Back to the present
Comédie dramatique/Romance/Un vrai coup de coeur
Réalisé par Stephen Chbosky
Avec Logan Lerman, Emma Watson, Ezra Miller, Mae Whitman, Paul Rudd, Nina Dobrev, Dylan McDermott, Melanie Lynskey...
Long-métrage Américain
Durée: 01h43mn
Distributeur: SND
Titre original: The Perks of Being a Wallflower
Date de sortie sur les écrans U.S.: 12 octobre 2012
Date de sortie sur nos écrans: 2 janvier 2013 (toujours à l'affiche)
Résumé: Au lycée où il vient d’arriver, on trouve Charlie bizarre. Sa sensibilité et ses goûts sont en décalage avec ceux de ses camarades de classe. Pour son prof de Lettres, c’est sans doute un prodige, pour les autres, c’est juste un "loser". En attendant, il reste en marge - jusqu’au jour où deux terminales, Patrick et la jolie Sam, le prennent sous leur aile. Grâce à eux, il va découvrir la musique, les fêtes, le sexe… pour Charlie, un nouveau monde s’offre à lui.
Bande annonce (VOST)
Ce que j'en ai pensé: 'Le Monde de Charlie' est un film plus dur qu'il n'y parait lorsque l'on regarde sa bande annonce ou que l'on voit ses affiches au vert clair et joyeux. Il parle certes de l'adolescence mais les sujets abordés et la façon dont ils sont amenés s'adresse à un public très large. En effet, l'époque du film se situe dans les années 90, les trentenaires y retrouveront donc des repères (atmosphère générale, style vestimentaire, ambiance musicale...) de même que les ados d'aujourd'hui et leurs parents. Chacun sera réceptif à sa manière à la touchante sensibilité qui émane de l'histoire de ces trois jeunes.
Ils vont passer une année charnière durant laquelle ils vont devoir affronter leurs démons et secrets et prendre des décisions qui leur permettront d'avancer dans leur vie. C'est un très joli film sur ce moment du passage de l'adolescence vers l'âge adulte. J'ai trouvé la réalisation pleine de sensibilité, car les faits sont expliqués, mais, avant tout, ils sont dévoilés au fur et à mesure que les personnages évoluent par rapport à leur environnement et aux évènements qu'ils traversent.
Et le style du film lui aussi évolue. Au départ, il semble léger mais il prend une tournure dramatique. Le réalisateur, Stephen Chbosky (également écrivain du roman dont le film s'inspire), fait une transition en douceur. Il permet au spectateur de comprendre ce que vivent les trois protagonistes, il nous laisse les découvrir en même temps qu'eux-mêmes apprennent à se connaître.
Les trois personnages sont interprétés par des acteurs très justes dans leur composition à commencer par Logan Lerman (Charlie) vraiment excellent. Pour moi, ce jeune acteur est une belle découverte. Son rôle n'est vraiment pas évident mais il réussit à montrer toutes les facettes de son personnage fragile, timide, solitaire, perturbé et résolument optimiste avec une crédibilité qui le rende totalement attachant.
A ses côtés, Emma Watson (Sam) réussit à faire oublier la Hermione de Harry Potter. Elle interprète une jeune femme troublée qui manque de confiance en elle.
Et Ezra Miller (Patrick) vient compléter ce trio toujours avec les mêmes talent et intensité dans son jeu aussi bien dans l'humour que dans le drame.
'Le Monde de Charlie' est un coup de cœur que je vous conseille si vous aimez être surpris car sous ses airs de comédie pour ados, ce film vous touchera en prenant une tournure dramatique intense. Il est inspiré du roman éponyme, mais à mon avis, il est très intéressant de regarder le film sans avoir lu le livre. Par contre, le film vous donnera terriblement envie de lire le livre par la suite.
NOTES DE
PRODUCTION (Elles contiennent des spoilers! Je vous conseille de ne les lire qu'après avoir vu le film.)
En 1987,
Stephen Chbosky (prononcer : "Sha-bos-ki"), alors âgé de 17 ans, se
rend à un festival de cinéma et, au Fulton Theater de Pittsburgh, il rencontre
l'une des plus grandes célébrités de la ville : George Romero, maître du cinéma
d'horreur. Le futur scénariste et réalisateur demande à Romero de lui signer
une affiche qui trône désormais dans son bureau : on peut y lire "Steve,
n'arrête jamais d'éprouver ce frisson d'angoisse en voyant des films. J'espère
que tu réussiras à vendre ton premier scénario. George Romero". Si le premier script du jeune homme est resté
sur une étagère, son livre, "Pas raccord", a été publié en 1999 et
s'est imposé comme un ouvrage de référence, inscrit au programme de certaines
écoles, mais carrément interdit à la circulation par d'autres.
Aujourd'hui,
Chbosky a signé l'adaptation de son premier roman et, tout comme ce dernier, le
film s'attache à Charlie et à son parcours semé d'embûches dont il sortira
grandi lors de sa première année de lycée. Diplômé de la prestigieuse école
d'écriture scénaristique de la University of Southern California, Chbosky s'est
attelé à son livre tout en étant encore étudiant, et l'a achevé quelques années
plus tard à New York. "J'ai écrit ce livre pour des raisons très personnelles", souligne-t-il. "Je
traversais une période difficile sur le plan personnel. Mais je me trouvais à
un moment de mon existence où je me sentais prêt à parler de personnages qui,
malgré leur gentillesse, vivent des choses terribles et du rôle décisif des
amis pour les aider à les surmonter. J'avais besoin de réponses et j'ai eu le
sentiment que Charlie me tapotait l'épaule pour me dire 'Je suis prêt à te
raconter mon histoire'". Curieusement, c'est la dimension profondément
intimiste de l'ouvrage qui le rend aussi universel. "Je n'ai pas
cherché à plaire ou à m'adresser à quelque lecteur que ce soit", ajoute-t-il.
