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dimanche 25 mars 2018

BLUE


Documentaire/Images magnifiques et scénario instructif, une merveilleuse plongée dans l'océan

Réalisé par Keith Scholey & Alastair Fothergill

Long-métrage Américain
Titre original : Dolphins
Durée: 00h00mn
Année de production: 2018
Distributeur: The Walt Disney Company France

Date de sortie sur les écrans américains : 9 mars 2018
Date de sortie sur nos écrans : 28 mars 2018


Résumé : Blue, le nouveau film Disneynature, nous plonge au cœur des océans et nous fait découvrir les créatures étranges, merveilleuses et fantastiques de ce monde aquatique à l’équilibre fragile.

Laissez-vous guider dans ce voyage au cœur des récifs coralliens par un groupe de dauphins, l’une des espèces les plus fascinantes et intelligentes de ce monde. Vous découvrirez avec eux cette maman baleine à bosse qui, après des milliers de kilomètres parcourus, rejoint ce lieu préservé pour donner naissance à son petit mais aussi les centaines de requins qui y patrouillent et les orques qui surgissent de nulle part…

Bande annonce (VOSTFR)



Extrait : La Squille multicolore (VF)



Reportage : Dans les coulisses du film (VOSTFR)



Ce que j'en ai pensé : pour ses 10 ans, DisneyNature nous propose de plonger dans l'océan à la découverte de quelques-unes de sa multitude de merveilles. Nous suivons en parallèle des dauphins et des baleines à bosse et, sur le chemin, nous faisons également la connaissance de plusieurs autres protagonistes de leur environnement.





Chacun joue un rôle, chacun est important. C'est ce que ce long-métrage nous apprend. L'océan est une mine d'or en terme de biodiversité et se base sur un équilibre précieux et fragile à la fois. Comme nous nous entêtons avec conviction à rompre ce dernier, alors l'océan est en danger et tous ses habitants avec lui. Alors profitons des magnifiques images proposées dans BLUE pour transmettre aux enfants, pour leur faire connaître et découvrir ce monde sous-marin plein de vie, de couleurs, d'intelligence, de beauté, d'enjeux... Peut-être sauront-ils mieux le respecter que nous.






La façon dont les réalisateurs Keith Scholey et Alastair Fothergill filment les protagonistes de leur histoire est absolument splendide. Les images sont précises, nettes, impeccables. La scénarisation est simple, mais efficace, pédagogique et instructive. Bercés par la voie de Cécile de France, les spectateurs ont juste à se laisser porter dans cette aventure dans laquelle des héros attachants nous font découvrir leur monde plein de surprises, d'humour, d'étonnement, d'enchantement, de solidarité, de logique, mais aussi plein de dangers, d'apprentissages nécessaires à la survie, d'injustices et de violence. Les jeunes spectateurs trouveront donc un parallèle avec le monde qui les entoure. Cela rend l'océan plus proche de nous.

BLUE est encore une belle réussite de la part de DisneyNature. Ses réalisateurs ont fait un travail remarquable pour nous offrir un superbe spectacle, un ballet enchanteur. Il ne faudra donc pas hésiter à aller en profiter sur grand écran dès sa sortie.

Copyright Photos @ Disneynature

NOTES DE PRODUCTION
(Á ne lire qu'après avoir vu le film pour éviter les spoilers !)

BLUE, le nouveau film Disneynature, nous plonge au cœur de l’Océan pour une expérience cinématographique immersive. Il nous fait découvrir les créatures étranges, merveilleuses et fantastiques de ce monde aquatique à travers le parcours d’un delphineau qui chemine vers l’indépendance. Racontée par la comédienne Cécile de France, l’histoire de ce jeune dauphin entraine le spectateur dans des lieux époustouflants et s’attache également à conter celles d’autres animaux en montrant à chaque fois les liens qu’ils tissent entre eux. Un réseau interconnecté constituant un équilibre aussi magique que fragile.

Grâce à des innovations techniques jamais expérimentées encore sous l’eau, le spectateur va véritablement vivre l’Océan et la vie du récif corallien, rire, trembler et être émerveillé.

Le réalisateur Keith Scholey confie :  «Comme dans chaque film Disneynature, nous essayons de raconter une histoire riche en émotions et montrer au spectateur ce que c’est que d’être un animal dans son milieu naturel. Ce film est le récit d’une communauté et la morale qui en découle, c’est que sur un récif corallien, tout le monde a besoin de tout le monde. Au fur et à mesure que le récit se déploie, nous découvrons à quel point chaque animal, chaque espèce est dépendant de son voisin – de ses amis, comme de ses ennemis. Cela montre comment fonctionne l’écologie dans le monde naturel et que le pilier de tout cela, c’est la communauté. »


« Nous avons toujours pensé qu’il y avait un film extraordinaire à faire pour Disneynature dans les eaux tropicales et les récifs coralliens car, en terme de diversité, des formes de vie, des couleurs, il n’y a rien de comparable. Ce sont littéralement les forêts tropicales de l’Océan ! Et il y a tant de personnages hauts en couleurs, d’histoires, de lieux. Nous voulions emporter les gens dans ce monde immergé que beaucoup n’auront pas la chance de visiter autrement. » rajoute Alastair Fothergill le co-réalisateur du film.  

GALERIE DE PORTRAITS

DANS LE PREMIER RÔLE, Le grand dauphin

Keith Scholey raconte  :   «Nous avons choisi le dauphin comme personnage principal car c’est indubitablement l’une des créatures les plus intelligente de l’Océan. Il évolue au sein d’une société complexe dans laquelle la famille est plus importante que tout. Cet animal est si intelligent, si malicieux... Je crois que le dauphin est sans conteste mon espèce favorite. »

Avec une longueur de 2 à 3 mètres et environ 650 kg sur la balance, le grand dauphin est probablement le plus connu de toute sa famille, d’autant qu’on le rencontre dans presque toutes les eaux du globe, des plus tempérées aux plus tropicales. Il parcourt en moyenne 30 kilomètres par jour, parfois 50 et lorsqu’il chasse certaines proies comme les calmars, il peut plonger à une profondeur de 200 mètres et tenir des apnées de 5 minutes. Les mâles s’absentent parfois plusieurs jours ou semaines pour rencontrer d’autres groupes, avant de revenir au sein de leur communauté.

Roger Horrocks, un des directeurs de la photographie déclare :  «Lorsque vous faites un film, et notamment un film animalier, vous souhaitez que le personnage principal ait un certain charisme, qu’il soit passionnant et que vous puissiez vous identifier à lui. Nous avons tous le sentiment d’entretenir un lien avec les dauphins. Ce sont des mammifères comme nous, dont les ancêtres vivaient autrefois sur la terre ferme avant de retourner dans l’Océan. Les dauphins sont probablement les animaux les plus connus du monde marin, les plus aimés également, mais ils restent extrêmement difficiles à filmer. »

Le producteur délégué Daniel Rasmussen, rajoute  :   «Keith voulait absolument filmer des dauphins sauvages. Pas des dauphins captifs entraînés à jouer devant la caméra, de vrais dauphins sauvages. »

Roger Horrocks précise  :   «C’est en travaillant avec des chercheurs comme Angela Ziltener en Mer Rouge - qui peut reconnaître près de 200 individus sur son site d’étude - que nous avons pu réaliser des séquences incroyables. Les dauphins sont comme les humains, avec des personnalités qui se déploient au fur et à mesure qu’ils grandissent. Ce qui est fascinant, c’est de voir que les jeunes individus flamboyants vont avoir tendance à prendre ces traits chez leurs mères, à les imiter. C’est incroyable. »

Les dauphins vivent en moyenne 40 ans pour les mâles et 50 ans pour les femelles. Après une gestation de 12 mois, la femelle donne naissance à un seul petit qu’elle allaitera durant 3 à 5 ans et qui restera à ses côtés parfois jusqu’à l’âge de 9 ans avant d‘acquérir son indépendance. Ce qui les distingue, à l’instar des grands singes ou des corvidés, c’est aussi leur incroyable capacité à inventer de nouveaux comportements et à les transmettre de générations en générations au sein de leur communauté, ce qui incite les chercheurs à parler de traditions et de cultures. Les dauphins comptent parmi les espèces animales les plus sociales et chaque individu tisse un important réseau relationnel au sein de sa communauté. Certains liens que l’on peut qualifier d’amitié, dureront toute une vie.

Si les mâles forment de petits duos ou trios très soudés, les femelles s’associent en bandes entretenant - outre des liens affectifs profonds - des liens de parenté parfois sur 4 générations successives. Mais le plus fort de tous est celui qui unit une mère dauphin à son enfant. Durant les premières années, elle ne s’éloigne jamais à plus de 10 mètres de son rejeton et va même jusqu’à modifier son régime alimentaire en remplaçant les céphalopodes - qui nécessitent des plongées en eaux profondes - par des poissons volants. Ces premières années sont cruciales pour les jeunes dauphins : avec leur mère, ils vont apprendre à maîtriser les techniques de recherche de nourriture, les dangers à éviter mais aussi les règles de la vie en groupe.

Daniel Rasmussen, producteur délégué, confie  :   «Lors du tournage au Mozambique, nous avons noté que les dauphins adoptaient tous le même comportement en même temps, qu’ils se déplacent en grands groupes ou en petits comités. Leur synchronisation était parfaite même lorsque de vastes étendues de mer les séparaient les uns des autres. Si l’un surfait dans les vagues, tous le faisaient. Certains chassaient, tous le faisaient. C’était fascinant, et nous avons essayé à travers ce film de raconter cette histoire, cet aspect unique de la vie des dauphins. »

Il poursuit  :   «Aux Bahamas, lorsque vous vous mettez à l’eau, tout ce que vous voyez, c’est une étendue de sable avec des dépressions comme des cratères qui pourraient faire penser à la surface de la lune. Vous n’avez plus aucune idée de l’endroit où vous êtes. Puis soudain arrive un groupe de dauphins. Ils nagent puis d’un seul coup se mettent à la verticale et enfouissent leur tête dans le sable. En fait, grâce à l’echolocalisation (leur système de communication fonctionnant comme un sonar), ils localisent de petits poissons canifs qui ont la taille d’un doigt. Ils plongent la tête dans le sable pour les attraper. Ce qui est incroyable, c’est que chaque groupe de dauphins que vous rencontrez au gré des lieux que vous visitez a une façon bien à lui de trouver sa nourriture. »

Angela Ziltener, chercheuse au département d’anthropologie à l’Université de Zurich ajoute   «En Mer Rouge, nous avons observé un comportement inédit : les dauphins se frottaient sur des gorgones, un type de corail. Notre hypothèse est que ce corail possède des substances antibactériennes et que ce serait pour les dauphins un comportement dit d’automédication leur permettant de débarrasser leur peau de différents pathogènes tels que des champignons. Cela reste difficile à prouver mais c’est passionnant ! »

Helen Sampson, photographe et plongeuse précise   «Ce comportement avec les gorgones était probablement l’un des plus difficiles à filmer. Ils s’y frottent fréquemment mais pour des durées très courtes. Souvent, c’était à leur arrivée sur le récif qu’ils venaient s’y frotter or, quand nous les voyions arriver, c’était le moment où nous nous préparions à plonger. Le temps de nous mettre à l’eau, ils avaient déjà fini. »

Daniel Rasmussen raconte  :   «Au Mozambique, nous avons rencontré ce groupe de raies que l’on voit dans le film et que les dauphins semblaient suivre. Elles sont de la taille d’une table, environ 2 mètres de long et elles cherchent des céphalopodes cachés dans le fond marin. Dès qu’elles en trouvent et que les dauphins les voient en train de libérer leur dard, ils se ruent sur elles et leur volent leur proie. Encore une fois ce comportement montre leur intelligence »

Le réalisateur Keith Scholey ajoute  :   «L’une des scènes les plus incroyables, c’est un comportement que l’on a appelé le cercle de boue. Cela se passe dans les Keys (Floride). Les groupes de dauphins arrivent dans des eaux très peu profondes, si peu profondes qu’ils doivent parfois nager sur le côté. Ici, il y a pléthore de poissons. En battant leur queue fortement contre le fond, ils créent un cercle de boue qui fait office de filet et retient les poissons captifs. La seule façon de s’échapper consiste à sauter par-dessus la surface hors du cercle. Les dauphins le savent et attendent tout autour qu’ils leur tombent littéralement dans le bec. C’est le plus extraordinaire des comportements que l’on puisse imaginer. »

Daniel Rasmussen confie :  «Les chercheurs ne savent toujours pas comment les dauphins communiquent entre eux et arrivent à savoir ce qui va se passer. Lorsque vous verrez le film, vous constaterez qu’ils sont toujours au bon endroit au bon moment, là où le poisson va sauter. La façon dont ils sont organisés est incroyable. »

Roger Horrocks, un des directeurs de la photographie se souvient   «Le moment le plus mémorable du tournage fut pour moi une rencontre avec un jeune dauphin. C’était la fin de journée, et bien que le soleil finissait sa course au-delà de l’horizon, il avait décidé avec sa mère de rester sur le récif. Il attrapait des morceaux de corail et jouait avec. Sa mère tournait autour de lui, en le regardant comme si elle disait ‘regardez, regardez mon bébé, n’est-il pas fantastique ?’. C’est ce que j’ai ressenti et voulu transmettre dans cette séquence. Puis, il s’est dirigé vers elle, a plongé sous elle et s’en est allé au-dessus du récif vers le grand bleu. Une sortie on ne peut plus cinématographique d’autant que la lumière était fabuleuse. J’ai ressenti l’incroyable intimité entre eux deux et la profondeur de leur relation. »

UN GÉANT DE L’OCÉAN la baleine a bosse

S’il est le personnage principal, le dauphin n’est pas le seul héros du film. BLUE nous transporte également dans l’intimité d’un géant de l’Océan  : la baleine à bosse.

Keith Scholey confie  :   «Avant de faire ce film, je ne réalisais pas à quel point la sociabilité de ces animaux est complexe. Lorsque vous commencez à suivre un baleineau au sein de sa société et que vous le voyez grandir, vous réalisez la violence et la difficulté de son parcours. Vous prenez également la mesure de la puissance du lien qui unit différents individus pour protéger les leurs des dangers. »

Bien que colossales avec une quinzaine de mètres de long et pesant de 25 à 30 tonnes, les baleines à bosse n’en sont pas moins vulnérables surtout durant leurs premières années. A la naissance, le baleineau pèse près d’une tonne pour 4 mètres de long et sa mère le nourrit de 200 litres de lait quotidien afin qu’il grossisse de 80kg par jour. Pourtant, malgré ces mensurations de géant, le baleineau reste un être vulnérable face à un groupe d’orques. Ces baleines ‘tueuses’ attaquent en groupe afin d‘isoler le jeune de sa mère et du reste du groupe, mais c’est sans compter sur l’incroyable dévouement maternel. En frappant dans l’eau avec ses nageoires pectorales, la mère envoie un appel de détresse qui va voguer dans l’Océan jusqu’à d’autres individus dans les parages qui vont venir à la rescousse.

Keith Scholey poursuit  :   «Les orques savent où chasser de jeunes baleineaux. Personne n’a jusqu’à présent véritablement compris les raisons pour lesquelles les baleines à bosse migrent des pôles vers Hawaï pour mettre bas. Certains font l’hypothèse du bénéfice des eaux chaudes, mais d’autres espèces de baleines ne le font pas. Une des théories scientifiques consiste à dire que c’est pour se protéger des prédateurs. Si vous rassemblez plein de baleines dans un même endroit durant la période de reproduction, vous avez la sécurité du nombre lorsqu’un danger se présente ! »

Helen Sampson, photographe et plongeuse explique  :   «Après avoir été pourchassées jusqu’à la quasiextinction, les baleines, grâce aux incroyables efforts de conservation, voient leurs populations aujourd’hui plus étoffées. Mieux, nous voyons pour la première fois que ces animaux, comme les dauphins, vivent en groupes sociaux. Lorsqu’elles viennent à Hawaï, les baleines viennent rejoindre une immense communauté et chacune communique avec l’autre. Elles voyagent probablement ensemble, se connaissent depuis des années et se retrouvent à cet endroit précis durant l’hiver. »

Les baleines à bosse passent leur été dans les eaux froides polaires, des eaux extrêmement riches en krill et autre petits poissons, avant de migrer vers les tropiques pour mettre bas. Durant leur voyage de près de 7000 kilomètres, elles ne cessent d’être en contact avec le reste de leur groupe, via une communication sonore longue distance. Mais ce sont les mâles qui excellent dans ce domaine. Eux seuls produisent d’incroyables chants qui peuvent durer plus de trente minutes chacun. Pouvant s’entendre à plusieurs kilomètres de distance, ces chants comptent parmi les productions sonores les plus longues et complexes du monde animal. Mais il y a plus. Chaque petite population de baleines à bosse possède son dialecte et ne le fait entendre que durant la période de reproduction.

