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lundi 16 septembre 2019

LE CHARDONNERET


Drame/Thriller/Une belle mise en scène, mais une histoire qui tire en longueur

Réalisé par John Crowley
Avec Ansel Elgort, Nicole Kidman, Oakes Fegley, Aneurin Barnard, Finn Wolfhard, Sarah Paulson, Luke Wilson, Jeffrey Wright...

Long-métrage Américain
Titre original : The Goldfinch 
Durée : 02h30mn
Année de production : 2019
Distributeur : Warner Bros. France 

Date de sortie sur les écrans américains : 13 septembre 2019
Date de sortie sur nos écrans : 18 septembre 2019


Résumé : Theodore "Theo" Decker n'a que 13 ans quand sa mère est tuée dans une explosion au Metropolitan Museum of Art. Cette tragédie va bouleverser sa vie : passant de la détresse à la culpabilité, il se reconstruit peu à peu et découvre même l'amour. Tout au long de son périple vers l'âge adulte, il conserve précieusement une relique de ce jour funeste qui lui permet de ne pas perdre espoir : un tableau d'un minuscule oiseau enchaîné à son perchoir. Le Chardonneret.

Bande annonce (VOSTFR)


Ce que j'en ai pensé : LE CHARDONNERET est adapté du roman éponyme écrit par Donna Tartt. Le titre du roman fait référence à une toile de Carel Fabritius, Le Chardonneret, peinte en 1654, représentant un oiseau qu'elle a découverte lors d'une exposition à Amsterdam et qui l'a alors obsédée pendant des années (source Wikipedia).

Le réalisateur John Crowley nous raconte l'histoire d'un jeune homme depuis son adolescence jusqu'à l'âge adulte qui doit gérer un traumatisme terrible. Autant, il suscite notre intérêt par un montage qui fait des allers-retours entre passé et présent, autant, il a du mal à vraiment nous entraîner dans cette aventure. Pour ce que le scénario raconte au final, et bien que ce soit un entremêlement de vies qui nous interpelle, son long-métrage est trop long et ce ressenti s'installe dès le début. De plus, il y a de petites incohérences ici et là qui ne permettent pas vraiment d'adhérer franchement à l'ensemble. Pourtant, il travaille l'ambiance pour que les codes couleurs soient en cohérence avec le monde des antiquités et que l'omniprésence de l'art sous toutes ses formes vienne enrichir l'image. Il nous fait aussi voyager dans différents endroits. Il maîtrise l'atmosphère de son film de bout en bout. Les acteurs sont convaincants. Ansel Elgort interprète Theo Decker à l'âge adulte. Il apporte sa sensibilité à son protagoniste. 



Oakes Fegley interprète Theo jeune. Sa bouille sert très bien le décalage entre ce que sa vie aurait dû être et ce qu'elle a été en réalité. Les trahisons et la recherche de parents dans les adultes qu'ils croisent sont ressentis en continuité entre les deux acteurs qui se complètent de façon adéquate.

D'ailleurs, les duos qu'ils forment avec Boris interprété par Finn Wolfhard à l'adolescence, qui apporte une personnalité bien distincte à son protagoniste, puis par Aneurin Barnard à l'âge adulte ont une dynamique convaincante et demeurent cohérents.




Les seconds rôles sont solides que ce soit Nicole Kidman qui interprète Mrs. Barbour, une femme qui se retrouve en Theo au travers de sa sensibilité à l'art, Jeffrey Wright qui interprété James "Hobie" Hobart, un homme qui aime les objets anciens inconditionnellement, Luke Wilson qui interprété Larry, le père de Theo et Sarah Paulson, qui est assez drôle et efficace dans le rôle de Xandra, la compagne de Larry.




Crédit photos © Macall Polay & Nicole Rivelli
Copyright photos © 2018 WARNER BROS. ENTERTAINMENT INC. 
AND AMAZON CONTENT SERVICES LLC

Peut-être y a-t-il trop de thèmes effleurés, toujours est-il que LE CHARDONNERET réussi à plaire par son style, mais ne passionne pas par son rythme lent et sa narration qui nous laisse un peu sur le bord de la route. Un beau tableau en somme, mais qui ne nous fait pas ressentir les émotions qu'on espérait.


Source image Wikipedia

NOTES DE PRODUCTION
(À ne lire qu'après avoir vu le film pour éviter les spoilers !)
"Avant et après. Il y a toujours un avant et un après. Et entre les deux, il y a un tableau". ~ Theo Decker
"À Amsterdam, j'ai rêvé que je revoyais ma mère… Les événements auraient mieux tourné si elle était restée en vie. Mais il se trouve qu'elle est morte quand j'étais enfant. Et lorsque je l'ai perdue, j'ai perdu tout repère qui aurait pu me conduire vers une vie plus heureuse". ~ Theo Decker

Le destin poignant de Theo Decker a vu le jour sous la plume de Donna Tartt dans son célèbre roman LE CHARDONNERET. L’ouvrage publié à l’automne 2013 a immédiatement remporté un vif succès et s’est classé en tête des ventes dans le monde entier, raflant de nombreuses distinctions au passage, dont le prestigieux Prix Pulitzer.

Le réalisateur John Crowley compte parmi les fans inconditionnels du roman : “Je fais partie des millions de personnes qui adorent ce livre”, affirme-t-il. “Je l’ai lu à sa sortie et j’ai trouvé que c’était un mélange très réussi de beaucoup de choses. Le livre porte un regard intéressant sur les sentiments de chagrin et de honte : on découvre un enfant qui reste bloqué à un moment de sa vie correspondant à la mort de sa mère, et ce blocage ne fait que devenir plus profond et complexe lorsqu’il devient adulte”.

“J’ai trouvé que c’était un roman puissant et marquant”, poursuit-il. “C’est un critère important lorsqu’on adapte un livre au cinéma car il faut conserver cette première impression de lecture et s’en nourrir”.

Ansel Elgort, qui joue le rôle de Theo, partage cet avis : “C’est un drame magnifique et fort qui vous captive”, déclare-t-il. “C’est l’histoire d’une vie volée et des conséquences en cascade qui découlent de ce seul événement tragique”.

Theo Decker et sa mère n’auraient pas dû se trouver au musée ce jour-là. La mère du garçon avait été convoquée à l’école en raison du comportement de son fils, mais ils étaient arrivés en avance et il s'était mis à pleuvoir, si bien qu'ils avaient décidé de se réfugier à l’intérieur. Tandis que sa mère s’éloignait en direction de l’exposition des chefs-d’œuvre de la peinture flamande, Theo a aperçu une jolie jeune fille rousse. Quelques secondes plus tard… un brouhaha… puis une explosion terrible s'était produite. Theo s'est réveillé au milieu d’un paysage gris et lunaire dominé par la poussière, les débris et la mort. Parmi les décombres, il découvre le tableau préféré de sa mère, celui qu’elle lui a montré quelques secondes avant la catastrophe : “Le Chardonneret” de Carel Fabritius. Dans un râle, un vieux monsieur supplie le jeune garçon de “le prendre”. Encore sonné et sous le choc, Theo enfonce le précieux tableau au fond de son sac et quitte le musée. Ce geste va bouleverser le cours de sa vie et entraîner de nombreuses conséquences.

Brad Simpson, qui a produit le film avec sa partenaire de Color Force Nina Jacobson, remarque : “Au début, voilà un jeune garçon qui perd sa mère d’une façon brutale et inattendue, et qui passe le reste de sa vie à tenter de renouer des liens avec autrui. Mais à chaque fois qu’il y arrive, cette nouvelle relation lui est arrachée. Il finit donc par s’accrocher à cet objet, ce tableau qui symbolise pour lui l’univers qui s’est écroulé. Cet impitoyable sentiment de deuil et cette quête de complétude font partie des thèmes centraux du roman. Pour Theo, 'Le Chardonneret' n’est pas seulement un tableau”.

Juste après l’attentat, Theo est confié à la famille d’un de ses camarades de classe, les Barbour, et Theo tisse peu à peu une relation avec la mère, jouée par Nicole Kidman : “Je pense que c'est grâce à leur intérêt commun pour l’art qu'ils se rapprochent”, estime-t-elle. “Le film montre que la mémoire s’attache à certains objets et à certaines œuvres d’art, pas tant pour l’objet en lui-même que pour les sentiments qu’il provoque et qui peuvent vous transporter très loin”.

“C’est fou à quel point on peut investir un objet de la mémoire d’un être cher”, renchérit Jeffrey Wright, qui incarne Hobie, un antiquaire et restaurateur d’œuvres qui va jouer un rôle majeur dans la vie de Theo. “Le chemin parcouru par Theo tout au long du récit est tragique et d’autant plus complexe qu’on ne lui laisse jamais le choix”.

De même, Ansel Elgort remarque que son personnage “s’attache aux objets anciens car il trouve un certain réconfort dans l’idée qu’ils sont là depuis bien plus longtemps que nous et qu’ils seront encore là longtemps après nous. Il envisage la vie humaine comme une étape transitoire car sa propre existence a été marquée par un traumatisme. En revanche, un objet est fait pour durer, ce qui le rassure. En l’occurrence, l’objet qu’il chérit le plus – et qui le hante le plus – est ‘Le Chardonneret’”.

Brad Simpson se souvient de sa lecture du roman que Nina Jacobson découvrait elle aussi : “Ce qui nous a captivés, c’est le périple de Theo, depuis l’Upper East Side de New York jusqu’à la banlieue de Las Vegas, de Greenwich Village à Amsterdam – et l’incroyable galerie de personnages qui traversent sa vie. C’est tout ce qu’on recherche dans un livre : un récit haletant avec une histoire riche et émouvante”.

Néanmoins, Nina Jacobson affirme : “On savait aussi que ce serait difficile de condenser plus de 700 pages dans un film d’environ deux heures. Il nous fallait une plume hors du commun extraordinaire et Peter Straughan est un des scénaristes les plus reconnus d’Hollywood, notamment pour avoir adapté des œuvres littéraires ambitieuses comme LA TAUPE et DANS L’OMBRE DES TUDORS. Dès le début, il a senti que la seule façon de raconter cette histoire, c’était de la fragmenter puis de la reconstruire à travers un récit non linéaire. Quand j’ai lu le scénario de Peter, j’ai été ébahi par sa complexité, chaque détail faisant écho à d’autres pour constituer une histoire complète. Peter a réussi quelque chose d’assez unique”.

John Crowley acquiesce : “En abandonnant la structure linéaire au profit d’allers-retours entre les deux temporalités de la vie de Theo, Peter a créé une œuvre beaucoup plus cinématographique. L’alternance entre les deux temporalités met en évidence le fait que le jeune homme est chargé du poids de son passé, qui ne l’a jamais quitté”.

Brad Simpson et Nina se sont attelés au CHARDONNERET peu de temps après la sortie de BROOKLYN, drame romantique de John Crowley. “C’est un très beau film et une adaptation littéraire réussie qui a conquis le public”, affirme Brad Simpson. “On a rencontré John à plusieurs reprises et c’était formidable : on a apprécié sa personnalité, sa sensibilité et sa compréhension très fine du livre, jusque dans ses moindres détails. Dès lors, on a su qu'il était l'homme de la situation pour 'Le Chardonneret' à l’écran”.

John Crowley a eu la chance de s'entourer des meilleurs collaborateurs de création, comme le légendaire directeur de la photographie Roger Deakins, le chef décorateur K. K. Barrett, la chef-monteuse Kelley Dixon, la chef-costumière Kasia Walicka Maimone et le compositeur Trevor Gureckis.

Le réalisateur déclare : “Ce qui me plait le plus quand je tourne un film, c’est de trouver de vrais collaborateurs qui savent remettre en question vos propositions, les détourner ou suggérer une idée dix fois meilleure. C’était un cadeau d’être entouré d’artistes de cette envergure pour s’atteler à une histoire d’une telle ampleur”.

Pour porter cette saga à l’écran, outre Ansel Elgort, Nicole Kidman et Jeffrey Wright, le casting réunit Oakes Fegley, Aneurin Barnard, Finn Wolfhard, Sarah Paulson, Luke Wilson, Ashleigh Cummings, Willa Fitzgerald, Aimee Laurence, Denis O’Hare et Boyd Gaines. John Crowley ne tarit pas d’éloge sur cette distribution “composée de stars et de jeunes talents incroyables, ainsi que d’acteurs formidables qui ont des rôles plus modestes mais tout aussi marquants. La richesse de leur jeu donne une vraie profondeur à l'ensemble. C’était formidable d’être accompagné d’acteurs aussi investis et talentueux”.

LES ACTEURS
C’est comme s’il m’avait envoyé exactement là où je devais être, et avec qui je devais être” ~ Theo Decker

LE CHARDONNERET alterne entre deux temporalités distantes de 14 ans et c’est pourquoi plusieurs rôles ont dû être interprétés par des acteurs de générations différentes. C’est le cas notamment du personnage central de Theo Decker qui, adulte, est campé par Ansel Elgort et, enfant, par Oakes Fegley.

Ansel Elgort reconnaît que l’un des plus grands enjeux du rôle était d’incarner le traumatisme qui hante Theo. Sur le plan métaphorique, il reste attaché au jour de l’explosion comme le minuscule oiseau enchainé à son perchoir sur le tableau volé. L’œuvre est un talisman secret et caché qui le réconforte autant qu’il le tourmente. La douleur qu'éprouve Theo est soustraite au regard, tout comme le tableau.

“En apparence, Theo semble s’être remis”, remarque Ansel Elgort. “Mais au fond de lui, il est toujours aux prises avec un sentiment de deuil et de culpabilité qu’il porte comme un fardeau depuis l’enfance. Je devais trouver cette part d'ombre en mon for intérieur, ce qui a représenté un défi de taille pour moi”.

“J’avais justement besoin que John Crowley soit très présent à mes côtés”, poursuit l’acteur. “On a beaucoup parlé de Theo car il a une vision très pertinente de l’histoire et des personnages et je lui fais entièrement confiance”.

John Crowley explique qu’il avait tout autant confiance en Ansel Elgort : “Ansel s’est donné corps et âme dans son jeu d’acteur. Il arrive à nous faire ressentir de la compassion pour ce personnage et les épreuves qu’il a traversées”.

“On lui pardonne les erreurs qu’il commet en tant qu’adulte, et qui sont pourtant loin d’être insignifiantes, car on sait ce qu’il a vécu dans son enfance”, explique Nina Jacobson.