"J'ai simplement cherché à relater ma vérité à moi. Je ne me suis
jamais dit que j'allais séduire un large public. J'ai raconté mon histoire,
avec sincérité, et je pense que les gens y ont été sensibles". Grâce
au succès du roman, son auteur a reçu de nombreuses propositions d'adaptations
pour le cinéma.
Mais Chbosky a préféré s'installer à Los Angeles pour
développer d'autres projets, comme l'écriture de la transposition
cinématographique de la comédie musicale "Rent", qui a triomphé à
Broadway, et le lancement de la série JERICHO. Pour autant, il savait au fond
de lui qu'il reviendrait un jour à l'histoire de Charlie. "J'ai
toujours eu envie de porter mon livre à l'écran", confie-t-il. "Je
me représentais les images mentalement avec beaucoup de précision pendant que
je l'écrivais. Mais je voulais prendre mon temps et avoir suffisamment de recul
pour le faire bien. Entretemps, j'ai participé à pas mal de scénarios. Du coup,
je me suis fait la main, jusqu'à ce que je me sente prêt à écrire un script qui
soit fidèle au livre". L'auteur a éprouvé une immense responsabilité
envers ses innombrables lecteurs en rédigeant l'adaptation. "Depuis la
publication du livre, il y a treize ans, j'ai reçu des centaines de lettres et
d'emails", poursuit-il. "Plusieurs messages m'ont bouleversé
car je me suis rendu compte que certains ados se sentent très seuls. Ils ont le
sentiment que personne ne fait attention à eux. Certains expliquent même qu'ils
ont pensé mettre fin à leurs jours, mais qu'après avoir lu le livre, ils ont
changé d'avis. Quand on lit ce genre de témoignage, ça vous fait vraiment
réfléchir et ça vous fait prendre conscience de la responsabilité énorme qui
pèse sur vos épaules". Le livre est écrit sous forme de lettres de
Charlie adressées à un correspondant anonyme : elles abordent frontalement des
thèmes qui sont toujours d'actualité dix ans plus tard. En raison de ces
thématiques "sensibles", comme la drogue, l'alcool et le sexe, le
livre a suscité de nombreuses polémiques dans certaines régions des États-Unis.
"À chaque fois que le livre est frappé d'interdiction, les gens
prétendent que c'est pour des raisons honorables", reprend l'auteur. "Mais
pour moi, c'est toujours un échec. J'ai écrit ce livre en partie pour briser le
silence. Je voulais que les parents et les ados parlent de ce qu'ils subissent.
Et la censure ne fait que les réduire au silence".
Mais ce qui compte
surtout pour l'écrivain, ce sont les personnages. Du coup, en écrivant le
scénario, il a resserré l'intrigue pour se focaliser sur la relation entre
Charlie et les premiers amis qu'il rencontre dans son nouveau lycée, et
notamment Sam et son demi-frère Patrick, qui l'accueillent à bras ouverts. "J'ai
dû couper certains éléments, mais les thèmes essentiels sont là", dit-il.
"La 'famille' que constitue ses amis et les rapports entre Charlie, Sam
et Patrick devaient être au cœur du film. J'ai fini par supprimer des choses
que j'aimais beaucoup dans le livre, mais qui étaient difficilement
transposables dans le film. Et si j'avais dû adapter l'intégralité des scènes
du roman, le film aurait duré quatre heures !".
L'histoire
est toujours racontée du point de vue de Charlie, mais Chbosky a opéré un léger
changement de perspective qui s'est avéré nécessaire pour donner plus de force
à l'intrigue. "Dans le livre, on s'attache aux amis de Charlie à
travers l'affection qu'il leur porte", note le cinéaste. "Mais
ça ne fonctionne pas au cinéma. Il fallait que je trouve une manière objective
de montrer l'affection subjective qu'éprouve Charlie. J'ai dû, par exemple,
rendre le personnage de Patrick beaucoup plus drôle car je ne pouvais pas me
contenter de raconter que Charlie le trouve drôle. Il était essentiel que
Patrick prouve au spectateur qu'il a de l'humour".
Lianne
Halfon, Russell Smith et John Malkovich, associés au sein de Mr Mudd
Productions, se sont intéressés au projet d'adaptation de Chbosky : la
structure a notamment financé JUNO, GHOST WORLD, ART SCHOOL CONFIDENTIAL, ABEL
et JEFF WHO LIVES AT HOME, et des documentaires primés, comme WHICH WAY HOME.