C’est aussi à ce moment que les mâles s’engagent dans une incroyable bataille pour avoir accès aux femelles.  «Une scène que nous avons pu filmer pour la première fois grâce à la fabrication d’une caméra que nous avons attachée sur le bord du bateau afin de pouvoir suivre la course poursuite de ces mâles. Une scène incroyable. Un comportement qui n’avait encore jamais été filmé. Probablement celle dont je suis le plus fier. » raconte Keith Scholey.

Didier Noirot, un des directeurs de la photographie ajoute :  «Être au milieu de ce rassemblement de trente mâles n’est pas l’endroit le plus sûr. Ils ne font absolument pas attention à vous. Ils filent à toute allure jusqu’à 6-7 nœuds parfois et vous pouvez vous prendre un coup de nageoire, de queue… Durant cette course, tout ce que les mâles veulent, c’est être le premier près de la femelle, peu importe ce qui entrave leur chemin ! Ce n’est pas comme ces incroyables ballets où les baleines à bosse sont attentives à tout ce qui les entoure. Ces danses de baleines à bosse sont d’ailleurs probablement la plus belle chose que je n’ai jamais observée sous l’eau. Des colosses gracieux qui peuvent s’approcher au plus près de vous sans vous faire de mal, sachant exactement où vous êtes, quel moment magnifique ! »

Helen Sampson poursuit  :   «Ce ballet a été pour nous une chance incroyable. Une scène que nous n’avions pas planifiée car c’est un comportement extrêmement rare à observer. Didier était en train d’enregistrer une baleine qui chantait sous notre bateau et, en nous mettant à l’eau, nous avons réalisé que deux autres baleines la rejoignaient et toutes les trois se sont littéralement misent à danser autour de lui. Lorsqu’il est remonté sur le bateau, il était totalement euphorique. Il filmait les baleines depuis des années mais n’avait encore jamais vu cela. »  

«Nous avons vécu des moments très émouvants avec les baleines en Polynésie française  » nous confie Denis Lagrange, un des directeurs de la photographie.  «Je me souviens d’une fin de journée où je dérivais tranquillement au milieu des baleines non loin du bateau, dont le moteur était arrêté. Soudain, la mère baleine a décidé de se positionner sous le gros zodiac et est resté immobile pendant de très longues minutes. Les passagers (le capitaine et l’assistant caméra) n’osaient pas bouger ou manœuvrer de peur que l’animal fasse surface et renverse le bateau… Tout s’est finalement bien terminé. L’équipage n’a pas démarré le moteur pour ne pas blesser ou stresser la baleine, et nous avons continué à dériver jusqu’à l’arrivée de la nuit. »

Keith Scholey explique  :   «Les baleines jouent un rôle écologique crucial dans le fonctionnement de l’Océan. Elles brassent les nutriments et un tas d’autres choses et il s’avère que plus vous avez de baleines dans un écosystème océanique, plus la productivité de l’ensemble augmente. Certains vont dire que si vous enlevez les baleines, cela fera plus de poissons pour l’humanité, mais cela ne fonctionne pas du tout comme cela. Si vous les enlevez, toute la productivité s’écroule et les populations de poissons avec. »

PLUS QU’UN DÉCOR, UN ACTEUR Le corail

Loin de n’être qu’un décor, le corail est un personnage à part entière du film. Un pilier sur lequel repose toute cette diversité végétale et animale bigarrée et fascinante.

Sous une dénomination singulière, le corail est en réalité pluriel. Une colonie de milliers voire de millions d’individus tous intimement liés les uns aux autres s’assemble pour former d’incroyables édifices aux proportions parfois titanesques. Immensément bariolés et d’une beauté époustouflante, les récifs coralliens abritent une variété impressionnante de vie. De minuscules animaux - les polypes - et des algues se sont associés et ont construit en calcaire des murs formant d’incroyables   «immeubles  » aptes à les abriter. C’est un partenariat sans faille que les deux espèces ont scellé en apportant chacune de quoi nourrir la communauté  : l’algue s’alimente du soleil et d’éléments dissous dans l’eau quand le polype, sorte de mini anémone de mer, attrape à l’aide de ses tentacules de minuscules animaux comme des copépodes, qui flottent dans l’océan.

Véritables cités construites par de minuscules animaux associés à des algues, ils couvrent 300 000 km2 essentiellement situés dans les zones tropicales, même si des récifs coralliens en eaux froides et profondes ont récemment été découverts dans l’Atlantique nord. C’est l’un des milieux les plus beaux et les plus complexes du globe. Barrière naturelle protégeant les îles et les côtes de l’érosion, ils sont aussi une source de nourriture pour des millions de personnes vivant à leurs abords. Enfin, parmi les innombrables espèces les peuplant, nombreuses sont celles qui ont de potentielles vertus médicinales et inspirent la recherche médicale.

L’avancée de nos connaissances scientifiques a permis de nouvelles découvertes et a notamment mis en avant l’importance des fragiles récifs coralliens qui, partout à travers le monde, affichent un mauvais état de santé. Ils abritent pourtant la plus grande biodiversité de tous les écosystèmes océaniques. Ici se côtoient des milliers d’espèces de poissons, de mammifères, de reptiles ainsi que tous les groupes majeurs d’invertébrés tels qu’éponges, vers marins, crustacés, mollusques ou encore échinodermes. Le moindre petit recoin de cet édifice offre un abri à un animal.

Romain Troublé affirme :  «Les récifs coralliens couvrent moins de 1% de la surface de l’Océan alors qu’ils abritent 30% des espèces connues. C’est-à-dire 1 habitant de l’Océan sur trois. C’est une énorme diversité spécifique, comparable sur terre aux forêts tropicales. Et si les grandes espèces sont plus connues, il ne faut pas oublier les microorganismes, bactéries, virus et autres dinoflagellés qui constituent 98 % de la biomasse marine. C’est un monde essentiel que l’on connaît peu. L’expédition Tara Pacific travaille en ce moment même en Asie sur des microorganismes encore totalement méconnus. »

Et de poursuivre  :   «La France possède la deuxième surface corallienne à l’échelle mondiale. Nous avons donc une grande responsabilité vis-à-vis de ces milieux ! »

Les relations entretenues par les espèces.

Aujourd’hui, les récifs doivent faire face à de nombreuses menaces comme la surpêche. Ils comptent également parmi les premières victimes du bouleversement climatique, avec des épisodes de blanchiment et donc de mort du corail qui se succèdent, comme sur la grande barrière australienne. Les relations entretenues par les espèces.

Dans l’Océan et en particulier dans les récifs, les espèces entretiennent des liens très fort les unes avec les autres. Une véritable communauté dont chaque membre dépend étroitement de son voisin. Au-delà des relations prédateur – proie, des animaux vont s’entraider, voire s’associer temporairement ou durablement. Le poisson clown trouve ainsi un abri et une protection dans les bras urticants d’une anémone tandis que les requins et murènes se rendent régulièrement à la station de nettoyage où crevettes et petits labbes viennent faire le ménage entre leurs dents et les débarrasse de débris gênants et éventuels parasites. Une entraide poussée à son paroxysme chez le corail où polypes et algues microscopiques ont véritablement fusionné pour façonner ces immenses édifices.

Cette mise en commun de compétences permet non seulement de survivre dans ce milieu mais aussi de le construire en offrant le couvert et le logis à une multitude d’autres espèces. Nudibranches en costume extravagant se dissimulant dans une crevasse, murène à ruban faisant le guet dans un terrier ou tortue verte venue grignoter un morceau de gorgone en guise de déjeuner, le corail constitue le pilier de cet incroyable écosystème et de ces nombreuses interdépendances entre espèces.

Romain Troublé affirme  « Aujourd’hui l’ensemble de l’écosystème Océan est profondément perturbé et on réalise à peine que notre impact a été si rapide. Aujourd’hui, après quelques décennies d’utilisation du plastique seulement, on retrouve des macros déchets sur les plages mais surtout des micro-plastiques dans tout l’Océan. Partout où Tara navigue, nous trouvons des fragments. En 2011 en Arctique, loin des populations, des habitations et des sources de pollution, nous avons découvert des zones d’accumulation de débris petits comme des grains de riz. Notre quotidien a eu un tel impact en seulement 50 ans. D’autre part, depuis la Révolution industrielle, on estime que 90% de la chaleur émise a été absorbée par l’Océan. Avec l’expédition Tara Oceans (2009-2013) nous avons découvert que la température avait un impact majeur sur la répartition du plancton, base de la chaine alimentaire marine, nourriture des poissons. On peut penser que le changement climatique en cours changera les populations halieutiques et provoquera des migrations des espèces que l’on peut déjà observer en 2018. Sans parler des récifs de corail qui subissent de plein fouet le réchauffement de l’océan. On estime que 20% des récifs sont aujourd’hui détruits, 15% sont sérieusement affectés et risquent de disparaître d’ici 10 ans, 20% sont menacés de disparition dans moins de 40 ans. Mais il faut aussi savoir que l’Océan est un écosystème très résilient capable de se régénérer très vite si tant est que l’on relâche la pression. »

Il poursuit  :   «Ce film est une fresque vivante, une façon de partager avec le plus grand nombre les merveilles de l’Océan. Avec les films Disneynature, c’est une mission commune qui nous anime : partager ce que la Nature a de plus essentiel, de plus noble et merveilleux et nous adresser au plus grand nombre. Aujourd’hui l’ensemble de l’écosystème Océan est profondément perturbé La sortie de BLUE est une invitation à aller plus loin, à découvrir des mystères naturels, à comprendre notre planète bleue ».  «In fine, ce que nous voulons réellement transmettre c’est que tous ces bouleversements impacteront bien plus l’homme que la planète. La planète en a vu bien d’autres et elle s’en remettra. Mais l’Homme, lui, pour continuer à profiter de cette planète, va devoir profondément revoir ses modes de vie, et cela passe avant tout par un changement dans nos modes de pensées … Et c’est aussi se dire que notre futur collectif ne dépend que de nos actes collectifs aujourd’hui. Les défis sont là pour être relevés, voilà qui est excitant ! »

Alastair Fothergill le co-réalisateur confie  «J’ai eu la chance de pouvoir plonger sur un grand nombre de récifs coralliens à travers le globe, de la grande barrière de corail jusqu’aux Caraïbes en passant par la mer rouge mais je crois que la beauté des récifs de Wakatobi à Sulawesi (Indonésie) est véritablement unique sur la planète. La conservation de ces lieux incroyables est totalement liée à l’impact que les humains peuvent avoir dessus. Ici, les communautés locales font un travail formidable. Ils ont alloué à la plongée des portions de récifs. Nous payons pour aller y observer ou filmer la vie et eux s’engagent à ne pas y pêcher. Cela devient un lieu de reproduction et une nurserie pour les poissons et autres animaux qu’ils pourront ensuite prélever lorsqu’ils seront plus âgés. Au final, ils ont plus de poissons et de plus grande taille qu’auparavant, c’est un partenariat gagnant-gagnant. Un véritable exemple du pouvoir de l’écotourisme. Les populations locales, utilisent les bénéfices liés au tourisme sur le récif pour le protéger. Le résultat est là, sous la surface. Des récifs intacts et une incroyable diversité de poissons et d’autres espèces. L’avenir de ces lieux incroyables dépend de la faculté des populations locales à réaliser que le récif a une plus grande valeur vivant que détruit, une valeur sur le long terme. »

UN PRÉDATEUR REDOUTÉ Le requin tigre

Les requins ont une bien mauvaise réputation. Mangeur d’hommes, redoutables prédateurs, agressifs, ils souffrent de cette image négative. Ce sont certes de grands prédateurs pour la plupart mais ils sont essentiels à l’équilibre de l’écosystème.

Solitaire, chasseur nocturne, le requin tigre est l’un des plus grands de tous, avec le grand blanc. 3 à 4 mètres de long pour 500 kg, il sillonne les eaux tempérées et tropicales de la surface jusqu’à 350 mètres de fond. Omnivore, on l’affuble du petit surnom de requin poubelle car il avale tout ce qui lui passe sous la dent, de la tortue au dauphin, en passant par ses congénères mais aussi du bois, du plastique et tous ces déchets qui jonchent l’Océan.  

«Les requins sont absolument essentiels à tous les écosystèmes marins sur la planète. Ce sont les prédateurs au sommet des chaines alimentaires. Ils se nourrissent des poissons les plus âgés, lents, blessés et sont de ce fait les garants de l’équilibre et de la diversité de l’écosystème. Ce sont des acteurs majeurs et vraiment essentiels comme cela a été prouvé à maints endroits. Enlevez les requins – par la surpêche pour les ailerons par exemple – et vous portez atteinte à l’ensemble du milieu ! » explique l’assistant plongeur Paul Collins.

Le requin tigre partage la vedette avec les requins gris de récif, de taille plus modeste et sociaux, qui se nourrissent essentiellement de poissons, de poulpes, de seiches, voire même de crabes et de crustacés. Pourtant, malgré sa taille, c’est aussi un prédateur redouté des récifs.

Keith Scholey confie  :   «L’une des scènes que nous souhaitions absolument filmer était un grand défi : voir les requins gris de récif chasser en groupe à la nuit tombée. Nous avons choisi une passe dans l’un des récifs de Polynésie française où, durant la journée, nous les avions observés se reposant. Il y en avait des centaines. Nous suspections que leur comportement allait changer du tout au tout une fois la nuit installée. Nous avons donc vêtu chaque plongeur d’une combinaison spéciale résistant aux morsures, les avons dotés de recycleurs pour éviter que les bulles ne les effraient et de masques intégraux afin qu’ils puissent à tout moment communiquer entre eux. Lorsque nous sommes arrivés sur site, ils étaient des centaines à chasser. Certains se sont particulièrement intéressés aux plongeurs en charge de la lumière car les requins sont très sensibles aux ondes électriques. Une frénésie s’est installée mais tout se déroula bien et le résultat filmé est spectaculaire. »

Il poursuit  :   «Nous voulions vraiment que les requins fassent partie de notre histoire et ne pas leur donner un rôle de méchant. Le commerce des ailerons et la pêche industrielle ont eu un impact majeur sur ces poissons, dans les zones tropicales notamment. Mais si vous enlevez les requins, la productivité entière du récif s’écroule et les gens vivant autour auront moins de poissons à pêcher pour nourrir leurs familles. Les requins sont eux aussi quelque part les héros de l’Océan. »

LE PLUS TERRIBLE PRÉDATEUR DE L’OCÉAN L Orque

Ce n’est pas pour rien que l’orque est souvent surnommée la baleine tueuse. Malgré ce nom, elle appartient à la famille des dauphins et c’est la plus grande représentante de tous avec une longueur de 6 à 9 mètres et un poids de près de 9 tonnes. Reconnaissable à son immense aileron dorsal pouvant parfois mesurer près d’1,8 mètres de long, c’est aussi la plus redoutable prédatrice d’autres mammifères marins. Pour épingler à leur tableau de chasse des proies aussi surprenantes que de jeunes baleines bleues ou même des requins blancs comme cela a été observé en Afrique du sud, les orques coopèrent entre elles. La clé de leur succès tient dans leur intelligence et dans les liens très forts tissés entre chaque individu du groupe. De façon surprenante, dans un même lieu, certains groupes familiaux vont se spécialiser dans la pêche aux poissons tandis que d’autres seront des tueurs de phoques. Une affaire de goût pour certains comme en Alaska mais aussi une question d’opportunisme : pourquoi se fatiguer à chasser une espèce lorsqu’une autre est plus facile à attraper ou plus abondante ?