Partant de ce principe, les auteurs ont compris que l’empathie suscitée par Theo était en grande partie liée à l’acteur qui le jouerait à l’âge de 13 ans, quand son monde s’écroule. Oakes Fegley rappelle : “La mère de Theo était sa seule vraie famille. Son père est parti et ne s'est jamais occupé de lui. À la mort de sa mère, il se retrouve donc démuni, à un âge où il lui est impossible de prendre sa vie en main, sans même parler de la détresse et de la culpabilité qui l'assaillent. Il passe par un large éventail d’émotions, et c’est ce qui m’a plu dans le rôle”.

“On a passé en revue des centaines et des centaines de candidatures pour Theo”, se souvient John Crowley. “Petit à petit, on a affiné la sélection mais on revenait toujours à Oakes. Il était très bon, émouvant et en même temps, il dégageait l’impression d’avoir un certain vécu, ce qui collait parfaitement au personnage”.

Nina Jacobson renchérit : “Oakes Fegley est un acteur exceptionnel, surtout pour son âge. Son jeu est tout en subtilité, débordant d’émotions et de vulnérabilité”.

Après la tragédie, Theo ne peut pas rentrer chez lui. Quand les assistants sociaux lui demandent si quelqu’un pourrait l’aider, le seul nom qui lui vient à l’esprit est celui de Mme Barbour, la mère de son copain d’école Andy.

Les auteurs étaient enchantés que Nicole Kidman accepte de jouer le rôle de l’élégante maîtresse-femme de Park Avenue, qui règne sur la famille Barbour, particulièrement dysfonctionnelle. L’actrice explique que son choix a été en grande partie motivé par le réalisateur : “J’ai vu BROOKLYN et j’avais très envie de travailler avec John Crowley : c’est ça qui m’a décidée. Ensuite, j’ai lu le scénario et le livre, et j’ai vraiment eu envie de me lancer dans l’aventure”.

“Que dire de plus sur Nicole Kidman”, s’enthousiasme John Crowley, “si ce n’est que c’est une personne formidable, une présence chaleureuse sur le plateau et qu’elle a apporté une richesse extraordinaire au personnage ? À chaque prise, elle voulait aller plus loin pour approfondir le message de la scène. Aucune actrice n’aurait pu incarner le personnage mieux qu’elle. Elle nous a tout simplement donné un cours d'art dramatique”.

Ansel Elgort confirme : “Quand j’ai su que j’allais jouer avec Nicole Kidman, j’ai dû me pincer pour le croire. Elle m'impressionne énormément. Elle a beaucoup d'idées, elle dégage une force émotionnelle incroyable et il y a en même temps quelque chose d’assez brut et concret dans son jeu. Nous n’avons partagé que quelques scène mais c’était une expérience inoubliable”.

Nicole Kidman évoque son personnage : “Ce que je trouve intrigant chez Mme Barbour, c’est qu’elle ne s’intéresse pas tout de suite à Theo. Elle l’accueille chez elle parce que c’est la chose normale à faire, malgré une certaine réticence. Elle fait preuve de stoïcisme et d’une certaine passivité. Elle n’arrive pas vraiment à ouvrir son cœur à cet enfant, et c’est intéressant que cela soit le point de départ de leur relation”.

John Crowley poursuit : “Il aurait été facile de la représenter sous les traits d’une femme froide et hautaine, mais ce n’est pas ce qu’a choisi Nicole. Nous voulions suggérer qu'une sensibilité se cache derrière son attitude cassante, et on sent bien qu’il y a toute une vie intérieure sous la surface, en particulier dans la première temporalité”.

Des années plus tard, lorsque Theo, devenu plus âgé, retrouve Mme Barbour, le changement est palpable. “On dirait presque qu’elle n’arrive pas à contenir ses émotions”, décrit John Crowley. “Quand Theo revient, Mme Barbour voit là une opportunité de se racheter, même si c’est peut-être trop tard. Elle le voit comme le fils adoptif qu’elle n’a jamais réussi à intégrer à sa famille à première vue parfaite, mais en réalité sur le point d’éclater”.

Il y a bien une raison pour laquelle Mme Barbour n’a pas su intégrer le jeune Theo dans sa famille. Au moment où le garçon commence enfin à se sentir chez lui, le destin cruel s’abat à nouveau sur lui. Larry, son irresponsable de père, débarque et emmène son fils au milieu du désert, dans une banlieue de Las Vegas où il n’y a pas âme qui vive.

Luke Wilson, qui campe le rôle du père, raconte : “Larry avait quitté sa famille très tôt, mais il revient dans la vie de Theo après les événements tragiques du Met. On ne sait pas très bien quelles sont ses intentions. Vient-il pour s'occuper de son fils ? Est-ce qu’il a enfin décidé de changer pour devenir quelqu’un de bien ? Ou cherche-t-il autre chose ?”

Pour creuser le personnage, Luke Wilson s’est appuyé sur le livre : “Le roman est une ressource essentielle car il explique les raisons de son comportement, son passé, ses addictions, ses dérives”, explique-t-il. “Grâce au livre, qui m’a beaucoup aidé, et aux répétitions avec John, Oakes et Sarah, j’ai eu l’impression de bien cerner le personnage”.

“Luke a très bien appréhendé ce bel homme qui n’est pas encore décati mais dégage déjà une certaine sensation d’échec”, remarque John Crowley. “Larry est assez sympa pour qu’on se dise qu’il y a peut-être une chance que sa relation avec Theo s’améliore… avant qu’on comprenne que ce n’est pas quelqu’un de très bien”.

En tant qu'admiratrice absolue du livre, Sarah Paulson a milité pour obtenir le rôle de Xandra, la petite amie de Larry qui vit avec lui. Elle affirme : “Ce serait un euphémisme que de dire que je suis fan du livre. Pendant que je le lisais, je disais tout haut ‘Si un jour il y avait une adaptation, je voudrais jouer Xandra’. Quand j’ai vu qu’il y allait avoir un film et qu’une des productrices était Nina Jacobson, avec qui je venais de collaborer sur AMERICAN CRIME STORY, je lui ai tout de suite dit : ‘Il faut que je joue Xandra’”.

L’actrice a finalement décroché le rôle après avoir démontré à John Crowley qu’elle avait aussi bien cerné la psychologie du personnage que son allure. Dans la vidéo qu’elle a filmée, elle apparaît en effet vêtue en Xandra des pieds à la tête. Le réalisateur explique qu’il n’avait aucun doute sur les talents d’actrice de Sarah Paulson : “J’ai déjà vu ce dont elle est capable et je l’apprécie beaucoup, mais je savais que ce film était différent de tout ce qu’elle avait fait avant. Tous les acteurs ne peuvent pas se métamorphoser totalement, mais un bon acteur peut le faire et en l’occurrence elle l’a très bien fait. En plus, Sarah adore le livre, elle s’est imprégnée de tous les détails de son personnage et on le ressent dans son jeu”.

Xandra a du mal à cacher son agacement lorsqu’un tiers s’immisce entre elle et Larry : “Je comprends qu’elle se sente sur la défensive”, reconnaît Sarah Paulson. “Tout à coup, sa vie est bouleversée. Elle était libre et heureuse de sillonner les rues de Las Vegas avec son petit ami canon – c’est en tous cas comme ça qu’elle voit Larry – et tout à coup un petit crétin vient mettre un coup de pied dans son existence débridée et sans attache. En soi, elle n’a rien contre Theo, mais il détourne l’attention de son homme. Elle n’a pas signé pour devenir belle-mère, il n’en a jamais été question. De ce point vue, on ne peut pas en vouloir à Xandra d’être un peu jalouse”.

Theo se retrouve donc perdu dans les confins de Las Vegas, au milieu du sable et des rangées de maisons vides dont les biens ont été saisis. Il se découvre alors un nouvel ami en la personne de Boris, un adolescent d’origine russe, rebelle et débrouillard, qui a grandi trop vite. Non seulement Boris et Theo sont les deux seuls gamins à des kilomètres à la ronde, mais ils ont traversé la même épreuve : leurs mères sont mortes tragiquement, et leurs pères sont irresponsables et violents.

Finn Wolfhard, qui joue le jeune Boris, explique que celui-ci a dû inventer ses propres règles de survie : “Il a tout compris tout seul. Il a aussi connu des épreuves, mais il a réussi à l’accepter et il vit la vie à cent à l’heure. Il lit Dostoïevski, fume, boit et raconte n’importe quoi. C’était amusant à jouer : être allongé par terre et dire tout ce qui vous passe par la tête. Mais Boris est aussi très malin pour son âge, et lorsque Theo débarque dans sa vie, il trouve enfin quelqu’un avec qui partager tout ce qu'il a appris”.

Mais en dehors de ses connaissances, Boris est loin d'exercer une bonne influence sur Theo, avec qui il partage aussi son penchant pour l’alcool, la drogue et le vol à l’étalage.

Tout comme pour le rôle de Theo, les auteurs ont rencontré plusieurs acteurs pour celui de Boris. “Aucun d’eux n’avait le charisme du personnage. Il est à la fois assez sournois pour vous causer de sérieux problèmes, et assez rusé pour vous sortir d’affaire. Finn réunit toutes ces qualités”, affirme le réalisateur.

La complicité entre les deux garçons était aussi un facteur important au moment du casting, mais les auteurs ont compris qu’ils avaient trouvé le duo parfait quand Oakes Fegley et Finn Wolfhard se sont rencontrés pendant les auditions. “C’était très amusant car ils n’arrêtaient pas de parler. Je pouvais à peine placer un mot”, signale John Crowley en riant. “Ils se sont tout de suite entendus, ils ont joué et se sont amusés d’une façon qu’on ne peut pas feindre. J’aurais toujours pu essayer de recréer cette relation en tant que réalisateur, mais on ne peut pas forcer deux jeunes à s’entendre aussi bien naturellement. C’était un plaisir de les voir et ils ont continué comme ça pendant tout le tournage. À eux deux, ils nous donnaient une énergie folle”.

Theo et Boris sont totalement livrés à eux mêmes jusqu’à ce qu’un retournement de situation inattendu oblige Theo à quitter Las Vegas. N’ayant nulle part où aller, il achète un ticket de bus pour retourner au seul endroit qui lui soit familier : New York. Des années plus tard, un Theo adulte joué par Ansel Elgort recroise le chemin de Boris, campé cette fois-ci par Aneurin Barnard, et c’est comme si rien n’avait changé.

“Ça se passe souvent comme ça entre les vrais amis”, remarque Aneurin Barnard. “Même si on a passé beaucoup de temps sans se voir ou se parler, on se retrouve immédiatement. Et l’amitié entre Theo et Boris… c’est presque une relation entre deux âmes sœurs, mais sans la dimension amoureuse. Ils sont liés à jamais”.

John Crowley explique : “Boris est un jeune homme qui a fait beaucoup de choses dans sa vie, mais la chance ne lui a pas toujours souri. Il est rongé par le remord et la culpabilité en raison d’événements s'étant produits il y a longtemps, et il est bien décidé à réparer ses erreurs. On voulait un acteur avec une certaine densité et une touche de mélancolie. Anuerin ne manque ni d’étoffe, ni d’expressivité, ni de sensibilité et en plus il est plein d’esprit”.

Aneurin Barnard ajoute : “Dans sa jeunesse, Boris s’est rebellé à coup de drogue et d’alcool. Quand on le retrouve des années plus tard, il est toujours aux prises avec la drogue et l’alcool et il trempe dans des activités assez dangereuses, mais il a le sourire aux lèvres”.

Aneurin Barnard est Gallois et Finn Wolfhard est Américain, les deux acteurs ont donc dû s’entrainer à parler avec un accent russe. Ils ont travaillé avec la coach linguistique Kristina Nazarevskaia pour maitriser cet accent.

Ansel Elgort et Oakes Fegley jouent tous les deux Theo, tout comme Aneurin Barnard et Finn Wolfhard campent tour à tour Boris. Pourtant, John Crowley n’a eu aucune appréhension s'agissant de leur ressemblance physique, et il s’est plutôt attaché à la psychologie du personnage. Ce qui lui importait le plus, c’est que “chacun arrive à incarner la vérité du personnage dans une situation particulière, et ensuite c’était à moi d’assurer la cohérence en matière d’image et d'atmosphère. Je voulais qu’on sente que la vie a marqué durablement Theo et Boris et que au fond, ce qui les rapproche, c’est une immense tristesse”.

L’une des personnes les plus importantes pour Theo reste sans conteste Hobie, incarné par Jeffrey Wright. Hobie est un antiquaire qui vit et travaille à Greenwich Village, et c’est à la fois une figure paternelle et un mentor pour le garçon. Plus tard, il devient son employeur et la voix de la conscience pour l’adulte qu’il est devenu. Jeffrey Wright remarque : “D’une certaine façon, Hobie est comme un refuge pour Theo : la première fois juste après la disparition de sa mère, puis à nouveau quelques années plus tard. Hobie est une source de vie dans un monde qui est en grande partie dépourvu d’amour pour Theo”.

Brad Simpson note : “Jeffrey a toujours été notre premier choix pour le rôle d’Hobie, que beaucoup de gens considèrent comme l'âme du livre. Jeffrey est un des acteurs les plus estimés aujourd’hui et on savait que le public se sentirait aussitôt rassuré par sa présence”.

C'est tout aussi vrai du jeune acteur qui lui donne la réplique. Oakes Fegley déclare : “Au début, j’étais un peu intimidé de jouer avec des icônes comme Jeffrey et Nicole. Mais ensuite, je me suis rendu compte que c’était des personnes géniales, bienveillantes et modestes et ça m’a beaucoup rassuré. Ils m’ont énormément appris”.

Au départ, Theo va voir Hobie pour remplir une mission. Le vieil homme qu’il a rencontré dans les décombres du musée et qui, à l’article de la mort, l’a supplié d’emporter Le Chardonneret, lui a aussi remis une bague en prononçant des paroles mystérieuses : “Hobart et Blackwell – fais sonner la cloche verte”. Blackwell, aussi surnommé Welty, était l’oncle de la jeune Pippa (Aimée Laurence), la jolie jeune fille qui avait retenu l’attention de Theo quelques secondes avant l’explosion, et qui a été grièvement blessée par la bombe.