Les producteurs se sont mis d'accord sur le fait que Chbosky était le seul réalisateur
envisageable pour ce projet, même si ce choix compliquait le montage financier
du film. "On a convenu que dès l'instant où nous aurions un scénario
fidèle au livre, on commencerait à le faire lire autour de nous", indique
Smith. "Il fallait qu'on vise l'excellence car un réalisateur débutant
représente toujours une part de risque, mais on était tous convaincus que
Stephen devait signer la mise en scène. Comme il avait écrit un livre
magnifique et un scénario formidable, on savait qu'il y parviendrait sans
mal". John Malkovich a donné un précieux conseil à Chbosky avant le
tournage : "John m'a dit que s'il avait autant aimé le scénario, c'est
parce qu'il était vraiment sincère", explique le réalisateur. "Et
comme on était sincères, on n'avait pas besoin de faire du sentimentalisme. Il
a ajouté : 'Privilégie toujours la prise la moins sentimentale'. Je suis un
grand sensible. J'ai toujours tendance à préférer le romantisme, mais je me
suis rendu compte qu'en suivant ses conseils, je me suis évité de tomber dans
la mièvrerie".
Pour le
cinéaste, le film est une histoire d'amour anticonformiste. "J'avais
écrit 'Nous acceptons l'amour que nous pensons mériter' dans la première
version du livre", dit-il. "C'est devenu un thème central du
roman et puis du film. Il ne s'agit pas uniquement d'amour au sens romantique
du terme. Il s'agit aussi d'amitié amoureuse. Il s'agit de l'estime qu'on se
porte à soi-même, et de son aptitude au bonheur si seulement on sait s'ouvrir
au monde extérieur".
Même si le
livre séduit surtout les adolescents, Chbosky estime que le film s'adresse à
toutes les générations. "En voyant le film, un adulte peut devenir
nostalgique en repensant à ce qu'il a vécu à cet âge", déclare le
cinéaste. "Un jeune de 12 ans, qui n'a pas encore connu le lycée, peut
y trouver des points de repère. Un lycéen peut se rendre compte que ce qu'il
voit à l'écran a des résonances avec ce qu'il vit lui-même au quotidien. Je
voudrais que des mères de famille voient le film en se souvenant de leur
jeunesse, et que leurs filles puissent réaffirmer leur identité. Je
souhaiterais qu'à l'issue de la projection, mères et filles se sentent
encouragées à se parler et à évoquer leurs expériences respectives. C'est mon
désir le plus cher".
CHARLIE
ET LES AUTRES
Il est
toujours difficile de réussir un casting, mais trouver les interprètes de
personnages adulés par toute une génération est encore plus complexe. Le
réalisateur a su réunir des comédiens formidables pour son tout premier long
métrage, et particulièrement un trio de jeunes acteurs pour les personnages-clés
de Charlie, Sam et Patrick : Logan Lerman, Emma Watson et Ezra Miller. "On
aurait dit que le scénario avait été écrit pour eux", souligne le
cinéaste. "Si je l'avais écrit trois ans plus tôt, ils auraient été
trop jeunes. Et si je l'avais achevé deux ans plus tard, ils auraient été trop
vieux".
Comédien
prometteur qui incarne le rôle-titre de la saga PERCY JACKSON, Logan Lerman
interprète ici Charlie : sa proximité immédiate avec le personnage a surpris le
cinéaste. "Je pensais que personne ne connaissait Charlie aussi bien
que moi, mais Logan, si", affirme Chbosky. "Son jeu est d'une
grande subtilité. Il est un peu gauche, tout en étant élégant et optimiste. Il
arrive à incarner toute une palette d'émotions". Pour le cinéaste,
bouleversé par l'émotion qui se dégage de la prestation du jeune comédien, une
scène en particulier est emblématique de son talent. "Il s'agit d'un
échange entre lui et Joan Cusack, qui joue le docteur Burton", indique
Chbosky. "On a fait beaucoup de prises, et j'en ai conservé une d'une
dizaine de minutes où il joue la scène trois fois, avec de petits changements à
chaque reprise. Pour moi, ce sont les dix minutes les plus fortes que j'ai vues
au cinéma depuis longtemps". Logan Lerman connaissait le livre, mais
ne l'avait pas encore lu quand il a reçu le scénario. Il s'est aussitôt senti
concerné par l'intrigue et les personnages : "J'ai été
bouleversé", dit-il. "Les personnages sont à la fois réalistes
et attachants. Je ne savais pas qui j'avais envie d'interpréter au départ, mais
j'étais certain de vouloir participer à ce projet coûte que coûte". Il
s'est rapidement rendu compte qu'il souhaitait camper Charlie. "C'est
un garçon naïf et mal dans sa peau", reprend-il. "Il tente de
surmonter les fantômes du passé et de vivre sa première année au lycée le mieux
possible".
Ce qui sauve
Charlie aux yeux de Chbosky, c'est son ouverture d'esprit. "Charlie est
un être d'une grande pureté", dit-il. "À première vue, il est
gauche et solitaire, mais il tente toujours de voir les choses de manière
positive. Il vient d'entrer au lycée et de perdre un ami très cher, et il doit
encore faire le deuil d'une personne de sa famille qu'il adorait. Il veut
garder espoir, mais il se retrouve confronté à des élèves de Terminale qui lui
en font baver et à une sœur qui refuse de déjeuner avec lui. Et puis, il fait
preuve de courage. Il va seul à un match de foot, un vendredi soir, et il
rencontre Patrick, ce qui change sa vie à jamais. C'est un message important
pour moi : n'hésitez pas à être en décalage avec les autres. Allez seul à un
match, par exemple. Vous aurez peut-être l'air d'un abruti, mais allez-y quand
même".