En Argentine, certains groupes d’orques maîtrisent l’art de s’échouer volontairement sur la plage afin de capturer de jeunes otaries. En Antarctique, elles ont une tactique spéciale  «éléphants de mer ». Le plus grand mâle du groupe, aileron dressé hors de l’eau, se place bien visible pour affoler les éléphants de mer allongés sur la banquise tandis que les femelles et les jeunes s’embusquent sur les routes de fuite. Une fois le piège en place, il ne reste qu’à semer la panique pour les pousser vers l’Océan. Dans BLUE, nous suivons un groupe d’orques qui tente d’attaquer le jeune baleineau à bosse, cette fois-ci, sans succès.

Daniel Rasmussen raconte  :   «Dans le nordouest de l’Australie, il n’est pas rare que requins baleines et orques se regroupent en nombre et en eaux peu profondes pour coopérer et frapper à la tête de jeunes baleineaux afin de les noyer. Ce comportement se rencontre ailleurs, aux Etats-Unis avec les baleines grises. Là, les orques vont carrément s’asseoir sur le baleineau pour l’entraîner vers le fond et le noyer. Leur dynamique sociale est particulièrement intéressante, chaque groupe étant mené par une femelle et chacun ayant un rôle à jouer dans ces attaques très coordonnées. »

LES AUTRES ACTEURS

Helen Sampson déclare :  «Tout le monde connaît les dauphins, les baleines et les requins mais j’espère qu’à travers ce film, les spectateurs seront tout aussi fascinés et émerveillés par les autres petits habitants du récif. Des animaux qui ont tout autant de caractère, comme la squille multicolore ou encore la rascasse volante. J’espère que ces animaux seront découverts sous un jour totalement inédit et surprenant. »

La squille multicolore

Semblant tout droit sortir de l’imagination d’un dessinateur, la squille multicolore est sans conteste le personnage le plus attachant et drôle du film. Mais il faut se méfier des apparences ! Derrière son allure de clown, cette crevette multicolore d’une quinzaine de centimètres de long est une redoutable boxeuse. Elle détient le record de l’uppercut le plus puissant de l’Océan. En effet, en expédiant sa paire de pinces à une vitesse de 120 km/h, cinquante fois plus vite que le clignement d’un œil, elle déploie une force équivalente à cent fois son propre poids. De quoi briser la carapace d’un crabe (ou la vitre d’un aquarium !).

Ce n’est pas là sa seule particularité. La belle possède - outre ses pinces ultra puissantes - des yeux comptant parmi les plus complexes du monde animal. Avec des millions de cellules photosensibles et 16 types de cônes décodant les couleurs (contre seulement 3 chez les humains), la squille distingue dix fois plus de nuances colorées que nous (jusque dans l’ultra-violet). Un atout de taille, ajouté au fait que chacun des yeux bouge indépendamment de l’autre pour non seulement détecter des proies mais aussi éviter les prédateurs.

Helen Sampson rajoute : « C’est une espèce particulièrement territoriale. Chaque jour, elle s’occupe de son terrier. C’est crucial pour elle. C’est un lieu de repli en cas de danger mais également le nid où la femelle pond ses œufs et surveille ses petits. Nous l’avons filmée chaque jour durant 2 semaines et demie. Il a d’abord fallu 3 à 4 jours pour qu’elle s’habitue à Doug, le cameraman et à tout son équipement (trépied, rampes de flashes). Il passait 2 à 3 heures le matin avec la squille, remontait pour déjeuner et partait la retrouver l’après-midi. La squille est très sensible : si vous la dérangez de trop, elle peut déménager. Une fois habituée à sa présence, elle fut une actrice parfaite. Elle sortait de son terrier, nettoyait devant chez elle (et il y avait à fort à faire avec les poissons perroquets venant faire leurs besoins !) et semblait jouer avec lui. C’est aussi ce caractère un peu espiègle que nous avons voulu faire ressortir dans le film. »

La seiche a larges tentacules

C’est l’une des plus grandes de toutes les seiches. Une géante de près de 50 centimètres de long hors tentacules avec une silhouette semblant tout droit sorti d’un film de science-fiction. Vivant au cœur des récifs ourlant les côtes et îles de l’Indopacifique ouest, c’est une championne du travestissement. Capable de changer de forme et de couleur en un clin d’œil, elle se camoufle à merveille et instantanément avec son milieu, prenant tantôt la couleur du sable blond, tantôt celle de roches foncées. Usant de ces variations colorées pour communiquer entre elles - notamment au moment de la reproduction - les seiches comptent également sur cette prouesse chromatique pour se cacher tant aux yeux de leurs prédateurs que pour attraper des proies, poissons, crabes et autres crustacés. Et si cela ne suffit pas, en expulsant violemment de l’eau par leur siphon, ces animaux particulièrement intelligents comme tous les céphalopodes, se propulsent à grande vitesse et en arrière dans le grand bleu tout en vidant une poche d’encre afin de brouiller un peu plus les pistes.

Helen Sampson raconte : «Nous cherchions pour notre histoire une seiche juvénile de bonne taille pour incarner une sorte de personnage un peu machiavélique. Nous avons trouvé la candidate idéale en Indonésie, à quelques mètres seulement du lieu où vivait la squille. Alors que je prenais de nombreuses photos sous l’eau, elle était en train de chasser juste devant moi. Toute excitée, j’ai posé ma main dans le sable pour me stabiliser mais sous elle, il y avait un poisson démon, une rascasse avec des aiguillons venimeux très puissants. Ils sont entrés dans ma main et j’ai été remontée en urgence sur le bateau pour surveiller mon état de santé car ce poison peut provoquer un choc anaphylactique. Ma main est restée enflée deux jours durant. Ces poissons sont partout dans le détroit de Lambeh, ce qui démontre que vous devez tout le temps être très attentif quand vous filmez… »

La tortue verte

Appartenant aux tortues marines les plus répandues des eaux tropicales et tempérées du globe, la tortue verte affiche une nage des plus élégantes et nonchalantes de l’Océan. Comme les autres espèces, les femelles retournent pondre sur les mêmes plages avec une étonnante fidélité et peuvent parcourir plus de 1000 kilomètres pour rejoindre ces sites. Là, à la force de leurs seules nageoires, elles creusent un nid dans le sable où elles pondent près de 200 œufs qui vont éclore 8 semaines plus tard. Amateurs de mollusques et d’autres petits animaux marins, les jeunes tortues changent de régime alimentaire en grandissant pour se focaliser sur les herbes et algues poussant près des côtes.

Helen Sampson se souvient :  «À Sipadan, au large de la Malaisie, il y a une grotte sous-marine où réside une importante population de tortues vertes. Elles ont à côté tout ce dont elles ont besoin : des herbiers sousmarins où elles vont se nourrir, le récif comme refuge et les plages où elles peuvent pondre. Beaucoup restent ici toute l’année et régulièrement, il y a de nouveaux venus. Le fond de cette grotte est couvert de squelettes de tortues, car cet endroit aux abords paisibles agit comme un piège, certaines d’entre elles ne trouvant plus la sortie et venant à manquer d’air. Comme il n’y a pas de courant, des squelettes entiers jonchent le sol. C’était intéressant de montrer que les récifs coralliens ne sont pas que de fabuleux endroits colorés et qu’ils peuvent être dangereux pour certaines des espèces qui y vivent. »

Le poisson perroquet à bosse

Probablement le plus surprenant de tous les poissons rencontrés dans le récif, le poisson perroquet à bosse est non seulement imposant (70 à 100 kilos sur la balance pour 130 cm de long  !) mais aussi étrange de par cette excroissance surmontant sa tête. C’est le plus grand de tous les poissons perroquet. Fréquentant les récifs où ils viennent se nourrir des algues contenues dans le corail, ils vivent en groupe d’une dizaine d’individus. Mais ici, dans le récif de Wakatobi, l’équipe en a rencontré plusieurs milliers. C’est en période de frai que les rassemblements sont les plus importants et les mâles s’affrontent alors violement à coup de tête pour gagner les faveurs d’une femelle.

Paul Collins, assistant plongeur, affirme  :   «Nous n’avons jamais vu cela ailleurs. Aux Maldives, ou à Sipadan (Malaisie), vous pouvez voir des regroupements de 40, 50, 60 individus, pas plus. Nous ne savons pas s’ils se rassemblent pour se reproduire comme c’est le cas pour d’autres poissons. Cette espèce agit en véritables jardiniers pour le récif. Tous les ans, chaque individu ingère jusqu’à 5 tonnes de corail. Il broie le squelette calcaire pour en extraire les algues puis rejette le corail sous forme de sable qui va former ces fabuleuses plages coralliennes. Sans eux, les algues étoufferaient le corail, à commencer par les parties les plus faibles ou malades. Bientôt, c’est tout le récif qui serait atteint. En limitant leur expansion par son appétit vorace, le poisson perroquet à bosse entretient son milieu ! »

Helen Sampson commente  :   «À la nuit tombée, ils allaient souvent dormir sur une sorte de tombant dans le récif et, dès l’aube, ils remontaient des profondeurs vers la surface pour aller se nourrir. Nous savions donc précisément quand les poissons perroquet à bosse allaient arriver. Ce qui était incroyable c’était le bruit qu’ils faisaient en grignotant le corail. Cela s’entendait vraiment et comme nous avions un hydrophone, nous avons enregistré ce son fascinant.  »

La rascasse volante

Sans nul doute la plus élégante de toutes les espèces rencontrées dans le film et sur les récifs, la rascasse volante cache bien son jeu. Car derrière sa parure vive et rayée se cache de redoutables éperons venimeux.

Sa coloration est là pour le rappeler et sert d’avertissement à quiconque voudrait la croquer. Cachée durant la journée dans une anfractuosité du récif, elle sort à la nuit tombée pour chasser poissons, crevettes et autres crabes. Inféodée à l’indopacifique, la rascasse volante a malheureusement été introduite par l’homme dans les Caraïbes où elle est désormais devenue invasive, ayant ici trop peu de prédateurs et mettant ainsi en péril la survie de nombreuses espèces de poissons.

Le labre rasoir masqué

Le récif brille par ses multiples couleurs. Gorgones, éponges, nudibranches, crevettes ou poissons arborent des parures plus bariolées et extravagantes les unes que les autres. Parmi ces élégants que l’on rencontre dans BLUE, le labre rasoir masqué se distingue par ses motifs et une tête comme maquillée de blanc agrémentée de traits jaunes d’or venant strier l’œil. Sa tête est surmontée de deux petites cornes. Comme la plupart des autres labres, ils changent de couleur avec l’âge.

L’entraide est de mise dans le récif et l’un des points de ralliement est sans aucun doute la station de nettoyage. Ici, les prédateurs semblent oublier la nature de leur régime alimentaire et les plus petits œuvrant dans la gueule de ces géants carnivores n’ont visiblement aucune crainte, comme si un pacte avait été scellé entre eux. Minuscule crevette ou petit labre nettoyeur s’affairent ici à débarrasser parasites et restes de nourritures des dents des requins, raies, murènes et autres chirurgiens. Un partenariat où l’un gagne un repas et l’autre une dentition étincelante.

D’autres associations se font au détriment d’un partenaire ou tout du moins à son insu, comme les rémoras qui se collent à l’aide d’une sorte de ventouse sur le ventre d’une tortue ou d’un requin pour profiter d’un voyage sans effort.

UN TOURNAGE AMBITIEUX

Un voyage sous l'eau

BLUE a nécessité plus d’un an de tournage dans 10 pays différents (États-Unis, Mozambique, Bahamas, Egypte, Afrique du Sud, Indonésie, Malaisie, Micronésie, Tahiti, Australie), avec au minimum 2 sites de plongée par lieux de tournage, voire 7 ou 8 comme dans le détroit de Lambeh… Un dispositif essentiel pour pouvoir filmer le plus de comportements de dauphins et de baleines possibles dans les meilleures conditions de visibilité. Avec 6 mois de préparation logistique et 350 heures de postproduction, BLUE aura nécessité au final plus de 2 ans et demi de travail.

Keith Scholey affirme  :   «Le plus grand défi de ce film consistait à faire oublier au spectateur qu’il voyageait sous l’eau. Souvent, les films subaquatiques suivent un rythme assez lent avec BLUE nous voulions transporter le public dans cet élément avec les mêmes techniques cinématographiques qu’une fiction, les surprendre et leur donner l’illusion qu’ils faisaient, eux aussi, partie de ce monde.  »

Alastair Fothergill, le co-réalisateur rajoute  :   «Pour les prises de vue subaquatique, une des nouveautés a été d’utiliser des loumas (grues avec contrôle à distance) pour obtenir des traveling – grues qui n’étaient jusqu’à présent utilisées que pour faire des travellings sur la terre ferme. C’est très difficile à manipuler sous l’eau mais le rendu est unique cela vous donne une impression de mouvement et vous plonge littéralement dans l’environnement, comme si vous y étiez.  »

Le réalisateur Keith Scholey ajoute  :   «Les films subaquatiques sont très différents des autres films animaliers car vous êtes limités dans le temps que vous pouvez passer dans l’eau. Vous allez donc à un endroit précis du récif et si vous avez de la chance, vous pouvez filmer une séquence avant de devoir remonter à la surface. Pour avoir des comportements naturels, vous devez aller dans de nombreux endroits et ensuite recoller les séquences pour la continuité de l’histoire. Dans BLUE, c’est la vraie vie des animaux qui est à découvrir, et tout est basé sur des recherches scientifiques. Nous avons beaucoup travaillé autour des innovations techniques pour offrir aux spectateurs des images surprenantes et des angles de vues inédits. Nous avons filmé en 4K, inventé une caméra pouvant suivre la nage très rapide des mâles baleines à bosse depuis un bateau… Mais, au final, tout cela reposait sur nos plongeurscameramen très expérimentés qui connaissaient extrêmement bien les animaux et savaient anticiper leurs mouvements, afin de se trouver derrière le viseur au bon endroit au bon moment. »

 «Lorsque vous travaillez sur un film autour des récifs coralliens, vous donnez l’impression de travailler dans un paradis tropical. Pourtant, le travail sous l’eau est extrêmement exigeant. Les cameramen sont très solides car ils doivent rester de longues heures sous l’eau. Parfois une plongée peut s’étendre sur 4 voire 5 heures, avec des recycleurs et je ne parle pas des séquences filmées de nuit, où ils doivent utiliser des loumas (grues avec contrôle à distance) et autres équipements très difficiles à manier. C’est l’un des films les plus difficiles et exigeant que nous n’ayons jamais réalisé. » rajoute Alastair Fothergill.