Quand Theo s'aventure enfin dans la boutique et qu’Hobie l’invite chez lui, le jeune garçon renoue avec un sentiment de paix pour la première fois depuis l’attentat. On comprend donc pourquoi, lorsqu’il s’enfuit de Las Vegas, Theo se précipite chez Hobie qui devient, au sens propre comme au figuré, un phare dans la tempête.

Jeffrey Wright remarque :“Theo retourne à la boutique dans le froid et sous la pluie et il trouve un endroit chaleureux, qui stimule son imagination et sa curiosité. Il se sent chez lui”. L’acteur poursuit : “Je crois qu’on peut établir un parallèle entre la capacité d’Hobie à redonner vie à des meubles anciens et des pièces abandonnées, et sa relation avec Theo : Hobie tente par tous les moyens d’offrir une nouvelle vie à Theo”.

Theo reste auprès d’Hobie : il devient son apprenti puis, une fois adulte, un partenaire de confiance. Mais les choix de vie de Theo, ponctués d’erreurs et de trahisons, mettront bientôt à l’épreuve la relation entre les deux hommes, d’une manière qu’ils n’auraient pu imaginer.

Grâce à Hobie, Theo retrouve Pippa avec qui il entretient un lien très fort, qui s’est noué au cœur de la tragédie. Devenu un homme, Theo tombe amoureux de la jeune femme, mais celle-ci comprend mieux que lui que l’expérience commune qui les rapproche est aussi ce qui les empêchera d’aller au-delà de l'amitié.

Ashleigh Cummings, qui campe Pippa adulte, déclare : “Theo et Pippa ont une relation très complexe. Ils vivent dans un monde qu’eux seuls peuvent comprendre et, pourtant, un immense fossé les sépare qu’ils ne parviennent pas à combler… en tous cas Pippa refuse de le faire. Je pense qu’elle se connaît suffisamment bien pour savoir que tous les deux – 'deux âmes attirées par la mort', d'après le livre – pourraient s’entrainer mutuellement dans une spirale destructrice. Et pourtant, il y a peut-être encore de l’espoir…”

Parmi les acteurs du CHARDONNERET, on compte aussi Willa Fitzgerald sous les traits de Kitsey Barbour adulte, dont la relation avec Theo le ramène enfin au sein de la famille Barbour. Luke Kleintank joue son grand frère Platt, Boyd Gaines interprète M. Barbour et Ryan Foust incarne le jeune Andy Barbour. Denis O’Hare campe quant à lui Lucius Reev, un client qui menace de révéler les mensonges de Theo … dans le passé et dans le présent.

Hailey Wist joue la mère de Theo : on ne la voit que brièvement, ce qui était tout à fait intentionnel de la part de Nina Jacobson :“C’est un personnage important, mais Peter Straughan voulait qu’elle soit absente la majeure partie du film, pour qu’on ressente clairement le vide qu’elle a laissé à sa mort”.

DES REPRODUCTIONS PLUS VRAIES QUE NATURE
Perdre quelque chose qui aurait dû être immortel” ~ Hobie

Le “personnage” éponyme du film n’est que rarement visible : enveloppé maladroitement dans du papier journal, il est caché mais jamais oublié. “Tout au long de l’histoire, certains objets exercent une attraction sur les personnages, tout comme Le Chardonneret exerce une attraction sur Theo”, souligne John Crowley. “Quelle que soit notre définition de l’art, la plupart des gens s’accordent à dire que c’est quelque chose qui doit être vu. L’idée de dissimuler une œuvre d’art, d’en priver l’humanité, va complètement à l’encontre de l’élan créatif. Si une œuvre parvient, en dépit des différences culturelles et du temps qui passe, à toucher quelqu’un, à le faire se sentir moins seul et davantage en paix avec lui-même et proche d'autrui, alors cette œuvre a forcément de la valeur”.

L’œuvre d’art inestimable qui est au cœur du récit fait partie des collections permanentes du Musée Mauritshuis de la Haye, aux Pays-Bas. Heureusement, le Mauritshuis a réussi à fournir une copie parfaite du tableau. Le chef décorateur K. K. Barrett explique :“Le musée a utilisé une imprimante 3D pour scanner la surface du tableau et la reproduire à l’échelle, couche par couche. J’avoue que j’avais des doutes. Je craignais que cela ressemble à une reproduction de mauvaise qualité, mais quand j’ai pu la comparer à l’œuvre originale, j’ai été très impressionné par la ressemblance. Pour certaines prises, on a zoomé numériquement sur l’œuvre, et ensuite un artiste décorateur a peint par-dessus le visuel pour reproduire les coups de pinceau et les textures du tableau d’origine”.

Au cours de leur visite au Mauritshuis, les auteurs étaient aux premières loges pour découvrir le chef-d’œuvre bien aimé de Carel Fabritius, qui a survécu à l’explosion du baril de poudre qui a tué son créateur en 1654. “C’était une expérience très forte de voir Le Chardonneret”, se souvient John Crowley. “On a l’impression qu'une lumière émane de lui, et où que vous soyez, vous avez l’impression que ce petit oiseau vous regarde. Je pense que quiconque se retrouve face à ce tableau ressent forcément une émotion difficile à expliquer. Pour moi, c’est ce qui caractérise une véritable œuvre d’art”.

Les conservateurs du Mauritshuis ont généreusement proposé à toute l’équipe une conférence sur les maîtres flamands, thème de l’exposition du Metropolitan Museum de New York que Theo et sa mère visitent le jour du drame.

De l’autre côté de l’Atlantique, le Met a aussi joué un rôle déterminant pour permettre à l’équipe de K. K. Barrett de créer l’exposition dans le film. La productrice exécutive Mari Jo Winkler-Ioffreda déclare :“Il y avait évidemment quelques réticences à présenter une attaque terroriste dans un musée, mais ils savaient que c’était une fiction tirée d'une œuvre littéraire majeure et reconnue. John Crowley a parfaitement exposé sa vision du film et a convaincu ses interlocuteurs. Ils ont accepté de nous présenter leurs conservateurs, qui nous ont permis de mettre en place une exposition crédible”.

Les copies des œuvres d’art exposées ont été créées à partir d’images en haute définition fournies par le Met, le Mauritshuis, le Rijksmuseum et d’autres musées. Les départements du graphisme et des décors ont effectué des tirages photographiques de ces visuels et y ont ajouté de la texture pour leur donner l’aspect d’une œuvre ancienne. Plus de 80 reproductions, dont la célèbre “Leçon d’Anatomie” de Rembrandt, on été créées pour la séquence au musée.

LE TOURNAGE
Je ne l’ai pas fait exprès… mais j’ai éteint une lumière au cœur du monde”. ~ Theo Decker

NEW YORK

Il n’était pas possible de filmer à l’intérieur du Met puisque une explosion est censée s'y produire. Le département artistique de K. K. Barrett a donc reconstitué plusieurs salles du musée dans un grand entrepôt à Yonkers, souvent utilisé pour des tournages.

Qu’il soit endormi ou réveillé, Theo fait souvent des cauchemars où lui reviennent des images de la terrible explosion et de la scène qui s’en est suivi. Le directeur de la photographie Roger Deakins explique son approche de cette séquence essentielle : “Ce qui importe, c’est la façon dont Theo se remémore l’événement. On s’est dit que ça fonctionnerait mieux si on voyait surtout des détails, et pas forcément l’explosion dans son ensemble. John voulait qu’au réveil de Theo, il se retrouve dans la poussière, dans un champ de ruines, comme pour faire écho à ses sensations. On a donc travaillé à partir de ça”.

“Roger pense par images”, relate John Crowley. “Il est comme moi : il aime comprendre tout ce qui se passe dans l’histoire et tout ce qui se déroule en arrière-plan de la scène. On a lu le scénario ensemble et on a décidé dès le départ qu’on allait jouer avec la mise au point pour suggérer le rapport de Theo à ses propres souvenirs et sa peur de perdre ceux de sa mère. L’image de sa mère qui s’éloigne revient sans arrêt dans le film : c’est un repère visuel qui révèle d’autres aspects du film”.

La scène en extérieur qui suit l’explosion a été tournée sur les marches devant le musée. On y voit l’arrivée des secours tandis que Theo, encore sous le choc, émerge des décombres sous une pluie battante. Cette scène est courte mais elle a été complexe sur le plan logistique car il a fallu tourner très tôt le dimanche matin et boucler la séquence à temps pour l’ouverture du Met au public.

Pour le grand appartement des Barbour, où Theo se réfugie en premier, les équipes ont d’abord cherché des logements sur Park Avenue. Roger Deakins reconnaît cependant :“On s’est rendu compte que ce ne serait pas pratique de filmer dans les étages en raison de tous les câbles dont on avait besoin”.

K. K. Barrett et son équipe se sont donc installés dans une maison à Rye, dans l'État de New York, qui selon le chef décorateur “ressemblait à certains appartements qu’on avait repérés. On a veillé à supprimer tout indice qui aurait pu révéler qu’on était dans une maison, et c’est devenu l’appartement des Barbour”.

K. K. Barrett a composé cet intérieur dans des tonalités froides, avec une palette de bleus qu’on retrouve, selon John Crowley, dans la garde-robe de Mme Barbour, pendant la première partie du film. Dans la seconde moitié, on sent que la maison a été négligée depuis quelques années.

Le réalisateur poursuit : “Notre costumière Kasia Walicka Maimone a fait un travail formidable. Elle ne s’est pas contentée d’habiller les acteurs : elle a exprimé la personnalité de leurs personnages en concevant individuellement chaque garde-robe, depuis le choix des couleurs jusqu’à l’aspect plus ou moins usé des vêtements”.

Le magasin d’antiquités de Hobie est bien loin de Park Avenue : il est niché dans Greenwich Village avec un atelier au sous-sol et un appartement à l’étage. K. K. Barrett remarque :“On a deux visages distincts de New York : le centre plus bohème et les quartiers résidentiels plus chics”.

Ansel Elgort ajoute : “En tant que New-Yorkais, j’apprécie de voir différents aspects de la ville. Quand Theo vit chez les Barbour, il vit au cœur de l’Upper East Side, riche et guindé. Puis, quand il va à Greenwich, on ressent une ambiance beaucoup plus artistique et bohème. Mais dans les deux cas on est bien à New York, et cela forme un tout”.

L’atelier encombré a été construit dans l’entrepôt de Yonkers tandis que le magasin en lui-même a été reconstitué dans un restaurant de la 7e avenue. Les scènes en extérieurs ont été tournées à Greenwich Village. Pendant le tournage du CHARDONNERET à New York, le studio et les auteurs ont noué un partenariat avec NYC Film Green, dispositif précurseur qui attribue aux films des labels de développement durable.

Pendant tout le tournage – y compris les scènes à Albuquerque et Amsterdam – l’équipe du tournage s’est conformée aux recommandations du Guide de tournage éco-responsable de la Producers Guild of America. Les acteurs et l’équipe technique ont soutenu cette initiative et y ont largement contribué.

Sous l’impulsion de Mari Jo Winkler-Ioffreda, leurs efforts conjoints ont permis de réduire les déchets et la consommation d’énergie et de bénéficier aux habitants, ce qui en fait un des tournages les plus écologiques de l’histoire. Parmi les réussites du film, on peut citer : 74% de déchets évités à New York grâce au recyclage, au compostage et au don de matériaux, 68 000 bouteilles en plastique non consommées grâce à l’utilisation de bouteilles réutilisables, 4270 repas offerts aux centres d’accueil et banques alimentaires, l’utilisation de véhicules hybrides pour réduire la consommation de carburant, la réutilisation de matériaux utilisés sur de précédents tournages… Par conséquent, le film a été récompensé par le NYC Green Film remis par le Maire de New York, et un EMA Gold Seal décerné par la Environmental Media Association.

LAS VEGAS À ALBUQUERQUE

Quand le père de Theo arrive et l’emmène avec lui, le jeune garçon se retrouve coupé du monde dans la lointaine banlieue de Las Vegas, à plus de 4000 kilomètres de la vibrante métropole new-yorkaise. K. K. Barrett explique : “Il est passé des quartiers résidentiels aux coins bohèmes de New York… avant de sortir complètement de la ville. Pour un gamin qui a grandi en ville, c’est un vrai choc non seulement d’être dans le désert, mais d’habiter dans un lotissement perdu au milieu de nulle part. Les maisons sont immenses mais elle n’ont aucun personnalité et aucune âme”.

Elles n’ont pas vraiment d’habitants non plus. Theo, son père et Xandra ont échoué au bout d’un cul-de-sac désert.

Pour les scènes à Las Vegas, tournées aux alentours d’Albuquerque, John Crowley voulait créer un environnement “totalement dépourvu d'histoire, dépouillé et d’un beige délavé”. Il précise :“Je voulais qu’aucun objet ne soit plus vieux que Theo et Boris et que tout, autour d’eux, ait un air totalement étranger. Cette partie du film est une sorte de parodie d’une vie de famille qui aurait été détournée et dénuée d’émotions. Ces deux enfants sauvages se retrouvent donc livrés à eux-mêmes”.

Roger Deakins explique comment lui et son équipe ont accentué la différence entre la métropole et le désert : “La plupart des scènes à Las Vegas ont été tournées volontairement sous un soleil de plomb, pour obtenir cet effet ardent et décoloré. Les intérieurs étaient aussi éclairés avec une lumière crue par opposition aux scènes new-yorkaises qui ont une atmosphère plus sombre et feutrée”. Au-delà de l’éclairage : “Nous avons aussi choisi des objectifs un peu plus larges pour composer des paysages plus ouverts, stériles et hostiles aux yeux de Theo”.

Dans une scène mémorable qui se déroule la nuit, le réalisateur a fait un choix différent. Theo et Boris sont livrés à eux-mêmes le soir de Thanksgiving. Après une conversation bouleversante sur leur sentiment d’abandon et de culpabilité, ils sautent dans la piscine plongée dans le noir. Pour réussir cette scène sous l’eau, Roger Deakins raconte : “On s’est servi d’un système HydroFlex monté sur une grue, une sorte de protection sous-marine pour la caméra Alexa. Je pouvais piloter la caméra depuis la grue, si bien qu'on n’avait pas besoin d’un plongeur. La piscine n’était pas très profonde, à peine 3 mètres, mais on devait installer la caméra au fond de la piscine pour obtenir un angle suffisamment large”.