Lerman s'est
senti encouragé par le fait que Chbosky conservait la maîtrise artistique du
projet, ce qui était d'autant plus important que le livre est extrêmement
populaire. "Le roman résonne pour beaucoup de gens", déclare
le jeune acteur. "Steve s'est montré passionné pendant le tournage, et
c'est un sentiment contagieux. C'était un tournage épuisant, mais ce qui m'a
redonné de l'énergie, c'est de pouvoir parler avec Steve tous les jours. Il a
réuni une équipe dont j'admire le talent. C'était un grand honneur de pouvoir
travailler avec des gens aussi doués. J'espère simplement que le public sera
aussi sensible que nous à cette histoire".
Sam et
Patrick sont demi-frère et sœur : élèves de Terminale, ils présentent Charlie à
leurs amis, jeunes gens créatifs et insoumis que Sam appelle les habitants de
"l'île des jouets mis au rebut". "Ils décident de
l'accueillir afin qu'il ne se sente plus jamais seul", souligne le
réalisateur. "Sam a la réputation d'être un peu excentrique et Patrick
est homo, si bien qu'ils savent tous les deux ce que c'est que de se sentir
jugé. La bienveillance propre à ces ados est incontestable. Ils apprennent à
Charlie à trouver sa place. Ils lui permettent de tenter des expériences et de
se mettre en caleçon devant 300 personnes pour une projection de THE ROCKY
HORROR PICTURE SHOW, et de remettre en question ce qu'il pense connaître. Ils
l'initient à son premier baiser, à sa première virée en voiture, et à la
musique qu'il aimera toute sa vie".
Emma Watson,
qui incarne Sam, trouve ici son premier grand rôle depuis la saga HARRY POTTER,
où elle a fait des débuts fracassants à l'âge de 11 ans. "Pour moi, Sam
est la fille parfaite", déclare le cinéaste. "Emma est
absolument merveilleuse dans ce rôle. Elle l'a pris très au sérieux. Il m'a
fallu environ cinq minutes pour comprendre qu'elle correspondait exactement au
personnage et à l'atmosphère du film. Elle a connu une enfance mouvementée, et
elle a toujours témoigné beaucoup d'élégance, mais il émane d'elle un sentiment
de solitude. Dès que je l'ai rencontrée, j'ai su qu'il y avait une dimension
chez elle qui ne demandait qu'à s'épanouir. Il fallait juste qu'on l'y
encourage". La jeune fille faisait ses études à Brown University quand
elle a reçu le scénario. Alors qu'elle ne connaissait pas le livre, elle en a
parlé à plusieurs amis et s'est aperçu qu'ils en étaient tous fous. "J'étais
en larmes à la fin du script", avoue-t-elle. "Il est
impossible de ne pas être touché par le parcours des personnages. Je n'ai pas
eu à fréquenter un lycée américain ou à me rendre au bal de fin d'année pour me
sentir proche de Sam – ou de Charlie, de Brad ou des autres personnages
d'ailleurs". Après avoir incarné Hermione Granger pendant près de dix
ans, la comédienne était consciente des risques qu'elle prenait en interprétant
le personnage d'un roman aussi populaire. "J'ai parfois eu le sentiment
que je passais d'une aventure ultra risquée à une autre", dit-elle. "Les
gens se passionnent autant pour Sam que pour Harry Potter. C'est donc une
sacrée responsabilité d'incarner un personnage que les gens aiment et auquel ils
s'identifient. J'espère qu'ils me jugeront à la hauteur et qu'on a su rendre
hommage au livre".
Mais la
présence de Chbosky aux commandes l'a rassurée. "Steve savait
exactement ce qu'il voulait", ajoute-t-elle. "Cela fait plus
de dix ans qu'il rêve de faire ce film. Il a donc réfléchi au moindre plan, et
il savait précisément le genre d'atmosphère qu'il recherchait, si bien que je
lui faisais entièrement confiance, d'autant plus qu'il est ici dans son
élément". Chaque personnage traverse une crise, selon Emma Watson. "Tous
les personnages évoluent au cours du film", dit-elle. "Ils
doivent affronter des problèmes assez graves, mais le film alterne sans cesse
avec des moments drôles, et j'espère donc que le public passera du rire aux
larmes". Sam apprend beaucoup de Charlie, tout comme lui apprend
énormément à ses côtés. "Il en a vraiment bavé", poursuit-elle.
"Mais c'est l'être le plus adorable et le plus sensible qui existe. Sam
et Patrick essaient de le prendre sous leur aile pendant sa première année au
lycée, qui peut s'avérer déstabilisante. Sam fait partie de ces jeunes qui ont
le sentiment qu'ils doivent faire la fête en permanence et vivre intensément.
Ça peut devenir épuisant au bout d'un moment. Avec Charlie, elle peut enfin
être elle-même". La comédienne éprouve affection et respect pour ses
partenaires. "C'était génial de pouvoir tourner avec Logan Lerman et
Ezra Miller car nous sommes également très liés dans la vie", dit-elle.
"Du coup, on n'avait pas vraiment l'impression de travailler. Logan va
en bouleverser plus d'un dans ce film. Il est déchirant. Il a une proximité
immédiate avec son personnage. Et Ezra est très, très drôle. C'était formidable
de pouvoir improviser avec lui. Je pensais que j'étais quelqu'un d'énergique,
mais ce n'est rien à côté de lui ! Il campe Patrick à la perfection".
