de voiture est pratiquement, plan pour plan, la même interprétée cette fois ci par l’ourson. C’est un hommage ainsi qu’un parallèle intéressant car John Candy était comme un gros nounours dans ce film. Il est aussi drôle, qu’irrévérencieux et adorable.
Et c’est bien là le problème : une des premières erreurs c’est de faire confiance à Ted et de le laisser conduire. Quand tout le monde finit par somnoler dans la voiture, l’ours en peluche à fond dans sa musique perd le contrôle du véhicule qui finit par atterrir dans une grange. Ils se retrouvent alors au milieu de nulle part, coincés dans un repère de trafiquants de drogue, face à un champ géant de marijuana… une parenthèse qui évidemment va leur attirer une myriade d’ennuis… Et ce n’est qu’une des multiples péripéties à se tordre de rire qui vont émailler leur route vers New York.

La fine fleur de Boston : la distribution du film

Mark Wahlberg - JOHN

Pour l’acteur qui n’avait jamais retravaillé sur des suites, cet opus sera l’exception qui confirme la règle. La perspective de retrouver son duo avec Seth MacFarlane était pour lui un gage de qualité. Il savait que le réalisateur saurait développer avec talent et pour le plus grand plaisir des spectateurs le caractère ultra-subversif de leur relation. Ces potes à la vie à la mort sont uniques. Dans le premier TED son personnage essayait de concilier sa relation assez exceptionnelle avec son ours en peluche et la maturité requise afin de fonder un foyer et une relation stable avec sa compagne. Quelques années plus tard il est divorcé et ne veut à aucun prix quitter son célibat de peur de se retrouver avec le coeur encore une fois en miettes. Alors que John est totalement blasé et cynique, Ted lui, se démène comme un beau diable pour que son couple marche. Et cela demande un engagement et une prise de position claire qu’il défendra d’autant plus qu’on lui en refuse le droit. Le comédien avoue être totalement fan de la manière dont les scénaristes ont réussi à conjuguer un sujet existentiel fort et sensible à la fois autour duquel s’articulent les éléments constitutifs d’une comédie complètement déjantée. Seth MacFarlane quant à lui adore l’implication de son comédien principal et la confiance aveugle dont il sait faire preuve. Aussi à l’aise dans le registre dramatique que comique, Mark Wahlberg possède une maîtrise de son corps telle qu’il est fantastique dans l’humour de situation où la gestuelle est primordiale. Le réalisateur déclare d’ailleurs à propos de son acteur : « Il sait TOUT faire, il a une palette de jeu incroyable. Il passe du comique à l’émotion en un clin d’œil et avec une sincérité déroutante, surtout quand on sait qu’il joue tout seul, puisque Ted n’est pas physiquement présent lors des prises de vues. Il se sert de son imagination et suit ma voix, et le résultat est toujours fascinant ! »

Amanda Seyfried - SAMANTHA

La comédienne avait déjà travaillé avec Seth MacFarlane sur ALBERT À L’OUEST, intégrant par la même occasion la famille artistique du réalisateur. Elle nous explique : « C’est comme cela que Seth fonctionne. Quand il collabore avec des gens dont il apprécie le travail, il les intègre toujours à ses autres projets, et dans sa vie personnelle. C’est comme ça qu’il m’a proposé le rôle de Samantha. Cette jeune femme tout récemment diplômée de droit cherche à faire ses preuves dans la boîte de son oncle où elle vient d’être engagée. Elle bosse comme une acharnée pour mériter son poste, même si elle ne crache pas sur un petit joint de temps en temps… régulièrement…tous les jours en fait … Quand Ted et John viennent la consulter au bureau, elle est surexcitée, et ils ont des sérieux doutes sur la capacité de cette fille, totalement éparpillée et apparemment complètement stone, à pouvoir gagner leur procès. » En fait quand nos deux amis rencontrent Samantha, ils ne sont vraiment pas sûrs de s’adresser à la bonne personne du simple fait de son jeune âge et de son apparente inexpérience. Mais dès qu’elle sort son shilom, tout à coup elle devient comme envoyée du ciel. Une complicité évidente se met alors en place entre les trois personnages. L’équipe savait que Mila Kunis ne serait pas disponible pour le deuxième opus, et ils ont voulu s’en servir pour donner du relief à la vie amoureuse de John. Au début du film il vient d’essuyer une cruelle déception avec son mariage, et quand Samantha débarque, le public s’aperçoit tout de suite à quel point elle est beaucoup plus sur la même longueur d’ondes avec lui que son ex femme… et espère d’emblée qu’il va se passer quelque chose entre eux.