Un autre défi s’est présenté pour Oakes Fegley et Finn Wolfhard. John Crowley se rappelle : “La nuit, il fait un froid glacial à Albuquerque. On a chauffé un peu la piscine, mais on ne voulait pas qu’il y ait de la vapeur qui sorte, car la piscine n’est pas censée être chauffée. La scène était difficile pour les deux acteurs parce qu’on attendait des gestes très précis de leur part mais ils ne pouvaient pas voir sous l’eau et devaient y aller à tâtons. On s’y est repris à plusieurs fois, et on a donc installé une sorte de jacuzzi de fortune avec de l’eau chaude pour qu’ils se réchauffent entre les prises”.

AMSTERDAM

Amsterdam était le dernier lieu de tournage, et pour les auteurs il était impossible de se contenter d’un substitut. K. K. Barrett confirme : “On ne pouvait pas filmer ailleurs qu’à Amsterdam. Il n’y a aucune ville qui y ressemble même si au départ New York s’appelait la Nouvelle-Amsterdam. C'est l'intrigue qui nous y a conduits et on était emballés d’y aller”.

Roger Deakins se souvient : “À un moment donné, il était question de construire la chambre d’hôtel sur un plateau et d’utiliser un Translight en arrière-plan, mais pour moi il était important que l’arrière-plan soit réel. Finalement, on a tourné dans un appartement que K. K. Barrett a aménagé en chambre d’hôtel. On avait une vue magnifique sur les canaux qui sont tellement typiques d’Amsterdam et donnent au film une vraie authenticité”. L’aide des équipes néerlandaises a aussi été précieuse pour les auteurs qui ont pu tourner tout ce dont ils avaient besoin en seulement cinq jours.

“Le film commence à Amsterdam et atteint son dénouement au même endroit”, note John Crowley. “C’est à cet endroit que le monde de l’art se mêle à celui du crime. C’est Le Chardonneret qui emmène Theo loin du monde raffiné des antiquités de New York, dans un milieu louche et véreux… et plus précisément dans un parking sous-terrain d’Amsterdam”.

LA RÉSOLUTION
Miracle après miracle, il réussit finalement à survivre.” ~ Hobie

Après le tournage, John Crowley s'est attelé à la postproduction, en collaboration avec la monteuse Kelley Dixon et le compositeur Trevor Gureckis.

Le réalisateur remarque : “Nous avons eu la chance de travailler avec Trevor, une étoile montante de la musique, pour la bande originale du film. En guise d’audition, il a écrit douze minutes de musique pour le film, alors qu’il n’était même pas sûr d’être engagé. Mais c’est bien sûr lui qu’on a retenu”.


Trevor Gureckis raconte :“Je voulais créer un maillage musical avec de la musique électro moderne et un orchestre pour souligner le travail remarquable accompli dans les scènes. Je voulais saisir ce que ressentent les personnages”.

Selon lui, le thème central de la musique est inspiré du parcours de Theo : “Il essaie toujours d’atteindre quelque chose. De la même façon, la musique poursuit toujours sa propre résolution : tout le cadre de la composition est conçu autour d’un accord qui n’est jamais résolu jusqu’à un moment paroxystique bien particulier”.

“Trevor a transcrit musicalement l’idée que Roger et moi-même avions eue pour exprimer le rapport de Theo avec les souvenirs de sa mère au Met”, affirme John Crowley : “Il a composé une phrase musicale répétitive qui s'achève à chaque fois sur une note qui n’apporte pas de conclusion mais maintient une certaine tension. Puis, quand on voit le jeune Theo et sa mère, qu’on l’entend parler et qu’on découvre son visage pour la première fois, Trevor laisse en quelque sorte la musique s’envoler”.

Le réalisateur remarque : “C’est une façon de reconnaître tout ce que la mère de Theo lui a transmis avant ce jour fatal – un événement terrible et irréversible. Elle lui a appris à déceler la beauté, la façon dont les beaux objets peuvent s’immiscer dans nos vies et créer des liens entre les êtres à travers le temps. Selon moi, c’est un message très important sur ce qui fait l’essence de notre humanité”.  


Source et copyright des textes des notes de production @ Warner Bros. France

  
#Chardonneret

Autre post du blog lié au film LE CHARDONNERET

jeudi 25 juillet 2019

LE CHARDONNERET



Au cinéma le 18 septembre 2019

Ce film intrigue parce qu'il mêle drame et mystère. De plus, son casting donne aussi envie de le découvrir.

Un film réalisé par John Crowley
Avec Ansel Elgort, Nicole Kidman, Oakes Fegley, Aneurin Barnard, Finn Wolfhard, Sarah Paulson, Luke Wilson, Jeffrey Wright...


Résumé : Theodore "Theo" Decker n'a que 13 ans quand sa mère est tuée dans une explosion au Metropolitan Museum of Art. Cette tragédie va bouleverser sa vie : passant de la détresse à la culpabilité, il se reconstruit peu à peu et découvre même l'amour. Tout au long de son périple vers l'âge adulte, il conserve précieusement une relique de ce jour funeste qui lui permet de ne pas perdre espoir : un tableau d'un minuscule oiseau enchaîné à son perchoir. Le Chardonneret.

Bande annonce (VOSTFR)


Quelques photos du film

Crédit photo : Nicole Rivelli




Crédit photos : Macall Polay
Copyright photos : © 2018 WARNER BROS. ENTERTAINMENT INC. 
AND AMAZON CONTENT SERVICES LLC

  
#Chardonneret

vendredi 7 juillet 2017

BABY DRIVER



Action/Policier/Fun, cool et attachant

Réalisé par Edgar Wright
Avec Ansel Elgort, Kevin Spacey, Lily James, Jon Bernthal, Eiza Gonzalez, Jon Hamm, Jamie Foxx...

Long-métrage Britannique 
Durée : 01h53mn
Année de production : 2017
Distributeur : Sony Pictures Releasing France 

Avertissement : des scènes, des propos ou des images peuvent heurter la sensibilité des spectateurs

Date de sortie sur les écrans britanniques : 28 juin 2017
Date de sortie sur nos écrans : 19 juillet 2017


Résumé : Chauffeur pour des braqueurs de banque, Baby ne compte que sur lui-même pour être le meilleur dans sa partie. Lorsqu’il rencontre la fille de ses rêves, il cherche à mettre fin à ses activités criminelles pour revenir dans le droit chemin. Mais il est forcé de travailler pour un grand patron du crime et le braquage tourne mal… Désormais, sa liberté, son avenir avec la fille qu’il aime et sa vie sont en jeu…

Bande annonce (VOSTFR)


Extrait - That's my Baby (VOSTFR)


Ce que j'en ai penséBABY DRIVER est un film d'Edgar Wright, à n'en pas douter. 

Edgar Wright, le réalisateur de BABY DRIVER
Ce réalisateur a une patte et elle s'exprime pleinement dans ce long-métrage. Il est très doué pour filmer l'action et il aime les dialogues. Alors, non, BABY DRIVER ne se compose pas uniquement de scènes d'action / poursuite, même si elles sont bien présentes et furieusement sympathiques. 


Edgar Wright prend le temps de poser son histoire. Le présent, le passé et le futur de son personnage principal prennent forme grâce à des moments d'échanges et de discussions entre les protagonistes, ainsi que par le biais de courts flashbacks. Le drame est sous-entendu, mais les situations ne sont pas larmoyantes. On comprend les enjeux, le scénario est clair et fluide. Tout s'explique : de l'instinct pour une conduite inventive, sportive et diablement efficace jusqu’à l'écoute permanente de la musique. Dans le fond, tout est simple et c'est aussi le talent de ce réalisateur de mettre en place une très énergique et soignée mise en scène pour exprimer des émotions concrètes et communes : la peine, l'amour, la haine, la peur. 

BABY DRIVER n'est pas un blockbuster. Dans l'esprit, c'est un film indépendant, décalé, original. Il navigue entre improbabilité et humanité. C'est un équilibre délicat, mais parfaitement maîtrisé par le réalisateur. Il y a un petit côté film noir, une touche de roman graphique, un zeste de gore, une bonne dose de romance, une goutte de comédie musicale... Un vrai mélange de genres. Sans oublier une bande originale aux petits oignons qui s'ajuste à l'humeur du moment.

Le casting répond parfaitement aux différents styles imposés par le scénario.
Ansel Elgort a la bouille qu'il faut pour interpréter Baby, son personnage. Il est à la fois impeccable quand Baby est hyper bon dans quelque chose ou heureux, mais aussi quand il est pris au piège, stressé ou malmené.



Kevin Spacey est un Doc froid, calculateur et qui a une relation très particulière avec Baby. Cet acteur sait faire swinguer l'ironie et le cynisme.


Lily James interprète Debora, une jeune femme sensible et douce qui semble venir d'une autre époque, ce qui correspond impeccablement à Baby.


Eiza Gonzalez interprète Darling et Jon Hamm interprète Buddy. Ces deux-là forment un duo fusionnel et dangereux.


Jamie Foxx interprète Bats, un type qui est heureux d'être du mauvais côté de la loi, peu confiant et facilement irritable. Il est très à l'aise dans ce rôle un peu barré.


BABY DRIVER est un film à la personnalité originale et spécifique. L'habileté de son réalisateur en fait un long-métrage très cool, fun et touchant. N'hésitez pas à monter à bord. Edgar Wright est au volant ; vous êtes entre de bonnes mains. 


NOTES DE PRODUCTION 
(Á ne lire qu'après avoir vu le film pour éviter les spoilers !)
« C’est un bon garçon, et un sacré pilote. »
UN DÉMON AU VOLANT AVEC UN VISAGE D’ANGE

En mêlant vitesse et playlist hors norme, le scénariste et réalisateur Edgar Wright nous offre avec BABY DRIVER un film inclassable, unique en son genre.

Chauffeur pour des braqueurs de banques, Baby (Ansel Elgort) transporte des criminels endurcis d’un point A à un point B. Pilote intrépide et remarquablement doué, il a toujours de la musique dans les oreilles. Pourquoi ? Parce qu’il synchronise son itinéraire au rythme de morceaux spécifiques, soigneusement sélectionnés sur son iPod. Ses virages en épingle à cheveux, ses changements de vitesse et ses manoeuvres d’évasion prennent alors des allures de chorégraphie minutieusement chronométrée qui laisse ses passagers pantelants.

Baby travaille pour Doc (Kevin Spacey), un baron du crime organisé qui enchaîne avec succès d’audacieux braquages de banque en plein jour et doit en grande partie la réussite de ses plans à son chauffeur, en qui il a toute confiance. La bande de Doc se compose de Buddy (Jon Hamm), ancien pro de Wall Street devenu hors-la-loi, Darling (Eiza Gonzalez), sa jeune et scandaleuse complice sans foi ni loi, et Bats (Jamie Foxx), un tireur hors pair mais impulsif dont les doutes sur Baby, son attitude et ses aptitudes, créent des remous au sein d’une organisation jusqu’alors bien rodée.

Avec ses lunettes noires, son allure nonchalante et ses écouteurs vissés aux oreilles, Baby a des airs de gamin dépassé par la situation, mais ses talents de pilote sont inégalés. Pourtant, le fait que l’on fasse de plus en plus souvent appel à lui pour ce genre d’opérations commence à peser sur sa conscience, surtout lorsqu’il tombe sous le charme d’une jolie serveuse, Debora (Lily James), et qu’un braquage voué à l’échec menace sa chance de connaître l’amour et le bonheur loin de ce dangereux milieu…

Avec ses prouesses automobiles à couper le souffle, BABY DRIVER puise son inspiration dans des films d’action qui captivent les spectateurs depuis que Steve McQueen a révolutionné le genre au volant de sa célèbre Mustang, pour nous offrir une équipée sur les chapeaux de roues que seul Edgar Wright pouvait imaginer...

QUI EST BABY ?

Il est cool mais un peu naïf, jeune mais doté d’une certaine sagesse. Il fait parfois l’idiot mais sait se montrer sérieux lorsque c’est nécessaire. C’est un as du volant mais il n’est pas toujours conscient des conséquences de ses actes : voici Baby, incarné par Ansel Elgort, un personnage créé par Edgar Wright pour permettre aux spectateurs de vivre par procuration la vie d’un criminel, mais également d’en éprouver la dure réalité.
Le réalisateur déclare : « Le film est structuré de manière à donner d’abord une image idéale de ce que c’est qu’être un chauffeur de braqueurs… mais le rêve vire rapidement au cauchemar. La course-poursuite qui ouvre le film est un petit bijou de précision. Tout se passe parfaitement. Mais très vite, les choses tournent mal et les conséquences ne tardent pas à se faire sentir. Les nuages s’amoncèlent progressivement tout au long du film, et à un moment ou à un autre, le vent va tourner pour Baby. »

Le Baby qu’on rencontre au début du film – pilote hors pair dissimulé derrière ses lunettes noires et scotché à son iPod – est le parfait criminel en herbe. Edgar Wright commente : « Ce gamin est surdoué mais il préfère rester en marge du groupe, il s’assied littéralement le plus loin possible de ses partenaires parce qu’il ne tient vraiment pas à faire partie de la bande. Il pense, à tort, qu’il peut leur servir de chauffeur sans être lui-même un criminel. Après tout, il n’est que coursier et ne fait rien de mal. Les scènes d’action illustrent en quelque sorte le métier de Baby, et comme beaucoup de gens, au travail, il se cache derrière un personnage. Lorsqu’il rentre chez lui, en revanche, il est très différent. »

Pour créer le rôle, le réalisateur s’est imaginé une variation sur les personnages ténébreux ou mutiques personnifiés par Clint Eastwood et Steve McQueen, tout en s’attachant à montrer que ce n’est qu’une façade. Il explique : « De prime abord, on rencontre un jeune homme qui assure dans son métier, mais très vite on découvre le vrai Baby. Le fait qu’il soit si doué pour cette profession qu’il ne devrait pas exercer crée une dichotomie très intéressante. »

La musique choisie par Baby est, selon Edgar Wright, révélatrice de cette double personnalité. Le fait qu’il écoute de la musique à plein volume pendant ses missions a peut-être l’air cool, mais cela masque en réalité une déficience liée à une tragédie. Le cinéaste raconte : « Il souffre d’un acouphène, un sifflement constant dans l'oreille causé par un accident de voiture survenu lorsqu’il était enfant. Cela ne l’incite pas à parler car les gens qui souffrent de troubles de l’audition sont parfois peu à l’aise avec la parole. Pour noyer ce sifflement, il écoute donc de la musique. C’est une sorte de doudou qui tourne à l’obsession. Il doit littéralement mettre toute sa vie en musique parce qu’il est incapable de faire quoi que ce soit sans elle. »

Baby est encouragé par son père adoptif, un homme âgé et sourd (CJ Jones), à laisser ses activités criminelles derrière lui. Sa rencontre avec Debora (Lily James), une jeune fille aussi jolie que gentille, l’aide à prendre davantage conscience qu’il fait fausse route et que sa vie pourrait être autrement plus agréable. Il lui faut franchir le pas et couper les ponts avec ses associés, mais à quel prix ?