Le
réalisateur est tout aussi élogieux à l'égard de sa comédienne. "Emma
s'est jetée dans l'aventure sans la moindre hésitation", affirme-t-il.
"C'est une grande passionnée, une grande professionnelle, et son sens
de l'éthique m'a galvanisé. Elle a pris un grand risque en tournant ce film. Et
elle s'est approprié le personnage". Patrick est à la fois le meilleur
ami et le demi-frère de Sam. C'est un garçon drôle, anticonformiste et au
tempérament bien trempé. "Patrick fait le malin, mais il n'hésitera
jamais à se battre pour quiconque en a besoin", relève Chbosky. "Pour
moi, c'est un type assez viril, même s'il est homo. Je trouvais important, en
écrivant le personnage et en choisissant Ezra Miller, que l'ado homo du film
soit aussi le type le plus cool et le plus fort. Il incarne celui que Charlie
aimerait être. Ezra l'a joué à merveille".
À seulement
19 ans, le jeune acteur a déjà un parcours exemplaire, comme en témoignent WE
NEED TO TALK ABOUT KEVIN et ANOTHER HAPPY DAY. Il affirme que sa première
réaction à la lecture du scénario a été : "Bordel de nom de Dieu
!" "'Pas raccord' a été un bouquin très marquant pour moi et mes plus
proches amis quand on a démarré le lycée", dit-il. "C'est un
livre qui cerne exactement ce qu'est la jeunesse. Quand on est ado, il est
presque impossible de comprendre le monde dans lequel on vit. On passe de
l'innocence et de l'émerveillement de l'enfance à un sentiment de vacuité
absolue. On doit tous mûrir et grandir, et c'est très douloureux. Et très
souvent, ça a l'air vain. Mais si on arrive à conserver sa dignité face à la
souffrance, alors on pourra se tenir debout toute sa vie". Si Patrick
ne perd pas pied, c'est parce qu'il est parfaitement conscient de sa propre identité,
selon le comédien. "Il est capable, dans un lycée américain, de
revendiquer son homosexualité", explique-t-il. "Et comme lui
et ses amis excentriques cherchent tous à cerner leur identité, il comprend que
Charlie est dans le même questionnement".
Patrick doit
une grande part de sa force à Sam, et inversement. "Sam et Patrick sont
deux âmes soeurs", indique Miller. "Ensemble, ils composent un
être complet. Réunis, ils ont une sensibilité qui leur permet d'affronter les
situations les plus délicates". Tout comme leurs personnages, Miller,
Emma Watson et Logan ont tissé des liens d'amitié au cours du tournage. "J'ai
l'impression qu'Emma et moi étions destinés à nous rencontrer", souligne
Miller. "Pour moi, Lerman est un
cinéphile passionné qui connaît tous les aspects techniques du métier", poursuit-il.
"Il sera non seulement l'un des grands comédiens de demain, mais un
réalisateur majeur".
Miller se
dit impressionné par la capacité de Chbosky à transposer son roman à l'écran. "Je
ne pense pas qu'un autre que lui aurait pu réaliser ce film", dit-il. "Steve
est un metteur en scène né. Il nous a donné des consignes pour nous aider à
prendre du recul sur les scènes et pour permettre aux comédiens d'aller dans la
direction qu'il souhaitait sans pour autant leur imposer sa vision des choses.
Il a aussi su réunir des acteurs entre lesquels l'alchimie a fonctionné". Le
réalisateur était conscient, dès le départ, que l'amitié des personnages devait
être partagée par leurs interprètes pour être crédible à l'écran. "Je
leur ai dit qu'ils devaient vraiment prendre du plaisir à être là", rappelle-t-il.
"Si c'était le cas, la partie était gagnée. Et c'est ce qui s'est
passé. Grâce à leur complicité, ils ont passé des nuits entières à écouter de
la musique et à discuter, et ça se voit dans le film. C'est vrai de l'ensemble
des jeunes comédiens. Mae Whitman et Emma sont devenues les meilleures amies du
monde". Mae Whitman, qui interprète Amber Holt dans la série
PARENTHOOD, incarne ici Mary Elizabeth, meilleure amie de Sam et personnage-clé
dans le parcours de Charlie. "Mary Elizabeth est très autoritaire, et
cherche constamment à diriger les autres", note Chbosky. "Elle
est parfois un peu fantasque, et Mae a su jouer avec cette facette de sa
personnalité. Mais en apprenant à connaître Charlie, elle finit par se livrer à
quelqu'un qui l'aime sincèrement, et non pas à jeter son dévolu sur ceux qui ne
l'apprécient pas vraiment".
La
comédienne avait adoré le livre. "J'ai été étonnée, et ravie, que le
scénario soit aussi fidèle au roman", affirme-t-elle. "Le plus
souvent, les films trahissent les livres, mais cette fois, j'ai eu le sentiment
que tout y était. Cette histoire permet de s'interroger sur la difficulté
d'être jeune et sensible : c'est une période de la vie où tout semble nouveau
et où l'on découvre des émotions intenses pour la première fois. Cela peut
s'avérer ravageur et douloureux. Le film aborde plusieurs questions délicates,
mais sans mièvrerie. C'est rassurant de se rendre compte que d'autres que soi traversent
les mêmes épreuves, aussi dures soient-elles". Pour la comédienne, sa
connaissance du livre l'a aidée à cerner la complexité de son rôle et les
rapports avec les autres personnages. "Mary Elizabeth est un personnage
très riche", affirme Mae Whitman. "Elle a un côté punk et
gothique, une attitude agressive et des opinions bien tranchées. Mais elle est
aussi bouddhiste. Elle ressent très fortement son appartenance au monde, et
elle transmet cela à Charlie. Elle a du mal à assumer sa fragilité ou sa féminité.