Jessica Barth - TAMY-LYNN

L’actrice qui incarnait la petite amie de Ted, joue aujourd’hui sa femme. Après deux ans d’extase, la lune de miel est terminée et ils entrent dans les réalités matérielles de la vie maritale avec son lot d’engueulades et de mises au point, en plus des problèmes financiers. Mais quand il s’agit de défendre les droits de Ted au regard de la loi, la jeune femme se transforme en avocate féroce. Elle développe : « La base de leur couple c’est leur authenticité et leur honnêteté. Bien sûr ils ont leurs problèmes, mais ils sont foncièrement amoureux l’un de l’autre. Et même si Tamy-Lynn n’a pas l’air très futée, elle a en revanche un coeur en or et une générosité exceptionnelle.»

Giovanni Risibi - DONNY

Le comédien reprend lui aussi du service dans le rôle du psychopathe obsédé par Ted et qui n’arrive pas à se rentrer dans la tête qu’ils ne deviendront jamais les meilleurs amis du monde. Il ressort ici des tréfonds de Boston, toujours aussi obsédé, et aujourd’hui en cheville avec la compagnie qui a fabriqué Ted, afin de le capturer et le manufacturer pour faire fortune. L’équipe adore ce personnage tellement tordu que tout ce qu’il entreprend prend un caractère foncièrement jubilatoire. Et ils sont également fans de la prestation de l’acteur qui dans le travail ne recule devant rien et sur le tournage paraît tout aussi obsédé que son personnage qui ne vit que par Ted. Le comédien ajoute : « C’est d’autant plus absurde que si Ted n’est pas reconnu en tant que personne à part entière, il n’y a pas de kidnapping, mais juste le vol d’un ours en peluche à 59 dollars… »

Patrick Warburton (des séries TV Les Griffin de Seth MacFarlane et Leçons Sur Le Mariage de Tom Hertz) revient dans le rôle de Guy, le collègue et ami de John.

Bill Smitrovich (IRON MAN, FBI Portés Disparus) interprète le manager de Ted au magasin.

Sam J. Jones enfile le costume de FLASH GORDON le héros d’enfance de Ted et John.

Patrick Stewart (X-MEN et la série TV Star Trek : The Next Generation) prête de nouveau sa voix au narrateur de cette nouvelle aventure.

Les nouveaux venus :

Morgan Freeman - PATRICK MEIGHAN

Le comédien oscarisé interprète l’avocat de la partie civile. Quand Ted est débouté lors de son premier procès, notre fine équipe n’a d’autre choix que de se tourner vers la superstar des avocats aux États-Unis. Et c’est d’ailleurs un peu comme cela que l’équipe du film a envisagé le fait de faire appel à Morgan Freeman. Et ce à dessein : la magie de l’envergure et du talent d’un acteur comme Morgan Freeman implique immédiatement qu’il est le sauveur ultime… Dans le film dès qu’on l’aperçoit c’est un peu comme apercevoir le magicien au bout de la route d’Oz…

John Slattery - SHEP WILD

Le célèbre publicitaire de la série TV Mad Men incarne l’avocat de la cour qui se bat afin que le statut de propriété de Ted n’évolue pas. Il est aussi charismatique que dangereux, et n’a JAMAIS perdu de cas. Il est retors, vicieux, suave et très élégant. Amanda Seyfried développe : « John a interprété son rôle à la manière d’un serpent, et d’une saloperie de charmeur. Il y a pris tellement de plaisir qu’on était tous morts de rire !!! »

Wellesley Wild nous explique que tous ces personnages ont un trait en commun : ils sont tous nommés d’après des personnes qu’ils connaissent…et en l’occurrence ce personnage se nomme Shep Wild Wellesley… le nom de son père. Il ajoute « Ils n’ont aucun trait de caractère en commun, c’est juste que je trouvais ça amusant de graver le nom de mon père au panthéon du cinéma, c’est un bel hommage. » De nombreuses stars de la comédie américaine font de petites apparitions savoureuses dont notamment :

Michael Dorn (Castle, Star Trek : The Next Generation) joue le nouveau petit ami de Guy.