Daniel Rasmussen, producteur délégué, reconnait  :   «C’est également très gratifiant de savoir que certaines séquences que nous avons tournées vont servir aux scientifiques, qu’ils vont découvrir des images qu’ils n’auront jamais vues auparavant et grâce auxquelles ils vont pouvoir décrypter davantage le comportement de certaines espèces. Ce partenariat entre science et cinéma était vraiment passionnant.  » Et Keith Scholey d’ajouter  :   «Sans la communauté scientifique, nous n’aurions jamais pu faire ce film, trouver les lieux de tournage, les groupes de dauphins… Nous leur sommes tellement redevables. »  

«C’est important de rappeler aux gens que les films animaliers sont basés sur les opportunités que nous laissent les animaux, que ce sont eux qui dictent le cours du film. » déclare Helen Sampson  «Aux Bahamas, nous voulions filmer les dauphins qui chassent dans le sable, un comportement qu’ils ne font que les soirs de pleine lune. Nous sommes restés 4 semaines à attendre et les dauphins ne sont jamais venus. Cela vous fait réaliser à quel point filmer les animaux et encore plus la faune sous-marine est difficile. Vous avez très peu d’opportunités et, sous l’eau, vous ne pouvez pas utiliser de longues focales comme sur terre. Vous devez être avec les animaux, au plus près d’eux. Et vous ne pouvez pas prédire ce qu’ils vont faire. D’ailleurs, avant de commencer, vous avez un scénario qui s’avère la plupart du temps très différent du film final. »

Daniel Rasmussen raconte  :   «Au Mozambique, nous habitions de petites maisons sur la plage. Nous avons été très impliqués avec les communautés locales de ce petit village et c’est quelque chose d’assez rare dans mon expérience de cameraman. Habituellement, vous allez quelque part pour une courte période, vous filmez, vous repartez. Le fait que nous soyons dans un endroit si isolé nous a permis de faire connaissance avec chacun des habitants. Ils ont compris ce que nous cherchions et nous ont beaucoup aidés. C’était particulièrement gratifiant. C’est un lieu fantastique qui aurait besoin d‘une meilleure protection et les dauphins sont sans conteste les meilleurs porte-parole pour ce rôle. »

L’OCÉAN, UN LIEU DE TOURNAGE QUI INTERPELLE ET SENSIBILISE

Angela Ziltener, chercheuse, confie :  «J’espère qu’avec BLUE les gens verront l’étendue des trésors inestimables qui vivent sous la surface de l’Océan et aussi l’urgence que nous avons à protéger ce milieu. Nous pouvons vraiment tous faire quelque chose, passer le message, faire attention à nos déchets afin que tout ce plastique ne se retrouve pas à flotter dans l’eau… Chacun de nos actes quotidiens peut avoir un impact et bien sûr, nous pouvons aussi soutenir des organisations qui entreprennent des actions sur le terrain afin de protéger l’Océan et les espèces qui y vivent. »

Helen Sampson confie :  «BLUE m’a rendue totalement accro à l’Océan. C’est un univers parallèle, une planète alien bien qu’elle fasse partie de notre Terre. C’est si différent sous l’eau comparé au monde dans lequel nous vivons. Et le récif est véritablement un endroit des plus incroyables. C’est tellement triste que l’Océan soit soumis à de telles pressions extérieures et n’ait pas le respect qu’il mérite ! »

Roger Horrocks, un des directeurs de la photographie ajoute :  «J’espère qu’en sortant de la projection de BLUE, les spectateurs retourneront chez eux avec le sentiment que les dauphins sont des animaux particulièrement intelligents, dotés chacun d’une forte personnalité et d’émotions. Lorsque vous passez du temps avec eux et que vous les percevez comme des individus à part entière, c’est toute votre vision de la nature qui change. Vous portez un regard nouveau sur ce que nous, les humains, faisons subir à la planète, mettant en danger l’existence même de tous ces animaux. »

Alastair Fothergill déclare  «L’une des choses formidable avec Disneynature c’est qu’un pourcentage des bénéfices du film est ensuite versé à des projets de préservation ou de recherche et ici, dans le cas des récifs de corail, nous savons tous qu’ils sont extrêmement menacés et nécessitent une protection accrue. Ce film contribuera non seulement à sensibiliser le public mais directement également à la protection de ces habitats si uniques. »

Et Keith Scholey de conclure  :   «J’espère que les spectateurs de tous âges qui verront ce film seront emmenés dans un voyage inoubliable au cœur d’un monde qu’ils n’ont jamais vu, qu’ils vont faire des expériences inédites, magiques, rire, et être en empathie avec nos héros. J’espère surtout qu’à la fin de la séance, ils repartiront avec un émerveillement profond pour les récifs coralliens ainsi qu’un profond respect envers ce milieu et ses nombreux habitants. J’espère qu’ils seront tellement émerveillés qu’ils feront tout leur possible pour protéger le futur de cet écosystème. »

LE SAVIEZ-VOUS ?

LES DAUPHINS

Les grands dauphins mesurent de 2 à 3 mètres de long et pèsent en moyenne 400 kg.

Après une gestation de douze mois, la femelle grand dauphin donne naissance à un seul petit qu’elle allaitera durant près de deux ans et qui restera à ses côtés jusqu’à l’âge de 5 ans avant d‘acquérir son indépendance.

Les grands dauphins parcourent en moyenne 30 kilomètres par jour, parfois 50 et lorsqu’ils chassent certaines proies comme les céphalopodes.

Les grands dauphins peuvent tenir des apnées de 4 à 5 minutes environ.

La famille des Delphinidés à laquelle appartient le grand dauphin compte 32 espèces dont les dauphins d’eaux douces, les dauphins à long bec, les globicéphales ou encore les orques.

LES BALEINES À BOSSE

Contrairement à la plupart des autres espèces, chez la baleine à bosse, c’est la femelle qui est plus imposante que le mâle.

Les baleines à bosse ont une espérance de vie entre 70 et 90 ans.

La baleine à bosse mesure de 12 à 15 mètres de long et pèse entre 23 et 36 tonnes

La baleine à bosse ne possède pas de dents mais des fanons qui fonctionnent comme un filtre pour retenir le plancton dont elle se nourrit.

À la naissance, un baleineau à bosse mesure entre 3 et 4 mètre et pèse jusqu’à 900 kg.

Chaque population de baleines à bosse possède son dialecte, un chant qui lui est propre et unique.

LES TORTUES

La tortue verte est la deuxième plus grosse tortue marine après la tortue luth, avec une longueur de 1 à 1,2 mètres et plus de 150 kg sur la balance.

La femelle tortue verte pond de 70 à 200 œufs qu’elle enfouit dans le sable. C’est la température qui déterminera le sexe des futurs petits. En dessous de 28,5°C la majorité sera des mâles et au-dessus de 30°C des femelles. Le réchauffement climatique tend à favoriser l’éclosion de femelles, ce qui posera de gros problèmes à moyen terme pour l’espèce.

Au terme de longues pérégrinations dans l’Océan, la femelle reviendra tous les deux à quatre ans pondre sur la même plage où elle est née.

Une fois éclos, les bébés tortues regagnent tant bien que mal l’Océan, en échappant aux pinces des crabes, aux crocs des renards ou aux becs des oiseaux qui rodent et ils passeront de 25 à 50 ans dans le grand bleu avant de revenir, pour les femelles, pondre sur la terre ferme.

Dans les eaux profondes, les tortues vertes s’aident du champ magnétique de la terre pour se diriger.

LES AUTRES ESPÈCES

De nombreuses espèces de corail se reproduisent de manière synchrone. Une ponte massive se déroulant après la première pleine lune estivale et qui donne l’impression d’une neige tombant du récif vers la surface.

Beaucoup de poissons perroquets (comme les poissons clowns et d’autres espèces) commencent leur vie en étant des femelles puis ils se métamorphosent en mâles et changent souvent de couleur.

Les glandes salivaires des seiches contiennent des substances neurotoxiques qui permettent de neutraliser rapidement la proie capturée, crabe, poissons, crevettes, autres céphalopodes plus petits… Puis, la seiche use de ses mâchoires cornées formant ce que l’on appelle un bec de perroquet pour découper son repas et l’avaler.

Quand elles se sentent menacées, les seiches peuvent cracher un nuage d’encre qui trouble l’assaillant et leur permettent de fuir. Cette substance, appelée sépia, était autrefois utilisée en peinture et en photographie.

Les labres rasoirs masqués, comme d’autres labres sont très territoriaux et ils défendent activement une portion du récif vis-à-vis des intrus. Si un prédateur s’approche trop près, ils plongent vers le fond et s’enfouissent sous le sable.

Les juvéniles labres rasoirs masqués ne ressemblent aucunement aux adultes. Leur façon de se mouvoir imitent des algues qui dériveraient dans le courant.

A propos de Disneynature

Créé en 2008 par Jean-François Camilleri, Disneynature est un label engagé qui fait découvrir la beauté et la fragilité de la Nature par des histoires authentiques, attachantes et enrichissantes, en puisant ses racines dans les premiers documentaires animaliers «True Life Adventures» créés dans les années 50 par Walt Disney.

Disneynature se donne comme mission d’émerveiller, de faire découvrir notre planète au travers des merveilles de la Nature, pour susciter l’engagement de tous en faveur de la préservation de la biodiversité.

Ces histoires prennent vie sur grand écran avec aujourd’hui neuf films réalisés par les meilleurs cinéastes du genre ayant rassemblé plus de 30 millions de spectateurs dans le monde.

Disneynature, c’est aussi une expérience digitale quotidienne unique sur la nature «  Zoom by Disneynature », des contenus ludo-pédagogiques et des produits porteurs de sens et respectueux de l’environnement.

DISNEY NATURE A DIX ANS

Disneynature a 10 ans. Depuis 2008, nous essayons d’émerveiller le public avec des histoires vraies et touchantes que seule la nature est capable de créer pour contribuer à éveiller les consciences sur la beauté et la fragilité de notre environnement. Notre planète est une source de beauté majestueuse par les animaux qui la parcourent, par la végétation qui la recouvre mais plus encore par les histoires qu’elle leur fait vivre.

Après avoir produits neuf films, participé à l’édition de livres et documents pédagogiques, animé une série de mini-documentaires, créé la destination digitale Zoom by Disneynature, notre action reste guidée par une conviction centrale : la Nature est une féérie permanente à préserver et à transmettre aux générations futures.

En 10 ans, les Français et la société ont changé de regard sur la Nature et la protection de la biodiversité. Ils évoluent et Disneynature évolue avec eux. Notre mission demeure et demeurera de divertir, sensibiliser et inspirer grâce à la plongée dans le quotidien et la réalité de la vie des animaux. Nous souhaitons plus que jamais continuer à montrer la Nature telle qu’elle est, sans la travestir ou la fausser. La prise de conscience de chacun d’entre nous, au gré des catastrophes naturelles, des sommets climatiques, de la disparition d’espèces nous pousse à aller plus loin en réaffirmant tous les jours notre engagement pour la préservation de notre planète, des animaux et de leur écosystème.

En 10 ans, au-delà de nos films, nous avons noué des partenariats avec plusieurs ONG et pris de multiples engagements aux côtés d’autres entreprises ou d’acteurs institutionnels. Aujourd’hui, nous souhaitons aller plus loin en travaillant à co-construire avec une ONG des programmes Disneynature de préservation et en collaborant avec des scientifiques pour faire de nos films des sources d’apprentissage pour tous les âges.

La famille est au cœur de l’ADN de Disney et de Disneynature. Nos films et l’ensemble des produits du label contribuent à transmettre aux nouvelles générations, aux futurs gardiens de notre planète, l’envie d’agir, de préserver, d’apprendre et de partager. Nous sommes aux côtés des parents et des grands-parents qui transmettent au quotidien leur savoir, expliquent le monde et font découvrir aux plus jeunes le spectacle de la Nature.

Notre nouveau film BLUE est une plongée au cœur de l’Océan pour découvrir, comprendre, aimer un monde encore mystérieux et surprenant. Une expérience cinématographique immersive tournée dans les plus beaux endroits de la planète et une opportunité de vivre l’Océan et le récif corallien comme jamais grâce à de nouvelles technologies de production.

Préserver la Nature doit être un engagement pour tous. Elle a encore tant d’histoires à nous raconter...

JEAN-FRANCOIS CAMILLERI
Fondateur, directeur général de Disneynature et président de The Walt Disney Company France, Benelux Maghreb, Afrique francophone.



En 2016 et 2018, les films LE MONDE DE DORY (Disney•Pixar), VAIANA LA LEGENDE DU BOUT DU MONDE (Disney) et BLUE (Disneynature) plongent les spectateurs au cœur de l’océan. C’est dans ce contexte que depuis 2016 , The Walt Disney Company France a mis en place l’initiative « Oceans by Disney ». A travers cet engagement, l’entreprise affirme son intention de jouer un rôle dans la préservation des milieux marins en engageant ses équipes, ses médias, ses partenaires et l’ensemble de ses publics, et en soutenant la Fondation TARA EXPEDITIONS. Déjà mobilisée en faveur de l’environnement, à travers le Disney Worldwide Conservation Fund et Disneynature, l’entreprise marque ainsi une nouvelle étape de son engagement.

Site officiel : ZoomByDisneynature.com

  
#DisneyNatureBlue

Autre post du blog lié au documentaire BLUE

jeudi 21 décembre 2017

BLUE


Au cinéma le 28 mars 2018

Combien de merveilles se cachent au fond des océans ? Quels superbes ballets se déroulent tous les jours dans les profondeurs des mers ? Il semble que ce nouveau documentaire Disneynature veuille nous partager toutes ces beautés et que le spectacle soit vraiment touchant.


Bande annonce 



BLUE, le nouveau film Disneynature, est une plongée au cœur de l’Océan pour découvrir, comprendre, aimer un monde encore mystérieux et surprenant. Un monde où la nature invente des couleurs, des formes et des sons merveilleux.

L'Océan est unique, seuls les hommes le mettent au pluriel. Il est partout, recouvre plus de 70% de la Terre et donne à notre maison sa couleur et son nom: la planète bleue.

Dans cet environnement somptueux et fragile, les dauphins seront nos guides pour partager cette grande histoire de l'Océan qui est celle de nos origines et notre avenir. Une histoire universelle qui résonne en chacun de nous.


Un film réalisé par Keith Scholey (FELINS, GRIZZLY) , co-réalisé par Alastair Fothergill (UN JOUR SUR TERRE, FELINS, GRIZZLY,CHIMPANZES, AU ROYAUME DES SINGES), une histoire racontée par la comédienne Cécile de France.

Site officiel : ZoomByDisneynature.com

  
#BLUE

A propos de Disneynature

Créé en 2008 par Jean-François Camilleri, Disneynature est un label engagé qui fait découvrir la beauté et la fragilité de la Nature par des histoires authentiques, attachantes et enrichissantes, en puisant ses racines dans les premiers documentaires animaliers «True Life Adventures» créés dans les années 50 par Walt Disney.

Disneynature se donne comme mission d’émerveiller, de faire découvrir notre planète au travers des merveilles de la Nature, pour susciter l’engagement de tous en faveur de la préservation de la biodiversité.

Ces histoires prennent vie sur grand écran avec aujourd’hui neuf films réalisés par les meilleurs cinéastes du genre ayant rassemblé plus de 30 millions de spectateurs dans le monde.

Disneynature, c’est aussi une expérience digitale quotidienne unique sur la nature « Zoom by Disneynature », des contenus ludo-pédagogiques et des produits porteurs de sens et respectueux de l’environnement.


En 2016 et 2018, les films LE MONDE DE DORY (Disney•Pixar), VAIANA LA LEGENDE DU BOUT DU MONDE (Disney) et BLUE (Disneynature) plongent les spectateurs au cœur de l’océan. C’est dans ce contexte que depuis 2016 , The Walt Disney Company France a mis en place l’initiative « Oceans by Disney ». A travers cet engagement, l’entreprise affirme son intention de jouer un rôle dans la préservation des milieux marins en engageant ses équipes, ses médias, ses partenaires et l’ensemble de ses publics, et en soutenant la Fondation TARA EXPEDITIONS. Déjà mobilisée en faveur de l’environnement, à travers le Disney Worldwide Conservation Fund et Disneynature, l’entreprise marque ainsi une nouvelle étape de son engagement.

dimanche 20 août 2017

NÉS EN CHINE


Au cinéma le 23 août 2017

Je n'ai malheureusement pas eu le temps d'aller découvrir ce documentaire en avant-première pour pouvoir vous donner mon avis. Cependant, la nature recèle des milliers de merveilles et je suis sûre que ce film nous en dévoile quelques-unes de très jolie façon. Je vous partage des extraits et les notes de production pour vous donner une idée des belles informations transmises ici et vous permettre d'en apprendre plus sur ces magnifiques animaux.