En lisant le livre, j'ai compris pas mal de choses sur ce qu'avaient vécu
ensemble Sam et Mary Elizabeth, et ce qui les a rapprochées".
Nina Dobrev,
à l'affiche de la série VAMPIRE DIARIES, interprète Candace, grande soeur de
Charlie qui semble heureuse. "Je pense que ce film s'adresse à
plusieurs catégories de publics", note l'actrice. "Les
personnages et les questions qui y sont abordées sont atemporels. Peu importe que
l'histoire se déroule dans les années 90 – elle a une résonance pour le public
d'aujourd'hui, et elle aura une résonance pour le public dans une dizaine
d'années. Mon personnage essaie d'être parfait en permanence. Et il se trouve
que sa vie est tout sauf parfaite… Tout le monde connaît quelqu'un comme ça, et
certains se reconnaîtront même en elle".
Parmi les
comédiens, Erin Wilhelmi campe Alice, meilleure amie de Mary Elizabeth. Quand
elle a reçu le scénario, elle a su immédiatement quel personnage elle
souhaitait interpréter. "Au départ, il était indiqué qu'elle cherchait
à être gothique, sans y parvenir", dit-elle. "Et je me suis
dit : c'est parfait !" Johnny Simmons joue Brad, footballeur qui a une
vie secrète. Comme les autres personnages, il a quelque chose à apprendre à
Charlie, même s'il n'en est peut-être pas conscient. "Sam lui apprend
la rédemption", confie Chbosky. "Quant à Patrick, il lui
apprend à assumer son identité et à ne pas en avoir peur : si on se moque de
toi, lui dit-il, n'hésite pas à te défendre. Et Brad montre à Charlie que, chez
les gens, les apparences sont parfois trompeuses : on ne sait jamais ce qu'ils
vivent dans l'intimité. Même les personnes les plus aguerries ont leur
fragilité. Et même les plus endurcis ont besoin d'amour".
Les
personnages d'adultes ont, eux aussi, fait l'objet de toutes les attentions. "Je
trouve que beaucoup de films sur les jeunes tournent les adultes en
dérision", signale le réalisateur. "Ce film cherche à
respecter les deux générations". Pour le professeur et mentor préféré
de Charlie, Chbosky a choisi Paul Rudd. "Je l'ai rencontré à New York
il y a une dizaine d'années", dit-il. "Mon livre était sorti
depuis un an environ, et je savais déjà que je tournerais le film un de ces
jours, et qu'il incarnerait M. Anderson". C'est Stuart Stern,
véritable professeur de Chbosky dans la vie, qui lui a inspiré le personnage.
Enseignant à l'école de cinéma de USC, Stern est l'auteur des scénarios de LA
FUREUR DE VIVRE, SIBYL, RACHEL RACHEL et LE VILAIN AMÉRICAIN. "Il nous
parlait de sa rencontre avec James Dean, de son voyage avec Brando, et du
travail avec Sally Field qui allait interpréter Sibyl", s'enflamme le
cinéaste. "Je n'en revenais pas. Ça a totalement changé ma vie. Il est
devenu mon ami et mon mentor. Il est le premier à avoir lu le scénario du MONDE
DE CHARLIE. Avec le personnage de M. Anderson, j'ai voulu lui rendre hommage.
C'est un enseignant qui sait encourager les étudiants chez qui il décèle un
talent".
Rudd
ignorait le succès du livre jusqu'à ce qu'il mentionne le nom de Chbosky devant
la baby-sitter de ses enfants. "Elle m'a dit : 'Vous voulez dire le
Steve Chbosky de 'Pas raccord' ? C'est mon livre préféré au monde !' Elle fait
partie d'une génération qui adore ce bouquin, et je ne m'en doutais pas du
tout". L'acteur se souvient avoir lui-même connu des enseignants qui
avaient su le comprendre. "J'aimais bien l'idée d'interpréter un rôle
pareil", ajoute-t-il. "Mais ça m'a fait drôle d'être l'adulte
responsable du film. C'était la première fois. Pour autant, cela m'a permis de
cerner le personnage. Il se reconnaît dans cet ado. Il se dit peut-être que
Charlie a plus de talent littéraire que lui, et il sait qu'il a trouvé un élève
qui apprécie la littérature tout comme lui, alors que l'essentiel de la classe
s'en moque".
La famille
de Charlie est tout aussi importante que ses amis, et le réalisateur se déclare
chanceux d'avoir pu réunir de grands comédiens comme Kate Walsh, Dylan
McDermott et Melanie Lynsky pour incarner, respectivement, la mère, le père et
la tante du protagoniste. "Je voulais qu'on puisse croire à cette
famille", note Chbosky. "Il fallait qu'ils incarnent les
émotions qui se dégagent de notre histoire".
UN CIRQUE
DÉBARQUE EN VILLE
Le film a
été tourné, pour l'essentiel, dans la banlieue de Pittsburgh, et notamment à
Peters Township, Bethel Park, Dormont et Upper St Clair là même où Stephen
Chbosky a grandi. "Je n'aurais
pas pu tourner ce film ailleurs", dit-il. "C'était une manière
de rester fidèle au livre et à mon enfance. Il y a une scène où la tante Helen
et le petit Charlie sont dans la rue : la maison dans laquelle j'ai grandi se
trouve à une quinzaine de mètres de là".