John Carroll Lynch (SHUTTER ISLAND, GRAN TORINO) est Tom Lessup, le président de la compagnie de fabrication de jouets de mèche avec Donny pour s’approprier l’ourson.

Tom Brady (la star de football américain, quaterback des Patriots de Nouvelle Angleterre) joue le potentiel donneur de sperme de Ted.

Dennis Haysbert (le président de 24 Heures Chrono) a le rôle du docteur qui supervise la fécondation in vitro…

Bien d’autres célébrités dont on vous réserve la surprise se joignent également à l’équipe…

Des vaisseaux spatiaux aux champs de marijuana : les décors et plateaux qui font tourner la tête

L’univers très spécial au sein duquel évolue un ours en peluche qui peut parler avait été défini comme un personnage à part entière lors du premier TED. C’est une sorte de microcosme avec une personnalité propre que les gens de Boston reconnaîtront immédiatement. Cela permet au public de passer outre la fantasmagorie d’un ourson parlant et de revenir à la réalité grâce à la familiarité des quartiers typiques de Boston. Pour aller plus loin, afin que les habitants de Boston puissent reconnaître en Ted un de leurs concitoyens, il fallait que son accent soit typique.
L’accent de Boston est un écueil récurrent sur lequel beaucoup d’acteurs se sont cassé le nez, et il est de notoriété publique qu’un accent bostonien mal imité est rédhibitoire et scandaleux pour ses ressortissants que cela n’amuse plus du tout. Mais avec Ted il n’y a eu aucun souci, et il a tout de suite été adopté par les Bostoniens : emballé, pesé, labellisé authentique !! Les points stratégiques de la ville ont été utilisés dans ce but. Le public se retrouvera alors au Boston Common, le plus ancien jardin public de la ville avec ses Swann- boats, sa promenade et son port, ou dans la propriété Marriott au coeur du parc de Mc Kinley Square qui sert de tribunal pour le premier procès de Ted. Au-delà du Tobin Bridge et de l’autre côté de la célèbre Mystic River, le quartier industriel de Chelsea (ancien quartier ouvrier devenu très bo-bo) était l’endroit idéal où Tamy-Lynn et Ted pourraient emménager après s’être mariés dans l’Église méthodiste du sud de la ville, fief de la plus vieille association pour les droits des Afro Américains du pays. Le Eagle Bar dont John et Ted sont les piliers a récemment été élu meilleur bar de la ville et c’est le Milton-Hoosic Club, qui sert de salle de réception au mariage où Ted et Tom entament leur désormais célèbre tube « Thunder Buddies ».
Le Converse Memorial Building de Walden et sa bibliothèque ouverte depuis 1835 et construite par la société Converse (la célèbre marque de chaussures) en hommage au fils aîné de son architecte Henry H Richardson, assassiné lors d’un cambriolage alors qu’il effectuait son premier job d’assistant en 1863, servent de QG à nos héros. C’est là qu‘ils échafaudent leurs plans, à la section droit de la bibliothèque, en fumant beaucoup de pétards et où ils se lancent dans une séquence de chant et de danse en hommage à BREAKFAST CLUB (John Hugues, 1985).
Le Mill Pond Diner célèbre depuis les 50’s est également un des endroits stratégiques de leur road trip vers New York. Mais l’un des endroits favoris de l’équipe restera la demeure de Tom Brady le célèbre joueur de football américain, qui comme Mark Wahlberg est une star native du coin et chouchou de ses concitoyens. Pour ces derniers le quartier où est située sa maison est devenu comme un parc d’attractions où ils pouvaient voir tourner ensemble leurs deux héros favoris. La séquence n’a duré que trois heures car le champion était en entraînement intensif à Foxborough et a eu l’obligeance de bien vouloir interrompre son programme afin de rejoindre l’équipe avant de repartir dans la foulée. Certaines des plus grosses scènes du film ont été tournées à Hamilton et Ipswich, dans les Fermes Appleton. Ces dernières sont des exploitations de 500 hectares, qui depuis 1638 et neuf générations sont tenues par les membres de la famille fondatrice.