Edgar Wright déclare : « J’aimais beaucoup l’idée d’un personnage qui doive choisir entre ce pour quoi il est doué et ce qu’il aspire à être. »

CEINTURE, CONTACT… PLAY !

Edgar Wright avait 21 ans lorsqu’il a découvert « Bellbottoms » de Jon Spencer Blues Explosion, et il se souvient avoir pensé que ce morceau se prêterait merveilleusement bien à une course-poursuite en voiture.

Plusieurs années plus tard, le cinéaste a enfin pu mettre cette course-poursuite en scène dans un film qu’il qualifie de « projet de rêve réalisé avec passion ». Il explique : « BABY DRIVER rassemble deux de mes plus grandes passions. J’ai toujours rêvé de faire un film d’action dont la musique soit le moteur. » Avec les producteurs Nira Park, Eric Fellner et Tim Bevan, le réalisateur a entrepris de fusionner les thèmes ciselés de son thriller d’action pour donner vie à une expérience cinématographique à la chorégraphie unique.
Il commente : « Bien qu’il y ait de la musique et que les scènes soient chorégraphiées, il ne s’agit en rien d’une comédie musicale classique ! Il a fallu qu’on maintienne le ton à la fois intense et haletant, mais surtout divertissant, du film. »

Bill Pope, le directeur de la photographie du film et collaborateur de longue date d’Edgar Wright, précise : « BABY DRIVER est une comédie musicale postmoderne. Il n’y a donc ni chansons, ni numéros dansants, mais le film est rythmé par la musique. »

Connu pour l’originalité de ses films, Edgar Wright prend plaisir à imaginer et façonner des oeuvres uniques. Bill Pope poursuit : « Les films d’Edgar sont toujours exigeants et complexes – en particulier celui-ci. BABY DRIVER ne se contente pas de mettre en scène un braquage de banque avec une fusillade, la police qui débarque et des collisions en tout genre. Il y a de la pluie, des éclairs, le tout synchronisé avec de la musique, de sorte que les essuie-glaces balayent le pare-brise en rythme, que les personnages meurent en rythme et que les coups de feu sont tirés en rythme. Et tout cela généralement dans un seul et même plan. C’est un projet très audacieux. »

L’une des séquences les plus impressionnantes du film a été tournée dès le premier jour du tournage. Le chorégraphe Ryan Heffington raconte : « Il s’agit d’une scène tournée en une seule prise dans laquelle Baby parcourt trois pâtés de maison en plein coeur de la ville. Chaque passant, serveur, enfant ou chien qu’il croise suit une chorégraphie millimétrée. C’est une sorte de réalité alternative où tout a l’air vrai mais où tout est en fait chronométré et synchronisé. »

La productrice Nira Park déclare : « Le film n’est pas seulement mis en musique parce qu’Edgar aime la musique, c’est un moyen de placer les spectateurs dans la peau du personnage principal pour leur faire découvrir le monde à travers son regard… et ses oreilles. Pour surmonter son passé traumatique, Baby se distancie du monde qui l’entoure en écoutant constamment de la musique sur des iPods volés. »

Elle poursuit : « Il s’agit d’un thriller d’action filmé de manière inédite. Il y a des courses-poursuites automobiles, d’intenses séquences d’action et des fusillades qui se déroulent au rythme des 30 chansons qu’Edgar a sélectionnées avant de finaliser le scénario. »

Quatre ans avant le début du tournage principal, Edgar Wright et le monteur Paul Machliss ont en effet rassemblé une playlist de plus de 30 titres qui ont inspiré le scénario du film. Le réalisateur explique : « La musique a toujours fait partie intégrante de mon travail, mais j’ai eu envie d’aller encore plus loin en mettant en scène un personnage qui en écoute constamment. »
Ansel Elgort, qui interprète le rôle-titre, a très vite pris conscience du caractère singulier du projet. Il raconte : « Le scénario m’a été remis sur un iPad qui contenait de petites émoticônes aux couleurs du film sur lesquelles on pouvait cliquer pour écouter la musique qui accompagnerait les scènes. La musique était le moteur du scénario, comme c’est le cas dans le film. En le lisant, on pouvait déjà se faire une idée du tempo des scènes. »

Jon Hamm, qui incarne Buddy, l’un des braqueurs, ajoute : « L’élément musical du film est vraiment intéressant et permet à Edgar d’exploiter pleinement toutes ses compétences. »

Darrin Prescott, le réalisateur de la deuxième équipe et coordinateur des cascades du film, déclare : « Edgar est un véritable visionnaire. Son style est résolument unique et ce projet témoigne de son extraordinaire créativité. Lorsqu’il m’en a parlé, je me suis tout de suite dit que chorégraphier une scène de fusillade ou de poursuite en voiture sur un morceau de musique ferait un fantastique exercice pour des étudiants en cinéma. Ce que nous faisons dans ce film n’a rien d’évident. Cela demande beaucoup de finesse. Je pense que l’on peut regarder BABY DRIVER encore et encore et découvrir à chaque fois quelque chose qui nous avait échappé jusque-là car son degré de complexité est absolument extraordinaire – et n’a rien à envier aux autres films d’Edgar. »

Pour les scènes de braquage, le réalisateur a fait appel au consultant technique Joe Loya qui, au début des années 90, a été condamné et emprisonné pendant sept ans pour le cambriolage d’une banque. Joe Loya est l’auteur de The Man Who Outgrew His Prison Cell: Confessions of a Bank Robber, et c’est cet ouvrage qui a poussé Edgar Wright à le rencontrer. Nira Park déclare : « Joe Loya nous a aidés à rendre chaque braquage plus authentique. En raison de la nature du film, Edgar tenait à ce qu’ils soient très réalistes et crédibles. »

LA PARFAITE BANDE DE BRAQUEURS

Edgar Wright a commencé à réfléchir à la distribution de BABY DRIVER plusieurs années avant que le film n’entre en production. Bien qu’il ait initialement imaginé que Baby était petit – « Parce que je suis moi-même petit ! » explique-t-il en riant – le réalisateur confie que sa rencontre avec Ansel Elgort lui a fait prendre conscience que le jeune acteur était le seul capable d’incarner le rôle-titre.

Il déclare : « Ce qui m’a vraiment plu chez Ansel, c’est sa passion pour la musique et le fait qu’il sache jouer de plusieurs instruments. L’une de mes scènes préférées est celle où il écoute Dave Brubeck, ses écouteurs sur les oreilles, et se met à jouer du piano sur la table. Il y a quelque chose de vraiment séduisant et d’hypnotique à regarder cet acteur de 21 ans se laisser emporter par ce morceau de jazz des années 1950. Ansel est tout simplement fascinant. »

L’acteur explique que c’est grâce à leur amour commun pour la musique qu’Edgar Wright et lui se sont immédiatement si bien entendus. « Edgar et moi nous sommes rencontrés à Los Angeles, et tout au long du déjeuner, nous n’avons fait que parler musique. À l’époque, j’ignorais tout du film, mais une chose était sûre : nous partagions tous les deux la même passion pour la musique. »

Edgar Wright déclare : « Ansel est obsédé par la musique, tout comme son personnage dans le film, dont la vie est tout entière gouvernée par la musique – Baby vit au rythme des titres qu’il écoute. Ansel a en outre suivi une formation de danseur, et puis c’est un formidable acteur et un garçon très sympathique. »

Ansel Elgort était très enthousiaste à l’idée d’incarner Baby. Il explique : « J’ai beaucoup aimé le caractère iconoclaste du rôle. Comme il sert de chauffeur à des braqueurs de banque, il a fallu que je prenne des leçons de pilotage, et comme son père adoptif est sourd, j’ai dû apprendre la langue des signes. Et puisque la musique est le moteur de sa vie, la danse et la chorégraphie ont donc constitué un défi supplémentaire. »

Son partenaire, Jon Hamm, qui joue Buddy, ajoute : « Baby doit constamment faire ses preuves auprès des différents criminels recrutés par Doc. Les violents et dangereux individus rassemblés pour réaliser ces coups sont tous stupéfaits de voir débarquer ce gamin. »

Il poursuit : « Cependant, Buddy comprend très vite que Baby est extrêmement compétent. Les braqueurs professionnels dépendent de celui qui les dépose sur place et leur permet de s’enfuir aussi vite et efficacement que possible. Et Baby doit leur montrer qu’il en est capable, et vite. »

L’acteur explique : « Ansel est confronté à un défi de taille dans ce film. Baby est un personnage qui vit dans son monde, il porte des lunettes de soleil, il a des écouteurs dans les oreilles et ne parle quasiment pas, et ça n’est pas évident de donner vie à un personnage à travers la musique qu’il choisit en fonction des situations. Durant le premier braquage, on le voit se déchaîner sur du rock pendant que les autres brandissent des armes et que des gens hurlent. Il y a quelque chose d’étrangement décalé chez Baby, mais aussi une mystérieuse capacité à travailler avec ces criminels. »

Pour Lily James, qui incarne Debora, la petite amie de Baby, Ansel Elgort confère à son personnage une profonde humanité. Elle déclare : « On s’attache à Baby parce qu’il a du coeur, comme le montre la magnifique relation qui le lie à Joe, son père adoptif. Il fait ce métier pour que Joe et lui puissent avoir une vie meilleure, c’est pourquoi on a envie qu’il s’en sorte sans être totalement corrompu par ce terrible milieu. Je trouve la performance d’Ansel magistrale, il est à la fois vulnérable et cool. »

Edgar Wright a toujours considéré BABY DRIVER comme un film choral, ce qui a dicté le choix du reste des interprètes, car si Baby aimerait bien échapper à ses collègues de travail, il ne le peut pas. Le réalisateur commente : « L’idée était de placer ce garçon solitaire dans une bande à laquelle il ne tient pas vraiment à appartenir. »

Cette fine équipe est dirigée par Doc, le baron du crime et cerveau des opérations, qui cherche de vrais professionnels qui prennent leur mission au sérieux et non des casse-cous à la recherche de sensations fortes. Le très sérieux criminel est incarné par l’acteur oscarisé Kevin Spacey, qui a dernièrement captivé les téléspectateurs dans le rôle du calculateur Président Francis Underwood dans « House of Cards », la série à succès de Netflix.

Edgar Wright est fan de Kevin Spacey depuis GLENGARRY, SEVEN et USUAL SUSPECTS. Il déclare : « J’avais une liste d’acteurs en tête pour le rôle, mais Kevin était le graal absolu et j’ai eu la chance incroyable qu’il accepte de prendre part au film. J’ai pris l’avion pour Baltimore et je l’ai rencontré alors qu’il tournait « House of Cards ». Je n’en suis pas revenu lorsqu’il m’a dit qu’il acceptait le rôle ! J’étais impatient de le voir s’approprier les dialogues que j’avais écrits. C’est un plaisir de voir Kevin jouer les méchants. Quoi qu’il fasse, il est toujours formidable. »

Le réalisateur ajoute : « Doc est quelqu’un de réfléchi, c’est le leader de la bande. J’imagine que s’il ne braquait pas des banques, il ferait un remarquable coach parce qu’il réussit à rassembler de dangereux criminels, des sociopathes, des psychopathes, et Baby au sein d’une même équipe. »

Jamie Foxx, qui interprète Bats, l’un des braqueurs, déclare : « Doc est une sorte de marionnettiste et Kevin l’incarne à la perfection en lui conférant beaucoup d’épaisseur. C’est un acteur talentueux qui est capable d’insuffler de la vie à n’importe quel personnage complexe. »

Bien que Doc ait la mainmise sur Baby, il n’est pas entièrement insensible à la situation du jeune homme. Le réalisateur explique : « Il fait partie de ces horribles figures paternelles qui peuvent, dans de rares moments, se montrer bienveillants, mais qui exercent le reste du temps une influence néfaste sur leurs protégés. »

Une fois la tête pensante et le chauffeur de la bande en place, la production s’est mise en quête du reste de la clique. Ses membres se devaient d’être menaçants et impressionnants, tout en étant capables de se déplacer en rythme. La productrice Nira Park déclare : « Rassembler une distribution d’ensemble est très difficile. Pour ce film, il a fallu que nous trouvions sept braqueurs et braqueuses, y compris Baby dans le rôle du chauffeur. Et les personnages ont des profils très différents : certains sont menaçants, d’autre réfléchis, d’autres encore impulsifs, mais nous avions aussi besoin d’acteurs capables de se déplacer au rythme de la musique. »

Le seul rôle du film écrit avec un acteur en tête était celui de Buddy, qu’Edgar Wright réservait à Jon Hamm. La star de « Mad Men » primée aux Emmy Awards a participé à la toute première lecture du film en 2012.