Un film de Lu Chuan
Une histoire racontée par Claire Keim
Un film produit par Roy Conli, Brian Leith et Phil Chapman


NÉS EN CHINE, le nouveau film Disneynature, nous entraîne dans un fabuleux voyage au cœur des régions les plus sauvages de la Chine, là où très peu d’humains se sont aventurés.

FAITES CONNAISSANCE AVEC YAYA ET MEI MEI, 
UNE MAMAN PANDA GÉANT ET SON PETIT, 
HÉROS DU NOUVEAU FILM





Extrait : La famille des pandas (VF)


FAITES CONNAISSANCE AVEC DAWA, 
UNE PANTHÈRE DES NEIGES ET SES DEUX PETITS



Extrait : La famille des panthères des neiges (VF)


FAITES CONNAISSANCE AVEC TAO TAO, 
UN RHINOPITHÈQUE DE ROXELLANE, 
PLUS COMMUNÉMENT APPELÉ SINGE DORÉ



Extrait : La famille des singes (VF)


Bande annonce (VF)


Extrait : Derrière la beauté (VF)


L’HISTOIRE

Le destin de trois familles d’animaux s’entrecroise dans les environnements les plus extrêmes de notre planète, nous révélant les moments les plus intimes de leur existence. Yaya, une maman panda géant, guide son petit Mei Mei alors qu’il explore le monde et gagne en indépendance. Tao Tao, un Rhinopithèque de Roxellane de deux ans -plus communément appelé singe doré - relégué au second plan depuis la naissance de sa petite sœur, quitte son clan pour rejoindre un petit groupe vivant en périphérie. Dawa, une femelle panthère des neiges – un animal discret et mystérieux rarement observé par l’homme – est confrontée à l’incroyable difficulté d’élever ses deux petits dans l’un des habitats les plus hostiles de la planète.

A propos de Disneynature

Créé en 2008, Disneynature est un label cinématographique référent sur le sujet de la nature dans le monde. Inscrit dans la lignée des films documentaires « True Life Adventures » créés dans les années 50 par Walt Disney, ce label fait découvrir au grand public, et sur grand écran les plus belles histoires de la nature. Il compte aujourd’hui huit films réalisés par les meilleurs cinéastes du genre et plus de 30 millions de spectateurs.

Disneynature, c’est aussi une marque qui se décline en media, des expériences uniques de divertissement et à travers une gamme de produits porteurs de sens et respectueux de l’environnement.

Plus d’informations sur : www.zoombydisneynature.com

NOTES DE PRODUCTION 

DÉCOUVREZ LA VIE SECRÈTE D’ANIMAUX FASCINANTS AU CŒUR D’UNE CHINE SAUVAGE MÉCONNUE ! 

C’est la comédienne Claire Keim qui nous raconte le théâtre de la vie intime et parfois éprouvante de ces trois familles d’animaux. En nous offrant des images inédites à couper le souffle, le film explore l’incroyable diversité de ce pays aux proportions continentales, des sommets glacés des montagnes aux forêts de bambous, en suivant les grues du Japon qui forment le trait d’union entre ces trois destins extraordinaires. 

Le réalisateur Lu Chuan pensait initialement devoir opter pour une approche différente. Il explique : « Une fiction repose sur l’imagination, il faut tout créer de A à Z. Les films Disneynature, eux, sont basés sur les personnages, mais ces personnages sont des animaux. L’histoire est donc inspirée par les images que l’on parvient à tourner sur la vie qu’ils mènent. » 

La sensibilité artistique et le point de vue fondamentalement chinois de Lu Chuan sont complétés par le talent narratif du producteur Roy Conli de Disney Animation, ainsi que par l’expertise des producteurs Brian Leith et Phil Chapman dans le domaine du cinéma animalier. 

Roy Conli qui a produit RAIPONCE, et LES NOUVEAUX HÉROS, assure la production de NÉS EN CHINE. Il déclare : « C’est formidable d’explorer de nouveaux horizons avec Disneynature. C’est un honneur de faire partie d’une équipe de cinéastes internationaux aussi talentueux qui perpétuent l’héritage de Walt Disney en personne et de sa série « True Life Adventures », créée il y a plus de 60 ans. Ces films reposent sur des événements réels et des observations faites sur le terrain par les meilleurs cinéastes animaliers au monde. Travailler avec Lu Chuan, qui est l’un des réalisateurs et conteurs les plus doués de sa génération, a été incroyable. Ce film que nous avons réalisé est à la fois épique et intime. J’ai hâte de partager cela avec les spectateurs. » 

Les éminents cinéastes animaliers Brian Leith et Phil Chapman viennent compléter l’équipe de haut vol de NÉS EN CHINE. Basée à Bristol au Royaume-Uni, Brian Leith Productions a entre autres produit des programmes primés pour la BBC, PBS, Discovery Channel, Nat Geo et Animal Planet sur la vie d’animaux tels que les orques de l’Arctique canadien ou les hippopotames d’Afrique. Mais c’est leur travail au sein de la BBC Natural History Unit sur la série documentaire en six épisodes intitulée « Wild China» qui en a fait les candidats idéaux pour le dernier projet en date de Disneynature. Brian Leith déclare : « Nous avons été fascinés par l’étendue des régions sauvages de ce pays davantage connu pour son nombre d’habitants. La richesse naturelle de la Chine est surprenante. Lorsqu’on quitte les grands axes, on découvre de vastes forêts ainsi que d’immenses déserts et des hauts plateaux. » 

PLONGEZ AU CŒUR DE LA CHINE À LA RENCONTRE D’ANIMAUX EXTRAORDINAIRES 

On associe davantage la Chine aux métropoles animées que sont Shanghai, Hong Kong ou Beijing qu’aux grands espaces et aux paysages sauvages. Lu Chuan souhaitait changer cela. « Ce qui est étonnant avec le relief chinois, c’est son immensité et sa grande diversité», explique-til. « Le pays regorge de paysages extraordinaires, de montagnes et de rivières magnifiques, peuplés d’innombrables créatures incroyables. » 

« Pour trouver les décors les plus fascinants du pays, nous avons escaladé des massifs désertiques, des forêts reculées, des plateaux et des déserts. Nous avions envie de montrer les histoires les plus émouvantes de notre faune et de les partager avec les spectateurs du monde entier. Il n’y a qu’une seule Terre, et les véritables maîtres de la nature en sont les animaux sauvages. L’humanité se doit de les respecter et de les protéger. » 

Le film explore différentes régions de Chine et présente les pandas géants de la Réserve naturelle de Wolong dans la province du Sichuan, les rhinopithèques de Roxellane de la Réserve naturelle de Shennongjia dans la province du Hubei, à mi-parcours du fleuve Yangzi Jiang, et la mystérieuse panthère des neiges, appelée aussi once, établie dans la province du Qinghai, près de la ville-district de Yushu, à l’extrémité nord-est du plateau du Tibet qui s’élève à 5 000 mètres au-dessus du niveau de la mer. Le film met également en scène les chirus de la Réserve naturelle de Kekexili, des animaux rarement vus au cinéma, ainsi que la populaire grue du Japon, un oiseau sacré, filmée dans la Réserve naturelle de Zhanglong dans la province du Heilongjiang et la Réserve naturelle des oiseaux rares de Yancheng, dans la province du Jiangsu. 

« La plupart de ces animaux ne pouvaient être filmés qu’en Chine », commente Phil Chapman. « Pour un film tel que N ÉS EN CHINE nous avions besoin de capturer leur intimité en détail, afin de construire le récit. Mais tourner ce genre de séquences est parfois très difficile, surtout quand il s’agit d’animaux qui n’ont jamais été confrontés à l’homme. Nous ne savions même pas si c’était possible. » 

« Nous avons tourné des heures et des heures de rushes. Je n’avais jamais travaillé sur un projet avec une telle profusion d’images ! En les visionnant, et en faisant un premier tri, les récits dramatiques et poignants de nos personnages ont commencé à émerger. » 

« La différence entre Disneynature et la plupart des documentaires animaliers, ce sont les histoires que nous racontons », ajoute Roy Conli. « Elles reflètent toujours les événements survenus lors du tournage, mais il y a une manière particulière de raconter l’histoire qui fait que nous nous attachons vraiment à ces animaux. » 

Lu Chuan déclare : « Comme avec n’importe quel film, notre objectif est de raconter une histoire captivante. Ce projet est cependant particulier car les histoires de ces animaux sauvages témoignent non seulement de la puissance de la nature mais sont également une grande source de fierté pour le peuple chinois. » 

Pour le cinéaste, la présence de la majestueuse grue de Japon et de l’antilope chiru vient enrichir l’histoire des trois remarquables familles du film : une maman panda géant et son petit, un rhinopithèque de Roxellane solitaire et une insaisissable panthère des neiges qui fait de son mieux pour élever ses deux petits. 

Le producteur Brian Leith commente: « Ces espèces sont emblématiques en Chine et représentent une facette du pays que l’on connaît moins. Le fait d’avoir pu les filmer comme nous l’avons fait est en soi un exploit car ils elles vivent dans des régions isolées et difficilement accessibles. Les défis auxquels nous avons été confrontés sont énormes et colossaux mais nous sommes impatients de pouvoir partager une partie de ce que nous avons vécu dans cette vaste et magnifique partie du monde. » 

UN REGARD UNIQUE SUR LA NATURE 

Ces paysages grandioses voient naître d’innombrables créatures, autant d’êtres dont l’amour, les deuils et les espoirs s’inscrivent dans une histoire bien plus vaste : celle du cercle éternel de la vie. 

Le regard unique que porte la culture chinoise sur la nature est un élément central de NÉS EN CHINE. Le réalisateur Lu Chuan explique : « C’est une histoire sur la vie et la mort. En Chine, la mort n’est pas considérée comme la fin de la vie mais comme un nouveau commencement. La faune est ellemême constituée d’une myriade de nouveaux départs et c’est ce que nous voulions explorer dans ce film. J’aimerais que les spectateurs du monde entier puissent grâce à ce film mieux comprendre cette philosophie. N ÉS EN CHINE montre une facette authentique de la nature chinoise que l’on ne soupçonne pas. Les animaux que nous montrons sont une métaphore: comme nous, ils mettent au monde, ils élèvent leurs petits du mieux qu’ils peuvent. Ils connaissent des triomphes et des échecs. Leur volonté d’agir dans l’intérêt de leur famille trouvera écho en chacun de nous. » 

Roy Conli indique « Cette description du cycle de la vie est riche en émotions et en séquences passionnantes. Chaque récit décrit une réalité qui reflète notre propre expérience. Il est fascinant de constater que les animaux partagent certaines de nos valeurs les plus précieuses. » 

Le producteur Phil Chapman estime que ces histoires sont fidèles à la réalité, même si celle-ci n’est pas toujours facile à admettre. « La vie n’est pas tendre pour la plupart de ces animaux. Avoir réussi à les filmer pour un long-métrage est une prouesse remarquable, car ils vivent dans des régions reculées, et difficiles d’accès. Ce tournage était un projet extrêmement ambitieux, et nous sommes ravis de partager un peu de ce que nous avons vécu dans cette vaste région magnifique. Nous avons filmé les différentes étapes de leur vie, tourné été comme hiver. Nous avons été témoins des vicissitudes de leur existence, des naissances et des décès. En combinant les récits de ces familles, nous nous sommes aperçu qu’ils formaient un portrait fascinant de la nature sauvage en Chine que l’on ne voit quasiment jamais. » 

À LA RENCONTRE DES ANIMAUX 

L’ENVOL DES GRUES DU JAPON 

Lu Chuan, le réalisateur de NÉS EN CHINE, cherchait une manière magique et allégorique de faire le lien entre tous les animaux du film. C’est ainsi que la grue du Japon a rejoint le casting. Il explique : « La grue du Japon est un animal symbolique profondément ancré dans notre spiritualité. Selon d’anciennes croyances, elle conduit l’âme des défunts vers l’autre monde et achève ainsi le cycle de la vie. » 

Pour filmer ces magnifiques oiseaux au plumage noir et blanc, dont la tête s’orne d’une crête rouge, l’équipe s’est rendue dans les marais de Zhalong et Yancheng. « Les grues émigrent en fonction des saisons, comme ailleurs », explique Brian Leith. « Elles sont très gracieuses, surtout quand elles s’envolent, ce qui illustre parfaitement l’idée de cercle de la vie. » 

Le film s’attache aux phases migratoires de ces oiseaux, à leur nomadisme permanent, et aux distances qu’ils parcourent au rythme des saisons. « Chacun a entendu parler des grues du Japon, et de nombreux documentaires leur ont été consacrés », ajoute le directeur de la photo Paul Stewart. « Mais, de manière générale, il est extrêmement rare de les observer. »

Il explique que l’équipe savait qu’elle devait se montrer très respectueuse pour parvenir à tourner des séquences véritablement intimes : « Les grues sont des animaux très craintifs. Lorsque nous tentions de nous en approcher pour les filmer avec leurs petits, nous faisions très attention à ne pas les déranger. Nous avons été ravis qu’elles acceptent notre présence et nous laissent les observer en famille. » 

Il confie avoir été surpris par la taille des gruons : « Les adultes, qui font 1 m 50 de haut, sont très imposants, mais les petits sont absolument minuscules ! Pourtant, bien qu’ils soient tout petits, ils apprennent très rapidement à marcher, courir et même nager. » 

Mais ce sont les adultes qui l’ont vraiment ému. « L’une de mes séquences préférées, c’est quand nous avons vu la danse de séduction des adultes, qui rejettent la tête en arrière et poussent ce cri incroyable », poursuit-il. « C’est un son qui résonne fréquemment dans les marais, et je trouve qu’il symbolise cette région de la Chine. » 

Les réalisateurs mesurent pleinement l’importance de leurs personnages, des icônes que l’on retrouve tout au long de l’Histoire du pays. « La grue du japon revêt une très grande importance dans la culture chinoise », ajoute Paul Stewart. « Elle symbolise la fidélité et la longévité. Le film devait donc absolument faire honneur à cet animal qui inspire les Chinois depuis des millénaires. Ce sont vraiment des oiseaux magnifiques. On dirait un tableau chinois qui s’anime. » 

Et Lu Chuan de renchérir : « Il y a des statues de bronze de ces grues dans les mausolées impériaux, et dans les temples de tout le pays. Elles occupent une place de choix dans nos tableaux et notre littérature, parce qu’elles sont le symbole de la longévité et de la santé, et qu’elles peuvent guider l’âme de nos défunts vers l’au-delà. » 

La grue des immortels 

La grue du japon est un oiseau aux multiples symboles. Surnommée grue des immortels (仙鹤) en Chine car elle les porte sur son dos dans la mythologie taoïste, elle est présente dans diverses légendes, mythes, poésies et peintures. Outre le fait d’être cette monture des immortels, elle est également chargée d’emmener l’âme des défunts vers le ciel et elle est considérée comme un symbole de la longévité. L’oiseau pouvant, selon la légende atteindre l’âge vénérable de 600 ans, pour célébrer des personnes très âgées, on invoque ‘heshou’, c’est-à-dire la longévité de l’oiseau aux longues pattes ! 

UNE MAMAN PANDA GÉANT TRÈS PROTECTRICE 

Dès le début, l’équipe savait que le panda géant jouerait un rôle clé dans le film. « Il serait impensable de réaliser un film animalier en Chine sans l’évoquer », déclare le producteur Phil Chapman. 

« Les pandas sont les stars du monde animal », ajoute Lu Chuan. « Ils sont charmants et innocents. Le simple fait d’observer leur visage vous met le sourire aux lèvres. Ils sont grands, tout en rondeurs et assez maladroits. Comment ne pas craquer ? » 

Les pandas vivent dans des régions montagneuses isolées, à la végétation dense. Bien qu’ils soient vénérés en Chine, ils sont depuis peu considérés comme une espèce vulnérable (et non plus menacée). Une bonne nouvelle donc, mais ils sont loin d’être tirés d’affaire : selon un recensement effectué en 2014, il ne reste plus que 1 864 spécimens en liberté. L’équipe a cependant réussi à filmer les interactions d’une femelle et son petit dans le parc naturel de Wolong, dans la province du Sichuan, en Chine centrale. 