Pour les besoins de la scène de l’accident de voiture, le créateur des décors Stephen Linewear avait cependant besoin d’une grange à détruire qui soit entourée par des hectares de champs verdoyants, où nos héros finiraient par être pourchassés par des dealers de drogues. Pour trouver la grange parfaite, l’équipe a visité plus de 300 fermes avant de se décider à construire la sienne. Le décorateur nous explique : « En fait il fallait une colline afin de pouvoir filmer de haut l’accident… et ce n’est pas chose aussi courante qu’on peut le penser dans le Massachussetts. L’endroit idéal une fois trouvé, on a construit la grange, c’était beaucoup plus « simple » comme ça. Il ne nous restait plus ensuite qu’à la vieillir et la patiner pour lui donner un aspect antique. »
Le champ de marijuana en revanche a demandé encore un peu plus d’imagination et de travail. « Comment voulez vous conduire dans un champ de marijuana qui n’existe pas, et surtout comment pouvez vous y progresser sans peine ? » L’équipe a donc eu recours à des milliers de bambous dotés de faux bourgeons et de fausses feuilles de marijuana en soie et en mousse. Mark Wahlberg nous raconte : « Qu’est ce que vous faites avec des faux plans de marijuana ? Vous faites croire à un pote que ce sont des vrais : ils semblaient tellement réels que j’ai voulu essayer… J’en ai mis dans mon sac et les ai donnés à un ami qui n’y a vu que du feu ! Il pensait même en sentir l’odeur !!!! »
Pour la poursuite en voiture, ils ont construit deux plateformes rotatives géantes couvertes de plants de marijuana qui tombaient continuellement sur les acteurs pour donner l’impression qu’ils progressaient dans un champ gigantesque. La voiture était fixée dessus et les caméras de Michael Barett accrochées au plafond et sur les côtés du véhicule. D’autres plants de marijuana ont en plus été rajoutés numériquement afin de donner l’impression d’un déluge d’herbe. Un plateau à Woburn a quant à lui servi pour les plans d’intérieur, que ce soit le bureau de Samantha, l’appartement de John ou celui de Ted et Tamy-Lynn ou encore pour de nombreuses scènes de tribunal.
La production a ensuite déménagé à New York pour filmer tous les plans qui se situaient à la NYK Public Library, au Bryant Park, ou en ville. Ils y ont également filmé les extérieurs du Comic Con de New York dans le Javits Center, dont les intérieurs ont été tournés sur les plateaux de la Fox à Los Angeles. Un hall de 2600 m2 a donc été entièrement recréé en studio. La véritable gageure était alors de réussir à réunir les centaines d’exposants et tout leur matériel en trois jours. Ce n’est qu’une fois que tout ce petit monde s’est installé que l’équipe s’est rendu compte de l’ampleur visuelle de la scène : des stands à n’en plus finir avec des Transformers et des Godzillas géants et même le bateau pirate de deux étages de BLACK SAILS. Mais le clou du film c’est la réplique de 5 mètres de l’Enterprise le vaisseau de Star Trek. MacFarlane nous confie : “La réplique a été construite d’après le modèle réduit de 75 cm que j’avais à la maison. Quand ils me l’ont ramenée, elle était 100 fois plus grosse !!! Elle nous a paru énorme, sûrement de la même taille que la grosse maquette qu’ils utilisaient pour les plans larges de la série !! Dans l’équipe nous sommes tous des « nerds », alors avoir une maquette géante du vaisseau spatial Enterprise à dispo, c’était juste l’hallu !!!! »