Jon Hamm explique : « Je connais Edgar et admire son travail depuis longtemps. Il m’a demandé de participer à la lecture de la première version du scénario et j’ai immédiatement été séduit par le projet. C’était cinq ou six ans avant le tournage. Je suis tout de suite tombé sous le charme du script, j’étais convaincu qu’il s’agissait d’une idée intéressante qui pourrait donner quelque chose d’incroyable. »

L’acteur était très enthousiaste à l’idée de rejoindre l’équipe du film et de jouer les criminels après avoir incarné l’agent du FBI Adam Frawley dans THE TOWN. Il explique : « C’est très plaisant d’interpréter un méchant impénitent ! »

Plus connu pour le rôle emblématique de Don Draper, le publicitaire des années 1960 de « Mad Men », Jon Hamm confie désormais aspirer à autre chose. « Depuis « Mad Men », je cherche à incarner des personnages à l’opposé, ou tout du moins différents, de Don qui était très propre sur lui et élégant, même s’il avait aussi un côté sombre. Et Buddy illustre bien le changement auquel j’aspirais. »

À l’instar de son interprète, Buddy est en quête de changement. Jon Hamm commente : « Buddy était un brillant courtier qui a pris toute une série de piètres décisions qui l’ont fait basculer du mauvais côté de la loi. Il met désormais son intelligence et son charme au service de la criminalité. »

Il poursuit : « Buddy et sa petite amie, Darling, mènent une existence de criminels exaltante et romantique, bien qu’inévitablement tragique, avec tout ce que cela comporte d’excitation, mais aussi de danger. »

Edgar Wright a confié le rôle de Darling, une brune sexy, à Eiza Gonzalez, sur les conseils de son ami, le réalisateur Robert Rodriguez. Il raconte : « Robert m’a incité à rencontrer Eiza en me disant combien elle était talentueuse. Et il avait raison. Eiza est absolument sublime mais elle est aussi adorable et très drôle, et lorsqu’elle se déchaîne, elle est redoutable. Jon et elles sont assez similaires à cet égard dans le film. Ils ont l’air plutôt sympathiques comme ça, mais lorsqu’ils sont à leur tour menacés, c’est effrayant de voir ce dont ils sont capables. »

Eiza Gonzalez déclare : « Ce qui m’a plu, c’est le caractère unique de Darling. Elle est un peu folle et légèrement déconnectée de la réalité – ce que sont sans doute tous les criminels. Il faut forcément être un peu déconnecté pour être capable de braquer des banques et de tuer des gens. J’ai aussi beaucoup aimé sa féminité assumée. »

L’actrice poursuit : « Je tenais vraiment à me glisser dans la peau d’une femme pour qui le monde de la criminalité n’a plus aucun secret, j’ai donc fait des recherches sur Candice Martinez, surnommée le « The Cell Phone Bandit » parce qu’elle était toujours au téléphone pendant ses braquages. Il était important pour moi d’essayer de comprendre ce qui l’avait poussée à choisir ce mode de vie, j’ai donc lu tout ce que j’ai pu trouver sur elle afin d’en savoir le maximum sur son histoire, son passé et d’où elle venait. »

Au sein de l’équipe tournante de braqueurs de Doc figure aussi Bats, un dur à cuire pointilleux. Edgar Wright déclare : « Bats est sans doute le personnage que j’ai pris le plus de plaisir à écrire. C’est probablement le pire de cette bande de criminels endurcis. »

Le personnage le plus désaxé du film est interprété par l’acteur oscarisé Jamie Foxx. Edgar Wright commente : « J’étais aux anges lorsque Jamie a accepté le rôle. Il confère énormément de charme à Bats, mais ce charme n’est qu’une façade pour faire baisser la garde à ses ennemis. C’est le genre de type qui se rapproche de vous pour mieux vous planter un couteau dans le dos. Jamie est magnétique et Bats est un séduisant sociopathe à qui l’on ne peut absolument pas faire confiance. Baby comprend très vite que son arrivée au sein de l’équipe n’apportera que des ennuis et il fait ce qu’il peut pour garder ses distances. J’aimais l’idée de Jamie dans le rôle de cet agent du chaos qui prend plaisir à semer la pagaille. »

L’acteur aux multiples talents déclare : « Je n’avais jamais reçu un scénario comme celui-ci auparavant et j’ai été impressionné par la volonté d’Edgar de mener à bien un projet aussi original et unique. Bats est en fait un personnage assez simple. Il est là pour gagner de l’argent, pas pour se faire des connaissances ou des amis. Et si le moindre problème se pointe, il a une manière toute personnelle de régler ça. »

Avant que Bats ne rejoigne la bande de Doc, le Monsieur Muscle de l’équipe du premier braquage est Griff, interprété par Jon Bernthal. L’acteur confie avoir pris plaisir à relever le défi unique de ce rôle, à l’opposé de celui du justicier, le Punisher, qu’il tient sur Netflix.

Il déclare : « Griff est un emmerdeur. Il est très difficile à gérer, mais mieux vaut l’avoir comme allié que comme ennemi. Ces individus évoluent dans un monde où la réputation fait office de carte de visite, ils n’ont rien de criminels à la petite semaine. »

La bande des braqueurs est complétée par Lanny Joon et Flea, le bassiste des Red Hot Chili Peppers qui connaît bien Edgar Wright et était très enthousiaste à l’idée de rejoindre l’équipe du film. Il explique : « J’ai été époustouflé par le scénario. La vision déjantée, unique et cool d’Edgar pour ce film m’a tout de suite conquis. Et puis il est rare que la musique, l’action et les émotions soient imbriquées comme elles le sont ici. »

Il poursuit : « La musique est ce qu’il y a de plus important dans ma vie et Edgar lui a donné une place déterminante dans son film. C’est un concept très intéressant et passionnant. J’ai pris beaucoup de plaisir à voir Edgar mener ce projet à bien. »

Une fois tous les rôles de criminels du film distribués, trouver l’actrice pour interpréter Debora, la douce serveuse qui fait naître en Baby l’espoir d’une vie meilleure, a également comporté son lot de difficultés. Edgar Wright a finalement trouvé la candidate idéale en Lily James, l’actrice britannique que l’on a récemment pu voir dans le rôle-titre de CENDRILLON pour Disney.

Edgar Wright raconte : « Lily m’a complètement envoûté. Lors son audition, elle a fait ce qu’elle fait dans le film. Elle habite pleinement ce personnage, ce rayon de soleil dans la vie par ailleurs assez morne de Baby. J’ai envoyé la vidéo de son audition à mon directeur de la photo, Bill Pope, dont je respecte infiniment l’avis, en particulier en ce qui concerne le choix des acteurs. Je ne lui ai pas dit pourquoi je la lui envoyais ni ce que j’en avais pensé, et moins d’une demi-heure plus tard je recevais sa réponse par email. Elle se composait de deux mots : « Engage-la ». »

De son personnage, Lily James dit : « Debora n’a pas de perspective d’avenir dans son travail et il est évident qu’elle n’a aucune attache particulière. Elle n’a pas de famille, c’est une sorte de nomade qui aimerait échapper à son existence. C’est une rêveuse passionnée de musique, ce qui explique pourquoi Baby et elle s’entendent si bien. »

Au coeur de ce tourbillon de musique et d’action, Baby trouve refuge et affection auprès de Joe, son père adoptif qui lui sert également de conscience. Celui-ci est incarné par CJ Jones. Joe partage les joies de Baby mais lui rappelle aussi que le crime ne paie pas. Les cinéastes savaient que CJ Jones, acteur sourd de renommée mondiale, serait parfait dans ce rôle crucial.

Nira Park déclare : « CJ est une véritable source d’énergie positive et son alchimie avec Ansel, qui a dû apprendre la langue des signes puisque le personnage de Joe est sourd, est incroyable. Ce détail confère une dimension très spéciale à la relation entre Baby et Joe, car le jeune homme souffre d’un sifflement constant dans l’oreille, souvenir d’un accident traumatique. Sa relation profonde avec son père adoptif, silencieuse et réconfortante, constitue donc un élément essentiel de sa vie. »

Travailler avec CJ Jones a été une expérience non seulement émouvante et enrichissante mais également très drôle pour Edgar Wright, qui explique : « CJ est un humoriste de stand-up sourd, et il est à mourir de rire. » Le réalisateur ajoute : « Je ne m’y attendais pas, mais diriger CJ m’a permis d’améliorer ma communication. Lorsqu’on travaille avec quelqu’un qui lit sur les lèvres, on prend très vite conscience que la moitié de ce que l’on dit n’a aucun sens ! Il a fallu que j’apprenne à être plus concis et à aller droit au but. J’ai adoré collaborer avec lui. »

Le cinéaste a également rassemblé plusieurs stars du rock qui font de brèves apparitions dans le film. On peut reconnaître entre autres Jon Spencer – dont le titre « Bellbottoms » occupe une place prépondérante dans le film – Big Boi, Killer Mike, Sky Ferreira (qui tient le rôle de la mère de Baby dans un flashback) et Paul Williams. Edgar Wright commente : « J’ai pensé qu’il serait amusant de faire intervenir des musiciens dans le film en raison de la place qu’y tient la musique. »

Big Boi déclare : « Edgar, dont j’admire beaucoup le travail, est fan d’OutKast et de ma musique. Il m’a contacté directement et j’ai immédiatement accepté de faire une apparition dans le film. »

Killer Mike était lui aussi très enthousiaste à l’idée de prendre part au projet, notamment en raison de la place centrale de la musique. « J’aime beaucoup les films dans lesquels la musique joue un rôle aussi important, cela apporte toujours quelque chose de plus tout en faisant avancer l’action. Et puis en tant que musicien, ça ne pouvait que me plaire. C’est un pur bonheur de contribuer à un tel projet. »

TOUS LES CURSEURS À FOND

La musique, en particulier celle choisie par le personnage principal, joue un rôle si important dans BABY DRIVER qu’il n’est pas surprenant qu’Edgar Wright ait sélectionné des morceaux avant même d’avoir entamé l’écriture du scénario. Des titres tels que « Bellbottoms » de Blues Explosion, « Neat Neat Neat » de The Damned, « Brighton Rock » de Queen et « Hocus Pocus » de Focus lui ont inspiré des séquences extrêmement chorégraphiées. Il déclare : « Ces chansons ont façonné les scènes qu’elles accompagnent. « Bellbottoms » par exemple, a une longue intro de deux minutes avant d’atteindre sa pleine puissance, ce qui est parfait pour un chauffeur qui attend ses complices à l’extérieur d’une banque. Et au bout de ces deux minutes, l’action démarre sur les chapeaux de roues. »

Mais les courses-poursuites automobiles ne sont pas les seules séquences du film à avoir été réglées avec une extrême précision sur de la musique. Baby parcourt en effet les rues d’Atlanta pour aller chercher son café quotidien au rythme de « Harlem Shuffle », et même les fusillades sont synchronisées avec certains morceaux. Edgar Wright commente : « L’idée originale était de réaliser un film d’action qui repose entièrement sur la musique. C’est elle qui est le moteur de l’histoire. »

Il était donc crucial de s’adresser au meilleur chorégraphe qui soit, c’est pourquoi l’équipe a fait appel à Ryan Heffington. Plus connu pour son travail sur les clips vidéo de « Chandelier » de Sia et « We Exist » d’Arcade Fire, le chorégraphe a volontiers accepté de relever le défi et de rejoindre l’équipe de BABY DRIVER, qui constitue son premier long métrage. Ryan Heffington a été assisté dans sa mission par Ryan Spencer. Danseur depuis l’âge de 3 ans, ce dernier se produit et chorégraphie des spectacles aux États-Unis et à l’international depuis l’âge de 15 ans.

Ryan Heffington déclare : « Edgar sait exactement ce qu’il veut et connaît chaque détail du film, mais cela ne l’empêche pas de s’en remettre à son équipe. Il m’a fait entière confiance, ce qui fait de lui un formidable collaborateur et un remarquable réalisateur. »

Il poursuit : « Notre travail a principalement été guidé par l’histoire. Edgar n’a pas hésité à nous dire ce qu’il voulait en termes de mouvement, de timing et d’ambiance, mais j’ai tout de même pu proposer de nombreuses idées et des mouvements originaux. Je pense qu’avec la réalisation d’Edgar, cela va beaucoup enrichir le film. »

À l’instar de ses six complices, Ansel Elgort avait déjà de l’expérience dans le domaine de la musique et de la chorégraphie avant de prendre part au film – un point essentiel pour les producteurs. Nira Parks explique : « Pour incarner ces braqueurs, nous savions qu’il serait nécessaire de faire appel à des acteurs possédant une expérience de la rythmique et capables d’apprendre la chorégraphie si vitale au fonctionnement du film. »

Ryan Heffington ajoute : « Les acteurs ont tous travaillé d’arrache-pied pour chorégraphier leurs scènes, mais j’espère que cela semblera facile à l’écran car notre but était de faire en sorte que cela paraisse naturel. »

Edgar Wright qualifie le chorégraphe « d’incroyable génie » car il a aidé les acteurs à aborder le jeu autrement, en comptant les temps comme le font les danseurs. Il explique : « Lorsque les personnages tirent à l’arme à feu en mesure avec la musique, par exemple, Ryan a fait mémoriser aux comédiens le rythme de la scène. Il allait voir les acteurs pour les aider à se représenter la scène et leur remettre le rythme en tête. Et une fois les images montées sur la musique, cela fonctionne à la perfection. »

Ryan Heffington déclare : « Nous avons commencé les répétitions avec Ansel à Los Angeles environ six mois avant le tournage pour se faire une idée du style et de la personnalité d’Ansel, sans cependant intégrer trop de Baby à ce stade afin de pouvoir déterminer la direction dans laquelle nous allions emmener le personnage. »

À l’âge de 9 ans, la mère d’Ansel Elgort l’a inscrit aux auditions de la School of American Ballet où il a entamé sa formation en danse. Il a ensuite intégré la Fiorello H. Laguardia High School Of Music & Art and Performing Arts et a effectué des stages d’été au Stagedoor Manor, ce qui lui a permis de s’imposer davantage en tant que danseur et acteur. Lorsqu’il ne tourne pas, l’acteur produit également de la dance music sous le pseudonyme d’Ansolo.