« C’est le premier bébé de YaYa, qui ne sait pas trop comment élever cette petite chose turbulente », nous dit Phil Chapman. « Mais, entre ces deux-là, c’est l’amour au premier regard. YaYa est complètement subjuguée. Elle a donné naissance à la boule de poils la plus câline, la plus mignonne, la plus adorable et la plus belle qui soit. Elle est aux petits soins pour son petit, qu’elle couvre d’amour, de câlins, de caresses et de petits coups de langue. » 

Lu Chuan, qui est lui-même devenu papa pendant le tournage, confie: « En tant que jeune parent, je comprends parfaitement cet instinct de surprotection. C’est un sentiment immédiat et très particulier qui a évidemment résonné chez moi. » 

« L’affection de YaYa pour son bébé est incroyable, mais MeiMei est bien décidée à apprendre à grimper aux arbres », ajoute Brian Leith . « C’est tout à fait naturel chez les pandas, mais ils sont loin de savoir le faire dès la naissance ! Les bébés pandas doivent apprendre à grimper, tout comme les petits humains apprennent à marcher. » 

« C’est une histoire qui parle à beaucoup d’entre nous », reprend Phil Chapman. « Tous les parents vous diront qu’ils ne supportent pas l’idée que leurs enfants soient confrontés aux difficultés du monde réel, surtout lorsqu’ils sont jeunes, sans défense et inexpérimentés. Accepter de lâcher prise est le travail de toute une vie ! » 

Pour être certains de ne pas mettre les animaux en danger en les habituant à leur présence, les cinéastes ont dû revêtir des costumes noirs et blancs qui leur ont non seulement donné l’apparence mais aussi l’odeur de vrais pandas, leur permettant ainsi de se mêler à leurs sujets pour les besoins du tournage. 

Paul Stewart a eu pour mission de saisir les moments spéciaux de la vie des pandas grâce à une caméra Red Dragon, utilisée tout au long du tournage : « Le film tourne principalement autour de la première année de la vie de ce bébé panda. Nous découvrons l’incroyable richesse de la nature sauvage chinoise à travers le regard de ce petit animal, et nous sommes témoins de la relation qui l’unit à sa mère. » 

« J’ai filmé beaucoup d’animaux, y compris d’autres ursidés et entre une mère et sa fille, mais c’est la première fois que j’observe un lien aussi fort entre une mère et son petit. C’est vraiment fascinant. YaYa semble voir MeiMei comme une fabuleuse partenaire de jeu, au point qu’elle la considère presque comme un jouet. La petite a une énergie incroyable, et s’attire toutes sortes d’ennuis. Après chaque incident – chute d’un arbre, dégringolade sur des pierres – elle reprend rapidement ses esprits et se remet à jouer comme si de rien n’était… au grand dam de sa mère ! » 

Le chef opérateur espère que le film touchera vraiment les spectateurs : « Après avoir observé le lien indéfectible qui les unit, je pense que le public s’attachera forcément aux pandas de manière générale. Il comprendra mieux les dangers auxquels ces animaux sont confrontés, et le caractère incertain de leur avenir. » 

Comment le panda devint bicolore 

La légende raconte qu’autrefois, les grands pandas arboraient un pelage d’un blanc uniforme. Un jour, un jeune voulut s’aventurer dans l’immense forêt de bambous et se perdit. Ses pleurs attirèrent un redoutable prédateur : la panthère des neiges. Mais, alors que le fauve s’apprêtait à bondir sur sa proie, une jeune fille s’interposa, détourna l’attention de l’once et le panda put fuir. Furieux d’avoir été dérangé le félin se retourna contre la jeune bergère et la dévora. Sa mort provoqua une profonde tristesse dans la communauté des grands pandas et l’ensemble de la troupe partit au village rendre un dernier hommage à la jeune héroïne. Une fois la cérémonie de crémation achevée, les pandas plongèrent leurs pattes dans les cendres encore chaudes. Ne pouvant s’arrêter de pleurer, ils se frottèrent longuement les yeux avec leurs pattes couvertes de cendres, se serrèrent les uns, les autres pour se consoler et se bouchèrent leurs oreilles pour ne plus entendre leurs pleurs. Depuis ce jour, ils portent, en souvenir de ce deuil, des tâches noires sur leur pelage blanc. 

LE SAVIEZ-VOUS ? 

La Chine est le seul pays au monde où l’on trouve des pandas géants à l’état sauvage. 

Ceux-ci vivent dans le centre du pays, dans des zones du Sichuan, du Shaanxi et du Gansu situées entre 1 500 et 3 000 m d’altitude. Les 75 à 100 cm de précipitations annuelles sur leurs forêts favorisent la pousse du bambou. 

La Chine possède 67 réserves naturelles où les pandas sont protégés. 

Selon certaines théories, leur pelage les aiderait à repérer un partenaire quand ils cherchent à s’accoupler. Le noir et blanc pourrait aussi leur servir de camouflage, surtout quand ils sont perchés dans les arbres. 

Ils mesurent entre 1,55 et 1,90 m. Les mâles pèsent de 85 à 125 kg ; les femelles, de 70 à 100 kg. 

En liberté, ils vivent entre 14 et 20 ans. 

Les pandas n’hibernent pas. Quand ils ne sont pas occupés à manger, ils passent beaucoup de temps à se reposer et à dormir. 

Ils consomment jusqu’à 20 kg de bambou par jour. Leur faux pouce – un os du poignet modifié – les aide à agripper les tiges. Il leur arrive de manger de la viande. 

Dans leur voisinage on compte le faisan doré et l’ibis nippon, des caprins comme le petit bharal, et des singes comme le rhinopithèque de Roxellane (ou singe doré). 

La gestation dure trois à cinq mois. La femelle atteint sa maturité sexuelle entre quatre et cinq ans, et mettra au monde une moyenne de cinq à huit petits dans sa vie. 

À la naissance, ceux-ci pèsent entre 85 et 140 g. De la taille d’une motte de beurre, ils sont 900 fois moins gros que leur maman. 

Tout rose, aveugle, recouvert d’un fin duvet, la mère le place près d’une mamelle et là, il va téter à raison de 14 fois par jour durant 30 minutes par cession. Ce n’est qu’à l’âge de 3 semaines qu’il ouvrira enfin ses yeux sur le monde qui l’entoure et il devra attendre 3 à 4 mois avant de pouvoir se mouvoir. 

Le bébé panda restera aux côtés de sa mère durant 18 mois avant de gagner son indépendance dans l’immense forêt. 

L’ADOLESCENCE D’UN SINGE DORÉ 

La forêt de Shennongjia, dans les vallées montagneuses de Chine centrale, près du fleuve Yang-Tsé, abrite des milliers de rhinopithèques qui se balancent de branche en branche dans des feuillus, grignotent des lichens et des insectes et élèvent leurs petits au sein d’un groupe très organisé.

« Ces animaux vivent dans des groupes sociaux denses », explique Brian Leith. « Nous avons ainsi pu rapidement identifier les différents clans et apprendre à connaître les individus qui les composent. » 

L’équipe avait initialement prévu de raconter la première année de la vie d’un rhinopithèque mais, après avoir filmé des nouveau-nés pendant des heures, à la recherche de l’histoire parfaite, ils ont remarqué un jeune singe qui venait d’avoir une petite sœur. « La vie de TaoTao change du tout au tout quand sa famille cesse de lui accorder de l’attention, alors qu’il était jusqu’ici au centre de leurs préoccupations », raconte Roy Conli. « Il ne trouve plus sa place au sein de sa famille, ni dans le groupe.» 

Les réalisateurs ont finalement jugé que son histoire s’inscrivait dans le prolongement de celle de YaYa et MeiMei. « Elle montre ce qui se passe dans le monde animal quand une mère délaisse son petit », explique Phil Chapman. 

« Le film montre comment, en grandissant, ce jeune singe s’affranchit et découvre qui il est, indépendamment des autres », ajoute Lu Chuan. « On se ressemble beaucoup de ce côté-là ! »

TaoTao cherche alors du réconfort et de la reconnaissance auprès d’autres membres du clan et intègre un groupe de mâles que l’équipe du film a baptisé les Garçons perdus, en allusion à Peter Pan. 

« C’est une situation fréquente chez les singes », explique Brian Leith. « Les mâles se rassemblent en marge des cellules familiales. Souvent, chez de nombreuses espèces de primates mais également chez d’autres espèces, une fois arrivé l’adolescence, les jeunes mâles quittent le groupe familial. Une façon de limiter la consanguinité. Ils vivent alors une existence solitaire en périphérie du clan ou se regroupent en petites troupes de célibataires. Puis, au gré de leurs explorations et aventures, ils vont un jour conquérir leur propre territoire, trouver une femelle et fonder à leur tour un groupe. TaoTao passe donc quelque temps avec eux, mais découvre très rapidement que la vie de ces mâles solitaires n’a rien de facile. Il n’y a pas de règles et cela implique de faire preuve d’une grande prudence.» 

« Le chef de ce groupe de hors-laloi est un voyou borgne que nous appelions Rooster », reprend Phil Chapman. « Il n’a pas eu une vie facile et l’environnement qu’il a créé n’est pas vraiment bienveillant. Les Garçons perdus ne pensent qu’à eux, ce qui est à première vue très attirant… » Les séquences avec TaoTao, sa famille et les Garçons perdus illustrent ce qui se passe lorsque les jeunes se retrouvent livrés à eux-mêmes. « Les Garçons perdus invitent TaoTao à prendre part à un jeu que nous avons appelé le ‘CasseBranches’ », commente Brian Leith. 

« C’est une séquence très drôle, où on les voit bondir d’arbre en arbre comme de vrais casse-cou. » Tao-Tao a cependant fini par trouver sa place au sein du groupe. « Nous tenions à montrer le rite de passage auquel il est soumis », note Lu Chuan. « L’histoire de ce petit singe est drôle, émouvante et inoubliable.» L’équipe a réussi à saisir des moments de la vie des rhinopithèques que l’on a rarement – voire jamais – vus au cinéma (notamment parce que la plupart des espèces de singes sont généralement filmés dans des environnements tropicaux), ce qui n’a pas été une mince affaire. Il a fallu se frayer quotidiennement un chemin à travers la végétation extrêmement dense de la forêt, une épreuve à la fois longue et éprouvante. 

« Le groupe que nous avons suivi vit en altitude, dans des paysages enneigés l’hiver », raconte le chef opérateur Justin Maguire. « C’est très beau, mais cela rend le tournage très compliqué, du fait de la météo capricieuse. Le paysage montagneux est parsemé de pics acérés. Nous devions escalader une pente raide recouverte de mauvaises herbes et de végétation dense avec tout notre équipement, le plus souvent sous la pluie ou la neige. » 

Les températures oscillaient entre -10°C et 20°C. Justin Maguire et son équipe de deux à trois personnes évoluaient sur ce terrain accidenté et glissant en essayant de suivre leurs sujets : « Il fallait être agile et rapide car les singes passent beaucoup de temps dans les arbres et sont capables de bondir d’une cime à l’autre en un éclair. » Les membres de l’équipe ont donc dû trouver le moyen de tourner les plus belles images possible – ce qui nécessite un équipement et des objectifs plus lourds et sophistiqués – tout en étant suffisamment léger pour pouvoir saisir des comportements sur le vif. Ils ont ainsi pu observer des moments calmes quand les singes se regroupaient pour se tenir chaud durant la nuit, et d’autres plus loufoques. L’un des jeunes singes faisait notamment des sauts périlleux arrière sans raison apparente ! 

« Nous tenions absolument à les filmer quand ils marchaient dans la neige en se tenant debout, probablement pour conserver la chaleur de leur corps. En les voyant évoluer ainsi sur leurs pattes arrières, ils m’évoquaient le Yéti ! Pas tout à fait humains, mais vraiment pas loin non plus. »

Certaines des scènes les plus fascinantes concernaient les plus jeunes membres du clan : « Nous avons observé que les mères, les tantes et les frères et sœurs faisaient preuve de beaucoup de tendresse envers les bébés. On voyait qu’ils étaient ravis de s’occuper d’un nouveau-né et de le tenir dans leurs bras. Ce sont des moments très émouvants, tendres et intimes. Ils ne pouvaient contenir leur joie. » Pour le chef opérateur, passer du temps avec ce clan, fort d’une grosse quarantaine de singes, était un privilège. 

« Nous avons appris à connaître chacun, observé les dynamiques familiales au quotidien. D’un jour à l’autre, on voyait des ajustements dans la hiérarchie : celui qui dominait la veille perdait ses privilèges le lendemain. Nous les avons filmés au naturel, et j’ai adoré ça. Ils me manquent ! » 

Le singe de l’empire du milieu 

Héros de divers contes et récits, ce singe doré, s’il a toujours été braconné pour sa viande et sa magnifique fourrure, n’en est pas moins resté très peu connu du monde occidental jusqu’à ce jour. Et pour cause, il vit notamment dans une région reculée et un environnement aussi rude que difficile d’accès. Il faut attendre 1870 et Alphonse Milne-Edwards pour que le rhinopithèque de roxellane fasse son entrée dans la science occidentale et c’est peut-être Georges Schaller qui en fit les premières longues observations de terrain, retranscrites dans un article paru 1985 sous le titre ‘le trésor doré de la Chine’. Cette toison, par sa similitude avec la chevelure de l’une des concubines du sultan de l’empire Ottoman Soliman, lui aurait valu son nom d’espèce de roxellana. 

LA MIGRATION DES ANTILOPES DU TIBET 

Chaque année, au printemps, des dizaines de milliers d’antilopes femelles quittent les mâles et entament un périple héroïque en direction du légendaire lac Zhouonai, sur les hautes terres du plateau de Qinghai, où elles donnent naissance à leurs petits. 

Mères et nouveau-nés s’apprivoisent, et les petits acquièrent des aptitudes essentielles – dont la marche – avant de prendre le long chemin du retour. « C’est un voyage long et ardu qu’elles entament chaque année pour donner naissance à la génération suivante. Pour moi, les distances qu’elles parcourent représentent le pouvoir de la foi », explique Lu Chuan. 

« La migration qu’entreprennent ces antilopes pour mettre bas sur les rives de ce lac est peut-être l’une des plus difficile du règne animal», explique le coordinateur du tournage, Ben Wallis. « Personne ne sait vraiment pourquoi elles font cela. probablement pour éviter les loups durant cette période de gestation et de mise bas, mais y assister est à couper le souffle. » 

Après des décennies de braconnage, il reste moins de 100 à 150 000 antilopes du Tibet, ou chirus, dans le monde. C’est ce qui avait poussé Lu Chuan à tourner Kekexili, la patrouille sauvage, un film multi récompensé, en 2004. « Il racontait l’histoire d’une patrouille tibétaine chargée de protéger ces antilopes contre les braconniers », expliquet-il. « J’ai passé près de deux ans à filmer ces animaux, ce qui m’a permis d’en apprendre beaucoup sur eux. » 

« C’est en partie grâce au succès du film que les autorités chinoises ont créé la réserve de Kekexili », ajoute Phil Chapman. « Les chirus sont désormais protégées et leur population est en augmentation.» Il a fallu cinq jours à l’équipe rien que pour atteindre le camp de base, en raison de l’altitude élevée. « Nous grimpions tous les jours un peu plus haut », raconte le caméraman Rolf Steinmann. 

« Le dernier jour, nous avons quitté la route principale et emprunté des pistes sommaires sur 200 km, en pleine nature. On m’a dit que je n’étais que le cinquième Occidental à me rendre sur la zone de vêlage, ce que je considère comme un immense privilège. » Trouver les antilopes n’a pas posé de problème particulier. D’ailleurs, les réalisateurs se sont retrouvés entourés dès qu’ils ont installé le camp de base. « Il suffisait d’ouvrir la porte pour les apercevoir au loin!» se souvient le coordinateur Steven Ballantyne. En revanche, le simple fait de porter le matériel dans un environnement aussi pauvre en oxygène était un défi en soi. 