Stuffy pass et motion capture : les effets spéciaux du film

Forts de leur expérience sur le premier Ted, les producteurs ont ramené la même équipe pour les effets spéciaux. Sous la direction de Blair Clark qui s’est fait les dents en qualité de maquettiste sur INDIANA JONES ET LA DERNIÈRE CROISADE (Steven Spielberg, 1989), ou aux studios Tipett en tant que responsable de l’animation sur ARMAGEDDON (Michael Bay, 1998) ou encore en tant que responsable des effets spéciaux sur HELLBOY (Guillermo del Toro, 2004). Son expérience en effets spéciaux est impressionnante et va du CHIHUAHUA DE BEVERLY HILLS (Raja Gosnell, 2008) à TED en passant par les SCHTROUMPFS (Raja Gosnell, 2011).
Il nous explique : « Quand on crée un personnage en image de synthèse, les premières scènes sont les plus longues et les plus complexes car on apprend à maîtriser le personnage et son jeu en même temps qu’on crée la synthèse. Comme on l’avait déjà fait sur le premier film notre équipe possédait déjà toutes ces phases. Il ne s’agissait donc plus de premières prises, mais plutôt des 600e ! » Il ajoute : « En sa qualité d’ours en peluche il n’est pas très difficile à manipuler mais on doit être sûrs de ses réactions, ou du moindre de ses regards. En fait il faut trouver le rythme de son jeu. Sur une comédie tout n’est que précision du rythme et il ne faut surtout pas alourdir le tempo avec des effets spéciaux trop lourds ! Ted mesure 70 cm, et on ne peut pas se permettre qu’un acteur le traverse accidentellement lors d’une prise. Il faut donc prévoir le moindre de ses mouvements.
On a donc recours à ce que l’on appelle le «STUFFY PASS » ( la prise molletonnée) : on prend un ours en peluche de la taille de Ted et le directeur de l’animation lui fait mimer les mouvements de Ted pendant que Seth MacFarlane dit les dialogues derrière la caméra. Cela permet aux acteurs de se river visuellement sur l’ours en peluche, alors que la voix vient d’autre part. De plus il est d’une aide précieuse pour l’équipe des effets spéciaux afin de déterminer comment éclairer l’ourson, la manière dont la lumière peut agir sur son pelage, ou le rythme que le directeur des effets spéciaux a choisi. » Une fois qu’ils ont répété avec la doublure, ils refont la scène sans l’ours en peluche, seulement avec les acteurs et toute l’équipe se sert de la répétition précédente pour se caler. Cela donne une plus grande aisance aussi bien aux cameramen qui savent exactement ce qu’ils doivent cadrer, qu’aux acteurs qui savent où poser leur regard. La scène est ensuite confiée aux spécialistes des effets spéciaux, comme une coquille vide à laquelle il ne leur reste plus qu’à insuffler de la vie avec le Ted en effet de synthèse.
Seth MacFarlane pour donner vie à Ted s’est basé sur deux techniques . En premier lieu il assure les dialogues, en donnant la réplique sur le plateau aux autres acteurs, afin que le rythme reste fluide et la tonalité juste. En second lieu il réitère son interprétation en portant une combinaison de motion capture qui enregistre ses mimiques et ses mouvements. Cela apporte plus de subtilité et une véritable personnalité à Ted. En plus de la « STUFFY PASS » les effets spéciaux utilisent le « EYE TOOL » : un simple bâton surmonté de deux globes oculaires.
Cet outil permet aux acteurs de préciser la direction de leur regard quand ils s’adressent à Ted. Jessica Barth nous raconte : « J’avais une grosse scène de dispute avec Ted dans notre appartement. C’est assez complexe de jouer seule une dispute avec pour seul guide juste une voix en direction de laquelle on ne peut pas regarder ! Mais en tant que comédienne c’est un excellent exercice. Je me suis retrouvée à hurler et jeter des poêles à frire en direction de quelqu’un qui n’était même pas là ! » Amanda Seyfried renchérit : « Au début c’est assez étrange, on a du mal à s’habituer, mais une fois qu’on a le truc, c’est un peu comme avoir un ami imaginaire ! »
Seth MacFarlane convient aisément de la difficulté de l’exercice : « En fait la véritable difficulté vient du fait que quand vous jouez avec quelqu’un, 50% de votre jeu est alimenté par la personne en face de vous. Là ils n’avaient que ma voix, mais ne pouvaient pas me regarder ! C’est un coup à prendre qui n’est pas évident. » Le producteur Jason Clark ajoute « C’est Mark Wahlberg qui a pratiquement toutes les scènes avec Ted, et ce qui m’a toujours frappé chez lui, depuis le premier opus, c’est la qualité de son interaction avec le vide! Il est tellement précis que parfois c’est l’équipe des effets spéciaux qui s’adapte sur son jeu pour positionner Ted !!! »

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