L’acteur déclare : « J’ai d’abord passé des auditions classiques où je devais lire des dialogues avant qu’Edgar ne me demande de me mettre à danser puisque Baby se déplace toujours en rythme, que ce soit dans sa tête ou lorsqu’il danse devant un miroir quand personne ne le regarde. »

Ses partenaires ont quant à eux dû apprendre leurs chorégraphies au jour le jour lors du tournage. Ryan Heffington explique : « Il y avait tellement de choses à gérer que nous avons dû travailler dans l’urgence, mais ce sont tous de grands professionnels qui s’en sont parfaitement sortis devant la caméra. »

Nira Park ajoute : « Tout est allé très vite, c’est pourquoi il était impératif que la distribution ait de l’expérience en matière de musique et de rythme afin de pouvoir intégrer rapidement ce qu’il fallait faire. »

Eiza Gonzalez, qui incarne Darling, confie qu’il lui a été difficile d’avoir l’air à l’aise en tirant à l’arme à feu. Elle explique : « Je portais des talons très hauts et je devais tirer tout en respectant le rythme de la musique… pas simple ! »

Pour Ansel Elgort, la musique du film est une extension du personnage de Baby, lequel vit dans son propre monde. « Baby ne possède pas d’ordinateur, il est totalement déconnecté. Sa musique provient des iPods de différentes personnes, ce qui rend sa playlist vraiment unique et différente. »

L’acteur explique qu’il n’avait jamais entendu la plupart des titres qui la composent, mais ajoute que les connaissances encyclopédiques d’Edgar Wright en la matière rendent le film d’autant plus divertissant. « Sur le plan musical, le film part dans tous les sens, ce qui est vraiment enrichissant. Ça vous oblige à rester attentif en permanence. »

Ansel Elgort, qui s’appuie sur son expérience de DJ, déclare : « Un bon DJ est quelqu’un qui est capable de faire danser la foule sans s’en tenir aux tubes, et cette bande originale n’est pas une simple compilation de grands succès. Elle se compose de morceaux très éclectiques et vraiment chouettes. »

L’acteur a également contribué à la musique du film en suggérant une chanson lors de son audition. Le réalisateur raconte : « Je lui ai demandé quel titre il connaissait par coeur, et il m’a répondu « Easy » des Commodores. Il se trouve que je l’avais justement sur ma playlist iTunes. J’ai lancé le morceau et nous nous sommes mis à improviser en rythme. Finalement, j’ai décidé de l’intégrer au film. »

Les acteurs principaux n’ont pas été les seuls à devoir synchroniser leurs mouvements avec la musique. Le chorégraphe Ryan Heffington a également auditionné les figurants de chaque scène et appris aux caméramans à se déplacer autour de l’action.

Edgar Wright a également demandé à son collaborateur de longue date, le chef monteur Paul Machliss, d’être présent sur le tournage afin de monter le film en temps réel de sorte que les coups de feu, les effets lumineux, les mouvements des acteurs et de la caméra ainsi que les cascades automobiles se produisent en rythme avec la musique choisie pour chaque scène. Paul Machliss commente : « À l’exception d’une chanson, nous avons choisi de la musique populaire que nous ne pouvions pas modifier, accélérer ou ralentir. Toute la difficulté a donc consisté à faire en sorte que chaque séquence corresponde non seulement à la durée exacte de la chanson qui l’accompagne, mais qu’elle soit également adaptée à sa cadence. »

Ryan Heffington déclare : « BABY DRIVER est un film qui n’a aucun équivalent. Ce n’est pas une comédie musicale, c’est un genre nouveau qui mêle histoire d’amour, action, courses-poursuites en voiture, violence et danse. C’est un film qui s’adresse à tout le monde d’une certaine manière, et pour ne rien gâcher, il est interprété par des acteurs absolument remarquables. »

PIED AU PLANCHER

L’importance de la vitesse et du pilotage de précision dans l’action de BABY DRIVER a nécessité une chorégraphie millimétrée, des voitures appropriées et une équipe de cascadeurs de haut vol. Edgar Wright et trois storyboarders ont commencé par dessiner les séquences de course-poursuite avant d’en faire des animatiques – des storyboards animés synchronisés sur la musique. Le réalisateur commente : « Les animatiques sont très proches du résultat final. L’étape suivante fait intervenir le chef opérateur, les cascadeurs et l’équipe en charge des effets spéciaux physiques. Ensemble, nous définissons à quel moment il est nécessaire de faire appel à un pilote et à quel autre l’acteur sera au volant, ainsi que les dispositifs nécessaires au tournage de la séquence. »
Ce qu’Edgar Wright ne voulait pas, c’était filmer la scène sous tous les angles en utilisant de nombreuses caméras et se retrouver avec des kilomètres de pellicule à démêler en salle de montage. Il poursuit : « À cet égard, les animatiques ont été une formidable feuille de route, ils nous ont permis de savoir exactement le nombre de plans dont nous avions besoin pour chaque séquence. De cette manière, le rendement est maximum. »

Sur le plan esthétique, il était également important pour le cinéaste de mettre l’accent sur les courses-poursuites de jour afin de créer une tension supplémentaire. De plus, les braquages de banque ont rarement lieu la nuit. Il déclare : « Il est probablement plus pratique de tourner une course-poursuite sur l’autoroute en pleine nuit car il est alors plus facile d’en faire fermer une portion. Filmer de jour est autrement plus difficile, mais je trouvais que ce serait plus impressionnant. »

Pour le choix des voitures, Edgar Wright n’a pas opté pour des véhicules luxueux ou prétentieux mais pratiques, comme le feraient de vrais braqueurs. Sean Ryan, le coordinateur des véhicules du film, déclare : « Chacune des courses-poursuites devait en mettre plein les yeux aux spectateurs, mais surtout être réaliste. Edgar s’est renseigné sur les voitures les plus volées d’Amérique afin de déterminer celles que nous allions utiliser. Il y a plus de 150 véhicules dans le film et chacun d’entre eux a une fonction précise. De plus, à travers ce processus de sélection, les voitures se sont imposées comme des personnages à part entière de l’histoire. »

Le réalisateur déclare : « Les vrais braqueurs de banque choisissent des voitures qu’ils peuvent voler sans que personne s’en aperçoive et les abandonnent pour s’enfuir au volant d’un véhicule de modèle courant. J’ai appris en interviewant de vrais chauffeurs de braqueurs de banque que la clé du succès consistait à voler une voiture capable de se fondre facilement dans la circulation : blanche, grise ou rouge, les couleurs les plus répandues. »

Pour déterminer les capacités de chaque véhicule, l’équipe de pilotes réunie par le réalisateur de la deuxième équipe et coordinateur des cascades de la première équipe Darrin Prescott et le coordinateur des cascades Jeremy Fry a testé les voitures. Sean Ryan les a ensuite modifiées pour qu’elles puissent accomplir sans danger toutes les cascades imaginées par Edgar Wright.

Darrin Prescott déclare : « Ce projet a été passionnant car il est très différent en matière de conduite. Edgar est très collaboratif, il nous a laissé beaucoup de liberté dans le développement et la chorégraphie des cascades et des séquences de pilotage. Nous sommes cependant restés aussi proches de la réalité que possible et n’avons pas eu recours aux effets visuels. »

Pour le premier braquage, c’est une Subaru WRX rouge qui a été choisie. Sean Ryan explique : « Edgar tenait absolument à utiliser cette voiture parce qu’elle est connue pour sa manoeuvrabilité et qu’elle est rapide et nerveuse. C’est le genre de véhicule qui permet de quitter la scène du crime au plus vite. » Le réalisateur ajoute : « Pour les passionnés d’automobile, cette voiture est la reine des rallyes. »

Le coordinateur des véhicules poursuit : « Une fois choisies les voitures pour les braquages, il a fallu déterminer les cascades qu’elles allaient devoir réaliser afin de définir combien d’exemplaires seraient nécessaires et quelles fonctions mécaniques précises leur donner. Nous avons par exemple utilisé quatre Subaru. L’une d’entre elles devait avoir ses quatre roues motrices débrayables afin de pouvoir réaliser un dérapage à 270 degrés avec les roues arrière bloquées, tandis que les roues avant devaient pouvoir être débloquées pour qu’en sortant de la marche arrière, le pilote puisse immédiatement repartir. Tout cela est très technique ! »

Jeremy Fry déclare : « Ces voitures sont dotées d’une transmission intégrale de série, ce qui signifie que lorsqu’on appuie sur l’accélérateur, la puissance du moteur est répartie sur les quatre roues. Si vous avez assez de puissance et que vous appuyez suffisamment fort sur l’accélérateur, les quatre roues se mettent en mouvement simultanément. Sur une voiture à propulsion arrière, seules les roues arrière se mettent en mouvement. C’est ce qui permet de faire des dérapages. Déraper est différent selon que l’on est au volant d’une voiture à quatre roues motrices ou à roues arrière motrices. Pour le film, nous avions besoin de pouvoir passer de l’un à l’autre en fonction des cascades que nous voulions réaliser car certaines manœuvres sont plus faciles à réaliser et plus dynamiques avec un véhicule à propulsion. »

Edgar Wright s’est montré tout aussi pointilleux sur le choix des véhicules des autres braquages. Il a choisi une Chevrolet Avalanche pour le deuxième casse, car dans sa fuite, Baby doit rouler sur un mur de briques, et une Mitsubishi Galant pour le dernier, dont les cascades ne sont pas moins spectaculaires. Sean Ryan déclare : « Il a fallu qu’on modifie beaucoup ces voitures sur le plan technique afin qu’elles répondent aux exigences des cascades voulues par Edgar. »

Pour la voiture du personnage de Kevin Spacey, l’équipe a opté pour une Mercedes-Benz S550, un modèle de prestige qui sied parfaitement à un criminel de la trempe de Doc – même s’il se retrouve finalement entre les mains de Baby. Pour permettre à la voiture de réaliser ce qui lui était demandé, son système informatique a dû être modifié car le véhicule a été conçu pour corriger automatiquement sa trajectoire en cas de perte de contrôle. Sean Ryan commente : « Nous avons filmé d’importants dérapages dans un parking du centre-ville d’Atlanta au volant de cette Mercedes, elle participe à des cascades impressionnantes et assez incroyables. »

Chaque fois que c’était possible, ce sont les acteurs qui ont été placés au volant des véhicules. En amont du tournage, début 2016, Ansel Elgort et Jon Hamm ont suivi une formation de pilotage sous la supervision de Darrin Prescott et Jeremy Fry afin de préparer les scènes dans lesquelles les spectateurs peuvent voir leurs visages. Sean Ryan raconte : « Ils ont travaillé ensemble par intermittence pendant environ un mois pour essayer de préparer Ansel, lui montrer ce que les voitures avaient sous le capot et lui apprendre à les maîtriser. » Une fois la formation terminée, l’acteur, qui possède une Chevrolet Tahoe à la ville, s’est dit prêt à la remplacer par une Subaru maintenant qu’il sait piloter !

Au-delà du pilotage de précision, toute la difficulté du film a consisté à chorégraphier les courses-poursuites sur la musique. Darrin Prescott explique : « Tout a commencé avec la prévisualisation. Nous avons minutieusement cartographié les vrais lieux de tournage et avons reporté ces mesures sur le parking de l’Atlanta Motor Speedway. Nous avons ensuite répété les cascades avec les voitures choisies par Edgar car il fallait qu’on connaisse la chorégraphie exacte des scènes, y compris la manière dont les voitures se déplacent, et leur timing. »

Il poursuit : « Les accrochages et les manoeuvres devaient être synchronisés au rythme des chansons qui accompagnent la scène, et ces morceaux ne peuvent être ni allongés, ni raccourcis, tout devait donc être parfaitement orchestré. »

Certaines des cascades réalisées par les pilotes cascadeurs en décors réels à Atlanta sont totalement inédites. C’est notamment le cas d’une manoeuvre risquée qui consiste à enchaîner deux virages à 180 degrés, le premier dans un sens, le second dans l’autre. Darrin Prescott précise : « La plupart des cinéastes auraient choisi de réaliser cette séquence sur un immense parking avant d’intégrer de faux immeubles en images de synthèse en postproduction. Mais Edgar tenait évidemment à la filmer en plein coeur de la ville ! »

C’est Jeremy Fry, qui a participé à certaines des courses-poursuites les plus impressionnantes du cinéma contemporain, comme celles de JOHN WICK, HIT & RUN et DRIVE, qui a pris le volant pour cette cascade. Darrin Prescott raconte : « Nous avons réalisé cette manoeuvre dans une ruelle étroite du centre-ville d’Atlanta qui ne laissait pas la place à la moindre erreur. La cascade nécessitait que la voiture s’élance à pleine vitesse dans la ruelle, effectue un dérapage serré à 180 degrés entre deux immeubles puis très vite un second pour s’échapper, et Jeremy s’en est brillamment sorti. »

L’acteur Jon Bernthal, dont le personnage se retrouve passager lors de certaines de ces terrifiantes situations, confie : « C’est encore mieux que les montagnes russes ! »

LES COSTUMES

Si Courtney Hoffman est une nouvelle venue au sein de l’équipe créative d’Edgar Wright, elle a cependant une solide expérience et sait l’importance du style vestimentaire pour donner du poids à un film : elle a en effet été saluée pour son travail sur le film de Quentin Tarantino LES HUIT SALOPARDS et sur celui de Matt Ross CAPTAIN FANTASTIC. Elle se souvient de sa première rencontre avec Edgar Wright : « C’est très rare d’avoir affaire à un scénario déjà aussi vivant sur le papier. La volonté de collaboration d’Edgar a tout de suite été palpable. Quand je l’ai rencontré, il m’a demandé de m’asseoir et de lire le scénario en écoutant la playlist qu’il avait sélectionnée. Ça m’a tout de suite plongée dans l’ambiance et ça a été une expérience très particulière et très plaisante. »

La productrice Nira Park était ravie de faire appel à Courtney Hoffman : « Les costumes sont essentiels dans la définition des personnages, et Courtney a apporté au projet de l’audace, du dynamisme, de l’enthousiasme et une solide expérience. Elle a joué un rôle essentiel dans le fait de donner vie à ces personnages. »

La collaboration a joué à plein dès le début du projet. La chef costumière développe : « Edgar est l’un des rares réalisateurs à souhaiter être présent à chaque essayage pour donner son ressenti et ses suggestions sur les costumes en collaboration avec moi et avec l’acteur. Cela a apporté une richesse de détails plus grande encore à chaque personnage. »

Elle poursuit : « L’une des choses qu’Edgar souhaitait, c’était que le public voie dès l’ouverture les voleurs marcher, avec des baskets aux pieds. Ils s’apprêtent à dévaliser une banque, ils ont des baskets et des trench coats noirs – ils sont là pour faire du business. Une des choses qui m’excitait vraiment, c’était de pouvoir explorer en détail ces moments qui définissent le caractère unique de chacun des personnages. Dans cette scène précise, si vous regardez attentivement, vous verrez qu’au-delà des trenchs noirs et des baskets blanches, nous avons ajouté dans les costumes des éléments caractéristiques, propres à la personnalité de chacun. Par exemple, les baskets d’Eiza sont à plateforme. Je voulais que l’on perçoive des indices qui les définissent même s’ils s’efforcent de dissimuler ce qu’ils sont. »