Rolf Steinmann, qui se dissimulait dans des trous peu profonds recouverts de filets de camouflage pour filmer les animaux, confie : « Cet endroit ne ressemble à aucun autre sur Terre. » Les abris, surveillés de loin par un véhicule de soutien, contenaient suffisamment de provisions pour fonctionner en toute autonomie. « Il y en avait cinq au total sur le plateau, afin que nous puissions passer de l’un à l’autre en fonction des besoins du tournage », explique Steven Ballantyne. « Mais, quand nous construisions un nouveau poste, les antilopes ne s’en approchaient pas avant plusieurs jours. Rolf patientait donc à l’intérieur, le temps que les odeurs et les sons s’estompent, afin de pouvoir les observer de près. » 

« Les antilopes du Tibet sont d’autant plus craintives qu’elles sont chassées depuis des siècles », ajoute Phil Chapman. « Le simple fait de nous voir les plongeait dans la panique. C’est la raison pour laquelle Rolf Steinmann devait se faire le plus petit possible dans ces cachettes. Il y passait trois ou quatre jours avec de la nourriture et de l’eau, sans pouvoir s’allonger (elles ne faisaient en effet pas plus de 60 x 90 cm). Les températures étaient glaciales la nuit. Sa mission consistait à attendre. Sa patience a été mise à rude épreuve ! » 

« Il passait donc des heures assis, à plus de 4 500 m d’altitude, dans la neige, la grêle et la pluie. Mais les antilopes ne se doutaient pas de sa présence, ce qui lui a permis d’obtenir des séquences magnifiques. » « J’observais les antilopes seize heures par jour, depuis ma cachette», se souvient le caméraman. « J’ai même passé quatre jours sur une colline pour filmer un grand rassemblement sur l’aire de vêlage. Dans une petite vallée, de l’autre côté de la colline, j’ai vu des antilopes s’enfuir parce qu’un loup les pourchassait. J’ai attrapé ma caméra pour immortaliser cette course-poursuite. » 

Étant donné le titre du film, NÉS EN CHINE, l’un des principaux objectifs de l’équipe était naturellement d’assister à la naissance d’un bébé antilope. « Ca n’a pas été simple», indique Steven Ballantyne. « Chaque jour, nous partions en randonnée pour tenter d’apercevoir des signes de la naissance imminente d’un petit. Le plateau est immense, et les antilopes se déplacent en permanence, mais nous avons fini avec le temps par deviner où les naissances avaient le plus de chance de se produire. » 

La patience des réalisateurs a fini par être récompensée : ils ont pu filmer des séquences éblouissantes de l’arrivée d’un bébé antilope dans cet environnement glacial mais très beau. « On pourrait se dire qu’avec 20 000 femelles sur place, filmer la naissance d’un petit ne poserait pas de problème, mais autant trouver une aiguille dans une botte de foin!» poursuit le coordinateur. 

« Même quand nous assistions à une naissance, nous ne parvenions pas toujours à positionner la caméra au bon endroit, et à temps. Quand nous avons finalement réussi à capturer le moment précis où une antilope mettait bas, et vu tout l’amour et la tendresse qu’elle témoignait à son petit, nous avons été submergés par l’émotion. L’apparition d’une nouvelle vie dans cet environnement hostile était de toute beauté. » 

Des harems provisoires 

Durant la saison de reproduction, les chirus se regroupent en harems comprenant de 10 à 20 femelles regroupées autour d’un mâle. Habituellement non territoriales, les antilopes le deviennent alors et le mâle défend farouchement ses femelles contre les intrus. Une fois la période des accouplements passés, le harem se dissout et plus aucun lien ne semble relier le mâle aux femelles. A la naissance, les petits se mettent d’emblée sur leurs pattes, une disposition essentielle dans ce milieu où il faut savoir, au plus vite, fuir à l’approche d’un prédateur. Les jeunes mâles resteront une année auprès de leur mère tandis que les femelles resteront plus longtemps à ses côtés et l’accompagneront, l’année suivante, durant la migration vers les lieux de mise bas. 

L’antilope menacée 

Les chirus, élégantes antilopes à la robe marron glacé, arborent un manteau fait de poils soyeux et d’une infinie douceur, très prisé pour la confection de châles. La légende veut que la laine soit si fine que votre étole passerait sans difficulté au travers d’une bague. Cependant, si le shatoosh se vend à prix d’or – un châle se vend en général plus de 2500 euros - , il faut tuer l’antilope chiru pour l’obtenir. C’est ainsi que du million d’antilopes gambadant il y a un siècle sur le vaste plateau tibétain, il ne reste plus aujourd’hui que 75 000 individus. Chaque année, les belles chirus entament une longue migration du sud de leur zone de répartition vers la frange nord de la réserve et même au-delà. Pourquoi ? Le mystère demeure entier mais ces montagnes Kunlun culminant par endroits à plus de 6900 mètres furent certainement, par le passé une zone très riche comme semble le démontrer des analyses de pollen retrouvés dans les sols âgé de 5 000 à 13 000 ans. La zone est également relativement dépourvue de prédateur, un atout certain. Désormais, le versant nord-ouest des Kunlun, destination finale de la migration des chirus est devenue lui aussi une réserve dénommée Kekexeli en référence au film du même nom. 

LA PANTHÈRE DES NEIGES : DISCRÈTE ET MYSTÉRIEUSE 

Tout son corps est parfaitement adapté à ce terrain unique : sa queue exceptionnellement longue l’aide à garder l’équilibre et fait office de couverture durant les nuits glacées, tandis que son pelage gris tacheté lui permet de se fondre dans les rochers. 

Le plateau tibétain, le plus haut du monde, abrite la splendide mais furtive panthère des neiges. Les spécialistes estiment qu’il n’en reste peut-être que 4 000 spécimens dans les massifs d’Asie centrale, même si leur habitat quasi-inaccessible et leur spectaculaire capacité à se fondre dans leur environnement rendent les recensements compliqués.«En faisant le choix de filmer des panthères des neiges, nous avons fait preuve d’une ambition démesurée », reconnaît Brian Leith. 

« Nous tenions à ce qu’elles soient présentes dans le film, mais ce sont des créatures extrêmement difficiles à localiser et encore plus à filmer. Beaucoup s’y sont essayés avant nous. Nous étions donc conscients des risques. » « Le film raconte l’histoire de Dawa, une panthère des neiges qui doit se battre pour subvenir aux besoins de ses petits », poursuit Roy Conli. « Elle vit dans un environnement hostile et impitoyable, ce qui cause de graves problèmes. » 

À plus de 4 500 m d’altitude, le monde de Dawa est résolument inhospitalier. « Les conditions de vie peuvent être dramatiques», commente Lu Chuan. « La nourriture est rare et la survie, un combat quotidien, d’autant plus qu’elle élève deux petits. En plus du climat, impitoyable, Dawa doit se battre contre d’autres panthères pour se nourrir et s’attaque même à une maman yak, dans le seul but de protéger et de nourrir ses deux petits. Les mères de cette espèce témoignent de la force de l’amour maternel. » Sur le plateau, les températures hivernales sont glaciales, avec de fréquentes averses de grêle, et la rare végétation n’offre que peu de protection face aux vents qui peuvent dépasser 65 km/h. 

« Ces paysages désertiques sont époustouflants de beauté », reprend Roy Conli. « Cette panthère des neiges est absolument majestueuse, et on mesure instantanément combien ses petits sont importants pour elle. » 

Pour filmer ce mystérieux félin, les cinéastes ont fait huit jours de route depuis Beijing avant d’atteindre le lieu de tournage. Mais le manque d’oxygène peut rapidement devenir un problème, comme l’explique Brian Leith : « Nous montions toujours plus haut, sur un terrain toujours plus accidenté, et nous devions nous acclimater à l’altitude.» L’équipe s’était minutieusement préparée, en s’assurant de pouvoir compter sur une assistance médicale et d’éventuelles évacuations d’urgence. 

« Le mal des montagnes est courant à cette altitude », préciset-il. La panthère des neiges du film – dont c’est sans doute la première portée – s’efforce tant bien que mal de prendre soin d’elle-même et de ses petits. « Dawa est une chasseuse expérimentée mais elle n’arrive pas à attraper grand-chose, surtout qu’elle a été chassée de son territoire par des rivaux », poursuit-il. « On croit souvent à tort que la vie sauvage est plus facile pour les prédateurs que pour les proies, alors que c’est tout l’inverse. » 

« Nous avons choisi de raconter une histoire qui reflète la réalité et les épreuves auxquelles sont confrontés ces animaux », conclut-il. Pour y parvenir, la production a fait appel aux talents du chef opérateur américain Shane Moore, « très connu dans le milieu du documentaire animalier », rappelle Phil Chapman. « Il est très doué pour filmer les prédateurs les plus discrets, qu’il s’agisse du puma ou du loup. Nous savions donc qu’il serait capable de filmer la panthère des neiges, parce qu’il est quasiment prêt à tout pour obtenir le plan recherché. » 

« J’ai grandi dans les montagnes du Wyoming et je filme le règne animal depuis plus de 30 ans », explique l’intéressé. « Il existe, selon moi, un langage commun à tous les environnements naturels de la planète. Heureusement, d’ailleurs, étant donné que personne au sein de l’équipe n’avait jamais vu de panthère des neiges en liberté lorsque nous avons entamé cette aventure ! » Un moine local a rejoint l’équipe, composée de Chinois et d’Occidentaux, en qualité d’assistant caméraman et de pisteur, passant le plus clair de son temps à tenter de repérer et filmer l’animal. 

Pour ce faire, Shane Moore et son équipe ont notamment choisi d’observer la faune environnante. Le gypaète barbu, un oiseau de la famille du vautour, leur a ainsi permis de localiser les carcasses des proies de Dawa. Le comportement des nombreuses espèces de renards et de rongeurs était également un bon indicateur de la présence du prédateur. C’est un mouton qui a permis au directeur de la photo d’observer la panthère pour la première fois : « J’ai repéré un grand bharal, ou mouton bleu de l’Himalaya, dans la montagne, à environ un kilomètre et demi, le regard fixé sur un prédateur », se souvient-il. « Il nous a fallu près de deux heures pour apercevoir la panthère qu’il regardait. » 

« Elles n’ont pas leur pareil pour se fondre dans le paysage. Elles se confondent avec les rochers et avancent très lentement. De tout le règne animal, ce sont sans aucun doute les créatures les plus difficiles à localiser. » Plus de trois mois sur le terrain ont été nécessaires pour obtenir des images de qualité. « Le dernier jour de notre première expédition, nous avons localisé la femelle et ses petits mais la rencontre a été des plus furtives », révèle-t-il. « Ça a été un déchirement de devoir les quitter, mais ce tournage particulier touchait à sa fin, et mon visa de travail était sur le point d’expirer. » 

La plupart des images ont été filmées à 400 ou 500 m de distance, avec des très longues focales. « La tentation de se rapprocher était toujours présente, car les téléobjectifs ont tendance à trembler, mais nous étions déterminés à ne pas trahir la confiance de la panthère. » 

« Un jour, en jetant un coup d’œil depuis un rocher, je l’ai vue avec ses deux petits, à 15 mètres en contrebas. Ils dormaient et j’ai été tenté de les filmer mais je savais que si la mère se réveillait et qu’elle était surprise par ma présence nous ne pourrions plus jamais les approcher. Je me suis donc replié à une distance respectueuse. J’ai attendu toute la journée et, une demi-heure avant la tombée de la nuit, j’ai assisté à une scène incroyable entre la mère et ses petits. Elle savait que j’étais là mais elle ne se sentait pas menacée. » 

Lors de cette première année de tournage, les félins ont en effet semblé accepter la présence de Shane Moore dans le paysage, ce qui lui a permis de s’approcher parfois à une cinquantaine de mètres. Pour lui, les félins savaient presque tout le temps qu’il était là. « Ils ont une vue perçante. Nous avons donc pensé que la meilleure solution était de leur faire savoir où nous nous trouvions et de leur démontrer que nous ne représentions pas une menace pour eux. » 

Lorsque le printemps est revenu, la panthère, qui n’avait plus d’autre solution, a tenté d’attaquer un petit yak. Shane Moore a assisté à la scène : « Tout le troupeau lui a fait front. C’était impressionnant. Les yaks sont de très gros animaux. C’était pénible à regarder, et encore plus à filmer. J’étais partagé entre mon inquiétude pour la survie de la panthère et l’empathie que je ressentais vis-à-vis de la maman yak. J’aurais voulu qu’elles s’en sortent toutes les deux. » « Quand nous montions les séquences consacrées à Dawa, je n’arrêtais pas de penser à ma mère et à mon épouse », confie Lu Chuan. « En regardant cette panthère des neiges, je voyais tout l’amour que ma mère m’avait donné, et celui que mon épouse témoigne à mon fils. Dawa est le symbole de l’amour inconditionnel, de l’amour tout-puissant. » 

Le réalisateur souhaitait faire preuve de responsabilité dans la manière dont il montrait le sort de cette panthère. « Nous ne souhaitions pas inquiéter les spectateurs », ajoutet-il. « NÉS EN CHINE montre la vie difficile de Dawa, mais d’une manière que les enfants sont capables de comprendre. Parfois, la vie est dure. J’espère que nous avons réussi à exprimer cela de manière délicate. » 

Émouvante et riche en drames, l’histoire de Dawa est inoubliable, comme celle de chacune des familles du film. Et c’était bien là l’objectif. « NÉS EN CHINE est une œuvre à part », conclut le réalisateur. « Avec des moments très drôles, et d’autres qui vous tireront peut-être quelques larmes. Mais vous quitterez la salle heureux. » 

LE SAVIEZ-VOUS ? 

La panthère des neiges mesure environ 60 cm au garrot pour une longueur de 1,20 à 1,50 m, et pèse entre 25 et 75 kg. 

Doté de courtes pattes avant, ce puissant félin s’appuie sur ses longues pattes arrière pour faire des bonds pouvant aller jusqu’à 9 m. 

Sa queue touffue, qui peut atteindre un mètre, est presque aussi longue que son corps. La panthère s’en sert pour s’équilibrer, et l’enroule autour d’elle pour se tenir chaud. 

Son pelage épais, blanc à jaune, constellé de taches grises et noires, lui sert de camouflage dans son habitat rocailleux. 

Elle a une prédilection pour les falaises, les crêtes rocheuses, les pentes et vallées herbeuses des montagnes froides et arides. 

La taille de son territoire peut aller de 28 à 1 000 km2. 

Le grand bharal ou mouton bleu, l’ibex de Sibérie (une espèce de bouquetin) et l’argali (un mouflon) font partie de ses mets favoris. Mais ce félin opportuniste se nourrit aussi de lapins, marmottes, pikas, mulots, perdrix et autres oiseaux. 

La panthère des neiges est active essentiellement à l’aube et au crépuscule. Elle se méfie des humains, ce qui la rend très difficile à observer, étudier ou filmer. 

Les femelles peuvent se reproduire dès deux ou trois ans, et donnent naissance à deux ou trois petits par portée. Ceux-ci pèsent 300 à 700 g, et n’ouvrent les yeux qu’au bout d’une semaine. Ils n’apprennent à chasser que vers un an, et partent vivre seuls à l’âge de deux ans.

LES DOUCES MÉLODIES CHINOISES 

La bande originale du film a été composée par Barnaby Taylor. La chanson du générique de fin a été écrite et interprétée par American Authors.

Drôle et émouvante, intime et vaste, sauvage et sincère, l’histoire de NÉS EN CHINE méritait une bande originale qui évoque toute la majesté des paysages naturels chinois. Son compositeur, Barnaby Taylor, avait déjà remporté un Emmy Award pour son travail sur Chine sauvage. Cette série de la BBC en six épisodes, diffusée en 2008, était produite par Brian Leith, le producteur de NÉS EN CHINE. 

«Ici, Barnaby a choisi un orchestre occidental traditionnel, agrémenté de quelques jolies touches chinoises », expliquet-il. « Je trouve qu’il a fait un boulot incroyable.» 