Emma Watson
précise : "Steve a grandi à Pittsburgh. C'est sa ville natale, c'est là
qu'il a été lycéen, et la plupart des personnages s'inspirent de gens qu'il a
côtoyés, et qu'il fréquente encore aujourd'hui pour certains d'entre eux.
C'était formidable de pouvoir tourner sur place".
Avant le
début du tournage, le réalisateur a emmené les comédiens dans les lieux qui ont
marqué son adolescence. "Les ados ont des choses en commun partout,
mais la vérité est dans les détails", remarque-t-il. "Les
acteurs ne connaissaient pas les bretzels Sarris au chocolat avant de venir là.
Ils n'avaient jamais goûté à la chiffonnade de jambon ou aux frites au fromage
de chez Original O, ou aux sandwichs de chez Primanti Bros. Je les ai initiés à
tout ça. Et bien entendu, ils ont adoré cette initiation !" "Parfois,
j'avais le sentiment d'avoir emmené un cirque à Pittsburgh", dit-il
encore. "On séjournait tous dans un petit hôtel près du centre
commercial où je passais pas mal de temps quand j'étais ado. Ils se sont tous
imprégnés de cette vie en banlieue, qu'ils ne connaissaient pas vraiment. Ils
ont tous été comédiens dès le plus jeune âge, et ils ont grandi sur des
plateaux, si bien qu'avec ce tournage, ils ont pu connaître l'expérience du
lycée et de la virée au centre commercial et au multiplexe du coin. Ce qui n'a
pas empêché Emma de signer les livres de 'Harry Potter' qu'on lui tendait".
Pour les
scènes les plus délicates, le lycée de Peters Township a servi de cadre à celui
de Mill Grove. Et pour les séquences mouvementées de la projection de ROCKY
HORROR PICTURE SHOW, le réalisateur a choisi le cinéma Dormont Hollywood
Theater où il a découvert le film quand il était ado. S'il reconnaît volontiers
qu'il avait peur de participer au "happening" qui se déroulait dans
la salle, il a donné carte blanche aux acteurs assis dans les premiers rangs
pour mimer ce qui se passe à l'écran. "Ceux qui font l'animation dans
la vraie vie nous ont servi de conseillers techniques", précise le
réalisateur. "Et il y a plein de fans du film dans la salle. Ezra
Miller et Emma Watson étaient aux anges ! Il a fallu qu'on oblige Ezra à
quitter la scène tellement il s'était pris au jeu. Ces deux jours de tournage
ont été un vrai bonheur".
Cette scène
a également enchanté le chef-costumier David Robinson. "On s'est
beaucoup amusé", dit-il. "Il fallait qu'on ait le sentiment
que ce sont des lycéens qui se sont confectionnés leurs propres costumes, mais
il fallait aussi qu'ils aient l'air dans le coup. Le résultat, à mon avis, est
formidable. En plus, Ezra en chaussures à hauts talons est un spectacle rare
!".
C'est sans
doute la bande-originale du film qui s'avère la plus évocatrice de la jeunesse
du réalisateur. "Peu importe l'âge qu'on a aujourd'hui", indique-t-il.
"Quand on se remémore ses jeunes années, on repense à la musique qu'on
écoutait à l'époque. Je faisais des compilations sur des cassettes, comme les
ados du film, et puis sur des CD, et aujourd'hui ce sont des playlists. C'est
une constante chez les jeunes. La musique est quelque chose qu'on retrouve chez
tous les jeunes. Elle les aide à affirmer leur identité, et à nouer des liens
d'amitié". On retrouve sur la bande-originale plusieurs titres phares
de la fin des années 80 et du début des années 90, comme "Asleep" des
Smith, "Come On Eileen" des Midnight Runners, "Could it Be
Another Change" des Samples et "Araby" des Reivers. Chbosky
remarque : "Je savais que 'Come On Eileen' allait accompagner le match
de foot de fin d'année, et que je voulais avoir des titres du groupe Air
Supply. Je voulais également 'Dear God' de XTC parce que j'adore cette chanson.
Mais la clé de voûte du film, c'est 'Asleep', que j'ai découvert sur une
cassette d'une compilation il y a plusieurs années. Cela m'a porté pendant
toute une année". La superviseuse musicale Alexandra Patsavas a, elle
aussi, suggéré ses propres idées, et a recommandé des titres que Chbosky ne
connaissait pas. "Elle adore cette époque", reprend le
cinéaste. "Elle m'a fait connaître des musiques dont je n'avais jamais
entendu parler, mais que j'aimerai jusqu'à la fin de mes jours ! Pour moi, la
bande-originale est comme une compilation qui reflète l'époque et campe
l'atmosphère. Je suis vraiment très fier de la musique du film". Mais
l'atmosphère musicale a débordé le strict cadre du plateau. Un groupe installé dans une chambre d'hôtel s'est ainsi
constitué et a adopté le nom humoristique d'Octopus Jam. On retrouvait Ezra
Miller à la batterie et Logan Lerman à la guitare, tandis qu'Emma Watson
chantait avec d'autres artistes, comme l'auteur-compositeur-interprète Landon
Pigg, qui fait une apparition dans le film. "C'était génial d'être avec tous ces
gens", se souvient Emma Watson. "On se retrouvait tous à
l'hôtel le soir, et on faisait de la musique. Ils ont tous, plus ou moins, un
talent musical, si bien qu'on passait toutes nos soirées à jouer, à discuter et
à faire les imbéciles !".