En se basant sur l’idée qu’Atlanta allait pour une fois apparaître sous sa forme et son essence véritable à l’écran, Courtney Hoffman a considéré la ville comme une source d’inspiration première pour les tenues des personnages. « Edgar voulait que son histoire dresse le portrait de la ville dans sa réalité, et c’est un choix très intéressant. Je trouve stimulant de pouvoir utiliser les gens et les rues comme inspiration pour notre palette, et l’une des choses que l’on peut remarquer facilement quel que soit l’endroit où l’on se trouve dans la ville, c’est que les hommes portent des touches de couleur vive. Cela nous a inspirés pour Bats, le personnage de Jamie Foxx, et pour le choix des couleurs en général. Nous avons donc assigné une couleur particulière à chaque personnage et avons développé les tenues à partir de cette couleur. »

La chef costumière poursuit : « Cette approche nécessitait de nous montrer téméraires dans nos choix afin de créer des contrastes dramatiques entre ce que sont réellement les personnages et ce qu’ils prétendent être au sein de leurs environnements. C’était très excitant pour moi d’avoir l’aval du réalisateur, de pouvoir vêtir un personnage en rouge de pied en cap pour une scène, ou avec un sweat-shirt ridicule… J’ai pu tout tenter ! »

Pour Courtney Hoffman, un autre élément important dans l’esthétique du film était l’approche de la pop culture d’Edgar Wright. « Si vous songez à SCOTT PILGRIM et à SHAUN OF THE DEAD, on retrouve une certaine simplicité dans les costumes. Et cette simplicité en devient symbolique. »

« Pour le personnage principal, Baby, nous voulions donner l’impression d’un type ordinaire, qui n’a rien d’ostentatoire ni de riche dans sa façon de s’habiller. C’est un jeune homme, mais il n’est pas branché et ne s’inscrit dans aucun courant, aucune tendance. Nous le voulions contemporain, mais sans lien avec la mode. »

Après avoir essayé plus de 80 vestes, Ansel Elgort, Courtney Hoffman et son équipe ont démonté et recousu « façon Frankenstein » plusieurs modèles afin de créer son look idéal. Un élément plus discret mais néanmoins important a été son t-shirt. La chef costumière explique : « Nous voulions illustrer la transition graduelle de Baby qui, de victime, passe progressivement du côté sombre, littéralement en se salissant les mains. D’où le t-shirt blanc, net au début, puis de moins en moins propre… »

Avec une subtilité que sans doute seul le regard aiguisé des costumiers les plus chevronnés remarquera, les t-shirts blancs des débuts ont ainsi été peu à peu teints en gris, en passant par cinq nuances progressives.

La chef costumière a aimé habiller tous les personnages, mais particulièrement Darling, interprétée par Eiza Gonzalez. Elle confie en souriant : « Eiza porte un manteau de fourrure couleur lilas lors d’une fusillade. Quel autre film peut se vanter d’une chose pareille ? Je me suis vraiment amusée avec les costumes de Darling. »

Le mauvais goût lié au brusque afflux d’argent a été une des influences de ce que portent Darling et Buddy. Courtney Hoffman note : « Inutile de dire qu’Eiza et moi avons décidé que plus les talons seraient hauts, mieux ce serait ! »

Les tenues du gang devaient refléter le fait que ces hommes et ces femmes spécialistes des braquages portent les vêtements qu’ils mettent dans leur vie quotidienne. La chef costumière commente : « Être criminel est un job qui ne nécessite aucune tenue particulière, ils s’habillent normalement en fonction de leurs goûts et de leur caractère. Entre deux braquages, les personnages comme Buddy et Darling fréquentent Atlantic City ou Las Vegas. »

La chef costumière explique quelle réflexion a conduit à la création des costumes de Buddy. « Buddy est le petit ami de Darling, il est plus âgé qu’elle et on sent bien qu’il fait de son mieux pour paraître plus jeune. Il en fait même un peu trop…. Il porte des bijoux, il sort avec une fille bien plus jeune que lui qui a probablement choisi ses vêtements pour lui, et qui l’encourage en lui disant qu’il a l’air sexy habillé comme ça. Il a un côté superficiel ; il a quitté l’univers des affaires où tout le monde était en costume-cravate, maintenant il a le style rock d’un malfrat. »

Bats, le personnage joué par Jamie Foxx, représente le personnage d’Atlanta dont le goût se démarque, Courtney Hoffman a donc choisi pour lui la couleur rouge. « Mon approche a été la même que pour un film en costumes : connaître la période historique, savoir ce qui est vrai ou non, d’où cela vient, et qui porte quoi. »

Pour ses recherches, Courtney Hoffman a commencé par écumer les centres commerciaux, et a interrogé les gens un peu partout pour connaître leurs marques préférées. Puis elle est allée faire son shopping… Elle raconte : « L’une des premières pièces que j’ai trouvées représente parfaitement Bats : c’est ce sweatshirt avec des cartes à jouer marqué « King ». Bats pense en effet qu’il est le roi, il a cette arrogance, et j’ai voulu que la première fois que le personnage apparaît à l’image, les spectateurs se disent qu’il a ce flair, cet instinct de savoir s’il va commettre ou non le crime envisagé. »
Le goût du réalisateur pour les années 50 a influencé les costumes de Debora, jouée par Lily James. La chef costumière explique : « Le style de Debora semble être une sorte d’idéal des années 50. On la voit le plus souvent dans son uniforme de serveuse de diner, mais c’est aussi une libre-penseuse et elle a ses propres opinions. J’ai donc convaincu Edgar de lui mettre ces boots usés. Cela montre qu’être serveuse n’est pas toute sa vie, et qu’elle peut prendre ses cliques et ses claques à tout moment. »

La chef costumière précise : « La bande originale du film n’a pas directement influencé mes choix pour les costumes. Néanmoins, la manière dont Edgar Wright utilise la musique a été une source d’inspiration. Cela m’a incitée à réfléchir en dehors des sentiers battus, à m’affranchir des limites. Les choix musicaux d’Edgar sont tellement originaux et inattendus, ils puisent dans tellement de domaines différents, des classiques du rock au hip-hop en passant par les vieux standards, que je savais que je ne devais moi-même m’imposer aucune limite en matière d’esthétique. »

LE RYTHME D’ATLANTA

Le chef décorateur Marcus Rowland (SHAUN OF THE DEAD, SCOTT PILGRIM, HOT FUZZ, LE DERNIER PUB AVANT LA FIN DU MONDE) confie qu’il n’a pas pu résister à l’envie de faire son cinquième film avec Edgar Wright. Leur collaboration a débuté dès la planche à dessin. Il se souvient : « Au cours de ces deux dernières années, Edgar a sans cesse peaufiné les animatiques et les storyboards à partir desquels nous avons commencé à chercher les principaux lieux de tournage. »

Il développe : « Il s’agit d’un film de casse avec trois cambriolages principaux, et nous voulions que chacun des lieux où ils se déroulent tranche sur les autres. Du point de vue du style, nous souhaitions des éléments distinctifs, des banques de genres très différents, et un bureau de poste. »

Un autre facteur entrant en jeu pour le choix des lieux de tournage a été la mise en scène. Le chef décorateur explique : « La musique et la mise en scène ont parfois dicté l’aspect des décors. Pour choisir un lieu de tournage, Edgar réfléchissait longuement à la manière dont il allait diriger le jeu des acteurs et régler la scène dans cet espace, ce qui peut demander bien plus de temps que de choisir un lieu uniquement en fonction de son aspect. »

Dans la scène d’ouverture, Ansel Elgort sort d’un pas décidé de l’immeuble historique de 1913, le Healey Building, situé dans le centre d’Atlanta. Ce bâtiment a servi de façade pour le loft de Doc. Marcus Rowland explique : « C’est un immeuble magnifique. Certes, les bâtiments sont importants, mais ce qui compte aussi énormément, ce sont leurs environnements. La plus grande partie du film se déroule dans des voitures, c’est donc la rue et l’extérieur des bâtiments que l’on voit ; ce sont les trottoirs et les carrefours que l’on traverse au volant qui sont essentiels. »

Le chef décorateur ajoute en souriant : « Nous avons fermé plusieurs rues pour tourner, et avions prévu de filmer une partie de la course-poursuite et des plans de la fuite dans une direction, mais Edgar a souhaité tourné dans l’autre sens, alors il a fallu tout changer, la signalétique, les poubelles… Notre métier n’est pas toujours très glamour ! Mais on n’a pas tous les jours non plus la chance de travailler avec un génie comme Edgar. C’est amusant de travailler comme ça, et ça vous oblige à être toujours au top ! »

Marcus Rowland poursuit : « L’un des décors qui a demandé le plus de travail est celui du diner où travaille Debora, le personnage de Lily. Nous avons transformé un vieux restaurant Denny’s abandonné près de l’aéroport d’Atlanta en superbe diner d’époque américain. »

Edgar Wright a incorporé des références à ces années 50 qu’il adore chaque fois que c’était possible. Marcus Rowland commente : « Debora rêve de vivre dans ces années-là et elle porte un uniforme de serveuse typique de cette époque, nous avons donc voulu un restaurant stylisé qui fasse revivre toute la nostalgie de cette Amérique d’autrefois idéalisée, tout en s’appuyant sur un sentiment d’authenticité. »

« L’histoire se passe à Atlanta et c’est bien dans cette ville que nous avons tourné. Les habitants et ceux qui s’y sont déjà rendus retrouveront ce qu’ils connaissent. Nous avons tourné à travers toute la ville, on y voit les vraies rues, les vrais quartiers et restaurants – entre autres Goodfella’s Pizza, Bacchanalia, JCT Kitchen et Octane, le coffee-shop préféré des gens du coin. »

La production a également tourné à la célèbre boutique de disques Criminal Records, un des lieux que fréquente Baby, qui adore la musique. Ansel Elgort, l’interprète du personnage, confie : « Atlanta se prêtait particulièrement à cette histoire parce que c’est un endroit très éclectique. Il y a aussi bien de somptueuses propriétés avec parcs dans certains quartiers que des entrepôts décrépits dans d’autres. C’est à la fois citadin et campagnard. Et c’est un melting-pot culturel, ce qui reflète bien la nature des équipes qui se montent pour réaliser les braquages. Il y a des gens de toutes sortes – il suffit de voir Bats, Buddy ou des gamins comme Baby… »

Douglas Dresser, le régisseur général, commente : « Dès que j’ai lu le scénario, je me suis dit que ce serait un projet particulièrement excitant à faire. Et puis j’ai rencontré Edgar, on a examiné le script ensemble… et là je me suis dit : « Mon Dieu, comment on va s’en sortir ? » C’était à la fois passionnant et terrifiant ! »

Douglas Dresser a alors entamé une longue et fructueuse collaboration avec le Département des transports de Géorgie. « Nous avons fermé plus de 40 rues au cours du tournage. La fermeture la plus importante a été toute la partie nord de l’Interstate 85. Mais malgré nos exigences très lourdes, les services de la ville ont été d’une aide précieuse et nous ont offert toute leur collaboration durant le tournage. »

Jamie Foxx, grand amateur de musique, a trouvé amusant que même certaines des rues fermées aient des liens avec l’univers musical. Pour la séquence de course-poursuite après le deuxième braquage, la production a fermé la State Route 9 aujourd’hui rebaptisée « Gladys Knight Highway ». L’ancienne West Peachtree Street NW est aujourd’hui un hommage à l’ « Impératrice de la Soul » née à Atlanta. L’acteur commente en souriant : « Nous sommes là à Atlanta, à fermer des rues, à démolir des tas de trucs, et je me demande bien qui sera conscient que nous avons tourné tout ça sur la rue de Gladys Knight ! »

Douglas Dresser commente : « Quand nous avons planifié le tournage et les fermetures, nous savions que ce serait compliqué vis-à-vis du trafic et des problèmes que nous allions causer dans un environnement urbain très fréquenté. Il aurait été impossible de tourner en semaine, alors nous avons fait en sorte de filmer entre le mercredi et le dimanche avec fermeture des rues le week-end. »

Marcus Rowland ajoute : « Atlanta est une ville qui nous inspire, et Edgar voulait avoir beaucoup de vraies références du paysage urbain, jusqu’aux graffitis et aux fresques murales des artistes à qui la ville a commandé des oeuvres peintes sur les côtés des boutiques et les murs des autoroutes. »

Edgar Wright souhaitait vraiment filmer l’esprit artistique des graffeurs, il a donc engagé des artistes locaux pour aider à conférer aux décors du film l’esprit vibrant et vivant caractéristique de la ville. Le directeur artistique Nigel Churcher déclare : « Nous avons engagé des graffeurs du coin pour peindre la fresque représentant un trompettiste que l’on voit dans la scène du générique où Ansel se rend d’un pas assuré au coffee shop. Ce film donnera aux gens un authentique avant-goût de l’esprit, de l’atmosphère et de l’identité d’Atlanta. »

Attachez vos ceintures : c’est parti pour une folle virée dans une ville qui ne ressemble à aucune autre, avec pour pilote un réalisateur visionnaire. Personne ne restera insensible à ce rythme de dingue !

LA PLAYLIST

1. Bellbottoms - Jon Spencer Blues Explosion
2. Harlem Shuffle - Bob & Earl
3. Egyptian Reggae - Jonathan Richman & The Modern Lovers
4. Smokey Joe’s La La - Googie Rene
5. Let’s Go Away For Awhile - The Beach Boys
6. B-A-B-Y - Carla Thomas
7. Kashmere - Kashmere Stage Band
8. Unsquare Dance - Dave Brubeck
9. Neat Neat Neat - The Damned
10. Easy (Single Version) - The Commodores
11. Debora - T. Rex
12. Debra - Beck
13. Bongolia - Incredible Bongo Band
14. Baby Let Me Take You (in My Arms) - The Detroit Emeralds
15. Early In The Morning - Alexis Korner
16. The Edge - David McCallum
17. Nowhere To Run - Martha Reeves & The Vandellas
18. Tequila - The Button Down Brass
19. When Something Is Wrong With My Baby - Sam & Dave
20. Every Little Bit Hurts - Brenda Holloway
21. Intermission - Blur
22. Hocus Pocus (Original Single Version) - Focus
23. Radar Love (1973 Single Edit) - Golden Earring
24. Never, Never Gone Give Ya Up - Barry White
25. Know How - Young MC
26. Brighton Rock - Queen
27. Easy - Sky Ferreira
28. Baby Driver - Simon & Garfunkel
29. Was He Slow (Version générique) - Kid Koala

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Textes des notes de production : COMING SOON COMMUNICATION

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