Mitchell Lieb, qui dirige le service musiques et bandes originales chez Walt Disney Studios Motion Pictures Production, est également de cet avis : «Pour moi, Barnaby a composé son œuvre la plus aboutie. C’est la preuve qu’il continue à s’améliorer de film en film. Il est parvenu à composer des thèmes différents pour chacune des animaux, avec des histoires bien spécifiques, et à en faire une bande originale cohérente et harmonieuse. C’était loin d’être une mince affaire.» 

Pour le compositeur, ce film documentaire «rend hommage aux paysages grandioses, presque mystiques, qu’on trouve en Chine, tout en dévoilant les moments les plus intimes de la vie de d’animaux charismatiques. Nous souhaitions donc quelque chose d’intimiste qui illustre également la grande variété du territoire chinois.» Il a entrepris de mettre en parallèle la vie des animaux et une expérience commune à tout être humain, celle de grandir, ellemême liée à l’importance que nous accordons à la famille. «NÉS EN CHINE est avant tout une histoire de liens familiaux: l’aventure de la naissance, de l’enfance, les joies et les peines que l’on éprouve quand on devient parent. La musique rend également hommage à la splendeur et la diversité de la Chine.» 

Pour intégrer des sonorités propres à la Chine, l’artiste s’est servi de plusieurs instruments singuliers : le dungchen, un cor tibétain en bronze le morin khuur, ou « vièle à tête de cheval » le guzheng, un instrument à cordes pincées l’erhu, qu’il qualifie de «superbe violon à deux cordes dont le son rappelle la voix humaine » le yangqin, ou tympanon chinois divers bois des percussions chinoises. 

« La plus grande joie que je retire de mon métier, c’est de travailler avec ces instruments (et les musiciens qui savent les faire chanter). Ils ont tous leurs particularités, et c’est exactement ce qui me motive en tant que compositeur», confie-t-il. Comme le film présente de nombreux animaux, le musicien a choisi d’utiliser un thème pour distinguer chacun des personnages principaux. Celui de la maman panda et de son petit est plein de chaleur. 

« La relation entre YaYa et MeiMei est faite ‘d’amour pur’, comme le dit si bien Lu Chuan, le réalisateur.» « Le thème de TaoTao, le jeune singe, est à la fois inquiétant et espiègle. Pour donner une touche d’humour, j’ai utilisé quelques éléments de l’opéra de Beijing, auxquels j’ai ajouté une bonne dose de piano stride.» L’antilope du Tibet, quant à elle, a été associée au vaste paysage qui lui sert d’habitat. 

«J’ai utilisé le morin khuur et son timbre envoûtant en le combinant à des compositions orchestrales, de façon à représenter le vaste ciel et les paysages dégagés qui entourent l’animal. J’y ai ajouté un tango plein d’humour et de romantisme pour illustrer son côté joueur et un peu maladroit.» L’histoire de Dawa, en revanche, est pleine de hauts et de bas. 

« La musique reflète, appuie et amplifie clairement ce sentiment en dotant la panthère des neiges d’une voix, celle du violoncelle. » Pour accompagner les séquences où figurent les grues, c’est la harpe qui a été privilégiée, avec «des compositions orchestrales en crescendo, cycliques et tourbillonnantes ». Le compositeur s’est efforcé de créer un lien émotionnel avec les spectateurs du monde entier, tout en saluant la grande diversité des styles musicaux chinois. 

« Pour cela, j’ai dû faire de nombreuses recherches, réfléchir et laisser parler ma sensibilité. Un instrument propre à une région ne va pas forcément évoquer le paysage de cet endroit, ni l’émotion recherchée. De même, s’en tenir à une approche traditionnelle peut restreindre les possibilités. Ce qui explique que j’aie choisi le piano bastringue pour les singes, par exemple.» 

EVERYTHING EVERYTHING 

Pour la musique du générique de fin, l’équipe du film a demandé au groupe pop-rock new-yorkais American Authors de composer une chanson originale. Après avoir vu le film, les intéressés ont donc créé un morceau énergique, pour une conclusion pleine d’optimisme. 

« Le propos d’Everything Everything, c’est que la vie est sublimée par l’amitié », résume le chanteur, Zachary Barnett. « Il y a tellement de choses extraordinaires à vivre ! L’idéal, c’est de les partager avec ceux qui nous sont chers.» « Tout le film tourne autour de l’amour, de l’importance des liens familiaux », ajoute-t-il. « Parfois, on se sépare et on suit son propre chemin. Malgré tout, l’amour de nos amis, de notre famille, toutes ces relations essentielles sont au cœur de notre existence. NÉS EN CHINE est vraiment magnifique, à tous les égards.» 

Les membres du groupe ont adoré les personnages. «Nous voulions transmettre l’esprit et le cheminement de chacun », poursuit le chanteur. « Toutes les histoires nous ont vraiment touchés. Chaque personnage forme des souvenirs avec, et pour, ceux qui lui sont chers, et chacun est représenté dans notre chanson.» 

LA CHINE, UN KALEIDOSCOPE NATUREL 

Tout le monde connaît le grand panda, une espèce hyper emblématique et sous haute surveillance mais bien d’autres plantes et animaux fascinants peuplent les vastes étendues chinoises. Et pour cause : avec 9, 6 km2, la Chine arrive à la troisième place mondiale en terme de superficie. La diversité au sein de ce pays est immense, liée à la variété des climats et à la topographie. Des plaines aux plus hauts sommets du monde, du froid glacial aux latitudes tropicales, la Chine est multiple, véritable kaléidoscope de biotopes et d’écosystèmes abritant plus de 30 000 espèces de plantes à fleurs et 6347 espèces de vertébrés dont la moitié portent écailles et nageoires. 

Au-delà de ces nombres, il faut noter que plus de la moitié des plantes sont endémiques tout comme 667 espèces de vertébrés. La diversité de climats et de reliefs va de pair avec un large répertoire d’écosystèmes. La Chine abrite même trois points chauds de la biodiversité, des zones caractérisées par un niveau exceptionnel d’endémisme – des espèces qui ne vivent qu’ici et nulle part ailleurs -. Le premier englobe la chaîne de l’Himalaya, le second les montagnes d’Asie centrale telles que les Tien Shan, à cheval entre de nombreux pays et enfin le troisième est constitué par les sommets montagneux du sudouest du pays. 

Là vivent notamment 3500 espèces de plantes endémiques, 237 mammifères dont 5 uniques à cette zone comme le grand panda ou le rhinopithèque de roxellane, 611 oiseaux ou encore 90 espèces d’amphibiens. Cette région abrite également l’une des forêts tempérées les plus riche en terme de biodiversité. C’est au cœur de ces mêmes montagnes que fut érigé le barrage des Trois Gorges menaçant par son ampleur de nombreux écosystèmes d’ores et déjà fragilisés. 

Yancheng, le royaume des grues 

Venant lécher la mer Jaune, la réserve de biosphère de Yacheng s’étend sur 280 000 hectares. Un paradis pour 3 millions d’oiseaux qui, pour beaucoup viennent ici faire une halte dans leur long périple migratoire. Une zone de plages côtières s’étirant sur plusieurs centaines de kilomètres aux allures de vastes marécages et prairies ponctuées de forêts de feuillus. C’est cette situation aux croisements de deux climats, tempéré et subtropical qui font de ce lieu un écosystème unique. Hôte de prestige, la grue du japon peut se targuer d’être la raison ayant conduit à la création de cette réserve. Plus de la moitié de la population mondiale de cet oiseau ô combien emblématique mais également menacé vient ici hiverner et côtoie plus de 370 autres espèces d’oiseaux, 47 mammifères, 45 reptiles ou encore 281 poissons et 310 insectes sans oublier les quelques 156 espèces de mollusques. 

Dans la forêt de bambous, un ours en sursis 

A Wolong, pays du dragon endormi, au cœur des montagnes Quionglai en Chine, vit une créature mythique. Elle ne possède ni écailles, ni haleine inflammable mais une face aussi ronde qu’une lune ornée de petites oreilles, ainsi que quatre grosses paluches, le tout recouvert d’une épaisse fourrure noire et blanche, tels les yin et yang taoïstes. Niché entre 1200 et 6250 mètres d’altitude, la réserve de Wolong, crée en 1963 et située à 150 km de Chengdu dans la province chinoise du Sichuan couvre 200 000 hectares de forêt mixte. Si sapins, bouleaux, épicéas et tsugas forment les piliers de cette cathédrale végétale, dans le sous-bois, les bambous règnent en maître pour le plus grand bonheur des pandas, hôtes de marque de cette réserve de Biosphère de l’UNESCO depuis 1979. 

La découverte et l’étude de cet ursidé sont toutefois récentes, et il aura fallu attendre 1869 pour que le premier grand panda fasse parler de lui dans le monde suite à la description d’une dépouille ramenée par un chasseur au père David, jésuite et naturaliste à ses heures perdues. Malheureusement, la suite de l’histoire n’est guère à l’avantage du panda : les frères Roosevelt, terribles chasseurs, ajoutèrent l’ours noir et blanc à leur collection de trophées puis débuta un commerce de bébés panda à destination des zoos mondiaux. 

Il faudra attendre 1946 pour que la Chine ferme ses frontières à ce commerce mis en place par les occidentaux. Désormais, le YENGCHEN WOLONG TIBET SHENNONGJIA panda est intégralement protégé. Mais les menaces pesant sur sa survie se sont déplacées avec le risque de consanguinité due à la fragmentation de l’habitat et le cycle particulier des bambous : leur floraison est un chant du cygne et il est essentiel que le panda puisse partir à la recherche d’un autre garde-manger bien garni car il faudra plus de 10 années pour que la nouvelle génération d’herbacées atteigne une taille et des qualités nutritionnelles convenant aux pandas. 

Shennongjia & Quinling, au cœur du territoire du singe doré 

Les Alpes du Sichuan, comme elles sont parfois surnommées, étendent leurs plis en plein cœur du pays aux proportions continentales. Séparant le nord du sud, la vallée de Wei à la vallée de Han, elles sont habillées d’une foisonnante forêt de feuillus cachant sous leur épais dais de feuillage des rhododendrons illuminant le sous-bois au printemps ainsi que plus de 3000 espèces de plantes dont un grand nombre endémiques à la région. Mais ce sont les hôtes poilus de ces montagnes qui sont les plus connus. Un cinquième de la population de grands pandas arpente ces reliefs faits de plis et de creux ainsi que le rhinopithèque de roxellane si élégant dans son manteau flamboyant. Le takin, le faisan doré, le tragopan ou la salamandre géante y sont également présents. 

Sur le toit du monde 

Virgule ourlant l’ouest du pays, le Tibet, annexé en 1949 par la Chine, couvre 1,2 milliards de km2. Ici, ce sont les montagnes qui dominent. Non seulement elles sont omniprésentes mais tutoient le ciel du haut de leurs 7000 à 8000 mètres. Le Tibet, c’est aussi la deuxième plus grande réserve au monde, couvrant 30 millions d’hectares, refuge d’une biodiversité unique. La vaste réserve de Chang Tang caillouteuse, sableuse et désolée, protégée depuis 1993 abrite encore de nombreuses espèces qui ont disparu du reste de la région. Yak sauvages, kiangs, ours à collier, mouflon du Tibet, gazelle du Tibet ainsi que la plus importante population de chirus de la région cohabitent dans ces paysages qui s’étendant à perte de vue. Loups, panthères des neiges et renards du Tibet arpentent également ces plateaux nichés à plus de 6000 mètres à la recherche de pikas à lèvres noires, de lièvres du Tibet ou encore de quelques marmottes dodues de l’Himalaya à se mettre sous la dent. 


UNE HISTOIRE RACONTÉE PAR CLAIRE KEIM 

Chanteuse et comédienne éclectique, Claire Keim est aussi à l’aise sur le petit et le grand écran que sur scène. Elle s’investit également depuis longtemps dans de nombreuses causes humanitaires et environnementales, dont les Enfoirés et la Fondation de Nicolas Hulot « Pour la nature et pour l’Homme ». 

Dès l’adolescence, Claire rêve de devenir comédienne. Elle suit le Cours Florent, puis le cours d’art dramatique de Dominique Minot. Séduit par son talent et sa détermination, JeanJacques Debout lui offre le rôle principal de sa nouvelle comédie musicale, « Paul eVirginie », en 1992. 

Forte de cette première expérience, elle rejoint le casting de la saga d’été « Les Yeux d’Hélène », grâce à laquelle le public découvre aussi son talent de chanteuse : à la demande du compositeur Vladimir Cosma, elle interprète en effet les chansons « En rêvant » et « Je ne peux pas lui en vouloir ». En 1995, elle fait ses premiers pas au cinéma dans AU PETIT MARGUERY de Laurent Bénégui. Elle s’impose dans des films comme OUI d’Alexandre Jardin, LA BELLE VERTE de Coline Serreau, BARRACUDA de Philippe Haïm, LE ROI DANSE de Gérard Corbiau, mais aussi dans un registre plus sombre avec J’IRAI AU PARADIS CAR L’ENFER EST ICI de Xavier Durringer ou LE SENS DES AFFAIRES de Guy-Philippe Bertin. En 2000, elle est saluée pour sa prestation face à Thierry Lhermitte dans LE ROMAN DE LULU de PierreOlivier Scotto. 

Elle partage un an plus tard la vedette de FÉROCE avec Samy Naceri. Elle s’aventure dans le thriller d’horreur avec RIPPER de John Eyres, auprès de A.J. Cook et Bruce Payne, et partage l’affiche du drame criminel EN TERRITOIRE INDIEN de Lionel Epp avec François Berléand et Jérémie Renier. En 2014, elle a tourné sous la direction de Mélanie Laurent le drame RESPIRE, avec Joséphine Japy, Lou de Laâge et Isabelle Carré et en 2015 elle incarne Julie dans le film de Diane Kurys ARRETE TON CINEMA! C’est en 2004 que Claire Keim a travaillé pour la première fois sur une production Disney, en prêtant sa voix au film d’animation LA FERME SE REBELLE. 

C’est très naturellement qu’en 2015 Disney fait appelle à elle pour raconter l’histoire du film Disneynature AU ROYAUME DES SINGES. Actrice très populaire, elle est bien connue des téléspectateurs pour des séries comme « Zodiaque » et « Le maître du Zodiaque » avec Francis Huster, « Caravaggio » avec Alessio Boni, ou la série fantastique « Éternelle» avec Guillaume Cramoisan et Antoine Duléry. Elle jouait dernièrement dans «Les Edelweiss » et « Nom de code : Rose ». Claire Keim fait également carrière dans la musique, sa seconde passion. Son duo avec Marc Lavoine pour la chanson « Je ne veux qu’elle » a été un tube. Son album « Où il pleuvra », mélange de rythmes de guitares folk et de mélodies au charme pop instantané sur lequel elle a collaboré avec Francis Cabrel, est sorti en 2011 – le single « Ça dépend » (avec Ours) a été un succès. Elle a chanté en duo le titre d’Aldebert « Les Amoureux » extrait de son album « Enfantillages 2 » en 2013. Son prochain album sortira en 2018. 

Au théâtre, elle compte à son répertoire « L’importance d’être constant» d’Oscar Wilde dans une mise en scène de Jérôme Savary au Théâtre national de Chaillot, « Le Libertin » d’Eric-Emmanuel Schmitt sous la direction de Bernard Murat, avec Bernard Giraudeau au théâtre Montparnasse, ou « The Guitrys », d’Eric-Emmanuel Schmitt, dans lequel elle campait Yvonne Printemps face à Martin Lamotte dans le rôle de Sacha Guitry, au théâtre Rive Gauche puis en tournée. Elle joue actuellement au Théâtre de Paris aux côtés de Guillaume de Tonquedec dans la pièce à succès « La Garçonnière», adaptée du film de Billy Wilder, mise en scène par José Paul. Elle vient également de finir le tournage d’une série française pour TF1 adaptée de la série anglaise « THE FALL ». 

  
#NésEnChine #Disneynature


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