Les costumes
ont joué un rôle tout aussi important dans la reconstitution de l'époque.
Sachant qu'il devait habiller une dizaine de comédiens et de très nombreux
figurants, David Robinson a sillonné les boutiques de fripes de Pittsburgh et
de ses environs. "Les comédiens principaux avaient plusieurs
tenues", dit-il. "Ils passaient d'un match de foot à un défilé
de supporters, puis à un bal de fin de match, de Sadie Hawkins à la projection
de ROCKY HORROR PICTURE SHOW, au bal de fin d'année et à la cérémonie de remise
de diplôme… Il fallait donc des dizaines et des dizaines de tenues
différentes". Pour les figurants, 4000 tenues ont été prévues.
Robinson s'est appuyé sur les albums du lycée du coin par souci de réalisme, et
a utilisé des vêtements d'occasion pour la robe de bal de Sam. Le réalisateur
s'est investi dans la création des costumes, comme dans le reste du tournage,
et a même choisi certaines tenues pour quelques personnages.
Deux scènes
cruciales, qu'il s'agisse du livre ou du film, ne pouvaient être tournées qu'à
Pittsburgh. Le Fort Pitt Tunnel, qui débouche dans le centre de Pittsburgh,
déverse son flot de voitures sur un pont qui offre un point de vue panoramique
sur les gratte-ciels de la ville. S'il s'agit d'un site touristique extrêmement
fréquenté, c'est aussi là que Charlie vit une expérience intense : il observe
Sam faire une virée à l'arrière d'un pick-up qui fonce à travers le tunnel,
pour l'imiter par la suite. Pour le réalisateur, cette séquence est la
concrétisation d'un rêve. "Cela fait dix-huit ans que j'imagine ces
jeunes foncer à travers le tunnel, et c'était vraiment génial de pouvoir
tourner la séquence concrètement", s'enthousiasme-t-il. Au départ,
Emma Watson s'est entendu dire qu'elle ne pourrait pas participer à la cascade,
mais elle était résolue à le faire et elle a fini par convaincre le
réalisateur. Elle s'est donc retrouvée debout à l'arrière d'un camion-plateau,
lancé à près de 100 km/h dans le tunnel, attachée par un simple câble. "Il
n'y avait qu'un seul câble qui me retenait, tandis que je devais garder les
mains en l'air jusqu'à ce qu'on sorte du tunnel", explique-t-elle. "La
première fois, j'étais tellement sous le choc que j'ai pleuré. C'était vraiment
une expérience hors du commun, et j'étais époustouflée. C'est fascinant, et
Steve le savait quand il a écrit cette scène. Cela restera l'un des moments les
plus intenses de ma vie". Charlie se lance lui-même dans cette virée
par la suite, et Lerman tenait, là encore, à exécuter l'acrobatie. "C'est
une expérience unique", dit-il. "Je me souviens du moment où
je me suis retrouvé debout à l'arrière du camion. Tout en fonçant à travers le
tunnel, j'apercevais les lumières de la ville. Je n'avais jamais vécu un truc
pareil. Et les mots sont faibles pour décrire ce que j'ai ressenti à ce moment-là".
Chbosky souhaiterait que le spectateur conserve cette image des ados
"en plein vol", qui conclut le livre et le film. "Malgré la
souffrance, ils ont alors l'impression que l'avenir leur réserve des
possibilités infinies", dit-il. "C'est un moment qui réunit la
musique de leurs rêves, la virée de leurs rêves et les amis de leurs rêves.
Cela va les marquer à jamais. Pour moi, le terme 'infini' signifie que Charlie
sent alors que sa vie va s'épanouir".
"Le
samedi juste avant la fin du tournage, on avait l'impression de vivre une
dernière journée de vacance", affirme le cinéaste. "Même les techniciens les plus
aguerris ont versé leur larme car ils savaient qu'ils venaient de vivre des
moments magiques, et que c'était bientôt terminé. Landon Pigg a chanté
'Something Brief', qui parle de la fugacité de la vie et de la fragilité de
l'amour. On était tous dans un petit bar de Mount Lebanon et j'ai jeté un oeil
à l'équipe. Emma se balançait au rythme de la musique, tandis que Mae était à
côté de son petit ami. Ezra était en larmes. On était tous émus. Je pense que
tous ceux qui étaient là se souviendront longtemps de ce moment, parce que
c'était comme une cérémonie de remise de diplômes pour nous tous".
"Quand
j'ai écrit le livre, quelques personnes l'ont lu et m'ont fait des réflexions
vraiment intelligentes, mais j'étais seul dans mon bureau", conclut le
réalisateur. "Le film, lui, est le résultat du travail de centaines de
gens. Je suis ravi d'avoir participé à cette aventure et de pouvoir montrer le
film aux fans. Je n'en changerais pas un seul plan. Nous l'avons tourné comme
nous pensions qu'il fallait le faire, et avec sincérité. Il est la plus fidèle
transposition du livre imaginable".
Autre post du blog lié à 'Le Monde de Charlie': http://minu.me/7mjt
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